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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Les enfants monstrueux de la modernité: libéralisme, communisme version URSS, national-socialisme, fascisme.... On est loin de la sage pondération des humanistes de la Renaissance; Dieu que je hais les doctrinaires du XVIIIème siècle et leurs soi-disants Lumières abstraites qui ont mené directement à ces horreurs, avec les autres allumés de Romantiques. On ferait mieux de faire lire Rabelais, La Boëtie, Pic de la Mirandole, Spinoza et Montaigne à l'école, et de bannir les abrutis abstractionnistes du XVIIIème dont les théories et analyses sont trop normatives et potentiellement absolutistes. Beurk! L'Homme éclairé est plus sage que le soi-disant Homme des Lumières. Non, non, je ne délire pas; je présente juste la filiation philosophique et idéologique directe qui a mené aux horreurs modernes dont l'islamisme politique, l'islamo-fascisme, est un autre avatar, bâtard improbable de réaction antimoderne et, au contraire, de constructions éminemment modernes venues du socialisme et du nationalisme. Comme quoi, un menu composé à la carte n'a pas de contradictions: même quand c'est gerbant, y'a toujours quelqu'un pour l'avaler sans le rendre.
  2. Faut avouer que le trait a été aussi forcé dans l'autre sens, à force de vouloir calquer des grilles de lectures faciles. On classe de tout sous le terme "taliban": du religieux intégriste idéologique pachtoun au chef de tribu et chef de guerre local, certes généralement pas très progressiste question religion ni spécifiquement tendre, qui fait son business de l'opium ou s'occupe simplement de sa vallée/de son carré de boue et de poussière où il entend être seigneur et maître comme il en a toujours été. La première mesure de nuance qu'on a tenté d'opérer dans la rhérotique officielle c'est de séparer nettement les "talibans", nom générique des insurgés locaux, des "jihadistes", nom générique des islamistes politiques liés aux groupes terroristes (parfois afghans mais surtout étrangers). Ensuite, on a commencé à vaguement évoquer des talibans "tolérables" et des non tolérables; le point générique des talibans étant que maintenant on ne les voir pas nécessairement comme liés au terrorisme islamiste mondialisé, mais plus comme des arriérés autocentrés avec une vision médiévale de leur société, clanique et ultra-religieuse. Bref, ils ne se préoccuperaient pas du monde extérieur, ce qui les rendrait fréquentables :lol:. A l'inverse, une minorité d'entre eux entretiendrait des liens avec les groupuscules terroristes islamistes et seraient donc les nouveaux "méchants". Un des problèmes est que ça change souvent: aussi bien ces définitions que les affiliations des dits talibans. Et qu'en plus, le trafic de came utilise les mêmes filières de transport et plus encore de destination (Iran, Pakistan, Russie) et d'exportation, ce qui lie entre eux des groupes qui ne se blairent pas forcément à la base, et les lie à d'autres organisations extérieures (services secrets pakistanais, les plus gros dealers de la planète, groupuscules terroristes et/ou organisations supplétives moins regardantes sur la nature du trafic, mafias diverses....). Raaah, mal de tête! Mais le point est que parler d'un peuple ou d'un pays afghan est complètement à côté de la plaque: l'Afghanistan est une zone grise entre les frontières des Etats voisins. Jadis, il a pu y avoir un semblant d'Etat, avant tout pachtoun, jamais réellement pacifié, mais relativement tenu pendant un moment par une autre conception de l'Etat, la monarchie, reposant sur des fidélités et alliances personnelles de clans et non sur un concept de peuple ou d'Etat (certainement pas d'Etat-nation) tel que nous l'entendons.
  3. Il n'y a jamais eu d'Afghanistan, ni d'Afghans, et c'est bien là le problème majeur. Renvoie au problème précédent. Renvoie au problème premier: pas de pays = pas de société civile afghane unifiée, donc pas de vivre ensemble ou de capacité minimale au compromis pour les bases de celle-ci, donc pas de débat (du moins sans armes) et pas de possibilité d'un leader. Facile de critiquer, mais comment on fait en attendant que naisse (si c'est possible) une société afghane? C'est quoi la définition d'un "taliban modéré"? Tant qu'à faire, vu la réalité de l'Afghanistan et non les raccourcis de la presse, faudrait aussi définir ce qu'est un taliban et voir si c'est différenciable d'un seigneur de guerre/d'un chef de clan/"boss" local/fromage de tête d'une vallée. Encore une fois, ce n'est pas un peuple, et c'est bien là l'embrouille: va demander aux tadjiks, turkmènes, hazaras, ouzbèkes.... S'ils se sentent vachement d'atomes crochus avec les pachtouns.
  4. Tu es juxte en désaccord avec à peu près tous les historiens et historiens des idées politiques, mais bon.... Fascisme et nazisme sont des émanations du socialisme et du nationalisme, des dérives comme d'autres, tout comme le régime soviétique fut une dérive du marxisme (à la base une analyse, pas un programme politique) via le catalyseur des groupuscules révolutionnaires tels que les bolcheviks. Congés payés massifs, politique sociale suractive, grands travaux d'infrastructures publiques, idéologie du peuple et d'élites issues du peuple.... C'est ça aussi le nazisme. Accessoirement, la réduction des salaires n'a pas eu à attendre les nazis, qui l'ont au contraire assortie de la dite politique sociale massive sur laquelle il est plus que facile de se documenter et de constater l'évolution de données telles que le taux d'accession à la propriété, le taux d'épargne des milieux populaires.... A partir de 1934-35, les classes populaires allemandes, les ouvriers en particulier, ont plus que largement bénéficié du régime nazi. Il ne se serait d'ailleurs jamais implanté aussi bien si ça n'avait pas été le cas. On rappellera d'ailleurs qu'Hitler était contre les grands conglomérats industriels qu'il voulait complètement étatiser (ils ne l'étaient pas); il s'agit juste d'un rapport de force qu'il n'a pas pu gagner, et d'un compromis qu'il a du faire, au grand dam d'ailleurs d'Ernst Röhm et des SA dont l'élimination devint dès lors inévitable. Mais les rapports entre nazis et la grande industrie n'ont jamais été bons, contrairement à ce que tu affirmes. Tu peux fantasmer le nazisme comme une espèce de super dictature avec des élites absolument dominantes et une exploitation du "peuple", mais tu louperais complètement ce qu'est précisément le nazisme: un régime totalitaire et populiste dont le facteur unifiant est une idéologie raciale. Mais à la base, toutes les composantes du nazisme viennent du nationalisme et du socialisme, soit les 2 émanations majeures de ce qu'on appelle la "modernité politique". Le côté mystique de la race avec racines anciennes fantasmées sont des délires survenus plus tard, via les "travaux" d'organismes tels que la Thulé et l'Ahnenherbe, et les délires d'Himmler, Hitler, Goebbels, Sievers et Rosenberg. A la base, on est dans le cadre de mouvements populistes, socialistes (certes pas internationalistes du tout), athées (voire spécifiquement antichrétiens), progressistes, anticapitalistes (particulièrement antilibéraux), anticommunistes (ooooooh oui, très), modernistes, nationalistes, revanchistes (vétérans, corps francs), racialistes, spécifiquement antisémites (tant via le nationalisme racial exacerbé que par les sétéréotypes socio-économiques). Ca, c'est le nazisme, ça vient de la modernité politique et c'est pas la peine d'essayer de trouver si c'est plus socialiste ou plus nationaliste; ça vient des 2. Le mouvement völkisch, le revanchisme, l'anticommunisme, la solidarité des tranchées, le syndicalisme ouvrier particulier des Allemands.... Tout ce qui est lié, dans l'univers populaire, aux 2 courants, a servi au nazisme qui y puise sa source.
  5. Mmmmmmh, ça sent bon les relents d'histoire officielle :lol:. Mais oui, le seul but d'un universitaire écrivant un bouquin, c'est de faire partie d'une campagne de "propagande". Faudrait peut-être apprendre à se poser quelques questions. Admettons qu'il y ait une "campagne insidieuse" (déjà on sait pas trop pourquoi, faut arrêter la paranoia facile et les théories du complot à 2 balles): quel est l'intérêt de coucher ça dans un bouquin? L'intérêt de ce genre de campagne, si son but était de dénier à l'Algérie le droit de taper dans le nuke, serait justement d'y aller franco et d'encourager des oppositions "spontanées" accompagnées d'initiatives d'Etats. En bref, il faudrait des mouvements antinucléaires plutôt populo, donc liés aux mouvements pacifistes pro-désarmement, au mouvement écolo tendance antinucléaire.... Et là-dessus d'avoir un Etat, ou plutôt un groupe d'Etats qui embrayent, et publiquement, le tout emballé dans une campagne de presse tous azimuths avec plan média bien bossé en amont. Hors Bruno Tertrais, c'est plutôt le genre de chercheur "installé" et à tendance militaire marquée; pas vraiment ce que les opposants au nucléaire lisent et encore moins ce qu'ils croient. Soit certainement pas ce qui va leur apprendre des trucs et encore moins ce qui va les mobiliser. Et côté Etat, ça leur servirait à quoi ce bouquin? Certainement pas à apprendre quelque chose, ils ont de meilleures sources que le M. Tertrais. Et certainement pas à faire de la vulgate grand public: ce genre de publications n'a pas un grand écho, ni directement (ventes confidentielles), ni indirectement (via des journalistes publiant dans de grands médias). Et pour porter le point final; navré pour l'image et l'orgueil, mais c'est pas un sujet dont le public à quoi que ce soit à foutre, soit pas vraiment un sujet qui motive pour une "campagne de propagande". Et tout cela, c'est, encore une fois, si et seulement si l'Etat français a et l'intérêt et la volonté de faire une "campagne de propagande" (capacité que les dirigeants français persistent en dépit du bon sens à ne pas développer et entretenir, comme en témoigne l'absence de réaction à la campagne américaine de 2003). Faudra repasser pour les délires de persécution. Qu'une opposition se manifeste si l'Algérie, ou tout autre pays d'ailleurs, commençait à se bricoler une bombinette, c'est plus que certain. Mais le fait est que dans le monde tel qu'il fonctionne, aucun Etat n'aurait même à se fendre de la dépense d'une campagne média/lobbying organisée de longue haleine sur ce genre de sujet: les antinucléaires de tous poils suffiraient à la tâche :lol:. L'exception à la règle est bien sûr l'Iran, mais les raisons en sont autres. Désolé si je semble agressif, mais je suis à la base un communiquant de formation; j'aime pas quand on débite des absurdités, même de bonne foi, sur un domaine que je connaît intimement (comme tout pro, j'aime pas quand les amateurs croient savoir comment ça marche ;)). Si jamais il y avait une telle campagne (et encore une fois, je le déplore, mais l'Etat français a renoncé à se servir de ce genre d'arme -pas par idéalisme je rassure tout le monde- il y a longtemps; stupidité bureaucratique!), M. Tertrais serait juste un des pires choix de vecteur possibles. Raaah! Je suis victime d'une attaque mentale: une chanson de Carla Bruni m'an envahi la tronche et veut pas partir. Ca doit être un complot algérien, vu que les judéo-bolcheviks sont en congé-maladie et que les francs-maçons sont occupés sur le topic qui les concerne dans la rubrique histoire! Voilà, moi aussi je peux crier au complot, na ;)!
  6. Je confirme pour les histoires de sécu; un copain russe (père immigré en France en 1991 :lol:) qui "fait du business" (y veut pas entrer dans les détails; je sais pas jusqu'à quel point c'est pour se donner un genre :lol:) entre France et Russie me décrit avec joie la façon dont il a été braqué, en tout 4 à 5 fois en une dizaine d'années, en rase cambrousse, et ce alors même qu'il était en deal avec des locaux (rien de choquant; il a plutôt donné dans l'exploitation forestière ;)) qui lui donnaient un genre de sauf conduit et le recommandaient à qui de droit. A chaque fois il a pu négocier, mais ça laisse quand même des souvenirs. Là je parle pas des touristes qui se retrouvaient à poil entre Sheremetyevo et Moscou vers 92-95, mais bien des dernières années.
  7. Nazisme: national SOCIALISME! Ca évoque toujours rien? Le régime nazi est un socialisme populiste et nationaliste. Ca n'est pas antithétique. Et moi je parle des cadres du Baas et de la plupart des mouvements politiques qui sont tous passés par ces cercles, associations et mouvements où les conseillers nazis étaient. J'ai pas dit qu'il n'y avait pas aussi des raisons objectives; au contraire je l'ai mentionné dès mon premier post. Il faut lire avant de répliquer. Et surtout je vois pas en quoi le fait de te répéter donnera plus de pertinence au propos. J'ai dit qu(il y avait évidemment de ça, mais pas que ça et que ça allait plus loin. C'est pourquoi j'ai utilisé le terme "nazi" et pas le terme "allemand", pour faire la différence; la Légion a fait le tri aux SS, par exemple. Les conseillers dont je parle au Moyen Orient ne sont pas vraiment passés par ce filtre et ont souvent été recasés par ce qu'il est plus juste d'appeler des filières d'entraides et d'amitiés, dont la création remontait à ces années 30-40. Et s'il faut faire un who's who des ex-dignitaires nazis et officiers SS au Moyen autant florès que des nazis et SS diplomatiquement "chauds" et incapables d'amener autre chose que des produits de contrebande et des emmerdes. Il suffit de voir les commentaires de Nasser sur l'Allemagne nazie pour avoir une idée. Ca n'a rien de spécifiquement raciste ou méprisant; on est dans une époque de guerre de chair à canon. Et Churchill n'a rien dit d'autres aux Anglais en leur promettant du sang. Et même qu'il a rajouté de la sueur et des larmes en plus. C'est dégueulasse.
  8. La propagande, c'est le fait d'un Etat. Là, le texte vient d'un chercheur. Notre nouveau troll serait-il un petit fantassin du FLN avec sa méthode éprouvée de pointer des doigts contre des complots partout? Ceci dit, si le doute pour l'Algérie vient de lumières zarbis et de petites secousses sismiques dans le désert vers 1960, vous cassez pas, c'est sous contrôle :lol:.
  9. Ils n'ont pas "repris" le discours et ce ne sont pas que les "islamistes", mais bien à peu près l'essentiel des mouvements et forces politiques organisées des pays du proche orient de l'époque. Encore une fois, ça ne veut pas dire la population. Les frères musulmans sont-ils un mouvement "islamiste" tel que nous l'entendons? C'est très discutable. Mais tout l'activisme à base religieuse au moyen orient a activement collaboré avec des agents nazis, via de subsides, des armes, mais plus encore du coaching sur les méthodes de propagande, l'organisation des mouvements et les moyens de toucher toutes les strates d'une société, la création de mouvements frères dans d'autres pays, les méthodes de noyautage institutionnel.... Et il n'y a pas que les organisations religieuses, mais bien aussi tous les mouvements politiques nationalistes/modernistes. On ne peut pas limiter ça à une conjonction objective d'intérêts, ce serait superficiel. Les liens entre l'Allemagne et l'Empire ottoman ne sont pas une extension particulière, précisément parce que ces liens étaient surtout avec les Turcs, et plus particulièrement les élites modernistes turques. Et le nazisme ne vient pas en partie importante du socialisme? Qui plus est, le Baas est avant tout nationaliste. De même que des mouvements comme Jeune Egypte.
  10. Vu aussi: ça chie grave! Ils ont tout voulu foutre en un pilote de 45 minutes: tout va trop vite, la résistance commence déjà à s'organiser dès le début, on présente quasi immédiatement les visiteurs comme des faux gentils qui puent à plein nez....
  11. Comme pour la bataille de l'Atlantique: face aux meutes d'U-boot/talibans, on va organiser des convois armés massifs avec surveillance aérienne :lol:, ce qui impliquerait une logique de concentration en bases plus grosses avec des dépôts plus importants (du à une fréquence moindre des dits convois), et corrollairement à un accroissement nécessaire de l'aéromobilité pour compenser la dite concentration. Mais de ce dernier côté, à moins d'un changement radical tel que le préconisent Petraeus, McCrystal et quelques autres, on peut se les frotter. Une autre possibilité serait de faire sortir une partie des effectifs qui ne bouge jamais des bases pour les consacrer à l'escorte de convois uniquement.... Et d'accepter les pertes qui vont avec. Mais on voit quand même l'une des grosses limites de l'externalisation à outrance et du modèle surconsommateur de la logistique armée d'aujourd'hui.
  12. Faut pas entrer dans les délires complets de conquête du monde; l'Allemagne est une puissance continentale et n'avait de visées sérieuses que sur un lebensraum à l'est. Les fantasmes sur une Allemagne puissance mondiale, dont la flotte aurait à elle seule consommé le tiers de la production pétrolière globale, sont ce qu'ils sont: des fantasmes de quelques illuminés et propagandistes. Les Arabes n'entraient ni dans leurs plans ni dans leurs possibilités.
  13. Sans compter l'affinage susmentionné: les pertes occidentales sont à compter non sur l'effectif total, mais sur la part d'effectif qui sort des bases, soit quelque chose comme 10% (10 000 sur 100 000 pour l'ISAF, 3-4000 sur 40 000 pour les forces US non ISAF).
  14. Philippe, tu ne raisonnes pas un peu trop à budget de défense idéalement géré (à la Patriote Inquiet :lol:)? On constate quand même un truc avec les dépenses de défense, surtout en situation de pays à industrie d'armement relativement complète et autonome, donc avec un lobby ad hoc: le parasitage de la décision et du choix de nature des forces, à tous les échelons, sans même compter les inévitables lourdeurs administratives, bureaucratiques et politiques, aussi bien liées à une taille jadis plus importante (guerre froide) et à un appareil devenu un organisme vivant qui se défend, qu'à des habitudes et plus encore des logiques politiques (défense d'intérêts locaux, sectoriels....). Créer un secteur, c'est créer des logiques autonomes qui réfléchissent et agissent selon leur intérêt propre (et plus on les menace, plus c'est le cas). Soit une part de surdépense considérable due à ce parasitage. Aux USA, c'est carrément gigantesque, comme le pointait McCain dans sa campagne (il a pas mal tourné autour du fait que les mêmes forces armées pouvaient et devaient tourner avec entre 1/4 et 1/3 du budget en moins), et c'est pas mal en France (comme tu le répètes sans cesse avec PI), en Allemagne, en Angleterre.... L'un des avantages des "petits" ou "petits moyens" pays comme le Canada, l'Australie, la Hollande, le Danemark, la Grèce.... Est qu'ils sont avant tout des pays très majoritairement "consommateurs" de défense, d'où une extase régulière sur des budgets et des programmes en moyenne mieux gérés et rationalisés (je place Israël dans une case à part eu égard à sa situation et à ses contraintes particulières, ainsi qu'à un haut degré de corruption dans l'appareil militaro industriel). Tout au plus ont-ils quelques niches spécifiques de haute technologie, et/ou une production autonome de matériels non stratégiques/majeurs (petit armement, équipement du fantassin, blindés à roues....) mais qui ne représentent pas une part déterminante du budget. Une rente de situation type (géographique, économique, institutionnelle) qui ne sera pas nécessairement éternelle; les Etats, surtout les moyens, faisant cet effort peuvent commencer à en avoir marre un de ces quatre et à envisager des mesures de rétorsion "civilisées". L'Irlande, la Belgique, l'Autriche, le Luxembourg et quelques autres sont ceux qui jouent le plus de cette sécurité garantie sans effort. Mais pour les USA, c'est du pain béni. My point exactly.
  15. Les insurgés se prennent des pertes qui seront remplacées dans la semaine; côté armées pro, les pertes sont plus mal ressenties et vécues, et les remplacer est cher. Qui est réellement gagnant si on se fie au jeu de l'attrition? Quand au terrain.... On répète depuis le début que ça ne compte pas: des accrochages en zones rurales ne donnent rien: on ne laisse pas une garnison à chaque lieu où dans chaque zone où il y a eu de la castagne, et les insurgés non plus. Le but du jeu n'est pas de contrôler des cailloux pelés. Pour mémoire, TDM, le bodycount était aussi favorable aux armées modernes en Indochine, en Algérie, au Vietnam et dans la guerre d'Afghanistan des années 80, pourtant on connaît le résultat; ça t'inspires pas? Encore une fois "tant qu'une guérilla ne perd pas, elle gagne, tant qu'une armée ne gagne pas, elle perd". Le but est de gagner une guerre, pas des combats, et ce type de guerre ne se gagne pas au bodycount ou même à la maîtrise du terrain car celle-ci (une maîtrise permanente) est impossible vu la taille et la nature du théâtre. Faut lire les posts qui ont été faits avant.
  16. Non justement, car il y a eu adhésion idéologique; ce serait vrai s'ils s'étaient contentés de jouer l'alliance objective au Moyen Orient, avec échange de bons procédés (type "j'emmerde les Rosbifs si tu me fils des armes, du pognon et de l'entraînement"), mais ça a été bien au-delà, et tant le nationalisme arabe que les mouvances radicales musulmanes (dont les islamismes modernes) puisent directement à ces sources là, tant pour la rhétorique que pour les méthodes, la thématique, l'organisation idéologique, et les modes d'action politique, y compris violents. En Egypte en particulier, mais aussi au Proche Orient, l'empreinte est claire et profonde dans la plupart des mouvements politiques et religieux organisés. Et les Frères Musulmans sont ceux qui peuvent le moins le nier, tout comme Jeune Egypte et le mouvement Baas.
  17. Je rappelle que les Anglais n'ont jamais voulu créer Israël, et que ça s'est fait largement contre eux; Churchill, par exemple, était contre tout principe d'un Etat juif en Palestine même s'il n'était pas contre le principe d'un Etat juif dans l'absolu. Il y a une énorme ambiguité derrière l'appellation semi-hypocrite, semi-diplomatique (c'est pas forcément la même chose) de "foyer national juif". Ben, c'est plus que sûr et c'est une des choses qui a perpétué et "justifié" (du point de vue serbe) la division et la guerre civile en Bosnie et au Kosovo (et qui continue de fait encore aujourd'hui en divers endroits): les musulmans de Bosnie Herzégovine ont largement épaulé les oustachis croates dans le massacre systématique des Serbes, juifs, roms et communistes (contre-guérilla, assassinats, massacres organisés, camps de concentration....), ce à quoi les serbes de Bosnie, particulièrement, ont répliqué à petite échelle via l'aide aux Chetniks (nationalistes et royalistes). Cette hostilité venait de la domination serbe dans la première Yougoslavie, elle-même une réponse nationaliste à l'occupation ottomane et aux statuts durs pour les non musulmans (surtout à partir du XVIIIème siècle).... Les guerres civiles, ça plonge loin dans le passé et c'est particulièrement dégueulasse. L'Albanie, alors un royaume sans roi, s'est tournée vers un régime pro-nazi qui lui a permis d'annexer le Kosovo (d'où la revendication actuelle) et un morceau de Macédoine. Après, évidemment, il faut toujours éviter les formulations généralistes: "les musulmans" est toujours une appellation large et facile, et donc très abusive comme toutes les généralisations. Il n'en reste pas moins qu'en Palestine et en Yougoslavie, il y eut une tendance générale pro-axe avec des forces organisées et une large partie de la population musulmane locale (ça ne veut pas dire tout le monde bien évidemment). De même, nombre de ces mouvements ont accepté des financements allemands (notamment pendant la révolte arabe de 36-39 en Palestine). En Egypte, les Frères musulmans n'ont pas vraiment à se glorifier de leurs relations avec les nazis, ayant accepté des fonds importants et une assistance technique et organisationnelle, notamment en ce qui concerne les méthodes modernes de propagande. Le concept de ce qu'on appelle "l'islamo-fascisme" est né de cette collaboration; le thème du jihad guerrier était récurrent et a beaucoup inspiré les propagandistes nazis (comme l'image de la croisade). L'aide nazie aux mouvements palestiniens et arabes fut assez importante, incluant aussi des livraisons d'armes. Les relations continurent d'ailleurs souvent après-guerre, et l'Egypte nassérienne tout comme la Jordanie étaient des refuges connus pour de nombreux anciens nazis qui ont beaucoup joué les conseillers techniques (par exemple dans la légion arabe). De même, le nationalisme arabe (notamment au sein du/des parti Baas) a directement puisé dans les contacts avec les agents et techniciens nazis très présents au Moyen orient dans les années 30-40. Des mouvements comme "jeune Egypte", où débuta Nasser (lui-même pro-nazi) sont des émanations directes. Bien sûr, il y avait des différences, surtout dans les franges dures des mouvements musulmans et arabes: les mouvements ultra-religieux rejetaient l'idéologie raciale (ce qui n'empêchait pas l'adhésion à l'antisémitisme racial des nazis; voir le rôle de Sayyid Qutb) et refusaient de considérer Hitler, un non-musulman, comme un modèle. Les nationalistes arabes ont nettement plus adhéré, à ceci près qu'ils ne pouvaient évidemment pas intégrer à la même hiérarchie des races :lol: qui les plaçait plutôt pas très haut. Du coup, leur trip à eux a plutôt été de reprendre tout pareil que les nazis, en foutant du tip-ex sur le mot "aryen" pour mettre "arabe" à la place :lol:. Ca va plus vite. D'une manière générale, les forces et mouvements organisés dans le monde musulman (ça ne veut évidemment veut pas dire toutes les populations, ou même la majorité d'entre elles), qu'ils soient politiques ou religieux, ont dans leur immense majorité été profondément marqués par le nazisme et/ou par les échanges avec les nazis, et ont en général été favorables à l'action, à une partie de l'idéologie et à la rhétorique de l'Allemagne hitlérienne. Ce soutien, et souvent cette adhésion, furent aussi favorisés par d'autres facteurs: anticolonialisme, anti-occidentalisme, réaction religieuse (en cours depuis la fin du XVIIIème siècle), anti-modernisme, mouvements nationaux et nationalistes, rivalités locales, désordres de l'ère post-ottomane....
  18. Voir les déclarations et prises de position du grand mufti de Jérusalem à l'époque. Et déjà, une chose est connue: on sait qui iles autorités nazies et musulmanes, surtout du Proche Orient, ne pouvaient pas blairer.
  19. Au niveau des pouvoirs locaux, c'est pas que "parfois". Mais globalement, on ne peut pas reprocher ça à Poutine. Je suis loin d'être un fan, mais il a hérité d'une situation, il ne l'a pas créé, et son but premier, c'a a été et c'est encore de rétablir l'Etat russe. Outre les critiques sur les méthodes de pouvoir et le régime, on peut certainement mettre en cause nombre de choix économiques du pouvoir, mais on ne peut lui imputer le plus gros de l'état économique du pays, qui est une donnée qui ne se change pas en 3, 4 ou même 10 ans. Les richesses sont réduites à l'échelle de la taille du pays et de la population, l'Etat n'a pas un contrôle gigantesque sur les acteurs économiques gros et surtout moyens (même si la première partie du "règne" poutinien a été de mettre au pas les plus conséquents): les phénomènes de concentration des richesses sont durs à juguler dans un si court laps de temps. On est quand même dans le cadre d'un pays de facto peu régulé/régulable. Les inégalités extrêmes de richesses et plus encore la concentration extrême de celles-ci sont sans doute, avec la démographie, le plus gros problème de la Russie, mais ce serait une erreur de croire que c'est facile à juguler: les logiques de pouvoirs qui sous-tendent cet état de fait ne sont pas forcément tellement à l'avantage du pouvoir central dont le seul vrai recours non opposable est la violence. Quand vous voyez un oligarque, une grande fortune, un potentat économique/politique mis à mal par des moyens ouvertement coercitifs, ou mourir bizarrement, ou subir un procès rocambolesque et une mise à bas, ce n'est que l'aboutissement d'un long affrontement qui n'a pas laissé d'autre choix. Quand un Etat, hors un totalitarisme/régime autoritaire extrême, recourt à ce genre de violence arbitraire, c'est qu'il n'a pas beaucoup d'autres moyens, ce qui est généralement plus un aveu de faiblesse qu'une preuve de maîtrise de son pays. Mais évidemment, pour l'extérieur, il ne peut se permettre de paraître faible.
  20. Les sous-mariniers ont quand même peu l'occasion de commettre des crimes de guerre.
  21. Bouof, c'est tout plein d'électronique maintenant: aucun garagiste ne peut y triturer quoi que ce soit à part le lave-glace. Ils réexpédient direct au centre VW. Si un blindé peut pas avoir 75-80% de ses réparations (correspondant à l'essentiel des cas de dommages non majeurs) faites à l'avant, à quoi sert-il? Surtout qu'on est dans des gammes de véhicules censément basiques mais qui ne tapent plus à moins de 2 millions pièce, sauf matériel produit à une échelle gigantesque. Faut voir le Hummer dont le prix moyen, avec tout ce qu'on fout dessus, a été multiplié par plus de 10: on perd un peu la pertinence initiale du bestiau.
  22. Tancrède

    Noms des blindés français

    Ca y est!!!! J'en tiens une de série de noms à décliner pour une gamme de véhicules terrestres! Et c'est hyper consensuel et facile pour l'export! Des noms de vins et/ou de fromage :lol:! Plus c'est du musclé (piquant ou puant), plus le véhicule est lourd et méchant! Mention spéciale pour les véhicules d'artillerie, assimilés au champagne (puisqu'on dit que le champagne, en référence au bouchon qui saute, est l'artillerie du plaisir). J'insiste donc pour que le Leclerc soit rebaptisé Maroilles, Livarot ou Munster! Le futur EBRC sera le Langres (un petit vicieux qu'a l'air de rien), le Caesar sera la Veuve Cliquot, le VBCI standard sera le calendos, le PVP le caprice des dieux (parce qu'il est inoffensif et qu'avec une gueule pareille, ça ne peut que venir d'un caprice, pas d'un projet sérieux), VB2L et VBR seront St Marcelin et St Félicien (sauf ceux du 2ème hussards qui seront, eu égard au surnom des soldats du régiment, les "chaussés aux moines")....
  23. C'est sans doute l'un des premiers véhicules où l'on va devoir sérieusement se poser la question de la "rusticité" (j'emploie le terme vaguement, j'en ai pas d'autre): le fait est que l'heure d'utilisation et la complexité de maintenance de tous les nouveaux matériels est un vrai problème des développements militaires, et pas seulement par l'impact sur les coûts d'achats et de possession. Y'a t-il moyen de chiffrer l'avantage marginal obtenu par le dernier truc top moumoute par rapport aux ressources (temps, moyens, personnels, coûts) employées pour le maintenir en ligne? Un équivalent VAB 6x6 avec un refresh semblerait quand même souhaitable: un truc qui se répare avec 3 bouts de ficelle et un chewing gum, qui repart avec un coup de pied dans le bloc moteur et qui encaisse tout, ce serait un peu l'idée d'un cahier des charges pertinent. La kalashnikov des VTT quoi.
  24. Tancrède

    Arts martiaux militaires

    Je connais; comme quoi, toutes les épreuves du décathlon, comme toutes les épreuves historiques des JO, sont de fait des arts martiaux.
  25. En tant que puissance absolument dominante sur le théâtre, ils portent le gros de la responsabilité, mais évidemment, y'en a pour tout le monde; chacun veut ses règles d'engagement, son règlement, son code de conduite, ses objectifs limités.... Bref, chacun est dans sa logique. D'un autre côté, la volonté, en dépit du bon sens, de garder cette organisation et cette attitude, correspond aussi à un rejet de la logique search and destroy, qui plus est sans moyens de reconstruction corollaires, surtout celle déployée sous Bush et Rumsfeld (l'idéologue de la forcespécialisation qui fait tout) et qui a prouvé son inefficacité depuis longtemps (sachant en plus que cette logique était un réajustement politique artificiel suite au détournement des moyens initialement prévus vers l'Irak). En l'état, on ne peut tout simplement pas se permettre une sortie de théâtre sous peine d'en payer les conséquences gravement à moyen, voire même à court terme. C'est le problème d'un merdier, surtout quand on l'a fait grossir; la puanteur vous suit.
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