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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Je ne sais absolument rien sur ce sujet: y'a une clôture continue sur toute la frontière entre Turquie, Grèce et Bulgarie? De la Méditerranée à la Mer Noire? Et par là j'entends non seulement du bâti en continu, mais la surveillance qui va avec. Pour les frontières maritimes, là, ça suppose des moyens de franchissement qui, pour les réfugiés présents en Turquie, nécessitent du matos qui ne peut qu'être fourni par l'Etat turc ou que celui-ci les laisse "trouver" (avec quels moyens, "mystère"); il ne peut être innocent dans le procédé, ce qui laisse aux Européens une marge de réaction et légitime et effective, pour peu qu'ils veuillent la prendre. Mais dans les deux cas, le principe demeure: on risque d'assister à des scènes de grande échelle franchement navrantes d'ici quelques temps. -
turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Pourquoi je sens qu'un de ces quatre, on va voir Grèce et Bulgarie commencer à ériger, de concert ou non, avec financements européens ou non, un mur (sans Trump), une vaste fortification matérialisant la frontière façon "Moyen Age plus"? Et que ce genre de trucs nous donnera vite des images pas ragoûtantes à la télé, du genre des foules de réfugiés pressées dans un no man's land entre fusils turcs et moëllons européens, dont personne ne veut, et dont les souffrances, voire la mort, feront l'objet de sordides engueulades politiques pour décider de qui c'est la faute (après que tout ait été fait pour que les caméras n'approchent pas). Avec une Turquie qui s'en servirait comme monnaie d'échange "live" (pendant que ça arrive). Parce que l'Europe peut être aussi niaise, humanitariste (ce qui n'est pas un mal), "ouverte", immigrationniste.... Qu'on veut, elle ne peut néanmoins se permettre d'être (surtout publiquement) baladée par ce genre de manoeuvres trop souvent; à un moment ou un autre, et surtout avec toute une partie du continent qui grogne sur ce sujet (des pays entiers, des majorités, de fortes minorités), la posture va se raidir, et un nouveau genre de dureté va devoir émerger (plus on le retarde, plus ce sera violent et cruel). En l'état, la Grèce pourrait avoir du mal en cas de nouvelle vague migratoire: si un flot massif n'est pas forcément un risque existentiel en tant que tel, les conséquences sociales et politiques, elle, promettent quelque chose de pas joyeux. Et ça, ça nous pend au nez peut-être cet été. Quid si Erdogan décide d'y ajouter sa merde? Quel dirigeant européen pourrait se permettre de ne pas commencer à agiter une volée de bois vert dans sa direction? -
??? J'ai pas botté en touche, qu'est-ce qui te prend ? Ca va se régler à l'épée, avec témoins, au Jardin du Luxembourg, ça! Difficile de dire que tout ça, ce sont les "anti-Trumps" organisés, au sens idéologique: une bonne partie de ces protestations sont purement "grassroots", et si une grande partie passe effectivement par une montée en flèche de groupes (pour l'essentiel nés depuis novembre) ainsi "venus du sol", plus souvent par commodité que par idéologie, on constate quand même qu'une bonne part de cette protestation est avant tout liée à certaines questions précises, beaucoup plus qu'à un "front unifié" aligné sur un agenda générique précis. Ainsi de certains points comme la réforme du système de santé (de loin le plus mobilisateur, qui a amené aussi nombre d'électeurs Trump), les demandes de transparence, notamment sur le sujet des liens campagne Trump-Russie et sur les impôts du Donald (plus pour savoir à qui il doit des trucs que de combien il truande), les attaques contre le Planning Familial (qui est le "système de santé bis" aux USA, servant beaucoup les plus modestes: c'est "l'objet" politique le plus populaire des USA).... Beaucoup à gauche -et c'est de bonne guerre- essaient de présenter tout ce mouvement de protestation et/ou d'activisme comme un vaste ensemble unifié qui soutient essentiellement le programme de la personne en train d'être interrogée, mais ce n'est pas le cas: c'est beaucoup plus éclaté, une vaste nébuleuse de tous horizons, même si, évidemment, il y a des tendances et groupes plus représentés et plus actifs que d'autres. Il y a surtout beaucoup de réalités locales: les organisations spontanées créées récemment, qui se font ainsi les muscles dans l'activisme "de quartier" (dans les permanences et "town hall meetings" d'élus avant tout, en saturant les lignes téléphoniques, mails et médias sociaux de ces élus, en pétitionnant, en faisant des rallyes pour mobiliser de futurs votants), ces organisations, donc, se rattachent ou non à des "méta-groupes" de plus grande échelle (comté, Etat, nationale) comme "Indivisible" (que j'avait moultement évoquée à sa création en février), mais souvent plus pour des raisons pratiques (savoir, savoir-faire et faire savoir, retex/debriefings....), tactiques (coordination pour multiplier les effets) et psychologiques (pas se sentir seul), que pour bâtir un programme unifié. Certaines le font, et c'est notamment ce qu'on voit dans la guéguerre en cours au sein du parti démocrate, mais là, ça concerne déjà nettement moins de monde (beaucoup, mais ça ne reflète plus la plus vaste réalité des protestations). Et évidemment, au sein de cette vaste activité partout aux USA, on trouvera aussi des activistes plus radicaux, plus idéologiques, qui surfent sur la tendance en pensant ou prétendant l'incarner, ou en être "l'avant-garde", et qui s'en sert comme prétexte pour essayer d'imposer leur propre agenda et leurs méthodes partout où ils le peuvent (avant tout les Universités où ces groupuscules sont les plus actifs et regroupés en permanence). Notons qu'en face, la "droite Breitbart", c'est souvent pareil: les Banonistes et d'autres (les pires: crânes rasés, cagoules blanches, croix gammées et autres sous-espèces diverses) surestiment leur importance dans la campagne électorale depuis un bail, Steve Banon ayant tout fait pour imposer cette trame narrative d'une "explosion nationaliste" massive. C'est très loin d'être le cas: si Trump doit sa victoire à des groupes ou individus bien identifiables, je dirais dans l'ordre: - Hillary Clinton et l'establishment des "corporate democrats": ils ont dégoûté suffisamment de monde et provoqué suffisamment d'abstention/de faible mobilisation pour mériter la palme - l'électorat républicain normal, mieux mobilisé et résigné au vote Trump même si beaucoup ne l'aiment pas (effet du vote tribal, très fort aux USA: on vote pour le parti, avant tout perçu pour sa réalité locale), et parmi eux, plus que tout autre groupe, les évangélistes, dont les taux de participation (plus de 80%) et de discipline (plus de 70% ont voté Trump), offrent un ressort électoral énorme, sauf si les démocrates parviennent à bouger leur monde (et tant qu'ils proposeront des candidats establishment, ça va être dur, malgré l'évolution démographique) - les afro-américains et hispaniques d'immigration récente, particulièrement sous-mobilisés en 2016 (notamment à cause de HRC)
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Il est très difficile d'essayer de déduire de grandes choses à partir de tels événements, tant les groupes impliqués dans l'histoire sont radicaux, extrêmement spécifiques idéologiquement (et peu tolérants de toute variation sur leurs thèmes), et réduits en termes d'effectifs: dans quelle mesure sont-ils représentatifs de quoi que ce soit? C'est pas tellement eux qu'il faut regarder, mais les réactions diverses et variées face à de tels événements. Dans une société, et surtout une scène politique, aussi polarisées (et aux USA, vu le système politique, ça veut vraiment dire polarisé: avec deux pôles et pas un de plus, soit une scène complètement binaire où les modérés, les nuances, les camps intermédiaires, sont étouffés, ignorés, rejetés ou écrasés), il faut trouver des moyens de regarder comment réagit la masse plus vaste des supporters, participants occasionnels, "touristes", spectateurs passifs.... D'un côté ou de l'autre. Ca réclame des moyens d'analyse importants, avec une forte capacité de recul critique sur les conclusions tirées. Une fonction dont les grands médias devraient remplir la partie la plus visible, prenant la tête de ce nécessaire mécanisme et fixant les objectifs, mais ils ne le font pas, niant ces réalités le plus souvent, minimisant ce qui les arrange, caricaturant systématiquement, faisant au mieux de fausses équivalences, et le plus souvent une prise de parti (ce qui n'est pas forcément illégitime) stéréotypée, stupide et moutonnière (ce qui est évidemment la chose condamnable). De fait, la masse de groupes qu'on classera par commodité (abusive, parce qu'il y a beaucoup de choses) sous le vocable "antifa" voit sa violence minimisée, voire carrément ignorée, sauf quand leurs black-blokeurs viennent pourrir le centre-ville de Washington un jour d'inauguration présidentielle. Et surtout, on nie toute signification à leur violence, quand on daigne en parler, en les présentant comme des radicaux allumés d'échelle groupusculaire (ce qu'ils sont) sans soutien actif et passif, ou assentiment plus ou moins prononcé par diverses couches de population, de la même façon que beaucoup se détachent de la violence islamiste en disant "ce n'est pas l'Islam donc il y a zéro problèmes dans les communautés musulmanes" (sauf évidemment ce que les méchants occidentaux leur infligent). Mais hors de l'extrême minorité de casseurs ou terroristes qui va activement au carton (effectivement d'échelle groupusculaire par rapport aux groupes humains impliqués, que l'on parle de militants violents dans les universités, des "purs" nazis dans la population allemande des années 30, ou de l'EI au Moyen Orient), on trouve divers "niveaux" de soutien, du plus ou moins actif au plus ou moins passif, dans une gradation qui, à mesure que le niveau de parti pris diminue, voit ses effectifs augmenter. Si 0,1% sont dans l'action directe/la violence, on trouvera (chiffres inventés, mais j'essaie juste d'illustrer mon propos): - 1% de radicaux/radicalisés/idéologues, plus ou moins complètement convaincus par "la cause", impliqués mais trop tapettes ou trop incapables pour aller au contact et prendre des risques importants, et/ou ayant des compétences requérant leur mise à l'écart pour un "meilleur usage" - 2-3% de soutiens actifs régulièrement impliqués: convaincus pour l'essentiel, contribuant souvent un peu, soutenant activement à l'occasion, applaudissant quand ils le peuvent - 4-10% de chearleaders occasionnels: d'accords sur la majorité des trucs, peu avides de trop s'engager ou sortir de leur quotidien, pensant beaucoup et parlant peu, contribuant à l'occasion de façon limitée - de 10 à 30% de "passifs", supporters tacites d'une partie des opinions et d'une partie des actions; plus difficile d'établir une gradation, là, vu la vaste réalité reflétée, mais c'est ce support "théorique" le plus souvent très partiel, le plus souvent par la passivité, l'absence de volonté d'opposition (parfois dégoûtée par les alternatives), qui constitue la première ligne de défense de toute mouvance radicale.... Le genre: je les aime pas, la violence c'est mal, mais il faut vraiment faire quelque chose, mais ils ont pas tort sur tout, mais y'a pire en face, mais.... Sans aller (encore) jusqu'au terrorisme, dans le cas présent de cette violence politique/politisée croissante aux USA, on voit surtout la vitesse de réaction face à ce genre d'événements: le premier réflexe est désormais de se classer au plus vite dans un camp ou l'autre, et de minimiser la violence de "son" camp une fois ce phénomène admis, même si on n'a aucune sympathie initiale pour les agités proprement dits. C'est forcément pire "en face", et il faut à partir de ce point trouver toutes les raisons pour démontrer que "l'autre" est pire (et forcément l'agresseur). C'est très dur (je m'en aperçois en l'écrivant) de vouloir faire une présentation équilibrée sans sombrer dans les fausses équivalences, et c'est pour ça que j'essaie d'éviter de renvoyer dos à dos antifa et "MAGA-ists": impossible de connaître les effectifs et niveaux d'organisation de part et d'autre, de connaître leurs réseaux de soutien et complicités, leurs relais médiatiques (grands médias, nouveaux médias et médias sociaux -cad sans "médiateur professionnel"/journaliste).... Donc la seule chose parlante est de voir comment réagit la société, ou plutôt sa scène publique et ses groupes d'opinions, à ce genre de "stimulus". Ca révèle plus, et surtout des choses qu'on peut plus aisément mesurer.
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A l'occasion: "méchants", peut-être pas exactement, mais si tu ajoutes l'étiquette "Mossad", ou plutôt "ex-Mossad" à un perso, tu as le droit d'en faire une ordure corrompue, généralement traficant d'armes ou d'autre chose, sans que la presse, la politique, diverses assoces de "défense des minorités" et le show-biz ne te tombent dessus. Mais c'est le maximum. Et ce ne sera jamais un antagoniste majeur, plutôt un "side character", un outil de narration, au plus le méchant de la semaine dans un épisode de série. Un tabou parmi d'autres, qui n'est certainement pas pensé et ordonné d'en haut (quoiqu'il ne faille vraiment pas mésestimer l'encore très haut taux de présence des juifs dans la production américaine et les staffs d'écriture) ni ne vient d'une forme de volonté organisée quelconque, mais dépend en fait de l'extrêmement faible inventivité scénaristique des studios ricains, du caractère extrêmement convenu et répétitif du métier: les codes, tropes, outils scénaristiques et convenances en tous genres sont omniprésents dans 95% de ce qui sort sur tous les écrans, président à la quasi-totalité des scénaris, écrasent tout au nom du processus hautement industrialisé et "advertiser friendly" voulu par les diffuseurs. On produit à la chaîne, et pour ça, il faut un moule général qu'on remet en question aussi peu que possible. C'est plus un truc lié à l'air du temps dans la profession qu'autre chose. Du moutonisme à grande échelle, largement encouragé par des structures de production routinière et déviant aussi peu que possible de ce qu'elles pensent être des recettes qui marchent. Et évidemment, c'est un phénomène auto-entretenu par le conservatisme de l'audience que ces productions contribuent à créer: l'essentiel des films et séries sont regardées avec l'envie de se vautrer sans réfléchir: pour ça, on veut du confort, ne surtout pas être bouleversé dans ses habitudes.... Et le 11 septembre a imposé et enkysté de cette manière toute une gamme de vues et de fausses "vérités générales", de codes acceptés: la torture marche et c'est juste une mentalité de tapette qui limite son usage, le méchant est toujours un "terroriste" (et les terroristes sont par nature basanés), les Zéropéens sont des tapettes ou, au mieux, de bons seconds inutiles.... Bref, on connaît les trucs: on les voit sans cesse dans les films et séries au point d'oublier d'en remettre beaucoup en question à force d'être gavés.
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L'avenir de la péninsule coréenne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Andromeda dans Politique etrangère / Relations internationales
Comprends pas ton post (tu confirmes ou infirmes?): c'est la MOP que tu montres là (petit-grand boum très profond), pas la MOAB (grand-grand-maousse boum pas profond). Cette dernière est signalée comme n'entrant dans aucune soute de larguage disponible dans le parc de bombardiers américains. Elle est lâchée avec un parachute depuis la rampe d'un C-130 (Combat Talon) sur laquelle on la fait glisser avec une palette. Puis les ricains devraient trouver un autre acronyme pour la MOP: le mot veut dire nettoyer, et renvoie au fait de passer la serpillère, donc un nettoyage de surface.... Pas représentatif du trait principal de l'arme. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Juste pour la note: c'est passé relativement inaperçu, mais la base d'Al Tanf, à la jonction de la Syrie, de la Jordanie et de l'Irak, reconquise l'an dernier et occupée par des forces syriennes rebelles (New Syrian Army) et des FS américaines et occasionnellement britanniques, a été attaquée samedi dernier d'une façon jugée particulièrement violente, alors que les éléments FS américains étaient en vadrouille. Précédés par une voiture-bélier bourrée d'explosifs, une trentaine de jihadistes de l'EI et un nombre indéterminé de kamikazes lancés dans la mêlée avec des vestes explosives. Les FS ricains ont rapliqué vite fait, et 3h de combat s'en sont suivies, nécessitant un appui aérien pour, en fin de compte, repousser l'attaque. Au moins 3 alliés syriens seraient morts dans l'histoire. La base n'est pas grande, mais, outre son emplacement stratégique (à l'articulation des 3 pays), constitue un important point de passage pour les rebelles syriens que les FS y entraînent. Son attaque semble néanmoins intriguer du monde étant donné que depuis quelques temps maintenant, l'EI est plutôt contraint de concentrer ses ressources plus au nord, mais aussi parce que le niveau de violence constaté, et la cible choisie (directement un emplacement occidental) semblent indiquer un changement, y compris dans les processus tactiques (un niveau "anormal" de coordination et de complexité aurait été signalé par le commandement américain). Les ISIS-iens ont approché la base déguisés en rebelles syriens; le mot semble fort: ils étaient équipés de M-16 et leurs véhicules étaient des engins rebelles capturés. La question que certains posent est maintenant de savoir si cette attaque est vraiment le signe d'un changement de posture (attaquer directement une implantation occidentale -même si partiellement), et si oui, s'il a quelque chose à voir avec la frappe de la semaine dernière, avec l'évacuation progressive de Raqqa (auquel cas le sud serait réinvesti plus lourdement par l'EI), ou encore avec le renforcement récent (et continu) du dispositif américain en Syrie. -
Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Jamais pensé à celle-là!!!! Quelque part, je m'en veux! Si jamais quelqu'un trouve qu'il y a plus de roux en Roumanie qu'ailleurs (vs l'Irlande ou l'Ecosse, ce sera dur), le bonheur serait réellement complet sur ce coup là. -
co² Economie et climat. CO2 or not CO2?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Economie et défense
Je savais pas où mettre ça: juste pour la mention, "en passant", l'année commence avec un nouvel événement de blanchissement massif des coraux de la Grande Barrière, cette fois dans leur section centrale), après une année 2016 qui avait déjà été destructrice pour le tiers nord. Les deux tiers de la barrière ont ainsi été atteints en quelques mois (seule la partie sud reste relativement peu touchée), un fait sans précédent qui réduit les chances de guérison des coraux à presque rien. La fréquence (annuelle ou pluri-annuelle désormais) et l'intensité de tels événements (et il faut 10 ans à un massif corallien pour récupérer d'un événement) semblent croître sans cesse, et pas qu'en Australie, si bien que le phénomène peut être apparenté, malgré sa faible visibilité, à un autre désastre potentiel portant d'immenses conséquences économiques et politiques, vu l'importance des populations dont la vie dépend directement ou non de l'écosystème créé par les barrières de coraux. Rappelons aussi que les blanchissements sont loin d'être la seule cause de grande échelle de baisse de la couverture corallienne: les ouragans, des formes plus directes de pollution, et certaines espèces invasives (surtout l'acanthaster pourpre, ou "couronne d'épines", une sale étoile de mer venimeuse) prélèvent un tribu très important aussi. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Assad est certes une garantie pour un tas de groupes en Syrie qui s'estiment incompatibles avec tout autre régime potentiel dans le pays (parmi les alternatives "possibles", pas les fantasmes du Département d'Etat américain), mais c'est pas pour autant que le soutien est actif, comme en témoigne avant tout l'extrême difficulté persistante du régime à trouver des volontaires pour combattre, surtout pour autre chose que de la défense milicienne locale. On va dire qu'il faut s'attacher à la différence entre "soutien" (ce qu'Assad n'a pas vraiment) et "résignation" (ce qui semble être la seule chose jouant pour Assad) face à des alternatives potentielles peu réjouissantes (le chaos ou les barbus d'une sorte ou d'une autre). "Better the devil you know" en somme. Mais c'est pas pour autant que ça se presse au portillon pour défendre ce diable bec et ongles. Ce "soutien" que tu évoques est extrêmement passif et ne peut être considéré comme tel que par la grâce des appuis extérieurs d'Assad (Russie en tête) qui maintiennent la façade en réalisant l'essentiel de l'effort de guerre et de maintien d'un Etat syrien un minimum viable dans le territoire qu'il contrôle. Ceci dit, pour les éventuels "combattants" syriens à trouver parmi les réfugiés, on peut certes s'étonner du manque d'enthousiasme à aller au carton, mais il faut avant tout considérer les priorités, les circonstances et le cadre général dans lequel un effort de guerre de ce genre pourrait être consenti et, en fait, attractif: la priorité de la majorité d'entre eux, c'est de préserver leurs familles et d'avoir quelque chose à envisager pour le futur. Si tu veux des combattants, faut leur créer une base de départ, essentiellement une zone sécurisée avec assez de soutien pour la survie et les nécessités basiques de la vie, qui autorise les hommes d'âge militaire à penser à autre chose que cette immédiateté absolue. Ca implique un "deal" de pays extérieurs offrant l'asile au famille en échange du service militaire, et/ou la constitution d'une telle zone en Syrie même et/ou juste autour, toutes choses qui impliquent des choix clairs et fermes, des moyens très conséquents, des changements politiques et un niveau d'engagement politique que personne n'a jusqu'ici consenti et que personne n'a envie de consentir (à part la Russie apparemment). Et on ne parle même pas du côté faisabilité de la chose, qui à lui seul réclamerait un sujet ("nation building en Syrie", tout un programme: moyens nécessaires, troupes, stratégies, organisation politique, contrôles de toutes sortes....) et ne semble de toute façon à l'ordre du jour de personne, si tant est que la chose soit même possible ou réellement faisable (les USA se cassant la gueule sur le sujet depuis le Vietnam). L'un des drames majeurs des réfugiés en général, et des Syriens en particulier (parce que c'est un pays plus composite que la plupart, sans réelle "nation"), est d'être fait de groupes humains absolument atomisés, sans structures, sans Etat, sans même beaucoup de référent commun ou de sentiment d'appartenance et de destin communs puissants. Et les populations privées d'Etats ne sont juste que des tas d'individus ramenés à la cellule essentielle, soi ou la famille, et guère plus. C'est à peu près le point le plus bas possibles pour "repartir à zéro" (à côté de ça, le changement de carrière à la cinquantaine, ça semble plus que frivole et superficiel, de même que la vie post divorce ruinant, ou redémarrer après avoir perdu baraque, famille et carrière). Ce qui est d'ailleurs l'une des raisons majeure pour lesquelles la religion, y compris dans ses versions les plus zélotes, offre souvent à ce moment là une planche de salut: elle offre plus qu'une aide matérielle: un cadre dans lequel redémarrer, avec une perspective (vraie ou fausse, elle est là, et donne au moins l'illusion qu'il y a un après, un objectif, des possibilités, une pérennité -supérieure à des nations extérieures faisant leur opex humanitaire pour quelques années). Et pour qui offre ça, l'enrôlement devient tout d'un coup une option envisageable. -
L'avenir de la péninsule coréenne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Andromeda dans Politique etrangère / Relations internationales
Y'a toujours nettement plus d'infos qui en sortent (et c'est pas grand-chose) que d'infos qui y rentrent (du moins quand on parle de la population; l'élite a accès à l'extérieur -ou du moins des groupes choisis), et le système du "Songbun" (la classification des citoyens selon des critères de loyauté, qui détermine le statut social) reste bien en place, omniprésent et fondamental dans l'organisation et le fonctionnement de la société. Et même si la famine des années 90 est désormais un souvenir, l'alimentation reste un problème lourd, même si elle touche principalement et disproportionnellement certaines catégories sociales mal classées dans le "Songbun" (essentiellement ceux de la catégorie la plus basse, les "hostiles"), de même que le domaine de la santé et l'accès aux soins médicaux dont beaucoup de très basiques. Et on va pas dire que c'est devenu une société interconnectée: l'Etat-parti-système garde la haute main sur toute forme de communication médiatique hors des rapports humains directs dans une petite sphère (voisinage, boulot). Pas vraiment les conditions d'un grand changement. Surtout avec le conditionnement ultra-nationaliste et messianique qui peut bien avoir toutes les fautes du monde en terme d'efficacité, mais reste le seul truc enseigné (et avec quelle persistance à travers tous les stades de la vie d'un individu) et continue à toucher une masse critique plus que largement suffisante de gens pour assurer une stabilité certaine à un régime sans alternative autre que l'inconnu. Evidemment, la seule chance pour ce système de persister reste aujourd'hui comme hier le fait de rester absolument "sous cloche" (pas de glasnost/perestroïka admissible: le stalinisme est un tout cohérent qui demande une attention totale et sans merci); si quelqu'un -et ce quelqu'un ne peut être que chinois, en fait- décidait que trop c'est trop, et qu'il fallait introduire une nouvelle variable dans l'équation, le potentiel d'écroulement pourrait effectivement être rapide. -
L'avenir de la péninsule coréenne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Andromeda dans Politique etrangère / Relations internationales
Difficile de trop attendre d'une population complètement (mais vraiment complètement) désinformée depuis plusieurs générations, sans accès à aucune forme d'information autre que celle donnée d'en haut (sauf, de façon très limitée, via des échanges plus ou moins illicites, ce qui reste très limité en ampleur, régularité, variété et niveau de détails), endoctrinée depuis l'enfance, et vivant dans la terreur et les bons vieux principes totalitaires d'atomisation de la société et des individus (n'importe qui peut être un délateur, à qui faire confiance si on n'est pas content.... Les bonnes vieilles recettes). Qu'il y ait du mécontentement et du moutonnisme d'apparence, c'est certain, mais dans les quantités requises, avec l'intensité et la persistance requises, et surtout -le point le plus capital- avec une capacité de concertation et d'organisation? Nope. La somme des mécontentements peut être immense, voire unanime, mais si ça reste au niveau individuel ou de petits groupes humains incapables de communiquer entre eux, ne sachant pas -ou à peine- que d'autres sont là, ne pouvant se coordonner, s'organiser, se hiérarchiser, développer une stratégie, faire émerger une "volonté" collective capable d'action.... Si rien de tout cela ne peut être fait, toute cette colère n'est que théorique et à mille lieues de pouvoir faire quelque chose de concret, si bien que même si une "étincelle" quelconque survenait, elle n'aurait aucun combustible sur lequel prendre. Regarde les destinées diverses des printemps arabes, pourtant dans des sociétés qui, comparativement, sont infiniment plus ouvertes et moins totalitaires que la Corée du Nord: les seules forces qui en ont retiré quelque chose, une fois la brève période de fièvre passée, ce sont les barbus de diverses sortes (ou l'armée, en réaction), tout simplement parce qu'ils étaient les seuls groupes et méta-groupes organisés, avec des structures, des moyens, une "name recognition", des leaders de tous échelons (avec de l'expérience), des savoirs-faires, une stratégie (ou au moins une ambition et des visées à son service), des relais de pouvoir et d'attention.... C'est chiant les ensembles humains géographiquement éclatés et se comptant en dizaines de millions d'individus: on ne les bouge pas comme on remue une équipe de rugby. -
Si seulement il écoutait ses briefeurs, et si, plus encore, il avait confiance en eux. De ce qu'on sait, c'est pas vraiment le cas, quoique ça peut avoir commencé à changer avec le duo Mattis-McMaster, plus Dina Powell, soutenu par un Congrès qui a une énorme marge de pouvoir sur Trump (avec l'impeachment comme arme ultime s'ils décident de commencer à se pencher sur, par exemple, tous les conflits d'intérêts en cours de la famille); et, autre rumeur persistante à Washington, le gars est rivé devant la télé après 18h et n'écoute plus personne sauf éventuellement la famille proche, cad sa fille et SuperJared, le ministre de tout.
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????? Pourquoi je lui reprocherais quelque chose?
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Wilbur Ross et Carl Icahn, présentement au gouvernement, et qui ont jadis sauvé la peau de Trump quand il était au plus bas suite à son incroyable exploit de perdre du fric massivement dans le secteur des casinos (pertes qu'il paie encore aujourd'hui avec l'essentiel de son cash flow); il faut noter cependant qu'ils avaient une particularité dans leur "association" avec Trump.... Ils étaient en position de force (et le sont toujours). Alors oui, pour eux, l'histoire s'est avérée très fructueuse depuis novembre: Icahn va sans doute obtenir, entre mille et une autres choses (notamment une fiscalité à la carte.... Qu'il aide grandement à définir actuellement), le renouvellement de licence d'exploitation pour une des plus grandes mines de cuivre (et d'argent et d'autres trucs) en Indonésie, qu'une de ses boîtes détient (mais seulement jusqu'en 2021 sauf si intervention "divine"). Et Ross est en charge de la politique commerciale et participe à tous les meetings de définition de politique économique et fiscale. On notera aussi l'association fructueuse avec Trump du financier Robert Mercer, le principal "sugar daddy" de sa campagne (et de Breitbart, qui sinon ne pourrait vivre de son audience), qui est en passe d'obtenir beaucoup de choses, comme tous les autres banquiers et traders présents au gouvernement ou liés à lui. Mais bon, c'est sûr que depuis novembre, ou au plus depuis que la campagne Trump a fait la course en tête aux primaires, y'a toute une gamme de nouveaux "associés" qui ont rejoint Trump et profitent de la chose, mais qui ne l'auraient jamais approché avant. Pour la quasi totalité de ceux qui ont fait du business avec lui avant 2016, là y'a pas grand-monde qui s'estimera satisfait. Sinon, on parle régulièrement de gerrymandering (tripatouillage des circonscriptions électorales) sur ce topic: enfin, un journaliste sérieux s'est attaqué au sujet et l'a traité avec toute la rigueur scientifique qu'on lui connaît:
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terrorisme Daesh
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Sauf qu'ils ont pas de sexe.... Ca devient long, l'éternité, du coup. En plus, le paradis chrétien, il me semble qu'on évoque souvent la béatitude comme état permanent.... Ce qui, dans ma compréhension, veut dire qu'on est libre d'en fumer de la bonne, ou d'ingérer tout autre truc qui amène un tel effet. Pis bon, si ça convainc pas, on importe des aumôniers militaires païens de Scandinavie: les nanas sont pas vierges (quoique j'ai pas de précision dessus), mais elle vienne vous chercher direct sur le champ de bataille, et vous emmènent là où on passe l'éternité à se battre la journée (sans mourrir, ou en ressuscitant sans arrêt, pas d'infos claires dessus) et à faire ripaille la nuit (la totale: alcool, bouffe et donzelles) en intégrant les troupes d'Odin (Einerjahr). Chais pas pour vous, mais ça sonne pas si mal, pour ceux qu'aiment pas la harpe ou les hallucinogènes et souhaitent se dépenser pour garder la ligne. Pfff, ça a l'air chiant et intello, la mort. En plus, si c'est vrai, tu te retrouves avec tous les enragés dogmatiques genre Golliards, Levellers, kibbutzim (après tout, c'est le même patron, donc y'a pas de raison).... A vivre en communautés les uns sur les autres, planter les patates ensembles, bouffer dans la salle commune.... Faut aller regarder sous la table sur laquelle ils s'accoudent pour voir si c'est des vrais. S'ils en ont, c'est juste des p'tits pervers faisant du cosplay. -
Perso, la psycholo-philosophie de comptoir dans GitS me laisse froid: un truc d'otakus ayant l'impression de découvrir les mystères du monde sans ouvrir un bouquin sérieux, ce qui n'est pas inintéressant pour de jeunes ados, mais devient inquiétant chez les plus de 17-18 ans. Donc quand on me parle de "profondeur" attendue dans ce genre de films, je me marre un peu: leur profondeur sonne essentiellement comme du blabla prétentieux et stérile qui n'a de mérite que quand il accompagne une bonne intrigue bien déroulée, dont il devient du coup un élément décoratif qu'on peut oublier ou apprécier sans que ça n'écrase le récit général et son rythme. Au mieux, dans un tel contexte, ça donne un style. Si ça commence à prendre trop de place et à essayer de masquer une absence d'histoire un peu conséquente et un déroulé faiblard, c'est juste lourd. Honnêtement, ce genre de grands postulats que les fanboys et pseudo-critiques balancent sur GitS, ça sonne comme ceux qui disaient que Matrix était intelligent et fondé sur Schopenhauer parce que les Wachowski l'avaient lu et prétendaient en avoir imprégné leur script. Faut être sérieux deux minutes et pas chercher à poéter plus haut que son luth en prétendant être ce qu'on n'est pas. Y'a aucune honte à faire une bonne histoire de SciFi visuelle (au contraire). Cette insistance sur "l'introspection" des personnages, c'est souvent surtout un affichage prétentieux qui les rend moins blairables, voire carrément insupportables, en plus de permettre un remplissage avec des scènes de héros silencieux et immobiles scrutant l'infini, qui n'apportent rien, créent des longueurs allant bien au-delà de ce qui est nécessaire pour alterner les tempos du récit, et l'un dans l'autre, font plus chier qu'autre chose (opinion personnelle, mais que j'ai toujours trouvée partagée). Tout le trip sur le major, c'est pas justement que c'est un personnage pas asexué, mais différemment sexué? Un cerveau de femme "martialisée", un corps androgyne/asexué, une libido active et indifférenciée, une sentimentalité atrophiée, le tout en un seul package? Elle est justement censée être, au moins pour la partie corporelle, désexualisée, ce qui concourt des tribulations psychologiques du personnage. En tout cas, c'est ainsi que je l'avais toujours pigé. Après, j'ai pas tout lu/vu; je sais qu'il faut regarder la série des Stand Alone Complex, mais j'ai jamais pris le temps.
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[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Pour les fans et connaisseurs, grande nouvelle: les gens de Netflix continuent à montrer qu'ils ont de l'ambition et recherchent un peu d'originalité.... Ils ont décidé d'adapter la série de romans de SF de Richard K Morgan Carbone Modifié! Hautement recommandée au passage. 10 épisodes ont été commandés, et le casting est plutôt conséquent pour une série télé: Joel Kinnaman (Suicide Squad, Robocop.... Oui, je sais.... Mais il a la name recognition, même s'il est trop aseptisé à mon goût pour jouer Takeshi Kovacs), James Purefoy (Rome, The Following, Hap and Leonard....) et pas mal de "grandes" figures du monde des séries télé. En espérant qu'ils gardent tout le sadisme et le cynisme des romans. -
Bon, ben pour ceux qui en attendaient quelque chose, Ghost in the Shell est en train de boire la tasse façon grand style. Beaucoup incriminent le casting et la polémique qui l'a accompagné, pour avoir créé une aura de discussions négatives autour de l'oeuvre.... Si c'est le cas, le Battle Angel Alita (Gunm) de James Cameron et Robert Rodriguez (qui pour moi est incapable de produire autre chose que de la série B -même si de haute qualité- sans ambition, souffle, perspective ou élan, et reposant uniquement sur l'accumulation de clichés), prévu pour l'an prochain, pourrait aussi avoir quelques problèmes. A moins que dans l'univers très particulier et incompréhensible du "jugement critique" à base ethnoculturelle de la "PC culture" nord américaine, le fait que l'actrice choisie soit latino permette au film d'échapper mystérieusement à ce genre de débats (cad, du moment que c'est pas une "caucasienne", c'est bon).
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Un nouveau concept économique aux USA, le "Trump slump" ("slump" indiquant une chute forte, et utilisé généralement avec une connotation d'impuissance et/ou de mollesse de l'objet/personne en chute, pour indiquer une manière particulièrement lamentable de tomber): la mauvaise image de Trump à l'étranger a un impact concret sur l'attractivité du pays à travers tout le spectre de l'industrie et de la clientèle touristique, compilant plusieurs faisceaux de démotivation. On a évidemment certains pays/régions en particulier qui semblent plus touchés par cet effet, notamment l'Amérique du Sud et le Moyen Orient (-38% de réservations), mais on peut mentionner aussi les nouvelles politiques et pratiques en matière de contrôle aux frontières (notamment les employés de la TSA dans les aéroports, qui passent de nombreuses bornes comme l'indiquent les vidéos dérangeantes qui se multiplient, comme celle sur le "palpage" d'un jeune garçon), les tracasseries en tous genres qui en découlent, de la gêne physique et de l'humiliation à la paperasserie alourdie et à l'arbitraire de nombreuses décisions, ou encore la crainte de voir une attitude plus hostile à l'égard des étrangers (notamment de la police, des interlocuteurs administratifs....), surtout de certaines ethnies/cultures, avec des noms et/ou accents "notables". Sans compter évidemment l'image tout simplement donnée par l'Amérique via le discours de sa nouvelle majorité et de son chef de file, ce qui, comme toutes les images, est évidemment en plus répété, déformé, amplifié.... Et mal reçu. La Global Business Travel Association estime par exemple que la perte sera entre 7 et 8 milliards cette année (le tourisme étranger est une industrie d'environs 200 à 250 milliards aux USA), avec 4 à 5 millions de touristes en moins, tant sur le segment vacances que sur le segment professionnel: les réservations sont en baisse, notamment -14% pour l'Europe de l'ouest, 6,5% au global. Au RU, en temps normal le plus américanophile des pays européens sur ce sujet (5 milliards de dollars annuels dans le tourisme aux USA), la baisse est marquée: 13% de recherches d'infos en moins (le flux de clicks se réoriente ailleurs), 29% des Anglais déclarent ne plus vouloir de vacances aux USA. Les recherches sur les voyages à Miami, la 2ème ville américaine la plus courue par les Angliches, par exemple, ont diminué de moitié. Par ailleurs, on peut signaler que c'est disproportionnellement dans le haut du panier que cet effet est ressenti: les gens plus aisés (donc les touristes qu'on veut le plus) tendent à être plus politiquement impliqués, plus libres de leurs choix, plus enclins à changer de destination pour des motifs intangibles.... Et putain il fait fuir les moyen-orientaux, Golfiens en tête. On notera aussi que jusqu'à l'annonce du "Travel Ban" le 27 janvier, rien de tout cela ne semblait affecter les réservations: entre l'élection et le lancement effectif de cette ligne politique, les perspectives étaient en hausse par rapport à la même période un an avant. Depuis, la baisse est continue, dans une industrie où l'augmentation (résa et CA) est traditionnellement toujours au-dessus de l'inflation. Quoique le dollar plus fort puisse compter dans l'explication, les professionnels s'accordent pour dire que l'essentiel de ce changement est du à une toute nouvelle perception des USA et de sa direction: on est là purement dans le domaine du psychologique qui a de vrais effets. Les résultats pour janvier et février sont encore bons, la quasi totalité dépendant de réservations prises avant, mais on peut déjà estimer les manques à gagner au regard de l'état des réservations prises depuis la fin janvier (j'ai vu passer un -185 millions pour la seule période du 28 janvier au 4 février, juste sur les réservations en résas pour voyages d'affaires). 45% des professionnels des voyages d'affaires européens déclarent qu'il seront moins/peu enclins à prévoir des meetings ou conventions aux USA. Il faut aussi avoir à l'esprit que, comme pour chaque pays, les USA ont déjà des éléments psychologiques jouant contre leur attractivité touristique: la violence par armes à feu, par exemple, est recensée comme un motif réel et statistiquement significatif par les professionnels du secteur, qui dissuade une proportion conséquente de voyageurs potentiels. Comme pour la question "sentiment d'insécurité vs insécurité réelle", le psychologique s'ajoute au réel (déjà inquiétant) pour produire un effet bien concret et, sinon mesurable, du moins estimable. Ben la tronche à Donald, c'est pareil (sauf qu'à mon avis, c'est pire en vrai: demandez à Melania pourquoi elle choisit de vivre à NY), et son discours aussi.
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Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Au contraire, elle a été très utile: sans aller jusqu'à porter un coup réellement dommageable ou empêchant les Russo-Syriens de continuer à opérer, elle a indiqué que l'impunité n'était pas sur la table, et que les Américains réagissaient désormais (et vite), et ce d'autant plus qu'il y a eu prise de risque vu qu'il y avait des personnels russes sur la base (dont le risque d'une bavure avec un acteur d'un autre genre). C'est juste un avertissement, qui va faire réfléchir, changer les calculs.... Ce qui a été fait avec ces missiles fut de réparer la connerie de 2013. Il s'agissait là juste de montrer que la bite est sortie, et qu'elle peut encore cracher. Maintenant, il s'agit de voir quelles seront les réactions en face: si une attaque chimique devait encore arriver, on saura comment a été pris le message, et à quel point les Russo-Syriens veulent tester le Donald. A mon avis, sans croire d'aucune manière à l'intelligence de Trump ou à l'existence d'une "stratégie" pensée chez lui, je ne conseillerais pas au camp d'en face de le tester là-dessus: caricatural ou pas, c'est un agent réagissant à l'émotionnel, à l'instinct du moment et à un calcul purement égoïste et égotiste pour son image et le court terme. Braver l'interdit chimique qui a été posé par la frappe de missiles, c'est s'exposer à un abruti qui verrait la chose comme une insulte, un défi à sa "virilité", comme si quelqu'un lui disait qu'il en a une petite (ou de petites mains). Après, oui, ils ont besoin d'en faire un show: c'est comme ça qu'on exploite une action et qu'on en fait quelque chose de plus qu'un acte ponctuel, qu'on lui donne du sens, qu'on crée un soutien pour l'approuver.... Bref, qu'on transforme l'essai et qu'on en fait un objet pleinement politique, et pas seulement un geste tactique. -
Suède
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Derniers bilans entendus: 3 ou 5 morts, grand nombre de blessés. Cela va t-il changer la conversation sur le sujet migratoire en Suède, qui était très mal mené depuis quelques années? Sans doute, et certainement pas pour le meilleur. Plus de politiquement correct, de déni et d'étouffement de la parole côté gouvernants et élite médiatique, plus d'agressivité raciste et aveugle côté "anti". Et beaucoup de monde pris entre les deux, y compris beaucoup de migrants musulmans qu'on empêche de parler parce qu'ils ne crachent pas la ligne du parti. C'est à prévoir. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
De toute façon, vaut mieux que ce genre de chose passe, quel que soit le montant fixé: faire varier les taux de pénalité est assez simple, et politiquement plus facile. Faire passer le principe (ici, de pénalités plus que symboliques) est beaucoup plus emmerdant. C'est comme se dépuceler: une fois que le sujet est sérieusement abordé et le cap franchi, on peut y revenir plus aisément. Et avec la pratique, on le fait sans même y penser. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Pour préciser le propos de mon avant-dernier post, je posais simplement la question de l'alternative à l'action américaine: quel aurait été le prix de ne rien faire alors même que tout le monde poussait déjà des cris d'orfraie (ce qui a aussi des conséquences)? A l'inverse, quel aurait été le prix de tout démolir dans une campagne de bombardement massive (dernière étape avant une implication au sol de bonne ampleur, cad une guerre ouverte avec but de conquête/changement de régime)? Là, une frappe unique, efficace dans son effet tactique limité et dans sa valeur d'avertissement, a une réelle pertinence, qu'on le veuille ou non: Assad a encore, à ce que j'ai entendu, 5 bases aériennes susceptibles de continuer sa politique de bombardement, mais aussi de servir de plates-formes pour la version chimique.... Et ces 5 bases viennent très clairement d'être publiquement mises sur une liste de cibles facilement atteignables si certaines bornes sont franchies. C'est là le sens de l'augmentation du "cost of doing business". En l'absence de volonté et/ou de capacité de changer réellement le cours du conflit, on fixe des limites, on indique qu'on est là et qu'on regarde, on se montre prêt à agir. Le seul souci est que de la part d'un tel président, on peut douter qu'il y ait quelque chose de trop pensé et soupesé derrière cette action: il est superficiel, ne pense qu'à un horizon très court, ne réfléchit qu'à l'aune de sa propre popularité et de son image, ne comprend que les "coups" à court terme (c'est un "day trader" comme ils disent là-bas), et il ne comprend rien à la situation parce qu'il ne sait rien du tout sur ces sujets, et a une faible volonté d'apprendre. De ce fait, il va s'enorgueillir du bombardement et donner dans la posture de matamore crâneur, mais il est douteux qu'il soit capable de plus.... A moins que les choses aient été prises en main par Mattis et McMaster, appuyés par l'establishment inverventionniste et "traditionnel" américain qui depuis hier soir claironne, réclame, prétend, porte la tête haute.