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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Surtout que le questionnement majeur qu'ils ont à opérer semble hors d'atteinte: il s'agirait d'abandonner le modèle de "l'access journalism", c'est-à-dire un soi-disant journalisme reposant avant tout sur les interviews et la venue systématique "d'experts"/consultants sur chaque chose discutée, qui ressemble vite à un pseudo talk show (non arbitré parce que les présentateurs sont trop cons, limités ou pressés par le besoin d'audience pour réellement "tenir" leurs invités), ainsi que sur les réseaux d'amitiés et d'obligations réciproques entre personnels télés (j'ai du mal à les appeler "journalistes") et politiques (et aussi business). Oups, je dis "personnels", c'est pas tout à fait exact: "personnalités" serait le mot plus juste, parce qu'un des piliers du modèle est de peopeliser/stariser tout ce petit monde et de créer des "noms" dans le métier. Ce genre de journalisme est typique d'une bulle fermée, et crée trop de dynamiques d'interdépendance pour pouvoir créer de la valeur ajoutée réellement.... Journalistique. Tout ça pour avoir "l'insider information" qui vous permet de dire 1 minute ou deux avant les autres que tel politique va dire telle chose sur tel sujet, et d'avoir pour annoncer cela une figure médiatique dont on suppose que la voix portera plus parce qu'on en a fait "quelqu'un". Le tout se faisant largement au détriment de l'enquête, de l'analyse, de l'intransigeance, du courage, de la capacité à envoyer chier le pouvoir, à risquer son siège à la MB ou au Congrès ou à être invité là où il faut. Avoir des réseaux d'insiders a toujours fait partie du métier, mais c'était un des outils dans une vaste boîte, et certainement pas le plus important; aujourd'hui, faire partie de ces réseaux de relations complexes et avoir une image médiatique est tout, et permet d'avoir des revenus indécents (tout dans le journalisme télé est asservi à cela). Il est ironique que l'audience soit structurellement en baisse depuis longtemps, et que ce modèle perdure et se renforce, au point, avec le temps, d'avoir largement influé sur la structuration même des newsrooms et des personnels recrutés qui, pour beaucoup, considèrent honnêtement le journalisme d'investigation comme une activité illégale, et l'analyse comme chiante, tout comme l'obsession pour les sondages et tendances du jour ou de l'heure sont pour eux des priorités absolues d'investissement (et c'est très cher) parce que ça permet de multiplier ces segments "exclusive!", "breaking news".... Qui sont devenus si nombreux et permanents que tout le monde s'en tape. Evidemment cette critique vaut plus pour l'info télé que pour la presse écrite, mais celle-ci (sans compter le brouillage des lignes, les sites de journaux ayant leur "branche" audiovisuelle, les sites de journaux télé ayant leurs pages écrites) n'est pas exempte de certains travers similaires (dans d'autres proportions), notamment un relatif enfermement dans une bulle professionnelle fonctionnant en circuit très partiellement ouvert (la bulle de droite étant notablement plus fermée que celle de gauche, même si c'est déjà pas joyeux pour celle-ci). Je note d'ailleurs un phénomène amusant, pour ceux qui se font des "bouquets" youtube/médias sociaux divers pour suivre l'actualité avec de nombreux points de vue sur certains sujets: pour tout ce qui concerne les sujets sociétaux, le commentaire de points d'actualité particuliers ou de thèmes spécifiques hors de la grande politique et de l'économie en général, les sites, chaînes et blogs individuels et quelques proto-médias indépendants ont désormais bien plus d'audience que les médias traditionnels. Les pages "société/culture" de trucs comme Vox, Salon.... Sont loin derrière de nombreux internautes individuels, en terme d'audience et de puissance d'impact, comme vient d'ailleurs de le démontrer (c'est encore partiellement en cours) la polémique sur PewDiePie (le plus gros youtubeur du monde): attaqué par le Wall Street Journa, le Guardian, Vox, Salon et quelques autres, le gars aux presque 54 millions d'abonnés ressort de l'aventure avec 3 millions d'abonnés en plus et une floppée d'intervenants accourus à sa défense. A côté des audiences observées chez les intervenants et PewDiePie lui-même, les scores des articles l'attaquant, malgré leurs grands noms (des parutions et de certaines plumes.... Dont JK Rawlings elle-même), sont ridiculement petits (mais en cumulé, surtout avec aussi une floppée d'intervenants de ce côté, ça pèse lourd quand même: PewDiePie a perdu pour quelques millions de dollars de contrats). Il y a quelques signes d'espoir quand même: la presse écrite s'est remise à embaucher du journaliste d'investigation et à créer des postes "en dur" (par opposition aux pigistes). Je crois que la critique principale de Stewart s'adresse surtout aux infos télés (sa tête de turc pendant des années), et il a sans doute raison sur leur incapacité à se remettre en question. Ils crèveront avant de changer.
  2. Grandiose, et tout frais d'hier soir: un très bon résumé par un duo d'experts à nul autre pareils....
  3. Le noyau dur de Trump n'est pas à 44, il n'est même pas dans les 40; il doit tourner autour de 20-25%, auxquels s'ajoutent avec reluctance les évangélistes (en tout cas ceux dont le vote est déterminé avant tout par les impératifs induits par leur religiosité) et une certaine portion de républicains/conservateurs qui ne peuvent se résoudre (surtout dans un système purement bipartisan, donc exclusif de toute autre option que l'adversaire) à soutenir qui que ce soit d'autre (bref, ceux coincés avec Trump qu'ils le veuillent ou non) et approuvent par discipline de parti (un truc qui n'existe quasiment plus chez nous, cette forme de tribalisme instinctif dans un parti). Et ce qu'on voit maintenant est le mieux que Trump aura avant très longtemps: à partir des premiers mois, la cote ne fait que baisser, et il faut une situation exceptionnelle (crise dure, surtout sécuritaire, qui fait resserrer les rangs) et/ou une floppée de résultats vraiment sensibles pour le plus grand nombre. Quand Gorsuch sera confirmé, et encore plus si quelques mesures passent, les évangélistes auront obtenu de Trump ce qu'ils attendaient de lui, donc ne le verront plus d'un oeil si tolérant (parce que hors de ces promesses essentielles, et à moins d'une autre ouverture à SCOTUS, ils n'ont pas vraiment d'estime pour lui) et se rangeront derrière Pence, leur chouchou, qui pèsera d'autant plus lourd face au Donald, surtout si les casseroles commencent à s'accumuler (éthique/conflits d'intérêts, Russie, méthodes illégales et abus d'autorité) pour lui et que la majorité républicaine commence à vouloir (et/ou être obligée de) regarder les choses de près (oversight committee). Encore une fois, on est en février de la première année de mandat: à ce stade, et sans avoir eu à faire grand-chose de très différent (un discours inaugural un peu moins mesquin, plus gracieux envers l'ex-président, avec un peu plus d'optimisme et d'inclusion; moins de conneries dans l'exécution, un peu plus de professionalisme, de patriotisme et de sérieux dans les nominations, une ou deux mains tendues au parti minoritaire....), il pourrait être à 60%. Là, sachant qu'il ne peut que descendre de cette phase lune de miel parce que la réalité va lentement s'implanter dans le paysage et que les effets d'annonce ne marchent qu'un court moment, 44%, ou même 50% (comme l'annonçait un sondage Rasmussen récemment, avant d'être décrédibilisé par l'échantillon considéré), c'est très faible pour un début de mandat. Evidemment, la question n'est pas de prendre ça trop au sérieux, parce que gouverner aux sondages n'est pas bon, mais l'impact de cette cote est néanmoins réel, tout comme son évolution est un outil crucial pour suivre et évaluer l'histoire, surtout à certains moments d'un mandat, comme ici le début où il est encore question pour le nouveau gouvernement de trouver ses marques et repères. On doit noter, par exemple, que la cote de Trump est meilleure dans les sondages réalisés auprès des "électeurs probables" (pas les adultes inscrits sur les listes) et par ordinateur (où le ressenti d'anonymat est plus grand); la chose doit être relativisée en importance car le filtre de l'ordinateur est aussi limité socio-économiquement et par classe d'âge (la proportion de la population y recourant spontanément n'est pas similaire à celle des électeurs probables, et encore moins à celle des adultes inscrits), et parce que la capacité des instituts de sondage à exactement déterminer qui sont les "électeurs probables" parmi la population adulte, est relative (ils classent les électeurs par catégories de probabilité de vote, et il y a une marge d'erreur entre chaque.... Comme la dernière élection l'a montré côté démocrate, où la campagne HRC a merdé dans ce domaine).
  4. Et en même temps, Trump a une cote de popularité négative (différence favorables-unfavorables), à -4% (44-48), une première dans l'histoire des sondages pour un président, à ce stade de son mandat censé être sa "lune de miel". Et c'est pas sûr que ça s'améliore après qu'il ait dit hier que personne n'avait compris avant lui que le sujet de l'assurance santé (pour le citer), c'était "compliqué".... Facepalm time: D'autres sont d'accord Et puis tiens, non, ce n'est pas assez pour cette trumpade:
  5. J'avais pas noté que les nominés de Trump pour les postes de Secretary of the Army et de Secretary of the Navy s'étaient désistés, tout comme plusieurs candidats pour le poste de NSA (finalement pris par McMaster) avaient décliné (ce qui ne se voit pas d'ordinaire), et Michelle Flournoy qui a refusé le poste de "assistant secretary of defense" après un entretien avec Mattis, qui l'avait pourtant personnellement demandée. Il est très rare de voir tant de gens refuser des postes de ce genre, ce qui donne un indice sur l'état de radio-rumeur à Washington, et sur la cote à l'Argus des jobs dans l'administration Trump (pour tout autre que des ploutocrates là pour se servir et partir rapidement, et des idéologues sûrs de pouvoir imposer leur agenda -genre Banon, Sessions ou DeVos). Le gouvernement Trump a donc toujours du mal à staffer les organes du pouvoir exécutif, à haut et "moins haut" échelon (j'avais indiqué l'état des chiffres un peu plus haut, pour ce qui concerne les jobs impliquant une confirmation du Sénat: 14 pourvus sur environs 600, de mémoire); le milliardaire Wilbur Ross est cependant devenu hier le secrétaire au commerce, et ça ne sera pas forcément, à terme, un bon calcul pour Trump, vu les casseroles que ça risque d'amener. Outre le fait qu'il est, avec Carl Icahn, l'un des deux sauveurs de Trump suite à ses conneries à Atlantic City, il est aussi sa courroie principale avec la finance russe, entre autres par sa présence au board d'une banque chypriote aux côtés d'un des meilleurs potes de Poutine et du milliardaire qui a inexpliquablement acheté à Trump (qu'il ne connaissait alors ni d'Eve ni d'Adam, et qu'il ne connaît d'ailleurs toujours pas) une villa en Floride pour plus du double de sa valeur (environs 100 millions, pour une villa alors estimée à moins de 40 millions, et qui ne trouvait pas d'acheteur depuis des années), précisément à un moment où Trump avait un besoin urgentissime de cash (genre couteau sous la gorge.... Tenu par la Deutsche Bank). L'étrange nomination de Ross rend aussi maintenant Trump politiquement responsable non seulement de ses propres liens douteux et casseroles russes, mais aussi de ceux de son "ami". Le business model de Trump depuis sa déconfiture majeure des années 90 a été d'emprunter beaucoup (souvent dans de mauvaises conditions) et de se lancer dans une fuite en avant permanente dans l'expansion (aidé par la seule chose qu'il sache faire: vendre son image -essentiellement imaginaire), créant un cycle perpétuel dette-investissement qui génère au final très peu de cash en net pour lui, mais donne l'illusion de fonctionner tant qu'il peut continuer.... Ce qui suppose de trouver une réserve de fric peu regardante; les banques américaines (et les banques "sérieuses" en général) ne lui prêtent plus depuis la fin des années 90 (sauf avec quasiment 90% de garantie sur le capital emprunté, essentiellement gagé sur son patrimoine -autant dire que même ses chemises sont hypothéquées), donc l'un des faux mystères du moment est d'identifier (traduction: prouver, parce qu'on sait très bien qui et quoi) ces prêteurs moins regardants. Et ils sont tous en Russie (ou à Chypre, ce qui, sur le plan financier, est la même chose), ce qui implique forcément un rôle pour le pouvoir russe dont les oligarques ne pètent pas sans demander la permission, surtout quand il s'agit de prêter du fric alors que l'intérêt commercial (vu l'emprunteur) est douteux, ou en tout cas certainement pas un choix logique par un acteur économique rationnel; prêter à Trump est un choix tenant à d'autres facteurs.
  6. J'héisite: c'est les marionnettes (attention référence), ou des rescapés de la 2ème GM? Sinon, la réalité politique du budget proposé par la MB, assez bien résumée: http://www.defensenews.com/articles/analysts-new-white-house-plan-to-boost-defense-with-domestic-cuts-wont-happen On va voir ce que Trump veut vraiment avec cette propale: pour passer la "budget resolution, la majorité républicaine suffit, pour peu que McCain et consorts acceptent, eux qui veulent beaucoup plus (ils demandent 640 milliards). Mais il faut aussi une nouvelle loi pour dégager les plafonds imposés sur les dépenses militaires et non militaires, qui doivent sinon être augmentées ou réduites de façon relativement symétrique. Et pour une telle loi, il faut passer, au Sénat, par une majorité de 60 élus, ce qui veut dire des démocrates (et les deux indépendants votant essentiellement avec les démocrates: King, I-Mai, et Sanders, I-Vt); or, si on excepte Joe Manchin (D-WV) et peut-être un ou deux autres "blue dogs", les démocrates sont pour l'instant bien "tenus" par Chuck Shumer, et, vu le comportement républicain (et surtout de Trump) ainsi que le niveau d'activisme dans le pays (les "town hall meetings" ne se calment pas), ils ne vont pas être d'humeur coopérative pour un moment (sauf sur certains sujets -pharma, banques....- parce que beaucoup sont des vendus comme tout le monde) ni n'auront aucune raison de l'être, étant donné que rien ne leur est concédé, qu'ils doivent s'écraser sur tout et qu'ils doivent essayer d'apparaître comme forts, décidés et défendant ce qui est censé être leur position afin de reconquérir leur base (ce qu'ils n'ont pas fait en élisant leur nouveau DNC).
  7. Bref, ils ont du mal à garder dans la même pièce leurs "Bleumarines" et leur "Nigel-ukipiens"? Comme souvent: les sujets "d'intendance" (revenus, travail) tendent à l'emporter nettement dans la durée (pour peu qu'un candidat crédible sur la chose daigne en faire son axe principal): les autres sont réelles, mais fonctionnent plus par périodes de "fièvre". Ceci dit, la "saison" des mouvements migratoires n'a pas encore commencé: le printemps pourrait ramener la question sur la table, et l'été la rendre centrale, vu que l'on semble signaler que les effectifs cette année risquent d'être plus genre 2015 que 2016. Et ce serait encore pire s'il y avait d'autres événements genre Cologne, et/ou une autre révélation sur une tentative de couverture de ces choses par les autorités.
  8. Putain: on se plaint de la justice et de son budget en France: aux USA, c'est pire. Si la justice fédérale est déjà largement sous-budgétée, celle au niveau des Etats et comtés est lamentable.... Et là-dessus, le nouveau gouvernement veut encore pomper des trucs? Parce que dans l'arbitrage de ce qui va au budget "justice", vu les préférences de Trump, j'imagine que c'est pas les enveloppes du FBI, de la DEA, ou du Marshall Service (celui-là est de toute façon microbien) qui vont trinquer (l'ATF peut-être, vu que la NRA déteste ce service), mais la partie justice proprement dite. Sans doute aussi le Bureau Of Prisons, vu que Sessions est un grand ami des prisons privées et que la campagne Trump a reçu de larges versements de cette industrie parasitaire qui vient de voir 4 mannes s'ouvrir/se réouvrir: celle des migrants, celle des drogues douces (la guerre contre la marie-jeanne a repris), celle des minorités (la levée de pieds relative des dernières années est définitivement oubliée, le délit de faciès sera sans frein), et celle des prisonniers fédéraux. J'avais fait un post dessus y'a un bail (l'an dernier.... Avant les élections..... Donc un truc genre 200 pages en arrière ), mais l'Etat fédéral était en train de couper les ponts avec le système privé: plus cher et posant des problèmes lourds, tant sur le traitement des prisonniers et la corruption que pour ce qui concerne la réinsertion). Mais bon, pour se faire une idée, la justice fédérale, c'est un peu plus de 27 milliards annuels, dont 8 pour le FBI, 7 pour les prisons, 1 pour l'ATF, 2 pour le Marshall Service et 2 pour la DEA. Ce qu'ils vont pouvoir gratter dans les trucs qu'ils n'aiment pas, c'est peanuts à côté de ce qu'ils veulent pour l'armée. Les républicains sont en train de faire ce qu'ils font toujours: préparer une accélération du rythme de l'endettement en essayant de faire du bruit (principalement les hurlements des "liberals") sur des fausses économies (dont, pour la plupart, malgré des gâchis divers, l'efficacité de long terme est prouvée pour la paix sociale, même si ces dépenses sont trop anecdotiques par rapport aux problèmes), le tout afin d'éviter de toucher de trop le "troisième rail" (tu le touches, t'es mort) de la politique: l'ensemble santé-social security (pour lequel ils n'ont AUCUN plan de remplacement, comme l'a confirmé Boehner ce WE). Ils n'essaieront même pas de réellement s'attaquer aux problèmes de gaspillages du Pentagone, tel que ça se profile (où il a été montré qu'il y a plus de 120 milliards de gisement d'économies). Mais en revanche, financer les copains à coup de contrats massifs genre surveillance de la frontière mexicaine (un coup géant de "pork barrel politics"), recours massif aux prisons privées (et accroissement de la taille de leur marché via une politique judiciaire répressive et ciblant surtout des minorités et des "coupables" peu violents -les moins chers à traiter), lâchage sur les vouchers, charter schools et "for profit colleges" (à l'inefficacité reconnue et scandaleuse), cession de terrains publics (et la perte sèche sur leur exploitation ET le vil prix de vente), entretien de la machine des acquisitions du Pentagone (pour 50 milliards de plus, vous croyez qu'ils auront quoi comme capacité en plus? Autant que si l'Angleterre décidait de filer 1 milliard de plus à son armée?)....
  9. OK aussi.... Mais là, j'ai vraiment pas le courage d'essayer de retrouver les articles de lui (et les polémiques avec lui) que j'ai lues au fil des années. Y'en a qui ont l'air de pouvoir ressortir ça à la demande sur le forum: vous faites des archives avec un système de classement dynamique, ou quoi? Je dois être vraiment trop flemmard.
  10. ??? Je ne chasse pas la sorcière, et je précise que je suis d'accord avec l'auteur sur bien des points, autant que je reconnais son expertise: j'apporte juste un bémol sur un personnage particulier, sachant qu'une audience francophone n'a pas nécessairement la même familiarité avec le who's who éditorial anglophone qu'elle peut avoir instinctivement avec la presse du tout-Paris (où on sait par exemple que quelqu'un peut être particulièrement orienté, tout en restant intéressant et valable comme lecture). Même chose que précédemment: c'est possible d'apporter un bémol afin de pouvoir lire un commentateur avec moins d'oeillères et peut-être quelques filtres sans être automatiquement catégorisé comme appartenant directement au "camp d'en face"? On peut éviter d'être binaire 5 minutes? Quand je mentionne le passif de Cohen, je parle de faits documentés, où il a simplement repris intégralement A L'OCCASION (pas un fait systématique; là, vous m'avez tous deux répondu comme si je l'assimilais à Baghdad Bob) la ligne du Kremlin, ou recraché des éditoriaux de RT en mode propagande dure. Autant je n'aime pas la ligne trans-parti washingtonienne sur (entre autres) les sujets de la Russie (tout mal), de l'Iran (tout très mal) et de l'Arabie Saoudite (tout bien) qui est dangereusement consensuelle dans la sphère des élus et experts ricains sur ces 3 pays, autant je n'avale pas non plus l'autre couleuvre. Et Cohen a plusieurs fois essayé de la refiler, parfois même exactement celle que Poutine avait envoyé. Cohen est par ailleurs un chercheur très estimable, avec une persistance dans la critique de la posture américaine face à la Russie qui, dans le contexte de ce sujet aux USA, est admirable, et ajoutons que l'article ici vient d'un magazine de gauche (où il est un intervenant) pas extrêmiste mais pas aligné sur le DNC non plus (pas du tout)..... Qui est dirigé (et possédé) par la femme de Cohen, Katrina Vanden Heuvel (dont je suis fan), une figure de la "gauche modérée qui pense différemment" (pour essayer de résumer rapidement), et qui, avec son journal, a soutenu Sanders et critiqué Clinton sans prendre de gants.
  11. Notons quand même pour tempérer ce point de vue que Cohen n'est pas un arbitre neutre de ce débat: c'est certes un expert de la Russie, et il ne cache pas non plus qu'il est entièrement opposé à la politique russe des USA depuis la fin de la Guerre Froide (et sur bien des points, il a raison à mon sens), mais il a plus qu'allègrement, et fréquemment, franchi la ligne rouge en n'hésitant pas à aligner des erreurs et des.... "Faits alternatifs" (on va utiliser cette expression, puisque les "djeunz" de la politique semble l'adopter; pourquoi pas "mensonge 2.0? Ca fait trop rétro, période débuts de l'internet?). Et il n'a pas non plus hésité à souvent reprendre mot pour mot les lignes éditoriales de RT au point de se faire parfois un pur apologiste de Poutine.
  12. Je ne sais pas si c'est passé dans le topic, ou si je me suis mis, plus ou moins sans m'en rendre compte, à lire en diagonale ce qui concerne la dernière Trump-erie en date (cad les sujets "strass et paillettes" et coups d'humeur qui sont là pour faire causer), mais y'en a une pas mal qui est sortie: la MB serait tellement énervée par le niveau de fuitage qu'elle connaît que la répression a commencé. En l'occurrence, Sean Spicer aurait exigé de son staff (les relations publiques de la MB, distinctes de la communication.... Pour référence visuelle, c'est le département de CJ Craig dans The West Wing), soit une douzaine de personnes, de donner leurs portables professionnels et personnels pour inspection, dans le même temps où leurs boîtes mails étaient passées au crible (est-ce légal? J'ai pas entendu un journaliste évoquer la chose).... L'ironie de cet événement réside dans le fait que sa description par la presse.... Provient d'une fuite !
  13. Un article utile A ce propos, un bon article du "failing NY Times" (ils devraient changer leur titre, juste un jour, pour déconner), qui prédate l'élection/sacre de Pérez par l'establishment (ben oui, vous croyez que les bouseux votent, dans cette élection interne à l'appareil du parti? C'est juste environs 400 représentants): https://www.nytimes.com/2017/02/21/opinion/move-left-democrats.html L'auteur souligne notamment un fait qu'on passe d'un revers de main pour l'élection: il y a plus d'électeurs d'Obama qui se sont reportés sur des candidats tiers que sur Trump, et ces gens sont donc (surtout si on tient compte de ceux qui ont voté Trump par protestation, pas par conviction ou croyance) de loin la première explication du "white flight" qui a pénalisé Hillary Clinton. Et c'est encore plus vrai (de très loin) si on tient compte de l'abstention (du moins l'abstention volontaire): le réservoir de vote démocrate se trouve dans cet ensemble, et le parti devrait plus en prendre compte dès lors qu'on réalise que la grande majorité du pays (et, ironiquement, c'est aussi souvent une portion très importante, et régulièrement majoritaire, de l'électorat conservateur) se situe beaucoup plus à gauche qu'un échiquier politique élu très peu représentatif, dès lors qu'on pose des questions sur des points de gouvernance et non sur la politique. Ainsi, majoritairement, les Américains sont pour un système de santé "à l'européenne" (single payer system), pour une université gratuite (au moins la partie "four years college") ou à bas coût, contre une politique extérieure interventionniste (et le terme "nation building" est hautement impopulaire), contre les prisons privées, pour une lourde réforme du système judiciaire, pour une imposition plus lourde des plus aisés (et surtout des "one percenters").... Bref, les ricains sont de vrais cocos! Tous les items auxquels la majorité est très clairement favorable sont, pour l'essentiel, la plate-forme démocrate (version Sanders, pas HRC). Le "white flight" si évoqué dans la défaite de HRC n'est pas un phénomène si massif, sauf si on tient compte de l'abstention, ce qui n'est jamais fait, tant notre biais cognitif dans ce domaine est de considérer sans trop nous en rendre compte que le vote exprimé et l'opinion de la population (adulte en tout cas) sont une seule et même chose. L'auteur de l'article pointe que le parti erre en voulant "récupérer" la plus grande partie des électeurs blancs qui ont voté Obama puis Trump, principalement parce que, contrairement à ce qui est clamé, il n'y en a pas "des millions", mais environs 784 000 dans les 10 Etats où l'élection s'est plus ou moins jouée. C'est encore plus ridicule quand on pointe que 77 000 votes dans 3 Etats (Wisconsin, Pennsylvanie et Michigan) très majoritairement démocrates (pour peu qu'on daigne y faire campagne et écouter les gens) ont fait la différence décisive pour l'élection. Dans ces 3 Etats, le vote démocrate a baissé (abstention et tiers partis surtout, Trump un peu), le vote républicain a augmenté de 440 000, et le vote pour les tiers partis de 503 000 (et les gens de ces Etats ne se sont pas convertis au libertarianisme ou à l'écologie depuis 2012). Et le contraste est plus grand encore quand on ne regarde que le vote blanc: dans le Wisconsin (de loin le plus "blanc" de ses Etats: il est peu divers comparé à la vaste Pennsylvanie et au Michigan, considéré comme un "Etat du sud" égaré dans le nord), Hillary Clinton a eu 193 000 électeurs blancs de moins qu'Obama en 2012, là où Trump n'a eu que 9000 électeurs blancs de plus que Romney. Les deux autres candidats ont eu 100 000 électeurs blancs en plus par rapport à 2012. Dans le Michigan, c'est pareil, en pire pour HRC, et en Pennsylvanie, c'est avec les noirs que Clinton a merdé (elle a eu un petit peu plus d'électeurs blancs qu'Obama en 2012): 130 000 de plus se sont abstenus par rapport à 2012, alors que l'élection s'est jouée à 44 000 votes dans cet Etat. En somme, l'auteur conseille d'aller chercher "les bons blancs" : pas de jugement de valeur idéologique, juste de voir où sont les vraies fuites (les fuites étant le thème de ce début d'année politique aux USA, apparemment). J'ajoute qu'il ne faut pas sous-estimer la partie "non trumpiste" et non républicaine des blancs ayant voté Trump, qui constituent un volant d'électeurs non négligeables et susceptibles d'être ralliés par le même discours que Phillips recommande.
  14. Tancrède

    Nanas au combat

    Une vision "dure" du débat, une opinion très tranchée (mais pas infondée) par Martin Van Creveld (qui rumine beaucoup le sujet depuis des années); https://fabiusmaximus.com/2017/02/16/women-in-the-israeli-military/#more-102479 Je note les deux études citées en fin d'article, non sur le domaine militaire en particulier, mais sur la tendance générale, constatée notamment par des études "féministes" et observée depuis longtemps, qui voit un champ d'activité ou un métier perdre en prestige social et en rémunération (donc en attractivité, avant tout auprès des hommes) dès lors que les femmes commencent à y être significativement représentées, ce pourquoi les explications possibles sont nombreuses: dévaluation socio-culturelle, discrimination.... Ou simplement plus d'individus pour un nombre de jobs dispos qui augmente moins que l'afflux de candidats ne croît (surtout vu les tendances des femmes, surtout éduquées, à se concentrer sur un certain nombre de professions/carrières: ressources humaines, sciences du vivant, travail social....).
  15. Toujours un problème quand des politiques veulent se lancer dans le jeu des prévisions, et là il y a clairement sur-promesse, même si, il faut le noter, Krugman a été plus que malhonnête et pro-Hillary au point du biais extrême pendant les primaires démocrate, avec pas mal d'articles et d'attaques fondées sur du vent. En l'occurrence, et il ne le signale là que mollement, le document évoqué et les chiffres qu'il affichait n'ont pas été intégrés au programme de campagne de Sanders, ni claironnés, contrairement à un Trump qui décrétait la croissance. Sinon, je viens de me pencher sur des études de longue haleine quand à l'évolution du sentiment général (et générationnel) sur les institutions et la démocratie elle-même en occident (pas qu'aux USA donc): des choses intéressantes, certaines inquiétantes (peut-être pas encore au point de la sueur froide permanente ceci dit), mais une certitude: le rapport que nos populations ont envers une forme libérale (sens large) de gouvernement a connu de forts changements ces dernières décennies, et aux USA plus qu'ailleurs il semblerait, avec notamment une inversion de la propension des plus aisés à envisager une forme autoritaire de gouvernement (ils étaient les moins enclins à la préférer, maintenant c'est l'opposé.... Même si ça reste une minorité chez les plus riches qui pensent ainsi), une tendance générale des sociétés à être moins fondamentalement attachés à la démocratie (surtout quand on met en balance le facteur d'efficacité -réelle ou perçue- de la gouvernance comme motivation), et un fossé générationnel croissant, avec des jeunes moins enclins à défendre un gouvernement représentatif et libéral, et moins hostiles à des formes plus autoritaires de gouvernement. Ce fossé générationnel a toujours existé, en grande partie explicable par l'âge: quand on est jeune, on croit qu'une élection perdue est la fin de tout, on veut plus voir appliquée l'intégralité de "son" programme, et tout de suite.... Mais c'est l'évolution de cet écart qui est préoccupante, tant elle semble croissante, durable et profonde, au point de devenir une tendance lourde et donc un élément déterminant de la culture politique actuelle et future. L'élection de Trump, tout comme la résurgence actuelle des populismes, au-delà des causes légitimes qui les remettent au coeur de la donne politique moderne, sont AUSSI, devrait-on souligner, révélatrices de certaines tendances à l'autoritarisme (autant pour des raisons conjoncturelles -économie, immigration, changements sociétaux- que structurelles -évolution subséquente de la culture politique), ou en tout cas à moins craindre l'autoritarisme, à s'y réfugier en temps difficile (figure de "l'homme fort/providentiel"), et à être moins attaché au fonctionnement démocratique qu'aux résultats (espérés, fantasmés) de la gouvernance. La proportion de population que cela concerne semble croissante, plus jeune, et donc durablement dans le paysage. Un article du blog FabiusMaximus qui cite une de ces études: https://fabiusmaximus.com/2017/02/23/new-research-reveals-the-people-guilty-of-wrecking-america/ Ajoutons, pour la bonne bouche et la prétention littéraire, l'autre phénomène dominant qui accompagne cette fragilisation de la démocratie (là où il est le plus requis qu'elle existe: dans les esprits, dans la "culture" du temps), celui de la ploutocratie. Un résumé de la "pensée ploutocrate", par George Bernard Shaw dans la pièce Major Barbara (1906), qui semble étrangement adaptée à l'Amérique actuelle (avec toute l'ambiguité dans la position de Shaw sur le personnage évoqué dans la pièce, soit une époque où il avait encore quelques illusions sur les "job creators"): “I am the government of your country; I, and Lazarus. Do you suppose that you and half a dozen amateurs like you, sitting in a row in that foolish gabble shop, can govern Undershaft and Lazarus? “No, my friend; you will do what pays us. You will make war when it suits us, and keep peace when it does not. You will find out that trade requires certain measures when we have decided on those measures. “When I want anything to keep my dividends up, you will discover that my want is a national need. When other people want something to keep my dividends down, you will call out the police and military. “And in return you shall have the support and applause of my newspapers, and the delight of imagining that you are a great statesman. “Government of your country! Be off with you, my boy, and play with your caucuses and leading articles and historic parties and great leaders and burning questions and the rest of your toys. I am going back to my counting house to pay the piper and call the tune.”
  16. Je crois que ta tête était placé -bien malgré toi, j'en suis sûr- dans un lieu obscur:
  17. Non, ça c'est Trump qui a annoncé ce genre de croissance. Non, j'essayais plutôt d'évoquer le devoir "moral" du président d'être aussi rassembleur que possible dans son comportement, sa posture, son langage, l'image qu'il projette.... Pas de suggérer qu'il doive changer du tout au tout son programme électoral (qui de toute façon est un faisceau de craques). Pas du tout! Je m'inscris en faux, espèce de suppôt du politiquement correct! Le "f-word" doit être employé dans une discussion, sans contrainte: fuck, fuck, fuck, fuck! C'est AD.net, ici, pas ABC ou CNN.
  18. Nouvelles du front de Standing Rock dans le Dakota du Nord: lors d'une dernière audience pour retarder le forage pour faire passer le pipe line contesté sous une rivière, la tribu de Standing Rock a perdu rapidement face à la compagnie chargée des travaux et à la pression du gouvernement fédéral, avec l'avocat de la dite compagnie qui ne se serait même pas gêné pour dire haut et fort qu'il allait "falloir aller vite pour rattraper le temps perdu", expliquant que le forage qui devait avoir lieu en 60 jours serait réalisé en 30... Une autre manière de dire que ce serait bâclé et que le futur pipe line serait encore plus enclin à fuiter; rappelons que la technologie du pipe line ne semble toujours pas maîtrisée par les humains: les fuites se comptent en centaines par an aux USA, polluant les sources d'eau potable et les sols. Le camp principal des protestataires a été évacué de force et avec une grande brutalité (une cinquantaine de personnes arrêtées, plusieurs à l'hosto dont un avec le bassin brisé), alors même que la plupart des journalistes avaient été évacués il y a quelques jours, manu militari, par la police locale qui est en grande partie payée par les entreprises pétrolières (on a de ces images d'Epinal du XIXème siècle avec ce genre de trucs: "faites donner la troupe sur ces crasseux"), mais aussi par les forces de sécurité de l'entreprise du pipe line qui, depuis le début de ce mouvement de protestation, n'ont jamais été inquiétées pour toutes les saletés qu'elles ont faites (brutalité grave, agents provocateurs incitant à la violence et essayant même de jeter des explosifs et objets incendiaires....). Pour mémoire, signalons que les terres sur lesquelles le pipe line est construit appartiennent en grande partie à la tribu de Standing Rock et à quelques autres, un fait reconnu par traité avec les nations indiennes souveraines concernées, et que l'Etat US n'a jamais respecté, et surtout pas dans cette histoire. Par ailleurs, de nombreuses parcelles sur lesquelles le pipe line passe sont des propriétés privées de locaux, dont aussi des membres de la tribu... Et là encore, l'usage du dispositif "eminent domain" (essentiellement une version hardcore du projet d'utilité publique.... Dont des boîtes comme celle impliquée ici peuvent littéralement acheter la mise en oeuvre sans problème) a tout écrasé sur son passage; il y a encore un camp de protestataires (un petit millier) sur une telle parcelle, relativement loin du site du forage, et la propriétaire s'est apparemment vue indiquer qu'elle ferait mieux de dire aux protestataires qu'elle héberge de partir, "sinon".... La loi a été ouvertement bafouée à de multiples reprises sur toute la durée du mouvement, soit depuis le printemps dernier, par les autorités locales, par les autorités fédérales (moins sous Obama, nettement plus depuis quelques temps ) et surtout par l'entreprise construisant le pipe line (dont apparemment, contrairement à des rumeurs initiales, Donald Trump serait toujours actionnaire).
  19. Y'a de forts doutes sur la chose: son programme est essentiellement une augmentation des dépenses militaires, un montant colossal de fric dans l'infrastructure (1 trillion soit-disant: ce qui en a été montré ressemble plus à un lourd manque à gagner en faveur de projets bons pour les boîtes les voulant, mais n'aidant pas le "système" américain) mais pas le tiers de ce dont elle a besoin pour réellement se mettre à niveau (plus de 3 trillions selon les évaluations), et une augmentation des dépenses de santé (Trump ne voulant pas lâcher cette promesse fondamentale de campagne, mais ayant déjà tout cédé à l'industrie pharma qui va recommencer son inflation de niveau pré-2009). Le gouvernement américain va dépenser de toute façon autour de 4 trillions de dollars cette année, avec bien peu de coupes budgétaires (celles projetées, notamment dans les programmes ciblés par les conservateurs, relèvent du symbolique: le truc pour les arts, PBS/NPR.... C'est peanuts) et moins de ressources si des baisses d'impôts et dégrèvements exceptionnels sont applicables pour l'année en cours (plus des directives plus ou moins discrètes pour être moins regardant sur les exercices de "comptabilité créative" des grandes boîtes et gens riches). Il n'y a rien qui indique que les politiques conservatrices telles qu'elles se profilent produiront le moindre effet positif pour le budget, même d'ici à 10 ans. Rien ailleurs que dans les fantasmes de "voodoo economics" (aussi appelée "reaganomics") qui sont encore vantés en ce moment même à CPAC et qui n'ont fait que démontrer leur fausseté depuis 40 piges. Si le compromis Trump-conservateurs est ce qui est attendu, les USA vont se mettre sur la route des 30 trillions de dettes d'ici 10 ans (20 aujourd'hui). Il y a une différence: il a certes le droit d'afficher son désaccord avec la presse, mais il a aussi des devoirs, notamment celui d'être le président de 100% des Américains, pas juste celui de la partie la plus enragée de sa base. Il a aussi, dans la mesure du politiquement possible (on est dans le monde réel), un certain devoir de vérité et d'exemplarité au moins dans l'argumentation employée et les choses auxquelles il réfère. Et dans ce domaine, dire que Trump a été sub-optimal serait être très généreux. Il ment comme un arracheur de dents (et je me place sur l'échelle très basse de la politique politicienne pour en juger, pas sur celle de la décence) et invente une réalité alternative où faits et chiffres réels n'ont pas droit de cité, et ce à seule fin de raconter (mal en plus: un comble au pays du storytelling) une histoire dont il est le héros-martyr-sauveur omnipotent, avec absolument rien de réel sur quoi se baser. C'est pas juste un délire des "intellos tour-d'ivoiriens" imaginaires que tu sembles aimer caricaturer pour mieux pouvoir les pointer du doigt, quand beaucoup d'analystes évoquent des possibilités (et des changements effectifs dans la justice, la police, ce qui est demandé au Congrès....) de dérives autoritaires via ces méthodes, tout comme c'est pas pour rien que la longue et complexe histoire des présidents américains avec la presse a reposé sur certains principes non écrits, notamment une retenue de la part de la MB face à une presse par nature adversariale. Le président n'est pas celui qui "réagit": il est par fonction celui qui, dans l'ensemble "a l'initiative", celui dont l'info vient principalement. La presse, et avant tout le corps des correspondants de la MB, sont juste la première ligne de réaction en même temps que le principal haut parleur du président (encore aujourd'hui: dans le monde réel, les tweets présidentiels ne touchent pas vraiment une masse critique de gens, juste une caisse de résonance réduite et peu représentative qui aide le Donald à se pommader l'ego): dire que Trump "réagit", c'est simplement constater qu'il est incapable d'être président et de même piger la fonction, parce qu'un chef d'Etat (contrairement à un candidat) n'a pas à "réagir" à la presse pour autre chose que des trucs fondamentaux, sans quoi il s'affaiblit à moyen-long terme.
  20. Les patrons de quoi? Des commissions? La majorité est républicaine dans les deux chambres, donc ceux qui les président sont républicains, et la majorité de l'effectif des commissions est républicaine. C'est ainsi que ça marche.
  21. Mali, Niger, Nigéria, et évidemment toujours la Libye et la Syrie (surtout les populations réfugiées en Turquie et au Liban), plus quelques autres foyers: il y a toujours un réservoir importants de migrants économiques ou de réfugiés. Des facteurs circonstanciels additionnels peuvent s'y être ajouté: j'ai pas regardé s'il y avait eu des trucs comme des mauvaises récoltes, une sécheresse, par exemple, ou si le niveau de l'aide internationale commençait à connaître un écart trop grand avec le besoin, ou encore si les filières clandestines de transport se portaient mieux ou pas, mais dans l'ensemble, beaucoup de facteurs jouent (il suffit qu'Erdogan décide de fermer les yeux un peu plus longtemps pour que quelques centaines de milliers de migrants de plus se mettent en mouvement, après tout).
  22. Une info potentiellement majeure qui risque de faire du bruit dans les prochains jours: les deux patrons des commissions sur le renseignement, au Sénat et à la Chambre, ont avoué ouvertement au Washington Post qu'ils avaient bourré le mou des médias sur le sujet des rapports Trump-Russie depuis le début de la présidence.... A la demande exprès de la Maison Blanche. Il leur avait été demandé de faire circuler le bruit "qu'il n'y avait rien à voir", alors même que les demandes pour une large commission d'enquête parlementaire (réunissant les deux entités), bipartisane, indépendante et aussi dépolitisée que possible n'ont fait que monter, et alors même que les deux commissions menaient déjà chacune leur enquête (censément indépendante) sur le sujet. Cela représente un niveau d'interférence a priori sans précédent depuis Nixon. Le fait est aggravé par la confirmation que les hiérarques des agences de renseignement ont reçu les mêmes demandes de la Maison Blanche: appeler des journalistes pour dire que tout va bien et qu'il n'y a rien de suspect, alors même que ces agences sont elles aussi officiellement chargées d'enquêter sur la chose avec autant d'indépendance que possible. Le précédent de ce côté est plus récent: la montée vers la guerre en Irak en 2003 a vu le même genre de manipulation des agences de renseignement.
  23. Kim ne jongle pas: il fait jongler les autres. Avec le "vent" de Donald qui souffle dans toutes les directions, quel besoin de gaz? Mais bon, perso, j'ai toujours été pour des modes d'exécution plus lent et élaborés; typiquement, la "maison qui rend fou" dans les 12 travaux d'Astérix. Alexis! Va me chercher un laisser-passer A38, s'il te plaît .
  24. Trump veut garder Jeff Bezos dans ses réunions avec des grands patrons? Il ne répondait pas aux questions, point. D'un côté, ça fait partie de la gymnastique de la salle de presse de la MB, de l'autre, Spicer a poussé l'art bien trop loin: sa méthode? Les journalistes parlent d'un truc, il parle d'un autre. Pas sûr que ça ait de l'intérêt, au-delà de le voir s'emmêler lamentablement les pinceaux toutes les 2 minutes. Aaaaaah, CPAC, le festival du grand n'importe quoi; l'un de ces endroits où la réalité n'a pas droit de cité, où les faits restent au vestiaire, où tous les délires sont permis, où le "trickle down economics" est encore pris au sérieux, et sans doute le seul lieu au monde où Ted Cruz est accueilli avec le sourire. Honnêtement, regardez des passages de CPAC, c'est édifiant: c'est la "twilight zone" des conservateurs, à prétention intellectuelle mais rien au-delà de la prétention. Un peu la fête des fous, mais des fous qui ne savent pas qu'ils sont fous (ou des cons qui ne savent pas qu'ils sont cons). On peut y dire n'importe quoi, et pire c'est plus on est applaudi. Ce serait un moment de franche poilade.... Si les gars qui s'y pointent n'étaient pas au pouvoir. J'ai vu que face aux problèmes d'approvisionnement en sérum pour les injections létales des chambres d'exécution (plus de production aux USA, et les quelques pays où ça se trouve sont anti-peine de mort et donc n'exportent pas les composants pour cet usage) et après quelques "expériences" aussi déplorables qu'horribles (plusieurs condamnés mettant parfois des heures à mourir), plusieurs Etats cherchent d'autres solutions, dont la guillotine (si vous êtes superstitieux, c'est le moment de préparer son mouchoir pour aller le tremper sous la bascule à charlot), mais surtout (en Arizona ou Oklahoma, je crois), on trouve des recommandation de modes d'exécution DIY: le condamné amène le truc avec lequel il veut être zigouillé. Trump-Banon (une entité fusionnelle sur le sujet de la presse) a peut-être ce genre de programme en tête.
  25. Ne nous excitons pas..... Les publications concernées nous révèleront la plénitude du degré de leur outrage demain. Je propose ainsi un moratoire: au lieu de s'exciter pour rien avec juste des tweets, attendons de voir des articles, interviews et shows de substance (je sais, le terme est un peu galvaudé quand on parle de la presse politique) d'ici à demain après-midi, histoire de voir un peu d'allers-retours, d'attaques et contre-attaques, de gens prenant un premier degré de recul après la réaction (virulente) au choc initial. Ca sera plus payant, et on polluera moins le fil. Je crois la manoeuvre un peu maladroite (à moins qu'il ne s'agisse d'un coup de semonce pour les faire changer de ton, ce qui n'est pas mieux... Surtout s'ils s'aplatissent), mais franchement, ils l'ont mal joué depuis le début: je serais un patron de presse à Washington, j'aurais essayé de coaliser les autres parutions "sérieuses" pour faire une crise de la chaise vide durable: le seul moyen de ne pas tomber dans le piège du système Trump (suivre les polémiques qu'il lance toutes les heures) qui revient à lui faire de la pub malgré soi, c'est de le boycotter et de se détacher complètement du business de la MB pour traiter seulement des questions de gouvernance, en délaissant, au moins pour un temps, la politique politicienne. Mais ils sont trop accrocs, leur système repose trop dessus (et sur l'accès), et maintenant, la MB a pris l'initiative dans ce registre de la chaise vide. Bienvenue dans une MB où les sièges seront à terme occupés par FoxNews, Breitbart, Infowars, des parutions religieuses et quelques blogs d'alt-droitistes à l'audience réduite. Le roi a banni les commères principales de la Cour, comment vont-elles réagir? Ca pourrait être très stimulant pour la démocratie s'ils avaient encore du sang de journaliste (genre des vrais) dans les veines, mais là est la question: les gènes circulent-ils encore dans la "Beltway Press"? En tout cas, une chose est sûre: le dîner des WH correspondents cette année sera du tout ou rien. La platitude complète, avec zéro stars, aucun bon comique pour faire une sortie remarquée, et un silence de mort. Ou bien au contraire le déchaînement: Hollywood en grande sortie et en mode anti-trump (sous son nez), un comique ultra-agressif et bon pour le discours, et un Trump outré sortant en cours de route. Ou bien il ne se pointe même pas.
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