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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Pardon pour l'expression: "Texas Blue State" (ou quelque chose d'approchant, je suis plus sûr) est organisation du parti démocrate du Texas, avec le soutien (timide) du DNC, pour justement booster la participation et reconquérir l'Etat d'ici 2020 (un voeu pieux pour une date si proche, selon moi, vu le fonctionnement du Texas et la faiblesse démocrate en matière d'attractivité): c'est essentiellement la bannière officielle de leur effort "au sol" qui, pour l'instant, n'a pas une énorme réalité organisationnelle mais se développe. J'ai employé le terme sans y penser, sans indiquer la référence. Pour ton cousin, tu m'étonnes: voter démocrate au Massachussets, c'est comme voter à droite à Neuilly (pour les législatives ou municipales): tu peux aussi bien faire la grasse mat', ça changera rien.... Sauf pour les municipales à Boston ou pour les élections au poste de gouverneur, où une certaine alternance reste possible.... Mais comme les élections sont toutes (ou presque) réglées sur un seul bulletin, et le même jour, aux USA.... Faut quand même aller voter . Donc rassure ton cousin: c'est juste ce qu'il a coché dans la case "présidentielle" qui a autant de valeur qu'un emprunt russe. Les infos d'Oliver sont généralement bétonnées: vu le risque de procès aux USA quand quelqu'un ose essayer de faire du journalisme visant les "puissants" (encore plus si c'est pour les attaquer et s'en moquer), les avocats de HBO sont sur son dos tous les jours pour garantir que tout soit casher. C'est une habitude qui s'est développée dans le Daily Show tel que l'a réinventé John Stewart, et dont évidemment John Oliver est venu, avec une partie de l'équipe: Comedy Central avait du étoffer son département juridique rien que pour cela. Après, les conclusions qu'il en tire peuvent être plus politiquement orientée, mais ça ne semble pas être son objet: il présente des choses plutôt scandaleuses par leur fonctionnement même, et ne se hasarde pas à prendre une position politique sur les réformes à adopter, qui peuvent être plus sujettes à interprétation et avis divergents. La seule chose pour laquelle il prend de la flak, c'est la posture -celle d'un comique, donc- qu'il adopte ensuite pour critiquer les problèmes, voir attaquer leurs auteurs. Mais là, il est bétonné, vu que c'est son droit plein et entier d'être plus arbitraire et gratuit une fois que les faits sont établis: tout ce qu'il prend en retour, ce sont les insultes des gens irrités qu'il a tourné en bourrique.... Ce qui est un peu la légion d'honneur de sa profession. A ma connaissance, l'émission (et Oliver lui-même, d'ailleurs) n'a pour l'instant pas été poursuivie en justice, ou en tout cas pas avec succès, dans le sens où je n'ai pas entendu qu'une action ait été intentée contre Oliver, ce qui veut dire qu'aucune partie offensée n'a porté plainte, ou bien qu'aucun juge n'a accepté de voir une plainte déboucher sur un procès. Tout ce dont il a écopé pour l'instant, c'est une interdiction de séjour de fait en Thaïlande pour crime de lèse-majesté: il n'y a pas eu formellement de procès, mais s'il se pointait dans le pays, il pourrait avoir des problèmes.
  2. http://www.motherjones.com/politics/2017/01/donald-trump-decapitating-national-nuclear-security-administration Trump a viré les deux officiels en charge de la NNSA, l'agence fédérale chargée de la sécurité des charges nucléaires du DoD, ainsi que de l'entretien et du soutien des infrastructures liées à ces joujoux; enfin, pas vraiment "viré", mais n'a pas renouvelé leur mandat, qui expire le 20 janvier. Ces deux postes (le patron et le "vice patron") sont des nominations politiques, et en l'occurrence, la date de décision pour leur prorogation ou l'annonce de leur remplacement est passée, ce qui signifie qu'ils sont en train de transférer leurs agraffeuses, photos et plantes en pot dans des cartons, et que personne ne prendra leur suite, du moins pas immédiatement. Il est bien sûr possible pour cette agence importante (12 milliards de budget) de fonctionner sans patron pendant quelques temps, mais dans un domaine aussi sensible (et ayant déjà connu quelques problèmes), c'est imprudent, surtout quand il n'y a pas de visibilité sur le dit remplacement. L'équipe trump s'est refusée à tout commentaire, de même que Rick Perry, le probable Secrétaire à l'Energie, auquel la NNSA appartient. La chose est plus que probablement un merdage, de la part d'une équipe de transition remplie d'amateurs et assemblée à la hâte suite à une victoire non anticipée: d'ordinaire (comme dans toutes les agences), si aucun candidat pour ces postes n'est trouvé à temps, on prorogue la direction existante jusqu'à avoir trouvé ceux qu'on veut. Or, là, rien n'a été assuré de ce côté, ce qui va impliquer de faire des choix en urgence, au moment où plus de 28 000 postes (dont 4000 directement par le président, qui de fait influe aussi plus que fortement sur le choix des autres) doivent être pourvus par la nouvelle équipe dirigeante de l'exécutif, qui ne doit pas avoir dans ses listing le quart du dixième des candidats nécessaires (sachant qu'il doit falloir avoir un certain nombre de candidats pour chaque poste, tous avancés par tel ou tel individu, faction, groupe....). Le RNC doit avoir plus de choix et infiniment plus de connaissances, et doit être en train d'essayer de caser du monde, au moins aux postes les plus sensibles et visés par leurs sponsors, mais de leur côté aussi, beaucoup d'improvisation serait constatée (victoire non prévue? Surprise d'avoir à prendre une plus grande part à ce travail qu'avec des équipes présidentielles plus "pros"?), et la gaffe constatée avec la NNSA se retrouve en de nombreuses instances (putain de paperasse et de deadlines à respecter, hein?). On avait déjà mentionné ici le fait qu'un nombre anormalement élevé et visiblement dangereusement élevé de staffers et experts du conseil national de sécurité était en train de quitter le navire (démission, refus de rester après une certaine date....); au-delà des différences d'opinion sur la politique internationale, ce sont les gens qui non seulement connaissent la mécanique gouvernementale dans leur champ d'expertise, ceux qui savent quel numéro appeler, qui est en charge de quoi, à qui se fier.... Et ce sont des équipes de travail rôdées, au-delà des individualités et du fait de savoir qui fait tourner quel poste, quel bureau: une mécanique et un "rythme" longs à créer, rapides à perdre, avec un niveau de performance difficile à étalonner, dont on ne connaît en fait la valeur que quand on l'a perdu. Pour l'instant, le cas particulier de la NNSA n'est pas trop préoccupant, et c'est pas la peine de pointer des doigts paniqués en hurlant que les armes nucléaires sont sans surveillance (même si quelques comédiens, Colbert en tête, ont déjà rebondi sur l'info, évidemment): l'agence peut passer un ou deux mois sans patron attitré, où il suffit de gérer les affaires courantes. Je pense que le point pertinent de l'article est qu'il en dit beaucoup sur l'équipe de transition et le processus politique en cours. Mis en relation avec d'autres articles et échos du même genre, pour de multiples agences et services, même pour certains postes au niveau d'un cabinet ou directement en-dessous, cela indique un problème potentiellement très sérieux pour la direction des USA. Parce que là-bas, ça plaisante pas pour tous ces postes de direction, sous-direction et hauts fonctionnaires d'agences et services fédéraux: il s'agit de jobs politiques, et quand l'exécutif change, ils dégagent tous à moins qu'on leur demande expressément de rester, et qu'ils l'acceptent, ce qui, à quasiment tous les coups pour les 4000 nominés directement par le président, et le plus souvent pour les 24 000 autres (et quelques), n'est jamais le cas. C'est une partie des divisions politiques du pays et de la scène washingtonienne qu'on voit nettement moins, mais elle est bien réelle: les hauts fonctionnaires, de carrière ou non, sont éminemment politisés et liés aux partis, et plus encore aux factions et individualités qui les composent. Et comme souvent, ils sont une denrée âprement disputée politiquement, parce que l'expertise, et plus encore un bon mix d'expertise, de connexions politiques et d'implication dans le "jeu" (réseaux, préférences politiques, loyautés personnelle....), sont une ressource disponible en quantité limitée. Et mine de rien, même les plus irresponsables et démagogues des élus ont besoin qu'au moins une certaine proportion des trains arrive à l'heure.
  3. En proportion (l'électorat a significativement cru en taille par rapport à 2008 et 2012: immigration, croissance démographique, et accroissement significatif des inscriptions sur les listes), Clinton a assez nettement moins bien fait qu'Obama en 2012. D'autre part, et c'est le plus important, elle a largement sous-performé là où ça compte, à commencer par les 3 Etats qui ont fait toute la différence et qui étaient censés pourtant être le "blue firewall" (bleu étant la couleur démocrate) garanti (tant et si bien que peu d'efforts y ont été faits): Wisconsin, Michigan et Ohio, plus la Pennsylvanie qui penche lourdement démocrate et partage les mêmes problèmes et aspects généraux ("rust belt"....). Pour un démocrate lors d'une présidentielle, sur-performer en Californie et à NY, dans l'Etat de Washington ou le district of Columbia, dans le Massachussets ou le New Jersey, dans le Vermont, l'Illinois, le Connecticut, le Rhode Island ou le Maryland, ça ne sert à rien, et c'est là que sont l'essentiel des quelques millions de voix de différence entre Trump et Clinton, là où Obama avait su se faire une bonne participation et une marge nette dans des Etats censément démocrates que Clinton a perdu, et dans les swing states..... Des swing states "habituels" que Clinton a très largement perdu: Floride et Caroline du Nord (qui en est un désormais, tout comme la Virginie est désormais solidement "bleue") en tête. Clinton -et avec elle le parti- a perdu un bon morceau de son électorat de base, ou à tout le moins n'a pas su le faire venir (voir l'a fait fuir), là où ça comptait. Mobiliser des étudiants, des femmes et des minorités en surnombre en Californie et à NY (pas loin de 90% de vote Clinton a Manhattan, je crois) ne compte pas des masses. Rien de nouveau là-dedans: dans l'ensemble du pays, la balance démographique donne un lourd avantage au camp démocrate, mais au final, ça ne veut pas dire grand-chose quand on ne sait pas ce que seront les plates-formes des deux camps (ou si un nouveau parvient à émerger.... Toujours évoqué, jamais réalisé aux USA) dans 2, 4, 6 ou 8 ans: si les démocrates font (enfin) un vrai, franc et net virage à gauche, ce ne sera pas si évident de garder la même composition de leur électorat. Il semble difficile pour l'actuel GOP de changer d'ici 2 ou 4 ans: ils ont besoin d'une vraie grande baffe dans la gueule, sous une forme ou une autre. Donc cet avantage démographique en faveur des démocrates devrait être une réalité d'ici quelques années, pour peu que le système électoral ne devienne pas suffisamment biaisé pour dénier de fait l'accès au vote à une proportion de gens plus importante encore qu'elle ne l'est aujourd'hui. C'est particulièrement vrai au Texas, qui est un Etat où il ne faut pas non plus avoir trop de certitudes: une bonne partie des hispaniques peut y être très conservatrice, et plus on va au sud, plus la frontière est un sujet sensible, plus c'est vrai. De même, les populations hispaniques installées depuis deux générations ou plus sont nettement moins spontanément démocrates: c'est l'immigration récente qui l'est massivement, alors même qu'elle affiche une très faible tendance à l'inscription sur les listes électorales, et une plus faible encore à s'intégrer (ou être admise) dans les réseaux sociaux (pas online: les vrais) qui sont un réel marqueur de participation à la vie politique d'un lieu, et du poids politique de la communauté évoquée. A l'inverse, les "tejanos" (les hispaniques installés là depuis avant l'indépendance du Texas et son rattachement aux USA) sont en grande majorité très à droite de la droite très à droite. Donc faut pas non plus être trop catégorique pour le projet "Texas Blue State": il est probable d'y voir un changement significatif d'ici 3-4 cycles électoraux, mais pas forcément de l'ampleur qu'on attend, et certainement pas de façon aussi univoque. Ca, de toute façon, le gerrymandering (et ses conséquences) va connaître un nouvel âge d'or pendant au moins 2 ans; ça a déjà commencé, d'ailleurs, quand on voit les premières décisions adoptées par les nouvelles législatures des "red states".
  4. Le problème est que, dans une démocratie, un "traitement de choc" administré sur les organes de presse n'est JAMAIS une bonne idée, et ne se termine JAMAIS bien. C'est cornélien. Ca fait un bail que je formule mon opinion ici, qui est que l'élection a infiniment plus été perdue par Clinton et l'actuelle direction du parti démocrate, qu'elle n'a été gagnée par Trump. Que le trollage et les fake news dans leur ensemble (tous auteurs, mécanismes mis en place et intentions confondus) aient pu aider, c'est difficile à quantifier et c'est possible dans une certaine mesure; de façon décisive? Je ne crois pas, même si, en plus du maniement par Trump des médias sociaux, ça a aidé à orienter la conversation quotidienne et occuper une "grande presse" fascinée par le dernier objet brillant jeté dans son champ de vision (et volontairement encline à sauter dans ce bain moisi pour les audiences autant que parce que les sponsors corporate le veulent ainsi ou n'objectent pas). Mais je ne crois en aucune mesure que, sur une durée aussi longue que cette campagne, la chose ait pu changer suffisamment d'opinions, influer décisivement sur autant de cerveaux (quoiqu'on en pense, les gens ne sont pas si cons en général, et, à défaut de comprendre, connaissent leurs priorités, leurs colères et leurs certitudes pré-établies): le fait est que les démocrates, et plus encore Clinton, n'ont pas été foutu de mobiliser suffisamment leur propre électorat (qui aurait suffi à lui seul à assurer une confortable marge dans la plupart des Etats-pivots), et encore moins de convaincre la masse mal définie des "indépendants" (beaucoup étant structurellement inclinés vers un parti ou l'autre, sans y appartenir, peu étant réellement "mouvants") de voter pour eux, et, plus significativement encore, d'aller simplement voter. Pour schématiser, toutes ces histoires de faux débats ayant de vrais effets sur les médias sociaux ont certes un impact concret, mais je doute qu'il influe réellement (et surtout décisivement) sur plus de quelques centaines de millers, ou quelques millions de gens, là où l'affaiblissement de la représentativité et de l'attractivité de l'alternative démocrate, particulièrement incarnée par Clinton, chiffre plus en dizaines de millions (qui ne votent pas, laissent en blanc la case présidentielle, ou ont un "vote protestataire" Trump ou alternatif même s'ils sont conscients de ne pas aimer ce choix).
  5. Sans compter que beaucoup mentionnent aussi le rôle des services américains dans cette dernière polémique, qui en auraient gros sur la patate vis-à-vis d'un Trump qui les dénigre depuis maintenant un bout de temps, et ne prend pas en compte ce qu'ils ont à dire, voire ne semble pas prendre (selon eux, au moins) le sujet de la sécurité et du renseignement très au sérieux. De ce fait, l'émergence de ces allégations à la surface, qu'elles aient ou non un fond de vérité, pourrait être un avertissement et/ou une petite vengeance: s'il y a du vrai dedans, c'est une invitation agressive à discuter, si elles sont fausses, c'est du bluff pour faire la même chose et/ou lui renvoyer un chien de leur chienne.
  6. Toujours sur le plan des choses "pratiques", à propos de ce fameux rapport/non rapport sur un Trump-esclave de Poutine pour des deals douteux, des horreurs sexuelles et de l'urination sur lit king size; si tant est qu'il y avait vraiment quelque chose là-dedans, d'une façon ou d'une autre, comment Trump pourrait-il être une "ressource" pour le renseignement russe? Comment pourrait-il être, dans le déroulé concret des choses, utilisé? Parce que le président américain est surveillé à H24, jusque dans sa chambre; ses communications sont surveillées (douteux qu'il puisse même envoyer des mails persos qui ne soient pas lus), son bureau est sur écoute.... Je doute qu'aucune directive ou demande puisse lui parvenir qui ne soit pas accessible à quelqu'un dans le Service Secret. Concrètement, c'est pas un "agent" très utile si on ne peut pas lui dire ce qu'on veut en agitant une menace: une telle "ressource" doit avoir un agent traitant, et qui pourrait bien être en position de jouer un tel rôle avec un gars qui ne peut jamais être seul ou dire quoique ce soit sans qu'une équipe de surveillance le sache, dont c'est précisément le boulot? C'est Vlady qui va lui faire le chantage à mots couverts pendant les rencontres au sommet une fois tous les 2-3 ans? Sinon, tant qu'on est dans des histoires d'emails, ceux de Clinton semblent devoir continuer à être un objet politique: Jason Chaffetz (élu de l'Utah, le type dont je ne retrouvais plus le nom un peu plus haut), le chien d'attaque de Paul Ryan à la Chambre via son job de Chairman du House Oversight Committee, qui se ridiculise régulièrement sur nombre d'enquêtes purement politciennes et souvent très mal ficelées (parfois juste pour parasiter, bouffer le temps de l'adversaire, distraire, parfois juste parce qu'il est con), a déclaré qu'il allait poursuivre les enquêtes sur Hillary Clinton avec tous les moyens possibles. Ca veut dire qu'il va claquer beaucoup de fric et mobiliser beaucoup de ressources fédérales pour occuper le terrain médiatique, détourner autant d'attention que possible de Trump et de ses nominés, mettre les démocrates sur la défensive, et accessoirement poursuivre le règlement d'un compte personnel qu'il semble avoir avec Clinton qui l'a plusieurs fois fait passer pour un con.
  7. Sinon, j'étais en train de me demander, sur un plan purement pratique, dans quelle mesure l'absence totale d'expérience de la gouvernance (surtout un échelon si unique) et du gouvernement peut être un réel handicap, voire un danger, pour la nouvelle équipe présidentielle. Résumons simplement à quoi va ressembler le nouveau centre nerveux de l'exécutif américain: - un président avec ZERO expérience et connaissance du gouvernement en général, de la gouvernance à quelque niveau que ce soit, et de l'exécutif en particulier - un "chief of staff" (en temps normal le 2ème personnage le plus important de la Maison Blanche), Reince Priebus, avec à peu près autant d'expérience que son patron, sélectionné pour jouer le cordon ombilical avec le GOP. Il n'a jamais été élu: c'est juste un homme d'appareil de parti - un "chief strategist", Steve Banon, qui a encore moins d'expérience ou de connaissance du gouvernement que son patron. - un "senior adviser", Jared Kushner, qui n'a pas non plus le moindre bagage en matière de gouvernement et de politique - un conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, qui n'a eu qu'une expérience très limitée et sectorielle (les renseignements de la défense), généralement jugée comme très peu positive C'est ainsi que se présente le cercle restreint autour duquel tout l'exécutif américain s'organise, le cercle, Priebus un peu à part et en retrait, auquel ce président apparemment très parano fait confiance. S'y ajoute le fait que le recrutement de l'essentiel du personnel de la MB doit se faire en urgence, n'ayant pas été prévu par une campagne Trump qui ne pensait pas gagner, et un Donald lui-même qui ne savait pas qu'il fallait venir avec autant de monde, et s'est retrouvé à devoir avoir un "crash program" de recrutement et de "vetting" qui est déjà lourd en temps normal pour des équipes présidentielles organisées et soudées de longue date, et qui arrivent préparées depuis des mois, sinon des années. Je parle ici en termes purement "mécaniques": niveau d'expérience, rôdage des équipes et habitudes, mémoire institutionnelle, niveaux de confiance.... Il est bien entendu que toute nouvelle équipe arrivant dans un tel lieu a besoin d'une phase d'adaptation, et qu'il n'y a aucun manuel pour faire fonctionner cet échelon du pouvoir, pour, littéralement, diriger un pays (surtout particulièrement immense et complexe), par essence unique et changeant en permanence, mais l'équipe Trump semble uniquement sous-armée pour s'atteler à la tâche, voire dangereusement handicapée. Quand Obama est arrivé, il s'est avant tout entouré de vieux routiers des mécanismes du gouvernement (ex-équipe du leader démocrate au Sénat, Tom Daschle, ex-clintoniens, plus Rahm Emmanuel en chef d'orchestre, lourdement expérimenté), si bien que sa transition a été notée pour avoir été particulièrement efficace, et sa prise en main du "système" de l'exécutif (cad le temps qu'il faut pour devenir efficace) fut très rapide; on peut éternellement discuter de ce qu'il a fait du pouvoir, de la pertinence de ses choix.... Mais sur le plan fonctionnel, le pouvoir a été vite pris en main et utilisé à niveau d'efficacité suffisant avec très peu de couacs, peu ou pas de blocages et bugs, pas de scandales..., Et au final, c'est effrayant d'y penser ainsi, mais ces choses dépendent d'un très petit nombre de personnes, précisément celles, susmentionnées, autour desquelles tout dans la Maison Blanche s'articule, ainsi, à divers degrés, que leurs équipes de travail (la "population" de la Maison Blanche, essentiellement dans l'aile ouest)... Soit les deux domaines qui me semblent poser problème: "centre nerveux" totalement sans expérience, "muscles" recrutés de façon désordonnée et en catastrophe.
  8. The Onion visait à faire rire: Buzzfeed ne le fait pas exprès. C'est un peu la fontaine de chocolat de l'internet anglophone. Sauf que c'est pas du chocolat qui sort, même si ça a la même couleur. Quelqu'un a essayé de clairement définir Buzzfeed en décrivant le site comme le "cancer anal de la toile".... Je sais pas si c'est une parfaite définition, mais c'est bien essayé.
  9. Le processus de confirmation des nominés au cabinet se poursuit au Sénat, et sur le plan des affaires étrangères, il semble que Rex Tillerson soit particulièrement mis sur le grill, le blocage potentiel pouvant être considéré comme fermement tenu par 3 républicains parfaitement en phase sur leurs positions à l'égard de la Russie: John McCain et Lindsay Graham (si groupés depuis si longtemps qu'on se demande s'ils ne sont pas un couple), mais aussi Marco Rubio qui s'est résolument ancré dans une posture "hardline" à l'égard de Poutine (pour la caméra, par intérêt ou par conviction, dur de savoir). Ces 3 là non seulement peuvent empêcher une majorité, mais sont aussi le pivot autour duquel se rassemble la tendance "dure" par rapport à la Russie, qui est encore importante dans le GOP, à divers degrés, et mobilise par ailleurs beaucoup les démocrates clintoniens..... Et les démocrates qui de toute façon ont décidé de suivre le guide de Mitch McConnell et John Boehner en 2008: obstruction pour tout.
  10. Maintenant que la tension est retombée (et trump perd son seul avantage comparatif quand les tensions baissent même un peu) et que HRC est sortie du paysage, beaucoup semblent se souvenir qu'elle n'était que le 2ème personnage politique le plus impopulaire des USA: seul le premier reste en lice, et en plus dans le fauteuil où on prend tout dans la poire. C'est dans la job description: si les récoltes sont merdiques, c'est de ta faute, s'il pleut, c'est de ta faute, s'il pleut en Californie (en grave manque continu de ce côté), c'est le hasard, s'il pleut au Texas (dans la merde structurellement de ce côté aussi), c'est par la grâce de Dieu. Et en plus de son impopularité structurelle déjà massive, il a aligné les bévues, contradictions et mesquineries, avant tout en constituant un cabinet à base de deux ingrédients majeurs: des ploutocrates, et de larges portions du marais qu'il avait promis d'assécher. Le tout en étant désormais directement comparé au président sortant qui affiche lui une cote de popularité rare à ce stade d'un mandat. A la décharge de Trump, il faut avouer qu'il n'est pas aidé par la majorité républicaine au Congrès, complètement décomplexée et qui affiche un programme qui fait frémir nombre d'Américains n'ayant pourtant pas voté Clinton. Ajoutons pour la bonne bouche que, plus localement, la plupart des "red states" se payant un gouvernement républicain depuis au moins un mandat, sont dans la merde: le "trickle down economics" qui leur a été appliqué a démontré son inefficacité. A coups de baisses de taxes massives -pour le haut du panier quasi exclusivement- et d'exemptions fiscales tout aussi importantes -pour les grandes boîtes surtout-, de dérèglementation ciblée (normes de sécurité industrielle, droit du travail, droits et privilèges des groupes religieux chrétiens, droits des propriétaires d'armes à feu et de leurs fournisseurs, principalement) et de législations choisies ("voting rights", "voter IDs", dispositifs anti-LGBTQ.... Parce qu'en fait, les conservateurs adorent le "big government... Juste sur certains sujets), cette politique générale a entraîné un énorme problème de revenus pour les Etats concernés, sans pour autant générer le quart du dixième de la croissance attendue censée compenser "largement" les baisses des taux d'impositions. Résultat, il a fallu tronçonner depuis maintenant pas mal d'années les prestations des Etats; c'était fait de toute façon (le GOP adore couper tous ces trucs "socialistes"), mais l'échelle à laquelle c'est passé est devenue durablement préoccupante un peu partout, touchant largement des services essentiels déjà depuis longtemps en manque. Police, justice, éducation, "utilities" (systèmes de production et de distribution de l'eau, de l'électricité, du gaz.... On voit ce que ça donne dans des coins comme Flint et les milliers d'autres villes et comtés dans des situations encore pires)... Tout y passe. L'attractivité économique et simplement humaine de ces Etats y perd beaucoup. Et maintenant que, pour beaucoup d'entre eux, la situation commence à empiler plusieurs années d'un tel traitement, que les déficits s'accumulent et ne font que croître, que l'impact sur le chômage et les revenus peut être présenté comme largement négatif, les mêmes dirigeants annoncent.... Des augmentations d'impôts. Mais attention, pas sur les grandes boîtes ou les hauts revenus et patrimoines, hein? On change pas l'idéologie dominante: eux, ce sont toujours les "job creators" . Non, la charge fiscale sera accrue sur les revenus bas et médians, et sur les entreprises qui n'ont pas l'heur de pouvoir se payer une représentation permanente dans l'antichambre des gouvernants, ou d'être suffisamment grandes ou profitables pour pouvoir faire des menaces, même localement. Soit les groupes les plus en difficulté, les plus sensibles aux changements de conjoncture, les plus exposés.... Et ceux qui portent déjà l'essentiel du fardeau fiscal, leur part dans les revenus des Etats (comme au niveau fédéral) n'ayant fait qu'augmenter depuis 40 ans (d'où l'expression, partagée aussi dans une bonne partie de la droite, qui décrit l'envie très majoritaire aux USA de voir les grands payer une "fair share"). Ces augmentations d'impôts vont commencer à se produire dès cette année, un peu partout dans la "red America", alors même que la croissance, plutôt faiblarde, semble donner quelques signes de ralentissements (voire accumuler les indices d'orage selon certains): et c'est Trump qui incarne le capitaine de ce vaisseau. Sa première année en poste ne risque pas d'être reposante.... Ou flatteuse pour son ego si fragile.
  11. Dans la lignée des sujets concernant la face cachée de l'action politique, comme l'évocation, plus haut, du Indivisibleguide, voilà une histoire toute fraîche qui vient s'imposer dans cette tradition qui est très loin d'être aussi brillante et renvoie plus à la famille des "political machines", du Watergate et du bon copain de Trump, Roger Stone. Avez-vous déjà entendu parler de James O'Keefe (https://en.wikipedia.org/wiki/James_O'Keefe)? C'est un "activiste" conservateur d'un genre bien particulier, un de ces mercenaires de la politique chargés de créer des scandales, souvent là où il n'y en a pas, qui se fait payer entre autres pour filmer et publier des caméras cachées montrant de soi-disants graves problèmes. Seulement il est loin d'être un journaliste d'investigation: la plupart de tels "scandales" qu'il a fait émerger ont été en fait créés de toutes pièces, souvent mis en scène ou issus de manipulations ou déformations des propos tenus ou des faits filmés (notamment en éditant lourdement les dits documents), de harcèlement de personnes.... Sa dernière en date? Avec son organisation, ironiquement appelée Project Veritas, il a essayé de soudoyer des groupes politiques de gauche, sous couvert d'appartenir à une fondation progressiste, pour les inciter à créer des incidents violents et/ou des blocages de routes et de ponts à Washington pendant l'inauguration de Trump, afin de "montrer" que la gauche est violente et dangereuse. Les agents provocateurs sont devenus monnaie courante aux USA (voir ce qui s'est passé pendant Occupy Wall Street, où de tels agissements furent nombreux, afin de discréditer le mouvement), et on peut même dire qu'il s'agit d'un secteur d'activité à part entière, plus ou moins professionalisé et travaillant étroitement avec toute une frange de la profession journalistique, et surtout de la communication et du marketing. Les montants qu'impliquent les campagnes politiques aux USA, et l'argent qui irrigue le secteur dans l'ensemble, rendent de tels métiers rentables en permanence, et permettent d'alimenter continuellement des organisations dédiées à de telles choses. Je mentionne cela parce que, entre autres faits choquants, les sommes proposées aux organisations "liberal" concernées allaient jusqu'à 500 000 dollars. La responsable du projet pour Veritas, Alison Moss, est déjà une figure bien connue du secteur (ennuyeux quand on veut jouer les infiltrés), tout comme son patron O'Keefe, et c'est elle qui s'est faite choper par une opération de contre-intoxication menée par les organisations de gauche The Undercurrent et Americans Take Action, sponsorisées par American Family Voices, un groupe démocrate qui avait déjà été victime de tentatives par O'keefe. Lauren Windsor était en charge de cette contre-opération, dont elle a publié les échanges téléphoniques et les enregistrements de rencontres en tête à tête, notamment entre Moss, prétendant être l'envoyée d'un important contributeur démocrate, et Ryan Clayton (dûment dans la "contre combine"), un important activiste "liberal", qui se voit notamment proposer 500 000 dollars pour les actions demandées par Moss et fait tout pour lui faire dire très explicitement ce qui est attendu pour cette somme. Lauren Windsor a par la suite longuement suivi Moss avec caméra et micro en lui mettant bien le nez dans sa merde, lui demandant pour la caméra si elle avait bien proposé à des gens de commettre des crimes (ce qu'étaient bon nombre des actions demandées) pour de l'argent; la seule réponse qu'elle a obtenu, outre un visage fermé et embarrassé tout du long, fut "je crois que j'ai besoin d'un avocat". La masse de moyens impliqués par ces "petites" choses désormais part intégrante de la politique américaine (toute une équipe rien que pour l'opération de contre-intox) est délirante, surtout quand on se rend compte que c'est pas une occurrence isolée: c'est en continu, un peu partout dans le pays à la fois, avec des centaines, sinon des milliers de gens impliqués. Les petites mains sales d'un secteur politique sur-enflé, dégoulinant de fric (des partis et surtout des milliers d'organisations "extérieures" qui y concourent), qui essaient par tous les moyens de détourner l'attention et de fausser les perceptions, de faire mal à l'adversaire par des moyens autres que l'affrontement politique "normal" (l'équivalent politicien de la guerre non conventionnelle, en somme, qui comme dans le champ militaire, a vu une récente surinflation des montants concernés, de l'attention, et du réflexe instinctif des participants à l'employer en premier ressort), d'abuser du système médiatique et du système judiciaire (tous deux déjà saturés, biaisés, achetés, incapables de remplir leurs missions) pour parvenir à leurs fins. Et force est de reconnaître, au-delà des passions partisanes, que la droite (ses institutions en tout cas; je ne ferai pas de procès d'intention sur les "mentalités") y a bien plus recours que la gauche (entre autres raisons parce qu'ils y sont devenus bien meilleurs) à notre époque, soit à un moment où elle est très minoritaire en terme de popularité, de représentativité et de capacité de séduction de ses idées, tout en étant bien plus encore dans la pogne de puissants groupes d'intérêts (qui financent beaucoup de telles actions "non conventionnelles"). Depuis les "Dirty Tricks" de Nixon, le secteur a grandi et progressé. Le même James O'Keefe avait par exemple contribué à de telles opérations contre ACORN (une méta-organisation d'associations citoyennes locales conduisant des opérations d'inscription sur les listes électorales, d'information, organisation et militantisme sur la santé et la sécurité....) et le planning familial; la droite a obtenu gain de cause contre ACORN, obtenant par de tels moyens la fin de son financement (et du coup son acte de décès) en 2010, mais a foiré contre le planning familial, plus défendu par les démocrates (pour qui, comme à droite, la question de l'avortement reste une pierre angulaire de leur stratégie électorale). dans les deux cas, les "documents" obtenus permettant de faire un scandale politiquement opportun ont été aisément démontés en commission devant le Congrès, et le chien d'attaque en charge (son nom m'échappe, là, mais je l'avais déjà cité sur ce topic) est passé pour un con à soutenir des arguments et "faits" délirants. Mais ça ne suffit pas souvent.
  12. Sinon, sur les sujets vraiment importants: il ne semble toujours pas qu'un seul artiste notable sera présent à l'inauguration de Trump, donc cela semble une chose entendue..... Mais un autre défi du même genre va se présenter assez rapidement dans l'année pour un Trump qui, quoiqu'il affiche dans ses tweets, discours de campagne et attitude, essentiellement en réponses haineuses pour cause d'ego froissé, est aussi amoureux de la presse, des "feux de la rampe" nationale qu'elle représente, qu'il a du mal avec elle depuis qu'il est devenu candidat, et surtout un certain type de candidat. De même, en bien pire, avec le milieu du showbiz, en tout cas celui des A-listers, qui ne l'a jamais admis dans ses rangs ou ses soirées, malgré tout le bling qu'il a essayé d'afficher, tous ceux à qui il a fait des pieds et des mains pour se rattacher.... Quel est ce deuxième défi? La "Nerd Prom" (le "bal de promos des nerds"), aussi appelé le White House Correspondent's dinner, cet événement mondain annuel (au mois d'avril, donc très rapidement) aussi critiqué et controversé (comme le symbole de l'entrisme des grands médias et du pouvoir politique et économique) que médiatisé, qui, depuis maintenant presque deux décennies, est aussi devenu une soirée majeure pour les milieux du showbiz (3ème membre de l'entrisme susmentionné), au point que les invitations sont devenues un vrai outil de pouvoir (manié par la WHCA, l'association des correspondants auprès de la Maison Blanche, et le WH Press Secretary, donc désormais Sean Spicer). Seulement cette présidence va t-elle changer quelques trucs dans l'événement? S'il faut en croire la posture de Merryl Streep aux Golden Globes ce WE, et la réception de son discours, c'est fort possible; si les stars désertent l'événement (pas sûr; il reste beaucoup de lobbying à faire à Washington, et des médias avec qui rester cozy), celui-ci perd l'essentiel de son attractivité, sans parler de l'estocade ainsi portée à l'égo de Trump. Mais plus encore, et c'est presque le symbole de ce défi particulier, la personnalité la plus en vue du dîner est le comique qui, parlant juste après le président, va avoir ses 20-25 minutes pour faire marrer la salle et (c'est devenu la mode), essayer de prendre de la hauteur (avec humour) sur l'état du pays. Le pinacle de cette performance fut l'intervention de Stephen Colbert en 2006, qui avait laissé la presse de marbre et fait rougir les oreilles de l'équipe Bush, avant de subir un blackout complet dans les médias.... Qui ne tint que 24h vu que désormais, youtube était de la partie et son discours était devenu viral. Ce fut l'un des meilleurs moments de l'histoire récente dans la tradition de libre parole face au pouvoir. Mais pour Trump, cet événement quasi religieux risque de poser problème: outre les stars qui pourraient boycotter, il va avoir du mal à trouver un comique -surtout un connu et bon- prêt à monter sur cette estrade. J'essaie de me faire la liste du marché américain en la matière, mais j'en vois pas de républicain. Au mieux du libertarien, plus ou moins penchant vers la gauche, mais de toute façon attaché à l'insolence, à la vérité et à une forme de haine de l'autorité, toutes choses qui passent mal avec la nouvelle figure présidentielle. Même les comiques plus libertariens et/ou populistes qui détestaient Clinton et donnent plus ou moins dans le registre macho/anti-SJW/anti-politiquement correct (Louis CK, Bill Burr, Bill Maher, entre autres) sont hostiles à Trump. Même Adam Carolla (pour ceux qui connaissent), j'ai des doutes. Et Trump ne prendra jamais le risque d'un bon qui essaiera de jouer à Stephen Colbert: ce que Seth Meyers lui a foutu dans la gueule (à Trump) dans ce même événement, en 2011 (suite à l'entrée en politique "officielle" de Trump via le "birther movement" qui avait alors connu un regain de vigueur) a du le vacciner contre l'humiliation publique. Mon opinion est que s'il n'a pas les noms escomptés, Trump prendra l'option opposée: faire un grand splash en affirmant son hostilité à l'événement et à son "élitisme".... Soit sa posture de repli quand "l'élitisme" auquel il veut tant appartenir ne l'invite pas à ses boums. Dans ces cas, Donald boude et réplique en disant qu'il ne voulait pas venir de toute façon, et que c'est tous des cons, des nuls et des snobs. Pour l'anecdote: la parade inaugurale de chaque nouveau président a un commentateur/présentateur/animateur (je ne sais pas comment traduire exactement le titre officiel, "announcer".... Si on était au Moyen Age, je dirais... Hérault?) qui rythme cette très longue cérémonie, et se trouve considéré, en cette occasion comme les yeux, les oreilles et la voix du président (c'est lui qui parle dans le micro général, mais aussi dans l'oreillette du président pour lui dire quoi faire), et, de fait, son maître de cérémonie. Depuis 1957 (2nd mandat Eisenhower), ce rôle a été rempli par une seule et même personne, Charlie Brotman, qui travaillait déjà alors sur les inaugurations présidentielles depuis la toute première qui fut ainsi organisée (avant, c'était nettement plus petit et improvisé) et télévisée, en 1949..... Jusqu'à ce que le Comité Inaugural Trump le remplace pour ce job de prestige (une fois tous les 4 ans, après tout: c'est pas un temps plein) par un autre annonceur et trumpiste convaincu (volontaire pendant la campagne et "announcer" de ses meetings). Brotman a 89 ans, il a perdu sa femme il y a quelques semaines (et disait se raccrocher au projet de l'inauguration pour tenir le coup). C'est un consultant en relations publiques et un spécialiste des adresses publiques, commentateur sportif live (les types qui commentent au micro, pour la foule, dans les stades; pas ceux de la télé) et, petit détail: il n'a jamais reçu un centime pour son rôle d'officiant en chef et d'organisateur dans les inaugurations présidentielles, ayant fait le job pour la fierté personnelle (aimant à dire qu'il aurait volontiers payé pour faire ce taf), contrairement à Steve Ray, son remplaçant, qui facturera sa prestation. Petit renvoi d'ascenseur entre amis assorti d'un manque de courtoisie à l'égard de "l'ancien"? Volonté de cracher sur les traditions, même les petites (le personnage est très familier aux USA: depuis Eisenhower, les inaugurations ont ainsi eu toujours la même voix)? Y'a t-il là aussi une prise de risque, consciente ou non, en amenant un "nouveau", qui plus est avec une équipe en charge de l'événement qui a zéro expérience en la matière et a échoué à faire venir le talent, connu ou non (toujours un problème pour les chorales et orchestres)? Merde, le type a fait TOUTES les inaugurations depuis que le format actuel a été inventé, et les a toutes dirigées sauf les deux premières; z'auraient pu lui faire une fleur (ça aurait sans doute été sa dernière), organiser une "transition" avec un successeur.... Mais non, à la place, juste un "you're fired". Très Trump-like, mais aussi, pour citer le nouveau président dans toute sa profondeur.... Sad.
  13. La présidence Trump serait en train de s'ajouter un boulet à traîner avant même de prendre ses fonctions: le processus de sélection/examen/contrôle (vetting process) des personnels sélectionnés pour la nouvelle administration, aussi bien les membres du gouvernement et directeurs d'agences que le très grand nombre de hauts fonctionnaires et staffers en positions sensibles (l'essentiel du personnel de la Maison Blanche, hors intendance et sécurité, est par exemple à renouveler à chaque nouveau président), soit au total bien plus de 4000 personnes en nominations directes (plus autour de 20 000 postes sensibles semi-directement -les staffs d'une bonne partie des dits 4000 initiaux), ce processus, donc est extrêmement lourd, et chaque nouveau président doit avoir prévu une équipe de transition musclée, disposant de douzaines d'avocats et enquêteurs, de beaucoup de moyens, capables d'agir vite et en coordination avec les services fédéraux (notamment le FBI et l'IRS). Les candidats sont passés à la loupe sous les angles sécuritaire, judiciaire et financier, ce qui représente une masse de travail énorme concentrée en très peu de temps, ce pourquoi la tâche doit être organisée, et l'équipe en charge rôdée avant même le début du processus..... Ce que l'équipe Obama avait fait admirablement il y a 8 ans (et malgré sa qualité notée, elle avait quand même eu des couacs), et que l'équipe Trump.... Ne semble pas être en mesure de faire. Le "vetting process" de l'équipe de transition Trump semble, depuis l'élection, donner aux "insiders" depuis l'élection un flux constant de rumeurs, impressions et constats de bricolage en cours de route, d'improvisations ratées, et d'amateurisme permanent. Le WE dernier, le Office of Government Ethics a ainsi du signaler (normalement, ils s'expriment très peu) que les audiences des principaux nominés devant le Congrès (qui commencent cette semaine et font déjà l'objet de polémiques sur leur planning douteux) l'inquiètent, vu que plusieurs n'ont pas fini, voire pour certains ne sont pas passés par, le processus de contrôle éthique requis (qui est la principale source d'information sur les candidats pour le Congrès). L'OGE signale ainsi des processus bâclés, précipités, laissant des zones d'ombres géantes dans les profils sélectionnés. Pour les plus notables, soient les futurs membres du Cabinet et les directeurs de grandes agences et services, la tâche est d'autant plus lourde que nombre d'entre eux ont de vastes patrimoines, et des liens (la famille aussi, ses sources de revenus, ses affaires....) et réseaux très étendus et complexes: 8 sont au programme pour cette semaine, habilement concentrés (selon les mauvaises langues évidemment) en une seule journée où Trump fera par ailleurs une annonce majeure (détournant l'attention du processus de confirmation par le Congrès)... Et la majorité d'entre eux est loin d'avoir fini sa phase d'examen. Le Congrès peut malgré tout confirmer les nominations comme il l'entend, mais nommer une personne avec trop de zones d'ombres expose potentiellement à beaucoup de conséquences politiques si la moindre anicroche est trouvée; malgré sa qualité exceptionnelle (selon les normes présidentielles), l'équipe Obama avait eu un couac en laissant passer un nominé (à la tête du DHS) qui traînait une belle casserole.... Qui l'a vu devoir dégager immédiatement pour aller directement à la case prison (et une où son nom était sur la plaque à l'entrée; ô ironie). Vu la masse des conflits d'intérêts de Trump et de son entourage, et la tronche de son cabinet qui semble en amener une autre masse, il semble que le nouveau président se crée lui-même sa propre épée de Damoclès; à croire qu'il ne compte que sur sa baraka personnelle (l'hubris du pourri qui n'a jamais été pris) et la corruption du système politique pour passer entre les gouttes, ou bien que son obsession du résultat de court terme écrase toute considération trop "intello" incitant à une meilleure planification. C'est ça ou il est seulement le hérault d'une nouvelle génération de dirigeants qui ont décidé que l'oligarchie n'avait même plus besoin de maintenir les apparences, désormais. Vu la majorité au Congrès et ce qui semble être le comportement dominant de la presse de nos jours, c'est peut-être même pas un pari débile. Juste pour la comparaison: Penny Pritzker, la secrétaire au commerce sortante, est une très riche héritière (famille Pritzker, principalement connue pour posséder la chaîne hôtelière Hyatt). Le processus d'examen de sa nomination a nécessité 6 mois d'enquête par une équipe très nombreuse pour comprendre et vérifier chaque item de son vaste patrimoine, et ensuite induit plus de temps encore pour que tout soit vendu et le produit confié à un blind trust.
  14. Je viens de terminer le pilote d'une nouvelle série anglaise, et j'ai adoré. La série s'appelle Taboo, avec Tom Hardy (Mad Max), qui en est aussi le créateur et le producteur, avec Ridley Scott. Au casting, on trouve aussi Oona Chaplin (remarquée dans Game of Thrones en épouse imprévue de Robb Stark, qui meurt lors des Noces Rouges) et Jonathan Pryce (aussi de GoT, mais on ne devrait pas avoir à présenter son immense filmographie, depuis Brazil). Le pitch? Rapidement: l'histoire débute en 1814 avec le retour en Angleterre de James Delaney (Hardy), après un exil de 12 ans, qui se présente aux funérailles de son père au grand choc des convives, sa soeur (Chaplin) et son beau-frère en tête. Accablé d'une réputation choquante, voire sinistre, déjà avant son exil, les quelques rumeurs qui ont filtré sur ses pérégrinations entre-temps sont pires encore, même si il avait fini par être finalement considéré comme décédé. Et comme de bien entendu, cette irruption déclenche l'intrigue, puisqu'elle devient vite le grain de sable dans le mécanisme bien huilé qui semblait s'être mis en place autour de la succession de son père: armateur sur le déclin, le père possédait encore une chose de grande valeur pour ce qui s'avère être le vrai vilain de l'histoire: la toute puissante Compagnie des Indes Orientales, la seule vraie multinationale de cette époque, un empire commercial qui fait la pluie et le beau temps en Angleterre, et développe l'empire colonial britannique essentiellement comme un semi-fermage de la couronne, disposant pour ce faire de sa propre puissance militaire, de ses territoires où aucune autorité ne s'impose à elle, et mène dont dans les faits sa propre politique, Londres étant souvent mise devant le fait accompli ensuite. Et James Delaney ne veut pas vendre ce que sa soeur, héritière initialement désignée et épouse d'un haut cadre de la Compagnie, était toute prête à céder. Qui plus est, ses 12 ans outre-mer, apparemment surtout en Afrique, semblent avoir fait de lui un adversaire inquiétant. Parce que, et là s'arrête le pitch, on n'a pas vraiment de "héros", dans cette histoire: Hardy interprète un personnage plutôt sans scrupules, en tout cas très dur, limite méchant, qui semble en avoir beaucoup bavé et en avoir beaucoup fait baver dans son exil. L'histoire se déroule donc dans le Londres de la fin des guerres napoléoniennes, alors que le conflit anglo-américain semble vouloir se terminer, et autant sur les docks et dans les bas-fonds de la cité, que sous les alcôves immaculées des bureaux et antichambres du pouvoir, avec des personnages qui souvent ont un visage pour la société, et un deuxième pour la réalité.... Nettement moins civilisé. Et c'est au milieu de ces gens que débarque celui qui ne fait même pas mine d'avoir un vernis de civilisation, n'entend qu'assouvir une vengeance dont on ne connaît pas encore le motif, et affirmer son intérêt, un titre de propriété pour une parcelle de côte nord-américaine pourrie, mais stratégiquement placée, face à la plus puissante organisation privée de l'époque. Vu les producteurs, cela va presque sans dire: il y a des moyens, et ils se voient sur l'écran. La reconstitution est de très bonne facture, l'image est très belle, l'atmosphère bien rendue. Le parti pris est vraiment celui du "réalisme agressif": les bas-fonds, les gens méchants et/ou durs, voire vicieux, animés par l'intérêt personnel, les fortes personnalités et tempéraments crus, le mensonge omniprésent, la dureté, voire la cruauté, du monde des affaires, derrière les manières, la forme et les apparences qui n'ont qu'un temps, et la masse écrasante des choses non dites qui semblent peser sur les épaules de beaucoup de personnages, mais, évidemment, surtout celles de l'anti-héros et de sa soeur qui ont l'air d'avoir vraiment BEAUCOUP de bagage et pas trop d'amour fraternel perdu. Le rythme de ce pilote était assez lent, et pourtant je n'ai pas senti le moindre temps mort, ou de longueur lassante. Je ne suis pas un fan de Hardy, mais sa présence très physique et son côté taciturne, mono-expression, sachant mettre en valeur une colère rentrée qui s'exprime légèrement ici et là, en montrant peu mais promettant beaucoup, est quelque chose qui colle vraiment bien à ce personnage, en tout cas à ce stade de l'entrée en matière. Le pilote l'a bien introduit: c'est un personnage puissant, qui semble animé d'une volonté implacable et se foutre totalement des conséquences de ses actions, résolu à obtenir quelque chose dont, pour l'instant, lui seul sait ce dont il s'agit. En y ajoutant de légères évocations visuelles dont on ne sait pas s'il s'agit d'une forme de magie noire (genre vaudou) ou d'un certain degré de folie de James Delaney, on obtient un cocktail que j'ai trouvé prenant, tant il me semble rare, ces temps-ci, d'avoir de bons personnages principaux (surtout hommes) dans les paysages ciné et télé. Pour comparer, on a Poldark, une série anglaise avec un thème assez voisin (qui en est à sa deuxième saison, avec une 3ème déjà annoncée), plutôt pas mal mais pas non plus génialissime, et décidément plus faite pour traîner en longueur, enchaîner les retournements et plus forcer sur le mélo: Taboo a nettement plus de caractère et d'ambition de faire un splash.... Qui tache. Et il est très dans l'ambiance du temps d'avoir comme antagoniste moins un individu proprement dit (même si c'est Jonathan Pryce en Chairman de la EIC) qu'une vaste multinationale sans âme (et en oripeaux d'époque napoléonienne: ça change des costards cravates et intérieurs contemporains aseptisés). Bref, ça m'a pris, ça a des promesses.... Reste à voir si ça les tiendra.
  15. Je ne sais pas si c'est explicité dans le rapport (pas encore lu), mais de ce qui s'est dit ici et là, la chose a pris une vie propre en cours de route: initialement, ça n'aurait rien été de plus que des coups de sonde par des spécialistes russes (donc dans cette "hypothèse" ), même pas forcément à l'instigation du Vlady-en-chef, juste pour voir ce qui pouvait se glâner et s'il y avait moyen de jouer les petits écoliers farceurs, et si oui, de se faire bien voir du dit fromage de tête (torse nu et en chapka, comme d'habitude). Plus ça a fonctionné, plus le "projet" serait devenu sérieux, avec un Vladimir qui semblait avoir une dent particulière contre Clinton, en plus de jouer "normalement" en chef d'Etat en cherchant à nuire à d'autres pays, USA en tête: taper sur la permanentée en tailleur pantalon lui procurerait, apparemment, des sensations particulières depuis qu'elle a dit des trucs qu'il a pas aimé suite à son élection contestable et contestée de 2011. L'idée générale est que la chose, au final, ne serait pas partie d'une stratégie mûrement réfléchie, ou d'un projet bien cadré: ça a été une frappe d'opportunité qui a pris de l'importance au fil des découvertes et succès qui s'accumulaient. Au global, je suis absolument sous-qualifié pour essayer de me représenter l'importance de la chose sur le plan technique, les moyens que ça a pu demander.... Mais pour ce qui est de l'analyse et de l'usage des infos obtenues, ça n'a pas du coûter bien cher, juste obéir à une volonté particulière (pour le timing des infodumps, essentiellement), qui serait celle du monsieur qui s'appelle comme un plat québécois (pas de noms, hein, on reste dans les hypothèses, bien sûr). Pour le côté RNC, qui a été aussi hacké (ils sont déjà en train de suivre Trump dans le nouveau délire sur les formidables "défenses" de l'infrastructure informatique du GOP), l'un des avantages structurels, depuis quelques cycles électoraux, de la droite américaine, c'est qu'une bonne partie du linge sale sur les candidats est éparpillé, bien malgré eux, en place publique pendant leurs primaires; depuis qu'elles sont devenues ce que les médias appellent la "clown car", ils assurent le show, avec cette démonstration live/3D de ridicule permanent, d'absurdités continues, cette foire d'empoigne entre abrutis péteux qui ne reculent devant aucun abaissement. Même s'il y aurait beaucoup à sortir sur ces pourris de première pendant les primaires, le problème est.... Que le show est si énorme et dense que personne n'y ferait attention: ils font un tel buzz (par rapport au niveau d'attention prêté à cette phase des élections, largement moins suivie que la générale) qu'il n'y a de place pour rien d'autre. Les journaleux préfèrent cette ambiance façon WWE, où ils se ridiculisent, empilent les non-sens et conneries sans noms, s'insultent en continu (du vrai "trash talking" façon WWE/UFC et autres.... Un art où Trump s'est montré le maître); qu'est-ce que des révélations sur leur corruption, leurs parjures, leur mépris du processus démocratique, de leurs concitoyens ou de leurs électeurs, aussi avérées qu'elles soient, pourraient faire de mieux, côté audience? A l'inverse, la faible concurrence dans le paysage électif côté démocrate a laissé plus de place: même si le Bernie a réintroduit l'ambiance dans leurs primaires, c'était pas encore assez, et ils n'étaient que 2 (Chaffee, Webb et whatshisname n'ont jamais été en lice, et ont dégagé vite fait). Si on y ajoute en plus la sourdine que les grands médias ont essayé à toute force de mettre sur le Bern, sous-médiatisé jusqu'au bout (par rapport à ses résultats, à son audience, à son parcours, et au peu qu'il semble falloir aux mêmes médias pour d'autres candidats, dans d'autres circonstances), les Russes ont fait le même constat que tout le monde: il restait beaucoup de "bande passante" disponible côté démocrate, beaucoup d'espace à occuper, et ce encore plus avec une communication Clintonienne qui, si elle prenait de la place en quantité, ne brillait pas par son attractivité, son originalité, sa pertinence et, plus crucialement, sa capacité à faire du buzz. Bref, la communication de Clinton devait énerver autant d'électeurs potentiels qu'elle en satisfaisait ou indifférait, ce qui ouvrait un boulevard pour de l'info chaude, croustillante, méchante et tapant juste là où ça gratte.
  16. Au contraire: ils sont tous blancs..... On me dit même que c'est un peu un critère, chez eux. Désolé, pas pu m'empêcher: trop facile, trop tentant, trop gratuit.
  17. Sinon, comme ça se dit aux youesses, "this week in stupid": Donna Brazile, la hiérarque démocrate et ex-employée de CNN giclée pour avoir fait fuiter des questions de la chaîne au camp Clinton avant un débat, a créé une nouvelle organisation au sein du parti démocrate, une "war room" dédiée spécifiquement au dégommage de Trump par documentation, "opposition research", collection de ses casseroles et organisation/planification de l'usage fait de ce matériel.... D'un côté, c'est normal, de l'autre, ça fait vraiment genre "on ne veut pas retenir les leçons de la campagne". Mais surtout, ça sent le redondant: le DNC a déjà, comme le RNC, ce genre de structures: c'est le B A BA de la politique étasunienne, si bien qu'on se demande quelle est la vraie finalité de ce truc.... Oh, non, on cesse de se le demander quand on regarde qui l'occupera: l'ancienne équipe de campagne de Clinton. On parlait des méthodes de recasage des copains un peu plus haut, ben.... Ces gens auront désormais des locaux, une adresse pour le tout Washington, du staff, des moyens, un budget conséquent, et donc de l'influence au sein du DNC dont l'establishment ne veut PAS céder la place ou repenser la ligne du parti alors que les élections pour sa direction (et pour le leadership démocrate à la Chambre) se profilent.
  18. Dans les deux cas, l'attaque puis la réponse, les deux ne parlent qu'à leur audience: tu crois que ceux qui ont écouté Meryl Streep étaient autre chose que l'habituelle cohorte de bien-pensants et auditeurs généraux (ceux-là n'écoutant que d'une oreille les platitudes d'usage qu'elle a débité)? Ou que ceux suivant la réponse de Trump étaient autre chose que ses fans d'un côté, qu'ils l'écoutent et avalent ses paroles ou l'écoutent "au deuxième degré" (comme ça a été dit après la campagne: ils se foutent de ce qu'il dit et croient savoir ce qu'il veut dire), et de l'autre le contingent plus ou moins réduit d'ennemis hardcore branchés sur twitter à H24? Suite à cet "échange", je crois pouvoir me dire sûr qu'approximativement 0 personnes ont changé d'opinion sur l'un ou l'autre.
  19. De toute façon, ça ne peut pas être une cérémonie officielle aux USA: Oprah Winfrey n'y sera pas.
  20. C'est ce qu'on évoquait, notamment dans les facteurs de réussite ayant permis la conquête en Amérique centrale et du sud: plus facile avec peu de moyens (mais des avantages décisifs) de dézinguer de grands empires, surtout aussi centralisés et que les Incas et Aztèques, dans des espaces plus contraints et interconnectés, que des multitudes de petites "nations", royaumes et peuples pas ou peu connectés, éparpillés sur de très grandes surfaces (qui plus est en grande partie inhospitalières, et moins immédiatement attractives pour le conquérant cupide). Plus facile de jouer un conflit fondamentalement plus classiquement "clausewitzien" même si avec des moyens tactiques en partie "non conventionnels", que d'opérer pendant très longtemps de grandes opérations qui ressemblent de fait à de la contre insurrection à très grande échelle, très gourmande en ressources.
  21. Attention, n'exagérons pas la chose non plus; la lecture de l'article n'est pas très éclairante sur le sujet, mais je ne suis absolument pas sûr que la présence d'un membre du gouvernement (ou genre de "représentant direct" spécialement envoyé) soit de tradition ou particulièrement importante. Le fait qu'il n'y avait pas de place prévue à cet effet et qu'une a été obtenue suite au désistement de l'épouse d'un invité semble indiquer que ce n'est pas nécessairement un truc capital. De toute façon, l'ambassadeur est présent (comme tous ses homologues) parce que ça, c'est normal. Le reste est plus nébuleux: ce qui est vraiment con en cette instance, c'est de faire des pieds et des mains pour avoir une place, via l'ambassadeur (qui du coup va passer pour un con et se faire mal voir), puis se désister ensuite. Purement. Débile.
  22. Ca ne nous dit pas ce qui s'est passé en coulisses pour aboutir à ce résultat, et il semble bizarre qu'il ait fallu dans un premier temps qu'il y ait un désistement pour qu'une place soit faite à un représentant du gouvernement français, mais au final, le dit résultat est lamentable: comment risquer, avec un président américain aussi notoirement vindictif et prompt aux blessures d'ego, aussi chatouilleux sur les petits détails qui lui font apparemment de grandes blessures d'orgueil, se permettre un tel impair sur un sujet aussi mineur. Ca ne coûte rien d'envoyer quelqu'un, et ça ne rapporte certainement rien du tout à la personne concernée d'essayer de se donner des airs de "résistant anti-Trump" à peu de frais (personnels): personne n'en a rien à foutre, sauf peut-être, s'il le remarque, le Donald. Un autre sujet qui me préoccupe avec le Donald, en lien avec ses conflits d'intérêts, c'est la lutte contre l'évasion fiscale au niveau mondial, notamment par la pression portée contre les paradis fiscaux: Obama a, mine de rien, pas mal agi dans ce domaine suite à la crise de 2008, et, même si on reste très loin du compte, beaucoup de chemin a été fait, qui a permis de porter quelques coups sérieux. Faudrait pas perdre ce thème de vue pendant la première année de Trump, parce qu'on peut avoir pas mal de choses à craindre en la matière, surtout vu ses impératifs personnels, avant tout parce que sans les USA, l'action internationale vis-à-vis des paradis fiscaux et Etats aussi complaisants pour les banquiers qu'opaques pour les autres, n'aura plus vraiment de force de frappe. Etant donné ce qui semble déjà se profiler côté législation et règlementation fiscale et financière avec le nouveau cabinet (Icahn et Mnuchin, plus tous les goldmansachiens), le versant international de ce sujet risque, à un plus haut degré encore, d'avoir un lourd impact par chez nous.
  23. Actualité des potentiels conflits d'intérêts du Donald, et du montant de ses dettes: http://www.wsj.com/articles/trump-debts-are-widely-held-on-wall-street-creating-new-potential-conflicts-1483637414 Où il apparaîtrait que les dettes que Trump se traîne depuis deux décennies ou plus, et qu'il n'a cessé de faire croître et de renégocier en permanence (résumant son business model à la stratégie de la fuite en avant, générant peu de cash et permettant juste de faire continuer le jeu), dépasseraient de beaucoup le milliard de dollars, du à au moins 150 institutions financières. On passera sur l'activité des 5 dernières années qui l'ont vu répartir ces montants dans des securities, un peu les maquiller (en packageant ces dettes avec d'autres du secteur), puis revendues à des investisseurs (en paquets séparés, avec sans doute de jolis noms inspirant confiance), mais dont une partie a du quand même être garantie personnellement par Trump. Le résultat est que ces plus de 150 institutions "tiennent" de fait le Donald et les entreprises dont il est actionnaire (le sujet s'est concentré sur des participations d'au moins 30%); il est tenu au moins partiellement (mais pour des montants décisifs par rapport à ses actifs), parfois directement (notamment là où il a du garantir personnellement les sommes), et certaines de ces entités sont en contentieux avec le gouvernement américain, notamment la Deutsche Bank et Wells Fargo. Et trump est maintenant chargé de nommer les gens qui vont statuer sur ces contentieux, tout comme il va nommer ceux qui régulent l'activité de ces entités, et avoir un rôle important dans la détermination des lois et règlements formant le cadre de cette activité.... Si j'étais au board d'une de ces banques, je dirais quoi.... Jackpot?
  24. L'une des grandes hypocrisies de la communication d'Uber (et assimilés) est qu'ils présentent la chose comme étant faite pour les gens (libres et entreprenants et jeunes et multiculturels et conviviaux et et mondialisés..... C'est la pub) qui veulent se faire un petit complément de revenus en faisant quelques heures sup' par jour à jouer les taxis, tout en reposant dans les faits sur des plein temps ou quasi plein temps qui le font parce qu'ils n'ont pas le choix, mais pour qui, en revanche l'activité n'est pas rentable dès lors qu'on commence à parler sérieusement, c'est-à-dire en incluant les coûts réels liés à l'activité (comme tu le dis, entretien et usure du véhicule en tête). Le contraste peut être très saisissant quand, "en face", on a un système de taxis particulièrement cartellisé (comme à Paris) et rigide: le no man's land entre les deux devient plus difficile à négocier. Dans beaucoup de grandes villes américaines, la chose s'est résolue (pour l'instant) par un véritable massacre des taxis traditionnels, mais avec l'accumulation des ans et des retours d'expérience, des résistances se sont créées, même si c'est pour l'instant très limité. Peut-être que ça bougera plus quand une certaine masse de chauffeurs Uber ne pourront plus entretenir leur véhicule, et surtout pas le remplacer, et quand suffisamment de taxis tradis seront en train de crever la bouche ouverte.
  25. Update sur les groupes qui se sont connectés via Indivisibleguide.com: dans le post que j'avais fait sur le sujet, après un jour d'ouverture de l'option, il y avait 350 groupes (pas individus) actifs rejoignant le "collectif". Hier, la barre des 1560 était passée. Le site affichait 1,7 millions de pages vues en fin de semaine (600 000 mercredi), et près de 300 000 téléchargements du guide (130 000 mercredi). Pour un site d'activisme politique (et y'a pas de chatons faisant des conneries, ou le nouveau dysfonctionnement sartorial de Rihanna), c'est plutôt sans précédent aux USA.
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