Pour répondre à Philippe : c'est une très bonne question. En fait, il y a plusieurs catégories (dans mon métier, on les distingue sous cette classification) :
Catég. 1 : les revues "techniques" (du type "L'Armement" édité par la DGA, mais je crois qu'elle vient de cesser de paraître !) : destiné aux ingénieurs de l'armement et aux chercheurs avant tout (environ 14.000ex. de diffusion par n°)
Catég. 2 : les revues "scientifiques" (comme "Défense Nationale" par ex.) : destiné aux officiers, chercheurs et universitaires (environ 5.000 ex/n°)
Catég. 3 : Les revues "grand public" spécialisées (comme "Air et Cosmos") : cible plus large, notamment "civile", avec une thématique "segmentée" (Air, Mer, etc.) (environ 10.000 ventes/n°)
Catég. 4 : Les revues "grand public" orientées forces spéciales ("Commandos" voire "RAIDS") : généralistes mais avec une assez importante dépréciation dans les milieux militaires sup.
Ce type de classification (panorama français) ne fait pas apparaître ce qu'on pourrait qualifier de catégorie 2 "prime", c'est à dire des revues de haut niveau mais destinées à un public globalement plus large que les seuls spécialistes. L'aspect "référence" est caractéristique de cette catégorie, car pour intéresser autant les militaires de haut rang que les industriels de la défense et le "grand public" passionné par ces questions, il faut une approche éditoriale et aussi marketing (politique de diffusion, etc.) très "pro", donc très anglo-saxonne (pour ce qui est de ce secteur). Dans cette catégorie, on pourrait par exemple intégrer "Defense News" (US) et la politique éditoriale de "Jane's" (UK). Le malheur est qu'en France aujourd'hui, il n'y a plus de revue de cette catégorie, et c'est notamment pour ça que sur mon bureau chaque semaine, je reçois les titres anglo-saxons susmentionnés (avec une ligne éditoriale allant rarement dans le sens des intérêts français, voire européens...). C'est pourtant les seules véritables revues de référence à notre disposition (je ne cite pas TTU car ce n'est pas vraiment une revue mais plutôt un bulletin de veille de quelques pages).
C'est pour cela que l'arrivée de DSI me semble très importante car si effectivement il se place dans le créneau de feu "Défense & Armement", il sera la seule revue française dans cette catégorie "2 prime".
En cherchant un peu sur le net et ailleurs, j'ai vu que la société éditrice (Areion) travaille avec le Ministère de la Défense (expertise pour le compte de la DAS notamment). Et je crois savoir que l'autre magazine que cette société publie ("Diplomatie") a des rapports assez étroits avec le Quai d'Orsay. La sortie de DSI - alors même que le leitmotiv de l'actuel gouvernement est : "stratégie d'influence pour contrer les anglo-saxons" - n'est peut-être donc pas tout à fait le fruit du hasard... (simple suputation qui n'engage que moi). Surtout quand on voit qui écrit dedans (articles ou entretiens)...
Voilà pour ma petite réponse (qui en fait est très longue, désolé ;) )
Oliv.