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https://www.justiceinfo.net/fr/146407-pourquoi-hongrie-quitte-cpi.html (12 juin 2025)

Pourquoi la Hongrie quitte la CPI

Le climat politique qui a permis ce départ de la CPI se reflète dans les rues de la ville. Sur des affiches placardées tout au long de la route menant à l'aéroport de Budapest, des images des dirigeants de l'UE et du président ukrainien sont accompagnées d'un appel direct : « Ne les laissons pas décider à notre place ! », démontrant le scepticisme profond à l'égard de toute autorité extérieure.

Mais les réflexions franches d'un député hongrois de l'opposition, présent à l'événement organisé par Epicon [initiative de dialogue trilatéral européen-palestinien-israélien], révèlent également quelque chose de plus ancien : l'amertume envers l'Occident pour ne pas être intervenu lors de la répression soviétique du soulèvement de 1956. « Nous avons alors appris que le droit international ne nous protège pas », explique un autre participant.

Il existe aussi une méfiance plus générale à l'égard des tribunaux pénaux internationaux. De nombreux Hongrois considèrent la CPI comme le prolongement du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), critiqué par beaucoup pour son inefficacité et sa sélectivité politique. L'héritage du TPIY demeure, non seulement en Hongrie, mais dans toute l'Europe centrale et orientale, où il est considéré comme un instrument de justice des vainqueurs, appliqué de manière sélective, et comme une mise en garde contre toute intervention judiciaire extérieure.

Péter Szitás, chercheur à l'Institut du Danube, un groupe de réflexion national-conservateur basé à Budapest, étroitement lié au gouvernement Fidesz et financé par celui-ci, explique que le retrait de la Hongrie ne doit pas être interprété comme un rejet de la justice en soi, mais plutôt comme un rejet d’une application sélective de celle-ci. « Le gouvernement hongrois soutient que la CPI est devenue un organe à motivation politique et souligne que l'exercice de la compétence pénale est un élément essentiel de la souveraineté de l'État », dit-il en marge d’Epicon.

Szitás insiste sur les désillusions : « Les violations impunies des normes internationales, telles que le bombardement illégal de la Yougoslavie [en 1999 par les forces de l'OTAN] ou la guerre tout aussi illégale en Irak [en 2003 par les États-Unis], offrent des exemples pertinents pour expliquer pourquoi de nombreuses personnes dans le monde ont perdu confiance dans le droit international. Tant qu'il sera possible que les tribunaux internationaux agissent avec fermeté à l'encontre de certains acteurs tout en se montrant indulgents, voire paralysés, à l’égard d'autres acteurs, il sera légitime de se demander si leur objectif ultime est véritablement de faire respecter l'État de droit ou plutôt de servir des intérêts politiques spécifiques », dit-il. « Lorsque l'Occident a violé les règles qu'il avait lui-même établies [dans les années 1990 et 2000], il a en fait codifié la violation future des normes au sein du système international. »

Le long du Danube, le mémorial des chaussures de fer, rendant hommage aux victimes juives de la terreur fasciste hongroise, est obsédant. Il crée également un cadre complexe pour la diplomatie actuelle du gouvernement. À Budapest aujourd'hui, contrairement à de nombreuses autres villes européennes, des affiches appelant à la libération des otages israéliens restent visibles. La Hongrie est l'un des plus fidèles alliés régionaux d'Israël et a toujours dénoncé le prétendu parti pris anti-israélien de la Cour.

« Je pense que le président hongrois fait partie de ces soi-disant « amis d'Israël » qui, en réalité, rendent les ennemis inutiles », confie [Mohammed Daraghma, journaliste palestinien chevronné] lors d'une conversation en aparté, commentant les conséquences à long terme de la destruction. « Il soutient l'expansion des colonies, le minage de la solution à deux États et les crimes de guerre, autant d'éléments qui ne servent en rien les intérêts d'Israël. Les colonies éliminent toute possibilité de solution politique et créent l’existence d’un seul État fondé sur l'apartheid, qui finira par nuire à Israël à long terme. »

La décision de la Hongrie en dit aussi long sur la dérive de l'Europe. L'UE s'est longtemps présentée comme la défenseuse d'un ordre fondé sur des règles, mais sa réponse à Gaza est apparue fracturée et, parfois, hésitante. Alors que des pays comme l'Irlande et la Norvège ont appelé à un engagement fort de la CPI, d'autres ont tergiversé. La Hongrie est allée plus loin en rompant complètement ses liens.

Le fait que cela n'ait pas suscité beaucoup de réactions de la part des autres États membres de l'UE est révélateur. Si le bloc ne défend pas la CPI (même symboliquement), comment peut-il prétendre soutenir le droit international ? La Hongrie n'est pas la seule à entretenir une relation sélective avec le droit pénal international. D'autres États, dont Israël, la Russie et les États-Unis, ont refusé la compétence de la CPI ou se sont activement opposés à ses enquêtes. Mais ce qui rend la décision de la Hongrie si controversée, c'est son appartenance à l'UE. Contrairement à ces pays, la Hongrie fait partie d'un bloc qui prétend respecter les normes juridiques internationales.

Selon Szitás, l'objectif de la Hongrie n'est pas de réformer le droit international public. « Au contraire, son objectif déclaré et plus explicite semble être de garantir que le fonctionnement de l'Union européenne – en particulier celui de la Commission européenne – respecte les traités fondateurs. À l'heure actuelle, ce n'est pas le cas : la Commission s'éloigne de plus en plus de son rôle de gardienne des traités et assume une fonction gouvernementale, ce qui va à l'encontre des intérêts des États membres », affirme-t-il.

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Une Hongrie très polarisée :

Marche des fiertés en Hongrie: à Budapest, une foule immense défie Viktor Orban

Une foule immense a défilé ce samedi 28 juin à Budapest dans une ambiance festive, défiant l'interdiction par la police de la Marche des fiertés. Une mobilisation record en réaction à une régression inédite des droits LGBT+ dans l'UE.

« La liberté et l'amour ne peuvent être interdits ! », pouvait-on lire sur des banderoles de la marche des fiertés de Budapest dont le cortège s'est ébranlé vers 15h (13h TU), samedi 28 juin, près de l'hôtel de ville de la capitale hongroise parée de couleurs arc-en-ciel, sous un soleil de plomb et la surveillance de la police. Les derniers marcheurs sont arrivés à destination quatre heures plus tard. Si aucun chiffre officiel n'est disponible, les organisateurs ont estimé à près de 200 000 le nombre de participants, les places et avenues le long du parcours étant noires de monde. "

.....

RFI, 28/06/2025

https://www.rfi.fr/fr/europe/20250628-à-budapest-une-marche-des-fiertés-à-l-affluence-record-défie-viktor-orban

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  • 7 months later...

https://www.eurotopics.net/fr/352847/hongrie-peut-on-envisager-la-fin-de-l-re-orban

Les Hongrois éliront un nouveau Parlement le 12 avril. Le Parti Tisza, dirigé par Péter Magyar et principal rival du Fidesz de Viktor Orbán, est donné en tête des intentions de vote par plusieurs sondages.

Si le programme électoral du parti Tisza a des traits technocratiques, c'est déjà mieux que pas de programme du tout, fait valoir hvg :

«Tisza promet pratiquement tout, de la restauration de l'Etat de droit à la relance économique, sans oublier la fin de la dépendance de la Russie pour l'approvisionnement du pays en énergie. ... Le programme semble être parfait pour séduire les sensibilités de centre-gauche, et pourrait aussi être approprié pour amorcer le développement du pays. Reste à savoir si cela suffira pour remporter des élections. Car le programme du Tisza a l'inconvénient d'être honnête, et même presque technique. ... Il est difficile pour le parti Fidesz de faire abstraction du fait que son dernier programme électoral, écrit et consultable, remonte à 2010. Une différence que Tisza ne manquera pas d'exploiter dans sa campagne.»

Il faudrait plus qu'une simple victoire pour briser le pouvoir d'Orbán, écrit Gazeta Wyborcza (Pologne) :

«La campagne électorale en Hongrie est inéquitable, car le Fidesz dispose de la plupart des ressources, structurelles et financières. Pour arriver au pouvoir, le Parti Tisza devra remporter une nette victoire. … En raison du redécoupage électoral au profit du Fidesz, le parti de Magyar devra tabler sur une avance de dix points environ pour obtenir la majorité au Parlement. Et même cela pourrait ne pas suffire pour démanteler les mécanismes qui protègent l'appareil d'Orbán. Les principales lois, comme celle qui place les actifs de l'Etat sous le contrôle de personnes loyales au Premier ministre, sont tributaires d'une majorité des deux tiers au Parlement.»

Les électeurs de Tisza pourraient nous plonger dans l'imprévisibilité, estime le journal pro-Fidesz Vasárnap :

«Si on a le sentiment que la situation est catastrophique au point que tout, y compris l'incertitude la plus totale, serait préférable, alors votons crânement pour Tisza. Si l'on n'a rien à perdre, on peut prendre ce risque. Mais si on a le sentiment que la vie est prévisible et facile à gérer, qu'on a une vision d'avenir, mieux vaut songer à ce qu'il en coûterait de détruire tout ce qui a été fait jusque-là et de repartir de zéro. … Un changement de système et de gouvernement radical ne préserve pas les bonnes choses et n'améliore pas les mauvaises. … Difficile de dire ce qui serait susceptible d'en ressortir.»

L'inamovible Premier ministre n'est plus un garant de stabilité, assure Népszava :

«Le combat ne cessera pas le 12 avril, il ne fera que commencer. Dans un système électoral hongrois particulièrement faussé et coupable de milliers de manipulations, l'identité du vainqueur n'est pas primordiale, car celui-ci sera de toute façon confronté à une nouvelle donne. … Le système Orbán est à bout et commence à se déliter. La constellation qui avait permis à Orbán d'obtenir une hégémonie inédite et surprenante – profusion de fonds européens, conjoncture économique mondiale, soutien de l'Allemagne, faible opposition – ont disparu ou sont en train de s'évaporer. Et Orbán, même s'il restait au pouvoir, n'est pas en mesure de garantir la stabilité de son système.»

Le programme de l'opposition en matière de politique étrangère est insuffisant, estime le portail Index :

«Le message le plus manifeste du Parti Tisza, c'est que le pays, sous sa gouvernance, adopterait un cap pro-européen. … Or il est difficile de dire ce que l'avenir réserve à l'Europe. … On peut critiquer la stratégie du gouvernement Orbán en matière de politique étrangère, mais on ne peut prétendre qu'elle n'existe pas, qu'elle n'a pas été élaborée ou rendue publique. … Dans un monde où l'ancien ordre des choses ne fonctionne plus et où le nouveau ne s'est pas encore formé, l'option la plus funeste pour un Etat, c'est de n'avoir aucune vision stratégique, ou de se cramponner aux règles de l'ordre ancien.»

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