Aller au contenu
Fini la pub... bienvenue à la cagnotte ! ×
AIR-DEFENSE.NET

Tancrède

Members
  • Compteur de contenus

    18 697
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    166

Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. L'article ne mentionne pas un décompte des effectifs des manifestations en général ou des présents mouvements de rue en particulier, dont les groupes vus recourant aux niveaux les plus élevés de violence ne représentent même pas une partie infime. Le mouvement Euromaiden dure depuis plus de 2 mois, avec un pic d'activité dépassant à un point le demi million de manifestants en une seule fois à Kiev (et à ce pic, il y avait juste quelques milliers d'organisations de sécurité du mouvement, en très grande majorité pleinement réguliers et sans accroc à leur bilan). Y'a pas besoin de beaucoup de gens pour remplir l'espace de quelques photos, même en grand angle, un fait bien connu dans l'histoire de la propagande et des mésinterprétations. S'il s'agissait de dizaines de milliers de mecs bien préparés et activement impliqués dans des violences organisées (plus ou moins), on en serait déjà à des scènes de guerre urbaine à très grande échelle, avec soit une police débordée, soit un mouvement essentiellement écrasé, et surtout, un bilan humain dix fois plus considérable. Quand on parle d'un mouvement qui rassemble en permanence (pour l'instant) des dizaines de milliers de gens, faut quand même examiner et prendre conscience des proportions en jeu. En plus, le "look facho", c'est quoi? Un type avec un survêt et des cheveux courts? Ca risque d'être un large spectre pour juger qui est facho ou non. Svoboda représentait 10% des votes en 2012, contre 14% au mouvement de Vitali Klitschko, et pour les prochaines, les quelques évaluations disponibles indiquent une faible progression du premier (qui comme tous les extrêmes, tend à plafonner vite) et une envolée du second (qui tend vers le premier parti d'opposition, celui de Tymoshenko, qui représentait environs 26% en 2012 et nettement plus dans les projections actuelles). Ajoutes-y d'autres organisations et partis, les vétérans d'Afghanistan et l'Eglise orthodoxe, et tu as les gros bataillons des opposants. Si les pays européens doivent s'empêcher de prendre parti parce que diverses mouvances nationalistes sont dans ce tas, dont elles représentent une partie très minoritaire, il y a lieu de se demander si prendre parti en général est encore une chose légitime vu qu'il y aura toujours des gens peu fréquentables dans toute coalition/organisation. Pour ceux qui en sont fan (pas mon cas), faut-il renier la Révolution Française parce qu'il y avait des tarés chez les Jacobins et ailleurs? Des enragés dans la rue qu'on a ensuite artificiellement glorifié en les baptisant du nom pittoresque de "Sans culottes" qui a un côté attendrissant malgré le fait qu'il s'agissait de fait d'émeutiers professionnels et ultra violents? Les extrêmes sont toujours les plus visibles et ceux qui gueulent le plus fort (et ceux que les journalistes tendent à sur-représenter et auxquelles ils accordent l'essentiel de leur attention), ça n'en fait pas des majorités; c'est même généralement l'inverse: plus ils sont petits, plus on les voit. On ne remarque que les têtes qui dépassent. L'extrême droite organisée et "en place" (Svoboda en tête) au Parlement n'y a pas intérêt: les énervés chez eux sont trop cons/enragés pour savoir qu'ils n'y ont pas intérêt.... Ils en ont envie/besoin. Svoboda a signé un "pacte" de coordination avec l'opposition "modérée" (qui pèse 4 à 5 fois plus que l'ensemble de l'extrême droite), et leur intérêt est de s'afficher comme manifestants tenaces, mais globalement non violents et "victimes" d'un pouvoir abusif. Il peut y avoir un petit intérêt tactique à quelques images de débordements incitant à des réponses disproportionnées des Berkut, mais visiblement, il y a pas besoin de grand chose pour obtenir ça, que ce soit la tendance naturelle du pouvoir actuel ou celle des Berkuts eux-mêmes qui ne sont pas vraiment l'équivalent des CRS et ont une réputation bien acquise de forces violentes et très corrompues. Quand un mouvement est si intégré au processus politique, il a bien plus à perdre qu'à gagner à voir la violence dans ses rangs, surtout si son objectif, ce sont des élections.... Ce qui est le cas ici. Et les manifs Euromaiden étaient dans l'ensemble calmes et pacifiques depuis 2 mois, entre autres animées par des partis tout aussi démocratiquement élus; elles adressaient des problèmes d'abus de pouvoir et de détournement de la constitution par l'actuelle majorité, de problèmes dans le fonctionnement de la justice.... L'explosion de violence date de cette semaine, et fait suite à un véritable coup de force législatif par l'actuel président, soit un cas très précis où le forcing de lois très répressives, et qui peuvent être légitimement qualifiées d'anticonstitutionnelles, a initié une forte réaction. La dérive vers des violences plus soutenues peut en grande partie être attribuée au déroulement des événements dans la rue: action-réaction, une chose en entraîne une autre.... A une vitesse trop élevée pour que les hiérarchies des deux côtés puissent réellement contrôler. Au final, ça fait moins de 5 jours. Le problème en Ukraine est que le débat fonctionne très mal dans les institutions en place, que les pouvoirs s'équilibrent mal (avec une Justice complètement dysfonctionnelle): la conséquence directe est que tout ce qui est shunté/nié/écrasé au Parlement et dans les représentations locales (voire tempéré/nié/passé sous silence dans une presse moyennement libre) n'a d'autre exutoire que la rue. Et ça avait marché sans trop d'anicroche jusqu'à lundi. Ton raisonnement ne tient que si on a une sphère de débat (institutions et scène publique) avec contre pouvoirs, limites, processus régulés et représentation suffisante (cad incluant la prise en compte des propos tenus, pas juste du "cause toujours"), qui fonctionne un minimum correctement. C'est ce qui semble manquer en Ukraine.... D'où la rue. Une manif ne rassemble pas autant de monde, sur autant de temps et avec une telle météo s'il s'agit juste de franges d'ultra énervés qui ont (qu'ils se l'avouent ou non) un problème avec un processus parlementaire.
  2. Celui qui a le plus intérêt à la violence, celui qui a le plus les moyens d'y pousser; pas des certitudes catégoriques, mais généralement les meilleurs indicateurs. Donc le droit de résistance à l'oppression (définir à partir de quel point existe l'oppression est un autre débat.... Et très long: il dure depuis des siècles, voire des millénaires) ne peut créer que des extrêmistes?
  3. Les extrêmistes, ce sont ceux qui ont commencé un mouvement de ce genre avec la résolution d'employer de telles méthodes (et s'être organisé pour ça), et la certitude qu'il n'y a que ça qui marche; ceux qui finissent par donner dans ce registre après un long moment (ça fait quand même quelques mois qu'Euromaiden dure sans anicroche significative.... Et sans une météo aussi dure que depuis un mois), et après que la police et un certain nombre d'autres forces (contre manifs payées par le pouvoir -et pas très populaires-, agents provocateurs, groupes radicaux divers, flics en civil et police anti émeute bien brutale et lâchée sur le mouvement) ne peuvent être fourré dans cette catégorie. Désespérés, échaudés, acculés, énervés, en colère, pris dans le mouvement.... Tout ce qu'on veut dans ce registre, ça oui. Il y a un pouvoir qui a beaucoup fait pour favoriser le pourrissement, et une police anti émeute qui ne semble pas avoir un haut niveau de qualification ou s'astreindre à des codes de comportement trop poussés. Euromaiden étant un mouvement en grande partie bien organisé et ayant réussi pendant longtemps à ne pas céder à la violence, je me permets de douter qu'il s'agisse là de quelque chose de répandu dans les motivations et calculs de base, surtout quand l'intérêt bien noté du pouvoir est le pourrissement et le noircissement de l'image du dit mouvement (et que nombre d'éléments attestant de tactiques actives en ce sens ont déjà fait surface).
  4. Difficile de quantifier la place des dits militants: le seul groupe connu qui y participe ouvertement est Right Sector, qui n'est pas une formation très connue en Ukraine. On peut aussi y ajouter les supporters du Dynamo Kiev, tant qu'on y est, et les classifier comme hooligans ou fachos sans rien savoir d'eux. Le point est quand même que ces groupes, au regard des effectifs dans les rues, ne constituent pas vraiment les gros bataillons d'Euromaiden.
  5. Vu les positions en place (pouvoir et manifestants), je vois mal le président ukrainien résister à la tentation de jouer la violence et la montre, tant que les manifestants mettront en avant comme revendication première la tenue d'élections anticipées. L'endurance du mouvement ne peut être éternelle, la météo s'oppose à eux, les routes menant à Kiev peuvent être plus ou moins verrouillées/filtrées (limitant la capacité de renouvellement/renforts d'Euromaiden), les ressoucres pour tenir sont tout sauf éternelles (et l'activité économique doit continuer pour alimenter le mouvement).... Beaucoup de facteurs strictement matériels sur lesquels un dirigeant ne peut qu'être salement tenté de compter et de jouer, recherchant le pourissement, l'essoufflement, la faute qui tue.... Il a l'avantage de la position, des moyens, donc de l'endurance. Après, curieux de voir la portée qu'un tel mouvement pourra donner à son action via les médias sociaux, le reporting décentralisé (via les portables, qui permettent un suivi live non lié à quelques journalistes, et au contraire une multitude de sources).... A ceci près que les dites images et le dit suivi ont besoin d'une caisse de résonnance, ce qui veut dire une audience suffisamment importante pour non seulement voir et s'indigner (ou voir une opportunité), mais aussi se mobiliser (côté opinion) et agir (faire pression sur leurs gouvernements), et des pays suffisamment importants (par rapport à l'Ukraine) pour, avec ou sans pression de leur opinion, vouloir et pouvoir faire autre chose que des déclarations symboliques. Beaucoup de conditions pour que des pressions concrètes commencent à s'exercer sur le pouvoir à Kiev, qui compte apparemment beaucoup sur l'improbabilité de leur réunion, vu son comportement qui tend vers l'escalade, même si encore à petite échelle, et peut-être en partie due à des excès de policiers débordés et enragés, et peut-être pas vraiment au top niveau (voire activement violents/excessifs: la réputation des unités Berkuts n'est pas terrible, tant du point de vue de leur qualité que de celui de leur mentalité). On notera cependant la récurrence des actions attribuées aux "Titushkys", terme englobant un ensemble de gens opérant en appui de la police pour divers motifs (casseurs pro gouvernements ou opportunistes, hooligans, provocateurs "volontaires", policiers en civils....) mais désignant l'ensemble des participants civils (ou en civil) actifs à la violence, qui ont clairement tendu à verser dans un rôle d'agents du pourrissement et de l'excès.
  6. Le problème de l'option d'une scission est qu'il y a peu de base concrète pour en opérer une: ouest pro européen et est pro russe sont bien délimités, mais le centre l'est nettement moins, même s'il est majoritairement pro occidental/anti-russe. Sans compter que pour la Russie, une scission les prive de l'essentiel de la "buffer zone", de l'espace de profondeur stratégique qu'est dans leur esprit l'Ukraine (est-ce encore si justifié, comme vision? Côté russe, il y a aussi certains "absolus" qui devraient être réévalués). Le problème du moment reste la gouvernance (c'est ça qui aura au final un impact durable sur les anticipations faites sur le pays, et sur l'économie), et on a du mal à voir du mouvement dans ce domaine: les pourparlers sont censés être ouvert, mais les positions restent difficilement conciliables, et ont peu de chances de changer étant donné que la revendication première des manifestants est celle d'élections anticipées, alors que le président ukrainien se sent bien solidement en place, essentiellement via le soutien affirmé de la Russie.... Soutien qui est sa ligne de vie en même temps que ce qui le rend insupportable à une part si considérable du pays.
  7. Le bordel des derniers jours oui, mais Euromaiden dans l'ensemble atteint un grand nombre d'endroits depuis un moment. Qui plus est, vu la division géographique et générationnelle des opinions, le centre de l'Ukraine est un peu le point focal sur lequel les regards sont braqués: c'est là que ça se passe. Dans l'hypothèse (et seulement dans l'hypothèse) où un point de non retour, quel qu'il soit, était atteint à Kiev, c'est le genre de situation où un incendie se répand comme une traînée de foutre, comme la petite vérole dans le bas clergé, comme un tweet sur Miley Cyrus.... Et faut pas oublier l'importance de Kiev; non seulement le symbole (qui donne un capital émotionnel et un poids politique démesuré à ce qui s'y passe, faisant sur réagir les consciences ailleurs) mais aussi le simple statut de capitale d'un pays très centralisé dans son processus de décision (ce qui est une part du problème politique d'ailleurs). L'impact institutionnel et politique (et économique: rappelons que tout se passe sur fond de graves problèmes monétaires, financiers et industriels) des changements de situation qui arrivent à Kiev se répercutent de façon très sensibles et de multiples façons ailleurs; si la loi martiale ou un équivalent étaient purement et simplement décrétés par le pouvoir, tout le monde le sentirait, et l'économie aussi, et ça fait réagir, pour prendre un exemple. Si la présidence prenait des mesures dures contre tout ou partie du parlement et/ou des batches de parlementaires en particulier, l'impact dans les coins qu'ils représentent serait aussi certain. C'est un peu tout le point d'événements dramatiques dans une capitale: ils ne sont pas et ne peuvent pas être anecdotiques. Ils sont le révélateur, le crash test dans un endroit encore circonscrit, le thermomètre qui peut péter (et éclabousser l'audience) ou redescendre, la dernière étape avant la généralisation d'une issue ou une autre. Dans de tels cas de figure, une capitale, c'est le pays en miniature car tout y est polarisé; dans quelle mesure, ça dépend toujours des situations. Paris n'est pas la France, mais à certains moments, Paris a unilatéralement donné le ton à tout un pays qui a dépendu de ce qui s'y passait (et parfois, ce qui s'y passait était purement dépendant du gré des circonstances.... Du hasard et des décisions à chaud, et purement locales, de quelques personnages même de second plan).
  8. Cette polémique dure depuis que Klitschko a commencé une carrière politique: ça l'a pas empêché de devenir leader d'un parti qui monte, d'être élu député et de passer de 5 à 20% d'intentions de votes aux futures présidentielles (sondage datant d'avant Euromaiden). La réponse à la question posée par l'article est dans l'article: c'est un organe plus qu'orienté, qui a un petit problème avec la réalité, y compris celle de la justice ukrainienne; Klitschko est résident ukrainien, sinon il n'aurait même pas pu se présenter aux précédentes élections. La question est de savoir s'il l'est depuis 10 ans, et le problème réside dans le fait de savoir si un statut de résidence de fait partagée entre Ukraine et Allemagne (ce qui est son cas) sera interprété comme étant suffisant. Le point ici est que c'est devenu un homme "dangereux" pour le pouvoir, avec deux façons de le combattre; une judiciaire (et vu l'état de la justice ukrainienne, y'a sans doute encore une carte à jouer pour le gouvernement) et une médiatique (le faire passer pour "l'homme de l'étranger"). Problème: il est très populaire, c'est une icône ukrainienne (et avec lui son frère: les deux champions du monde poids lourd avec une image impeccable de boy scouts) et il a acquis son "street cred" depuis quelques mois, sans lâcher l'affaire. Savoir si c'est une faiblesse dans l'état actuel de l'Ukraine (ou dans quelle Ukraine c'en est une) est un petit peu délicat, et certainement pas matière à être catégorique. Pour l'instant, les éléments disponibles semblent attester l'inverse.
  9. La police a déjà tiré à balles réelles et tué au moins une personne ainsi. Le problème dans une telle situation est de savoir si c'est pas, police ou pas police, en soi un cas d'ouverture de la boîte de Pandore: c'est un cap franchi, qu'on le veuille ou non, et il n'y a que les plus pro-gouvernements qui peuvent balayer la chose d'un geste en disant que c'est légitime et que c'est un moyen comme un autre à sortir de la boîte à outils de la police. Les premiers morts sont un cap, celui-là en est un second. Savoir si c'est un point de non retour dépend des circonstances et de ce qui est fait de l'événement par les diverses parties prenantes.
  10. On voit des unités de police et de manifestants former des tortues, un trébuchet être construit pour balancer des projectiles lourds sur la police, des gens portant des protections corporelles complètes (y compris, ici et là, des répliques d'armures médiévales).... Si la police anti émeute s'était pas mise à tirer à balles de caoutchouc, puis à balles réelles, ce serait devenu très "reconstitution". Sans doute que certains éléments sont de la mise en scène pour attirer l'attention médiatique et créer des images marquantes (ça dit quoi sur notre époque quand des bus en flammes sont des scènes "banales" qui peuvent avoir lieu n'importe où et à l'égard desquelles l'oeil du public est assez blasé?), mais ça commence à sentir vraiment mauvais quand le président ukrainien est cité comme ayant réclamé une répression "sanglante" (texto) et convoqué une soi disant table ronde à laquelle il a dénié d'emblée sa présence. En tout cas, Vitali Klitschko s'affirme comme LE leader visible du mouvement, fidèle au poste depuis le début (et récemment vu avec la face aspergée de gaz ou de produit chimique venant d'un extincteur -apparemment utilisés comme arme anti émeute); quoiqu'il faudra peut-être bientôt séparer cette explosion des derniers jours du reste du mouvement désormais appelé "Euromaiden". En un sens, ce serait souhaitable car signalant une volonté des deux côtés d'enrayer l'escalade (et donc mettant un peu artificiellement les violences à part), même si beaucoup de personnes interrogées semblent penser que l'escalade est désormais inévitable, comme l'a déclaré il y a trois jours la jeune députée Lesya Orobets (une des "sensations" de la scène politique ukrainienne). Un autre facteur pour mesurer la force du mouvement est la température: depuis un moment déjà, on parle de manifs qui ont lieu entre 0 et -10°c: ça peut sembler trivial, mais dans l'histoire des mouvements de rue, révolutions et manifs, il faut signaler que des trucs comme la pluie et le froid sont des agents contre-révolutionnaires notoires, qui empêchent, écourtent et/ou limitent l'ampleur des mouvements de foule. Et là, la foule est toujours là, dans la durée et contre la météo. Même si le mouvement perd sa cadence et de son amplitude dans les semaines qui viennent, l'état d'esprit que cela révèle (pour un manifestant qui y va, combien restent à l'arrière en n'en pensant pas moins? Combien iraient si la météo était plus clémente?) ne peut être balayé d'un revers de mains, tant du point de vue électoral que sous l'angle de futurs mouvements quand les beaux jours reviendront.
  11. Une tragédie frappe les Etats Unis. A moins de 2 semaines du SuperBowl, les élevages américains de porc sont massivement atteints par une épidémie de diarrhée virale, menaçant drastiquement l'approvisionnement de la population dans l'une des ressources stratégiques qui permet de passer ce WE de sport par procuration: le bacon. Déjà, les prix s'envolent, l'anxiété s'affiche, la spéculation va bon train, et les propositions de substituts se multiplient.... Suspense; l'Amérique s'en remettra t-elle? Va t-elle déclencher une guerre du bacon? Envahir un pays producteur? Amender la Constitution?
  12. Tancrède

    Marine Britannique

    Le Victory est en refit depuis longtemps (si quelqu'un sait et/ou passe régulièrement dans le coin)? Ca fait longtemps qu'il est réduit à ses bas mâts? Après tout, c'est le sujet pour parler de lui: c'est encore un navire en service actif dans la RN, et il émarge en partie sur le budget du MoD qui a alloué 25 millions de livres récemment pour son fonds de soutien (en temps de vaches maigres et de batailles budgétaires parfois pour quelques centaines de milliers de livres, ça compte), auxquels s'ajoutent des donations privées. Ce montant s'ajoute aux 16 millions de livres alloués à BAE Systems pour un contrat de restauration de 5 ans; un tel contrat est étrange, vu que pour ceux qui connaissent un peu le domaine de ces vieux gréements militaires, la construction même d'un navire de ce genre coûte dans ces eaux là si ça se fait pas trop lentement (mais bon, c'est un contrat avec BAE, donc....), et là il s'agit d'un refit partiel même si c'est le plus important qu'il aura subi depuis 1805. Je veux bien qu'un 3 ponts coûte plus, mais quand même, là il s'agit de travaux partiels: ça devient un sujet sérieux quand on voit les montants, quand on sait qu'on parle du budget de la défense, et quand on voit qui est le contractant.
  13. Tu oublies quand même la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (et la Chambre de Commerce internationale elle-même), et l'associaton pour l'arbitrage international qui en résulte (et qui a créé un réseau considérable, avec infrastructures professionnelles et circuits bien en place), 2 atouts très lourds qui, avec la place bancaire de Paris, permettraient plutôt un relatif partage, concrètement un deal entre les parties prenantes qui permettrait de faciliter le lobbying initial contre la position anglaise (former un bloc qui pèse, quoi). Sinon l'Allemagne serait obligée de se démerder seule pour manoeuvrer cette position. Vu l'explosion de l'arbitrage comme mode d'auto régulation des marchés internationaux, c'est un avantage qui ne peut que croître. La CCI est un sérieux atout dans l'hypothèse d'un déplacement d'activités de la City, et le nexus de réseaux économiques, professionnels et relationnels qu'elle représente, outre ses fonctions propres en général, ne peut jamais être sous évalué.
  14. Pourquoi? Plusieurs pays non membres ont des accords similaires qui les intègrent de fait dans l'espace économique européen, pour l'essentiel (et c'est l'essentiel du steack qu'il y a à retirer de l'appartenance), et l'Angleterre est un trop gros morceaux trop proche pour être mis à l'écart complètement aussi facilement: beaucoup de circuits économiques continentaux en souffriraient, au moins à court et moyen terme, les coûts de reconversion/transition/réalignement seraient énormes, l'impact sur les anticipations économiques incalculable.... Trop d'inconnues et trop de manque à gagner à court et moyen terme pour empêcher beaucoup de grandes entreprises, d'intérêts en place (y compris ceux d'Etats.... Comme les USA), de secteurs économiques (très cartellisés de nos jours).... De faire un lobbying monstre (auprès de l'UE et des Etats membres) pour que la scission soit, sur le plan commercial/industriel, surtout théorique et bien peu réalisée dans les faits, quoiqu'en pensent les Etats et communautés politiques. La City incarne ce problème plus que tout autre domaine. Evidemment, l'intérêt national et communautaire, et la logique, voudraient que le maximum soit fait pour établir des distinctions claires afin que soit nettement posée la différence entre l'intérêt économique d'être dans l'UE et le danger d'être en dehors; mais vu que c'est pas le cas et que nombre de pays profitent des avantages sans être handicapés par suffisamment de désavantages ou payer le prix de ces avantages (on citait la Suisse), les anti-UE en Angleterre ont du grain à moudre là-dessus, et on voit pas tant de classes politiques dans l'UE ou à Bruxelles prêtes à leur donner suffisamment tort. Peut-être que le cas anglais, si la question se pointe concrètement, sera, par sa taille et son importance, l'occasion d'avoir réellement cette discussion, de la forcer sur les dirigeants européens. Mais en attendant, rien n'est fait pour démontrer et donner corps au fait qu'il y a plus d'intérêt à être dans l'UE (tant qu'elle existe et rassemble l'essentiel du continent) qu'en dehors, du moins tant que certaines nations peuvent s'affranchir de ses règles et avoir la position (avantageuse du point de vue des dits pays) de fait du parasite.
  15. La question n'est pas ce fameux "départ", mais celle des statuts qui succèderont aux actuels en cas de référendum obtenant la dite scission: si, à l'arrivée, c'est pour avoir quelque chose d'équivalent à ce qu'il y a avec la Suisse et d'autres pays, cad une intégration de fait, à quelques exceptions près, dans l'espace économique européen, les Anglais ne sentiront pas trop de douleur, surtout si un deal est conclu sur les activités financières de la City qui dépendent directement de l'appartenance de l'Angleterre à l'UE (pour la note: sans ces activités et leurs dérivées, la City n'existe plus vraiment comme place majeure). La question est de savoir si de tels accords réglant la suite de l'état des affaires entre une Angleterre indépendante et l'UE seraient conclus si la scission était décidée. Les anti UE en Angleterre se divisent en deux catégories: ceux qui ne le comprennent pas et/ou s'en foutent (côté populo, réactions émotionnelles, bouc-émissarisation, nationalisme de principe, souverainisme....), et ceux qui, cyniques ou persuadés de la chose, pensent que ces accords sont inévitables (et à "coût" pas intolérable) et que, donc, une scission sera beaucoup de bruit pour pas grand chose dans les faits. Le point crucial de tels accords, ce sont les activités financières de la City liées plus ou moins directement à l'UE et à la position du pays dans l'UE (part du lion dans la finance londonienne); et là, savoir si le lobbying financier (essentiellement parce qu'ils ont pas envie de déménager) obtiendra ces accords est pour l'instant impossible, même si la réponse n'est pas si évidente qu'on voudrait le croire. France et Allemagne cèderaient beaucoup plus difficilement qu'avant sur ce point, étant les deux destinations de rechange les plus évidentes (Francfort et Paris étant les deux plates-formes potentielles de rechange). Oui, et la comparaison est sans appel,: - le RU a un ratio bénéfice pétrolier/tête d'habitant infiniment moindre qu'en Norvège: l'impact du pétrole a été nettement moins important macro économiquement que dans une Norvège sous peuplée - le RU a en grande partie gaspillé sa rente: faible résolution des problèmes socio-économiques structurels du pays, accumulation de dette publique similaire à celle de pays non pétroliers.... Le seul point partiellement favorable est que c'est le ressort qui a permis de continuer la dépense publique de façon pas trop restreinte à diverses périodes tout en baissant les impôts (mais sans empêcher des déficits majeurs), cependant aux dépends de l'industrie du pays et d'une faible reconversion économique dans les années 70-80 - l'après pétrole n'a pas été bien géré: les déficits accumulés sont toujours là, il n'y a eu que peu de capitalisation des royalties pétrolières et peu d'usage de cet argent pour des investissements structurants, contrairement à une Norvège qui a, pour l'essentiel, toujours utilisé cet argent comme une "ressource extraordinaire" s'ajoutant au budget "ordinaire" de l'Etat (donc de l'investissement et de l'épargne nationale) qui lui n'était pas lié à cet "apport extérieur" pétrolier"
  16. Comme me l'a dit un ami (dans un autre registre.... Mais en fait pas tellement) quand il bossait au Quai d'Orsay: "si tu triches pas, c'est que tu essaies pas assez fort".
  17. Oooo, pas toujours.... Elles sont assez souvent en paires. Mais quand c'est le cas, la paire se fait neutraliser sans effort en un clin d'oeil: il suffit qu'une girl-scout les cogne, ils n'ont pas le temps de hurler. Un bémol: il arrive que le dit bras droit soit moins caricatural que ça, voire soit un type avec certains aspects corrects/"nobles" (pas un animal, juste là pour le business.....); mais quand c'est le cas, ça veut dire que quelqu'un d'autre dans l'équipe est le violeur violent, sadique, bestial et très impliqué dans son travail.... Soit un autre membre du gang (rendu un peu visible pour ce faire), soit le boss lui-même. Il s'agit moins d'un profil lié à un job dans l'équipe que d'un personnage presque type qu'on doit retrouver dans l'équipe antagoniste. Il arrive que n°2 soit plus sobre (pas de "n°2 based jokes" par pitié: on a tous vu Austin Powers). Une variante cependant; ce peut être une nana. Elle est sadique, elle a la force de 35,7 hommes, elle est complètement nymphomane, elle porte souvent beaucoup de cuir, elle fait des sourires un peu idiots que les réalisateurs pensent sensuels/bandants (souvent pendant qu'elle lèche son flingue ou son épée, ou un truc du genre), elle s'y connaît beaucoup en torture, elle se prend très très au sérieux, elle porte des tenues vraiment incongrues par rapport aux situations décrites, elle s'adonne à des pratiques sexuelles un tantinet extrêmes et souvent ésotériques, elle a zéro subtilité....
  18. Pas forcément: l'Algérie est un cas particulier. On peut énumérer les différences, mais je prendrais peut-être la plus concrètement "cynique", mais réaliste: contrairement au VN pré 1965, l'Algérie était un sujet d'actualité en France impliquant une bonne partie de la population ou, à défaut, l'opinion publique. les politiques étaient plus ou moins jugés en fonction de leur position sur l'Algérie, ce qui amène une autre part de dérive, et la population, ou au moins celle activement impliquée dans l'histoire, a sa part de faute. C'est moins une affaire de manque de contrôle que celui de l'incompétence du personnel politique (et/ou de sa lâcheté/de son hypocrisie) et des limites de la démocratie (ou franchement de toute politique et de tout régime) dans ce qu'elle peut amener comme production de gouvernance et d'efficacité. Le VN s'est fait essentiellement "dans le dos" de l'opinion américaine qui n'en savait rien et s'en foutait. Je dirais que le cas algérien est aussi une somme de problèmes, mais pas les mêmes. Des politiques mais redevables à qui et devant qui? On peut faire jouer ici aussi le "complexe militaro industriel" en tant que sphère de référence de nombre des décideurs influents de ce processus, étant donné que beaucoup d'entre eux étaient des politiques mais n'étaient pas des élus (nommés), que beaucoup étaient des politiques "de facto" mais étaient censés n'être "que" des experts (consultants, hauts fonctionnaires), et qu'un grand nombre d'élus, non élus et "experts" étaient, à des degrés divers, plus redevables à et/ou contraints par le dit "complexe militaro industriel" en tant que puissance de lobbying (carrières post gouvernement, fonds de campagne, pressions diverses....), qu'ils n'étaient contraints par les comptes à rendre à l'électorat et à la nation. Au final, on peut aller jusqu'à retomber sur le débat classique entre les experts et les élus, entre la légalité/légitimité et l'efficacité, le "gouvernement des meilleurs et le meilleur gouvernement".... Un classique dans l'histoire des idées politiques, mais j'essaie de centrer sur cet aspect particulier, moins de la décision stratégique en tant que telle que sur les tentations et dérivent qu'amènent le simple développement des outils disponibles. Un peu tout le débat sur la NSA: plus les ricains développent de joujoux, plus ils savent de trucs (mais ils savent pas forcément mieux), plus ils voient de dangers, plus ils paniquent, plus ils développent de joujoux.... Et ceux qui font les joujoux et ceux qui les utilisent sont de plus en plus ceux qui décident de quoi il faut avoir peur et combien il faut de joujoux pour calmer ces peurs (et en développer d'autres): une course sans fin et sans cesse à rythme accéléré (et insoutenable, ne serait-ce que financièrement) dictée par ceux qui ont l'expertise "tactique" et l'intérêt. C'est un peu le syndrôme de "la tête dans le guidon": plus tu regardes de près, plus tu vois de micro problèmes, et à moins de parvenir à prendre du recul, tu te perds à essayer de t'attaquer à chaque petit problème pour un rendement global (des ressources allouées) décroissant.... Et une perte totale de vue du niveau "stratégique". Au niveau d'une guerre, pour illustrer autrement la chose, c'est le moment où la guerre peut "prendre une vie propre", et où un belligérant (ou les deux) perd de vue la raison pour laquelle il fait la guerre et sacrifie tout ce qu'il a et tout ce qu'il est pour la victoire tactique. C'est un cas où le militaire sur le terrain voit et comprend mieux son problème et sa situation que ces cons de décideurs.... Mais où les décideurs voient mieux le pourquoi et l'importance relative des dits problèmes et situation de ce par rapport à l'ensemble de ce qu'il faut faire, détruire et préserver. Là, il est vrai que, dans les aspects purement pratiques, l'exemple algérien est le bon: sacrifier toute possibilité de garder une Algérie pro-française.... Pour gagner le combat contre l'appareil militaire du FLN.
  19. Végèce les connaît, mais déjà, il connaît les légions et autres unités du IVème siècle, pas les structures militaires romaines d'avant ou d'après; ensuite, c'est un politicien, un moraliste et un érudit (classe sénatoriale, à cette époque éloignée de l'armée et même des fonctions de commandement qu'elle occupait avant) qui connaît et traite le sujet comme tel, à savoir très théoriquement, ce pourquoi entre autre il s'efforce beaucoup de prescrire une "armée idéale" imaginée sur le papier et sans contradicteur, ce qui l'oppose à Ammien Marcellin, l'autre grande source de la même époque, qui est un vrai militaire monté dans le rang et ayant atteint les hauts de la hiérarchie. Outre l'encadrement de la centurie, chaque contubernium est commandé par un "decanus", le chef de groupe/chef de file, à ne pas confondre avec le décurion qui est l'équivalent du centurion dans la cavalerie (sauf dans la cavalerie organique aux légions -tant qu'elles en ont eu une- où le grade de centurion est utilisé pour souligner le caractère dominant de l'infanterie), qui commande une turme de 30h environs (l'équivalent d'une centurie: l'unité tactique élémentaire). L'évolution de l'armée romaine aux IIème et IIIème siècles amènera graduellement un changement de vocable, et ce decanus deviendra "decenari", soit le "dizenier" (chef d'une dizaine) qui se transmettra, surtout via les institutions municipales (notamment de milice) dans le Moyen Age occidental où l'organisation civile et militaire territoriale retranscrira ce modèle (centeniers et dizeniers). Le centurion deviendra lui aussi le "centenari". A noter que la partie orientale de l'empire s'orientera dès le IVème siècle vers un vocabulaire grec recouvrant les mêmes structures et grades. Pour la disposition, avant tout, faut vraiment faire attention à l'époque dont on parle: les modèles que tu proposes ne peuvent réellement exister qu'avec le "légionnaire interchangeable" des Ier siècles avant et après JC (et encore, l'évolution vers la re-spécialisation est amorcée dès le milieu du Ier siècle après JC). Considère quelques grands traits dans l'histoire de l'infanterie romaine, et plus précisément de ses unités élémentaires: - il faut 4 rangs bien coordonnés pour recevoir n'importe quelle charge: l'énergie cinétique se diffuse entièrement dans ces 4 rangs, quelle qu'elle soit. Ce point définit donc la constante de la profondeur nécessaire de l'infanterie faite pour le choc dans une unité de ligne - le contubernium a été longtemps de 6h (tant qu'a duré l'absolue domination du modèle de conscription limité au temps d'une campagne), puis est passé à 8h avec la permanence croissante des unités qu'on date symboliquement de l'époque de Marius, puis il a peut-être dépassé ce chiffre en s'installant autour de 10-11 dans l'armée du Haut Empire (post crise du IIIème siècle) puis dans l'Empire d'Orient/empire byzantin. - dans une unité de ligne, il faut garder la capacité de recevoir une charge/un choc (car "l'ordre de base" dans l'armée romaine reste un alignement assez espacé), donc non seulement de serrer rangs et files, mais de maximiser la cohésion des files et des rangs pour produire une capacité élevée de tenue au contact en ordre dense (le synaspisme, qui est l'ordre permettant des formations dites "en mur de bouclier", comme la tortue, ou le coin). La solidarité et la connaissance du contubernium reste l'une des bases de la solidité d'une file: donc la profondeur des rangs d'une unité a tendance à être définie par la façon de garder les contuberniae ensembles, soit alignés sur 6, 8 ou 10 rangs, soit en 2 files de 3, 4 ou 5 rangs. - l'un des problèmes épineux qui fait beaucoup débat est la question du relai en première ligne, l'endurance de la ligne de combat romaine étant une des clés de leur succès, avec une supposée plus grande aptitude du modèle de la période "Marius/César" à garder la fraîcheur des premiers rangs. Cependant, l'aspect concret d'un éventuel relai des rangs au sein d'une centurie est assez facilement démontré comme étant problématique: possible, mais problématique, donc difficile à implémenter au coeur d'un combat en ligne, surtout si on essaie de le réaliser à intervalles fréquents et réguliers. Les "couloirs" de 3 pieds (environs 90cm) entre chaque homme d'un même rang dans l'ordre standard sont plus réservés à l'évacuation des blessés et morts du front, à l'espacement nécessaire au combat, à l'éventuel intercalement d'archers et plus encore à laisser la possibilité aux unités (typiquement l'autre centurie d'un même manipule, au sein d'une cohorte disposée sur 2 centuries de profondeur) de se "passer au travers" pour, et là c'est nettement plus pratique, réaliser le relai des unités assurant la première ligne. Le même processus permet le remplacement des cohortes. Ne pas oublier que dans toute l'histoire militaire romaine, l'une des constantes de l'art romain de la guerre (et une particularité plus prononcée chez eux que n'importe où ailleurs) est d'insister sur l'importance des réserves et sur la profondeur des lignes plus que sur leur extension, en entendant par là la profondeur du dispositif plus que la profondeur des unités de base. La rotation des unités de base au contact minimise par ailleurs le besoin de profondeur des rangs (au sein d'une même unité de base) au plus strictement utile tactiquement (avec une petite réserve d'attrition dans chaque unité), ce qui incitera, avec la professionnalisation, à la spécialisation au sein des unités de base (maximisation de l'efficacité tactique de chaque métier dans l'unité essentielle). - le modèle dit "de Marius" repose sur une faible spécialisation et une interchangeabilité (dans la mesure du niveau d'expérience moyen dans les cohortes: une légion de cette époque ne peut fournir que 5, peut-être 6 cohortes réellement solides dans le meilleur des cas, dont 2 ou 3 très bonnes, voire excellentes) qui sont vite assez gaspilleuses de potentiel: de fait, une centurie alignant 10h de front, et donc 8 de profondeur, est de fait un modèle fait pour l'attrition, mais un modèle qui, après constat réalisé à l'usage, sous-utilise entre 1/3 et 40% de ses effectifs, ce pourquoi l'armée romaine dès Auguste tend à faire évoluer cette organisaton en changeant la composition de ce modèle, qui, tout en tendant, dans les unités de ligne, à garder le même nombre fondamental de rangs, en fera de plus en plus un mix interarmes. Ainsi, dès la fin du Ier siècle, les 2 premiers rangs tendent à se blinder de plus en plus (lorica segmentata, peut-être réservée à ces rangs, port d'une "manica" sur le bras droit, jambières, nasal sur le casque....) et à graduellement préférer la lance (jusqu'au retour en dotation permanente d'une vraie lance), les 2 suivants restent des fantassins "standard" (capacités et armements identiques, usage plus prononcé du javelot comme appui des premiers), et derrière eux s'alignent les frondeurs (sur un rang), puis une ligne de réserve de "lourds", et enfin suivent 2 rangs d'archers (soit en arrière, soit répartis sur les flancs, si la formation s'y prête) aux niveaux de blindage et d'armements différents (il y a des "archers lourds" cherchant le tir direct et se rapprochant au plus près du combat, d'autres ayant une capacité de poursuite....). Ce dernier point est vraiment visible au IVème siècle, mais se constate comme la "division du travail" normale dès le Ier siècle (avec à cette époque des soldats nettement moins spécialisés dans leur équipement), division qui reprend en fait l'organisation de la légion de modèle dit "polybien" (époque des guerres puniques et après: hastati et principes en épéistes/javelinistes, triaires en hoplites lourds, vélites en fantassins légers/appui rapproché), mais intégré à ce moment (entre autres grâce à la capacité que donnent des troupes professionnelles accumulant l'expérience en 20-25 ans de carrière) à l'échelon de la centurie.
  20. C'est un sujet large, et assez imprécis, mais il me frappe aujourd'hui via l'évolution de la nature de la violence "légitime" dans le contexte géopolitique, surtout aux USA, et il s'agit en fait ici d'examiner l'impact potentiel de moyen et long terme de l'action armée, telle qu'elle se pratique de plus en plus, sur le domaine politique: pouvoir de l'exécutif proprement dit ou de qui a la prérogative de la violence, contrôle de l'action du gouvernement, comptes à rendre, considérations sur la détermination du futur d'une nation.... Je m'explique: un récent livre américain (je cherche à retrouver la référence) s'attache à remettre en perspective la politique étrangère américaine depuis 45, et surtout sur les 20 et quelques dernières années, via ce qu'on peut légitimement voir dans l'histoire de la démocratie, du pouvoir civil (et de son contrôle sur le militaire), de l'exécutif, de l'élite politique (et économique), comme un accroissement de fait (aux dépends du droit formel) des moyens -et de la prérogative réelle par le pouvoir- d'engager la nation dans des situations pouvant "rapporter des problèmes" à un horizon plus ou moins long, voire dégénérer en guerre, sans qu'un accroissement parallèle des moyens de contrôle (par le droit, les contre pouvoirs, le vote, les corps intermédiaires) n'ait été constaté. De fait, l'auteur pense que l'un des symptômes principaux actuels aux USA, comme en son temps était pointé le désormais fameux "complexe militaro industriel", est le développement continu et exponentiel de l'USSOCOM, des services de renseignement, soit une sphère de l'Etat qui échappe par beaucoup d'aspects au contrôle traditionnel par les institutions et pousse franchement loin l'acceptation du concept de mandat non impératif, soit la confiance en les gouvernants. Cette sphère de moyens d'action clandestins/semi clandestins atteint désormais des proportions énormes et représente des moyens propres très importants: le seul USSOCOM dépasse les 80 000 personnels affectés en propre, sans compter ce qu'il induit comme autres services (disponibilité de matériels, services et unités d'autres branches....) qui ne tiennent pas à ses structures, ressources et budgets propres. Et la particularité de l'USSOCOM, des services de renseignement (et d'action) des forces armées ou non, bien au-delà des comparatifs d'unités (qui a la plus grande) ou du fait de savoir si telle unité est "spéciale" ou non, est bien que son action est "deniable". Fait du prince? Action moins contrôlée par les canaux démocratiques? Capacité d'action pleinement unilatérale de la part de l'exécutif? Le point est que plus les moyens d'agir sans contrôle, ou avec contrôle restreint, augmentent, plus, de fait, l'autorité de décision est autonome du processus démocratique, et moins elle a de comptes à rendre: pour aller vite, elle gagne du pouvoir de façon disproportionnée. Là où ça se complique, évidemment, c'est qu'à la base, le développement de ces moyens "spéciaux" répond à un besoin: la conflictualité change, la capacité d'anticipation est potentiellement meilleure (ou en tout cas plus importante) -et avec elle la tentation d'étouffer dans l'oeuf un danger-, les ennemis sont multiples et polymorphes.... On connaît ces chansons, et il s'agit de problèmes réels. Les armées sont des machines lourdes et lentes à mettre en oeuvre, il faut pouvoir agir vite et bouger tout le temps, l'Etat est plein de "paperasse" et "procédures" inefficaces qui empêchent de suivre ces problèmes et d'y répondre assez vite.... Blablabla, on connaît le topo, on l'a vu et évoqué 1000 fois ici. Et il semble qu'à force d'avoir rendu, via le système international, la guerre entre grands pays quasiment impossible (nucléaire, ONU, scène médiatique mondiale, sécurité collective, droit international, intégration économique dans des circuits mondiaux, fragilité d'une économie mondiale fonctionnant en flux tendus, règles commerciales, moyens de communication et détection donnant une "visibilité" importante, multipolarisation avec une puissance mondiale....) ou en tout cas très difficile, on a multiplié les possibilités et potentiels de nuisance de toute une autre gamme de problèmes sécuritaires qui requièrent, eux, des moyens de traitement (entre autre par la violence) qui n'ont que peu de moyens de contrôle institutionnel. Il faut donc du "souple", du "réactif", de la "liberté de manoeuvre", se "débarrasser des lourdeurs".... Bien peu d'efforts sont consacrés à envisager les problèmes CAUSES par cette façon de voir répétée à l'envi dans les discours politiques et prises de position d'experts, qui présupposent sans même le discuter que cette façon de mener une politique extérieure requiert un degré toujours plus élevé de confiance aveugle dans les décisionnaires qui prennent ensuite, au moindre questionnement, comme une offense personnelle le fait qu'on s'inquiète de leurs prérogatives et moyens toujours croissants; c'est le "on est les gentils, on sait mieux que vous, laissez-nous faire, comment osez vous en douter, vous m'insultez". Personnellement, j'appelle ça la "ligne Hoover", en référence à J Edgard Hoover qui s'offusquait qu'on puisse douter de son honnêteté et de ses intentions quand il s'autorisait lui-même tous les abus, pressurait et manipulait les élus, ne rendait que bien peu de comptes et accumulait un pouvoir personnel et des moyens bien peu démocratiques. On pourrait d'ailleurs ajouter au développement dans nombre d'Etats de tendances et moyens similaires, le développement d'une "sphère privée et semi privée" des moyens de renseignement et d'action contre des situations et problèmes sécuritaires: organismes de renseignement privés, CMP, grandes entreprises développant des moyens propres de renseignement et/ou d'action (en plus des moyens de pression sur des Etats).... Un exemple des dérives de "l'action spéciale" unilatérale pour les Américains est la guerre du Vietnam: une dizaine d'année de barbouzade, puis d'implication d'unités spéciales, sans le moindre contrôle démocratique, ont débouché sur la guerre qu'on connaît. Mais je place ce sujet dans une perspective historique pour essayer de mieux expliciter ce que j'évoque comme problèmes potentiels: la république Romaine, par exemple, a commencé par une révolution de palais d'une aristocratie avide de pouvoir qui a renversé la monarchie et essayé d'imposer au final bien peu de changements, sinon celui du patron. La plèbe a contesté et imposé des limites et protections pour le plus grand nombre, laissant cependant un domaine propre aux patriciens: la politique extérieure, domaine du Sénat. Et c'est par une politique extérieure aggressive et le recours constant à la guerre que le Sénat, au départ pas l'institution dominante de la scène politique romaine, et via lui l'aristocratie, s'est arrogé assez vite l'essentiel des prérogatives politiques de la République, et a déformé son fonctionnement institutionnel et sa structure socio-économique (prolétarisation de la population romaine, dépendance économique à la guerre et à l'expansion permanente, instabilité croissante, concentration des richesses et du pouvoir jusqu'à une bipolarisation qui, ultimement, emportera la République et imposera le Principiat -ce que nous appelons l'empire). Dans l'histoire longue de la lutte des pouvoirs au sein d'un ensemble politique (dont l'équilibre à un moment donné dans un pays donné est appelé "régime", mais reste transitoire), il me semble que l'on est dans une phase d'évolution peut-être plus rapide qui est susceptible de fausser beaucoup d'équilibres que nous considérons comme acquis parce qu'ils sont écrits en théorie dans une Constitution. Qu'en pensez-vous? Est-ce que je parviens à être clair ou vous ne voyez pas le thème évoqué?
  21. Outre les équipes de travail existant aux USA de manière permanente via la taille et l'activité du marché (et en partie aussi du aux abus manifestes du système de production et d'ententes -qui se voit au nombre de pilotes et débuts de série produits à la chaîne et pas ou peu diffusés- qui n'a pas que des inconvénients), et particulièrement dans la structure de HBO qui fait bosser en continu à peu près tous les métiers (du technique à la vente en passant par la gestion de projet), on peut quand même noter que GRR Martin lui-même, avant d'être un romancier, a fait sa carrière pour la télé et le ciné: faire un script, écrire des dialogues, et surtout séquencer la chose pour le "language" et la temporalité d'une série (story board, découpage, montage, "casting narratif"....), il sait faire, et il peut gérer les équipes qui le font. Sinon, en matière de clichés, j'émets une théorie anthropologique: j'avais déjà décrit la sous-espèce humaine qu'était l'homme de main, branche cousine de l'homo sapiens dont on se demande comment elle a tenu le test de la sélection naturelle.... Peut être le nombre? Mais le point est que je pense avoir mieux cerné l'espèce et distingué une branche nettement séparée et tout à fait autonome de l'homme de main: la sentinelle. Facile à confondre avec son cousin, la sentinelle partage en effet souvent les effectifs au service d'un méchant ou d'un gentil, d'un gouvernement ou d'une organisation non étatique, avec le dit cousin qu'est l'homme de main. Facile de les regarder comme un paquet global et de ne pas établir de différence entre les deux. Pourtant, et c'est là ma thèse (à défendre devant l'académie d'histoire naturelle), la sentinelle me semble être une espèce distincte, avec une morphologie et une physiologie différente, qui a développé une culture et une société distincte de celle des hommes de main. Evidemment les points communs sont nombreux: l'hémophilie (ils meurent ou tombent dans les vapes au moindre bobo), la fragilité encéphalique (les assommer se fait avec n'importe quel type de coup et de degré de force dans n'importe quelle position et à n'importe quel point d'impact sur le corps), les réflexes grégaires, la stupidité, l'accès à des unités militaires/policières/clandestines spécifiques (appelées "forces spéciales", mais qui, malgré le nom, ne doivent pas vouloir dire la même chose que ce que nous entendons communément par ce terme: sont-ce en fait des unités pour handicapés? Une histoire de "quota ethnique" pour ces espèces particulières?).... Pourtant, je note des différences fondamentales: - une faible mobilité: la sentinelle reste sur place quoiqu'il arrive la plupart du temps, et sinon n'est apte qu'à de petits circuits répétitifs (extrêmement, pour que les héros ou méchants puissent circuler comme ils le veulent) réalisés à pas lents - une faible capacité sensorielle: les sentinelles entendent et voient très mal, n'ont aucune vision périphérique (comme les hommes de main) et (particularité de l'espèce) une vision frontale extrêmement étroite et à faible portée. La vision nocturne est déplorable par ailleurs, et la perception du mouvement, de jour comme de nuit, est proprement catastrophique, tout comme l'aptitude à distinguer les formes et les couleurs (héros ou héroïne en fringues colorées sur fond de mur blanc = parfait camouflage) - un syndrôme de déficit d'attention chronique à l'espèce: on le remarque particulièrement dans l'usage de caméras de surveillance, dont les écrans de contrôle pourraient aussi bien rester éteints, quand ils ne sont pas purement et simplement hackés (pour faire la bonne vieille boucle vidéo si récurrente dans toutes les séries) au nez et à la barbe de la sentinelle - une coordination oeil-doigt particulièrement mauvaise, qui fait douter de la sagesse de leur confier des armes, surtout des armes à feu - dans le fil des insuffisances sensorielles: déplorable perception tactile de la chaleur/du magnétisme (ce qui fait "sentir" la proximité physique, le "radar de proximité" humain, quoi), qui autorise le coup mille fois vu à l'écran, à savoir arriver dans le dos d'une sentinelle plantée en évidence au milieu d'un immense espace vide, et l'égorger/assommer/poignarder sans qu'elle ait la moindre réaction (avec souvent des techniques d'égorgement/poignardage/frappe qui laisseraient plus de marge à une autre espèce pour faire du bruit, réagir, répliquer....). Qu'en pensez-vous? La sentinelle est-elle différente de l'homme de main (qui aurait peut-être évolué depuis l'homme de main)? Ou simplement un homme de main laissé trop longtemps à faire le poireau au même endroit et qui prend de mauvais réflexe? Sinon, dernier détail sur les séries et films antiques/médiévaux/fantasy: ce qu'on croit être des cotes de mailles, des armures ou des cuirasses de cuir bouilli (ou autre variante de protections corporelles) n'en sont en fait pas.... Il s'agit de pulls et chemises en grosse laine, ou de chemises en cuir souple. C'est logique: si c'étaient des protections de métal ou de cuir bouilli et/ou clouté, les coups de tranchant d'épées (ou d'autres armes tranchantes en fait) ne leur feraient rien. Or, ces mêmes coups passent et blessent (souvent mortellement) à tous les coups, sans même qu'il y ait besoin de beaucoup de force. Donc.... Oh! Encore un truc terrible dans le genre cliché absolu auquel on ne réfléchit pas tellement ça puise dans nos habitudes visuelles (de séries modernes): les épées utilisées comme des flingues pour tenir quelqu'un en joue! Vous lui pointez une épée dans le dos, à quelques centimètres, et hop, le gars obéit comme si il avait un flingue pointé sur lui, comme si éviter le coup était impossible (ou même difficile).
  22. Tu vois, tu colles au sujet: tu fais du sentimentalisme outrancier comme un Américain.... En allant même jusqu'à dire que "c'est le travail de toute une équipe". On est vraiment coca colonisés, à force d'avoir grandi avec la fiction américaine en livre, à la télé, au ciné et sur le net.
  23. C'est justement tout le truc: qu'il y a des gens qui te fassent croire contre toute preuve ou analyse rationelle/scientifique qu'il y a de la "compétence" dans un truc fondamentalement délirant. Faut de la compétence pour vendre du vent et garder un visage sérieux en le faisant, c'est certain, mais c'est la même chose que de dire qu'il y a des astrologues compétents, Mais bon, c'est toujours impressionnants quand ce genre de truc s'implante tellement dans une culture que la dépense semble logique et que la facture peut atteindre des sommets (avec un gratte ciel.... C'est le cas de le dire) et être intégré au processus amont de conception d'un projet, faire partie du "budget ordinaire" de nombre d'activités.... C'est comme tel ou tel politique arrivant à faire passer la dépense hebdomadaire de consultation de son astrologue: on peut admirer les nerfs d'Elizabeth Teissier (qui a coûté un max à l'Etat) au final, qui se présente comme quelqu'un de sérieux exerçant un métier sérieux.... La superstition, c'est un vrai business; demandez aux religieux.
  24. Ah, je croyais que ton avatar indiquait une évolution de tes moeurs..... Désolé d'avoir pensé le pire, mais j'ai appris sur la chaîne documentaire de grande rigueur et tenue FoxNews que tout ce qui n'était pas mariage chrétien avec sexe purement reproductif amenait à l'homosexualité, et de là à la zoophilie: apparemment, selon les chercheurs de la chaîne, c'est l'inévitable pente glissante, une loi de la nature qui explique que si le mariage gay est légalisé, cela impliquera tout de suite après une loi légalisant le mariage avec les animaux domestiques. C'est compliqué la science.... NB: si vous croyez que c'est du délire ou un hS, regardez FoxNews et les argumentaires contre le mariage gay aux USA (et pas que d'ailleurs)....Apparemment, l'homosexualité amène directement à la zoophilie ("bestiality" est l'expression usitée en anglais). Donc non, le sujet n'a pas dévié sur les tendances réelles ou supposées de Shorr Khan quand aux caniches.
  25. Ce serait tellement moins polémique si elle avait plutôt essayé de "faire un DSK" à sa domestique :-X .... Et pris un selfie sur le fait. Les gens peuvent pas avoir le bon goût de garder la paperasse prouvant leurs méfaits de nos jours? Dans les séries, y'a toujours la masse de documents planqués (mais pas trop bien, sinon les héros les trouvent pas avant la fin de l'épisode de 42 minutes) qu'on peut produire pour la scène finale où tout le monde peut ainsi rire bêtement pendant que les crédits s'affichent à l'écran. C'est quand même mal ficelé, la réalité; que font les scénaristes?
×
×
  • Créer...