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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
En même temps, pouvait-il en être autrement quand on parle d'humains et de guerre? L'Histoire entière est la preuve empirique que le forum aura toujours un bon créneau. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Restons mesurés: personne n'a prétendu et ne prétendra que cette frappe était la "silver bullet" qui allait tout résoudre. Elle ne s'inscrit que dans la dialectique existant sur les armes chimiques, rien d'autre. Cette limite "éthique" aux conflits qu'on essaie (en partie fictivement) de maintenir pour imposer un cadre minimum sur lequel la plupart sont -à divers degrés- d'accords. Obama avait endommagé ce principe en annonçant une "ligne rouge" en 2013, et en ne la faisant pas respecter: on en a parlé très modérément en Europe, mais aux USA, ce point particulier revient sans arrêt dans le débat depuis. Maintenant, les républicains sont en train de dire que cette ligne rouge a été "rétablie". De fait (y'a d'ailleurs un épisode de The West Wing, précisément sur le choix entre une frappe massive ou limitée en Syrie), il s'agit, dans le cadre de cette dialectique spécifique sur le sujet des armes chimiques (et pas plus largement sur le conflit syrien en général), de la façon dont ça fonctionne: on ne se lance pas dans la gamme des actions pouvant influer décisivement et définitivement sur les choses (trop cher, trop impliquant, trop complexe, sans visibilité, et y'a pas de motivation ou d'intérêt suffisants pour ça), on se contente plus d'indiquer le "cost of doing business" sur une nouvelle base, en fixant certaines limites. Est-ce que ça va avoir des répercussions au-delà de la Syrie, dont certaines potentiellement problématiques pour les USA? Oui, certainement. Trump les a t-il mesurées? Probablement pas. Mais les USA ont ici indiqué que c'était comme ça, et qu'ils étaient prêts à jouer le jeu à ce niveau. Advienne que pourra. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Aucun, sinon que tout ce qui se passe autour aide à montrer à quel point le "récit" public fonctionne pour entuber les populations en temps réel, sur les petites choses comme les grandes (si on s'en aperçoit sur ce point de détail.... Par quoi d'autre est-on enfumé? Combien de trucs nous sont balancés à la minute au travers desquels on ne voit rien?): comment on prépare une opinion à la guerre, comment on l'asticote, comment on la fait réagir, comment on la retourne, comment on fait passer des décisions même si impopulaires (et dans le cas de tels conflits, impopulaires alors même que ça a fondamentalement peu d'importance: une implication lourde en Syrie, pour les USA, c'est beaucoup d'impopularité potentielle pour aucun bénéfice électoral, mais pas mal auprès de l'establishment et des grands lobbies).... Un peu moins gratuitement cynique, on peut dire aussi que c'est indicatif de la débilité du temps: "sarin" devient synonyme "d'arme chimique" comme "Hitler" devient synonyme de "mal" (comme on invoquait jadis le diable), voire que tout méchant (bien souvent juste quelqu'un avec qui on n'est pas d'accord) est un "nazi", dans le langage médiatique de notre époque.... En se foutant de la réalité complexe et nuancée et des détails dont le nombre et l'analyse sont pourtant fondamentaux pour une bonne compréhension (normal, vu qu'on dit que c'est là que se cache le diable/Hitler). Mais l'important, c'est ce qui fait vite passer ce qu'on pense être l'essence du message à la télé: chaque époque développe ses codes de langage (vocal, corporel, visuel, émotionnel...) informels et informulés, qui sont des armes à double tranchant: commodes et vendeurs, permettant des formules toutes faites, et largement comprises, une contraction du propos.... Elles trucident aussi bien souvent la compréhension, mais surtout permettent une instrumentalisation plus aisée du débat public par ceux qui savent en user. En plus, l'intérêt subsidiaire évoqué ici est de mieux savoir ce qui se passe: apparemment, si on suit les zexperts CSI du forum, toutes les armes chimiques ne sont pas égales devant le tribunal de Dieu et celui de la logistique: le sarin semble plus "maintenance heavy" et avoir des retombées plus compliquées à gérer que d'autres trucs, ce qui implique une chaîne logistique plus lourde et complexe en amont du larguage, donc qui exclue certains acteurs, et implique certaines temporalités, certaines formes de prises de décision, qui à leur tour sont de bons indices pour réfléchir et pointer des doigts, choisir sa stratégie, son timing.... Même sa base a commencé à s'émouvoir du sujet ces dernières semaines, au moins en partie: l'enquête sur ces liens, et le travail médiatique de longue haleine sur la chose, ont porté leurs fruits, et enclenché le cycle des découvertes et révélations qui amènent de plus en plus vite à d'autres découvertes et révélations (notamment via les gens "découverts" qui se mettent à l'ouvrir, comme Flynn ou Page). Ceci dit, faut pas confondre les gens comme PJ Watson avec la base de Trump: là, on est dans une niche très spécifique et idéologique de la droite radicale qui dit "on a gagné" depuis novembre, mais ne représente vraiment qu'un créneau très particulier et peu représentatif. Cette "droite Breitbart" n'est pas aussi influente qu'elle le pense et qu'elle essaie de le faire croire (suffit de voir les audiences des vidéos de Watson, de ses articles dans Breitbart, ou de Breitbart tout court): elle fait juste partie d'un cocktail plus vaste. Si ils avaient autant d'influence sur la "base" de Trump (qu'il ne faut surtout pas voir comme monolithique), Banon n'aurait jamais été rétrogradé comme il l'a été cette semaine. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Ben oui, mais qui va parler d'une enquête sur les liens entre la campagne Trump et la Russie, maintenant? Va y'avoir un peu de tranquillité, au moins médiatique, sur ce front, pendant quelques newscycles. Peut-être même moins d'attention parlementaire et de moyens dédiés: la guerre, ça presse, ça occupe. C'est pour ça que c'est une tapette: Kim Jong Un pourrait le faire rien qu'en regardant l'échantillon, voire même en invoquant juste les mânes de son père, ou par simple déduction. Cette puissance vient de la coiffure. N'est pas un dictateur de droit divin qui veut: y'a du métier à avoir. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Trop tard: les politiques et médias américains ont décidé que c'était du sarin, parce que c'est sans doute la seule arme chimique dont le nom est connu du grand public (ben oui: plus de vétérans de la WWI pour perpétuer des mots comme "ypérite" ou "gaz moutarde"); le marketing parle, et il parle fort. Donc c'est du "sarin", et donc Bachar est très méchant parce qu'il utilise ce truc qu'on connaît et qui est méchant sur des petits enfants. Simple, non? On a la "justice internationale" de ses stocks, dans ce registre. Et puis ça rappelle cette image d'un officier sur un Arleigh Burke regardant les missiles partir et comptant à mesure que les traînées s'accumulent "5 millions, 10 millions, 20 millions de dollars". Nous, c'est pareil, mais en plus petit.... Quoique le décompte va plus vite, vu que les nôtres coûtent plus cher à l'unité. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Il va faire quoi? Balancer 3 MdCN et 5 SCALP, et déclarer le stock épuisé et la guerre finie? -
Valérian et Laureline
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Conan le Barbare dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
C'est pas vraiment le "modèle Besson": à part Léon, il a plutôt au contraire donné dans le "girl power". Vu la vague de politiquement correct dominant les marchés audiovisuels actuels à un degré étouffant, j'aurais plutôt peur de l'inverse, à savoir d'un Valérian inepte, alors que dans l'équipe, c'est celui qui est censé savoir tout faire dans toutes les situations (ce qui aide à créer son défaut majeur d'être plus fonceur ou réactif que réfléchi: il s'adapte à toutes les merdes, mais se fout dans la merde en premier lieu), de la baston à la physique quantique en passant par la l'ingénierie spatio-temporelle et la cuisine.... Parce que rappelons que la formation de Laureline fut plus... Médiévale. La débilisation croissante de Valérian pendant une partie de la série n'a pas été pour moi sa meilleure période, ni celle du duo. -
Valérian et Laureline
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Conan le Barbare dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Dans une bonne partie des albums passé un certain stade, les auteurs ont eux-mêmes avoué qu'ils ont graduellement abêti et minimisé Valérian par rapport à Laureline: ils devaient être très en colère à l'époque par rapport aux stéréotypes de héros de leur jeunesse pour en faire une telle caricature. Ils ont fini par rééqulibrer un peu la relation, relativement récemment. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Le pire dans l'histoire est que l'importance fondamentale de tels détails techniques sera noyée et niée par le flot d'invectives mutuelles, de doigts pointés, de polémiques sans fin, de propagandes concurrentes et de bruit général autour de l'événement, ce qui est sans doute le but recherché par les parties impliquées et renvoie aux "nouvelles" façons de faire la guerre sur le front des opinions publiques (insistance sur le pluriel: on segmente les opinions qu'on vise de manière toujours plus fine pour leur envoyer les "stimuli" qu'on juge efficaces), cibles "psychologiques" pour lesquelles on peut déclencher de telles opérations qui n'ont autrement aucune utilité sur le terrain et la conduite des opérations "physiques". De fait, et malgré toute l'expertise qui pourra être ultérieurement déployée et permettra peut-être une réponse définitive (et peut-être des actions par les Etats intéressés), la polémique autour de l'événement écrase tout, et crée les réactions dans les groupes humains plus ou moins concernés, ce qui est un effet en soi, dont les conséquences sont bien réelles et peu réversibles après coup même si quelqu'un arrive avec des preuves techniques ensuite pour dire "eurêka, le coupable est le colonel Moutarde dans la cuisine avec le chandelier"; quand cela arrive, c'est trop tard. La perception l'emporte sur la raison en politique, et quand on parle d'une guerre, c'est la même chose à puissance mille, surtout quand il y a peu de cadres, de structures, d'organisation de protocoles et processus imposés (tels que dans un contexte étatique). L'immédiateté écrase tout. On posait ainsi la question de "à qui profite le crime", on devrait aussi pointer "quel est l'effet (ou quels sont les effets) concrets obtenus" pour pouvoir mieux y répondre. A moins bien sûr qu'il ne s'agisse, et c'est l'autre famille d'explications possibles, d'un merdage, d'un cafouillage, ou d'une saleté haineuse sans réel objectif réfléchi. Bref, 2 groupes d'explication autour d'un angle de réflexion unique: est-ce rationnel, ou non? Si c'est non, les explications techniques que tu sembles avancer indiquent qu'il ne peut s'agir d'un "accident" à moins que quelqu'un ait stocké des armes prêtes à l'emploi, ce qui semble implausible et/ou carrément con, ce qui ne laisse que la possibilité d'un acte haineux sans réel objectif opérationnel ou "stratégique" (/psychologique). Si c'est "oui", soit ce pourquoi on semble ici essayer de se triturer la cervelle, il va falloir parvenir à déterminer quels sont les résultats plus ou moins concrets obtenus par de tels actes, ce par quoi on pourrait déterminer à qui ils profitent, soit par les effets eux-mêmes, soit par qui ces effets semblent incriminer (laissant ouverte la possibilité d'une "false flag operation"). il semble cependant pour l'instant que l'arme déployée l'ait été par avion, ce qui ne laisse qu'un seul coupable en lice (et pas de possibilité de false flag par Daesh, Al Nosra -ou quel que soit leur nouveau nom-, un groupe rebelle quelconque. ou les Kurdes). -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est tarabiscoté, je sais, mais à ce stade où on manque d'infos concrètes, c'est encore plausible, tout comme l'hypothèse d'un authentique merdage (bombe qui tombe sur un dépôt dont on peut trouver cependant l'emplacement fort opportun). Par ailleurs, les médias américains commencent à s'intéresser au "build up" silencieux des forces américaines depuis l'élection de Trump: des parlementaires s'insurgent de l'opacité du procédé (ce qui est aussi hypocrite de la part du Congrès qui s'est depuis 2011 lavé de toute responsabilité, répandu en critiques gratuites, et farouchement abstenu de proposer des trucs concrets et surtout de voter sur quoi que ce soit), et il semble bien que les renforts envoyés en Syrie par la nouvelle administration soient assez conséquents. Pour un Trump qui a envoyé des signaux contradictoires sur le sujet depuis un bout de temps, il semble que la direction soit cependant choisie: quelques centaines d'hommes supplémentaires (peu d'indications sur la composition) qui arrivent en flux lents, mais continus, sans plafond fixé qui soit connu. Rien ne semble classifié sur le sujet, c'est juste que la présidence n'en parle pas, moins sans doute pour "créer la surprise" (parce qu'il est douteux que sur place, ça passe inaperçu) que pour éviter des contestations à Washington, ou en tout cas les reporter à plus tard. Ce qui heurte la mentalité américaine portée sur la transparence quand on parle de troupes déployées outre-mer dans des zones de conflit. -
Guerre civile en Syrie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de maminowski dans Politique etrangère / Relations internationales
Envie de tester la réaction américaine (et avec elle celle des occidentaux suiveurs), pour démontrer/re-démontrer leur impotence face à ce genre d'événement "hors cadre" et les décrédibiliser vis-à-vis de leurs alliés locaux? Parce que la question "à qui profite le crime" n'est pas suffisante: à qui profite le crime si on sait qui l'a commis, ou si on ne le sait pas? -
Arabie saoudite, le pays et son influence internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Je n'ai pas vu s'il y avait un sujet spécifique au Koweit, mais en l'occurrence, l'histoire pourrait arriver (et arrive bien souvent) en AS ou aux Emirats, dont le "modèle social" est identique: la vidéo est devenue virale ces derniers jours, et l'histoire a peut-être une chance d'être autre chose qu'un fait divers perdu dans la masse. Une migrante éthiopienne est, dans cette vidéo, filmée en train de se retenir d'une main à la rambarde du balcon de ses employeurs koweitiens (du mauvais côté évidemment), implorant qu'on l'aide. Sa patronne continue à filmer plutôt que l'aider, pour, dira t-elle plus tard, qu'on ne l'accuse pas d'avoir essayé de tuer cette femme (je ne sais pas s'il y a assez de facepalms sur la planète pour réagir à cela. En tout cas, j'ai pas assez de mains). La servante finit par tomber (l'image est glaçante; juste une main et un tronc qu'on voit lâcher et disparaître de l'image en un instant) de ce balcon situé au 7ème étage d'un immeuble, et survit miraculeusement sans blessure trop sérieuse. La patronne prétend que sa bonne était suicidaire, tandis que celle-ci, interrogée à l'hôpital, nie farouchement et affirme que sa patronne l'avait enfermée dans une salle de bain et s'apprêtait à la tuer et à faire disparaître son corps. L'histoire pourrait n'être qu'une anecdote, un tragique fait divers, si dans les pays pétroliers du Golfe, un nombre très élevé de tels personnels de maison ne disparaissait pas chaque année, avec leur mort/disparition presque systématiquement qualifiée de "suicide", le plus souvent utilisé pour couvrir des sévices et meurtres sur des migrants littéralement asservis, enfermés à l'année dans des domiciles privés et surexploités, sans aucun droit et peu/pas payés.... Ce qui doit effectivement aussi en conduire un certain nombre au suicide (voir aussi la "méthode" de ces pays pour lutter contre la mendicité.... C'est grand le désert, et on n'y retrouve jamais rien). D'un autre côté, comment s'étonner de telles choses face à des pays dont le modèle social et économique repose sur le pétrole et un esclavage (de fait) massif de la majorité de ceux qui y vivent (et n'ont pas la nationalité)? Si on y ajoute le rôle d'une version extrême de la religion et de son clergé (surtout en AS, moins chez les autres), on a un portrait général, et soit dit en passant une bien meilleure évaluation que son cours en dollars, de l'importance du pétrole à nos yeux: on la ferme sur absolument TOUT pour cette saleté noirâtre. J'adorerais retrouver un groupe d'articles que j'avais lu il y a quelques années sur la réalité de ces populations de migrants (qui forment jusqu'aux 3/4 de la population dans les Emirats) qui sont de fait des esclaves modernes, sans options chez eux et attirés par de fausses promesses et des méthodes abusives, que les journalistes ont du mal à faire parler mais qui baissent parfois la garde pour décrire un système de terreur, d'abus et de contrainte permanents. Pareil côté golfiens où, quand un journaliste arrive à pousser un peu son interlocuteur, derrière la posture pseudo occidentalisée, faussement séculaire et moderne, on peut voire poindre une version plus crue et réelle même chez les plus "progressistes", qui se résume généralement par "c'est ça ou vous avez les islamistes". -
Oh putain! Le monde est foutu, avec ce coup là! Brace for impact!
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Valérian et Laureline
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Conan le Barbare dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Daube ou pas, Lucy a eu un énorme succès, donc si vous craignez que Besson soit persuadé d'avoir les bonnes recettes.... Vous avez raison. Personnellement, je ne trouve pas que Lucy soit une bouse, juste qu'il a gaspillé le film en créant un personnage non seulement omnipotent ou presque, mais surtout RAPIDEMENT omnipotent ou presque dans le récit. Ca enlève l'essentiel de la tension qu'on veut voir créée, et ça enlève à peu près tout potentiel pour l'action. Maintenant, Lucy a coûté 40 millions plus le marketing, Valérian coûtera 180 millions plus le marketing (sur un truc comme ça, c'est 50 à 100% du budget prod, donc un investissement total pouvant aller jusqu'à 360 millions): pas du tout la même gamme de risque, donc une toute autre façon de concevoir le film et de le produire, avec beaucoup plus de monde respirant dans votre dos, plus de comptes à rendre, plus de choses en jeu, plus d'incitation à la jouer prudente dans un nombre donné de séquences, moins de liberté de choix et d'action (Besson pèse nettement moins dans la prod, s'impose moins, reçoit moins de chèques en blanc), plus de contraintes pour se conformer aux divers marchés visés (Chine et US en particulier) parce qu'on dépend beaucoup plus d'eux.... Bref, faut pas s'attendre à une grande originalité ou à des choix audacieux. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
La place financière d'Amsterdam, ses pratiques et sa "discrétion". -
C'est plutôt Horace qui disait ça. Caton (du moins si on parle du jeune, Caton d'Utique, pas de l'ancien qui voulait tout le temps détruire Carthage), lui, semble avoir préféré agir plutôt que pérorer sur le sujet: de ce qu'on sait de lui, il la "jeanclaudait" sévère: il bibinait comme un enfoiré. Ben sa lucidité semble justement être le problème. De ce que j'entends de Bruxelles, les seuls "pro" sont ceux qui bossent pour lui, et les "anti" sont ceux qui doivent bosser avec ce qu'il a produit: ce qui semble être constaté depuis qu'il est en place, c'est une propension accélérée à la constitution de baronnies et clans administratifs dont le seul but est de s'étendre sans produire quoique ce soit, sinon de la féodalité bureaucratique avec le motto "le pouvoir pour le pouvoir": placer les copains et fidèles, contrôler tout ce qui se fait et dit, créer une atmosphère de "eux vs nous" ("nous" étant les affiliés de ce monsieur), mettre la main sur tous les budgets, rogner toutes les prérogatives, grandes et petites, qu'on peut.... Le tout sans réelle direction autre que grapiller toujours plus, avec pour effet de tout politiser (et au sens le plus mesquin possible du terme, ce qui n'est pas peu dire) et de mettre tous les échelons, tous les services, tous les individus en compétition (ce qui est déjà assez palpable en temps normal, mais ici exacerbé) au point de l'inefficacité, de la paralysie mutuellement infligée, de la paranoïa permanente, de la paperassisation d'un système déjà paperassier (tant de culs à couvrir, tant de responsabilités à refiler à d'autres, de doigts accusateurs à dévier sur d'autres.... Ce qu'on appellera "délégation" pour la caméra).... Et dans cette atmosphère de division totale, ce monsieur peut mieux régner. Quelques-uns de mes interlocuteurs, pour la note, sont des hauts fonctionnaires (dont un vraiment très haut) ayant passé l'âge des ambitions suprêmes et ayant 10 à 20 ans de "maison" (voire plus pour l'un): ils voient la différence, et aucun ne voit "d'efficacité" dans la méthode de ce dircab. Je sais pas pourquoi je n'arrête pas de penser à lui comme autrichien... C'est vraiment loin d'être la première fois que je fais cette erreur, et sans doute pas la dernière, comme si c'était mon mode par défaut quand le sujet vient sur lui. Pourtant je n'assigne pas d'autoritarisme particulier aux Autrichiens, malgré le moustachu excité. L'autoritarisme, justement, je l'assignerais préférentiellement à l'Allemagne, avec des images de messieurs à fortes moustaches cirées, grandes bottes, rouflaquettes exubérantes et casques astiqués (plus une ou deux cicatrices sur les joues).
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Etant donné que la rumeur à Bruxelles indique avec un niveau élevé de certitude qu'il est beurré qu'il n'est plus totalement en possession de ses moyens dès l'heure du déjeuner, il devient pertinent de demander à quelle heure de la journée la citation a t-elle été recueillie. Bruxelles est bien plus dirigée par son dircab et les grands lobbies, un autrichien ambitieux et égotiste qui se fout complètement de la gouvernance et n'est obsédé que par le pouvoir personnel qu'il peut rassembler dans la baronnie administrative qu'il s'est taillée, et la suite cultiste qu'il s'est constituée. J'ai pas mal d'échos d'individus atterrés par l'évolution récente de la très haute administration de la Commission: y'avait déjà de l'alarmisme sous Barroso, mais depuis que Juncker a amené ce gars, j'entends plutôt des bruits oscillant entre panique mal déguisée et cynisme grinçant. Et ce sont ces gens là qui vont être aux commandes des négociations avec les Brexiteurs et Trump; c'est triste à dire, mais en cette occurrence, heureusement qu'il y a les gouvernements nationaux, aussi pourris et divisés soient-ils. Espérons que ce postulat de la démocratie et du pluralisme a un fond de vérité: les médiocrités rassemblées produisent du positif, les pouvoirs divisés et en compétition produisent de la liberté et à l'occasion de bons résultats. Bon, en tout cas ce postulat ne semble pour l'instant pas destiné à se vérifier avec un Trump qui a l'air d'avoir du mal à comprendre comment et pourquoi les pouvoirs sont divisés aux USA. Moi, je vous dit que les PDG et businessmen en tous genres à la tête des Etats, c'est la version XXIème siècle des généraux et occasionnels colonels (voire ici et là un ex-sergent, avec ou sans diamants) prenant le pouvoir: on croit que c'est une bonne idée, généralement quand la situation est merdique, pour s'apercevoir que le produit est culturellement vicié et en essence inadapté à la tâche, surtout si on parle d'une démocratie.
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La seule notoriété que Padilla, leader du mouvement, a commencé à amasser sur le sujet, ce sont ses liens étrangement étroits avec la Russie, qui a financé son projet de A à Z quand.... Il vivait à Moscou. Où il a toujours des locaux, offerts par l'Etat.
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[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
A un moment ou un autre, et au RU semble t-il plus vite que dans le reste de l'UE du fait du Brexit, les pays développés (occidentaux mais pas que) vont se retrouver confrontés à ce problème d'un débat sur l'immigration telle qu'elle se pratique depuis quelques années/décennies, ses raisons et ses conséquences: d'un appoint de main d'oeuvre, on est passé à une massification du phénomène pour jouer à "corriger" la démographie, mais surtout pour aider à éviter l'inflation salariale, y compris dans des secteurs qualifiés (voire la politique de certains types de visas aux USA), le tout au mépris de la cohésion sociale et, potentiellement, de la stabilité des ensembles humains concernés dont déjà, dans les meilleures périodes, l'équilibre intérieur reste somme toute fragile, fait de compromis bancals qui se perpétuent en grande partie par l'inertie acquise et des conditions plus ou moins favorables. Une telle politique d'immigration a aussi comme conséquence de rendre moins immédiatement prioritaire d'investir dans sa propre population (et de taxer en conséquence), qu'il s'agisse d'éducation, de solidarité ou de mise en valeur du territoire (hors des nécessités économiques les plus directes), allégeant de ce fait le poids politique de telles questions par rapport à d'autres. La chose reste bien évidemment différenciée selon les zones du continent, le niveau d'homogénéité culturelle et de cohésion sociale, la proportion de populations migrantes, l'attractivité.... Mais on voit même ces tensions commencer à poindre dans les pays nordiques. Les Brits ont peut-être au moins partiellement changé cette équation: s'ils se tiennent à leurs choix sur le sujet, et si le poids politique derrière ces motivations reste conséquent (pas évident: on a vu que les forces du Brexit sont très disparates, en grande partie peu/mal organisées, surtout pour la durée), on verra peut-être une politique économique se réorientant un peu plus sur l'investissement dans la population britannique: confrontés aux mêmes tendances démographiques lourdes et en plus à un urgent défi économique et commercial, le pays, s'il se renforce dans sa volonté de sévèrement limiter l'immigration, va bien devoir trouver des marges de manoeuvre côté main d'oeuvre, et développer la version domestique à défaut d'importer des produits déjà tout préparés (des moins qualifiés aux plus qualifiés). Si la politique industrielle volontariste affichée par May est autre chose que du vent, il va bien falloir l'alimenter en corps à 37°c qui soient adaptés aux tâches requises, et en nombre suffisant pour pas commencer à voir des coûts salariaux prohibitifs. -
USA - Rumeurs, controverses, polémiques & criailleries
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, là on en est au stade où c'est devenu plus qu'une criaillerie ou la trumperie de la semaine. C'est en train de devenir du scandale Watergate-like, ou au moins Iran-Contra-like. -
Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Ouais, c'est Khrouchtchev qui a lancé le truc, en essayant de faire avec la mer d'Aral ce que les USA ont fait en Californie.... Sur le plan écologique, c'est encore pire que ce que les ricains ont fait en Californie. Au moins eux ne font "que" gaspiller de l'eau (à une échelle invraisemblable) et vider leurs nappes phréatiques pour cultiver des masses de trucs à un endroit où ils ne devraient jamais être cultivés. -
Le type lui-même a la réputation d'être très moyennement équilibré.... Mais en l'occurrence, "unfair prosecution", ça doit surtout vouloir dire "je veux pas être le bouc émissaire dans cette histoire". Pour la note, on signalera que "l'immunité" dans ce genre d'affaire, c'est pas comme dans les séries, une sorte de champ de force rendant imperméable à tout: John Dean, l'un des protagonistes du Watergate et occupant à ce moment les fonctions de White House counsel (le conseiller juridique de la présidence), en est venu à conclure un deal de ce genre avec les enquêteurs parce qu'au fur et à mesure que l'histoire se déroulait et que l'équipe Nixon (dont Dean, voire avec lui à la tête de l'effort selon Haldeman, alors "chief of staff" de Nixon) organisait sa défense et le "cover up" de l'affaire (notamment par la destruction de preuves), il s'était aperçu qu'il était discrètement mis en avant pour devenir le bouc émissaire sinon unique, du moins principal. L'immunité totale n'existe pas dans ce genre d'affaire: malgré l'immunité votée par la commission d'enquête, Dean fut quand même condamné à une peine réduite et perdit sa licence de droit. On vit les mêmes choses dans l'affaire Iran-Contra. L'immunité n'est souvent que partielle.
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Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Je crois qu'on sera tous d'accord sur le forum pour dire qu'ici, on préfère tous les odieux connards aux immenses. -
[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
J'ai quelques anecdotes que j'ai trouvé révélatrices, de la part de quelques connaissances vivant à Londres depuis un bail: l'un, notamment, cherchait à acheter (enfin, de la façon dont on peut acheter un logement à Londres) un grand appart. Il s'est soudain vu démarché par des "marchands de biens" (on va utiliser cette formule) pour des logements de prestige qui, jusqu'ici, étaient clairement des trucs vendus par lots à des grandes fortunes comme investissement (pas destinés à être occupés), soient des apparts dans des "immeubles fantômes". Londres est une de ces grandes villes où la proportion de tels locaux (habitation ou bureaux) restant vides à l'année est la plus élevée (ça peut aller jusqu'à 20% ou plus du parc immobilier, à Londres, NY, Miami, Singapour....), afin que puissent se constituer ces réserves de valeur qui vivent d'une bulle immobilière permanente (vu que la masse de ces trucs est, à l'échelle mondiale, bien plus vaste que le pool potentiel de loueurs/acheteurs) et impactent en mal l'économie et la vie des cités où elles se constituent (vu l'échelle du phénomène de nos jours). Le copain en question était étonné, mais au final pas tant que ça: quand ce genre de logement commence à être mis en vente au détail ou à la location, c'est que l'investisseur se barre. Plus étonnant encore, de ce qu'il a récolté comme info, il n'y a pas de preneur. Lui est dans la gamme de ceux qui gagnent 600 à 700 000 sterlings par an, ce qui est beaucoup, mais dans le contexte britannique, le place dans une catégorie néanmoins pas si à l'aise que ça (relativement parlant évidemment); 50% d'impôts (sans compter la taxation locale), un coût de la vie très élevé, un loyer londonien (bref, monstrueux), et à quelque distance du niveau de revenus vraiment élevés qui permet (dans les faits encore plus que dans le droit) d'échapper à tout. Il observe ce qui se passe dans sa CSP, et voit le même genre d'attentisme et de préparations à des plans B: personne n'achète de logement ou ne déménage, les affiches "à louer" connaissent une véritable explosion dans les beaux quartiers et quartiers en développement/gentrification (un fait sans doute pas aidé par la récente modification de taxation sur les petits propriétaires louant quelques logements, une classe à part entière en Angleterre jusqu'à l'an dernier), les entreprises n'investissent pas, ne recrutent pas et commencent à regarder ailleurs.... Lui est trader spécialisé sur les marchés asiatiques, et sa femme est aussi dans la finance liée à la même zone (elle en vient): pour l'instant, ça n'a jamais autant carburé pour lui, mais il sait que c'est pas pour longtemps, et leur plan B, c'est Hong Kong plus que le continent européen (ce qui ne réjouit pas madame), et c'est un plan B qui ne leur apportera aucune augmentation de niveau de vie. A côté de lui, il voit le même genre de situations: le déplacement comme seule option probable, sans gains à en attendre, sinon la seule opportunité de continuer "comme avant", autant que faire se peut. L'impression générale de ce petit échantillon humain qui a néanmoins vue sur la partie la plus opportuniste, réactive et mobile de la société britannique, c'est que personne ne croit aux opportunités en Angleterre. Vrai ou pas vrai, ou dans quelle mesure c'est vrai ou pas vrai, c'est une autre chose: mais en terme de perception et d'impression du moment, ça semble être le climat dominant. -
Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Pfff, t'es qu'un instrument de l'establishment de la nomenklatura, qui se repose sur les sondages et les médias des institutions et la pourriture des élites: que des fake news! Very sad, Alexis, very sad. Navalny est soutenu par la majorité des Russes, et il va foutre tous les Mexicains et musulmans Ukrainiens et tatars dehors, puis construire un vaste mur de la frontière biélorusse jusqu'à Vladivostok... Et évidemment dire merde à la Chine qui vole les emplois et les contrats russes à coups de très mauvais deals conclus par Poutine, qui est clairement "low energy". C'est vrai, quoi, depuis quand tu te mets à croire les sondages, toi ? L'un des problèmes est que le système actuel ne recherche pas le "moyen long terme": une élite ploutocratique sans opposition a tendance à chercher la perpétuation de sa situation par tous les moyens en se foutant des conséquences. Ils sont là pour leur pomme, et éventuellement (pour certains) pour le "frisson" du "grand jeu" (politique, géopolitique) et le sentiment d'être dans la cour des grands (voire de "faire l"Histoire"), et rien d'autre. Sans compter le fait que beaucoup, sinon la majorité, des gens "qui comptent" viennent d'une forme de pensée très particulière, le milieu du renseignement, qui plus est de l'appareil de sécurité soviétique; les paranoïaques professionnels moulés dans leurs tendres années n'ont pas tendance à développer des conceptions très saines du pouvoir et des moyens de sa stabilité de long terme. Ils pensent aux occasions dont il faut profiter, et à parer à ce qui leur semble le plus pressé, sans s'embarrasser de soupeser avantages et inconvénients de leurs méthodes. Poutine a paraît-il eu une peur de tous les diables lors des manifs massives de 2011-2012 et a très mal pris le fait d'être de facto en ballottage et mis en face publiquement de la grande fragilité de son pouvoir et de son image; sa réaction depuis est à l'image de la violence de cette réalisation. Après, une opposition russe crédible, qui n'a déjà que peu de chances d'apparaître et de se développer, ne sera effectivement certainement pas du genre "libéral" occidental, ce que Navalny, quelles que soient ses vraies opinions personnelles (au sujet desquelles il est relativement inutile de spéculer: on sait queud'chi), sait très bien, et sait d'autant mieux en ces temps de crise économique prolongée, d'isolement par l'occident, de sentiment de forteresse assiégée et de nationalisme restant "chaud" via les succès ponctuels (les réels et les proclamés) emportés côté Ukraine: on évite le concept de "démocratie libérale" décrédibilisé depuis les années 90, on s'affirme nationaliste, et on tape ce qui met immédiatement tout le monde en colère. Il n'y a pas d'autre créneau de marché viable de toute façon.