Polybe Posté(e) hier à 06:45 Share Posté(e) hier à 06:45 Il y a 1 heure, g4lly a dit : Aujourd'hui tout a été regroupé en cité scolaire avec presque 2000 gamins dedans ... fini les collèges de proximité sauf à la campagne. C'est devenu de vrai zoo ... tous ... tellement ils recrutent large au college. Au lycée - général - ça a écrémé un peu, donc c'est moins pire ... mais ça fait peur quand même. Et si tu fous le nez dans les "chat" des groupes classes et autres ... c'est lunaire. Le peu de contacts que j'ai avec un enseignant et un étudiant actuellement ne me rassure pas trop en effet... Bon en même temps je me rappel que l'on dit ça de chaque génération. L'autre point, c'est que vu ce qu'on me dit, ça me rassure sur ma capacité à obtenir un emploi face à un jeune. 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
MIC_A Posté(e) hier à 07:08 Share Posté(e) hier à 07:08 il y a 8 minutes, Polybe a dit : c'est que vu ce qu'on me dit, ça me rassure sur ma capacité à obtenir un emploi face à un jeune. Tu as bien de la chance, vu que dans ce pays dès les années 2000 on considérait qu'à 43 ans et en étant super qualifié, tu n'intéressais plus personne. Le pourquoi : Trop qualifié, trop cher, trop peu "malléable" ou la "mode" dans la plupart des sociétés était de te virer plutôt que d'encadrer et "former"! il faut espérer que ça a changé, voilà un bail que je ne m'y intéresse plus mais je me souviens que mon profil chez "cadre emploi" avait été conservé et j'avais reçu des offres 10 ans plus tard, signe probable d'une évolution des mentalités dans l'industrie. 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Polybe Posté(e) hier à 07:12 Share Posté(e) hier à 07:12 il y a 1 minute, MIC_A a dit : Tu as bien de la chance, vu que dans ce pays dès les années 2000 on considérait qu'à 43 ans et en étant super qualifié, tu n'intéressais plus personne. Le pourquoi : Trop qualifié, trop cher, trop peu "malléable" ou la "mode" dans la plupart des sociétés était de te virer plutôt que d'encadrer et "former"! il faut espérer que ça a changé, voilà un bail que je ne m'y intéresse plus mais je me souviens que mon profil chez "cadre emploi" avait été conservé et j'avais reçu des offres 10 ans plus tard, signe probable d'une évolution des mentalités dans l'industrie. A prendre avec des pincettes, mais "on dit" que certains patrons, face à une jeune génération post-COVID avec des attendus un peu hors-sol commence à voir les vertue du clacissisme des quarantenaires. Ceci étant dit, ce sont peut-être des gens qui cherchent à se rassurer qui disent ça. Une histoire qui m'a été raconté : une méthode apparement apprise en école, qui consiste visiblement à faire 20 min de pause pour 40 min de travail, la recherche du télétravail, du CDD etc. Toute chose qui visiblement crispe les patrons. Je dois dire que l'attitude d'un stagiaire au boulot me laisse parfois dubitatif sur la confusion entre droits et devoirs... 4 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
Ciders Posté(e) hier à 10:06 Share Posté(e) hier à 10:06 Il y a 10 heures, Boule75 a dit : Tu noteras que ces impôts sont également payés par les parents des mômes qui - surprise ! trouvent tout à fait normal de voir les profs payés par l'état. Quant au magazine de la pénitentiaire : mystère. Très bon potentiel de dérapage hors-charte, ce genre de messages... Tu devrais suivre l'actualité. Les établissements catholiques passent souvent dans la rubrique faits divers en ce moment. Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
OCB Posté(e) il y a 19 heures Share Posté(e) il y a 19 heures On va peut-être recentrer, non ? Une interview d'Edward Stringer : Un gars qui a occupé tout un tas de fonctions dans l'écosystème militaire britannique : Révélation L'article avait provoqué un petit scandale dans les cénacles feutrés britanniques. En septembre 2024, Edward Stringer, Senior Fellow à Policy Exchange, publie avec l'historien Philip O'Brien dans Foreign Affairs un papier au titre quasi-prophétique : "Se préparer à un Otan post-Etats-Unis". Un mois avant la réelection de Donald Trump à la Maison-Blanche, les deux hommes pressaient leurs compatriotes de se préparer à l'éloignement de leur allié. De quoi choquer les Britanniques, historiquement très liés à Washington sur le plan militaire. Stringer n'est pas un inconnu dans l'écosystème militaire britannique. Ancien directeur des opérations du ministère britannique de la Défense, il a été chargé de superviser l’ensemble du spectre militaire - de la dissuasion nucléaire aux opérations extérieures. Il a ensuite dirigé le développement doctrinal des forces armées britanniques. Auditionné mardi 3 février devant la commission défense de la Chambre des communes britannique, Stringer a une nouvelle fois alerté sur les faiblesses militaires de l'Europe. Pour L'Express, il rappelle que le Vieux Continent est confronté à deux périls majeurs. A l'Est, le soutien de Pékin à Moscou dans son agression contre l'Ukraine. "La Chine a discrètement mis en place des filières d'approvisionnement vers les usines de drones en Russie. (...) Selon des sources ouvertes, 60 % de l'effort de guerre russe est financé secrètement par la Chine… Ce qui indique un soutien massif de sa part", a-t-il indiqué mardi. A l'Ouest, la nouvelle administration américaine, et son désintérêt pour l'Europe. Face à une économie chinoise de plus en plus puissante, Washington a choisi de se concentrer sur ce que les Etats-Unis considèrent comme un danger à venir, au détriment des Européens. Pour affronter cette montée des périls, l'Europe doit urgemment s'occuper de sa propre défense, insiste-t-il. Mais ses divisions internes minent pour l'instant l'avancée de tout projet d'ampleur. L'Express : Devant la commission défense du Parlement britannique, vous avez évoqué le fait que la Chine soutient désormais financièrement plus de la moitié de l'effort de guerre russe. Comment expliquez-vous cet alignement ? Edward Stringer : Nous sommes face à deux puissances non-alignées idéologiquement, mais ayant un intérêt commun : voir s'effondrer la configuration du monde telle que nous la connaissons depuis 1945. Mettre fin à ce que, nous autres Occidentaux, considérons comme l’ordre international fondé sur des règles. Un monde régi par les accords de Bretton-Woods et les institutions internationales : l'Otan, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale. C'est une alliance puissante, dont l'ampleur nous avait échappé jusqu'ici. Comment expliquer cet aveuglement ? Nous avons tendance à analyser les alliances selon l'idéologie. Avec la rupture sino-soviétique de la fin des années 1950, nous avons constaté que les deux pays n'étaient pas idéologiquement liés. Cette divergence a été accentuée par leur évolution politique. La société post-communiste en Russie est devenue une kleptocratie. A Pékin, le Parti communiste chinois garde le contrôle, dans ce qui est devenu une économie capitaliste autoritaire. Tous deux ont un intérêt direct, avec l'Iran, la Corée du Nord ou le Venezuela, à voir les institutions occidentales s'effondrer. Ce bloc est très puissant car on n'y trouve pas de schismes pour des raisons idéologiques. Il y a simplement de bonnes raisons géoéconomiques - comme le transfert d'hydrocarbures - pour lesquelles ces capitales coopèrent. Mais on ne se trouve pas seulement dans une configuration où l'Occident fait face à un seul bloc. A cette alliance s'ajoute ce que l'on appelait auparavant les "puissances non-alignées". Elles sont désormais très heureuses de pouvoir jouer contre l'Occident. Elles peuvent désormais se tourner vers l'Est et trouver un soutien financier sans avoir à recevoir de leçons sur les droits de l'homme. Ajoutez à cela un nouvel acteur : une administration américaine ayant fini par se détacher des normes et des principes de ce que nous considérons être la politique américaine civilisée. Considérez-vous l'arrivée de Donald Trump comme une rupture profonde dans la politique étrangère américaine ? Pas forcément. Il ne faut pas se leurrer : Trump n'est pas un cas isolé. Depuis Eisenhower - et notamment John F. Kennedy, dans les années 1950 et 1960 -, tous les présidents américains ont prévenu les Européens. Ils leur ont répété d'être prudents, qu'ils ne pourraient pas garantir la sécurité du continent s'ils ne se protégeaient pas eux-mêmes. Les Européens, de leur côté, ont joyeusement adhéré au monde post-1945 sans jamais vraiment analyser les chiffres. Ils ont simplement présumé que l'ordre international fondé sur des règles, le bloc occidental, et les milliards de leurs économies combinées à celles de Washington resteraient toujours dominants. Pendant ce temps, Washington a sorti sa calculette. Les Etats-Unis ont examiné la taille de l'économie chinoise et la puissance qu'elle pourrait engendrer. Ils ont conclu qu'il fallait se concentrer sur ce danger. Ils ont aussi compris qu'ils ne pourraient pas le faire si une partie de leur puissance et de leurs efforts militaires restaient consacrés à la protection de 600 millions d'Européens de l'Ouest. Ces pays qui, bien que très riches, ne déboursent que la moitié de ce que les Etats-Unis paient pour leur propre défense. Voilà les réalités très dérangeantes de notre époque. Que peut répondre l'Europe face à cette situation ? Nous avons un gros problème. L'Ouest a beaucoup de difficultés à se coordonner. L'exemple le plus frappant est celui de l'Otan. Washington a toujours été heureux de voir l'Alliance atlantique dépendre des Etats-Unis, car cela lui donnait un levier sur l'Europe. Après 1945, quand la hantise collective était de voir naître un nouveau conflit mondial né d'une guerre intra-européenne, le fait d'avoir l'influence des Etats-Unis sur le collectif était plutôt perçu de manière positive. Ils étaient un peu l'entraîneur de l'équipe Otan. Ce sont eux qui élaborent des doctrines militaires pour l'Alliance. Ils sont le pays autour duquel les autres alliés construisent leurs armées pour coller à leur stratégie. Les Français sont fiers de leurs Rafales et les Britanniques de leurs sous-marins. Sur le papier, ces équipements sont formidables. Quand vous l'enlevez, les Européens ont en théorie suffisamment de matériel militaire pour faire fonctionner l'Otan. Mais rien ne fonctionne sans la colle qui les maintient ensemble. Nous n'avons donc pas besoin des Américains ? S'il n'est que question de nombre, nous avons les frégates, les avions, les chars nécessaires pour affronter et vaincre la Russie. Mais seulement numériquement. En réalité, les Européens ne sont qu'un amas de muscles sans colonne vertébrale, sans système nerveux et sans cerveau central pour les coordonner. Pensez-vous vraiment que les Français vont laisser l'Allemagne prendre la direction de l'Otan car elle devient le pays le plus dépensier en matière de défense ? Le Royaume-Uni le voudra-t-il ? Les pays Baltes estimeront peut-être légitime de prendre la tête de l'Alliance, car ils seront en première ligne en cas de conflit avec la Russie. Regardez tout ce qu'il reste à faire : s'entendre sur les équipements, sur les formats d'armées, sur la doctrine, sur la base industrielle de défense. Tout cela, à 27 pays, voire davantage. Nous sommes tous d'accord pour dire que la défense européenne est capitale. Mais j'attends de voir cette discussion se dérouler… et, je parie, s'arrêter net. A tous les coups, un pays de l'Union européenne ne sera pas d'accord sur une disposition relative à la pêche en haute mer et bloquera les négociations sur les autres sujets ! Ensuite, il y a la question de l'industrie de la défense. Nous disons que nous devons produire. Mais aucun pays ne veut abandonner ses propres entreprises. Cela va poser un problème de standardisation des équipements. Aux Etats-Unis, il y a 33 types de frégates différentes. Chez les Européens, on en compte 179. Ce système est inefficace. Il est aussi trop cher. L'Europe pourrait dépenser autant d'argent que les Etats-Unis si elle doublait ses budgets, mais elle n'acquerrait que la moitié du matériel, car ce qu'elle achète est beaucoup plus cher. Elle a aussi une chaîne d'approvisionnement, des pièces de rechange et des munitions différentes. Nous avons 179 chaînes logistiques. Là où, comme pendant une guerre, l'Europe devrait simplifier et s'adapter, elle se spécialise et se complexifie. Pensez-vous que les Européens ont aujourd'hui conscience de l'urgence ? En décembre, j'étais à la conférence de Berlin réunissant Volodymyr Zelensky, les Européens, les émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, et les Russes. Les Américains venaient de dévoiler le plan en 28 points pour la paix en Ukraine. Pendant la conférence, les Allemands étaient profondément choqués parce qu'Américains et Russes parlaient de manière amicale d'un plan qui affecterait profondément l'architecture de sécurité de l'Europe entière. Tout cela, sans les Européens. Je pense que cet épisode a été un vrai électrochoc pour tout le monde sur le continent, surtout pour les Allemands. En septembre 2024, vous aviez évoqué la question d'un risque de rupture avec les Etats-Unis en cas d'arrivée au pouvoir de Donald Trump dans un article coécrit avec Philip O'Brien, historien à l'université de Saint-Andrews, et publié dans Foreign Affairs. Quelles avaient été les réactions à l'époque ? Après la publication de cet article, des personnes très haut placées m'ont téléphoné et envoyé des courriers très agressifs. Elles me demandaient ce que l'on cherchait à faire en écrivant cela. Comme si nous avions un agenda caché. Mais j'avais déjà entendu la thèse de cet article. Lorsque des Américains proches de Trump s'étaient rendus à Londres pour une série de séminaires, ou pour des conférences publiques. Après ces événements, réunis dans des salons privés où l'on pouvait avoir des conversations un peu plus ouvertes, ils n'hésitaient pas à être très directs sur les objectifs de l'équipe Trump. Ils étaient très clairs sur ce que les responsables de l'Heritage Foundation - le think tank à l'origine de son programme - voulaient faire : ce pivot vers la Chine, ce désintérêt pour l'Europe. En face, les Britanniques avec qui ils discutaient les regardaient, incrédules : "Mais enfin, mon cher, vous n'y pensez pas ? L'Otan, c'est avant tout la solidarité et la cohésion !". Et ils refusaient de croire ce que l'on venait clairement de leur expliquer. Mon coauteur Philip O'Brien, a eu des expériences similaires. Des personnes haut placées, là encore, qui l'appelaient pour lui demander ce qui lui prenait. Mais on n'éloigne pas ses problèmes en les ignorant. Aujourd'hui, on peut se réjouir que des réflexions commencent à émerger, comme la coopération franco-britannique sur la question nucléaire. La Pologne est aussi en train de devenir l'une des puissances militaires européennes, ce qui est très bienvenu. Un éloignement militaire durable entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni est-il réellement possible pour Londres, compte tenu sa proximité avec Washington ? J'ai été très intimement impliqué dans ce débat car j'étais l'officier des forces britanniques dirigeant la campagne libyenne. J'ai travaillé en étroite collaboration avec mon homologue français. Je me souviens d'être allé à Paris avant de partir pour la Libye à cette époque, pour voir comment nous pourrions intégrer les Français au sein du groupe des Five Eyes. La vision de Paris était que la France était tellement impliquée dans les opérations qu'elle devait de facto les intégrer. Mais je leur ai rappelé que cela induisait de tout partager avec l'alliance. C'est la contrepartie. Cela revient à révéler aux autres partenaires ce que vous êtes ou non capables de faire. Pour Paris, c'était renoncer à une forme d'indépendance opérationnelle et de souveraineté. Pensez-vous qu'un tel rapprochement avec les Britanniques soit un jour possible ? Il y a un écueil : partager avec Londres, c'est aussi partager avec les autres membres des Five Eyes. Les Etats-Unis bien sûr, mais aussi le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande. Cela va devoir changer vite, parce que Washington collecte la majeure partie de la donnée qui nourrit les services de renseignement de cette alliance. Une partie de l'Europe ne peut pas continuer à s'appuyer ainsi sur de la donnée américaine. Elle ne peut pas non plus seulement se reposer sur le renseignement français, qui ne parviendra pas à compenser seul celui de Washington. Il faudrait donc construire un outil européen, capable, à terme, de se substituer aux capacités des Etats-Unis en matière de satellites, de renseignements électromagnétiques, d'imagerie spatiale. Le Vieux Continent va devoir trouver comment exercer sa souveraineté et créer une infrastructure européenne de renseignement qui soutienne notre effort militaire. Pour cela, il faudra que le Royaume-Uni et la France revoient leurs positions respectives. Que pensez-vous de la position de Mark Rutte, qui a déclaré en substance ces derniers jours que l'Europe ne peut pas envisager sa propre défense sans l'Amérique ? Tout dépend de la fenêtre de temps depuis laquelle on parle. Mark Rutte constate que l'Europe d'aujourd'hui est une mosaïque. Tout ce qui joint ces carreaux ensemble dans une puissance militaire cohérente est Washington. Comme je l'ai déjà dit, la colle vient des Etats-Unis. L'Europe pourrait-elle la remplacer ? Absolument ! Mais elle doit se ressaisir. Nous devons interroger ce que dit Rutte. Dit-il que nous ne pouvons pas le faire ? Que nous ne pouvons pas le faire maintenant ? Ou que nous en avons la capacité mais que nous n’utilisons pas nos moyens correctement ? Sans les Etats-Unis, la structure s'effondre presque immédiatement. Mark Rutte a raison. Si nous étions réellement sérieux à propos de notre défense, si nous transformions notre pouvoir économique en un pouvoir militaire, nous sommes absolument de taille face à la Russie. Mais nous n'en sommes pas là aujourd'hui. L'Europe ne va pas aussi vite qu'elle le devrait. Les responsables politiques et militaires de l'Europe de l'Ouest sont encore figés dans les vieilles configurations du siècle dernier. Nous devons abandonner cette attitude si nous voulons aller plus vite dans la construction de notre défense. https://www.lexpress.fr/secret-defense/aujourdhui-leurope-ne-peut-pas-se-defendre-seule-le-constat-inquietant-dun-ex-haut-grade-britannique-DALWZCAYUZDSJGE35AMPJQJT4Q/ 1 1 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
GOUPIL Posté(e) il y a 19 heures Share Posté(e) il y a 19 heures il y a 11 minutes, OCB a dit : On va peut-être recentrer, non ? Une interview d'Edward Stringer : Un gars qui a occupé tout un tas de fonctions dans l'écosystème militaire britannique : Révéler le contenu masqué L'article avait provoqué un petit scandale dans les cénacles feutrés britanniques. En septembre 2024, Edward Stringer, Senior Fellow à Policy Exchange, publie avec l'historien Philip O'Brien dans Foreign Affairs un papier au titre quasi-prophétique : "Se préparer à un Otan post-Etats-Unis". Un mois avant la réelection de Donald Trump à la Maison-Blanche, les deux hommes pressaient leurs compatriotes de se préparer à l'éloignement de leur allié. De quoi choquer les Britanniques, historiquement très liés à Washington sur le plan militaire. Stringer n'est pas un inconnu dans l'écosystème militaire britannique. Ancien directeur des opérations du ministère britannique de la Défense, il a été chargé de superviser l’ensemble du spectre militaire - de la dissuasion nucléaire aux opérations extérieures. Il a ensuite dirigé le développement doctrinal des forces armées britanniques. Auditionné mardi 3 février devant la commission défense de la Chambre des communes britannique, Stringer a une nouvelle fois alerté sur les faiblesses militaires de l'Europe. Pour L'Express, il rappelle que le Vieux Continent est confronté à deux périls majeurs. A l'Est, le soutien de Pékin à Moscou dans son agression contre l'Ukraine. "La Chine a discrètement mis en place des filières d'approvisionnement vers les usines de drones en Russie. (...) Selon des sources ouvertes, 60 % de l'effort de guerre russe est financé secrètement par la Chine… Ce qui indique un soutien massif de sa part", a-t-il indiqué mardi. A l'Ouest, la nouvelle administration américaine, et son désintérêt pour l'Europe. Face à une économie chinoise de plus en plus puissante, Washington a choisi de se concentrer sur ce que les Etats-Unis considèrent comme un danger à venir, au détriment des Européens. Pour affronter cette montée des périls, l'Europe doit urgemment s'occuper de sa propre défense, insiste-t-il. Mais ses divisions internes minent pour l'instant l'avancée de tout projet d'ampleur. L'Express : Devant la commission défense du Parlement britannique, vous avez évoqué le fait que la Chine soutient désormais financièrement plus de la moitié de l'effort de guerre russe. Comment expliquez-vous cet alignement ? Edward Stringer : Nous sommes face à deux puissances non-alignées idéologiquement, mais ayant un intérêt commun : voir s'effondrer la configuration du monde telle que nous la connaissons depuis 1945. Mettre fin à ce que, nous autres Occidentaux, considérons comme l’ordre international fondé sur des règles. Un monde régi par les accords de Bretton-Woods et les institutions internationales : l'Otan, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale. C'est une alliance puissante, dont l'ampleur nous avait échappé jusqu'ici. Comment expliquer cet aveuglement ? Nous avons tendance à analyser les alliances selon l'idéologie. Avec la rupture sino-soviétique de la fin des années 1950, nous avons constaté que les deux pays n'étaient pas idéologiquement liés. Cette divergence a été accentuée par leur évolution politique. La société post-communiste en Russie est devenue une kleptocratie. A Pékin, le Parti communiste chinois garde le contrôle, dans ce qui est devenu une économie capitaliste autoritaire. Tous deux ont un intérêt direct, avec l'Iran, la Corée du Nord ou le Venezuela, à voir les institutions occidentales s'effondrer. Ce bloc est très puissant car on n'y trouve pas de schismes pour des raisons idéologiques. Il y a simplement de bonnes raisons géoéconomiques - comme le transfert d'hydrocarbures - pour lesquelles ces capitales coopèrent. Mais on ne se trouve pas seulement dans une configuration où l'Occident fait face à un seul bloc. A cette alliance s'ajoute ce que l'on appelait auparavant les "puissances non-alignées". Elles sont désormais très heureuses de pouvoir jouer contre l'Occident. Elles peuvent désormais se tourner vers l'Est et trouver un soutien financier sans avoir à recevoir de leçons sur les droits de l'homme. Ajoutez à cela un nouvel acteur : une administration américaine ayant fini par se détacher des normes et des principes de ce que nous considérons être la politique américaine civilisée. Considérez-vous l'arrivée de Donald Trump comme une rupture profonde dans la politique étrangère américaine ? Pas forcément. Il ne faut pas se leurrer : Trump n'est pas un cas isolé. Depuis Eisenhower - et notamment John F. Kennedy, dans les années 1950 et 1960 -, tous les présidents américains ont prévenu les Européens. Ils leur ont répété d'être prudents, qu'ils ne pourraient pas garantir la sécurité du continent s'ils ne se protégeaient pas eux-mêmes. Les Européens, de leur côté, ont joyeusement adhéré au monde post-1945 sans jamais vraiment analyser les chiffres. Ils ont simplement présumé que l'ordre international fondé sur des règles, le bloc occidental, et les milliards de leurs économies combinées à celles de Washington resteraient toujours dominants. Pendant ce temps, Washington a sorti sa calculette. Les Etats-Unis ont examiné la taille de l'économie chinoise et la puissance qu'elle pourrait engendrer. Ils ont conclu qu'il fallait se concentrer sur ce danger. Ils ont aussi compris qu'ils ne pourraient pas le faire si une partie de leur puissance et de leurs efforts militaires restaient consacrés à la protection de 600 millions d'Européens de l'Ouest. Ces pays qui, bien que très riches, ne déboursent que la moitié de ce que les Etats-Unis paient pour leur propre défense. Voilà les réalités très dérangeantes de notre époque. Que peut répondre l'Europe face à cette situation ? Nous avons un gros problème. L'Ouest a beaucoup de difficultés à se coordonner. L'exemple le plus frappant est celui de l'Otan. Washington a toujours été heureux de voir l'Alliance atlantique dépendre des Etats-Unis, car cela lui donnait un levier sur l'Europe. Après 1945, quand la hantise collective était de voir naître un nouveau conflit mondial né d'une guerre intra-européenne, le fait d'avoir l'influence des Etats-Unis sur le collectif était plutôt perçu de manière positive. Ils étaient un peu l'entraîneur de l'équipe Otan. Ce sont eux qui élaborent des doctrines militaires pour l'Alliance. Ils sont le pays autour duquel les autres alliés construisent leurs armées pour coller à leur stratégie. Les Français sont fiers de leurs Rafales et les Britanniques de leurs sous-marins. Sur le papier, ces équipements sont formidables. Quand vous l'enlevez, les Européens ont en théorie suffisamment de matériel militaire pour faire fonctionner l'Otan. Mais rien ne fonctionne sans la colle qui les maintient ensemble. Nous n'avons donc pas besoin des Américains ? S'il n'est que question de nombre, nous avons les frégates, les avions, les chars nécessaires pour affronter et vaincre la Russie. Mais seulement numériquement. En réalité, les Européens ne sont qu'un amas de muscles sans colonne vertébrale, sans système nerveux et sans cerveau central pour les coordonner. Pensez-vous vraiment que les Français vont laisser l'Allemagne prendre la direction de l'Otan car elle devient le pays le plus dépensier en matière de défense ? Le Royaume-Uni le voudra-t-il ? Les pays Baltes estimeront peut-être légitime de prendre la tête de l'Alliance, car ils seront en première ligne en cas de conflit avec la Russie. Regardez tout ce qu'il reste à faire : s'entendre sur les équipements, sur les formats d'armées, sur la doctrine, sur la base industrielle de défense. Tout cela, à 27 pays, voire davantage. Nous sommes tous d'accord pour dire que la défense européenne est capitale. Mais j'attends de voir cette discussion se dérouler… et, je parie, s'arrêter net. A tous les coups, un pays de l'Union européenne ne sera pas d'accord sur une disposition relative à la pêche en haute mer et bloquera les négociations sur les autres sujets ! Ensuite, il y a la question de l'industrie de la défense. Nous disons que nous devons produire. Mais aucun pays ne veut abandonner ses propres entreprises. Cela va poser un problème de standardisation des équipements. Aux Etats-Unis, il y a 33 types de frégates différentes. Chez les Européens, on en compte 179. Ce système est inefficace. Il est aussi trop cher. L'Europe pourrait dépenser autant d'argent que les Etats-Unis si elle doublait ses budgets, mais elle n'acquerrait que la moitié du matériel, car ce qu'elle achète est beaucoup plus cher. Elle a aussi une chaîne d'approvisionnement, des pièces de rechange et des munitions différentes. Nous avons 179 chaînes logistiques. Là où, comme pendant une guerre, l'Europe devrait simplifier et s'adapter, elle se spécialise et se complexifie. Pensez-vous que les Européens ont aujourd'hui conscience de l'urgence ? En décembre, j'étais à la conférence de Berlin réunissant Volodymyr Zelensky, les Européens, les émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, et les Russes. Les Américains venaient de dévoiler le plan en 28 points pour la paix en Ukraine. Pendant la conférence, les Allemands étaient profondément choqués parce qu'Américains et Russes parlaient de manière amicale d'un plan qui affecterait profondément l'architecture de sécurité de l'Europe entière. Tout cela, sans les Européens. Je pense que cet épisode a été un vrai électrochoc pour tout le monde sur le continent, surtout pour les Allemands. En septembre 2024, vous aviez évoqué la question d'un risque de rupture avec les Etats-Unis en cas d'arrivée au pouvoir de Donald Trump dans un article coécrit avec Philip O'Brien, historien à l'université de Saint-Andrews, et publié dans Foreign Affairs. Quelles avaient été les réactions à l'époque ? Après la publication de cet article, des personnes très haut placées m'ont téléphoné et envoyé des courriers très agressifs. Elles me demandaient ce que l'on cherchait à faire en écrivant cela. Comme si nous avions un agenda caché. Mais j'avais déjà entendu la thèse de cet article. Lorsque des Américains proches de Trump s'étaient rendus à Londres pour une série de séminaires, ou pour des conférences publiques. Après ces événements, réunis dans des salons privés où l'on pouvait avoir des conversations un peu plus ouvertes, ils n'hésitaient pas à être très directs sur les objectifs de l'équipe Trump. Ils étaient très clairs sur ce que les responsables de l'Heritage Foundation - le think tank à l'origine de son programme - voulaient faire : ce pivot vers la Chine, ce désintérêt pour l'Europe. En face, les Britanniques avec qui ils discutaient les regardaient, incrédules : "Mais enfin, mon cher, vous n'y pensez pas ? L'Otan, c'est avant tout la solidarité et la cohésion !". Et ils refusaient de croire ce que l'on venait clairement de leur expliquer. Mon coauteur Philip O'Brien, a eu des expériences similaires. Des personnes haut placées, là encore, qui l'appelaient pour lui demander ce qui lui prenait. Mais on n'éloigne pas ses problèmes en les ignorant. Aujourd'hui, on peut se réjouir que des réflexions commencent à émerger, comme la coopération franco-britannique sur la question nucléaire. La Pologne est aussi en train de devenir l'une des puissances militaires européennes, ce qui est très bienvenu. Un éloignement militaire durable entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni est-il réellement possible pour Londres, compte tenu sa proximité avec Washington ? J'ai été très intimement impliqué dans ce débat car j'étais l'officier des forces britanniques dirigeant la campagne libyenne. J'ai travaillé en étroite collaboration avec mon homologue français. Je me souviens d'être allé à Paris avant de partir pour la Libye à cette époque, pour voir comment nous pourrions intégrer les Français au sein du groupe des Five Eyes. La vision de Paris était que la France était tellement impliquée dans les opérations qu'elle devait de facto les intégrer. Mais je leur ai rappelé que cela induisait de tout partager avec l'alliance. C'est la contrepartie. Cela revient à révéler aux autres partenaires ce que vous êtes ou non capables de faire. Pour Paris, c'était renoncer à une forme d'indépendance opérationnelle et de souveraineté. Pensez-vous qu'un tel rapprochement avec les Britanniques soit un jour possible ? Il y a un écueil : partager avec Londres, c'est aussi partager avec les autres membres des Five Eyes. Les Etats-Unis bien sûr, mais aussi le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande. Cela va devoir changer vite, parce que Washington collecte la majeure partie de la donnée qui nourrit les services de renseignement de cette alliance. Une partie de l'Europe ne peut pas continuer à s'appuyer ainsi sur de la donnée américaine. Elle ne peut pas non plus seulement se reposer sur le renseignement français, qui ne parviendra pas à compenser seul celui de Washington. Il faudrait donc construire un outil européen, capable, à terme, de se substituer aux capacités des Etats-Unis en matière de satellites, de renseignements électromagnétiques, d'imagerie spatiale. Le Vieux Continent va devoir trouver comment exercer sa souveraineté et créer une infrastructure européenne de renseignement qui soutienne notre effort militaire. Pour cela, il faudra que le Royaume-Uni et la France revoient leurs positions respectives. Que pensez-vous de la position de Mark Rutte, qui a déclaré en substance ces derniers jours que l'Europe ne peut pas envisager sa propre défense sans l'Amérique ? Tout dépend de la fenêtre de temps depuis laquelle on parle. Mark Rutte constate que l'Europe d'aujourd'hui est une mosaïque. Tout ce qui joint ces carreaux ensemble dans une puissance militaire cohérente est Washington. Comme je l'ai déjà dit, la colle vient des Etats-Unis. L'Europe pourrait-elle la remplacer ? Absolument ! Mais elle doit se ressaisir. Nous devons interroger ce que dit Rutte. Dit-il que nous ne pouvons pas le faire ? Que nous ne pouvons pas le faire maintenant ? Ou que nous en avons la capacité mais que nous n’utilisons pas nos moyens correctement ? Sans les Etats-Unis, la structure s'effondre presque immédiatement. Mark Rutte a raison. Si nous étions réellement sérieux à propos de notre défense, si nous transformions notre pouvoir économique en un pouvoir militaire, nous sommes absolument de taille face à la Russie. Mais nous n'en sommes pas là aujourd'hui. L'Europe ne va pas aussi vite qu'elle le devrait. Les responsables politiques et militaires de l'Europe de l'Ouest sont encore figés dans les vieilles configurations du siècle dernier. Nous devons abandonner cette attitude si nous voulons aller plus vite dans la construction de notre défense. https://www.lexpress.fr/secret-defense/aujourdhui-leurope-ne-peut-pas-se-defendre-seule-le-constat-inquietant-dun-ex-haut-grade-britannique-DALWZCAYUZDSJGE35AMPJQJT4Q/ Demain la Grèce appelle à l'aide contre la Turquie qui s'empare des plusieurs iles et de Chypre , menaçant d'une attaque terrestre à partir de la Turquie d'Eupe ... qui répondra présent ? qui fera semblant ou pire essaiera de traiter ? 1 Lien vers le commentaire Partager sur d’autres sites More sharing options...
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