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  1. Loi stratégique de concentration Principe L’effort doit être concentré sur le théâtre principal. Condition Tout théâtre secondaire ne doit être abandonné que si son retrait n’engendre pas un risque stratégique supérieur ou ne crée pas un nouveau centre de gravité adverse. La concentration décide uniquement si cette condition est respectée.
  2. je voulais partager ma vision de ce qu’aurait dû faire Napoléon après l’abandon de Moscou, avec un raisonnement purement structurel (hiérarchisation des théâtres et concentration des forces là où ça décide vraiment). À la base, la stratégie comprend tout, pas seulement un théâtre isolé (nord, sud, Espagne…). Tout est lié, et chaque décision locale a un impact sur l’ensemble de la guerre. Espagne : même si des gains locaux sont possibles, elle reste subordonnée à l’Allemagne. L’issue de la guerre ne se joue pas là, et continuer à disperser les forces aurait été irrationnel. (Même Moscou perdu ne change rien : le théâtre secondaire ne peut absorber la masse décisive.) Allemagne / front prussien‑autrichien‑russe : c’est là que la guerre se décide. Toute faiblesse se paie immédiatement par la concentration ennemie. Avec une force française correctement concentrée, il est fort douteux que l’Autriche aurait osé intervenir, et une bataille comme Leipzig n’aurait probablement pas eu lieu. Ici, il fallait concentrer toutes les forces disponibles pour imposer l’initiative et créer un point de décision favorable. Le plan aurait été simple et clair : Abandonner l’Espagne pour libérer les forces encore dispersées et neutraliser un front secondaire. Transférer toutes les troupes vers l’Allemagne, là où elles pouvaient réellement changer le cours de la guerre. Exploiter cette concentration pour forcer la coalition à se disperser ou se tromper, avant qu’elle ne se regroupe complètement. Si Napoléon avait appliqué ce plan dès octobre 1812 : L’armée française aurait été préservée de pertes inutiles en Espagne. Le front décisif aurait été renforcé juste au moment critique. La France aurait eu une vraie chance de renverser la situation et de conserver l’initiative, et la coalition aurait été beaucoup plus hésitante, réduisant la possibilité d’une bataille majeure comme Leipzig avec en plus la non intervention tres probable de l'Autriche.
  3. La campagne de 1813 exploite avant tout la division de l’ennemi. Par le jeu du tempo, par le choix des objectifs et par l’occupation de positions stratégiques nouvelles évoluant constamment en sa faveur, Napoléon impose une dynamique que la coalition ne peut corriger. L’appui sur une ligne de départ solide, comme l’Elbe — à la fois ligne de refuge et de protection — permet de stopper des attaques ennemies puissantes venues du sud et conduit mécaniquement à l’épuisement de l’adversaire, contraint de subir cette situation du fait même de sa désunion. Après la victoire sur l’Autriche, l’armée française, par une position en quelque sorte centrale, interdit toute action coordonnée de l’ennemi. Elle est en mesure d’intercepter ou de menacer l’armée du Nord, tout en conservant la maîtrise de ses lignes intérieures, notamment grâce à la masse française solidement installée autour de Berlin. Dès lors, l’armée prussienne de Bülow, engagée en Poméranie avec environ 95 000 hommes, constitue le point faible du dispositif ennemi. Ce point faible doit être exploité après la reprise du contrôle de l’Oder. La vulnérabilité de l’armée de Bülow ne réside pas dans une faiblesse intrinsèque de son commandement, mais dans son isolement opérationnel, sa dépendance logistique, et l’impossibilité structurelle de la soutenir durablement face à une concentration française. Cette nouvelle situation force la coalition à un dilemme stratégique. Pour conserver la Silésie, elle doit faire venir 45 000 à 60 000 hommes de réserve afin de renforcer les armées du Tsar et de Blücher. La Silésie devient en effet attaquable à tout moment, et la prudence s’impose d’autant plus que l’espionnage coalisé connaît la manière d’agir de Napoléon. Si l’ennemi ne se renforce pas, il s’expose à une défaite certaine et se voit contraint d’abandonner la Silésie. Cet abandon entraîne immédiatement un affaiblissement du flanc sud de la Poméranie. Bülow, déjà engagé en avant de Berlin, serait alors menacé sur ses lignes et contraint, à terme, d’évacuer à son tour, selon la posture choisie par l’Empereur pour l’y forcer — ce qui correspondrait pleinement à l’intérêt stratégique français. Dans les deux cas, l’adversaire perd. La seule différence réside dans le niveau des pertes et dans le choix du champ de bataille. L’accord de Trachenberg impose à la coalition le refus du combat contre Napoléon tant que celui-ci n’est pas suffisamment affaibli. Toute tentative de manœuvre offensive de la coalition, menée sans supériorité locale décisive contre Napoléon, n’aurait fait qu’accélérer son épuisement opérationnel, logistique et politique, sans modifier l’issue de la campagne. Napoléon, parfaitement conscient que les opérations en Silésie seraient plus lentes et plus difficiles — terrain contraignant, logistique lourde, et possibilité pour l’ennemi de se replier vers le nord afin de se réunir aux forces de Bülow — a tout intérêt à privilégier l’offensive au nord. Celle-ci est plus rapide, son flanc est couvert par la Noteć, et elle s’appuie sur la présence de Davout et de près de 100 000 hommes français autour de Berlin, sans remettre en cause le système défensif établi sur l’Oder, quels que soient les choix de Blücher et du Tsar. C’est pourquoi le Nord devient prioritaire. Il ferme toute possibilité aux coalisés du sud de menacer Berlin, par le dispositif mis en place, par la couverture de la Noteć et par la masse française concentrée dans la région. La rapidité de l’opération, combinée à la force installée autour de Berlin et à Glogau — interdisant toute action ennemie sérieuse au sud — permet à Napoléon d’employer la totalité de son armée sans laisser de réserve arrière susceptible de compromettre son offensive. Son objectif prioritaire n’est pas la libération de Dantzig — place qui tient et dispose encore de vivres — mais la menace directe sur la logistique ennemie, fondement même de la coalition. À partir de ce moment, la coalition est battue, même sans bataille. La bataille décisive n’est pas exclue dans ce schéma ; elle devient simplement inutile dès lors que la désagrégation logistique et politique de la coalition précède toute possibilité d’affrontement favorable. Contrainte de se replier derrière la Vistule en plein hiver, la coalition se retrouve dans un pays pauvre, incapable de soutenir un ravitaillement suffisant, d’autant plus que la perte de territoires prussiens aggrave encore la situation. Nourrir des masses aussi importantes devient insoluble. Cela entraîne mécaniquement la fin de la coalition. En l’espace d’un mois, elle subit pertes et désertions par malnutrition. Face à Napoléon, qui a cette fois réuni ses armées, trop fort et solidement appuyé sur l’Oder, toute tentative — même hypothétique — par le sud de la Pologne ne ferait qu’accélérer l’épuisement d’une armée déjà en déclin. La position de Bromberg, dans l’angle de la Vistule, permet en outre de menacer l’ennemi sur son flanc s’il s’éloigne trop de ses bases, que ce soit pour tenter de reconquérir du terrain afin de vivre sur le pays ou pour diviser ses forces dans cet objectif. Mais ce ne serait là que retarder une échéance inévitable. Une nouvelle année s’ouvre. La conscription nouvelle joue en faveur de Napoléon, non de ses ennemis, contraints d’opérer dans un pays trop pauvre, et cela au cœur de l’hiver. La négociation devient alors inévitable, au grand dam des Prussiens. Mais l’initiative ne leur appartient plus.
  4. La campagne de 1813 : victoire par l’attaque de la structure et de la logistique Dans ce scénario, la campagne de 1813 se conclut par la défaite de la coalition, non par une recherche de victoire tactique isolée, mais par une attaque directe contre sa structure opérative et logistique. En s’attaquant à cette structure, la coalition est contrainte de subir l’initiative française à tous les niveaux. Après l’élimination militaire de l’Autriche, l’exploitation de la position centrale de Berlin devient déterminante. Elle permet de concentrer rapidement des forces supérieures contre des armées isolées. C’est ainsi que l’armée de Walmoden est interceptée et détruite avant toute possibilité de repli, face à une masse française écrasante. Au sud, la situation reste constamment solide grâce à la position renforcée de Dresde, appuyée par les forteresses de Torgau et de Wittenberg. Cet ensemble garantit la sécurité du dispositif méridional et offre à l’armée française une liberté d’action totale au nord, qui devient le véritable pivot de la campagne. Grâce à la supériorité locale, à la vitesse et à la prise de positions clés, les places fortes de l’Oder sont progressivement libérées. L’ennemi, incapable de les défendre efficacement, est contraint de les abandonner sans combat et de se replier derrière le fleuve. Cette situation permet alors d’avancer l’ensemble du dispositif sud sur l’Oder, faisant peser une menace directe sur les armées de Blücher et du tsar. Celles‑ci sont contraintes de rester divisées au niveau campagne, séparées de l’armée de Bülow en Poméranie. Toute tentative de concentration ouvrirait la route vers la Pologne et exposerait leur flanc sud, livrant leurs dépôts et une part essentielle de leur logistique à l’action française, ce qui serait à terme catastrophique. Une fois l’Oder franchi, l’ennemi ne peut plus menacer efficacement Berlin. Les axes sont verrouillés par Stettin, Küstrin et Francfort, la largeur de l’Oder impose des délais incompatibles avec une manœuvre offensive crédible, et la stratégie française, fondée sur la vitesse et la tenue des passages du côté français de la rivière Notec, au sud de la Poméranie, interdit toute manœuvre cohérente. La coalition est alors contrainte de reculer au‑delà de la Vistule pour tenter de protéger ses dépôts. Mais cette retraite ne la sauve pas. Une masse de 350 000 hommes ne peut subsister en Pologne avec une logistique insuffisante. Comme historiquement, la coalition finirait par perdre les deux tiers, voire les trois quarts de ses forces, non par la bataille, mais par l’effondrement logistique, entraînant mécaniquement sa dislocation. Par ailleurs, une attaque par le nord conduit au même résultat. En repoussant l’armée de Bülow, plus faible et incapable de tenir durablement derrière la Vistule, l’armée française peut à terme libérer la forteresse de Dantzig. Le contrôle de cette place permet alors de maîtriser l’ensemble de la Vistule, de Dantzig à Bromberg, et d’exercer une pression décisive sur la logistique prusso‑russe. Dès lors, les armées du tsar et de Blücher, menacées sur leurs lignes de communication et leurs dépôts, sont contraintes de reculer derrière la Vistule. Cette manœuvre, strictement opérative et logistique, devient décisive au niveau campagne, sans nécessiter de bataille majeure supplémentaire. Conséquences politiques et européennes Au niveau européen, une telle victoire entraînerait : l’arrêt de la guerre en Espagne, avec la restitution de son trône au roi, la fin du blocus continental, devenu inutile sans la Russie et l’Espagne, une Prusse durablement inoffensive, L'Angleterre partiellement neutralisée. une alliance réorganisée avec l’Autriche, sur de nouvelles bases, Metternich étant écarté au profit d’une diplomatie recherchant l’alliance française, position déjà soutenue par l’entourage de l’archiduc Charles. La réduction de la Prusse stabiliserait le continent. L’Autriche, par manque d’alternative stratégique, recouvrerait la Silésie, perdue sous Frédéric II. Un royaume de Pologne serait partiellement rétabli aux dépens de la Prusse, tandis que les territoires restants passeraient sous domination allemande, mais divisés en plusieurs États, empêchant toute reconstitution rapide d’une puissance hostile. L’année 1813 apparaît ainsi comme une année charnière, où la France comme la coalition pouvait obtenir une victoire durable. Les maladies et les conditions météorologiques, touchant les deux camps de manière comparable, ne sont volontairement pas prises en compte dans ce raisonnement. Ainsi, cette campagne pouvait être gagnée dès lors que l’Autriche était battue.
  5. Rôle des forces refusant le combat Dans ce cadre, les 75 000 hommes employés à la menace logistique, en tenant toujours compte des défaites inévitables des armées alliées, ne devaient jamais accepter la bataille. Leur rôle n’était pas de vaincre, mais de contraindre l’ennemi à disperser ses forces pour protéger ce qui lui était vital. En cas de repli, cette force devait se retirer méthodiquement vers Vienne, derrière un cours d’eau situé entre le Danube et les Alpes, protégeant naturellement les flancs, tout en restant suffisamment proche de la capitale pour être renforcée si nécessaire. Conclusion – Logique de commandement Cette campagne ne reposait pas sur la recherche d’une bataille décisive, mais sur un principe simple : refuser l’anéantissement, préserver l’armée, user le temps et menacer la structure ennemie plutôt que ses seules forces. La décision cessait alors d’être militaire pour devenir politique. L’objectif n’était pas de vaincre l’armée prussienne, mais de lui interdire une victoire rapide. Tant que l’armée autrichienne demeurait intacte, la Prusse ne pouvait gagner politiquement. C’est là que se trouvait la véritable victoire possible de l’Autriche — en excluant volontairement l’égoïsme des alliés du nord-ouest de l’Allemagne, conformément à la réalité historique.
  6. La campagne de 1866 austro-prussienne – Manœuvre alternative Sans intervenir dans la stratégie saxonne — dont l’intérêt évident aurait été de se rallier immédiatement à l’Autriche afin de la renforcer et d’éviter une défaite isolée — l’essentiel, pour Vienne, se situait ailleurs. Le centre de gravité prussien n’était ni son armée prise isolément, ni même sa supériorité tactique, mais la liberté stratégique que lui conférait son réseau ferroviaire. Cette infrastructure permettait à la Prusse de concentrer rapidement des forces supérieures sur un point décisif, ou au contraire de les disperser temporairement sans perdre la capacité de les réunir à nouveau. Cette liberté d’action constituait l’élément déterminant de sa manœuvre. Cette réalité ne pouvait être ignorée. Elle devait au contraire être exploitée. La division initiale des forces prussiennes était prévisible ; elle constituait à la fois un risque pour l’Autriche et une opportunité. Le rôle du renseignement devenait alors central : non pour rechercher la bataille, mais pour éviter que l’armée autrichienne ne se jette dans la manœuvre d’anéantissement recherchée par l’adversaire. Option A – Verrouillage des passages et refus de l’anéantissement La première option, préférentielle, consistait à étudier sérieusement la possibilité de bloquer les passages conduisant vers la Bohême en cas de division prussienne. Ces passages, s’ils pouvaient être fermés à temps par une ou plusieurs brigades acheminées par la seule voie ferrée disponible, permettaient un repli ordonné vers Sadowa sans exposition à une attaque de flanc. Dans cette hypothèse, Sadowa cessait d’être un piège pour devenir une position temporairement sûre, à condition de rester en arrière du fleuve. L’ennemi se voyait alors contraint de prendre des risques considérables pour forcer les ponts, surtout s’il était lui-même menacé dans sa logistique. Si la Prusse devait concentrer ses forces pour forcer le passage, elle perdait précisément ce qui faisait sa supériorité : la liberté stratégique née de la dispersion contrôlée. Du temps était ainsi gagné. Temps indispensable pour organiser le terrain, renforcer les positions et préparer la bataille principale, si celle-ci devait avoir lieu. Car la perte de ce point ouvrait la Bohême, puis menaçait directement Vienne par la prise de la voie ferrée conduisant à la capitale. Il devait donc être tenu avec la plus extrême fermeté. Toute faiblesse à cet endroit annulait la valeur de l’option. Option B – Repli stratégique et refus de Sadowa La seconde option s’imposait si la fermeture des passages montagneux, situés à droite de Sadowa, s’avérait impossible dans les délais. Dans ce cas, la bataille de Sadowa devait être refusée sans hésitation. Accepter la bataille dans ces conditions revenait mécaniquement à offrir un flanc à l’ennemi et à s’exposer à l’anéantissement de l’armée autrichienne. Une telle bataille n’aurait été ni nécessaire ni décisive politiquement, mais seulement fatale. Il fallait au contraire quitter la Bohême et se replier pour défendre le nord de la capitale en s’appuyant sur un obstacle naturel : la Morava. Ce repli, bien que politiquement délicat, imposait à la Prusse un allongement considérable de ses lignes logistiques. Même concentrée, l’armée prussienne se trouvait alors contrainte de sécuriser en permanence ses voies ferrées, ses convois et ses nœuds de communication. Dans cette configuration, entre 70 000 et 80 000 hommes devenaient nécessaires pour la seule protection logistique, d’autant plus que l’Autriche pouvait laisser en arrière des forces mobiles chargées de menacer ces lignes vitales. Effets stratégiques et saturation adverse La question centrale devenait alors la suivante : la Prusse pouvait-elle forcer le passage de la Morava face à une armée autrichienne concentrée, capable de ramener rapidement l’ensemble de ses forces sur le point de franchissement identifié par la reconnaissance ? Le risque devenait considérable, tant militairement que politiquement. Même sans intervention bavaroise, cette stratégie offrait à l’Autriche une issue acceptable : au pire, un repli derrière le Danube sans défaite majeure. Militairement, l’armée était préservée. Politiquement, l’absence de bataille décisive posait problème, mais restait préférable à une défaite écrasante et immédiate. La Prusse conservait certes une supériorité tactique, mais perdait la liberté stratégique. Son armée se retrouvait immobilisée, sa logistique constamment menacée, la Silésie sous surveillance, et le nord-est de la Prusse tenu défensivement par nécessité politique. La manœuvre prussienne devenait saturée. Extension de la pression indirecte Cette pression pouvait encore être aggravée. Si la Bavière engageait environ 55 000 hommes, l’Autriche pouvait coordonner 20 000 hommes supplémentaires avec ces forces pour menacer Prague, couper la logistique prussienne vers Sadowa, puis agir plus au nord encore, tandis que la cavalerie sabotait la voie ferrée en plusieurs points. Une telle action ne visait pas la bataille, mais forçait l’armée prussienne à se replier de la Morava, gagnant du temps supplémentaire et renforçant la position politique de Vienne.
  7. Dans le pire cas, si les coalisés concentrés au sud cherchent une option active, la plus marquante ne serait pas une bataille décisive, mais une tentative de forcer le passage au sud de l’Oder avec des forces importantes, tout en conservant le gros de l’armée en retrait. Cette option viserait à exploiter la proximité de grandes masses capables d’intervenir rapidement pour soutenir le passage et battre les forces françaises engagées localement. Toutefois, ce choix arrangerait paradoxalement Napoléon : il réduirait la pression immédiate sur le nord, faciliterait une offensive française en Poméranie, et diminuerait fortement le risque d’une coupure logistique française. En se découvrant ainsi au sud, les coalisés s’exposeraient à une rupture plus complète et plus sûre de leurs propres lignes, transformant une manœuvre prudente en vulnérabilité structurelle. Par ailleurs, même si l’Oder est solidement tenu par 175 000 hommes français, l’ennemi pourrait choisir de ne pas engager la bataille et de rester en retrait, privilégiant une campagne longue d’usure. Dans ce scénario : le verrou français reste efficace, mais l’ennemi tente de maintenir ses forces intactes, ce qui allonge la campagne et déplace le centre de gravité stratégique vers d’autres zones, sans compromettre la structure verrouillée par Napoléon. Autrement dit, toutes les options ennemies sont verrouillées : qu’il tente de forcer le passage au sud ou qu’il reste en retrait, il crée plus d’opportunités pour Napoléon qu’il n’en ferme, renforçant la cohérence et l’efficacité structurelle de la campagne.
  8. Pour clarifier l’approche retenue dans cette uchronie et expliquer certains choix de présentation, notamment l’absence de batailles détaillées, voici un résumé de la logique structurelle qui a guidé la campagne. La position de Glogau, renforcée par une masse de 100 000 hommes en arrière, constitue un verrou stratégique majeur. Elle interdit toute progression sérieuse vers Berlin, car toute armée coalisée doit soit engager un siège, soit diviser ses forces, soit contourner par des routes mal connues, chacune de ces options entraînant des risques logistiques et tactiques sévères. Même si la coalition tente un passage rapide ou détache un corps de couverture, ses lignes de communication seraient immédiatement menacées et son armée fragmentée, la contraignant à abandonner l’axe direct vers la capitale. L’ampleur des forces et la multiplicité des corps alliés rendent impossible de déterminer à l’avance le lieu exact d’éventuelles batailles. Tout déplacement dépend de décisions simultanées de plusieurs commandants, et tout retard ou mouvement indépendant peut modifier radicalement le point de contact. Dans ces conditions, insister sur des batailles précises aurait été non seulement irréaliste, mais aurait affaibli la cohérence stratégique de l’uchronie. L’absence de combats détaillés est donc un choix réfléchi pour se concentrer uniquement sur le niveau structurel et sur la liberté d’action de l’ennemi. Les contraintes politiques et humaines renforcent cette logique : les alliés ne peuvent agir comme une seule entité, certains privilégient la préservation de leurs forces ou l’intégrité territoriale, et la coordination est lente. Même si un corps allié tente une manœuvre audacieuse, il sera freiné par ses communications, par les autres armées ou par la nécessité de préserver sa propre sécurité. L’expérience des campagnes de 1806–1807 montre que laisser des places fortes sur les arrières et ignorer les lignes logistiques conduit systématiquement à des retraits ou des défaites structurelles. Par conséquent, quelle que soit la réaction de l’ennemi, il se retrouve enfermé dans un cadre où toutes ses options sont défavorables. L’issue rapide de la campagne n’est pas un raccourci narratif, mais la conséquence logique d’une stratégie menée au niveau de la structure de la campagne, où l’ennemi est neutralisé avant même de pouvoir engager de véritables batailles.
  9. Pourquoi les batailles ne sont pas détaillées Il faut également préciser pourquoi les batailles ne sont volontairement pas développées dans cette uchronie. À ce niveau de campagne, elles dépendaient entièrement des choix des acteurs, choix susceptibles d’évoluer très rapidement en fonction des informations, des délais et des mouvements adverses. Dans ces conditions, le terrain précis des affrontements ne pouvait pas être fixé à l’avance de manière crédible. Insister malgré tout sur des batailles détaillées aurait donc relevé davantage de la fiction que de l’analyse réaliste. La multiplicité des armées engagées, leurs mouvements simultanés et leurs contraintes logistiques rendaient cette approche impraticable. Il a donc fallu abandonner cette option, même si elle pouvait répondre à l’attente de certains lecteurs, afin de se concentrer sur le seul niveau pertinent dans ce cas précis : le niveau structurel de la campagne. L’absence de grandes batailles décrites n’est pas un manque, mais une conséquence logique du cadre retenu, et participe au contraire à la cohérence et au réalisme de l’uchronie.
  10. Cette campagne uchronique repose avant tout sur une lecture structurelle des contraintes propres à la guerre de 1813. Elle ne cherche pas à multiplier les batailles décisives, mais à exploiter la dépendance logistique des armées de coalition et leur vulnérabilité face aux places fortes contrôlant les axes de communication. Le dispositif présenté vise à réduire progressivement la liberté opérative de l’adversaire, jusqu’à le placer dans une situation où toute option stratégique devient défavorable. L’expérience des campagnes de 1806–1807 montre que ce type de manœuvre, fondé sur le contrôle des arrières et des lignes, est parfaitement cohérent avec les pratiques et les limites des états-majors de l’époque. L’issue rapide de la campagne ne résulte donc pas d’un raccourci narratif, mais de la logique interne d’un raisonnement mené au niveau de la campagne.
  11. Voici la carte de la Pologne ou ce déroule la campagne, avec la Notec bordant le sud de la Poméranie au nord. A bientot pour la suite.
  12. Napoléon promit l’arrêt des hostilités si les Russes abandonnaient le combat, et fit transmettre un message aux Prussiens, leur garantissant que, s’ils capitulaient, leur pays ne serait pas touché. L’émissaire, de retour, apporta cette réponse. Le message satisfaisait le tsar, qui l’accepta, mais inquiétait fortement le roi de Prusse, alors installé à Königsberg. Privé désormais de son principal allié, celui-ci dut cependant se résigner à accepter la situation. Promesse que Napoleon dut ne pas tenir, car la Prusse jugée trop dangereuse et instable a la suite de sa défaite en 1806 qu'elle n'acceptait pas, fut réduite a la Prusse orientale telle qu'elle le sera en 1920. Ainsi, les manœuvres opératives avaient mis la coalition à genoux, là où le combat direct était risqué et pouvait, au pire, tout compromettre. En s’attaquant à la structure plutôt qu’à la tactique, il fut possible d’obtenir la victoire en exploitant à la fois la pauvreté du pays polonais, une certaine lenteur des armées Prusso-russes, ainsi que les distances, grâce à une évaluation précise des temps de marche J’explique également que la position prise à Glogau, avec 100 000 hommes placés en arrière, était excellente. Elle empêchait Blücher et le tsar de menacer Berlin, ou même de tenter de franchir la rivière Notec, qui bordait le sud de la Poméranie et donc les bases de Napoléon. Les passages étant tenus, toute tentative les obligeait à présenter leur dos et leur logistique, ou à diviser leurs forces ; mais dans ce cas, les 75 000 hommes en réserve pouvaient intervenir et briser immédiatement cette division et peut etre avec le risque les bloquer contre la Notec De meme, traverser l'Oder les condamnait rapidement, par l'intervention des 175 000H, de la tenu des places Fortes, et a terme, la perte inévitable de leur logistique au nord par Napoleon. Il ne leur restait donc comme seule ressource que la retraite, sans possibilité de combattre utilement. D’autant plus que Napoléon visait Bromberg en particulier, afin de menacer directement leur logistique. Ce qui rendait leur retraite inévitable dans un court délai, sous peine de risquer la perte de l'armée.
  13. Le plan de Napoléon imposait à Davout, désormais au sud, d’envoyer 100 000 hommes derrière Glogau, dissimulés par le terrain, d’où ils pouvaient soit déboucher au-delà de l’Oder, soit renforcer les 75 000 hommes laissés entre Breslau et Glogau. Cette disposition permettait de sécuriser le sud et le centre de l’Oder, en s’appuyant sur les places fortes libérées. L’ennemi ne pouvait pas l’emporter sur le long terme : il se trouvait directement menacé sur sa logistique, ce qui le condamnait et l’obligeait à reculer. S’il tentait de bloquer Glogau, il devait nécessairement diviser ses forces, ce qui l’affaiblissait excessivement face aux Français. Une telle option était inacceptable, car elle l’exposait à une défaite dont les conséquences, si elles étaient bien exploitées, pouvaient devenir incalculables. À moins d’y engager la totalité de l’armée coalisée ; mais dans ce cas, sa position aurait laissé la possibilité au reste de l’armée française de frapper directement sa logistique, le mettant en péril certain. Ainsi, le sud était assuré de tenir. Au nord, 150 000 Français sur 170 000 passèrent par Küstrin et le centre pour se rejoindre peu après. Les 20 000 hommes restants furent placés entre Francfort et Küstrin afin de verrouiller solidement le passage. Napoléon longea ensuite la rivière Notec, y installant des garnisons à mesure de son avancée ; 20 000 hommes furent ainsi prélevés sur son armée afin de protéger sa logistique par le sud. À mesure qu’il avançait, l’armée placée sous le commandement de Bülow reculait, non par manque de volonté, mais parce que la qualité secondaire de ses troupes ne lui permettait ni de soutenir une manœuvre offensive, ni d’affronter une armée française manœuvrant en masse. Bülow emprunta la route de Bromberg, contourna la forteresse et se réfugia à l’abri derrière la Vistule. Napoléon libéra la forteresse de ses assiégeants et, par sa nouvelle position, menaça directement la logistique des coalisés encore engagés au sud, lesquels reculèrent vers Plock, mais trop tardivement. Il fallut 14 à 16 jours à Napoléon pour atteindre Bromberg. Il y envoya sa cavalerie légère afin de perturber, et même de couper partiellement, le ravitaillement de l’armée coalisée du sud, qui devait arriver dans cette ville avec un retard de 4 à 6 jours, étant plus lente que les Français (fait authentique). Cela obligea les coalisés à emprunter une autre route, plus au sud, allongeant encore leur marche. L’armée souffrit alors de privations importantes, notamment après le passage de Plock sur la Vistule. C’était pourtant leur meilleur choix : tenter de remonter au nord pour couper Napoléon de sa base revenait à se condamner inévitablement. L’armée coalisée y aurait été perdue, faute de ravitaillement. Cette armée était placée sous un double commandement, Blücher et le Tsar, dont l’entente s’affaiblissait progressivement. La logistique prussienne peinait de plus en plus à ravitailler les Russes, du fait de la perte des deux tiers du territoire prussien, indispensable au ravitaillement coalisé. Dantzig fut libérée après Bromberg. L’ennemi, sur ordre de Bülow, avait reculé derrière la Vistule. Les troupes placées sous son commandement étaient elles aussi de qualité secondaire, ce qui explique qu’elles évitaient le combat en rase campagne et se bornaient à des mouvements défensifs. Ainsi, en gagnant par les marches, l’armée prusso-russe du sud dut abandonner ses positions devant l’Oder pour se replier derrière la Vistule, où se trouvaient désormais 350 000 à 370 000 hommes, en comptant ceux de Bülow et de Dantzig. Napoléon libéra 28 000 à 30 000 hommes, dont 20 000 furent laissés sur place pour tenir solidement les positions. Les 175 000 hommes au sud de l’Oder le rejoignirent, portant son armée à 285 000 hommes, auxquels s’ajoutèrent ceux de Dantzig libérée, soit environ 295 000 hommes. Ainsi, de grands résultats furent obtenus, non par des batailles, mais par la manœuvre et par les marches, obligeant les coalisés à céder du terrain et à fragiliser leur logistique, désormais contrainte d’opérer dans un pays plus pauvre en ressources de toute nature. Ainsi, l’ennemi, désormais réduit à une logistique insuffisante dans ce pays, voyait sa coalition commencer à se fracturer, sous peine de voir son armée se détruire faute de vivres suffisants. La politique prit alors le pas sur le militaire. Le tsar, constatant que la campagne touchait presque à son terme sans bataille décisive, où tout n’avait été que manœuvres, marches de vitesse et menaces constantes sur la logistique, fit le premier pas en envoyant un émissaire pour négocier.
  14. Carte des opérations. Comme vous pouvez le constater, il était nécessaire de reprendre le contrôle jusqu’à l’Oder, afin d’inverser les rôles en faisant pression sur l’ennemi avec de grandes forces, tout en restant protégé par un obstacle naturel. C’est moi, désormais, qui impose l’initiative, obligeant l’adversaire à prendre un risque stratégique parfaitement exploitable. La présence de Napoléon à la tête de l’armée inquiétera suffisamment l’ennemi, le forçant soit à engager ses réserves situées vers Varsovie, soit à retraiter — ce qui, par voie de conséquence, affaiblissait le flanc protégeant la Poméranie et pouvait le contraindre à l’abandonner. Cela signifiait probablement la fin de la coalition, avec les deux tiers restants de la Prusse passant sous contrôle français, et une perte très sensible de la logistique coalisée, dont les Russes bénéficiaient largement. Le déplacement de Napoléon vers le nord, par surprise, était nécessaire pour préparer sa future opération, dans laquelle l’ennemi devait ignorer jusqu’au dernier instant les préparatifs, afin d’être mis devant le fait accompli et incapable d’intervenir pour l’empêcher.
  15. La campagne de libération des places fortes de l’Oder débute fin septembre, au 28ᵉ jour. Il faudra 18 jours pour atteindre successivement Glogau, puis Breslau, et enfin Neisse, dont la proportion des forces est alors inconnue, mais ne peut être considérable. Cette dernière se trouve presque sur la frontière autrichienne. À mesure de l’approche de Napoléon, l’ennemi abandonna les sièges, évitant tout combat, pour rejoindre l’armée principale située derrière l’Oder, dont on peut estimer la force à 150 à 170 000 hommes, tout compris, Neisse incluse, qui n’est pas une place de tout premier ordre. C’est donc le 16 octobre que toutes les places de l’Oder furent libérées. Cette action sécurisa entièrement l’arrière du front, mais inquiéta profondément l’ennemi, qui n’osa pas affronter Napoléon, conformément à l’accord de Trachenberg : une stratégie visant à éviter l’Empereur, pour se concentrer d’abord sur ses lieutenants avant de se retourner contre lui avec toutes les forces réunies. Ce retrait eut pour effet d’augmenter considérablement la masse coalisée derrière l’Oder, portant ses forces à environ 145 à 170 000 hommes, Neisse évacuée comprise, estimation raisonnable pour ce secteur. Bien que supérieurs en nombre, les coalisés prirent la décision de rappeler vers eux l’armée stationnée près de Varsovie, forte de 45 à 60 000 hommes, afin de faire face à un combat éventuel si Napoléon franchissait l’Oder. La menace était sérieuse, et le réseau d’espionnage coalisé permettait de localiser en permanence l’Empereur en campagne (authentique). Entre-temps, Napoléon avait envoyé des courriers vers Dresde, ordonnant de le rejoindre vers Breslau avec 35 000 hommes, tout en faisant avancer la réserve de 20 000 hommes. Seul, 5 000H occupait Dresde. Tout cela laissait présager à l’ennemi, grâce à l’espionnage, qu’une confrontation majeure se préparerait, une fois les forces réunies vers le 25 octobre, portant les effectifs français à environ 175 000 hommes. Le combat semblait devoir se décider en Silésie, ce qui accéléra encore la demande de renforts venus de Pologne, attendus après plus de vingt jours de marche, soit vers le 30 octobre, portant les forces coalisées à 195–210 000 hommes. Quelques tentatives légères de franchissement eurent lieu vers Breslau, mais rien de réellement inquiétant, ce qui semblait confirmer l’intention de Napoléon d’attaquer en Silésie. Mais rien ne se passa comme prévu. Cela surprit les coalisés, car l’armée française semblait au contraire se protéger derrière la barrière naturelle de l’Oder, tandis que le célèbre espion Schumeister avertissait Napoléon de la grande concentration ennemie entre Glogau et Breslau. Un mois et demi s’écoula sans action décisive de part et d’autre. C’est alors que les troupes de Davout furent renforcées de 50 000 hommes venus d’Italie, après qu’un message eut averti leur général, Eugène de Beauharnais, à la suite de la capitulation autrichienne du 26 août 1813 et de 20 000 hommes venu de Torgau et de Magdebourg. Plusieurs mois furent nécessaires pour franchir ces distances : les troupes passèrent par Trente, au nord du lac de Garde, franchirent les Alpes, puis traversèrent l’Allemagne jusqu’à Berlin à la mi-décembre. Les forces de Davout passèrent ainsi de 100 000 à 170 000 hommes. Napoléon, averti par un messager, mit six jours pour rejoindre Berlin, tandis que Davout, inversement, fit de même pour le remplacer, conformément à des instructions secrètes que l’Empereur lui avait laissées avant de partir libérer les places de l’Oder. Ainsi, l’ennemi était joué. La menace exercée sur la Silésie avait parfaitement fonctionné. Par excès de prudence, l’ennemi avait renforcé le sud de son dispositif, laissant le nord sans réserve solide. Il ne pouvait compter sur aucun renfort prussien supplémentaire, ceux-ci ayant déjà engagé le maximum de leurs forces, tandis que la Russie souffrait de graves difficultés logistiques, dépendant largement de la Prusse dans ses efforts (authentique). La campagne allait se poursuivre dans le froid de l’hiver, mais désormais, les chances penchaient du côté français. A bientot pour la suite.
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