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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Pourquoi? L'UE n'est pas un pays et son régime ne pèse pas lourd en termes de légitimité ou de démocratie. Le Parlement représente une part minoritaire de l'électorat/des électorats européens, et il n'y a pas de scène politique européenne, pas d'espace public. On a 27 scènes politiques et 27 pays qui eux ont des gouvernements légitimes et légaux, et un vieux truc qu'on appelle le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, fait encore plus évident quand on voit qu'il n'y a aucune notion, même minime, d'un bien public européen: chacun ne pense qu'en fonction de son pays (et encore, vu le niveau de citoyenneté de nos jours, l'intérêt général est une notion vraiment très vague dans la perception individuelle). Il n'y a donc pas vraiment de Res Publica européenne: les Parlements nationaux sont infiniment plus légitimes et représentatifs. Faut arrêter de prétendre parler au nom de 500 millions de personnes, ou s'imaginer que ces 500 millions attendent le traité: personne n'a demandé leur avis au quart d'entre eux, et quand ça a été fait, les résultats n'ont pas été ceux évoqués. Et faudrait surtout éviter de mentionner les taux de participation là où le oui est passé ou a fini par passer au mépris des opinions publiques. Faudrait vraiment arrêter de jouer cette farce hypocrite de l'euro-béatitude là où il n'y a que de la triste manipulation anti-démocratique. L'effet boomerang n'en est que plus fort après.
  2. Bonjour, j'écris ce message au cas où la rédac utiliserait ce site comme échantillon plus ou moins représentatif. Dans le dernier numéro, j'ai apprécié l'article de Nicolas Delort sur l'évolution de l'organisation des forces terrestres, mais aussi pour fiare part de ma frustration à l'issue de sa lecture; geek du sujet, j'avoue en effet m'être retrouvé la bave aux lèvres suite à un texte qui se termine là où mon intérêt commençait à peine à être émoustillé. L'auteur évoque Fuller, De Gaulle, Gudérian, Bourcet, Guibert et Rupert Smith et évacue élégamment toute prévision concrète des changements que les unités terrestres pourraient être amenées à connaître, s'orientant avec justesse sur les problèmes auxquels l'organisation actuelle sera rapidement confrontée au fur et à mesure de l'introduction de nouvelles technologies sans vision amont globale, mais aussi des nouveaux modes de conflictualité (la citation de Dantec sur le "méta-local" est amusante :lol:, mais rappelons aussi le côté histrion du personnage, expert militaire auto-proclamé et prétentieux confirmé). Sans demander une thèse sur la dite évolution, j'aurais pu apprécier quelques coups au hasard afin d'illustrer les possibilités d'adaptation des unités militaires, les élémentaires comme les grandes: quelques propositions en l'air (car on ne réfléchit en fait bien que par rapport à une idée concrète, aussi absurde soit-elle) mais surtout les pistes actuelles d'organisation qui peuvent exister au sein des institutions militaires française et étrangères (au niveau des grandes unités, le modèle de la Brigade Combat Team est-il une projection dans le futur ou un modèle dépassé dès la naissance?) essent été bienvenues dans un article qui m'a laissé sur ma faim -sans doute trop grande sur ce sujet particulier, certes, mais quand même.... Bref, le bataillon existera t-il encore à l'avenir, autrement que comme unité administrative et d'entraînement? Les grandes unités organiques sont-elles si condamnées face à l'omniprésence des unités réservoirs et des task forces plug and play (que d'anglicismes)? La permanence éternelle de certaines unités (grosso modo, les gabarits du groupe de combat, de la compagnie et du bataillon, plus quelques autres, sont observés depuis la Grèce Antique) est-elle si menacée par les grands changements actuels? L'abondance d'un vocabulaire parfois très jargonnant pour définir la nouvelle conflictualité ne masque t-elle pas en fait des logiques très anciennes, y compris pour la prééminence du combat dans tous les types de milieu urbains face à des adversaires changeants et mal définis? Les Guerres médiévales (féodales pour être plus précis et plus pertinent dans la comparaison) et celles de la Renaissance sont souvent riches d'enseignement à cet égard.
  3. Côté frontière afghane, l'Iran est plutôt sur la défensive: - 1/4 des forces de police du pays et 1/3 de l'armée régulière, sans compter des dizaines d'organisations de milice ou paramilitaires essaient à grand peine d'y maintenir l'ordre et d'étanchéifier la frontière (et ils sont loin du compte) - la frontière afghane est, malgré ce dispositif, une passoire pour groupes fondamentalistes et traficants de came - l'héro et l'opium sont des fléaux en Iran où la moitié des populations rurales serait accro ou consommatrice à des degrés divers, avec l'inconvénient supplémentaire que cela constitue une sortie de devises permanentes en plus de perturber l'ordre public et l'activité économique de ces régions déjà quasiment sinistrées. Et on ne mentionne évidemment pas le problème massif de santé publique - ces problèmes, dans la zone orientale de l'Iran, sont encore plus développés - l'importance quantitative de cette activité permanente a engendré une corruption à grande échelle (qui plus est, elle échappe en bonne partie aux réseaux de corruption des clans du pouvoir iranien =(; shocking) - les mouvements fondamentalistes/terroristes/autonomistes qui transitent sur cette frontière sont bien évidemment aussi cause d'instabilité dans l'est iranien. Non, l'Iran a d'autres chats à fouetter dans ce coin qu'encourager une instabilité qui représente sa plus grande constante sécuritaire.
  4. Un premier bémol, Pascal: j'ai plutôt du aussi revoir ma copie sur le Pakistan récemment, sur le fondamentalisme et la propension à la violence de la rue pakistanaise. Il faudrait en fait comprendre que le problème du fondamentalisme n'est réellement un problème que dans la zone tribale limitrophe de l'Afghanistan, et qu'il y a, au dire des études que j'ai lues, un vrai sentiment national et démocratique fort au Pakistan. Ca veut pas dire que le pays n'est pas fragile ou en danger, mais ça ne veut pas dire non plus qu'il serait cet édifice branlant qu'on a souvent décrit -moi y compris.
  5. Ma proposition allait même dans le sens de la fusion entre élite et choc dans ta liste, pour une brigade d'infanterie légère d'élite qui concentre: - tous les savoirs-faires spécifiques que n'ont pas les unités de combat régulières (FAC, observateurs d'artillerie avancés, coordination des feux, action commando, reconnaissance avancée et renseignement dans la profondeur, groupes ROEM....) - des effectifs conséquents d'infanterie légère top niveau débarrassés de la confusion FS-infanterie polyvalente de luxe Et l'organisation en une brigade à part n'aurait pas pour but de la déployer en tant que telle, mais de planifier le déploiement de groupes à la carte rassemblant tous les savoirs-faires nécessaires à un GTIA ou un corps expéditionnaire d'une taille donnée, mais aussi une réserve d'infanterie top niveau et utilisée en tant que telle, sans les réserves et débats genre "mission FS ou pas FS". Ca me trotte dans la tête suite aux sempiternels débats sur l'emploi ou non des FS, l'abus qu'on fait de leur usage comme infanterie de luxe malgré la faiblesse de leurs effectifs, la concentration de moyens sans cesse croissante qu'on fait sur ces soldats pas nombreux, l'apparition d'une nouvelle chapelle interne dans l'armée, les FS, qui concourt de la vampirisation mutuelle des moyens au sein des armées (surtout le parc hélicos: un parc particulier pour le Service Action , un pour la, BFST, les Codos marine et les codos air et l'ALAT, ça fait beaucoup de divisions pour un parc réduit). Et je compare du coup historiquement aux autres époques où des missions particulières, non directement au service de l'action purement clandestine mais bien au service d'armées en campagne, devaient aussi être remplies pour des objectifs à forte valeur ajoutée, la quête avancée du renseignement.... On se rend quand même compte que la part d'actions vraiment purement FS dans le cas des unités du COS représente somme toute une proportion réduite de leur emploi du temps opérationnel qui reste en outre soumis aux débats type "FS ou pas FS" susmentionnés. Pour cette proportion réduite de missions, on mobilise des ressoruces importantes qui, au fond selon moi, seraient mieux utilisées par un groupement d'unités plus large mises à un standard d'élite plus largement réparti et concentrant tous les savoirs-faires poussés et les capacités d'action commando, reco avancée et de guerre non conventionnelle. En bref, un réservoir d'infanterie légère de 7-8000h avec des bataillons de spécialistes destinés à être répartis en petits groupements et équipes proportionnés aux unités qu'ils doivent encadrer/accompagner, et des bataillons d'infanterie d'élite destinés à renforcer, à coups de sections, de compagnie, voire dans certains cas de bataillons, les corps expéditionnaires et groupements déployés en OPEX. Les vices de l'actuelle spécialisation trop pointue des unités spéciales sont: - qu'elle crée de facto des monopoles sectoriels concentrés dans des unités trop petites pour pouvoir offrir des capacités poussées à l'ensemble des forces - qu'elle contraint du coup les unités régulières à développer ces capacités à minima, ce qui draine des ressources et des hommes dans ces unités, accroît la confusion des genres et ne donne pas des résultats satisfaisants - que chaque groupement d'untiés spéciales se développe comme un petit corps d'armée à part (même pas le COS en global, mais bien chaque comosante): chacun veut son aviation ses unités de soutien et d'appui, ses formations rens, ses formations reco, ses formations action.... Ce serait très bien si on était les USA et qu'on avait donc la taille, les moyens et les effectifs de faire toutes ces spécialisations, mais on est loin du compte. Je préfère du coup un réservoir unique de soldats polyvalents en nombre suffisants et de spécialistes formés à uns tandard unique et très adaptables, formant des task forces ad hoc et à l'entière disposition des forces classiques (dont les FS "militaires" sont à la base censées être juste un appui, pas un parasite). Honnêtement, on pourra m'arguer du risque de certains manques, mais au final, ce réservoir géré de façon unique offre une ressource plus souple et plus abondante pour un panel de missions plus large. L'action clandestine pure (vraiment FS) serait donc du ressort d'une DGSE mieux définie aux entournures, et des interventions vraiment pointues de spécialités, essentiellement la libération d'otages, reviendrait (et en quantité, c'est marginal, par rapport à l'ensemble des missions "hors cadre", ou "non classiques) à quelques unités réellement spécialisées (GIGN essentiellement). Dans le cas des missions des codos marine auprès de la Royale, qu'on me fasse pas croire que dans 90% des cas (et là je parle avant tout en temps d'activité, donc en mobilisation d'hommes), les dites missions ne peuvent pas être remplies par des fusiliers bien formés et/ou des groupements de fusiliers avec 1 ou 2 cadres commando, plutôt que par une équipe commando complète.
  6. Ben.... Le service action, ce sont nos forces spéciales au sens où l'entendent les Anglais; là est tout le point. Selon les critères anglais, nos "FS militaires" ne sont pas complètement FS parce qu'elles ne font pas d'action clandestine, aucune forme d'intervention en uniforme et n'agissent pas pour le compte des services de renseignement, donc au niveau réellement stratégique. par analogie avec la 2ème Guerre Mondiale, les SAS, SRS et SBS britanniques agissent dans le plein sens du spectre jadis tenu par l'OSS et le SOE, ainsi que par les unités spéciales directement au service du gouvernement et/ou de l'EM interallié, ce que faisaient aussi les SAS d'alors. Il y a justement une répartition des tâches et une définition claire à faire, qui n'est pas assez faite aujourd'hui. Honnêtement, c'est le truc dont je ne sais pas si on devrait en faire un sujet à part.... Pour la réintégration de l'infanterie de marine dans la Royale, je vois pas trop l'intérêt en l'état actuel des forces. Si c'était pour former une brigade calquée sur les RM anglais, c'est-àdire une brigade amphibie complètement organique et déployable en entier, comme une unité d'intervention d'échelon brigade, je dirais banco, que çà a sa pertinence; ce serait une force d'intervention rapide permanente à haute disponibilité. Mais dans l'état de nos brigades qui sont avant tout des réservoirs à GTIA à la carte, mieux vaut ne pas amputer le panel déjà réduit avec lequel l'AdT peut composer ses forces déployées. Surtout qu'en l'état, l'infanterie de marine doit avoisiner le quart des unités terrestres, soit bien plus que de quoi composer une brigade expéditionnaire et bien trop pour l'enlever à une AdT désormais entièrement expéditionnaire (c'est plus comme s'il y avait une biffe pour la défense, une colo pour l'outre-mer et une FAR pour l'intervention, nécessitant des organisations à part des autres unités terrestres). Donc oui, ce serait sans doute possible, mais ça coûterait plus cher (organisation différentes, entraînement à part....) et ça nécessierait la volonté chère à Fusilier de constituer une vraie brigade amphibie permanente qui serait un mini USMC, un petit corps d'armée autosuffisant dans sa spécialité. Surtout, en l'état des unités, y'aurait en plus de cette brigade une masse d'unités de marine séparées qui s'ajouteraient aux fusiliers marins (je sais pas si les RPIMA aiemraient s'appeler Fusiliers marins: le 3ème Régiment Parachutiste de Fusiliers Marins, c'est pas encore pire comme appellation :lol:?).
  7. Pas en uniforme; les braies écossaises sont un costume "traditionnel" (plutôt un de ces nombreux revivals nationalistes du XIXème quand Walter Scott a remis les Celtes à la mode; pas forcément authentique, comme dans beaucoup de régions françaises) mais ne sont pas devenues une part d'uniforme pour les unités de Lowlanders qui ne se différenciaient pas en cela de la ligne et des autres Foot Regiments. On notera d'ailleurs dans l'orbat la disproportion du nombre d'unités de Highlanders par rapport aux Lowlanders, malgré le fait que les Lowlands soient nettement plus peuplés que les hautes terres écossaises, terres de pâture pauvres et d'élevage extensif, avec donc de faibles densités de population. C'est principalement du à la différence que je mentionnais plus haut.
  8. C'est ce que je rappelais plus haut: elle n'est pas atrophiée, elle n'existe pas. Ce sont les SAS, SRS et SBS qui font ce boulot, en même temps que celui de FS militaires: jobs spécialisés d'intervention dans des conditison particulières (rares), reco long range (pas spécifiquement FS), guerre non conventionnelle (pas besoin de FS dans un sens restreint spécifiquement pour ça), mais surtout, suremploi comme infanterie versatile de luxe et comme accompagnement d'unités régulières dans certains milieux (gâchis de FS peu nombreuses). Et à côté de ça, action paramilitaire et jobs spécifiques pour les MI-5 et MI-6, ainsi que pour le GCHQ. Ce modèle britannique pouvait convenir avec un niveau de sollicitation minime. Mais il y a désormais trop de taf tous azimuths pour des unités aussi peu nombreuses concentrant autant de ressources par tête de pioche. Ce modèle souffre d'une inadaptation au niveau de l'importance du cahier des charges actuelles, mais aussi de ce qu'il est devenu un lobby militant pour l'accroissement perpétuel de ses moyens propres, et qui ne se pense (et ne pense ses moyens) qu'en fonction de sa logique et non plus comme partie complémentaire de l'ensemble des forces. Et la seule réponse, pour l'instant, en occident, est d'accroître les FS en gardant la même répartition des rôles, c'est-à-dire d'accroître cette armée dans l'armée, et ce à budget constant, et qui plus est en les laissant garder les monopoles de fait sur des spécialités et des missions. Désolé, le modèle prend l'eau, et encore plus vite en temps de ressources contraintes et de surdéploiement, mais aussi de retour du besoin de quantité importantes de forces régulières et de l'exigence accrue de polyvalence et d'expertise de ces unités régulières.
  9. Fusilier, de retour sur une base plus régulière ou toujours sous l'eau ;)? Ca faisait un honnête petit bail.... 1 Vrai, mais on parle toujours dans le vague, là; faudrait pouvoir chiffrer ces besoins. Quelle proportion des Commandos Marine est prise à l'année par ces tâches auprès des Fusco? Qui plus est, la Brigade d'Infanterie Légère d'élite dont je parle se veut plus comme un réservoir global de toutes les capacités un peu poussées de l'infanterie, une denrée rare de nos jours qui doit donc être optimisée au maximum en termes de gestion des ressources et d'organisation sur un nombre réduit de bases (une seule idéalement, avec des implantations dépendantes dans les lieux d'entraînement appropriés. L'idée serait plus de voir les forces organiser les unités de combat proprement dites, et cette brigade fournir des unités clés en main de divers formats et offrant la variété de savoirs-faires plus poussés et complémentaires des GTIA déployés et/ou de leur infanterie en particulier (mais pas que, l'artillerie étant par exemple aussi concernée, de même sans doute que le Génie). Cela concerne aussi bien les brigades interarmes que les unités fusco et cocoy, à qui cette brigade pourrait du coup fournir des cadres commandos à des unités de fusiliers pour le type d'intervention que tu mentionnes (une unité équivalent à l'ECTLO peut être mise en alerte permanente, c'est pas trop lourd) et vampirise les effectifs pour une version dégradée de ces capacités, insuffisantes en qualité et en quantité. Le cas exemplaire est celui des FAC en Afghanistan, qui fait qu'on a des observateurs d'artillerie issus des FS américaines dans le peu d'unités qu'on a en Afghanistan. Mais ça marche aussi pour le renseignement et l'action ROEM, la coordination des feux, les cadres spécialistes d'infanterie légère et d'action commando, la reco avancée voire en profondeur.... Toutes spécialités dont disposent les FS, qui concentrent même ces savoirs-faires et on ont un quasi monopole alors qu'ils devraient être à disposition du dispositif de forces classiques déployé. Si on part du principe qu'apparemment, ces savoirs-faires extrêmement variés qualitativement ne sont pas accessibles au gros des unités régulières, soit qu'il faille il faut des soldats plus expérimentés et/ou meilleurs que la moyenne, soit que le coût de ces entraînements et des équipements ad hoc soit trop élevé pour rendre ces capacités nécessaires réellement organiques aux forces classiques, alors mon raisonnement procède par élimination et non par construction: faute d'une répartition globale, on concentre un réservoir de savoir-faire qui optimise au mieux la répartition de ces unités. Concrètement, la principale tâche de l'EM de cette brigade, outre la gestion de la formation et de l'entraînement (et sans doute la fourniture d'officiers d'EM spécialisés aux EM en OPEX), serait d'organiser le time share de cette ressource, sous la forme d'une pure planification de la répartition qualitative (la composition des unités envoyées compléter les GTIA) et quantitative (les effectifs) de cette infanterie légère. Parce que l'optimisation de cette ressource permettrait de ne pas refiler que des cadres et des spécialistes, mais bien aussi des unités conséquentes (intervention, action, reco) d'infanterie d'élite qui offriraient aux GTIA une marge de manoeuvre. En Kapissa, si le commandant de chaque GTIA ou de la Brigade Lafayette avait, outre des spécialistes répartis dans toutes les unités (FAC, coordinateurs de feux, observateurs d'artillerie dans la profondeur, cadres commandos montagne, reco ROEM....), 2 ou 3 sections d'infanterie haut de gamme (opérant en équipes commandos ou en sections) débarrassée d'une appellation FS ambigue, ça lui ferait du bien. A l'opposé du spectre, la redéfinition claire du boulot FS permettrait de limiter ce rôle au Service Action et d'éviter l'actuelle grogne des FS (surtout la BFST) qui se plaint de n'avoir pas grand-chose à foutre. Il souffre surtout d'une mauvaise définition des rôles; Eric Dénécé soulignait d'ailleurs que le Service Action était notre seule FS au sens plein du terme, à savoir que ses opérateurs conduisent des missions paramilitaires et de guerre non conventionnelle avec ou sans couverture étatique aussi bien que n'importe quel type d'action clandestine, sans uniforme ni reconnaissance du gouvernement, sans définition absolue du cadre d'action (chose prérequise dans les FS "militaires" qui n'ont pas le droit d'opérer sans uniforme) ou conditions d'engagement et règlements du tout. Quand ils opèrent, même s'ils sont sous statut militaire pour ce qui regarde leur carrière, ce n'est pas exactement en tant que soldats français: c'est l'action clandestine pure, la définition absolue des FS pour d'autres pays comme les Anglais dont les SAS, les SRS et les SBS jouent ce rôle pour le MI-5 et le MI-6 (qui n'ont pas de branche action propre) aussi bien que leur rôle pour les forces régulières (défaut: ils ont dépassé le stade du flux tendu depuis longtemps). C'est pourquoi je voulais aborder ce sujet sous un angle historique, afin de montrer que le gros des tâches que les FS, en tant que lobby, essaient de monopoliser, pouvait être rempli par un statut intermédiaire d'unités d'élite, afin de limiter la confusion des genres et des rôles et de mieux gérer une ressource rare au lieu de laisser croître une armée dans l'armée, de plus en plus autonormée, comme on le voit avec les FS occidentales aujourd'hui.
  10. L'ordre de bataille des unités écossaises dans l'armée britannique en 1808 (plus grand nombre d'unités "nationales"): - 3rd Foot Guards "Scots Guards" (Lowlanders): dernier des 3 régiment de Foot Guards royaux - 1st Foot "Royal Scots" (Lowlanders) - 21st Foot (Lowlanders) - 25th Foot (Lowlanders) - 26th Foot (Lowlanders) - 42nd Royal Highlanders "Black Watch": considéré comme la plus légendaire unité écossaise - 70th Foot (Lowlanders) - 71st Highlanders (infanterie légère) - 72nd Highlanders - 73rd Highlanders - 74th Highlanders - 75th Highlanders - 76th Highlanders - 77th Highlanders - 78th Highlanders - 79th Cameron Highlanders - 84th Highlanders - 89th Gordon Highlanders: l'autre "grand" régiment écossais - 90th Highlanders - 91st Highlanders - 92nd Gordon Highlanders - 93rd Highlanders - 94th Highlanders L'entraînement était le même que pour le reste de l'armée britannique, centré sur le tir de salve et une discipline de fer, conçue, comme dans les autres armées professionnelles d'Ancien Régime, pour des recrues venant généralement des bas-fonds de la société. L'une des particularités des Ecossais est que généralement, le recrutement était meilleur, en raison du manque de débouchés de ces régions peu développées, autant les highlands que les lowlands. Leur réputation vient surtout des Highlanders, dont le recrutement était renforcé par l'ordre clanique d'une société encore féodale où les clans, bien qu'abolis après la dernière révolte (celle qui se termine à Culloden en 1746), gardent toute leur force et permet d'amener des groupes soudés venant qui plus est de meilleures parties de la société que dans les unités anglaises ou même les unités de Lowlanders qui sont en fait plus comparables aux unités britanniques. Malgré la nationalité écossaise, les Lowlanders ne sont pas des mêmes ethnies et cultures que les Highlanders; il s'agit en fait de populations de colons anglais mêlées à des locaux, et l'accessibilité de les régions en fait, bien plus que les Highlands, un prolongement de l'Angleterre, culturellement, socialement, ethniquement et économiquement. Les unités de Highlanders sont donc en fait bien plus représentatives des couches "moyennes" de leur population: des gens de meilleure moralité, de backgrounds plus honnêtes, en meilleure santé, plus socialisés, avec une proportion bien moindre de marginaux.... Elles sont donc plus facile à tenir, plus disciplinées, on peut en tirer nettement plus.... Ajoutons qu'il s'agit de populations rurales de bergers issues d'un pays pauvre: ils sont endurants, solides, habitués à subsister de peu et accoutumés à la peine et aux longues marches (toutes cractéristiques des populations de montagne en France, en Italie, en Autriche.... Mais aussi des populations de zones agricoles pauvres et peu densément habitées), contrairement aux unités anglaises qui ont besoin d'une intendance énorme et permanente, ainsi que de cadences de marche réduites, qui concourent de la lenteur de l'armée britannique. Mais sur le fond, elles souffrent des mêmes défauts que l'armée britannique: bureaucratie et administration lourde, entraînement ne développant que les capacités défensive et le tir de salve, peu de capacités manoeuvrières, capacités d'attaque limitées (au-delà de la coquetterie de la charge à la baïonnette dont ils sont les spécialistes dans l'armée anglaise, là où c'est une banalité dans l'armée française), lourdeur dans le maniement, pas de grandes qualités notables pour les tirailleurs et les unités d'infanterie légère.... Mais dans la défensive, les Highlanders sont les plus solides de la ligne anglaise. On pourrait aussi dire qu'une partie de leur réputation, comme pour les Irlandais, vient de la facilité plus grande avec laquelle les officiers anglais les envoyaient au hachoir. Wellington est d'ailleurs, il faut le noter, l'un des seuls généraux anglais à ne pas faire ce genre de discrimination, eu égard à son origine irlandaise sans doute (ou à son mépris aristocratique pour tout ce qui n'est pas en haut de l'échelle sociale).
  11. Effectivement, Gibbs, d'où mon insistance, en fait, pour ne pas céder à cette autonomisation sur une plus large échelle de forces spéciales qui réclament tous les métiers et, en fait, un véritable petit corps d'armée complet qui mobilise le gros des hommes les plus compétents (pour un ratio de troupes déployables réduit) et une masse disproportionnée de moyens. Et à l'inverse, je proposais une plus large force, de la taille d'une grosse brigade, d'infanterie légère d'élite, qui constituerait autant un réservoir pour l'action irrégulière/non conventionnelle qu'un réservoir de toutes les spécialités d'infanterie (reco, rens, transmissions de l'avant, coordination des feux, FAC....) dispatchable aux GTIA déployés, autant en qualité (ce qu'on a) qu'en quantité (ce qu'on a pas et que les Ricains doivent nous refiler en Afghanistan, dans chaque unité déployée). Et du coup, on redéfinirait clairement le rôle des forces spéciales en les attribuant exclusivement au Service Action (qu'on boosterait un peu en quantité). pour toute précision, voire ma proposition plus haut.
  12. D'autant que la fameuse avance de l'armée anglo-alliée, déclenchée par le soi-disant coup de chapeau de Wellington, n'a en fait duré qu'une grosse centaine de mètres; les Prussiens ont du se charger de la poursuite, alors que Wellington s'énervait pour dire que ses hommes étaient crevés d'avoir combattu toute la journée.... Comme si les Prussiens n'avaient pas multiplié les marches et contre-marches forcées et se regrouper plus vite que quiconque pouvait le prévoir (même Gneisenau lui-même), et n'avaient pas combattu comme des tarés aussi à Waterloo! Et Wellington, avant comme après la bataille, a été vu en train de piquer des crises de midinette en hurlant qu'on ne devait pas le presser, qu'il connaissait son armée et qu'il ne pouvait pas avancer comme les Prussiens ou Français. Résultat, dans le jeu des marches et contre-marches, soit l'échelon d'art opérationnel (entre stratégie et tactique) sur le théâtre des opérations, Wellington s'émerveille comme un puceau que Napoléon, en 4 jours de campagne, lui ait mis un jour d'avance dans la vue, le contraignant à la bataille. Si Wellington n'avait pas été si lent, il n'y aurait jamais eu de bataille, parce que la jonction avec Blücher aurait été faite. Résultat de sa totale incompétence au regard de la guerre telle qu'elle se livrait sur le théâtre principal des guerres de la Révolution et de l'Empire depuis près d'un quart de siècle. On pourra me dire ce qu'on veut sur l'armée anglaise de ce moment, mais pas qu'elle était un outil stratégique: on pouvait y trouver quelques bons régiments de ligne, solides et professionnels, et quelques bons régiments de fantassins légers sur baker rifle, mais rien de comparable aux nuées de tirailleurs (1/3 de l'infanterie) français compétents (qui terrifièrent les officiers anglais) et à la solidité de la ligne en moyenne, et surtout aucune capacité de manoeuvre opérationnelle de grande échelle ou de vraies capacités de manoeuvre sous le feu. L'armée anglaise de 1815 est en fait la dernière armée d'Ancien régime en Europe: une armée purement professionnelle, sans motivation générale patriotique (Prussiens, Russes et Autrichiens se sont adaptés), recrutée dans la lie de la société (les bons hommes sont exemptés, dans l'armée de la Compagnie des Indes, dans la Navy ou dans la marine marchande), avec une part faible d'unités dans laquelle on oriente tous les meilleurs hommes.... Et la discipline y est la plus absurdement dure (avec celle des Russes) pour parvenir à maintenir des hommes peu motivés et rarement de choix (recrutements de force, droits communs, poitrines creuses....) dans la ligne. De même, l'intendance y est surdéveloppée pour obtenir le même effet, ce qui concourt, avec des exigences moindres en cadences de marche et distances parcourues, à en faire une armée lente, donc peu stratégique. La seule capacité réelle de l'armée britannique, avec les points forts de quelques unités particulières (Guards, 52th, green jackets), est de faire driller le tir de salves, chose perrmise par la faiblesse du nombre des opérations qui permet plus de temps pour l'entraînement. Mais les cadences obtenues, contrairement à la légende, n'ont rien d'exceptionnel. L'armée de Boulogne ou celle de 1811-1812 les dépasse allègrement, de même que l'armée prussienne à certains moments, et les 2 malgré des rythmes d'engagements nettement plus élevés. A Waterloo encore, on constate que les échanges de mousquetterie ne sont pas souvent au désavantage des Français, même dans la dernière charge de la Garde (à 1 contre 5), où la tenue des unités françaises hâtivement reformées et peu réentraînées, est admirable et permet de faire fuir pas mal d'unités britanniques (y compris les fameux Foot Guards), allemandes et belges, avant que le nombre et la fraîcheur ne l'emporte. C'est quand même un miracle, dans cette campagne, que Napoléon soit arrivé à maintenir les 2 armées séparées aussi longtemps; ce théâtre d'opérations est un mouchoir de poche comparé aux théâtres précédents, et l'Etat-Major de 1815 n'est plus celui de Berthier, tout comme l'armée n'est pas vraiment super rôdée et aguerrie.
  13. Correction Davout, le gros du 1er corps attaque plutôt sur la droite, entre la haye Sainte et Papelotte, là où se trouve le corps de Picton qui se fait balayer. C'est là la cause de la critique initialement faite par jomini sur le dispositif choisi, en colonnes denses et rapprochées, avec quelques carrés dans le tas. La formation est cependant idoine pour frapper le dispositif anglais dont le plus gros échappe au tir direct des batteries françaises vu le placement à contre pente (reverse slope) des unités de ligne (seuls les obusiers peuvent les toucher par leur tir parabolique); d'Erlon, qui a l'expérience de l'Espagne et connaît le penchant de Wellinton pour ce mode défensif, choisit sciemment de disposer son infanterie aussi densément, pour que la contre-attaque anglaise, statique mais massive, ne puisse entamer les formations d'attaques qui peuvent toutes s'appuyer mutuellement et ne pas laisser de vide. Et le résultat est là: l'avance de d'Erlon transperce littéralement la défense anglaise, et c'est l'indiscipline d'Uxbridge au, au prix de sa cavalerie, désorganise complètement l'attaque et la fait foirer. Le problème fut effectivement que le dispositif de d'Erlon était fait pour taper une ligne statique d'infanterie retranchée derrière les défenses naturelles, mais que sa densité fut son échec face à la cavalerie adverse qui, faisant fuir les premières colonnes (formation inapte à recevoir la cavalerie), les a envoyé immédiatement sur les unités derrière, empêchant celles-ci de coordonner une défense (y compris les quelques carrés qui furent pris dans le flot humain). La cavalerie du premier corps était trop peu nombreuse pour enrayer l'attaque, et elle était surtout déjà occupée à achever la ligne d'infanterie anglaise, donc dispersée et sans formation. La marée humaine refluant a encore plus limité ses capacités à se réorganiser. L'un dans l'autre, cette attaque a manqué d'une réserve de cavalerie d'appui, mais la charge d'Uxbridge, réalisée en dépit du bon sens (parce que c'était se sacrifier complètement), était difficilement prévisible. Et d'Erlon devait avoir une formation dense pour percer. Sans doute en eut-il été différemment avec des troupes comme celles de 1805-1809 ou 1811-1812, dont la meilleure qualité leur aurait permis de changer de formation en cours de route plus vite. Les changements se faisaient lagement au-dessous de la minute à ces périodes, contre une minute et demie bien tapée à Waterloo. Ca fait la différence. Pour moi, l'attaque de d'Erlon prouve au moins que le Corse avait encore son coup d'oeil, parce qu'il a noté tout de suite, malgré la crête qui cachait le gros du dispositif anglo-allié, le point le plus faible de la défense. Et il a su créer le surnombre localement, comme il sied à toute attaque, surtout contre un dispositif défensif aussi dense que celui de Waterloo. Rappelons que ce champ de bataille est l'un des plus étroits de la période, et la bataille sans doute celle où la densité de troupes au mètre carré fut la plus grande (donc la concentration de feu). Le surnombre nécessaire localement à tout assaillant devait donc être plus élevé, et la densité plus grande. C'est l'attaque qui aurait du décider de la bataille: si elle passait, Wellington retraitait immédiatement (il a d'ailleurs commencé à donner des ordres pour préserver l'axe de Bruxelles et faire rétrograder les premières unités) et napoléon pouvait faire une poursuite, mais surtout immédiatement se rabattre sur les Prussiens et les finir en refaisant sa jonction avec Grouchy. Vu la lenteur de l'armée anglaise, c'était plus que jouable. Mais l'attaque a foiré, pour des raisons purement contingentes (une indiscipline qui réussit, donc une initiative), ce qui a transformé la bataille en bête choc frontal d'attrition. Et l'axe de la bataille est devenu plus purement la haye Sainte, le centre du dispositif anglais et le point clé de la zone (la ferme est sur un surplomb) où il fallait amener de l'artillerie qui aurait permis de faire voler en éclat le centre anglais caché derrière la crête. Cela fut fait, mais trop tard, la prise de la Haye Sainte ne survenant que vers 5h, c'est-à-dire à un moment où les Prussiens sont déjà arrivés en masse. Ils ont commencé à affluer vers 15h, et les engagements réellement sérieux ont débuté une demi-heure plus tard sur la droite française, commençant à drainer la réserve pour alimenter le faible corps de Mouton (Comte Lobau, VIème Corps). Parce que pour chiffrer à la louche, au début de la bataille: - la droite de Lobau, en couverture, doit avoir 5-6000 fantassins (elle est plutôt en réserve au tout début) - la gauche de Reille en a entre 12 et 13 000 - le centre et la droite de D'Erlon en ont 14 000 - la Garde, en réserve, en a entre 12 et 14 000 selon les comptes Car il faut aussi voir que l'armée de Napoléon a moins de fantassins que celle de Wellington (plus de cavalerie et des effectifs d'artillerie plus conséquents). Pour garder le sens des proportions: - la fixation d'Hougoumont nécessitera autour de 12 000 fantassins (une erreur, certes, mais en face, Wellington en met autant, et c'est pas ça qui bouffe tout, contrairement à ce que disent nombre d'historiens) - l'attaque de D'Erlon doit peser autour de 10 000 fantassins, voire un peu plus - le flanc droit contre les Prussiens, occupe d'abord les 6000h de Mouton, puis draine 16 à 18 000h de plus, dont les Jeune et Vieille Gardes - la Moyenne garde reste en réserve jusqu'à l'attaque finale (c'est la seule unité dont c'est le cas) Donc au final, pour ce qui regarde les fantassins, les Français ont du opérer à 30 000h au plus contre les 50 000 de Wellington, qui plus est disposés en défense statique sur un front étroit. Ce qui veut dire que le dispositif de l'Anglais était entièrement frais et statique, et que chaque unité de front pouvait être relevée ou appuyée 3 ou 4 fois, là où les unités françaises ont du être en attaque sans relève de 13h à 21h. Qu'on ne me parle pas d'une habileté particulière côté britannique.
  14. Si jamais ça se fait, ce sera révélateur d'un gouvernement aux abois question finances et/ou puissance réelle, ce qui n'augurera rien de bon pour la stabilité d'une région aussi importante et significative vue les pays impliqués.
  15. Après un rapide coup d'oeil à l'histoire du coin, on peut dire que la situation légale est pour le moins floue: la seule reconnaissance de la zone comme chinoise date de 1689, et encore c'est théorique vu que les Chinois n'y avaient rien du tout, sinon des prétentions. Après, c'est la conquête russe et la mise en valeur du lieu qui en a fait une région développée, mais au travers de ce que les Chinois contestent le plus, à savoir les traités types du XIXème siècle. On peut noter toutefois que la dynastie mandchoue avait évacué tous les ressortissants hans de l'endroit (toujours pas développé, donc ça devait pas représenter grand monde) et que la seule chose qu'on y signale à l'époque étaient des campements sauvages de pêcheurs de concombre de mer (si on m'avait dit un jour que j'écrirais ça dans une phrase....). Bref, on est dans le cas d'un dialogue de sourds sur le fond de la situation: il est clair que si la Chine est un jour en position de force nette, elle ne se gênera pas pour prendre toute la zone en clamant avoir le bon droit historique pour elle. Et la Russie, dans l'état où elle est, ne peut que faire durer les carreaux cassés.
  16. Je profite de ce sujet pour l'étendre un peu plutôt que de créer un topic à part sur Waterloo (commence à y avoir foule) suite à une altercation indirecte que j'ai eu sur un autre forum, avec un pseudo historien (que je classe moi dans la catégorie des morosophes, voire définition sur la désencyclopédie de wikipedia), et qui m'a fait me rendre compte à quel point les historiens et trucs vaguement assimilés, en France, n'entravent rien à la pratique du warfare et surtout pas à la stratégie. Vexé comme un petit pou de ne pouvoir répondre (je ne suis pas inscrit sur ce forum là; c'est quelqu'un qui a cité certains de mes posts sur un autre forum historique), je reviens parmi des gens (vous, essentiellement) qui au moins prennent en compte les auteurs et penseurs militaires, bref ceux qui pensent la guerre en termes pratiques et concrets d'une part, et en termes d'analyses stratégiques d'autre part, et non comme une bataille d'interprétations et d'historiographies. N'étant pas totalement borné, je fais un appel à bonnes volontés pour faire mon autocritique (avant de rentrer dans le lard de ce triste suire et de ses séides par voie aussi indirecte que fortement rectale) et voir si je suis totalement à côté de la plaque. Je souligne que "l'historien" en question a pour thèse principale que Napoléon s'est gouré de carte à Waterloo et aurait cru livrer bataille dans un endroit différent que celui où il se trouvait réellement . Et du coup, pof! Ca explique tout. Qui plus est, le bouquin qu'il a fait paraître part du principe que Napoléon baignerait dans une légende purement hagiographique et dorée que seul lui (et quelques timides autres) oserait critiquer. Bon, à côté de ça et hors de ce seul personnage, il y a tout un forum de geeks napoléoniens obnubilés par l'historiographie (mais quasiment uniquement française) et l'uniformologie. Alors je fais un appel aux geeks du domaine militaire pour relever le gant: allez les mecs! En avant! Les geeks de la pratique de la guerre contre les geeks du bouquinisme! Bref, j'aurais souhaité avoir votre sentiment sur Waterloo sur plusieurs points: - une vision synthétique de la bataille en termes de grands mouvements, de grandes décisions, de vraies opportunités et d'occasions manquées (pas la peine de s'enferrer dans le détail) - une vision stratégique de cette campagne des Flandres et des Cent Jours, pour resituer l'importance de la bataille - les rôles de tous et de chacun (unités, contingents, chefs) - une vision du rôle réel de Napoléon en amont de la bataille et pendant cette dernière (attendu qu'une fois que c'est lancé, le rôle pratique du tondu est moindre, eu égard aux capacités C4ISR de l'époque) Voilà, j'ai donné les devoirs. Quelqu'un se sent des ailes sur le sujet?
  17. Dur de répondre, surtout dans le cas des grandes guerres longues, totales et multi-fronts, tant de logiques entrant en jeu: - dire si la Somme a effectivement joué, en termes de nombre, un rôle décisif dans l'accalmie et le dégagement de Verdun est déjà épineux et relève d'une arithmétique militaire d'une grande complexité. Certainement, des troupes ont du être diverties de verdun, mais du côté français aussi (les effectifs français sur la Somme ont, au global de l'opération, pesé autour de 45% de l'effort, soit plus que celui des britanniques stricto censu). Et la bataille, déjà enlisée, était une hécatombe aussi pour les Allemands dont l'objectif stratégique avait d'ores et déjà été perdu, ce qui avait induit un changement dans le commandement, une baisse de la volonté de percer et un amoindrissement de l'effort sur la place de Verdun. - en terme de conquêtes de terrain, y'a pas photo: la Somme est un échec absolu. La "poche" obtenue est un symbole dérisoire et sans grande conséquence, à part marguinalement au niveau tactique local. - en terme d'usure de l'adversaire, les pertes sont lourdes partout, mais à ce stade, l'Allemagne a un réservoir plus grand et garde un avantage numérique global sur les occidentaux, ce qui sera renforcé plus tard par l'abandon de la Russie et restera une constante jusqu'en juin-juillet 1918. - en termes de résultat, la double bataille de la Somme et de verdun renvoie les Allemands sur une attitude défensive globale, une stratégie de défense en profondeur et une réforme en grand de l'armée, de la tactique et de l'organisation de guerre du pays, sous l'égide de Ludendorff, ce qui accroîtra, du dernier trimestre 1916 jusqu'aux grandes offensives de 1918, le différentiel de pertes en la faveur des Allemands et, corrollairement, incitera faussement les Alliés à l'offensive (sans changement tactique) qui ne fera qu'accroître encore plus leur infériorité numérique. Du point de vue de l'impact stratégique et des résultats sur la volonté et les capacités ennemies, la Somme est donc un échec total. La Somme a t-elle un vainqueur? Déjà, je préfère parler de la double bataille de la Somme et de Verdun: l'échelle de cette guerre ne permet pas de séparer des batailles sur un même front pour ce qui regarde l'impact stratégique. Pour les soldats français et allemands, ce fut une année d'enfer où ils ont tourné sur les deux événements, indifféremment du lieu. On peut dire que les Allemands sont vainqueurs en termes tratégiques et sur le moyen terme: très touchés, ils ne sont pas percés, et le rapport de force ne change pas tant les Alliés sont gravement atteints, au physique, au matériel et au moral. En termes de comptabilité des réserves et de différentiel de capital humain, les allemands seraient même plutôt vainqueurs, si on peut parler de vainqueur à cette échelle de pertes. Mais surtout, leur RETEX à tous les niveaux (tactique, opératuif, stratégique, industriel, moral) est immédiat et appliqué en grand et avec diligence par Ludendorff, et leur stratégie pour l'an et demi à venir porte largement ses fruits et les place en position favorable jusqu'aux grandes offensives.
  18. Quand il s'agit d'agir pendant de longue périodes sur les arrières de l'ennemi ou sur ses lignes d'appro et de communications, on n'avait pas besoin "d'inventer" un concept et de le nommer forces spéciales, on envoyait des colonnes de cavalerie ou d'infanterie légère, ou bien des corps francs (milices locales, montagnards, pégus du coin, unités mixtes pros-milice, colons, coureurs des bois....), ou carrément on louait des mercenaires (en France, des estradiots albanais et grecs, puis des cavaliers croates et des hussards hongrois). Les unités légères, natinales, régulières, irrégulières ou étrangères, faisaient ça ET elles avaient leur place dans l'orbat, comme unités de reco et de harcèlement, d'embuscades et d'avant-garde, de fourrageurs et de poursuite. Dans ce que j'ai dit plus haut, je le reprécise, je ne dis pas que n'importe quel pégu peut devenir opérateur FS (coquinou ;), j'ai précisé les soldats, et aucun n'était un méca), mais qu'il vaut mieux constituer un réservoir global des unités d'élite, relativement homogène et le plus large possible, au sein duquel on puise pour former des task forces pour des opérations ponctuelles. Cela s'assortit aussi d'une meilleure, et plus stricte définition, des opérations spéciales au sens plein (objectifs stratégiques et de très haute valeur ajoutée décidés par le politique ou le plus haut niveau militaire), lesquelles se verraient alors devenir du seul -et absolument seul-ressort du Service Action. Ces missions ne sont pas si nombreuses que ça et, s'ajoutant aux opérations de renseignement, un Service Action un peu boosté y pourvoirait (les Rosbifs s'accommodent des SAS, SBS et SRS pour l'ensemble des opérations spéciales, des jobs d'infanterie légère un peu poussés et des opérations du Mi-5 et du MI-6). On vit sur des confusions héritées de la 2ème GM où il y avait besoin d'unités non conventionnelles à une échelle immense (OSS et SOE et leurs sous-groupements comme les jedburghs, unités spéciales de tous les types comme la force 316, le SAS, le SBS, les Night Squads....), et dont on a poursuivi les héritages multiples en n'opérant que des demi-rationalisations. Mieux vaut, selon moi, une fois cette définition stricte opérée au profit du Service Action qui prendrait un petit +20% en effectifs (qui resterait la seule force autonome avec son propre parc aérien et naval, au lieu d'en avoir un de plus), on rassemble les unités jusqu'ici spéciales sous un nouveau vocable ("élite" reste un classique, "non conventionnel" leur donne un parfum d'aventure, "commando" sonne un peu mélodramatique....) et on en fait une brigade unique d'infanterie légère polyvalente chargée de former des task forces de tailles données (pour une garnison chaude, un GTIA, une brigade, une division, un corps d'armée) qui assurent cet élément de souplesse opérationnelle dépendant du commandant de théâtre (qui a besoin d'une élite sans attribution permanente), en même temps que l'élément d'élite/spécialisé/expérimenté encadrant l'action des unités "de ligne". Ce réservoir d'élite serait ainsi plus large, correspondrait à un effort unique et coordonné (pour les formations surtout), n'aurait pas cette débauche de moyens, y compris aériens, affectés en permanence, et ne constituerait pas une chapelle de plus dans l'armée, qui cherche à se développer en imposant de plus en plus de penser l'action armée à partir des FS et de leurs besoins. Cette élite, par exemple, aurait le 1er RPIMA, le 13ème RDP, les Codos marine et Air, les Codos montagne et paras, le 2ème RH, les observateurs dans la profondeur de l'artillerie, les spécialistes reco génie et quelques autres, plus éventuellement le REP (la 11ème BP étant surdimensionnée). Vu que les brigades sont des réservoirs et non des unités opérationnelles, autant rester dans la logique du réservoir+plug and play en rationalisant au maximum, c'est-à-dire en concentrant les efforts de formation de tous les personnels "spéciaux" ayant des fonctions à très hauts niveaux d'exigence physique et mentale. Cette concentration permet de réduire sensiblement l'encadrement de chaque unité sans diminuer la qualité des personnels (plus de 1000h pour moins de 300 opérationnels permanents dans chaque formation de la BFST, et un ratio équivalent pour les autres) en établissant une structure unique pour la formation initiale, l'entraînement, la sélection et la gestion des formations et spécialisations ultérieures, le tout avec un nombre du coup plus réduit d'implantations. On doit tabler ainsi sur un réservoir de 5000h minimum, peut-être jusqu'à 6500 et plus (format standard de l'ADT), pour une formation interarmée unique concentrant les métiers, savoirs-faires et spécialisations poussées qui doivent être déployées aujourd'hui dans toutes les OPEX, et pas en quantités rachitiques (coordination des feux et FAC, savoir-faire commando, reco avancée, reco ROEM, techniques d'insertion....), ainsi qu'une force de combat d'élite en soi. Bref, ce serait une brigade d'élite ET de savoirs-faires de haute spécialisation à la pleine disposition des forces (et pas en train de se chicaner en permanence sur les attributions de postes et de budgets et les batailles de chapelles), avec un haut niveau de préparation et de disponibilité, et mobilisant moins de ressources par tête de pipe. Et elle proposerait des équipes et unités de taille adaptée rassemblant les savoirs-faires requis et des vraies quantités pour les déploiements des forces, au lieu de se subdiviser en nombreux groupements plus ou moins autonomes et gourmands en ressources, eux-mêmes intégrés dans une "armée dans l'armée" prise dans ses querelles avec les autres chapelles et se pensant comme une force autonome exigeant des capacités dans tous les domaines (à quand la flotte FS?) et se taillant des places dans la confusion des rôles entre armée et Services spéciaux. Et sur théâtre, si besoin est, ces personnels peuvent servir de FS pour le gros des cas où on a envie de FS, vu le niveau de qualif moyen. Je ferais, au final, une analogie avec la garde impériale (ça marche aussi avec la Maison du Roi sous louis XIV et jusqu'à la réforme Choiseul): quand on crée une unité à part, elle devient un corps indépendant et se pense, s'organise et se comporte, sur le terrain comme dans son entraînement, sa façon de se penser et donc aussi dans les luttes internes pour les budgets et les attributions de missions et de rôles, comme une armée dans l'armée. Michel Crozier l'a montré pour les administrations, et ça vaut aussi pour les armées: une fois autonome, de telles unités s'institutionalisent de plus en plus, bien au-delà de ce qui était voulu, et elles deviennent, pour partie, un parasite par leur comportement. Bref, elles tirent la couverture à elles jusqu'à ce qu'il n'yen ai plus assez ailleurs. bien sûr, il y a aussi de bonnes raisons pour les créer et les mettre un peu à part: la nécessité d'une élite, à la fois cadre, modèle et force décisive dans certaines situations, et celle de spécialisations plus poussées, sont les plus évidentes. mais institutionaliser, c'est enkyster et parasiter. Ainsi, la garde impériale, de 2 régiments sous les Consuls, est devenue d'abord une armée modèle en miniature au début de l'empire (dans les 15 000h) avec cavalerie, infanterie, artillerie et sapeurs en proportions telles que voulues par Napoléon dans l'idéal, et constituée des meilleurs personnels. Rapidement, c'est devenu une entité en croissance constante qui drainait une porportion des ressources (hommes, moyens, équipements) impactant directement l'armée en général, et même la Grande Armée en particulier, accaparant tous les meilleurs hommes et grimpant ainsi au-delà de 100 000h au moment de la campagne de Russie. Le système était censé être pondéré par le principe de base de la Jeune Garde (la plus nombreuse) qui était supposée être une école à sergents, faisant tourner ses effectifs constamment.... mais ça n'a jamais bien marché parce que la Jeune garde, comme entité, n'entendait pas être une école, et ses officiers voulaient aussi maximiser la qualité de leurs troupes et leur réussite opérationnelle pour obtenir de l'avancement. Et ils se mirent aussi à se penser avant tout comme un corps d'armée, donc à penser leur besoin à partir de leurs unités et non à l'échelle de lm'armée, faisant développer leur artillerie, leurs services.... Et j'illustre avec la jeune garde ce qui était déjà arrivé avec.... La Moyenne Garde; jamais instituée officiellement, elle était la partie de la Vieille garde qui était déjà censée, en son temps, être une école à sergent, et qui elle aussi s'est vite développée comme une entité à part entière. Et ces unités en quête d'autonomie encouragent le décideur dans ce chemin de pensée; en l'occurrence, elles ont poussé Napoléon sur cette pente vers laquelle il était déjà incliné naturellement. On avait vu la même chose avec le développement spectaculaire de la Maison militaire du Roi sous Louis XIV, développement outrancier qui n'a commencé à être corrigé, et trop lentement que dans les années 1760 et jusqu'à la Révolution. Tout ça pour dire que faut pas non plus trop rentrer dans le schéma mental des unités qui ne sont là, à la base, que pour apporter un plus à l'armée, pour favoriser la décision.... Qu'il y ait besoin de spécialisations poussées et de personnels sélectionnés pour remplir ces missions, c'est une évidence, mais accepter la logique totale de la forcespécialsiation totale et universelle toujours plus poussée d'une partie de l'armée, c'est une folie qui coûte beaucoup trop cher pour un apport de plus en plus marginal au fur et à mesure de l'évolution. Sans compter que cette propension à préciser son concept et à étendre son domaine-chasse gardée prive graduellement les forces régulières de capacités et de diponibilités de tels personnels, capacités qu'elles doivent souvent redévelopper en interne (en quantités insuffisantes) en contraignant leurs ressources. Et au global, on se retrouve avec un échelon mal déterminé entre l'action spéciale-secrète du Service Action et celle des armées, et le flou ne peut que s'accroître au fur et à mesure où ces FS qui n'en sont pas totalement s'institutionalisent et veulent exister de façon autonome, autonomie dont l'effet corollaire est un drainage de ressources (en hommes, en temps, en matériel et en argent) qui peut devenir dangereux. Tout ça part avant tout d'une mauvaise définition des "opérations spéciales". Je préfèrerais une gradation plus simple: - opérations spéciales, clandestines, de renseignement, stratégique, à très haute valeur ajoutée: Service Action et rien d'autre - action non conventionnelle autour des déploiements OPEX, savoirs-faires spécialisés poussés nécessaires, infanterie légère d'élite ou, à l'occasion, actions non conventionnelles à haute valeur ajoutée à l'échelle du théâtre: cette brigade proposée. Avec ça, le coup du Ponant, c'était le GIGN et point barre (pas parce que je les crois meilleurs dans la polémique qu'il y a eu, mais parce que c'est pas un théâtre OPEX de déploiement de groupements de forces, et c'est pas une opération spéciale pour le Service Action). Et avec cette brigade que je propose, on a un réservoir de savoirs-faires qui peut faire tourner dans les 2000 à 3000 spécialistes et soldats d'élite à l'année dans des équipes/unités de spécialités ou généralistes, soit autre chose que des effectifs homéopatiques qui nécessitent des quantités d'efforts dispersés.
  19. Le discours public est devenu une caricature de lui-même à l'ère surmédiatique où il faut de l'outrance permanente pour être un peu remarqué pendant 30 secondes, dans l'avalanche d'informations qui est offerte en permanence. Bien plus que du culte de la personnalité (plus vrai dans le cas de dictateurs qui sont peu contestés médiatiquement dans leur pays et n'ont pas besoin, au moins dans leurs sphère immédiate, de se faire un profil marquant ou une légitimité), c'est la satisfaction de l'ego des dirigeants en même temps que l'illusion qu'il faut "exister" médiatiquement pour compter dans la décision réelle. Mais à l'ère médiatique, toute formule est banalisée dès sa première émission, la parole publique porte moins de puissance symbolique qu'avant (voire plus du tout) et quasiment plus de puissance réelle (ni en terme d'engagement et de parole donnée, ni en terme d'impact): on n'a plus que du creux sur creux, des formules qui se ressemblent (on est dans la civilisation du sample, dont Sarkozy est l'un des pires exemples avec sa mentalité de pubard et ses potes issus du milieu market/com/médias; pas une formule originale, rien que du resucé).... Bref, le discours ne veut plus rien dire en politique, et c'est aussi la faute du politique, car à force de promettre des trucs qu'on ne fait pas, faut pas croire que c'est la même chose répétée à toutes les époques: on use le capital confiance jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus, et les déceptions et désillusions s'accumulent et s'additionnent toujours un peu. Et aujourd'hui, en 2009, on en est à un point de caricature où on a soit les messianniques qui donnent dans l'emphase hyperbolique lénifiante (Obama et ses grands discours les larmes dans les yeux.... Et tout ce qu'il ne pourra pas faire), soit les histrions et les guignols, qui donnent dans l'outrance, la "cascade médiatique" et la prétention, voire le ridicule, qui n'a jamais tué en politique: Berlusconi, Chavez, Ahmadinejad, Mugabe et Khadaffi sont les plus marquants et, avouons-le, Sarko la joue sobre à côté de ces sinistres clowns. Dans un tel système, les rares qui essaient de dire quelque chose avec conviction passent pour appartenant à une de ces catégories (généralement la première), soit, pire encore, on ne les écoute même pas tant ils paraissent banals dans le grand cirque médiatique de la télé-surréalité mondiale. Le cercle médiatique proprement dit, est tous les jours plus réduit à une sorte de clergé mondial de plus en plus fermé, et surtout, de plus en plus sectaire, codifié (un exemple de ces codes: parler d'immigration = être nazi et vouloir tuer les enfants de sans papiers), inculte et basique. Tout au plus se binarise t-il autour de 2 familles de "pensées uniques", l'une pro-occidentale, démocrato-droit de l'hommiste mondialiste (avec ses quelques oppositions internes), l'autre anti-occidentale, constituée en modèle de rejet et sans doute moins structurée (entre Al jazeera, le pan-africanisme, les Chinois, les Russes et les alter-mondialistes, c'est pas comme s'il y avait des liens évidents), mais unanime quand il s'agit d'attaquer le mondialisme version occidentale. Bref, le cercle médiatique tourne sur lui-même, ne se parle qu'à lui-même et ne réfléchit que selon ses condes, ce qui veut dire qu'il s'enferme continuellement dans les mêmes oppositions, les mêmes modes de pensées, les mêmes débats et la même rhétorique qui sont de plus en plus montés en épingle pour satisfaire l'audience (ou l'idée qu'ils s'en font), et ne peuvent donc devenir que des caricatures d'eux-mêmes, même pas des caricatures de réalité. C'est donc l'époque du pain béni pour des tarés comme Khaaffi: le système médiatique absorbe tout, digère tout, et excrète au final la même merde. le dictateur est devenu mainstream, la rubrique de "la petite outrance de la semaine" qui fait bien dans la ligne éditoriale; on peut envoyer la pub juste après.
  20. un truc qu'on peut se demander est si l'organisation actuelle des forces spéciales est si pertinente que ça; le type de missions pour lesquelles elles sont faites exige certes un haut degré de polyvalence et de formation continue, mais d'un autre côté, elles drainent des ressources disproportionnées, et le mouvement actuel en occident et dans le monde est de les voir de plus en plus comme une autre armée dans l'armée. Il est devenu systématique d'avoir au moins une grosse unité FS action, une grosse unité FS reco, mais aussi une ou plusieurs unités aériennes (avec du matos vraiment cher) dédiées, et qui ne font que grossir, ainsiq que des unités de soutien et d'appui de plus en plus étoffées et variées. A ce rythme, ce sera bientôt un corps d'armée à part entière, déconnecté de la chaîne de commandement (ce qui est louable quand il s'agit de petites unités, afin de garder une marge de souplesse et un réservoir d'unités dispo à H24 pour des missions d'ordre stratégique), et dont les attributions seront toujours plus floues, d'une part parce qu'il s'agira d'un lobby, d'une chapelle comme les autres réclamant tout et n'importe quoi en matière de missions et voulant un droit de regard sur tout, et d'autre part parce que les seules vraies missions spéciales ne justifient pas de tels effectifs et de tels moyens. En bref, ces unités, à la base petites, qui sont initialement créées pour disposer d'un réservoir permanent pour les missions ponctuelles "en marge", "non conventionnelle" et d'importance stratégique, dont l'objet est d'être en marge du strict système militaire pour donner de la souplesse à l'action du commandement, sont en train de devenir une institution et, en tant que telle, de s'alourdir, de se rigidifier, de devenir une chapelle et un problème aussi bien qu'une solution. je crois pas que ce soit souhaitable; il aurait fallu mieux définir le cadre des opérations spéciales depuis longtemps, et réserver cet emploi de strictes forces spéciales au Service Action (qu'on étofferait un peu) qui resterait ainsi l'élément de souplesse hors cadre dont on a besoin, et sortir du vocable "Forces Spéciales" pour le reste des forces. Constituer une brigade d'infanterie légère/polyvalente d'élite apte à la guerre non conventionnelle avec la BFST, les Codos marine et les Codos de l'air serait bien plus pertinent; des troupes bien formées, sélectionnées et drillées pour une haute disponibilité et une haute valeur ajoutée (mais dans le conventionnel et ses marges), mais sans l'ensemble des moyens et appuis dédiés complètement disporportionnés. Bref, ce serait le fer de lance de l'infanterie légère dont l'armée a besoin en Afghanistan, répartis en unités un peu conséquentes comme appui des unités purement régulières. Bref, le virage inverse de ce que les Ricains ont fait avec les Rangers qui ont perdu leur métier de fer de lance de la régulière pour devenir le supplétif des spéciaux (on marche sur la tête: c'est l'armée qui s'aligne sur les FS et non l'inverse). Je digresse sur cette actualité parce qu'au final, je trouve que ce registre d'action était pas si mal couvert au temps jadis: des unités d'élite de tous acabits, il y en avait, et toutes pouvaient fournir des hommes aptes à des missions spéciales. Je ne nie pas la nécessité d'un entraînement permanent et de spéicalisations plus poussés, mais ça peut s'arranger. Et la souplesse du dispositif ancien est quand même plus avérée: on pourra continuer à développer les FS, les mettre de plus en plus à part, renforcer encore le fric investi dans chaque bonhomme (matos, encadrement, entraînement, formations, véhicules, communications....), leur donner leurs propres satellites ou des réseaux de com particuliers.... Pour au final s'apercevoir que les missions pour lesquels ils sont vraiment faits et qui nécessitent vraiment tout ce bastringue ne sont pas si fréquentes, et que l'avantage obtenu est de plus en plus marginal au fur et à mesure que l'addition grimpe. Qu'on me dise dans l'absolu si le REP, les commandos montagne, le 2ème Hussards, les équipes d'observation dans la profondeur de l'artillerie ou les commandos paras sont inaptes à remplir 90% des missions assignées aux FS.... Je crois pas fondamentalement, ou il s'en faut de si peu qu'une mesure d'entraînement supplémentaire suffirait. Et pour les 10% restants, pas besoin de faire grimper sans cesse la taille globale du cercle des FS. Un Service Action un peu plus étoffé pourrait s'en arranger. Bref, pour comparer, disons qu'un réservoir global d'unités d'élite était la donne au temps jadis, sous la monarchie ou l'Empire. La Maison du Roi, par exemple, fournissait évidemment les premiers candidats tous indiqués, surtout les unités de cavalerie, gendarmes et chevau-légers, ainsi que l'unité mixte des mousquetaires. Pourtant, en tant de guerre, où on pouvait toujours prélever un détachement pour de telles missions, ces unités servaient sans arrêt au combat "normal". Les mousquetaires, ainsi, étaient devenus au XVIIIème siècle des troupes de choc menant l'assaut de l'infanterie (ils étaient "distribués" par petites unités dans les régiments assignés à une charge), et servant éventuellement de cavalerie de réserve.
  21. Tancrède

    Chine vs Inde

    On s'éloigne un peu du sujet, là. A propos de flux migratoires importants, la Chine et l'Inde se portent comment à cet égard? Chez eux, c'est pas tant les migrations internationales qui les préoccupent, voire les menacent, mais plutôt les migrations internes. En Chine, c'est une question de sécurité très sensible depuis longtemps. A quel point l'explosion des inégalités, les changements climatiques et environnementaux, les restrictions, la répression (surtout en Chine).... Transformeront ces problèmes en situations à haut risque selon vous?
  22. Quelqu'un devrait répondre à ce camé abruti et efféminé en lui demandant à qui il devrait signer le chèque de dédommagement de la conquête et de la colonisation arabe dans toute l'Afrique du Nord, et celui de la traite saharienne ;). Après tout, les bons comptes font les bons amis.
  23. Euh, je crois pas avoir inventé le concept, et je crois certainement pas être le premier à dire qu'un raid ponctuel a entre autres choses pour objet d'emmerder l'ennemi ;). Tu peux donc considérer que c'est libre de droits et que j'ai rien dit de bien original (sinon je le présenterais comme oune manifestazione dé monne zénie soupérieure :lol:). La seule note qui soit un apport un peu personnel dans mon post, c'est le rappel des pertes des paras (par rapport à celles des plages) dans le cadre de l'analyse d'Overlord. Sur Dieppe, au final, on analyse l'échec purement tactique et on pointe des doigts partout, mais dans l'absolu, c'est pas une nouvelle opération des Dardanelles due aux jugements emportés et aux certitudes de Churchill; c'est tout petit, ça ne vise pas à créer une tête de pont et c'est une sortie éducative. C'est de l'asticotage, de la démonstration d'une capacité à piquer où on veut, un message pour dire qu'on est toujours là, à portée de tir, et c'est la seule méthode pour apprendre comment on peut faire mieux et plus grand. Bref, c'est un raid. Ca n'est un échec que si l'on s'obstine à vouloir croire que le but était un débarquement durable. Mais le plus dur à encaisser, surtout si on lit les médias, est effectivement que ça coûte cher en êtres humains pour un gain qui n'est pas perceptible immédiatement, et assez peu perceptible dans le temps (qui pourrait dire rétrospectivement à quoi auraient ressemblé les débarquement qui suivirent sans cette expérience initiale, et à quoi aurait ressemblé Overlord sans toutes ces opérations?). Il est dur d'accepter qu'un décideur à l'échelon stratégique doit sciemment sacrifier du monde: il le sait dans une bataille en général, et dans une opération telle que Dieppe, il peut même mentionner en une fois toutes les unités qui ont toutes les chances de salement dérouiller. Il faut savoir être inhumain pour faire la guerre, et certainement pas s'arrêter tout le temps sur le bodycount pour juger d'une réussite ou d'un échec (il n'y a pas de victoire pendant une guerre, il n'y a que des batailles, décisives ou non, des acccrochages, des réussites et des échecs, et une seule bataille compte, la dernière; la victoire ou la défaite, y'en a qu'une, et c'est à la fin). Donc, aussi amoral que ça puisse paraître, le coup de Dieppe était sans doute nécessaire, et c'était plutôt une réussite. C'est juste dur de le faire comprendre, et même sans doute impossible, surtout sur le moment.
  24. L'opération n'a jamais visé à établir une tête de pont, juste à mener un raid dans la tradition britannique (contre la France, historiquement) pour forcer l'ennemi à remuer des forces et à les distraire d'autres fronts (le but étant d'avoir rembarqué d'ici à ce qu'elles arrivent), signifiant qu'on peut frapper partout (donc amener l'ennemi à étendre son dispositif défensif au maximum, donc à contraindre ses ressources encore plus), mais aussi, à plus longue échéance, à établir clairement les conditions, les contraintes et les besoins d'une opération amphibie moderne de grande échelle. C'est un test grandeur nature qui n'a pas coûté, à l'échelle stratégique, beaucoup de monde (3000h et des brouettes, dont moins de 1000 tués), même si c'est un échec en terme opérationnel et une aventure tragique pour les unités participantes dont on espérait qu'elles pourraient mieux s'en tirer dans une telle opération coup de poing sans but de tenir durablement. Faut aussi voir que cette opération, hors de son caractère et objectif expérimental, n'était pas perçue comme quelque chose d'aussi dangereux que sur les grands fronts, étant donné que la côte française en 1942 était vraiment très loin du Mur de l'Atlantique qui ne se développa vraiment qu'après. La côte est encore assez vierge d'obstacles significatifs et de garnisons dangereuses, hors des grands ports. Ce n'était pas un grand risque, juste un coup à tenter pour emmerder les Allemands, leur envoyer un message (ainsi qu'aux autres alliés) et prendre des notes; sur ces 3 aspects, au moins, c'est une réussite relative. Après, le niveau de pertes par rapport aux effectifs engagés fut trop élevé, mais ça ce sont les circonstances pures. Faut voir qu'au regard des enjeux et dimensions du conflit, c'est plutôt une bonne opération aux yeux d'un décideur militaire. Ca ne serait un échec pur que si le but était de prendre Dieppe et de la garder. Outre les véhicules adaptés (hobbart's funnies notamment, mais aussi les grands véhicules amphibies) et les infrastructures mobiles pour compenser l'absence de ports, trop longs à prendre et à remettre en état, les leçons portèrent sur la gestion des flux (donc la taille des navires et leur nombre, ainsi que les dispositifs et procédures de transit des soldats et véhicules), la complexité des opérations, la quantité d'appuis nécessaires, la gestion d'opérations interarmes et interalliées.... Tous domaines où improviser est meurtrier. La défense de Lord Mountbatten est quand même largement justifiée, et Overlord, qui a pu se réaliser même dans des conditions météo défavorables, a disposé grâce à cette opération et aux autres (Afrique du Nord, Grèce, Sicile, Italie), d'une marge de sécurité qui a permis de compenser la météo et le Mur de l'Atlantique en minimisant les pertes par rapport à ce qu'elles auraient pu être. On notera que la vraie hécatombe d'Overlord n'est pas Omaha Beach (pertes pas énormes), mais bien l'opération aéroportée qui fut meurtrière pour les paras anglais et britanniques (et les SAS français en Bretagne) qui, eux, n'avaient pas des années d'expérience en la matière (Overlord fut le premier vrai test grandeur nature de l'arme para côté occidental).
  25. J'ai pas dit ça: l'impact psychologique servait surtout à démultiplier, dans l'immédiat, l'effet de terreur pour se faciliter le travail (action nocturne, usage de la brume, cris, actes blasphémateurs, mutilations de cadavres, artifices tels que des masques intimidants....), et, dans le long terme, à créer une réputation durable de terreur et de quasi-surnaturel, pour faciliter des expéditions ultérieures. Voir le sujet sur les vikings où je me suis suffisamment étendu.
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