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LetMePickThat

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Tout ce qui a été posté par LetMePickThat

  1. En longeur, le Block 2 était compatible avec les silos Aster 30 classiques. On devait pouvoir déployer le missile depuis les MLT Aster 30 B1 du SAMP/T. Oui, c'est vraiment une évolution intéressante, MBDA a bien joué sur ce coup. En revanche, on est probablement au bout de ce qu'on peut tirer du missile sans changer le package physique. 200km est la portée de l'intercepteur, 1500km est celle du missile balistique qui t'es tiré dessus. Si on te tire le missile, tu l'intercepteras quelque part sur les derniers 200km, après qu'il ait voyagé 1300km au minimum. De toute façon, il volera tellement haut pendant cette phase intermédiaire que tu ne pourras pas monter autant avec ton Aster. La phase durant laquelle tu peux l'intercepter est limitée en altitude: ton Aster fonctionne entre zéro et 25+km, c'est donc ta plage d'interception pendant que le missile balistique tombe. En termes de portée, si tu supposes un angle de rentrée de 45°, ça te donne une portée au sol de...25km. si ton missile a une trajectoire plus plate, disons 22°, tu as une portée d'interception Aster de 50km, plus ou moins. Sachant que le missile balistique tombe à 90x√(portée en km) mètres par seconde, ça te fait une vélocité de l'ordre de 3500 mètres par seconde. Pour une portée au sol de 50km et une portée linéaire de 55/60km, ta fenêtre de tir fait entre 15 et 17 secondes de large. Tu peux espérer tirer pour une interception à 50km sol et 25km d'altitude, auquel cas toute ta fenêtre est encore disponible pour un réengagement en cas d'échec. Si le missile tombe à 45°, ta portée sol de 25km projetée à 30km te donne une fenêtre de...8,5 secondes. Bref, l'anti-balistique, c'est dur.
  2. Le 40N6, c'est 380 kilomètres théoriques, donc il nous manque quand même un morceau... On ne peut pas faire de miracles avec un missile de 450kg. Même remarque pour le Patriot: un PAC-3 MSE est certes limité à 120km, mais un PAC-2 GEM+ va chercher (en théorie) à 250+km (avec, certes, un missile de presque une tonne). Avec les premières sections SAMP/T NG, oui. Il n'y a pas d'Aster 15 B1NT (le B1NT améliore surtout les capacités ABM, donc non pertinent pour l'A15). Le traitement des obsolescences de l'A15 s'appelle Aster 15 EC, il aura une portée d'au moins 60km. Quelle version exactement ? L'Aster dispose d'une capacité anti-balistique contre la classe 600km depuis le Block 1. Le Block 1NT élargit cette capacité aux missiles de 1500+km de portée. Je présume que tu parles de l'ancien projet Aster Block 2, qui n'était pas du tout un Aster en fait. Le machin est mort et enterré. Il n'était pas du tout adapté à la menace planeur/missile hypersonique. La prochaine étape d'évolution du SAMP/T NG sur le volet ABM devrait être l'intégration de l'intercepteur Aquila, mais on n'a pas trop de nouvelles et ça présuppose le développement de radars de veille associés.
  3. Demain, donc. Lockheed Martin SARL, domiciliée Rue de Gaulle à Châteauroux.
  4. Il se passe beaucoup de choses aujourd'hui, c'est compliqué de ne rien rater. Pendant 3 heures, j'étais persuadé que le Rafale était tombé côté pakistanais de la frontière, alors tu sais...
  5. LetMePickThat

    [Rafale]

    Je suis bien au fait du fonctionnement d'un Fox3 (notamment parce que L'Aster en est un...). Il n'empêche que la détection et le brouillage des AD missile font partie des capacités de SPECTRA. De manière très théorique, oui. En pratique, la plupart des radars air-air et surface-air augmentent la cadence de rafraîchissement sur les pistes engagées (c'est une tâche prioritaire dans la gestion temps radar), donc SPECTRA devrait à minima détecter un changement de densité temporelle de puissance, et l'afficher à l'équipage (même si le système n'est pas capable d'identifier le mode précis, un changement de type d'éclairage à portée missile est sensé être un red flag pour n'importe quel pilote). Le temps d'illumination missile est fonction de beaucoup de choses, notamment de la qualité de la DO, des capacités de la cible, de sa SER, etc. Sans connaître les spécificités du PL-15E et de son porteur, on ne peut pas conclure sur le temps dont dispose l'équipage. Sur l'AMRAAM A, le temps passé en actif variait entre 2 et 12 secondes. Le jet dispose en revanche d'une manœuvrabilité bien supérieure, d'un délai de réaction inférieur et, accessoirement, d'une dimension en plus. C'est en fait rarement le cas. Pour les systèmes sol-air, on positionne souvent une fenêtre d'acquisition à motif spécifique sur l'emplacement prévu de premier contact OM (own missile). Ça permet effectivement de le suivre et de calibrer le pinceau LRM au mieux. Pour des radars embarqués sur chasseurs, la capacité à mettre en piste et suivre un missile outbound est bien plus faible, ce qui fait que le pinceau LAM est souvent bien moins étroit afin de maintenir cette communication. Quand je parlais de brouillage LAM, je pensais à la partie retour d'une 2-way. Je doute que tu puisses tirer en TWS pur sans priorisation de cible avec un JF-17 et un PL-15. Même sur des portées plus courtes et avec des radars de meilleure qualité, il y a une priorisation automatique de l'actualisation sur piste engagée. Suivre en TWS un objet lointain avec un situation radar chargée sans prioriser pendant l'engagement, c'est courir le risque que ton extrapolation soit mauvaise. Ça veut dire des messages LAM qui envoient périodiquement des positions erronées (donc perte en efficacité de la trajectoire missile), voir que ta piste peut passer en manque ou en fermeture si la poursuite ponctuelle est complexifiée par des perturbation locales (météo, brouillage, changement brutal d'aspect ou de vélocité relative, etc). Pour ce qui est du fouillis ambiant, j'espère bien que SPECTRA a une résolution angulaire et temporelle qui permet de discriminer des radars identiques mais opérant dans des modes différents avec un écart en position relativement faible. Sinon, on n'est pas au top face à des maillages de radar tactiques tous identiques qui peuvent chacun faire de la conduite de tir (je pense à la manie russe - et chinoise - de foutre des 30N6/92N6 et des Nebo absolument tous les 3 mètres et à tous les niveaux de commandement).
  6. J'ai commenté sur ça au-dessus. Ce sont les altitudes maximales publiques d'interception qui sont données.
  7. LetMePickThat

    [Rafale]

    Je sais bien, j'avoue que je taquinais les quelques membres du forum qui expliquaient il y a peu encore que SPECTRA permettait de se passer de furtivité passive car il ferait tomber les missiles, repousser les dents et revenir l'être aimé. J'exagère un peu, mais pas tellement... Si tu brouilles la CDT, tu brouilles aussi la LAM car il n'y a pas de radar aéroporté qui ait une bande assez large pour couvrir les deux fonctions avec un écartement en fréquence suffisant pour gêner un brouillage. Même si ton motif est calibré pour gêner la poursuite (que ce soit via un BàB, du vol de fenêtre ou autre), tu vas dégrader le signal sur bruit de la LAM qui se trouve sur ton chemin. Pour le brouillage AD en phase terminale, c'est un tout autre sujet car on parle de bande Ka/Ku (ou du sommet de la bande X), donc on est sur des gammes de brouillage différentes. N'empêche que ça fait partie des CME mises en avant par Thalès dans les brochures...
  8. LetMePickThat

    [Rafale]

    Si c'est un PL-15 (et c'est un gros si), au temps pour SPECTRA sensé protéger l'avion contre ce type de menace. Avec un temps de vol aussi important (sauf à partir du principe que les Pakis ont une doctrine de tir du PL-15E qui consiste à le tirer plus court qu'un AMRAAM...), SPECRA aurait du détecter les changements de motifs du tireur, la LAM, l'AD en phase finale, et offrir une réponse adaptée en brouillage - sans parler d'alerte au pilote, évidemment. Bref, faire son boulot quoi. On sait si, et à quel point le ca échéant, les SPECTRA export sont dégradés?
  9. LetMePickThat

    [Rafale]

    Sur la photo qui montre l'avant du missile, tu peux reconnaitre les quatres petits déstabilisateurs aérodynamiques typiques du MICA (et, avant lui, de la famille Super 530). Sur les autres photos, on voit assez bien la configuration aérodynamique générale du missile, avec les quatre surfaces portantes à faible allongement. Le critère le plus clair est celui des déstabilisateurs. Le missile a perdu son AD dans la bataille.
  10. Parce que les expert supersonique de croisière de MBDA sont français et allemands. De manière identique, MBDA UK est incapable de faire un équivalent de l'ASMP-A. Parce que c'est le Japon qui paye l'intégration dans le cadre de son contrat d'acquisition du missile. C'est une demande japonaise à la base, pas anglaise; ils ont littéralement accepté d'acheter le Meteor si on les autorisait à intégrer leur senseur dessus. Cet AESA n'est pas offert par MBDA pour le Meteor de base, et restera une spécificité japonaise. L'arrivée d'un AD AESA sur le Meteor full MBDA est étudiée au titre des projets de modernisation post-VLU, avec un AD qui sera probablement anglais. Les anglais font quasiment tout sauf le propulseur sur le Meteor. Ils sont NatCo leader, avec l'Allemagne en soutien majeur. La France n'a qu'une implication industrielle minime dans le Meteor, entre autres parce que nous avons la solution MICA NG à développer en national complet. On ne peut pas tout faire, chaque NatCo a ses programmes structurants. Pour la France, il s'agit de l'Aster, du SCALP-EG, du MdCN, de la famille MMP/MHT, de l'Exocet, du MICA, etc (l'ASMP-A et l'ASN4G sont à part, pour des raisons évidentes). Pour les anglais, il y a la famille CAMM, le Meteor, le SPEAR, le Brimstone et ce qu'il reste de l'ASRAAM. Chez les italiens, le Marte et une poignée d'autres trucs legacy (SPADA 2000, Otomat, etc). Les allemands sont partenaires majoritaires dans plein de trucs, mais ont aussi Diehl à côté qui bosse dans son coin. Evidemment, j'en oublie une bonne partie, je ne suis plus très au fait des évolutions de catalogue de MBDA. Bref, ce n'est pas parce que c'est produit par MBDA que chaque entité locale a accès à tout et peut tout produire. MBDA a beau porter un nom unique, il faut plutôt voir ça comme un regroupement stratégique de missiliers nationaux, avec chacun ses contraintes, ses programmes et ses collaborations. MBDA est beaucoup moins intégré que ne peut l'être un Airbus D&S ou un Thalès.
  11. LetMePickThat

    [Rafale]

    J'étais persuadé qu'il était du mauvais côté, le bidule. Intoxiqué par toutes les vidéos posées par des comptes pakis, je suppose. Du coup, c'est un moindre mal.
  12. LetMePickThat

    [Rafale]

    Ah, au temps pour moi. J'étais persuadé qu'il était du mauvais côté de la frontière.
  13. LetMePickThat

    [Rafale]

    Accessoirement, pendant qu'on fait du RETEX, les chinois eux ont des bouts de RBE2, de MICA et de Spectra à démonter.
  14. C'est un peu l'avantage du sol-air, tant que ça tient sur un camion, on s'en fiche un peu de la masse. De toute façon, le VLU est déjà naze en terme de densité, avec quatre missiles sur un camion complet. Le problème, c'est justement de vouloir "dériver du MICA". Si on souhaite faire un intercepteur surface-air, autant faire un intercepteur surface-air plutôt que d'essayer de faire une sorte d'adaptation qui laissera toujours de la performance sur la table. En plus de ça, l'un des avantages du VL MICA est justement de pouvoir utiliser des MICA presque standards. Si c'est pour créer un dérivé du MICA et perdre cette compatibilité partielle, autant partir tout de suite sur un truc neuf. Il y a bien plus que trois pays opérateurs, même en excluant les pays constructeurs (ce qui n'a pas trop de sens). De tête, on a l'Egypte, l'Estonie, la Bulgarie, les Pays-Bas, la Norvège, la Slovénie, et j'en oublie probablement. Et ce alors que le SLM a été mis sur le marché en 2022 et que le VL MICA est disponible depuis 2007.
  15. LetMePickThat

    [Rafale]

    Je n'ai rien loupé du tout, je dis simplement que les images que je poste ne suffisent pas à elles seules et que je les donne à titre d'information. Merci de ne pas me faire dire ce que je ne dis pas et, accessoirement, de ne pas parler aux autres comme à des chiens. C'était déjà un probleme il y a quelques mois; je me rappelle maintenant pourquoi j'avais arrêté d'interagir avec toi à l'époque, et vais sans doute reprendre cette bonne résolution.
  16. LetMePickThat

    [Rafale]

    Quelques extraits d'une video attribuée à l'incident, qui attirent mon attention. Ceci est clairement un MICA. Ce qui ne veut pas dire qu'un Rafale ait forcément été abattu, mais bon...
  17. Oui et non. MBDA est le regroupement de plusieurs NatCos, avec des questions de propriété intellectuelle, de droits locaux différents et autre. Tout le monde ne sait pas tout sur tous les missiles, et il y a des barrières nationales ici et là. Rapatrier l'Aster en France est faisable (vu que c'est à l'origine un produit Aérospatiale), mais ça demanderait un temps fou et un pognon tout aussi incroyable, ce qui serait vraiment contraignant en cas de crise. Pour citer un cas qui penche dans l'autre sens, MBDA France est bien incapable de produire seule un Meteor aujourd'hui. La majorité de l'IP et des connaissances sont au Royaume-Uni et en Allemagne, et la France (en tant que pays) est cliente d'une solution "clé en main".
  18. Il y a des plans de contingence. Ce n'est de toute façon pas différent des autres industries, le fait que ce soit dans plusieurs pays ne change rien au nombre de vulnérabilités dans l'ensemble (on ne fabrique pas un missile de A à Z sur un seul site; même pour des chaines nationales il y a plusieurs sites pour la pyro, l'électronique, la tôlerie, l'assemblage et les bancs de test...). Le risque est plus politique (que fait-on si un partenaire change de baquet à un moment ?) que militaire.
  19. Non. Non plus. Encore moins. Rien que le CAMM-ER, c'est au-delà de 45km, ce qui est déjà au-delà de la portée annoncée du VL MICA NG. L'AMRAAM-ER du NASAMS, c'esr 35 bornes. Le VL MICA, tu peux tabler sur 20km, soit 7km de plus qu'un VT1 de Crotale NG, avec un missile qui coûte plusieurs fois plus cher, et un système qui nécessite à minima quatre véhicules (TOC, GM200, VLU, GE) et une bonne quinzaine de personnels au lieu d'un camion et de quatre gars. Le MICA est optimisé pour du tir en MA/HA haut subsonique ou supersonique. On laisse énormément de performance sur la table en le tirant depuis le sol. Il n'y a pas d'Aster 15 sur SAMP/T, et il n'y a pas de trous entre l'Aster 15 et le 30 B1(NT) en emploi naval. En terrestre, il n'y a pas de trou entre l'Aster 30 B1(NT) et le Mistral. La raison pour laquelle on prend du VL MICA, c'est pour avoir un effecteur plus low-cost, avec une empreinte logistique plus faible, qu'on peit déployer quand la menace ne justifie pas de sortir de l'Aster 30 (ce qu'on faisait jusqu'à présent très bien avec du Crotale NG, système qui malheureusement n'est plus soutenable). La portée minimale de l'Aster 30 B1(NT) permet d'assurer une couverture de l'intégralité des portées avec du SATCP en complément. ? Jusqu'à 120km pour le B1 (lire, vent dans le dos pourquoi pas), vs. supérieur à 150km pour le B1NT (lire, sous 150km on est pas dans le cahier des charges). Il y a largement plus de 30km de gain sur les portées maximales. Pour l'altitude, les chiffres que tu donnes sont ceux d'interception, l'Aster suit une trajectoire en arc et n'a pas d'altitude de croisière à proprement parler.
  20. Personne ne remet en cause le nucléaire. Il n'empêche qu'opposer nucléaire et conventionnel n'est pas logique, surtout quand on fait face à des adversaires qui agissent sous le seuil. La dissuasion nucléaire fonctionne mal quand la menace est asymétrique ou hybride. Ce n'est pas notre position ni notre doctrine. La France, en tant que pays de L'OTAN et membre de l'UE, se doit d'avoir les capacités conventionnelles nécéssaires à l'appui d'une coalition bien au-delà de nos frontières. Et, accessoirement, d'un point de vue plus philosophique, ça la fout mal si la France, pays des Lumières, décrète qu'une semi-dictature qui veut bouffer des pays amis comme les Baltes ou la Pologne n'est pas un problème nécessitant une réponse forte parce que "ce n'est pas chez nous". Ça fait au minimum 20 ans que cette limite n'existe plus, pour peu qu'elle ait existé un jour. L'emploi de la force a toujours été un continuum. Il y a des menaces conventionnelles qui peuvent être tout autant structurantes que du nucléaire, et des armements atomiques tactiques qui ont vocation à être employé sur le champ de bataille. Tu parles de la double capacité des missiles balistiques russes, ça existe déjà depuis le Scud. Je peux te donner une liste alphabétique ou triée par montants des plus gros gâchis de la dépense publique. Ce qui manque, ce ne sont pas les fonds mais la volonté politique.
  21. C'est encore accentué pour le sol-air, parce que contrairement à bon nombre de capacités, c'est l'un des seuls domaines qui est mobilisé en permanence pour de l'opérationnel y compris en temps de paix. Les sections SAMP/T et CNG/VL MICA sont sur le terrain, tout le temps, pour de vraies missions, avec de vrais missiles. C'est presque unique dans les armées. Le plus comparable, ce sont les avions de la PO, mais qui tournent (tout comme les pilotes) et ont donc des cycles de régénération complets (et, accessoirement, la chasse n'a évidemment pas été sacrifiée sur l'autel des coupes budgétaires comme a pu l'être le sol-air, qui a toujours été le parent pauvre de l'ops AAE). Retirer une batterie SAMP/T aujourd'hui, c'est très prosaïquement poser la question de quels évènements ou point sensible on choisit de ne pas protéger. Le Bourget ? Le 14/07? Passer de 8 à 10 (voir, soyons fous, 12) systèmes ne permettra pas de gagner en capacité, juste de réduire la pression sur les sections, et permettre aux gens de voir leur famille et prendre des vacances.
  22. Solution simple : l'état français n'a qu'à acheter plus de sections pour permettre à MBDA et Thalès d'augmenter les capacités de production. On ne peut pas demander aux clients export de supporter la montée en compétence de l'industrie française, surtout quand la compétition a déjà fait cette montée en compétence. C'est à l'état de soutenir ses industriels. On modernise les lanceurs en profondeur, donc il faut considérer qu'une section NG en plus, c'est une section SAMP/T en moins. Au delta des ARABEL, il n'y aura pas de matériel non-NG après la transition. On peut éventuellement prêter du matériel d'ici à 2030, mais ça implique de former des opérateurs étrangers "pour rien" vu qu'il y a un delta très grand entre le SAMP/T et le SAMP/T NG, et qu'il faudra re-claquer du temps et de l'argent dans de l'entraînement. Et, accessoirement, ça veut dire désarmer une partie du sol-air français, qui travaille déjà très proche de sa limite de charge.
  23. C'est à l'État de mieux vendre le SAMP/T, les acquisitions de matériel sont avant tout politiques et MBDA ne peut pas faire beaucoup mieux dans le domaine que d'imprimer de jolies brochures sur papier glacé.
  24. On entend régulièrement cet argument, notamment pour L'Aster 30. Or, il faut se rappeler que c'est l'Etat qui gère l'intégralité des prises de commandes d'armement, que ce soit via de l'achat direct pour les forces ou via du démarchage politique à l'étranger. MBDA n'a pas le droit de se créer ses marchés en autonomie, et n'a aucune raison d'investir sur fonds propres si l'État ne donne pas un rythme via des commandes nationales ou export. Si l'on souhaite pouvoir fabriquer plus, il faut acheter ou faire acheter plus. Aucune boîte privée n'ira investir des centaines de millions, voir des milliards, dans des capacités de production qui pourraient éventuellement servir si l'État se décidait enfin à dépenser un peu dans sa défense ou à mettre plus de poids dans les négociations export. Comme le disait le PDG de Nexter il y a quelques temps dans je-ne-sais-plus-quelle émission de radio, investir dans un outil de production pour lequel il n'y a pas de commande immédiate et pour lequel l'entreprise ne peut pas elle-même aller conquérir des marchés serait de la mauvaise gestion.
  25. De toute façon, on est incapables de livrer du NG à d'autres clients que l'AAE, l'Aeronautica Militare et l'Esercito Italiano avant 2029/2030 au vu des commandes actuelles. Il faut produire minima 10 sections pour l'AAE (probablement 12, si la trajectoire est confirmée à la prochaine LPM), 5 pour l'AM et 5 pour l'EI, avec des options pour en prendre davantage. Et ce alors que le système n'a pas encore été validé par la DGA et le SEGREDIFESA, et est encore assez loin d'une IOC. A raison de 5 sections produites par an à partir de 2026, ce qui serait beau à la fois en termes de date et de capacité industrielle, ça nous emmène à début 2030 pour un début de production d'éventuels contrat export, si on reste sur les 20 systèmes en commande ferme. On peut imaginer retarder les livraisons à la France et l'Italie, mais le dimensionnement des forces et du soutien a déjà pris en compte l'arrivée prochaine du NG, ce qui veut dire qu'il y aura de gros ajustements à faire.
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