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CortoMaltese

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Tout ce qui a été posté par CortoMaltese

  1. J'ai même pas l'impression que les russes cherchent nécessairement un déséquilibre avec des séquences percées/exploitation. La stratégie de grignotage qu'ils ont employé dans le Donbass entre Avril et Juillet et de nouveau depuis octobre me semble assumée comme telle. On ne voit pas de masses mécanisées tenter de rentrer en force dans les failles créés par l'infanterie ni de réelle volonté de chercher une rupture nette du front. Les russes semblent d'être fait une raison sur l'impossibilité, en l'état, de mener des opérations de grand style et misent sur l'attrition dont ils estiment sans doute qu'elle les avantage sur le long terme. Outre la formation des conscrits pour peut-être redevenir plus ambitieux en 2023, la stratégie russe me semble être de compter sur un épuisement du camps d'en face : des soutiens occidentaux face au coût économique de la guerre et des limites de leurs stocks, des Ukrainiens par la destruction des infrastructures civiles et des pertes militaires (d'où la nécessité de maintenir une pression importante même si les gains territoriaux sont modestes). La seule vraie offensive de la guerre qui a suivi la séquence percée -> exploitation, au fond, ça a été l'offensive Ukrainienne de Balaklya-Koupiansk. Mais ça a nécessité un rapport de force écrasant et une bonne dose d'incompétence en face, deux éléments que la mobilisation et les changements à la tête de l'E-M russes rendent plus difficiles à obtenir.
  2. ?? Reprendre du territoire est un objectif en soi pour les ukrainiens. Et puis surtout, comme dit précédemment, ça couperait le flux logistique depuis la Russie vers le sud de l'Ukraine, ne laissant que la Crimée pour ravitailler l'ensemble du dispositif russe. Mais effectivement, c'est très téléphoné.
  3. Chiffre sans doute très optimistes. Les renseignements occidentaux semblent plutôt compter entre 30 000 et 50 000 KIA, à peu près comme les russes
  4. Bismarck n'a jamais pensé que la France allait capituler en 3 jours ni que les français accueilleraient les prussiens avec des fleurs et des chocolats, ni d'ailleurs que les français étaient des prussiens qui s'ignoraient, contrairement à Poutine pour l'Ukraine, territoire dont il n'a cessé de nier la légitimité historique en tant qu'état indépendant, rappelant à de multiples reprises que la "souveraineté" ukrainienne (et la notion de souveraineté est assez "fluide" dans le monde post-soviétique) n'existait qu'en tant que partenaire mineur au sein d'une construction politique plus vaste avec la Russie. Le différentiel de puissance (et surtout de puissance perçue) entre les deux acteurs n'a pas non plus grand chose à voir entre la guerre franco-prussienne et la guerre d'Ukraine. Bismarck avait parfaitement conscience de l'incapacité évidente de la Prusse/Allemagne à digérer un truc de la taille de la France, avec un peuple dont il savait très bien qu'il n'avait absolument aucune envie d'être allemand. Cette conscience est totalement absente de la pensée poutinienne, et pour le savoir, comme le dit si bien Mearsheimer, il suffit d'écouter (et de lire) Poutine. C'est d'autant plus vrai que l'Ukraine fut une part de la Russie/URSS pendant 350 ans et que Poutine a été visiblement totalement intoxiqué par rapport à l'état d'esprit et au climat politique qui prévalait en Ukraine. Autant dire que, oui, Poutine se pensait parfaitement capable d'administrer l'Ukraine avec 150 000 hommes et quelques supplétifs de la Rosvgardia. Les seules (possibles) exceptions sont les quelques oblasts de l'extrême ouest du pays (en gros ce qui a été pris à la Pologne en 39) où Poutine semblait considérer qu'ils étaient trop "ukrainien" et anti-russes pour pouvoir être digérés à un coût raisonnable. Peut-être que cette partie là aurait été laissé aux bons soins des occidentaux s'ils le désiraient. Bref, si Poutine avait réussi son coup, il aurait annexé l'est et le sud de l'Ukraine (y compris sans doute Kharkiv et Odessa) et aurait mis à la tête de ce qu'il restait un troisième ou quatrième couteau qui aurait eu un niveau d'autonomie vis à vis du Kremlin qui aurait fait passer la Biélorussie pour un pays indépendant. Mais nul doute que dans ces conditions Maersheimer nous aurait dit que la "République Populaire Russe d'Ukraine" est un état parfaitement souverain et que ses liens de dépendance avec la Russie sont du même ordre que ceux entre le Royaume-Uni et les USA, connaissant le personnage.
  5. L'hypothèse d'une "feinte" ou d'une "pression" sur Kiev ne tient pas une seule seconde. -> Raid sur Hostomel, extrêmement risqué, qui n'a de sens que pour prendre la ville dans une opération éclaire -> Présence (EN PREMIERE LIGNE) de troupes anti-émeutes en véhicules quasi-civils fonçant sur l'autoroute en direction de Kiev -> Présence du plus gros et du meilleur (en théorie) de l'armée russe sur cet axe Quant à l'argument de Maersheimer sur le fait que Poutine ne voulait envahir l'Ukraine puisque 150000 hommes ne suffisent pas, j'ai rarement vu une mauvaise fois aussi crasse. Tous les analystes, y compris occidentaux, pensaient que cette force serait très largement suffisante pour vaincre l'armée ukrainienne. Venir dire 9 mois après que c'était "évident" que cette force était trop faible du fait d'une résistance farouche de la nation ukrainienne en arme que personne n'avait vu venir, c'est grotesque. C'est d'autant plus vrai que Poutine et son entourage n'étaient absolument pas là pour mener une vraie guerre mais une grosse opération de police (une Tchécoslovaquie 68 aux stéroides), persuadés que la seule vue des russes ferait s'effondrer l'état ukrainien et rendrait toute résistance militaire inutile. d'Où les colonnes lancées à pleine vitesse sur l'autoroute sans préparation ni organisation, d'où des offensives tout azimut sauf dans le Donbass (région dont Mearsheimer prétend maintenant qu'elle est au coeur de la guerre depuis le 24 février) où la ligne de front hérité de 2014 n'a presque pas bougé (inutile d'aller s'empaler sur le seul point de résistance possible alors qu'on s'attend à un effondrement global du pays en quelques jours) et où les russes ont commencé à être actif à partir d'Avril, après l'échec de Kiev et l'effondrement de leur plan initial. Maersheimer réécrit complètement l'histoire de cette guerre en occultant la montagne de fait qui nous montre sans aucune ambiguité que l'invasion lancée le 24 février était un projet de destruction de la nation ukrainienne en tant qu'état indépendant, et que la réorientation des efforts sur la conservation du peu de territoire conquis (les 4 oblasts) est une conséquence de l'échec du plan initial. Je ne vois pas comment quelqu'un d'intelligent peut encore nier que l'objectif de Poutine était de se rendre maître du pays politiquement avant d'en disposer à sa guise à travers un remodelage mêlant annexions formelles et création d'états satellites, avec sans doute la préservation d'une "Ukraine occidentale" autour de Lviv qu'il aurait laissé rejoindre le bloc de l'Ouest.
  6. Sauf que Mearsheimer est au réalisme ce que Didier Raoult est à la médecine. Aron était un réaliste. Mearsheimer est un clown, un clown qui a toujours cru que la Russie n'attaquerait pas et qui depuis, plutôt que de reconnaître son erreur, s'enferme dans sa bêtise. Il suffit d'aller lire l'interview lunaire qu'il a donné il y a quelques jours au New-Yorker https://www.newyorker.com/news/q-and-a/john-mearsheimer-on-putins-ambitions-after-nine-months-of-war
  7. Ca ne correspondrait pas aux T-72 tchèques dont les USA et les Pays-Bas se partageaient la remise en condition et l'upgrade ?
  8. Je ne sais pas comment tu fais pour en tirer une interprétation pareil, de même pour mes propos sur "c'était du flan" qui ne parlaient pas de l'accord en tant que tel mais de la théorie qui voulait que la cause de son échec venait de Johnson. Ce que l'article dit, c'est que Johnson et les occidentaux étaient prêts à signer un accord avec Zelenski, mais certainement pas avec Poutine, et que les négociations ont échoué pour toute une série de raison complexe, dont la faible confiance que les ukrainiens accordaient à leur homologues russes, combiné à la faible acceptabilité auprès de l'opinion publique ukrainienne d'un accord qui reviendrait à renoncer ad vitam eternam au Donbass et à la Crimée. De toute façon, on en revient toujours à la même chose : comment voulez vous que Johnson fasse échouer un accord que les deux parties seraient prêtes à signer ? Quel levier sérieux a le Royaume-Uni sur un sujet pareil ? Si les ukrainiens et les russes sont décidés à s'entendre, ni le RU ni même les USA ne pourront les en empêcher, puisque le seul levier concret qu'ont les occidentaux sur l'Ukraine est la fourniture d'armement, essentiel pour continuer la guerre, et non pour la finir. Bref, autant les occidentaux peuvent assez facilement forcer l'Ukraine à signer, autant ils ne peuvent pas l'obliger à ne pas signer. Que Johnson ai personnellement dit à Zelenski qu'à son humble avis un accord pareil était une mauvaise idée est très probable, mais ce n'est pas ce que j'appelle faire "capoter" des négociations.
  9. + Mariani des LR (sans surprise vu le pédigré et les liens du personnage avec Moscou).
  10. Sauf que cette histoire d'accord qu'aurait fait capoter Bojo est fausse. Il n'y avait aucun accord prêt à être signé pour la simple et bonne raison que les positions ukrainiennes et russes étaient totalement inconciliables. Un article qui revient de manière très documentée sur l'origine de cette rumeur a été posté il y a une ou deux semaines sur le forum. Je vais essayer de le retrouver. Après oui, il a clairement essayé d'utiliser sa politique étrangère pour faire oublier les scandales intérieurs qui lui collaient aux fesses. Ce qui a largement échoué d'ailleurs, comme souvent.
  11. Bernard-Henri Lévy, un "philosophe" français dont le passe-temps favori est d'aller se faire photographier en zone de guerre avec sa chemise savamment déboutonnée pour se donner un genre aventurier.
  12. En même temps, ils sont plutôt en position de force dans cette histoire et ont bien besoin de liquidité. Fondamentalement, l'Iran se fiche du conflit russo-ukrainien.
  13. Tu fais le lien entre la détention et la torture systématique (voir le meurtre) de milliers d'Ukrainiens en zones occupées avec le fait que pas mal de civils informent les forces ukrainiennes, en accusant de "schizophrénie" les ukrainiens qui s'en émeuvent, comme si le second fait justifiait le premier.
  14. Ça justifie de torturer aux pinces crocodiles et de violer avec des balais des gens sur simple soupçons ? Car les témoignages qui s'accumulent montrent un système d'enlèvement et de torture qui dépasse très largement la simple arrestation de taupes présumées. C'est à peu près comme justifier Abou Graib sous prétexte que certains irakiens étaient pas très emballés par l'occupation US.
  15. La même chose. Assez triste que l'énoncé par des responsables européens d'évidences aussi basiques nous emplisse de joie, mais mieux vaut tard que jamais.
  16. Trois boutons normalement ça signifie que des armes nucléaires tactiques peuvent être employées à la discrétion du SACEUR, ouf !
  17. Justement, ce scénario, qui n'est envisageable qu'avec la Tchétchénie, ne comporte à mon avis qu'un risque nucléaire assez faible pour l'OTAN, qui dans le pire des cas ne sera très certainement pas la cible prioritaire pour de multiples raisons, à la fois technique et diplomatique (pourquoi attaquer le seul camps qui pourrait vouloir te soutenir ?). A ma connaissance, aucune arme nucléaire n'est stockée sur le territoire tchétchène ou dans ses environs. En 1994/1999, il ne s'est rien passé à ce niveau. Je suis bien plus inquiet (toute proportion gardée) de l'usage volontaire de l'arme nucléaire par les forces russes que par un hypothétique scénario ou des indépendantistes tchétchènes parviendraient on ne sait comment à mettre la main sur une ogive nucléaire (ce qui est improbable en soi, et ne suffit certainement pas à la lancer sur une cible lointaine tout en parvenant à la faire fonctionner).
  18. Les russes auraient commencé à utiliser des munitions de 152 fabriquées en 2022. https://twitter.com/markito0171/status/1595068010687086593?t=xdzKxaKTKoLBQznzhY2Xpg&s=19
  19. Je ne vois pas la Russie sombrer dans un scénario à la Syrienne pour la simple et bonne raison qu'il n'y a aucune ligne de fracture géographique ou ethnique qui pourrait servir de détonateur. La grande majorité du territoire est majoritairement russe. Au pire on peut avoir un espèce de chaos, comme dans les années 90, où des potentats plus ou moins mafieux prennent le contrôle effectif de l'économie de certains oblasts ou villes, avec des luttes intestines pour le contrôle de la tête de l'état. Mais, j'ai du mal à envisager un scénario ou plusieurs camps bien constitués se feraient face avec des forces armées conséquentes.
  20. Oui, et ça sanctuarise indirectement l'aéroport puisque les russes ont probablement pas envie de s'aliéner définitivement les turcs. Ca arrange sûrement les ukrainiens.
  21. Après l'Ukraine c'est pas la Sibérie. Kharkiv, le mois le plus froid c'est Janvier avec un minimum journalier moyen à -7. Donetsk pareil. Zaporijjia -6. Alors tu peux avoir des vagues de froid à -15 bien sûr, mais en moyenne, tu peux considérer qu'il fait entre -3 et -6 le jour et entre -6 et -10 la nuit. C'est rigoureux mais ça nécessite pas des combinaisons d'alpiniste non plus.
  22. Un savoir faire sans doute, mais le soucis c'est que leurs stocks semblent, sur ce point précis, très inférieur aux besoins. Certes des effets pour l'hiver c'est un truc qui s'achète n'importe où, mais quand même, si c'était si simple, on verrait pas des russes aussi mal équipés à longueur de temps. Je ne pense pas que l'effet va être décisif et influencer le cours de la guerre, mais je serais pas étonné que pas mal de conscrits russes se les caillent sérieusement au front en Janvier.
  23. Les anglais aussi. Au niveau de l'équipement individuel grand froid, les ukrainiens devraient être pas trop mal, en tout cas mieux lotis que les russes qui semblent éprouver pas mal de difficulté niveau habillement (on a des preuves anecdotiques qui s'accumulent et, globalement, quand tu vois les soldats russes - même dans leur propre vidéos - on a parfois vraiment l'impression d'avoir à faire des clochards).
  24. Military Balance. Une publication de référence sur les effectifs et matériels des forces armées du globe
  25. Je pense que c'est ce que les russes font, comme les ukrainiens d'ailleurs. Je serais pas étonné que le gros des Sergents des deux armées aujourd'hui sur le terrain étaient encore MdR il y a 8 mois. Mais le problème plus profond, c'est qu'il n'y a pas de culture des sous-officiers dans l'armée russe. Je ne suis pas militaire, mais j'imagine que quand tu es soldat/caporal et qu'au dessus de toi tu as un sous-off compétent qui te sert de chef, tu comprends quel est son rôle et tu peux probablement en devenir un avec un peu d'expérience. Quand, à l'inverse, tu viens d'une institution militaire ou ce corps est déficient tant qualitativement que quantitativement, c'est compliqué de les créer ex-nihilo. Des MdR expérimentés, la Russie en a, mais ce sont des types qui pour la plupart ne comprennent même pas vraiment ce qu'est un sous-officier au sens "otanien" du terme. Je pense que le problème qualitatif des russes est insoluble à court terme, et s'aggravera même possiblement avec l'incorporation de conscrits globalement très mal formés. Mais j'ai la sensation, au vue du rapport de force, qu'une armée russe qui triplerait d'effectif au niveau de l'infanterie, même en y perdant encore un poil de qualité au passage, pourrait ne plus reculer et même à terme repartir à l'offensive en attritionant les ukrainiens. Le gros des pertes catastrophiques russes, notamment au début de la guerre, venaient avant tout d'un plan indigent et totalement raté. Certes, ça a été aggravé par la médiocrité des troupes qui, prises en embuscade le long des routes et laissées à l'abandon, ont très mal réagies en abandonnant leur matériel ou en faisant n'importe quoi. Mais dans une guerre de tranchées où les russes laissent venir les ukrainiens qui voudront récupérer leur sol, il est probable que les pertes s'équilibrent sensiblement. Je serais russe, je ferais tout pour pousser des ukrainiens grisés par leurs succès et désireux de reprendre leur territoire à s'épuiser en offensives couteuses afin d'attritionner leurs stocks loin d'être infinis, avant de repasser à l'offensive une fois le momentum ennemi dépassé, si possible à l'aide d'une réserve mécanisée crée à partir des meilleures troupes régulières retirées du front grâce à l'injection des conscrits. J'ai d'ailleurs l'impression que c'est plus ou moins ce que les russes font à l'échelle stratégique, même si on constate toujours sur certains points des assauts sanglants dans le Donbass.
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