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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Le dernier point est sans doute LE truc sur lequel Trump devra faire un effort de rapport au réel et de plus ou moins relative fidélité à la parole donnée, ne serait-ce qu'en essayant avec insistance. Plus encore que le "mur", en fait: dans le domaine de l'immigration, il va pouvoir profiter de la politique d'Obama, qui n'a pas été surnommé le "deporter in chief" pour rien (aucun président n'a autant déporté de migrants), et la politique qu'il a mis en place n'aura qu'à être poursuivie, avec juste la "touche Trump" pour la vendre, Obama n'ayant pas été foutu et/ou désireux de vraiment mettre en avant cet aspect de son mandat, soit parce que, comme dans tant d'autres domaines, il a été un très mauvais "vendeur"/marketeur politique (il n'a été bon qu'en campagne électorale, sur ce plan pourtant fondamental de la politique: la vente, le "théâtre", le fait de tirer crédit politiquement de sa politique et/ou des événements), perdant systématiquement la bataille médiatique, soit parce qu'il ne voulait pas trop s'en vanter de peur de trop s'aliéner les populations hispaniques (plutôt très majoritairement sensibles sur le sujet de l'immigration). De fait, Trump n'aura qu'à s'approprier les choses telles qu'elles sont, saupoudrer la poursuite de cette politique de quelques agréments bien vendeurs (inauguration en grande pompe d'un morceau de mur symbolique mais "visuel", quelques discours et meetings, un flux réguliers de tweets et "breaking news" ne lui devant rien mais qu'il revendique....), et il aura marqué son territoire sur le sujet. Et il n'aura pas FoxNews et la sphère médiatique de droite niant les faits, contrairement à ce qui est arrivé à Obama: la droite encensera la politique menée (exactement celle d'Obama, plus 2-3 gadgets essentiellement marketing), et la gauche ne la niera pas, afin de la condamner plus fermement que sous Obama, ce qui ravira les anti-immigrations; donc rien ne changera, mais le débat sur la chose sera complètement transformé.... Au bénéfice relatif de Trump. Et ce sans que de nouvelles dépenses vraiment conséquentes aient à y être consacrées (mais bon, de toute façon, les ricains gaspillent déjà beaucoup dans ce domaine). Mais le système de santé est beaucoup plus fondamental: hautement symbolique depuis longtemps, et devenu emblématique avec "Obamacare" et l'objet médiatico-politique qu'il est devenu, c'est aussi autant un engagement de campagne de Trump du genre qui bouge VRAIMENT les gens et leurs motivations, qu'un risque majeur actuellement vu ce que la majorité GOP veut y trafiquer, avec 20 à 30 millions de gens directement menacés de perdre purement et simplement toute assurance, et la grande majorité des assurés qui, qu'ils en soient conscients ou non (mais ils pourraient voir ça arriver assez vite), pourraient voir la qualité et la solidité de leur couverture devenir encore plus mauvaises (c'est pas génial aux USA pour la grande majorité des contrats), et les prix recommencer à grimper annuellement aux rythmes d'avant l'ACA (cad beaucoup plus que ce que celui-ci a été accusé de causer). C'est, avec la Défense, l'un des deux postes de dépense majeur du gouvernement, dans un secteur qui représente dans l'ensemble 20% du PIB, et c'est LE sujet le plus épineux de la politique américaine (l'adage à Washington, sur la Social Security et la Santé: "you touch it you burn"), qui en est venu récemment, encore plus que d'habitude à préoccuper la population dont c'est l'une des priorités absolues. Et sur ce plan, Trump ne peut pas être totalement déconnecté de la réalité, surtout s'il veut vraiment développer une "power base" durable pour pouvoir peser face au GOP: il va sans doute tout faire pour signaler à Ryan et aux Républicains qu'ils ont besoin des électeurs que lui seul semble encore aujourd'hui pouvoir leur amener (ce pourquoi il doit les organiser: Banon doit être en train de tout faire pour constituer ainsi un mouvement pro-Trump durable), et que ce sujet, une forme ou une autre de couverture plus ou moins universelle, pourrait être le prix à payer. Ca ne veut pas dire que ça se fera, ni même que la couverture obtenue sera vraiment terrible (même si elle sera sans doute noyée dans une propagande annonçant monts et merveilles, avec un Trump se présentant en Père Noël sauveur du monde pendant des mois), mais c'est un combat sur lequel trump devra sans doute s'engager et s'afficher durablement contre l'orthodoxie du GOP, que ça débouche ou pas (voir quelle sera la marge de manoeuvre de Ryan, le niveau des pressions sur lui, l'importance de l'orthodoxie budgétaire dans leur communication -parce que dans les faits, ils n'en ont pas). S'il ne le fait pas, il n'aura pas d'électorat significatif à organiser. En finir avec Obamacare et Medicare/Medicaid, privatiser la Social Security et le VA (Veterans Affair, qui pèse lourd dans les dépenses de santé et que les lobbies médicaux et pharma veulent), bien que catégoriquement visés par la nouvelle majorité, ne sont pas des objets politiques si faciles à manipuler, même quand on a toutes les cartes en mains.
  2. Tancrède

    Nanas au combat

    C'est pas un topic photo: pour ceux qui veulent s'astiquer devant des femmes en uniformes, il y en a un dans la rubrique "vidéos & photos".
  3. Toutes ces procédures alourdies, dont beaucoup sont de fait renvoyées au demandeur, à son employeur putatif, à son proprio.... Sont un bon moyen de favoriser l'emploi préférentiel des Britanniques sans le dire: une boîte, surtout une PME, ne se donnera ce genre de peine que pour un étranger vraiment irremplaçable.
  4. S'ils y croient vraiment, c'est que les photos de la séance-pipi doivent montrer la vraie (et décevante) taille de l'engin de Trump....
  5. Si c'est vraiment ce que Poutine a dit.... Cela voudrait-il dire qu'il a politiquement besoin des sanctions pour blâmer quelqu'un, pointer des doigts et couvrir les insuffisances de son propre gouvernement?
  6. A t-elle encore des marges de manoeuvre vu "l'opération mineure" menée au sud, qui semble lui poser quelques problèmes, et surtout mobiliser ses meilleurs éléments (les seuls qualifiés en fait)?
  7. Possible retour aux méthodes Marcos? Tradition, quand tu nous tiens.... On sait si sa femme aime les chaussures?
  8. Des noms, des noms ! Oui, elle était grandiose, celle-là!
  9. Check à 00;32 "The problem with unverified claims is that, no matter how unverified they are, if it's hillarious enough, people will always remember it as a fact"; le problème avec des assertions non vérifiées est que, aussi peu vérifiées qu'elles soient, si c'est suffisamment marrant, les gens s'en rappelleront toujours comme de faits établis. Aussi: "cette semaine, nous avons tous eu l'opportunité d'expliquer à nos parents ce qu'est une golden shower" On peut effectivement s'interroger, mais malgré tout l'intellect et l'expérience du personnage, il faut garder à l'esprit qu'il vient d'un domaine ultra spécialisé à travers lequel il a "appris le monde", soit avec une lentille hyper concentrée, et avec un ensemble donné, et assez restreint, de priorités (celles d'un géant pétrolier) qui ont sévèrement encadré son travail et son apprentissage continu. Ca peut tout-à-fait constituer un facteur d'ignorance dans de multiples autres domaines, potentiellement renforcé par la vanité de l'expert, celui qui pense tout connaître dans tout parce qu'il a vu tout ce qu'il y a à voir dans son bac à sable (et qu'il pense aussi que son bac à sable est la "catégorie des rois"); soit un genre de raisonnement type "qui peut le plus peut le moins", sans vouloir voir que le "moins" est surtout "différent". C'est encore pire pour la diplomatie d'un pays qui est par essence multi-domaines, faisant jongler avec des priorités absolument contradictoires en permanence, là où lui a oeuvré dans un secteur qui, malgré sa complexité et sa pourriture, a beaucoup plus de choses quantifiables et beaucoup moins de contradictions. Pour un matheux comme lui (il vient de l'extraction à la base), on pourrait même presque supposer que c'est antithétique. C'est toujours possible, mais je les vois pas si organisés ou planificateurs, vu le bordel ambiant dans l'équipe Trump. Et quelque part, ils me donnent tous plutôt l'impression de pas en avoir grand-chose à foutre au-delà de la mise en coupe réglée du pays qu'ils sont en train de mettre en place, se contentant d'un service minimum plutôt minable, faisant à peine semblant et peu d'efforts pour réciter le discours attendu avant d'être bien assis aux commandes et de se lâcher. Vu la posture des républicains observée au Congrès (Chaffetz menaçant de couper les vivres au BGE.... Lui qui ne pète pas sans l'aval de Ryan), j'ai vraiment tendance à pencher pour cette interprétation: l'oligarchie est lâchée. Alexis wants to be grabbed by Donald (by the p.... Enfin c'est un mec, donc par les....)?
  10. L'évolution des coûts évoqués dans le budget moyen est plutôt terrifiante, et pas tellement la bouffe (quoique ce serait plus dramatique si on pouvait examiner le sujet plus en détail: calories -bon marché- vs nutrition -hors de prix-, disparités sociales et géographiques, "food deserts"....), mais le loyer (ou le mortgage), l'éducation, les assurances et les "utilities" (eau, électricité....). C'est encore pire si tu prends en compte l'épargne: faut que je retrouve les chiffres sur le sujet, mais la croissance de la proportion de gens arrivant à l'âge de la retraite sans un rond de côté est effarante (et non, ce ne sont pas des "cigales" ayant tout claqué en futilités; ils n'ont juste jamais gagné assez pour épargner).
  11. David Corn (l'auteur.... Et je sais pas pourquoi, mais il a vraiment une tête à claque: envie de le baffer chaque fois qu'il intervient sur un plateau télé) est, semble t-il, le premier journaliste à avoir été en contact avec cet agent ou ex-agent anglais, à l'été 2016, et c'est à partir de lui que la rumeur a commencé à circuler dans la presse et la politique américaine avant les élections, sans que jamais cela ne franchisse le cap de la publication avant que Corn ne se décide à écrire son truc sans pouvoir prétendre avoir d'autre source pour confirmer.
  12. Le règne de Donald Ier semble commencer prématurément: l'Etat de Caroline du Sud risque a se retrouver avec une dépense imprévue de près de 4 millions de dollars pour nettoyer le site d'une entreprise liquidée que le repreneur annonce vouloir redévelopper, mais pour lequel il ne veut pas payer la note. Ce pourrait être anodin, et une affaire normalement traitée en justice pour savoir qui est responsable de la pollution du site.... A ceci près que le patron de l'entreprise faillie est Donald trump Jr, et que le repreneur est le nouveau président des USA, qui a par ailleurs déclaré cette semaine qu'il ne voyait pas de nécessité de vendre ses entreprises ou de s'en couper (selon le mot à Washington, la structure gérant le groupe Trump, et ironiquement mais pas légalement qualifiée de "blind trust", qui sera gérée par ses fils "is not blind and is not to trust"), soit une absence de séparation de capital manifeste qui, en temps normal, ne serait pas tolérée par la justice de Caroline du Sud. Mais c'est un tantinet plus compliqué maintenant, et les organismes chargés de l'éthique du gouvernement ont signalé cette affaire (ils travaillent beaucoup en ce moment), pour se faire retoquer.... Par les républicains au Congrès, qui ont pleinement accepté le "plan éthique" que Trump a annoncé cette semaine. Jason Chaffetz, le chien d'attaque de Paul Ryan par son poste de chairman of the House Oversignt Committee, a même menacé d'assigner le patron de l'Office of Government Ethics (une agence indépendante, formellement rattachée à l'exécutif) et de couper le financement de son agence. Que Trump refile purement et simplement l'addition au gouvernement de Caroline du Sud ou qu'un deal soit conclu discrètement pour rembourser la somme à l'Etat depuis des fonds fédéraux (via un prétexte politique quelconque, une surfacturation de quelques trucs lors du calcul des transferts fédéraux....), il semble très difficile de laisser le fonctionnement normal de la justice avoir libre cours: les gouvernants et élus fédéraux de cet Etat doivent être un petit peu embarrassés (ou, pour ceux du Congrès, heureux d'avoir ainsi le président leur devant un "service") et pris entre le marteau et l'enclume si l'affaire prend de l'ampleur et la population commence à s'y intéresser vraiment, tout comme la communauté du business de Caroline du Sud qui pourrait ne pas aimer voir la concurrence bénéficier de tels traitements de faveur (on ne trouve légitimes que ceux qu'on reçoit).
  13. Ils vont à nouveau en exporter 1 gramme en Angleterre? Comment ça se fait? Sans vouloir faire du national-pessimisme, on peut pas dire que, malgré ses qualités sanitaires, le boeuf français soit très bon: on fait du boeuf fadasse, c'est un vrai problème de notre marché (les races à viande en France étaient avant tout sélectionnées pour la qualité des boeufs eux-mêmes en tant qu'outil de travail: la viande était un sous-produit, généralement utilisé dans des plats genre ragoût, où le goût compte peu). Les USA, en revanche ont depuis longtemps des races à viande sélectionnées pour le goût de la bidoche. C'est sans doute pour ça d'ailleurs que cette réouverture a eu lieu: y'a peu de chances de voir les chiffres être conséquents (réserve: je ne sais pas ce qu'il en est pour les produits transformés genre plats préparés: on se fout du goût quand c'est dans des lasagnes surgelées), et dans une négo plus vaste, c'est un petit susucre qui passe pour une concession. Pour un prix au kilo peu différent, je vois dans un magasin près de chez moi un truc genre Charal (ou une bonne pièce en boucherie) ou la même pièce en import des USA (généralement du black angus ou un truc du genre), et y'a vraiment pas photo: bon en tout (texture, aspect sanitaire....) mais peu de goût côté français, très persillé. et savoureux côté ricain (mais du coup, on en veut plus, et on veut ce qui va avec: des frites, pas des légumes sains et chiants, et de la mayonnaise pour accompagner.... Et on prend du lard, et on pleure ). En revanche, faudrait voir quelles sont les contreparties: avec les difficultés politiques apparues dernièrement pour les traités transatlantiques et leurs à-côtés, ce genre de manoeuvre peut être un "sweetener" pour ouvrir le marché européen au boeuf américain, qui est une industrie autrement plus puissante, avec un lobbying très fort (surtout dans les parties de l'Amérique qui viennent d'obtenir une large victoire en novembre) et agressif, une grande envie de nos marchés, et des méthodes de production nettement moins exigeantes.
  14. Ouais, faudrait accélérer les investissements de déconcentration du "Grand Paris", pour développer de l'immobilier de bureau proche de la capitale bien connecté avec elle, sinon la pression sur le marché parisien va devenir vraiment lourde (avec ricochet sur le logement.... Bon, mon avis est intéressé, je songe à acheter un truc, là). A moins qu'un super-corps de douaniers et argousins en tous genres (y compris la lutte contre l'immigration clandestine) ne devienne un important programme du gouvernement, donc un "objet" politique, pour employer des masses de désoeuvrés, y'a plus de chances de voir le RU s'orienter vers l'opposé dans ce domaine, afin d'essayer de devenir une plate-forme marchande ultra-fluide, sans contrôles ou presque, histoire de retrouver un bout d'avantage compétitif (devenir dans le commerce "concret" ce que la City était -et est encore pour l'instant- dans le domaine financier: le lieu-même du "pas visible, donc pas vu et pas pris", la blanchisseuse ultime). Evidemment, tout dépendra, encore une fois, de ce qui va bien pouvoir se négocier. Mais d'ici à ce que la scène politique anglaise arrive à produire un semblant d'ordre de bataille..... Jouer la montre en attendant de pouvoir le faire et donc choisir le moment (sinon le lieu) de la dite bataille semble commencer à lasser du monde à Bruxelles.
  15. Je comprends le fait de céder à la tentation, mais quel rapport (ou est-ce juste le mot "alcôve"?) avec JM Sylvestre? Il a porté plainte contre DSK pour harcèlement sexuel ou tentative de viol? Moi non plus, je sais pas résister....
  16. Tu as vu qui est l'auteur? JM Sylvestre. L'est pas vraiment connu pour avoir l'oreille au sol; tout ce qu'il relate est ce qu'il connaît, à savoir les alcôves (en tout cas certaines d'entre elles, c'est pas un "confident des grands") des milieux d'affaires et de la politique, où les tendances changent en une demi-journée, voire plus vite, où la seule chose qui compte est quel chef de groupe fait copain avec qui. Je n'emploierai quand même pas le terme de "tour d'ivoire", mais pas loin: il ne parle là que d'un très petit segment de réalité.
  17. Mine de rien, c'est l'un des inconvénients majeurs des quelques grandes déviances des médias d'information, nulle part ailleurs autant qu'aux USA, ces 20 et quelques dernières années: tout est "breaking news", tout est traité comme si c'était un truc énorme, on crie au loup toutes les minutes pour attirer ou retenir l'audience, on matraque sur un sujet (et en fait assez souvent, un fait divers ou un truc superficiel.... Comme le dernier tweet de "vous-savez-qui") pendant tout un journal télé en oubliant le reste, on fait des choix éditoriaux douteux (mais qui doivent arranger certains "commanditaires" d'une info asservie à un agenda donné) en oubliant la plupart des sujets importants (et surtout ceux importants pour la population).... Faut pas s'étonner qu'un public donné, autant celui qui a été assommé au fil des années par ce modus operandi que celui qui a grandi avec (on ne parle même pas de celui qui a lâché l'affaire par dégoût ou fatigue) n'écoute plus que distraitement ou s'en tamponne le coquillard, voire même prenne de la distance vis-à-vis de la "crédibilité" du journaliste (ô choquant).... Ou qu'une bonne partie aille vers d'autres pâturages, un peu pour trouver de l'info plus "vraie" et/ou variée, beaucoup pour rejoindre une tribu confirmant ses propres biais cognitifs et préférences. Et dans l'ensemble, un gouvernement tel que le nouveau cabinet peut entamer son programme dans un océan de divisions, parsemé de petites îles bien éloignées les unes des autres: il y aura du bruit, celui relayé par les médias sera traité de la manière décrite plus haut, et il faudra beaucoup de temps pour que suffisamment d'habitants des dites îles puissent se rassembler pour signifier quelque chose qui puisse commencer à peser aux yeux du pouvoir. J'ai dans l'idée que les seuls "médias" (au sens large) qui vont (re)commencer à peser de façon un tant soit peu significative à l'avenir seront les groupements (surtout un peu durables) de citoyens, les tribus et méta-tribus qui apprendront à se structurer solidement (ça veut dire plus dans le monde physique/social que le virtuel), et par lesquels une part plus importante de l'information "efficace" qui circule passera, une info dont elles seront des filtres beaucoup plus nécessaires et utilisés que précédemment, face à des médias traditionnels qui n'auront plus qu'une part de pertinence (notamment par le fait qu'ils garderont l'essentiel des moyens d'acquisition de l'info, un truc qui reste cher et lourd à mettre en place et entretenir). C'est surtout qu'au-delà de ce qu'il s'efforce de projeter, le mirage de sa popularité n'a simplement pas pu se maintenir très longtemps même dans les médias les moins couillus. Il a été élu avec une courte avance, qui plus est purement "technique", dans un contexte d'abstention (ou d'empêchement de voter) très importante, face à une candidate tout aussi impopulaire que lui, dans un système politique totalement décrédibilisé, et avec un pourcentage conséquent de voix qui ont voté pour lui soit par défaut, soit par anti-clintonisme, soit par "discipline" de parti (sans aucune conviction en sa faveur), soit enfin par une forme ou une autre de vote de protestation. 19% des votants (sur 139 millions environs de votes passés le 8 novembre, soit un peu plus de 26 millions) ont voté Trump (soit 41% de ses électeurs) en ayant une mauvaise ou très mauvaise opinion de lui: ça devrait faire réfléchir. Et un certain nombre ont par ailleurs voté pour lui pour d'autres raisons, sans pour autant être fans, ou très convaincus, ou par absence d'alternative. Dans l'ensemble, le vote Trump dans toutes ses composantes représente 19,4% de la population américaine, 25% de la population adulte, 27% des inscrits (il y a 251,1 millions de citoyens en âge de voter, 231,6 sont autorisés à voter; les presque 20 millions de différence ne sont pas inscrits volontairement ou parce qu'ils en sont de jure et/ou de facto empêchés); ça fait pas un socle de représentativité très solide dans l'ensemble. Sinon un truc amusant et inquiétant s'est passé hier: pour ceux qui regardent C-Span (les 2 ou 3 personnes -dont au moins un cadavre de retraité mort devant la télé- qui le font aux USA ), la chaîne parlementaire US a été hackée pour la première fois de son histoire, pendant sa diffusion "live" des débats à la Chambre. Pendant une intervention de la démocrate Maxine Waters qui questionnait les intentions de Trump et son possible alignement sur l'agenda de Moscou et/ou de Wall Street, le "live feed" a été coupé et remplacé pendant 10 minutes par une série d'images plus ou moins ridicules (de fausses pubs touristiques pour un pays sud-américain fictif inventé sur twitter par un élu polonais, le ministre des affaires étrangères polonais en photo avec Gandalf, Superman, Frodo, Obiwan et Catwoman....) qui toutes portaient l'estampille verte de RT. Maxine Waters a juste eu besoin de mentionner la Russie, et hop, on a ce genre de trucs? Mauvaise blague d'une tierce partie, ou Vlady qui remue juste le couteau dans la plaie ? Les autorités américaines sont d'autant plus préoccupées que le matin du même jour, pendant l'audition du futur patron de la CIA au Sénat (Mike Pompeo), a eu lieu une vaste coupure d'électricité dans le bâtiment du Congrès, pour laquelle aucune explication n'a pour l'instant été trouvée. y'a t-il quelqu'un en train de dire "you're my bitch" aux dirigeants américains? ACTU sur un truc que j'ai évoqué plus haut: le groupement "Indivisible" a passé la barre des 3000 organisations affiliées (300 quand j'ai commencé à en parler la semaine dernière), et pourrait devenir par lui-même une "méta" organisation chapeautant une vaste mouvance activiste à l'échelle du pays.
  18. Y'a une trame narrative qui a commencé à circuler depuis un petit moment, maintenant (en fait depuis que Trump a commencé à se friter avec les services de rens), comme quoi beaucoup d'agents de renseignement, ou plutôt, plus largement, de membres de la "Intelligence community", considèreraient la démission comme une option probable face à l'évolution que menace d'amener Trump. D'un côté, et outre qu'il ne s'agit que de journalistes disant "mes contacts me disent que", ça me semble bien tôt pour que de telles décisions, ou même tentations, aient pu commencer à se produire (au final, ça ne fait que quelques semaines que ça dure), et aucune vraie direction trumpiste pour la politique du renseignement n'a évidemment encore été fixée. De l'autre, la foire d'empoigne autour des récents briefings est bien réelle, tout comme les mouvements de démission anormalement nombreux au conseil de securité national. Certains journalistes évoquent ainsi une crainte qui serait présente dans les services que Trump veuille leur faire suivre un chemin analogue à ce qui s'est vu dans la presse, "fake intelligence" emboîtant le pas des "fake news", dans l'esprit d'un président arnaqueur, obsédé par l'apparence du succès immédiat. Dans cette vision, les services seraient graduellement amenés à produire ce que le président leur demande, à lui faire voir uniquement ce qu'il veut voir (et lui punissant quiconque sort quelque chose qui le dérange ou contredit sa vision des choses, d'une façon très "soviétique"). Il est évidemment impossible à ce stade d'apporter trop de crédit à de telles visions, tout comme il est difficile de savoir si ces craintes sont partagées par beaucoup de monde dans la communauté du renseignement américain, ou juste par quelques membres en lien avec des journalistes, et qui diffusentla chose pour créer un contre-feu, ou juste attirer l'attention. Il est cependant très rare de voir ce genre de linge sale s'étaler hors de la famille. Y'a t-il possibilité que Trump soit à ce point un bonimenteur uniquement là pour son bénéfice personnel, qui entend de ce fait avoir des services purement aux ordres, produisant ce qui l'arrange, en se souciant bien peu des conséquences? La crainte de la chose semble en tout cas exister. Ou bien, de façon moins pensée, est-ce plutôt un Trump qui ne sait pas vraiment avoir une posture solide, ne pouvant s'empêcher de faire un patacaisse dès que quelque chose le contredit ou dément sa vision générale des choses, et de punir les "fautifs"? On imagine mal des gens comme le général Mathis accepter de voir (et d'utiliser la production) les services de rens devenir des fournisseurs de fausses nouvelles destinées à plaire au président. Autre certitude: beaucoup d'informations semblent filtrer vers la presse, qui indiquent une vraie colère dans les services de renseignement, face au spin permanent de Trump et de ses porte-paroles qui les dénigre et ment de façon un peu trop visible, accommodant sa "réalité" chaque jour avec un nouveau bricolage à la va-vite. Dans une veine un peu différente, un sondage Quinnipiac (la référence sur le "thème" du président) sur le cabinet Trump (réalisé juste avant les audiences d'avant-hier, qui ont aggravé le cas des candidats les plus notables): - dans l'ensembe, 30% des sondés approuvent les choix pour le cabinet, 40% désapprouvent, 28% "n'en ont pas entendu assez" - 29% approuvent la nomination de Sessions, 34% désapprouvent, 35% "n'en ont pas entendu assez" - 23% approuvent la nomination de Tillerson (corporate America est encore plus impopulaire que le Congrès), 35% désapprouvent, 40% "n'en ont pas entendu assez" - 48% des républicains (ça fait peu) approuvent la nomination de Tillerson, 8% désapprouvent, 44% "n'en ont pas entendu assez" NOTE: "n'en ont pas entendu assez" est pour moi la catégorie fourre-tout qui rassemble les couilles molles, les ignares, les flemmards et les je m'en-foutistes. Le même sondage adressait d'autres questions. Par exemple, Croyez-vous que Trump améliorera votre sort et celui de votre famille? - Sûrement: 17% - Probablement: 27% - Je ne crois pas: 18% - Aucune chance: 35% Pas gégène avant même d'entrer en exercice. Par ailleurs, plus de gens (54%) semblent penser que Trump en fera plus pour diviser le pays qu'il n'en fera pour le rassembler; 40% pensent l'inverse. La question "Trump est-il quelqu'un avec qui vous pouvez avoir des affinités" est encore plus divisive et révélatrice (note: Difficile de traduire simplement "someone you can relate to": c'est un terme vague quand employé dans ce registre interpersonnel, couvrant aussi bien le fait de nouer un rapport, de comprendre, d'avoir de l'empathie, de se sentir "connecté", d'interagir, de "comprendre", de se sentir des affinités, de s'identifier....): - c'est "oui" pour 30% des sondés, "non" pour 68% - c'est "oui" pour 36% des hommes et 26% des femmes - c'est "non" pour 61% des hommes et 74% des femmes - c'est "oui" pour 63% des républicains, "non" pour 35% d'entre eux Dans le même genre, "pensez-vous que Trump est quelqu'un d'équlibré": - "oui" à 33% (38% chez les hommes, 28 chez les femmes) - "non" à 62% (56% chez les hommes, 67% chez les femmes) Ces deux dernières questions m'amusent en ce qu'elles ne sont que partiellement liées à la réalité des votes de novembre (et qu'elles indiquent que les 2/3 des Américains penchent vers le fait que Trump est un trou du cul à la santé mentale douteuse), et je ne crois pas que si les mêmes questions avaient été posées juste avant l'élection, les résultats auraient été différents: beaucoup de gens ont voté (ou se sont abstenus) en connaissance de cause, sans illusion sur le Donald, sans même croire qu'il pourrait amener quoique ce soit de bon. Juste le "changement à tout prix". Il est très dur de mesurer le vote protestataire, surtout dans sa grande diversité de motivations, mais on peut, par ce genre de biais, se faire une meilleure idée de sa réalité. Donald Trump se préoccupe t-il de l'Américain moyen? "Oui" à 44%, "non" à 52% Est-il honnête? "Oui" à 39%, "non" à 53% Approuvez-vous la façon dont Trump assume actuellement ses responsabilités? 37% "approuvent", 51% "désapprouvent" (76% des républicains approuvent, 24% désapprouvent ou ne se prononcent pas). La même question pour Obama indique que 55% approuvent et 39% désapprouvent. Une question devenue -et c'est quelque part dérangeant- importante.... Donald Trump doit-il garder son compte twitter? 32% sont "pour", 64% sont "contre".... La question globale de la "job approval" pour le president-elect; - 37% de "favorables" (44% en novembre) - 51% de "unfavorables" (46% en novembre) Pour la comparaison, Obama en 2008 l'avait emporté avec 53% du vote, mais avait 69% de "favorables" à la veille de son inauguration en janvier 2009. Sera t-il un meilleur président qu'Obama? 34% pensent qu'il sera "meilleur", 45% pensent qu'il sera "pire", 15% disent que ce sera "la même chose". Quel président sera t-il? 12% pensent qu'il sera "grand", 30% qu'il sera "bon, 20% qu'il sera "pas bon", et 32% qu'il sera "mauvais". 50% des sondés (12% des républicains) émettent aussi le souhait qu'Obama continue à parler ouvertement sur la scène nationale (une chose "qui ne se fait pas" pour les ex-présidents, dont on attend de la réserve), contre 46% qui ne le veulent pas. Ce sondage n'est qu'un sondage évidemment, et chaque question, isolément, n'a qu'une valeur limitée et indicative au mieux, mais comme mentionné, la tendance d'ensemble a une réalité, et c'est sans précédent pour un "president elect" de coter aussi bas. Cela rejoint la tendance globale des sondages concernant Trump depuis son élection: un très petit état de grâce a existé au tout début (dans l'esprit "laissez-lui une chance"), et a vite entamé une spirale descendante. Difficile de dire ce qui a le plus entraîné ce phénomène, entre les choix pour son cabinet (qui en est, entre autres, à son 6ème Goldmansachien "officiel") et l'attitude médiatique du Donald (notamment dans sa dispute publique avec les services de rens). Globalement, outre l'accent sur Trump en particulier, on note les proportions de "hardcore" qui semblent plus se ranger dans une position ou une autre de façon pavlovienne, révélant le niveau de polarisation du pays. Le sondage rappelle ainsi la réalité de l'humeur du pays au moment de l'élection, entre deux candidats qui, dans l'ensemble, étaient plutôt détestés, et une classe politique en laquelle bien peu croient. On y discerne les "socles" d'opinion (dans l'ensemble, plus petits qu'auparavant) sur lesquels les élus essaient de capitaliser, pour lesquels il font un spin de plus en plus tribal et divisif.
  19. Le Donald fait de la réclame; à quand le tampon rouge vif "Donald Approved" sur les affiches publicitaires le long de la route (avec une photo où il affiche son sourire un peu zarbe; celui qui donne l'impression qu'il vient d'en lâcher un dans l'ascenseur)? Mais la dame en question a l'air d'être un cas; elle a essayé de se faire élire au Congrès puis à la Chambre en claquant beaucoup de fric, pour se bananer les deux fois, et, malgré toutes les facilités offertes aux USA pour injecter du fric en politique, elle a été foutue de merder ses donations au Donald en dépassant les limites autorisées (utilisant un PAC, qui a un plafond). Mais bon, que Trump fasse de la pub pour LLBean (so not presidential.... Very sad), ça va agiter les comiques américains qui vont avoir du mal à résister: c'est ZE marque emblématique (en VPC) de la petite classe moyenne blanche voulant se donner (pour pas cher) des airs de famille "classique" de Nouvelle Angleterre. Avec une certaine image de fadeur absolue qui est depuis longtemps un ressort comique bien connu. J'attends avec des frémissements de voir qui sera le premier comique à ne pas résister.
  20. Surtout que si on regarde assez platement la situation vis-à-vis de la Russie, on note que pour ce qui concerne Exxon, la compagnie a un bail sur 63 millions d'acres de terres qu'elle n'a pas le droit d'utiliser du fait des sanctions, ce qui représente plus de 3 fois la totalité de telles réserves encore à exploiter qu'elle a par ailleurs dans tout le reste du monde (USA surtout, mais aussi Hollande, Allemagne....). Une telle immobilisation est non seulement un manque à gagner intolérable pour une telle entreprise, c'est aussi un coût annuel conséquent, en plus de l'investissement déjà consenti au moment de la signature du méga-deal avec Moscou juste avant que les sanctions ne tombent.... Et maintenant, l'ex-PDG, un homme du pétrole jusqu'aux tréfonds de l'âme, qui a passé toute sa vie d'adulte dans la boîte, est potentiellement le prochain secrétaire d'Etat? Un mec dont le patrimoine et le "capital social" viennent d'Exxon, et dont les revenus et le capital mobilier sont encore essentiellement fait d'actions Exxon ou issu d'elles? Un mec dont toute la vision du monde a été forgée à travers les oeillères de cette boîte et de ce secteur d'activité, et absolument par rien d'autre? Il a largement démontré pendant ses entretiens devant le Sénat, qu'en dehors de son ancien domaine d'expertise (où je suis sûr qu'il est l'un des tout meilleurs qui soit), il ne connaissait pas grand-chose du monde dès lors qu'il faut d'autres lentilles que celles de son secteur (sérieusement, par moments, c'était atterrant) et, visiblement, rien du tout de la réalité du passif de Poutine ou de l'action de la Russie (on peut juger la chose comme un mal nécessaire à maints égards, ou avoir son opinion sur la politique intérieure et extérieure russe vs la ricaine, mais d'une, la réalité du régime poutinien n'est pas vraiment discutable, et deux, on parle ici dans le cadre du point de vue et des intérêts américains). Il a juste donné quelques réponses génériques visiblement apprises dans Foreign Policy for Dummies quelques jours ou heures avant l'audience, ce que la presse a généreusement qualifié "d'étonnamment bon".... Ce qui en dit bien moins sur la réalité du cas Tillerson, et beaucoup sur le niveau abyssalement bas de la barre que des médias obséquieux et corporatistes mettent pour juger de certaines choses. De telles audiences sont en grande partie un show pour la caméra, évidemment, mais même à ce titre (c'est à la base sur C-Span.... C'est pas fait pour être regardé par qui que ce soit ), j'ai trouvé l'audience lamentable. Et je ne crois pas qu'il y ait vraiment de doute possible sur les tropismes naturels du gars, tout comme sur l'endroit où va sa loyauté. De toute façon, une entreprise comme Exxon (la plus grande du monde qui ne soit pas une entreprise d'Etat) parle fort, et elle a en l'occurrence une forte incitation à le faire avec insistance, vu que ces histoires de sanctions, de son point de vue, ça commence à gratter un peu fort.
  21. Je l'ai vu, c'est effectivement pire que nul, et, malgré la débauche de moyens, l'aspect de l'armée chinoise (armures en tête) fait vraiment carton pâte/plastique (avec désormais en plus l'inévitable unité d'élite de super-bombasses en "armures" moulantes, avec des bras et jambes gabarit spaghetti). Les dialogues sont à chier, l'histoire inexistante, le suspense au ras des pâquerettes, le souffle épique à un autre endroit, tout est ultra prévisible et téléphoné, et les intentions culturelo-politiciennes dégoulinent par tous les pores possibles, soit la pire méthode qui soit pour vendre du "multiculturel". Du vrai gloubi-boulga mondialisé avec lourd accent sur le léchage de fion culturel de la Chine. Ca semble avoir fait du chiffre en Chine (pas encore sorti aux USA), quoique je sois très mal placé pour dire ce qu'est un bon CA pour un film dans ce pays. Les distributeurs y sont particulièrement rapaces (ce qui n'est pas peu dire pour ce secteur d'activité), laissant une part plutôt maigrichonne de la recette aux studios (et Matt Damon n'est pas bon marché), ce qui complique beaucoup la rentabilisation de tels projets (150 millions de budget de prod, sans compter un important budget promo qui, pour ce genre de films, peut aller jusqu'à doubler la mise, ou en tout cas lui caser un +50% facile) là où la distribution est concentrée en trop peu de mains. Et avec ça, le film arrive aux USA (en février) avec une critique très hostile, un manque de notoriété (malgré la pub), et ce qui semble déjà être un assez mauvais bouche à oreille. Il y a aussi un différentiel important de goût entre ces deux pays même pour des films censément "attrape tout", qui est un risque supplémentaire (voir le cas, l'an dernier, de Warcraft, qui a bombé aux USA, et surperformé en Chine).
  22. Jeff Sessions s'est fait épingler hier pour une toute autre histoire que ses possibles "manques" quand au problème racial aux USA en général, ou dans les Etats du sud en particulier, les motifs de son insistance pour le "droit des Etats", ou sa posture face à un certain nombre de problèmes sociétaux (rappelons que c'est le mec qui trouvait que les membres du KKK étaient des gens biens.... Jusqu'à ce qu'il découvre que l'usage de la marijuana était répandu chez eux, et bien accepté) et au droit de certains groupes. l'ACLU est une très importante organisation américaine, et de loin la plus visible et cruciale quand on parle de défense des droits civiques et libertés fondamentales; avec plus de 500 000 membres, dont beaucoup d'avocats, et plus de 130 millions de budget annuel, c'est un poids lourd juridiquement, politiquement et médiatiquement, qui essaie de se tenir à l'écart de la politique partisane, ne prend quasiment jamais position pour ou contre des candidats à des postes électifs ou nominatifs, et ne s'était jusqu'ici jamais mêlée de la confirmation d'un membre du cabinet.... Jusqu'à hier. Ils n'ont pas formellement pris position pour dire "non à Sessions", mais sont venus témoigner en faisant connaître une affaire que Sessions a traité quand il était attorney general en Alabama. L'histoire remonte à 1995-1996: Jeff Sessions a, semble t-il, consacré beaucoup de temps, de moyens et d'acharnement à intenter une vaste action contre une petite entreprise dirigée par deux hommes d'affaires locaux contre qui 227 chefs d'inculpation pour fraude ont été portés. Sessions qualifiait à l'époque l'affaire de "cas le plus important que le bureau de l'attorney general de l'Etat ait entrepris en plus de 25 ans" (oui, parce qu'apparemment, les très graves et violents problèmes raciaux des années 70-80 dans ces Etats n'étaient pas traités... D'où l'intervention fédérale qui dérange tant les dixiecrats). Mais l'affaire s'avéra en fait être une pure baudruche politicienne, déboutée en audience par le juge et n'allant donc même pas au procès. Le même juge, par ailleurs, souleva beaucoup de points dérangeants pour un Sessions entre-temps devenu un candidat républicain officiel pour le Sénat (et certain d'être élu, vu l'Etat), notamment le fait que Sessions aurait pris en charge l'affaire pour renvoyer l'ascenseur à d'importants sponsors de sa campagne qui étaient les concurrents directs des deux hommes d'affaires incriminés. On sait très bien que ce genre de choses arrive très souvent, sinon même systématiquement, et particulièrement dans les Etats du vieux sud et de la "dixiecratie" où ce mode de fonctionnement est à ce point dans les moeurs qu'on peut se demander s'il est génétiquement transmis. Le juge avait ouvertement accusé Sessions "d'inconduite sérieuse et généralisée" (je n'ai pas de traduction juridique exacte en tête pour "serious and wholesale prosecutorial misconduct) pendant les 2 ans où il fut attorney general de l'Etat. Il déclarait que, même en accordant (à Sessions) le bénéfice du doute à chaque étape de l'examen de son travail, son inconduite dans cette affaire dépassait la totalité des "prosecutorial misconducts" (inconduite de la poursuite? Du procureur?) jamais observées dans sa Cour. L'utilisation (très consensuelle) du patron de la justice d'un Etat par des intérêts particuliers est pour ainsi dire la règle générale dans certains Etats, bien plus qu'un fait occasionnel ou simplement régulier; tout le monde le sait, tout le monde le voit, peu peuvent le prouver, soit que le cas soit difficile et/ou cher, soit qu'il soit mauvais pour la santé et la carrière d'essayer de taper si haut. Mais là, le nez de Sessions a été mis dans son propre caca, et pas sur un cas polémique lié à des passions de fait devenues partisanes, comme les droits civiques, les questions raciales ou LGBT, le droit des Etats.... Mais sur un cas particulièrement criant de pure corruption (bien qu'il semble difficile de prouver la corruption proprement dite). A voir si la majorité républicaine a encore quelque chose à foutre des apparences, ou si la ploutocratie ne s'en préoccupe même plus, pensant avoir les mains entièrement libres et peu ou pas de comptes à rendre; de l'aveu de beaucoup de politiques, c'est un sentiment souvent très présent chez les élus nouveaux et/ou jeunes -la grande majorité du Congrès aujourd'hui, où les carrières longues disparaissent- d'une majorité, qui pensent pouvoir faire ce qu'ils veulent et, dans l'atmosphère de corruption essentiellement légalisée de Washington, sont certains de pouvoir raser gratis. Donc dans ce contexte, en ajoutant le fait qu'entre gens du même monde, il y a des limites qu'on ne franchit pas (ce pourquoi le témoignage du sénateur Cory Booker contre Sessions en a choqué beaucoup hier), on se dit que Sessions pourrait très bien passer, même si toutes ses casseroles faisaient la une de tous les médias pendant des semaines.
  23. Dis donc, c'est une vraie strip teaseuse, le Duterte: depuis qu'il agite son cul un peu partout, les Etats impliqués dans la région sont tous en train de "making it rain" sur lui. Chine, Japon, USA.... Tout le monde s'y met. Si on faisait un parallèle avec l'éducation d'un enfant, on se dirait qu'il s'agit là de très mauvaises méthodes parentales: la petite brute narcissique et capricieuse, qui pique une crise sur tout et son contraire, est récompensée pour ça! Ce qui en dit long sur les profonds dysfonctionnements de la politique internationale où les pires comportements, dommageables à moyen/long terme, sont systématiquement encouragés. Donc moi, je dirais que le vrai visage de Duterte se trouve dans Harry Potter.... C'est le cousin Dudley: J'espère que les Philippins sont contents....
  24. Si on est cynique comme Donald, on se dit que le seul manque de classe dans cette histoire (outre ce qu'il dit), c'est de se faire choper en train d'embaucher ces "chauffeurs de salle", pas le fait de les embaucher.... Mais bon, ça fait longtemps qu'il utilise ce procédé: dans son tout premier événement de campagne, sa "descente des marches en escalator", où il a annoncé sa candidature, plus de la moitié de l'audience présente était, selon les médias, des acteurs embauchés pour quelques heures.
  25. Où c'est là qu'on voit en live l'effet que ça fait quand il s'agit d'un "membre du club": tout le monde sait que Sessions est un raciste au tropisme ségrégationniste, tout le monde sait que les trucs qui ont été ressortis de son passé sont vrais, mais.... "C'est un des nôtres", vous diront ses pairs sénateurs chargés de le confirmer: entre membres du pack, ça ne se fait pas d'être trop dur. Ces "événements" sont loins dans le passé, loins des yeux, loins du coeur, tandis que Sessions, c'est un gars qu'ils connaissent depuis longtemps, qu'ils fréquentent au quotidien, qui est poli et a toujours une bonne blague, et qui donc ne peut pas être aussi méchant. Ce genre de raisonnement, souvent inconscient ou semi-conscient, est à l'oeuvre dans suffisamment de sénateurs et avec suffisamment de force pour qu'il soit confirmé, si on l'ajoute à ceux qui de toute façon voteraient pour lui parce que c'est la ligne du parti; il pourrait être Adolf réincarné, le fait de le fréquenter au quotidien tempère beaucoup de choses. C'est pour ça que la proximité physique et relationnelle est si importante en politique: on critique moins durement un être de chair et de sang qu'on fréquente souvent, on est plus ouvert à ce qu'il pense, moins enclin à le juger froidement, plus vulnérable à son propos et/ou ses "raisons" d'agir et de penser comme il le fait.... Toute stratégie d'influence dépend de ça, et tous ceux voulant peser à Washington le savent et placent autant de monde dans l'entourage des gens qui comptent pour cette raison. L'Arabie Saoudite, déjà bien placée dans les esprits et les yeux à Washington depuis longtemps, a ainsi graduellement pris tout l'espace visuel, mental et relationnel des cercles et réseaux liés de près ou de loin à la politique extérieure (think tanks, centres de recherche et autres organismes d'experts, lobbying vers les élus et hauts fonctionnaires, et sponsoring direct d'élus en place, "retraités" et putatifs) via de telles méthodes. Pas forcément besoin de demander des trucs directement ou indirectement dans la majorité des cas: on s'inscrit dans le paysage, les discussions et les amitiés, et tout le monde vous regarde plus amicalement, tout le monde écrit et/ou décide avec plus de considération pour ce que vous pensez et voulez.... Et Sessions est une partie du paysage depuis 30 ans, et pour les mêmes raisons qui auraient pu nuire à sa confirmation, c'est un sénateur inamovible, mais qui n'a pas eu de pouvoir ou de position pendant toute cette période, ce qui contribue à cette image, inconsciente pour beaucoup de monde, de petit vieux inoffensif. Et, comme déjà dit.... "C'est un des nôtres": on ne se grille pas au-delà d'un certain seuil, entre pairs.
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