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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Danemark
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Le coefficient de Gini est, pour être précis, il me semble, surtout utilisé pour indiquer la dispersion des revenus, pas de "la richesse", non? Les chiffres que j'ai zieuté rapidement (ceux de la Banque Mondiale) indiquent à cet effet (les revenus, donc) la hiérarchie qu'on connaît: les pays nordiques au top des plus égalitaires, avant et après impôts et transferts, avec, et ça m'a surpris, les Slovènes, Tchèques et Slovaques. Donc ma seule question, si on met ces chiffres en rapport avec ceux cités par Alexis, c'est... WTF? Est-ce quelque chose d'autre qui est calculé? Le coefficient de Gini en tant que tel, est juste un outil statistique pour mesurer la dispersion de quelque chose, même si on a pris l'habitude d'assimiler le terme au calcul de la dispersion des revenus.... Donc peut-être que.... Sinon, je donne ma langue au chat. Et le Danemark est peut-être en fait l'enfer sur terre où quelques oligarques à particule fouettent une population de pégus asservis.... Qui ont quand même les études supérieures non seulement gratuites, mais en plus assorties d'un revenu. -
Si rien qu'une fois tu cessais d'utiliser la méthode de l'épouvantail pour caricaturer le propos d'autrui, ça ferait des vacances. Je pourrais répondre point par point (et le ferais si un sujet était dédié à ce débat), mais on va limiter la chose, non seulement parce que ce n'est pas le topic pour le faire, mais parce que j'en ai assez ras le cul de me faire insulter gratuitement (surtout quand je me retiens de le faire en retour), mais surtout parce que ça ne sert à rien avec quelqu'un qui sélectionne et caricature mon propos à outrance pour caser les réponses qui l'arrangent. Le plus évident exemple de cette méthode est en l'occurrence cette persistance à présenter tes réponses comme si j'affirmais qu'une croissance démographique débridée était source de croissance, ce à quoi je pourrais répondre en étant tout aussi caricatural que tu soutiens que seul le déclin démographique permet l'enrichissement (ce qui, à moins d'une surmortalité brutale et répartie de façon équilibrée entre les classes d'âge et sexes -ou, encore mieux, tapant juste les vioques-, poserait plus de problèmes que ça n'en résoudrait). Je ne discrédite certainement pas l'analyse historique que j'étudie depuis plus de 20 ans; c'est juste que ça t'arranges de l'affirmer, et si tu veux mes sources, elles sont nombreuses, mais pour que ça serve à quelque chose d'en discuter, faudrait d'abord que tu arrêtes de me faire dire ce que je n'ai pas dit, notamment faire comme si je niais le fait que le rapport offre-demande de travail ait évolué favorablement à la première à 2 périodes du Moyen Age (3 si on pense pouvoir inclure la "renaissance carolingienne" pour laquelle le manque de documentation est par trop important), et que cela ait contribué à l'expansion; c'est un poncif connu. Le point à souligner était que l'explication malthusienne que tu sembles avancer est très insuffisante pour expliquer à elle seule les problèmes économiques mentionnés: ça aussi, c'est un poncif historique très largement accepté, qui ne semble pas vraiment trouver son chemin dans ton argumentation. Des facteurs sociaux tout aussi conséquents (captation croissante des revenus par "le haut" qui refuse de baisser son train de vie même momentanément quel qu'en soit le coût économique même sur leurs domaines, usage de la pression économique comme moyen de contrôle social....) ont constitué un blocage fort à l'expansion économique continue au Moyen Age (à commencer par la production agricole), tout comme des facteurs qu'on qualifiera pour aller vite de "géopolitique"/géo-économiques" (les guerres et épidémies et leurs dommages démographiques -surtout grave quand ça tape fort sur les jeunes-, l'instabilité des territoires et de leurs frontières, l'absence de cadre juridique-économique unifié sur les espaces concernés, le cloisonnement extrême des marchés, l'effet de l'instabilité sur la visibilité et l'investissement....). Ne pas mentionner ces facteurs et raisonner en isolant le facteur démographique est plus que fallacieux. Estimer un surpeuplement doit toujours être fait en corrélation avec non seulement la production, mais aussi la capacité de production (donc un potentiel), et la différence entre la production réalisée et le potentiel de production, toutes choses égales par ailleurs, est souvent très importante, et ce en raison de facteurs politiques, sociaux, culturels, ou, plus généralement (parce qu'on n'a pas le temps et la place de s'étendre ici) circonstanciels. Au Moyen Age comme aujourd'hui. Et à ce sujet, pour recoller un peu plus au thème récurrent sur ce topic, le niveau de captation des revenus et de polarisation du patrimoine et des actifs productifs par le haut de la pyramide sociale (et l'impact conséquent sur l'investissement, ses montants, ses destinations, sa productivité pour les uns et pour les autres) est tout autant un facteur macro-économique décisif qui, précisément, contribue largement, à certaines périodes à contracter la demande solvable. Comme c'est le cas aujourd'hui. J'avais évoqué l'étude que j'avais cité sur le sujet il y a quelques pages (.... Bon, c'était en page 332 ; "quelques" est si pratique comme expression), The fading American dream: trends in absolute income mobility since 1940. Et de reciter un des passages que j'avais alors souligné: De là, on peut ensuite étendre le sujet aux liens avec la démographie (en notant par exemple que les Américains ont vu leur natalité post-guerre décliner à partir de 1957, et sortir des proportions du "Baby Boom" en 1964, pour continuer une chute assez rapide jusqu'en 1974; depuis, ça bouge peu), par essence complexes: dans quelle mesure l'une est cause et conséquence de l'autre, c'est un peu trop riche pour un HS sur ce topic, et c'est infiniment plus long que les simplismes qu'on risque de s'asséner ici. Pour mes "sources" côté Moyen Age, je renvoie à Parias, Duby, Braudel, Wallon, Le Mené, Derville, Dyer, Dobb et Sweezy, Aston et Philpin, Perroy, Heers (évidemment), Dubois et Dupâquier, Postan, Wolff, Fourquin, ou encore le toujours serviable, même si daté, Cambridge Economic History of Europe. J'ai pas tout lu à tous les coups, mais au moins abondamment consulté. Je n'ai pas inventé mon opinion, je l'ai tirée de là et n'affirme rien qui n'ait été dit par d'autres dans ce domaine. Désolé si je n'ai pas le super-pouvoir d'invoquer à la demande, dans le temps qu'il faut pour écrire un post, les passages exacts (ou même un résumé des bons chapitres) dans une des multitudes de bouquins que je me suis tapé pour former mes connaissances, ou si je ne me souviens pas spontanément duquel des bouquins ou auteurs un point particulier provient; j'admets aisément mes limites, c'est une capacité que je n'ai pas. Et j'avoue aussi que je ne vais pas souvent consacrer des heures de recherche pour retrouver un point ou un autre dans ma bibliothèque afin de "légitimer" un post. En quoi? On tombe peut-être là dans le problème du format du forum; y'a ou trop peu de place pour développer (surtout quand on est en HS), ou beaucoup trop, et chacun peut se renvoyer la balle en disant que l'autre en fait trop ou pas assez, mais dans le genre péremptoire, tu te poses là, donc évite de critiquer la chose chez les autres quand tu la pratiques férocement. Si on veut se plonger dans le Moyen Age, faut plus qu'un paragraphe affirmatif et une source choisie pour aller dans ton sens que tu invoques comme si c'était le Messie. Je soulignais juste ici un effet de saturation des débouchés par l'insuffisance de la demande solvable et les limites aujourd'hui très fortes sur son expansion, dont, comme pour le cas du Moyen Age, beaucoup sont sociales, institutionnelles, résultant dans un phénomène de polarisation des richesses qui, autant ou plus que la seule démographie, la fait plafonner de diverses manières, à divers niveaux, un peu partout (et avec ce plafonnement va celui de la croissance). Va t-on faire sombrer le débat, en poursuivant sur ce thème, dans une question offre vs demande? D'oeuf ou de poule?
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Oui.... Comme la Fondation Clinton par exemple : elle aidait à maintenir le "réseau Clinton", en plus des fonctions de madame, constituait le "multiplicateur de force" d'un Bill pas d'humeur à être retraité des affaires publiques, et permettait de garder sous le manteau et actifs, en plus du personnel "normal et utile" de la Fondation, tout un staff politique qui n'acceptait de bosser dans le caritatif (une partie réduite de leur temps de travail, en fait) que parce que la majorité de leur activité était en fait politique et qu'ils vivaient dans la certitude que leur patronne était la future présidente. Ce sont eux qui aujourd'hui pointent des doigts accusateurs sur tout le monde sauf eux-mêmes, et créent de fait les nouveaux discours dominants sur ce qui a merdé dans la campagne, de qui c'était la faute (et devinez, c'était certainement pas la leur), et ce qu'il faut faire pour gagner la prochaine fois (= je suis toujours au top, j'ai raison sur tout, embauchez-moi), le problème étant qu'ils sont très connectés et bien en cour, proches de l'encore dominant establishment démocrate (sauf ceux plus "mercenaires" qui passent au privé plus définitivement.... Avec une forte décote sur leurs tarifs par rapport à ce qu'ils auraient pu espérer s'ils avaient été dans l'équipe gagnante), et qu'ils font tout, avec ce dernier, pour imposer leur "narrative" dans les dîners en ville. En France, pour ces postes d'attente et de préservation des copains, on vous recase au board d'une entreprise publique (dans une fonction mal déterminée), une mairie (des emplois quoi? Fictifs? Jamais entendu parler), ou si vous êtes vraiment un bon pote et/ou très sage et utile, dans un de ces conseils (genre CES, la bonne planque), comités ou agences à la fonction mal compréhensible.... Voire à l'Académie Française ou au Conseil Constitutionnel si vous êtes important et vieux. Les ricains ont aussi quelques milliers de postes et sous-organismes de ce type, à l'échelon fédéral ou étatique, et utilisent par ailleurs bien plus volontiers que nous leurs ambassades pour ce genre de trucs, de même qu'il y a un immense et quasi infini réseau d'entraide de facto pour disposer de postes dans des boards d'entreprises, de fondations ou d'universités, de jobs d'enseignement, dans des think tanks et associations, dans des boards scolaires.... Toute organisation ayant même juste un doigt de pied dans le fonctionnement politique, ne serait-ce que par petit réseautage, a toujours quelques postes tout prêts pour recaser quelqu'un, rémunérés ou pas (souvent rémunérés, avec ou non une aide publique directe ou indirecte). Ce fonctionnement de copinage et de réseautage généralisé est infiniment plus organisé et professionnel aux USA, où il est consubstantiel de la façon dont ils conçoivent la politique.
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Juste un petit post d'aide à la compréhension sur l'argent en politique aux USA. Il est très compliqué pour qui n'a pas le nez dedans en permanence de voir l'ensemble des moyens par lesquels la politique et ses acteurs sont financés par d'autres entités que les électeurs eux-mêmes par des contributions directes (et très plafonnées, surveillées, recensées, encadrées) à des candidats: il existe une nébuleuse de moyens directs et indirects pour injecter du fric dans l'activité politique, dont beaucoup, ces dernières décennies, sont devenus déterminants, et sont peu ou pas plafonnés et encadrés. On mentionne souvent les PACs (anciens et désormais les SuperPACs (nés de la fameuse jurisprudence Citizens United de 2010), la différence entre les deux étant que les premiers sont plus surveillés et plafonnés (mais à des montants conséquents, et ils peuvent être multipliés à l'infini) là où les seconds le sont très peu (malgré des obligations de transparence en bonne partie théoriques) et sont sans limites, permettant de facto à beaucoup d'argent plus ou moins anonymes (pour peu qu'on multiplie les intermédiaires et organisations-écrans l'acheminant). Mais un autre vecteur décisif d'encore plus d'argent se trouve ailleurs, dans ce qu'on appelle les "nonprofits", assez différentes en statuts de nos associations à but non lucratif: Leur usage en politique a donné lieu à la généralisation du terme de "dark money" en raison de l'opacité quasi totale que ces organismes permettent aux donneurs: opacité sur l'origine des fonds, opacité sur l'identité des contributeurs, opacité de fait sur l'usage des fonds et absence totale de limite sur les montants investis. Comme les SuperPACs, ces organisations n'ont pas le droit de se coordonner avec les campagnes et candidats, mais comme avec les SuperPACs, ce fait est juste une vaste blague. La seule obligation de ces groupes est qu'ils n'ont pas le droit de dépenser la majorité de leur argent dans une activité directement politique, ce qui laisse beaucoup de marge pour qui est prêt à allonger, et peut être groupé aisément avec des associations caritatives dont la définition est très vague et large aux USA, et dont la majorité des dépenses dans ce secteur "caritatif" peut très bien n'avoir absolument rien à faire avec des oeuvres de charité ou l'amélioration du monde. Des buts religieux, par exemple, sont souvent employés, tout comme des événements à thème "bonnes oeuvres" qui ne sont en fait que des réunions de gens bien introduits qui redirigeront quelques miettes vers des bonnes causes, des morceaux plus conséquents vers un énième bâtiment de prestige de leur université (qui fera monter son tarif annuel encore plus), et un tas de frais moins facilement discernable dans des usages servant de fait l'agenda social (réseautage, lobbying...) ou économique (ya des businesses à faire tourner) des contributeurs. Et après ça, 49,9% du budget de la dite organisation est "free for all" pour la politique. Si on ajoute l'ensemble des aides moins directement financières qu'on peut recevoir de "soutiens" à son parti et/ou candidat, y compris l'aide de médias désormais entièrement contrôlés par les grandes entreprises qui en font leur outil de communication principal, on commence à avoir une idée des mille et une manières d'injecter de fait de l'argent et des "services" à une échelle massive dans le processus politique, et comment on achète de fait la majorité des acteurs du débat, qu'il s'agisse d'experts, de politiques ou de journalistes. Les "nonprofits" elles-mêmes jouent aussi un rôle de cette manière indirecte, étant donné qu'il peut s'agir de think tanks et fondations produisant de l'information biaisée et s'insinuant dans le débat public à tous les échelons géographiques et politiques (y compris les grands médias aux heures de forte audience, via les "experts" consultés ou les journalistes eux-mêmes -qu'ils soient liés à un ou plusieurs think tank, ou en fréquentent les membres dans les microcosmes sociaux que sont Washington, LA, NY et Atlanta, où l'essentiel de la production médiatique a lieu), ou d'organismes (fondations, cercles de discussion, circuits de discours, organisations religieuses....) agissant sur des populations et électorats ciblés. Les Républicains sont de très loin les premiers usagers des "nonprofits", les démocrates s'en détournant. On entendra souvent le terme de 501(c) pour les qualifier, ce qui est en fait le numéro de référence (renvoyant à l'article ainsi numéroté du code des impôts) de ces organisations dans la nomenclature fiscale américaine (les ricains parlent ainsi peu de plan d'épargne retraite: on parle de son 401k): ce sont donc les groupes 501(c)(4) et 501(c)(6) qui sont ici concernés, qui sont exempts d'impôts parce que servant un intérêt jugé général (et la définition de ce qui est "l'intérêt général" exemptant d'impôt et de transparence est évidemment un enjeu puissant dans les coulisses) dans le domaine de l'action sociale pour les premiers, dans le domaine économique (chambres de commerce, ligues sportives professionnelles, groupe d'entreprises d'un secteur....) pour les seconds. Les deux sont autorisées à tenter d'influer sur la législation et à contribuer à des campagnes électorales, avec comme seule limite celle mentionnée plus haut que la majorité de leur budget ne doit pas y être consacré.... Et on voit à quel point c'est contournable. Rien de plus simple, en plus, de coopter une organisation caritative existante, de multiplier son budget par 3 ou 4, et de l'utiliser pour ses propres desseins (dans l'histoire, les bonnes âmes de l'association ont quand même vu leur budget "pur" doubler): qu'on mette beaucoup d'argent dans un petit nombre, ou un peu dans un très grand nombre, le résultat est le même. Et encore une fois, beaucoup de ces organisations sont plus que de simples façades: elles peuvent aussi aider via une action "en nature", comme on le voit avec les fondations et think tanks divers, les associations cultuelles qui militent, vont prêcher partout, organisent des déplacements, font du porte à porte, tiennent leurs troupeaux de fidèles qui sont aussi des électeurs....
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Et à sans doute nettement plus de 20 millions/an la pièce. Elle était à 15, Fox lui aurait proposé 20 pour rester, et apparemment, c'est NBC qui l'a eue. Il faut y ajouter la (très) non-bonnasse Greta Van Susteren, soi-disant experte judiciaire de Fox et très délirante présentatrice d'ultra-droite (un rapport très ténu avec les faits, même selon les critères de Fox), qui gicle chez..... MSNBC. Qui a donc perdu, depuis 3 ans, son étiquette "liberal" a vitesse grand V pour s'aligner sur l'oligarchie corporate comme tous les autres grands médias qui perdent de l'audience en continu depuis maintenant une dizaine d'années à force de recracher la même soupe et de s'enferrer dans "l'access journalism", de refuser tout ce qui ressemble à de l'analyse sérieuse ou à de l'investigation, de matraquer sur ce qui n'a pas d'importance, de débiliser le traitement (les animations et graphiques de CNN servent d'étalon de mesure en la matière), de remplir le vide avec du vide (les "breaking news" pour dire artistiquement qu'il n'y a rien de nouveau et qu'on ne sait rien), de répéter les pires mensonges, d'adopter le panurgisme de caste et de chasser les budgets de campagne (un fort pic de revenu tous les deux ans, mais très fort tous les 4 ans). Les bonnes audiences de l'année écoulée étaient uniquement dues à la campagne présidentielle (toujours un pic d'audimat).... Croient-ils vraiment que c'est la tendance de leur secteur qui change? Parce que les budgets qu'on les voit dépenser n'ont pas de rapport avec leurs bilans d'audience. Par ailleurs, Kelly et Van Susteren qui passent chez "l'ennemi", c'est en soi une révolution: il y a 10 ans, les "journalistes" de Fox étaient tricards dans le métier, et considérés comme inembauchables partout ailleurs; ces deux transferts semblent indiquer une normalisation de la mentalité Fox dans la confrérie des grands médias, dont le business model (fausses infos ou demi-vérités, choix des nouvelles traitées très biaisé, tribalisation de l'audience, fausses équivalences et fausse neutralité, traitement superficiel et orienté sans en avoir l'air, infantilisation....) est désormais entièrement aligné sur l'agenda des sponsors corporate qui en ont graduellement fait de pures agences de publi-reportage. On se plaignait depuis une vingtaine d'années (l'époque de "la boîte à cons" avec sa ménagère de moins de 50 ans) de l'influence des annonceurs; c'était la marque d'un processus en cours qui tend maintenant vers son aboutissement. Le journalisme est mort dans les grands médias, ou il est à un stade andropovien (on sait pas trop, mais la fin est probable). Mais sinon, "la bonnasse de Fox" est par trop imprécis: comme on l'a vu l'été dernier avec le scandale autour de Roger Aisles, et comme on peut le voir si on a le courage de regarder FoxNews et ses annexes sur une semaine, il y a beaucoup de bonnasses, plus ou moins alignées sur un modèle esthétique dominant (cad le "type" de Aisles), qui ont été engagées précisément sur ce critère. Dans le genre: c'est le terme générique pour évoquer l'équipe d'un représentant ou sénateur. Comme partout, mais c'est particulièrement développé aux USA qui ont la maladie du "job title", le terme recouvre une grande variété de titres divers, plus ou moins formels, pour ces fonctions (qui emploient beaucoup de "deputy", "assistant", "vice-" en préfixes).
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J'ai pas mal changé mon texte entre-temps, ceci dit. Plus d'exemples et de développements.
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Le recul hier d'une certaine portion de la majorité républicaine sur le sujet du bureau indépendant pour l'éthique au Congrès a été le fruit d'une assez vaste indignation et d'une forte publicité qui a rapidement fait assimiler ces gens au gamin surpris avec la main dans le pot de confiture (""caught with the hand in the cookie jar" chez les ricains), en nettement moins charmant. Ce qui a été moins noté dans cette vague d'indignation fut un certain nombre d'actions, et notamment de pressions exercées directement sur des élus en place surtout démocrates, mais aussi un certain nombre de républicains, par leurs administrés, et ce non seulement de façon organisée, coordonnée, mais en plus avec les dits administrés (ou quelques-uns dispatchant l'info) informés quasi en temps réel depuis l'intérieur du Congrès par des staffers de leurs circonscriptions. Et ces gens, qui ont commencé à se grouper spontanément depuis quelques semaines, ont suivi une méthode dont l'un des auteurs a dit que ce qui s'est passé hier était une "proof of concept" (démonstration de faisabilité, banc d'essai). Quel était le concept? Un groupe assez réduit de citoyens (une douzaine au début, plus ensuite) de Roanoke (Virginie), en accord avec d'autres groupes et individus en ligne, s'est réuni pour aller à la permanence de Bob Goodlett, l'élu républicain du lieu, qui avait présidé à la rédaction de l'amendement (proposé au vote), qui démembrait le dit bureau d'éthique indépendant du Congrès. De l'aveu de nombreux élus, y compris républicains (qui ont, sauf si indéboulonnablement majoritaires avec juste l'ultra droite, nombre de démocrates et indépendants dans leurs circonscriptions), le torrent de plaintes (téléphone, en ligne, en direct) d'électeurs a plus que largement contribué au recul de la plupart d'entre eux (malgré toutes leurs envies de rendre le Congrès encore plus corrompu qu'il ne l'est déjà). Evidemment, c'est purement tactique, et comme Trump a semblé le sous-entendre avant-hier, ce même amendement pourrait revenir sur le tapis d'ici quelques mois: aux électeurs d'être vigilants, ou mieux encore.... Organisés et méthodiques; On évoque souvent en termes généraux la façon dont des mouvements se forment, dont une réaction se dessine face à une tendance donnée.... Mais on parle souvent trop peu du "comment": l'élection de Trump a amené cette question pour un grand nombre d'Américains, bien au-delà de la (ou les) gauche(s), et le fait à la vitesse des médias sociaux (pour la méta-organisation politique en vue d'élections, ça devra attendre: ce sera le résultat de beaucoup de choses, l'aboutissement de nombre de mouvements et organisations "au sol", en ligne....). Le site Indivisibleguide.com a été mis en place il y a quelques jours suite à une initiative par des staffers et ex-staffers du Congrès, qui ont décidé de donner quelques conseils aux anti-Trumps de tous types en écrivant, comme le nom l'indique, un guide pratique, et en le mettant en ligne il y a deux semaines, d'abord sur un Googledoc qui a crashé en quelques heures sous l'afflux de visites, ensuite via Facebook et maintenant sur un site. Pendant ces 2 semaines, 600 000 pages vues sur ce site et 130 000 téléchargements du guide. Depuis hier, les auteurs se sont mis à recenser les groupes qui ont commencé à se structurer autour de cette "raison d'être" particulière (lutter efficacement, au niveau tactique, contre la nouvelle majorité en général et Trump en particulier, en attendant de voir une offre politique alternative émerger), ont téléchargé le guide et aussi commencé à discuter avec eux (les auteurs), afin de les coordonner pour opimiser le combat "au sol" (à Washington): 350 groupes inscrits en moins de 24h, et une croissance exponentielle (ce qui appellera rapidement une "restructuration", pour n'avoir qu'un ensemble par circonscription, mais c'est en ligne et il y a beaucoup de monde très motivé, donc tout va très vite). Tous les Etats sont d'ores et déjà couverts, et il y a des inscrits venant de TOUTES les circonscriptions électorales du Congrès; au rythme où ça va, la plupart, sinon toutes, auront une organisation d'ici quelques jours/semaines. Quelle est la méthode? De fait, ces staffers et ex-staffers ("plusieurs douzaines", selon l'un des membres) se sont en grande partie inspirés de ce qu'ils savent du comportement et des priorités des membres du Congrès, mais ont aussi beaucoup puisé dans le registre tactique du Tea Party en 2010, qu'ils ont vu à l'oeuvre en première ligne. Comment faire pression sur son représentant, sur son sénateur (deux choses différentes en termes d'approches), comment les titiller là où ça les dérange, comment leur faire peur, comment les inciter à ne pas se restreindre par trouille, comment rendre une manif efficace, comment se frayer un accès au micro en présence de son élu, comment faire venir les médias aux événements qu'on organise (même si leur échelle est petite).... Le tout pour créer une opposition (voire de l'obstructionnisme) efficace malgré la majorité républicaine dans les 2 Chambres et à la présidence, donc en l'absence de pouvoir: c'est donc une méthode de combat pour savoir comment dire "non" politiquement, comment jouer la défensive (une défense aggressive) en attendant de retrouver des moyens de combat et de proposition au niveau parlementaire, comment combattre aujourd'hui, pas dans un futur plus ou moins proche. Appeler son représentant ou lancer/signer des pétitions, c'est à peu près tout ce que la plupart des gens motivés pour agir connaissaient de l'action politique: le guide leur dit quelles sont les étapes ultérieures. L'arsenal potentiel est bien plus vaste, et plus encore, il peut être organisé, employé de manière structurée, utilisé dans le cadre de tactiques et de stratégies pertinentes (et ne nécessitant pas de professionnels permanents). Le guide dit donc à ses lecteurs d'oublier les lettres aux élus, ou les pétitions online (c'est bien mignon, mais ça pèse autant qu'un hashtag); je vous laisse, si ça vous amuse, consulter le guide pour vous faire une idée, mais les deux principes dominant cette action sont le constat de deux simples réalités: les représentants n'écouteront et ne se soucieront que de leurs administrés, de leur circonscription (cad, les larges pétitions, par exemple, qu'elles soient nationales ou dans l'Etat, valent peau de balle), et il n'y a pas de pouvoir de proposition côté démocrate pour les deux ans à venir. C'est le cadre simple et brutal de l'action, et ce qu'il implique est vaste pour ce qu'il faut demander, ce qu'il est possible d'attendre et d'obtenir, ce qu'on ne peut exiger d'un élu.... De toutes parts et sous de multiples formes, "l'anti-Trumpisme" est déjà en train d'apparaître et de s'organiser, encore plus vite que le Tea Party en 2009 directement après l'inauguration d'Obama, et à une échelle qui déjà semble plus importante.... Si la suite des événements pour eux ressemble au Tea Party, on peut se demander par qui ils vont se faire coopter: les teabaggers se sont très vite fait "acheter" par les frères Koch et une masse de grands intérêts dont, dès l'été 2009 (à peine 6 mois après l'inauguration d'Obama et leurs débuts enthousiastes et spontanés), ils étaient devenus les idiots utiles. Dans les analyses GoogleTrends, la recherche "who is my representative" (qui est mon élu/député/représentant) a connu, littéralement, une explosion ces dernières semaines (plus que triplé), et il semble que beaucoup de retraités s'engagent plus en ligne et deviennent, de par le temps libre dont ils disposent, des "permanences" de fait, aux côtés de groupes étudiants. Un exemple parti de presque rien: une retraitée de Hawaï, citée par le Washington Post, qui ne s'était jamais engagée en politique et n'était pas très branchée internet, a demandé à une amie de l'aider à créer une page (une bête page FacebookEvent) pour organiser une marche à Washington le 21 janvier (le lendemain de l'inauguration). En moins de deux jours, elle avait 10 000 personnes demandant à venir; aujourd'hui, il y a plus de 245 000 demandes, le site a levé 170 000 dollars pour l'organisation (en augmentation rapide: le besoin est estimé à un peu moins d'un million) et reçu le soutien d'au moins une organisation féministe nationale (Emily's List, un très important lobby), obtenu un permis de la Mairie de Washington, et dispose d'ores et déjà de plus de 1000 bus. Le tout est littéralement organisé en cours de route, ayant commencé sans planification, sur l'idée d'une seule personne. Et comme la campagne Sanders l'a montré, une autre ressource importante est mise à contribution: ces groupes spontanés créent des listings, et avec un impressionnant taux de réponses: les gens donnent leurs adresses, adresses mails et numéros de portable (cad, c'est pas juste souscrire à un hashtag), et demandent à être tenus informés fréquemment, ce qui donne plus de valeur politique à l'organisation et, potentiellement, lui ouvre la voie d'une évolution vers plus de permanence et un objectif plus vaste, allant au-delà de la seule marche du 21 janvier. On commence avec un meeting pour un objectif précis, périssable, et les liens créés, tout comme les mécanismes (notamment de collecte) et la structure, ou quelques figures qui émergent (leaders et "méta leaders", volontaires plus permanents/dédiés), permettent de lancer une organisation plus conséquente, et/ou de la rattacher à une structure existante (au hasard..... "Our Revolution" de Bernie Sanders). Ce dernier exemple est national, mais la même chose se reproduit (comme le premier exemple donné) à l'échelle de chaque circonscription: il est plus aisé, mais aussi plus rapide et moins demandeur en moyens, de faire pression sur un élu, un gouvernement local.... Si de telles pressions locales peuvent être coordonnées nationalement, et le faire encore et encore, à la demande, à n'importe quel moment de l'année, dans le cadre d'un plan, ça peut prendre une toute autre dimension. Le parti démocrate a bien été forcé de donner une fonction à Bernie Sanders (qui, à ma connaissance, n'est toujours pas membre du parti), "director of outreach", soit précisément le genre de poste par lequel le groupe parlementaire au Congrès (les deux groupes en fait, un dans chaque chambre) écoute, aide, utilise les organisations citoyennes de tout échelon. Bref, ils ont embauché Bernie (contre leur gré) comme expert pour foutre le dawa et le rendre politiquement efficace (aussi pour qu'il prenne le blâme si quelque chose merde ou si l'efficacité n'est pas au rendez-vous). Un appel a été lancé par le parti via Sanders pour un vaste rallye le WE avant l'inauguration (le Martin Luther King Weekend), appelant à de telles organisations à manifester non à Washington, mais partout dans le pays, dans chaque circonscription: Sanders essaie d'envoyer les élus démocrates dans leurs propres circonscriptions pour organiser ces marches et les reconnecter un peu avec leur base. Que ces élus commencent ou non à reprendre ce genre d'habitudes au lieu de passer leur temps dans des collectes de fonds auprès de puissants groupes d'intérêts, et que cette marche réussisse ou pas, il semble néanmoins que le sol s'agite de lui-même, et que l'herbe s'organise.
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Tu ne prouves rien du tout, et surtout pas en associant une épidémie dont la fin se situe un peu après le milieu du XIVème siècle (avec quelques résurgences plus ou moins régulières de façon locale après), à une période d'expansion économique qui arrive entre un siècle et demie et deux siècles plus tard et dont les causes sont infiniment plus vastes et diverses qu'un rapport offre-demande pour une main d'oeuvre paysanne essentiellement très peu mobile (donc sans concurrence pouvant se faire à une échelle autre que locale): grandes découvertes et ouverture de nouveaux marchés, nouveaux produits et nouvelles ressources, multiplication par 8 de la masse monétaire disponible en Europe entre 1450 et 1550 (essentiellement par l'arrivée de vastes quantités de métaux précieux depuis l'extérieur), pacification d'espaces plus vastes parallèle avec le développement étatique.... Et visiblement, tu as du mal avec la masse de l'analyse historique: pour un constat qui va dans un sens, tu en as dix qui vont dans dix autres. Quand à déterminer où va la certitude dominante du moment, c'est un art plus délicat que l'affirmation simple, et encore plus dans des domaines comme l'économie où le consensus est difficile à trouver pour les époques bien documentées, et infiniment plus pour celles qui le sont très partiellement. Oui, même si on ne le trouve pas génial, pas suffisant, essentiellement capté par "ceux d'en haut".... Il a eu lieu. Et pour la note, j'ai lu Favier et Crouzet, et pas mal d'autres, et n'y vois rien qui contredise mon propos, ce qui est aisément compréhensible quand on accepte le fait d'une réalité infiniment vaste et complexe, impliquant un grand nombre de facteurs pour expliquer un phénomène. Si on ne prend que la France médiévale-moderne (et encore, la France est une réalité très vaste et diverse à cette époque, surtout si on veut faire une analyse économique), on peut s'enferrer dans le sujet pendant des plombes. Ce n'est pas exactement ce que j'ai dit: je parle de l'expansion des débouchés (qui est une règle absolue) comme source de croissance (ou, dans une moindre mesure, une meilleure exploitation de ceux existant). Et plus un espace est saturé/fini, comme le monde interconnecté actuel, plus l'importance d'une croissance démographique soutenable prend de l'importance, et/ou la croissance d'une demande solvable (à divers degrés de solvabilité), ce qui à son tour dépend de la clé de répartition des richesses à un moment et dans un lieu donné. Verrouille cette clé comme c'est le cas aux USA actuellement (ça reste le topic USA), et là, il est aisément démontrable (comme je l'ai fait il y a quelques pages avec une étude sur le rapport entre croissances et perspectives économiques selon les CSP) que la croissance démographique ne produira pas beaucoup d'enrichissement pour qui n'appartient pas au sommet de la pyramide sociale, ce qui en retour limitera d'autant la croissance économique (faute de débouchés) et favorisera une "façade" d'enrichissement reposant plus lourdement sur le domaine spéculatif, avec comme soupape d'ajustement variable la faculté à trouver des marchés extérieurs sans s'ouvrir plus soi-même (ce qui devient compliqué dans un monde saturé, avec trop peu de croissance de la demande solvable, et où il n'y a plus de puissance dominante capable de forcer la porte de tous les marchés et d'imposer ses produits sans contrepartie). Ce type est un patron (ou ex-patron, je sais plus) d'USAID et parle dans le contexte de sa fonction: ce qu'il décrit est le cas du Tiers Monde, et il évoque donc dans son propos la croissance démographique incontrôlée dans des pays peu/pas développés qui entendent franchir le premier cap vers la croissance économique, soit pas vraiment un cadre référentiel comparable à ce dont on parle. Essayons de ne pas verser dans les absolus, en opposant faussement la croissance démographique forcément entendue comme une surnatalité façon Afrique centrale, et une sous-natalité à l'Allemande (qui ne génère pas vraiment de croissance ou de bonnes perspectives), ça ne sert personne. Le propos de ce monsieur (par ailleurs à prendre avec des pincettes: le bilan d'USAID est plus que contestable, et d'ailleurs contesté, par énormément d'analystes, y compris beaucoup d'économistes africains) décrit un mécanisme bien connu et pas franchement nouveau pointant l'utilité du contrôle des naissances pour favoriser le développement du capital humain, toute la question (infiniment délicate) restant l'ajustage pour savoir quel niveau est souhaitable, sachant qu'il convient de prendre en compte un très grand nombre de variables (mortalité infantile et mortalité générale, culture locale, attentes des populations, moyens disponibles, perspectives économiques du plus grand nbre vs les domaines "de pointe", accès au capital, niveau d'ouverture économique, niveau de ressources, taux de pénétration du marché par l'étranger....). Le point que je mentionnais plus haut -et pour essayer de revenir au sujet, les USA- qui tempère beaucoup les postulats sur la taille de la population et le développement démographique comme handicap économique (ou non), réside dans la clé de répartition de la richesse et de sa croissance: en l'occurrence, cette clé de répartition (je renvoie à l'étude que j'ai citée sur le sujet quelques pages plus haut) a drastiquement changé ces 40 dernières années (aux USA et ailleurs), ce qui s'est traduit par un énorme désinvestissement dans le capital humain, seulement partiellement compensé par l'endettement public et privé (ce qu'on voit entre autres dans la terrifiante dette étudiante aux USA), et par l'affaiblissement continu du capital investissement accessible au plus grand nombre (ce qui est aggravé par l'affaiblissement concomittant des perspectives du marché intérieur, qui décourage l'investissement et entraîne une concurrence féroce pour les PDM, qui favorise les gros acteurs établis: le cycle est donc bien vicieux). Le résultat global est résumé dans l'étude que je mentionnais: depuis les années 50, la part de la population ayant des chances d'ascension sociale à la naissance n'a fait que baisser aux USA, passant sous la barre des 50% vers la fin des années 70, une tendance qui s'est accélérée lourdement dans les années 2000 (l'indicateur est cependant à prendre avec le bémol qu'il évoque moins les circonstances économiques à la naissance qu'il ne reflète la réalité économique des individus nés à la date indiquée, mais arrivant sur le marché 20 ans plus tard; ainsi, ceux nés dans les années 60 étaient encore de ceux pour qui l'avenir était très ouvert et hautement favorable, mais le marché qu'ils ont commencé à rencontrer dans les années 80 leur étaient moins favorable). L'autre angle de vue de ce même problème se trouve dans le fait que cette clé de répartition de la richesse impacte lourdement les perspectives économiques individuelles: en raison de ce niveau de "captation" par les one percenters (essentiellement), il faut beaucoup plus de croissance et pendant plus longtemps pour créer un peu d'emploi et voire le fric aller ailleurs qu'au sommet, et ainsi refaire croître la demande solvable, sur laquelle repose tout développement économique (auquel il faut des perspectives). Comme l'a bien résumé un chef d'entreprise américain qui crache sur le mythe des riches vus comme "job creators": "Jobs are created by a feedback loop between customers and businesses that is set in motion by consumers increasing their demand", ce qui à soi seul souligne qu'une classe moyenne robuste est le plus puissant moteur de croissance. Mais si tu veux discuter de l'Epoque Moderne, de la fin du Moyen Age, de l'histoire économique.... Crée un sujet dessus, et on pourra s'y empoigner (en tout bien tout honneur).
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Ca, et l'amour, et l'eau fraîche: une vraie corne d'abondance.... Ah, non, on me dit que l'eau fraîche est un problème aux USA: des gens de Flint et de quelques dizaines de millers d'autres villes de tous types et importance (voir mon post sur le sujet quelques pages plus haut: Flint est très loin d'être le pire cas en la matière); il semblerait donc que l'eau potable soit en passe de devenir un produit de luxe aux USA, voire l'est déjà devenue en de multiples endroits. Là tu fais non seulement des corrélations même pas à la louche, mais au tonneau, et tu englobes des époques sur une échelle multi-générationnelle qui perd largement en pertinence: voir les choses sur une échelle si importante (en siècles), faisant abstraction de la réalité générationnelle et de la géographie à une échelle plus humaine permet de tirer toutes les conclusions qu'on veut. Sans mentionner en outre que tu présentes la "renaissance" comme une espèce de panacée économique qu'elle n'a pas été: crois-moi, bien peu de gens ont "senti" le fameux "beau XVIème siècle" (première moitié), et beaucoup ont senti passer la merde du "noir XVIème siècle" (à partir des années 1540), censément en pleine "renaissance". La "renaissance" n'est qu'un terme créé des siècles après pour définir un changement sur la scène intellectuelle et artistique; en aucun cas cela ne décrit une nouvelle réalité économique ou sociale. Les grandes découvertes, l'arrivée de nouveaux produits, de nouveaux débouchés et d'une expansion de la masse monétaire (flux nets de métaux précieux vers l'Europe) ont eux joué un rôle, mais là encore, ça n'a pas rebattu les cartes socio-économiques de façon large dans les populations européennes. On ne voit de réel changement que dans un nombre très limité de régions, essentiellement en Hollande où se crée lentement une classe moyenne, en grande partie via.... Un fort rôle de l'Etat: syndicats et négociations salariales, amorce de fiscalité progressive, organisation et aménagement très poussés du territoire (mise en valeur, préservation, organisation géographique de l'économie.... Selon une planification). Citer la Peste Noire en exemple n'a pas de pertinence: il y a un effet de rattrapage au XVème siècle qu'on voit après les crises de tous types, mais qui doit bien plus à la pacification et à la reprise en main de nombre de territoires (notamment la France et l'Espagne) qu'à une main d'oeuvre soudainement rare et chère: la très forte croissance démographique des XIIème-XIIIème siècle (souvent qualifiée de "renaissance" ou "première renaissance" par les historiens de la démographie et de l'économie) a été la source première d'une forte croissance économique (sans équivalent de "grandes découvertes" ou de nouveau monde à exploiter) et d'une redistribution des cartes socio-économiques conséquente (avec pour conséquence le resserrement des rangs de la noblesse, qui devient une caste fermée) sans que la "valeur" du pégu moyen en soit négativement impactée. Une économie ne se développe que si elle a des débouchés, et la croissance démographique reste à ce jour, surtout dans un monde entièrement exploré et largement interconnecté, la seule manière d'en trouver. Sinon, des groupes économiques peuvent recréer de plus petits espaces de marchés où ils prospèreront, mais comme mentionné plus haut.... Les places y sont très chères, et la concurrence pour y accéder laisse beaucoup plus de cadavres, y compris parmi ceux bien pourvus en capital et autres avantages.
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Oui, ils doivent être respectés, comme on le faisait avant: dans le système que tu décris avant, comme dans le système prédominant jusqu'au début/milieu du XXème siècle, ce respect se manifestait par la mort prématurée, les défauts de naissance, le développement infantile handicapé, une mauvaise santé en général, une faible mobilité sociale.... Ca, c'était du vrai respect, on est d'accord . Et donc, plus il y a de pauvres, mieux les gens riches la société se porte(nt?). Et les vaches seront bien gardées..... Bonne idée d'essayer de réemployer le terme de "ruissellement" économique: il a beau avoir été complètement démonté et démoli, prouvé faux, voire débile, par la réalité, depuis que les Reaganiens ont fait campagne dessus, il est toujours bon à promouvoir, puisqu'apparemment, ça ne dérange pas les candidats républicains actuels de persister à l'utiliser comme seul outil de discours économique. Au final, hein, tant que les sponsors te payent tes campagnes pour continuer à le répéter, pourquoi changer? Dans cet ordre d'idée, on a donc vu hier la majorité républicaine présenter son premier projet de budget ("budget resolution"), une préfiguration (l'équivalent politique d'un compromis entre fantasme et carte routière; la direction est certaine, le reste moins): 54 pages visiblement très attendues par l'establishment GOP-ien depuis longtemps, qui sont censées commencer par l'abrogation de l'ACA (Obamacare)..... Sauf qu'il n'y est pas mentionné (parce que l'abroger, outre tous les problèmes que cela créerait pour la majorité des assurés, et l'augmentation de tarifs que cela impliquerait, reviendrait aussi à priver plus de 30 millions de gens d'assurance santé du jour au lendemain.... Un peu trop visible), avec pour résultat que cette non mention se combine avec un effort militaire, un petit plus (encore indéterminé) pour l'investissement direct en infrastructure, mais surtout avec le plan le plus massif de tronçonnage fiscal qui ait jamais été vu aux USA (seul truc réellement pris en compte pour cette proposition), pour créer une situation budgétaire peu conforme avec le soi-disant attachement républicain à la rigueur budgétaire. Les recettes fiscales fédérales attendues pour 2017 selon ce plan seraient d'environs 2,6 trillions de dollars (oui, oui, trillions), soit nettement moins qu'actuellement (environs 3,3 trillions pour 2016, 3,6 pour 2017 si l'actuelle taxation continuait); les dépenses seraient, elles, d'environs 3,3 trillions.... Petit couac: le déficit passerait donc à plus de 582 milliards (faible variation par rapport à l'actuel qui, après avoir fortement diminué depuis 5 ans, a connu une forte remontée l'année écoulée), mais surtout, s'engagerait sur une pente ascendante très prononcée pour les années à venir, vu les sources de revenus qui seraient coupées, les manques à gagner, et les besoins créés. Ce sont les projections que le CBO a fait pour cette option, qui est, en essence, le "budget Ryan" déjà étudié depuis un bail: à 10 ans, cela crée un déficit de plus d'un trillion. Bref, pour la première fois depuis presque une dizaine d'années, les Républicains vont être obligés de faire publiquement des maths, et d'en assumer la responsabilité: entre les promesses de Trump, les objectifs de l'establishment, les attentes de leurs électorats (surtout ceux récemment entrés, et bruyamment, sur la scène) et la réalité des chiffres, les fantasmes qu'ils alignent depuis des années vont rencontrer quelques écueils. Cette proposition de budget n'est qu'un résumé générique de montants très globaux, auquel il va falloir ajouter ensuite, et rapidement, les projets de lois précis permettant de faire rentrer les programmes voulus et ceux à abroger ou amputer, dans le cadre de cette nouvelle réalité qu'ils veulent voir implémentée. Et c'est là que ça va commencer à saigner: en tête de liste vient la suppression d'Obamacare. Côté montants en jeu, c'est l'une des pièces de résistance s'ils veulent limiter suffisamment les dépenses pour ne pas trop sortir des clous budgétaires et aller encore au-delà de la catastrophe qu'anticipe le CBO. Bref, il va falloir annoncer le programme des coupes budgétaires nécessaires pour équilibrer la baisse massive de revenus que le GOP prévoie, et rédiger les lois ad hoc, et seulement à l'issue de ce processus auront-ils un budget présentable en tant que tel. L'immense majorité des représentants et sénateurs républicains n'ont jamais vu ou participé à ce processus visant à faire ce qu'on appelle un "reconciliation bill" (le projet de loi, en essence le budget, qui concilie toutes les lois diverses sur le budget, les revenus, les dépenses.... en un seul package cohérent): outre le fait que la longévité à un poste élu s'est effondrée ces 15 dernières années (2 mandats et on gicle chez le sponsor ou le lobbyiste), cette majorité républicaine new look est celle qui s'est forgée autour de la mentalité purement obstructionniste contre Obama, et autour de principes entièrement anti-gouvernement. Ils n'ont présenté que de faux "reconciliation bills" sans rapport à la réalité, destinés à se faire retoquer au Sénat ou par le veto présidentiel, juste pour prendre des postures publiques auprès de leurs sponsors, des médias et/ou de leur public. En essence, voter ce budget et ce qu'il implique revient à voter pour accroître la dette nationale d'au moins 10 trillions en 10 ans (très peu "républicain"), ce qui les forcera à voter pour le relèvement du plafond de la dette dès la prochaine St Patrick (17 mars).... Et à le faire continuellement ensuite. Ca qui va les mettre gravement en porte-à-faux vis-à-vis.... D'eux-mêmes, qui ont si spectaculairement bloqué le pays sur ce sujet. Sauf que ce capital est censé exister dans une économie, et n'a réellement la valeur que tu estimes que si cette économie est porteuse (il n'en pas pas par lui-même, ou une bien inférieure), tout comme le bénéficiaire de tels avantages n'a réellement les moyens d'en profiter (cad capitaliser dessus) que si l'économie dans laquelle il se trouve peut se développer, ce qui passe entre mille et une choses par la croissance démographique accompagnée d'un enrichissement net d'une proportion conséquente de ces gens toujours plus nombreux. C'est notre contexte: si la population se met à décroître, si les richesses continuent à se concentrer, les chances, même pour ceux possédant certains avantages en capital, de profiter des opportunités et de continuer sur la "trajectoire" familiale ascendante, s'amoindrissent, tant les places au soleil deviennent plus chères (le marché, les débouchés, se restreignent). Et je crois que dans les pays développés, les "familles nombreuses" ne sont pas vraiment un macro-problème. Croire que la pauvreté des autres ne te nuira pas est une illusion.
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Disons quand même que tu mentionnes toujours le concept "d'impôt" comme étant une évidence en soi (en tout cas pour les gens aisés et riches), ce qui te rend toi aussi fortement suspect de socialisme. J'espère que tu soignes ça .
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C'est un pur pantin des soutiens corporate du GOP, avec pour seul trait notable une envie très mal déguisée d'être président. Rappelons-nous que c'est le gars qui a tout fait pour se donner une image de comptable rigoureux, au moment où il alignait une proposition de budget complètement délirante qui dénotait, en sus d'estimations complètement aberrantes, une incapacité profonde à faire des additions. C'est aussi le gars qui a imposé à son staff de lire Ayn Rand et de considérer Atlas Shrugged comme la Bible, là où la seule réaction logique et saine par rapport à Ayn Rand et sa "philosophie" est de bailler d'emblée, ou avoir une période de fanboyisme aigue, qui passe un an après quand on atteint l'important stade de maturité de ses 17 ans. Allez, 20 ans au max. Si ça dure après, il faut consulter.
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Ils étaient parfaitement au courant, c'est juste qu'ils étaient contre: le parti était assez divisé sur la chose, par conviction ou, certainement de façon plus importante, par réalisme politique (la chose leur a été initialement imposée en 2008-2009 par la majorité démocrate et à l'initiative de Nancy Pelosi, alors Speaker).
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Je suis tombé sur quelques récapitulatifs "amusants", mais surtout illustratifs, qui sont des généralités pourtant faciles à trouver, mais qui ne parviennent jamais à franchir le seuil des grands médias pour devenir la base de réflexion du discours ambiant (à l'ère des médias corporate, le contraire serait étonnant): - si le revenu annuel médian par foyer américain était resté en phase avec la croissance économique depuis les années 70, il serait aujourd'hui quelque part entre 90 et 100 000 dollars: si le salarié américain gardait la même proportion de la richesse créée qu'à cette époque, il gagnerait entre 40 et 50 000 dollars de plus chaque année. Il est un peu au-dessus de 50 000 dollars, soit à peine 15% de plus par rapport aux annés 70, alors que la productivité a augmenté de 80% et que le revenu moyen des one percenter a augmenté de plus de 250%, et la part de la richesse créée que ces one percenters garde a augmenté de 120% par rapport à 1979. - Là où la taxation de 80% des Américains n'a, en essence, pas significativement changé depuis les années 60, celle des one percenters a chuté drastiquement: c'est très sensible au niveau fédéral, ça l'est encore plus au niveau de beaucoup d'Etats, à quelques exceptions près (le Connecticut notamment, la "banlieue riche" de NY). Pour les millionnaires (et plus), le taux d'imposition effectif est passé de 45% dans les années 70 à environs 20%.... Et cela sans même compter la multiplication des moyens et dispositifs d'évasion fiscale et d'évitement de l'impôt, largement dus à la législation et à ceux qui l'orientent. Ajoutons pour la bonne bouche l'extrême diminution de la taxation sur le capital (dividendes, plus values et divers modes de rémunérations des hauts cadres et dirigeants), censément autour de 15% au maximum, mais dans les faits extrêmement contournables/évitables, alors même que la taxation des salariés va jusqu'à 35%. Quelques grandes évolutions entre 1970 et 2009: le salaire horaire moyen a diminué de 1%, le budget alimentaire a augmenté de 2%, l'essence de 18%, les loyers (et coûts de base du logement, les "utilities": électricité, eau, gaz, déchets....) de 41%, les dépenses de santé de 50%, les universités publiques de 80% et les logements à l'achat de 97%.
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Il n'aura pas la latitude pour le faire (cad dans les faits dégommer NAFTA), au moins tant que le Congrès restera aussi absolument libre-échangiste (à l'instigation ferme de ses multiples sponsors): il a très peu de capital politique à ce stade, il est littéralement tenu par les couilles par la commission d'enquête de la Chambre pour ses dizaines de conflits d'intérêts (avec Pence, l'absolu chouchou des ultra conservateurs, comme plan B.... Ca donne des idées à beaucoup). Et faut arrêter de fantasmer sur ce qu'est Trump en matière de commerce extérieur: suffit de voir la composition de son cabinet et les tropismes de ses conseillers (hors de Steve Banon, c'est que du made in corporate America, version oligarchie, copinage et grand banditisme). Maintenant, pour les histoires anecdotiques, s'il y en a vraiment pour croire à ces délires sur une grande société qui change si facilement des décisions lourdes d'investissement juste parce que le futur président tweete et menace.... Ben j'ai des châteaux en Espagne à vendre; c'est juste qu'il faut pas me demander les titres de propriété. La poudre aux yeux pour distraire de l'essentiel, c'est pas nouveau.
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Ouais, vu passer ça.... Pour qui imagine autre chose sur l'ère Trump, ça devrait déjà en soi suffire.
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Un bon reportage de Rachel Maddow sur un énième conflit d'intérêt de Trump, particulièrement alambiqué et dont on a vu les prémisses assez tôt dans sa campagne, bien avant de pouvoir assembler les pièces du puzzle. A l'été 2015, alors qu'il était déjà inquiétant pour l'establishment GOP, Trump avait présenté publiquement, pour se donner des bona fides "d'homme du monde", le Speaker de la Chambre indonésienne, un petit bonhomme pas vraiment impressionnant et dont 99,99% des Trumpistes ne savaient sans doute rien du tout et n'avaient rien à foutre, tout comme ils ne savaient rien du pays-archipel à plus de 200 millions d'habitants. La seule question qui avait émergé de cette présentation (oubliée par les médias la minute après qu'elle ait été posée) était "mais qu'est-ce que ce gars vient foutre là". Les 2 projets de Trump en Indonésie ne valent certainement pas le déplacement, ou même l'attention, du type qui est dans le top 3 des personnages les plus puissants de son pays: un hôtel et un golf, même si ce genre de personnes finit toujours pas toucher un backshich dessus, sont très loin de valoir ce genre de rencontre directe, et encore plus loin de valoir un déplacement personnel pour une photo-ops publique dans un truc aussi engagé qu'une campagne, alors même que son résultat est à ce stade loin d'être encore certain (= on peut se mettre les adversaires de Trump, dont certains peuvent encore gagner, à dos). Et, sans vouloir jouer les perpétuels rabaisseurs du Donald, à ce stade, il était encore un bien trop petit poisson (malgré les airs qu'il veut se donner de businessman qui fréquente les "grands") pour avoir ses accès à des gouvernants top niveau de grands pays. Seulement, l'un des soutiens de Trump est Carl Icahn, qui, lui, est un poids super-lourd depuis longtemps, et si Icahn est avant tout "connu" pour être un corporate raider sévissant d'abord et avant tout sur Wall Street, il a aussi un patrimoine industriel conséquent, notamment dans les secteurs minier et énergétique, via avant tout ses participations conséquentes dans Talisman Energy (Repsol depuis cette année), Cheniere Energy, et -et c'est la participation qui nous intéresse ici- Freeport-McMoran, le plus gros producteur de cuivre et molybdènes au monde, un acteur pétrolier et un important producteur d'or. Le joyau des possessions de Freeport se trouve.... En Indonésie (en Papouasie pour être exact): l'une des plus grandes mines du monde (Grasberg Mine) y a été développée depuis ses débuts dans les années 60 par Freeport: c'est la plus grande mine d'or du monde, en même temps qu'une importante mine d'argent et la 3ème mine de cuivre de la planète, dont le CA est si conséquent que la succursale indonésienne de Freeport est le premier contribuable d'Indonésie. Le Speaker Indonésien, le même que Trump a exhibé, s'est fait choper récemment en train d'essayer de s'offrir un gigantesque pot de vin de 4 milliards de dollars aux frais de Freeport-McMoran: leur licence d'exploitation de la Grasberg Mine expire en 2021, et ils veulent donc la renouveler, ce que le dit Speaker a proposé de garantir (et de le faire pour 20 ans) en échange de 20% des actions de la succursale locale. Business as usual ou pas (vraisemblablement pas, vu la suite), le représentant de Freeport avec qui il parlait a enregistré la conversation et l'a diffusée dans les médias indonésiens, ce qui a entraîné un scandale et la démission du Speaker.... Qui a d'abord évité un procès (en faisant déclarer la bande irrecevable), puis a été réélu député et est retourné à son poste de Speaker peu de temps après, le mois de novembre dernier. Largement à temps pour féliciter son nouveau copain américain fraîchement élu. Largement à temps pour reprendre le contact avec Freeport via Carl Icahn. Difficile de voir comment les arrangements se font exactement, mais certaines choses sont sûres: les deux projets de Trump en Indonésie (un à Java, un à Bali) ont été approuvés et lancés après le retour au pouvoir de ce gars (là où Trump avait "garanti" qu'il n'y aurait aucun "nouveau deal" après son élection), et Carl Icahn a été nommé, en tout sauf en titre, ministre sans portefeuille auprès de Trump, et joue un rôle décisif dans le processus de nominations au Cabinet et aux hauts postes gouvernementaux (notamment le futur patron de la SEC, le secrétaire au Commerce, le secrétaire au Trésor, le secrétaire à l'Energie, le secrétaire à l'Intérieur, le patron de l'EPA, tous domaines concernant directement ses activités) et dans la future politique de Trump en matière de règlementation, tout en n'ayant absolument aucune obligation en matière de transparence sur son patrimoine et ses activités. Et Icahn est le premier actionnaire de Freeport-McMoran. Tout comme il est le gars qui a sauvé la peau de Trump quand ses casinos d'Atlantic City se sont cassés la gueule, et quelqu'un à qui Trump doit encore beaucoup de fric. Pour l'instant, il est difficile de voir ce que Trump a fait pour l'Indonésie ou pour le Speaker de sa Chambre (et/ou son parti) pour mériter le cadeau qui lui a été fait (les autorisations pour ses projets, les facilités offertes et garanties pour leur conduite, plus le bonus de la visite de campagne); mais dans la shoping list d'Icahn, il est plus que sûr que le renouvellement de la licence d'exploitation pour la Grasberg Mine est dans les premières places, et il est en position pour forcer Trump à l'obtenir, donc pour asservir directement la politique des USA à un pur intérêt personnel: le Speaker indonésien a d'ores et déjà de fait donné beaucoup de fric à Trump, et a par ailleurs quelque chose que Trump/Icahn veut très fort. Pour la note, Freeport est exactement la caricature de compagnie minière coloniale/post-coloniale qu'on peut voir dans les mauvais films: leur bilan écologique et humain est terrifiant, et les problèmes autour de la Grasberg Mine sont délirants. Freeport a directement sponsorisé la police locale et les forces armées indonésiennes pour réprimer assez sauvagement les Papouans d'Indonésie vivant dans les environs de ce vaste paysage lunaire qui entoure la mine qui y déverse des quantités hallucinantes de déchets.
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Taiwan
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Politique etrangère / Relations internationales
Est-ce tellement un cas de "conscience nationale", au sens d'une identité "charnelle" (la terre, les morts, le groupe -pas au sens purement ethnique, mais presque-....), ou est-ce plutôt une conscience de spécificité qui a plus trait aux spécificités du mode de vie, libertés/Etat de droit en tête, par opposition à la Chine continentale présentée en repoussoir/miroir inversé? Ca peut sembler ésotérique comme distinction, abstrait en fait, mais l'histoire nous révèle souvent que les racines, raisons et mécanismes d'un sentiment d'appartenance spécifique impacte beaucoup le comportement des groupes qu'ils animent, et permettent de mieux anticiper ses réactions. Par exemple, dans le cas taïwanais, l'identité "charnelle" chinoise (censément commune avec ce qu'on trouve sur le continent) existe aussi encore en parallèle, à ce que j'ai glané ici et là: si oui, à quel degré? Est-ce concurrent avec le sentiment identitaire taïwanais? Est-ce dépassé par celui-ci? L'exemple de ce qui se passe à HK, où l'Etat de droit semble lentement grignoté par la tutelle de Beijing, est suivi à Taïwan avec ce genre de grille de lecture en tête, constituant ainsi un outil de motivation à l'encontre d'un éventuel "retour au bercail"? Ce "retour" est-il encore un thème dans l'imaginaire des Taïwanais? -
Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Les grands ducs de la Banque. Avant, on les appelait "Fermiers Généraux". Et bien mal avisé était le roi qui allait à leur encontre. -
Une petite pensée amusante pour la nouvelle année et le nouveau président: au milieu de tous les conflits d'intérêts déjà existants ou qui seront effectifs au dès le 20 janvier, au milieu de tout ce qui se profile déjà en matière de corruption et de pillage organisé du pays au profit d'une petite caste qui a désormais une représentation directe au cabinet, je souligne un atout supplémentaire de Trump dans ces domaines, un qui n'a pas encore été beaucoup mentionné par les médias, mais que Trump pourra monnayer ou utiliser à son gré. D'ordinaire, c'est un pouvoir qui est utilisé avec beaucoup de précautions, tant les conséquences politiques pour l'image du président et/ou de son parti peuvent être lourdes, tant les blocages politiques que cela peut entraîner sont multiples, mais avec un tel président, si tourné vers lui-même et son "clan", si peu lié à son parti et si prêt à tout oser en se foutant bien du reste, bien des choses peuvent changer.... Sans compter que comme l'administration Bush l'a prouvé pendant l'affaire Valerie Plame, on peut quand même faire passer la chose, surtout discrètement (dans un premier temps) et mettre tout le monde devant le fait accompli, le flot de l'actualité se chargeant relativement rapidement d'enterrer le sujet, au moins pour un temps, à moins que les faits concernés n'atteignent un niveau de gravité et de visibilité outrancier. De quel pouvoir parlé-je? De l'un des rares du Président américain qui soient entièrement arbitraire, absolu, sans besoin de consultation parlementaire aucun, qui ne tienne qu'au caprice du prince: le droit de grâce dans toutes ses formes, la "benign prerogative". Qu'il s'agisse de grâces pleines et entières (sujet particulier dans un pays avec la peine de mort), d'une amnistie complète ou partielle, d'un pardon symbolique (voire amusant comme la tradition de gracier publiquement 2 dindes à Thanksgivings, au milieu du génocide annuel de l'espèce en Amérique du Nord), de remises ou commutations de peines, de remises d'amendes, confiscations ou dommages et intérêts (oups, va t-il résister?).... Le président américain est libre de littéralement faire ce qu'il veut en la matière, aussi controversé que soit la chose, même d'acter la chose avant que le bénéficiaire soit condamné, comme le président Ford l'a démontré en amnistiant Nixon pour le Watergate avant même qu'il ne soit condamné, et en fait avant même qu'il ne soit accusé (par amitié? En tout cas au moins pour protéger la présidence elle-même d'un processus potentiellement dommageable). Le président pourrait amnistier un serial killer avant même sa condamnation s'il le voulait: il n'y a dans les faits aucun contrepoids législatif ou judiciaire: c'est une prérogative parfaitement discrétionnaire, pour laquelle le président n'a aucun compte à rendre sinon face à l'opinion publique et/ou la postérité (soit des choses qui ne sont pas nécessairement d'une grande importance pour Trump). La seule arme potentielle contre la chose est lourde politiquement: la seule façon d'empêcher un président d'exercer cette prérogative est l'impeachment, soit une crise politique majeure et un vote lourd de conséquence et pas simple à mettre en place, en plus d'être l'aboutissement d'un long et douloureux processus. Sous le coup d'un impeachment effectivement voté par la Chambre (dans les faits une tape officielle sur les doigts sans conséquence immédiate sinon le début d'une deuxième phase encore plus difficile, un procès par le Sénat -pour l'occasion présidé par le "Chief Justice" de la Cour Suprême, pas par le Vice-président-, qui débouche sur un vote à la majorité des 2/3: s'il passe, le président est destitué, ce qui n'est jamais arrivé: le seul pour qui ce soit passé près fut Nixon, qui démissionna avant le vote pour éviter de créer un précédent), le président ne peut plus exercer un certain nombre de pouvoirs, dont cette "benign prerogative", quoique la chose soit mal définie par les textes et dépende aussi des "articles d'impeachment" définis par la commission d'enquête parlementaire ad hoc. Il lui faut attendre la fin du procès, et un acquittement (majorité des 2/3 non trouvée) pour récupérer le plein exercice de sa fonction. La seule autre limite à l'effet dece pouvoir est qu'il ne s'applique qu'aux sanctions fédérales (ce qui implique des condamnations au niveau d'Etat mais qui sont remontées par appel au niveau fédéral), ce qui laisse une certaine marge aux Etats concernés par les crimes et délits en question pour poursuivre le grâcié/pardonné/amnistié.... Si c'est possible (on ne revient pas sur la chose jugée, mais tout n'a pas toujours été jugé dans une affaire); c'est plus limité comme contre-pouvoir en cas d'abus du droit de grâce, en ce que cela implique beaucoup de temps et de moyens (ce dont la justice d'Etat manque beaucoup, surtout quand on parle de grands castrès longs et chers... Voir mon post plus haut sur l'état de la justice aux USA), de politique (parce qu'on parle avant tout ici de cas potentiels qui concernent des "hauts profils"), et que les faits jugés doivent être suffisants dans le ou les Etats impliqués (= assez de "matière" à traiter et de capacité à la traiter, ce qui veut aussi dire beaucoup de volonté politique pour soutenir le processus et le payer dans la durée). Avec en plus le risque que toutes ces complications donnent largement le temps à l'amnistié/accusé putatif de brouiller les pistes et/ou de se barrer. Alors, vous ne voyez pas le Trump autoriser les pires excès (comme on le voit déjà se profiler), au-delà de ce qu'il s'apprête, avec la majorité GOP, à faire passer en matière législative/règlementaire, et ensuite grâcier tous les pourris en question (y compris sa famille potentiellement) en montrant son majeur à tous les outragés? Et hors du registre crapuleux, la même chose peut être faite pour des comportements genre crimes de guerre, faits de torture (et c'est pas La Haye qui y changera quoique ce soit: Kissinger attend toujours sa mise en demeure)....
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Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Au final, s'il faut en croire ces analyses, la Russie actuelle reproduit le modèle soviétique: des empires politico-industriels massifs et sclérosés, écrasés par le poids de leurs obligations, qui sont publics ou semi-privés, et quelquefois privés-mais-pas-vraiment, remplacent les conglomérats nationalisés sans vraiment en changer la logique fondamentale et reflétant dans les faits plus un partage relatif du pouvoir politique et économique en baronnies inféodant le reste du pays, et aux logiques d'affrontement desquels tout est soumis, avec un centre politique fort mais pas tant que ça, qui se conduit donc de manière plus agressive quand il se sent menacé. Le tout est masqué, aux yeux de l'extérieur, par un activisme en politique extérieure (conduite surtout via une portion des forces armées et la diplomatie, mais surtout les services et un petit coup de chéquier) qui constitue la seule niche d'excellence qui elle fait évoluer ses pratiques pour rester efficace, voire prendre les devants, à l'incitation d'un pouvoir central autocratique, durable et décidé qui peut de ce fait agir plus librement que ses antagonistes désignés. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Au fait, quelqu'un ici a vu la 2ème saison de The Man in the High Castle? J'avais un peu craqué un peu avant la fin de la première, face au rythme et au développement trop lent et un peu circulaire de l'intrigue, mais j'entends que la 2ème saison a plus de punch. Des avis? Sinon, pour les fans de séries historiques dramatisées, je signale Les Médicis, avec Dustin Hoffman et, en premier rôle, l'ex-Robb Stark (libéré par les noces rouges ): très bonne reconstitution, avec beaucoup de moyens, moins caricaturale que Les Borgias (les deux séries, l'américaine -très belle, mais caricaturale et peu historique- et l'européenne -visuellement plus réaliste, plus fidèle à l'histoire, scénaristiquement plus cheap et émo), infiniment moins soap opera que les Tudors. Y'a des couacs, mais ça se laisse voir très facilement et agréablement. Pour les amateurs, y'a même un match de "calcio storico", un des ancêtres du football -tel qu'il est pratiqué en Italie dira t-on -, encore pratiqué à Florence, et incluant beaucoup, vraiment beaucoup de combat en full contact. Pour ceux qui pensent qu'être banquier a toujours été un métier emmerdant. -
Tu l'apprends seulement maintenant? Trump a tout fait pour que la vidéo et les photos soient vus autant que possible dès le moment où West est sorti de l'ascenseur du Trump Building en sa compagnie.... Et avec une nouvelle couleur de cheveux, très.... Trumpienne (et fraîchement sorti de la clinique où il avait traité sa "dépression").
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Bof, si c'est ton critère pour repérer un agent russe, je souligne qu'il peut aussi t'indiquer que le type au milieu des petites russes peut aussi être.... Un rappeur; plus côte est que côte ouest ceci dit; ceux de la côte ouest tendront plus à avoir des latinas et des petites blacks à fort.... Pare-chocs arrières. Un autre indice nous a été fourni par une brave dame de la côte du Maryland: les 35 diplomates expulsés -et leurs familles- devaient passer le Nouvel An dans l'une des deux villégiatures diplomatiques russes aux USA, qui est en fait l'ex-résidence secondaire du type qui a bâti l'Empire State Building: une très luxueuse villa avec de multiples annexes, très connue des services secrets américains pendant la Guerre Froide évidemment. Et que nous dit cette dame? Que l'on voyait que les utilisateurs de la villa n'étaient pas du coin, donc pas nets, parce qu'ils ne cuisaient par leurs crabes de la bonne façon. Et apparemment, les habitants de la côte du Maryland, et de la baie de la Chesapeake en général prennent la cuisson du crabe TRES au sérieux. Donc maintenant, tu sais comment VRAIMENT repérer un agent russe. Surtout les pays de l'est: le but de Poutine ici est plus de récupérer de fait une zone d'influence plus constante et marquée en Europe, ce pourquoi il a besoin d'un deal fondamental avec les USA, notamment sur le rôle de l'OTAN, son empreinte au sol, sa liste de membres.... Et cela passe, à ce stade, par la fin de l'OTAN dans sa forme actuelle. De même, et on a le droit de souhaiter une telle évolution, l'UE a sa tête sur le billot si un tel arrangement devient la ligne principale d'évolution de l'est du continent (ce qui là nous impacte). Encore une fois, on peut souhaiter une telle évolution, notamment pour ceux qui souhaitent voir les pays européens récupérer une vraie posture internationale et commencer à se redonner des moyens d'agir en dépendant moins des USA, mais il ne faut pas penser qu'un arrangement russo-américain se ferait sans casser des oeufs.
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Un autre exemple de perversion de ce qui fut, et est encore dans une certaine mesure, l'une des plus grandes forces du "système" américain: les grandes universités. Leur modèle économique est désormais défaillant si l'on considère la chose du point de vue de l'investissement global comparé à ce qu'il rapporte. La chose passe encore globalement, mais en faisant abstraction de l'énorme dette étudiante qui s'accumule (1,5 trillions de dollars à ce jour) et qui grève encore plus les espérances économiques des diplômés qui sont déjà, à une échelle multi-générationnelle, plombés dans leur actualité et leurs perspectives, par un marché créant bien peu d'emplois bien rémunérés, même dans les secteurs où ils ont été encouragés à aller (par exemple le droit, mais plus encore l'informatique, où plus de 40% des diplômés sont de fait sous-employés, mal employés ou pas employés; on mentionnera aussi la médecine, qui, loin des images d'Epinal, paie mal en moyenne, ce qui incite notamment à une forte corruption des praticiens par le lobbying, légal ou illégal, des pharmas). En bref, avoir de quoi s'installer, acquérir un logement, fonder une famille et lui donner une stabilité/visibilité (à quelques années au moins) et des perspectives, est un créneau qui s'est continuellement restreint aussi pour les diplômés, même ceux des "bonnes" filières et des bonnes universités (depuis bien avant la crise). L'augmentation du coût des études supérieures a été en moyenne de plus de 400% depuis les années 80, et aura été au global de plus de 500% quand nous aurons fini cette décennie, soit bien plus que l'inflation, et ce dans un contexte de diminution constante de l'épargne et des revenus pour la majorité de la population. Les causes de cet accroissement sont multiples et vont de pair avec d'autres travers du système universitaire américain: surnotation (et donc dévalorisation; le vice étant que plus c'est cher, plus on surnote tant le coût des études rend la sanction insurmontable), études à la carte, explosion des matières sans intérêt de carrière et des diplômes sans valeur, voire très ésotériques, boom des effectifs et coûts des staffs administratifs, concurrence débile et hallucinante entre établissements via des projets de construction pharaoniques, "vanity projects" massifs, parasitage de l'enseignement par des mafias idéologiques, course aux classements.... Et dans tout ce contexte qui fait grimper les prix en flèche et handicape désormais la vaste majorité d'étudiants qui se retrouvent à vivre chez leurs parents des années après la fin des études (jobs pourris et/ou coûts de vie hors d'atteinte), les universités publiques (d'Etat, de comté) favorisent encore plus ce cycle en faisant tourner leurs boutiques (avec des fonds publics locaux, d'Etat et fédéraux) toujours plus en faveur de deux clientèles: les étudiants d'autres Etats et les étudiants étrangers.... Parce qu'eux paient plus cher que les résidents de la circonscription (Etat ou comté/ville) de l'établissement.... Pour qui la dite université est censée à la base exister, et pour l'existence de laquelle les fonds publics sont versés: on a créé ces institutions pour former la main d'oeuvre locale et lui donner un avantage compétitif, afin d'attirer les investissements dans l'Etat, le comté ou la ville, et on a ensuite étendu le système, notamment en attirant des fonds fédéraux, quand le besoin de diplômés d'études supérieures est devenu graduellement plus important, puis réellement décisif dans la compétition mondiale. Il semble que le système doive être largement repensé, de bien des façons (comme chez nous): la part des étudiants étrangers est passée, en 20 ans, des alentours de 5-10% des campus aux alentours de 20% dans les universités publiques (plus dans les privées, mais, à moins qu'elles ne reçoivent des fonds fédéraux, c'est leur affaire), avec une surconcentration dans les bonnes universités publiques et dans les bonnes filières (ce qui y rend les places très chères et beaucoup plus rares pour les "locaux", en plus très désavantagés parce qu'ils paient moins, donc sont moins attractifs pour l'établissement). Si l'on ajoute la part des étudiants d'autres Etats et son rythme d'augmentation (mais qui présente les mêmes distorstions de concurrence et un même effet de déconnexion par rapport aux objectifs initiaux du système), on voit l'ampleur du problème pour des populations locales qui paient des impôts favorisant la "concurrence" et désavantageant leurs propres enfants (avec les mêmes problèmes qu'ailleurs pour l'impact: les ruraux en prennent encore plus plein la gueule, tout comme ceux des banlieues lointaines et villes petites/médianes non proches des centres; les CSP inférieures prennent plus cher, les minorités ethniques aussi.... Plus on est dans une catégorie défavorisée, plus les handicaps structurels s'empilent avant que la question du mérite puisse entrer en jeu).