-
Compteur de contenus
40 099 -
Inscription
-
Dernière visite
-
Jours gagnés
17
Tout ce qui a été posté par Kiriyama
-
Augusto Pinochet : autopsie d'un dictateur
Kiriyama a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Bonjour, L'un des aspects les plus singuliers de la dictature d'Augusto Pinochet était l'alliance entre sa dictature militaire et des économistes libéraux. Lorsqu'ils prennent le pouvoir, les militaires sont bien forcés de constater la situation économiques catastrophique du Chili, due en bonne partie aux politiques économiques de Salvador Allende. Or, la plupart d'entre eux n'ont aucune connaissance en la matière et sont forcés de faire appel à des personnes extérieures de l'institution militaire. Le choix de confier les réformes économiques à des ultra libéraux serait une décision délibérée d'Augusto Pinochet qui entendait en finir définitivement avec les thèses économiques de gauche. Transformer le pays de façon irrémédiable pour "tuer" définitivement le socialisme de Salvador Allende et "purifier" le pays du socialisme. Les Chicago boys ne sont pas des Américains débarqués au Chili, mais des étudiants de l'Université catholique de Santiago qui ont été étudier à Chicago où ils ont été convertis aux thèses de Milton Fridman. Consultés par les militaires, les Chicago boys conçoivent un programme baptisé El Ladrilla (La brique) qui, d'après eux, forme un ensemble cohérent de mesures qui doivent être toutes appliquées simultanément. Il s'agit en l'occurrence d'une politique de décentralisation extrême, d'ouverture au commerce extérieur, de réduction des dépenses publiques, la liberté des prix, la modération en matière de création monétaire... De leur côté, les universitaire libéraux n'ont pas réellement de scrupules à collaborer avec la junte. Pour eux, le Chili où le peuple n'a plus voix au chapitre et ne peut plus s'opposer aux décisions gouvernementales, est un terrain d'expérimentation parfait pour leur doctrine économique. Il se pourrait également que les Chicago boys aient calculé à long terme et pensaient déjà à un futur après-Pinochet : celui d'un Chili libéral économiquement et politiquement. Pour eux, la libéralisation de l'économie devait finir par amener la démocratie. Les Chicago boys doivent toutefois faire face à l'opposition du monde économique chilien et de certains militaires, mais Milton Friedman vient visiter Santiago en 1975, ce qui marque le triomphe de sa vision économique. L'économiste américain écrira également une longue lettre à Pinochet pour l'encourager à poursuivre ses réformes. Assez curieusement, Milton Friedman encourage aussi Pinochet à prendre des mesures pour protéger... les plus pauvres. Après une chute du PIB, le rebond économique est rapide et le Chili connaît une croissance rapide à partir de 1976 qui ne cessera d'augmenter jusqu'en 1982, date de la crise économique qui touche toute l'Amérique du Sud. Toutefois, le Chili y résiste plutôt bien et continue de connaître une croissance des plus respectables qui se poursuivra même après le départ d'Augusto Pinochet. De façon cruelle, bon nombre d'opposants à Augusto Pinochet seront obligés de reconnaître cette réussite économique au dictateur chilien... Mais cette modernisation et cette croissance économique va s'accompagner de sérieux inconvénients. Le système de retraites, basé sur la capitalisation, exclura pratiquement la moitié des Chiliens, incapables de cotiser à une assurance pension privée. Il sera fortement amendée sous la présidente Bachelet en 2008. Avec le régime Pinochet, les Chiliens découvrent un phénomène nouveau pour eux : la corruption massive. Jusque-là, les présidents chiliens et leurs proches ne s'étaient jamais enrichis personnellement. Ce sera loin d'être le cas sous Augusto Pinochet puisque ses amis, sa famille et les militaires profiteront de la situation. Bon nombre d'entreprises privatisées sont en fait achetées par des proches du pouvoir, avec des prêts accordés par des banques qui savent qu'elles font une bonne affaire en s'associant avec les fidèles de Pinochet. De fait, il y aura de nombreuses privatisations "obscures" : absence d'appels d'offres, sous-évaluation de la valeur réelle des entreprises…Certains petits fonctionnaires vont ainsi devenir parmi les plus grosses fortunes du Chili. De même, les embauches dans les grandes entreprises ou la fonction publique se feront davantage au "piston" que sur les compétences réelles des candidats. Les militaires chiliens mettront également à profit des voyages aux Etats-Unis pour faire de petites affaires qui se poursuivront bien après la chute du régime Pinochet. Plusieurs avions cargos chiliens en provenance des Etats-Unis se poseront au Chili avec les soutes remplies de biens divers (meubles, alcool, électroménager, montres de luxe…) présentés comme du matériel militaire… ce qui évite de devoir payer les frais de douane. Les militaires chiliens feront également "affaires" lors de la guerre de Yougoslavie. Un avion de transport parti de Santiago est saisi à Budapest en juin 1990 avec une soute remplie d'armes à destination de la Croatie... alors sous embargo. L'un des suspects, le colonel Gerardo Huber, menace alors de raconter tout ce qu'il sait sur les trafics des militaires... avant de disparaitre. Son corps n'est retrouvé qu'en 1991 avec une balle dans la tête. A noter l'existence des célèbres "Pinochèques" (trois chèques d'une valeur d'un million de dollars chacun) donné par la dictateur à son propre fils pour l'aider dans une transaction commerciale. Les affaires de corruption personnelles touchant Augusto Pinochet vont d'ailleurs amener bon nombre de ses admirateurs à réviser leur opinion au sujet de l'ancien chef d'Etat. -
Augusto Pinochet : autopsie d'un dictateur
Kiriyama a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
@ARMEN56 Oui, l'île de Dawson avait servi de camp de concentration pour les populations indigènes, notamment les Selknam . -
Aucune idée, mais les civils autour ont bien l'air asiatiques.
-
Là au moins ce n’est pas un problème de conception. Mais que ça arrive une fois je peux encore l’imaginer, mais à une telle échelle c’est hallucinant...
-
Je me demande quelle serait la complexité d’une telle modification. Techniquement je pense que le Rafale est le choix le plus logique. A mon avis, c’est lui qui sera sélectionné.
-
Les jeux vidéo et le réalisme des armes, des combats...
Kiriyama a répondu à un(e) sujet de starpom dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Bonsoir, Grosses ristournes sur la saga Far Cry sur Steam, jusqu'à -60%. Ainsi, Far Cry 4 est à 11€ et je pense me laisser tenter, car je n'y ai jamais joué. -
Merci ! L'architecture du cockpit a quand même bien évolué : taille et emplacement des écrans, encore des commandes et interrupteurs physiques sur le prototype...
-
Revue DSI
Kiriyama a répondu à un(e) sujet de kedith dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
-
L'Armée Royale de Terre Marocaine
Kiriyama a répondu à un(e) sujet de Giovanni-M dans Afrique / Proche Orient
C'est déjà prévu que les AR-15 devienne l'arme standard de l'armée marocaine ? -
Tu veux dire le Mirage 2000 ? Oui, il était crédible, mais il me semble avoir lu qu'il avait été écarté car son remplaçant (le Rafale) était déjà en développement. Le MiG-29 a été essayé, et le pilote suisse avait même publié son expérience, mais je ne retrouve plus le site... Mais on lui reprochait quand même son avionique effectivement d'un autre âge, la très faible durée de vie de ses moteurs, sans compter qu'au niveau politique, il aurait été difficile de l'acheter.
-
Maintenant, j’y ai repensé justement et je ne pense pas qu’à l’époque il y ait eu d’alternatives au F-18 pour la Suisse. Le F-15 est bien plus lourd et plus cher et le F-16 inutilisable dans des hangars enterrés. Chez les Européens, le Typhoon n’existe qu’à l’état de projet, le Rafale est encore en développement et c’est la même chose pour le Gripen. L’autre solution aurait été d’acheter des avions très aboutis (Mirage 2000 ou SAAB Viggen), mais on sait déjà à l’époque que leur remplacement est dans les tuyaux. Autre possibilité, une modernisation profonde des F-5, mais est-ce qu’ils auraient tenus jusqu’à aujourd’hui ?
-
Oui, c'est très intéressant. J'aime bien aussi le fait qu'il insiste sur une masse minimum critique. Vouloir faire avec trop peu, même avec des avions performants, n'est pas viable à long terme (usure des avions, maintenance, pertes éventuelles sur accident...). Très intéressant aussi, le commentaire de Florence : A ce niveau, je pense aux Typhoon autrichiens (mais aussi allemands je crois), dont les structures sont assez fragiles avec de nombreuses criques.
-
Augusto Pinochet : autopsie d'un dictateur
Kiriyama a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Bonjour, Dans les prochaines mises à jour, j'aborderai l’économie sous Augusto Pinochet et cette alliance entre une dictature militaire et les Chicago boys, ainsi que la politique étrangère. Notamment les relations complexes avec l’Argentine et la guerre des Malouines dans laquelle le Chili jouera un rôle déterminant. -
Augusto Pinochet : autopsie d'un dictateur
Kiriyama a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Bonjour, Le sujet est à peine abordé dans le livre et je le développe ici : le camp de travail forcé de l'île de Dawson. Cette île dans le détroit de Magellan est située dans l'archipel de la Terre de Feu, au sud Chili, et a servi à la détention de certains détenus politiques, généralement des ministres de l'ancien gouvernement Salvador Allende. L'île se caractérise par son isolement rendant la communication avec le reste du pays très compliquée, et par un climat très inhospitalier. Selon un rapport de la Croix-Rouge internationale daté de 1974, elle abritait 99 prisonniers politiques condamnés aux travaux forcés et qui vivaient dans des conditions misérables. La prison fut fermée moins d'un an plus tard, et les prisonniers transférés dans un autre lieu de détention. Il y a assez peu d'informations sur le vécu des prisonniers dans ce camp, et ce qu'on en connaît vient essentiellement d'un livre écrit par un ancien détenu, Sergio Bitar intitulé Dawson Ile 10. Un camp de concentration sous Pinochet. Il existe également un film basé sur ce livre, et qui retrace le parcours de ces détenus, mais très peu de documents d'époque. D'après lui Sergio Bitar, les gardiens ont eu des attitudes assez ambivalentes avec les détenus. Certains se montraient très brutaux et rigides idéologiquement avec un sentiment de revanche qui se traduisait par des comportements violents, alors que d'autres ressentaient une réelle gêne face aux traitement infligés aux détenus. -
C'est assez hallucinant, je ne pensais pas qu'un avion aussi lourd pouvait être secoué comme ça. On dirait qu'il plane complètement comme un avion en papier…
-
Merci ! Bizarre le cockpit du YF-23, même avec ses écrans il fait fort vide. C'est difficile d'imaginer à quoi cet avion aurait pu ressembler une fois arrivé à maturité. Pour le F-22, j'ai trouvé ceci… On dirait un bricolage fait dans un garage.
-
Augusto Pinochet : autopsie d'un dictateur
Kiriyama a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Bonsoir, Le régime d'Augusto Pinochet s'est distingué par la cruauté et la férocité de sa dictature. Le livre revient sur les raisons et la méthodologie d'une telle violence et , pour ma part, je ne vous donne que les grandes lignes. Il semblerait que le penchant pour la violence d'Augusto Pinochet vienne de son besoin de s'affirmer parmi les autres leaders de la junte. En effet, il est un participant de la dernière heure et souffre au départ d'un manque de crédibilité parmi ses pairs. Augusto Pinochet aurait tenté d'affirmer son autorité en se montrant d'une grande brutalié. Si au départ il doit composer avec les autres leaders de la junte, il se retrouve vite seul au commande. Un juriste, dont il est très proche, rédige un décret le proclamant "Chef suprême de la nation". Ses collègues ne prendront connaissance de ce texte que quelques minutes avant qu'il ne soit voté et s'y opposent, surtout Gustavo Leigh qui jusque-là était le membre le plus en vue du groupe. De rage, Augusto Pinochet frappera de la main sur la table en verre et le fera voler en éclats ! Intimidé, tous (y compris Leigh) signent le texte. Les premières violences commises par la junte sont assez désorganisées et le fait de conscrits poussés par leurs officiers. Mais ensuite, la violence se développe de façon systémique et organisée. Ce sera le cas avec la sinistre "caravane de la mort", un escadron spécial dirigé par le général Sergio Arellano Stark qui sillonnera le Chili pendant plusieurs jours dans un hélicoptère Puma. Cette "caravane" fait le tour des prisons où sont détenus les opposants et se charge de leur exécution, généralement de façon extrêmement cruelle. Augusto Pinochet renforce son pouvoir avec la création de la DINA (Dirección de inteligencia nacional ou Direction nationale du renseignement) dont il confie le commandement à son ami, le général Manuel Contreras. Cette violence se montre terriblement efficace, puisque les forces de gauche sont quasi entièrement anéanties et ne parviendront à s'organiser qu'en exil. L'un des aspects les plus singuliers de cette "guerre contre le marxisme" est la coopération entre tous les pays du "cône sud", tous dirigés par des dictatures militaires. Ces pays créeront l'opération Condor en 1975, sorte de "Mercosur de la terreur" selon les termes d'un journaliste brésilien. Il s'agissait d'une coopération en matière de renseignements, mais aussi d'actions directes (enlèvements, assassinats...). De nombreux opposants d'un régime sont ainsi arrêtés dans un autre pays où ils étaient partis se réfugier. Parmi les actions les plus marquantes de la DINA figurent l'assassinat de l'opposant Orlando Letelier, à New-York lorsque la bombe posée sous sa voiture explose, ainsi que la tentative d'assassinat à Rome de Bernardo Leighton, un ancien ministre de Salvador Allende. Lui et sa femme sont grièvement blessés, mais survivent à leurs blessures. L'assassinat de Letelier marquera la fin de la DINA qui, sous pressions américaines, est démantelée. A noter que la CIA s'inquiètera très vite de la brutalité du régime d'Augusto Pinochet et avait prévu de "couper les ponts" avec la junte chilienne. Mais les archives déclassifiées de la CIA montreront qu'un "ensemble d'agences gouvernementales américaines" l'obligera à poursuivre cette collaboration. A noter que la dernière victime de l'opération Condor sera un de ses participants. Un chimiste chargé d'élaborer des poisons pour la DINA du nom d'Eugenios Berrios fut cité à comparaître en 1991 devant un juge chilien qui enquêtait sur les crimes de la junte. Il est exfiltré discrètement vers l'Argentine, puis vers l'Uruguay. Persuadé que ses anciens patrons vont l'éliminer, il s'échappe en 1992 et se réfugie dans un commissariat de police. Les lieux sont toutefois vite investis par des militaires uruguayens et emmené de force. Son corps est retrouvé en 1995, avec les os brisés, les mains et les pieds coupés et deux balles dans la nuque. Un légiste confirmera qu'il s'agissait de Berrios et estima sa mort à début mars 1993. Eugenio Berrios a donc encore vécu plusieurs mois entre son enlèvement au commissariat et son assassinat. -
Celui-ci ? On dirait un avion de la Seconde Guerre mondiale.
-
Quand je fais des recherches sur le cockpit du YF-23, je trouve plusieurs photos, parfois très différentes...
-
Suisse : politique intérieure et extérieure
Kiriyama a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
J'espère en tout cas que les responsables de cette magouille vont prendre très cher... Et non, la Suisse n'en profitait pas nécessairement vu qu'elle n'était pas propriétaire de l'entreprise. Ce n'est pas elle qui recueillait les informations ainsi volées. Il reste à savoir quels autres secteurs les Etats-Unis peuvent avoir infiltrés... C'est un vrai cancer ce pays. -
Armes miracles et foireuses (parfois les mêmes) du Troisième Reich
Kiriyama a répondu à un(e) sujet de loki dans Histoire militaire
Il y avait chez quelques généraux allemands, l'idée de basculer sur une sorte de "super-guérilla". Arrêt de la construction d'engins coûteux et complexes, et miser sur des systèmes d'armes simples mais efficaces comme le Hetzer, les Panzerfaust, etc. Mais finalement, les solutions plus complexes (comme les Jagdpanther ou Maus) auront toujours les faveurs des décideurs, avant que la situation industrielle désespère n'oblige à se rabattre sur des armements basiques. De façon anecdotique, notons l'emploi de chars lance-flammes (Flammpanzers) par l'Allemagne. Apparemment, ce type de chars était une des "passions" d'Adolf Hitler qui a beaucoup insisté pour leur développement, probablement marqué par ses souvenirs de soldat de la Première Guerre mondiale. Le Flammpanzer II était basé sur un châssis de Panzer II et embarquait un lance-flammes d'une portée de 25 mètres. Employés lors de Barbarossa, ils se montreront peu efficaces : portée insuffisante de leur arme, blindage trop faible... Ils sont retirés du front dès 1942. -
Armes miracles et foireuses (parfois les mêmes) du Troisième Reich
Kiriyama a répondu à un(e) sujet de loki dans Histoire militaire
Il y a en effet assez de livres et d'articles qui expliquent bien l'aberrante gestion économique et politique du IIIe Reich que pour comprendre qu'une telle (dés)organisation ne pouvait pas durer bien longtemps. -
Augusto Pinochet : autopsie d'un dictateur
Kiriyama a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Histoire militaire
Bonsoir, Sur l'exercice et la prise du pouvoir... Les chefs de la junte ignorent qui va prendre la tête de la présidence. Finalement, il est décidé de l'attribuer à Augusto Pinochet, car l'armée de terre est la plus ancienne institution militaire chilienne. Dès la prise de pouvoir, les militaires avaient prévu de mettre en place une présidence tournante, comme la junte brésilienne. Augusto Pinochet parviendra toutefois à convaincre ses collègues qu'une telle présidence ne manquerait pas de déstabiliser la tête du pays, si bien qu'il a fini par rester aux commandes. Pour soigner leur image, les quatre commandants militaires assistent à une messe à l'église de la Gratitud Nacional. Au cours de cette cérémonie, un photographe hollandais du nom de Chas Gerretsen arrive à prendre Augusto Pinochet en photo de face. Un voisin de Pinochet lui avait conseillé d'enlever ses lunettes de soleil, ce à quoi il avait répondu : "Je suis Pinochet". Cette image sera pour les années à venir le "visage" peu amène du régime. Très vite, les militaires chiliens tentent de convaincre le reste du monde du bien-fondé de leur coup d'Etat, mais sans grand succès. De fait, le régime est très vite isolé sur la scène internationale. Néanmoins, cet isolement va souder les nombreux partisans chiliens du coup d'Etat autour de leurs leaders. Le 18 septembre 1973, les militaires présentent un étrange document. Il s'agissait d'un plan visant à décapiter l'armée et l'opposition au sein du gouvernement Allende. D'après ce qu'affirmait ce document, les principaux chefs militaires opposés à Allende devaient être assassinés. Appelé Plan Zeta, ce projet aurait été conçu par les fidèles de Salvador Allende. Toutefois, les archives de la CIA déclassifiées des années plus tard affirmeront qu'il ne s'agissait que d'un outil de propagande du gouvernement Pinochet pour justifier le coup d'Etat et aucune preuve contrainte de l'existence d'un tel plan n'a jamais été apportée. Néanmoins, à l'époque, les principaux soutiens du régime militaire ont cru à sa véracité et le gouvernement Pinochet a pu l'utiliser comme instrument de propagande pour renforcer sa légitimité. La prise de pouvoir d'Augusto Pinochet s'accompagne de la suppression de la Constitution de 1925. La loi martiale entre en vigueur, les assemblées parlementaires fermées, les partis de gauche interdits, les médias censurés... Lorsqu'il prend le pouvoir, Augusto Pinochet et sa famille voient leurs vies fortement changer. Néanmoins, les deux premières années, ils essaient de garder une vie proche de celle qu'ils avaient avant le coup d'Etat, afin d'envoyer une image de simplicité au peuple. Le couple Pinochet vit encore avec ses deux plus jeunes enfants : Marco Antonio (16 ans) et Jacquelines (14 ans). Malgré sa prise de pouvoir, Augusto Pinochet gardera des goûts simples et confiera plusieurs fois à ses proches sa peur de ne pas être à la hauteur. Sa femme, Lucià, issue de la haute société chilienne, ne manque pas de sermonner son mari sur ses goûts. Elle l'accablait également de reproches pour diverses raisons, et Augusto Pinochet gardait toujours le silence. "Je préfère affronter une brigade d'infanterie sur le champ de bataille que mon épouse" confiera-t-il à un de ses proches. Mais dès 1976, le couple Pinochet va augmenter son train de vie (notamment en déménageant) et vivre assez luxueusement. A noter Lucià Hiriart était en très bon terme avec le chef de la DINA (services de renseignements) qui l'informe des complots réels ou supposés dirigés contre son mari. Elle prête aussi une grande attention à la fidélité conjugale des officiers et membres de la junte et dénonce les infidèles à son mari qui les destitue ou les éloigne. Lorsque le chef de la DINA est dissoute et son chef muté à un poste subalterne, Lucià Hiriart est furieuse et quitte la maison pendant deux semaines. Un point très intéressant de la vie du couple Pinochet est la relation qu'il aura avec ses deux plus jeunes enfants, Marco Antonio et Jacquelines. Ils sont adolescents quand leurs parents prennent le pouvoir et vivent sous la surveillance de gardes du corps. Jacquelines aura une aventure avec un des gardes et multipliera les flirts, ce qui lui vaudra d'être traitées plusieurs fois de "putain" par sa mère. En revanche, Augusto Pinochet pardonnera toujours tout à sa petite dernière pour laquelle il avait une affection particulière. Les deux enfants connaîtront une scolarité médiocre et ne termineront jamais les hautes études qu'ils entreprirent. Marco Antonio sera un garçon à problèmes. Un soir, alors qu'il a 17 ans, il conduit sans permis une voiture et a un accident qui entraîne la mort de sa passagère, Natalia Ducci. La sécurité étouffera l'affaire en jetant le corps de la jeune fille dans une carrière. -
Il me semblait qu'il avait quand même revu leurs investissements dans la Défense à la hausse. Le Typhoon pourrait recevoir un petit coup de pouce bienvenu.