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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Ben oui, z'ont de la place. Et il est parfois compliqué de piger l'incroyable imbroglio du cadastre américain, avec les tracés des comtés (paroisses en Louisiane) et villes (Los Angeles, en exemple extrême, où la ville excède les limites du comté), les zones "incorporated" ou "unincorporated".... Mais bon, le GOP a mis en avant ses objectifs: ça ne veut pas dire que tout passera, loin de là. Et le nominé de Trump au Secrétariat à l'Intérieur est peut-être un rayon d'espoir pour les ricains dans ce domaine: Ryan Zinke est un droitiste pur et dur sur la plupart des sujets, et un fervent supporter de l'industrie minière qui a sponsorisé toute sa carrière comme élu du Montana (très minier, mais ayant en même temps des gardes-fous atypiques aux USA contre l'emprise de l'argent, héritage de la lutte des Montanans contre les "barons" du cuivre), mais il semble nettement plus ouvert sur le sujet du réchauffement climatique (tout en restant avant tout sur les positions républicaines), et surtout, il s'est à plusieurs reprises opposé spécifiquement à la cession des terres fédérales. Il plaide pour un meilleur management, pas une cession, surtout à vil prix. Jusqu'ici, la position du GOP va plutôt à une cession pure et simple de ces terres aux Etats, pas tellement directement aux industriels (même si dans beaucoup d'Etats, surtout les rouges, cela revient au même). Et comme Secrétaire à l'Intérieur, c'est lui qui gère ces terrains. Sinon, y'en a un qui peut pas s'empêcher de se faire remarquer, surtout quand il se fait chier. Ca vous fait des souvenirs? Internet, en tout cas, ne l'a pas oublié: Oups, c'est le retour de l'incident du bretzel fatal: Commentaire vu sur Twitter: "Georges W Bush est la raison pour laquelle il y a tous ces avertissements de sécurité sur les grille-pains et sèche-cheveux" . Allez, juste pour remuer le couteau, et parce que plus c'est gratuit, meilleur c'est;
  2. Il n'avais pas évoqué de commander massivement les dernières versions des F15/F16/F18? Actuellement, à part quelques obsolescences dans une partie de la flotte, le principal problème réside dans le vieillissement des cellules proprement dites, et sans doute (et en partie en conséquence) de nombres insuffisants d'appareils disponibles en parc (par rapport à la capacité voulue/espérée).
  3. Dont une bonne partie pour encore plus de "Missile Defence", ce tonneau des Danaïdes auquel les Républicains tiennent tant (mais bon, l'Air Force est le plus républicain des 4 services). Par ailleurs, s'ils veulent vraiment augmenter la flotte aérienne de combat, va falloir résoudre un problème plus structurel: le manque de candidats pilotes, et le mauvais taux de rétention des personnels en général, et de ceux-là en particulier. Sinon, la rubrique nécrologique: cette semaine, l'une des plus célèbres organisations de divertissement des USA a définitivement fermé ses portes, Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus, le cirque descendant de celui créé par l'icône des "entertainers" américains, PT Barnum. Après 146 ans de représentation continue, il n'y a plus de cirque Barnum aux USA. Mais d'un autre côté, on peut admirer la simultanéité: le plus célèbre des cirques passe symboliquement le flambeau à celui qui a été inauguré aujourd'hui à midi. PT Barnum était un personnage très entreprenant, aussi souvent représenté comme l'arnaqueur ultime, le "snake oil salesman" parfait, dont la devise (qui lui est souvent à tort attribuée) aurait été "there's a sucker born every minute" (il y a un crétin/gogo/jobard/cave qui naît à chaque minute qui passe). Donald Trump est souvent comparé à Barnum (ce qui est à mon avis insultant pour Barnum, même sur le seul plan des qualités d'homme d'affaires, d'entertainer et de vendeur/baratineur), et il aurait été souvent entendu utilisant la même devise.
  4. Un chiffrage révélateur: en tout, il y a eu 3 fois plus de cars réservés pour aller à Washington DC afin de protester contre Trump (essentiellement la "Women's March" de demain: 1200 cars réservés par Events DC, l'organisme centralisant les requêtes de la manif), que de cars réservés pour aller à l'inauguration (393: chiffrage issu du District Department of Transportations). Ca remet les patates au fond du sac. Par ailleurs, un signe que la foule n'allait pas être ce que l'ego du Donald demandait; l'équipe Trump multipliait les trucs marketing dans les médias sociaux afin d'essayer de faire venir du monde, sans faire de buzz, ce qui est plutôt un signe de désespoir en général. Ainsi, on avait des tickets "à prix cassés" (en fait des tickets purement commémoratifs, donc à la base gratuits), des interventions robotisées, sans liens avec les conversations en cours, annonçant que les tickets payants partaient comme des petits pains et qu'ils allaient vite manquer.... Et des communications, dont certaines directement du compte du Tweeter-en-chef-des-USA (ça donnerait quoi en acronyme présidentiel: TICOTUS?), parfois assez.... Exotiques. Et complètement fausses. Ainsi de prétendre que 200 000 motards venaient à l'inauguration (parce qu'il y a une assoce "bikers for Trump", qui a quelques centaines d'adhérents ou suiveurs), en accompagnant les posts de photos d'immenses files de motards sur les routes, toutes facilement identifiées comme d'anciennes photos -certaines montraient des paysages très verdoyants pour un mois de janvier-, ou simplement des photos de motards dans d'autres pays (les motards espagnols seront-ils ravis d'apprendre qu'ils ont été cooptés par Donald?).
  5. Ben, y meule sec à Washington: y sont malins, les ricains, à faire leurs inaugurations présidentielles en janvier. Tu ne peux réellement créer de l'affluence et de l'enthousiasme que dans des circonstances exceptionnelles (cf Obama, qui réunissait un faisceau de trucs vraiment spécifiques: 1er afro-ricain, espoir au coeur de la grande crise, outsider ayant court-circuité le système....). Et bon, faut bien se rendre compte que quoiqu'il arrive, l'immense majorité de la foule dans une inauguration viendra de Washington et des environs (nord urbain de la Virginie, sud est urbain et suburbain du Maryland, avec la baie de la Chesapeake pas loin): c'est de la zone à fond démocrate, la capitale de "l'ultra bleu", avec, en particulier dans la ville et ses environs, une écrasante présence afro-américaine. C'est pas du "Trump ground". Et c'est encore plus vrai pour la foule attendue le long de la parade, qui sera avant tout faite des habitants et locaux. Les "out-of-towners" et gens venus spécialement pour l'inauguration se surconcentrent sur le Mall pour l'inauguration elle-même. Donc si t'as pas de fans dans la ville de Washington, ta parade sera du genre funéraire. Que t'as intérêt à dire que t'as aimé Lee Greenwood, 3 Doors down et The Piano Guys (oui, c'est pitoyable comme concert).
  6. Sinon, c'est là où Trump était censé crêcher pendant la transition.... Même s'il a passé plus de temps dans son appart à NY: Blair House, la maison des invités de la présidence (c'est en fait tout le bloc visible dans la photo, la réunion de 3 maisons). Trump y a rituellement passé la nuit dernière, et c'est de là qu'il ira à l'inauguration.... Depuis les rois de France pionçant au Palais du Tau avant d'aller se faire sacrer à Notre Dame de Reims, on n'a rien inventé. Steven Seagal, qui s'est déclaré pour Trump.... Tout se reboucle, tout est lié, il n'y a pas de hasard.
  7. Il paraît que le service à café de la Maison Blanche est très joli: de la porcelaine très fine qui se tient avec deux doigts... Pour l'expresso maison dont la réputation ne serait plus à faire, parce que les personnels qui le préparent doivent rituellement venir de la Navy où le café est une chose sacrée pour laquelle il existe une formation spéciale. Donc non! Ils consomment comme des grosses tapettes à la MB (en tout cas pour le top de l'organigramme et le bureau ovale), en fait. Sauf dans la "situation room", en cas de veille prolongée, où on se la joue virile avec des gros mugs et du café filtre (de la Navy aussi), plus chargé en cafféine.
  8. Techniquement, je crois que c'est quelqu'un d'autre qui l'a: sur le plan pratique, le président peut envoyer la purée nucléaire via un coup de fil. Il ne tient même pas le combiné, c'est un aide de camp ou un officier dédié qui lui fait suivre la procédure oralement: le président n'a qu'à donner ses choix d'options, son ordre, et son code d'authentification. Oups, désolé, je suis parti en live: ta phrase évoquais plus le préalable nucléaire la politique de grands travaux de Trump? Si c'est le cas, il faut suivre la tradition du forum (que j'ai créée ce matin): [Mode Trump ON/OFF]
  9. Non, ça c'étaient les infos télé d'hier soir sur diverses chaînes, avec notamment une des sources journalistiques venant pour une interview sur le sujet: Steven Chu, le premier Secretary of Energy d'Obama, qui avait entre autres géré la transition 2008-2009, et a placé l'essentiel des gens dans ce département et connaît une bonne partie des hauts fonctionnaires de l'administration Obama (et est en contact avec eux, mais est aujourd'huipeu touchable).
  10. On voit mal le RU avoir beaucoup de biscuits dans une telle négociation.
  11. La réalité est une chose très fluide pour le Donald: il la décrète, il la nie, il la déforme.... "En parole, rien ne lui résiste", comme Druon le dit de Charles de Valois, le frère matamore/Tartarin de Philippe le Bel dans les Rois Maudits. Le problème, c'est qu'à force de décréter sa réalité, il peut finir par perdre quelques repères. [Mode Donald Trump ON] - Merde! Je retrouve plus mon plan secret anti-ISIS! J'étais sûr de l'avoir foutu dans ma poche quand j'en ai parlé à la télé - (Melania) Rappelle-toi chouchou, tu as mis ta main dans ta poche pour t'agripper l'entrejambe: ça te détend toujours quand tu es nerveux, d'empoigner un entrejambe - merde, c'est vrai! Donc en fait mon plan secret est ailleurs? - tu es sûr d'en avoir un? - meuwih! Forcément! J'ai un post-it sur le bureau, et j'ai annoncé que j'en avais un.... Donc doit y en avoir un.... Quelque part [Mode Donald Trump OFF] On se demandait, il y a un certain nombre de pages, à quel dirigeant romain Trump pouvait être comparé.... Je reste sur mon opinion d'alors: il est le résultat d'un improbable croisement entre Marc Antoine et Eliogabale (pour ceux qui sont branchés par ce genre de parallèles historiques tout à fait creux mais pas toujours tant que ça). Aussi creux, vain, superficiel et rapace qu'Antoine, voulant les apparences de la puissance et ce qu'elle lui permet pour des vengeances mesquines et l'écrasement de qui le critique (à voir: qui sera le Cicéron de Trump, avec tête, langue et mains coupées puis clouées sur le Forum?), juste pour satisfaire son image de lui-même, et faire son beurre. Eliogabale pour le côté délirant, encore plus vain, histrionique, pantin de la cabale s'occupant du pouvoir en coulisses. EDIT: Petit correctif. j'avais évoqué les 50+ très hauts fonctionnaires à qui il a été demandé en catastrophe de rester en poste hier soir..... Le nombre a l'air d'être plus important, mais il s'agit en fait seulement des personnes à qui une telle demande a été faite.... Dans la seule sphère de la Sécurité Nationale. Une floppée d'autres requêtes comparables aurait été faite dans le même temps pour tout ce qui concerne la "sphère domestique".
  12. J'aime bien le passage sur la presse et le seuil de tolérance du public au scandale: l'une des évolutions des médias dans les dernières décennies, outre la banalisation des gros titres (par l'abondance extrême du support -numérique aujourd'hui- et la multiplication des moyens de vous les foutre sous le nez, que vous le demandiez ou non), est le mode narratif des "breaking news" permanentes et des "scandales". Tout est "énormisé" (copyright moi) en permanence, ce qui s'assimile au global à des dizaines de médias qui crient au loup toutes les quinze secondes..... Qu'on ne s'étonne pas si plus grand monde ne réagit, et si les personnalités qui y réagissent publiquement en essayant de dire que telle ou telle nouvelle, telle ou telle accusation, tel ou tel acte, est scandaleux, ne trouvent pas vraiment beaucoup d'audience... Parce que le mot "scandale" et ses synonymes n'impactent plus vraiment les esprits. Sinon, nouvelles du front du staffing de la Maison Blanche: après avoir passé beaucoup de temps à accuser Obama d'avoir été le "fondateur" d'ISIS et de ne pas vraiment vouloir mener la guerre contre l'organisation (et d'y être donc très mauvais), Trump a demandé hier soir à la personne chargée par Obama de chapeauter la lutte contre ISIS, Brett McGurk, de rester en place pendant un moment..... Parce que Trump n'a pas été foutu de trouver une personne, et encore moins d'assembler une équipe, capable de faire le job. Grand dieu, pourquoi voudrait-il garder quelqu'un dont il a condamné l'incompétence? Mais ce n'est pas tout: Trump a aussi demandé hier soir à plus de 50 "senior staffers" (cad le top du top de l'Executive Office et de la haute fonction publique, les gens de l'aile ouest de la Maison Blanche et des bureaux d'angle des étages supérieurs de l'OEOB, les têtes des grandes agences) d'Obama de rester en poste. Le directeur du National Counterterrorism Center, le patron de la DEA..... Ont ainsi reçu ces demandes, de même que le sous-secrétaire au Trésor en charge du renseignement financier ("financial intelligence" et lutte contre le financement du terrorisme), qui va être placé de fait en charge de tout le Treasury Department (parce que Mnuchin va mettre du temps à être confirmé, si il l'est vu qu'il rencontre des problèmes... Et semble en fait complètement incompétent). Le chiffre de 50+ serait en fait en augmentation constante à mesure que les heures passent, comme si l'équipe Trump paniquait tout d'un coup. Il est pour l'instant difficile d'avoir une idée des réponses, mais on sait qu'au moins 3 ont dit non, dont un très haut responsable au bureau du Director for National Intelligence. Les postes les plus essentiels parmi les "presidential appointees" (plus de 4000, sans compter les 24 000 qui en découlent) sont au nombre de 690: ce sont ceux qui nécessitent un processus d'examen et de confirmation par le Sénat: seulement 30 nominations ont été annoncées, AUCUN nominé n'a été confirmé (et à midi -18h chez nous- c'est la grande bascule), et 660 attendent encore un candidat. Pour les postes ne dépendant pas d'une confirmation par le Sénat, c'est, de façon contradictoire, encore pire: il n'y a quasiment aucune nomination, et il n'y a pas eu de prorogation légale. Beaucoup va dépendre en fait des gens en place qui accepteront ou non de rester (patriotisme? Pressions diverses?). Le NSC (autour de 400 personnes) sera virtuellement vide si les personnels actuels respectent les règles (et leurs tropismes pour certains) et se barrent. J'avais mentionné le cas symbolique de la National Nuclear Safety Administration, dont les patrons n'ont pas reçu de demande officielle de rester (et encore moins dans les délais voulus); il semble que cette demande soit arrivée hier soir, alors que les personnes concernées ont fait leurs bagages et ont pris leurs dispositions (et sans doute trouvé un autre job). Honnêtement, j'essaie de pas me perdre dans le détail, mais c'est flippant tant le cafouillage, l'amateurisme, le je m'en foutisme, semblent omniprésents.
  13. Un espoir pour le monde, à mon avis: vu sa mémoire de poisson rouge (sauf pour ce qui provoque sa rancune) et son temps d'attention très limité, je doute que Trump soit capable de mémoriser la procédure pour se servir du "football" (la mallette avec les scénaris nucléaires) et du "biscuit" (la carte encodée qui authentifie son autorité pour déclencher une frappe nucléaire).... Donc peut-être qu'au moins, de ce côté, on a une chance.
  14. Plusieurs points: - comme rappelé fréquemment, l'équipe Trump ne croyait plus qu'elle avait une chance de gagner depuis longtemps avant l'élection, quoiqu'ils fassent depuis le 8 novembre pour la jouer cool et dire que tout était pensé et qu'ils savaient avant tout le monde (hé, y'en a beaucoup qui essaient de se vendre maintenant: ils ont la cote, ou pensent l'avoir) - Trump est un empiriste: il a toujours fonctionné à la one again (sans doute en grande partie en ne mesurant pas les avantages qu'il avait avec la business structure, la fortune et le nom hérités de son père, tant son ego tend à lui faire s'auto-attribuer tous les mérites.... Et dégager toutes les fautes -c'est là que les sous-fifres servent, dans sa tête) et remis beaucoup de choses à sa bonne étoile, mais aussi au fait qu'il semble penser pouvoir toujours couvrir ses échecs sous le bagout et le fait d'orienter le débat. Si ça merde, c'est pas sa faute et lui n'en paie pas les conséquences personnellement (c'est tout ce qui compte dans son monde), et y'a toujours moyen de moyenner en baratinant son chemin vers la porte de sortie de crise et en pointant des doigts sur des coupables désignés - le parti républicain ne s'attendait pas non plus à gagner depuis la victoire de Trump aux primaires, et une partie ne voulait pas non plus vraiment voir Trump président. Ils ne se sont aucunement préparés, et il n'est normalement pas à la charge du parti de préparer le fonctionnement de l'exécutif: le parti et ses élites sont surtout dans le législatif, vu qu'une équipe de campagne est toujours, dans une mesure plus ou moins importante, un greffon de dernière minute qui émerge des primaires et qui est avant tout lié à l'individu qui mène la barque et dispose à ce moment d'un capital politique suffisant pour n'écouter que plus ou moins marginalement les caciques de son parti. C'est le premier stade de séparation de l'exécutif et du législatif: priorités et modes de pensée différents, qui les conduiront, selon les résultats des élections, à un cocktail coopératif-adversarial particulier. En tout cas, au moins tant que les élections sont pas passées, et à moins que le candidat n'ait (chose rare) une emprise immense sur le parti, l'équipe de campagne ne laisse pas les apparatchiks du parti se mêler de ses affaires. - la plupart des "vieux briscards" républicains de l'exécutif, quand on parle des têtes de listes (ceux capables d'être un peu généralistes, holistiques, chefs d'équipes, arbitres...) ne sont pas nombreux, ne sont pas si compétents que cela, sont souvent radioactifs politiquement parce que liés à la dernière présidence si dénigrée (Rumsfeld par exemple), et/ou détestés au sein du GOP, sont très divisés entre eux, ont pour beaucoup de bien meilleurs postes et/ou de confortables retraites maintenant.... Beaucoup sont très vieux (surtout si on va chercher les compétents, liés à des administrations précédentes). Mais surtout, la plupart avaient surtout de la valeur quand opérant sous un chef qui les avait sélectionnés et organisés dans un tout cohérent, eux-mêmes à la tête d'une équipe.... Ce sont des ensembles, des mécanismes durs et longs à créer: le grand Etat-Major français de 1918, et la capacité d'EM en général à cette époque, étaient au top, mais ont vite cessé d'exister passé la guerre, non parce que les personnels avaient disparu ou même quitté le service, ou encore parce que les structures proprement dites avaient été dissoutes, mais parce qu'on avait vidé la chose de sa substance (équipes et sous-équipes en place, orchestration de leur travail, rotation organisée des personnes, passation du savoir-faire, connaissances mutuelles, mémoire institutionnelle, importance accordée à ces dynamiques inquantifiables....). Là, c'est pareil: tout le monde est allé son chemin, et personne n'a voulu et/ou pu rappeler suffisamment de gens (et les bons) suffisamment à l'avance pour relancer ces dynamiques - il y a mine de rien 8 ans que le GOP n'a pas approché l'exécutif national: ça fait beaucoup de pertes de savoirs, savoirs-faires, automatismes, et surtout, concrètement, d'équipes de gens rôdés à la chose. A moins de vouloir très fort préserver une capacité à en reformer (ce qui se faisait avant et que les démocrates ont fait) en mobilisant des groupes de travail avec des chefs à plein temps, au moins l'année de la campagne, on est marron quand vient le 8 novembre. - comme l'évoque Boule75, le GOP a fait empirer toutes ces dérives dans la décennie écoulé: la mentalité anti-gouvernement a tellement cru qu'elle a dépassé les bornes de l'absurde depuis longtemps, si bien que l'expertise en est méprisée, tout comme les dysfonctionnements du Congrès ont augmenté, avec notamment une grave perte d'expérience et de capacité de travail dans les deux chambres (baisse drastique de la longévité moyenne des élus, baisse de niveau des staffers parlementaires). C'est un mal grave en grande partie du aux ravages faits par, d'une part, la constance depuis 40 ans de la mentalité "the government is the problem" et la perte de prestige du service public, et d'autre part, par la conquête du processus politique par l'argent: les carrières post politiques sont plus attractives, le fric dicte l'alignement des élus (et avec le temps, a changé le profil moyen de ceux qui visent l'élection), l'essentiel du temps d'un élu est désormais dédié à la recherche des fonds de campagne et au léchage de fion des bailleurs.... - sans réel chef d'orchestre, et avec une majorité si désunie, aucune chance que les conditions du succès aient été réunies, et cela renvoie aussi à l'extrême factionnalisme des hauts fonctionnaires gouvernementaux (qui sont le principal pool de recrutement des équipes de travail de l'exécutif), en cours d'emploi ou temporairement dans une autre carrière (think tanks et assimilés, entreprises privées et lobbying....), qui sont souvent alignés sur des groupes et individus particuliers au Congrès et dans les partis. Chacun veut jouer sa partition, caser ses "poulains" et copains.... Il suffit de regarder la Maison Blanche en termes de "factions", de "pôles": On a Trump, et on a l'establishment GOP autour de Priebus. Mais on peut subdiviser ces ensembles: Trump, c'est d'un côté le "cercle intime", de l'autre les affiliés non politiciens pros (genre la faction business pourrie, avec par exemple Icahn), avec aussi un "pôle populiste" (Banon) dont on ne sait pas ce qu'il donnera. Priebus, c'est toutes les divisions de l'establishment GOP, dont une est par ailleurs incarnée par le désormais très bien placé Mike Pence. Là-dedans, Trump n'a pas assez de capital politique pour s'imposer en chef d'orchestre: il a trop de manques. Pas de connaissances du fonctionnement de l'exécutif, du gouvernement, de Washington et de la loi, pas de "réservoirs" de gens (compétents et/ou loyaux) pouvant opérer la machinerie, pas d'assise électorale organisée suffisamment ferme, pas de faction au Congrès, et en plus, il a la masse de conflits d'intérêts qui lui pend au cul et que Ryan peut se décider à utiliser comme moyen de chantage (avec enquête et risque d'impeachment sur commande). Si on ajoute les problèmes qu'il se crée tout seul avec son abus de communication (ce qui a fait une de ses forces électorales peut vite devenir son principal handicap de gouvernant) entre autres, on a une idée du genre de machinerie qu'il est en mesure de créer et, plus important encore, de faire fonctionner comme un tout: c'est pas glorieux.
  15. Le meilleur jugement sur une comparaison Trump-Clinton que j'ai entendu est survenu avant la campagne générale, de la part d'un journaliste et satyriste liberato-conservateur, PJ O'Rourke, et je crois que je l'ai déjà cité ici: "Clinton is horrible, but within normal parameters. Trump is just horrible". Le simple fait du professionalisme de l'équipe Clinton serait sans doute à lui seul moins pire que ce que Trump risque d'amener, sous couvert de "changer Washington" et de populisme cheap. Sur le plan de la politique étrangère, oui Hillary Clinton a une mentalité de faucon, "a neocon's neocon" selon les ragots de Washington, mais elle a quand même appris comment le monde marche et quels équilibres il faut savoir préserver, ce qu'il ne faut pas dire ou faire, et surtout, contrairement à Trump, ce qu'on peut et ne peut pas se permettre dans les comportements, indications et niveaux de doutes qu'on exprime ou induit. L'ensemble de ces choses, Clinton aurait pu mieux les assumer que Trump, soit par elle-même, soit par les gens dont elle avait su s'entourer: idéologiques certes, pas vraiment un progrès, et dans l'ensemble sans doute, une politique intérieure et extérieure poursuivant sur les lignes actuelles (néolibéralisme béat....) et l'entropie lente qu'elles entraîne. Mais, et surtout de notre point de vue européen, une stabilité plus garantie, une visibilité plus grande.
  16. Non, c'est la simple réalité, renforcée dans le système fédéral américain par le fait que le GOP contrôle aussi la grande majorité des Etats, dont le poids dans la définition et l'exercice du pouvoir qui s'applique au business et aux citoyens dans leurs vies quotidiennes est très important. Et, en lien avec ce que disait Kiriyama C'est justement tout le point: nous aimons à nous penser comme vivant dans un univers sécurisé, où les gardes-fous (psychologiquement, les parents, le cadre dans lequel nous avons grandi où il y avait toujours quelqu'un/quelque chose pour nous rattraper/nous retaper si on tombait) existent, sont, et seront toujours là: la gouvernance, c'est pas pareil que cette illusion des parents tout-puissants. C'est de l'équilibrisme sans filet de sécurité dans la plupart des domaines: les grosses conneries se paient en vies humaines perdues ou ruinées (en nombres plus ou moins massifs), immédiatement ou de façon un peu diluée dans le temps. Dans le cas de la transition, comme je l'ai indiqué plus haut, ce qui est vraiment inquiétant n'est pas tant le retard et les manques constatés dans la nomination du cabinet (qui ne sera de toute façon pas prêt ou complet demain à midi), mais le retard et les manques, ou pour être plus direct, le vide complet, qu'on observe dans la multitude de postes en-dessous de ce niveau (les 4000/24 000 que j'évoque désormais fréquemment), et les immenses problèmes dans le processus destiné à les pourvoir (vérifications sur l'honnêteté, la loyauté, la compétence, le passé....). Ce sont des postes de hautes responsabilités, dont l'exercice est précisément ce qui assure la bonne marche continue du gouvernement. Et là encore, je ferais une exception pour les postes de direction pure (des services et agences en tous genres, soit généralement les postes de "director" et "deputy director"), voire même les postes de chefs de services sous ce genre de directeurs de premier rang (chefs de service qui peuvent être aussi des directions, ou tout autre titre: c'est là où la machinerie peut devenir confondante à décrypter); mais la masse des équipes de travail du haut de la pyramide de ces agences est ce qui va commencer à gravement manquer demain. Autant la plupart des agences et services peuvent expédier le quotidien pendant quelques semaines ou quelques mois sans que des problèmes graves ne surgissent (sauf en cas de crise importante dans un domaine ou un autre: là c'est très caca de pas avoir de direction), autant sans la masse de "deputy" ceci, de "vice" cela, "d'assistant" machin et de advisor bidule, (ou tout autre préfixe, suffixe ou titre dont la culture professionnelle américaine raffole à un degré inimaginable), il y a merdasse. Une vraie merdasse. Et encore plus parce qu'il ne s'agit pas là de manques dans une agence ou un service, ou de manque à un ou deux échelons de la bureaucratie, mais d'un manque généralisé à toutes les agences, et ce à tous les échelons ou presque des moyens de direction du pays. Le tout avec en plus une Maison Blanche (le centre nerveux du "cerveau" du pays qu'est l'exécutif) elle-même s'improvisant bordéliquement, ayant du procéder à un recrutement en catastrophe de son personnel (et là encore, ça ne laisse pas assez de temps pour examiner plusieurs candidats qualifiés par poste, vérifier leurs antécédents....): la Maison Blanche elle-même est un vaste organisme dont le personnel (sauf la sécurité et le personnel d'intendance) valse complètement à chaque administration, et où les 3 mois de la transition ne sont pas de trop pour voir l'équipe sortante chapeauter et acclimater la nouvelle. Le personnel trumpien n'a que très peu reçu ce genre de "crash course", tout connement parce que l'essentiel n'avait pas encore été recruté courant décembre, et même encore au mois de janvier. Une grande partie sont justement parmis ces 4000 appointés directs, en plus du haut de l'organigramme des ministères/cabinets/departments et des agences et services fédéraux: l'Executive Office of the President (EOP) représente 2000 à 2500 personnels et 300 à 400 millions de dollars de budget annuel, et inclue en plus un effectif plus large et non comptabilisé dans cette catégorie de staffers de moindre rangs (secrétaires et assistants de "bas niveau", stagiaires....). L'essentiel de ces gens bosse dans la Maison Blanche elle-même et son annexe principale, l'OEOB (Old Executive Office Building: un ignoble bâtiment de style Second Empire, de l'autre côté de Pennsylvania Avenue, soit juste en face de la Maison Blanche), où se trouvent les locaux de l'équipe de transition et le bureau de Donald Trump jusqu'à demain (en plus d'une des résidences présidentielles). Et là non plus, il ne semble pas que beaucoup de monde soit prêt à faire fonctionner cette machinerie qui est le coeur du système.
  17. Oui, la tentative de listing des chercheurs gouvernementaux sur le réchauffement climatique, pour une possible chasse aux sorcières, n'a pas été du goût de tout le monde, surtout quand, sous une forme ou une autre, ce genre de trucs s'est aussi passé un peu partout où l'équipe de transition a fourré son nez dans les premières semaines. Mais rien non plus pour apaiser les craintes, et c'est là que le bât blesse quand on en arrive à ce genre de hautes fonctions, surtout à notre époque de médias sociaux et de grands médias corporate alignés sur des priorités devenues aujourd'hui très optionnellement compatibles avec la recherche d'une quelconque vérité ou de l'intérêt public (le poison n'est pas dans la sustance, mais dans la dose: les défauts et dysfonctionnements des médias ont pour l'essentiel toujours été là, mais jamais à ce degré). On a vu ce que Trump a pu faire à l'image d'Obama auprès d'une part tout sauf négligeable de l'opinion américaine avec une histoire à dormir debout (le birtherism): même s'il n'y a absolument rien liant Trump à la Russie, et même si l'action russe contre les USA dans cette élection (et après, quand on voit Poutine faire le cabotin sur Trump et les putes russes, sans doute juste pour confondre, détourner l'attention et/ou remuer le couteau dans la plaie), je crains que le thème ne soit déjà solidement implanté dans le débat et les perceptions aux USA, ne pouvant, à partir de ce point, que se développer et rester sous une forme ou une autre dans les consciences. Si en plus certains choix politiques (et vu le poids d'Exxon, ils ont des chances) et certaines postures de la Russie aident en ce sens, ça peut devenir un vrai grave handicap pour le Donald, en plus de ses insuffisances propres, et au-delà même du fait de savoir s'il y a ou non un feu à l'origine de cette fumée. EDIT: pour revenir à l'exemple de la Gambie. Normalement, le NSC a un département pour s'occuper de ça, dirigé par le Special Assistant to the President (cette partie indique le rang) and Senior Director for African Affairs (la fonction), un parmis les 22 "special assistants to the President" sous l'autorité du "senior management" du NSC: 2 Deputy National Security Advisor, et 2 Deputy Assistant to the President, dont le "Chief of Staff" du NSC (une nommée Suzy George, jusqu'à demain midi). Ces 4 là bossent directement pour l'équipe dirigeante du NSC, le National Security Advisor (Susan Rice pour l'instant, Flynn après) et le Deputy National Security Advisor (Avril Haines jusqu'à demain, sans remplaçant désigné depuis que la nominée KT McFarland, a passé un sale quart d'heure au Sénat pour ses débilités et plagiats). Le Special Assistant to the President and Senior Director for African Affairs (qui s'occupe de l'Afrique Subsaharienne) est un certain Grant T Harris jusqu'à demain midi. Il n'a pas de remplaçant désigné pour l'instant, aucun processus de "vetting" n'a été observé pour ce poste, aucun candidat n'a été proposé pour confirmation (pour les postes devant passer par l'avis du Sénat), et Harris part demain avec son "deputy", ses assistants et subordonnés "politiques" (non prorogés, donc devant légalement se barrer), et toute une partie de son équipe qui a choisi de se barrer aussi. Et rien qu'au NSC, c'est pareil dans la plupart des départements régionaux ("Russie et Asie Centrale", "Europe", "hémisphère occidental", "Asie du Sud", "Israël Egypte et Levant", "Iran Irak Syrie et Golfe".... Nada: aucun nom) et spécialisés dans certains domaines ("non prolifération", "armes de destruction massives", "terrorisme et réduction des menaces", "planification stratégique"....). Bref, c'est l'expertise et la capacité de traitement et d'aide à la décision (et décision niveau affaires courantes) du NSC, l'interface du gouvernement avec tous les "outils" de l'Etat américain (forces armées, services de renseignement, services d'infos et de recherche, moyens de diffusion, diplomatie, agences fédérales, liaison avec les agences d'Etats...) qui dégage sans remplacement. A ce stade, dans le meilleur des cas, les postes seront pourvus par annonce surprise demain à midi une, ce qui est très douteux; et la plupart n'auront pas pu être passés au crible, sans même parler de ceux qui doivent être confimés par le Sénat (parce que ça, c'est mathématiquement impossible avant un bail, surtout vu qu'il y a priorité pour le cabinet, lequel n'est même pas encore pourvu en majorité). D'ordinaire, les 4000/24 000 passent du temps ensemble chaque jour pendant toute la période de transition (les noms étant déjà prêts avant l'élection): ce coup-ci, le premier contact entre l'équipe Trump et le NSC a été le 22 novembre dernier. Un entretien purement au sommet, pour Flynn, ce qui est un délai très anormal, du au fait qu'il n'y avait alors personne en charge de la transition dans le secteur de la Sécurité Nationale avant cette date. Quand ils se sont pointés à cette prise de contact, sur les 6 envoyés par Trump, 2 seulement avaient une habilitation de sécurité, obligeant à un report de la rencontre et contraignant l'équipe en place à réécrire les briefings pour n'avoir que du non classifié (ce qui doit être peu productif). Le travail n'a donc commencé qu'en décembre et de manière limitée.... Quand soudain, autour du 15 décembre, cette équipe fut remplacée par une autre (dirigée par un certain général Kellog) qui n'a commencé à interagir avec l'équipe Obama que début janvier (parce que vacances de Noël). En théorie, le State Department et le DoD pourraient gérer la majorité des affaires courantes du NSC pendant quelques temps.... Sauf que l'équipe Trump n'a pourvu aucun poste en-dessous du niveau cabinet (cad Tillerson et Mattis) dans ces deux ministères (où y'en a une tripotée à nominer, parce que demain, ça va dégager sec).
  18. Normal: par rapport à la Chine, ils sont petits et faibles. C'est plus commode de taper de haut, surtout quand tout le monde est d'accord (et sur notamment l'acier chinois, tant que le RU était dedans, l'UE était nettement moins unanime).
  19. J'avais déjà traité le sujet ici et là sur ce fil: aux USA, la transition est quelque chose qui est pris très au sérieux, ce qu'on voit avec le nombre de postes qui sont discrétionnaires et dépendent directement du président. Comme mentionné, il y en a plus de 4000, plus les 24 000 dépendant de lui et de ceux qu'il nomme (mais dans les faits sont tous pourvus par l'équipe de transition à un degré ou un autre). Quand le président change officiellement (cad demain midi, dans la transition actuelle), tous les actuels employés dégagent, point barre. Même quand le président est réélu à un 2ème mandat et qu'il veut garder le même cabinet (et supposément, les mêmes hauts fonctionnaires et nominés politiques), les membres de celui-ci (et tout le reste de la pyramide) doivent quand même rituellement présenter une lettre de démission et être ensuite réappointés (sans repasser par un processus de confirmation autre que formel au Sénat). Bref, la règle par défaut est que le 20 janvier suivant une présidentielle, tout le monde dégage. A moins qu'on leur ait expressément demandé de rester, de manière officielle et écrite, avant une certaine date (quelque part en décembre, je crois: un truc genre 6 semaines de préavis avant la date butoir). Dans cette transition, non seulement un certain nombre de gens ne VEULENT PAS rester avec ce président et/ou son "équipe" rapprochée (Flynn en débecte pas mal au NSC, par exemple), mais en plus, l'équipe en charge a tellement improvisé et opéré en pure catastrophe, sans même suffisamment d'expérience pour arriver à se démerder dans l'urgence, qu'elle ne semble pas avoir envoyé beaucoup de ces lettres, laissant filer la deadline. Et là-dessus, ils n'avaient pas vraiment de longs listings de candidats, et, semble t-il, pas beaucoup de candidats qu'ils connaissaient même un peu bien. Trump a saupoudré ce grand vide avec le bruit, les paillettes et les polémiques de ses principaux nominés au Cabinet (le top de la liste des 4000/24 000, quoi), mais même pour eux, il ne semble pas que le processus de sélection initial ait été autre chose qu'un casting pour l'audience et une "best" list par les intérêts privés que le nouveau président semble étrangement empressé de servir (Et Goldman Sachs semble être le principal actionnaire de ce gouvernement.... Avec Vladimir?).
  20. Moins anecdotique ou marrant, et nettement plus important: il ne fait aujourd'hui aucun doute que l'équipe Trump n'avait pas prévu d'emporter l'élection jusqu'au soir où c'est arrivé, et la principale conséquence, celle qui intéresse le monde entier (et réjouit sans doute Poutine) est qu'il n'y a eu aucune préparation pour une équipe gouvernementale, comme le processus de transition l'a amplement démontré, et comme les audiences de confirmation des principaux nominés au cabinet le prouvent depuis 2 semaines, avec des candidats sous-préparés, et dont quasiment aucun ne semble avoir vu son CV et son dossier personnel examinés, même de loin. Entre une nominée au Conseil National de Sécurité qui se fait dégager du processus parce que ses seuls travaux dans le domaine concerné se sont avérés être des plagiats de mauvaise qualité (un fait qui était public depuis des années, et qui l'avait discréditée partout sauf sur FoxNews), et un candidat ministériel qui se fait choper pour de multiples arnaques de collusion gouvernment/intérêts privés (acheter des actions d'une boîte, passer une loi qui la favorise outrageusement, puis revendre après le boost massif du cours), en passant par les réponses fumblées et absences de connaissances sur le domaine qui leur a valu la nomination pour un grand nombre d'entre eux, on a au global un panorama assez effarant du niveau d'impréparation. A la rigueur, et contre-intuitivement, il serait moins grave de voir les "grands" nominés mettre plus de temps à être mis en place: la temporalité de leurs jobs n'exige pas une telle immédiateté dans un grand pays avec une machinerie gouvernementale à forte inertie. Le problème réside plus dans les 4000+ postes de hauts fonctionnaires, dircabs, assistants-ceci et vice-celà dépendant directement du président, et les 24 000 et plus autres hauts fonctionnaires dont la nomination dépend du président et de ses nominés directs. Les affaires courantes en dépendent dès demain midi, et il s'agit littéralement des gens qui répondent au téléphone en permanence (et non, je ne parle pas de standardistes), qui prennent les décisions du quotidien, arbitrent, filtrent l'info vers le haut et le bas, aiguillent, peuvent répondre aux questions du haut.... Exemple fondamental avec le Conseil National de Sécurité que j'ai déjà évoqué: les nominés discrétionnaires se barrent avec Obama, et aucun n'a accepté de rester même si demandé, et beaucoup d'autres personnels (non discrétionnaires) partent aussi, si bien que demain à midi et pour une période indéterminée, l'Amérique n'aura littéralement PAS de Conseil National de Securité, qui est la gare de triage de l'information et du processus de décision au sommet du pays pour tout ce qui concerne la sécurité nationale, surtout au quotidien (en plus d'être la principale cellule de crise). Un reportage que je regardais posait la simple question: le président de Gambie refuse de se conformer au résultat des élections qui viennent d'avoir lieu dans son pays et a décidé de rester en place, faisant ainsi risquer une guerre civile, avec possibilités de débordement régional.... A partir de demain midi, qui est en charge? Qui peut commencer à bosser sur le dossier et former une cellule de crise ad hoc? Qui répond au téléphone? Par qui le processus de décision peut-il transiter, être entamé et organisé sur de bonnes bases? La réponse est: personne. Et ce qui est vrai pour le NSC est aussi vrai dans tous les autres domaines: le processus de confirmation pour le cabinet est encore en cours, mais cela cache le fait qu'il y a un énorme cafouillage pour les milliers d'autres postes-clés nécessaires à ce que le gouvernement fonctionne. Même s'il y a des noms sur ces cases demain à midi, l'immense majorité d'entre eux ne seront pas des gens qualifiés et n'auront pas été examinés à la loupe (notamment ennuyeux dans les domaines où la corruption -quasiment partout- implique un risque pour la qualité et la légitimité de l'action gouvernementale, et dans ceux où la loyauté doit être vérifiée dans les détails -genre sécurité nationale), soit le résultat d'un processus improvisé, réalisé en catastrophe sans que les gens en charge de la transition aient même le quart du dixième des capacités et connaissances, et des listings nécessaires (parce que tout ce qui les intéresse est qui aura en charge la SEC et les trucs permettant la mise en coupe réglée du pays pour leurs portefeuilles). Quand on apprend par ailleurs que, dans la plupart des cas, ceux en place n'ont pas été prorogés et/ou se barrent d'eux-mêmes (voir l'exemple que j'avais donné sur l'agence chargée de la sécurité des armes et installations nucléaires militaires), le paysage peut commencer à devenir préoccupant pour beaucoup de pays dans le monde.
  21. Pour être honnête, c'est pas propre à Erasmus: la plupart des étudiants internationaux partout dans le monde font leurs cours en anglais. La tendance n'a fait que se renforcer à mesure que les flux d'étudiants étrangers sont devenus un business à capter, plus intéressant (parce que payant plus, et bénéficiant souvent d'incitations diverses des Etats-hôtes) que les étudiants "locaux"/nationaux: ça s'est organisé, standardisé, c'est de plus en plus géré par contingents plutôt que par dossiers.... Dans mon école de commerce, il y a 14 ans, les étudiants asiatiques (n'euphémisons pas, dans le monde réel, ça veut essentiellement dire chinois) étaient déjà un gros contingent, et pas un n'avait à suivre un seul cours en français (la formule se cherchait encore un peu: ils étaient dans certains cours en français, mais le prof faisait des encarts en anglais pour eux, et leurs polys et devoirs étaient reçus et/ou rendus en anglais). Quand ça devient une industrie, tu simplifies, tu vas au plus petit dénominateur commun, et tu recherches le chemin du moindre effort, parce que ce qui compte n'est pas l'ambition affichée pour le marketing ("initier à une autre culture", "faire se rencontrer les peuples", "aller vers l'autre".... Et autres conneries), mais de faire du chiffre. Sur le plan de la langue, ça veut dire recourir autant que possible à la "lingua franca" du marché.
  22. Oyez, oyez, bonnes gens! Des nouvelles sur le front de l'inauguration de notre bon et bénin leader suprême du président Donald Ier! Oui, je sais, je me jette sur ce thème avec toute la retenue que la vérole observait jadis à l'égard du bas-clergé (et du haut aussi d'ailleurs), avec la dignité qu'a une grand-mère devant un étal de pâtisserie, un rappeur devant une nouvelle bagouze (vendue avec le survêt Tacchini/Dior)... Mais que voulez-vous, les addictions, c'est comme ça.... Et puis celle-là, d'une manière ou d'une autre, sera terminée demain (aurais-je une période de sevrage difficile?). Entre des groupes de majorettes et orchestres marchants qui doivent venir de beaucoup plus loin que d'habitude (Alabama, Maine....), un recours plus prononcé que d'habitude aux formations militaires (qui ne peuvent pas dire non), l'ex-DJ de Hugh Heffner (fondateur et patron de Playboy.... Quelle référence sur la scène musicale; apparemment, les grands noms chez les DJ peuvent aussi, de nos jours, se permettre de dire "va chier"), et un nombre très réduit (en fait un si on est un peu honnête) de performers un peu notables (dont une, en plus le "quota" diversité -une chanteuse noire de Broadway assez connue-, a annulé cette semaine), la cérémonie ne semble pas annoncer monts et merveilles côté spectacle. Et franchement, le Comité d'Inauguration doit bien être dirigé par les copains de Trump, parce que.... C'est pas vraiment professionnel: outre les résultats minables obtenus sur le spectacle, on note mille et un défauts dont certains deviennent des memes. Jusqu'à la multiplication des typos sur le programme, par lequel on apprend ainsi, entre autres exemples, le détail des unités de "calvary" (une nouvelle arme secrète américaine?) qui défileront dans les rues de Washington. Je profite de la caution morale AD.net pour taper absolument gratuitement, juste pour la jubilation, sur ce point: les noms d'unités militaires ne sont même pas respectés sur le dit programme, étant complètement fumblés de manière parfois ridicule et très voyante (genre "1st Calvary Division Horse Calvary Detachment".... Ca va au-delà de la typo); on croirait que pour une telle occasion, le comité en charge se fendrait d'une capacité de relecture, voire même de vérification. Mais la taille de l'audience semble préoccuper le nouveau président, qui ne cesse de l'annoncer "énorme" ("huge"), mais en est même venu à devoir publier des annonces payantes sur Facebook (allez en voir une, on pleurerait presque pour le Donald), même pour faire venir des gens pour avoir une foule dans les multiples lieux par où passe la parade, qui n'impliquent pas de places payantes. Beaucoup de tickets sont soudain gratuits, et beaucoup de telles incitations demandent des réservations pour des tickets, là où il n'y a pas besoin de tickets (n'essayez pas d'en réserver via le lien dans ces annonces.... Le professionalisme de l'équipe est tel que le dit lien renvoie à un site de vente de produits Trump). Le marketing essaie de flooder la discussion online avec des commentaires robots disant que les tickets sont durs à trouver, qu'ils partent comme des petits pains.... Mais il semble y avoir assez peu d'intérêt pour le sujet; si peu, en fait, que les bots se voient comme la main orange de Trump sur le cul d'une jeune mariée. L'équipe Trump, et Trump lui-même, continuent donc à promettre des foules record, mais une inauguration présidentielle n'est pas si facile à réussir, surtout pour un président comme lui: c'est un événement qui se passe un jour de semaine, et surtout, il se passe en janvier, dans un endroit où il fait très froid en janvier. Tout le monde sait ce genre de trucs induit côté logistique par ailleurs: ça dure des heures, la plupart des gens ne verront qu'un bout de parade et/ou seront très loin de la cérémonie d'inauguration (hors de vue, hors de voix), plus ou moins mal retransmise par des écrans et hauts parleurs, la foule est partout, on a faim, soif et froid (et les stands sont concentrés là où la foule n'est pas: c'est euclidien),et il n'y a nulle part où pisser. Donc si on veut faire venir du monde, il faut au moins un produit attractif, une forte envie (un truc que Hillary Clinton a appris à ses dépends récemment) et un bon spectacle. Et qui plus est, pour la parade menant à la cérémonie en plein air, il faut aussi de la foule locale (qui seule peut fournir les effectifs visibles à l'écran sur toute la grande longueur du dit défilé), ce qui peut poser problème à un président de ce type: le "petit peuple" de Washington DC est très majoritairement noir et modeste ou pauvre (et les CSP+ ne se déplacent que peu à ce genre d'événements à moins d'avoir des places proches de là où ça se passe: un petit nombre par définition). Pourquoi insisté-je sur ce sujet, au-delà de la valeur de l'amusement procuré par la débandade en direct des amateurs chargés du boulot, et l'éventuelle déconfiture et blessure d'ego pour Trump? Disons que ça peut servir de micro-labo pour les limites de ce que la propagande peut ou pas produire: si c'est une vraie foirade, on verra comment le spin est fait, comment l'événement est nié ou mis en valeur et par qui, comment la "machine" médiatique prend la chose et ce qu'elle en fait, jusqu'à quel point ça peut être couvert et oublié, ou bien au contraire exploité, si ça devient un événement marquant ou non. Evidemment, sur le terrain, il faut un résultat vraiment net et sans appel pour que l'étude de l'utilisation médiatique est de la valeur, ce qui est aussi la raison pour laquelle j'appelle de mes voeux une plantade monumentale, quelque chose de pitoyable, vu qu'un retentissant succès (l'exact opposé), avec des images fabuleuses et mémorables, semble complètement hors de portée. Et ce sera aussi un intéressant révélateur de ce nouveau président, pour qui les apparences sont si importantes et dont l'ego et le snobisme sont si massifs: saura t-il encaisser un échec bien visuel? Saura t-il, voudra t-il au contraire essayer de "mettre l'ambiance" et de compenser l'absence de performeurs notables et stars estampillées "A list" (et pour être honnêtes, les artistes "B-list" et "C-list" ont aussi dit merde), pour se la jouer "je suis avec mes fans", "je suis avec le peuple" (perso, j'en doute: mon pari est qu'il va retraiter direct dans les salons chauffés pour une sauterie entre gens du monde)? Historiquement, il ne faut jamais sous-estimer les conséquences de blessures d'orgueil publiques sur de tels personnages: elles ont de vraies conséquences politiques.
  23. La scène nationaliste anglaise semble donner à fond dans le "posturing" cheap (que d'anglicismes dans mes posts), présentant des bravades sémantiques comme des atouts concrets dans la négociation. Et essayer de faire de May la nouvelle Dame de Fer, c'est vraiment dans l'esprit du temps: sans imagination, empruntant aux précédents existants en les vidant de substance (Thatcher avait quand même du faire une guerre -qu'elle avait incitée en désarmant et fumblant la préparation militaire de son pays- pour choper le surnom), et outrancier sans même un début de réalité derrière, sinon quelques effets d'annonce complètement gratuits. Dis-moi ce que tu annonces sur twitter, je te dirais qui tu es: o tempora, o mores! Sic transit gloria mundi, et tout le baratin habituel qu'on répète depuis l'aube des temps pour dire que tout fout le camp et qu'on vit dans une époque de merde. En tout cas, la seule chance des Brits dans cette négo, c'est que ça se mette à merder sec entre les continentaux: parce que la survalorisation du commerce avec le RU, ça ne convaincra personne, surtout quand beaucoup de grandes boîtes à Londres commencent à appeler les déménageurs. Mais pour revenir au thème de l'image de May, il semblerait que cet abominable costard va rester attaché à son personnage pendant un moment.... La coupe! Le motif! Les couleurs! Elle a piqué ça à un clown particulièrement dépressif?
  24. Une nouvelle qui vous fera rire, sourire, ou être vraiment très cynique. CGI, la Clinton Global Initiative, l'un des programmes majeurs de la Fondation Clinton, fermera ses portes en avril, du fait de l'assèchement brutal des donations. Les 74 employés permanents seront licensés, et les activités cesseront.... Sans que beaucoup de monde ait jamais réellement su ce que ce "programme" de la Fondation faisait de concret avec la masse de fric qui y affluait, hors du fait d'organiser des événements et présentations médiatisés avec des célébrités pour faire des discours bien-pensants et inspirants. Ce qui est sûr, c'est que le fric a cessé d'y affluer: la Norvège et l'Australie, donateurs majeurs depuis le début en 2005 (20 millions/an pour la Norvège), ont fermé le robinet, par exemple. La fermeture avait déjà été plus ou moins annoncée depuis septembre, suite aux menus scandales wikileaks ayant révélé à quoi CGI servait vraiment, à savoir lever des fonds pour la campagne de HRC en achetant son oreille, son attention et sa bonne volonté future (mais le futur n'est pas arrivé, dira t-on), dans une boucle de recyclage financier permanent avec le cabinet de "consultants" Teneo, créé et présidé par Doug Band, proche conseiller et ami de Bill Clinton, qui avait aussi créé CGI avant de rapidement quitter la structure pour profiter du flux de fric attiré (aussi) pour Teneo par le biais de CGI. Ce qui avait choqué Chelsea Clinton qui s'était faite rabrouer en interne (comme quoi, l'honnêteté ne paie pas dans la famille Clinton), l'affaire étant exposée par Wikileaks. HRC faisait venir le fric sous couvert de donations caritatives à CGI, et le fric servait à sa campagne, tout comme son staff politique pouvait être employé par la structure (donc vous en faites pas pour la majorité des employés virés) et donc fonctionner aux frais de la charité de la princesse (la Fondation, pas HRC), Teneo touchant son pourcentage au passage en jouant les arrangeurs, en employant une autre partie du staff, et en recyclant les fonds pour un usage nettement moins caritatif. Je n'ai pas regardé l'état des lieux, s'il y en a un, mais quelque chose me dit que la Fondation Clinton elle aussi ne doit plus attirer les foules et le fric.
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