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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. La chose me semble par trop étrange pour ne pas avoir plus qu'un fond de vérité: une telle demande, ça sort de nulle part, et quelqu'un voulant cracher sur Trump gratuitement inventerait-il un tel bobard? Personnellement, si j'étais un communicant pour le "camp" anti-Trump, à moins d'être un équivalent de Breitbart à gauche (ce qui manque dans le paysage, en termes "d'inventivité" et d'agressivité gratuite), je me dirais que c'est trop énorme, que personne ne le goberait. Quand aux démentis de Trump et de ses mignons.... Disons qu'à ce stade et à ce niveau de mensonge permanent.... Les croirais-tu s'ils te disaient que l'eau mouille? Ceci dit, je citais plus l'anecdote comme illustration générale du tempérament, des méthodes et de ce qui semble être la mentalité actuelle de Trump (parano, usé, excédé par le fonctionnement des institutions, revenant aux réflexes de PDG de droit divin et de fils-à-papa tout puissant et gâté), pas comme une pièce à charge dans une enquête.
  2. Je préfère éviter de trop tremper le doigt et la cervelle dans l'actualité heure par heure, et l'invraisemblable imbroglio, des événements autour du renvoi de James Comey: la presse washingtonienne est en mode branlette continue là-dessus, à se pencher ad nauseam dans l'infini détail des mécanismes et ressorts du processus politique et du fonctionnement des institutions, rajoutant évidemment en plus, à toutes les étapes, sur le plus petit point de discussion, une avalanche de conjectures et suppositions que personne ne peut honnêtement suivre à moins d'être vraiment obsédé au dernier degré. Mais quelques leçons, à ce stade, peuvent être dégagées; la première est qu'on est en face du développement graduel d'une authentique crise politique complètement auto-générée par la présidence Trump. Savoir si elle sera grave, sur un sujet qui aurait pu n'être que de détail, est encore difficile, mais on le saura vraiment rapidement. En attendant, les projets législatifs et la première tournée à l'étranger de Trump (pas annulée, mais direct diminuée en importance, en portée, en impact politique et en engagements "prenables") sont au placard, ce qui est déjà une des premières conséquences indicatives de la gravité de la situation. Une autre leçon est l'inquiétude croissante vis-à-vis de Trump, que ce soit par rapport à son "style" fondé sur la courte vue, les coups à l'instinct sacrifiant le moyen et long terme pour l'apparence d'une victoire sur un jour donné, et surtout, un dégoût croissant du processus démocratique dont il ne semblait pas avoir soupçonné l'existence et l'importance avant de devenir président. L'une des conséquences de ces tendances est en fait observée au travers de ce baromètre qu'est le pool de communicants de la Maison Blanche, qui doivent jouer les rustines permanentes entre la présidence et le monde réel, souvent de manière toujours plus ridicule et outrée, essayant de maintenir un semblant d'apparence et de posture via des exercices de style si ahurissants que les qualifier d'équilibrisme relève de la charité. Les mensonges sont de plus en plus visibles et passent, aux yeux d'un nombre croissant de personne, pour des insultes à l'intelligence. Sarah Huckabee Sanders a hier été prise en flagrant délit de contradictions multiples et de mensonges patentés, notamment quand elle a essayé de faire croire que le personnel du FBI était "soulagé" par le renvoi de Comey, ce qui a été ensuite largement démenti, notamment par le remplaçant temporaire de l'ex-directeur du FBI. Plus inquiétant, cet apparent mépris de Trump pour le fonctionnement des institutions s'est notamment incarné dans le fait qu'il a demandé à James Comey, lors de leur dernière entrevue avant le renvoi, de lui prêter un serment de loyauté , ce que Comey a bien sûr refusé (nb: les patrons d'agences prêtent serment, comme le président, de défendre la Constitution). Ca sonne très médiéval/maffieux.... Jeff Sessions est la cheville ouvrière de ce comportement de Trump, notamment en ce qu'il joue actuellement un jeu dangereux en se récusant, sans vraiment le faire, de plusieurs sujets d'enquête, Russie en tête. L'autre élément du dispositif autorisant Trump à continuer à se comporter ainsi, et c'est celui peut-être appelé à changer (mais pas pour tout de suite, tant qu'il y a quelque chose à craindre de la base électorale de Trump), est la posture de l'establishment républicain au Congrès, Ryan et McConnell en tête: ils se comportent en ce moment de manière assez minable au regard des standards américains, et il se pourrait qu'ils le paient très cher. ils ne le font pas par conviction, mais semblent avoir décidé que, pour l'instant du moins, Trump est encore la clé d'accès à une frange d'électorat essentielle. Ils s'assiéront du coup sur toute obligation morale, nécessités de procédure, encourageront le blocage systématique de Sessions.... A moins que suffisamment de protestations continues dans les "town hall meetings", de mauvais sondages, de condamnations dans la presse.... Ne finissent par les atteindre.
  3. J'ai lu ailleurs que c'était pas le Mistral, mais un des chalands de débarquement, qui avait touché quelque chose.
  4. J'arrive vraiment pas à distinguer les syllabes, voire même à être sûr des sons exacts: l'accent bouffe vraiment le sens. Ca peut être "brains", ou "brawns", mais ça pourrait aussi bien être un son en "in", pour le premier mot. Le second est encore plus mâché, pour mes oreilles, mais tu peux écarter "goldfish": outre le contexte qui tend à écarter l'idée, il ne me semble pas que, même avec un tel accent et une telle prononciation, il y a assez de phonèmes.
  5. "He's got the heart of a lion, and the.....". J'arrive pô à distinguer les mots: putain d'accent du nord.
  6. De 1:00 à 1:40, il met le doigt dessus . "While it looks like Donald Trump fired James Comey to stop the Russian Investigation..... That is why! What it seems like he's doing.... Is exactly what he's doing. There's no grand strategy, he's not some puppet master, he's not some grand wizard playing 3 dimensional chess: he's playing "Hungry hungry Hippo" . He's just slapping until he gets all the marbles. There's nothing deeper going on." (On pourrait croire que DT a viré Comey pour arrêter l'enquête russe.... C'est exactement ça! Ce qu'il a l'air de faire.... Est exactement ce qu'il fait. Il n'y a pas de grande stratégie, ce n'est pas un grand manipulateur, ou un grand magicien jouant aux échecs en 3D: il joue à "Hippos gloutons". Il est juste là à marteler pour choper toutes les billes. Y'a rien de plus profond derrière) On ne saurait mieux résumer le comportement de cette présidence, là où tant d'autres (dans les grands médias et ailleurs) veulent s'échiner à voir, comme dans Dune, "des plans à l'intérieur des plans", échafaudant des théories fumeuses et présupposant des calculs de longue haleine.
  7. Non [Mode laconique OFF] Je bois quasiment pas.... Et le cognac, chez moi, sert essentiellement à la cuisine. Seul l'hydromel et parfois un coup de rouge (et l'occasionnel Irlandais qui s'invite dans le café -quels tapeurs d'incruste, ces Irlandoches) servent à écrire. Précision, monsieur, précision! Pour la note, sur la suite des enquêtes en cours après le limogeage de Comey: il va y avoir beaucoup de pressions politiques, peut-être même un vrai combat à ciel ouvert à un point ou un autre, pour la nomination d'un "special prosecutor" (difficile de savoir si on peut traduire littéralement par "procureur spécial/extraordinaire") pour poursuivre le travail de façon relativement indépendante du pouvoir exécutif, sous contrôle plus rapproché du Congrès, et si la présidence veut éviter de continuer à donner l'impression que Sessions est "récusé-mais-pas-vraiment". La nomination d'un tel magistrat n'est pas totalement claire: le statut en a changé au fil des décennies (le nom aussi d'ailleurs), tout comme les attributions et prérogatives du poste. En fin de compte, la nomination doit passer par l'Attorney General (donc Sessions.... Donc problème), mais le président peut (ou a pu, je suis pas sûr) le faire lui-même; le Congrès semble aussi en mesure de passer une loi exigeant une telle nomination (l'AG étant alors forcé de s'exécuter). A titre anecdotique, la dernière fois qu'un Special Prosecutor fédéral a été nommé était en 2003 pour l'affaire Valerie Plame (l'agente de la CIA "outée" par un adjoint de Dick Cheney en représailles pour le rapport écrit par son mari Joe Wilson, sur certaines réalités quand au programme nucléaire irakien): l'AG d'alors avait du se récuser, et la nomination avait été signée par son adjoint.... Un certain James Comey .
  8. Ne pas oublier qu'il reste quand même quelques reliquats de conservationnisme dans le GOP; rappelons que la préservation de l'environnement est née politiquement, aux USA, chez les républicains (comme le progressisme économique et social d'ailleurs.... A long looooooooong time ago), via Theodore Roosevelt. C'est encore assez vivace dans certaines circonscriptions du midwest et des rocheuses, ce sur quoi s'ajoutent aussi pas mal de considérations plus concrètes qui voient des intérêts antagonistes chez les soutiens républicains, notamment via les ranchers et agriculteurs, zones de villégiature, communautés influentes attachées à des détails comme avoir de l'eau potable.... Cet esprit se manifeste par une certaine tendance à ne pas être aussi radical et tout-pour-le-profit-des-multinationales que dans d'autres domaines, notamment en ce qui concerne les parcs nationaux et d'Etat, et les terres fédérales (qui dans ces régions du midwest et des rocheuses, sont réellement immenses) et leur gestion. Une des incarnations de ce courant est le Secretary of the Interior, Ryan Zinke, qui est opposé à la vente (surtout une qui ressemble à une quasi cession gratuite) des terrains fédéraux et veut promouvoir une "meilleure" gestion pour eux (la définition de "meilleure" restant à trouver, sur des lignes non idéologiques) qui se soucie de la préservation de l'environnement et des paysages. Et là, la proposition de loi en question concernait apparemment l'exploitation pétrolière sur terrains fédéraux; le genre de deal où les lobbyistes s'assurent que l'Etat ne reçoit en général quasiment rien en échange de l'accès (ou bien il touche ses royalties et le loyer, mais en échange de déductions fiscales d'autant ou plus que les sommes en question).
  9. "Profil bas".... Après le coup de Spicer se planquant des journalistes dans les buissons entourant la roseraie de la Maison Blanche, après le grand retour très célébré de KellyAnn Conway pour couvrir l'événement avec son inimitable pouvoir de distortion de la réalité qui ne trompe personne, après l'arrivée en fanfare de la p'tite nouvelle-mais-pas-si-nouvelle Sarah Huckabee Sanders (assistante de Spicer) qui a montré qu'elle peut aussi balancer des énormités qui ne tromperaient pas un enfant attardé, être méprisante, agressive et insultante, après la petite tournée des médias par un Roger Stone jamais vraiment "out" qui continue à aligner mensonges et conneries de la façon la plus débonnaire et assurée, après les sempiternels tweets stupides, déconnectés et incohérents de qui-vous-savez, on se dit qu'il y a bien un "style" de communication à la Maison Blanche.... Mais que ce style ne peut pas être baptisé "profil bas". Ils le voudraient qu'ils le pourraient pas.
  10. Je ne connais pas assez bien les subtilités des interactions entre Congrès, instances judiciaires et agences fédérales dans ce domaine pour y répondre, mais comme le rappelle Marcus, ça n'a pas empêché les sentiments en 73-74, avec, il est vrai, et c'est un des points majeurs de différence par rapport à la situation actuelle, une Cour Suprême (l'un des potentiels arbitres ultimes dans un tel cas) orientée différemment (et, certains diront, avec un plus haut degré d'intégrité). En attendant le recours ultime cependant, les enquêtes elles-mêmes ne semblent pas pouvoir être bloquées, juste freinées.... Ce que Trump fait en tirant tous azimuths en ce moment, de façon maladroite selon les zexperts de la scène washingtonienne qui, malgré tous leurs défauts et prédictions foireuses, comprennent comment ce bouzin byzantin fonctionne. Sans compter par ailleurs que Trump, par ce renvoi, vient de s'aliéner beaucoup de monde au FBI. Il ne faut pas oublier par ailleurs que d'autres enquêtes sont en cours sur Trump, son entourage, ses affaires.... Notamment par le FinCEN (Financial Crimes Enforcement Network) qui se penche activement depuis l'an dernier sur ses transactions immobilières et d'autres choses. En point de mire: la façon dont il a financé ses activités depuis qu'il est tricard auprès des banques (soit plus de 15 ans). Beaucoup d'emphase a été mis dernièrement sur des déclarations de ses fils depuis des années, qui ont souvent fait allusion à la manne inépuisable que représentait pour eux la Russie. De Russie seraient venus des prêts, mais aussi du cash à blanchir dans des achats de propriétés sur le sol américain à des prix très au-dessus des cours de marché (on se rappellera le cas de l'absurde villa de Floride, payée 40 millions au-dessus de l'évaluation de l'époque). Si les Russes ne pouvaient évidemment pas prévoir des années à l'avance que Trump serait candidat présidentiel, et un crédible en plus, et s'il est très douteux de penser que toutes ces transactions remontent au pouvoir russe (Poutine lui-même, services secrets....), il n'en reste pas moins que les affaires du Donald avec la Russie (et la Chine semble t-il) puent nettement plus le blanchiment, en tout cas pour la majorité des cas, ce pourquoi un "milliardaire" américain aux abois était un parfait candidat. Si en plus, des années plus tard, ce genre de choses permet, sans que personne ne l'ait initialement envisagé, d'avoir un potentiel moyen de pression sur lui (et/ou un moyen de décrédibilisation de la présidence américaine, d'un flottement de l'autorité aux USA), que demande le Vlady? Penser que Trump a été "acheté" par les Russes en vue d'influer sur le pouvoir américain est évidemment du conspirationnisme, et de bas étage (ce qui est beaucoup dire), mais il n'en reste pas moins qu'il y a un tas de flux de capitaux qui amènent beaucoup de questions.
  11. "De terrain", faut relativiser et préciser le concept, quand même: il a fait l'essentiel de sa carrière dans le domaine judiciaire, essentiellement autour de la fonction de procureur fédéral, ce qui, aux USA, implique une très forte implication dans les enquêtes (évidemment pas en reniflant des indices, on sera bien d'accord), notamment là où il a fait ses classes, c'est-à-dire la "voie royale" dans ce cursus, le bureau de l'US Attorney pour le district sud de NY, sans doute "l'unité" judiciaire la plus importante, la plus active et la mieux financée de la planète, avec un volume et une complexité de cas sans équivalent: maffia, Wall Street.... Et Comey a bossé dans les domaines criminel et terroriste depuis le début de sa carrière. On peut dire et critiquer beaucoup de choses sur lui, mais c'est pas un bureaucrate déconnecté qui s'est trouvé parachuté à la tête d'une agence fédérale.
  12. Attention avec ces notions aux USA, pays extrêmement judiciarisé: pour un type comme Clapper, ne pas savoir quelque chose comme ça est presque de l'ordre de la faute professionnelle. Mais il y a savoir et "savoir juridiquement". Faut pas oublier qu'on est aussi en train d'assister à un grand exercice de couvrage de cul par beaucoup, beaucoup de monde. Ca doit faire longtemps que le système judiciaire américain n'a pas entendu, dans une courte période de temps, autant de "je ne sais rien, je n'ai rien vu, rien entendu, je n'étais même pas là". Depuis les derniers grands procès contre la maffia (années 80), ces répliques ont été nettement moins utilisées. Pour ce qui est de l'objet du renvoi, ce n'est certainement pas la fin de l'enquête sur la collusion avec la Russie, tout le contraire: les personnels du FBI sont, paraît-il, remontés à bloc (et pas pour Trump), et les enragés anti-russes au Congrès sont plus enflammés que jamais, avec en plus en toile de fond l'impopularité toujours montante de Trump qui impacte encore plus celle déjà chancelante du GOP (pas aidée par les derniers projets législatifs). Il y a encore un réflexe de serrer les rangs au sommet, mais aussi beaucoup de monde cherchant à prendre des distances, voire à quitter le navire à la première occasion. Le renvoi d'un directeur du FBI n'arrêtera pas ces enquêtes, il les retardera un peu tout au plus.
  13. Tancrède

    [British Army]

    Quelqu'un sait quoi faire de cette info sur le problème d'effectifs? Je lis ici qu'ils n'ont pas pu recruter suffisamment pour compenser ces départs, et là que la ministre se félicite de l'exceptionnel recrutement de l'an dernier (même si c'est vrai, c'est évidemment un commentaire très politique: on recrute beaucoup de newbees pour compenser les départs de soldats formés, ce qui coûtera une blinde supplémentaire en formation), avec assez peu d'éclaircissement sur la répartition des départs (quels services sont les plus touchés? Y'a t-il vraiment de la place dans le secteur privé vu l'absence de perspectives sûres pour l'économie anglaise?) et des chiffres qui semblent étrangement élevés pour les motifs "d'indiscipline" (s'il y en a autant que mentionné, ça doit être plutôt terrifiant pour le commandement, et indicatif d'un vrai problème dans les rangs). Je me demande par ailleurs si l'offre de soldats britanniques formés a augmenté au sas d'entrée de la Légion, tiens....
  14. Tancrède

    Hermann Goering

    On croirait entendre décrire Donald Trump transposé à une autre époque et en un autre lieu.... Oui, un pur exemple de cette organisation étatique hautement inefficace qui voyait les dignitaires se tailler chacun un Etat dans l'Etat, fait de portions des forces armées, de baronnies administratives, de secteurs économiques et de territoires, et organisés pour fonctionner en entités aussi autonomes que possibles, cherchant chacune une cohérence féodale assurant à son "baron" toujours plus de statut vis-à-vis de l'arbitre suprême et moustachu, avec d'occasionnelles visées d'indépendance et/ou d'idées de changement de calife. Ceci dit, je ne décrirais pas Speer comme le même type de "grand féodal" que Goering ou Himmler: c'était plutôt un "maire du palais", un haut dignitaire du "centre", pas un baron, donc plutôt le type avec les doigts dans tout depuis le sommet, et celui par qui le régime a entamé un minimum de centralisation/rationalisation économique.
  15. Tancrède

    US Army: le facteur humain

    Nope, mais j'ai lu pas mal de publications de lui, notamment où il donnait la teneur de son propos dans le livre. Quelques articles amusants (relayés par le blog de FM): - un par William S Lind (donc à prendre avec quelques pincettes, vu le personnage), qui vaut malgré tout la lecture: https://fabiusmaximus.com/2015/02/05/william-lind-us-military-generals-incompetence-78183/ - une autre façon de chiffrer le coût des généraux, avec d'intéressantes comparaison historiques (ratio officiers/hommes du rang....): https://fabiusmaximus.com/2015/02/04/us-military-officer-corps-bloat-78079/ - la façon dont les forces américaines décident des baisses d'effectifs et de ce qui est touché: apparemment, l'adéquation des moyens aux tâches n'est pas à l'ordre du jour, ce qui permet à l'administration de croître sans cesse (plus de culs derrières des bureaux que de "boots on the ground"); https://fabiusmaximus.com/2015/01/31/us-marine-corps-manpower-budget-cuts-77548/ - une vision intéressante des problèmes fondamentaux d'adaptation des forces US (et par extension des armées modernes, surtout occidentales) et de ce qui motive cette résistance au changement (circonstances politiques, mécanismes économiques, formation des cadres); https://fabiusmaximus.com/2015/01/19/donald-vandergriff-us-military-reform-76757/ Un des commentaires récurrents que j'ai vu, par divers auteurs, est qu'au-dessus du rang de capitaine (ou major au mieux), la compétence militaire est à peine, voire pas du tout, un facteur de promotion. Exagération par des officiers frustrés ou jaloux? Dégoût exacerbé des défauts de l'institution? Evidemment difficile à dire, mais l'importance des problèmes soulignés (effectifs "du haut", ratio de généraux par rapport à la troupe, taille de l'administration, types de décisions prises....) tend à donner à cette vision un certain fond de vérité. Un article parlant ("Abolish West Point") du WaPo sur le sujet: https://www.washingtonpost.com/opinions/why-we-dont-need-west-point/2015/01/23/fa1e1488-a1ef-11e4-9f89-561284a573f8_story.html?utm_term=.f3ecc8c00b33 Où un vétéran s'insurge du coût et du ratio coût-efficacité des officiers issus des grandes académies militaires, notamment quand on les compare à leurs équivalents issus du ROTC (programmes militaire pour des étudiants d'Université, qui inclue aussi les universités militaires/militarisées comme la "Citadel") et des Officer Candidate Schools (promotion interne par formation d'hommes du rang et "warrant officers"), qui coûtent 4 fois moins cher, représentent 80% des officiers, et ne semblent pas être moins efficaces (voire le sont plus). Par ailleurs, les grandes académies militaires semblent le terrain le plus aptes à produire un esprit de caste orienté vers l'entrisme et la carrière. A top-heavy military undermines military effectiveness because it slows decision-making, impairs adaptability, and funnels resources from the warfighter to administrative personnel. Troops on the battlefield succeed despite these layers, not because of them. (Robert Gates)
  16. 2 articles de 2013-2014 qui résument bien la façon dont le débat américain sur les dépenses de santé n'est PAS abordé: https://www.forbes.com/sites/danmunro/2014/06/16/u-s-healthcare-ranked-dead-last-compared-to-10-other-countries/#4791c661576f https://www.forbes.com/sites/danmunro/2013/12/08/universal-coverage-is-not-single-payer-healthcare/#247b8fec36ee Je mentionne la chose parce qu'il semble que la manière dont ce sujet est traité aux USA commence à changer, surtout vu l'actualité de cette semaine et le non-événement-qui-est-quand-même-en-fait-un-événement, soit le vote sur l'AHCA, présenté comme une victoire par Trump et Ryan. L'une des conséquences de la campagne de Bernie Sanders et de sa désormais immense popularité, de la guerre interne (mais très médiatisée par mille et une façons indirectes et quelques directes) au parti démocrate (où les résistances à une couverture santé universelle sont nombreuses, la grande majorité des élus et cadres étant très "sponsorisée"), de la protestation quasi permanente anti-Trump et des attaques contre l'ACA, est que depuis novembre, les Américains sont devenus beaucoup plus informés sur ce sujet (entre autres), quelle que soit leur orientation politique, et très mobilisés et actifs, au moins au niveau de leurs circonscriptions électorales. Et ce niveau d'information a, en quelques mois, non seulement fait connaître et comprendre l'ACA bien mieux que ce que l'administration Obama avait pu réaliser (souvent mal, et concurrencé par le lobbying permanent de l'autre bord), mais aussi fait rentrer les notions de couverture universelle et de "single payer system" dans les moeurs à un degré très supérieur à ce qu'on pouvait trouver avant, écrasant largement l'effet de décennies de communication contre une "médecine socialisée" diabolisée et confondant (volontairement) les deux concepts ensembles. La semaine dernière, un autre coup rude (pour eux) a été porté dans le monde conservateur sur le sujet de la santé: Charles Krauthammer est un éditorialiste populaire dans l'ultra-droite américaine (honnêtement, on peut se demander pourquoi: il passe son temps à avoir tort et à dire n'importe quoi), très lu, très suivi, et très souvent sur FoxNews (à montrer sa tête de cadavre réanimé). Il vient d'écrire un article qui a fait scandale dans les milieux politiques de droite: il a osé dire que, à son grand dam, il pensait que, désormais, un "single payer system" était inévitable..... Un coup au moral pour les factotums des assurances et des grandes pharmas? Qu'on se rassure pour eux.... Ils ont encore de quoi se défendre. Mais la question devrait être un sujet d'intérêt pour tous: la santé représente plus de 20% de l'économie américaine (je suis pas sûr, mais en Europe, c'est plus entre 11 et 13%: attention, ceci dit, les modes de calcul varient pour ces proportions, mais l'écart ici indiqué souligne l'ordre de grandeur), la première ou l'une des premières causes de banqueroutes individuelles (cad familiales), l'une des plus grandes causes d'inégalité et de mécontentement dans la population, une source d'endettement majeure pour les foyers et pour l'Etat (dans la structure du budget US, c'est le plus gros morceau avec la défense, et pour l'instant peu réformable), le sujet politique le plus sensible qui par essence bloque le système de décision national.... Si les USA craquent dans un sens ou un autre (révoltes/instabilité, paralysie complète, montée aux extrêmes, crise économique....), il y a beaucoup de chances que ce soit en partie plus ou moins grande à cause de ce secteur où les entreprises dominantes sont une bulle permanente, sur-enflée et systémiquement entretenue (par l'achat et le blocage du travail politique) aux dépends de la population qui (voir les articles) claque en moyenne autour de 10 000 dollars par an et par personne là où le reste de l'OCDE en dépense 3000, le tout pour un résultat global plutôt merdique en comparaison (il y a d'autres causes, évidemment, quand on parle de l'état de santé moyen d'une population: cf agro-business et modes de vie encouragés, systèmes de distribution d'eau....). De fait, même si la volonté politique pouvait se dégager pour une réforme satisfaisante, il faudrait encore trouver une manière de le faire sans trop de casse, parce que la transition vers un système de couverture universelle, avec ou sans "single payer system", aurait de toute façon un impact dévastateur sur les assurances et les pharmas qui ont grandi bien au-delà de ce qui est nécessaire, via un fonctionnement délirant de ce secteur. Si on y ajoute le problème "mineur" des universités et de la dette étudiante, on a une meilleure idée du risque que la planète encourt via le blocage de la vie politique US et patates chaudes, qui semblent approcher le point de rupture; 1,5 trillions au compteur, des générations d'étudiants transformés en serfs pour dette à vie, des diplômes à la qualité de plus en plus douteuse, ou en tout cas au rapport qualité-prix de moins en moins acceptable...
  17. Il ne comprends rien du tout pour l'instant: c'est juste une proposition de loi qui doit aller maintenant au Sénat, où elle n'a aucune chance de passer (de l'aveu même d'élus républicains: voir mon post en tête de page sur ce point). Même si quelque chose finissait par resortir du Sénat sous forme d'une proposition, il faudrait encore voir l'examen du résultat par une commission bicamérale qui, à son tour, devrait produire une 3ème mouture (à partir des deux textes) pouvant faire l'objet d'un compromis, afin de repasser au vote telle qu'elle, à la Chambre, puis au Sénat.... Et c'est ce texte qui, si voté, irait sur le bureau du Président pour signature ou veto. Mais en l'état des choses, le texte actuel (dit AHCA) semble appelé à mourir au Sénat. Ca semble d'autant plus certain que Ryan et un panel de républicains de la Chambre sont allés célébrer le vote à la Maison Blanche, une chose qui n'arrive JAMAIS pour un texte voté à ce stade: ils savent que la route est barrée, beaucoup doivent souhaiter qu'elle le reste, mais ils ont besoin de donner des gages à cette portion de leur électorat qu'ils ont dressée depuis 8 ans à hurler "mort à Obamacare".... Et pour ce faire, ils essaient de grapiller toutes les images de "victoire" possible, dans une tentative d'avoir le beurre (ne pas vraiment toucher à l'ACA) et l'argent du beurre (que leurs électeurs ne leur en veuillent pas) en même temps.... Si on est optimiste: plus prosaïquement, c'est du damage control assez désespéré, plutôt pitoyable, avec un Trump qui en rajoute une couche à déblatérer que ce plan réduit le prix des assurances santé, assure une meilleure couverture, protège tout le monde.... Bref, incarne "truth, justice and the American way" (et sans doute l'apple pie aussi). Et pour la note, ce texte de l'AHCA est si mal préparé, si bâclé, si inepte et passé pour de pures raisons politiciennes que les représentants républicains qui l'ont voté, Ryan en tête (vu que c'est lui et lui seul qui, en tant que Speaker, a le pouvoir de le mettre au vote), n'ont en fait aucune idée de ce qu'il coûte, des conséquences.... Etant doné qu'ils n'ont même pas attendu les analyses et projections par le CBO. Dernière preuve, s'il en fallait, que personne ne croit à ce truc. Plusieurs journalistes ont ainsi pu demander aux représentants ayant voté pour le truc s'ils avaient même lu le texte.... Et obtenu des réponses parfois très évasives. Autre anecdote: quand le texte est passé, les démocrates, dans la Chambre des Représentants, ont entamé un chant d'adieu aux élus républicains ayant voté "yay" (le Congrès gardent les vieilles formules pour un vote: "yay" ou "nay"), avec un grand sourire aux lèvres. Beaucoup d'analystes estiment que l'arrière-pensée derrière le vote était qu'il s'agissait d'un truc "for the team", d'un calcul de la droite pour préparer le terrain pour leur futur texte de réforme fiscal: l'AHCA est censé réaliser d'énormes économies qui permettront de dégager les marges de manoeuvre pour des baisses d'impôts massives (pour le haut du panier essentiellement), et l'équipe Ryan pense appâter les républicains modérés et/ou hostiles à la suppression d'Obamacare (peu y sont hostiles, mais beaucoup ne sont pas élus confortablement dans des bastions conservateurs) en les contraignant à ce vote s'ils veulent ensuite voir arriver la réforme fiscale dans la conversation (qui elle est aussi attendue par les républicains de la Chambre que par ceux du Sénat). Cerise sur le gâteau, Ryan leur rappelle que le texte ne passera pas au Sénat, donc ils n'auront pas à souffrir des conséquences du vote AHCA. Les mêmes analystes trouvent ce calcul de très courte vue, déconnecté des opinions de la population, et sans doute en grande partie illusoire: ils pensent que même si ce vote est symbolique (et ce à dessein), le GOP s'est quand même tiré une balle dans le pied, et pas qu'en terme d'image. Les projections du CBO vont sortir la semaine prochaine: ça risque de leur foutre une deuxième couche de merde sur la tête.
  18. En essence, le dispositif par lequel le président français obtient les pleins pouvoirs, face à une situation exceptionnelle. Mais il est seul juge de ce qui est une situation exceptionnelle. Et les gardes-fous sont très limités. Symboliques, diraient les mauvaises langues.
  19. Va falloir voir ce que le Sénat va faire: les Sénateurs sont BEAUCOUP plus sensibles à l'impact de tels textes sur les électeurs de leur Etat: ils ne peuvent pas se planquer dans des circonscriptions taillées sur mesure, étant obligés d'être élu par l'ensemble de la population d'un Etat. Et beaucoup des Etats les plus trumpiens comptent parmis les plus dépendants à l'ACA et à ses subventions, et plus que tout, à sa protection contre les mesures discriminatoires à l'encontre des gens ayant des "pre existing conditions" (note: être enceinte est par exemple considéré comme une telle condition faisant exploser le coût d'accès à une assurance). Même la part importante des Américains qui croit ou croyait encore récemment que ACA et Obamacare étaient deux choses différentes (surtout que le système porte divers noms selon les Etats, surtout les républicains) s'est beaucoup informée depuis janvier, et sentira passer la différence. Elle peut déjà être estimée, et les projections du CBO vont pas tarder à sortir pour se faire une idée précise de l'impact de ce texte. J'ai déjà vu passer un chiffre ce matin (sur Morning Joe, estimations de Steve Rattner), qui souligne la différence entre les montants dont les sponsors du texte prétendent qu'ils couvriront les besoins (grandement réduits) du dispositif prévu (nb: pour couvrir les trucs comme les "pre existing conditions"), et les montants réellement rendus disponibles: sur 330 milliards requis, il en manquerait en fait 192. Oups. Le genre de truc qui fait de la casse électorale. Et c'est sans même parler du Donald qui, si jamais ce texte sort du Sénat, puis ressort de la Chambre et vient sur son bureau pour qu'il le tamponne, va porter l'immense majorité de la responsabilité vis-à-vis de son électorat qui, comme pour la première mouture d'il y a deux mois, sera en moyenne le plus touché par le nouveau dispositif.
  20. Certaines mauvaises langues aiment à dire que son soutien exprimé au "remain" a été le "touch of death" final (genre la cerise sur le gâteau) lors du référendum anglais.... Sans doute aussi parce que la plupart de ces gens ne comprennent pas comment notre système politique fonctionne (et s'en branlent), et s'attachent outrageusement aux symboles, en plus de ne pas vraiment faire attention aux probas de réussite effective de LePen; bon, c'est vrai que ces derniers temps, leurs instituts de sondage -au moins dans leurs productions "grand public", cheap, fréquentes et imprécises- ont plutôt merdé, même si la faute va surtout aux milieu politico-médiatiques qui ont à tout prix dit et fait dire tout et n'importe quoi aux sondages, bien plus qu'ils ne pouvaient réellement révéler (et les instituts et experts ont répondu à cette demande très solvable). S'ils se penchaient un peu sur notre cas, les probas des législatives et de leur système de scrutin, à elles seules, ramèneraient quelques patates au fond de leur sac.... Quoique j'ai pas mal de copains (et d'échos par eux), surtout juifs, qui sont honnêtement paniqués au point de prévoir d'éventuelles solutions de départ, persuadés qu'ils sont qu'une LePen présidente, avec des soutiens divers dans l'appareil d'Etat, surtout les forces de l'ordre, tenterait le coup de force "à l'ancienne", contre le Parlement, en se foutant des conséquences (sur les relations extérieures, l'économie, l'investissement, les flux financiers, l'ordre dans le pays....); j'ai jamais entendu l'article 16 si souvent mentionné dans des conversations civilisées. Je leur ai tellement parlé que la chose ne me paraît plus si folle, même si fondamentalement, j'y crois pas; mais ils la perçoivent vraiment (et le FN avec) comme ce genre de force disruptrice prête à tout foutre par terre sans se soucier des dégâts, du moment qu'elle peut prendre le contrôle et bâtir son truc, aussi pourri que ce soit. Et je parle là de gens vraiment très éduqués, en moyenne relativement jeunes (pas des papys ayant vécu la "fois précédente", ou même leurs enfants), très connectés socialement.... Le genre qui relativise d'ordinaire tout, y compris des choses ne devant pas être relativisées (genre la casse sociale dans une mauvaise passe économique....), mais qui, là, panique assez vite dans la conversation et se met en colère si on essaie de minimiser leurs craintes. Quand je vois la réaction de ces gens ben français, très parisiens, je ne m'étonne pas que la presse étrangère et les dirigeants d'autres pays disent n'importe quoi.
  21. Blague à part, ça remonte à plus loin, et ça va plus profond (je te laisse le soin de te torturer en t'empêchant de balancer trop de jeux de mots salaces là-dessus): l'importance culturelle et psychologique de la mentalité et de la profession juridique ne peut jamais être sous-estimée aux USA: en terme de prestige, d'image en général, plus encore que le médecin, juges et avocats (qui passent par le même cursus) ont une aura qui reste inaltérable dans ce pays où le concept de légalité est bien plus fort qu'ailleurs (le point légalité vs légitimité/justice, lettre vs esprit de la loi, y est débattu en des termes très différents de ce que l'on peut voir dans d'autres pays). L'un des effets principaux, comme pour d'autres professions mais à bien plus grande échelle et avec encore moins de regard pour la réalité du "marché" de l'emploi juridique, est de continuer à fournir des wagons de candidats là où il n'y a pas la moitié du besoin, sans que les crises ou les cris d'alarme aient beaucoup d'effet sur les volontaires. On peut le voir à plus petite échelle, par exemple, pour les cursus de littérature (par rapport au nombre de jobs dispo à la sortie, aux espérances de carrière -principalement la "tenure", le saint graal), ou les artistes CGI qui bossent pour Hollywood (deux exemples sur lesquels j'avais posté sur ce fil): le niveau de passion pour la chose (amplifié par bien des biais culturels et encouragements -dont beaucoup intéressés- qui faussent les attentes et perceptions des djeunz entamant ces parcours) garantit une offre de candidat qui reste extrêmement supérieure à la demande actuelle et future, créant des filières qui sont des champ de ruines et de désillusion pour l'immense majorité de ces gens, tout en gardant une image "glamour", motivante.... Pour un tas de raisons essentiellement mauvaises.
  22. Les USA ne réfléchissent pas à la même échelle et de la même façon, ceci dit: ils produisent malgré tout un grand nombre d'autochtones compétitifs, et ont le capital-investissement nécessaire pour eux à la sortie de l'université. Mais, et on l'a déjà mentionné plus haut dans le sujet, dans l'ensemble, ils n'ont pas de problème de "skills gap" comme beaucoup de grandes entreprises le clament trop souvent: au regard des besoins, il ne manque pas de main d'oeuvre compétente. Les plaintes à cet égard viennent du fait que beaucoup d'entreprises et de secteurs économiques (très organisés aux USA) veulent une très vaste surabondance de demandeurs d'emplois qualifiés pour continuer à faire pression à la baisse sur les salaires, raison pour laquelle ce point mentionné des visas H1B risque d'être une patate chaude (médiatisée ou non) dans le parti républicain si Trump est vraiment sérieux sur le sujet, et veut faire plus que quelques discours symboliques à ce propos, vu qu'il s'agit d'un circuit d'immigration spécial devenu massif pour tout un tas d'industries voulant empêcher les niveaux de salaires de grimper. Les USA auraient un problème de formation si la demande se mettait en général à réaugmenter de façon significative, contraignant la production en général à entrer dans une vraie phase d'expansion Vu la politique économique dominante, c'est pas près d'arriver. En attendant, de fait, ils se foutent que leur système scolaire et universitaire provoque beaucoup de casse tout au long du parcours (élèves sortant du système, gens insuffisamment éduqués, proportion de diplômes inutiles, diplômés croulant sous des dettes dont ils ne peuvent pas sortir): il reste suffisamment de "bons" diplômés à la sortie pour répondre aux besoins, et on importe de quoi limiter leurs ambitions salariales s'il n'y a pas assez de surplus. Les compétences ne sont utiles que s'il y a des jobs à la sortie des universités, et c'est le point qui semble être beaucoup plus le problème dominant dans l'Amérique contemporaine (et ailleurs). L'Amérique des années 60 a produit beaucoup d'ingénieurs aéronautiques, et celle des années 70 beaucoup d'ingénieurs géotechniques (je ne suis pas sûr de la traduction: le terme semble employé tel quel en anglais, mais pas en français, renvoyant je suppose à une autre appellation) et/ou liés aux expertises sur le secteur pétrolier. Une blague courante sur les campus américains: comment appelait-on les ingés aéronautiques dans les années 70 et les géotechniciens en 1990? "Garçon!". On peut ajouter ce qui a toujours du mal à devenir un lieu commun tant cela est lié à une bonne part de l'imaginaire du succès aux USA et à la mentalité du pays: les diplômes de droit. Les USA souffrent d'une surproduction d'avocats depuis une vingtaine d'années, qui ne fait pas mine de vraiment se réduire, avec des effets dévastateurs pour les diplômés (écrasés de dette et sans perspectives), pour la profession et pour les universités, sans pour autant que le "marché" de la justice en devienne plus accessible au péquin moyen, largement exclu de tout espoir de se faire représenter (et surtout efficacement) dans le système judiciaire. On mentionne aussi que le secteur pharma (qui produit vraiment beaucoup de diplômés depuis 15 ans) est une bulle sur le point d'exploser. Et évidemment, il y a le "secteur" en général des postdoctorants qui a produit une surabondance générale dans quasiment toutes les disciplines, qui concourt de la misère actuelle du métier d'enseignant, même au plus haut niveau universitaire, aux USA (au point de polluer la profession, de l'avoir politisée à l'extrême, d'avoir constitué un modèle économique malsain....). J'ai plus ou moins évoqué tous ces points dans ces pages (je peux retrouver les sources, pour ceux que ça intéresse). Les cycles boom-bust semblent s'être accélérés et dominer les flux de l'économie mondiale à un rythme et avec une ampleur rarement égalés, et un fort impact sur les titulaires de formations plus ou moins poussées: l'offre universitaire semble trop mal corrélée à la demande réelle de qualifications, avec en plus des rigidités, des phénomènes de mode et des certitudes et incitations entretenues par divers phénomènes (y compris le lobbying de secteurs intéressés à une offre surabondante). La chose, en principe, est normale, et peut être saine jusqu'à un certain point, aidant à éviter la sclérose de divers métiers (qui étendent ou restreignent leurs champs d'exercice pour s'adapter aux nouvelles circonstances, entrent en concurrence avec d'autres métiers jusqu'alors plus séparés....), mais ce point est vraiment largement passé, entre autres en raison du coût extrême de l'éducation aux USA, du champ de cadavres laissé en cours de route sur un parcours éducatif ("cadavres" qui ont eux aussi un coût économique, social et politique, surtout quand l'économie ne peut absorber la main d'oeuvre pas/peu qualifiée comme à d'autres époques), mais aussi parce que, en plus de tout cela, les entreprises elles-mêmes ont beaucoup baissé leurs dépenses en matière de formation continue (formations payées par l'entreprise, ou formation en cours d'emploi). Dans l'ensemble, la formation à tous les stades de la vie, de l'enfance à la retraite, a clairement pris des coups de partout aux USA, qui étaient plutôt un modèle en la matière jusqu'aux années 80 (surtout pour tout ce qui concerne les phases de transition école-marché du travail, apprentissage dans la continuité du travail....): le modèle qui s'impose s'assimile plutôt à une attitude de consommateur de la part du secteur privé, désormais: on prend du tout prêt payé par d'autres, on jette en se foutant des dégâts.... Payés par d'autres. Résultat: le champ de cadavres évoqué plus haut (et même un très diplômé peut être un "cadavre" si par exemple son en cours de dette est plus élevé que ses perspectives de revenus), une incitation à l'immigration type H1B pour plafonner les revenus ou les faire baisser, et une demande stagnante ou en diminution qui ne laisse pas présager de future expansion industrielle ou de croissance forte (et surtout partagée).
  23. Le problème est que c'est une bêtise qui répond à une autre bêtise, elle-même issue d'une autre bêtise.... Y'a beaucoup de connerie accumulée de part et d'autres, ce qui ne sert qu'à démontrer la somme des incohérences et incompatibilités de vues qui ont été foutues sous le tapis trop longtemps par toutes les parties prenantes. L'art de faire durer les carreaux cassés a encore frappé, mais il ne peut pas grand-chose quand vient le vent froid. Le "front" UE est pris entre la nécessité de montrer que l'Europe est un club qui offre moult avantages (et qu'il est donc coûteux de quitter), le besoin de montrer qu'il y a une autorité dans cette union (et qu'une autorité se justifie en partie par le pouvoir et la capacité de punir), l'urgence de dissuader d'autres éventuels exiteurs, et l'intérêt (incontournable, tout le monde le sait) à garder de bonnes relations, y compris économiques, avec le RU. Les deux premiers l'emportent en ce moment sur le 4ème, de beaucoup. C'est en fait l'une des premières fois qu'on voit si ouvertement une vraie coalition politique "classique" (cad comme dans nos arènes politiques nationales) se former à l'échelle de la scène européenne, avec un tel élément de coercition. Je me demande vraiment comment ils étouffent pour l'instant les lignes de fracture, et quel capital politique est dépensé dans la pratique pour obtenir cet effet: l'Allemagne a beaucoup usé le sien auprès de nombreux pays sur le sujet migratoire, ce qui doit avoir induit, pour ces négos, l'usage de plus fortes contraintes.... Qui laisseront des marques et des ressentiments.
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