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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. La posture courageuse, mature, noble et intelligente est de pas la ramener, de regarder ailleurs, de se boucher les oreilles et de chanter (fort) "lalalalalalalalalalala". Et ensuite de répondre au téléphone en disant qu'on est dans une série de tunnels. Ou un très long, au choix: la langue diplomatique ne manque pas de variété et de parades habiles. Mais en attendant, on peut beaucoup parler, on n'a en fait aucune idée du niveau de résolution de l'AS, des moyens qu'elle est prête à mettre en jeu (et ce dont elle dispose réellement), ni du niveau de réslution du Qatar. Pour ce qu'on en sait, l'émir du Qatar est peut-être déjà prêt à tout céder, si un arrangement confortable pour sa personne, sa situation (émir-marionnette, ça peut être sympa), son compte en banque et sa famille, peut être trouvé. Ou peut-être est-il prêt à inviter la totalité des Pasdarans pour un séjour de villégiature. Quels moyens de pression non militaires les Séouds peuvent-ils encore utiliser pour faire monter le ton graduellement, à ce stade? Le problème de la gesticulation militaire (genre aligner des brigades à la frontière), c'est qu'elle se distingue mal de la politique de la cannonière, vue d'en face, ce qui conduit à se mettre en défense, à créer une situation de fait conflictuelle, et à se mettre en définitive à la merci d'un geste malheureux, d'une connerie de bas étage. Son autre problème est qu'elle lance un compte à rebours, et par là place auteur et cible dans une situation où se dédire, reculer, c'est perdre la face, où on ne peut qu'humilier ou être humilié. Le nouveau prince-à-tout-faire a t-il le sang si chaud, est-il si sûr de lui qu'il est vraiment dans ce genre de trip où il pense que mettre ses couilles sur la table va lui faire tout emporter? Est-il possible que, tout en haut de la complexité d'un système de gouvernement, ce genre de posture d'enfant gâté qui veut aller trop vite et est persuadé d'avoir toujours raison, soit ce qui emporte la décision?
  2. Je note la nouvelle (et ne la critique pas: c'est un fait brut), mais j'ai surfé le site..... Comment dire..... C'est un truc de propagande saoudienne? Chaque article que j'ai lu était littéralement une "puff piece" élogieuse sur tout et n'importe quoi en Saoudie. Et les articles sur MbS étaient de la pure hagiographie sentant encore le jus d'arrière-train du nouveau prince héritier, dégoulinant de la bouche -et de la plume- des rédacteurs (que je n'appellerai certainement pas "journalistes").
  3. Ajoute, dans l'Ambassadeur des Ombres, la petite Laureline qui se laisse bien bercer par les prostiputes métamorphes déguisés, pour l'occasion, en éphèbes grecs. Ses mains ne sont pas dans sa poche. Mais c'est bien connu: c'est sexiste uniquement quand les mecs le font, c'est tromper uniquement quand les mecs le font. Pfff, c'est trozinjuste!
  4. Brrzzzzzzz..... Fait la déchiqueteuse de documents du Quai D'Orsay.
  5. Sous réserve que l'AS se montre vite prête à renoncer à la majorité de ces demandes pour n'en favoriser clairement que quelques-unes auxquelles elle tient réellement, ce dont je doute vu la formulation et le caractère outrancier et hostile de ces items, ce n'est pas une liste qui est faite pour calmer les choses: c'est volontairement fait pour être intolérable et pousser le Qatar à la faute. Parce que céder même sur une petite partie de ces trucs est de facto une soumission totale, sinon même une annexion de fait. Problème des Qataris: z'auraient mieux fait de plus investir dans leur défense et une notion plus solide de citoyenneté (genre adopter le modèle milicien du peuple en armes), et moins dans des trucs chers et voyants dans d'autres pays. Vont faire quoi maintenant? Appeler le PSG à la rescousse?
  6. Vu chez Rachel Maddow: quelques chiffres intéressants à prendre en compte si on veut réellement jauger de la réalité de ce que représentent les élections aux USA, notamment à l'aune de la vulnérabilité du processus à des acteurs hostiles (comme dans le cas actuel de la polémique sur le rôle de la Russie) et/ou à des manipulations politiques intérieures. Les USA, ce sont un peu plus de 3000 comtés: pourquoi est-ce important? Parce que les comtés, et plus encore, leurs subdivisions électorales (les districts électoraux) sont les subdivisions essentielles des élections américaines: les 9000 et quelques districts électoraux sont de facto le principal échelon opérationnel du système, avec les comtés derrière qui ont quelques fonctions importantes dans l'organisation et le financement, et les Etats qui ont quelques attributions (de nettement plus loin). Ce qui fait que quand on parle des "élections américaines", on ne parle pas d'un processus national comme chez nous (rationalisé "par le haut" dans une certaine mesure), mais bien de 9000 processus différents, essentiellement indépendants les uns des autres. Plus de 9000 organisations devant organiser, financer équiper.... Le processus. Soit pour l'immense majorité d'entre elles, de petites organisations souvent sous-budgétées (volontairement ou non), manquant de main-d'oeuvre, d'expertise, de savoirs-faires.... Et avec des obligations imposées par le haut sur certains domaines (des obligations parfois intéressées, motivées par divers intérêts, comme l'équipement pour le vote électronique). Quand la sécurité informatique d'une élection est mise en jeu par un acteur extérieur, c'est donc juste l'infrastructure d'un petit comté qui peut avoir à faire face à un déchaînement de moyens comme ceux employés par l'Etat russe. Ca remet quelques patates au fond du sac. Je trouve.
  7. Non, mais celui qu'il vient d'évincer, et qui a aussi beaucoup de sang et de saleté sur les mains, l'a eue, lui. Donc pour MbS, ça va sans doute pas tarder. Vous croyez quoi? Que la Légion d'Honneur a encore une quelconque valeur?
  8. Yup, merci.... Avais la flemme de chercher (même pô honte).
  9. Je ne sais plus où est le post que j'avais fait sur ce sujet, mais la proportion de la population qui a, dans la pratique, la capacité de figurer dans un processus judiciaire (et au moins un peu correctement), même sans aller jusqu'au procès, est ridiculement basse (rien d'étonnant, vu le niveau du revenu disponible moyen). Même pour les procédures criminelles, où il y a des avocats commis d'office, la représentation est à peine plus qu'une blague: les budgets sont bien trop petits pour offrir autre chose que quelques heures, parfois quelques minutes, d'un avocat surchargé, capable ou non, qui ira directement négocier un deal en plaidant coupable d'office (que le client soit coupable ou non, mais faut bien alimenter le lobby des prisons privées en séjours payants.... Aux frais de la princesse publique), et ces budgets dépendent des Etats. Dans les faits, l'accès au système judiciaire, "l'égalité devant la loi" (le "justice for all", censément une maxime du serment d'allégeance que prêtent tous les écoliers et immigrés), est une vaste blague: peut-être 20% de la population peut se faire correctement représenter (ou à peu près correctement), et une bonne partie devront s'endetter pour ce faire. Mais surtout, cela rend la simple menace d'actions judiciaire, ou la simple perspective d'une confrontation avec quelqu'un qui peut indifféremment se payer une procédure, outrageusement dissuasives. Quand on en arrive à ce stade d'inégalité d'accès à la justice, on tombe dans ce que décrivait Foucault, à savoir que le système judiciaire est juste un moyen de contrainte du bas par le haut.
  10. Tu crois que c'est son seul yacht? Et pour la note, assez indicative du personnage, faut voir l'intérieur de son 747 privé (et le fait qu'il en ait laissé sortir des clichés): Faire un peu de mécénat avec des bourses ici et des donations pour les arts là, c'est la règle, ça coûte pas vraiment cher à ce genre de portefeuille, et, dans un système profondément clientéliste comme la société saoudienne, c'est la norme: on cultive des fidélités en restant un patron actif, et c'est exigé par le rang. A part ça, il semble être un enragé exportant les problèmes intérieur de l'AS, il a lancé le pays dans une guerre-bourbier très chère et dont son image peut gravement pâtir si elle n'est pas remportée visiblement, et son plan de réformes économiques (analogue à tant de projets pharaoniques passés de ce pays.... Autant de grands gaspillages de fric) est un copié-collé du rapport demandé à McKinsey par l'Etat saoudien, qui présente le même genre d'arnaque générique des idéologues universitaires façon consensus de Chicago qui ne se préoccupent pas des réalités du pays étudié et balancent la même sauce générique et déconnectée en facturant à l'heure. Crédibilité?
  11. Sur le changement de prince héritier, j'essaie encore de prendre la dimension de ce qui ressemble de prime abord à une guéguerre de palais avec juste un nom qui remplace l'autre, alors qu'en fait, il s'agit d'un séisme familial pour les Séouds, politique pour le pays, et géopolitique pour la région/le monde: père et fils, s'ils arrivent à tenir le régime, sont là pour peut-être une soixantaine d'années, ce qui veut dire que le niveau de visibilité sur la gouvernance est sans précédent, étant donné que ce changement s'accompagne d'une modification des règles de succession, traduisant entre autres choses une "monarchisation" du pouvoir plus traditionnelle (pour les monarchies), aux dépends de la forme plus "tribale" de transmission et de gestion des goodies du pouvoir au sein du vaste clan Séoud. Il n'est pas dit que la ribambelle de princes soudain privés d'attributions n'aient pas un max de capacité de rétorsion, ni que le clergé se la boucle face au nouvel héritier et à ses ambitions de grand changement et d'autoritarisme accru sous couvert de "modernité" et de "transparence" dans la forme. Le tout continuant à exister sur fond de problèmes budgétaires, de reculs coûteux de Ben Salman sur certains changements (primes des fonctionnaires, prix de l'eau et de l'énergie....), d'un pays qui n'a toujours pas de ressources fiscales (bénefs pétroliers = budget de l'Etat et de ses subdivisions, plus pactole à partager entre princes, factions féodales et clergé) et d'une population qui a vu son niveau de vie décroître en continu depuis maintenant 2 décennies (moins de goodies, moins d'allocs....) et n'aime pas ce qui lui est annoncé (et ils ont peu de recours pour agir) hors d'une petite "classe supérieure" de professionnels et étudiants plus ou moins occidentalisés qui attend beaucoup de ce nouveau patron. Dans ce contexte, je suis tombé sur ce tableau. J'ai hésité à le mettre sur le topic "pétrole", mais je le mets pour la cantonnade ici. Un comparatif illustratif, si on garde une réserve due au fait que le FBOP n'est pas un indicateur 100% fiable, et dépend en partie des besoins et attentes -variables, modifiables- des parties concernées: Autre réserve, ce tableau date de la fin 2015, soit avant que l'AS entre dans sa période de forte dépense sur le cas yéménite (une estimation que j'ai vue est à plus de 220 millions/jour).
  12. Tancrède

    Nanas au combat

    Il faut quand même, il me semble, limiter la pertinence des comparaisons avec le domaine du sport de haut niveau: les compètes de super-athlètes restent de brefs moments où l'on se lâche totalement, où on met tout ce qu'on a jusqu'à la ligne d'arrivée au nom de la performance maximale, souvent au mépris de ce qui peut arriver, comme le rappellent les éléments susmentionnés sur les accidents en ski (et apparemment nettement plus chez les filles que chez les garçons). Le domaine militaire ne repose pas sur les mêmes calculs de performance optimale/maximale, d'encaissement du stress et de ses effets physiques et psychologiques (un environnement radicalement différent de la compète) et de résistance dans la durée (usure surtout), ce dernier point favorisant encore plus les hommes (résistance à l'usure et à l'effort long -et sous charge lourde-, au stress, plus de "réserve de puissance"....). Des athlètes certes souvent surhumains, dans des disciplines aussi définies, présentent souvent l'inconvénient d'être des lames trop affûtées pour une tâche extrêmement précise, révélant surtout des qualités spécifiques à leurs épreuves de prédilection, beaucoup plus que l'ensemble de qualités plus génériques nécessaire pour le bon "cocktail" qui fait un soldat. Dans quelle mesure ces athlètes sont-ils des révélateurs, dans quelle mesure sont-ils des fausses pistes, là est mon point.
  13. Sylvie Goulard est une "pure" Européenne, dans le genre mentalité post-nationale, et c'est une politicienne, pas une gouvernante. Ce qui semble l'intéresser en ce moment, c'est: - la possibilité qui commence à se profiler de remplacer les sièges britanniques au Parlement par des sièges "non nationaux" d'élus de tous les pays-membres redevables à aucun pays, mais à des partis trans-européens - prendre autant de contrôle possible de ce qu'il reste du MoDem ou, à défaut, les élus sur lesquels elle pourra mettre la main - avoir la peau de Bayrou et DeSarnez (qui font des cochoncetés ensembles, selon une rumeur de longue haleine), dont il est connu qu'elle ne peut pas les encadrer depuis trèèèès longtemps, ce qui la fait régulièrement revenir à la charge contre eux La seule force politique de Goulard est au Parlement européen, où elle est connue comme étant l'un des seuls vrais "dealmakers" (la qualité/pertinence des deals obtenus est une autre affaire.... Notamment d'opinion): elle manque de poids à Paris, et là, elle fait comme Marion Maréchal (qui prend ses distances par rapport à tantine et surtout Philippot qui va disparaître en faisant des crasses), se retirer pour se blanchir pendant la tempête, et mieux revenir après comme seul poids lourd du quartier encore disponible. Mais faut pas faire d'erreur sur cette dame: c'est une passionaria européiste qui se foutrait complètement de brader la BITD (ou de connaître sa valeur réelle et son positionnement) du moment que ça lui permet de négocier quelque chose à Bruxelles qui est pour elle le seul centre qui compte. Si elle s'est barrée, bon débarras, faut surtout pas la laisser revenir même quand la poussière des déchirements interne du (futur défunt?) Modem sera retombée. Heureusement, le score du parti réalisé dimanche, et celui d'En Marche, leur font perdre beaucoup d'importance. Pour le fait de sa démission par rapport au Salon du Bourget, mon avis à deux balles est qu'il faut pas chercher trop loin: la plupart de ces gens n'ont rien à foutre de leur domaine d'emploi, un ministère ne leur servant que de jeton politique et plate-forme/multiplicateur de force pour "jouer le jeu". Je ne crois pas que le Salon ait été, même pour une seconde, un facteur jouant à aucun niveau dans la prise de décision. Elle n'en a rien à battre; là, c'est le jeu de pouvoir dans le Modem/les réseaux relationnels du Modem qui compte, et l'image qu'elle essaie de se tailler, rien d'autre. Encore une fois, du point de vue des Armées, BON DEBARRAS.
  14. Tancrède

    Nanas au combat

    Je ne suis pas assez expert pour observer les grandes et petites choses dans les parties "militaires" de ces vidéos, mais dans l'ensemble, j'ai plus l'impression de mater des étudiantes faire de la télé-réalité qu'autre chose.
  15. Dans les faits, et vu le fonctionnement de la politique et de la justice américaines, surtout au niveau local/multilocal (l'échelon fédéral n'ayant qu'un pouvoir limité: on y a recours que sur demande dans la majorité des cas, donc il faut que ça remonte la chaîne, ce qui est lent et difficile pour les gens de peu de moyens), ces types ont toute latitude pour être bien plus que des patrons: ce sont de véritables autocrates locaux, des barons-brigands de la pire espèce qui achètent toutes les complicités possibles, et dont l'impunité est quasi totale, surtout dans les Etats les plus vulnérables aux pots de vins, ceux qui sont peu peuplés et pas très riches, ce qui est souvent le cas (mais pas toujours: voir une des mines de Murray dans l'Illinois) des Etats miniers, typiquement pas mal de ceux des Apalaches, du Midwest/Rocheuses, du nord.. La structure socio-économique tend à y être nettement plus pyramidale (ce qui est beaucoup dire dans une Amérique qui s'est vachement "verticalisée" de ce point de vue depuis 40 ans), avec peu de mobilité sociale (moins que la moyenne d'un pays qui est désormais en queue de peloton de l'OCDE sur ce plan), et les rapports sociaux bien plus (encore plus) clientélistes, quasi féodaux, ce que les structures de pouvoir de la vieille "dixiecratie" dans le sud illustre au mieux. Mais pour la rémunération, je crois qu'il faut signaler que, dans le cas de Murray, il est proprio aussi, et Blanckenship est/était un actionnaire important, et un "joueur" poids lourd qui faisait bien plus que gérer un business, étant impliqué au plus haut point dans les réseaux d'influence des Etats où sa boîte était implantée (surtout la Virginie Occidentale).
  16. Voir aussi le cas de Carly Fiorina à HP, désormais moins défendue depuis que ses campagnes électorales successives l'ont plus exposée. Sinon, voir l'émission d'Oliver d'hier soir, sur le cas particulier de l'industrie du charbon aux USA, rendue iconique et hautement politique par Donald Trump.... Avec des personnages particulièrement peu savoureux dans le rôle des PDG de cette activité.
  17. Pour aider à continuer de mieux tracer les contours réels de l'Amérique comme j'essaie de le faire régulièrement, et à s'éloigner des clichés et apparences du pays: https://www.bloomberg.com/news/articles/2017-06-12/america-s-health-care-crisis-is-a-gold-mine-for-crowdfunding Près de la moitié des fonds levés par crowdfunding concernent des dépenses médicales de citoyens américains sans aucun autre recours face aux coûts absurdement élevés des assurances et frais médicaux, à la faible couverture par les mêmes assurances dans la majorité des contrats, aux durées limitées de couverture, à l'absence encore très récurrente de couverture pour nombre de gens.... Cette proportion est appelée à rapidement augmenter, qu'Obamacare soit démoli par le Congrès ou non: les entreprises de crowdfunding constatent que cela fait déjà un bail qu'il s'agit là de leur principal secteur de croissance, et celui qui garde les prévisions les plus élevées, tant et si bien que d'autres plates-formes, comme Facebook lui-même, se lancent dans le business. GoFundMe avait levé 2 milliards de dollars pendant la période d'une étude de NerdWallet sur le sujet: 930 millions étaient pour de telles levées de fonds médicales. Ces entreprises prélèvent entre 3 et 7% des sommes levées, plus 30 cents par transaction: on comprend l'intérêt. On peut imaginer les tragédies en ligne, et l'aspect assez peu ragoûtant du business, en moyenne, couvert par quelques jolies histoires. Une cartographie du crowdfunding: A peine plus de 10% de ceux qui essaient atteignent leurs objectifs; en moyenne, les demandeurs obtiennent 40% de ce dont ils ont -souvent vitalement- besoin. Même au Canada voisin, où le système de santé est souvent vanté (enfin, aux USA), ce besoin existe aussi, et la demande est loin de trouver suffisamment d'offre. Qui plus est, c'est évidemment un modèle vicié, où ceux qui se démarquent sont les cas les plus exceptionnels, souvent caricaturaux, et dont les messages sont mieux vendus (bref, à qui fera la meilleure "pity party"). Comme au cinoche, c'est la course aux cas anormaux et à la sur-dramaturgie qui l'emporte, soit une affectation de ressources déjà très limitées selon des ressorts plus irrationnels et le poids du sensationnalisme. On peut être mélodramatique et parler de "marchandisation de la souffrance", et on n'aura pas tort pour autant. Certains pensent cependant que l'argent disponible va assez rapidement baisser, devant la "banalité" de ces demandes sans nombre: il y aurait, si cet avis est juste, une période d'engouement et de compassion, mais loin d'être à la mesure du phénomène, et qui ne durera pas face au raz de marée permanent. Seul Kickstarter se tient à l'écart du marché, pensant qu'il bousille le business model du crowdfunding par un effet de vampirisation des autres levées de fonds (genre avoir une demande de fric pour faire un film à côté d'une pour sauver un enfant malade). Rappelons aussi le contexte général; la première cause de banqueroute aux USA, de très loin, réside dans les dépenses de santé. 2/3 des banquertoutes leur sont dues, soient autour de 640 000 par an (représentant entre 3 et 4 fois plus d'individus, puisqu'évidemment, quand ça frappe, toute une famille mange), ce qui renvoie, plus largement, autant à des problèmes des coûts de santé (couverture, coûts des soins et assurances) que de revenus (travail/chômage et précarité, niveaux des salaires, faiblesse du revenu disponible). Par ailleurs, autour de 60 millions d'adultes (près de 25% des 19-64 ans) sont en difficulté quotidienne grave chaque année à cause de dépenses médicales passées ou présente. Le problème concerne aussi nombre de ceux qui ONT une assurance, le débat en général s'attachant à ne cibler que la dichotomie assurés/pas assurés: la majorité des couvertures santé sont au mieux partielles, souvent médiocres, et même beaucoup de ceux qui sont assurés d'une couverture à l'année (pas si fréquents) ont des problèmes (10 à 15 millions). Rappelons à cet effet que 75% des adultes ayant un emploi vivent de fait de salaire en salaire, quasiment sans revenu disponible ou possibilité de mettre de l'argent de côté: avec un revenu médian par foyer tournant autour de 50 000$ (insuffisant pour vivre et avoir une famille dans la plupart des agglomérations conséquentes), les possibilités de faire face à une situation médicale un peu grave, exigeant beaucoup de dépenses non prises en charge par l'assurance (un fait générique aux USA), sont limitées, et induisent quasi automatiquement une spirale d'endettement souvent destructrice (entre autres parce que les organismes de cartes de crédit, bien représentés au Congrès, sont très abusifs et intouchables). 15 à 17 millions de gens videront leurs économies pour essayer de couvrir la facture médicale chaque année, et 10 à 15 millions d'autres ne pourront payer (et/ou devront s'endetter) pour payer les basiques (loyer, bouffe, électricité...). Et c'est sans compter sur les comportements adoptés en réponse à cette situation structurelle: 30 millions de gens, par exemple, ne suivent pas les prescriptions du médecin pour éviter la dépense, et (je l'avais cité plus haut) nombre d'autres revendent les médocs (opiacées surtout), favorisant le trafic.
  18. Tancrède

    Nanas au combat

    Ce que j'aimerais savoir, c'est la réalité de la féminisation vue par les troupes des diverses armées: privilèges de facto et/ou de jure, grands et petits, qui différencient les recrues (corvées, vitesse d'avancement, performances exigées, fréquence des blessures et impact sur la dispo....), mais aussi rapports humains (y'a t-il du ressentiment? Le sentiment que les choses sont imposées par "le haut"? Y'a t-il plus intégration ou ségrégation?), impact sur l'esprit de corps.... L'exemple israélien est très illustratif, mais incomplet en raison des spécificités d'une armée de conscription et par nature "casanière", qui plus est avec un service long, qui permet de mieux voir la réalité des choses dans la durée, mais se compare imparfaitement à une armée pro ET expéditionnaire. D'autre part, je me demande souvent dans quelle mesure le fait de surpeupler les services "de l'arrière" avec les "féminines" et d'autres recrues pas forcément aptes au déploiement est vertueux. Je m'explique: auparavant, il me semble qu'on réservait au moins une partie de ces jobs aux vétérans (vu que la reconversion du combattant est disproportionnellement une gageure dans nos sociétés pacifiées), ce qui offrait une perspective de carrière longue et donc donnait un certain niveau d'attractivité et de motivation permettant de garder plus longtemps les plus méritants. Certes, on tend à recruter du plus qualifié aujourd'hui pour ces postes dont la technicité a pu augmenter, mais la civilianisation de "l'arrière", la mode de la vision managériale pour toutes choses, ont créé leur lot de complications, de bureaucratisation.... Qui ne semblent pas avoir favorisé une rationalisation des effectifs et de leur gestion, en plus de faire venir des masses de jargon et des logiques de baronnies administratives pires que ce qui a pu exister avant. Et ces tendances ont aussi nettement plus coupé la partie administrative/soutien du ministère et des armées, de la partie opérationnelle. Je mets cela dans le sujet sur la féminisation parce qu'elle me semble faire partie du phénomène, à la fois cause, conséquence, symptôme et "byproduct". Des avis?
  19. On sait ce qu'il en est si l'on tient compte de l'énorme endettement des entreprises du secteur? D'après ce que j'ai pu voir ici et là, la soi-disant "energy revolution" des années 2000 à 2014 aux USA s'est faite au prix d'emprunts fantasmagoriques (j'ai vu jusqu'à 3,5, voire 4 trillions mentionnés), soit une véritable bulle qui, depuis 2014, se dégonfle et/ou attend de craquer. Vu la tendance plutôt récente des pétroliers (surtout les petits, moyens et entrants récents) à faire moins de cash au regard des investissements nécessaires lourdement croissants, je me demande dans quelle mesure cela change les calculs.
  20. Pour le Chili aussi. Il y a de la légitimité dans l'argument, mais il faut noter qu'il y a une rancoeur d'une certaine partie de la gauche (une partie très faible aujourd'hui: la plupart de gens de ces courants d'idées sont morts, grabataires ou plus qu'un peu aux fraises) pour des motifs plus politiques: Allende-le-socialiste vs les méchants fascistes. Cette gauche-là a tendance à fortement idéaliser le souvenir du défunt leader et à omettre pas mal de trucs. Il y a certes de la vision dans ses motivations, mais il y a aussi beaucoup d'ego, et le genre de personnalité qui va avec de telles carrières: des animaux comme ça ne décrochent JAMAIS, tant qu'ils sont capables de respirer. Et Kissinger est un peu comme Chateaubriand en son temps (qui était aussi très impliqué en politique, rappelons-le): il se croit mourant quand on ne parle plus de lui, et il n'aime pas ça. "Dear Henry" n'est pas connu pour être une personnalité modeste. Je recommande la lecture de son "opus magnum", Diplomatie (la traduction est très correcte, mais attention, c'est un méga pavé): outre le contenu qui est hautement intéressant si on a assez de bagage (surtout historique) pour pouvoir comprendre les références et ne pas devenir esclave de sa façon de voir l'histoire qu'il raconte, le style et la vision qui président à l'analyse donnent une bonne idée de la personnalité de l'auteur..... C'est un vaniteux plus qu'un tantinet démiurge. Il est un poids lourd de l'histoire récente, et il le sait vraiment un peu trop bien. Aller voir Poutine, c'est à mon avis surtout une façon pour lui de se dire qu'il "existe" encore, qu'il compte, et qu'il pèse quelque chose dans la nébuleuse que sont les cercles de décision de la politique extérieure américaine.
  21. Tancrède

    Nanas au combat

    L'armée israélienne ne se "déploie" pas vraiment: c'est une armée de conscription, taillée pour la défense territoriale. La plupart des unités, même dans le pire scénario, combattront "à domicile", jamais loin de bases en dur. Pour ce qui concerne les femmes, cette question de la grossesse est en grande majorité résolue en amont: la proportion de femmes allant faire leur service est déjà relativement réduite (la dernière fois que j'avais regardé, c'était la moitié d'une classe d'âge ou moins, faudrait que je retrouve le truc), être enceinte ou planifier de l'être étant un motif d'exemption. Ca, plus les études, et il y a toute latitude pour éviter de servir, dans une armée qui a beaucoup plus de main d'oeuvre potentielle que ce qu'elle peut employer: par ailleurs, une proportion énorme des conscrits femmes (de celles qui y vont effectivement), et une très significative des conscrits hommes, ne fout rien ou presque, passant la majorité du temps sous les drapeaux en civil, à la maison, et ne "faisant" que quelques jours/semaines en uniforme après les classes (si même ils font des classes), tout comme beaucoup sont sous-employés à des tâches pas très militaires (entretien, domesticité, programmes civilo-militaires....) et souvent peu motivantes.
  22. Tancrède

    Nanas au combat

    Ma réponse t'a donné l'impression que j'étais pas d'accord? Désolé, c'était plutôt le contraire. Mais, sur un plan anecdotique, d'où vient cette idée très répandue que Serena Williams (et assimilées) se ferait poutrer par le 300ème joueur mondial? Comment arrive t-on à cette conclusion? Y'a un chiffrage, une observation, des compétitions effectives, qui ont eu lieu dans ce domaine? Ou c'est quelqu'un qui a un jour sorti ça de son cul et commencé une rumeur?
  23. Tancrède

    Nanas au combat

    Si on se place dans une optique militaire, ça veut dire 20 fois plus d'opérations à payer pour une personne, avec un temps de disponibilité effective très réduit et un haut facteur de risque..... Pas très intéressant comme recrue. Sans compter évidemment (je renvoie encore aux articles sur l'armée israélienne) la proportion plus élevée de blessures débilitantes et de séquelles lourdes, qui impliquent procès et paiements ultérieurs sur de longues périodes.
  24. Tancrède

    Nanas au combat

    Je complèterais en renvoyant aux articles pré-cités sur les réalités observées dans l'armée israélienne: entre les aspirations des quelques-unes qui veulent aller en unité de combat, et la réalité à laquelle elles sont confrontées après un peu de temps, il y a une grande marge. Infiniment plus d'usure, de blessures et fractures de stress assez vite dans les cycles d'entraînement, une proportion nettement plus élevée de blessures débilitantes, un coût médical supérieur (plus le coût pour celles qui ont des séquelles qui durent: dans Tsahal, 6 fois plus de filles que d'hommes portent plainte pour obtenir un traitement/une compensation de longue durée), une performance générale très inférieure. Et là on parle d'une armée de conscription (= échantillon d'examen vaste) où les femmes peuvent choisir ou non d'aller en unité de combat (= ce sont les plus volontaires); et même là, ce sont des unités d'infanterie spécifiques (mixtes), placées dans des zones peu dangereuses, aux exigences d'entraînement et de niveau moindres, où malgré tout, les hommes de l'unité (pas le haut du panier) performent nettement mieux tout en étant eux-mêmes loin derrière les standards des unités d'infanterie normales (entraînement moindre, faible motivation), et doivent continuer à payer pour ce que les nanas ne font pas/ne peuvent pas faire (porter plus de poids notamment). Anecdote révélatrice, qui résume beaucoup, selon le témoignage de l'officier qui publiait ces études: les mecs du bataillon Caracal planquent l'insigne de l'unité dès qu'ils sortent de la base: ça indique quoi, que ces gars aient honte de leur unité? Et dans tout ça, on ne parle vraiment que de la question du niveau individuel. Reste l'impact de la chose sur le collectif: esprit de corps et coopération en unités (ça donne quoi quand certains soldats ont des privilèges du fait de leur sexe? Ou simplement l'impact, conscient et inconscient, de la présence de l'autre sexe dans une unité? Qu'on le veuille ou non, c'est tout sauf neutre et ça change les dynamiques et rapports), perceptions en général au sein des troupes et perception de l'armée (phénomène mentionné plus haut: plus un métier se féminise, moins il attire les hommes).
  25. Tancrède

    Nanas au combat

    Et le principal critère pour un soldat, ce sont les capacités qu'il peut mettre en valeur face à la fatigue et l'usure dans des conditions de guerre, ce qui précisément tend à être un grave point faible chez les femmes, comme mentionné dans les articles cités plus haut (blessures/fractures de stress, plus de sensibilité aux infections....), sans même mentionner les capacités en moyenne très nettement inférieures. Quand à l'entraînement, rappelons un truc con: les hommes qu'on met dans l'armée s'entraînent aussi, et ils peuvent en prendre quelques doses de plus, et pour plus de résultat. L'entraînement ne réduit pas tant que ça les différences, voire les accroît: la testostérone donne plus de potentiel aux hommes, et qui plus est une progression plus rapide (ce qui est nettement plus rentable). "Plus souple, moins lourd", en quoi ce sont des avantages dans le domaine qui nous intéresse? Et surtout, si cela peut être utile, cela ne compense pas, de loin, les autres manques.
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