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US vs EUROPE


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Mes yeux sont rivés sur l'économie mondiale et les mécanismes qui se mettent doucement en place. Pas forcément durable ces mécanismes mais tous consistent à se couvrir contre le dollar soit en sortant du marché américain (les bourses mondiales surperforment la bourse américaine depuis un petit moment), soit surachètent des matières premières dont les métaux et particulièrement les valeurs refuges très liquides comme l'or. Pourtant il y a des gros mouvements sur l'IA mais tout le reste souffre. Pour l'instant pas d'affolement mais plus personne ne néglige le contexte géopolitique et surtout l'abruti dans la pièce.

Anthony Bondain

Publié le 14/01/2026 à 07:55 - Modifié le 14/01/2026 à 09:03

 Parfois en Bourse, les syllogismes se disloquent. Ce fut le cas hier, puisque l'enchaînement "la banque centrale peut réduire ses taux quand l'inflation est modérée, or l'inflation américaine de décembre est plus faible que prévu, donc la banque centrale peut réduire ses taux" a fait un gros flop. C'est qu'en économie, le diable se cache dans les détails. L'inflation américaine est ressortie légèrement moins élevée que prévu pour le mois de décembre, mais l'effet d'entraînement n'a pas eu lieu parce que le marché pense toujours qu'il n'y aura pas d'autre baisse de taux d'ici au départ de Jerome Powell de la présidence de l'institution en juin prochain.

Pour être parfaitement clair, la publication de l'inflation hier à 14h30 a quand même eu un effet plutôt positif, mais tous les à-côtés ont plombé l'ambiance. Wall Street a terminé en baisse modérée au niveau des indices S&P 500 et Nasdaq (-0,2% environ). Le Dow Jones (-0,8%) a pris une claque un peu plus sévère, à cause de la baisse marquée du compartiment financier. JPMorgan Chase a publié des résultats solides, mais le projet de Donald Trump de plafonner le taux des cartes de crédit a entraîné une levée de boucliers. C'est la seconde fois en moins d'une semaine que la Maison Blanche montre des signes d'ingérence dans les affaires privées, après une incursion dans l'immobilier résidentiel. Les milieux d'affaires n'aiment pas trop ça, d'autant que cela intervient en parallèle de la pression exercée sur la politique monétaire de la Fed. "Tous ces éléments renforcent le poids du gouvernement américain et nuisent à la liberté et au libre marché, qui ont été au cœur de la prospérité américaine", note l'ami Pierre-Yves Gauthier, d'AlphaValue, dans un très bon papier publié hier.

Après un début d'année 2026 tout en bruit et en fureur, quelques grandes mécaniques se sont mises en place. En voici quelques-unes :

Les tensions géopolitiques autour de deux pays riches en pétrole, le Venezuela et l'Iran = hausse des cours de l'or noir (+9% pour le baril de Brent en une semaine).

Les tensions autour de l'indépendance de la Fed, institution perçue comme un facteur de stabilité = hausse des cours de l'or et des métaux précieux (dont l'argent, qui a pulvérisé le plafond des 90 USD hier).

La dynamique économique indéniable aux Etats-Unis (IA) et en Chine (export record) = hausse des cours des métaux industriels.

L'Interventionnisme fédéral US = craintes pour certains secteurs comme la banque (menace de plafonnement des taux des cartes de crédit), l'immobilier (interdiction faite aux investisseurs financiers d'acquérir certains biens), la santé (régulation du prix des médicaments) ou la défense (pression sur les prix des fournisseurs de l'US Army).

Ces mécaniques ne sont pas permanentes, mais elles sont à surveiller parce qu'elles façonnent le début d'année en Bourse.

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Comme prévu maintenant que le Groenland reçoit ses premiers observateurs la Meditérannée s'interroge sur elle-même. Là c'est Malte qui fait, inquiète, un panoramique mais on sent bien qu'Israël va se retrouver dans une situation très difficile si la guerre est déclenchée avec l'Iran et si l'accès des US à la Méditerranée est réduit..

 

https://timesofmalta.com/article/arctic-crisis-med-risks.1122480

In every scenario, miscalculations – of rhetoric and action – could make things worse. In the Mediterranean, the absence of hegemony is not freedom but fragility. When the alliance meant to impose order begins doubting itself, the sea reverts not to multipolarity but to entropy – each rivalry a small fire left unattended while the firemen argue in distant capitals.

Not the least of the ironies is how the Arctic crisis reaches into Malta’s discussion about its neutrality. The Ukraine war raised the question of whether it’s time for NATO membership. Now the crisis over Greenland adds a twist.

In a world where the territory of one NATO member is threatened by another, the cost of entering a fracturing alliance approaches the cost of remaining outside it.  

If we rush the decision, we might take it precisely when calculation is least re

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Alleluia et merci a Les Echos d'avoir mis en clair cet article. Les eurobonds sont bien en cour de mise en place. Pour l'instant graduellement mais les volumes sont déjà significatifs. L'article n'en parle pas mais vu l'accueil sur les marchés la finance US va être significativement impactée.

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/la-commission-europeenne-sera-le-cinquieme-plus-gros-emprunteur-deurope-sur-les-marches-cette-annee-2209760

La Commission européenne sera le cinquième plus gros emprunteur d'Europe sur les marchés cette année

La Commission européenne poursuit sa percée dans l'univers des obligations souveraines. Elle devrait lever sur les marchés un montant proche de celui de l'Espagne. Ce programme ne tient a priori pas compte du prêt de réparation à l'Ukraine.

L'Union européenne a levé 11 milliards d'euros sur les marchés mardi. (Photo iStock)

Par Guillaume Benoit

Publié le 15 janv. 2026 à 06:50

C'est une opération devenue désormais courante, pour ne pas dire banale. L'Union européenne a placé mardi pour 11 milliards d'euros d'obligations à 3 ans et à 30 ans. Sans difficulté aucune. La demande pour les titres les plus courts a représenté 11 fois l'offre, un coefficient qui est monté à près de 20 fois pour les obligations les plus longues.

La réussite de cette levée obligataire est un signe supplémentaire que Bruxelles est devenu, en un peu plus de cinq ans, un emprunteur souverain quasiment comme les autres. Selon les chiffres publiés par la Commission européenne, le programme d'émission pour le premier semestre 2026 atteint 90 milliards d'euros. Et les marchés estiment qu'il devrait tourner autour de 50 à 60 milliards sur la deuxième moitié de l'année.

Emprunt pour l'Ukraine

Soit un montant compris entre 140 et 150 milliards d'euros, à peine inférieur à celui de l'Espagne - qui vise un objectif de 166 milliards d'euros - portant le montant d'obligations de l'UE en circulation au-dessus des 850 milliards. Mais ce total est susceptible d'évoluer fortement. Et pour cause : le plan de financement de l'Europe pour le premier semestre a été présenté le 17 décembre dernier. A l'époque, la Commission comptait encore sur les avoirs russes gelés détenus en Europe pour asseoir un prêt de réparation de 90 milliards d'euros à l'Ukraine.

Modifié par herciv
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Petite explication de texre. Il ne faut pas confondre les obligations souveraines "Eurobond souverains" dont le volume est de 150 milliards avec les "eurobonds d'entreprises" ni les obligations d'états.

Les eurobonds qui sont les plus susceptible d'attaquer l'économie US ce sont les eurobonds souverains dont le volume va être doublé avec le prêt ukrainien.

Modifié par herciv
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Suite à l'article des echos il est clair que le Groenland va être l'étincelle qui enclencher la bascule de puissance des US vers l'Europe.

L'acharnement de Trump au Groenland va être un calvaire si ca tourne a la guerre. Mais ca sera catastrophique pour l'économie US à l'inverse de l'économie européenne qui va surperformer vu le cash qui va affluer.

Le résultat c'est que rapidement Trump ne pourra plus entretenir de troupes faute de pouvoir les payer et payer leur matériel.

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Il y a 6 heures, herciv a dit :

Suite à l'article des échos il est clair que le Groenland va être l'étincelle qui enclencher la bascule de puissance des US vers l'Europe.

L'acharnement de Trump au Groenland va être un calvaire si ca tourne a la guerre. Mais ca sera catastrophique pour l'économie US à l'inverse de l'économie européenne qui va surperformer vu le cash qui va affluer.

Le résultat c'est que rapidement Trump ne pourra plus entretenir de troupes faute de pouvoir les payer et payer leur matériel.

Sauf que le point de départ n'est pas le même. L'armée US écrase littéralement toutes les armées européennes réunies. De fait, beaucoup d'européens se coucheront si Trump rage un peu trop fort et fait mine d'attaquer.

L'impact économique sera... chaotique

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J'ai fait un petit point sur les performances boursières US vs UE sur plusieurs mois. Les indices européens, CAC compris, pêtent les plafonds. Les indices US eux sont scotchés. La première conséquence c'est que les citoyens US qui avaient l'habitude de voir tous les ans leurs revenus complétés par des plus value confortables en ont beaucoup moins vu cette année, à moins d'être parti sur des marchés hors US. Je rappel que le taux de personnes sans emploi aux US est très supérieur à celui en Europe et que donc ces plus value sont indispensables pour bon nombre d'entre elles.

La seconde conséquence étant que les entreprise US ont moins de cash à disposition.

Modifié par herciv
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il y a 55 minutes, Asgard a dit :

Sauf que le point de départ n'est pas le même. L'armée US écrase littéralement toutes les armées européennes réunies. De fait, beaucoup d'européens se coucheront si Trump rage un peu trop fort et fait mine d'attaquer.

L'impact économique sera... chaotique

Les US ne pourront pas payer leurs troupes très longtemps. Inutiles de dire que c'est théorique. C'est ce qui a été constaté lors du dernier shutdown ou les militaires n'ont pas été soldé. D'aucun m'avait soutenu que ce shutdown était simplement un sketch politique. Dans les fait il permet au gouvernement d'autoriser ses services à émettre plus de dette sur les marchés et donc à payer ses soldats qui  sont donc payés uniquement grâce à la dette placée sur les marché sur les 4 à 6 derniers mois de l'année budgétaire US.

Il fait comment Trump pour payer ses soldats si plus personne ne veut acheter de dette US ? Il fait comment pour payer des munitions, des bateaux, des avions ou tous simplement pour compléter les stocks de pièces détachées ?

Là tout de suite il n'y a que les américains eux-mêmes puisque le reste du monde n'a plus confiance mais ils n'ont pas d'épargne et le taux de sans emploi est catastrophique ... Donc ?

Modifié par herciv
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Voici mon scénario favori pour les mois qui viennent. Il est sombre parce que je pense qu'il y aura bien affrontement au Groenland tellement les US doivent être affolé de ce qu'ils ont provoqué. D'abord une montée des tensions jusqu'à la fonte de printemps. Puis un face à face plausiblement violent pendant quelques semaines. 

Pendant le même temps l'Europe va déployer ses outils financiers plus ou moins rapidement en fonction de la bonne volonté des US. De ce que je vois non seulement ils sont prêts mais en plus leur force a déjà donné lieu à une évaluation grâce à des adjudications qui ont été sursouscrites plus de 20 fois pour certaines. Habituellement on voit des sursouscriptions de 4 à 5 fois mais là 20 fois c'est clairement que le marché n'attend que çà.

Si les US n'évacuent pas le Groenland toutes la force de ces outils sera déployée.

A vu de nez la bascule de pouvoir sera terminée avant la fin de cette année.

Modifié par herciv
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1 hour ago, herciv said:

J'ai fait un petit point sur les performances boursières US vs UE sur plusieurs mois. Les indices européens, CAC compris, pêtent les plafonds. Les indices US eux sont scotchés. La première conséquence c'est que les citoyens US qui avaient l'habitude de voir tous les ans leurs revenus complétés par des plus value confortables en ont beaucoup moins vu cette année, à moins d'être parti sur des marchés hors US. Je rappel que le taux de personnes sans emploi aux US est très supérieur à celui en Europe et que donc ces plus value sont indispensables pour bon nombre d'entre elles.

La seconde conséquence étant que les entreprise US ont moins de cash à disposition.

On doit pas suivre les même entreprises xD

1 hour ago, herciv said:

Il fait comment Trump pour payer ses soldats si plus personne ne veut acheter de dette US ? Il fait comment pour payer des munitions, des bateaux, des avions ou tous simplement pour compléter les stocks de pièces détachées ?

Là tout de suite il n'y a que les américains eux-mêmes puisque le reste du monde n'a plus confiance mais ils n'ont pas d'épargne et le taux de sans emploi est catastrophique ... Donc ?

J'ai bien peur que tu rêves un peu trop ^^'

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il y a 3 minutes, Asgard a dit :

On doit pas suivre les même entreprises xD

Sur les trois derniers mois

— STOXX Europe 600 +12.67%

— S&P 500 +3.83%

Sans même aborder le fait que le S&P 500 est complètement sur-exposé aux valeurs technologiques et donc au risque de la bulle IA.

Mais aussi aux sanctions européennes sur la technologie si elles doivent arriver un jour.

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Je me suis demandé si cet article était mieux dans le fil USA ou celui-ci. Je l'ai finalement mis ici pour illustrer à quel point l'argent coule moins à flot aux US et l'impact que çà a déjà. Il ne faut pas sous estimer l'effet de perte de marché qu'à eu l'affrontement sur les tarifs avec la Chine. 

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/l-economie-agricole-americaine-montre-des-fissures-croissantes-face-a-la-hausse-des-couts-et-a-la-di-ce7e58d9df8df121

L'économie agricole américaine montre des fissures croissantes face à la hausse des coûts et à la disparition des emplois

Publié le 15/01/2026 à 12:06 - Modifié le 15/01/2026 à 12:19

Reuters - Traduit par Zonebourse  - Voir l'original

Dans la ceinture agricole des États-Unis, l'heure est à la morosité. Les agriculteurs font face à une nouvelle saison de prix bas, de coûts élevés et de décisions difficiles à prendre sur la poursuite ou non de leur activité. Les banques coupent le robinet à certains exploitants, alors même qu'ils ont un besoin urgent de liquidités. Des milliers de travailleurs perdent leur emploi, les usines de transformation de viande fermant leurs portes et les fabricants de matériel agricole réduisant la voilure.

La tension au sein de l'économie agricole américaine s'accroît dans toute l'Amérique rurale, des tracteurs invendus s'entassant chez les concessionnaires aux entreprises agroalimentaires affichant des bénéfices en baisse, alors que l'abondance de céréales pèse sur les marchés.

Les prix des cultures sont faibles et les coûts de production élevés depuis trois ans maintenant. Cette année s'annonce tout aussi morose, selon les témoignages de producteurs, d'économistes agricoles et de groupes professionnels. Les données officielles finales publiées cette semaine indiquent une production plus élevée que prévu, tandis que les stocks de maïs atteignent un record pour un mois de décembre : un nouveau signal d'alarme sur la faiblesse des prix des cultures et la rentabilité des exploitations.

Tout espoir de rebond repose désormais sur une chaîne d'événements fragile, selon eux, notamment la résolution des guerres commerciales menées par le président Donald Trump, le retour des achats chinois et des politiques nationales plus favorables aux biocarburants. Les agriculteurs américains pourraient aussi bénéficier d'intempéries chez leurs concurrents à l'international.

« Quand vous discutez avec des agriculteurs, ils vous disent : ‘Je ne sais pas ce que je vais faire' », confie Sherman Newlin, agriculteur dans l'Illinois et analyste de marché chez Risk Management Commodities. « Je connais des banques qui refusent des dossiers d'agriculteurs, et des agriculteurs qui ne peuvent pas rembourser leur crédit d'exploitation de l'année dernière. C'est vraiment déprimant ici. »

Les agriculteurs américains ont récolté d'énormes quantités de maïs et de soja cet automne, aggravant la surabondance mondiale de céréales. Les producteurs de soja ont aussi perdu des milliards de dollars de ventes à la Chine, de loin le premier acheteur mondial.

Les fabricants d'aliments pour animaux chinois se sont tournés vers l'Amérique du Sud pour éviter les droits de douane imposés par Pékin sur les importations américaines, en réponse aux taxes décrétées par Donald Trump contre la Chine. Les agriculteurs accueillent favorablement le dernier plan d'aide de 12 milliards $ de Trump, mais producteurs et économistes estiment que ces fonds ne suffiront pas à compenser la chute des prix et la perte de débouchés à l'export.

Face à la pression financière, les organisations agricoles militent pour une stratégie claire sur les biocarburants et des politiques commerciales qui leur ouvrent de nouveaux marchés. Le message venu de l'Amérique rurale est de plus en plus direct, selon les économistes : si les décideurs veulent que les agriculteurs continuent à semer dans un contexte de prix bas et de coûts élevés, il faudra plus que des aides ponctuelles.

Les coûts de production, notamment pour les engrais, devraient rester élevés pour une nouvelle année de factures douloureuses. L'accès au crédit se resserre, compliquant l'obtention de prêts de campagne indispensables pour acheter les intrants et planter au printemps.

« Les intrants vont être astronomiquement chers », prévient Scott Metzger, président de l'American Soybean Association. « Il va falloir plus d'argent pour semer cette année. »

UNE CULTURE NON RENTABLE

Cette pression devrait persister, en particulier pour les producteurs de grandes cultures. Le ministère américain de l'Agriculture prévoit que les coûts totaux de production du maïs augmenteront d'environ 3 % en 2026 par rapport à 2025, et ceux du soja de 3,1 %.

Dans le même temps, les prix moyens à la ferme pour le maïs récolté à l'automne dernier et vendu cette année sont estimés à 4,10 $ le boisseau, et à 10,20 $ pour le soja : deux niveaux inférieurs à ceux de 2023, selon les dernières données du ministère.

Sur la base des prévisions de rendement pour 2026 et des coûts de production estimés, les agriculteurs devraient vendre leur maïs à 5,03 $ le boisseau et leur soja à 12,80 $ le boisseau simplement pour atteindre l'équilibre, selon une analyse Reuters des chiffres du ministère.

« C'est très semblable à l'an dernier, il n'y a vraiment aucune culture sur laquelle on puisse miser pour dégager un profit », estime Chad Hart, économiste agricole à l'université d'Iowa State. « Tout est sous l'eau en ce moment. »

Les prêteurs se montrent de plus en plus prudents. CoBank, l'un des plus grands organismes de crédit agricole du pays, a constaté une détérioration de la qualité de son portefeuille de prêts au troisième trimestre, s'inquiétant des cours bas et des coûts élevés des intrants.

La banque a enregistré 129 millions $ de provisions pour pertes sur créances sur les neuf premiers mois de 2025, contre seulement 6 millions un an plus tôt. Certains clients n'ayant pu honorer leurs engagements, la banque a passé ces dettes en pertes et constitué des réserves pour de futurs impayés.

DOULEURS FINANCIÈRES

L'ampleur exacte de la crise financière reste à déterminer, notamment parce qu'un shutdown gouvernemental de 43 jours l'an dernier a retardé la publication de données fédérales essentielles sur les revenus, dettes et bilans agricoles, expliquent des économistes à Reuters. Pour certains exploitants, en particulier dans les grandes cultures, il est déjà trop tard.

Les registres judiciaires américains indiquent que 293 agriculteurs ou exploitations agricoles ont déposé le bilan sous le chapitre 12 au cours des neuf premiers mois de 2025, soit près de 36 % de plus que sur l'ensemble de 2024.

Les faillites sont en général un indicateur tardif du stress financier, et ces cas ne représentent qu'une infime fraction des producteurs américains. Mais le chapitre 12, conçu pour permettre aux agriculteurs de restructurer leur dette et de poursuivre leur activité, conduit aujourd'hui à davantage de liquidations, selon Joe Peiffer, avocat spécialisé dans les faillites agricoles en Iowa. Avec la combinaison de prix bas et de coûts élevés, certains exploitants ne peuvent tout simplement plus s'en sortir, estime-t-il.

Parallèlement, les ventes de tracteurs ont baissé de près de 10 % l'an dernier par rapport à l'année précédente, tandis que les ventes de moissonneuses-batteuses ont plongé de plus de 35 %, selon l'Association des fabricants d'équipements.

Beaucoup d'agriculteurs tentent plutôt de prolonger la durée de vie de leur matériel ancien. Terry Griffin, professeur d'économie agricole à Kansas State University, a analysé les données de l'administration des pompiers et constaté qu'avec la baisse des revenus agricoles ces dernières années, le nombre d'incendies de moissonneuses a explosé au Kansas.

« C'est comme avoir une vieille voiture et ne plus avoir les moyens de l'entretenir : on arrête de changer l'huile ou de la nettoyer », explique Griffin. « Il faut de l'argent pour entretenir son équipement. »

PÉRIL SUR L'EMPLOI RURAL

Deere & Co. a licencié plus de 2 000 employés dans huit usines américaines depuis 2023.

Les concurrents AGCO et CNH Industrial ont eux aussi réduit leurs effectifs. AGCO a annoncé mi-2024 son intention de supprimer environ 6 % de ses emplois, alors que la société comptait 24 000 salariés fin 2024. CNH a procédé à des centaines de licenciements dans le Minnesota, le Dakota du Nord et le Wisconsin l'an dernier, en raison de la faiblesse de la demande et de la hausse des coûts des matières premières, liés en partie à la politique tarifaire de Trump.

L'Amérique rurale pourrait aussi perdre davantage d'emplois dans les écoles, hôpitaux et administrations locales, qui constituent pour beaucoup de familles une bouée de sauvetage pour payer les factures et amortir les mauvaises années, prévient l'économiste Jonathan Coppess, de l'université d'Illinois Urbana-Champaign.

Des réductions drastiques de Medicaid et des coupes dans les assurances santé pourraient augmenter le nombre de patients non assurés et mettre sous tension les hôpitaux ruraux, tandis que certains États dirigés par des démocrates pourraient être mis en difficulté par le gel des subventions à la garde d'enfants et aux familles voulu par Trump.

« Ce n'est pas seulement les licenciements dans les usines Deere, qui toucheront certaines communautés », estime Coppess. « C'est un véritable coup de massue qui menace l'ensemble de l'Amérique rurale. »

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Nouvel illustration de la révolution à bas bruit à Wallstreet :

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/bourse-la-tech-americaine-redescend-de-son-piedestal-2209944

 

Bourse : la tech américaine redescend de son piédestal

La diversification vers les valeurs technologiques d'autres régions s'opère à bas bruit depuis déjà plusieurs mois. Les gestionnaires d'actifs se détournent peu à peu des Etats-Unis et mettent en place des stratégies pour se protéger contre un retournement brutal.

Sur les marchés mondiaux, une révolution silencieuse s'opère : les investisseurs se détournent des entreprises américaines de l'intelligence artificielle, qui ont dominé la cote entre 2023 et 2025.

A Wall Street, le Nasdaq est à la traîne. L'indice à forte dominante technologique a pris à peine 0,3 % depuis le début de l'année. L'indice S&P 500, assez pondéré en valeurs de la tech, ne fait guère plus (+0,8 %). L'indice Dow Jones Industrial, qui fait la part large aux entreprises du secteur secondaire, fait en revanche nettement mieux avec une hausse de 1,7 %.

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Il y a 9 heures, Rouletabille a dit :

Sur les trois derniers mois

— STOXX Europe 600 +12.67%

— S&P 500 +3.83%

Sans même aborder le fait que le S&P 500 est complètement sur-exposé aux valeurs technologiques et donc au risque de la bulle IA.

Mais aussi aux sanctions européennes sur la technologie si elles doivent arriver un jour.

Vu les capex annoncés , le rally commence seulement mais tant mieux si tout le monde pense qu'il y a une bulle. Les entreprises US de la tech ont des marges supérieurs à tout ce qui se fait en Europe avec des flux de trésoreries solides, on est très loin de 2000.

Il faut comparer ce qui est comparable, les US sur 3 ans ont surperformés, c'est normal que l'Europe rattrape un peu et que le marché respire un peu: le S&P 500 a fait + 66% et le Nasdaq- 100 a fait 106% alors le Stoxx 600 a fait 35%.

 

 

 

 

 

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