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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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C'est ça, ou il profite juste de l'occasion pour lancer une charge spécifique sur la bureaucratie militaire, en tout cas celle de l'USMC qui régit la gestion des ressources, la recherche (tactique et technique), la doctrine et les processus d'acquisition, mettant de côté sciemment les aspects plus fondamentaux.... Même si j'en doute: plus je lis des textes américains, plus cette tendance automatique à tout réduire au purement tactico-technique, à cette conception fondamentalement mécaniste de la guerre, s'affirme clairement. Ils ont l'air de présenter tous les problèmes et nécessités d'adaptations comme réductibles à la gestion des changements nécessaires dans l'entraînement, la tactique des unités ou les processus de design et d'acquisition des matériels. Ces guerres ont montré l'ineptitude, ou plutôt le gaspillage d'un modèle occidental sans stratégie ou compréhension des conflits auxquels ils faisaient face (ou plutôt, sans volonté de les comprendre, voire même de les résoudre), compensant par l'empilement de dépenses (et de programmes chiffrant en dizaines ou centaines de millions de dollars contre des "programmes" insurgés comptant en milliers ou centaines de milliers), mais apparemment, ceux qui veulent reconnaître qu'il y a problème, surtout aux USA, sont encore majoritairement pour avancer des explications avant tout techniques. Jusqu'à preuve du contraire, la tactique n'a pas été un problème majeur; plutôt le contraire, non? Il est cependant très vrai que le processus d'adaptation eut pu être bien moins cher, et surtout beaucoup plus efficacement géré, et donc plus cher, plus rapide et plus pertinent.... Mais ça n'aurait rien changé aux résultats d'ensemble, sinon que la facture, humaine, matérielle et financière, aurait été moins lourde.
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Octavien n'a pas, en 44, le genre de fric qui peut acheter des légions et l'héritage de César (gigantesque) est long à venir (long à inventorier et bouger, mais surtout, retardé par Antoine qui bloque la loi reconnaissant l'adoption).... Et beau papa (Lucius Marcius Philippus), son seul proche et soutien de renom à ce moment, n'a ni le fric (très dépensier) ni le goût du risque (sa famille est un archétype des "centristes opportunistes") pour soutenir Octavien. Le ralliement de troupes n'arrive qu'avec le "nom" de César (et son fort impact auprès des vétérans de Gaule) et son retour rapide d'Illyrie pour griller la politesse à Antoine, toujours lambin et procrastinateur. On soupçonne cependant -et c'est dans la correspondance de Cicéron- qu'Octavien a réussi à choper sans que ça se sache le trésor de guerre (28 000 talents) que César avait amassé pour la campagne parthique (et qui se trouvait à Brindisi, prêt à embarquer, soit sur le chemin de retour d'Octavien), et qu'il a ensuite intercepté (entre Brindisi et Rome) le tribut annuel d'Orient à Rome; ce serait avec ça, et sa "name recognition" auprès des légions encore en Italie, qu'il a pu rallier les troupes qui lui ont permis de survivre lors de ces premiers mois (parce qu'il ne fait guère de doute qu'Antoine, l'héritier présomptif, l'aurait fait buter). Agrippa est encore jeunot à ce moment, pas très expérimenté (juste la campagne d'Espagne contre les Pompéiens, la dernière de César, plus peut-être la campagne d'Afrique avant cela, mais les deux à bas échelon): Salvidienus est encore le militaire le plus expérimenté côté Octavien à ce moment, mais même lui n'a jamais dirigé d'armée (juste une belle charge de cavalerie à Munda, la dernière bataille de César -et sa plus sanglante). Ouais, Antoine plaisait aux femmes, et pas pour son fric. Et il ne mettait pas d'autobronzant. Mais attention, quand tu dis "plébéien": Antoine était de la plus vieille noblesse plébéienne, et patricien par sa mère (cousine de César); la gens Antonia avait l'un des plus grands noms de Rome (avec des branches patriciennes et plébéiennes), avec tout plein de consuls, prêteurs, censeurs, augures et pontifes dans l'ascendance, et si son père avait été ridicule et son oncle (Gaius Antonius Hybrida) un monstre (contre qui César a mené son premier grand procès), son grand-père fut un triomphateur et l'un des plus grands orateurs de l'histoire de Rome (et apparemment, ce genre de trucs vous donnait du poids). Et en 44, si lui-même est fauché (et célèbre pour son endettement), il est financé par sa femme, Fulvia (petite fille de Gaius Gracchus), alors la femme la plus riche de Rome, et il se gêne pas, en ces temps où les règles fonctionnent moins, pour se servir (jusqu'à un certain point) dans le Trésor. Il est, de même, le seul consul en exercice (César était l'autre en 44), et non seulement Lépide radine aussi sec à Rome avec une légion (au service d'Antoine, donc), mais en plus, pendant quelques jours, tout le monde croit, lui compris, qu'il est l'héritier de César, et c'est lui qui contrôle les archives du grand homme (donc les listes de clients): rien que cette apparence est vite mise à profit en ces instants cruciaux. A ce stade, la très forte "name recognition" qu'il a acquise, et le statut d'héritier apparent, valent de l'or: même s'il n'a pas l'argent de César, il chope la majorité de la clientèle et des fidèles, étant le seul candidat adulte et "battle ready", à la succession politique de César, le leader naturel: il n'a presque rien à faire pour s'imposer. Et en plus, il est populaire (son côté dyonisiaque est apprécié par la foule), il a du charisme, et c'est un bon orateur (un bon vendeur de voitures chars d'occasion.... Ca rappelle quelqu'un?). Qui plus est, les optimates ne sont plus rien à ce moment: les assassins ne sont pas populaires, et ils n'ont pas vraiment de leader ayant du calibre: Brutus et Cassius n'ont pas d'autorité dans le forum et ne sont pas de fortes personnalités, Trebonius est le leader opérationnel, mais c'est un parvenu sans clientèle, Décimus Brutus se casse par trouille, et Cicéron, rallié de l'après-dernière heure, ne convainc personne. Antoine avait un tapis rouge bordé de fleurs juste après les Ides de Mars. Je sais qu'il a l'air increvable, comme ça, mais s'ils veulent assassiner le Bernie, va falloir faire vite: l'est plus tout jeune, le bestiau. Lui et Elizabeth Warren pour faire le duo d'assassinés/contraints au suicide?
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Pourquoi libre? Julie Gayet l'a largué ? Non, l'Octavien, c'est celui qu'on n'a pas encore vu venir: le parfait monstre froid, cynique, dur, ambitieux, mais compétent, capable de prendre son temps et de tout encaisser pour obtenir ce qu'il veut. Mais quand je dis qu'il "me fait peur", c'est que dans la phrase que j'ai écrite, je me vois dans la situation de celui embringué avec Marc Antoine parce que, à la mort de César, y'avait pas d'autre option: Octavien, quoique l'héritier, n'était alors rien du tout: aucune "name recognition" -raison pour laquelle il a tout fait pour se faire appeler Caius Julius Caesar (son nouveau nom officiel) en oubliant le "Octavianus" (le nom de son père "bio", un troisième couteau) de rigueur pour un adopté-, aucune clientèle, encore tout jeunot (17 piges au moment de la mort de César) et sans carrière, aucune relation ou alliance importante hors de sa famille immédiate (qui ne se serait pas risquée à le soutenir activement contre un sauvage comme Antoine avant d'avoir des garanties).... Bref, c'était, en 44, pas vraiment le cheval sur lequel parier.... Même si dans l'année même, il arrive à rameuter assez de soutiens (surtout dans les légions césariennes alors prêtes à partir pour la campagne parthique de César, qui a eu un petit "empêchement" le jour de son départ.... Oups) pour faire la première de ses deux marches sur Rome et commencer à se tailler un nom. Mais même encore en 36-34, la très grande majorité du Sénat et de l'establishment est pro-Antoine, alors même qu'il a enchaîné les bévues (dont une campagne parthique catastrophique qui a vu 4 aigles de plus partir chez les Arsacides, plus de 20 000 légionnaires morts ou définitivement hors service, 30 000 soldats alliés perdus, et toute l'intendance de son armée volée), qu'il n'avait jamais rien envoyé comme tribut au Trésor romain, qu'il avait refilé d'importants territoires à Cléopâtre, qu'il n'avait pas aidé Octave à se débarrasser de Sextus Pompée (qui pillait tous les convois de grains de la Méditerranée), et s'était globalement couvert de honte pour son incompétence et sa conduite honteuse. Il fallut le coup du testament pour retourner l'opinion et permettre la guerre qui mena à Actium. Mais bon, c'est vers lui que l'establishment penchait. Pour un romain d'une certaine importance, être antonien entre 44 et 33, c'est la normalité... Et soudain, les yeux se décillent, et on se sent pas très bien, parce que pendant ses 10 années qu'Antoine a gaspillées, l'autre les a mises à profit et bâti un appareil de pouvoir qui paraît soudain très léviathanesque. Et dans la transposition artificielle d'une époque sur une autre, quelque part, je vois pas Bernie comme l'Octavien altenatif. Mais c'est sans doute parce qu'il a pas 17 ans (plutôt l'inverse: 71).... Hein?
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D'après ce que j'ai compris, il est plutôt du genre à avoir la rancune tenace, plus qu'à savoir réagir sur le moment: il a plutôt montré une tendance à se venger quand il est dans une position de "force" réelle ou supposée, en tout cas depuis une plate-forme où il ne peut être contredit.... Ce qui se traduit dans les faits par des discours, attaques et invectives depuis un média/mode d'action "top down" où bébé n'est pas interrompu: twitter, un podium, une interview avec un journaleux accommodant.... Soit des situations où il peut dire n'importe quoi et se donner des grands airs de type qui sait tout et a tout vu et tout fait, et parler en généralités et platitudes en faisant l'important. Et évidemment des trucs plus concrets quand il peut s'en prendre à plus petit que lui (type employés, subordonnés et petits prestataires et fournisseurs). C'est une petite brute de cour de récré. Il continue à mentir même devant l'évidence la plus flagrante, à s'obséder sur les mêmes trucs, à essayer d'imposer ses crises d'ego dans tous les newscycles (et les journalistes ont enfin commencé à réagir à ce système), à gaspiller ce qu'il a de crédit et de capital politique, "d'autorité morale" (terme employé au sens très large, pas juste la dimension éthique: cette "auctoritas" assortie d'un bon niveau de "gravitas" est vitale pour un dirigeant, qui ne peut se contenter de l'autorité formelle), dans des futilités qui lui ont fait perdre une grande partie de ce qu'il avait pu gagner comme crédit avec l'élection, et la quasi totalité du bénéfice de la période "d'état de grâce" par lequel une bonne portion de l'opinion se disait "on lui laisse une chance". Résultat, il est en train de perdre beaucoup de soutien au Congrès (déjà plutôt dubitatif à la base), ce qui va réduire grandement sa capacité à prendre des décisions. Et il continue à s'entourer de sycophantes (genre Conway et le nouveau débile visible, Miller) et de purs produits du "swamp" (très mal vus par la population, hors de gens comme Mathis) qu'il arrive en plus à diviser bien au-delà de ce qui peut être productif dans un environnement de bureau: diviser pour régner, certes, mais passé un certain point, c'est juste un bordel parasitaire, ce dont le niveau de fuites témoigne, tout comme le sous-staffage de l'exécutif (surtout le NSC, mais aussi le personnel de la MB elle-même), qui commence à être alarmant.
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Ben tiens: les cercles bavarois pro-prussiens avaient un peu trop intérêt à ce diagnostic. Mais pour Trump, faut quand même avouer que le gars a de plus en plus l'air complètement hors du coup et révèle la simple réalité qu'il n'a pas le quart du dixième de la carrure pour le job: incapacité à apprendre et refus de même essayer, besoin de répéter sans arrêt qu'il est très intelligent, obsession sur les trucs mineurs (déco de la Maison Blanche -avec laquelle il bassine tout le monde-, taille de la foule à son inauguration, réaction délirante à tout ce qui est perçu comme une critique....), incapacité à gérer la charge de travail (sort des meetings très tôt pour aller tweeter, demande des mémos d'une page avec beaucoup de graphiques et cartes ), attitude de gamin (refuse d'avouer qu'il ne sait pas.... Puis pose des questions basiques et/ou détourne la conversation quand on le presse sur un sujet à un niveau autre que superficiel), complaisance et abus dans l'apparat et les priivilèges de la position (tous les WE à Mar A Lago: ça coûte une blinde), refus de toute contrainte basique (son portable, les mesures de sécurité....), rétraction systématique sur ce qu'il connaît (exemple: il entraîne Shinzo Abe, au milieu d'un échange, vers une salle de Mar A Lago pour aller photobomber un couple en pleine noce et parler pendant 3 plombes avec les convives).... Bref, le gamin sur-gâté et irresponsable qui a toute sa vie eu quelqu'un pour rattraper ses multiples conneries, qui n'a jamais eu de comptes à rendre, qui n'a jamais été foutu d'être un manager correct (5 ou 6 banqueroutes, un groupe si endetté et tricard auprès des banques que seule la fuite en avant dans toujours plus de développement -avec son nom mais une participation réduite- avec de l'argent emprunté plus ou moins douteux, lui a permis de continuer), a peut-être enfin trouvé le poste où son incompétence sera visible (parce que le seuil d'incompétence a été dépassé depuis longtemps). Mais bon, la seule réussite de sa vie (avec sa fille.... Non, pas la deuxième.... SA fille ), c'est l'image qu'il a malgré tout pu se faire, grâce à son seul talent, celui d'un grand arnaqueur/vendeurs de miroirs aux alouettes et de voitures d'occase. * Je commence à me sentir comme un client de Marc Antoine quand l'incompétence de ce dernier a commencé à se manifester et qu'Octavien a commencé à se dérouiller les muscles.
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Un bon article de la Marine Corps Gazette par un capitaine de l'USMC nommé Joshua Waddell, qui veut forcer la reconnaissance de quelques faits bruts, notamment qu'Irak et Afghanistan peuvent être appelés "défaites", et le système qui y a mené, du moins pour ce qui concerne le corps des Marines. https://www.mca-marines.org/gazette/2017/02/innovation Pour relativiser le facteur budgétaire (et rappeler quelques audits conduits récemment, dont un trouvait que le DoD dépensait 125 milliards de dollars dans le fonctionnement de l'administration militaire, donc hors des salaires des forces opérationnelles, et hors des budgets d'acquisition, d 'entraînement et de MCO): C'est à la fois très intéressant et ça tape juste sur pas mal de sujets, tout en étant très corporate dans sa vision, et très "mécaniste" dans sa pensée; j'ai mis l'article dans le sujet sur le "facteur humain", en ce qu'il traite des structures qui produisent les décideurs et organismes incriminés dans la critique de la culture et de l'état d'esprit (et des profils qu'ils forment et recrutent), mais aussi en ce que le dit facteur humain en est drastiquement absent dans les recommandations faites par l'auteur, qui ne prend pas assez en compte le changement culturel arrivé à une armée professionnelle, où les maux souvent incriminés (carriérisme, pensée corporate, baisse de l'esprit martial, individualisme, esprit de caste et guerres de chapelles, vision top-down....) ne seront pas résolus par des préconisations pour le coup très "business oriented" et un tantinet technocratiques.
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Pour ceux que ça intéresse, un vrai regard sur la réalité du corps enseignant des universités américaines, TRES loin des snobs détachés de la réalité vivant dans des tours d'ivoire, soit le genre de métaphores si souvent employées par certains, et avant tout la droite version Trump/FoxNews et autres "alt médias". Notez bien que cela n'exempte pas (une partie dont la taille est difficilement déterminable) le dit corps enseignant, du moins celui des Humanités, de nombreuses critiques quand à l'idéologisation des contenus vers certaines tendances dominantes, quand à certains comportements.... Et il faut aussi noter qu'on parle là des 83% des profs d'universités (un peu moins d'un million de personnes) qui ne sont PAS "tenured" (ayant un poste à vie), et sont des temps partiels extrêmement sous-payés et corvéables à merci. http://www.chronicle.com/article/The-Great-Shame-of-Our/239148 Passages choisis: La conséquence "macro" sur le travail effectué; L'impact du business model actuel des universités: La conclusion, très lyrique, mais très visuelle, et très forte: Pour la note, le système et la structure socio-économique pour les sciences exactes sont les mêmes.
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Sans parler du mec qui porte la valise nucléaire, et qui a du prendre un selfie avec un abruti de client de Trump (je doute qu'il l'aie fait de sa propre volonté): il a du être renvoyé dans son unité séance tenante, une fois que son visage est apparu sur Facebook.
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C'est certes très vrai, mais ces mêmes médias restent, directement ou indirectement, la seule source d'information à laquelle les Américains se raccrochent: même les alter-médias et ce qui se trouve sur les médias sociaux n'a de source d'info que venant des médias traditionnels, les seuls à avoir des moyens de collecte/acquisition de matériel de bases, des sources et réseaux humains.... La seule source d'information alternative à laquelle puise une "certaine presse" trumpiste et/ou ultra-conservatrice, c'est leur propre fion, d'où ils tirent, il faut bien le signaler, de belles bouses. Sinon, tout ce qu'ils font (alt médias de droite et de gauche) est de réinterpréter et critiquer ce que les médias tradis mettent sur le tapis, jouant, dans le meilleur des cas, le rôle de filtre face au flot d'infos, de traducteur/orienteur/éditorialiste réorientant les "lignes officielles" de la catéchèse médiatique principale, et d'exégète des faits minorés ou ignorés (mais quand même collectés) par les grands médias. Le rapport des citoyens aux médias est donc plus ambigu que ce qu'un simple sondage peut révéler: pourrait-on plutôt le qualifier de rapport amour-haine, de rancoeur vis--à-vis de la dépendance à leur égard? Mais surtout, il faut le signaler que si les médias sont hautement impopulaires et décrédibilisés, les partis, institutions et grandes organisations publiques et privées le sont encore plus, il y a donc beaucoup de colère qui n'a pas de moyen de s'exprimer de façon effective dans le processus politique et dans la conversation nationale, laquelle est monopolisée par une caste (politique, médiatique, économique) à peine plus représentative que les élus en place. C'est problématique, mais c'est le reflet d'une situation plus sérieuse dont l'impopularité chiffrée des médias que tu mentionnes n'est qu'une manifestation aléatoire et une mesure très imparfaite. Les ricains crachent plus sur la caste médiatique que sur les médias, ou plutôt ce qui y est publié (en terme de contenu brut, plus que les longues discussions tenues, sujets de débat préférés et certitudes affirmées), si on veut affiner. En tout cas, pour Flynn, qui est celui (par son fils) qui a promu le slogan "lock her up" ("enfermez-la") concernant Hillary Clinton, on peut dire que le proverbe américain "what goes around comes around" (approximativement "on récolte ce qu'on sème"), s'applique bien. Lock him up! Lock him up! J'adore quand, par miracle, ces démagos sont mis le nez dans leurs propres merdes et hypocrisies. Evidemment, ça ne semblera pas être le cas pour Trump ou Hillary Clinton, mais bon.... On prend ce qu'on peut.
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Donc c'est décidé, l'administration Trump soutiendra à fond les Golfiens (si jamais certains en doutaient encore), et les salafistes du coin peuvent dormir sur leurs deux oreilles et continuer à financer leur prosélytisme mondial. Seule inconnue au bataillon, encore pour l'instant: ira t-il jusqu'à la guerre ouverte avec l'Iran? Après tout, quel meilleur moyen de redistribuer un fric massif aux bons copains, de justifier un déficit monstrueux avec l'approbation de 90% des soi-disants "deficit hawks" du GOP, de rameuter les "puristes" agressifs en politique étrangère qui s'opposent à lui (du genre McCain et Graham), et de détourner l'attention des tracas en matière de slavophilie? On se concentre trop souvent sur le fait que les cons osent tout, en oubliant que c'est aussi le cas pour d'autres: les ordures cyniques, les menteurs pathologiques aux abois, et les sociopathes peuvent oser plus qu'un peu, de leur côté.
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[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Je plussoie Lézard Vert: l'UE est plus que seulement l'expression des Etats: elle est une institution centrale et permanente, avec un écosystème politique autonome et une bonne marge d'autonomie de décision propre, ne serait-ce que par cette permanence et sa centralité dans le méta-système qu'est l'UE. Si ce n'était pas le cas, il n'y aurait pas autant de lobbyistes et assimilables (quel que soit leur titre officiel, des "consultants" et conseillers aux "chercheurs" de think tanks, en passant par mille et une spécialités) à Bruxelles que de fonctionnaires européens: quoiqu'enclines dans certains domaines à la forte dépense inutile, les grandes entreprises et groupements d'intérêts privés (et d'ailleurs quelques entités publiques) en tous genres n'ont pas pour habitude d'entretenir une telle masse de manoeuvre si chèrement payée pour des prunes. Bruxelles n'est pas que la table de négociation. Après, il y a certes plus large que Bruxelles, mais il faut aussi noter que c'est plus large que les Etats: c'est tout l'ensemble qu'on range souvent sous le terme vague et orienté de "pensée unique" (en matière économique et sociale), soit une homogénéisation et une forme plus ou moins diffuse de convergence et de collusion savemment entretenue des élites européennes (politiques, économiques, sociétales, universitaires) dont la mentalité s'est depuis un bail alignée sur un moule commun et assez étroit: c'est à la fois plus diffus et plus fort que des instances dirigeantes proprement dites: pas une emprise directe sur les décisions par un grand méchant complot avec des gens en cagoules noires, mais une pensée peu variée, très peu contradictoire, et très normative, qu'on doit pouvoir qualifier aussi de très élitiste sans passer pour un odieux démagogue plongé dans la rhétorique simpliste du "tous pourris" (quoiqu'on doive toujours rappeler, comme l'a dit un politique, que le truc triste n'est pas que les décideurs européens soient des vendus, mais qu'ils le soient à si bon marché). Je me souviens qu'encore récemment, en effet, le plus grand obstacle qu'avaient trouvé des groupes d'agriculteurs du nord et de l'ouest ayant trouvé un modèle économique viable pour des exploitations bio et plus "labor intensive" (plus de jobs), c'était (alors) Martine Aubry et la "circonscription" des "Bouches du Nord"... Dont les caisses étaient libéralement alimentées par la FNSEA. Dans ces histoires, sans doute l'un des plus grands problèmes est qu'on ne peut désigner un coupable unique, l'UE, les grands lobbies/entreprises ou les Etats, la cible étant à chercher entre les trois, dans l'état d'esprit, la culture politique de l'époque et de la situation, et les marchés que passent les divers acteurs à tous les stades de décision. Et une chose est sûre: dans ces strates de gouvernance séparées du suffrage et de la sanction par trop d'échelons de décision, par lesquels la responsabilité peut être évacuée relativement aisément pour un élu (avec un degré suffisant de crédibilité apparente aux yeux des électorats, parce que la transparence n'existe pas et la simplicité est hors du cadre) qui manoeuvre dans un système où l'offre politique crédible est relativement verrouillée, la population ne pèse pas assez, et pas assez directement. Et tant que ça dure, les 3 groupes d'acteurs susmentionnés, dont la mentalité est essentiellement court-termiste, peuvent oeuvrer et se dire que ça continuera toujours. Et ces derniers temps, il est possible qu'on voit se pointer le résultat de cette mentalité: la réaction stupidement inverse et opposée, qui donne soudain un avantage hors de proportion aux concurrents politiques qui clament le "n'importe quoi plutôt que les connards en place" (Brexit et Trump). Et parfois, le "n'importe quoi" passe, sans qu'il y ait de plan ou de compétence (re-Brexit, et re-Trump.... Et quelqu'un croit sincèrement que Marine a la compétence, les équipes et les relais pour diriger? Ou un plan valable?). Simplement parce que le couvercle a été forcé trop longtemps sur la cocotte. -
Les gens y passent beaucoup de temps à faire joujou avec des trucs qui flottent dans leur bain?
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Plus gris que la Californie quand même: les Américains du nord et du nord est l'ont montré en votant avec leurs pieds pendant les 30 glorieuses (dès lors que les maisons pouvaient être refroidies et les pelouses arrosées).
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Attention, je ne disais pas que la clim' dépendait de l'eau, désolé si je me suis mal fait comprendre; je signalais que la ruée démographique massive vers la Californie (et les autres Etats chauds et/ou désertiques de la "Sun Belt") DATE de la généralisation de la clim', et que les infrastructures massives de gestion des eaux ont du être faites en grande partie pour accompagner (et accroître) ce brutal accroissement démographique qui n'aurait pas été possible (malgré le développement de certaines industries attractives plus spécifiques à la Californie) sans cette seule invention qui a bouleversé le paysage (humain, économique, social, physique/écologique) des dits Etats "chauds". Cette ruée massive de l'après-guerre lui est en grande partie due, à une époque où tout le monde voulait vivre au soleil (c'est bien gentil, le Michigan, mais bouef pour le moral).
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L'une des cultures emblématiques de la Californie est celle des amandes.... Je crois qu'on peut difficilement faire plus consommateur en eau. Et le boom résidentiel de la Californie, que cette gigantesque politique d'infrastructure pour la gestion des eaux a accompagné puis multiplié, date, pour beaucoup d'analystes, de la généralisation des systèmes de climatisation individuels (même chose pour le Texas, l'Arizona, le Nevada et le Nouveau Mexique, d'ailleurs): s'il y a un coupable qui a entraîné ce bouleversement de la nature pour gaspiller de l'eau à grande échelle, c'est bien cette invention: la clim. Mais d'une manière générale, les USA gaspillent de l'eau comme c'est pas permis: le cas du Rio Grande et de l'agriculture au Texas est emblématique, qui ont entraîné la ruine de l'agriculture au nord du Mexique. Plus largement, on peut voir des trucs hallucinants autour de Las Vegas, dont les besoins en eau (qui ont depuis longtemps dépassé les capacités locales et épuisé les nappes du Nevada) pompent sur un nombre d'Etats délirant, renchérissant le prix du liquide pour tout un tas de secteurs économiques et des individus, et asséchant tout un tas d'endroits.
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on aurait pas un problème de commandement?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de cracou dans Histoire militaire
J'essaie encore de bien comprendre comment l'Etat-Major de Gamelin fonctionnait, et avec lui toute la pyramide des grands commandements (groupes d'armées, armées -et leurs grandes unités subordonnées- et renseignement), mais j'ai dans l'idée qu'on se retrouverait au final avec un powerpoint du "bol de spaghettis" constaté par McChrystal en Afghanistan, non seulement parce que c'est compliqué, mais parce qu'on atteint souvent une limite à ce qui peut être représenté schématiquement sur une feuille, une grande partie de ce qu'on voit dépendant de quelques individus-clés censés gérer ce qui semble imparfait, contradictoire ou impossible si on essaie de le résumer dans une liste à points ou un dessin. En l'occurrence, le commandement made in Gamelin semble un bon résumé, même si poussé à un point extrême, de beaucoup de choses qu'on reproche souvent au commandement (en général? Franças en particulier?), des défauts naturels qui se retrouvent souvent à travers les âges: mauvais choix de subordonnés (souvent sélectionnés pour leur obéissance/loyauté/à plat-ventrisme plus que pour la compétence ou -Dieu nous en garde- leur capacité à penser seul, voire à prendre des initiatives), placement des bons à des postes ne leur convenant pas (pour les écarter, limiter leur influence ou leur capacité à déranger/se mettre en valeur/menacer le boss/prendre sa place), rétention extrême de l'information, micromanagement, hypercentralisation (tout doit remonter au sommet, en passant par tous les filtres et étapes de la hiérarchie, puis redescendre de la même façon) avec en même temps une incapacité à traiter le quart de l'info ainsi véhiculée (c'est là qu'on peut incriminer les horaires des supérieurs, et surtout du patron, leur tendance à aller faire de la politique, jouer au bridge....), paranoïa et guéguerres de bureau institutionnalisées.... Bref, et encore plus dans une armée qui n'a pas pu assez moderniser ses communications (jusqu'au plus bas échelon tactique: manque de radios, rythme général encore aligné sur la temporalité et la rigidité du téléphone -quand c'est possible- ou du messager), tout semble avoir été fait pour que le système nerveux et les cerveaux soient handicapés. L'armée française de Gamelin n'a rien fait pour essayer de compenser son retard technique dans ce domaine, ayant au contraire un commandement qui aggrave ce handicap tactico-technique qui aurait pu être, sinon mineur, du moins compensable, avec pour résultat général qu'elle semble exister dans un espace-temps différent de l'armée allemande. Ici, les défauts du système humain ont été des multiplicateurs de ceux du système technique, avec l'exemple venant de tout en haut: un commandant en chef remarquable seulement pour sa façon de diviser la bureaucratie, qu'il fait enfler jusqu'à l'absurde, pour mieux régner dessus, et sa manière de diffuser la responsabilité sur d'autres tout en refusant de déléguer la capacité de décision, qu'il n'exerce pourtant que peu lui-même . -
Nouvelles d'Oroville Dam: - des va et viens d'hélicos continuent à essayer de foutre autant de caillasse que possible dans le déversoir d'urgence (ce qui pour moi, vu le flot d'eau, doit être à peu près aussi utile que pisser dans un violon, ou approvisionner un théâtre d'opérations en missiles et bombes par avion) - l'érosion accélérée du dit déversoir d'urgence remontait vers la digue bétonnée le surplombant - 188 000 personnes vivant directement en aval ont été évacuées en urgence: la vie économique de la zone est au point mort - hier, le niveau du lac a pu être baissé de quelques pieds en ouvrant les vannes des deux déversoirs endommagés (plus ce que le barrage lui-même peut laisser passer, un volume nettement plus réduit) - de fortes pluies sont de nouveau attendues demain L'élu au Congrès pour la circonscription d'Oroville a commencé à poser les deux questions qui grattent: pourquoi le déversoir d'urgence n'a t-il jamais été bétonné? La solidité du déversoir principal n'a t-elle jamais été vérifiée? Par ailleurs, le gouverneur Jerry Brown a placé une première requête de fonds d'urgence auprès de la Maison Blanche (on va voir si Trump se sent malin à essayer de "négocier" ces fonds normalement alloués sans discuter, ou essayer de sur-publiciser le fait de les envoyer et de le présenter comme un acte exceptionnel) et une demande que la présidence déclare officiellement qu'il s'agit d'une "situation d'urgence", pour enclencher les mécanismes adéquats. Gageons que vu le fonctionnement de l'administration Trump (on va voir s'il va faire une gestion de crise à la George W Bush circa 2005), la FEMA de Trump pourrait poser problème (avec un peu de bol, y'a pas eu trop de départs, hors de tous les hauts cadres partis le 20 janvier). On a parlé d'électricité et de l'eau pour l'agriculture, mais il faut aussi souligner (je ne sais plus si je l'avais fait) l'importance énorme de ce barrage dont vient l'approvisionnement en eau potable de plus de 20 millions de gens en aval, dans la vallée de la Feather, celle du Sacramento et celle de San Joaquin. Ce barrage est l'un des deux dont dépend tout le système de gestion des eaux du centre et du sud de la Californie. D'ores et déjà, l'eau qui coule depuis le début du problème a été souillée par la boue, les gravats et la roche qu'elle charie, posant des problèmes pour les capacités de filtration; des questions ont été soulevées quand à la capacité du système à fournir suffisamment d'eau dans l'année à venir. Pour le cas de Flynn, une info "anecdotique" intéressante, rappelée par plusieurs journalistes hier soir: un des caractères exceptionnels de l'affaire a résidé dans le niveau extrêmement élevé de fuites en provenance du National Security Council lui-même. Même si sous-staffé depuis le 20 janvier, et quasiment vide de la portion d'appointés discrétionnaires, politiques ou non, arrivant avec chaque nouvelle administration (le processus est toujours extrêmement en retard, les départements n'ayant pour la plupart pas de direction ou d'expertise hors des staffs permanents, eux-même sous-staffés), le NSC a quand même encore des effectifs de permanents, composés de fonctionnaires propres à l'organisation (il y a eu pas mal de démissions aussi de ce côté, et pas assez de remplacements) et de personnels en rotation depuis des agences gouvernementales (principalement les agences de renseignement). Ce sont ces personnels permanents (donc en majorité des professionnels du renseignement) qui semblent avoir cafté de façon répétée et fréquente sur Flynn, apparemment effrayés par le personnage, ses méthodes et/ou ses orientations. Une posture hautement inhabituelle, en fait sans précédent dans l'histoire de l'organisation. Flynn est très controversé pour bien des raisons, et il est plus que probable qu'on a là la réaction de professionnels devant un type ayant opéré un virage vers le bizarre depuis plusieurs années (notamment constaté dans un comportement souvent erratique, autoritariste et assez inefficace, voire contre-productif, dans la gestion d'équipes de travail et d'organisations), mais aussi un virage idéologique vers une forme d'extrême. Dans quelle mesure ces fuites vers la presse pourraient-elles aussi être une réaction de "la machine"? C'est-à-dire être un réflexe de l'appareil de renseignement pour garder le cap fondamental de la politique extérieure américaine, contre toute réforme dans ses choix et orientations dominants? En gardant à l'esprit que la plupart des critiques envers Flynn semblent extrêmement justifiées: faut pas en faire le courageux et atypique "non aligné" à la pensée originale qui s'attaque aux ronds-de-cuir flemmards, aux cyniques, aux imbéciles/aveugles et aux corrompus qui constituent un "ordre établi" idiot et inamovible.
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Jerry Brown est un gouverneur (un "re"gouverneur: il l'a été dans les années 70-80, est entré dans la course présidentielle pour se faire battre -litigieusement- par Bill Clinton, a eu un hiatus, puis est revenu récemment et triomphalement) efficace et populaire, mais même lui a du mal à bouleverser tout ce qui doit être bouleversé dans cet Etat, sans doute le plus difficile à gouverner des USA: la politique y est très divisée, mais c'est surtout le plus peuplé, et de loin, des USA, ayant la taille d'un pays moyen (plus de 36 millions d'habitants, 6ème PIB mondial). Les institutions d'un Etat américain "normal" y sont sous-dimensionnées et on trop peu de prérogatives pour gérer cette échelle dans le business, la démographie, la géographie.... Et la force des intérêts contradictoires (publics et privés) qui s'y affrontent trop conséquente pour avoir une gouvernance suffisamment puissante (ce pourquoi certains intérêts oeuvrent à chaque élection pour obtenir une division en 5 ou 6 entités: la proposition reste toujours extrêmement minoritaire, mais le business de la Silicon Valley soutient la chose -pour avoir sa propre baronnie où ils ont toute latitude-, alors elle continue à revenir). Donc je doute qu'on voie une solution ou réforme structurelle émerger de cette crise: elle sera gérée ponctuellement, plus ou moins bien, et c'est tout. L'équation budgétaire de l'Etat est de toute façon trop difficile à résoudre pour obtenir beaucoup de marge de manoeuvre, et la fin apparente de la sécheresse doit avoir enlevé des munitions à Brown pour imposer des changements plus vaste (surtout au lobby agricole, tout puissant et hautement vocal pour tout ce qui concerne l'eau). Sans compter que maintenant, la Californie semble avoir une bataille politique avec Washington, autour de la question de l'immigration: la politique (y compris au moins une partie du parti républicain de l'Etat) semble avoir trouvé une forme "d'union sacrée" pour résister à Trump, voire faire, au moins symbolitiquement, de la Californie un "Etat sanctuaire" (par extension des "villes sanctuaires" menacées par Trump) pour les migrants illégaux implantés dans la vie économique (qui en dépend fortement).... Et pour aller dans le sens de la très importante population latino. Avec un Trump qui menace (vainement, il ne peut pas le faire légalement) de couper les flux d'argent public de l'Etat fédéral vers la Californie, le ton monte.... Même si la Californie est un Etat très nettement créditeur (contrairement à l'immense majorité des Etats républicains) au budget national, et de loin le premier contributeur en montants absolus. Quoiqu'il en soit, l'attention semble entièrement tournée vers ce sujet, donc avec elle la majorité du capital politique et des deals internes qui vont devoir être faits. Le reste passe au second plan. C'est pas pour rien non plus que l'arrêt décisif de la politique migratoire de Trump ait été pris dans le 9ème circuit d'appel fédéral (le circuit de tout l'ouest américain); la population soutient activement, et la politique se range derrière.
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[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca fait depuis les années 60-70 que la France avantage lourdement et promeut le milieu de gamme, jusqu'à l'absurde. Les filière d'excellence ont du batailler ferme pour survivre. Mais pour la viande, faut pas se faire d'illusion: en tout cas pour le boeuf, ça n'a jamais été fabuleux dans le pays, où les races favorisées ne l'ont jamais été pour le goût en premier lieu. La qualité sanitaire est bonne, les races excellentes pour ce qu'on leur demandait (lait et capacité de travail avant tout), mais pour la bidoche, y'a jamais rien eu de très goûtu.... Disons que c'est pas pour rien qu'on est le pays du Pot au feu. -
Le Canada et sa place sur la scène internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Hornet62 dans Politique etrangère / Relations internationales
Une autre façon de faire semblant de courtiser une certaine frange de l'électorat féminin (femmes d'affaires et aspirantes étant une micro-minorité.... Mais potentiellement des donatrices et des relais), mais surtout de caser Ivanka dans sa nouvelle carrière, elle qui vient de se lancer dans la création d'une plate-forme de promotion de la place des femmes (une de plus dans ce registre où y'en a déjà des milliers; et les mecs, alors?), dont le statut est encore difficile à déterminer: vu les lois anti-corruption et anti-népotisme, il s'agira probablement plus d'une initiative gouvernementale ou d'un hybride public-non lucratif, mais ce qui est sûr, c'est que papa va booster la chose. Ou essayer en tout cas. Et ce qui est encore plus sûr, c'est que c'est essentiellement pour les apparences et les occasions de réseautage et levées de fonds que ça procure (c'est pas comme si le secteur était pas déjà saturé dans le domaine). Vu la dégringolade de la marque Ivanka Trump et le fait qu'elle ne peut plus vraiment s'en occuper (pour ce qu'il y a à sauver), la deuxième carrière est ouverte. -
Il faut aussi garder à l'esprit que le secteur de l'énergie en général aux USA (en général tout court, d'ailleurs), et en particulier en Californie, est TRES corrompu et corrupteur, alignant des masses de fric, d'influence et de positions acquises depuis longtemps auprès de tous les échelons de pouvoir possibles et imaginables: et l'état des lieux du secteur dans l'Etat de Californie est qu'il s'agit d'un panorama très atomisé en opérateurs de taille petite ou moyenne (même s'ils sont des filiales de grands groupes), quasiment chaque centrale opérant sur ses propres fonds et bénéfices, et se retrouvant sans grands moyens pour investir (et évidemment, l'épargne au titre de l'amortissement est une blague comme quasiment partout ailleurs). Ironiquement, le barrage d'Oroville est une des rares infrastructures avec production d'électricité qui soit publique (faisant partie du très vaste et susdécrit California State Water Project), mais subit le contrecoup de deux problèmes lourds: le premier est précisément le secteur énergétique de l'Etat, atomisé en petites entités et incapable de produire de la masse de manoeuvre budgétaire pour les investissements depuis plus de 40 ans, et le second est la patate chaude politique que le CSWP pose depuis sa création, ayant fait l'objet d'âpres batailles au Parlement de Sacramento: conservateurs-démocrates, orthodoxes budgétaires-"investisseurs", agriculteurs-écologistes, sud de l'Etat-nord de l'Etat (d'où vient l'eau).... Si on y ajoute les problèmes budgétaires récurrents et très lourds de la Californie (encore plus créés par les luttes politiques que par une gouvernance dépensière), on se rend compte que cet immense projet de gestions des eaux n'a jamais dépassé 60% de ce qu'il aurait du être, mais surtout que l'entretien du bâti a lui-même été sous-budgété depuis 40 ans, et n'a jamais rapporté ce qu'il aurait du (l'agriculture californienne obtenant par exemple une eau bien trop peu chère, à peine compensée par le tarif élevé des habitants.... Et l'électricité est très chère dans l'Etat, en raison du système décrit plus haut). Les décisions mentionnées dans les articles sont donc en grande partie des habillages par des gens qui essaient de maintenir les apparences pour mieux renvoyer d'éventuels doigts pointés dans d'autres directions que leur fion. On "découvre" sur le moment que finalement, le déversoir d'urgence (en place depuis 68, et ayant déjà vu des crues) ne pourrait pas encaisser ce qu'on pensait (mmmmh, aurait-on voulu faire des économies de bouts de chandelle lors de la construction, et déclaré qu'une crue importante était impossible?).... Ooooooh grand Dieu!! Vite, allez voir 40 ans de paperasse accumulée pour savoir si on le savait , moi j'ai une urgence à traiter.
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on aurait pas un problème de commandement?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de cracou dans Histoire militaire
Sinon, une analyse profonde sur certains défauts du commandement (notamment sa manie du secret, souvent utile pour les guéguerres internes), par un stratégiste trop peu utilisé ou cité, Pierre Desproges: "En 1939 déjà, tout le monde, en France, savait que le général Gamelin était un con, sauf les militaires. C'est ça, un secret militaire". -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
On fait rarement, et même plutôt jamais, du neuf ex-nihilo: on prolonge, étend et change ce qui existe, donc dans l'hypothèse d'un passage à des "Etats-Unis d'Europe" (hautement douteux), on aurait plus de chances de voir le corpus existant d'institutions continuer, avec les changements qu'on y ajouterait, ce qui ferait aussi continuer les dysfonctionnements, les habitudes, les personnels en place, les logiques de fonctionnement, les baronnies bureaucratiques établies et les réseaux et circuits de relations, mais dans un rôle étendu. Ce pourquoi il vaut mieux l'idée de "noyau", comme une initiative autonome, négociée avec les non participants, par un nombre donné d'Etats volontaires, parce que là, la création serait obligée d'avoir un point de départ et une page quasi blanche. Enfin blanche.... Ce serait déjà assez dramatique parce que plusieurs Etats, même seulement 2 ou 3, se mettant ensemble pour définir un schéma de fonctionnement unifié créant de facto un nouvel Etat, ça veut dire d'emblée un compromis bancal et la transpositions des logiques politiciennes existant dans chacun (avec des tas de personnages importants et factions, et leurs pyramides de réseaux associés et d'intérêts privés et publics liés) dans la nouvelle entité, pour défendre leur bout de gras et lui assurer survie et prospérité dans le nouvel ensemble, le bon grain venant avec l'ivraie. Le tout sérieusement dominé par l'état des rapports de force entre les parties contractantes au moment du deal fondateur, ce pourquoi, du point de vue français, envisager ce genre de choses avec l'Allemagne n'est pas forcément la meilleure idée avant un moment: vous voyez comme ça dérape vite, même en ne pensant qu'au bien des siens? L'intérêt français, si cette hypothèse de travail d'un nouvel Etat est envisagée avec l'Allemagne, serait mieux servi en attendant autant que possible qu'une mesure de rééquilibrage se fasse (démographie allemande devenant plus visiblement un problème, contraction de la demande mondiale affectant un peu durablement leurs exportations, froid plus net avec Washington, situation migratoire prenant un tour problématique plus sérieux dans le pays....), et ce aux dépends de cet espèce d'idéalisme et/ou de fantasme de projeter la formation d'une hypothétique grande puissance en Europe occidentale, dont on a besoin à bien des égards aussi, mais les questions deviennent: à quel prix? Quelle forme aurait une vraie crédibilité (cad entre autre une capacité à créer une volonté de vivre ensemble -cf la pourtant petite Belgique- et donc à offrir des garanties de solidité: les "valeurs" abstraites et théoriques ne font pas l'union) et ne ferait pas empirer la situation? L'Etat, c'est facile à critiquer tant qu'il y en a un et qu'on n'en voit que les défauts, et c'est encore plus vrai de la nation, qui reste encore la meilleure garante de sa solidité et de sa durabilité. On a encore, et surtout au pouvoir, des générations qui ont grandi avec et l'ont toujours considéré comme acquis, partant du principe qu'avoir des espaces nationaux stables et durables, règlementés par des cadres législatifs acceptables, bien acceptés par tous et inamovibles, était une chose allant de soi. On peut donc passer son temps à critiquer et jouer à favoriser ses intérêts, matériels et idéologiques, en forçant les dits cadres autant qu'on veut en se disant au fond que rien de grave n'en découlera (fond psychanalytique de la chose: "papa-maman seront toujours là pour secourir et rattraper les conneries"), si tant est même qu'on en ait quelque chose à foutre... Parce que beaucoup des acteurs privés et publics faisant "leurs petites soupes au coin de leurs petits feux" en se foutant de brûler ce qui les entoure, forçant leurs places et avantages dans le cadre des nations existantes, se tapent complètement des conséquences -y'a toujours d'autres pays où aller quand on a un bon compte en banque-, soit qu'ils ne voient pas plus loin que leur prochain rapport annuel. Mais là, c'est précisément le cadre ("papa-maman") qui a été bousillé, avec rien pour le remplacer si on continue. Rien de légitime, de crédible, d'acceptable (pour les peuples) et de solide pour prendre la relève si le bouchon est poussé trop loin, ou simplement si on garde la même façon de faire encore un moment: l'Union continue à ne pas gagner de légitimité ou de crédibilité (voire à en perdre), et les Etats-nations continuent à en avoir moins. Si demain, les Etats décidaient de tout transférer au niveau "fédéral" européen, je crois que les europhiles/fédéralistes seraient très surpris de voir à quel point ce ne serait PAS accepté et à quel point la sauce ne prendrait pas. Ce sont des raisonnements sur papier et sans connaissances qui conduisent à ce genre de conclusions, un peu comme quand à l'adolescence, on (en tout cas certaines formes de geeks ) dessine des cartes de son pays idéal, des plans de ses véhicules et armes fantasmés.... Et la réponse est oui, j'ai fait tout ça à 15-16 ans, faites-moi un procès! Et vous, vous êtes quoi, parfaits? -
énergie La production d'hydrocarbures
Tancrède a répondu à un(e) sujet de nemo dans Economie et défense
En termes de terrorisme, l'Iran est au global, selon moi, bien moins dangereux que l'AS et consorts, malgré le fait qu'il appuie plus directement, ouvertement et intensément ses organisations subordonnées que des Golfiens qui joue le chaud et le froid en même temps, contrebalançant modérément les appuis directs, mais surtout indirects (rappelons que la majorité du soutien aux trucs comme AQ vient DE Saoudiens, pas du gouvernement saoudien) aux groupes islamistes en essayant de garder le contrôle de la bête qu'ils ont créé, mais surtout pour sauvegarder les apparences et l'appartenance au "camp" civilisé. Rappelons aussi à leur décharge qu'auprès de la rue arabe et d'une bonne partie du monde musulman, ils passent pour des vendus parce qu'ils déversent des dizaines de milliards dans les caisses occidentales chaque année, surtout en armements. Du simple point de vue de la survie (la leur), le double jeu est justifié (même si dommageable). Et Iran comme Golfiens luttent pour assurer le contrôle du MO avant tout, perçu comme zone d'influence et surtout glacis de sécurité. Mais dans ce conflit, l'impact des Golfiens est bien plus dangereux: plus de fric, mais surtout une bien plus grande part de marché potentielle. L'Iran, c'est le marché chiite: au niveau mondial, et plus encore au niveau de nos sociétés occidentales, c'est peanuts. Le prosélytisme chiite n'a pas un potentiel de dégâts très dangereux par chez nous, et au MO, s'il a une ouverture, c'est pour du contrôle local au maximum. En toute logique, on (le "on" occidental) devrait leur donner un peu d'espace pour respirer et rééquilibrer un peu le jeu face à des Golfiens dont l'action est bien plus dangereuse pour nous à terme. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Un bon résumé, avec plus de profondeur, par les deux auteurs du livre La fin de l'UE: http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2017/01/28/31002-20170128ARTFIG00106-l-union-europeenne-tue-l-europe.php Dans l'interview, quelques citations très parlantes: De Wolfgang Streek: L'Allemagne en est arrivée à tenir l'Union européenne pour une extension d'elle-même, où ce qui est bon pour l'Allemagne est par définition bon pour les autres (…) Proches en cela des États-Unis,les élites allemandes projettent ce qu'elles estiment évident, naturel et raisonnable sur leur monde extérieur, et s'étonnent que l'on puisse voir le monde autrement qu'elles Et surtout, de Philippe Séguin et Marie-France Garaud: La souveraineté abolie, resterait aux nations leur identité. Le terme ne peut alors recouvrir qu'un contenus imprécis, dans lequel entreraient coutumes, mœurs, rites, langue, histoire, originalités sociologiques. Les Grecs savaient déjà qu'une cité qui veut conserver ses dieux et ses temples doit d'abord rester une entité libre sur la scène de l'Histoire. S'il n'est pas pour une nation de véritable conservation de son identité sans sa souveraineté, c'est précisément parce que l'autorité nationale a fait la synthèse des éléments ethniques avec les valeurs spirituelles et morales. Après tout, les Indiens, dans leurs réserves, gardant leurs plumes et leurs tentes, ne sont assurés que d'une identité fort réduite dans un ordre national qui leur échappe On ne peut mieux résumer le lien entre problème européen sur le continent, et identitaire dans chaque Etat-membre: identité et souveraineté ne sont pas deux choses séparées, mais, pourrait-on dire, une seule et même chose. Enlevez la seconde, et la question de la première ne peut exister que par rapport à ce qu'on projette sur le passé, qui devient une notion purement subjective d'appartenance à un club qu'on fantasme, qui ne peut reposer que sur une pensée rétrospective et quasi "muséifiée", et qui exclue par définition des portions plus ou moins grandes d'une population, polarisant les opinions en diverses formes de "pour" ou "contre" (à un degré le plus souvent très dur) et atomisant toujours plus les groupes coexistant sur un territoire, renvoyés de force à leurs "essences" (réelles et supposées) et "origines" (et vu que désormais, des effectifs significatifs viennent de loin ou très loin, géographiquement et culturellement....). La souveraineté étant l'autonomie de décision d'un ensemble qu'on essaie de garder et rendre cohérent, elle permet l'identité commune: si on ne peut pas forger de compromis ensemble parce que les moyens d'action sont désormais ailleurs, cette possibilité vole en éclat.