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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Le genre de problème avec ces stratégies, c'est que si on se recentre sur les zones densément peuplées (j'aimerais bien savoir ce que ça veut dire "densément peuplé" en Afghanistan :lol:), quid des axes entre ces zones? On ne peut pas se contenter de tenir les centres et les routes, c'est vulnérable. Le problème soulevé par Petraeus, McCrystal et d'autres est justement qu'on a pas essayé depuis 7-8 ans: pas de stratégie, pas de vision centrale, pas d'organisation générale.
  2. Pourquoi t'as pas arrêté la phrase là? Ca commençait bien. Après ça fout le cafard. Croyez-vous que Poutine soit une nouvelle Catherine II et qu'on le balade dans des villages modèles démontables? Il devrait travailler ça pour sa postérité, un vieux thème: le bon roi entouré de mauvais conseillers :lol:. Pour le reste, les problèmes soviétiques ne venaient pas que de la vilaine bureaucratie (déjà si elle se comportait comme ça, notamment dans l'arnaque aux plans quinquénaux, c'était avant tout un réflexe implanté par Staline et la trouille impliquée par le système), mais bien d'une direction idéologique de l'économie. Les choix fondamentaux auraient pu être bons, ils ne l'ont pas été, et ça ça n'a rien à voir avec la bureaucratie. L'exemple de la répartition géo-économique intérieure en dépit du bon sens (les champs de coton et la mer d'Aral sont le plus caricatural) n'en est qu'un parmi d'autres. Je ne suis pas un apôtre du tout marché, même très loin de là: je ne crois pas que "le marché" assigne les bonnes orientations de production. Comme De Gaulle le disait, si on laisse faire, l'économie ne produira pas de grandes choses, mais que des porte-clés, c'est pratique et ça se vend bien :lol:. Ca résume beaucoup. Mais le point est qu'en URSS, les choix amont ont bien été merdiques; après, la bureaucratie et les vices de fonctionnement ont accru l'ampleur du problème à tous les échelons (production d'ampoules qui durent 3 jours et tout le toutim). De haut en bas, le système n'avait pas d'efficacité, et ses irrationalités et absurdités étaient gardées en place par stupidité bureaucratique, par conservatisme borné, par masquage des comptes, et plus encore, par la terreur. Dès lors qu'on a enlevé ce dernier élément dans les années 80, les lézardes se sont vues. Mais ce qui le maintenait cahin caha, depuis les années 70, c'est le rôle croissant de groupes mafieux, en alliance objective avec le pouvoir. Ces groupes ne sont pas sortis du néant dans les années 90: ils étaient déjà organisés et implantés partout. Ouaif! On devrait éviter de parler de l'agriculture soviétique, parce que le côté efficacité/pertinence n'a pas vraiment été la caractéristique du dit bouzin. Vu la SAU de la Russie, que le pays ait été obligé de recourir aux impiortations massives de céréales canadiennes, australiennes, américaines et européennes dans les années 80 me fait dire que c'était pas vraiment la Beauce dans l'essentiel des cas. Honnêtement, on a beau jeu de dézinguer Poutine: sûr que son régime prête à la critique, mais faudrait quand même mesurer la critique en fonction des possibiltiés et contraintes qu'il a eu à affronter. La situation est moins pire que quand il a pris les rênes, à commencer par le fait que la Russie est dirigée et que le pouvoir a retrouvé une marge de manoeuvre qu'il n'avait plus du temps de l'outre à vodka (aussi appelé "foie moisi qui suinte" par certaines tribus indiennes).
  3. Nul et non avenu depuis la décolonisation; ces "valeurs universelles" sont précisément ce qu'on nous reproche et ce en réaction à quoi des connards comme Ben Laden ont pu se faire une audience. Tu veux reprendre le bâton (dur, long, plombé, avec une grande au bout et une grosse lame) du missionnaire (et sa position évidemment :lol:)? comme le disait Robespierre, "personne n'aime les missionnaires armés". C'est d'ailleurs ce qui les fait confondre avec des croisés et avec les ex-colonisateurs dans le monde musulman, et c'est un des gros arguments des propagandistes islamistes. Pour eux, quand les occidentaux la ramènent avec des valeurs et la "liberté" à toutes les sauces, c'est leur petit noël et ils peuvent s'en donner à coeur joie. Si en plus y'a des déploiements militaires avec, ils font pipi partout et savent qu'ils vont avoir des retours. Ensuite, la "confrontation idéologique"; tu veux quoi, des débats télé? Des campagnes de presse, des psy-ops avec parachutage de tracts (en papier recyclé, on est moraux et développement durable nous), des campagnes internet massives? C'est pas un débat fondé en raison et c'est pas des arguments qui vont emporter cette bataille là. C'est le terrain médiatique, ça n'a rien à voir avec le contenu, rien à voir avec la raison et les valeurs, c'est la continuation de la guerre avec d'autres moyens ;). Mais c'est encore la guerre, donc la vérité est toujours morte, et de toute façon tout le monde s'en farte le cul à la cire d'abeille. Tenter ce coup là, c'est gaspiller du fric. Garanti d'avance. J'ai pas peur de ces sales cons.... En fait si un peu, j'ai peur des cons en général; y osent tout, vu que c'est à ça qu'on les reconnaît comme disait l'autre. Les cons, ça fiche vraiment les jetons, surtout quand ils se lancent en politique. Mais la question n'est pas là: ce qu'il faut, c'est arrêter de leur accorder de l'importance vu que c'est ce qu'ils recherchent!!!!! Putain, quand arrêtera t-on de jouer leur jeu! L'indifférence est la meilleure arme contre eux. Honnêtement, je vais employer l'analogie de la cour d'école: les petits cons, emmerdeurs ou brutes se foutent de ta tronche tant que tu leur réponds et que tu marches dans leur combine. Faut pas essayer de contre-casser ou d'argumenter; ils sont pas là pour écouter la raison et encore moins pour avouer quand ils sont cassés; et ça va vite aux insultes. Tu peux éventuellement foutre sur la gueule à quelques-uns, mais le résultat est hasardeux et ça ne les empêchera pas vraiment de continuer, ou d'autres de reprendre le flambeau: c'est trop tentant un mec qui réagit au quart de tour. Tu les ignores, ils perdent leur gimmick et leurs vannes tombent à plat. Ils continueront peut-être un moment, mais la dynamique est cassée et le buzz autour est mort. T'attends encore un peu, et quand tout le monde s'en fout, là tu leurs pètes la gueule (expérience personnelle >:(), dans l'indifférence générale et la satisfaction personnelle la plus complète (une petite dose de ptoui est autorisée :lol:). Comme tu le vois, c'est subtil la guerre médiatique, comme la guerre; mais les fondamentaux restent basiques et éternels. On peut certainement en diminuer l'impact de beaucoup; je rappelle que si ces scénarios pessimistes (y sont pas de moi) étaient réalisés, nos pays aussi s'effondreraient (essayez de mesurer ce que donnerait une chute de 10% du PIB en termes sociaux et politiques.... Avec 20 ou 30%, y'a plus de pays). Pour le côté terre riche, climat clément, on peut effectivement retourner à la terre et n'avoir plus d'industrie et de modernité. Pour tout ça, faut des matériaux qu'on n'a pas, et qu'il faut donc importer, ce pourquoi il faut que les pays qui les exportent doivent exister et être un minimum stable, et les axes commerciaux sécurisés. Sans compter qu'il faut aussi exporter pour au moins compenser. Et puis il faut plein de produits finis et semi-finis cheap que nous on sait pas faire pour pas cher (et on aurait besoin des matériaux qu'on n'a pas pour les faire de toute façon). Perso, si l'idée du retour aux racines me séduit de temps en temps, je reste quand même bassement attaché au fait d'avoir de l'eau chaude, un ordi, un micro-onde et de pas avoir à me lever à 4h pour aller traire les vaches. Mais c'est vrai que chuis une grosse flemme. Gné?? T'as vu des masses de manifs dans la rue pour gueuler "ramenez nos soldats", ou, à l'inverse, "foutez-y sur la gueule à ces connards de barbus"???!!! Ou ces sujets entrer dans le débat public (y z'ont déjà du mal à faire plus d'une séance par semestre à l'assemblée, et pas grand monde y va)?
  4. Là t'as tout faux: toutes ces tendances étaient déjà lancées en URSS dès les années 70 et Brejnev, avec un impact déjà très puissant sur la démographie et l'importance de l'économie criminelle qui graissait les rouages de l'économie soviétique grâce à un accord tacite avec le pouvoir. Les problèmes de niveau de vie, de santé, de logement, de chômage (et si).... Etaient déjà développés. Ils ne sont pas apparus avec la fin de l'URSS: l'explosion les a étalé au grand jour et n'a, par la suite, pas aidé à les résorber évidemment, accélérant leurs expansion. Mais ce ne fut qu'en continuation de tendances lourdes dues aux structures même du pays. La libéralisation et le capitalisme sauvage n'ont été qu'un facteur accélérant.
  5. Tancrède

    Les Gardes

    Sauf que l'abnégation des Gardes français, y'a pas qu'à Waterloo qu'ils ont du la sortir; rien que leurs débuts à Marengo (garde consulaire) vaut le détour. Et puis il ne faut pas compter que l'héroïsme et le sacrifice; faut aussi parler d'efficacité, et là, nos grognards, chargeant toujours sous le feu sans daigner tirer eux-même un seul coup (de feu, j'entends), baïonnette au canon et dans le plus grand silence, ils en ont fait déguerpir du beau monde! Et quand il faut se rappeler qu'un fusil, ça ne sert pas qu'à porter une baïonnette, on s'aperçoit qu'ils tirent bien, fort et très vite. Les chasseurs, même pas de la Vieille Garde, à Waterloo, en ont remontré aux Rosbifs, à 1 contre 7 et sous la canonnade (alors qu'eux-mêmes ne pouvaient avoir de soutien d'artillerie), contre des Guards ou non. Et les grenadiers à Plancenoît ont fait des prodiges contre une multitude, en soutien d'une Jeune garde décimée à plus de 80% (fait quasi unique d'unités bouffées à plus de 40% et qui ne se débandent pas!). Côté sacrifice, y'en a, mais pour paraphraser Patton, il ne faut pas seulement que des connards crèvent pour leur pays; il faut qu'ils fassent ce qu'il faut pour que le connard d'en face crève pour son pays.
  6. Pourquoi je te basherais :O????? Chuis assez d'accord. Mais dans les composantes, je n'insisterais pas tant sur le nationalisme, phénomèe somme toute récent, et j'ajouterais l'importance de l'orthodoxie à la Russe, si importante à grande échelle (image de la "Sainte" Russie, messianisme de la 3ème Rome et du recueil du "centre" de l'orthodoxie, donc de la chrétienté dans leur esprit) comme à petite échelle (rôle des prêtres et métropolites sur tout le territoire, comme représentation de l'unité bien plus que l'Etat, sous-administré jusqu'à l'URSS et aujourd'hui encore, importance des icônes dans l'affect et l'imaginaire populaire, même sous le communisme qui en utilise d'ailleurs les formes, affection particulière pour les fous, les starets et les ascèses les plus tarés comme les stylites....). L'orthodoxie, directement (elle regagne d'ailleurs lentement cette présence sur le territoire) et indirectement (comme définisseur de toutes les formes et manifestations de l'imaginaire national), a forgé la Russie de pair avec l'autoritarisme, dans le sang et la brutalité (pas la peine d'évoquer l'image récurrente et vraie du bas clergé abruti, ignorant, superstitieux, brutal et malgré tout regretté), dans une version particulière de l'alliance du trône et de l'autel. Ceci dit, faut pas non plus surestimer la réalité des sentiments du populo sur la puissance russe, ou alors on rentrerait dans les bonnes images de progagande du joyeux kolhlozien sur son gros tracteur en train de dire qu'il est heureux dans la vie parce que les fusées soviétiques sont maousses et l'industrie lourde puissante :lol:. Exprimer un regret n'est pas voter en fonction de ce regret, et encore moins manifester ou agir selon ce regret. Un bide vide est un bide vide: on peut le mobiliser quand un gros méchant est sur le territoire, mais ça n'a qu'un temps. Et les 40 000 morts de la construction de St pétersbourg n'ont pas calanché la joie patriotique au coeur, pas plus que leurs familles n'ont apprécié la chose pour la grandeur de la Russie. Le boss l'impose, et si quelqu'un moufte, on knoute; cahiers de doléance non demandés. La fierté, on ne l'a que 2 ou 3 siècles plus tard.
  7. On n'est pas une île isolée de la réalité: 30 à 40% de notre PIB dépend absolument du commerce extérieur et d'axes commerciaux, surtout maritimes, sécurisés pour permettre de bas coûts de transport. Et évidemment de pays partenaires, fournisseurs et clients, dont une bonne part ne sont pas des pays super forts, stables et puissants. Tu veux voir des projections économiques, et leur inévitable impact social et politique, si l'augmentation du prix des assurances maritimes augmente le coût global du transport de 4 à 5% seulement? Sans compter, encore plus, les anticipations des acteurs économiques qui surmultiplient ces effets, les décisions d'investissement, les mouvements boursiers. Ou encore si certains axes terrestres sont barrés et imposent des modifications d'itinéraires. Et je n'évoque même pas l'impact d'Etats fragilisés, de mouvements radicaux, politiques, sociaux ou religieux agressifs.... Tout est interdépendant à tous les niveaux, se croire à l'abri des vaguelettes soulevées par le jet d'un petit caillou, c'est faire l'autruche. Il y a 40 ans sans doute. Aujourd'hui, le plus gros de la population s'en bat l'oeil. A côté des problèmes des banlieues, du chômedu, de l'économie, des inégalités, du déficit démocratique.... Tant qu'on parle d'une armée professionnelle, l'impact est nul. Sans doute ça peut solever des indignations, mais rien de concret en termes politiques: ni de quoi influencer le vote, ni de quoi provoquer des mouvements de foule. Si c'était le cas, si les politiques craignaient ça, y'a longtemps qu'on aurait rembarqué les gars d'Afghanistan. Règle n°1 du politique: couvrir son cul 20 coups à l'avance. Oui: morts, ils deviennent intouchables et insalisasbles aux yeux de ceux qui les favorisent. Et l'avantages des icônes muettes, c'est que des agitateurs peuvent leur faire dire ce qu'ils veulent. Surtout quand on est dans le domaine religieux/mystique/superstitieux. Un mythe, c'est manipulable par ceux qui y touchent de près. de notre côté, le plus grand intérêt est de les laisser oublier. Laisse les pourir 20 piges sans leur accorder de buzz médiatique, et là tu pourras les buter sans émouvoir grand monde. Tuer l'image/le personnage avant de tuer la carcasse qui, en elle-même, n'apporte rien. Sûr que ça défoulerait 3 minutes de les traîner enchaînés derrière un command car sur les Champs Elysées (si possible conduite par une nana en minijupe, ex-musulmane devenue athée ou chrétienne) avant de leur tirer les tripes au soleil et de les coudre dans de la couenne de porc. Mais ça créerait plus de problèmes. Et eux ne demandent que ça. Comme spécifié plus haut, les affaires des autres ont un impact sur les nôtres, et vice versa. Donc faire l'autruche, c'est perdre. L'inconvénient d'avoir des intérêts partout. On a même intérêt à ce que des commerces auxquels on ne participe pas aillent bien et que des Etats où on n'est pas présents aillent bien parce nos partenaires y sont appliqués, et que c'est le climat de confiance du business, le climat de sécurité et son impact énorme sur les coûts. On a eu un coup de semonce récemment avec le coup de la spéculation sur les denrées alimentaires suite à celle sur les coûts du pétrole; ajoute rien que ces 2 trucs là à la conjoncture climatique et à la désertification de grandes zones, et attend 2 années de mauvaises récoltes. Tu vas voir si le bastringue qui en résulte n'impacte pas gravement le pays. On a intérêt à ce que les pays fragiles puissent tenir le choc migratoire, social, économique, politique. Au temps jadis, on appelait ça se faire un glacis. Je cite juste la dernière phrase, mais je me réfère aux 2 paragraphes. Grandes phrases, mais loin de la réalité: pour taper, faut surtout savoir où, et pour savoir où, 90% du rens utile et "chaud" viendra des locaux. Locaux qu'on ne se mettra pas dans la fouille avec des tapes dans le dos, du palabre "respectueux" et 2-3 coups de main ici et là. Mais avec du long, du concret, du résultat (économique et sécuritaire pour l'essentiel) et pas de bavures/ On peut les appeler "dommages collatéraux", mais ce sont des bavures. On peut dire qu'une part est inévitable, mais c'est pas un argument que les locaux acceptent, avec raison d'ailleurs. Et la sécurisation, comme le state building, c'est ça la partie chère et dure: il faut accepter que dans ces zones clairement délimitées, les règles d'engagement soient plus faites pour la sécurité des habitants que pour celle des soldats, il y faut des troupes aux nerfs solides pour encaisser cette réalité, et il faut une bonne compréhension de l'espace. Dire qu'on fait ça dans une vallée n'a de pertinence que si la dite vallée est totalement fermée hors de 2-3 voies d'accès qu'on contrôlerait, ce qui est rarement le cas. Tout est poreux et interagit. Galula montrait que la claire compréhension de ces zones était déjà une grosse partie du boulot: on prend des régions non seulement géographiques, mais aussi telles qu'elles fonctionnent en dynamique, avec leurs axes principaux et les itinéraires secondaires, et avec les relations des groupes de populations internes dedans qui en changent radicalement la perception tactique. Là on peut partager l'Afghanistan en régions dont certaines seront dévolues à l'effort de sécurité/nation building, où la priorité est la sécurité de la population, et en zones hostiles, où la priorité est la chasse au pouilleux et à la sécurité des soldats (casse autorisée). A l'arrivée, je me fous bien si on a un Afghanistan démocratique ou non: juste un noyau d'Etat qui tient la route sur 1/3 du territoire dans le centre et à l'est, des quasi Etats tampons en zones kirghizes, tadjikes et Ouzbèkes et un deal avec les Iraniens sur la frontière ouest.
  8. Tancrède

    Les Gardes

    Comment ça équivalent :O =(????? Les 2 régiments de Grenadiers, c'est une élite sans équivalent à l'époque, issus d'un processus de sélection darwinien sans comparaison et infiniment mieux commandés qu'aucun autre à tous les niveaux (le 1er chasseurs aussi d'ailleurs). Non mais! Nos vieilles moustaches sont incomparables!! De plus, le 1er chasseurs ne peut se comparer en fonctions au rgt Ismaïlovski: c'est une unité de fantassins légers là où le rgt russe est une unité de ligne. L'équivalent serait le bataillon (1796), puis régiment (en 1806) des chasseurs (jägers) de la Garde.
  9. Un peu facile de dire tout ou rien; la différence est quand même que les gabarit à tous égards (PIB, population, capacité technologique) de la France, de l'Angleterre, de l'Italie, de l'Allemagne et de l'Espagne pourraient, avec une volonté politique d'une autre sorte, leur procurer une marge de manoeuvre indépendante et une capacité d'influence certaine. L'équivalent des USA? Evidemment non. Mais une capacité bien concrète à sécuriser leurs propres axes commerciaux, leurs débouchés dans des régions moins régulées, leurs sites d'approvisionnements énergétiques, à se tailler une place sur les marchés "politiques" (par opposition aux biens de consommation, machines outils et produits semi-finis), à pouvoir faire sans crainte d'une tape sur la gueule une politique culturelle active tant dans leurs frontières qu'à l'extérieur.... Bref, à peser; comme des puissances moyennes, mais à peser. Une part de cette capacité peut se mesurer en nombre de battlegroups, de groupes aéronavals, d'effectifs de frégates et de navires de patrouille, en temps de réaction, en capacité de projection rapide en volume, en capacité de rétorsion immédiate.... J'ai pas parlé de menacer la Chine ou les USA, mais déjà de pouvoir leur dire non, et même merde de temps en temps autrement que sur des sujets symboliques. Le point de cette capacité, pour le versant militaire, étant une capacité de présence permanente en plusieurs points du globe avec une capacité d'intervention capable d'effets réels sans qu'il soit besoin d'une coalition ou d'un soutien US. Tant une rationalisation réelle du budget existant que son extension autour des symboliques 3% du PIB permettent cela pour les puissances mentionnées. Côté budget américain, faut pas oublier non plus qu'une part de leurs capacités est aussi mobilisée par leur politique impériale, soit l'entretien de bases permanentes partout sur la planète, qui mutile véritablement leur budget par la projection à l'année d'une portion énorme de leurs effectis et de leur harware (tout coûte bien plus cher quand c'est déployé, les hommes comme le matos).
  10. Tancrède

    [Camouflage] Infanterie

    Pas dans les mêmes matériaux pour certaines tenues militaires: la tenue canadienne est sans doute la plus chère du monde et je crois que l'exportation du matériel complet est conditionnelle sinon interdite.
  11. Il ne faut pas trop écouter les historiens pour ce qui regarde les manuels scolaires; ils revendiquent un monopole en se targuant d'une objectivité parfaite, assez risible quand on voit d'ailleurs les radicales oppositions idéologiques et lectures politisées des divers courants de pensée historiques. Autant je signerais des deux mains la liberté totale de recherche et je cautionnerais sans réserve un droit de regard obligatoire des historiens sur les programmes (faut pas raconter n'importe nawak non plus), autant je dénie ce postulat selon lequel le politique n'a pas son mot à dire dans les programmes scolaires. Depuis quand? L'Etat a une lecture nationale de l'histoire (et évidemment surtout de l'Histoire nationale) à mettre en avant, dans l'intérêt même du corps social qui doit former une nation, une identité, une unité, un référent commun, et le perpétuer. Aucune lecture de l'Histoire n'est impartiale, parfaite et objective, et le devoir de la nation est de situer ses enfants dans le grand courant de l'Histoire, pour que puisse exister la notion même de communauté de destin et donc le vivre ensemble. Je vois pas ce qu'il y a de mal à ce qu'un gosse, quand il lit l'histoire d'une guerre, ait une petite préférence pour les passages où la France a gagné une bataille, mais appremment, beaucoup de monde essaie de dire que c'est mal, que c'est crypto fachiste et tout le bastringue bien-pensant habituel. Il y a l'Histoire de France et l'Histoire science, et si elles ne sont pas étrangères et doivent ne jamais trop s'éloigner, elles restent distinctes et fondées chacune sur 2 fictions différentes: l'Histoire en tant que science repose sur la fiction qu'il existe une vérité absolue, unique et universelle (qu'elle ne trouvera jamais bien entendu, mais que les historiens honnêtes s'efforceront toujours de trouver), l'Histoire comme discipline enseignée dans les écoles, collèges et lycées est une connaissane du passé vu sous l'angle national de la vérité française qui, si on n'en fait pas une fiction complète, est une vérité qui vaut bien les autres et qui nous identifie et nous différencie comme communauté. C'est une transmission de la mémoire commune (donc une vision déliérément partiale, mais modérément), passée sous un contrôle scientifique certain pour éviter son instrumentalisation et son dévoiement. La confusion des genres qu'on opère entre les deux est dangereuse car elle est destructrice du référentiel et de l'imaginaire commun, du savoir, du point de vue et du sentiment créé. L'Histoire science, c'est pour après le Bac, c'est un métier et/ou un loisir. Et on a tellement vidé l'histoire de france comme discipline et creuset d'unité et d'identité que ce vide est maintenant rempli uniquement des mémoires partiales et très partielles des communautés de toutes sortes, qui elles sont nettement plus excluantes (ethniques, culturelles, religieuses, géographiques) et sans le moindre contrôle scientifique, la moindre exigence de consensus ou le moindre objectif de rassemblement. Par opposition à l'Histoire de France qui est une mémoire nationale, et non communautaire, donc composite, résultant de compromis et de conflictualités pour l'essentiel résolues. Le grand dommage est d'opposer directement l'Histoire science à la mémoire, en écrasant cet échelon essentiel de l'histoire de France qui est autant une authentique histoire obéissant à des règles scientifiques (en grande partie: on n'invente pas des faits) qu'une transmission mémorielle avec sa partialité et son pouvoir d'identification et de création d'appartenance. Résultat, quand cet échelon est supprimé, l'Histoire science reste aux scientfiques, comme toujours, et la mémoire est reprise par les communautés, et il s'agit là de la mémoire au sens le plus restrictif et excluant du terme, sans souci de compatibilité avec les autres (voire volontairement antagoniste), sans même une mesure d'impartialité et de scientificité. Un autre échelon a beaucoup souffert depuis une soixantaine d'années, c'est celui entre la mémoire et le souvenir, depuis toujours le fait de la transmission familiale et/ou locale; c'est partial, c'est personnel, mais ça faisait partie de ces facteurs identifiants forts et nullement incompatibles avec la mémoire nationale (c'était son pendant naturel), créant des solidarités et identités locales. Et on voit les communautarismes fleurir sur l'affaiblissement de ces deux échelons essentiels, lui-même du à 2 grands snobismes qui ont créé un vide énorme: le snobisme de l'histoire science dont quelques abrutis ont décrété qu'elle pouvait et devait être enseignée comme la seule vérité (ce qui laisse la place à de grandes idéologies dans les manuels, pas du tout impartiales, mais aussi à une Histoire emmerdante et pas créatrice de référents communs) alors qu'il s'agira toujours d'une discipline pour une minorité, et le snobisme du "il ne faut pas couper les immigrés de leurs origines" (à un moment, on a même eu des dispenses de cours d'histoire pour les immigrés et leurs enfants, avec à la place des cours d'histoire de leurs pays d'origine! Mais plus globalement, à part ce moment extrême, il y a eu le refus de l'Histoire-mémoire de France, considérée comme "exculante", voire "raciste" par les pédagogistes).
  12. Tancrède

    Les Gardes

    Dur à vraiment évaluer, surtout qu'elles ont beaucoup évolué au cours du conflit, plus encore que le reste des armées. Par exemple, la cavalerie de la Garde Russe, et notamment son premier régiment, les célèbres chevaliers-gardes, s'est autant distinguée par sa parfaite tenue et un courage exceptionnel que par une indiscipline brouillonne cause de bien des déboires, dont celui d'Austerlitz (où néanmoins leur sacrifice permit par la suite à une partie de l'armée d'en réchapper). A part pour les Anglais, on constate par ailleurs une évolution calquée sur le modèle français dans toutes les gardes, qui adoptent le schéma d'une armée modèle en miniature, avec une infanterie complète (ligne, légère, grenadiers, troupes de choc), une cavalerie développée (cuirassiers/lourds, chevau-légers, cavalerie légère, cavalerie spécialisée/"exotique"), de l'artillerie et du génie (séparé ou non), servant de réserve et/ou d'unités de choc. Elles se trouvaient parfois dispersées dans les unités, parfois en réserve et de plus en plus souvent, organisées en corps d'armée autonome. La Garde anglaise est restée, comme l'armée anglaise, sur un modèle d'ancien régime nettement plus longtemps que les autres armées européennes, chose qui lui coûtera cher en Crimée. Néanmoins, comme pour le reste des troupes anglaises, ces hommes furent moins engagés que les autres armées européennes, et s'ils avaient moins d'expérience, ils eurent plus d'entraînement en moyenne. Ils avaient donc les mêmes défauts et qualités que le reste des troupes anglaises: recrutement de qualité douteuse (quoiqu'évidemment les Gardes sélectionnaient plus et avaient plus de choix), qualités manoeuvrières nulles, lenteur opérationnelle, lourdeur du maniement, cadres parfois peu compétents.... Mais une bonne résistance (discipline, fort taux de cadre, qualité moyenne des troupes plus élevée) et une grande efficacité au tir en formation. Les Scots Guards pouvaient être considérés comme les meilleurs (discutable), notamment eu égard aux avantages du recrutement (hommes de la campagne, généralement de meilleure extraction, solidarités claniques, conscience d'appartenance supérieure) que j'ai donné dans un autre sujet. Une note sur la cavalerie de la Garde hollandaise qui fut en fait une excellente unité française: les Gardes du Corps (anciennement Cuirassiers de la Garde), les Hussards de la garde et le 3ème Hussard hollandais furent 3 unités qui servirent dans la Garde impériale française et fusionnnèrent même en un régiment en 1810, le 2ème Chevau-Légers Lanciers de la Garde (le 1er étant les Polonais), aussi appelé les "Lanciers Rouges", autant pour leurs prouesses qu'en raison de leurs chevaux alezans. En 115, bon nombre revinrent et combattirent contre les troupes néerlandaises. Côté palmarès des cavaleries de gardes, de toutes les guerres napoléoniennes, seules 2 unités ne furent jamais rompues et furent toujours victorieuses quand on les engagea, et ce sont 2 régiments français: les Grenadiers à Cheval de la Garde (très simplements surnommés "les dieux" ou "les géants") et le 1er Chevau-Léger Lanciers de la Garde (les lanciers polonais). C'est au commandant des premiers, Lepic, qu'on doit cette élégante citation, faite sous le feu d'un barrage d'artillerie à Eylau: quand il vit certains de ses hommes courber la tête sous les tirs, il leur hurla "tête haute messieurs, rassurez-vous, ce n'est que de la mitraille, pas de la merde" :lol:.
  13. 1/ Quel rapport avec le sujet? 2/ Su Zu ne s'est pas pris de branlée des Mongols et a eu une carrière militaire brillante, sans être obligé de se suicider par la suite, contrairement à Rommel. Et si bon nombre des plus grands chefs militaires de l'Histoire ont lu, et si on continue à lire et utiliser l'Art de la Guerre (dont même sans doute Napoléon, la première traduction de 1772 étant à la librairie de Brienne), c'est pas pour se donner un genre et poser dans les cafés. Pour ça, il reste Sartre. Et les Mongols étaient absolument illettrés et fonçaient juste dans le tas? Leurs élites connaissaient bien Sun Zu et la littérature militaire chinoise, ils passaient de longues périodes à organiser des dispositifs tactiques et à réfléchir aux objectifs stratégiques de leurs campagnes, et ils passaient des mois, parfois des années, à sonder les territoires qu'ils prévoyaient d'envahir. Ils étaient une armée organisée respectant précisément toutes les règles de la guerre organisée. Faut arrêter sur les clichés et le mépris facile de ceux qui ont un tantinet réfléchi sur la guerre. Et, ô hasard, la plupart des grands penseurs militaires furent eux-mêmes des soldats. Comme quoi, les bouquins sortent pas nécessairement du trou du cul des prétentions des germanopratins.
  14. Les querelles mémorielles sont les mêmes partout: on veut peindre l'Histoire sous les couleurs d'une supposée moralité -à chacun la sienne d'ailleurs. Et là c'est Medvedev qui s'engouffre dans un créneau marketing pour tenter de se faire une image à part. Et je parierais qu'il fait ça en plein accord avec Poutine, les 2 occupants ainsi l'essentiel du spectre politique et idéologique. Pour la note, Vladimir Poutine a rendu, il y a peu, la lecture de l'archipel du goulag obligatoire à l'école. Comme quoi, les idées toutes faites....
  15. Ce n'est jamais arrivé, espèce de chien menteur d'impérialiste! Tous les bons Chinois te le diront: ces gens ne sont pas morts, ils sont partis en vacance. Après c'est des salauds d'espions capitalistes qui ont truqué les documents d'Etat Civil.
  16. Tancrède

    Les Gardes

    Guerres Napoléoniennes: - Household Cavalry (par défaut, l'effectif moyen d'un rgt de cavalerie anglais est de 460h): 1st (the cheeses) et 2nd (the cheese mongers: 235h en 2 escadrons) Life guards, Royal Horse Guards (the blues) - Dragoon Guards: 1st (king), 2nd (queen), 3rd (prince of Wales), 4th (royal Irish), 5th, 6th et 7th Dragoon Guards - Foot Guards: 1st Regiment of Foot Guards (l'actuel Grenadier Rgt of Foot Guards; 3 bataillons à l'époque, 3000h, jusqu'à 4600h), 2nd Rgt of Foot guards (Coldstream Guards, 2 bataillons, 1500-3000h), 3rd rgt of Foot guards (Scots guards, 2 bataillons, 1500-3000h) Actuellement, les unités sont pour l'essentiel le résultat de fusion et réductions de format successives, ce qui fait que des bataillons, des escadrons, des compagnies voire des sections sont les héritières de régiments. Elles sont toutes réunies dans la British Household Division. Household Cavalry: Life Guards Rgt (3 escadrons), Blues and Royals Rgt (Royal Horse Guards and 1st Dragoons: 3 escadrons) Foot Guards: Grenadier Guards (1 bataillon et 1 Cie), Coldstream Guards (1 bataillon et 1 Cie), Scots Guards (1 bataillon et 1 Cie), Irish Guards (1 bataillon), Welsh Guards (1 bataillon) Les 3 Cies indépendantes des 3 régiments aînés d'infanterie sont des organismes de parade et de dépôt, réduits et gardés pour maintenir virtuellement en existence continue le 2ème bataillon de ces régiments. La Household Cavalry a un statut particulier: les 2 rgts qui la forment sont des formations opérationnelles réduites qui, pour le versant opérationnel, ne fournissent que 4 escadrons (reco blindée) à eux deux au lieu de 3 par rgt normalement. Le reste de l'effectif sert les rôles de parade, cérémonie et garde.
  17. Qu'est-ce qu'on en a à branler des histoires d'images et "d'honneur"? tant qu'on n'en est pas à se coltiner une image de génocideurs d'enfants à l'échelle industrielle, de toute façon ce genre de conflit aura un impact zéro en termes médiatiques et culturels: les médias de chaque zone culturelle continueront à dire les mêmes choses qu'on fasse de l'Afghanistan un paradis démocratique prospère ou qu'on le laisse en friche. Les uns continueront à cracher sur l'occident impérialiste et moralisateur, les autres sur le Grand Satan et ses mignons, on continuera à dire, avec contestations démocratiques de rigueur, qu'on est les défenseurs de la liberté..... Bref, si quelqu'un croit que l'affaire afghane, quelle que soit son issue, va changer d'u iota ce genre de trucs, je lui suggère vite un refresh sur les communications de masse, les questions d'images, la réalité politique et les différences de cultures. La "réputation", c'est comme les promesses; elle n'engagent que ceux qui y croient, et je dirais même que c'est encore plus vaporeux, parce qu'elles n'engagent que ceux qui croient qu'ils en ont une. Où est l'honneur dans ces conneries là? A cette échelle, y'en a pas parce que personne n'en parlera de la même façon, et y'aura pas de traité de paix accordant des territoires ou des avantages qui indiquent clairement qu'il y a ou non une victoire. Quand à sortir sur une action d'éclat, aucune n'est suffisamment énorme et gigantesque pour donner un parfum particulier à cette guerre. Ca fonctionne pas comme ça. Même la capture des 2 barbus symboliques n'aurait pas beaucoup d'impact parce que leur statut en fait des images qui ne peuvent que se retourner contre nous: on en fait des martyrs en les prenant, des mythes en les laissant courir. Dans les 2 cas ce sont des "héros". Et quand à l'impact de leur capture sur le "terrorisme", tout le monde sait qu'il sera nul: Ben Laden ne dirige rien, n'a pas de grand réseau.... C'est juste un label, et on ne tue pas un label. Au mieux on peut le laisser pourir. L'idéal serait de le laisser dans la nature et de tout faire pour évoquer son nom le moins possible pour en faire une relique semi-oubliée; c'est le seul coup réel qu'on puisse lui porter, parce qu'il n'a d'importance que par l'image. Et soi-dit en passant, on n'a pas d'alliés ou d'alliés/partenaires potentiels dans ce coin? l'Inde, la Russie, le Kazakhstan, le Pakistan, c'est quoi? Des trucs neutres dont la situation n'a pas d'impact sur nous? Un Pakistan hostile et un Iran fragilisé, ça a quel impact économique sur les voies maritimes de l'océan indien et du Golfe Persique? Quelle augmentation des coûts du transport maritime dans ces zones? Donc quel impact sur nos approvisionnements (matières premières, produits semi-finis et biens de consommation) et nos exportations? C'est quoi des objectifs réalistes? pour obtenir quoi? Si on ne peut pas stabiliser la région et/ou enrayer/contenir une bonne partie du trafic de came, autant se barrer tout de suite et éviter de gaspiller un euro là-bas. Je crains juste que l'impact politique, sécuritaire et économique à moyen terme ne soit ravageur pour l'occident. La menace des "failed states" est sans doute la plus énorme qui soit pour les décennies à venir, se superposant aux problèmes massifs que causeront les migrations massives dues aux changements climatiques et économiques. Au bas mot 200 millions d'individus au XXIème siècle seront de tels migrants (pour comparaison, les invasions barbares ou grandes migrations des IIIème-VIème siècle en occident, n'ont concerné que quelques millions d'individus en groupes épars; et on mesure encore leur impact); on imagine l'impact de ces masses en mouvement sur les Etats occidentaux, mais surtout sur les Etats déjà fragiles qui devront en absorber le plus gros et qui sont nos partenaires, qui sont sur des axes commerciaux, qui sont dans des endroits sensibles, qui peuvent eux-même se désagréger et apporter leur part au flot de migrants.... Le principe même de l'Etat, seul élément de stabilité relative du monde, peut en prendre plein la gueule dans le siècle à venir. En quoi des "raids" et opérations search and destroy systématiques sans gros égards pour les populations va satisfaire un quelconque avantage pour la nation? En rien. Aliénation totale de la population locale dont le soutien accroît l'efficacité de l'adversaire (politique et militaire), remplacement systématique des adversaires tués, condamnation de toute utilité de l'effort de guerre réalisé.... Mais j'imagine que les geeks action-oriented seront super heureux parce qu'on aura développé des dizaines de nouvelles tactiques et de nouveaux matos pour dézinguer du pouilleux et faire du sang. Mais en perdant totalement de vue le fait que gagner des combats est RADICALEMENT différent du fait de gagner une guerre. Ou comment confondre l'arbre et la forêt. Entre d'une part ces "objectifs limités", ces "raids" pour casser du pouilleux et autres effets qu'on prend pour des causes, et d'autre part le fait de pisser dans un violon, je préfère l'urinage musical; ça coûte nettement moins cher et c'est beaucoup plus rigolo.
  18. 1. Le but de la guerre est de gagner le soutien de la population et non le contrôle du territoire 2. Le gros de la population sera neutre dans un tel conflit; le soutien de cette masse (silencieuse) peut être obtenu par l'aide d'une minorité amie active 3. Le soutien populaire peut être perdu. La population doit donc être efficacement protégée pour qu'elle puisse coopérer sans peur de représailles 4. La mise en place de l'ordre doit être progressive, en déplaçant ou repoussant l'opposition armée, puis en obtenant le soutien de la population, et éventuellement en renforçant les positions par la construction d'infrastructures et l'établissement de relations de long terme avec la population. Cela doit être fait région par région, en usant d'une base territoriale pacifiée pour conquérir les zones voisines. (David Galula) La guérilla, c'est 80% d'actions politiques et 20% d'actions militaires (Mao Zedong) Tant qu'une guérilla ne perd pas, elle gagne, tant qu'une armée ne gagne pas, elle perd (Henry Kissinger) On épargnera les citations de Trinquier, Bigeard, Bernard B. Fall, Rupert Smith, Petraeus ou Desportes; elles vont dans le même sens. Au-delà des simples méthodes sur le terrain, tous savent garder à l'esprit qu'il faut savoir quel effet politique on veut obtenir, donc pourquoi on fait la guerre. Bernard B. Fall, notamment, qui a prédit la défaite française en Indo en 1953 et la défaite ricaine au Vietnam en 1964, souligne à quel point, à mesure que les armées organisées perfectionnent les méthodes, modes d'organisation et dispositifs tactiques pour faire du bodycount et chasser de l'insurgé, elles perdent l'objectif de guerre de vue et se condamnent à l'échec le plus absolu, et surtout coûteux, gaspilleur (en vies, en matos, en fric, en crédit politique, en image, en cohésion nationale....) et donc totalement et pitoyablement inutile. Pourquoi se battre? Que veut-on obtenir? Si c'est pour des cadavres de pouilleux à kalasch, merci, la dépense est inutile. Autant remballer. Si c'est pour lutter contre le "terrorisme international" (sorte de gimmick publicitaire avec de fortes images de grands méchants comploteurs unifiés dans un réseau mondial avec site internet, logo corporate, cérémonies en grande tenues mystiques et épreuves initiatiques pour une armée secrète), autant remballer aussi et éviter de penser que la lutte est militaire et qu'elle est localisée. Ca c'est pour les niais qui écoutent les discours des politiques. Si c'est pour faire la chasse à Ben laden.... Qui croit vraiment qu'il y a le moindre intérêt à dépenser le moindre kopeck pour le prendre celui-là? Encore une fois, on a brandi la baguette magique (pas toi Akhill, je prebondissais juste sur le thème): tout changer pour "des raids", une "plus grande agressivité"! Des raids sur qui, sur quoi, pourquoi, dans quel cadre, pour obtenir quel effet, servir quel but, à quel échelle, sur quelles étendues de territoire.... POUR QUOI FAIRE? Des raids, il s'en fait déjà tous les jours ou presque. Et des raids, il faut du rens pour en faire, vraiment beaucoup de rens, et le plus gros de ces informations, c'est pas des drones (autre baguette magique vendue à tort et à travers) qui les obtiennent; c'est la population. Et pour qu'ils en donnent du bon, faut les connaître et faut avoir un bon niveau de confiance avec eux, et pas que dans quelques villages. Et cette confiance, elle s'obtient pas avec quelques rations offertes, une tape sur l'épaule ou un coup de main à l'occasion pour boucher les trous de la citerne. Bref, c'est pas facile, c'est très long, et il faut souvent recommencer. Après, l'aspect symbolique du conflit, on s'en tape vraiment assez fort les coucougnettes; non seulement le fait de partir sans rien laisser ne donnerait qu'un bref moment de blabla médiatique qui ne changerait rien aux dynamiques et rapports de force existants (la seule chose qui compte réellement), mais surtout, les communicants de Washington prépareraient le coup un an à l'avance (ce qu'ils font déjà partiellement) en décrétant à tout va que l'Etat afghan est juste, légitime et solide, que l'ANA est super forte et crédible, blablabla.... Et quand viendrait la chute inévitable ensuite, à base de couilles de Karzai trimballée sur une kalasch dans les rues de Kaboul, la réponse serait tout aussi prête en occident, toujours pas crédible, mais politiquement suffisante (surtout pour maintenir les élus au pouvoir). Parce qu'il y a un truc quand même sur nos opinions européennes à qui on fait tout et rien dire: - qui en France ou en Angleterre va sérieusement changer son vote en fonction de la guerre en Afghanistan? Réponse personne, parce que tout le monde s'en tape sur le fond. L'impact de la guerre est nul et ne change rien passé les 3 minutes règlementaires d'indignation quand un soldat clamse (et que, fait encore plus rare, les médias en parlent) - qui en France ou en Angleterre s'oppose réellement à la guerre? Quand je dis s'opposer, c'est organiser des manifs, voter en fonction de ça, exiger violemment quelque chose des politiciens.... parce que si c'est répondre à un sondage dans les 2-3 jours qui suivent un matraquage médiatique sur Surobi, c'est bon, ça risque pas d'empêcher les gouvernements de dormir; je rappelle que les sondages donnent un large soutien à la guerre en Afghanistan quand on n'est pas dans un tel moment de voyeurisme médiatique incompétent (c'est dire si l'opinion exprimée n'a aucune force politique). Réponse encore une fois, personne pour ainsi dire; y'a plus de monde mobilisé pour obtenir des réponses sur l'affaire du Bugaled Breizh (et c'est déjà pas grand-chose). - on n'a rien à vendre à la population française qui s'en contretape dans la réalité. Et à l'exemple britannique, on se rend compte qu'une guerre plus meurtrière par un facteur 2, 3 ou 5 ne changerait pas grand-chose et ne menacerait politiquement aucun gouvernement. Rappelons quand même que les mouvements d'opinion publique qui ont réellement impacté la conduite d'une guerre impopulaire, à savoir le Vietnam et l'Algérie, c'était des manifestations quasi constantes impliquant des milliers de gens, qui plus est généralement inscrites dans un cadre d'idées, d'idéologies et de mouvements infiniment plus vastes, avec des répercussions tout aussi puissantes hors des frontières. C'était en un temps où la collectivité était nettement plus mobilisée, les organisations culturelles, sociales, identitaires idéologiques beaucoup plus puissantes, la société moins individualiste et plus politiquement impliquée, sur fond de guerre froide où les 2 grands acteurs instrumentalisaient des pans de sociétés étrangères activement.... Et c'était des guerres où des conscrits, non des pros, étaient envoyés et crevaient. Faut arrêter de parler de résilience des populations dans ce genre de guerre: la population, passé les 3 minutes règlementaires après la médiatisation d'un événement monté en épingle, n'en a rien à foutre. Elle n'y pense même pas spontanément.
  19. Je relève ce topic suite à une petite interrogation après avoir entendu le représentant du CRAN (qui m'énerve souverainement avec des faux airs de pucelle vertueuse pour ce qui n'est jamais qu'un lobby communautaire de plus) se plaindre, entre autres choses, de l'absence de hauts officiers noirs/"visibles". J'aimerais d'abord lui dire en face qu'aucun officier général en France n'est visible tant les médias se foutent éperdument des armées, si bien que le seul général à franchir le cap d'une émission télé, sauf accident, c'est le CEMA le 14 juillet, reconnaissable sous le qualificatif "le mec en uniforme avec un balais dans le cul à côté du président". Mais ensuite, pour répondre à ce genre de choses, j'aimerais savoir, par exemple, quand a été admis le premier élève officier de couleur (hors étrangers) à St Cyr? Comme pour les femmes, il faut attendre qu'un effectif minimum ait été admis, et patienter 20 ans de carrière pour avoir une chance raisonnable d'en voir un émerger avec ses 2 étoiles. Une idée pour quand ça a pu se faire?
  20. Et il ne t'a pas échappé que le but de la guerre n'est pas la vie ou la mort du soldat en opérations? C'est peut-être une réalité qui dérange mais c'est pourtant le cas; c'est même le seul métier au monde (avec un ou deux autres genre pompiers) où ce soit le cas, ce qui fait son horreur et sa noblesse. Le coup des règles d'engagement est facile et c'est un vieux débat dans ces situations; certes, on peut décréter que les soldats ont le droit de flinguer tout ce qui ne leur revient pas aussi loin que porte leur capacité de détection, afin d'assurer leur sécurité. Et quel résultat ça apportera? Du bodycount et rien d'autres. Pour tout le reste, ça condamnera à la défaite et empêchera tout vrai résultat. Pour mémoire, on notera la propension de nombreux geeks sur des tas de forums, surtout anglo-saxons, pour comparer le bodycount viet cong à celui des ricains, chose qu'on peut faire aussi pour la Guerre d'Indo, celle d'Algérie ou la guerre d'Afghanistan des années 80. A chaque fois le point est le même; l'impératif de search and destroy placé avant les autres d'une part, et les règles d'engagement et de sécurité des forces d'autre part, ont précipité les résultats que l'on connaît (sans même compter d'éventuels échecs purement tactiques). Guerre = confrontation des volontés d'atteindre et maintenir un résultat politique. Quel est le but politique en Afghanistan? Certainement pas de faire du bodycount de pouilleux avec kalasch qui seront remplacés automatiquement.
  21. Tancrède

    Arts martiaux militaires

    Plus sérieusement, le pentathlon moderne ne sera pas revu, comme toutes les disciplines olympiques anciennes, initialement héritées de disciplines et entraînement militaires (grecs, puis de l'Europe de la fin du XIXème), tout connement parce que la dimension militaire initiale est aujourd'hui rejetée jusqu'à l'absurde. Symboliquement, rien ne l'illustre aussi bien que l'évolution de l'escrime et de ses gestes.
  22. C'est pire encore quand on affine pour l'Iran: l'essentiel de la consommation est localisé dans l'est du pays, et pour le plus gros en milieu rural et dans les petites et moyennes agglomérations, indicateurs de la désespérance des milieux ruraux, mais aussi et surtout de la profondeur des réseaux de corruption dans les autorités locales et régionales. En tout cas un facteur d'instabilité majeur de plus dans un pays "sensible".
  23. A coups de canons, en nombre variable selon de grade l'officier arborant le pavillon à saluer.
  24. Certes oui, mais il faut un raisonnement qui tienne debout. Et étrangement, les civils afghans ne le voient pas comme ça: leur expliquer que "les dommages collatéraux sont inévitables" et que c'est tout la faute aux talibans n'est pas vraiment un argumentaire qui fonctionne. C'est le plus contre-productif qui soit et c'est voir la guerre au travers du prisme très partiel de la seule logique de coercition. "Il faut éliminer les terroristes", c'est une phrase destinée aux médias, pour faire de la politique. Et encore une fois, personne ne croit sérieusement qu'on est là-bas pour "faire la guerre au terrorisme". Et tu serais certainement plus concerné par une déstabilisation de la région et son impact sur les axes maritimes de l'Océan indien et du Golfe Persique, et sur les axes terrestres et gaziers d'Asie Centrale. Et aussi par l'impact géopolitique (réseaux de corruption et de vente d'armes, consommation massifiée en occident, financement de réseaux terroristes et de divers mouvements armés....) d'une production de pavot et d'héroïne encore plus massive qu'aujourd'hui.
  25. Tancrède

    Arts martiaux militaires

    Nan, des vrais arts martiaux militaires, comme à Rome (l'art des gladiateurs de type mirmillons était l'escrime des légionnaires)! Une épreuve de combat totalement libre et réaliste, sans méthode pré-établie: MMA version agressif tendance psychopathe (systema, kravmaga, kapap, sambo, toutes versions de close combat, ninpo, baguazang/xingyi, karaté kyokushinkai, lutte mongole....). Et puis peut-être de la natation synchronisée et de la broderie parce que c'est vachement dur . Et une épreuve hautement militaire visant à tester la résistance des sujets: épreuve d'avalage massif de choux de Bruxelles, suivi d'un concours de boissons diverses, mais toutes très alcoolisées, avec un résultat au litrage ingéré sans gerber (les Russes, les Polonais, les Ch'tis et les Bretons se voient imposer un handicap). Et le truc de franchissement/parkour se fait juste après ça :lol:.
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