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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Vu l'état de Chirac (depuis sa fin de mandat -et déjà avant-, les quelques sorties observées sont assez effarantes: ne peut pas marcher seul, incontinent....), s'ils en ont bouffé, va falloir s'éloigner d'eux quand la digestion va commencer: ils vont changer de couleur et produire des bruits et substances pouvant heurter les sensibilités. Un peu comme un ado qui se bourre la gueule en somme: c'est tout feu et flammes pendant quelques minutes/dizaines de minutes, ça hurle, c'est fun, ça joue à être le centre de la soirée, et après cette courte phase initiale, le reste de la nuit est..... Problématique. Et le lendemain douloureux.
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Sinon, une petite outrance du monde trumpien (qui appartient à ce topic parce que c'est vrai, et qu'il ne s'agit pas juste d'une polémique, mais bien d'une société): deux anciens aides de la campagne, le fameux/"infamous" Corey Lewandowski et Barry Bennett, ont lancé, via leur firme Avenue Strategies (un de ces cabinets washingtoniens de consultance en "stratégie", en lobbying, en relations publiques, rendant des "services" difficiles à clairement définir.... Bref, des entremetteurs-profiteurs faisant fructifier le carnet d'adresse), un service destiné à organiser la protection d'entreprises contre des tweets intempestifs de la présidence ..... Leur annonce? "S'il s'attaque à vous, il n'y a rien que nous puissions faire pour l'en empêcher, mais si vous voulez l'emporter dans cet environnement, nous pouvons vous aider; nous sommes vos sherpas pendant cette épreuve". Du vague, creux en fait, mais hautement suggestif; les deux compères sont certes des consultants spécialisés dans les RP et les relations médias, mais quand on parle de ce président, quand on parle du phénomène particulier que sont les médias sociaux, surtout les "instantanés"/d'ultra court terme comme twitter, on peut voir assez clairement, surtout après les histoires de Boeing ou Lockheed, ce que veut dire un tel message, parce qu'aucun petit cabinet de 2 personnes n'aura une structure pour une multinationale ou n'importe quelle grande boîte devant gérer une crise d'image momentanée ayant ou non un impact de quelques heures/jours sur son cours de bourse (et l'exemple Nordstrom devrait les inciter à plus de modestie). Le dispositif est ainsi appelé une protection contre le "tweet risk". Non, clairement, il s'agit d'un message en filigrane pour un honnête petit racket des familles, mais dans "la haute", alors ça prend les apparences d'un "service" offert par une société établie, avec des gens en costume et bien connus: payez-nous, et on vous mets sur la "no touch list" de Donald (je me demande même si ce gagne-petit est tenté de toucher son pourcentage sur ce genre de trucs)..... Ce qui n'est pas sans évoquer la formule du "bon vieux temps"; "vous avez un bien joli magasin, ce serait dommage qu'il lui arrive quelque chose". Au final, une raison de plus de se demander comment se portent "le marais" et "l'establishment" sous la présidence Trump. Comment on traduit "pizzo" en anglais washingtonien? "Pay up bitch"? Quand des questions faisant allusion à de telles pensées lui furent adressées, Lewandowski répliqua qu'une telle suggestion était "absolument dégoûtante".
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Je pointais cependant aussi que ce déménagement vers les Etats "républicains" n'est pas si massif et unilatéral que cela, précisément en raison des avantages plus structurels (la position géographique, la démographie, le réservoir local de main d'oeuvre qualifiée ou non, le niveau d'urbanisme, les infrastructures si chères, l'attractivité, les noeuds de communication....) des Etats riches et taxés: les Etats républicains "vides" et du centre peuvent faire jouer tous les avantages fiscaux et règlementaires qu'ils veulent, ça compense pas tout, loin de là. Même le cas du Texas si corrompu et prompt à jouer la politique budgétaire/fiscale façon reaganomics sous hormones, et avec pourtant beaucoup des avantages structurels évoqués, ne fait pas mieux que des Etats solidement "bleus" et taxés, et ferait même nettement moins bien s'il n'avait pas le pétrole (et il souffre depuis 2 ans sur ce sujet, vu les cours) qui compense bien des conneries, et des grandes agglomérations durablement démocrates (le Texas est très "rouge", sauf pour les grandes municipalités, toutes "bleues") qui sont ses pôles d'attractivité principaux hors du secteur énergétique.
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Il faut noter cependant qu'aux USA, les Etats "riches" ont tendance à être plus taxés que les autres: Caifornie, NY, Illinois, Massachussets (surnommé "Taxachussets" par la droite), Connecticut (banlieue chic de NY), Rhode Island, Washington, Oregon.... Beaucoup de facteurs sont évidemment en jeu, mais la tendance générale est que si ce niveau plus élevé de taxation emmerde, il est cependant corellé à de meilleurs niveaux d'infrastructures, des avantages de situation géographique, de concentrations historiques de populations, savoirs-faires, noeuds commerciaux, industries établies.... Le dumping entre Etats est encore plus malsain que cela aux USA: il se joue plutôt au niveau, cas par cas, d'exemptions fiscales diverses pour les entreprises crachant au bassinet et/ou négociant leur implantation (ce qui veut aussi dire cracher au bassinet), et surtout de législations locales favorables. Ainsi par exemple de certaines usines automobiles, passées du nord au sud, avec un impact minime ou nul pour la richesse du pays, mais un "effet PIB" de court terme purement comptable -parce qu'il y a beaucoup de transactions- et un retard pris pendant le temps de transfert et de montée en puissance de la nouvelle usine -notamment en raison de personnels peu/mal formés dans l'Etat de destination: dans l'ensemble, il s'est agi du passage d'ouvriers et techniciens syndiqués avec une fourchette de revenus allant de 25 à 40 dollars de l'heure (et dont l'usine restait compétitive), à des ouvriers sans droits et corvéables à merci pour 20-25 dollars de l'heure (et qu'on "crame" beaucoup plus vite, la vie humaine devenant nettement plus une variable d'ajustement, ainsi que des détails comme le respect de l'autre, la dignité de la personne....).
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Un petit mensonge trumpien qui incarne parfaitement, à échelle réduite, le genre de trucs que les politiques pratiquent constamment sans même y penser: pendant la campagne, Trump avait annoncé qu'il ne prendrait aucun salaire afin d'incarner la baisse des dépenses qu'il voulait impulser au gouvernement, sinon peut-être un dollar symbolique, rendu obligatoire pour des raisons légales. Finalement, il a été constaté qu'il toucherait effectivement le salaire de président mais le reverserait à un organisme de charité non spécifié, soit un geste purement démagogique dont on peut par ailleurs douter étant donné le passif du Donald dans le domaine des donations caritatives, et surtout de la différence entre ce qu'il dit donner (et à qui c'est donné) et ce qu'il donne.... Et avec l'argent de qui il donne. Le salaire du président américaine est d'environs 400 000 dollars/an, soit de toute façon pas de quoi casser trois pattes à un canard pour ce qui concerne les problèmes de dépense publique. Mais là où la chose devient ironique dans la façon dont Trump entend procéder, c'est que les donations caritatives aux USA offrent BEAUCOUP de possibilités de déductions fiscales. Encore une fois, on sait pas ce que seront ces "bonnes oeuvres" auxquelles il donnera: beaucoup de choses sont considérées "caritatives" et n'ont pas grand-chose à voir avec de la générosité productive: donations à des institutions artistiques, mais surtout religieuses, à des écoles ou universités privées qui n'en ont généralement pas besoin (le plus souvent celles par où la personne fortunée est passée elle-même, ou celle où vont ses enfants.... Soit souvent une donation appartenant à des stratégies sociales/relationnelles, familiales et/ou professionnelles), et souvent pour des projets de pure vanité (qui accroissent ensuite lourdement les coûts de fonctionnement et donc les frais de scolarité déjà insupportables pour la plupart).... Sans compter les mille et une organisations utilisant une part importante de tels fonds pour des buts politiques ou de l'évasion fiscale. Une énorme partie du domaine "caritatif" aux USA est ainsi siphonnée pour raisons fiscales, économiques, relationnelles ou idéologiques (politique et/ou religion). Mais je m'égare: pourquoi ce geste de Trump est-il si ironique? Parce que 400 000 dollars de salaire représentent au bas mot (selon les modalités) 158 000 dollars de déduction fiscale, ce qui veut dire que la promesse de Trump, faite pour mettre l'accent sur le besoin de baisse du train de vie de l'Etat et/ou des élus à des fins d'économie, coûtera finalement plus que ce que le salaire du président coûte normalement. D'autant plus ironique si l'on rappelle qu'en un mois de mandat, Trump a coûté autant pour ses déplacements personnels (non présidentiels, donc NY et surtout Mar A Lago) qu'Obama en une année (autour de 11-12 millions de dollars).... Et passé plus de temps sur les greens de golfs que le même Obama en 6 mois.
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Comme d'hab avec TYT, y'a à boire et à manger, mais celui qui cite ce passage, Ben Mankiewicz, est l'un des sérieux de la bande, et venait de passer un moment avec Sandberg.
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https://www.nytimes.com/2017/03/10/upshot/why-trump-supporters-have-the-most-to-lose-with-the-gop-repeal-bill.html Une analyse des conséquences du vote attendu sur l'ACA, en ce qui concerne l'impact sur la population, par tranches de revenus: la moitié "basse" des électeurs de Trump, sa vraie base, celle qu'il a mobilisé mieux et plus que les autres républicains, sera la plus touchée, à savoir avant tout ceux qui gagnent juste assez pour ne pas être éligibles au Medicare/Medicaid, mais pas beaucoup plus et ne peuvent donc encaisser le choc financier, perdant tout espoir d'une assurance santé. Et plus on est âgé, plus c'est le cas, ce qui est encore pire pour l'électeur moyen du Donald. Si en plus, on est rural ou de périphérie lointaine, on a le "trifecta" (zone rurale = moins de concurrence entre assureurs).
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USA - Rumeurs, controverses, polémiques & criailleries
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Je déteste les fausses équivalences, mais dans ce registre, on a deux "bulles" qui se crachent dessus sans vouloir ou pouvoir se parler, évoluant dans des réalités médiatiques différentes et fermées: les enragés des deux bords tiennent le haut du pavé dans la conversation sur les médias sociaux, et dictent le ton des non-conversations. Avec un caveat cependant: l'occupant de la Maison Blanche fait partie, pour ce qui concerne le discours public, de cette bulle, lui qui donne des accréditations à Infowars et consorts et vante Alex Jones, Rush Limbaugh et Sean Hannity comme des journalistes crédibles, et s'informe sur le show Fox Five. La bulle "liberal" est généralement plus ouverte à la réalité que celle de droite (qui a travaillé plus intensément et depuis plus longtemps sa déconnexion d'avec le réel et, pour paraphraser le commentaire d'un universitaire américain, s'estime "entitled to its own facts"), mais elle a néanmoins sa frange (conséquente) d'allumés, extrêmistes et colériques (et donc sa multitude de trolls online) qui sévit. Donc avant de s'insurger contre ces anti-Trumps, faut quand même garder à l'esprit que l'initiative, donc le stimulus fondamental entraînant le reste des réactions (pro, anti et entre les deux), est du côté de l'agent orange et de ses fans. Et de ce côté, on peut pas dire que ce soit mature, démocratique, juste, épris de vérité, rationnel.... Une enquête Pew sortie la semaine dernière mentionnait que 64% des Américains considéraient une presse libre comme quelque chose de primordial pour la société et la démocratie; quand on regardait cette opinion par alignement partisan, la proportion était de 49% chez les républicains. Quand on considère les récentes découvertes sur le sentiment démocratique (que j'ai évoquées sur le fil USA) et son évolution dans la population (par alignement partisan, par CSP, par niveau d'éducation) , ça laisse songeur et ça fait un peu flipper. -
http://www.motherjones.com/environment/2016/02/lead-exposure-gasoline-crime-increase-children-health Je remets l'article initial (il en a mis d'autres sur le sujet depuis) de Kevin Drumm dans Mother Jones (février 2016), sur quelque chose qui semble désormais l'hypothèse la plus sérieuse, ou l'une des plus sérieuses, dans l'explication de la montée de la criminalité des années 50-60 à 90, hypothèse qui a servi, avec d'autres, à battre en brèche l'explication par les changements de stratégie et méthodes de police dans les années 90, chose qui avait avant tout permis à une génération de politiciens, dont les Clintons, de favoriser la posture du "tough on crime" qui surdéveloppait la "war on drugs", la politique carcérale (et la corne d'abondance pour le privé qui en découlait) et un niveau de violence policière élevé et sur lequel était jeté un voile d'immunité complète. Enfin, battre en brèche.... Ca a ouvert le débat, en tout cas, sur cette politique qui ne produit pas vraiment les résultats attendus là où elle est pratiquée, et crée ses propres problèmes. L'hypothèse? la pollution au plomb: par l'eau courante, par le sol (pollué au plomb par divers moyen dont l'atmosphère), par la peinture, mais surtout, avant tout, par les vapeurs d'essence au plomb, dont l'évolution de la diffusion accompagne exactement, dans ses hauts et ses bas, celle de la criminalité violente. Comparaison n'est pas raison, "correlation is not causation", certes, mais le niveau de corrélation est dans ce cas extrêmement pointu, et études et expérimentation ont pu établir un parallélisme très clair se répétant dans toutes les circonstances, générales ou isolées. Et surtout, elles rejoignent l'explication physiologique de l'impact du plomb rencontré au quotidien (dans l'atmosphère, dans l'eau, dans les parois, dans les objets, dans les sols....) sur la croissance des enfants (surtout les garçons), mais aussi sur "l'humeur", les tempéraments.... QI amoindri, problèmes de sociabilité, irritabilité, agressivité, self control, attention, hyperactivité.... Tout y passe et frappe particulièrement les garçons des zones urbaines, surtout évidemment dans les coins les moins "propres", entretenus et protégés (cad dont les habitants cumulent déjà des handicaps économiques et sociaux enclins à accroître la probabilité de problèmes familiaux, scolaires et pénals). Drum souligne aussi que cette corrélation a été laissée de côté, oubliée, négligée et/ou ignorée avant tout parce que ceux qui étudient la criminalité et les manières de s'y attaquer sont avant tout, de façon plus ou moins directe, des sociologues, des gens venant des sciences humaines, donc, comme tout chercheur (et en fait tout le monde), des gens enclins à trouver des explications dans leurs champs d'expertise et à voir midi à leur porte (un flic cherche des coupables, donc chaque personne sur qui il enquête tend à être vue comme un coupable sur lequel il faut juste trouver des preuves; d'une manière générale, on a tous un instinct qui nous fait voir des conclusions en quête d'arguments, plutôt que l'inverse). Et évidemment, cette idée leur semble encore souvent exagérée et se trouve minorée (voire balayée d'un revers de main) dans les lignes d'explication possible sur le sujet, surtout sur cette fameuse vague criminelle qui embrasse tout le monde développé entre les années 60 et 90, et dont la montée puis la baisse et la disparition (les niveaux de criminalité actuels n'ont absolument rien à voir avec ceux des années 80) dans des évolutions très similaires (dans tous les pays et villes concernés) n'ont toujours aucune explication satisfaisante (la baisse a commencé avant le "tough on crime" et la "broken windows policy" à NY, dans tous les pays développés, et s'est poursuivie au même rythme partout, quelle que soit la stratégie policière en place). En revanche, l'explication par la pollution au plomb semble avoir plus de poids (ça n'exclue pas les autres facteurs -sociaux, économiques, éducatifs, géographiques, policiers....-, mais eux ont moins changé, voire ont empiré) et se trouve renforcée par les découvertes sur l'impact physiologique du plomb depuis quelques années; pour mémoire, l'usage du plomb dans l'essence a commencé à baisser sérieusement dans les années 80, et a été plus ou moins interdit un peu partout dans les années 90 (dans les pays développés). Et les expériences menées par les chercheurs étudiant le sujet produisent maintenant depuis un certain temps des résultats pointant toujours la même direction et confirmant donc la thèse. Si la chose pouvait être étudiée à encore plus grande échelle, et surtout discutée et rentrée dans les consciences, certaines politiques pourraient être utiles, surtout à un moment où les USA ont passé depuis longtemps le point où la politique ultra carcérale (surtout en partie privatisée) produit des retours décroissants, de par l'ampleur qu'elle a prise (population carcérale plus que quadruplée depuis les années 80, 20 milliards de plus dépensés par an), et génère désormais des problèmes de grande ampleur, y compris sur la criminalité et l'emploi.
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Nouvelles du front. Thème du jour: l'IRS (Internal Revenue Service: le fisc US). (Source: Center for Budget and Policy Priorities. Analyses fondées sur les parutions et rapports de l'OMB, du CBO et du Bureau of Labor Statistics) Entre 2010 et 2016, l'IRS est passé de 13,6 milliards de budget annuel (déjà très insuffisant) à 11,2. Les changements: - 17% de budget en moins - 13 000 employés en moins (-14%) dont 12 000 étaient "enforcement staff" (la partie chargée d'aller chercher le fric: enquêtes, suivi, collecte....), soit 23% de personnels en moins dans cette activité - en conséquence, on a observé la plus forte baisse de l'activité d'audit (des individus et des entreprises) depuis des décennies A comparer avec: - 9 millions de feuilles d'impôts en plus en 2016 qu'en 2010 (+7%) - Mise en place de l'ACA (et toute sa complexité) - Mise en place du Foreign Account Tax Compliance Act (dans le cadre de la lutte contre l'évasion fiscale et les paradis fiscaux) 3 indicateurs sont ainsi à la baisse epuis 2010 alors qu'ils suivaient une pente ascendante depuis la crise (et une décrue sous la présidence Bush avant cela, mais rien de comparable avec l'après 2010): - le personnel "enforcement", qui va arriver à environs 15 000 personnes - le "taux d'audit" d'entreprises, qui est passé d'environs 18% à 9,5% - le taux d'audit des gens fortunés (je n'ai pas vu quel était le critère les définissant), qui est passé de 13 à 6% Qu'est-il arrivé en 2010? Le Tea Party Le gouvernement Trump et la majorité Ryan prévoient de réduire encore le budget de l'IRS de 14,1% pour le prochain exercice, donc à compter d'octobre 2017. Gageons que la fraude et l'évasion fiscale vont devenir la norme, tout comme va disparaître le moindre effort de lutte contre les paradis fiscaux. La probabilité d'être audité est, pour un individu même riche, d'environs 0,7%: l'incitation à frauder va en être d'autant accrue. Pour une entreprise, même chose, surtout quand on compare les montants des amendes potentielles, le plus souvent ridicules au regard des gains réalisés. Et ce encore plus puisqu'aux USA, à moins d'un énorme foirage ou de quelque chose de trop flagrant pour être ignoré, personne ne va jamais en prison, et la punition est sans rapport avec le crime. En bref, c'est encore une addition au problème de revenus massif que les USA sont en train de se créer, en plus des 600 milliards de fait cédés au 0,1 percenters par la fin de l'ACA (comparaison marrante: "l'impossible" souhait de Sanders de rendre les universités publiques gratuites aurait coûté 75 milliards/an), des baisses d'impôts et de l'augmentation prévisible des dépenses militaires (sans parler de l'hypothétique trillion en infrastructures). Pour illustrer, entre 2008 et 2010, la différence entre les impôts dus et les impôts collectés était déjà d'environs 458 milliards en défaveur de l'IRS. Le manque à gagner que le nouveau gouvernement est en train de créer risque de créer des déséquilibres terribles, potentiellement vraiment dangereux.
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D'où mes remarques sur le débat en cours quand aux évaluations: d'une part, il est très difficile d'estimer le coût de travaux de cette ampleur, tout comme il y a j'imagine une polémique d'experts sur la nature des travaux à entreprendre projet par projet (réparation, reconstruction, amélioration....), même si jauger de l'état actuel des infrastructures semble plus consensuel. D'autres choses sont par ailleurs plus difficilement débattable parce qu'impliquant des expertises multi-domaines et des opinions politiques: si on prend des choses comme les systèmes de distribution d'eau ou les écoles, on amène là d'autres problématiques, comme par exemple l'opportunité de reconstruire une école délabrée (ou des canalisations) dès lors que le lieu où elle se trouve n'a pas forcément un grand avenir économique (ou pas de manière évidente). Dans un tel cas, il y aura débat (légitime par ailleurs) entre ceux qui veulent "relancer" la zone, et ceux qui veulent la passer par pertes et profits et inciter les habitants au départ pour les relocaliser dans des coins moins délabrés. De même, les entreprises privées peuvent aussi gonfler la note, aussi bien les fournisseurs/prestataires de service (surtout quand on parle de monopoles/oligopoles locaux) des travaux à prévoir, que les demandeurs de travaux (et là je pense par exemple aux parties prenantes dans les aéroports, qui peuvent souhaiter des projets grand luxe, des extensions pas forcément justifiées, voire se décharger de coûts qu'ils devraient encourir eux-mêmes); trier bon grain et ivraie dans chaque projet est ardu, débattable, et bien souvent requiert des arbitrages politiques correspondant aussi bien à des motifs pourris (grapille, socialisation d'investissements normalement imputables aux acteurs économiques....) qu'à des choix fondamentaux dans l'équation économique et sociale d'un lieu ou d'une région, voire du pays (chaque type d'infrastructure a une logique locale, régionale et nationale, et doit être pensée ainsi). C'est plus difficile que penser en simple termes de remplacement/réparation item par item. Et tout cela, c'est avant même l'évaluation financière d'un projet une fois qu'il est décidé, et celle-ci est aussi hautement débattable. Sinon, le jobs report du mois de février est paru, et entraîne le même concert moutonnier qu'on voit depuis quelques années maintenant, se contentant des données superficielles pour claironner la bonne santé économique du pays, ce que Sean Spicer a évidemment repris au compte du nouveau président via une session médiatique assez surréaliste où il ne s'est même pas caché d'ironiser sur la crédibilité du rapport en soulignant que quand Obama était président, ces résultats étaient peu crédibles, alors que maintenant que Trump l'est, ils sont paroles d'évangile, le porte parole et le press corps se marrant du commentaire, sur fond de pensées réciproquement cyniques et hostiles quand au niveau d'hypocrisie général. Un autre angle de vue sur ce jobs report: http://seekingalpha.com/article/4054156-todays-job-report-shows-madness-situation-ignore-peril Et toujours la même observation: Plus de jobs (mais avec les critères américains, ce qui veut dire qu'à partir de 2h/semaine, c'est un emploi, et que nombre de ces "nouveaux" emplois peuvent être remplis par la même personne), une très légère augmentation des revenus (caveats: peu de bons jobs, concentration de l'augmentation au sommet de la pyramide, augmentation générale inférieure à l'inflation), mais un nombre total d'heures travaillées qui change peu (beaucoup moins que le nombre de jobs, ce qui veut dire.... plus de jobs avec encore moins d'heures); est-ce de la croissance telle qu'on veut bien se la représenter?
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Sinon, le rapport annuel de la American Society of Civil Engineers est sorti, et la note globale de l'infrastructure américaine n'est pas bonne: D+. Le site du rapport: http://www.infrastructurereportcard.org/ Agréable à consulter, on peut voir l'évaluation dynamique domaine par domaine, Etat par Etat, les recommandations politiques et l'évaluation financière. En tout, l'ASCE indique que le retard accumulé dans l'entretien et les investissements est devenu tel que 4,6 trillions de dollars d'investissements (donc en plus des budgets d'entretien actuels) seraient nécessaires. Quelques exemples: - 2,8 trillions pour les routes et ponts (dont 800 milliards pour les seules autoroutes) - les systèmes de distribution en eau potable requièrent 1 trillion sur 25 ans pour maintenir le service et améliorer sa qualité jugée aujourd'hui problématique; on a déjà évoqué le sujet ici, et le cas de Flint est loin d'être isolé, et surtout loin d'être le pire, vu que des milliers de villes, des centaines de comtés, sont touchés par divers types de pollution à des niveaux dangereux pour la santé et un standard de qualité de vie minimum - les 15 000 barrages les plus usés (donc pas tous ceux qui ont besoin de remise à niveau) représentent un investissement nécessaire et urgent de 45 milliards Il y a des contestations de ces évaluations, par des organismes légitimes (donc un débat possible) et par le nouveau management des agences fédérales (quand il y en a un; sinon, ça vient direct "d'en haut", et est donc probablement sorti direct du cul de Donald), mais la facture globale minimale potentielle serait de 3 trillions quand même. Rien que les aéroports (un sujet de plainte très fréquent aux USA.... Avec les compagnies aériennes des lignes intérieures, généralement détestées) auraient besoin de 100 milliards sur 5 ans; il y a deux ans, la même organisation d'aéroports évaluaient ce besoin à 76 milliards. Les montants indiqués sont probablement inenvisageables politiquement, surtout avec le problème de revenus que la majorité républicaine vient de commencer à se créer (baisse d'impôts pour les plus riches et grandes entreprises, subventions plus ou moins déguisées à certains secteurs -pharmas, pétroliers, Wall Street....- et dépenses militaires), mais la priorité, selon l'ASCE, devrait être donnée au domaine de l'eau (eau potable, traitement des eaux usées, barrages) et aux routes. L'éducation n'est pas loin derrière dans les recommandations.
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Je trouve en effet ce genre d'angles de vue intéressants en ce qu'ils aident à montrer la réalité par rapport à l'apparence: on a l'impression que l'occident est toujours "riche" depuis 45 (et surtout depuis cette période iconique de la période réellement faste des 30 glorieuses), sans vraiment, quand on regarde de l'extérieur, "sentir" le niveau de précarisation de la société. Il y a toujours l'apparence d'un niveau de vie opulent (au global), mais depuis 40 ans, à moins de se focaliser vraiment fort sur la moitié "basse" du spectre économique, on aura du mal à voir. C'est plus sensible en regardant ainsi des données moins évidentes dans le quotidien: niveaux d'endettement moyen, capacité des jeunes à démarrer dans la vie et à s'installer (et l'âge auquel ils le font ou commencent à pouvoir le faire), niveau de recours aux "capaciteurs sociaux" publics (services collectifs dans tous les domaines où ils existent; le niveau de recours aux urgences et son évolution dans le temps est par exemple très révélateur), et privés (les banques alimentaires par exemple, où vont maintenant au moins occasionnellement des tranches de population qui, il y a 30 piges, ne s'en seraient jamais approchées autrement que pour faire des donations ou du bénévolat).... Mais on pourrait aussi mentionner la répartition de la production richesse, l'évolution de sa polarisation, le taux d'épargne par tranches de revenus, ou encore la répartition de la propriété (foncier et actifs), dont l'examen dans leur seul globalité peut donner la fausse impression qu'un pays ne fait que s'enrichir. Bref, il y a l'apparence d'un certain niveau d'opulence, qui tend néanmoins à donner cette image revue et corrigée d'une vieille famille qui a connu des jours meilleurs et cache les dégâts des eaux et la peinture moisie des murs avec les portraits d'ancêtres, des paravents et beaucoup de rideaux. Pour nos politiques, ces paravents, portraits et rideaux sont le plus souvent des indicateurs globaux tels que le PIB, le cours de la bourse et le taux de chômage, sur lesquels tant d'attention a été culturellement concentrée qu'on les prend pour infiniment plus révélateurs qu'ils ne le sont en réalité, en minimisant ou niant les autres (taux de participation au marché de l'emploi, nombre d'heures travaillées, niveaux de revenus, surtout comparés aux coûts effectifs de la vie, indice des prix vs inflation....).
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J'ai vu passer un chiffre intéressant, mais je n'ai pas de source autre qu'orale (entendu dans un segment sur TYT). C'est l'identité de l'émetteur qui m'incite à l'évoquer; il s'agit de Joseph Sandberg, un chef d'entreprise, conseiller financier et investisseur qui réussit plutôt bien (j'ai notamment fait un business plan pour une possible itération française d'un de ses succès aux USA) et est très impliqué dans des businesses éthiques, économiquement et socialement productifs. Le chiffre qu'il a évoqué avec un journaliste est que 75% de la population américaine est incapable de faire face à un choc financier de 700$ ou plus sans directement risquer beaucoup pour son mode de vie (perte de voiture, d'assurance ou de domicile, impossibilité de continuer à financer des études, obligation de prendre un job complémentaire -un de plus, dans un pays où la proportion de gens cumulant plusieurs jobs et n'arrivant pas à surnager devient la norme-....), ou de se retrouver vite dans une spirale d'endettement dont elle ne peut sortir.
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Un bon article du WaPo, d'il y a 3 ans, toujours valide après les élections, sur la réalité des tendances politiques de la population américaine. Le but de l'article est de sérieusement revoir la certitude superficielle (mais constamment martelée) qu'une population, surtout dans le contexte socio-économico-politico-culturel des sociétés actuelles, est globalement favorable à des politiques "centristes", avec des extrêmes plus ou moins développés: je trouve l'angle d'attaque excellent en ce qu'il s'en prend directement aux présupposés, plus ou moins inconscients, qu'on a en réfléchissant globalement aux tendances d'opinions, en assumant certaines choses d'emblée, avant de commencer notre réflexion. Ici, l'auteur tape justement sur cette phase préliminaire qu'on passe sans même y penser. https://www.washingtonpost.com/news/monkey-cage/wp/2014/01/22/the-real-extremists-are-american-voters-not-politicians/?utm_term=.2915fdec27cf Et un cas pratique fictif pour illustrer: L'auteur souligne l'importance de jauger des opinions de la population par item, et non globalement, précisément en raison de cette absence de "cohérence" idéologique dominante chez la plupart des gens. Et quand on s'empêche, notamment par la mathématisation des opinions, de penser ainsi (si vous êtes au plus haut de la graduation sur le thème de l'assurance santé pour tous -un point de gauche- et au plus haut sur le thème du libre accès aux armes à feu -un point de droite-, les modèles tendent à vous présenter comme modéré puisque ces deux chiffrages "s'annulent" en faisant une moyenne, alors qu'il s'agit de deux opinions jugées extrêmes, mais juste présentes chez une même personne), on peut mieux juger de l'état d'une opinion vraiment TRES mal représentée par ses élus et par le système bipartisan qui sclérose la vie politique et truste la gouvernance (via le système électoral, les blocages juridiques, et surtout la taille du pays et donc le "coût d'entrée" sur le "marché politique"; il faut de fait directement pouvoir être une grande entreprise avec toutes ses structures, réseau et sa notoriété, pour être entendu et crédible). Le compromis entre une opinion beaucoup plus diverse et aux avis beaucoup plus tranché, d'une part, et des partis/cartels, d'autre part, est au mieux bancal quand la situation générale est bonne (cad surtout quand une classe moyenne relativement à l'aise -selon des modalités diverses- constitue la majorité de la société, ou en tout cas une masse critique); quand cette situation n'est pas bonne, on a des offres "alternatives" qui essaient de forcer le passage vers le haut, et ne peuvent le faire qu'au sein des partis et structures existants, ce qui dénature l'offre politique en créant de mauvais compromis internes dus à des rapports de force trop violents et trop biaisés.... Et des incohérences idéologiques bien trop importantes pour présenter des programmes crédibles, et surtout acceptables par les bases de chaque parti (quand on édite une "ligne du parti" claire, les électeurs savent à quoi s'en tenir, et jugent plus un gouvernement -qu'ils votent ou non pour lui- en fonction de ce qu'il a ainsi annoncé). L'auteur change les paramètres de l'analyse et en conclue qu'il vaut mieux mesurer l'écart des opinions, item par item, par rapport à une position médiane sur le sujet concerné: il en retire (et l'article est de 2014!) que les Américains tendent à être plus à gauche (pas majoritaires sauf quand on parle du sujet spécifique de la taxation des hauts revenus et grandes fortunes) sur le plan fiscal que les élus DEMOCRATES, mais qu'une portion très importante (pas majoritaire) tend à être plus à droite que les républicains sur l'immigration et l'avortement.... Et que ces deux faisceaux d'opinion peuvent très bien être réunis dans les mêmes personnes (les appellerait-on "nationaux-socialistes" pour autant ?). Et il s'agit bien là d'une observation qui va à contre-pied de ce qui est généralement assumé dans les débats publics. De même que le fait que les militants et gens politiquement engagés tendent à être moins enclins à aller dans les versions les plus dures/poussées des préférences politiques sur un sujet donné, à être moins radicaux (on présuppose généralement le contraire, surtout parce qu'on ne voit presque que les militants les plus enragés, et surtout sur les questions les plus polémiques ou extrêmes, à la télé ou dans la rue). Bien sûr, cette analyse ne change rien à l'état des lieux sur l'extrêmisme des partis ou de certaines de leurs factions sur certains sujets, et encore moins au constat de déconnexion totale des élus et dirigeants de partis d'avec la population via la corruption du système par l'argent et l'influence des groupements d'intérêts dominants, surtout économiques, toutes chose qui ne font qu'accroître le fossé électeurs-élus. Le point est ici de montrer que la "majorité silencieuse" est en fait moins encline à accepter des solutions modérées et des compromis si on regarde sujet par sujet (alors que la scène politique repose par essence sur les marchandages de tapis entre sujets de gouvernance: "tu me donnes ça sur la Santé, je te donne ça sur la règlementation des banques"): l'auteur fait simplement le constat que le moindre alignement partisan, la baisse de la capacité d'adhésion et de consensus dans chaque parti (liées à la baisse de représentativité, à l'influence prioritaire de grands lobbies et aux compromissions idéologiques bancales) résulte de et entraîne l'existence et la croissance d'une population de gens simplement contradictoires (sans jugement de valeur sur le terme: c'est juste le moins mauvais pour représenter la chose), jaugeant des sujets un par un, et non pas depuis une idéologie essentielle et unique..... C'est par exemple ce qui peut beaucoup servir les élus républicains qui vont une fois de plus augmenter les dépenses militaires, tronçonner la taxation des one percenters et des grandes entreprises et faire exploser le déficit.... Et auront pour ce faire l'approbation d'une masse critique suffisante dans leur base. Aucune cohérence d'ensemble, mais une "rationalité" qu'ils peuvent vendre à leur public en parlant sujet par sujet. Dès lors que nous sommes en des temps difficiles pour une masse importante et croissante de population (= colère), que le système "vertical" d'information traditionnel est bypassé par de nouveaux médias sans filtres ou contrôles (notamment pour la fausse information, voire une désinformation organisée et intentionnelle) et que l'information est désormais divisive (on ne sait pas à qui se fier pour savoir, donc on se retranche sur le "tribal" pour savoir à qui demander), que le système politique bloqué a du mal à rester connecté même à sa base, que le temps disponible pour réfléchir à la politique est réduit pour la grande majorité des gens (surtout si on met en plus le facteur éducation dans la balance).... Cette logique présentée par l'auteur fournit une autre grille de lecture, bien utile.
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Petite actu politique: après la présentation du plan appelé à être appelé "Trumpcare" ou "Ryancare" (à ce stade, ils se battent pour refiler le nom à l'autre: personne ne veut la paternité), les passions se déchaînent, mais il semble surtout que ce plan aie peu de chances de passer (en tout cas en l'état). outre ses incohérences, insuffisances et débilités profondes, il est trop peu radical pour les conservateurs, suicidaire pour les réalistes inacceptable pour beaucoup de modérés de tous bords, et choquant de cruauté pour la gauche. Pire encore, il suscite la fureur de l'AARP (la plus grande association de retraités aux USA, politiquement très lourde, surtout à droite), ce qui est suicidaire pour le GOP, surtout en vue des midterms (où l'électorat est moins nombreux, plus vieux, plus blanc). Les signes se multiplient, et il faudra attendre la semaine prochaine pour avoir l'évaluation financière par le CBO. En attendant, un signe qui ne trompe pas, Sean Spicer et les supporters du plan au Congrès ont déjà commencé à critiquer et/ou moquer la capacité d'analyse et de prédiction du CBO, ce qui, dans le milieu washingtonien, est généralement appelé "le dernier refuge des désespérés".... Surtout étant donné que le CBO tape très rarement à côté de la plaque. Spicer s'est ainsi lancé dans une diatribe moquant le ratage du CBO quand à ses prévisions sur Obamacare avec quelques données très partielles et décontextualisées, alors que ce n'est un secret pour personne que les analyses et prévisions du CBO comme de l'OMB (son équivalent dans l'exécutif) dans ce domaine avaient en fait très bien anticipé les résultats et conséquences de l'ACA.
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Bien sûr que non. C'est impliqué dans la vidéo de présentation:
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De toute façon, je ne crois pas qu'il y ait une seule police d'assurance, même la plus chère qui soit, qui rembourse la vaseline ou son application par une tierce personne (médicalement qualifiée of course). Quoique.... Les acteurs/trices pornos et lutteurs professionnels ont-ils des assurances spécialisées? On l'a retrouvé(e): Il/elle s'est planqué(e)t en 2009.... Le voilà dans un TED talk
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Organisation de Défense Européenne ,la fin de l'OTAN
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Personnellement, et même si je n'aime pas être en désaccord avec le général Desportes (et bien sûr mon avis n'est valable qu'à hauteur de ma connaissance du sujet qui, par rapport à celle du général, est sans doute microbienne), je ne suis pas sûr que cette idée "d'OTAN sans les USA" vaille grand-chose: j'ai plutôt l'impression que dans un scénario de départ des USA, on récupèrerait une lourde administration civilo-militaire, rigide et sclérosée (et pas tout à fait gratuite), et qui aurait perdu d'un coup une bonne partie des muscles et de la volonté qui l'animent. et en plus l'essentiel de son capital militaire propre (quoique je connaisse très mal l'état des stocks appartenant collectivement à l'OTAN: les 17 AWACs....). J'ai vraiment une fixette sur la science des organisations (mémoire institutionnelle, transmissions, priorités, parasitages, dynamiques, blocages, degré d'indépendance par rapport aux autorités dont elles sont censées être des outils....), vu que c'est un sujet que j'ai abondamment étudién et qui n'a jamais cessé de me fasciner, et que je trouve essentiel dans la lecture et l'analyse historique (et du coup celles du présent et les prospectives pour l'avenir). Et dans ce domaine, l'OTAN se pose là: le monstre bureaucratique lourd, cher et lent, incroyablement procédurier et normatif, déjà en lui-même parasité, voire paralysé, par le fait que son autorité de tutelle est un ensemble de nations souveraines.... Qu'on priverait de l'actionnaire majoritaire/hegemon qui seul peut dégager une majorité en son sein, voire forcer tous les autres, et par là dégager un semblant de volonté politique, qui est le facteur dont tout le reste (dont évidemment l'action militaire proprement dite) découle? Je n'arrive pas à y voir autre chose que du gaspillage et des blocages, au nom d'un doux fantasme de "concert des nations". Si une telle chose était un concert, personne ne voudrait l'écouter. Et si on ajoute le facteur susmentionné de l'organisation en elle-même (les structures diverses, les procédures, les personnels en place, la bureaucratie, les logiques de fonctionnement....) qui ne serait ainsi que perpétuée (avec juste une nationalité ou deux -quid du Canada?- ou trois -quid de la Turquie?- en moins) dans un pur style de faire semblant de faire du neuf avec du vieux, on a pour moi une recette de l'inutile, voire du foireux. J'entends bien l'idée que garder le cadre pourrait rassurer, mais comme l'a dit Alexis, ce qui attire et rassure la plupart des pays européen (et surtout les dirigeants) dans l'OTAN, ce sont les USA, pas l'alliance en elle-même. Et surtout pas son fonctionnement ou ses structures. Comme je ne crois pas qu'un truc qu'on viderait ainsi brutalement de l'essentiel de sa substance (même si avec le temps, les autres participants pourraient y remettre de la force militaire) pourrait être vraiment réformé sainement, et comme je ne crois pas que cette structure aurait une grande influence sur le comportement des Européens entre eux (elle ne créera pas par elle-même de volonté de défense commune ou de contrainte géopolitique limitant les rivalités), je penche plus pour le nouveau départ ex nihilo. La condition dans tous les cas est que les pays eux-mêmes veuillent cette alliance de défense, parce que c'est pas la perpétuation d'un cadre otanien qui y changera quoique ce soit, dès lors que les USA sont sortis de l'équation. -
Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est vrai, mais passé une certaine taille, trouver des acheteurs en quantités suffisantes peut devenir un problème dans le contexte actuel et prévisible: la demande des pays en développement n'est plus ce qu'elle était, la Chine ne trouve pas de bulle de remplacement à ses deux dernières (celle du commerce extérieur, remplacée par celle de la construction, en cours de dégonflage.... Et laissant un endettement colossal), et les voisins européens ont été un peu pompés par le rapport de force continental et la politique européenne dominante (outre leurs propres fautes individuelles). Tout ça sniffe d'un essoufflement probable, ou en tout cas d'un plafond. Et en attendant la société allemande est devenue plus vulnérable dans sa majorité, son épargne a été plus utilisée, le soutien à la jeunesse (facilité par son plus petit nombre) a été opéré en partie par un transfert générationnel dans les familles qui le peuvent (et pas du tout pour le reste).... D'où mon point sur les risques du ressentiment et de l'instabilité qui pourrait en découler. Si on ajoute le problème de l'immigration et de sa gestion (plus des points particuliers comme la "politique" turque sur la diaspora), et de l'impact prévisible sur les revenus, surtout des plus modestes et de ce qu'il semble désormais ironique d'appeler "petites classes moyennes", on a un tableau plus difficile. -
Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Non, ça c'est juste le plus gros risque: il y en a d'autres, qui renvoient tous au niveau de stabilité d'un pays, qu'on pourrait représenter par une échelle graduée directement connectée au climat des affaires dans une telle société, mais aussi à son niveau de demande solvable, à son réservoir de main d'oeuvre qualifiée, au moral de ses consommateurs, à la motivation de ses actifs.... Tous domaines ayant non seulement une réalité à un instant T, mais surtout une évolution, et donc un horizon qu'on essaie de prédire et sur lequel les décisions économiques sont prises. Le niveau des inégalités, de l'inéquité, de la violence des rapports sociaux (et socio-professionnels), du consensus quand à l'équilibre politique fondamental et à la gouvernance.... a une réalité tangible économiquement, et des conséquences directes et indirectes majeures, bien avant qu'on en arrive au seuil pouvant remettre en question un régime et/ou l'unité du pays. S'il est vrai que l'Allemagne ne risque pas de révolution -avant tout parce que c'est un pays de vieux et que les vieux font pas la révolution-, elle fait néanmoins face à beaucoup d'autres risques pouvant mettre en danger son économie même à relativement court terme. -
Organisation de Défense Européenne ,la fin de l'OTAN
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Le principe et la conclusion sont les mêmes pour tous en somme, et connue de longue date: il vaut mieux ne pas gaspiller de temps ou d'argent dans des projets de défense européenne (organisations et structures militaires bonnes pour le blabla et les carrières d'officiers, et pas grand-chose d'autre), au mieux mutualiser certains projets industriels qui peuvent être définis (par quelques comités de veille et de pilotage au plus) entre des pays volontaires, si des économies peuvent ainsi être réalisées, et essayer tant bien que mal de maintenir une vraie posture de défense, parce que la condition sine qua non d'une défense européenne est que l'Europe unie en une entité fédérale (quelle qu'en soit la taille et le nombre de participants) se conçoive d'abord et avant tout comme un tout, ce qui veut dire une révolution culturelle non seulement chez les élites (qui devraient aussi au passage récupérer un sens de l'Etat et de la façon dont un Etat existe dans le monde.... Sans tutelle), mais aussi dans une masse critique des populations. C'est le préalable absolu: changement culturel/de vision de soi et du monde = capital politique sur lequel des décideurs eux-mêmes conscients peuvent bâtir un nouvel équilibre de gouvernement (valant pour tous les partis à un degré ou un autre) incluant les concepts d'autonomie et de puissance = existence d'une "volonté" commune durable = définition d'une stratégie fondamentale (avec ses variations selon le moment, la majorité....) = recherche des moyens de la réaliser. Et à partir de ce stade, on peut commencer à parler de la réalité potentielle d'une politique étrangère, et de là, de la forme à donner à une armée européenne. Hé bé.... Quelqu'un a une idée de comment le premier pas s'exécute? Parce que là, comme souvent, tout ce que les gouvernants européens ont fait, c'est essayer de commencer par la fin de cette équation, et en plus en la jouant petit bras. -
Ben non, puisqu'apparemment, ces pages sont consacrées à des mesures de prévention à l'encontre de ces gens, qui ne doivent bénéficier de rien de particulier, ce qui semble étrange, vu qu'il s'agit de gens dont la seule particularité est de brutalement changer de CSP et de taux d'imposition, les plaçant sur le même plan que d'autres personnes fortunées de plus longue date, et donc aux statuts et accès ou non accès aux systèmes d'aide publique et de fiscalité préférentielle déjà amplement définis. Mais il est difficile de voir un point commun entre eux et Trump: quel rapport peut-il avoir avec des gens qui "héritent" du jour au lendemain d'une fortune qu'ils n'ont en rien mérité par leur travail ? Rien à voir avec mister Trump, bien évidemment, qui est un authentique self made man: la preuve? Il le dit lui-même.
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J'ai pas lu les dites pages, juste rebondi sur l'info qui a commencé à avoir des mentions récurrentes.... Et quelques comiques qui n'ont pas pu résister (et qui pourrait?) à ce truc. J'avoue qu'à ce stade, c'est de l'info "soft"; si le fait lui-même ne semble pas contestable, je ne sais pas pour l'instant s'il y a vraiment 7 pages entières consacrées au sujet, ou si ce cas particulier des gagnants de loteries est mentionné ici et là sur 7 pages. Dans les deux cas cependant, c'est complètement stupide dès lors qu'on parle d'un document général de présentation de 66 pages sur un sujet aussi immense (centaines de millions d'assurés/assurables, systèmes privés, publics et mixtes, 19% du PIB américain, sujet devant être pensé sur des décennies....) et complexe: même une seule mention dans un nombre si réduit de pages pour un plan serait ridicule vu la micro-exception statistique que constituent les personnes concernées.
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USA - Rumeurs, controverses, polémiques & criailleries
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Pareil: on sait pas où on va, mais on y va...... Ma bonne dame.