-
Compteur de contenus
18 697 -
Inscription
-
Dernière visite
-
Jours gagnés
166
Tout ce qui a été posté par Tancrède
-
T'as absolument envie vivre dans un grand cocon et de bouffer des patates fertilisées avec tes propres excréments? Note, c'est vrai que côté traçabilité....
-
Peter Thiel, qui est, comme la plupart des nominés de Trump, un éminent membre du "swamp" (et finançant lourdement la carrière de nombreux élus), ouvertement (de son propre aveu) opposé à la démocratie, libre échangiste à fond et membre du groupe Bilderberg. On peut ou non admirer tout ou partie de sa carrière et de sa pensée, mais nier qu'il est bien plus partie du problème que de la solution est de l'aveuglement volontaire. Il fait partie de cette nouvelle génération de patrons hyper-médiatisés et égomaniaques (beaucoup se sont calqués sur Steve Jobs dont la mythologie et les fanboys suvivent), hyper-exploiteurs, préconisant ce qu'ils ne pratiquent pas, dictant des solutions "top down" sous couvert de langage "grassroots", niant les conséquences humaines de leurs actes et de ce qu'ils préconisent quand ils se mêlent de politique, et constituant de fait une caricature de technocrates sans conscience menant une politique d'image pour se donner des airs de grands humanistes, avec bien peu de monde pour les contredire tant l'accès à la parole publique est inégal. Ce n'est pas "élitiste", ce mot épouvantail permettant à certains de conclure une discussion et d'éviter d'examiner leur propre position (tout comme les accusations de racisme/sexisme.... A tout va), que de pointer que les gens nominés par Trump ne connaissent pas ou peu les domaines auxquels ils ont été attelés, ne connaissent pour la plupart rien du tout à la façon dont fonctionnent un pays et ses outils, comprennent encore moins les contraintes liées à une démocratie dont le but est de préserver certains intérêts et droits de base de TOUS ses citoyens et leur environnement (contrairement à une entreprise dont les seuls "citoyens" sont les actionnaires.... Et en fait juste les gros: tout le reste, employés, partenaires, sous-traitants, petits actionnaires, environnement.... Est écrasable à merci), et ce avec une perspective à plus de 2 ou 3 ans. Ce sont des hyper-spécialistes habitués à opérer en autocrates ou oligarques aussi monomaniaques qu'irresponsables, avec presque toujours quelqu'un pour payer les conséquences de leurs actes à leur place et nettoyer derrière eux. Pas vraiment la mentalité idéale pour la direction d'un pays, qui requiert une perspective bien plus vaste, et implique des contraintes bien plus grandes. Sans même parler de leurs motivations plus qu'apparentes, notamment les goldmansachsiens ou des types comme Carl Icahn. Mais bon, comme c'est devenu une habitude dans les médias écrits ou audiovisuels, les interviews de l'ère de l'access journalism sont hagiographiques, faites par des journalistes extatiques et à plat-ventristes, fiers d'eux parce qu'ils ont eu la chance de rencontrer "la grandeur", ou au moins un nom qui leur permettra de grapiller quelques clics de plus. Mais bon, c'est l'ère de la ploutocratie, de la richesse hyper-concentrée, et donc de la fascination largement indue et en grande partie artificielle (voire autofinancée) pour les personnages visibles. La dérive du star-system dans une société qui se féodalise à vitesse grand V.
-
J'avais précisé que j'étais pas en mode sérieux pour un moment, là..... Tu as conscience que je répondais sur le thème du "mouillé" juste comme un prétexte pour faire une vanne sur l'histoire de la "pipi party" , avec absolument aucun autre sens, aucune autre intention induits? N°1 et rien d'autre. Tout, tout, tout vous saurez tour sur son pip....
-
Japon
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Too little too late: une demi-journée de congé par mois ne changera rien aux données du problème. Ce sont les rythmes quotidiens qu'il faut se donner les moyens d'impacter, quand on veut infléchir ce genre de tendance lourde. Là, c'est même pas au niveau du symbolique. Si tant est même que cela concerne beaucoup d'entreprises, sachant que ce genre de politiques n'a tendance, au Japon, à se manifester que dans le "premier" marché du travail, celui des grandes entreprises toutes belles et visibles (incarnées par Toyota et le toyotisme en tant que politique socio-économique il fut un temps), pas les 2ème et 3ème (sous-traitants, PME, services à la personne et très petites entreprises en tous genres, soit la grande majorité des salariés). -
Mouillé par quoi? Ou bien déjà mouillé dans un autre genre de trucs? Comme le droit de déficiter comme des tarés sur les dépenses militaires (et acheter prioritairement made in France évidemment) sans que ce soit comptabilisé pour la Golden Rule. Voilà, comme ça on retombe sur un thème AD.net, na! Sujet terminé, plus rien d'autre à dire, rentrez chez vous. Oui, là je suis plus d'humeur à poster du réflexif pour un moment. Plus tard dans la journée peut-être.... A propos, petite info juste pour la note: il a été indiqué dans les infos US d'hier soir que l'essentiel des hauts fonctionnaires du State Department (entre autres) a été virée cette semaine, sans préavis. Il ne s'agit pas que des nominations discrétionnaires et de celles qui en découlent directement (les 4000/24 000 cadres dirigeants et équivalents-ministres, dircabs....), mais bien de toute la direction de cette haute administration (et d'autres), représentant une bonne part de l'expérience et de la mémoire institutionnelle des affaires étrangères américaines, qui dégagent juste comme ça, sans rien pouvoir transmettre, et faisant perdre à la diplomatie US tout le suivi des affaires courantes. Dans la foulée de la confirmation de Tillerson, lui-même sans expérience de ce type, ça laisse songeur même en ne se focalisant que sur la perte sèche de capacité. Dans le même temps circulait la rumeur (juste une rumeur pour l'instant) selon laquelle Trump aurait d'ores et déjà signé un ordre de levée unilatérale des sanctions contre la Russie.
-
Non, c'est précisément le résultat APRES l'élection, et bien plus que ce que ceux qui invoquent un hypothétique "trumpisme" sans vouloir rentrer dans les détails, acceptent de daigner produire. Ces mêmes personnes qui ne raisonnent qu'avec des arguments d'épouvantail pour se construire leur cible fantasmée, ce mystérieux intello urbain/cosmopolite prétentieux éloigné de la réalité. Bien commode, mais faux, même si les phénomènes de tour d'ivoire et de groupthink fermé ont effectivement joué dans une certaine mesure. Les chiffres que je cite sont le simple constat du réel, la décomposition des électorats aussi: ça fait peut être très Charles Péguy de balayer tout cela d'un geste et de vouloir parler en termes très génériques avec un soupçon de mystique et de grands élans, mais la simple réalité de ce qui a porté Trump au pouvoir, et plus encore de ce qui a fait foirer Clinton, n'est en aucun cas un mystère et laisse bien peu de place à des interprétations, tout comme les réalités de l'électorat américain dans toutes ses composantes. Ca n'a rien à voir avec un "moule", et plus encore, si tu suivais les médias américains régulièrement, tu verrais en plus que ce que j'énonce diffère pas mal de la fourchette moyenne des opinions et sujets prioritaires qu'on trouve dans les grands médias du pays (surtout quand on se penche sur le sujet de la gauche américaine, où l'establishment démocrate continue à dicter la teneur du discours dominant pour l'instant, et où les ex-Clintonites reviennent vers le haut du pavé.... Pour l'instant).
-
Oui, l'explication pour le "changement d'heure" sur cette horloge renvoie certes aux postures de Trump, mais beaucoup plus largement à la montée des nationalismes et radicalismes en tous genres, et aux discours politiques niant les faits scientifiques par idéologie ou intérêt court termiste. Ceci dit, cette horloge m'a toujours fait marrer: c'est un gadget de communication destiné certes à produire un degré ou un autre de peur censé appeler à la réflexion et impacter les consciences, mais je me demanderai toujours comment ils factorisent des données d'une incroyable complexité, les translatent en chiffres, et en viennent à estimer avec de telles choses la situation du monde en matière de risque de tout voir péter. Pourquoi 23:58? Pourquoi pas 16h (c'est toujours plus proche de la fin que du début) ou 21h? C'est complètement absurde.
-
Là c'est de l'illusion, et employer de grandes phrases vraiment très génériques pour évoquer le thème du changement et sa "brutalité nécessaire" (ce qui veut tout et rien dire): Trump n'a pas de faction politique, et son électorat propre, s'il n'est pas négligeable, reste réduit, et pire encore, pour l'instant non organisé. Il n'a pas été élu par une vague de support, pour lui ou ses politiques: il doit sa victoire à la discipline de parti, au tribalisme, côté républicain, et bien plus encore, à la désaffection (voire au dégoût) côté démocrate. 20% de ses électeurs ont voté pour lui en le détestant, et plus encore n'ont pas grande illusion sur ce qu'il est et ce qu'il peut (conservateurs/républicains en tête), et l'ensemble, y compris avec ses fans (hard et softcore), "pesait" en novembre à peine 46% des votants, eux-mêmes 55% des citoyens en âge de voter. Autour de la moitié des gens ayant voté pour lui ont vraiment voté "pour" lui (cad pour lui Trump, pour lui l'outsider ou pour lui le candidat républicain: 3 choses différentes, 3 électorats différents), les autres ayant plus voté contre Clinton et/ou contre "le système". Faut pas faire l'erreur que les politiciens adorent faire (consciemment ou pas) de croire qu'il a vraiment un mandat et qu'il a été porté au pouvoir pour le faire. De ce côté, il est même étonnamment faiblard, si on examine les composantes électorales de sa victoire. Ca ne change rien au fait qu'il soit élu (ce pourquoi beaucoup de politiciens aiment à faire cette erreur et entretenir l'illusion), ça change tout sur le plan du retour de bâton à attendre, de la part d'une bonne portion des composantes de son électorat. Si sa cote de popularité, ou plutôt de "job approval", depuis novembre est indicative, ça a déjà commencé. Le GOP garde une base beaucoup plus solide malgré tous ses problèmes et son handicap démographique sans cesse croissant; les démocrates sont dans une phase de transition, en aucun cas "mourants". L'establishment démocrate actuel va devoir composer avec une aile populiste montante (et encore, le terme "aile" est en train de perdre son sens, tant ça semble plutôt ressembler au corps), et savoir qui dominera le parti sera l'enjeu des prochains mois/années, qui se jouera dans les médias (influence sur le discours ambiant) et dans l'appareil du parti, mais bien plus profondément sur le terrain de la reconquête des échelons électoraux de base (conseils municipaux et autorités de comtés, boards scolaires, circonscriptions du Congrès, circonscriptions électorales d'Etats), ce qui a déjà commencé à se passer, via une semi-révolte de la base qui a commencé à s'organiser sans demander l'avis du DNC ou du parti dans chaque Etat (je rappelle qu'il n'y a pas de partis nationaux aux USA: il y a un parti républicain et un démocrate dans chaque Etat et territoire). La démographie bosse dans leur sens, et plus encore, la très grande majorité des abstentionnistes penche vers les politiques prônées par les démocrates, surtout les plus "liberals/progressives".
-
Ce n'est évidemment pas facile à évaluer dans l'absolu, mais pour ce qui concerne le futur immédiat et proche, le catéchisme a en majorité raison avant tout parce que c'est la posture et le mode de pensée de la quasi totalité des décideurs, et l'état des lieux pour tous les pays participant significativement au commerce mondial. Un changement ponctuel d'une ampleur telle que décrite dans ce système n'aurait qu'un effet de retour dramatique: ça ressort avant tout du simple chiffrage des coûts de production, de celui de l'état actuel du pouvoir d'achat dans les marchés concernés, et du comportement des décideurs économiques (pour lequel il y a aussi une part moins objective, plus "culturelle", même si elle n'est pas le facteur le plus important dans leurs calculs). Ce dernier est influencé par les facteurs définissant la libre circulation des capitaux telle qu'elle fonctionne actuellement, et de ce côté, le constat est simple: les capitaux sont hyper mobiles, les travailleurs et consommateurs le sont très peu en comparaison, et les premiers sont en surnombre. Si on voulait changer l'équation de la façon dont les divers populismes actuels/montants le demandent, ça requièrerait une masse critique de pays importants plus ou moins d'accord pour le faire en simultané, selon des lignes plus ou moins compatibles, afin de contraindre les dits décideurs économiques. C'est pas une politique unilatérale, même par les USA, qui risquera de créer le genre de changement voulu. Mais même s'il devait y avoir un effet neutre ou légèrement positif au choix de Trump (ce qui, en l'état des choses, est bien plus que douteux), cela prendrait du temps, et la phase de transition serait économiquement douloureuse, voire meurtrière, pour la majeure partie de l'électorat qu'il a séduit. Là, Trump aurait plus de chances de créer une mini-crise économique (au moins dans les Etats frontaliers et au Mexique) avec potentiel pour dégénérer, qu'autre chose. Vouloir rétablir un équilibre différent entre ouverture commerciale et protection (sans même parler d'un changement dans la répartition de la richesse créée) demandera beaucoup, beaucoup plus (et mieux) que des pets de cerveaux sur lesquels on met du spin. Mais bon, sur un plan plus pratique, il faut souligner qu'il y a très peu de chances de voir la majorité GOP au Congrès même envisager de suivre la position de Trump sur les tarifs douaniers. Ils sont libre-échangistes à un degré religieux complètement dans la pogne de leurs donneurs, et seront de plus en plus enclins à faire sentir à Trump qui c'est (réellement) Raoul,
-
C'est encore plus vrai quand tu prends en compte l'impact sur le pouvoir d'achat des Américains, surtout en région frontalière; je doute qu'on verra un impact significatif de la politique de Trump sur les revenus, mais en revanche, il y aura un impact direct et rapide sur les prix s'il applique ce qu'il dit: entre les produits qui dépendent de fait du travail moins payé d'immigrants en situation irrégulière (surtout dans l'alimentation et la construction, ainsi que certains services à la personne), d'une part, et les biens de consommation importés du Mexique d'autre part (surtout pour ce qui concerne les biens circulant sur une distance faible ou moyenne, essentiellement donc pour les Etats américains frontaliers), il y aura là un impact sensible, dans un contexte où il est de toute façon peu probable de voir les employeurs américains mettre la main à la poche, au-delà de ce dont certains essaient actuellement de donner l'impression en foutant un spin trumpiste (pour lui lécher le fion) sur des décisions prises longtemps avant. Dans une Amérique où une proportion très significative des gens est dans la situation ubuesque des employés de Walmart ne pouvant même pas se payer le "luxe" de faire leurs courses chez Walmart (et dépendant de l'aide alimentaire publique.... Qui souligne ainsi à quel point les profits de Walmart sont lourdement subventionnés), on a là les ingrédients d'une variation sur le coût de la vie qui sera impactante pour beaucoup de monde, et assez vite.
-
Pour mémoire, quand El Chapo avait fait sa très médiatisée évasion d'une super prison mexicaine, ses hommes avaient employé un tunnelier dernier cri, appartenant à une société de BTP.... Que possédait El Chapo. Faut pas trop s'en faire pour les Cartels et passeurs (quand ce sont pas les mêmes); ils sont très loin de l'image de groupes artisanaux forçant des nuées de peons à creuser des kilomètres de galerie à l'ancienne. Ils font ça à n'importe quelle profondeur, sur des dizaines de kilomètres parfois, avec des matos modernes et des personnels qualifiés, beaucoup de complicités des deux côtés de la frontière, et des incitations à continuer qui écrasent de beaucoup toute mesure pour les en empêcher ou dissuader. Et les mêmes tunnels peuvent servir pour la came ou pour des humains, ça change rien.... Même si, comme rappelé plus haut, la très grande majorité de l'immigration clandestine ne passe pas par des franchissements illicites de la frontière, mais par des voyages parfaitement légaux qui sont "prolongés" quand le visa expire. Enfin, c'était le cas.... Jusqu'à il y a maintenant 7-8 ans; depuis, le flux est inversé. Ca commence à faire maintenant un bon bout de temps qu'il y a nettement plus de gens revenant au Mexique que de gens le quittant (même en comptant les autres migrants sud-américains passant par cette frontière). Et là-dessus, juste pour le symbole, y'en a qui seraient prêts à foutre 30 à 40 milliards de dollars de dépenses en plus des fortunes qui y sont déjà gaspillées? Ca fait cher la communication politique et le coup de pork barrel politics pour les élus locaux. En plus, j'aimerais beaucoup voir la tête des propriétaires fonciers frontaliers, petits et grands, quand l'Etat fédéral trumpiste va débarquer chez eux et leur foutre un avis "d'eminent domain" dans la gueule, les expropriant (avec peu de dédommagement) de tout ou partie de leurs terres pour construire cette débilité. Les estimations de coût (source: groupe Bernstein,, qui a produit une étude extensive sur la faisabilité) tournent autour de 15-20 milliards pour la construction d'un mur tel que défini par Trump dans sa campagne (40 pieds de haut, 7 pieds de profondeur, 10 pouces d'épaisseur, et le tout sur 1000 miles de longueur), sans compter le coût d'appropriation des terres, celui de la main d'oeuvre, le coût des appareillages et mesures de sécurité le long du mur (surveillance et dispositifs divers) et toute variation dans la construction (en raison d'un terrain difficile) impliquant des travaux supplémentaires: 15 milliards, c'est le coût nu et abstrait d'un tel mur en tant qu'objet de béton sur 1600 kilomètres et des brouettes. Et c'est aussi évidemment sans prendre en compte dépassements, délais (zones problématiques, innondations par endroits, rocailles et montagnes ailleurs, climat....), abus, erreurs et surcoûts qui n'arrivent JAMAIS dans de tels grands contrats.... Surtout dans le secteur du bâtiment ou celui de la sécurité d'un Etat outsourcée à de grandes entreprises en situation oligopolistique. Nooooon monsieur. Les portions déjà existantes de la frontière murée ont coûté entre 3 et 4 millions de dollars par mile, et il ne s'agit que d'une assez simple barrière, construite sur 653 miles des portions les plus faciles de la frontière. Dans le cas de ce qui est voulu ici, ce sera au moins 30-40 milliards plus les dépenses supplémentaires en entretien, plus l'ensemble des mesures de sécurité qui iront avec (agences impliquées, staffing....) sur lesquelles il n'y a pour l'instant pas d'info. Si on y ajoute un changement dans la posture du DHS sur le versant de la chasse au clandestin sur tout le territoire (bizarre alors qu'un gel des embauches dans le public a été annoncé, sauf pour l'armée), l'enveloppe totale va être salée, pour des résultats marginaux. Ou bien l'essentiel de ce truc est de la com, et il va se contenter de mieux vendre ce qui en fait a été mis en place par Obama, aussi appelé le "déporteur en chef", qui a déporté plus de migrants que les deux Bush et Clinton ensembles.
-
Etant donné que la Californie est le premier Etat contributeur au budget fédéral, y'a aussi quelque chose de funky qui pourrait être engagé dans l'autre sens, selon la façon dont les dispositifs fiscaux et la collecte fonctionnent: ça a été évoqué à de multiples reprises, notamment du côté républicain.... Ce qui est ironique, puisque Texas mis à part, la grande majorité des Etats rouges reçoivent bien plus qu'ils ne contribuent au budget fédéral.... Tous ces communistes dépendants de l'Etat-maman et ne se bougeant le cul que pour tapiner des subventions (la preuve que les républicains sont en fait de sales cocos? Le rouge est leur couleur ).
-
CA Y EST!!!!!! J'AI TOUT COMPRIS!!!!!!! Une image vaut mille mots, disent les ricains: je viens de voir à quel point c'est vrai, et ce simple aperçu m'a fait comprendre d'un coup tout le comportement de Trump depuis l'inauguration, et ses motivations profondes. J'avais pas vu de vidéos du (minable) concert d'inauguration, et c'était en fait une grave faute d'analyse politique , parce que ces brefs aperçus de la scène et des invités d'honneur du spectacle vous résumeront mieux que n'importe quel exposé journalistique pourquoi Trump agit comme il agit et s'obsède à chasser des moulins à vent sur twitter et via ses communicants dont l'épine dorsale doit commencer à déjà fatiguer sous l'effet de tant de contorsions, et qui doivent prendre des trucs plutôt gratinés pour achever leur sens du ridicule. Le spectacle était effectivement minable; honnêtement, et je dis pas ça de façon partisane, c'était assez pitoyable. En plus de l'audience réduite (environs 10 000 personnes, contre 400 000 à celui pour Obama), la qualité du truc est..... Pourrie (je cherchais quelque chose d'autre, mais en fait, c'est le mot). Beaucoup de respect pour les quelques moments d'orchestres militaires, très professionnels, mais aux morceaux mal choisis et qui n'ont rien à foutre à s'interposer entre des morceaux de groupes et chanteurs de série D, et des visuels que les candidats scandinaves de l'Eurovision (mis sous amphets) ne rejetteraient pas. Et devant ça (mais derrière une vitre blindée), on a la famille Trump au premier rang, d'astreinte pour toute la durée de l'événement, qui est filmée avec l'air d'être à un enterrement. Voilà tout le truc: Trump, vu sa mentalité, a du vivre la chose comme une profonde humiliation, une épreuve à endurer pour laquelle il ne peut appliquer que sa formule de rétorsion habituelle.... Déni à toute force, et vengeance brutale. Le tout avec un niveau d'obsession égomaniaque qui ne peut connaître de répit, ni accepter la moindre pause. A cette lumière, avec, pour compléter la combo, la taille comparée des audiences, puis le coup de grâce de la marche de samedi, le comportement de Spicer et Conway depuis ne peut qu'apparaître comme la chose la plus logique du monde. Je ne sais combien d'heures d'un abominable et humiliant (pour son ego) concert furent une forge pour sa rage, où chaque minute soufferte fut ruminée jusqu'à la lie, ajoutant un coup de marteau de plus sur le fer rougeoyant de son envie de rétribution. (nous ne voyons pas d'autre explication )
-
On notera quand même que quand Obama l'avait fait, le Board existait encore: la chose était beaucoup plus neutre puisque régie par une autorité bipartisane et faite de gens moins politisés Bouaif, je ne crois aucunement à la chose: les nominés pour son cabinet parlent haut et fort dans ce domaine, bien plus fort que sa rhétorique. Il veut "appartenir" socialement à l'establishment depuis toujours, et y être en bonne place. Il y a plus qu'une différence de gradation entre un activiste et un fanatique. Et on peut même jouer les orfèvres en pointant des degrés dans la fanatisation, de celui qui est prêt à aller voir un de tes meetings dans un bled perdu et/ou passer ses jours et ses nuits pendant des mois à rager sur les médias sociaux en faveur de "la cause", à celui qui est prêt à se mettre une ceinture d'explosifs, empoigner un fusil, torturer un hérétique.... Ne sois pas trop cabotin; le mieux est l'ennemi du bien Déjà, dans la culture politique et institutionnelle US, avoir un média aux ordres est extrêmement mal vue: un équivalent de l'ORTF serait très mal accepté, évidemment, mais même un média majeur concurrentiel entièrement dédié au président, c'est pousser le bouchon très loin. Ensuite, rien n'empêche le Trump de demander des créneaux médias pour des allocutions sur les networks (pas le câble, je crois) et la radio: la loi le prévoit, et ça se pratique depuis longtemps (cf le "moment" fondateur avec les causeries au coin du feu de FDR). Tout comme il peut lancer un site internet qui ne coûterait pas le quart du dixième de VOA, où il pourrait déblatérer tout son saoûl et faire intervenir ses "experts" et spin doctors, plutôt que d'approprier un budget énorme (plus important que bien des grands médias) et une institution jusqu'ici apolitique, avec des privilèges divers.Tous les présidents américains se sont démerdés (et la plupart bien, certains TRES bien) avec un système médiatique concurrentiel, certains malgré une presse majoritairement hostile. Bof: FoxNews était dans la salle des correspondants depuis toujours, tout comme le WSJ et un certain nombre d'autres: la question peut être ici de voir quels sont les standards qui permettent de définir ce qu'est un organe de presse légitime. Difficile évidemment, mais cela implique une certaine taille d'audience, la faculté d'obtenir une portion significative des informations qu'on utilise par ses propres moyens (et de vérifier celles qu'on acquiert), et au moins un semblant de respect pour certains principes éthiques ou d'équité dans le propos (évidemment, ce dernier point est le plus variable). Promouvoir des blogs ou sites de fanboys opérant depuis leur chambre ou de petites organisations ne "produisant" pas d'information par eux-mêmes (ou certainement pas le millième de ce qu'ils racontent), voire en "fabricant" beaucoup, c'est autre chose que simplement faire venir des médias favorables. Là, c'est juste outsourcer une partie de sa propagande et créer une clientèle de suiveurs dans le métier des médias, en leur accordant une plate-forme vers laquelle ils n'auraient pas pu se hisser par leurs capacités, autrement qu'en léchant le fion du maître dont ils dépendent désormais. Ce genre de fonctionnement est aussi antithétique de la culture journalistique aux USA qui est corporatiste, avec les qualités et défauts inhérents à ce système, mais avant tout parce que l'on n'aime pas, là-bas, voire l'Etat se mêler de la façon dont fonctionne le débat public, à un point paranoïaque: s'il trempe un doigt dedans, ça veut dire que la tyrannie est en marche. Les correspondants de la MB sont un microcosme poussé de ce système, qui a certes plus que sa part de problèmes et dysfonctionnements, et son énorme tendance à l'entrisme avec l'élite washingtonienne, que leur très médiatisé dîner annuel incarne. Mais c'est comme ça, et sans leur jeter des lauriers, il faut admettre que les médias et journalistes qui sont là-bas ont une part de légitimité à s'y trouver (voir les critères mentionnés plus haut), qui ne doit rien à la faveur du pouvoir en place. On peut parfaitement comprendre la logique d'un Trump voulant à toute force avoir des oreilles aimantes: la question est plutôt qu'il ne devrait pas pouvoir choisir ceux à qui il parle, parce que rien n'est censé lui garantir une audience favorable. La nature de la relation pouvoir-presse est d'être adversariale, et c'est particulièrement vrai aux USA. Plus largement, et c'est aussi un niveau particulier du problème dans la méthode Trump, on constate plus qu'une simple volonté d'acquérir une voix forte sur le marché de l'interprétation des propos; on voit plus encore la volonté de disposer de moyens de créer et diffuser ses propres faits de base à partir desquels la discussion se fera, soit créer une réalité alternative avant même la discussion. Pour le meilleur et pour le pire, la presse est le filtre définissant les faits à partir desquels on s'engueule, et aux USA plus qu'ailleurs, en partant du principe que le gouvernement ne donnera pas les vrais. Là, on a un président qui développe un appareil pour se donner les moyens de choisir ou inventer les faits se conformant au récit qu'il produit (en grande partie par éructations et pets de cerveau), qu'il soit cohérent ou non, et pour imposer faits et récit en handicapant la presse "libre" (je sais, défendre ces corporatistes au service de l'idéologie dominante et des annonceurs me fait mal aussi, mais c'est le seul marché de l'info existant, et il est encore concurrentiel, avec un renouvellement en interne via des alt-medias qui arrivent à gagner leurs places et grimper). J'ai pas regardé si Alex Jones avait été pareillement admis dans la salle de presse de la MB. A voir si ça fait partie de la nouvelle normalité.
-
Petit instantané de l'état de l'opinion américaine sur le sujet Trump (sondage PPP, réalisé avec des échantillons de bonne taille, y compris pour les groupes particuliers, comme les électeurs Trump): - job approval: 44% (chute importante depuis novembre, ce qui est anormal à ce stade d'une présidence) - approbation de la Women's March: 50% "favorables" - croyez-vous que l'inauguration de D Trump ait été l'inauguration présidentielle la plus importante de l'histoire US en termes de foules assemblées (soit ce que Spicer a affirmé samedi)? 18% de "oui", 62% de "non" - Quelle fut la manifestation la plus importante, entre l'inauguration et la Women's March? 29% pour l'inauguration, 54% pour la marche (pour moi, ça ne fait pas une majorité si importante, vu la médiatisation et la facilité du constat objectif) - soutenez-vous la construction du mur frontalier avec le Mexique si les USA doivent le payer eux-mêmes (ce qui va être le cas)? 34% "pour", 53% "contre" (ce qui souligne qu'encore une majorité sont pour un mur, hors problème du financement.... Donc complètement ignorants de la réalité du problème de l'immigration sur cette frontière) - .D Trump devrait-il publier sa feuille d'impôts? 59% pensent qu'il devrait le faire, 32% qu'il ne devrait pas avoir à le faire - devrait-il y avoir une loi obligeant un candidat présidentiel à publier 5 années de documents fiscaux avant de pouvoir se présenter? 54% pensent que oui, 34% s'y opposent - D Trump devrait-il "désinvestir"/se séparer complètement de ses activités? 61% de "oui", 28% de "non" - Opinions sur la Russie? 60% de "unfavorables", 13% de "favorables" (47% vs 20% chez les électeurs Trumpistes) - opinions sur V Poutine? 67% de "unfavorables", 10% de "favorables" (55% vs 15% chez les électeurs Trumpistes) Maintenant, la mesure de la réalité alternative. Cette partie du sondage ne concerne que les électeurs de Trump (gens ayant voté Trump, donc beaucoup ne sont pas des fans, voire pas du tout): - Pensez-vous que l'inauguration de Trump ait été la plus importante inauguration présidentielle en termes de foule? 34% de "oui", 32% de "non" - Pensez-vous que l'inauguration de Trump ait eu de plus grandes foules que celle d'Obama? 43% de "oui", 26% de "non" - quelles furent les foules les plus importantes? Celles de l'inauguration ou celles de la Women's March? 59% pensent l'inauguration, 20% la marche - pensez-vous que la majorité des femmes ayant défilé samedi étaient payées par George Soros ou non? 38% de "oui", 33% de "non"
-
Putain, j'avais pas vu passer ça. Si c'est absolument sûr, là, ça commence à être nettement moins amusant et hypothétique. Dans la culture politique américaine (au moins fédérale: au niveau de certains Etats, c'est parfois moins respecté), la figure du journaliste, aussi haïe soit-elle, auss peu respectable soit-elle (pour certains médias ou individus), vient avec une pancarte "pas touche", même quand ils dépassent certaines bornes. Leur conception de la liberté d'expression implique, dans la pratique, de laisser faire aux journalistes plus de trucs qu'ils n'ont formellement le droit de faire (s'il faut en venir à arbitrer sans assez d'éléments de certitude, entre punir et laisser pisser: c'est le "mieux vaut 'excès de caricature que l'excès de censure", soit l'équivalent médiatique de la présomption d'innocence, la position par défaut). Réponse du Donald: "Ivanka et qui?"
-
Meunon, c'est pas le FBI qui frappe à ta porte, là. C'est le livreur Amazon.
-
[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Honnêtement, la connerie est souvent un terme très relatif, et dont une bonne part de l'utilisation pour qualifier autrui réside dans sa propre subjectivité.... En bref, on est toujours le con de quelqu'un d'autre. Et, sur un plan plus rigoureux, la connerie dépend de beaucoup de facteurs non liés au QI proprement dit des personnes concernées, mais plus à ce qui contraint leur comportement et/ou leur façon de penser. Et la connerie propre aux politiques et aux dirigeants d'entreprise est en grande partie définie par l'étroitesse de l'univers mental dans lequel ils baignent au quotidien, leurs egos et ambitions personnelles, et par les contraintes et priorités de tous les jours qui en viennent à définir de façon viscérale leur univers personnel et de caste (c'est pareil pour tout le monde me diras-tu, mais pas à ce degré extrême te répondrai-je ): ce qui restreint le plus l'intelligence de décision et comportement de ces gens-là réside dans les pressions et pensées de groupe (de leurs groupes et castes fermés) et, plus encore, la temporalité dans laquelle ils se perçoivent. Ce sont au mieux, le plus souvent des génies de la combine de court ou très court terme (c'est souvent déjà d'une complexité extrême d'arriver à grouper assez de monde derrière soi pour prendre une décision effective qui marche jusqu'à la semaine suivante), et peu de choses leur permettent de voir au-delà. Applique ce mode de fonctionnement en Angleterre à la situation présente, et factorise l'esprit de caste de l'élite politique et économique britannique, et ses priorités, plus leur certitude collective d'avoir toujours raison et de toujours devoir l'emporter (que tout se combinera toujours bien pour eux, qu'ils ne paieront jamais le prix de leurs actions.... Cf Bullingdon Club), et tu as les ingrédients pour oser faire à peu près tout avec une stiff upper lip et un majeur orienté vers la populace (qu'il soit planqué dans la poche ou même pas). Parce qu'après tout, si le Brexit peut être bloqué au Parlement, qu'est-ce qui peut arriver de probable en rétorsion, surtout dans le court terme? Dur d'avoir une réaction organisée, surtout quand on repose proportionnellement plus sur les segments les plus modestes (peu de moyens pour se déplacer ou soutenir, moins de propension à être politisé, moins d'espoir, moins d'implication dans des réseaux sociaux physiques ou online....) et ruraux/suburbains (donc éparpillés) de la population, avec peu de moyens de coordination de grande échelle, et surtout peu de moyens de faire durer une action de rue (ça coûte, rien que sur le plan logistique). Encore plus dur quand on repose sur cette base démographique ET sur une base politique plus éparpillée, faite de composantes souvent très antagonistes, elles-mêmes essentiellement en dispute avec des factions opposées au sein de leurs partis, et ne tenant pas beaucoup de centres de pouvoir (dans les partis, dans les territoires, dans l'Etat, dans les médias), et surtout pas de façon unifiée. C'est une chose de produire un effort une fois, dont la réussite dépend aussi d'une part de hasard (les circonstances du moment entourant le vote: 2-3% ou plus qui peuvent basculer d'un côté ou de l'autre, plus le facteur abstention, inquantifiable), c'en est une autre de transformer l'essai et/ou de maintenir l'effort. Les anti-Brexit ont l'avantage de la position et de la centralité, plus celui d'avoir leur base démographique dans les centres urbains (de façon écrasante). Crois-tu qu'ils réfléchissent à plus longue échéance que cet environnement immédiat, leurs résultats auprès de lui? Après tout, les prochaines élections sont en 2020: pour un politique, c'est une éternité, et plus de 3 ans pour surfer sur la vague d'un mécontentement de la moitié de l'électorat suite à un "remain" forcé, c'est quelque chose que beaucoup se sentent très capable de minimiser et/ou d'exploiter, quelque chose sur lequel ils se voient très bien plaquer un bon spin du moment qu'ils ont les financements pour le faire (il y a une déformation de la perception qui survalorise les moyens financiers et le pouvoir de la com par rapport au travail de terrain et une cause qui parle aux consciences.... Mais cette déformation est puissante chez les politiques). Evidemment, tout cela est du raisonnement en interne du RU: quid de la posture du reste de l'UE: accepteraient-ils, à ce stade, un rétropédalage? Si oui, quelle serait la réaction dans les populations européennes? Pour moi, l'histoire est une longue et continuelle démonstration qu'on surestime toujours ces facteurs. -
Disons que ça commence à ressembler à la marque de fabrique de l'autoritarisme version Trump: tu commences avec une anecdote délirante, qui fait rire tout le monde tant elle est conne, ça le pique au vif dans son ego de tyran de cour de récré d'une maternelle, et il commence à travailler pour en faire une "réalité narrative" (aussi appelé en termes scientifiques -par l'anthropologue Kellyann Conway- "fait alternatif") auprès d'une certaine audience et/ou portion d'audience afin de se créer une base, aussi réduite qu'elle soit, et surtout, de continuer à faire une constante du débat, semant le doute dans une autre portion d'opinion. Que les deux portions visées soient minoritaires ou très minoritaires ne compte pas beaucoup: l'important est que "l'objet médiatique" soit là et reste en place, détournant l'attention de trucs de gouvernance que tu fais passer plus discrètement, mais servant aussi de base à quelque chose d'autre. Et en l'occurrence, ces 3 millions d'électeurs imaginaires pourraient servir de base narrative à travailler pour donner une bien plus grande ampleur aux politiques systématiques de "voter suppression" un peu partout, de leur donner une dimension fédérale et générique, là où elles étaient étatiques et cantonnées aux "red states". Bref, tout le monde veut son incendie du Reichstag.
-
[BREXIT]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Politique etrangère / Relations internationales
Honnêtement, quand je vois ce qui se passe un peu partout en occident pour ce qui concerne la réalité de la démocratie et le grignotage de ses déjà très imparfaits mécanismes, je ne suis pas loin d'avoir de très forts doutes sur ce que les oligarchies qui nous gouvernent pourraient oser ou pas oser. Et ce encore plus sur un sujet si polémique, qui divise autant et dont les deux camps disposent d'une forte assise démographique. -
La majorité a passé un budget de défense en novembre dernier; planqué bien au fond de la masse de papier que ça représente se trouve un item pourtant peu en lien avec les armées (normalement, l'organisme dont il est question est lié à celui des ambassades dans le budget du State Department).... Il adresse le budget et le fonctionnement de la radio publique Voice of America qui, depuis 2013, peut être diffusée sur le territoire américain. Diffusée dans plus de 100 pays en 61 langues, munie de 800 millions de dollars de budget, la radio a été parfois vue comme un organe de propagande, mais n'a jamais été controversée aux USA, en partie parce qu'elle a toujours été diffusée à l'étranger, mais aussi parce qu'elle est gérée à l'écart des polémiques et de l'attention, répondant à un board de "gouverneurs" appointé par les deux partis (plus une place pour le Secretary of State, généralement représenté par un ambassadeur). Enfin jusqu'à novembre dernier: le board a été remplacé par un CEO nommé par le président et servant le président. Quand Obama a du signer ce budget de défense, il n'a pu que laisser une objection écrite dans ce "must pass bill" (il ne pouvait pas bloquer le budget de la défense pour ça). Donald Trump vient de nommer le CEO de Voice of America, et son "vice président", 2 activiste trumpistes de moins de 30 ans dont un fait partie de ces allumés libertariens qui ont fondé un phalanstère dans le New Hampshire (essayant d'attirer suffisamment de monde pour prendre le contrôle de l'Etat et en faire une utopie anti-Etat), et l'autre est un blogueur "alt right" (blog nommé "the daily surge"). Bref, 2 activistes plus ou moins fanatisés de moins de 30 ans, sans expérience, viennent de recevoir un média avec de larges moyens humains et une importante infrastructure, un budget annuel de 800 millions de dollars, une diffusion mondiale et depuis peu domestique, qui est une radio d'Etat ne répondant plus qu'au seul président (quelqu'un entend des bruits de bottes et des phrases hurlées et crachées en allemand, ou c'est juste moi?). A mettre en parallèle avec les "faits alternatifs" qui semblent être le nouveau mode de communication des deux "stars" de la com trumpienne, et le nouveau fonctionnement de la salle de presse de la Maison Blanche, où des petits sites médias trumpistes (la plupart tout nouveaux et avec peu d'audience) et des trucs comme le "Laura Ingraham website" (du nom d'une animatrice radio à large audience, ultra conservatrice et assez "libérée" des faits) ou le Christian Broadcasting Network (la chaîne du télévangéliste très controversé -et souvent complètement à l'ouest- Pat Robertson) ont été admis; ces derniers médias ayant commencé cette semaine à recevoir l'attention prioritaire de Sean Spicer quand vient le temps des questions. Pareil pour le Washington Times, nouvellement admis: ni son audience (réduite: le journal a été financé par des sponsors extérieurs, pas par son lectorat), ni ses orientations, son niveau de rigueur ou, plus encore, son organisation de tutelle ("l'Eglise de l'Unification", nom officiel de la secte Moon, qui a plus que quelques pratiques et postures douteuses), n'auraient pu lui donner un accès à la MB en temps normal. Bref, suffisamment de médias de droite radicale ou pire ont été introduits sur le devant de la scène (ce que leur audience ne justifie pas) et/ou légitimés (ce que leur passif ne justifie pas) pour commencer à créer une contre-narration, une caisse de résonnance pour que les propos délirants du nouveau président reçoivent quelque part un accueil suffisamment bienveillant pour durer plus longtemps dans l'audition nationale, semer plus de doute sur qui a raison ou tort... Et ce par une série d'interventions directes de l'exécutif sur le "marché" médiatique, des actions forcées, et l'utilisation de budgets importants. Le projet commence à montrer ses formes, via un nombre croissant d'aspects différents qu'on voit émerger, et on peut dire que c'est la phase où on passe de l'annonce de "faits alternatifs" à l'édification d'une réalité alternative, d'un univers narratif avec ses propres lois. Bref, voyez-vous un plan se dessiner, voire des trucs inquiétants, ou c'est juste de la parano?
-
Le moyen politique qui sera le plus probablement employé pour le "faire payer aux Mexicains", ce sera en fait de déduire les coûts de ce bel exemple de pork barrel politics et de démagogie (parce que dans les faits complètement inutile) de l'aide militaire et policière envoyée au Mexique dans le cadre de la lutte contre les cartels. Ca serait amusant, note, de voir les ricains se tirer ainsi une balle dans le pied en favorisant encore plus l'évolution du Mexique vers une narco-féodalité dont la violence et la corruption continueront malgré tout à se répandre aux USA.... Ou de voir un sursaut mexicain, s'il est encore possible, qui ne devrait rien à l'Oncle Sam et se ferait en contradiction de ses précepts (genre légalisation de la ganja, traitement et prévention plus que répression.... Afin de limiter un peu le marché domestique des cartels et de les détourner vers l'export seul). Et encore, j'en oublie des importants, comme tout ce qui concerne le vote anticipé et le vote par correspondance, qui ont connu un développement énorme ces derniers cycles électoraux (plus d'un tiers des votes sont ainsi passés), mais qui trouvent toutes sortes de méthodes (républicaines) pour être interdits, peu accessibles, ou sévèrement limités, selon les Etats.
-
Ca remonte un peu sur ce fil, maintenant, mais j'avais abondamment posté sur les mille et une manières (et le nombre de personnes impactées) de truquer légalement le vote en impactant plus ou moins lourdement l'électorat adverse: du refus d'un jour dédié au vote au gerrymandering, en passant par les voter ID laws, la fermeture d'antennes de DMV (pour les permis de conduire, qui est la première pièce d'identité aux USA), la manipulation de la durée des privations de droits civiques pour les ex-détenus (allez en taule pour une amende de stationnement, via l'abus ubuesque du système carcéro-judiciaire fait pour faire faire du chiffre aux prisons privées et alimenter les mafias d'élites locales, et perdez votre droit de vote pour 10, 20 ans ou à vie), le jeu malsain avec les horaires, nombres et emplacements de bureaux de vote (et leur signalisation dans "certaines" zones).... Sans parler des trucs plus olé olé autour des listes électorales manipulées (tout ce qui est plus ou moins homonyme d'un détenu a tendance à avoir des problèmes pour s'inscrire par exemple), des tracasseries administratives pour parvenir sur les listes ou y rester, des tactiques le jour du vote (transports problématiques, patrons limitant les pauses pour aller voter, gens bizarres aux bureaux de vote, avec ou sans armes, intimidations en tous genres....), et autres joyeusetés. On pointe les ricains du doigt pour peu voter, mais l'essentiel de la marge de différence avec nos contrées, du moins pour les votes importants, est à trouver principalement dans le fait qu'ils n'ont pas un jour férié pour voter (nous, c'est le dimanche; d'autres pays font un jour spécial), que les distances sont plus grandes et les densités plus faibles (pose des problèmes à beaucoup d'électeurs ruraux), et que beaucoup d'efforts sont faits, de façon variable selon l'Etat, pour empêcher certaines populations ou profils d'accéder au vote. Enlevez ces restrictions, ils votent autant, ou aussi peu, que nous. Ou pas loin.
-
C'est déjà en train de se mettre en place: dans la communication actuelle, il n'y a pas que folie, amateurisme, débilité et un ego aussi fragile que surdimensionné, il y a aussi une méthode, ou ce qu'ils pensent être une stratégie (ou une tragédie, plus objectivement). Ces polémiques débiles sur des points de détail sont utilisées comme des nuages de pailettes (tiens, une bonne idée pour améliorer la furtivité du F-35, au point où il en est: mettre des Trump-diffuseurs dessus pour essayer de confondre, dérouter, dégoûter et désorienter les menaces) pour focaliser la trame de la conversation publique, tandis que l'autre main, ou en tout cas une des autres (parce qu'on sait pas ce que fait ce cochon avec ses petites mains sous la table.... Hein Melania?), passe des trucs comme ce qu'on a évoqué un peu plus haut: censure de l'info gouvernementale, déni du devoir de transparence, muselage des scientifiques, blocage de l'info vers le Congrès, executive orders en pagaille sur des sujets polémiques.... Tout passe au second plan dans le gouvernement des ploutocrates, dès lors qu'on agite certains hochets irrésistibles.... Même si remettre sur la table ces histoires de votes d'illégaux, quoique ridicule parce qu'infondé, soulève beaucoup de questions elles très sérieuses, notamment celle de l'effort mis par le nouveau président pour décrédibiliser le vote auprès d'une portion de l'électorat (et une portion qui tend à avoir beaucoup de flingues et de griefs très particuliers).
-
Sur un plan plus purement politicien, j'étais en train de suivre avec quand même un niveau très élevé d'ébahissement le cafouillage dans lequel s'enfonce la communication de la nouvelle Maison Blanche qui, après un vague essai de correctif dimanche, s'est vite réenfoncée dans la polémique des tailles de foules (les mains les comptes en banques, les b...., les foules.... Il a un problème de taille ce garçon?), dans les attaques sur la marche de samedi, et, pour en foutre une couche de plus et sur quelque chose de plus grave, sur le résultat de l'élection, de nouveau remis en question via le délire trumpesque de 3 millions d'immigrés illégaux qui auraient voté. Sean Spicer a déjà passé le début de la semaine à cafouiller et à se ridiculiser en public et en continu, et Kellyann Conway laisse désormais sa fonction "gymnastique contorsionniste verbale" (discipline officielle pour les prochains JO?) en overdrive permanent (attention, Kellyann, le claquage ou le burnout peuvent vite arriver à ce rythme: c'est un maraton, chouchoute, pas un sprint). L'un des trucs qui me fait marrer est ce qui concerne les personnels "visibles" de cette Maison Blanche et de la communication, à qui il est demandé de mentir et de délirer outrageusement dès les premiers jours, dans des proportions qui vont bien au-delà de toutes les normes (pourtant tolérantes) de Washington dans ce domaine. Ces gens ont une carrière, une réputation, des réseaux relationnels professionels.... Dont la suite dépend en bonne partie de telles choses. A ce rythme, la plupart d'entre eux seront grillés sur le marché d'ici pas longtemps, à moins qu'il n'y ait de l'honneur entre voleurs, et que des planques leur soient réservées ensuite pour longtemps (et je vois pas ce qui leur permettrait de négocier de telles portes de sorties après coup). Parce que si l'administration Trump poursuit sur cette pente, elle va démolir encore plus la "marque" républicaine rien que sur le plan de la com et de l'image auprès des citoyens; et côté politiques menées, le tronçonnage fiscal (profitant uniquement à ceux gagnant plus de 200 000 dollars/an), le probable déchaînement anti-environnement, et le "window dressing" protectionniste-productiviste (cad quelques projets et réussites surmédiatisés, masquant pour l'essentiel assez peu de changement) dans un contexte de demande mondiale atone, font prévoir peu de bons arguments de vente au-delà de la base hardcore fixée sur l'immigration et certaines questions sociétales (base dont il est encore difficile de dire si elle sera plus trumpiste, abstentionniste ou conservatrice d'ici 2 ans: Banon a intérêt à s'activer pour en organiser et fidéliser autant que possible). Pour les gens comme Spicer, Conway ou le staff de com et relations publiques de la MB, les semaines à venir sont cruciales: soit Trump parvient à entendre raison et changer de ligne et de ton, soit ils sont confrontés au choix absolu: démissionner ou continuer façon Cortez, avec leurs vaisseaux brûlés (et en fanatiques loyaux et dédiés), en espérant dans ce second cas qu'il y aura encore un "marché trump"/alt-right à la sortie, parce que sinon, personne ne les embauchera pour leur demander autre chose qu'un supplément ketchup avec une assiette de frites. Je dramatise, évidemment: il y aura sans aucun doute un marché "alt right" conséquent à leur sortie, tout comme il y a et aura tout un segment crade du marché politique pour eux (Roger Stone, proche de Trump et un des artisans de sa campagne, en est la preuve vivante depuis l'ère Nixon). C'est un peu l'avantage (pour des gens comme ça) et le problème aux USA: le marché politique est si énorme et les sommes qui s'y déversent si gigantesques que toutes les saletés peuvent y prospérer. Avec sa mémoire de poisson rouge et son syndrôme de déficit de l'attention? Ccccchhhhhhhhhhhhht! "Shining city on the hill", "it's morning in America", "America's best days are still ahead".... Fuck Yeah!