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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. C'est moi ou il commence à avoir l'air d'être vraiment un peu à l'ouest: dans un autre entretien téléphonique avec le président mexicain, il aurait menacé celui-ci d'envoyer des troupes US au sud de la frontière. Et dans les deux conversations mentionnées, avec les présidents australien et mexicain, il aurait insisté pour parler de l'ampleur de sa victoire électorale.... Cette MB semble souffrir d'un nombre anormalement élevé de fuites, de la part de staffers en phase post-victoire et donc pleins d'eux-mêmes (ce qui est normal), mais aussi de nombreux qui sont authentiquement inquiets, ou oeuvrent pour d'autres motifs (notamment saper Trump pour le compte d'un GOP qui semble toujours moins l'apprécier). C'est Washington, les fuites sont inévitables, et, jusqu'à un certain point, normales, voire salutaires: toute personne qui sait quelque chose dans cette ville veut être "connue", soit par célébrité, soit en tant que "insider", parmi les gens impliqués dans "le jeu". On veut être une figure. Mais là, la façon dont cette MB fuite la fait ressembler à un pépé particulièrement incontinent. On dit que ceux qui parlent ne savent pas et ceux qui savent ne parlent pas: les premiers sont bien là, mais il semble que pour les seconds, on pourrait dire "ceux qui savent flippent" (et certains parlent). Trump continue à tweeter après chaque appel à un leader étranger (pour dire à quel point il est génial, et l'autre est nul, sauf s'il s'aplatit, évidemment), et l'un des vrais points lamentables de l'histoire est de voir les journalistes continuer à être à la remorque de cette méthode au lieu de se recentrer sur "la viande" plutôt que sur l'assaisonnement. Un intervenant dans un segment des infos rappelait que Twitter aux USA, c'est 15% de la population qui est dessus à tout casser (tous types d'utilisateurs confondus en termes de fréquence d'usage), dont 9% qui recourent pour s'informer sur l'actualité (là encore, tous types d'utilisateurs confondus: de ceux qui ne s'informent que là-dessus à ceux qui consutent occasionnellement pour suivre l'actu). Là-dessus, un grand max des 2/3 (plus probablement la moitié ou moins) seraient vraiment des utilisateurs réguliers, au moins un peu investis, et branchés sur le domaine politique, même s'il reste difficile de voir comment cet effectif se répartit sur le spectre partisan (dans l'abstrait, on peut partir du principe d'un tiers de chaque, pour les "grands ensembles": GOP, Dem, "indépendants"): si Trump pense vraiment "toucher" la population avec ça, il est dans le domaine des illusions. S'il s'en sert juste pour la poudre aux yeux, pour tourner les regards dans des directions inutiles, c'est déjà plus sensé, même si ça reste très limité. Malgré l'importance croissante des médias sociaux dans la façon de s'informer des Américains, il faut continuer à noter que les médias traditionnels restent absolument dominants: c'est désormais moins vrai pour l'audience directe, mais cela reste entièrement vrai pour l'importance globale.... Avant tout parce qu'ils restent les premiers, et quasiment les seuls, fournisseurs d'infos. Tout connement parce qu'ils restent les seuls qui ont les moyens de l'acquérir: c'est que ça coûte d'avoir des équipes de journalistes sur le terrain, des réseaux d'information à l'échelle du globe, des réseaux de médias locaux organisés pour alimenter un flot constant, une capacité de filtre et d'expertise.... Les "nouveaux médias" sont quasiment tous, et même plutôt uniquement dans le meilleur des cas, de très petites organisations qui ne font que re-traiter l'info acquise et diffusée initialement par les "anciens", pour y ajouter de l'analyse (pour la petite partie d'entre eux qui a une vraie ambition journalistique et au moins un semblant d'éthique), plus d'intérêt pour les infos acquises mais laissées de côté par les "grands" médias (dont l'agenda et les méthodes impactent lourdement les arbitrages et le contenu), et le plus souvent du commentaire style éditorial, souvent très militant et/ou très biaisé.... Dans pas mal de cas (cf Breitbart), on est même juste dans la manipulation pure et dure d'infos très partielles et plus ou moins décontextualisées, pour des objectifs particuliers: pur clickbait, fidélisation d'une audience sur un thème donné (extrêmismes en tous genres, conspirationnisme, identitarisme sous une forme ou une autre.... Bref, du tribal), idéologie politique.... Tant que les grands/anciens médias se mettent volontiers à la remorque de cette poudre aux yeux quotidienne, ils seront à la remorque de ceux qui l'initient et l'alimentent.... Notamment Trump. Cette semaine, un sinistre personnage que j'ai évoqué plus haut dans le topic tenait une conférence de son groupe dans un club privé: il s'agit de James O'Keefe, patron du "Project Veritas", un organisme de mercenaires politiques qui réalise des opérations d'infiltration pour produire des images et dialogue destinées à un usage détourné par les groupements politiciens qui l'emploient. Il verse aussi dans la manipulation politique, un de ses cadres s'étant par exemple récemment faite choper pour avoir essayer de soudoyer des groupes d'activistes de gauche afin de leur faire commettre des actes de violence le jour de l'inauguration de Trump, en prétendant que c'était pour le compte d'organisations liées au parti démocrate. La dite cadre est maintenant dans la merde, mais Veritas continue son boulot, et les émeutes du 20 janvier doivent peut-être quand même quelque chose à ce type d'action (ou bien il s'agissait purement et simplement de types genre "black bloc"). O'Keefe annonçait ainsi dans cette conférence la méthode évoquée plus haut, et moquait ouvertement la connerie des "grands" médias à courir après Trump, confirmant aussi au passage qu'une des activités de son organisation est aussi l'activisme/trollage en ligne, favorisant cette "suractualité" que les journalistes s'empressent de suivre et avec laquelle ils gaspillent le temps d'attention du public qu'ils arrivent à grapiller. Comment sait-on qu'il dit cela? Simple, l'événement a été infiltré par des activistes de gauche (dont l'un des leaders contactés auparavant par "l'infiltrée" de Veritas pour déclencher des émeutes violentes.... Et qui avait porté un micro pour l'enregistrer: son nom est Ryan Clayton) qui ont enregistré la chose, avant de se faire repérer et que l'un d'eux (précisément Clayton) se fasse malmener par quelques membres de Veritas (il est à l'hosto, actuellement), face caméra.
  2. Tiens, j'aurais cru que tu aimais ça, le bâton.... T'aurais-je mal évalué? Ou confondu inconsciemment avec ShorrKan? Plus profond encore, petit scarabée: Plus à propos: Et la réalisation à laquelle Trump ferait bien de parvenir:
  3. Pour ce que ça vaut dans l'interprétation de son mode de gestion, il vient surtout d'une entreprise où il était le seul patron et proprio, avec aucun compte à rendre à personne et l'habitude de se comporter en tyran (ça, plus être un gosse de riche pourri-gâté qui n'a jamais eu à payer les conséquences de ses actes, avec un paternel venant toujours à sa rescousse malgré toutes ses conneries coûteuses, puis 2 milliardaires qui lui ont sauvé les fesses après ça.... Et qu'il repaye maintenant); il peut mettre en avant une apparence de "culture de l'efficacité", ce n'est pas grand-chose de plus que la version corporate de la propagande, et dans son cas personnel, un mirage (il a un passif exécrable et même plutôt risible en tant que manager). La seule chose pour laquelle il a un certain don, c'est d'être un showman, un vendeur; et là, c'est ce qu'il fait. Il produit une image "d'homme à poigne", qui "fait des choses" vite et carrément.... Et fout un spin monstre pour éviter qu'on s'attarde sur les conneries que sont les dites choses, et l'amateurisme avec lequel elles sont faites. J'essaie de prendre du recul sur les paillettes permanentes et la gesticulation: 90% de ce qu'on voit et de ce qui est diffusé est de la poudre aux yeux pour occuper le terrain médiatique et l'attention, imposer un rythme que les décortiqueurs d'info ne peuvent suivre pour en faire des objets suffisamment polémiques pour casser sa dynamique dans les newscycles. Si on se laisse emporter par ces apparences, 90% des posts qu'on fera seront sans réel objet sinon se laisser entraîner dans les directions que cet illusionniste balance.
  4. Non seulement ça, mais en plus, selon ces gens, la constitution -parfaite, loués soient les principaux Pères Fondateurs.... Pourtant tous agnostiques ou athées- a été parfaitement interprétée dès le début, son texte étant limpide et non sujet à déblatération, et ce sont bien évidemment les "originalistes" comme lui qui détiennent la vérité et qui ont pour devoir de l'enseigner dans leurs madrasas universités et sur FoxNews. Sinon, et c'est sans doute la principale raison de sa nomination, il est un avide supporter du flot de fric en politique, un droit illimité qui doit être défendu bec et ongles.... Plutocrat power! Et pour la note, il est aussi un farouche opposant du système des class-actions (déjà en perte de vitesse par législations ciblées), surtout dans le cas d'actionnaires contre la société dont ils ont des titres. Il est aussi opposé au pouvoir de règlementation des agences fédérales (l'immense complexité de l'application qui découle d'un texte de loi étant aux USA du ressort des dites agences), l'intégralité de la chose ne devant être du ressort que de la jurisprudence. Quoique constitutionnellement défendable (et d'ailleurs défendu pas seulement par certains conservateurs), ce point de vue est impossible à mettre en pratique, un fait lourdement aggravé par l'extrême insuffisance du système judiciaire en termes de taille et d'effectifs. Le militantisme sur le sujet est à craindre pour la gouvernance du pays, non en raison de son principe, mais à cause de son irréalisme complet. Quoiqu'il semble nettement pencher dans le camp religieux (notamment en étant anti-euthanasie et anti-suicide assisté, et en s'étant positionné contre l'obligation faite aux employeurs religieux par l'ACA de fournir des plans d'assurance maladie incluant le paiement de contraceptifs), il n'a jamais eu à statuer sur un cas lié à Roe vs Wade, donc n'a jamais évoqué son positionnement sur la question de l'avortement, fondamentale aux USA. Mais bon, avec Pence à la MB, une majorité républicaine fortement positionnée et craignant 2018 un peu plus chaque jour, il y a peu de chances qu'il soit un ami de la pilule, et/ou que la chose ne teinte pas ses convictions judiciaires personnelles. Bref, s'il ne semble pas être un aussi enragé ultra-droitiste que ce que certains craignaient, il a l'air d'être prêt à remplacer Scaglia position pour position. Personnellement, je dirais que son âge et son opinion sur l'argent en politique constituent l'essentiel des motifs de sa nomination.
  5. Si, il a un accent: on dirait presque un de ces chanteurs (et politiciens, d'ailleurs, le "taureau du Vaucluse" en tête) des années 30, qui roulent les "r" et accentue beaucoup leurs voyelles . Il ne déparerait pas dans un documentaire sur l'entre-deux-guerres. Donc un vote juste pour le plaisir? Tu serais pas un peu sadique, des fois? N'aie pas honte, hein, c'est pas une critique ....
  6. Petit sondage amusant: Gallup a comparé combien de jours il a fallu à différents présidents pour passer au-dessus de la barre de 50% de "disapproval" ("approval/disapproval" étant le terme/concept utilisé aux USA pour jauger de la "job performance", là où nous parlons plus de cote de popularité: il y a un peu plus qu'une différence de mots). Il s'agit donc de plus que la simple "job approval", qui peut être sous la barre sans pour autant que la "job disapproval" soit au-dessus: on parle bien de désapprobation affirmée. - Reagan: 727 jours - Bush I: 1336 jours - Clinton: 573 jours - Bush II: 1205 jours - Obama: 936 jours - Trump: 8 jours On n'extrapolera pas non plus trop dessus, surtout après une si courte période de temps, et en gardant à l'esprit qu'on parle bien d'un président élu contre le vote populaire, dans un contexte de forte abstention, et avec environs une moitié de son électorat qui a plus voté (à divers degrés) contre l'autre candidat (et ce qu'elle représentait, au moins pour eux: establishment, "le système", business as usual....): son "état de grâce" initial, qui n'a pas duré un mois après l'élection et était déjà mort au moment de l'inauguration, ne fut qu'un bref moment "normal" après une élection, où la majorité de l'électorat se résigne et accepte de "donner une chance". Mais ces chiffres ne sont vraiment qu'un état de l'humeur nationale (et des pressentiments pour le futur) à un moment donné. Ce qu'on peut y voir néanmoins est que "quelque chose" se passe.
  7. Si elle porte encore le même (hideux) pantalon que sur sa désormais célèbre photo, ça va être compliqué: la coupe est ample, et le tissu a l'air épais. Ce sera pas un geste rapide et discret, si tant est qu'il puisse même soulever le bouzin.
  8. Yep.... Et j'ai pas envie de la relire. Le pire est qu'une autre forme est tout aussi vraie, à l'autre bout du spectre, chez les exécutants des horreurs: il y en a certes une partie qui sont d'authentiques sadiques, prédateurs, sociopathes, psychopathes, fanatiques, voire des simplement "convaincus" de méthodes brutales un jour pour un meilleur lendemain, mais la plus grande partie sont des suiveurs, des exécutants sombrant dans une sorte de torpeur répétitive, bien décrite par Robert Merle dans La mort est mon métier. Ou comment l'esprit parvient à se distancier de l'acte par la méthode.
  9. Pourquoi le ferait-il? "She's a three at best"!
  10. C'est aussi et surtout vrai pour les gens à ce niveau, ou orbitant autour de ce niveau, de pouvoir: plus on est proche, physiquement, au quotidien, plus on absout les gens de leurs excès, plus on relativise leurs péchés, abus et fautes, plus on "comprend" leurs motivations profondes -ou ce qu'on croit être leurs motivations vu que ces gens sont de bons vendeurs-, plus on se range de l'avis que certaines choses "difficiles" doivent être faites dans un premier temps pour que les lendemains chantent pour tout le monde. Et plus on est ainsi proche, moins on a envie de critiquer, de heurter.... Avant même que n'entrent en ligne de compte des facteurs extérieurs plus contraignants: menaces et/ou opportunités pour la carrière, rémunérations, censure, menaces physiques sur soi et/ou les siens, omerta, contrainte "sociale" (la mentalité de groupe, l'inertie de l'environnement qui pousse insidieusement dans une direction, tempérant avec l'individualité et l'esprit critique).... Sans compter évidemment l'autre aspect de la proximité physique: l'éloignement par rapport aux conséquences de ce dont on discute, de ce qui est prôné: l'entourage d'Hitler et de la hiérarchie du pouvoir nazi, dans sa grande majorité, n'avait pas à voir le front, n'avait pas à voir les exactions, les camps de concentration, les horreurs en tous genres. Tout comme, dans un registre nettement plus "calme", l'entourage des hommes politiques actuels ou la hiérarchie des grandes entreprises (et leur actionnariat) n'ont pas à voir la casse sociale résultant de leurs politiques de choix, peuvent relativiser la temporalité de certaines décisions à l'aune de LEURS priorités (parce qu'ils ne voient pas ce qu'attendre coûte au grand nombre, surtout ceux qui n'ont pas les moyens de le faire), ne se trouvent pas sur les lieux de bombardements qu'ils ordonnent juste par opportunisme politique pour "faire comme si" ils pesaient dans un conflit lointain.... Etre loin des conséquences aide beaucoup en ce sens, et déforme radicalement le point de vue. "Loin des yeux, loin du coeur"; hors des brutes, des authentiques criminels, sociopathes, psychopathes, exaltés/fanatiques et autres opportunistes cyniques, je suis sûr que la hiérarchie nazie et son entourage regorgeait (majorité?) de gens somme toute normaux, qui n'auraient dans d'autres circonstances jamais approuvé le millième de ce qui a été fait s'ils avaient seulement du en voir une petite partie de près. Ils n'ont appréhendé que ce qu'ils ont vu directement, cad une micro-société très civilisée parlant de "grandes" choses, de sacrifices héroïques et de nobles objectifs, qui flattait leur orgueil de faire partie de l'histoire et alimentait leur bien-être tout en satisfaisant leur conscience du moment, leur faisant donc aussi voir de préférence ce qu'ils voulaient voir et ce qu'ils s'attendaient à voir. Ou comment se créer ses idiots utiles et coupables par association (et relatif soutien "technique").
  11. Je pense qu'il faut désormais innover, avec les symboles capillaires de la tyrannie et de la méchanceté suprême: Ceci dit, après tout ce travail, c'est l'heure d'un petit casse-croûte:
  12. J'avais corrigé avant ton impertinente remarque, jeune effronté . Damned! Ca s'est vu.... de l'inconvénient de réécrire une phrase partiellement et à la va-vite, sans se relire. Tu crois qu'Adolf Benito Glandu sera vraiment fâché?
  13. Comme le dit Alexis, calmons-nous: nommer des gens, proches ou non, en fonction du facteur "loyauté" (et/ou "obéissance", "degré de contrôle qu'on a sur eux"....) sans s'attarder sur le fait qu'ils soient compétents ou non, c'est aussi vieux que la politique, et ça n'a rien à voir avec le fascisme: rien que l'histoire de la monarchie comme de la république en France nous fournit une infinité d'exemples. L'intimidation de fonctionnaires est plus inquiétante, mais là encore, pas vraiment inconnue en démocratie, du moins tant qu'elle ne dépasse pas un certain seuil, dans les méthodes employées surtout (légalité d'abord et avant tout), mais aussi dans l'ampleur et le systématisme et de la chose. Enfin, le "gouvernement par décrêt" aux USA est une chose toute relative: Trump peut signer autant d'executive orders qu'il le veut, dans la plupart des cas, ça n'en fait pas autre chose qu'une liste au Père Noël: ce sont les parents au Congrès qui décideront en majorité quels cadeaux le gamin reçoit effectivement, et les grands parents du pouvoir judiciaire qui contrôleront si les dits cadeaux sont acceptables, deux échelons qui amènent chacun d'autres problématiques dans l'équation, y compris, à un certain degré, l'opinion publique. Qu'il y ait ou non une tentative par le nouveau gouvernement d'entamer un "grignotage" des institutions par l'intérieur, dans la grande tradition des régimes autoritaires, ça reste encore à voir à cette date: c'est très possible (et c'est déjà terrifiant de simplement l'envisager comme une possibilité concrète, surtout avec un type comme Banon à la table des grands), mais ne nous emballons pas encore pour l'instant, en jetant trop d'anathèmes pour ce qui peut encore être une prise en main très maladroite du pouvoir, accompagnée de beaucoup d'illusions, de la part d'un président néophyte, égocentrique et inculte, et d'une équipe essentiellement faite d'amateurs encore dans la phase initiale d'un début de mandat, où personne se sent péter, personne n'a envie d'écouter, et où tout le monde se sent pousser l'envie de montrer sa teube (ou d'agripper des entrejambes) juste parce qu'il le peut. Une prise du pouvoir façon régime autoritaire suppose un plan et une bonne connaissance du fonctionnement de ce qu'on veut remplacer: pour l'instant, c'est pas vraiment ce qui caractérise la nouvelle équipe dirigeante, ni son niveau de préparation. Les institutions américaines vont-elles être testées, de même que le civisme dans ce pays? Très certainement. Mais il n'est pas encore temps de crier au loup tous les 4 matins. Rappelons ce qu'est le fascisme avant d'employer le mot: "tout par l'Etat, rien hors de l'Etat, rien contre l'Etat", selon le précept du fondateur. Et il faut surtout éviter de se perdre dans le flot d'informations que semble balancer la nouvelle administration comme méthodes de gouvernement, parce que 90% de ce qu'on voit est sans doute juste un écran de fumée, de la poudre aux yeux sans grand chose derrière pour en faire une politique, de la part d'un arnaqueur qui ne sait rien faire d'autre et n'a pas (encore?) de base de pouvoir pour faire de ses desideratas des politiques effectives et durables. En l'occurrence le "monday night massacre", soit la polémique d'hier soir autour du renvoi de l'Attorney General "de transition" (l'ex-AG d'Obama, Sally Yates), a peut-être plus à voir avec une manipulation pour forcer une accélération de la confirmation de Jeff Sessions qu'avec un calcul de plus longue haleine ou une sinistre ambition quand aux fondamentaux de la démocratie. Il est fort possible d'ailleurs qu'une bonne partie de ce qu'on voit avec les "purges" en place ait plus à voir avec de telles tentatives (maladroites et irresponsables) politiciennes pour forcer certains processus et accélérer une transition déjà ratée, qu'avec autre chose. Je le dis ainsi: c'est très possible. Tout comme il est possible qu'il y ait effectivement une volonté de créer du mouvement par le chaos, un chaos d'autant plus grand que l'équipe en place est incompétente et ne comprends ni ne mesure l'impact de ce qu'elle fait; et le "mouvement" ainsi obtenu peut effectivement être voulu pour influer sur la nature du gouvernement et de ses capacités (plus d'autoritarisme? Plus de liberté pour la ploutocratie? Une forme plus oligarchique en général, avec renforcement ici et abaissement là?). Tout cela est fort possible, est les deux choses que j'évoque (manoeuvre politicienne et plan anti-démocratique, le tout caractérisé par l'incompétence) ne sont pas incompatibles: elles se chevauchent en bien des endroits. Il y a cependant, certes, un énorme danger dans les seules maladresse et incompétence à ce niveau (donc en écartant tout objectif, politicien ou "coupd'étatique"), et pas que pour les USA, étant donné l'importance, l'influence et le pouvoir du pays. Ca, c'est effectivement le genre de trucs plus inquiétants, surtout que c'est la même chose dans toute l'administration, pas qu'au Département d'Etat: la mémoire institutionnelle, les équipes de travail, la continuité du travail et le suivi des dynamiques et affaires en cours en prend un sérieux coup, ce qui fait craindre beaucoup de choses dans beaucoup de domaines. "Ne jamais attribuer à la malice ce que la stupidité/l'incompétence suffit à expliquer" (et avec elle la prétention qui vient ensuite pour couvrir la chose, et ignorer la leçon.... Pourrait-on ajouter).
  14. Outre la culture particulièrement forte en la matière dans certains Etats, certaines régions (et qui n'a en fait été rendue très forte et militante que depuis quelques décennies, en fait depuis que la NRA a fait son virage vers la zone des tarés, sous l'influence des 12 gros producteurs d'armes pour le marché américain, essentiellement depuis les années 80), l'essentiel du problème tourne autour du phrasé du 2ème amendement, qui n'avait cependant jamais posé de problèmes avant la période Reagan. Le point de l'Amendement est la résistance à l'oppression, et donc la préparation face au risque d'oppression, via le droit du peuple à former et maintenir des milices citoyennes armées; mais depuis les années 80 et beaucoup de travail politique pour rendre la chose polémique, l'interprétation par les pouvoirs en place (et à la Cour Suprême, ça veut dire les conservateurs depuis les années 70) a poussé vers un droit individuel à acquérir et porter n'importe quel type d'arme pour tout usage, et à développer une culture autour de la chose, aidée initialement par la réalité, puis surtout la perception déformée, de la violence aux USA, qui a atteint son pic à cette période initiale. Là où jadis chacun pouvait avoir une ou deux armes de base pour la défense du domicile, surtout en zone rurale, la baisse rapide du marché avec la sécurisation, l'éducation et l'urbanisation croissantes de la société ont fait bouger certaines forces (culturelles, mais surtout commerciales) pour inverser la tendance, soutenues par la perception du niveau de criminalité (avec sa part de réalité) dans les années 70-80 (où la perception s'est largement séparée de la réalité via l'avènement des mass medias, leur propension croissante à la narration/dramatisation et l'ère de l'info continue), avec un coup de pouce de la surenchère "loi et ordre" à la sauce Reagan (exagérée, bêtement brutale et mélodramatique, dans le registre passionnel et non rationnel). "L'ordre ancien" (jusqu'à cette période) en ce qui concerne les armes à feu était tout sauf parfait: la violence et les accidents étaient nombreux, mais outre que la population était moins urbaine (moindres densités = moins d'accidents et de confrontations, moins d'attention -hors locale- fixée dessus), le nombre d'armes par tête de pipe était moindre, les joujoux disponibles étaient moins meurtriers, le "contrôle social" de communautés plus fixes et plus réduites était plus fort (on a plus de confiance et/ou de "contrainte" dans un environnement où tout le monde se connaît), et la société était sans doute moins anxiogène. Qui plus est, la question de l'interprétation dominante du 2ème Amendement n'interpelait personne, la chose étant acceptée comme le droit d'avoir une milice organisée, ce qui était simplement résolu par la réalité de la chose, résidant dans la Garde Nationale de chaque Etat (qui a accès à quasiment tout l'arsenal des forces régulières), et dans les "State Defence Forces" (non fédéralisables) que la majorité des Etats (34 aujourd'hui) entretiennent (et que les autres peuvent recréer à l'envi). Soit un cadre adéquat, crédible et sécurisé pour disposer de ses propres forces et leur donner des beaux joujoux si on veut.
  15. Relativisons un peu: en moyenne, sur ces 30 et quelques milliers, 18 000 sont des suicides. Mais ça n'enlève rien à la disproportion par rapport à d'autres pays comparables.... Surtout si on ajoute le nombre de blessés/traumatisés.
  16. Surtout qu'un civil se mêlant, armes à la main, d'une fusillade, aurait plus de chances de mal interpréter la situation et de merder, moins de chances de faire mouche en situation de stress, plus de chances de faire empirer la situation et, cerise sur le gâteau, plus de chances d'être considéré par le flic américain moyen arrivant sur la scène, comme "hostile" (et donc flingué à son tour, vu les tendances observées dans une police américaine se vivant en état de siège.... Vu l'omniprésence des flingues dans les rues). Dans le cas d'une salle de concert ou d'une boîte de nuit, si des clients armés se mettaient à jouer les héros pour arrêter même un seul terroriste, quelles seraient les chances pour que la salle n'ait pas besoin d'être repeinte? Et on ne compte même pas les problèmes directs causés par les flingues, légaux ou non, qu'on ne peut étudier que difficilement parce que la NRA fait des pieds et des mains pour faire interdire toute étude sérieuse. Malgré cela, on observe le taux de mortalité par armes à feu hallucinant, on évite de parler du nombre de blessés (toujours plus impressionnant encore que le nombre de tués) et de traumas (parce que c'est un truc de tapettes et que "ça existe pas"), et on joue même les vierges effarouchées dans les Etats "open carry" quand des gens quittent le restau où vient d'entrer un type portant un M-4, "parce que c'est son droit". Personnellement, voir des gens armés dans un bar (avec de l'alcool) ne m'incite pas à rester, pas plus que je ne serais enthousiasmé si un voisin, buveur et/ou colérique (soyons pas sexiste; ou ma voisine, buveuse et/ou hystérique), avait une arme à feu chez lui. Je suis comme tout le monde: je n'ai pas confiance en mon prochain, surtout si je le connais peu ou pas. Choquant, hein? Et comme j'aime me sentir un minimum en sécurité, le simple fait de l'existence de ce voisin avec son arme ne peut éliciter qu'une gamme limitée de comportements en réponse: déménager, trouver un prétexte pour porter plainte, avoir un flingue moi-même et risquer des situations plus épineuses, vivre avec une cause supplémentaire de trouille bien tangible (et m'écraser en cas de confrontation), voter pour la suppression du droit de ce genre de personne à avoir des armes. Le mythe du "citoyen héros" arrêtant des méfaits avec son arme-garantie-par-la-constitution-donc-par-Jésus est bien cela: un mythe. Quelques exceptions çà et là, et c'est tout. De l'autre côté du spectre, en revanche, c'est moins reluisant: accidents domestiques avec armes à feu en pagaille, querelles domestiques ou de voisinage qui dégénèrent, petits larcins qui passent dans "la catégorie supérieure" parce qu'exécutés avec le flingue familial (proportion très élevée des vols à l'étalage avec une arme à feu)....
  17. Juste un article parlant des résultats des travaux d'une équipe d'économistes italiens menés par Guido Alfani, traçant l'histoire du niveau de polarisation des richesses (en Europe, mais sur leur période d'existence, c'est relativement similaire aux USA); l'article "approprie" les résultats au contexte américain. http://www.vox.com/world/2017/1/23/14323760/inequality-europe-chart Les données seront évidemment contestables, surtout pour ce qui concerne: - ce qui est pris en compte pour définir la "richesse" - une bonne partie des siècles concernés, pour lesquels la documentation est très partielle, souvent largement insuffisante, et bien des choses ressortant du domaine de l'économie ne sont pas quantifiées ou même quantifiables. Les corvées par exemple, sont une chose difficile à évaluer au Moyen Age et après, bien qu'il s'agisse de travail "gratuit" pouvant être directement, voire exclusivement, profitable à un seigneur ou une institution; et leur ampleur comme leur application sont très variables géographiquement à l'intérieur des pays concernés. J'ai pas examiné la méthode, mais comme il est impossible d'évaluer l'économie de la plus grande partie de l'étude en termes de "PIB" ou autre mesure moderne, du moins avec suffisamment de précision, j'imagine que les quantités de métaux précieux et la répartition des terres et bénéfices fiscaux constituent l'essentiel de l'évaluation.
  18. Non, ce peut être aussi un coup d'Etat, même si le responsable est le chef d'Etat/de gouvernement en poste, le point dans un coup d'Etat étant plus de remplacer l'ordre institutionnel en place que l'individu au pouvoir (même si dans certains régimes, ce peut être la même chose, dans les faits et/ou dans le droit). C'est la réalité du marché mondial qui se rappelle à eux, peut-être, passé un moment d'euphorie ploutocratique.... Ou bien c'est la punition des banquiers juifs de NY parce que la MB a oublié de marquer le coup, hier, alors que c'était le "Holocaust remembrance day". Désolé, mauvais humour, mais c'est la dernière tempête en verre d'eau en date pour les blablateurs médiatico-politiques des médias, qui veulent absolument y voir l'influence de Banon et d'une armée secrète de négationnistes installés à la MB, alors qu'il s'agit plus certainement d'un cluster-fuck dans un staff largement incompétent et encore dans la phase bordélique (par leur propre faute) de prise en main de "l'outil" qu'est la MB.
  19. Les ricains sont en moyenne en bien trop mauvaise santé, et beaucoup trop flemmards (hors de leurs heures de travail) pour faire la révolution: c'est un sport de jeunes actifs. Qui plus est, si guerre civile il y avait, ça irait vite: l'essentiel des flingues, surtout les plus méchants, se trouve très nettement sur un seul côté de la barrière politique, tout comme l'envie de les utiliser. Et sin les gardes nationales, voire les armées, voulaient s'en mêler, ben.... Y'a pas photo sur la couleur politique moyenne de la troupe, surtout dans l'Army et les Marines (les troupes au sol.... Avec en plus l'Air Force qui est TRES marquée à droite), dont la majorité des effectifs (c'est encore plus vrai pour ce qui concerne la troupe, par rapport aux officiers) vient d'un nombre très réduit d'Etats.... Tous rouges (vieux sud). Nan, si guerre civile il devait y avoir, les démocrates seraient mal barrés.... Pire encore que dans les années 1860, même si pour d'autres raisons. Sinon, un truc potentiellement plus dérangeant: les remaniements du NSC semblent très partiellement dictés par les préférences de Flynn en matière d'organisation du travail, et plus guidés par un certain niveau de revanchisme, sous couvert de "rationalisation". Les trumpistes ont argué qu'il s'agissait de faire mieux avec moins, mais le "sureffectif" de l'organisme sous Obama avait été largement réduit par Susan Rice, et n'était de toute façon aucunement anormal dans l'histoire de l'institution.... Et il semble déjà que Flynn ait restaffé à la même hauteur, mais avec que des newbees: entre les départs volontaires, les départs "normaux" des appointés politiques et les rotations d'effectifs venant de grandes agences, c'est réellement un nouveau NSC partant de quasiment zéro qui se met en place, sans transmission de mémoire institutionnelle, et sans continuité dans la gestion des affaires courantes, ce qui, dans un tel domaine, est plus que problématique et dangereux: l'expertise collective (et une bonne partie de l'individuelle) est de faite ramenée à bas niveau, l'organisation du travail va devoir se construire (processus lent, dans un environnement où la rapidité est demandée, de même que l'aptitude à traiter de la haute complexité), et il n'y a aucune dynamique, habitude ou routine en place dans la hiérarchie (à chaque échelon: équipes de travail, bureaux, services....). Qui plus est, deux des personnages clés ne sont plus membres permanents du conseil (DNI et Chef d'EM des armées: de fait, les agences de rens sont rétrogradées dans le processus de décision pour la sécurité nationale), ce qui sent essentiellement la revanche de Flynn; et un idéologue les remplace, dont on sent bien qu'il est derrière la réunion des services "Europe" et "Russie" en un seul, ce qui souligne les craintes qu'on a déjà pu évoquer ici. Là-dessus, l'essentiel du staff du Département d'Etat a été viré ou contraint à la démission, alors même qu'un nombre anormalement élevé de ces gens avaient démissionné; et là on parle pas d'appointés politiques, mais de diplomates de carrière, de pros de ce service (sa mémoire et son savoir-faire dans la négo, l'expertise de régions, le management de l'organisation....) censés n'être pas affectés par les changements de patrons. Dans ce panorama, la polémique de ce WE sur le "muslim ban" arrive, et l'incompétence pourrait n'être pas seule à blâmer: le document lui-même était, selon les experts l'ayant lu, d'un niveau atterrant tant il s'affranchissait de la loi, mais surtout de la complexité des problématiques fondamentales et problèmes pratiques induits, si bien que certains se demandent s'il n'y a pas eu volonté de foutre le bordel exprès. Et surtout, la plupart des personnages-clés de l'administration (pour l'essentiel apolitiques) qui auraient du se fader l'immense tâche de rendre cet "executive order" applicable en pratique (au Département d'Etat, à l'Intérieur, au DHS....) ont été virés moins de deux jours avant la signature. On aurait voulu créer du chaos qu'on n'aurait pas procédé autrement, surtout en plus quand Banon prend plus de place sur ces sujets, lui qui est là pour se préoccuper de structurer et booster une "faction Trump" dans le GOP, et d'organiser un électorat propre au patron, en visant les sondages et la réélection, en plus du soutien dont le nouveau président a besoin (et qu'il a peu pour l'instant, et surtout pas de manière politiquement efficace). Plus largement, et c'est plus spécieux évidemment, on voudrait créer encore plus d'antagonisme avec le monde musulman qu'on ne procèderait pas autrement, soit ajouter des ingrédients, surtout des épices fortes, pour provoquer de nouveaux attentats (et créer les conditions pour imposer un "gouvernement par la peur"?).
  20. J'entends bien: je pointais mon amusement quand à la grande coordination, et à la forte insistance, des médias, pour pointer la chose. Dans l'ensemble, la méthode Trum pour l'instant me fait l'effet d'un improbable mélange d'incompétence, de pulsions autoritaires (caprice, culture personnelle du pouvoir, montrer qui est le boss....), d'une envie de tester "l'opposition" (au sens le plus général) et la population, et enfin de l'envie de faire un splash (pour se démarquer, pour distraire, occuper l'attention). Le tout s'enrichissant d'une capacité à reculer immédiatement et retirer les dispositifs introduits à grand bruit: le volume de mesures et contre-mesures, d'avancées et reculades, de différentiel de publicité (ce qui fait qu'on sait ce qui est la loi) entre certains choix, mais aussi entre les ordres et leurs contre-ordres quand ils arrivent, risque rapidement de devenir énorme à ce rythme. A l'arrivée, si Trump continue ainsi, on va arriver à une situation exemplaire de "ordre et contre-ordre égalent désordre.
  21. J'adore l'insistance si "spontanée" des médias à indiquer que pas un terroriste ayant sévi aux USA ne venait des pays ainsi mis à l'index, tandis que ceux d'où venaient les dits terroristes depuis le 11 septembre sont exemptés.... Et sont aussi des pays où le groupe Trump (et les USA, ont va dire) a des intérêts....
  22. Juste pour se marrer..... Mais peut-être pas tant que ça: est-il possible de réinitialiser le sondage du topic, et/ou de le renommer? Propositions: - "on prend les paris, les british revoteront-ils pour quitter, ou pas, l'union?" - peut-être un autre, avant cela: "y aura t-il un deuxième référendum?"
  23. Sinon, une statistique amusante et révélatrice en ce qu'elle renvoie à la réalité du pouvoir (et aux mille et une raisons de la montée des populismes contre "l'ordre néolibéral", pour employer une formule mélodramatique) dans les économies modernes. Elle est à mettre en parallèle avec le post que j'avais fait bien plus haut (je sais pas trop comment retrouver la page, désolé) sur l'état de la justice américaine et son niveau d'accessibilité pour le citoyen lambda, qui est tel qu'elle est de fait bien plus un instrument d'écrasement des "petits" par les "grands", qu'un régulateur social efficace et profitable au plus grand nombre (je suis pas un fan de Foucault, mais plus cette tendance s'affirme, plus il a outrageusement raison là-dessus). C'est en soi relativement anecdotique, comme statistique, mais foutrement parlant: il s'agit de la réalité du phénomène globalement qualifié de "wage theft" ("vol de salaire", littéralement, mais je ne crois pas qu'on ait de formule générique similaire en français), soit l'ensemble des pratiques par lesquelles les employeurs abusent de leur position et prérogatives (qu'ils accroissent par ailleurs via le lobbying), et s'approprient tout ou partie des revenus qu'ils doivent à leurs employés, de la rétention (ou de l'appropriation pure et simple) des pourboires aux heures sup non payées, en passant par des déductions illégales, la retenue du salaire (carrément), le blocage ou le refus de compensations (notamment en cas de blessure au travail) et/ou d'avantages pourtant légaux (congés....), le sous-staffage volontaire (une forme plus difficile à quantifier), le changement de statut forcé (souvent à l'insu de l'employé.... Devenant stagiaire, ou contractant, travailleur indépendant, temps partiel....), la triche sur le salaire minimum, la suppression de fait des breaks (avant tout la pause déjeuner).... Au total, pour ce qui est chiffrable, il est estimé que 40 à 60 milliards de dollars chaque année sont ainsi prélevés par l'employeur sur l'employé (à ne pas confondre avec des comportements similaires, mais de la part de quelqu'un dans la hiérarchie le faisant pour son compte, pas parce que c'est la politique maison ou du fait du patron: ça, c'est de la fraude, voire du crime pur et simple, et c'est un autre chiffre).... A la fois impressionnant en soi, et anecdotique (parce que l'économie US est vaste), même s'il faut pointer que ce sont les plus vulnérables, ceux dépendant le plus d'une différence de quelques dollars sur leur paie (une part désormais importante de la population), qui sont disproportionnellement touchés.... Compliquant d'ailleurs d'autant la surveillance et la répression du phénomène puisqu'il s'agit de millions d'occurrences sur de petits montants, pas d'un nombre plus réduit de "gros" cas. Mais ce qui est "amusant" est de comparer ce chiffre à ceux des robberies/burglaries/larcenies (je suis pas exactement sûr des équivalences légales françaises exactes: braquages/cambriolages/vols), qui représentent environs 13,5 milliards annuellement, et ceux des vols de voitures (considérés à part des autres vols), qui représentent autour de 3,5 milliards annuellement (ordres de grandeur). Soient environs 17 milliards, à comparer avec les 40 à 60 milliards des "wages thefts".... Mais les proportion des moyens de surveillance et de police dédiés aux uns et aux autres est exactement inverse. Avec une incitation forte et continue auprès du Congrès et des parlements d'Etat pour toujours laisser plus de latitude à l'employeur, donc d'opportunité de faire grandir ce chiffre de 40 à 60 milliards (parce qu'évidemment, braqueurs et voleurs de voitures sont mal représentés par leurs lobbyistes ). Et puis bon, comment on soutiendrait les copains de l'industrie pharma si on foutait pas les employés sous une pression débilitante au point d'en faire des névrosés malades en permanence?
  24. Aaaaaah, La Balue: la première tweetstorm de l'histoire de France: à peine Louis XI avait-il institué la Poste, que La Balue représentait l'essentiel des conversations dans les couriers (que Louis XI, en père spirituel de la NSA, évidemment, faisait surveiller). Où l'on s'aperçoit que la majorité des trucs que Trump a signé la semaine dernière sont, et resteront pour l'instant, des baudruches: tout ce qui implique un budget doit passer par le Congrès et faire l'objet d'un processus public, et peut être aussitôt remis en question en justice, entre autres pour problèmes de constitutionnalité. Le Donald a reculé déjà sur un bon nombre de telles directives, avec nettement moins de publicité que lors de la signature de l'acte incriminé; en tête, ce "gag order" sur les scientifiques du gouvernement, sur lequel le gouvernement a du rétropédaler quelques jours après l'injonction initiale.... Evidemment, ce genre de victoires est temporaire, partiel, et laisse planer nombre d'inquiétudes pour l'avenir, mais elles servent à signaler qu'il y a vigilance, et que celle-ci va augmenter, tout comme il y a capacité de résistance, et qu'elle va s'organiser. Plus encore, ce genre d'histoires montre un Trump qui est soit en train de délirer dans son coin en se faisant des illusions sur le pouvoir qu'il a et ne comprend pas, soit en train de jeter de la viande rouge à ses fans pour montrer qu'il agit, même si c'est essentiellement du vent.... Soit les deux. Mais dans les deux cas, il gesticule beaucoup, distrait l'attention d'autres sujets où des choses avancent ou se mettent en place, il occupe le terrain médiatique (et les médias vont devoir s'adapter et apprendre à filtrer l'important), et à mon avis décrédibilise sa présidence, et peut-être, si ça continue trop, la présidence en général. Jamais il n'y a eu autant de fuites dans un gouvernement américain: apparemment, les staffers de la MB, où pourtant il y a bien peu de pros et pour lesquels il n'y a pas eu de "transmission des savoirs" et de la mémoire institutionnelle avec l'ancienne équipe (vu la gestion merdique de la transition par les trumpistes), sont catastrophés par ce qu'ils voient au quotidien. Ils parlent beaucoup (trop) aux journalistes, et transmettent cette inquiétude, tout comme les hauts fonctionnaires des grandes agences (ceux qui ont été virés, ceux qui partent d'eux-mêmes.... En nombres anormalement élevés, et sans avoir de successeurs). Beaucoup de rumeurs circulent, évidemment, et sans s'arrêter ou trop croire l'une ou l'autre en particulier, on voit beaucoup de choses qui concordent et donnent une image générale plutôt inquiétante: celle d'un Trump qui a un temps d'attention de poisson rouge, évite briefings et meetings ou, quand il est en réunion, se barre vite pour aller tweeter parce que tel ou tel présentateur a dit un truc sur lui, a consacré un temps hallucinatoirement élevé de sa première semaine pour dresser une gallerie de photos de son inauguration à la MB, et passer une proportion indue de ses temps d'interviews à la montrer.... Et un Trump qui inquiète ouvertement la majorité parlementaire dont des enregistrements de leur "université d'hiver" (pour transposer/paraphraser une formule de chez nous) de la semaine dernière, ont révélé la façon dont ils voient le problème, notamment sur le sujet de l'ACA, où on se rend compte d'ailleurs qu'eux aussi n'ont absolument RIEN de prévu pour le remplacer.
  25. Disons que la configuration qui commence à se profiler fait espérer/craindre une possibilité d'accélération brutale d'une forme de construction étatique européenne, tout du moins autour d'un "noyau dur": entre une Amérique trumpiste qui ne se cache même pas de forcer la propension à la division/vassalisation du vieux continent de façon encore plus poussée, une Russie qui oeuvre pour la division et pourrait opérer une coopération de fait avec les US en ce sens, la Chine qui ne demande pas mieux, et le RU maintenant qui pourrait se faire la cheville ouvrière de cette tendance, il y a beaucoup de raisons de voir une contre-réaction moins nuancée côté européen, suite à la peur face à cette nouvelle hostilité omnidirectionnelle. La chose serait moins à attendre de l'UE proprement dite (surtout que sa tête fonctionne très mal ces temps-ci, et mécontente beaucoup de monde: cf le dircab de Juncker et son impérialisme bureaucratique: vu de l'intérieur, c'est paraît-il assez flippant), et plus de l'éventuelle initiative de quelques Etats. Mais la tendance semble clairement affichée: l'UE sera un champ de bataille, dans les années à venir. Et les élections de cette année vont beaucoup nous dire sur les camps et volontés en présence. Ceci dit, la tendance de certains Etats à la prostitution atlantiste, même dans le seul domaine de la défense, pourrait ne pas être si forte partout où on le pense: la posture de Trump, surtout si elle continue, a commencé à créer l'une des pires choses qui soit pour une alliance de long terme.... Le doute. Réintroduire l'incertitude dans un truc aussi établi que l'OTAN, dont l'une des principales forces est d'être considéré comme acquis, peut engendrer des réactions inattendues. Et Theresa May l'a bien senti, vu la teneur de son discours dirigé vers Trump.
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