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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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J'ajouterais que le phénomène médiatique qu'est Trump, au cours de l'année écoulée, outre le fait qu'il a trouvé des limites, créé des handicaps pour Trump, accumulé des casseroles, atteint un certain seuil de non renouvellement qui commence à se voir même pour les plus cons, a aussi permis de faire émerger une opposition: cette extrême médiatisation est une arme à double tranchant, puisqu'elle offre une plate-forme à ceux qui s'opposent à Trump, du moins s'ils le font bien. Clinton n'en bénéficie que marginalement parce qu'elle est le candidat démocrate (et dans l'esprit des médias, donc leur posture, leur discours, leurs choix et leurs actions, elle l'est depuis le début) et qu'elle a sa propre et très importante notoriété, et Sanders a acquis la sienne différemment (principalement en devenant une opposition efficace à Clinton et en tapant dans une réserve de colère et d'aspirations largement mise à l'écart), mais on a vu récemment émerger, comme Boule le rapppelle, Elizabeth Warren, par exemple, à un niveau national dépassant le cadre de la sphère progressiste, via sa très efficace prise de position par rapport à Trump, devenant tous les jours un peu plus un personnage, un pôle, à part entière, et une possible future tête de liste, d'autant plus qu'elle a habilement refusé de prendre parti pour Clinton ou Sanders tant qu'ils concouraient (ce pourquoi certains supporters de Sanders lui en veulent, mais pas trop). En attaquant Trump, et surtout en le faisant bien et de son côté, pas dans le concert habituel de la discussion ronronnante des grands médias, elle s'est offerte le même degré de pub gratuite que Trump, essentiellement à ses dépends, entre autres parce qu'il est incapable de ne pas répondre à la moindre attaque, lui concédant de ce fait une plate-forme à ses dépends. Et elle a exploité le filon, le tout en moins d'un mois. Evidemment, elle avait un bilan, une image et une crédibilité mérités avant cela, mais limité à une certaine audience (même si importante), et dont elle ne maîtrisait aucunement la narration dès lors qu'on parlait d'elle dans l'actualité (FoxNews ayant ainsi pu la labelliser "folle d'extrême gauche" sans grande possibilité pour elle de répondre, et MSNBC l'ayant trop peu sacralisée vu qu'ils ont complètement abandonné leur position majoritairement progressiste depuis quelques années pour devenir purement mainstream); cela vient de changer.
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[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, désolé, c'était un peu formulé façon café du commerce; un mouvement d'humeur j'espère pardonnable.... Je viens de voir une interview de Trump suivie de la gymnastique oratoire de nombreux républicains pour dénoncer sans dénoncer, soutenir sans soutenir, et aligner les mêmes conneries habituelles qu'ils affirment bien haut depuis des années en les présentant comme des vérités universelles (notamment Paul Ryan, le plus fort en ce moment à ce genre d'exercice): un peu énervant! Mais au final, la même hypocrisie qu'on croise partout sur la scène politique, même si à un degré anormalement élevé comme ça semble être devenu l'habitude depuis la crise. -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est un des trucs qui me fait le plus marrer dans les discussions publiques depuis les débuts de la "reprise" post 2008: le fait qu'on a évoqué l'Angleterre comme un exemple faisant mieux que les autres, alors que leur croissance n'a tenu qu'à un déficit public supérieur. Mais non, on va vous parler de "vertu", de "discipline budgétaire", de "saine dérèglementation" (ou dérégulation; j'ai vu qu'il y avait un âpre débat, mais pour l'essentiel, les termes sont interchangeables tels qu'ils sont employés depuis toujours, le second étant un anglicisme approprié dans notre langage courant depuis plus de 20 ans.... Et plus simple à prononcer), "d'incitations à l'investissement", et toutes les conneries habituelles. Tu parles! Ils claquent du pognon public comme tout le monde, plus que beaucoup, et pas grand-chose d'autre, mais développent ensuite une "narrative" avec les mots qui sonnent bien, en essayant de dire qu'il y a un "modèle anglais", de la même façon que les Allemands érigent le leur qui est, comme dans tous les discours de ce genre, à 90% du vent, de la pure com'. -
Sauf que ce n'est que du blabla: même s'il était élu, il n'aurait pas ou très peu (genre se comptant sur les doigts d'une main) de représentants et sénateurs capable et/ou désireux d'opérer en ce sens. Et en tant que président, il ne pourrait pas grand-chose pour y changer quoi que ce soit, même à menacer d'un veto perpétuel (on a vu ce que ça a donné ces dernières années: corporate America peut attendre plusieurs mandats de gouvernance bloquée). De toute façon, il est déjà contraint de demander des fonds aux grands donateurs privés, quoiqu'il arrive, puisqu'il ne veut pas et ne peut pas financer sa propre campagne (il a pas le cinquantième du cash nécessaire): sa "liberté d'action" est juste du vent, quelque chose qu'il essaie de faire croire, mais qui sera démonté par l'opposition research de Clinton, et sans grande difficulté (et oui, ce sera un cas de roquefort critiquant l'hygiène corporelle du camembert). Pour l'instant, il n'a pas fait venir d'indépendants vers lui, juste des conservateurs et "ultra-droitistes" qui avaient renoncé à voter; a t-il atteint son plafond en la matière, en plus? C'est très possible: l'effet de surprise est passé, et tout ce qu'il dit sent le réchauffé (et le moisi, mais ça, c'était dès le début), et il semble trop crevé pour se renouveler et savoir encore choisir la bonne polémique et le bon moment. Mais surtout, les limitations évoquées par cette certitude "hubristique" de pouvoir tout contrôler et faire par lui-même avec des invitations sur les networks et des tweets agressifs est une très grave sous-estimation de ce qu'il en coûte d'atteindre les différents types d'électeurs si on les classe en fonction de leur degré de distanciation vis-à-vis de la politique: networks et grands médias sociaux sont les médias les plus "superficiels". Ils touchent l'électorat déjà plus ou moins proche de la scène publique, certes le plus nombreux, mais aussi déjà le plus enclin à voter et/ou impliqué dans une forme d'activisme permanent ou une autre. C'est le plus cheap en somme, même si par sa masse, il représente des sommes considérables, des sommes dont Trump a pu de fait disposer même si pas sous forme d'argent directement en main: son statut et sa notoriété déjà acquises en 40 ans, les plus de 2 milliards de média gratuit, la plate-forme offerte par la primaire républicaine -donc en ce sens aussi payée par les autres, surtout quand ils parlaient de lui- et le caractère unique et donc par là hautement racoleur de ses provocations. Atteindre les "couches" d'électorats plus distantes de la politique devient exponentiellement plus cher au fur et à mesure qu'on s'éloigne de cette base. Trump a pu atteindre une partie spécifique de ces "distanciés", peut-être pas la plus éloignée du débat public, parce qu'elle était encore liée, affectivement, idéologiquement.... Au conservatisme, au parti républicain et/ou à une de ses mouvances ou chapelles internes (encore un facteur de "gratuité" qu'il acquiert en entrant dans la bulle médiatique de droite et en la revendiquant). Le reste des 43% est nettement plus coton, et le seul qui a pu y tremper réellement un doigt, c'est Sanders. Comment? En mettant en place un appareil de démarchage au porte à porte, à très grande échelle, et opéré par des bénévoles surmotivés. On est d'accord, le seul débat est sur ses chances de réussites, pas tellement sur l'option fondamentale qu'il a choisie (quoiqu'au vu de son comité de collecte que j'ai évoqué plus haut, avec quelques-uns des plus sinistres pourris du monde corporate, et des opérateurs "violents" de levées de fonds..... On pourrait douter); c'est juste que plus je regarde la scène évoluer, les enquêtes et sondages se croiser, en essayant de me distancier du ton général des "corporate medias" qui ont prouvé leurs très importantes limites, plus j'ai cette vague impression que tout est en fait déjà plié (en grande partie par les limites de Trump lui-même) et qu'il y a plutôt un vaste accord tacite pour créer et maintenir un faux suspense, juste parce que ça rapporte et que la "classe parlante" des médias (et évidemment ses patrons) a besoin de ce fix pour maintenir son addiction, ses audiences et ses profits, en accord avec la classe politicienne qui a besoin de ça parce que c'est (devenu) son business.
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Il rejoint en cela Donald Trump, qui semble prendre toutes les options pour ne pas être élu: outre les multiples affaires où sa boîte, à travers les décennies, s'est avérée être un très mauvais payeur (foutant plein de petits sous-traitants à la rue ou en tout cas dans la merde), ce qui ne va pas aider son image de "défenseur du peuple", sa campagne est en train d'accumuler les retards et les handicaps pour lever des fonds, si bien qu'on parle d'un possible manque de 300 à 500 millions d'ici à novembre (sur un total estimé d'1 milliard de ce qui devrait être levé..... Ce qui peut être exagéré). Le nombre lui-même compte moins que l'ordre de grandeur et le comparatif par rapport à Clinton: avoir de telles sommes disponibles, c'est pouvoir, via les moyens médiatiques (publicités, plates-formes multimédias....) ainsi acquis, imposer le ton de la campagne et définir les thèmes de la conversation, mais c'est aussi pouvoir imposer en bruit de fond son message positif, celui qui définit votre identité politique, celle de votre campagne, et permet aussi de définir l'adversaire. Contrairement aux primaires républicaines où ces avantages n'ont pas pu jouer pour les autres, on parle ici d'une campagne nationale où Clinton a déjà une énorme caisse de résonance acquise dans la population, une image aussi importante que possible (évidemment pas toujours bonne), une infinité de relais en tous genres (activistes clintoniens, activistes démocrates, activistes anti-Trump, organisations multiples, forte présence sur les médias sociaux....) et tous les moyens de n'être pas étouffée par le twittage intempestif du Trump. Parce que Twitter et Facebook ont un sérieux plafond d'efficacité (quel pourcentage de la population y est dans l'absolu, et y est régulièrement?), un plafond de puissance et de crédibilité. Trump n'arrête pas de dire que son accès aux grands médias suffira à compenser tout différentiel de moyen: il surestime grandement ce que cela peut accomplir. Et, une fois encore, le public cible n'est pas le même: principalement, il va s'agir de la nébuleuse des "indépendants", au vote changeant. Et ce public est plus vaste et divers, plus changeant et exigeant, que la très circonscrite audience des primaires, unifiée par certains codes de langage, certains types de propositions (Trump a juste fait "redécouvrir" qu'il y avait un fort courant étatiste/anti-corporatiste -différent de celui d'en face- à droite aussi). Je doute en fait de plus en plus de la marge de progrès de Trump en termes d'intentions de vote réelles, moins en raison de la colère sur laquelle il peut surfer, moins en raison de l'abstention qu'il peut aider à entraîner, mais en raison de ce qu'il n'est pas prêt à faire, ou pas capable de faire, pour outiller sa campagne. Encore une fois, je pense qu'il se tire trop de balles dans le pied à ce stade, alors même qu'il a usé beaucoup de ses cartouches, que sa "rhétorique", sa "méthode", commence à sérieusement manquer de nouveauté: ça fait un an que le public s'y est habitué et peut commencer à voir au travers. Je remets donc en question le score plafond qu'il pourrait atteindre, et me demande en fait si les médias n'entretiennent pas juste l'idée qu'il est encore si concurrentiel que ça simplement parce que c'est leur intérêt marchand de garantir qu'il y a du suspense jusqu'en novembre. Evidemment, beaucoup de choses peuvent changer en politique en 5 mois, et Trump peut toujours se mettre à faire des choses bien, Clinton à merder.... Mais l'argument du "ça a bien marché pour Trump jusqu'ici, pourquoi devrait-il changer de méthode" ne marche plus si bien pour moi: c'est un nouveau jeu, avec des variables plus nombreuses et très différentes, et il n'a pas acquis les outils pour jouer, semblant plus espérer que des solutions magiques comme un accès infini aux médias vont tout résoudre pour lui. Incapacité à apprendre? A se remettre en question? A admettre l'avis d'autres personnes? Il a eu la chance d'avoir pour plus de 2 milliards de dollars de présence médiatique gratuite, ce qui fait de la télé américaine le plus gros "corporate sponsor" de la campagne et le sponsor absolu de Trump qui en dépend à un niveau symbiotique; seulement Clinton a aussi un énorme accès aux médias qui l'a disproportionnellement avantagée, et elle a du métier, et elle va récolter une masse de fric pour taper de partout et par tous les moyens. On ne peut la comparer à Jeb Bush dans la primaire républicaine.
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Une première intéressante en Californie dans ce cycle électoral: la sénatrice Barbara Boxer (démocrate, tendance Clinton/big business/pro-establishment, "liberal" seulement sur les questions sociétales) prend sa retraite, et un nouveau système électoral a été tenté pour désigner la personne qui prendra sa suite..... Une primaire "sauvage" ("jungle primary") complètement ouverte: pas de primaire pour chaque parti, pas de restriction d'accès au vote selon le parti d'appartenance. En somme, il s'agit de ce que nous connaissons comme un premier tour, mais de fait, puisque la pratique de l'élection à deux tours n'est pas entérinée en général aux USA sauf dans quelques endroits et pour quelques postes spécifiques. Ce changement a été effectué par référendum en 2010 (sous le titre "proposition 14" sur le bulletin électoral) et sera donc appliqué pour la première fois. Il y a eu 14 candidats démocrates, et 7 républicains, plus des indépendants, et les deux candidats -ou plutôt candidates- qui ont nettement dominé cette primaire sont des démocrates: Loretta Sanchez, représentante de Californie au Congrès, et un temps pressentie par Obama pour la Cour Suprême, et Kamala Harris, attorney général de l'Etat. La seconde est très nettement plus à gauche que la première, très clintonienne (sauf qu'elle a voté, et c'est notable, contre la guerre en Irak en 2003) et nettement favorisée par la sénatrice partante, mais Harris est arrivé très loin en tête de cette primaire, avec 40% des suffrages contre 18% à Sanchez (le premier républicain atteignant à peine 9%, alors que pourtant le vote démocrate était plus dispersé, avec 2 fois plus de candidats). Pour la première fois depuis que la Californie vote pour désigner des sénateurs (1914), il n'y aura pas de républicain sur les rangs en novembre. La question devient maintenant de savoir si cette expérience californienne va faire école, ou au contraire faire fuir tous les autres; on se dit que les Etats tenus "en dur" par les partis (on pense surtout aux "red states" du vieux sud et du Midwest) pourraient opter pour une réforme comparable, mais même pour la sauce interne des partis, ce genre de primaires ouvre peut-être trop le jeu au goût des establishments locaux.
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Pour préciser ma position: je vois les chances de Trump, notamment dans l'impopularité de Clinton et son peu d'attrait chez les blancs, les hommes et les étudiants et jeunes actifs (les "millennials" en général), qui risquent plus de provoquer de l'abstention que du vote Trump. Il est encore un peu tôt pour voir qui l'abstention favorisera le plus car cela implique de savoir avec un très grand luxe de détail qui ira quand même voter le plus "en dépit de" (ce qui semble devoir être la devise des électeurs cette année, au vu des 2 candidats), ce qui est compliqué et très cher à évaluer réellement, plus que d'habitude, surtout dans les conditions particulières de cette élection. Trump a pris beaucoup de positions et fait beaucoup de déclarations assez nuisibles à sa candidature, et il commence à être beaucoup plus critiqué pour cela, s'étant nettement aliéné ceux qu'il aurait du voir le rallier, et ayant réussi à retourner nombre de figures médiatiques contre lui qui, sinon, continuaient leur couverture abusive de sa campagne avec leur désormais habituelle fausse neutralité, essentiellement guidée par la valeur de divertissement du milliardaire et son impact sur les audiences. Même si médias et establishments politiques sont aussi peu crédibles et populaires l'un que l'autre, ce travail de sape a un impact à la longue, comme on a pu le voir sur de nombreux sujets (notamment le découragement de proportions significatives d'électeurs pro-Sanders depuis des mois, qui ont renoncé à voter parce que, partout, ils entendaient que tout était plié depuis début mars). Le "les règles ne marchent pas pour lui", j'y crois très peu: beaucoup utilisent cette formule parce que ça sonne bien, et ne sont jamais foutus de citer même une seule de ces fameuses "règles", tout connement parce qu'il n'y en a pas vraiment beaucoup en politique; Trump a utilisé des techniques de ventes sans stratégie globale (ou aucune conviction personnelle), au fil de l'eau, sans souci de cohérence, et je crois fermement qu'il y a une limite haute à ce que cela peut accomplir, surtout quand une élection dure ainsi 1 an et demie et fait ainsi accumuler du bagage, de la mémoire, chez l'électeur qui, même sans y consacrer trop d'attention, finit par voir les contradictions s'accumuler et sniffer l'hypocrisie, les énormités et les promesses vraiment trop fausses (peut-être pas une proportion énorme, mais un pourcentage décisif, suffisant pour retourner la balance). Le dégoût élevé pour chacun des deux candidats est quelque chose qui s'équilibre, donc quelque part, s'annule pour l'essentiel; il reste quelques facteurs plus "rationnels" sur lesquels suffisamment de gens peuvent se prononcer. Ce n'est pas une garantie, mais combiné à la peut du dernier moment de sauter dans l'inconnu, c'est pour moi assez décisif. Par ailleurs, ce point du refus de Trump de développer une organisation et de récolter des fonds est aussi une grave erreur, et c'est pas un "les règles ne s'appliquent pas à moi" qui y changera quelque chose: une organisation (au sens de l'Etat-Major du candidat), déjà, est un multiplicateur de force (porte-voix, capacité d'autocritique, coordination nationale des efforts avant tout), un outil de recherche (notamment les "opposition researches" qui vont trouver tout ce qu'il y a à trouver sur l'adversaire et fournir des cartouches) et de développement (trouver de bons discours, de bons thèmes, de bonnes cibles, le bon timing pour employer ces armes, faire les bons choix, aller aux bons endroits au bon moment, établir un bon calendrier....), un relai qui permet de voir la campagne continuer pendant qu'on souffle un peu (et Trump s'est épuisé, ayant en ce moment du mal à avoir du jugement), un outil de présence et d'activisme online.... Et il y a l'outil de collecte, et plus encore, le "ground game", soit l'organisation au sol, ces milliers de représentations qui vont faire ce qui offre le meilleur profit politique, le porte à porte, le démarchage direct, les débats locaux, la collecte directe, l'activisme, le maintien du moral, le rappel constant que la campagne existe bien concrètement à chaque électeur potentiel.... Rappelons que Twitter et Facebook (et consorts) ne concernent pas vraiment la grande majorité de l'électorat qui y est peu ou pas: l'impact que pense avoir Trump sur la campagne par sa communication directe et personnelle online ressemble plus au délire du gars qui pense qu'il peut affecter tout et tous par lui-même, sans intermédiaire (ce qui va bien avec sa mégalomanie et sa réputation de patron dictatorial). Pour agir et se faire entendre dans l'immensité de la population américaine et son extrême atomisation, il faut développer une organisation lourde et complexe (et chère) qui jouera le porte-voix omnidirectionnel et la plate-forme multicapteur dont un candidat a besoin.... Parce que Trump n'a pour l'instant pas de quoi "sentir" le pays et l'opinion: c'était nettement plus facile dans la caisse de résonance de la primaire du parti, avec une base beaucoup moins diverse et nombreuse. Là, c'est le grand bassin, et c'est pas les quelques abrutis amateurs et lèche-cul dont il s'est entouré pendant la majorité de la campagne (et qui sont maintenant, paraît-il, en guerre ouverte avec les professionnels récemment recrutés) qui vont pouvoir relever le gant. Le gars est incapable d'autocritique et a, et c'est mon point final, toutes les chances de faire foirer sa propre candidature par lui-même.
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Beaucoup de choses vont commencer à se mettre en place demain, après que Sanders ait rencontré Obama, car, rappelons-le, le président en exercice est toujours le chef moral et effectif de son parti: c'est lui qui a le dernier mot sur les règles internes du parti s'il faut en arriver à une situation d'opposition brutale, c'est lui qui a l'autorité morale et symbolique qui pèse sur l'opinion des militants, c'est lui qui dit où il faut se rassembler et pourquoi si les choses semblent floues.... Une partie de cette autorité vient aussi du fait qu'il n'a pas la direction exécutive du parti au quotidien: il est volontairement en retrait la majorité du temps (il peut prendre une place plus effective dans la gestion des affaires courantes, mais, outre le fait qu'il n'a pas le temps, ça a tendance à diminuer cette "auctoritas" dans la durée), mais il reste le rassembleur, celui qui fixe le cap général, et celui dont la voix est sans appel quand il doit trancher. Obama s'est tenu en retrait de la campagne, pour l'essentiel assez honnêtement, et a su garder de bons rapports avec Sanders là où, pour ce qui est de la campagne Clinton et de la structure du parti (certains diront que c'est une seule et même chose), les ponts semblent en grande partie avoir été brûlés jusqu'au niveau de l'animosité personnelle. C'est donc via Obama que la réunification aura lieu, parce qu'il est le seul "honest broker" possible, le seul que Sanders écoutera, en même temps que l'autorité en place. Et pour que réunification il y ait, il va falloir des concessions politiques à Sanders (en tout cas s'il arrive à maintenir son mouvement) avant même de discuter programme de campagne et plans pour la future gouvernance, concessions en tête desquelles arrivent les besoins de changement interne de fonctionnement du parti: la tête de Debbie Wasserman Schultz sur une pique ou un plateau a été évoquée à plusieurs reprises hier soir et ce matin, l'abolition des super-délégués, l'adoption d'un système national unifié de représentativité proportionnelle.... La liste est longue, et le mouvement reprend en fait ce que Jessie Jackson avait réussi en son temps avec sa défaite aux primaires (avec un score inférieur à celui de Sanders) dans les années 80, obtenant essentiellement le système actuel (qui était une large concession par rapport à ce qu'il y avait avant, issu des premières grande réformes post-crise des primaires de 1968). Mais pour cela, encore une fois, Sanders va devoir non seulement bien négocier, et plus encore bien formuler son changement de position, mais surtout consolider sa campagne personnelle en une mouvance politique durable. Pour l'instant, il doit, au niveau individuel, encaisser le choc et s'adapter à la nouvelle donne, ce qui ne doit pas être facile: se faire aduler par des foules ultra-motivées en tant que leader pendant des mois, recevoir des contributions gigantesque (plus de 200 millions de dollars au compteur.... Dont il ne reste quasiment rien), se voir si près d'obtenir la consécration et la possibilité de concrétiser une vie entière d'ambition (personnelle et patriotique) et de motivation politique (surtout après 40 ans dans le business en position obscure et minoritaire, donc 40 piges de frustration), le tout dans un état d'épuisement et de tension permanents (et à 74 piges) ça doit être assez dur à abandonner, surtout quand on a à peine plus d'un jour pour opérer la transition..... Ca fait faire des conneries, ça fait risquer des mouvements d'humeur qu'on regrette plus tard.
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C'est déjà assez plié pour l'essentiel: ça s'est vu même pendant le discours de concession de Sanders, après qu'Obama ait publiquement félicité Clinton, créant le "moment" qui a vu beaucoup de supporters Sanders dans la foule dire qu'il fallait maintenant rallier Clinton. Si même une partie des plus militants, ceux qui vont effectivement dans les manifs, ont ce genre de réactions à chaud, c'est que la transition est plus ou moins entérinée, à moins que Sanders décide de s'enfermer dans une niche beaucoup plus étroite et agressive, ce qui serait une grave erreur et lui ferait gaspiller beaucoup du capital politique et du capital sympathie qu'il a pu accumuler. Une chose qui semble préoccupante est que Sanders ne semble pas avoir fait beaucoup pour bâtir une organisation faite pour durer au-delà de la campagne et consolider le mouvement progressiste qu'il a pu redéfinir en une faction solide (comme Pat Robertson avait en son temps transformé sa campagne défaite en la très puissante "christian coalition" qui a pesé lourd dans l'évolution du GOP); cela peut être du au fait qu'il était concentré à 100% sur son élection (et il faut souligner que Sanders n'est pas sans un certain ego) et y concentrait tous les moyens et l'attention possibles (on lui a reproché notamment de ne pas faire beaucoup pour soutenir des candidats démocrates aux législatives; notons cependant que lui, contrairement à Clinton, a eu jusqu'au bout une notoriété nouvelle à établir), mais cela peut être aussi du au fait que les moyens disponibles étaient limités (le fric ne rentrait plus si bien ces 2 derniers mois, fin de campagne oblige), ou encore qu'il n'y pensait pas des masses (soit qu'il croyait dur comme fer en son étoile, ou que son ego écrasait le reste, ou qu'il avait fait le choix consciemment). Mais le fait est que, à ce stade, peu a été fait pour convertir sa campagne en mouvement plus large. Il a été dit hier soir que la moitié du staff encore en activité allait être lâché (normal à ce stade, et y'a plus vraiment de fric), ce qui veut dire qu'il va encore garder pour le futur immédiat une cinquantaine de personnes; pour quel but? Préparer la convention et une position? Bâtir quelque chose? Dur à dire. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il a désormais des listings (d'activistes, de soutiens financiers....) qui valent de l'or.... Mais qui périmeront vite si rien ou trop peu n'est fait. Il a, en un an, levé une armée que personne n'aurait vu venir, mais la minute où l'armée cesse d'avoir un ordre de marche, elle s'évapore; s'il veut continuer son "mouvement", il va devoir prendre très vites des décisions et des positions, sans quoi ce capital politique qu'il a acquis va disparaître en un clin d'oeil au lieu de constituer la base de quelque chose de plus solide et en expansion, ce dont, en ce moment, il a le potentiel. Juste pas pour longtemps. S'il veut faire ça, il doit éviter la posture du "Bernie or Bust" qui risque de toucher une partie de sa base, tout en n'ayant pas l'air de se soumettre à Clinton. Ce qui pourrait être dur. D'autant plus que sans une possibilité de candidature à la présidence, qui est un totem disproportionnellement puissant vis-à-vis de la population (l'exécutif a une aura quasi mystique: c'est le poste unique sur lequel on tend à penser que notre vote peut ainsi peser plus lourd sur les choix du pays), il risque d'y avoir une dégradation (assez normale) du pouvoir d'attraction de Sanders (un "mouvement" peut être ainsi moins motivant, moins "climactic", dramatique), et les foules seront plus difficiles à rassembler. Il y a des moments cruciaux sans réels indicateurs faciles à identifier, où des choix et positions doivent être adoptés: les quelques jours/semaines qui viennent semblent être de cette eau pour Sanders.
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Difficile de juger dans l'ensemble ainsi: les USA sont d'abord et avant tout beaucoup plus peuplés (ça étend l'échantillonnage de beaucoup) et plus vastes (les distances entre les communautés accroissent les différences, la moindre densité renforce les particularismes locaux), et surtout, BEAUCOUP plus divers en termes de systèmes juridiques (beaucoup d'échelons, beaucoup de juridictions et de sources d'autorité: comté, Etat, district fédéral et Etat fédéral). Je n'entends pas parler de trop de scandales de ce type pour ce qui concerne les circuits de la justice fédérale (même s'il y a beaucoup à redire sur le système et sa façon de procéder, notamment dans l'instruction, mais c'est du débat juridique avantages/inconvénients), et beaucoup de ces problèmes sont plus liés à des phénomènes locaux qu'à un schéma général réellement calculé, même si, il faut l'admettre, en général, le poids de l'argent et des connexions joue fortement sur les juridictions locales, au niveau des comtés et, parfois des Etats. Dans l'affaire que j'évoquais, le juge a été fortement critiqué et remis en question, même si rien n'a été fait, ce qui ne rend pas justice aux victimes, mais constitue un avertissement sérieux pour qui voudrait émuler le bonhomme. Remarquons aussi qu'aux USA, la vitesse des procédures prime sur la recherche d'une espèce de perfection comme dans le système français (où on se perd pendant des années de procès et procédures), et que dans les deux cas, une bonne part de ces objectifs est absolument illusoire, surtout avec une justice sous-financée. Ce dernier point est devenu particulièrement grave aux USA, surtout via l'inflation du coût de la justice pour les parties prenantes (et encore plus si on regarde ce coût à la lumière de la stagnation des revenus et de la polarisation des richesses), la baisse constante des budgets attribués aux avocats commis d'office (qui n'ont le plus souvent que quelques heures, voire moins, voire parfois rien, pour prendre connaissance d'un cas et le traiter), le tout s'inscrivant dans le contexte d'un pays qui repose moins sur la régulation..... Et beaucoup plus sur la judiciarisation extrême des rapports sociaux (un Américain passera en moyenne beaucoup plus de temps dans sa vie en relation avec le système judiciaire qu'un Européen). Ce qui au final ne change pas grand chose pour ceux qui sont anti-régulation, parce que le temps et l'argent consacrés sont généralement supérieurs dans un tel système..... Mais en revanche, cela favorise beaucoup plus lourdement celui qui a les moyens, qui peut instrumentaliser la justice, aussi bien légalement (faire des procès pour tout et n'importe quoi, abuser du mécanisme.... Parce qu'un procès est une dépense, un temps que tout le monde ne peut pas s'offrir, et que simplement brandir la menace permet d'obtenir beaucoup, de contraindre à des arrangements négociés qui autrement ne devraient pas avoir lieu) qu'illégalement (de façon plus ou moins illégale: les zones grises sont nombreuses avant d'arriver à des méthodes de corruption plus ou moins clairement définies). C'est donc souvent plus un problème lié aux choix fondamentaux de ce qui régule les rapports sociaux; et aux USA, le domaine judiciaire a une place bien plus importante qu'en France où le domaine législatif pèse plus. Dans les deux cas, l'important, ce sont les gardes-fous qui égalisent les terrains de jeux, limitent le poids des puissants.... Et ce sont des barrières qui, ces dernières décennies, ont été sérieusement entamées par mille et un assauts constants de tous types, en plus de se placer désormais dans un contexte général d'accroissement des inégalités, dont l'instrumentalisation de la justice est à la fois une cause et une conséquence, un moyen et une fin.
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Et quasiment au même moment, dans le même coin, un gamin hispanique de milieu modeste voyait un juge chargé de son cas décider qu'il serait jugé comme un adulte, pour avoir lancé une pierre lors d'une échauffourée entre trumpistes et anti-trumpistes (c'est un délit, et c'est grave, mais personne n'a été touché): "selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour".... Ce jugement de l'étudiant du bon statut social et aux bonnes relations renverrait presque au cas devenu célèbre où un riche gamin texan avait écopé de 10 ans de probation (zéro prison) pour avoir conduit en état d'ivresse, tué 4 personnes et blessé 11 autres, son avocat arguant qu'il souffrait "d'affluenza" (formule porte-manteau combinant "affluence" et "influenza", soit "richesse" et "grippe"), soi-disant syndrome du gosse de riche déconnecté imprégné d'un sentiment de privilège et incapable de mesurer les conséquences de ses actes. Il a ensuite passé 3 mois dans un soi-disant centre de désintox de luxe (dont on sait qu'ils marchent si bien) facturant 450 000 dollars le traitement, juste histoire de "démontrer la sincérité de son remord". Oui c'est à vomir. Le juge a ensuite un peu revu sa copie et contraint le coupable à suivre un programme de désintox dans un centre public bien moins complaisant.... Mais rien de plus. Le karma est une pute, ceci dit: en 2015, le petit con en question s'est fait prendre en photo en train de picoler (en jouant à "beer pong"), violant sa probation (et encourant donc 10 ans de taule). Son agent de probation ne le trouvant pas, un avis de recherche fut lancé, avec agences fédérales impliquées, prime offerte, et tout le toutim made in USA. Il avait filé et quitté le pays avec sa mère! Ils furent arrêtés au Mexique, et après une bataille juridique, il fut condamné à 2 ans de prison et 10 ans de plus de probation (avec un juge qui cherche à lui coller 20 ans). Toujours pas terrible, mais c'est déjà ça.
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Faire attention avec Realclearpolitics: ils sont un des sites importants à suivre, mais ont quelques sérieux biais. Même s'ils laissent s'afficher des tendances diverses (mais toujours sur le ton le plus agressif possible, quel que soit le bord: c'est le racolage de la boîte), ils ont une tendance de fond assez conservatrice qui se sent dans la ligne éditoriale globale du média: c'est pas rédhibitoire, mais il faut le garder en tête. Ils sont tout sauf non partisans. Ceci dit, j'ignorais le détail de l'estrade qui s'effondre suite au discours . Mais, tout en méprisant de plus en plus copieusement l'élite médiatique américaine estampillée "liberal" (les foxnewseux et assimilés aussi, mais ça va sans dire, si tant est qu'on puisse encore parler de journalisme pour eux), qui est essentiellement un mélange de Social Justice Warriors idéologisés et biaisés vivant dans leur bulle, et de partisans absolus du statu quo, je confesse (comme ces gens) globalement avoir du mal à voir une vraie chance pour Trump, malgré tous les facteurs dont on a pu parler ici: je souligne l'insuffisance de son réservoir démographique (et la taille de ceux qu'il s'est fermé), l'amateurisme débile de sa campagne (et son organisation anémique encore à ce stade), la division profonde avec l'establishment républicain dont il aura besoin comme multiplicateur de forces, et, plus généralement, sa "méthode" et sa personnalité (et la façon dont il gère la campagne) dont j'estime qu'ils ont atteint leur plafond d'efficacité et pourraient commencer à devenir contre-productifs dans le nouveau contexte. Je ne le vois en fait pas outillé pour et capable de profiter des avantages qu'il a. Mais bon, la connerie humaine et les hasards d'une campagne de plusieurs mois restent des choses très déterminantes.
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Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Ben oui, mais en Europe "UE" et en Allemagne, il y a une scène juridique et médiatique pour se plaindre; en Chine? -
Je l'ai vu pitcher son article dans plusieurs interviews hier: il précise quand même que, dans toutes ces conversations, le "mur" souhaité est moins une fortification continue proprement dite qu'un ensemble de mesures cohérentes, incluant la réforme du système d'immigration (notamment en en créant un qui marche, pas qui crée des files d'attentes se comptant en millions de postulants sur le territoire), et de la main d'oeuvre (et des gadgets) pour combler les manques de la frontière actuelle.... Ce qui reste de toute façon ironique puisque le solde migratoire vis-à-vis du Mexique est maintenant négatif depuis 8 ans, et surtout que la très grande majorité de l'immigration illégale ne consiste pas en franchissements clandestins de la frontière, mais en personnes qui transitent normalement, avec un visa temporaire.... Et restent après. On constate cependant un truc intéressant dans cette posture: les latinos de la frontière, du moins les immigrants "légaux" et les autochtones de plus ou moins ancienne souche (notamment les "tejanos", soit les Texans hispaniques historiques), sont assez farouchement anti-immigration et pro-mur (foi des convertis et dégoût des "resquilleurs"), quelle que soit leur appartenance politique; et Trump a su capter ce genre d'électorat en imposant le sujet du "mur", moins parce que ces gens croient en une muraille de Chine version Rio Grande que parce que cette image a pu capter l'intégralité du thème sous cette image. Ceci dit, en ce qui concerne Trump, beaucoup de choses semblent aller très mal: pas mal de rumeurs de dissensions dans son staff et avec le parti républicain dont il a pourtant maintenant radicalement besoin, son organisation n'est toujours pas en train de grandir pour devenir une vraie campagne alors qu'il devient urgentissime qu'il ait une infrastructure viable pour ce genre d'exercice, et ses récents déboires médiatiques semblent confirmer le fait qu'il serait exténué. Il a paraît-il un très mauvais rythme de vie: à son âge, il fait peu d'exercice (contrairement à un Sanders qui fait pas mal de sport et est, à ce qui se dit, ultra compétitif, genre hargneux façon McEnroe ) et dort très peu voire pas du tout (il a plus de maman pour lui dire de pas passer sa nuit sur Twitter), opérant uniquement "aux nerfs" et à l'instinct. Ca marche peut-être pour de courtes périodes dans son business, mais pas dans un exercice aussi dur physiquement qu'une campagne présidentielle. Déjà un an à ce rythme, et la vraie épreuve commence maintenant. Cerise sur le gâteau, son staff n'arrive pas à le décider à apprendre des trucs sur la politique (politicienne, intérieure ou internationale), lui restant décidé à continuer à faire au pifomètre, comme il a toujours fait (la méthode Trump étant, semble t-il d'entrer dans la salle, de la sniffer et d'aller avec ce qu'il perçoit.... Ca peut marcher dans certains cas, mais au moins quand les instincts et le cerveau sont en bon état). Et c'est dans ce contexte qu'est intervenu l'affaire du juge d'ascendance hispanique sur laquelle il a non seulement gaffé, mais en a rajouté 3 couches et persiste et signe, faisant le vide autour de lui. Et cette affaire potentiellement mineure est ce qui a surnagé de la semaine dernière et passé le WE dédié à la mort de Mohammed Ali, pour se développer encore plus cette semaine (le discours de Clinton passant plus ou moins au rang des souvenirs lointains). Bouaif, j'ai des doutes là-dessus: si tu comptes sur un deus ex machina pour te sortir du merdier, tu es dans la merde point barre.... Ou un politicien professionnel (qui ont tous, essentiellement, une mentalité de joueur). Et là, on parle moins de Godot que des carabiniers d'Offenbach.
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Ca semble trop tard quoiqu'il arrive: tous les médias ont repris l'info et claironnent non stop que Clinton est la candidate démocrate, entérinant le fait dans l'opinion et impactant donc la donne électorale, ce qui risque de changer certaines choses dans les élections de ce soir (6 Etats, dont la Californie et le New Jersey, plus le DC); cela peut favoriser les électeurs Sanders qui resteraient plus motivés, voire en colère, ou cela pourrait les décourager. Dans l'ensemble, la posture adoptée par les médias a plus de chances de creuser le décalage entre les électeurs Sanders (surtout les "Sanders pas Clinton") et les clintonites, entre les protestataires et l'establishment. Si vous regardez les médias US, la primaire est déjà considérée comme close, ce qui pourrait contraindre la posture de Sanders lors de la convention, en le forçant à être plus radical et plus revendicateur s'il veut espérer peser.... Ce qui à son tour promet une convention plus mouvementée, loin du couronnement que l'establishment et Clinton souhaitaient avec trop d'insistance depuis le début.
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Disons que je mettrais quand même quelques bémols dans certains cas: - le coup des factures médicales suite à un accident ou une maladie: ce qui vous tombe dessus aux USA quand un tel "accident de la vie" arrive est assez inhumain pour la plupart des gens, même ceux avec une assurance, vu que plus des deux tiers des couvertures dans ce pays (pour ceux qui en ont une, par leur employeur) sont très nettement insuffisantes (et irrégulières et inégales, au fil du parcours de carrière, donc une couverture par intermittence sauf pour les chanceux), et qui plus est avec des compagnies d'assurance aux départements juridiques incomparablement plus développés qu'en Europe, prêtes à s'acharner sur le client sur le moindre frais. Le tout sur fond de soins médicaux en général extrêmement chers (voir le problème de la facturation des hôpitaux), et de médocs hors de prix. J'ajouterais en plus la tendance généralisée dans le pays à la sur-prescription par les médecins (essentiellement transformés en distributeurs pour les grandes pharmas), et à l'incitation généralisée, par tous les moyens possibles (médecine, marketing médical, information "orientée"....), à la surconsommation de médocs - le niveau d'information en général, le niveau d'éducation en particulier, et en appendice, l'ensemble du fonctionnement de ce secteur des racheteurs/recouvreurs de dettes, tant du côté de leurs faibles obligations et de la réglementation sous-développée, que de celui de leurs techniques. Dans l'ensemble, beaucoup d'éléments atténuent la responsabilité (parce qu'ils diminuent la capacité d'information, surtout en temps et en heure, et la capacité d'action, des gens concernés), sans pour autant, c'est un fait, l'annuler. Sinon, un sondage intéressant et très approfondi (4 semaines de suivi de plus de 51 000 électeurs inscrits) de NBC News/ Survey Monkeys sur la marge de différence entre Sanders et Clinton dans les estimations d'intentions de vote face à Trump, donc quelques spécificités de l'électorat propre à Sanders: - ce qu'on savait déjà: l'électorat de Sanders est plus jeune que celui de Clinton, avec une forte sur-représentation (par rapport à un scénario avec Clinton vs Trump) des tranches 18-24 et 25-34 - ce qui est plus surprenant, surtout à ce stade (novembre est encore loin) est la répartition par attachement "partisan": sans surprise, Trump et Clinton rassemblent leurs camps, et séduisent peu au-delà: micro-représentation de républicains dans l'électorat fermement décidé pour Clinton (cad depuis plusieurs semaines/mois) , et micro-représentation de démocrates dans les fermements pro-Trump, plus 11% ce ces "pro-Trump fermes", et 12% des "Clintonites" décidés qui sont des "indépendants". Mais déjà en ce mois de juin, dans un scénario avec Sanders vs Trump, on trouve un groupe qui voterait Sanders mais pas Clinton (la marge de différence: environs 10% de l'électorat en moyenne) et qui est composé de façon assez équitable (35% de républicains, 33% d'indépendants, 31% de démocrates). - chez ceux qui voteraient Sanders mais pas Clinton à la générale, on trouve un peu plus d'hommes (54%), plus de blancs (76%) et, on l'a vu, plus de jeunes (59% ont moins de 45 ans contre 51% dans la configuration Clinton vs Trump). Essentiellement, on trouve une combinaison (c'est une supposition "informée") d'hommes blancs "working class" dont beaucoup ne voteront pas si Sanders n'est pas nominé, ou voteront Trump (avec plus ou moins d'enthousiasme), et d'étudiants et jeunes actifs qui rament et/ou sont idéologiquement en colère contre l'establishment (voire avec une animosité particulière pour la personne de Clinton et son CV). On voit donc que Sanders attire une frange significative de gens qui, sans ses particularités, ne voteront probablement pas Clinton en novembre: les 35% de républicains dans son électorat constant ne le feront pour l'essentiel pas, et les 33% d'indépendants sont au mieux imprévisibles, et plus probablement peu enclins à voter si Sanders n'est pas nominé. Les 31% de démocrates ont plus de chances d'être en grande majorité dans le camp Clinton, mais leur taux de participation ne peut pas être estimé sans information supplémentaire, étant donné que, comme pour les autres composantes constituant la spécificité du "Bern", on a vu affluer vers les urnes et le débat des gens qui, autrement, étaient plus en retrait de la politique, le plus souvent par dégoût et/ou désespérance. Pour ce qui est d'un peu plus d'affinage dans l'évaluation des penchants idéologiques, les sondeurs ont été surpris de constater que 57% de ces électeurs "Sanders mais pas Clinton" se disaient "modérés" (républicains, indépendants et démocrates), ce qui peut refléter beaucoup de gens ayant avant tout une rancoeur anti-establishment et une forte volonté de changement du système de financement des partis, des candidats et des élections, et, plus généralement, des barrières fortes entre la politique et le business, ce que Sanders est arrivé à incarner nettement plus que les autres. Cela veut aussi dire que 43% ne sont PAS des "modérés" et reflètent une partie de la gauche et/ou du courant progressiste/étatiste (qui existe aussi à droite même si Trump en a capté la majorité) qui rejette le parti démocrate tel qu'il a évolué, soit la "ligne clintonienne" (ce qui a inspiré le "blairisme" dans les années 90) et ne votera pas, ou en tout cas pas pour Clinton, en novembre. Mais la proportion de modérés et leurs origines "idéologiques" dément beaucoup de ce qui est dit sur l'électorat Sanders, tout en soulignant la très concrète réalité de l'antipathie suscitée par Trump et Clinton, tout en rappelant, spécifiquement, que dans le parti démocrate ou chez les "anti-Trump" en général (2 réalités qui pourraient être plus différentes que Clinton ne le souhaiterait), la personne d'Hillary Clinton ne passe vraiment pas, y compris dans des électorats qui devraient normalement pencher à gauche. Ainsi, chez les "pro Sanders mais pas Clinton", 4 sur 10 disent "haïr" Clinton et un petit peu moins de 5 disent "ne pas l'aimer du tout". Chez les pro-Trump, 4 sur 10 disent la haïr, et un peu plus de 5 disent ne pas l'aimer du tout. Chez ceux qui voteront démocrate quoiqu'il arrive en novembre, 3% la haïssent, 20% ne l'aiment pas du tout (et les proportions de sentiments positifs sont radicalement inversées par rapport aux pro-Trump et pro-Sanders). La personnalité de Mme Clinton à elle seule (donc plus que les rapports politique-business ou les points spécifiques de la campagne Sanders) semble donc avoir une forte traduction électorale dans des proportions qui sont de celles qui font la différence lors d'élections nationales: 6 sur 10 confirment ainsi que leur principal motif pour choisir Sanders est la personne même d'Hillary Clinton (contre 34% des Clintonites pour qui sa personne est leur premier motif de choix, et 32% des Trumpistes qui votent avant tout pour la personne Trump). Toujours chez ces "Sanders miam, Clinton beurk", la cote de popularité de Trump, malgré certaines similitudes qu'on a pu évoquer avec l'électorat du milliardaire, n'est pas meilleure que celle de Clinton: 61% ne veulent pas de lui, mais se divisant différemment (un peu plus qui ne l'aiment pas -5 sur 10-, nettement moins qui le haïssent -12%- , par rapport à Clinton). On voit donc que la marge d'électeurs spécifique à Sanders est vraiment quelque chose de spécifique, qui ne sera pas forcément très transférable à Clinton, du moins pas (au moins pour une partie significative) sans des concessions sérieuses et des garanties (un Bernie et/ou son mouvement pas mis sur la touche et conservé en bonne position, comme "garde fou" pour une Clinton trop centre droit et proche de l'assiette au beurre). Une bonne partie de ces "Bernie et uniquement Bernie" sont donc des modérés, peu ou pas partisans, qui n'aiment aucun des 2 candidats probables (et semblent avoir une animosité plus épidermique contre Clinton). Ce ne sont évidemment, malgré l'ampleur de l'enquête, que des réalités de mai-juin, et novembre est encore quelques éternités devant, mais ça semble quand même difficile.
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Pour ceux qui ne l'ont pas vu, je recommande l'émission de John Oliver d'hier soir, sur le marché puant et très peu régulé de la recouvrance de dette. Je souligne le point sur ce sujet parce qu'il est rarement évoqué sous cet angle et concerne un facteur économique majeur pour les USA, à savoir la dette privée des individus aux USA, qui représente autour de 12 trillions de dollars, dont (et c'était le point de concentration principal de l'émission) autour d'un demi trillion en dette ayant passé 90 jours de date limite de paiement (plus ce que les ricains appellent "zombie debt", soit les dettes ayant passé un délai de prescription mais qui sont "ressuscitées" par les agences de recouvrement). Cet état de fait, plus la très faible, voire parfois absente, réglementation, a permis l'émergence d'un vaste marché de la récupération, qui voit les dettes changer plusieurs fois de main dans des conditions douteuses (notamment en ce qui concerne les fichiers, leur manque de détail et de preuve, et leur pertinence en général) et, au bout de la filière, implique des méthodes de recouvrement souvent scandaleuses (violences, menaces, tactiques juridiques puantes....) et souvent l'acharnement sur des innocents (notamment en raison de fichiers mal tenus et de procédures non régulées), ce que l'émission a illustré avec humour en ayant ouvert sa propre agence pour racheter environs 15 millions de dollars de dette médicale au Texas.... Pour moins de 60 000 dollars. Ils ont, à la fin de l'émission, annulé cette masse de créances (oh! les sales communistes: ils ont détruit de la monnaie).
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Je ne parlais pas tellement en terme d'observation objective, dans l'absolu, mais en termes de réalités électorales, telles qu'elles sont ou seront perçues: pour ce qui est du registre politique, les mémoires collectives (de la population, des médias) sont longues et courtes à la fois, dans des mesures difficiles à saisir, et toujours influencées par une extrême subjectivité qui aiguille leur sélectivité. La question est donc plus de savoir ce qui prédominera dans la perception de l'une et de l'autre chez ceux qui ne sont pas déjà fortement décidés. Il y a eu de fait, après ce discours, beaucoup d'autosatisfaction non seulement chez les fans, mais aussi, plus largement, chez les gens dits "sérieux" (j'inclue aussi toute l'ironie que le terme peut porter), c'est un fait, mais je soulignais aussi le fait que la réponse de Trump fut plutôt ridicule et minable, et -et c'est là le fait important- perçue comme telle dans la période de réaction à chaud sur la scène publique "traditionnelle" (environs 2 jours) comme sur les médias sociaux (de quelques heures à un jour), ce qui fait de l'événement une victoire pour Clinton, et ce surtout parce que le fait a été entériné ainsi, puis définitivement enregistré parce que l'actualité a été ensuite rapidement complètement absorbée par la mort de Mohammed Ali (qui atténuera cependant l'effet de latence des points marqués par Clinton dans la perception publique, ainsi que la nullité de Trump, ce qui relativise la chose). Dans l'ensemble, ce discours et sa suite sont une victoire bien moins marquante que les fans et l'establishment médiatique ne la présentent, c'est aussi un fait: ils ont trop tendance à confondre leurs impressions et celles de la population, surtout la portion la moins éduquée et/ou celle qui ne suit pas la campagne minute par minute comme eux (qui ont le nez dans le guidon dedans en permanence, et une forte incitation professionnelle à sur-réagir à tout ce qui s'y passe et en en faire un drama permanent et racoleur). Mais c'est une victoire néanmoins, parce que l'événement sortait du lot habituel de la campagne, et du brouhaha de tous les jours, qui a pu surnager alors que la polémique avait explosé sur les violences autour du dernier rassemblement trumpiste. Le staff de Clinton avait d'ailleurs préparé l'événement ainsi: elle s'était mise en retrait de la campagne (de la primaire comme de la "pré-générale") pendant quelques jours pour créer du vide et préparer le discours dans le fond et la forme. Ca a fait son effet, il faut le concéder, et elle a ainsi pu influer sur la perception de Trump par la part du public encore non décidée, et donc donner le ton de la conversation. Savoir si cet effet durera de façon significative ou non est autre chose, mais en tout cas, elle s'est positionnée et l'a fait comprendre. Et elle a surtout montré, par la forme du discours, comment allait marcher sa stratégie de campagne.
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Mouaif, je ne suis pas si convaincu, entre autres parce que Trump n'est pas non plus un très bon candidat: Clinton a une très mauvaise cote de confiance et de sympathie (moins bonne que celle de Trump, en grande partie parce que la presse lui a tapé dessus depuis 20 ans), et une mauvaise cote de popularité (un peu meilleure que celle de Trump), et elle n'est pas une très bonne meneuse de campagne (voire franchment mauvaise), mais elle sait de quoi elle parle, et ça se sent même pour l'électeur ignare. C'est le genre de facteur qui marche à l'usage, pas sur un discours one shot comme celui de jeudi -excellent pour une fois- qui l'a faite paraître réellement présidentielle par rapport à un Trump qu'elle a habilement asticoté et qui n'a pu répondre que par quelques tweets minables qui n'ont pas vraiment fait effet. Si elle continue ainsi, avec une telle stratégie (paraître présidentielle, ne pas entrer dans les polémiques et balayer les twitter-wars d'un revers de main, avancer de la bonne substance et asticoter Trump indirectement -il n'arrive pas à résister à l'impulsion de répondre au moindre commentaire), elle pourra assez aisément représenter la seule option crédible lors de l'élection, favorisant ainsi le penchant prudent, sinon conservateur, de l'électorat américain effectif (cad ceux qui VONT voter), qui s'est toujours confirmé. J'accorderai que la tactique de présenter Reagan comme débile se retourna en son temps contre ses adversaires, mais même Reagan, dans la gallerie d'exemples comparatifs énoncés, avait de l'expérience de dirigeant, et était un politique depuis longtemps. Toutes ces compétitions étaient entre gens testés et approuvés, qui connaissaient leur sujet: cette élection-ci peut amener beaucoup d'électeurs nouveaux dont la majorité sont en colère, dégoûtés de l'establishment et pas forcément très portés sur la substance (sauf ce qu'ils fument, boivent, ingèrent ou s'injectent), mais de là à ce que ce soit suffisant, c'est tout autre chose. Le besoin serait ici de faire venir les quasi-mythiques 6-7 millions d'électeurs conservateurs blancs "introuvables" pour les républicains depuis 20 ans, ceux qui leur permettent de perdre dans les grandes largeurs les noirs, les latinos, les asiatiques, les jeunes, les "urbains côtiers" et les femmes et d'avoir quand même une chance. Et ce alors que Trump n'a pas d'infrastructure de campagne ou de staff réellement capable (notamment de le faire écouter), et que l'électorat n'est plus ici limité à la caisse de résonance où servir une version extrême et offensive (et offensante) de la "red meat" suffit. L'une de ses seules chances réside dans le fait que l'électorat est toujours à 71% blanc non hispanique (ils sont bien plus fréquemment enregistrés sur les listes électorales, donc sur-représentés par rapport à leur poids démographique), même si dans les derniers mois, d'importants mouvements d'inscription sur les listes électorales ont eu lieu, notamment par anti-trumpisme (on le voit en ce moment en Californie où les latinos s'inscrivent en large nombre; savoir si c'est contre Clinton -et pour Sanders- ou juste contre Trump est autre chose). C'est sans doute la dernière présidentielle où cette sur-représentation des blancs sera aussi marquée, mais en attendant, c'est la seule option de Trump qui repose avant tout sur les hommes blancs, soit un pool dès le départ assez circonscrit, mais encore suffisamment important pour lui permettre de ne pas avoir besoin d'atteindre des seuils de 40% des femmes au moins, ou de 30%-35% des latinos au moins. Si et seulement si il peut faire venir voter dans des proportions rarement vues ces électeurs plutôt rétifs. Ce qui suppose plus que des tweets et des harangues à la télé. Je ne mésestime aucun des facteurs favorables à Trump, mais disons que j'ai le même sentiment sur ses chances que sur le Brexit: le facteur trouille de dernier moment pour peut-être 3-4% des électeurs qui se pointeront effectivement le jour J. Clinton, positionnée en politicienne "lambda/statu quo", aussi détestable qu'elle soit, est la solution "safe" face au saut dans l'inconnu avec un histrion qui ne connaît plus que visiblement rien à ce dont il parle, un fait qui ne sera rendu que plus apparent chaque jour d'ici à novembre. Peut-il, face au genre d'examen d'une campagne générale (très différente du regard limité lors d'une primaire), continuer à ne parler strictement d'aucun sujet sérieux ou de quoi que ce soit ressemblant réellement à un programme un peu crédible, et toujours détourner la conversation sur la taille de son engin, ce à quoi son adversaire ressemble, la nullité de tout le monde sauf lui ou la "qualité de son cerveau" (texto une de ses dernières réponses pour parler de politique extérieure: "I have a good brain")? Je sais que les facteurs passionnels ou personnels entrent plus en jeu, et qu'il utilise des techniques de vente précisément pour jouer là-dessus, mais sa rhétorique manque de variété, son registre est répétitif et limité, et dans le temps d'une campagne générale où le niveau d'attention est beaucoup plus grand, où les médias sont hostiles (donc particulièrement déformants), et où un public bien plus varié est désormais visé, l'exercice de passer pour quelque chose de crédible risque d'être nettement plus délicat.
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Les problèmes relativisant ce taux "officiel": - les ricains insistent plus sur le nombre de jobs créés, et la très grande majorité de ceux-là sont des jobs de merde, qu'on mesure qui plus est (et donc avec eux le "taux de chômage") à partir d'un très faible nombre d'heures travaillées par semaine. Et reposer sur le nombre de "jobs" ainsi créés change un peu les chiffres quand on sait que beaucoup d'Américains cumulent les jobs (accroissant aussi par là le nombre de ceux qui n'en ont aucun) - corollaire du fait précédent, les salaires n'ont quasiment pas bougé dans cette reprise, ou baissé (suivant le type d'emploi), poursuivant la tendance constatée depuis plus de 30 ans à la stagnation ou à la baisse de l'immense majorité des revenus, en relatif (par rapport à l'inflation) et/ou en absolu - le taux d'emploi n'a pas beaucoup changé (ceux qui sont sur le marché du travail, avec un emploi ou en cherchant un), et se trouve à un plus bas historique, pour l'essentiel C'est pour ces raisons que Janet Yellen (patronne de la Fed) a dit à plusieurs reprises que les USA, comme les autres pays développés, tournaient plutôt autour de 15-20% de non emploi/sans emploi/sous-emploi grave. Et si on tient compte des revenus, on arrive vite à un pourcentage important de la population qui ne sent pas ou très peu quand les choses vont "bien" ou "pas très bien" (et qui les sentent très fort quand elles vont "pas bien"), et qui n'a pas un grand enthousiasme devant des chiffres tels que celui annoncé, parce que ça ne change pas grand chose à leur niveau de vie, et, encore plus gravement, à leurs perspectives et à celles de leurs gamins. Considérant la répartition des fruits de la croissance dans l'organisation économique actuelle, il n'y a guère que chez 10-15% de la population qu'on verra un peu d'enthousiasme, et que chez 2-3% qu'on voudra entendre un Te Deum. Et toutes les auto-congratulations des politiciens, présentateurs économiques et dirigeants économiques sur les écrans de télé ne changeront pas ces réalités.
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Je suis extrêmement d'accord avec lui: de tels cas nous révèlent ce que nos esprits conscients (qui se persuadent eux-mêmes de tout maîtriser, d'être pleinement aux commandes) refusent, et qui pourtant agit en permanence dans nos caboches. Ce sont des "versions extrêmes" de certains de nos traits, qu'on devrait d'ailleurs apprendre à écouter pour ne pas se laisser, essentiellement à notre insu, être dominés par eux. Ma psy me parlait souvent de cas d'autistes (de divers types et degrés) qui répondaient totalement à cette évocation des "agnosiques", ce qui surprenait beaucoup de personnels soignants qui ne comprenaient pas pourquoi ces patients s'intéressaient à la politique, et avaient souvent eux-même du mal (au-delà de préjugés automatiques genre "tout ce qu'un politicien balance est de la connerie") à saisir en quoi les discours écoutés étaient incohérents, voire purement débiles. Mais ces patients les déconstruisaient en temps réel. Dans le cas des aphasiques, ce qui pour nous est au mieux un malaise sans explication devant une personne et son discours (qu'il "sonne" juste et pertinent ou non) est pour eux un livre ouvert. C'est une forme comme une autre de "bullshit o'meter" ("débilitomètre"? Mouaif, va falloir trouver mieux). Les électeurs blancs non hispaniques en Californie sont minoritaires dans la population générale et tendent à être assez nettement plus riches et mieux intégrés économiquement, avec surtout une tendance "liberal" au niveau sociétal. Clinton est, dans le registre de gauche (de toute façon extrêmement dominant dans cet Etat), le choix "conservateur" plus logique.
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Surtout que, franchement, les "arguments", le niveau de la conversation et, encore plus, le programme, dans une campagne électorale, surtout une aussi médiatisée (et donc en proie aux codes et fonctionnements de l'audiovisuel "d'info", à sa temporalité, à ses biais et à la façon dont ce média "passe" dans le cerveau des spectateurs -oui, chaque média a une façon différente d'interagir avec nos cerveaux, quel que soit le contenu du "message": info, divertissement....), sont aussi peu informatifs et révélateurs de ce que l'électeur doit rechercher, que le jugement sur le physique, ou plutôt, comme évoqué ici, le langage corporel. Sérieusement, quelle est la dernière fois que vous avez entendu un peu de vérité ou de substance dans une conversation politique? A quand remonte la dernière fois où vous avez vu un journaliste capable d'acculer (et voulant le faire) un politique en le mettant en face de vérités simples et/ou de son passé? Ou encore des politiques soi-disant sérieux voulant entamer une vraie conversation et recherchant un éclairage authentique de leurs intentions ou d'un état réaliste (ni irénique, ni catastrophiste, ni à côté de la plaque, ni creux) de la situation et des moyens d'actions et chemins possibles du pays? Désolé, mais l'audio est aussi superficiel que le visuel, quand il s'agit de la politique moderne: il n'y a bizarrement jamais aucun compte à rendre ou engagement à tenir pour personne. Si on ajoute le fait qu'une bonne partie d'un électorat n'a pas les outils cognitifs pour comprendre la plupart des sujets abordés (information au final faible et manipulée, niveau éducatif insuffisant, temps consacré/consacrable à la documentation trop faible), leurs enjeux et leurs connections (pour formuler une "solution globale"), on peut comprendre que le vote, surtout pour une élection aussi personnalisée qu'une présidentielle, passe par l'estimation personnelle de la confiance qu'on peut avoir en un individu, en la sympathie qu'il peut dégager (et/ou tout autre trait de caractère dominant souhaitable, au moins en apparence: cf la "modernité", la "radicalité" et "l'énergie" de Sarkozy en son temps, la "force" de Trump....), en ce qu'on peut estimer de son intention de servir le pays, mais aussi par les personnes dont il s'entoure, son "bilan" personnel (au moins ce qu'on peut en voir).... Bref, majoritairement, c'est du feeling, parce que l'info est très imparfaite et déformée, mais on tend à faire plus confiance à ce jugement, sur lequel on a plus d'emprise et d'expérience, que sur le discours politique, complètement vidé de substance et sujet à des formes d'échanges codifiées, ou qu'à son "analyse" dans les grands médias qui est souvent elle aussi très codifiée, de faible variété, trustée par des faction connues et le plus souvent parties prenantes à la cartellisation intellectuelle qui régit l'opinion publique (politiquement correct, consensus mou, certitudes acceptées par l'élite plus souvent parce que ça les arrange et/ou constitue un "critère d'admission" dans les cercles autorisés à parler publiquement....). Quand on parvient à des niveaux aussi élevés de décalage complet entre opinion publique et population, de perte de confiance en les élites dirigeantes et "parlantes", de polarisation des richesses, du pouvoir et du discours, que reste t-il sinon le jugement des candidats au feeling, pour la plupart des gens? Je n'exonère pas la population de sa part de responsabilité: ne pas assez se renseigner, se documenter, s'informer, comprendre.... Toutes choses qui font partie du "devoir" de citoyen, même s'il y a beaucoup de limites pratiques à ce qu'il est possible pour beaucoup de faire: temps libre disponible, accès à une info valable et compréhensible pour le grand nombre (comment l'avoir? Comment séparer le bon grain de l'ivraie pour beaucoup de gens peu/pas éduqués?), défauts des systèmes éducatifs.... Dans ce cadre, le physique, le langage corporel, le feeling général, le "quotient sympathie".... Pèsent d'autant plus lourd dans le jugement qu'ils constituent quelques-uns des seuls critères de jugement sur lesquels beaucoup ont, ou croient avoir, une certaine emprise, une certaine capacité. Bref, les facteurs "non rationnels" pèsent lourd. Et ils se mélangent à d'autres facteurs, plus purement passionnels: l'enthousiasme soulevé (en partie lié au charisme du candidat, à sa capacité à haranguer, ou, comme dans le cas de Trump, à "dire les choses" carrément, mettre les pieds dans le plat, "leur rentrer dans le lard", même si on sait que c'est con et/ou faux....), le caractère vindictif (souvent anti-élitaire, voire "anti air du temps") qui répond aux rages de beaucoup (et fait du perpétrateur un porte parole), le refus d'une certaine inexorabilité des choses (parfois justifié, souvent non), le caractère aspirationnel d'un candidat, de sa campagne et/ou de son message (très important, et encore plus aux USA où la mentalité "optimiste" reste une réalité dans le logiciel politique: Sanders a un programme aspirationnel, Trump est une figure aspirationnelle, avec en message subliminal "j'ai réussi donc je suis bon, votez pour moi, vous serez comme moi").....
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J'entends bien: je ne citais pas la chose ainsi. Je signalais juste cette étude pour souligner un caractère unifiant chez les électeurs de Trump qui, pour des motivations, raisons et circonstances différentes, tendent à avoir plus que d'autres électeurs cet attrait, structurel ou conjoncturel, pour une figure incarnant (dans leur tête ou en vrai, pour X ou Y raison) le leader fort, l'homme providentiel ou toute autre façon de formuler la chose qui est au fond un penchant qui existe chez tout le monde à des degrés divers (mais plus chez certains, ce qui est le point ici), à rechercher la figure "paternelle/parentale" qui mettra le grand coup de balai proverbial, remettra le monde d'aplomb. Pour d'autres gens, ça peut s'incarner dans une idée ou, plus problématiquement, une idéologie, ou dans un mouvement.... Et inclure un autre sens de la communauté (notamment l'idée de participation, plus présente que chez les "autoritaristes"). Et Trump s'est arrangé, sans doute aussi parce que cela convenait à sa personnalité, à son ego, à son approche des choses, pour incarner ce genre de leadership, et faire appel à cette tendance dans un électorat, qui est généralement plus à fleur de peau et plus disponible dans des circonstances socio-économiques, politiques, morales et/ou culturelles comme ce qu'on trouve actuellement en Amérique (et en général dans le monde développé). Que des commentateurs aient ensuite détourné l'interprétation de l'enquête pour faire équivaloir Trump et Hitler est autre chose, et c'est évidemment une connerie, mais il ne faut pas non plus nier le fait que les mécanismes à l'oeuvre dans ce tropisme particulier ont beaucoup de points de comparaison -évidemment pas au même degré et avec aussi beaucoup de points de différence- avec la montée des mouvements fascistes, nationalistes et/ou autoritaires des années 20-30. Rappelons qu'on n'a pas non plus une histoire de régimes plus ou moins représentatifs si longue en Europe ou aux USA (autour de 2 siècles) qu'on puisse trouver tant d'exemples que ça de profondes montées populistes et autoritaires (plus qu'un moment épidermique lors d'un cycle électoral) en opposition à un système politique ayant atteint un point d'entropie avancé et un blocage complet, sur fond de polarisation extrême des richesses. Grande Dépression de la fin du XIXème siècle/début XXème, et entre 2 guerres sont les deux périodes comparables. L'une des particularités de la période de l'entre-deux-guerres est d'avoir vu des mouvements pouvoir se structurer à grande échelle et profiter de nouveaux moyens de communication pour refaçonner le paysage politique et vraiment puiser dans certaines fibres de l'électorat, et les exploiter. Et là est la légitimité de la comparaison avec Trump: la cible, les logiques à l'oeuvre, et la méthode (pas les programmes politiques). Mais dans l'ensemble, cette étude montrait une tendance à des réflexes appelant une certaine forme, un certain degré d'autoritarisme; ce n'était pas non plus un déterminant mathématique faisant équivaloir tous ceux qui pouvaient avoir ce réflexe, ou ce tropisme. Il ne faisait que pointer ceux qui tendaient à l'avoir plus que la moyenne (un peu plus, beaucoup plus....), et de façons un peu diverses, mais somme toute convergentes. Et ces gens tendaient plus à se tourner vers le Donald que vers d'autres candidats, quels que soient à la base leurs autres circonstances particulières. Est-ce que ça en dit plus sur eux? Ou plus sur le personnage public que Trump a créé, pour lui et pour sa candidature? Si cette dernière est plus un calcul de sa part, quelque chose qu'il a réellement pensé et élaboré, ça en dit plus sur ses choix en matière d'image et de compréhension de l'électorat; si elle est plus une improvisation sur son propre personnage, sa propre personnalité, ça en dit plus sur cette partie du public, qui a trouvé le genre de personnalité qu'elle préfère, au moins dans les circonstances actuelles. De ce qui se dit, le Donald est plus du genre à procéder au feeling, à l'instinct et sur le moment, sans trop se préparer: il jette les dés et voit ensuite ce qui se passe; donc c'est peut-être au final pour lui un heureux hasard que les circonstances actuelles se prêtent à une telle candidature populiste et "passionnelle", anti-système et protestataire, ce qui est d'ailleurs une grande différence avec les fascismes et autres mouvements autoritaristes structurés des années 30: eux avaient des organisations, un programme, une idéologie. Trump a un ego à satisfaire. Mais c'est le genre d'ego qui, allié à la rhétorique populiste nationaliste, et aux circonstances précises du moment, peut alors trouver et motiver le réflexe susmentionné parce que l'audience atteignable atteint alors une masse critique.
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Il y avait aussi, et je crois que Nate Silver était de la partie encore, mais je n'en suis pas sûr, une étude plus poussée sur la tendance d'une portion de l'électorat américain (mais on retrouve ce penchant ailleurs) à l'autoritarisme, à la figure du leader fort. Par certains types de questions indirecte (personne ne répondant qu'il aspire à un leader autoritaire et liberticide), cette enquête identifiait les pans d'électorat plus enclins à souhaiter, ou au moins accepter, un chef autoritaire.... Et surprise surprise, cette tendance, ce type d'électeur, était beaucoup plus présent chez les républicains en général, et chez les pro-Trump en particulier. Suffisamment pour mettre en avant que ce pouvait bien être l'une des toutes premières motivations du vote Trump, au-delà de toute forme de diversité (âge, sexe, race, religion, niveau d'éducation, CSP, Etat de résidence, métier....); cette préférence pour une forme d'autoritarisme n'a pas vraiment de grand lien avec le niveau d'éducation ou un autre déterminant catégoriel "habituel", qui rejoint d'ailleurs (ou est foncièrement la même chose) l'étatisme de droite, qui a depuis Reagan été étouffé chez les républicains (une des raisons qui avait fait fuir des isoloirs nombre de conservateurs). C'est un trait en soi. Chez Trump, il inclue en plus les thèmes nationaliste (souvent ethniciste) et anti-élitaire.
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C'est pourquoi il faut faire attention, chez eux comme chez les autres, à TOUT le monde, pas juste aux stéréotypes qui nous intéressent ou arrangent notre vision des choses. Et c'est pareil pour regarder chez nous: fais un examen du niveau culturel moyen ou de celui de compréhension générale de la politique de "l'homme de la rue", et je t'assures que ton opinion changera.... Parce que y'a pas de quoi être fier de notre propre troupeau non plus. Ce qui renvoie à l'autre grande phrase politique de Churchill sur la démocratie: le meilleur moyen d'en être dégoûté à jamais est de parler 5 minutes avec l'électeur lambda. J'avais juste vu quelques sondages il y a 2 mois environs, je crois. je les avais cité sur ce topic, mais pour retrouver le post.... Je n'ai pas dit le contraire: si tu relis mon post, les 3 cas de figure mentionnés (dont le dernier est qu'il soit élu) pour se décrédibiliser/perdre son élan ne sont que des hypothèses, les conditions pour qu'il se plante; essentiellement que ses adversaires arrivent à mettre au point un système d'attaque/parade oratoire et médiatique qui puisse suffisamment le contrecarrer, qu'il en fasse trop au point de sur-fidéliser son audience déjà acquise et de s'aliéner des pans d'électorat qu'il a encore besoin de rameuter, et qu'il soit élu et mis en face de sa réalité qui est tout sauf celle d'un homme d'Etat (et surtout d'un bon), et de ses contradictions (notamment le fait qu'il est déjà en affaire avec le big business et les lobbies dont il a dit qu'il serait leur adversaire.... Et qu'il aura besoin de tout leur soutien d'ici à novembre). Mais il faut qu'au moins une des 2 premières conditions soit remplie pour que son élan actuel soit réellement cassé. Et ces 2 dernières semaines, il n'a pas indiqué, cependant, qu'il arrivait encore à réellement gagner du terrain en terme d'électorat, ce qui le renvoie de plus en plus, que ce soit calculé ou non (il se dit que sa persistance dans la méthode de campagne des primaires -alors que la générale est quelque chose de différent, parce qu'il y a un électorat BEAUCOUP plus vaste et plus divers- se fait contre l'avis de ses conseillers et de sa famille, qui l'avaient déjà récupéré une fois après qu'il ait essuyé quelques revers), vers une posture de surenchère dans l'ordurier et les incohérences qui lui ont fait conquérir une certaine partie de l'électorat, le condamnant, s'il maintient ce cap, à tout faire pour que la participation soit basse. C'est en essence la stratégie qui semble se dessiner pour lui: maximiser l'abstention est, avec cette rhétorique, la seule voie qui lui offre une chance raisonnable. C'est au final le fond de la stratégie républicaine depuis maintenant une vingtaine d'années, il a un peu plus de chances que les autres républicains de la faire marcher parce qu'il a rameuté des électeurs conservateurs qui avaient renoncé à voter, et parce qu'Hillary Clinton n'arrive pas à avoir un avantage décisif chez les indépendants (contrairement à Sanders, qui lui en plus motive plus de monde pour voter, dans et hors du parti démocrate). Cependant, il faut apporter un bémol aux estimations d'intentions de vote actuelles: ce ne sont que des projections qui, à ce stade, n'ont pas de valeur autre que celles que les commentateurs veulent leur accorder.... C'est-à-dire celle de leur permettre de blablater et de spéculer sans fin chaque jour à l'antenne. Par exemple, les intentions de vote pour Clinton n'auront aucune valeur tant que les démocrates n'auront pas fait leur convention et trouvé une formule d'unification; quand ce sera fait, Clinton aura un boost certain, à moins qu'il y ait guerre civile à gauche lors de la convention (ce qui est encore possible, mais douteux: le niveau d'animosité des électeurs Sanders envers Clinton est moindre que celui des électeurs Clinton contre Obama en 2008). Les hasards de la campagne ont juste fait que le GOP a trouvé son candidat plus tôt, et il bénéficie de son côté de cette unification plus rapide: pour l'instant. Ensuite, il y a tout ce qui va se passer d'ici à novembre, et comment les candidats et leurs campagnes vont le vivre et y réagir; dans le cas de cette campagne, on a déjà quelques assaisonnements avec l'enquête du FBI sur Clinton et ce qu'elle pourrait encore révéler, et le procès au cul de Trump sur sa fausse université -mais vraie arnaque. Et ce n'est que le commencement. Mais sur ces casseroles, rappelons que Bill Clinton en 92 a fait toutes les primaires avec déjà des scandales sexuels au cul -dont une accusation de viol-, et la campagne générale avec quelques autres qui s'y étaient ajoutés. Ca n'a rien empêché.