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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Tu fais semblant de pas comprendre? En Afghanistan, ce dont on a besoin pour le versant militaire, c'est de monde sur le sol (et on parle pas de 100 gusses), de la coordination entre eux (coordonner des milliers d'hommes, vraiment un truc FS par définition :P), l'habitude d'opérer ensemble à grande échelle (superficie et nombre d'hommes) et la capacité à opérer aussi bien en grandes unités qu'en petits groupes, selon la situation, toutes choses que le GIGN, et les autres groupes FS aussi d'ailleurs, ne savent pas faire. Ensuite, quel entraînement à la guerre pour le GIGN? Ils sont entraînés aux PRISES D'OTAGES; très adapté à l'Afghanistan. Et le GIGN, comme tout groupe d'intervention spécialisé, c'est un effectif même pas au niveau de l'anecdotique à l'échelle d'un vrai théâtre des opérations. On peut saupoudrer avec tout ce qu'on veut de forces spéciales, ça ne donnera rien sur rien. Juste quelques communiqués que des FS top moumoute se sont tapés quelques cavernes de plus. Mais y'a pas que le versant militaire; ce qu'il faut avant tout c'est une stratégie globale, et une qui fasse dominer la volonté de nation building sur des zones choisies. Faut vraiment arrêter les délires mythologiques sur les FS et assimilés. Ben.... En même temps, quand c'est pour des entraînements aux situations de prises d'otages et à la lutte antiterroriste, ou des compètes de groupes d'intervention pour prises d'otages, on invite effectivement des groupes spécialisés. Mais l'Afghanistan, c'est pas la maternelle de Neuilly, Beslan ou un avion détourné.
  2. Tiens, d'ailleurs: http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2009/10/la-l%C3%A9gion-%C3%A9trang%C3%A8re-naura-pas-sa-propre-base-de-d%C3%A9fense.html#comments Apparemment, la Légion n'est pas appréciée administrativement, ou plutôt, le ministère n'a pas envie de dire publiquement que la soi-disant rationalisation est aussi une carte politique de répartition des régiments, surtout dans un coin de France avec vraiment beaucoup d'élus de droite.
  3. Et en tant qu'ex-fusco, Fusilier, tu penses quoi des capacités d'opération amphibie du GIGN? Ils refont le D-day à eux seuls? Ou ils pourraient aussi nous régler cette chierie d'Afghanistan rapidos; ils doivent aussi être experts pour s'organiser en commandos de chasse, exécuter une stratégie régionale d'aéromobilité, encadrer la formation d'une infanterie régulière afghane et sécuriser et reconstruire des villes et villages, non?
  4. En tant que passionné d'histoire organisationnelle des armées, ce truc me fait me poser des questions sur l'impact de ces évolutions à court et moyen terme. Rapidement, ce que ce genre de trucs m'évoque comme possibilités, si ces CFIM durent et deviennent la norme: - l'esprit de corps, l'identité, va désormais à la brigade autant ou plus qu'au régiment, faisant, sur ce point, de chaque brigade un petit corps marquant à vie. - les viviers se partagent moins: on pourrait même évoluer, comme les Anglais, vers une proportion de recrues strictement délimitées par des zones de recrutement correspondant à chaque brigade. L'effet corollaire est de renforcer le premier phénomène, l'identification - comme nouveau "corps" informel, ces CFIM sont des organisations, des administrations, donc ayant des responsables en lutte pour les budgets et les attributions, soit entre eux, soit surtout en tant que nouvelle chapelle. On peut imaginer des responsables développant, d'un commun accord, des plates-formes communes d'entraînement ou de spécialisation pour rogner sur les autres structures d'entrainement et de formation, avec l'argument, contre certaines d'entre elles, que les dits CFIM sont plus gros, plus modernes, qu'ils présentent desa vantages de coûts/efficacité (bonjour les études biaisées de tous les côtés :lol:).... Le bastringue habituel. A l'opposé du spectre, elles essaieront de rogner tout ce qu'elles peuvent côté recrutement, pour se créer des chasses gardées, ne serait-ce que pour éviter que certaines brigades, armes ou spécialités mieux représentées au ministère, s'accaparent les meilleures recrues et puissent choisir (ce qi renvoie à mon 2ème point) - ces organismes auront un impact certain sur les brigades elles-mêmes, au-delà des chapelles et des identités: la brigade devient le réservoir autonome, qui plus est qu'on essaie de plus en plus de déployer par GTIA organiques issus d'une même brigade (plutôt un bon truc). Une structure de formation de base jointe à chacune concourt de cette autonomisation renforcée; sans aller jusqu'à l'autogestion, il est clair que les brigades deviendront, comme c'est déjà admis via les bases de défense qu'on fera vraissemblablement grossir en en réduisant parallèlement le nombre global, ZE échelon de gestion de référence qui rendra des comptes (et qui seront mis en concurrence entre eux) - mais le premier impact sur les brigades, au-delà de cette autonomisation, sera inévitablement une course à la spécialisation ou au caractère particulier (surtout entre les brigades polyvalentes qui vont en avoir besoin), qui concourt de la quête des budgets (ou de la lutte contre leur rognage). La concurrence entre elles va les pousser à s'affirmer. Là je pense en particulier aux 6ème BLB et 9ème BLBM dont le caractère bâtard semi-amphibie, de plus en plus menacé, va les pousser, sans doute l'une contre l'autre, à revendiquer la place de brigade amphibie avec moyens concentrés et non plus dilués. Ce qui ne déplairait pas à Fusilier ;). Dans cet esprit, chaque brigade cherchera aussi à être un "corps expérimental" de quelque chose, et à avoir son propre "pôle d'excellence" unique. Bref, c'est l'impact que je peux voir dans les évolutions actuelles: passé le stade du système régimentaire qui bat de l'aile sur pas mal de points, on renforce le système "brigade based". Mais là où les ricains fondent leur système sur des brigades organiques opérationnelles (BCT), on fait plutôt dans la "brigade corps", réservoir d'unités et solutions tactiques clé en main. Si c'est bien fait, c'est pas un mauvais système, vu qu'on déploie quand même rarement des corps expéditionnaires de l'échelon brigade. Et évidemment, il faudra voir quelle sera la part de l'entraînement réservé à l'emploi en grandes unités: plus tellement les brigades en elles-mêmes (qui ne sont définitivement plus un échelon de combat), mais en GTIA ou groupements de GTIA de ailles diverses qui seront vraissemblablement les "divisions à la carte" qui se dessinent. Mais aussi à l'échelon corps d'armée pour nos tous nouveaux tous beaux EMF et CRR-FR. Le savoir-faire en grandes unités, ça reste le fond du business de la crédibilité. Le parallèle de cette évolution, c'est le sabrage massif dans les effectifs du centre (ministère....), pour une organisation/gestion devenue plus "fédérale". mais le risque, c'est de voir tout être fait aux petits pieds, avec rognages de bouts de chandelles partout et le mécontentement de tout le monde à force de ne vouloir brusquer personne en face. Auquel cas, on aurait des trucs mal ficelés, de nouvelles chapelles puissantes et de fausses économies.
  5. J'avais pas vraiment noté cette histoire des CFIM: ça ferait quoi? Un par brigade et un par spécialité non embrigadée? On a des détails sur les effectifs, le taux d'encadrement, la durée? Rôôô, fais pas ton martyr!
  6. Tancrède

    Appui, support, soutient, ...

    Faut pas chercher à trop trouver de définition absolue et fixe, parce que ce sujet là est emblématique de toute l'histoire de l'organisation militaire: entre la fonction nominale d'une unité et l'organisation en bataille, il y a une barrière indéfinissable de façon arrêtée pour toute définition. Exemple le plus con: 3 soldats d'un GC se retrouvent coincés par des adversaires. Nécessairement, à un moment, le responsable va dire à l'1 des 3 "couvre nous" pendant qu'il va, avec le 3ème, se bouger le cul et manoeuvrer. Que peut-on en déduire? De combattant de mêlée, celui qui reste sur place pour fixer l'adversaire de son feu (avec ou sans une minimi ou autre arme collective) vient en quelque sorte d'être transformé en appui. Faut donc pas chercher non plus trop loin. Tout le problème de l'administration d'une armée est qu'on n'assigne bien évidemment pas un rôle unique et absolu à une unité comme si on était sur une chaîne de montage. Quand, par manque d'effectifs (soit qu'on en ait perdu un max, soit qu'on en ait besoin de plus), on organise les tringlots, les cuistots, les vaguemestres, les infirmiers, les hommes "au dépôt".... en unités de combat, on transforme le soutien en arme de mêlée dans un processus qui a une histoire glorieuse, surtout en France: on fait un bataillon (ou une compagnie) de marche. Quand une infirmière a fait le coup de feu au Tchad avec des fantassins il y a quelque temps, a t-elle cessé pour autant de faire partie d'un corps de soutien? Donc là, ton problème n'est pas entre la définition de l'appui, du soutien et du combat, mais entre les affectations fixes et les unités organiques d'une part, et la réalité souple de l'organisation au combat. C'est toute l'histoire des unités et des grades: le colonel était à la base un capitaine à qui on donnait une autorité sur les autres capitaines dans une unité autonome, le général de brigade était au début un colonel qui devait commander aussi un groupement temporaire avec d'autres colonels sur lesquels il devait avoir une autorité, la brigade était un groupement temporaire de bataillons prélevés sur les régiments existants.... Entre l'affectation organique théorique et l'affectation au combat, on crée des organisations différentes, dont certaines finissent par s'enkyster, d'autres non. Pour les définitions d'armes, c'est souvent pareil, et c'est pourquoi on cultive quand même les savoirs-faires de combat de base partout (les Marines ayant poussé le vice un cran plus loin, au moins en théorie, avec l'idéologie du "chaque homme est un fantassin"): tout soldat d'une unité déployable est avant tout.... Un soldat .
  7. Ben.... Faut dire que la tenue traditionelle basque qui va avec la musique du 1er RPIMA, ça aide pas à se sentir "élite". Même si c'est sûr que ça fait se sentir "spécial".
  8. :-[ .... De toute façon, n'importe quel Breton, même le plus bourré, vous le dira: la meilleure unité, la plus au point, la plus entraînée, c'est le Bagad de Lann Bihoué. Non mais.
  9. Tancrède

    Appui, support, soutient, ...

    Ouaip. D'ailleurs, quand on voit dans la réalité, qualifier par définition le Génie Combat d'arme d'appui est un peu rude vu que ces gars sont souvent de fait des fantassins de première ligne (spécialisés certs). Mais à la base, par définition, l'artillerie est ZE arme d'appui: pour elle, c'est pas une préciosité, le canon de 155mm ayant du mal à être déployé comme arme de mêlée. En tout cas le CID n'est pas encore arrivé à définir un concept où il le serait .
  10. Y'a beaucoup de ça; et à mon avis aussi, une question culturelle qui handicape la conception stratégique du gros des familles aristocratiques carthaginoises. Comme je l'ai évoqué, ils se conçoivent avant tout comme des princes marchands, et voient Carthage comme Athènes pouvait se voir, à savoir comme une cité avec un micro domaine agricole propre (les environs immédiats de la ville) et surtout des dépendances commerciales tributaires plus ou moins intégrées (mais en moyenne pas des masses) tournant autour de points d'appuis que sont quelques villes comptoirs, elle réellement développées et intégrées, la plus connue et la plus importante étant Carthagène (la "nouvelle Carthage"). Elle ne se voit pas comme un empire (sauf commercial) et encore moins un Etat territorial; en conséquence, les préoccupations sont celles, immédiates, des carthaginois au sens le plus strict, à savoir les citoyens (et surtout ceux "qui comptent") de la ville elle-même et de ses quelques colonies urbaines de peuplement ultra-marines. De ce point de vue, Rome est plus avancée, avec une conception de sa citoyenneté et de sa cohérence moins restrictives (même si on est encore très loin de l'Edit de Caracalla évidemment), et une vision plus large. En tout cas au moins pour ses dépendances immédiates dans le centre de l'Italie qui offre une base déjà pré-patriotique plus large que la seule Cité romaine. Le sud grec de l'italie, la Sicile et le nord gaulois ont lâché Rome, mais le centre tient, du pô au sud du Latium. Sans doute aussi Rome a t-elle une vision différente de l'urgence et de l'instinct de la lutte absolue, à mort et sans compromission. Apparemment, côté carthaginois, le clan des Barca (Hamilcar dans la 1ère Guerre Punique, Hannibal dans la seconde) et ses soutiens a été le seul a concevoir le danger romain et à rechercher en conséquence la guerre totale et d'anéantissement, que ce soit par clairvoyance stratégique et/ou par ambition personnelle. D'ailleurs, la victoire romaine, si absolue, aurait-elle été possible sans l'incursion d'Hannibal? Les Romains auraient-ils conçu une guerre en termes si absolus et réussi une pareille union nationale, une pareille mobilisation, sans le danger total et immédiat? Sans doute que non, et la guerre aurait été cantonnée à des affrontements dans les colonies. Ceci dit, quand Hannibal est en position d'assiéger Rome, il n'y a pas encore beaucoup de troupes romaines en Hispanie: c'est après que Scipion peut faire valoir sa stratégie et obtient les moyens d'une expédition sur les possessions carthaginoises. La première expédition d'Espagne a quand même été largement jugulée par les frères d'Hannibal, et la position romaine avec ses alliés du nord de l'Espagne très compromise. Mais sur le patriotisme et le messianisme (divinisation de la Cité mère, projection et vision d'un grand avenir, blablabla), les 2 cités n'ont rien à s'envier côté nombrilisme et cohésion. Et question moyens, Carthage, à cette époque, est vraiment plus riche que Rome: les moyens n'auraient pas manqué si la conception stratégique et la volonté avaient été communes. L'opposition aux Barcacides, qu'elle soit purement celle d'un affrontement clanique d'aristos ou corresponde aussi à une vision et à une conception différentes de la Cité, de ses intérêts et donc de la guerre, a au global été trop conservatrice, petit bras et sur la défensive tous azimuths, ce qui, vu la taille du théâtre des opérations, était quand même bien plus illusoire que la volonté d'Hannibal de frapper à la tête et au coeur de la volonté adverse. Mon avis est donc que, pour des raisons culturelles/mentales autant que pour des questions d'ambition et de querelles de pouvoir, le commandement carthaginois a loupé le momentum qu'Hannibal avait réussi à créer; les querelles de pouvoir et la mentalité aristocratique restrictive des élites d'une Cité Etat contre la vision impériale des Barca, deux conceptions qui se sont affrontées au mauvais moment. Mais les Romains n'étaient pas moins corrompus ou moins aristocratiques; eux ont eu l'urgence du couteau sous la gorge pour se coaliser. Sans doute aussi l'avantage de la loyauté pré-patriotique d'une base territoriale plus large (l'équivalent du centre de l'Italie pour les Carthaginois, c'était le sud de l'Espagne, soit un territoire séparé du leur par la mer). J'exagère peut-être aussi ces facteurs: la diplomatie romaine a été efficace, notamment en ouvrant un front en Afrique (bien avant l'expédition de Scipion) via l'alliance avec les Numides. Il y avait, à ce stade, des conditions objectives à la retenue de renforts. Mais c'est quand même une direction politique coupable qui a rendu possible le ressaisissement romain et qui a rendu efficace la stratégie de terre brûlée en italie. L'action d'Hannibal ne pouvait se faire sans vitesse et suivi constants. Faire cet effort aurait permis une chute de Rome dans l'année et donc une occupation très momentanée des dites ressources en Italie. Plus que tout, c'est l'utilisation du temps qui a été le facteur dominant, et là, les élites carthaginoises, pour de bonnes et beaucoup de mauvaises raisons, ont trop atermoyé. Et ce temps, après des incompétences crasses et des querelles comparables, les élites romaines ont pu en bénéficier, puis le prolonger via la terre brûlée et la multiplication des fronts. Mais s'il est une chose qui est certaine, c'est qu'il faut oublier toutes les conceptions traditionnelles et manichéennes qu'on a de ce conflit: - vertu romaine contre corruptioon carthaginoise - civilisation romaine jeune et "montante" contre vieille puissance installée et décadente - armée de mercenaires peu motivés contre armée de citoyens patriotiques - un génie omnipotent qui décide des batailles (parce que autrement, évidemment, ces décadents tueurs d'enfants nauraient jamais rien pu faire) contre un peuple dont les vertus finissent par l'emporter bref, tout ça, ce sont des stéréotypes que nous ont transmis les romains, seuls dont les chroniques (pas vraiment des analyses historiques scientifiques) ont traversé le temps.
  11. Yup! Mais t'en fais pas, au fond de nous, on a tous ce petit fantasme d'avoir, malgré la raison et la logique, la réponse à cette question: qui c'est les plus forts? On a beau travailler la question militaire, on a toujours ce truc planqué bien au fond. Ca va avec l'envie de savoir qui a la plus grosse et qui pisse le plus loin.... C'est génétique chez les mecs :lol:. On veut savoir!!!!!
  12. Un des problèmes est qu'on manque de beaucoup de données, notamment sur le côté carthaginois (archives envolées et transmission en général disparue avec la disparition de la ville et de la civilisation carthaginoises), et que le peu qu'on a, très partiel et très "standardisé" (les récits de ce type ont des codes particuliers), ne vient vraiment que du côté romain. Ceci dit on a une meilleure connaissance des armées carthaginoises depuis quelques temps: il n'y a pas que des mercenaires, loin de là. il y a avant tout des unités d'élite (la "Bande Sacrée" surtout) et une infanterie lourde de type hoplitique évolué ombreuse et proprement carthaginoises, des infanteries médiane et légère africaines et espagnoles efficaces liée par d'autres moyens que seulement le mercenariat (en fait, le gros des effectifs non carthaginois est fait de contingents féodaux, certes payés, mais plus motivés que de simples mercenaires). De même on trouve une cavalerie lourde et un corps des éléphants (même si celui-ci a mal vécu les Alpes, comme on sait) carthaginois, ainsi qu'une cavalerie espagnole particulière (2 hommes par chevaux: 1 cavalier et 1 fantassin médian monté avec lui). Ajoutons les mercenaires stricto sensu: fantassins gaulois, frondeurs baléares et cavalerie légère numide. Les hypothèses sur le non-siège de Rome (le coup des délices de Capoue étant plutôt de la propagande romaine sur les "orientaux décadents", par rapport à la virtu romaine) tournent effectivement plus autour de savoir pourquoi il n'en avait plus les moyens. La nécessité du siège est évidente, et on a rarement vu quelqu'un d'aussi clairvoyant qu'Hannibal, et surtout d'aussi décidé dans sa lutte contre Rome (sa famille, les Barca, a quand même un sacré historique en ce sens), se gourer et rater un objectif aussi conséquent. Absence de moyens de siège? Réserves logistiques trop limitées? une chose est sûre, son armée a perdu du monde et ne reçoit pas de renforrts en effectifs suffisants, alors même que les finances de la Cité punique se portent plutôt bien et que son commerce maritime va encore bien, mieux que celui de Rome qui n'a alors pas encore établi de prééminence maritime. La vérité est plutôt, comme très souvent, surtout dans l'Antiquité, à trouver dans Carthage elle-même et les querelles de pouvoir et d'opinion au sein des instances de décision de la Cité: - on craint le général ambitieux aux succès trop éclatants, surtout s'il est le chef du plus puissant clan de Carthage - la nécessité, surtout vue depuis Carthage, semble être surtout de protéger le commerce maritime et les possessions espagnoles et africaines N'oublions pas que Carthage est une oligarchie aristocratique, donc un lieu d'affrontement des potentats. Et plus encore, lle ne se conçoit pas comme un Empire, moins encore comme un Etat, mais comme une Cité Etat, qui plus est une Cité Etat commerçante. Ses aristocrates sont des princes marchands, pas des seigneurs féodaux et encore moins des chefs d'Etats. Pour eux, seule la ville et le commerce compte en définitive. hannibal voit plus grand, pour sa ville et surtout pour lui-même et les siens (lui semble déjà penser en terme d'Empire; et l'exemple d'Alexandre, si différent de la conception grecque de l'Etat, est présent dans tous les esprits hellénisés, même s'il ne fait rêver que quelques-uns). Et c'est sans doute ce dernier aspect qui doit vraiment empêcher son renforcement en Italie: l'assemblée carthaginoise se méfie de l'étoile montante d'une part, et elle ne comprend pas la nécessité d'aller si loin, d'autre part. Elle ne semble pas en outre avoir pris la mesure de la détermination et de l'ambition romaine qui ne conçoit la guerre qu'en termes de victoire absolue et définitive, et cette guerre comme une lutte à mort, et ce encore plus depuis l'incursion d'Hannibal qui motive toutes les peurs, et donc toute la haine et toutes les énergies des Romains. Il me semble justement qu'il ne l'est pas tant que ça: les lignes maritimes restent ouvertes, et le Sud de l'italie est rapidement soutenable depuis Carthage. Il me semble plutôt que c'est justement la division politique qui retient sciemment le gros du soutien dont il a besoin, n'envoyant que ce qyui est juste nécessaire pour pouvoir dire publiquement que le Conseil soutient son enfant chéri victorieux et ne pas avoir l'air de le torpiller (ce qu'ils font pourant dans les faits). Cette opération de relations publiques est d'autant plus plausible que le gros des renforts envoyés cette année va en Espagne, sous le commandement du frère d'hannibal (ce qui doit leur permettre de dire "vous voyez? On n'a rien contre les Barca"). Différence de perception des enjeux, de l'ambition, de l'intérêt et de l'adversaire d'une part, affrontements politiques internes de l'autre. Moi ça me semble être le fond de l'affaire. Parce que question moyens, Carthage est plutôt plus riche que Rome à ce moment.
  13. Et la réponse est que le "meilleur" entraînement est quelque chose qui n'existe pas: le meilleur pour quoi? "Meilleur" dans l'absolu, ça n'existe pas.
  14. C'est sans doute cet aspect là qui me file vraiment les chocottes; déjà qu'on s'oriente vers une procédure judiciaire à 2 vitesses, si on ajoute ça en plus.... Et on aura sans doute droit au sempiternel argument selon quoi "c'est la modernité".
  15. Dans ce programme espagnol, tous les soldats ont l'imagerie thermique et l'intensification de lumière? Sinon, le truc a l'air bien plus maousse que les autres, y'a pas que le fusil: sérieux, les mecs ont l'air de footballeurs américains avec harnachement total. Quand au truc santé, j'aime bien la formulation du "toute l'information"; on en est pas encore vraiment à l'appareil portable de diagnostic universel. Ou en tout cas le corps médical serait au courant si c'était le cas. Ca fait un de plus: on a vraiment l'impression de n'avoir que des publi-reportages dythirambiques sur tous ces programmes de super guerrier du XXIIIème siècle. Et qui plus est de n'entendre à peu de choses près que le même publi-reportage, où ils vous font un paragraphes pour dire que le machin a une visée déportée et "va-tirer-dans-les-coins-passke-les-coins-c'est-vachement-dangereux-pour-la-santé-du-soldat-qui-défend-son-pays-l'amour-et-la-liberté". Y'a t-il si peu à dire sur ces programmes pour qu'on répète sans arrêt et sous toutes les moutures les 3-4 vraies infos qu'on daigne publier, qui plus est en utilisant 25 mots là où 4 suffiraient? Je sais que quand il n'y a rien à dire, le mieux à faire c'est d'en parler, mais quand même, il doit y avoir une limite. On n'a quand même pas eu beaucoup de vrai concret sur le sujet depuis un bail.
  16. Il me semble que la Constituante l'était, et même particulièrement; mais ça ne veut pas dire que la FM la "dirigeait". Une loge maçonne, dans le Paris pré-révolutionnaire (et dans les autres grandes villes d'ailleurs), c'était juste un des multiples clubs où il "fallait" être, comme il fallait être dans certains salons, clubs.... Juste un élément de la vie sociale de l'aristocratie, de la bonne bourgeoisie et du clergé séculier. Beaucoup de gens en étaient; mais juste pas plus que ça, en passant. Faut quand même pas oublier que la Constitution de 1791 et la première partie de la Révolution n'ont rien de particulièrement "révolutionnaires"; c'est du calme, du très conservateur, du très élitiste, et la première mouture de la DDH comme la 1ère constitution sont quand même du maintien du statu quo socio-économique avant tout. Une Fronde en douceur en quelque sorte, avec les idées à la mode. Celle-là, je la trouverais même déjà en partie socialiste-ouvriériste, pas au sens marxiste (ex, ils étaient encore balbutiants et dans la rue), mais au sens des corps de métier organisés en mouvements plus clairement représentés, et avec des revendications idéologiques déjà formulées. Les carbonari et mouvances socialistes (dont vient Napoléon III), les blanquistes, les baboeuvistes sur le retour et autres sont au moins aussi actifs que les diverses mouvances libérales et républicaines. Justement, les francs-maçons me semblent plsu confondus dans la masse dans cette révolution là, par rapport au côté "profil haut et présence massive" de 1789-1791 où, en tant que force de proposition et de coordination, ils me semblaient être les seuls un peu organisés et cohérents (les clubs étaient quand même plus anecdotiques en termes d'effectifs).
  17. Y'a fockin'yankee wanker: the South'll raaaaaaaise again, I tell ya! Me granpa always tells me so at the Gettysburg reenactments! And don't call us rednecks or hillbillies: we prefer appalachian Americans. Désolé, c'est épidermique; j'adore les gros ploucs du Vieux Sud.
  18. Tiens, d'ailleurs, on peut utiliser cette époque en exemple de réseaux sociaux TRES actifs et autrement plus impliquants que ceux dont on parle. La franc-maçonnerie était alors très présente dans la Constituante et dans la partie libérale des révolutionnaires: l'assemblée de 1789-1791 fut sans doute la plus franc-maçonne de l'Histoire. Ca n'a pas empêché les divisions, les oppositions, les clans ennemis, la violence jusqu'au-boutiste et les règlements de comptes. Une preuve de plus qu'être d'accord sur les grandes idées et concepts vagues, même en arrivant à construire des mouvements réellement militants pour les promouvoir, ne supporte pas l'épreuve de la réalité concrète, de l'application dans le gouvernement effectif et des détails (et oui, gouverner, dans les faits, une fois définis les axes, c'est avant tout mettre en place des milliers de points de détails, souvent éloignés des perfections abstraites) où, c'est bien connu, le Diable se cache toujours. Les Sans-Culottes eux-mêmes furent des organisations de réseaux sociaux et socio-professionnels et, de fait dès 1790, devinrent des fonctionnaires, professionnels du mouvement de rue sur commande. la part jeune et plus idéaliste de cette population a du rapidement partir au front en 1791, si bien que les "mouvements populaires" des années 1791 à 1794 (essentiellement jusqu'à Thermidor), sont en fait plus des agitations sur commandes de tels ou tels, résultant de négociations correspondant aux intérêts bien sentis de ces "syndicats" d'agitateurs professionnels. Mêlés à ces réseaux, mais pas confondus, on trouve aussi les anciennes corporations de métier, dissoutes par la Loi Le Chapelier mais toujours bien vivantes dans les faits, correspondant à des réseaux d'amitiés et de loyautés, à des fraternités et modes de fonctionnement initiatiques résumés sous le terme de "franc-maçonerie opérative" (que j'ai évoquée plus haut). Il s'agit en fait de la "vraie" maçonnerie médiévale (déjà vraie parce qu'elle est faite, entre autres, de vrais maçons et tailleurs de pierre :lol:). Les origines de ces corporations de métiers sont floues et, au final, peu connues, sinon qu'on attribue la paternité de leur organisation et de la formalisation de leurs "rites" aux ordres guerriers, notamment les templiers (mais déjà, cet aspect concourt d'une littérature à sensation savoureuse mais rarement crédible). Des proto-organisations de ce type existaient dans l'Europe occidentale médiévale avant les croisades, si bien qu'on ne leur connaît pas de date de naissance formelle ni d'origine unique. Mais le fait est que ces fraternités et hiérarchies sont alors puissantes, et dans le Paris révolutionnaire, le Faubourg Saint Antoine (encore aujourd'hui, malgré l'invasion des bobos qui les chassent progressivement en faisant cramer le prix de l'immobilier, des ateliers magnifiques subsistent) est le coeur de ces organisations d'artisans et ouvriers, autrement plus sérieux que les sans-culottes qui deviennent rapidement des surfeurs d'agitation professionnels dont l'intérêt est un vrai business de l'émeute "spontanée". Il s'agit de corps de métiers, dans chacun desquelssubsiste la vieille hiérarchie des maîtres, compagnons et apprentis, organisés en ateliers (ou loges) et constituant autant de sociétés initiatiques apprenant un idéal de vie au travers du travail spécifique de la corporation. Ils étaient dits "francs" maçons au Moyen Age car leurs professions et secrets de savoirs-faires étaient suffisamment importants pour justifier un statut d'exemption de charge fiscale et de nombreuses contraintes légales. Chez eux, l'importance de la notion "d'homme libre" ou "affranchi", remonte très loin. Aujourd'hui, il en reste les associations, ou fraternités, des Compagnons du Devoir et Compagnons du Tour de France (et si vous avez un chantier chez vous, c'est ces mecs là que vous voulez voir oeuvrer :lol:). Leur vocabulaire pour les rituels et l'organisation est à l'origine de celui de la Franc-Maçonnerie. Ces réseau sociaux (puisqu'après la Loi Le Chapelier, ce ne sont plus des institutions légales contraignantes organisant l'intégralité de leur activité professionnelle) sont aussi à l'origine de l'agitation sous la Restauration et la Monarchie de juillet, et on les trouve aux premières loges des Révolutions de 1830 et 1848. A partir de cette dernière, on constate des scissions au sein de ce monde ouvrier, entre cet ensemble d'artisanats et manufactures de haute technicité (charpentiers, menuissiers, ébénistes, couvreurs, vitriers, ferronniers et ferronniers d'art, maréchaux-ferrants, graveurs, imprimeurs, relieurs, typographes, gantiers, tisserands, maçons, tailleurs de pierre, mineurs spécialisés, typographes....) et le monde de la grande industrie. Le socialisme historique (en fait une des formes du libéralisme philosophique, couplé aux modes d'organisations sociales de ces métiers) se trouve concurrencé par le marxisme naissant et les autres idéologies socialistes ouvriéristes typiques du XIXème siècle (blanquisme, proudhonisme....). La Commune, par exemple est à la fois le moment où ils ne sont plus qu'une voix, plutôt dissonnante, dans la contestation, et leur chant du cygne.
  19. Tancrède

    Noms des blindés français

    Et les véhicules qui sont en fait des vieux trucs resucés à la hâte avec 2-3 customs, ou des machins très cheap, on les appelle comment? Cuby :lol:? Pour les noms de victoires, on peut sortir, les nombreuses qu'on a contre: - les Anglais - les Autrichiens - les Allemands (avant et après union) - les Italiens (avant ou après union) - les Espagnols De toute façon, y nous achètent pas grand-chose en matière d'armement terrestre.
  20. Le problème, c'est que tu sais aussi bien que moi que ce prix de 26 afganis peut être tout aussi faussé que l'évaluation à 400$; les Ricains peuvent tout connement défalquer les surcoûts d'approvisionnements et les comptabiliser à leur charge (à celle de l'Etat bien sûr, faut pas nuire à la surfacturation des contractors; ils dépensent tellement en lobbying) pour ne pas rendre le prix à la pompe insupportable à une économie qui redémarre à peine et ne pas handicaper encore plus le gouvernement karzai, au moins dans les grandes villes. C'est une forme de subvention/aide comme une autre.
  21. Je prends ça au pied levé, mais la logique conduirait à penser, à priori, que ce n'est pas le prix auquel ils paient l'essence, mais le coût du gallon d'essence jusqu'à son introduction (non ce n'est pas cochon) dans le véhicule, à savoir que ces 400$ incluent le coût d'acheminement sur zone, donc de toute la chaîne logistique, qui passe quand même, depuis l'océan indien, par le Pakistan via des routes longues, lentes et dangereuses, qui plus est dans des camions de contractors privés (les conducteurs sont à 25 - 30 000$ par mois). Et souvent, pour l'acheminer aux bases un peu avancées, on ajoute un trajet en avion ou hélico. Donc 400$, c'est très possible, mais c'est moins le prix de l'essence que celui de la chaîne log: l'eau, amenée en quantités comparables et par le même type de véhicules, doit être au même prix (avec 99,5% pour le transport, et 0,5% pour le produit en lui-même).
  22. Et quelle part du CA et de la valeur ajoutée est faite en France? Quelle "utilité sociale", ou utilité pour le pays (économique, technologique, sociale proprement dite, macro et micro-économique), ces boîtes ont par rapport à celle d'il y a 50 ans? Quel chantage à la délocalisation peuvent-elles exercer? Quelle contribution réelle à la richesse nationale (et non le PIB/PNB n'en est plus un comptage pertinent: peu représentatif de la réalité comptable effective, tant pour les sommes versées aux impôts que pour le niveau d'activité ou la richesse induite dans un tissu socio-économique local et national)? Les grandes boîtes sont des entités dégagées de toute idée de contribution nationale: ce sont des entités féodales, souvent plus importantes que beaucoup d'Etats, sans impératifs autres que la satisfaction de la logique de leur profit (leur activité ne compte que jusqu'à ce qu'on en trouve une autre plus rémunératrice). Illusions et généralités dogmatiques. L'auto-régulation n'a jamais existé, ni pour les individus, ni pour les entreprises; mais bizarrement, ce dogme monétariste où l'Etat est le mal et le problème prescrit l'anarchie pour les entreprises (l'anarchie étant l'ordre sans le pouvoir), mais pas pour les être humains (parce que là, ce serait le bordel). Et la logique de l'intérêt égoîste et individuel serait la garantie de l'équilibre? Qui a commandé un suicide collectif? Là encore, illusion et facilité de langage: bien sûr que c'est pas sain de sauver des grosses boîtes qui merdent. Mais on vit dans un monde réel: si une seule multinationale se plante, c'est d'un coup des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de gens sur le carreau. Aucun tissu socio-économique ne peut recaser le 10ème d'entre eux rapidement dans d'autres jobs: c'est ça le "too big to fail". Ceux qui se revendiquent comme libéraux devraient être cohérents avec eux-mêmes (et avec Adam Smith d'ailleurs): la très grande entreprise est la négation du libéralisme. Les idées libérales en économie sont nées à une époque où si un business s'effondrait, c'était au grand maximum des maximum quelques centaines de gens sur le carreau, qui plus est des gens dont un certain nombre avaient un lopin de terre pour bouffer, ou des structures familiales autrement plus puissantes qu'aujourd'hui pour les soutenir. Et on pouvait retourner à la terre plus rapidement. Ce n'est pas le cas aujourd'hui: une grosse boîte qui ferme dans une ville, même grande, c'est 10 000 personnes sur le carreau. Un secteur en crise, c'est le triple ou le quintuple d'un coup, et ce dans une société d'individus isolés, et souvent dans des villes moyennes et des pays où on a pensé l'organisation économique géographiquement et sectoriellement (spécialisation, division du travail: seules les métropoles peuvent se permettre d'avoir plusieurs secteurs d'activité). Un citadin ne peut pas retourner à la terre et a bien peu de solutions de repli. Et la reconversion ne se fait aps rapidement, et surtout, passé 30 ou 40 ans, les gens aiment bien avoir un peu de visibilité, rapport au fait qu'ils ont une famille, ou des détails comme ça, mais aussi au fait que passé 35-40 piges, et surtout après 45-50, ben on apprend moins vite, on est moins mobile, on est un peu fatigué d'avoir changé plein de fois de carrière, et, il faut le dire, le plus gros de la population n'est pas capable de changer d'activité fréquemment, ou de monter sans cesse ses compétences.... La régulation qui consiste à laisser tomber les entreprises qui foirent est juste irréaliste pour les grandes et très grandes boîtes, surtout si elles ont un fort impact local. Lehman brothers (côté boîte et impact de sa chute) et Détroit (pour l'abandon d'un secteur) sont les exemples vivants (plus ou moins) de la pertinence absolument nulle de ce genre de "régulation". Bien sûr, sur le papier, chez les théoriciens, la péréquation est inévitable et la régulation se fait.... Sur 20, 30 ou 40 ans; mais ce n'est pas un mode de gestion politique, social ou macro-économique pertinent.
  23. Et dans ce terme de "minimum", tu peux caser tout et son contraire.... Et tu crois sincèrement que les têtes sont coupables (pas de jeu de mot)? Faut revenir dans le monde réel, on espère obtenir un droit de regard (très relatif), mais faut pas croire que changer la ligne de conduite d'une boîte assez grande pour être en Bourse est possible en coalisant des actionnaires, et si on obtient des têtes (Colette Neuville ou Ralph nader te le confirmeraient), c'est qu'elles gênent d'autres potentats qui les lâchent donc en pâture à la vindicte des petits actionnaires (mais on s'aperçoit quand même qu'elles se sont fait voter de somptueux émoluments sous diverses formes avant de partir). Elles font juste un peu de contrition publique dont tout le monde se tape sauf les cons et elles vont ailleurs où elles ont toujours des billes en place. Et des minoritaires, même s'ils représentent ensemble 95% de l'actionnariat, ne peuvent pas faire grand-chose face à 5% avec une unité de direction même relative. C'est mon quotidien depuis bientôt un an, et j'ai rencontré pas mal de monde dont c'est aussi le quotidien. Qui plus est, il faut placer ces choses non dans l'absolu éthéré, mais dans la réalité dynamique, à savoir le temps: le dirigeant moderne n'espère pas être dans une place plus de 4 ou 5 ans en moyenne. Rien qu'un mouvement d'actionnaires, même avec des circonstances favorables, pour parvenir à avoir de l'audience et de la puissance sur uns eul dossier, a besoin d'au moins autant. Ca c'est le monde réel de la direction d'entreprises cotées, et je ne parle pas que du CAC 40 mais bien de toute entreprise suffisamment grande pour être cotée. Même à moins de 50 millions d'euros de CA, les dirigeants de boîte (conseils d'administration cadres dirigeants et direction proprement dite) sont des politiciens qui ne vivent pas dans la même bulle de réalité que le commun des mortels. Et l'important pour eux est d'avoir une position pour se rémunérer de multiples façons (ça fait un an qu'on épluche et fait éplucher l'historique de la compta, on n'a pas encore trouvé tous les modes de rémunération des dirigeants), pour rester en place, se tirer dans les pattes ou s'entendre entre eux selon le sens du vent. Ben si justement: on peut pas sortir à tous les coups le "y'a une minorité de truands, mais les 99% de tel ou tel milieux sont cleans, ne jugeont pas l'arbre parce qu'il a 2 fruits pourris". Il y a une réalité des comportements, particulièrement dans l'évolution des instances dirigeantes du milieu des affaires et de l'entreprise depuis 30 ans, qui est devenue une généralité. Et faudrait avoir les couilles de la regarder en face. Apparemment, même la crise actuelle n'a pas réussi à forcer les instances étatiques à aller renifler le caca et plonger les mains dedans. Mais ceux qui sont en position de "casser les fratries" en font partie eux-mêmes et ne serainet jamais arrivés dans leur position si ça n'avait pas été le cas. Je rappelle que les instances judiciaires ou les postes politiques (ou corporate à l'intérieur d'une boîte) qui donnent l'autorité pour casser des systèmes d'entente qui passent trop fort la barre du niveau parasitaire, ces postes et instances sont aussi des positions de pouvoir où l'on n'arrive pas vierge de tout passé et par l'opération du St Esprit. les mêmes canaux, ou des canaux comparables, en forment les voies d'accès. Je pense que cette grande expression révolutionnaire de "la promotion au mérite" par opposition à la vilaine "promotion par la naissance" des privilégiés est une grande arnaque médiatique. Dans l'absolu, ça sonne bien; mais dans la réalité, le mérite est toujours évalué par des critères très imparfaits (ça c'est pour le côté inévitable et l'imperfection de tout système) et dont la marge d'erreur n'est pas petite. Mais surtout, le dit mérite et la dite promotion sont toujours jugés, arbitrés et décidés par quelqu'un, individu ou groupe. Et ces personnes ont des ascenseurs à renvoyer, des chouchoux à nommer, des sous-fifres à placer, des soutiens à récompenser, des opinions personnelles, compatibilités/incompatibilités et avis qui entrent en jeu.... Et globalement un intérêt personnel et une opinion imparfaite qui motuivent l'essentiel de leur décision. Même en écartant la part de l'intérêt personnel et des contraintes des réseaux sociaux/personnels, le jugment est par nature TRES imparfait et peut en plus être facilement biaisé: c'est un adage bien connu en entreprise que celui qui aura une promo est rarement celui qui vendra le plus ou réussira le mieux dans son activité, mais celui qu'on verra rester le plus tard (ça veut pas dire qu'il branle quoi que ce soit passé 18h), qui socialisera le mieux.... Du moment que, côté activité, ses résultats sont corrects, le plus est là, pas dans une performance qui n'est de toute façon que marginalement supérieure (si un mec "produit" le double ou le triple de tous ses collègues, c'est la super perle rare qu'on ne trouve que toutes les 15 années bissextiles, donc une exception statistique qui ne change pas le fonctionnement général du système). Contrairement aux apparences, je ne m'écarte pas du sujet (faut juste décrire la réalité des processus de choix de personnes ou de produits/services dans toute organisation humaine, civile, militaire, religieuse, publique ou privée), et pour répondre à ta question dans le prolongement de ce que je viens de dire, dès lors qu'on parle de pouvoir, de tous les niveaux hiérarchiques, où que ce soit, qui sont en position de prendre des décisions et d'influer sur une certaine part de la société voire sur toute la société, seule la logique individuelle compte au final. Elle est bien sûr toujours contrainte par les échanges de services qu'une personne a fait pour arriver dans cette position, mais c'est elle qui prime. En tout cas, la franc-maçonnerie ne fait pas partie des (rares) organisations qui peuvent vraiment contraindre les personnes au pouvoir, qu'elles soient des membres ou non, de faire tel, ou tel choix. Sans doute, au sein de réseaux sociaux montés au sein de la FM comme d'autres cercles de tous ordres (mais à ce moment, si on reste dans la caricature, le Racing Club de france ou le Stade français sont aussi des sociétés secrètes), on peut voir le jeu des échanges de bons procédés, des intérêts communs et des retours d'ascenseurs s'opérer; mais c'est le cas de tout lieu ou organisation où des gens se rencontrent un peu plus que superficiellement. Et même si les obédiences FM étaient des mouvements vraiment concertés essayant d'impulser une ligne politique, il faut quand même se rendre à l'évidence: ses membres ne sont pas une armée ou des gens que l'organisation a le pouvoir de contraindre, ou pas non plus une croyance qui rpovoque une loyauté puissante permettant d'organiser une action concertée. les Skulls and Bones, à cet égard, sont bien plus organisés et volontaires (épreuves initiatiques à base d'enregistrements de vos plus humiliants secets, entretien de dossiers, archivage des coups de pouce donnés à d'autres membres....), et l'organisation peut "faire tomber" un membre qui moufterait sur ce qu'on peut lui demander, le faire chanter.... Mais ces armes ne sont pas non plus si faciles à utiliser, chaque sujet ayant aussi beaucoup à dire, et de toute façon, tout le monde ayant intérêt à garder le business en place. C'est une famille incestueuse où les membres se tiennent par les burnes (surtout ceux qui sont en haut). Sa force est d'avoir peu de courants idéologiques qui contraindraient à une action générale de long terme et restreindrait l'admission de membres à un profil encore plus restreint, même si à certaines époques et sur certains sujets (création de la CIA et grands choix stratégiques initiaux de l'organisme par exemple), elle a clairement eu une "ligne politique" concertée. Mais la FM (quelle FM, y'en a plein en France) n'a pas les moyens du dixième de ce niveau de contrôle sur ses membres, quand bien même elle le voudrait. Et c'est pas non plus une religion/idéologie qui exigerait un serment du sang pour l'accomplissement d'un objectif plannifié sur des décennies. Encore une fois, le niveau de réseaux de copinages qu'on trouve dans les obédiences FM n'est qu'une possibilité de réseaux sociaux parmi d'autres, sans liens de proximité ou d'obligations supérieurs. En fait, je me méfierais plus des petites loges des diverses obédiences, dans les plus petites villes, où les cercles sociaux sont moins nombreux et moins peuplés, donc nécessairement plus endogames et concentrant en un seul endroit plus de notables d'un lieu. Là, à cet échelon local, ce réseautage est dangereux car le niveau d'entente potentiel (par rapport à tout ce qui est parasitable comme décision; contrats, nominations....) est infiniment plus grand.
  24. +23 000 000 pour Achille (désolé, je te françise en vertu de la loi Allgood ;); et si ça pouvait se remarquer, tu entendrais "Achille" prononcé à la marseillaise, avé l'assent). La "performance" s'apprécie sur 36 000 critères dont beaucoup sont incompatibles (et on choisit ceux qu'on présente), et la faillite sévite ou se provoque de bien des façons. Il se trouve qu'en ce moment, je chapeaute précisément un mouvement d'actionnaires et je suis en contact avec d'autres personnes dans les mêmes positions (y compris Colette Neuville qui est sur le cas Natexis): les manoeuvres internes, la façon dont les dirigeants s'en tirent et touchent du fric à droite, à gauche, par-dessus et en-dessous, assurent leur retraite, l'absence de loyauté, l'intérêt individuel qui prime tout, le choix des subordonnés-lampistes, la cooptation incestueuse des boards.... Je suis en plein dedans. Me parlez pas d'un monde simple, où la "performance" (terme général et creux où on met tout et son contraire.... Mais ça sonne bien, ça fait vendre) est récompensée, où les mauvaises directions chutent et où les boîtes qui "performent" pas font faillite, c'est du ressort de la gentille fiction vendue par les OVNI marketing comme l'opération "j'aime ma boite" (qui a aussi des dessous pas reluisants d'ailleurs, mais c'est une autre histoire). C'est de la propagande corporate, que bizarrement on ne condamne pas alors qu'on jette le haro sur un Etat qui se fait un peu de pub en l'accusant de propagande quasi nazie. Tous les mythes reaganiens résumés en une phrase.... Y'en a qui y croient encore? Le boulot des actionnaires, c'est de se faire du fric le plus rapidement possible et, depuis déjà bien longtemps, de ne pas garder de fric immobilisé dans une boîte très longtemps. C'est pas comme ça qu'on bâtit une économie solide, c'est pas comme ça qu'on développe une boîte à moyen ou long terme, c'est pas comme ça qu'on favorise le vrai investissement (par opposition à ce qui est le cas aujourd'hui, à savoir que les 2/3 de l'investissement mondial, sinon plus, sont des masses de fric joués sur des produits financiers à faible durée ou des "coups" de bourse rapides; en aucun cas de la trésorerie ou des financements de projets et de création de production.... Ce pour quoi la Bourse est censée être faite et qu'elle ne fait plus). Et le coup de "l'intérêt des actionnaires = celui du pays", faut vraiment débarquer dans le monde réel: l'actionnariat, du moins sa grosse part, à savoir les institutionnels et gros portefeuilles, est par essence l'antithèse de la notion même de pays et d'intérêt national. C'est de l'intérêt privé égoïste et de court terme qui est précisément LA force mondialisée et mondialisante par excellence, pour qui les frontières n'existent pas (juste pour réaliser des coups sur les taux de change et du chantage sur les dirigeants de pays, genre "si tu regardes dans mes comptes ou si tu parles d'impôts, mes potes et moi on retire nos billes de ton pays"; chantage réalisé sur Gordon Brown il y a quelques mois). Faut quand même arrêter avec cette illusion de la "Main invisible" qui relève de la croyance aveugle et pas vraiment d'une analyse réelle. Etfaut arrêter aussi avec cette mentalité du "State is the problem"; l'Etat, c'est la collectivité, c'est la légitimité, c'est la seule émanation du pays. Ah, ben alors depuis le temps qu'on condamne des corrompus, il ne devrait plus y avoir de corruption..... "Si le crime ne payait pas, il y aurait bien peu de criminels". Tout le monde est lié à tout le monde dans des réseaux de corruption ou simplement d'ententes et de cooptation; faut-il faire un génocide de la classe politique, et après on n'aura que des purs en politique? Les mêmes choses recommenceront illico; pour quelqu'un qui est visiblement de droite, tu as l'air de croire beaucoup au "Grand Soir". Les mécanismes qui posent problème sont précisément les mécanismes sans lesquels rien ne fonctionnerait; il s'agit de choix de personnes, de compromis établis pour parvenir à rassembler une majorité (dans une ville, une région, un parti, l'assemblée, le pays). Et il faut rassembler une majorité à chaque fois, sur chaque sujet, sur chaque sous-sujet.... Sachant que les comrpomis et piétinements que l'on fait pour obtenir un truc créent des ressentiments et oppositions chez des gens dont on aura besoin sur le sujet suivant.... C'est sans fin. C'est comme ça que ça fonctionne, et là-dedans, personne n'a confiance en personne (surtout au sein d'un même parti), on est dans le vague en permanence, on ne sait pas ce qui est de l'info ou de l'intox, tout le monde cherche à vous planter et chacun est ambitieux à titre individuel. Croyez-vous que dans un tel univers, les réseaux sociaux tels que la FM puissent vous contraindre à quoi que ce soit????? Non! C'est la nature même de l'activité politique (ça vaut aussi pour le monde des affaires à partir d'un certain niveau: c'est la même chose) et des gens qui la pratiquent qui veut et impose ces logiques, ces modes de fonctionnement et ces ententes toujours de courte durée. Si quelqu'un croit que même si un juge s'était payé Chirac en plein pendant sa présidence, ça aurait ralenti même d'un iota le moindre circuit de financement d'un parti, il se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate. L'affaire Urba n'a rien changé aux circuits de financement du PS; on a juste désigné quelqu'un pour encaisser. Il l'a fermé et il est revenu. pareil de l'autre côté avec Juppé. Ah? - le Grand Siècle: Richelieu, Mazarin, Fouquet, Colbert, Louvois, tous à un moment la première fortune de France entièrement fondée sur la confusion des caisses de l'Etat avec les leurs. Tous à la tête de réseaux de gigantesques de fidélités qui parasitent absolument les quelques règles de fonctionnemet théorique. Tous détournant des sommes gigantesques et se vouant aux trafics d'influence, aux prébendes institutionalisées, au népotisme délégué.... A une échelle industrielle. Pourtant tous de grands ministres dans ce qui fut l'une des plus belles périodes de la france. - le Siècle des Lumières: faut-il vraiment le détailler? Alors même que des procédures de droit public et administratif sont clairement et précisément établies pour définir un fonctionnement régulé de l'Etat, c'est ZE siècle de la corruption à tous les étages (en fait pas plus qu'avant, mais on la voit mieux qu'avant). - le Directoire, le Consulat et l'Empire: même pas besoin de préciser - le XIXème siècle de la Monarchie de juillet, de la IIème République et du Second Empire? Faut-il vraiment entrer dans le détail? - la IIIème République.... Panama, Stavisky, l'arnaque calculée des emprunts russes, la compromission, la collusion et la confusion permanente des personnels politiques et financiers, les députés à triple casquette (un pied dans un business, un pied à l'assemblée et les mains dans les contrats et réseaux locaux) qui composent la moitié de l'Assemblée, les radsocs-radis "rouges à l'extérieur, blancs à l'intérieur et toujours près de l'assiette au beurre", les notables locaux qui tiennent tout dans leur bled (contrats, élections, justice).... Pourtant, toutes ces périodes ont un moment d'apogée du pays; et je remonte pas plus loin dans la Renaissance ou le Moyen Age, car les notions de "corriuption" ou "d'esprit public" n'existent pas vraiment, ou en tout cas pas du tout sur des critères comparables (par exempel, les réseaux sociaux et happy few à accès limité, voire bloqués, et les ententes privilégiées de personnes à personnes, ou la répartition du fric de l'Etat comme un butin à partager..... Tout ça, c'est la règle et le fonctionnement normal). A quelle période faisais-tu référence? Je cherche. Faut quand même se rendre compte qu'on est, aujourd'hui, à un moment où la corruption n'a JAMAIS été aussi basse dans le pays. Et même si on est, depuis une trentaine d'années dans un mouvement de refermeture des accès à l'élite (financière, économique, politique) et de ré-aristocratisation, le parasitage de l'activité publique par les réseaux et ententes sociales a rarmeent été aussi bas en moyenne, et le fonctionnement de la règle administrative théorique aussi appliqué.
  25. Je relativise un point: à haut niveau, quand je dis qu'un dirigeant décideur s'entour de mauvais, je dis pas qu'il s'entoure d'handicapés mentaux et de bras cassés; à ce niveau, la plupart (pas tous non plus, loin de là) ont prouvé qu'ils avaient des neurones et des compétences. Mais le dit décideur s'entoure surtout, dans ce vivier, d'exécutants, de gens sans envergure ni ampleur de vue, de gens pas assez décidés pour oser vraiment prendre des initiatives, de timides, de gens au point, mais uniquement dans une ou deux spécialités.... Et aussi, là je le répète, de performers mais mis dans des postes sans lumières ou bien là où ils ne pourront pas bien se démerder. Etpis pour s'en débarrasser d'un dirigeant, dans le public, mais encore plus dans le privé, faut pas croire au coup du siège-éjectable-permanent-que-si-je-suis-pas-à-200%-je-dégage-aussitôt; ça c'est du marketing dans les interviews business et dans l'imagerie. Dans la réalité, les dirigeants et hauts cadres, ça a des torrents de chewing gum collés au cul pour rester sur le siège, des potes dans tous les coins pour orienter les choix, des mouvements, bobards, trucages, promesses et manipulations pour se vendre 1 an de plus aux gros actionnaires/membres du board (quand ceux-ci sont pas des potes, vu le niveau moyen d'inceste de boîtes d'une certaine importance.... Faut pas croire que c'est réservé aux très grandes), des maneouvres pour diviser les actionnaires, une façon de se vendre à la concurrence pour se rendre attractif même si les résultats sont pas là, des façons de biaiser les résultats et de présenter les critères d'analyse qui ne nuisent pas, des lampistes (susmentionnés) pour porter le chapeau de telle ou telle foirade.... Bref, c'est pas la franc-maçonnerie qui pèse lourd dans ces choix là, que ce soit dans le privé, dans l'administration ou en politique. Surtout que plus on est à haut niveau, moins les allégeances valent face à l'individualisme forcené et à la lutte de jungle entre les happy few du haut de la pyramide: les réseaux sociaux ne comptent que modérément (à ce stade, on est dans 15 000 réseaux, et ils ne vous portent d'intérêt que comme vous leur en portez: un petit prêté pour un petit rendu). Mais après tout, c'est ça l'histoire de la civilisation; il faut bien que subsiste l'affrontement sauvage et non régulé des individus, mais juste à ce haut niveau, pour que le reste de la société soit régulé et le niveau moyen d'abus relativement sous contrôle. Ca ne rend pas la chose plus réconfortante pour ceux qui sont encore lésés par telle ou telle entente borderline ou abus manifeste, mais ils sont quand même plus une minorité qu'à n'importe quel autre stade de l'Histoire. perso, ça m'aurait pas plu d'être dans une société aristocratique et d'Ancien Régime où la corruption, l'entente et les réseaux sociaux privilégiés étaient aussi institutionalisés qu'inaccessibles (ou presque) à ceux qui n'y étaient pas nés.
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