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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Traditions et modernité dans l'armée de Terre, les nouveautés .
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Europe
C'est la photo qui fait ça, ou il est vraiment plus fuschia que rouge/amarante? Attention les filles, ça c'est un look qui crache ! -
Encore un coup du shériff David Clarke, espèce de taré ultra-conservateur et m'as-tu-vu (aux frais de la princesse, en l'occurrence son comté) responsable de plusieurs décès dans sa prison, dont un nouveau-né.
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Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Hé, t'es dur: on se constitue des stocks de pièces détachées (pour le parc qui fonctionne effectivement) comme on peut! Sérieusement, j'ai du mal à vraiment comprendre cette "nouvelle ambition" allemande, en germe depuis l'affaire ukrainienne et les attentats de 2015, et discutée ouvertement depuis les "remontrances" de Trump: tout ce que je vois de concret est une affirmation à voix haute à base de "il nous faut plus de troupes et de matériel", "il faut jouer un plus grand rôle", "il faut un rôle militaire qui corresponde à la place économique", et pas grand-chose d'autre. Certainement pas une "vision" stratégique, un objectif particulier auquel correspondrait ce dispositif tel qu'il semble visé. Des divisions lourdes et visiblement faites pour être statiques, des forces projetables plus limitées, mais dans le même temps un développement naval purement quantitatif (y compris des ravitailleurs) dont on a du mal à piger la raison ou la cohérence. Et je réinsisterai sur l'élément démographique et humain pour les Allemands: un faible tropisme pour la chose militaire, une faible attractivité des forces armées (et pas que par les éléments genre revenus et conditions de vie et de travail: moral, prestige, niveau de challenge.... Comptent aussi beaucoup) et un réservoir effectif pas si vaste si on tient compte des gens qui peuvent ET veulent (ou pourraient vouloir) s'engager. Outre les problèmes des sociétés développées et pacifiées (santé, niveau de forme physique, niveau de popularité des "valeurs martiales" dans l'imaginaire moyen....), éloignées de toute menace suffisamment pressante pour être ressentie par la population, il y a aussi un cas particulier dans une Allemagne qui a sérieusement démilitarisé les mentalités depuis plusieurs générations, de même qu'un problème démographique allemand plus pressant que la moyenne d'autres pays comparables (sauf l'Italie). -
Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
2 possibilités, non mutuellement exclusives (au contraire): - à acheter allemand - à se poser en garant de l'Europe centrale et de l'Est pour y maintenir son influence (surtout avec une Pologne qui a monté les enchères via son propre crescendo militaire) Mais ce "build up" allemand pourrait rencontrer des problèmes: outre que, pour l'instant, il s'agit d'un voeu pieux et qu'il n'est pas encore dit que les gigantesques sommes d'argent nécessaires seront débloquées, surtout de manière structurelle, ils vont avoir un problème démographique et de niveau de popularité de la carrière militaire, et ce encore plus dans le contexte d'une armée visiblement plus destinée à faire le pied de grue en regardant vers l'est: les armées de pays en paix et loin de toute menace perceptible attirent peu, celles qui ne foutent rien et ne bougent jamais ou presque encore moins. 3 divisions blindées lourdes comme objectif est un cap surmontable, mais vu les problèmes que l'Allemagne a eu côté recrutement, fidélisation, conditions de travail, motivation, niveau de forme moyen.... Ca va réclamer beaucoup plus que faire grimper la facture chez Rheinmetall. -
Il y a de ça, mais j'essaie de décrire un peu plus que ça: les intérêts des fabricants d'armements sont clairement une puissante et constante motivation pour imposer cette façon de penser à tous les étages, du plus haut niveau politique aux écoles de formation et centres d'élaboration de doctrine, en passant évidemment par les hautes instances du Pentagone et le corps des officiers généraux, qui est littéralement acheté, préempté bien avant de quitter l'institution au points qu'on caricature souvent désormais le parcours d'un officier en le présentant comme une longue préparation pour un emploi chez un industriel de l'armement (ou dans une boîte de lobbying pour l'armement), dès l'école militaire. Ce qui est très loin d'être purement caricatural, étant donné les échos qu'on entend, par exemple, sur la mentalité moyenne qu'on trouve désormais à West Point, plus carriériste qu'avant, et pas juste au sens d'un carriérisme militaire (un phénomène déjà problématique). Il y a dans l'ensemble une incitation gigantesque, permanente et omniprésente à tous les niveaux pour penser avant tout en termes d'argent et de moyens jetés sur chaque nouveau problème (réel ou présenté comme tel) isolément (et pour tout faire pour segmenter tout obstacle en multiples problèmes à traiter de façon séparée.... Ca rapporte plus si chaque truc devient un projet à gérer, et s'il y a beaucoup de projets), aux dépends de toute autre façon d'analyser. Non, j'essaie aussi de souligner que "de l'autre côté", chez les militaires, existe aussi à la base une mentalité très prompte à envisager la guerre sous cet angle purement mécaniste, réducteur de tout et son contraire au pur domaine tactico-technique le plus basique: c'est décrit moultement par nombre de spécialiste, et je n'ai évidemment pas le bagage suffisant pour faire une analyse philosophico-culturelle précise et illustrée d'exemples multiples sur le sujet. Je ne peux que percevoir cet état d'esprit dans les textes que je lis, dans le type de décisions prises, dans la façon d'aborder certains problèmes quand je peux lire en détail dessus.... Certains invoquent la mentalité "jominienne" des forces US (surtout l'armée de terre), d'autres le manichéisme profond hérité de la guerre de Sécession et favorisé par l'ère des guerres industrielles, qui aurait trop forgé la culture militaire américaine à l'exclusion de toute autre option (mentalité complètement axée sur la victoire décisive, claire et nette, au point du fantasme, sur le conflit court et frontal, sur la mobilisation massive des moyens pendant peu de temps, sur l'organisation absolue et rigoureuse qui va avec....), d'autres encore le contexte historique dans lequel les forces US ont grandi et le moule culturel que cela a créé (XIXème siècle, donc mentalité positiviste, mécaniste).... Il y a sans doute du vrai et de l'exagéré dans ces visions, mais le résultat, lui, est certain, et on peut aussi souligner le "problème" de la taille et de l'importance fondamentale des forces US: leur rôle capital (et perçu comme tel), le besoin et la sollicitation constante, l'enjeu politique qu'elles représentent, et la dimension de l'outil, ont créé un monstre monolithique et bureaucratique qui a une vie propre et ne peut être aisément réformé, s'il peut même l'être (à moins d'un choc brutal), aucune majorité politique n'ayant assez de jus politique pour s'y attaquer réellement.
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C'est un peu le problème: tout le monde revient un peu sur terre tant que dure la forte émotion, et ça s'étiole assez vite après chez la plupart. Plus on est "distancié" de tels événements, plus ça part vite: pas d'amis, de famille ou de connaissances touchés, ça s'est pas passé dans notre coin ou un qu'on connaît/fréquente, les victimes sont pas de notre "groupe" ethnique/culturel/sociologiques/géographique (ou quelque autre identifiant qui puisse exister dans notre tête), on n'a pas de famille ou d'amis dans l'armée, la police ou les services d'urgence, la vie de tous les jours est plus ou moins absorbante/stressante (conditions plus ou moins difficiles, différences dans les indignations du quotidien, la capacité d'attention et les sujets d'attention, inégalités entre les gens dans la capacité à souffler/prendre du recul).... Bref, tout plein de facteurs accélérant le processus de distanciation vis-à-vis d'une terrible réalité qui, pour ceux qui ne l'ont pas vécu de près, est un mini-trauma (au plus) qui sera "ingéré" comme tel par le cerveau (cad, il le mettra au placard enfoui sous plein de trucs dans la plupart des cas): c'est humain, c'est normal. Mais à l'arrivée, sauf si la menace devient un fait hebdomadaire se baladant un peu partout, ce sera la réaction normale: je dirais pas que c'est l'indignation et l'horreur le temps d'un hashtag, mais c'est un peu l'idée. L'une des choses terribles dans ce phénomène est qu'il s'agit au plus, vu à l'échelle du pays, d'une nuisance de faible ampleur, étant donné la fréquence et la dimension des attaques: elle est absorbée comme telle par le collectif, qui ne trouvera pas de niveau de solidarité durable et fort pour "si peu" (désolé de l'euphémisme). Si les attaques, surtout significatives, étaient, encore une fois, quotidiennes ou hebdomadaires, tapant partout sur le territoire, ce serait autre chose. Il en faut beaucoup pour faire sortir l'humain (surtout dans une société fondée sur l'individualisme pratique et la solidarité théorique) de sa coquille.
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Ca semble beaucoup trop pour juste une brigade, et beaucoup trop peu pour le besoin: la cible, c'est pas autour de 1700 Griffons (ce qui semble déjà ric-rac), et 248 Jaguars? Y'a déjà eu une remise en question de l'ambition?
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Comme quoi, il ne pourrait pas gagner une élection en France: il ne mesure pas, bien qu'il soit new yorkais, à quel point les Français peuvent être rapidement blasés.
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Une critique du fonctionnement de l'establishment militaire, formulée en 2007, et suffisamment "structurelle" pour être aussi valide aujourd'hui qu'elle aurait pu l'être dans les années 70: https://fabiusmaximus.com/2007/05/22/the-core-competence-of-americas-military-leaders/
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Un article et un angle de vue intéressant sur l'un des multiples aspects des problèmes (passés, présents et potentiels) de conflits d'intérêts de Donald Trump et de la sensibilité de sa présidence à la corruption ou à des formes de chantage sur son patrimoine et ses activités privées. D'autant plus à souligner qu'il faut signaler quand des journalistes font vraiment leur boulot et vont chercher l'information difficile à trouver, impossible à compiler pour le pégu moyen: https://www.usatoday.com/story/news/2017/04/20/trump-owns-250m-condos-and-you-could-buy-one/100566302/ En l'occurrence, les 3 auteurs ont passé beaucoup de temps à lister les propriétés de Donald Trump aux USA, un travail difficile étant données la taille du patrimoine et la complexité de ce boulot de fourmi, la plupart de ces actifs étant planqués derrière des montagnes de sociétés écrans et autres dispositifs courants dans l'immobilier. On apprend ainsi que Donald Trump possède plus de 400 appartements (422), maisons (12) et terrains valant de 200 000 à 35 millions de dollars (estimation selon le marché actuel), pour un total sans doute supérieur à 250 millions de dollars, qui n'inclue pas par ailleurs ses participations dans de grands immeubles (bureaux et habitations), qui se comptent en millions de mètres carrés. Là, il s'agit de propriétés qu'il détient entièrement et dont il peut donc disposer de façon arbitraire. Depuis le début de la campagne présidentielle, le groupe Trump a vendu 58 "unités" pour environs 90 millions. Une partie a financé sa campagne, l'autre lui a fait du cash (et calmer ses nombreux créditeurs?), le tout indiquant cependant un rythme supérieur (de beaucoup) de ventes à ce qui est courant pour un groupe de cette taille sur une période donnée. Ce que l'on ne sait pas, c'est si les prix négociés correspondaient à des valeurs de marché, et là survient justement l'un des principaux problèmes de l'existence de ce capital et de l'absence de séparation entre Trump et lui; de fait, ces propriétés deviennent l'un des mille et un moyens pour la présidence de vendre accès et influence à qui peut payer. Comme l'illustre par exemple l'achat et la vente en Floride par Trump d'une des villas les plus chères du pays il y a quelques années: achetée pour 40 millions et à peine retouchée, la baraque a été vendue 100 millions à un oligarque russe dont le nom est aujourd'hui inextricablement lié à l'imbroglio des étranges liens de Trump et de ses staffers avec la Russie (entre autres via une banque à Chypre dont l'oligarque en question est un membre éminent du board). La plus value réalisée à cette occasion par Trump n'a aucune explication commerciale, et constitue un exemple simple de ce qui peut se passer avec le capital du président américain: surpayer ces propriétés devient un moyen simple et relativement direct, et qui plus est potentiellement anonyme (via des dispositifs comme les LLCs), de verser un pot de vin pur et simple. Tout comme d'ailleurs des opérateurs anonymes peuvent se mettre à louer de grandes quantités de mètres carrés trumpiens à des tarifs prohibitifs (apparts, bureaux, chambres d'hôtels, séjours de golf....), en profitant aussi bien des multiples dispositifs légaux pour rester invisible, que de simples manoeuvres comme louer des paquets de locaux éparpillés un peu partout (pas un grand espace à un endroit). Très difficile, voire souvent impossible, de se rendre compte que ça arrive (à moins de surveiller à la loupe en permanence), et très difficile d'identifier, de tracer, de remonter à la source. C'est d'autant plus problématique que les intérêts financiers du président sont pour beaucoup clairement identifiables: ils portent son nom, et un avocat même con peut souvent simplement arguer que Trump "a la cote" en ce moment, que son business est attractif, et bien malin qui peut prouver dans quelle mesure son nouveau job contribue à cette attractivité (99% ces jours-ci, mais convertir cette vérité basique en argument légal est pour le moins délicat). Donc qu'on se le dise: on veut l'oreille de Donald, on achète sa merde avec un bonus (via une société écran, histoire de) et on le lui fait savoir. Il y a mille autres façons d'acheter ses bonnes grâces, mais là c'est vraiment le plus simple et le plus évident.
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Raisonnable, au moins pour ce genre d'infos; sur les trucs sociétaux ou économiques, je serais plus prudent vu l'alignement démocrato-establishment (plutôt hillariste), même si là, ce serait plus pour des raisons idéologiques que sur une contestation des méthodes journalistiques. C'est un site sérieux de ce point de vue: le genre avec des vrais journaleux qui, surtout pour ce type de sujets, ont de bonnes infos d'insiders et obéissent à la règle des 2 sources crédibles, censée être sacro-sainte dans la presse américaine, mais passée à la trappe hors des grands médias, et pas assez systématique dans l'info "immédiate" (l'actu "chaude") pour ce qui concerne la télé. Bref, c'est pas des blogueurs avec un agenda idéologique et/ou une parano spécifique, opérant en vendant des pilules pour bander (cf Infowars) ou avec l'aide d'un riche "sugar daddy" (Breitbart, The Blaze). C'était quoi? 19 millions pour la frappe sur la Syrie (sans compter le coût de déplacement des navires pour l'opération, qu'on va laisser dans les frais courants), et 16 millions pour la MOAB (pareil pour les autres coûts de l'ops)? Ca fait 35 millions le petit caprice du vieux monsieur orange en mal d'amour, de reconnaissance et de virilité? Parce que le bénéfice stratégique est incertain: il aurait pu exploiter le coup en Syrie pour finir de rétablir le "crédit" américain, mais n'a rien fait, gaspillant l'essentiel de l'occasion. Ca gratte? Ca explique du coup pourquoi il y en a qui en mettent partout. Mais bon, quand on aime l'humour qui tache....
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Seulement parfois? J'ai l'impression qu'être un petit joueur, malgré les hauts postes qu'il a eu et malgré le soutien dont il a pu bénéficier (par moments ) pour aller toujours plus loin, reste ce qui définit la carrière de Fillon, comme si "petit joueur" restait écrit sur sa tronche de fonctionnaire "mid level" tristouille (avec sa femme comme direct ornement et illustration de ce statut.... Non, je n'attaque pas le physique..... Je juge , nuance). Sinon, pour faire suite à mon commentaire sur le coût de l'inauguration de Trump, une comparaison rapide: la plus gigantesque inauguration présidentielle vue aux USA fut celle d'Obama en 2009, et elle n'avait coûté "que" 53 millions. 53 millions pour organiser, contrôler, faire venir, encadrer, divertir, restaurer, abriter, orienter.... Une masse humaine plus de 2 fois plus importante que celle vue à l'inauguration de Trump. Avec en plus un tas d'artistes vraiment pas bon marché qui, s'ils ont été pour la plupart présents à titre bénévole, ont quand même du être défrayés (ben oui, un Springsteen ou une Beyoncé, c'est beaucoup de logistique en tant que "Entertainment Delivery System", avec beaucoup de monde et de matos pour pouvoir produire leur effet), ce qui est tout sauf gratuit. A côté, celle de Trump n'a pas eu de coûts significatifs: beaucoup moins de personnes se sont déplacées (en plus d'avoir peu de Washingtoniens et gens des comtés environnants qui sont venus), l'essentiel du divertissement était bénévole et pas cher à défrayer (majorettes et trucs du genre), ou payé par l'Etat (armée, police, pompiers et leurs orchestres), et les "stars" étaient du genre aux petits pieds, peu nombreuses, et bon marché pour ce qu'il y avait à payer (le concert était sans ambition et sans ampleur). Bref, cette inauguration fut plutôt très cheap. Et pour ça, les Trumpiens ont levé 107 millions de dollars. Comme disait Clemenceau en des temps troublés: "où sont les millions?". Contrairement à lui, Trump a des chances de le savoir. Ou au moins ses copains. La chose n'est pas un potentiel scandale d'argent public, étant donné qu'il s'agit d'argent levé auprès de riches donneurs, entreprises et individus, et qu'il n'est pas encadré par des règles liées aux élections (à moins qu'un usage postérieur ne se fasse dans ce domaine, pour peu qu'on puisse tracer ce fric), mais la question est posée: à quoi va servir le surplus dégagé de cette opération? On sait que les donneurs n'ont pas récupéré ces sommes, et ne s'attendaient certainement pas à les récupérer, ce qui renvoie au fait qu'il s'est agi d'un transfert d'argent concerté avec l'inauguration comme prétexte, soit un cas de surfacturation aussi gigantesque que peu discret. Pot de vin? Versement au futur fond de campagne? Cadeau de Bat Mitsvah tardif pour Donald? Prix du ticket d'entrée à la nouvelle Maison Blanche pour un certain nombre de riches donneurs? Rachel Maddow signalait hier soir pour illustrer la chose que le 8 février, les patrons du National Security Council du moment (dont Flynn) ont rencontré deux hommes d'affaire, notamment un M. Waddie Habboush dont le père avait contribué à l'inauguration à hauteur de 666 000 dollars (l'autre hommes d'affaire est Gentry Beach, un ami de longue date de Donald Trump Jr); le lendemain, il rencontrait Steve Banon. Le but de ces meetings était, pour cet homme, de mettre sur la table un plan en 10 points pour lever les sanctions US sur le Venezuela. Pendant ces réunions, il avait le ministre des affaires étrangères vénézuelien au téléphone, comme participant à la réunion, non seulement pour montrer qu'il était sérieux, mais aussi parce que la compagnie pétrolière d'Etat du pays (CITGO).... Avait aussi versé un demi-million de dollars à l'inauguration de Trump. De fait, il s'agit d'un pur cas de "pay for play", comme qu'y disent les ricains, l'inauguration de Trump jouant en cette instance le rôle qu'a, par exemple, joué la Fondation Clinton jusqu'au 8 novembre dernier. Le détournement du fonctionnement du NSC est ici choquant, non seulement à cause du pay for play, mais aussi par le parasitage du fonctionnement de cet organisme que l'affaire représente, le NSC étant le lieu où toute l'info du gouvernement se centralise pour, surtout dans des moments cruciaux et sur des sujets brûlants, favoriser une prise de décision informée, non influencée (par des acteurs extérieurs et intéressés) et relativement consensuelle afin que l'Etat parle d'une seule voix, censément dans l'intérêt du pays (au moins tel que la majorité gouvernante le comprend et le définit). Maddow pointait ainsi, pour montrer ce qui arrive quand le NSC ne fonctionne pas, la contradiction des derniers jours sur l'Iran: Tillerson annonce que Téhéran est pour l'instant en conformité avec les termes du traité sur l'armement nucléaire.... Et Trump dit le contraire le lendemain. Même chose sur la Turquie: le Département d'Etat s'est dit "préoccupé" par le référendum de dimanche dernier, et là-dessus, Trump est l'un des premiers (et le seul en occident) à féliciter Erdogan. Au moins, par ce cas, on connaît les tarifs des audiences à la cour. Le prix de la modification effective d'une politique reste à voir. L'article d'origine, par Jake Horowitz: https://mic.com/articles/172936/trump-tied-businessmen-met-nsc-officials-bannon-over-venezuela-sanctions-sources-say#.SqPCsoO4h
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Sinon, juste pour le fun: Trump a lancé la campagne "Trump 2020" en fin d'année dernière, essentiellement une organisation destinée à commencer la levée de fonds en vue de sa réélection (et oui, quand il l'a fait, c'était choquant, même selon les critères américains). Cette campagne a déjà dépensé environs 6 millions de dollars dans les 3 premiers mois de l'année, dont 500 000 dollars dans des restaurants, golfs et hôtels appartenant au groupe Trump, ainsi que 274 000 dollars dans des loyers à la Trump Tower (source: Federal Election Commission, via un article du Wall Street Journal). On peut y ajouter 70 000$ dans un golf (trumpesque) de Palm Beach et 13 000$ dans un hôtel Trump à Las Vegas. Ce qui rappelle que la campagne Trump a, en 2016, dépensé (officiellement: seul l'argent de la campagne elle-même peut-être ainsi comptabilisé, pas celui des PACs et SuperPACs, et encore moins le "dark money" d'autres formes légales d'organisation censées ne pas se "coordonner" avec une campagne, ou l'aider.... Mais qui ont toute latitude pour le faire) plus de 14 millions de dollars en 2016 dans des sociétés du groupe Trump (principalement des hôtels et des ventes de produits dérivés). Ah, et autre chiffre publié, sur lequel Trump est plus que soupçonné d'avoir pris son écot: 107 millions de dollars ont été levés par la campagne Trump pour l'inauguration du 20 janvier. entre ce que paie l'Etat quoiqu'il arrive, et le spectacle observé au sol (rien de terrible), on se demande où est passé le fric (en tout cas certainement pas dans les artistes). Qu'on se rassure, l'argent levé pour ce genre de choses, comme celui pour l'organisation des conventions des partis (.... Je veux un émoji "facepalm"), vient intégralement de grandes entreprises et d'individus riches (pas de restrictions particulières).
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Sur le sujet épineux de l'altercation entre excités des deux bords à Berkeley, la semaine dernière, un excellent (je trouve) post sur le blog de FabiusMaximus: https://fabiusmaximus.com/2017/04/20/after-action-report-on-the-berkeley-riot/ J'aime le développement parallèle des deux récits implausibles des forces en présence, et la formule qu'il utilise en conclusion pour résumer le phénomène et son développement politique: la montée des "tribal truths" ("vérités tribales") comme mode de narration dominant sur la scène publique américaine. Des pans désormais importants de l'opinion n'écoutent et ne croient que ce que raconte "leur camp", aussi absurde que ça sonne, et souvent, même s'ils ne croient pas vraiment le récit, ils s'y rallieront parce que s'est développée une mentalité du "eux contre nous". Un changement "subtil" par certains côtés, qui s'est développé surtout depuis les années 90, dont FoxNews a été le précurseur, le prescripteur, le symptôme, l'exemple à suivre, et le modèle, et un fait que le développement des nouveaux médias a largement démocratisé au point de la banalisation, le tout sur fond d'un modèle de médias traditionnels qui s'est encroûté dans son fonctionnement devenu corporatiste, à plat-ventriste devant la puissance et les intérêts des annonceurs et des sociétés-mères des médias en question, et hautement entriste dans son rapport au pouvoir politique, au point de la collusion permanente et de l'asservissement aux groupements d'intérêts qui font la pluie et le beau temps en politique, cherchant à monopoliser la conversation nationale sur tous les sujets. Dans un tel contexte, peu importe qui a jeté la première pierre entre "antifas" et "alt rightists", deux ensembles de cons et d'excités réunissant l'habituel cocktail d'idéologues et de radicaux, d'idiots utiles, et de brutes et enragés cherchant la castagne. Les anti-Trumps ont-ils été les premiers, depuis novembre/janvier, à aller titiller les Trumpistes? Ces derniers ont-ils plus cogné et provoqué initialement? Une chose est sûre, je n'ai JAMAIS vu les grands médias (et les nouveaux encore moins, la plupart étant pris dans la trame narrative d'une tribu ou d'une autre) parler équitablement de la chose (et je déteste aussi leur tendance aux fausses équivalences) en essayant AU MOINS de dater et quantifier les événements de ce type arrivant dans le pays: on a vu des militants trumpistes, pacifiques ou non, se faire dégommer gratuitement par des groupes spontanés ou organisés, on a vu des anti-Trumps, ou juste des gens ne correspondant pas au "profil" préféré de certaines "branches" du trumpisme (je sais, que d'euphémismes et circonvolutions pour pas dire "nazillons"), se faire tataner par de fiers porteurs de casquettes rouges. Mais à aucun moment je n'ai vu un journaliste essayer de lister de tels événements, de les authentifier (pour dégager les faux cris d'orfraies qui se sont aussi multipliés des deux côtés), de les analyser, de présenter un bilan comparé et de le tenir à jour. Une chose est sûre, comme le signale l'article que je mentionne, le niveau de violence politique tend à augmenter aux USA, symptôme extrême de la polarisation sans cesse croissante de l'agora américaine et de la radicalisation de la conversation où les tentatives d'autocritique et de recherche de terrains d'entente, d'analyse dépassionnée ou de contrôle de ses propres éléments trop "chauds bouillants", sont devenues des voeux pieux. Pour l'instant, jusqu'au plus haut niveau (les grands partis), quand on parle de telles choses, c'est pour dire que c'est la faute à ceux d'en face, et pour défendre les excités de "son" camp. Chacun innocente et applaudit ses brutes.
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Quand on pense que les millions versés en négos aux plaignantes n'étaient qu'une goutte d'eau que Fox était prête à payer à répétition, ad vitam.... Il paraît qu'il y a eu de l'eau dans le gaz sur le sujet dans la famille Murdoch, le patriarche freinant des quatre fers contre le renvoi. Par ailleurs, les Murdoch sont en attente d'une autorisation des autorités anglaises pour poursuivre l'acquisition de Sky, soit un deal de 14 milliards qui a suscité la question, chez les rosbifs, de savoir si Fox était "fit and proper" pour disposer d'un pareil empire médiatique: dégager la mauvaise odeur que traîne O'Reilley ne sera certainement pas un facteur décisif, mais abondera dans le sens d'une "respectabilité" plus grande pour des décideurs qui, de toute façon, ne poussent généralement que des indignations de façade en ce qui concerne l'hyperconcentration des médias. Ah aussi. Il y a quelques semaines (et beaucoup, beaucoup de pages), je signalais sur ce sujet qu'une communauté religieuse d'Alabama, la Briarwood Presbyterian church, réclamait le droit à sa propre force de police pour "protéger" ses 4000 paroissiens, plutôt que payer une force de sécurité privée (sujet sur lequel il y a déjà matière à débat), et que la question avait été mise sur l'agenda du Sénat de l'Etat.... Devinez quoi? A 24 voix contre 4, le Sénat a approuvé la mesure, et la question va aussitôt être mise aux votes à la Chambre (avec derrière, un gouverneur qui ne demande qu'à tamponner le texte pour en faire une loi). Il s'agira bien d'une force de police au plein sens du terme, soit faite d'agents assermentés de l'Etat, avec toutes les prérogatives de représentants de l'ordre, mais sous la direction opérationnelle de l'église, à qui ils rendront leurs comptes. Outre les ressorts illimités de corruption que cela autorise, la chose devient encore plus problématique quand on imagine des autorités religieuses et politiquement très orientées disposer d'une telle capacité (non seulement l'usage de la force, mais en plus un haut degré d'impunité), et plus encore quand on se rend compte que si la loi passe, on risque d'assister ensuite à une explosion de telles forces de police partout dans le pays. J'ai entendu quelqu'un comparer la chose à Game of Thrones, quand Cersei Lanister autorise le retour de la "Foi Militante", soit la capacité pour la religion, incarnée par le Haut Septon, de lever ses propres forces armées.... Une décision qu'elle regrettera rapidement. Les églises disposent souvent aux USA de statuts privilégiés (dont le plus connu est l'exemption d'impôts), qui les protègent de bien des problèmes et des fautes qu'elles commettent (faible transparence, cas d'abus, de violences sur enfants, de harcèlement, de crimes sexuels, de ventes forcées, d'extortion, de manipulation....), en empêchant, par exemple, les enquêtes. Sans même mentionner les privilèges de fait dont disposent beaucoup de paroisses via leur influence politique, sociale et financière. https://thinkprogress.org/alabama-senate-votes-to-let-church-create-its-own-police-force-1c1cb327b7ca
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Après qu'une cinquantaine d'annonceurs majeurs se soient retirés de son créneau horaire.
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[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Donc si un nouveau message est envoyé par le pseudo "rendbo", ce ne sera en fait plus lui, mais juste "eux" donnant le change pour que personne ne pose de questions? May n'aurait jamais lancé un tel processus si elle n'avait pas fait d'abondants sondages (discrets) préalablement: si elle l'a décidé, c'est qu'il s'agit sans doute de la meilleure situation que les conservateurs auront avant longtemps. Vu les nuages économiques qui s'amoncellent lentement avec les conséquences anticipées du Brexit, elle préfère sauver les meubles pour quelques années, et sans doute aussi rebattre certaines cartes à l'intérieur de sa propre majorité (voir qui a la nomination, qui reçoit des financements, qui est aidé ou handicapé par le partie....). La guerre civile dans le Labour et la faiblesse structurelle répétée du UKIP hors d'élections européennes et d'une sur-présence médiatique et activiste, ne font que favoriser cette prise de décision. Maintenant, il n'y a évidemment aucune garantie, et une semaine reste l'éternité en politique (alors 2 mois....), une éternité où tout et son contraire peuvent se passer, mais les circonstances semblent favorables (plus qu'elles ne le seront probablement dans quelques mois), les fondamentaux bons (ou les moins mauvais possibles), les sondages et enquêtes probablement optimaux (autant que faire se peut), et les conservateurs ont l'avantage de la situation (être le parti en place, aux responsabilités, et celui qui a pris LA décision effective de l'article 50), donc mieux vaut se lancer maintenant plutôt que plus tard. Victor. Nettoyeur. -
[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Qui "ils"? S'apprêtent-"ils" à recommencer? Tu sais quelque chose sur cette conspiration? PARLE ! -
Des combats "en haute intensité"? Quels exemples? On cherche, on trouve pas. L'exemple soviétique a été usé, abusé et déformé par la propagande soviétique initiale, l'attention démesurée accordée à un phénomène rare et réduit (qui déforme la perception), l'appropriation et l'utilisation par des idéologues féministes ensuite (le même genre qui fait de longs exposés sur les amazones comme si elles avaient réellement existé, ou sur l'origine matriarchique de l'humanité), et les reprises par la fiction (écrite, ciné, télé....) parce que c'est du bon matos pour faire rêver et fixer une certaine audience (les mecs qui aiment voir des filles avec des armes -beaucoup d'entre eux- et la portion de nanas qui veut absolument voir ce genre de choses). Dans la réalité, il y a eu très peu de femmes soviétiques employées en unités de mêlées: 3 régiments aériens, l'équivalent d'un régiment terrestre (essentiellement en sniping), un bataillon de chars (et en tout et pour tout dans l'armée, une seule conductrice de char lourd). Et l'essentiel des témoignages et interviews de ces femmes (celles qui ont survécu, et après que les nécessités de la propagande aient cessé) a souligné les limites et problèmes auxquels elles étaient confrontés (limites physiques, moindre résistance, épuisement plus rapide, stérilité pour beaucoup d'entre elles, problèmes dans les situations de mixité....). Pas qu'elles se soient mal comportées (et personne ne remet en question le courage), juste que cet engagement très limité a souligné beaucoup de problèmes que les féministes actuels nient farouchement, contre toute preuve même foutue sous leur nez. L'immense majorité des femmes soviétiques en unités de "combat" étaient dans la DCA fixe (villes et bases), comme d'ailleurs en Angleterre et en Allemagne (dans cette dernière, elles n'étaient pas en uniforme ou sous statut militaire), employées dans les tâches non "lourdes" (tout sauf le chargement/la manipulation des munitions et pièces de rechange lourdes, et le tir). On note aussi une plus large présence dans les "unités" de partisans où elles ont pu représenter jusqu'à 10% des effectifs, mais là aussi, comme dans beaucoup d'autres organisations de ce type (guérillas, groupes terroristes....), la plupart étaient dans des fonctions de soutien. Dans l'Armée Rouge, la plupart des femmes passées sous les drapeaux au titre "combattant" et qui n'étaient pas dans la DCA, soit un nombre très réduit (comme indiqué plus haut) l'ont fait dans les premiers temps, entre 41 et 42, quand l'Armée encaissait des pertes monstrueuses et prenait tout ce qui tenait plus ou moins debout pour remplir les unités, sans regard pour des critères mêmes minimaux. Le résultat, en termes d'efficacité et d'attrition, est sans surprise. Dès 43, cette micro proportion de femmes disparaît presque totalement de l'armée de terre, sauf en ce qui concerne les unités de partisans (où les pertes et donc le turnover sont effarants, et plus encore pour les femmes que pour les hommes: ces derniers meurent nettement plus au combat, mais les premières s'épuisent bien plus vite). En tout, 800 000 femmes russes ont porté l'uniforme pendant la guerre, plus 200 000 infirmières militaires (et 600 000 infirmières non militaires), soit autour d'un million de volontaires (pas d'obligation de conscription, ce qui veut aussi dire que l'on tend plus à avoir le haut du panier: plus motivées, plus éduquées, plus en forme que la moyenne, soit un échantillon moins représentatif). L'URSS a mobilisé 34 700 000 soldats sur la période, ce qui ramène la part des femmes à 3%, soit une proportion équivalente à ce qu'on retrouve ailleurs, notamment aux USA (environs 2,3%) et en Allemagne (2,3% de femmes dans des positions liées à l'armée, mais sans statut militaire). L'Angleterre en utilisa proportionnellement plus (autour de 8% des forces armées en moyenne). 300 000 femmes soviétiques ont servi dans la DCA, le reste était quasi entièrement dans des fonctions de soutien, à l'arrière ou dans des bases logistiques. 220 à 250 000 sont passées par une formation militaire, la plupart dans les Komsomols (soit une formation très limitée) ou dans une "école de partisans" (généralement quelque chose de très succinct); cela représente 0,7% des effectifs en uniforme, et leur taux de perte fut phénoménalement réduit comparé aux hommes, ce qui souligne une réalité simple: très peu d'entre elles ont vu le combat. Même dans les 3 régiments aériens féminins (où les limites physiques ont été aussi constatées), il n'y a pas eu assez d'effectifs pour remplacer les pertes, si bien que 2 sur 3 sont vite devenus mixtes. Pour la proportion microbienne qui a été au combat, il devient difficile de séparer la réalité de la propagande, comme on peut le voir dans le cas de certaines tireuses d'élite au palmarès invraisemblable, d'ailleurs contesté par beaucoup de ces femmes; si on en croit les tableaux de chasse publiés, il aurait fallu à certaines des "icônes" de ces unités des journées de 40 heures, des semaines de 15 jours et jamais aucun repos pour obtenir de tels scores sur les périodes où elles ont été effectivement déployées. Après, il y a effectivement des exceptions, des femmes qui avaient le niveau physique, la capacité générale, la résistance (ou l'acceptation de certains sacrifices, comme la fertilité) et l'envie, et qui ont pu performer et durer; elles étaient l'exception qui confirme la règle. Une proportion microscopique qui ne justifie pas qu'on bouleverse l'édifice pour elles.
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Quelques éléments sur cette vidéo. Attention, l'auteur est clairement orienté et militant anti-féministe, mais la vidéo qu'il commente est elle intéressante: Le personnage intervenant dans cette commission est Raz Sagi, un colonel retraité qui a déjà publié une abondante documentation sur le sujet, malgré la chape de silence officiel sur l'essentiel des données pertinentes, un problème courant dans l'armée israélienne (notamment sur des sujets bien plus importants que celui-là) où, plus que dans beaucoup de démocraties, le contrôle de l'information liée à la "sécurité" est extrêmement politisé et sert beaucoup à éviter des conversations inconfortables (et beaucoup de deals politiques et d'affaires financières gênants). Van Creveld, ancien prof de Sagi, a d'ailleurs bien étudié ce phénomène de censure dans l'armée israélienne depuis les origines (très intéressant de voir comment ça marche, et le contrôle limité qu'a le Premier Ministre sur l'EM et les forces, s'il n'est pas aussi ou ne contrôle pas absolument et le mindef et le CEMA), et l'effet qu'il a eu sur la préparation des forces, la conduite des opérations (quelques problèmes en 67, plus entre 67 et 73, beaucoup plus en 73, et énormément avant et pendant la guerre du Liban). Ici, le sujet est nettement plus anecdotique, mais le fonctionnement est le même: pour calmer les organisations féministes dont le poids politique et médiatique est très conséquent, l'armée a "aménagé" beaucoup de choses, caché beaucoup de réalités, et organisé une posture publique en conséquence... Que certains échos viennent parfois troubler, comme l'intervention de cet ex-colonel et les témoignages qu'il a amené avec lui. Ici, l'objectif était notamment de questionner certaines vérités officielles sur la réalité des 3 bataillons mixtes (qui concentrent le gros des femmes en position de "combat" -1500 environs, dont beaucoup sont dans des postes pas vraiment de "combat"-, soient autour de 450; le reste est dans la "military intelligence", la défense civile, l'artillerie et la police des frontières) dont le fameux "Karakal", où 60% des effectifs environs sont des femmes, et où le traitement dans les faits (mais pas le récit) est très inégalitaire, selon des modalités qu'on a vues ailleurs (poids porté différent selon le sexe, avancement, charge de travail....).
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L'avenir de la péninsule coréenne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Andromeda dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, c'est pourquoi je précisais que ce seraient surtout les premières minutes/heures qui seraient terribles, quoiqu'il ne faille pas non plus surestimer trop les capacités de contre-batterie côté sud, principalement en raison du nombre de pièces NK, mais surtout à cause du relief et du niveau de préparation des positions d'artillerie du nord (tout est aménagé depuis un bail). Ils se prendraient certainement quelque chose de grave en retour, mais pas avant que de terribles dégâts aient été faits sur une zone dont la Corée du Sud et son économie ne peuvent pas se passer. Si en plus le chimique/bactério est de la partie dans ces frappes initiales, on est au-delà de l'imaginable. De ce que j'ai vu rapidement, les pièces lourdes pouvant toucher Séoul sont (comme indiqué plus haut) autour de 700 pour les MLRS (pas trop de précision pour les canons/obusiers), avec en plus un nombre indéterminé de lance-roquettes (récents) de 300mm. De quoi faire mal à une ville en peu de temps, quoiqu'il arrive, avec, comme le précise Alexis, un effet de disruption (évacuation massive et brutale, peut-être sans préavis) dramatique pour ce qui concerne l'économie et la mobilisation de moyens. Mais bon, là ça renvoie à l'idée qu'on peut se faire d'un conflit en Corée; dans la configuration actuelle des deux adversaires, les premières heures seraient monstrueuses, dévastatrices et bordéliques à un degré difficile à imaginer. Et très indicatives, côté sud (sur un plan plus détaché), de la façon dont une société urbaine développée moderne encaisserait ce type de conflit. Les SK sont-ils aussi préparés qu'auparavant à l'irruption de ce vieux spectre de la guerre dans leur société actuelle? Surtout une irruption si brutale et totale? La proximité de Séoul avec la ligne de front, et son importance démesurée dans l'économie, l'organisation et la démographie du pays, sont une contrainte stratégique déterminante qu'on ne rencontre pas dans beaucoup de configurations de conflits. -
L'avenir de la péninsule coréenne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Andromeda dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est sans compter, plus prosaïquement, sur l'immense artillerie (vraiment des milliers de pièces, canons et lance-roquettes multiples: peut-être plus de 13 000) dont l'essentiel est disposé le long de la DMZ, souvent dans des positions difficiles à atteindre par des frappes aériennes: Rappelons que Séoul est largement à portée d'une partie de ces pièces (autour de 700), et que les forces militaires américano-coréennes le long de la DMZ sont atteignables par une bonne partie du reste. S'il semble que tout soit loin d'être parfait dans le système de frappe nord-coréen (obsolescence, entretien, précision, logistique, vulnérabilité à la contre-batterie....), l'effet des premières minutes/heures serait néanmoins dévastateur. -
turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Merci pour les précisions. J'ai cependant un doute sur les capacités d'absorption dans l'Europe d'aujourd'hui, notamment par rapport à d'autres périodes comme les années 30 ou l'après-guerre: mes réserves concernent en fait plus nos économies telles qu'elles fonctionnent actuellement, leurs besoins, leurs limites, leurs déficits structurels.... Et la nature des emplois qu'il est possible de créer, surtout en grandes quantités: contrairement à d'autres périodes, il n'y a pas vraiment tant de place que ça dans les segments peu/pas qualifiés, pour les gens qui n'ont littéralement que leurs bras à vendre, ou pour des gens nécessitant un fort investissement afin d'être mis à des niveaux de qualification minimums (barrière de la langue, des niveaux techniques différents pour de mêmes types de professions...). Il n'y a plus de vastes secteurs primaire et secondaire demandant des dizaines de milliers de paires de bras supplémentaires pouvant être mis à la tâche rapidement et apprendre l'essentiel sur le tas. Et même là où c'est possible, cette introduction sur le marché renvoie à des problématiques bien connues par rapport aux mains d'oeuvre nationales (pression sur les salaires, problèmes de perception, manque d'investissement dans la formation et dans les processus de reconversion....), problématiques qui sont immédiatement politiques, du genre patates chaudes. Les sociétés "riches" de l'occident tendent aujourd'hui à n'être riches qu'en apparence, et surtout trop inégalement (polarisation des richesses, des flux de richesse, de la répartition de la croissance, et surtout polarisation des opportunités et perspectives) pour que l'impact des politiques migratoires ne soit pas immédiatement ressenti socialement et économiquement, et par là démultiplié au centuple dans les rapports sociaux et politiques. Aussi vastes ou petits que soient les effectifs de réfugiés (tu fais la distinction avec les "migrants" pris dans les mêmes vagues? Ou tu les mets tous dans un bloc?), le problème ne peut que grandir, et la distortion entre sa perception et la réalité avec lui, tant que les problèmes socio-économiques structurels de nos économies s'amplifient. Cela rend la terre d'accueil impropre à l'effort demandé. Et ce n'est pas tellement hors sujet, parce qu'Erdogan est parfaitement conscient de l'arme qu'il a entre les mains et du pouvoir de pression qu'elle lui procure; au-delà de ce pouvoir d'ailleurs, elle peut servir la stratégie dans laquelle il a donné depuis quelques temps, au moins sur le plan de la communication, de peindre de plus en plus les rapports avec l'Europe sous les couleurs du conflit civilisationnel (vu sous son angle, entendre "religieux") via une insistance plus qu'occasionnelle sur l'antagonisme occident/musulmans. Il a de fait une politique active sur le sol européen pour favoriser cette animosité particulière: même si c'est plus au service de la seule turquie qu'autre chose, les conséquences, plus générales, sont et resteront là. -
turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Le traitement administratif n'est que le premier des problèmes côté moyens (et même si ça se décidait à foutre les moyens, combien de temps pour avoir les structures, et surtout les personnels formés en nombre suffisant?): les "solutions durables" dont tu parles (cad l'intégration: éducation/formation, logement, économie....) n'existent pas vraiment pour les effectifs déjà admis et plus encore pour la masse potentielle pouvant arriver. C'est pas qu'un problème de moyen ou de volonté, là: on sait juste pas comment faire pour un problème de cette dimension (vu qu'on le fait déjà pas pour une partie de nos populations). Le fait est qu'en Grèce, il semble que la situation menace en plus leur propre économie: outre les dépenses imposées par le problème, et l'impact sociétal/politique, beaucoup d'endroits du pays sont simplement des lieux de parking de réfugiés/migrants à ciel ouvert, y compris beaucoup d'endroits touristiques. Et apparemment, c'est passé dans le bouche à oreille. La situation n'est pour l'instant préoccupante que pour les îles orientales qui ont pris un vrai coup dans la gueule, alors que les îles occidentales et la Grèce continentale voient les touristes affluer, mais la chose est entièrement dépendante du deal avec la Turquie: si Erdogan veut monter la pression pour contraindre la négo, les Grecs sont dans la panade, avec leur meilleur moteur de croissance comme première victime. Et ça rend pas les Grecs charitables à l'égard des migrants déjà présents, et sans doute encore moins pour de nouveaux arrivants, surtout s'ils sont nombreux. -
Philippines : un nouveau président original
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Politique etrangère / Relations internationales
Ce balancier, c'est du court termisme débile, surtout avec les Chinois. Il met en jeu le fric qu'ils s'apprêtaient à lui refiler, tout en signalant à tous qu'il peut changer de position comme de chemise. Ca n'incitera personne à lui allonger du fric, vu qu'il s'agit là d'engagements de plus long terme. Surtout que j'ai pas vu les USA lui proposer des financements quelconque (z'auraient du mal, vu le budget US, les coupes dans l'action extérieure non militaire, la bataille prévisible sur le plafond de la dette.... Et le vide au Département d'Etat et dans les ambassades). Mais bon, Super-Jared est pas encore passé par là .