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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Trump cumule quand même les problèmes: le gros de la contestation qu'il récolte est celle des hommes blancs, qui ne sont plus une denrée aussi dominante sur le marché qu'il y a encore 20 ans, et il redouble d'effort pour les rallier, via des moyens qui aliènent plus ou moins à peu près tout le reste; certes, le report des voix pro-Sanders pourrait plus jouer en sa faveur qu'on le pense, mais il semble cependant que la campagne Trump se soit enfermée dans les mêmes certitudes que la campagne Romney, à savoir cette idée de "l'électeur blanc introuvable", un réservoir supplémentaire quasi mythique chez les républicains de 6-7 millions d'hommes blancs qui sont complètement sortis du système électoral. C'est parier beaucoup sur un électorat que Trump n'a pas l'air d'avoir fait trop bouger pendant les primaires. Je ne crois pas.... Mais Sanders, privé d'un débat en Californie et ayant plus de mal à récolter des fonds ce mois dernier, doit faire de l'audience pour faire passer son image et son message dans cet Etat à la population énorme et au marché média extrêmement cher. Pour comparaison, Obama et Clinton en 2008 avaient chacun dépensé plus de 6 millions de dollars pour les seuls pubs télé, et Bernie a commencé le mois de mai avec 6 millions en poche en tout et pour tout, alors qu'il a une organisation qui coûte beaucoup d'argent, plusieurs Etats encore où faire campagne, et pas mal d'activités chères à mener hors des achats de spots télé. Un événement comme celui-là serait de ce point de vue une aubaine.... Mais c'est aussi risqué: débattre volontairement un troll, c'est très couillu.
  2. Elle vient de commencer: Preacher est une nouvelle série, et en soi, si on se fie au pitch, elle a tout d'un énième truc de SF/western/horreur dont on trouve désormais les ingrédients, arrangés sous une forme ou une autre, un peu partout, comme la très récente et très merdique Wynonna Earp le montre.... Adaptée d'un comics à succès, la série se penche donc sur le personnage de Jesse Custer, un pasteur au passé de grand banditisme, qui est assez nul à son nouveau job, et très peu motivé pour le remplir même s'il s'en sent le devoir, ayant hérité la fonction de son père. Coincé dans sa paroisse d'un bled paumé du Texas, il essaie sans conviction de gérer ses ouailles, mais foire continuellement jusqu'à ce qu'une entité mystérieuse finisse par trouver son chemin jusqu'à lui pour prendre résidence dans son corps, au même moment où son ex-copine et complice vient essayer de le remettre dans le mauvais chemin, et où un vampire irlandais vulgaire, fêtard et pas très net dans sa tête arrive inopinément dans sa vie. On devine le genre de trame qui peut en découler, et tous les mauvais clichés et scénaris téléphonés qui vont avec ce genre de cadre au style désormais très pompé depuis une vingtaine d'années ou plus: une ambiance Tarantino puisant à fond dans le registre de From Dusk To Dawn (une nuit en enfer, aussi d'ailleurs adapté en série sur la chaîne de Robert Rodriguez et Tarantino, avec 2 saisons à son actif et une 3ème à venir: pas mal sur bien des plans, mais faisant traîner ses épisodes) et l'imagerie western/films de truands/violence gore/surnaturel-horreur. Bref, un mix de Constantine, d'un slasher movie et d'un film de Peckinpah. On pourrait croire cela. Et puis on regarde ce pilote de plus d'une heure, et on se dit que pour une fois, ils ont fait des efforts: la cinématographie est excellente, le scénario a été VRAIMENT travaillé, avec pour résultat, malgré une originalité limitée, de très bien mener une histoire, le découpage/montage de l'histoire évite les facilités, il y a du fric bien employé, et, cerise sur le gâteau, les acteurs sont bons. En tête d'affiche vient l'excellent Dominic Cooper (Howard Stark dans Captain America et dans la série Agent Carter, Abraham Lincoln Vampire Hunter, Dracula Untold, Fleming, et cette année, Warcraft et Stratton, une adaptation d'un roman de Falconer -100% pour AD.net), l'un des rares acteurs à aller et venir entre le grand écran en tant que tête d'affiche sans dommage pour sa carrière dans aucun des deux (alors qu'il est très loin d'être en fin de carrière, facteur qui protège) et sans ralentir son temps de présence dans aucun des deux. On trouve aussi Joe Gilgun (pour ceux qui ont aimé Misfits) en vampire à l'accent imbittable, Ruth Negga (Misfits, Agent Carter) en criminelle joyeuse et hystérique, et Lucy Griffiths (Robin Hood, True Blood) en assistante d'Eglise sérieusement blasée et les pieds sur terre. Ca fait toujours plaisir quand une production montre que bien plus que les ingrédients formels (budget, histoire générale et thème, style visuel....), c'est la façon de les arranger qui compte, ce qui réclame plus que ce que la plupart des séries, chères ou cheap, fournissent. J'ai plus qu'à croiser les doigts pour que la suite soit à la hauteur du pilote.
  3. Aujourd'hui, c'est la seule que je regarde sur MSNBC, et l'une des seules journaliste de grand média américain que je prends au sérieux: les interviews sont solides, elle sait insister quand et comme il faut, et surtout, son équipe sait faire son boulot de due diligence pour travailler les sujets traités avec une vraie rigueur qu'on ne trouve pas souvent dans les médias. C'est pas la plus rentre dedans ou audacieuse des journalistes, mais quand on cherche un compromis entre les moyens à la dispo des grands médias (qui seuls peuvent suivre des affaires d'ampleur, surtout dans le temps, et ont les muscles et les heures pour faire des recherches conséquentes, et ce sur un nombre important de sujets à la fois) et la recherche de la vérité, elle fait partie du très petit panel d'émissions qui répondent au cahier des charges. Et elle va chercher les sujets à l'occasion: si l'histoire de l'eau à Flint a été traitée par les médias, c'est parce que son émission est allée chercher et développer le sujet sur des mois. Et la présentation est bien pensée et élaborée, ce qui est très important pour moi qui écoute toujours en faisant autre chose. Y'a elle, y'a à peu près tout sur PBS (mais ils sont chiants, eux), et y'a les fact checkers (en vérifiant, parce que certains ont des allégeances) qui ont un usage limité par définition (vérifier faits et chiffres dans le discours publics), puis les "nouveaux médias" (genre TYT, VICE.... A prendre avec quelques pincettes, et manquant de moyens de recherche, mais pouvant se consacrer à des sujets que les "grands" ne traitent pas ou en passant, et surtout, évitant les obsessions sur un sujet qui écrase un newscycle.... Et qui est rarement le plus important).... Et ensuite on arrive direct sur certains "late night shows" de comédiens qui font maintenant plus un vrai boulot de journalistes sur certains sujets que les soi-disant journalistes sérieux. Jon Stewart a lancé la mode, qui est devenue un vrai business model.... Mais y'en a peu qui ont sa pertinence. #JonMustComeBack
  4. La liste est publique depuis hier, avec les noms dessus, dont la plupart peuvent être wikipédiés et/ou sont liés à quantité d'articles sur les histoires mentionnées, sinon, j'ai vu une bonne partie de ce que j'ai régurgité là dans un reportage de Rachel Maddow sur MSNBC (dans son journal d'hier soir), consultable sur le site de la chaîne. Mais encore une fois, j'ai été fureter sur chaque nom pour recouper les trucs: y'a rien de bien secret sur ces personnages très publics.
  5. T'as pété? Ou tu souligne (subtilement) que Trump est une baudruche?
  6. Finkelkraut, à le lire (et c'est un penseur d'un autre calibre et d'une autre honnêteté que béhach-Shell: ne les mets pas dans la même catégorie STP), je le vois plutôt en vieux papy intelligent et grincheux et perpétuellement déprimé.... Un air qu'il a eu bien avant d'atteindre l'âge d'être un papy. Et comme un papy intelligent mais papy quand même, il exagère tout, déplore tout et déprime sur tout: c'est la catastrophe et l'apocalypse demain depuis qu'il a commencé à prendre la parole en public. Et lui au moins, il fait pas de films.
  7. Est-il le seul dans son cas? N'a t-on pas en permanence dans toutes les arènes publiques de tous les pays (ayant un débat public, j'entends) à tout moment de l'Histoire, de tels causeurs, accapareurs d'attention par des moyens légitimes ou non, qui, ridicules ou non, pèsent de leur poids dans un sens ou un autre? Il suffit de faire un cour de philo ou d'histoire des idées politiques, ou de lire même des pièces de théâtre grecques ou romaines, pour voir que l'espèce n'a rien de nouveau; c'est un des aléas de la liberté d'expression et du débat ouvert.... On y trouve le meilleur, et le.... Nettement moins meilleur , avec des effets de mode qui favorisent des cabales, des groupes d'opinions et de copains/associés plus ou moins organisés qui veulent se faire entendre, et/ou ont un intérêt versé à ça. En ce sens, le sieur de Béhachelle n'est qu'un nuisible de plus dans cette longue histoire, qui me préoccupe bien moins que des collusions de vastes intérêts privés qui cooptent les médias et le sens général des conversations publiques (souvent en possédant les médias et/ou en les finançant) pour réellement influer sur des choses de grande conséquence. Au moins, Béhachelle est marrant.... Même si c'est pas volontaire. C'est un pitre qui se veut philosophe, un qui aura voulu vivre César et mourra Pompée , pour citer l'autre.
  8. La "Trumpery" du jour.... Une liste de noms a été publiée par la campagne Trump pour dévoiler la composition de l'équipe chargée de lever les fonds de sa campagne.... Et le moins qu'on puisse dire est qu'elle est gratinée. Ainsi, on y trouve par exemple le nom d'Elliott Broidy (vos pouvez le wikipédier: il a une fiche qui fait étonnamment peu de cas de ce pourquoi il est puant), qui fut reconnu coupable de corruption de hauts fonctionnaires pour avoir lourdement et très visiblement soudoyé, au début des années 2000, la direction du fonds de retraite des employés de l'Etat de NY, dont il avait ainsi obtenu la gestion de plus de 250 millions de dollars de leur argent. Il avait ainsi versé au "State Comptroller" (office public du chargé des finances d'un Etat ou d'une ville) et à son adjoint (plus quelques membres des familles) autour d'1 million de dollars de "cadeaux", et avait en échange, outre la gestion d'1/4 de milliards d'actifs, obtenu 18 millions de dollars de rémunération sur cette somme (au nom de "frais de gestion plus honoraires"), soit un pourcentage délirant au regard de ce qu'il pouvait y apporter, bien évidemment. Reconnu coupable, donc, il n'a jamais eu à faire de prison et a continué à opérer libre comme l'air (pour la note, les élus qu'il a acheté ont eu le même traitement, se faisant choper plus tard pour d'autres trucs; le procureur qui les a "eus" est l'actuel gouverneur de NY, Andrew Cuomo). Un autre nom sur la liste est évidemment Chris Christie, l'actuel (et pas pour longtemps) gouverneur du New Jersey, dont il faut rappeler qu'il a eu son "big break" en politique parce que, comme beaucoup de monde dans la politique américaine des 20 dernières années (surtout côté républicain), il avait levé beaucoup d'argent pour la campagne de George W Bush, qui l'a récompensé avec un job d'US Attorney (procureur fédéral) du New Jersey en 2001. A cette époque, Chris Christie n'avait aucune expérience dans une cour de justice, aucune expérience comme procureur, aucune du côté des forces de l'ordre/application de la loi en général (à aucun échelon de la justice: local, d'Etat ou fédéral), et pourtant reçut ce job qui est généralement une étape importante d'une carrière juridique, qui arrive généralement à mi parcours pour les très bons et leur sert de tremplin pour devenir juge fédéral. L'administration Bush a beaucoup employé ce genre de "récompenses" sans rapport avec les qualifications: ça a toujours existé en politique, mais généralement à petite échelle. Avec ce président, c'est devenu la règle, et souvent de façon caricaturale et problématique, souvent scandaleuse (beaucoup d'ambassadeurs non qualifiés et, le cas le plus célèbre, le gars en charge de la FEMA au moment de l'ouragan Katrina en 2005). Chris Christie a pu faire une carrière politique pour la seule raison qu'il avait levé du fric, et reçu un job qui, "normalement" (en politique), n'était pas considéré comme pouvant faire l'objet de ce genre de tractations (il y a une liste informelle de jobs ou fonctions pour lesquelles la chose est plus tolérée); trop sérieux. Mais cette présidence a tout poussé dans les deux sens: beaucoup plus de jobs, et des plus sérieux, dédiés à ce genre de "récompenses", et beaucoup plus de gens, beaucoup moins qualifiés, pour les obtenir. C'était par exemple ainsi que la France s'était retrouvée avec un ambassadeur américain ne parlant pas français et n'ayant aucune expérience de la diplomatie (Howard Leach, un financier qui avait donné 1 million en 10 ans au GOP, et 390 000 dollars à la campagne Bush.... Ca sonne pas cher de choper ce job), et avec lui une vingtaine d'autres ambassadeurs du même type. On a aussi Robert "Woody" Johnson, un financier héritier de la famille fondatrice de Johnson & Johnson (le géant pharma, dont il est encore un grand actionnaire) et patron des NY Jets (équipe de Football américain): un des principaux collecteurs de fonds de Jeb Bush, il a été publiquement et abondamment attaqué par Donald Trump pendant tout le début de l'année.... Et se retrouve dans ce "Victory Fund" de Donald Trump qu'il co-préside. Trump l'avait accusé de contrôler Bush et souligné qu'il était une des preuves que les industries pharma et financière seraient bien représentées dans une administration Bush. On trouve aussi Diane Hendricks, une milliardaire ultra-conservatrice très impliquée dans les réseaux de financement du GOP depuis très longtemps, Ron Weiser (ancien directeur de campagne de McCain), Ray Washburne (directeur financier pour la campagne de Chris Christie ET son mandat national au RNC) ou Mel Sembler (un douteux, mais très riche, promoteur immobilier en Floride), qui tous, il y a encore 2 semaines, présentaient Trump comme l'apocalypse incarnée. Enfin, last but not least, on citera Steven T Mnuchin, grand banquier qui a récemment racheté le ranch de Michael Jackson (100 millions pièce) et LE visage des banquiers qui ont lourdement profité de la crise de 2008 en saisissant les domiciles de dizaines de milliers de gens ayant eu, le plus souvent brièvement, du mal à payer leurs hypothèques/"mortages (dans son cas, plus de 30 000 rien qu'en Californie), domiciles qu'il avait racheté pour presque rien. Dans plusieurs milliers de cas, les saisies avaient été abusives, voire illégales, entre autres par le traitement robotisé (avec des infos souvent pas à jour) des dossiers (il a eu beaucoup de procès au cul, la plupart réglé par négo pour presque rien parce que les plaignants avaient rarement les moyens de soutenir longtemps une action en justice). Même pour les cas légaux, aucune solution n'avait jamais été recherchée (si bien que des gens qui auraient juste eu besoin d'1 ou 2 mois et d'un échéancier refait se sont retrouvés à la rue), toujours en raison du traitement robotisé et de la rapacité du gars. Il a été signalé à de multiples reprises comme un très mauvais exemple même dans la litanie de noms de banquiers s'étant mal comportés à cette période. Et ce monsieur est le PRESIDENT du Victory Fund de Donald Trump dont le premier grand événement est CE SOIR à Los Angeles: un dîner au domicile de Mnuchin (25 000 dollars le carton d'invitation), une baraque de 26 millions où il est désormais de coutume depuis quelques mois (depuis qu'ils ont trouvé l'adresse, confidentielle) de voir régulièrement des manifestants, tous des gens expulsés et dépossédés de ce monsieur. Bref, Trump est entièrement coopté par l'establishment financier républicain. A part quelques grandes figures qui s'affichent dubitatives (beaucoup juste pour la forme), et quelques-unes encore qui se déclarent hostiles, le big business républicain se rallie très vite au soi-disant "self funding candidate". Le mouvement républicain "never Trump" est décidément encore plus marginal qu'il y a 2-3 semaines.
  9. Il y a une forte tendance à penser ainsi dans une partie de la population américaine, surtout côté républicain, avant tout parce que beaucoup de gens, même si rien dans leur vie et leur personne ne le justifie, se voient et/ou se rêvent ainsi, en "vainqueurs", même si 99,99% d'entre eux ne pourraient par aucun critère possible être qualifiés par ce mot (sauf façon "dîner de cons": "une belle tête de vainqueur"). Evidemment, au degré qui est employé dans ce passage de film, peu de personnes sont réellement ainsi: là, on a un enfoiré pathologique et prédateur. Pour la plupart des gens qui pensent comme ça, c'est plus du ressort de l'abstraction, ça s'en tient à des principes très basiques (genre "tu bosses pas, tu bouffes pas") qui tiennent peu compte de la réalité et ne surviennent que dans l'esprit de ceux qui n'ont pas connu de difficultés, et quiconque parmi eux se retrouve un jour dans une situation telle que celle du personnage principal du film, sans avoir rien fait de mal ou été "flemmards", a généralement un changement de perspective certain. C'est d'ailleurs toute la situation actuelle qu'on voit dans la politique américaine: la proportion de population qui a généralement respecté "les règles", fait ce qu'elle pouvait.... Et s'est retrouvé le nez dans la merde, non seulement à un moment donné, mais ensuite aussi dans la durée, cette proportion commence aujourd'hui à atteindre des seuils proches d'une masse critique. Et on la voit se manifester bruyamment chez Trump ou Sanders. On la voit s'exprimer dans les médias sociaux, on la voit profondément à l'oeuvre dans les niveaux de confiance en le Congrès ou les médias traditionnels. La mentalité du "l'Amérique est pour les vainqueurs" est le plus souvent exprimée uniquement par le micro pourcentage de gens qui sont réellement des "vainqueurs" (si on prend le sens cynique et purement matérialiste du terme) et, en écho, par ceux qui se voient comme de futurs vainqueurs (ce qui généralement n'a qu'un temps, et beaucoup plus dans l'Amérique d'aujourd'hui où ce temps est plus court et ceux qui se voient ainsi toujours moins nombreux) et/ou ceux qui ne sont pas assez dans la merde -ou proche d'elle- pour se voir en danger. Les changements socio-économiques profonds des 40 dernières années ont fortement impacté la prévalence et la force de cet état d'esprit, notamment à la lumière répétitive de la façon dont le jeu est truqué et de la façon manifeste dont il est truqué pour un nombre toujours plus réduit de gens.
  10. C'est peut-être pas étranger au fait qu'il s'est retrouvé il y a quelques années dans le staff hors de prix d'avocats de la défense (incluant aussi le très controversé Alan Dershowitz) d'un milliardaire reconnu comme pédophile (ironique pour le monsieur père la vertu des années 90), Jeffrey Epstein: Il a résolu par négo 17 accusations de ce type, certaines sont encore en cours de jugement, et en 2014 a été ouvert un cas fédéral remettant en question l'un des dits accords, et accusant en plus l'un des avocats d'Epstein (le monsieur Dershowitz susmentionné) d'avoir participé aux ébats sur mineurs. Un document de la cour démontre qu'Epstein, loin de se contenter de son seul "plaisir" et de celui d'amis proches de cette façon, dirigeait un véritable petit circuit de proxénétisme de mineurs destiné aux gens influents (dont des anciens dirigeants d'autres pays), circuit dont la majorité de l'activité se passait dans ses résidences.... Où les chambres étaient truffées de caméras à des fins de chantages futurs. Lors d'une des premières affaires, en 2008, Epstein avait été condamné à une peine de prison très légère au regard des faits reconnus (18 mois, dont il a fait 13.... Dans une prison privée de luxe), et, essentiellement, toute la procédure puait à plein nez: comportement "étrange" du procureur (qui avait été visiblement "intimidé" ou acheté), preuves oubliées ou minimisées, policiers peu écoutés.... Quel lien me demanderez-vous? Et bien monsieur Epstein est un TRES grand ami de Bill Clinton, et ce depuis plus de 20 ans; milliardaire connu, possédant la plus grande résidence privée de NY et connu pour ses soirées et ses réseaux relationnels, grand financier du parti démocrate, il est cul et chemise avec l'ancien président dont il a aidé la carrière et la reconversion, à qui il a fait profiter de ses largesses et de nombreux avantages, comme son jet privé que Clinton a beaucoup utilisé (le "Lolita Express": une marque de "bon goût" qui a peu de chances d'être un hommage à l'oeuvre de Nabokov), Bill Clinton qui a fait vraiment BEAUCOUP de soirées chez Epstein, et dont la fondation si sulfureuse a beaucoup bénéficié des finances et de l'entregent du milliardaire. Et monsieur Starr a été l'avocat de cette raclure à plusieurs reprises, et un invité fréquent à ses soirées.... Les petits cercles de l'amitié, en somme; de là vient le "respect" évoqué?
  11. Un truc dont Trump ne pourra pas accuser Hillary Clinton, c'est d'être "low energy" (l'image qu'il a réussi à coller à Jeb Bush): https://pbs.twimg.com/media/Ciwp6uVVEAA_mkD.jpg:large 21 millions de dollars entre 2013 et 2015 pour ses "speaking fees"..... Elle doit vraiment dire des trucs absolument renversants . Sinon, histoire de faire équilibré dans la critique, on notera, parmi les mille et une casseroles de Trump, que tout ce qui entoure la construction de son "iconique" Trump Tower à NY au début des années 80, est en train de resurgir, notamment: - ses liens très forts avec un ex-aide de McCarthy qui était alors devenu "consigliere" des deux parrains les plus puissants des USA (Fat Tony Salerno -chef de la toute puissante famille Genovese- et Big Paul Castellano - chef de la famille Gambino), et le meilleur "fixer" ("arrangeur") de NY à cette époque - les conditions très douteuses de la construction de la tour: emploi massif d'immigrants illégaux (polonais) dont les conditions de travail étaient effroyables (notamment la manipulation de câbles électriques à mains nues, les journées de 12h sans casque ou outillage électrique -juste des outils manuels-, 7 jours sur 7 avec juste des matelas sur le chantier comme logement) et la rémunération du registre de l'esclavage, emploi de béton de mauvaise qualité et inadapté, mais prenant très rapidement, et surtout appartenant à une société de Tony Salerno (ses sbires d'un syndicat avaient débaroulé et obtenu l'accord de choix du fournisseur en mettant littéralement un couteau sous la gorge du maître d'ouvrage de la tour).... La production de béton avait ainsi "employé" un tas de maffieux qui ne venaient jamais (on croirait une scène des Sopranos) et elle avait été largement surfacturée: petit arrangement entre amis pour avoir une obéissance totale des syndicats du bâtiment (parce qu'on ne peut pas employer que des ouvriers polonais non qualifiés) - John Cody, un ponte du syndicat des Teamsters (celui de Jimmy Hoffa, impliqué dans moult scandales) à cette époque et pleinement impliqué dans ce système de racket, a ordonné une grève générale à NY sur tous les chantiers de construction.... Sauf la Trump Tower. Qui était incidemment la seule à NY à utiliser le béton venant de l'entreprise de Salerno. - en 1991, un juge fédéral statua que Trump (confirmé par Daniel Sullivan, un ancien "fixer" et ami de Trump devenu informateur du FBI) avait sciemment violé les droits des ouvriers et de leurs syndicats et les avait grugé; lors de ce procès, il a été admis que Trump avait porté un faux témoignage, mais ne fut pas poursuivi car l'affaire fut résolue par négociation entre les parties, et scellée. L'enquête sur le racket des 2 familles a beaucoup porté sur ce chantier, et le procès qui en a découlé et vu la condamnation de ces 2 parrains jusqu'ici intouchables, Mais rien ne semble atteindre Trump qui mérite ainsi son surnom de "Teflon Don"; tout lui glisse dessus. Pour l'instant.
  12. Aaaaah, Bill Kristol, l'homme aux prédictions depuis avant 2003..... Dans tous les domaines, sur tous les sujets, avec la plus virulente des certitudes, la plus impérative des formes d'affirmation..... Et dont toutes les prédictions se cassent la gueule lamentablement. Quelques exemples: l'Irak aura l'arme nucléaire en quelques mois, la guerre durera à peine quelques semaines, les ricains seront accueillis comme des libérateurs en Irak, le pétrole local couvrira TOUTES les dépenses (guerres ET reconstruction), le nouvel Irak sera un phare de démocratie au MO.... En faut-il plus? Il donne aussi dans l'économie et les faits de société, mais la politique étrangère et les affaires militaires sont son sujet chéri (je ne dirais pas sa spécialité, parce que ça supposerait qu'il a une compétence quelconque dans ce domaine); mais bon, c'est l'icône des Néo-cons, et sans doute l'un des principaux "carrefours" de ce mouvement, en plus d'être leur porte parole. Alain Minc: quand je pense que, alors jeune et naïf, j'ai payé avec du vrai argent pour acheter un de ses bouquins, et avec du vrai temps pour le lire..... Putain, qu'est-ce qu'on peut être con à 20 ans! Pour Béchamel, effectivement, le fait qu'il continue à se faire financer correspond à l'importance de son réseau relationnel et à son poids dans le monde de l'édition et de la presse, poids qui se concrétise par la capacité à être informé des "tendances" informelles de ce très petit monde, et à pouvoir peser sur les conversations qui s'y déroulent (les sujets en vogue, la façon de les voir....), ainsi que sur les réputations qui s'y font et défont (éditeurs, écrivains/journalistes, politiques....); c'est un circuit de pouvoir comme un autre, où les gens qui font l'opinion publique (et donc de moins en moins l'opinion populaire) et décident de ce qui se passe sur et sous la scène des élites, se croisent et interagissent. Môssieur Bernâârd de Béhachelle y serait une sorte de nouveau St Simon.... Le talent, la justesse de vue et l'esprit en moins. Mais ça n'empêche pas de peser. Qu'a t-il pour réellement y peser, donc? Un nom établi qui continue à être lu (la force de l'inertie sans doute), une forme de respectabilité (sans qu'il y ait grand chose à respecter ou grand monde pour respecter, mais c'est trivial), une capacité "d'arrangeur" propre à toute personne qui connaît tout et tous dans ce petit écosystème, et peut donc décider qui rencontre qui et où, qui doit être évité, qui doit être écarté des "dîners en ville" (dont il doit organiser une bonne partie: la fortune, ça aide), qui doit y avoir la vedette.... Avoir un nom connu et une fortune, ça permet aussi de prendre des participations, aider la trésorerie de potes en difficulté, inviter dans des endroits sympa pour des réunions et "cercles privés" (si tu décides d'où ça a lieu, tu décides qui vient et qui n'en est pas), offrir des cadeaux, être plus écouté que ceux qui n'ont que la vérité, la morale et/ou l'intelligence de leur côté, à décider de ce qui est bien ou mal dans la seule scène qui compte pour beaucoup de ces gens-là, soit ce petit univers de réseaux divers où l'actualité se décide, et où tout le monde se connaît; le règne de l'entre-soi qu'on appelait jadis "La Cour", "Le Faubourg" (très XIXème siècle comme expression), ou le Forum Romanum (où il s'agissait moins du lieu physique que des habitués qui s'y rencontraient et agissaient). C'est la seule arène, le seul monde de référence pour cette sorte particulière de gens: le reste est fictif et/ou instrumentalisable pour eux. Quand on essaie vraiment de voir comment ça fonctionne, ça remet en perspective certaines phrases, comme celle-ci, de Beaumarchais (Le mariage de Figaro) sur la cour: "J'étais né pour être courtisan, rien de plus facile.... Recevoir, prendre et demander, voilà le secret".... Ou encore "médiocre et rampant, et l'on arrive à tout".
  13. Non, zéro chances, même s'il emportait la Californie avec plus de 80% des voix (et les autres Etats restants avec le même genre de marge), ce qui n'arrivera de toute façon pas. Son but est d'arriver à la Convention avec autant de délégués que possible et une Clinton n'atteignant pas la majorité de "pledged delegates", ce qui a de bonnes chances d'arriver. S'il emportait la Californie qui, outre son poids déterminant en voix, est très symbolique pour le parti démocrate (c'est ZE Etat "liberal" par excellence), il marquerait de sérieux points et renforcerait sa position de négo qui a déjà commencé à se concrétiser via l'intégration de 5 "bernistes" (sur 11 places allant aux campagnes, plus 4 de toute façon tenues par le DNC) au comité qui va décider de la plate-forme.... Ca semble très minoritaire (après tout, il a emporté 46% des suffrages exprimés dans la primaire) étant donné que le DNC est lourdement hillariste, mais c'est en fait pas mal, et c'est un bon début.... Surtout quand on voit qui il a choisi: un seul est un réel politicien, les 4 autres sont des activistes influents (un sur la cause afro-américaine, universitaire et marxiste notoire, un sur la cause palestinienne, une écolo....), et surtout, très bruyants si on leur demande de juste faire les pots de fleur ou d'avaler des couleuvres. Mais de toute façon, poser la question en termes d'élection sans superdélégués est absurde: ils sont là, ils comptent et ils vont peser, et malgré tout ce qu'on en dit, Clinton a emporté plus de voix que Sanders (un peu moins de 3 millions de votes de plus que lui). Il y a bien des critiques à apposer sur le système des primaires, sur ses règles, ou la façon dont il est géré, l'honnêteté du processus.... Mais les règles étaient claires au départ, et acceptées. Et ce ne sont pas des élections au sens plein: ce sont des processus internes aux partis, qui sont assimilables à des clubs privés. Les ricains se résoudront peut-être un jour à faire des élections à 2 tours (comme des gens civilisés ) tant les primaires sont impopulaires et critiquées parce qu'elles représentent une mainmise trop forte et trop peu transparente des appareils de partis sur l'offre politique, fortement contrainte par l'élection à un tour, surtout dans un pays aussi vaste et peuplé. C'est la tendance de fond qui se voit depuis un siècle, avec des primaires longtemps extrêmement impopulaires et assez symboliques de l'oligarchie politique, qui ont du, de façon TREEES graduelle (et souvent forcée, chaque bout de changement arraché au forceps contre les establishments de partis), s'ouvrir un peu. 1968, côté démocrate, fut un tournant majeur, créant un paradigme dans lequel le parti vit toujours, et qui se trouve maintenant très contesté (on l'a vu le WE dernier au Nevada; les règles si critiquées datent de l'après 68 et de la réforme du gouverneur local.... Elles étaient volontairement absconses, preuve d'un cacique qui n'aimait pas que le bas peuple ait la parole). Vu la difficulté actuelle pour le Congrès de fonctionner, aucune réforme constitutionnelle ne sera possible à l'horizon visible, mais il est possible qu'à l'avenir, les partis soient, d'une manière ou d'une autre, forcés de clarifier et d'unifier leurs règlements de primaires, et de les ouvrir totalement, le tout selon un calendrier rationalisé, créant ainsi un premier tour électoral de fait.
  14. Non, lui a été agressé par UNE "bully".
  15. C'est une nouvelle startup? Ils ont une app sur Android? Où je peux la trouver? "Plus puissants", dans la mesure où les dits souverains acceptaient les règles, où les financiers ne poussaient pas le bouchon trop loin, où ils avaient réellement tissé des liens avec un souverain puissant et bossaient pour son intérêt.... Et c'était déjà avant le XIVème siècle: voir les démêlés, par exemple, de Jean Sans Terre et de son successeur, Henry III, avec les banquiers lombards qui possédaient de fait, pendant un temps, les rentrées fiscales d'Angleterre. Mais que les dites organisations commencent à faire trop chier, ou que leur simple présence envahissante commence à devenir une part trop importante du paysage quotidien du souverain, limitant trop sa marge de manoeuvre, et ça pouvait changer vite, suivant les circonstances (cf les Templiers, beaucoup de banques italiennes, Jacques Coeur); et "accompagner" trop longtemps un Etat au service duquel on se mettait (aussi pour le profit, mais pas que) pouvait être très néfaste à une entité financière (la famille Fugger avec Charles Quint). A l'inverse, en Italie, ce sont souvent les financiers qui, pendant le Moyen Age, ont pris lentement le pouvoir dans les cités-Etats plus ou moins républicaines, pour devenir des dynasties régnantes (de marchands à princes marchands, puis à princes tout court). Est-ce plus une question de taille critique de l'Etat en question, de type de gouvernement, de volonté politique manifestée, ou de circonstances? Rarement à l'avantage des petits.... Ce qui doit rendre ceux d'Europe d'autant plus européistes que le continent juxtapose des grands et des petits dans une configuration spatiale vraiment très exigue, faisant craindre aux poids plumes tout retour d'un schéma local plus "westphalien". Toute la question sera de savoir s'il s'agirait d'une guerre de sécession entre Etats "pro" et "anti", ou d'un conflit beaucoup plus bordélique se jouant quasiment au sein de chaque Etat en plus d'opérer entre deux (ou plus) "blocs" d'Etats. La division socio-économique, et par là culturelle (oui, y'a quand même un fort élément de déterminisme matérialiste: la réalité contingente les mentalités, surtout quand le facteur temps a pu jouer et sédimenter des fractures sociales/sociétales), est désormais un phénomène générationnel, donc fortement présent dans les sociétés européennes (et ailleurs, mais ailleurs ne nous concerne pas dans ce scénario). L "Violence envers les personnes en moins", c'est pas dit: quand le centre ordonne et que l'implémentation met trop de temps, on voit si souvent que les Etats les plus "gentils" et démocratiques finissent toujours par en venir aussi aux mains. Donc on peut peut-être moufter plus longtemps, mais c'est moins un principe qui limite/empêche la violence, qu'un espace de temps plus conséquent, et sans doute, pour aider en ce sens, plus de moyens disponibles (qui permettent de retarder un peu plus le moment où ça va cogner). Le sens stratégique lamentable que tu condamnes est à mon sens encore plus un syndrôme de tour d'Ivoire de dirigeants encore plus coupés des réalités socio-économiques et des responsabilités directes de gouvernants de populations en chair et en os, et encore plus préoccupés de leur seul univers, qui n'a de vision de la réalité que celle du niveau "grand stratégique": Bruxelles peut se permettre de ne vivre que dans le calcul de cet échelon supérieur de la gouvernance (ce qui est une composante normale et nécessaire d'un gouvernement et comporte risques -déconnexion notamment- et avantages -la stratégie a un temps différent de l'opérationnel-, et où on peut errer ou réussir suivant les choix idéologiques et pratiques qu'on fait), et n'a pas de responsabilité opérationnelle de gouvernance "normale". Pas d'échelon de gestion des populations, ou de responsabilités, d'ancrage et d'emprise par rapports aux gouvernés; c'est un "gouvernement de gouvernements", où les dirigeants de pays, eux-mêmes (parce que les pays sont très peuplés et on déjà plusieurs échelons de gouvernance) en proie à leur propre syndrôme de tour d'ivoire, ont moins de contraintes quand à l'ajustage de la gouvernance nationale (et la responsabilité qui va avec) avec celle du "méta système".... A leur décharge, qui est réellement capable de concevoir une pensée et une gouvernance pertinentes à cette échelle, et en fait à ces échelles différentes (à part moi évidemment )?
  16. !!!!! Malgré le fait qu'il ait les moyens de financer lui-même ce genre de trucs, je me demande toujours comment il arrive à trouver des glandus pour produire et distribuer ses merdes que personne ne va voir. Là encore, c'est du documentaire, ça coûte pas bien cher, mais il y a peu de chances qu'il ait foutu lui-même beaucoup de billes de sa poche. L'adjonction du film à la programmation à Cannes, au dernier moment (genre l'avant veille du festival) et alors que Kusturica, paraît-il, s'étaitfait refouler pour un "retard" de 2 jours sur l'échéance prévue (qui était longtemps avant le festival), fait jaser et montre bien qui sont les soutiens de la béchamel, et comment il arrive encore à sortir de l'écrit ou de la vidéo dans les circuits normaux: les réseaux de bons copains, ça n'a pas de prix, finalement, et même pour le ridicule, on se demande, parce qu'à force de ne rien mériter ou recevoir d'autre, il est quand même toujours là. C'est fou ce que la fortune héritée peut vous acheter.
  17. Ca sonne étrange comme annonce: le budget de défense du Botswana est entre 400 et 500 millions de dollars/an, avec quelques petits "plus" offerts comme l'entraînement de leurs officiers. 1,6 milliards de dollars pour des chasseurs, environs 200 millions pour des avions d'entraînement, ça ne sonne pas vraiment comme des trucs qu'ils pourraient envisager d'acheter ce siècle ci, à moins d'avoir soudain découvert des mines de platine, de s'être trouvés un riche "sugar daddy" ou de payer en 100 fois sans frais. C'est des effets d'annonce pour le style, ou pour faire semblant d'être un joueur et se donner des airs pour une négo?
  18. Un rapport intéressant du SPLC sur l'état des "hate groups" aux USA: - selon la classification de l'organisation, il y en aurait 892 aux USA en 2015, soit une augmentation de 14% par rapport à 2014 - le KKK comptait 72 chapitres en 2014, et 190 en 2015 - il y avait 113 mouvements séparatistes/suprémacistes noirs en 2014, et 180 en 2015 Certains pensent qu'il s'agit du développement d'une "bombe démographique", ces groupes constituant les accélérants d'un problème qui se révèlera quand la bascule démographique se fera aux USA, qui verra une "masse critique" de diverses "minorités" (noirs, latinos, immigrants illégaux) être franchement majoritaire, faisant risquer une "guerre raciale" d'une forme ou d'une autre entre minorités agissantes au sein de ces communautés (et au sein des "blancs" qui ont aussi leurs propres "hate groups" évidemment). Il faut noter que les chiffres sont en grande augmentation depuis la crise économique (et l'élection d'Obama, qui peut aussi à elle seule être vue comme une des causes), et que tout n'est pas non plus une "croissance nette" ex nihilo de telles organisations: ils recrutent beaucoup, parce qu'il y a beaucoup de mécontents à recruter, et que les plates-formes pour échanger, radicaliser, convaincre, séduire, créer des communautés.... Se sont développées. Tout comme leur rôdage pour ce faire s'est grandement amélioré, de même que, dans certains cas, leurs moyens ont augmenté. Dans pas mal de cas, ce sont des groupes et communautés qui pouvaient avoir un autre objectif (parfois anodin, parfois juste une cause pas nécessairement liée à un activisme agressif ou extrême) et ont évolué, ont poussé leur discours quelques crans plus loin, rejoint des groupes radicaux ou été cooptés par eux.... La nomenclature est difficile à établir: ici, il s'agit de celle du SPLC, concernant les groupes qui ont des croyances et/ou des pratiques qui accusent, noircissent ou attaquent (en paroles, en méthodes de harcèlement ou en attaques violentes) toute une catégorie de gens pour ce qu'ils sont (catégories dont les caractéristiques ne sont pas/peu changeables: race, origine, religion, sexe, sexualité, handicap....). Les critères sont parfois délicats à manier, parfois franchement subjectifs (et le SPLC n'est pas, loin de là, sans biais), et les chiffres peuvent donc beaucoup varier (le SPLC a d'ailleurs plusieurs listes selon les critères, et publie aussi en fonction du résultat qu'il veut obtenir en terme d'alarme) dès lors qu'on ne se limite pas à des critères "mesurables" comme la violence, l'incitation directe à la violence et des campagnes, organisées ou non, mais répétées de harcèlement et attaques pas/peu violentes (entendez par cette dernière: des attaques sur les biens, des attaques verbales.... Tout en dehors de violence physique directe). Le FBI ne publie pas ses listings en la matière, étant donné que lui se limite précisément à ces critères "mesurables" et a une capacité plus limitée à suivre l'ensemble de ce qui pourrait être ou non, à une échéance plus ou moins longue, du "hate group". Je prends donc généralement les chiffres du SPLC avec des pincettes, étant donné les critères retenus et les biais de l'organisation, mais la tendance générale est quand même claire, au-delà des seuls chiffres publiés ce coup-ci: tous les indicateurs du SPLC, de l'Anti Defamation League et des agences fédérales en attestent: depuis les années 2000, et plus encore depuis la crise, l'augmentation semble très rapide. C'est par ailleurs toujours intéressant de se pencher sur ce sujet dans un pays où il y a plus d'une arme (légale) en circulation par habitant (sans compter les très nombreuses illégales donc), réparties de manière très inégales (fortes concentrations), un accès toujours plus facile aux armes et à l'info pour s'en servir, pour trouver d'autres qui s'en servent et pour faire de sales trucs (explosifs, tactiques....), et peu de transparence sur la chose en général. Et encore plus quand le dit pays est la première puissance mondiale, dont les problèmes internes et soubresauts politiques ont toujours un impact démesuré sur le reste du monde. Une série de statistiques sans rapport avec ce qui précède, mais pas sans lien si l'on considère le plus vaste problème des relations entre communautés, celle entre divers groupes et l'autorité, et le problème police-population. Il s'agit ici d'un état des lieux de la violence policière comparée à la violence contre la police: - 41 policiers ont été tués intentionnellement aux USA en 2015 (donc hors accidents de tous types, et hors mortalité en service due à d'autres causes: problèmes de santé et suicides essentiellement), soit une baisse de 20% par rapport à 2014 (qui avait déjà vu une baisse équivalente par rapport à 2013) et un plus bas historique (à égalité avec l'année 2008 qui avait vu un nombre anormalement "bas" sans baisse importante avant) pour les 30 dernières années. - entre 975 et 1186 personnes ont été tuées par la police en 2015; il n'y a toujours aucune base de donnée ou moyen d'enquête pour recenser, examiner et lister tous les incidents: le vrai chiffre est sans doute plus élevé. - au moins 100 de ces victimes étaient des hommes noirs non armés; environs 25% de ces morts sont par la suite considérées comme des "justified killings" (quoiqu'il y ait souvent des polémiques sur certains cas ainsi qualifiés, vu la faible neutralité des tribunaux), le plus souvent parce qu'il s'agissait d'authentiques criminels ayant autre chose qu'une arme à feu en mains. Ces 100 et plus représentent environs 40% des gens non armés qui ont été tués par la police en 2015, révélant un fort biais dans la police qui fait état des stéréotypes entrant dans la perception des menaces (qui font partie des automatismes présents dans la mentalité des gens, et qui sont souvent renforcés par l'entraînement dans les forces de l'ordre) et la gradation qui en résulte (y compris chez les policiers noirs). - parmi les morts non armés, 47 sont morts par taser (souvent très abusé par la police), 33 par impact avec une voiture de police et 36 sont morts en prison de causes non naturelles (battus, affamés, assoiffés, laissés sans un médicament indispensable, ou exposés à trop de chaleur et trop peu d'air) Parallèlement, une étude des syndicats de police indique que le niveau de peur des policiers envers le "monde extérieur" n'a jamais été aussi grand, la certitude qu'il y a une "guerre contre les flics" (initialement un truc lancé par FoxNews qui n'a fait que redoubler d'efforts dans ce domaine depuis, tout comme ils maintiennent qu'il y a une "guerre contre Noël", une "guerre contre les blancs"....) se renforçant chaque année et concourant à influer sur les mentalités et l'entraînement (déjà très inégal selon les Etats, les villes.... Et souvent principalement axé sur l'usage des armes à feu et la réponse à des scénaris quasi exclusivement conflictuels) au point qu'on peut dire qu'il y a un très fort "sentiment d'insécurité" particulier aux policiers, qui a pris une vie propre et se trouve très en décalage, et ce de façon croissante, avec le danger qu'ils courent réellement. Et cette peur qu'ils se créent en bonne partie sans raison devient en elle-même très meurtrière à son tour (et plus encore pour certaines communautés). Plus largement, ces deux sujets sont liés par le fait qu'on voit la société américaine s'inscrire dans un contexte accru de violence entre groupes et de défiance vis-à-vis de l'autorité, ce qui est évidemment démultiplié par la crise politique de défiance envers les élites politiques et économiques dont la collusion reste l'un des principaux fuels de ce qu'on peut voir se manifester dans les mouvements ayant propulsé Trump et Sanders sur le devant de la scène. On voit dans ces chiffres des ingrédients d'un cocktail bien nauséabond, et il est intéressant de regarder si les efforts (locaux, d'Etat et nationaux) pour briser de tels cycles vicieux sont à la même échelle que ces tendances de fond.
  19. Il y a un problème logistique pour cette opération: vu l'état de l'infrastructure de Bruxelles et le fonctionnement de ses services d'entretien, la pendaison de quelque chose comme 15 à 20 000 lobbyiste (à peu près un pour chaque fonctionnaire et élu européen en tout) sera difficile vu qu'il est impossible d'être sûr de la solidité des réverbères ou d'espérer avoir des potences fabriquées avant les calendes grecques, si tant est qu'on pouvait se fier à leur qualité. Il y a donc un grand manque de ce côté, si la pendaison est le recours choisi..... Comme toujours, ces enfoirés ont tout prévu pour s'en tirer. Le seul avantage dans cette opération de salut public est que s'ils voulaient s'enfuir, ils auraient aussi un massif problème: entre les merdages omniprésents de la voirie, la rationalité du plan de circulation, les engorgements, les troubles d'accès aux gares et à l'aéroport, y'en a pas beaucoup qui pourront s'extirper d'une rafle même mal planifiée.
  20. Je ne sais plus si j'avais publié les chiffres, donc petits rappel et mise à jour: - en avril, Sanders a levé 27 millions de dollars, contre 25 à Clinton. Difficile encore de dire si cette récolte est surtout concentrée AVANT les primaires de NY qui ont eu un fort impact sur son élan, ou non, et si, du coup, la collecte en mai s'en est ressentie - le cash disponible de Sanders début mai était de 5,8 millions, contre 30,2 à Clinton: on peut se dire que Sanders a donc commencé le mois très handicapé (notamment par le coût de la campagne à NY et dans l'Ohio), mais d'un autre côté, ça fait maintenant un moment que Clinton essaie de très peu dépenser parce que ce qu'elle collecte depuis avant NY est principalement réservé à la campagne générale (le marché publicitaire californien ne se frottera pas les mains avec les primaires), ce qui a tendance à égaliser un peu les moyens disponibles de fait, vu que Sanders, lui, est prêt à dépenser tout ce qu'il récolte. Hillary Clinton a, jeudi, annoncé qu'elle orientait 2 millions vers un effort du parti démocrate pour établir et/ou renforcer des structures de campagne de terrain pour les élections au Congrès et la présidentielle dans 8 Etats contestés ("battleground states", "swing states"), insistant sur le fait qu'elle ne lève pas des fonds que pour sa propre campagne (un fait qu'elle pointe depuis quelques mois maintenant), un geste qui a aussi pour but de s'afficher comme "team player" et comme dirigeant pour les électeurs démocrates, donc gagner des bonnes volontés. La campagne Sanders s'est adaptée en faisant moins de pub, en récoltant tout ce qu'elle peut, et en multipliant les grands meetings, en renforçant la campagne "au sol" par les militants, et en organisant plus de rencontres "de terrain" avec les électeurs, ce qui marche très bien mais peut plafonner dans des Etats peuplés comme la Californie (36 millions d'habitants) où le multiplicateur de force de la pub est vital. Clinton, de son côté, n'a pas envie de dépenser d'argent dans une campagne de fait déjà gagnée, mais où elle peut néanmoins continuer à prendre des coups.
  21. Félicitations, tu viens de comprendre le business model. Et encore, en France et dans d'autres pays, les parlements nationaux et les opinions publiques ont la possibilité de s'informer, via des instituts de recherche et d'expertises (dans tous les domaines) gouvernementaux, plus ou moins convenablement financés -ce qui leur enlève l'excuse de l'ignorance d'ailleurs-, mais à Bruxelles, il n'y a rien de tel (sauf quelques organisations qui peuvent en avoir le nom, mais pas la réalité derrière): le principal moyen d'information (sur des dossiers immensément complexes dans tous les domaines) que le parlementaire, et le régulateur en général, peuvent avoir, c'est l'écosystème bruxellois du lobbying, avec en plus quantités de petites structures hybrides (fonctionnaires-représentants des divers secteurs concernés) qui tiennent lieu d'interfaces entre la Commission et les industriels et professionnels de toutes eaux. La source de l'info et la capacité de traitement et d'analyse est essentiellement du côté lobbying, le tout avec bien peu de temps à consacrer à chaque dossier. La recette du succès? Dans ce paysage, il est difficile de ne pas voir la vérité n'être qu'une marchandise, puisque le "marché" a été calibré pour qu'il y ait un vendeur qui a l'information produit et un acheteur qui ne veut pas très fort l'avoir, ou en tout cas n'a pas trop de moyens pour l'avoir.
  22. Le discours de ce monsieur pue quand même de certaines certitudes plus idéologiques qu'autre chose, notamment quand il proclame la mort de fait de l'Etat nation en tant qu'entité pertinente par principe, qu'il avance l'inévitabilité d'une union politique telle qu'il la voit, qu'il présuppose la bénévolante domination de l'Allemagne et sa bonne santé (il a regardé l'évolution du niveau de vie allemand ou la structure socio-économique du pays?).... A se demander comment des pays (hors USA, pays-continent) comme la Corée, le Canada, le Japon, l'Australie, la Norvège, le Brésil (pour ne prendre que des démocraties plus ou moins proches du standard "occidental")... Font pour exister, fonctionner et compter dans ce monde où l'Etat nation est une absurdité dépassée à laquelle seuls des arriérés s'attachent contre toute raison. L'UE affaiblit l'Etat nation sans rien pouvoir lui substituer d'équivalent, et les idéologues de ce type sont incapables de comprendre pourquoi, seulement de blâmer la chose sur les retards imposés par les susmentionnés arriérés et sur les "vieux réflexes".
  23. Une convention est de toute façon un événement assez long mais qui peut l'être rendu beaucoup plus si beaucoup de monde participe (ce qui était le cas) et si elle est mal organisée (ce qui était aussi le cas), et si les locaux sont inadaptés; c'est encore pire s'il y a plus ou moins de volonté de faire pourrir les choses pour "pousser l'adversaire à la faute" (et obtenir les images qu'on veut pour la caméra "officielle"). Ce qu'on fait dans ce genre de trucs, ce sont des discours des camps en présence, des tractations, des tentatives de "séduction" de super-délégués, beaucoup de temps pour rassembler et ordonnancer les troupeaux.... Les caucus sont encore plus longs, vu qu'il s'agit de séries de débats, d'entrevues et de négociations entre les concurrents (et en fait d'un processus plus "citoyen" et participatif, même si son format complexe et sa longueur dissuadent beaucoup de participer). Mais les partis ont tous leurs règles, différentes pour chaque parti et dans chaque Etat, avec l'adjonction de lois et réglements de l'Etat (et certaines limites fédérales), souvent des accumulations de trucs depuis les débuts du dit parti, donc une masse de fonctionnements très particuliers et propres à un lieu et à son histoire politique et électorale. Il y a ainsi beaucoup de règles qui remontent à l'ère de la charrue, beaucoup d'aménagements et changements au fil du temps qui ont correspondu aux réalités politiciennes de chaque élection et dont toutes ne sont pas revues à la suivante ou encore après, et il y a des traditions auxquelles parfois on s'attache ou on fait semblant de s'attacher parce que ça arrange quelqu'un.
  24. La "surmédiatisation" de Trump n'est pas tout dans son image, sa "marque", sa notoriété en général, sa "name recognition": il est sous les feux de la rampe depuis plus de 40 ans! C'est une figure médiatique importante depuis les années 70, et un personnage national (quoique pas pour le meilleur, mais on parle ici de notoriété) depuis les années 80: à notre époque d'extrême narcissisme et de culte de la célébrité et du drama égotiste étalé en première page, c'est devenu plus que de l'or en barre pour la politique. Mme Clinton a aussi cette échelle de notoriété, mais avec un bilan politique qui lui est rattaché, rejoignant cependant Trump dans les mêmes niveaux pour ce qui est d'une mauvaise image, d'une faible cote de confiance, et de bien peu d'amour ou de sympathie pour sa personne. Sanders a passé l'essentiel de l'année dernière à essayer d'être connu au-delà du Vermont, du New Hampshire et du Massachussets (dans une moindre mesure pour ce dernier), avec quasiment aucun moyen jusqu'aux alentours d'octobre-novembre, et une couverture médiatique non seulement ridicule (beaucoup de républicains qui faisaient déjà moins bien que lui pendant l'été en avaient beaucoup plus), mais en plus condescendante et déjà caricaturale. Quand il a commencé à faire des chiffres significatifs, la ligne éditoriale le concernant, et alors même que sa couverture médiatique restait inférieure aux autres en absolu et en proportion (alors qu'il réunissait les plus larges foules et perçait dans les sondages), a commencé à tourner (non en petite partie via les communicants de Clinton et leurs parfaites relations avec les grands médias) au caricatural pur et à adopter les fondamentaux qui sont aujourd'hui poussés aux extrêmes: "les supporters de Bernie sont de violents losers phallocrates et parfois racistes", "les supporters de Bernie sont des jeunes qui ne comprennent rien", "les propositions de Sanders sont du délire complet" (comme s'il proposait d'établir l'URSS en Amérique, alors qu'il propose une social-démocratie plutôt soft, façon Allemagne light, avec en plus moult think tanks sortant des "analyses" biaisées qui ont été depuis corrigées avec l'estampille "oups, on est humains, on peut se tromper"), "Sanders donne dans l'attaque personnelle hargneuse" (alors qu'il a volontairement renoncé à tant de sujets faciles qui pouvaient nuire à Clinton: emails et enquête du FBI, incohérences du programme de Clinton, ses flips flops multiples, la puanteur de sa fondation....) et autres joyeusetés du genre. La convention du Nevada, qui ne concernait pourtant que l'attribution de 12 délégués supplémentaires (la primaire du Nevada ayant eu lieu en février, avant le SuperTuesday), a vu beaucoup des comportements douteux de l'establishment, qui pouvaient être non seulement mis sous le tapis, mais transformés en attaques vicieuses contre Sanders via l'accès plus que privilégié et monopolistique aux grands médias: ainsi de ce qui s'est passé avec la sénatrice Barbara Boxer (Californie) et la secrétaire du parti dans le Nevada, qui ont fait des montagnes parce qu'elles se sont faites huer, la sénatrice disant avoir "craint pour sa vie" (note: elle était entourée de gardes du corps du Service Secret, avec en plus un rideau d'agents de sécurité devant son estrade, qui n'a été traversé que par 2-3 excités) et jouant la midinette effarouchée (c'est une vieille routière de la politique) après avoir trollé l'audience pendant les 30 minutes (non diffusées) qui précèdent les vidéos "incriminantes" (évidemment abondamment diffusées), faisant tout pour el'xciter et l'antagoniser. C'étaient des gens -avec certes beaucoup de militants déjà remontés- qui avaient à ce stade du passer pas loin de 9 heures dans la salle (en tout, la convention a duré 12h dans le même lieu), et avaient du assister à un vote plus que manifestement puant, chose qui, c'est à la décharge du parti, était grandement aidée par le système de scrutin.... Si vous croyez que ça n'existe plus, regardez encore: c'était un vote à la voix! Bref, c'était un appel dans la salle à qui gueulerait le plus fort! Et c'est là que la patronne du parti démocrate du Nevada entre en scène, puisque c'est elle qui arbitrait le résultat: aucune des vidéos du concours de cri n'est probante, et il semblerait même que les fans de Bernie dominent la joute sonore, mais elle n'a pas pris 2 secondes pour décider que Clinton l'emportait. Il est regrettable que certains zélotes aient par la suite proféré des menaces contre elles à son domicile personnel, mais en rendre Sanders responsable, et en plus s'acharner ensuite sur lui via les médias, en mentant sur la teneur de sa condamnation de toute violence, est juste de la calomnie intentionnelle et calculée comme telle (il est facile de comparer sa déclaration à ce qui en a été dit par tous les Clintoniens et beaucoup de journalistes.... Surtout apparemment ceux de CNN qui sont corps et âmes pour Clinton et le cachent très mal tout en prétendant encore être une chaîne d'info.... Ridiculisée depuis des années et en perte d'audience constante). Ce genre de "manoeuvre" de communication n'a rien de très nouveau (il y a même des consultants spécialisés dans ce genre de tactiques et leur orchestration), mais tout le monde n'en a pas les moyens: ça réclame un niveau d'accès et de collusion avec les médias, en plus d'une emprise sur l'appareil du parti, qu'on trouve rarement. Debbie Wassermann Schultz a démontré de façon très visible qu'elle n'était pas l'arbitre impartial qu'elle prétendait être, elle qui avait en interne forcé la représentante Tulsi Gabbard à démissionner de son poste au DNC pour soutenir Sanders. C'est à la fois fascinant et révoltant de regarder de près jusqu'à quel point des règles en apparence équitable dans des proportions plus ou moins acceptables sont en fait complètement détournées de façon structurelle (et tordues, voire enfreintes par mille et un moyens de petite échelle, à toutes les entournures où c'est possible et pas trop visible, en tout cas pas visible au point de valoir l'intérêt de la presse) pour garantir des résultats, et, à l'échelle d'un pays, complètement verrouiller le système d'un parti, et par là, l'accès au système politique ou encore sa capacité à se renouveler et à se remettre en question. Bref, quand on dit que la démocratie c'est "cause toujours", c'est à cette méta accumulation de petits avantages et de micro (ou moins micro) tricheries ou quasi-tricheries, qu'on le doit. Parce qu'à tous les échelons de l'accès et du contrôle (partis, médias), il y a toujours quelqu'un de biaisé ou d'accessible. Dans le registre des artefacts de communication, l'une des légendes urbaines tenaces que la campagne Clinton a réussi à coller à la campagne Sanders depuis janvier est celle des "Bernie Bros", une soi-disant organisation de militants pro-Sanders, évidemment que des hommes parce que les hommes sont méchants et sexistes, qui harcèle en ligne et fréquemment en "physique" les pro-Clinton à grande échelle.... Chaque fois qu'un média a daigné se pencher un peu sérieusement sur la chose, il n'a rien trouvé, sinon quelques trolls qui accompagnent nécessairement tout mouvement, voyant d'ailleurs nettement plus de "bullying" organisé online côté Clinton. Mais quand on a les médias pour soi, c'est pas comme ça que l'histoire est racontée, évidemment. Tout comme le fait que, le soutien spontané de Clinton dans les médias sociaux n'étant pas assez vaste ou efficace, son principal SuperPAC a raqué en mars plus d'un million de dollars pour littéralement embaucher des trolls afin de casser du "Berniste" et pourrir les médias sociaux où la campagne Sanders sévit. Un mot de ça dans un grand média? Nada! En face, aucune dépense similaire n'a eu lieu. Mais le problème, ce sont les imaginaires "Bernie Bros". Depuis ce WE, on a pu voir se développer le même genre de pure action calculée de désinformation: à la convention du Nevada, la "violence" était soi-disant telle que des Bernistes auraient lancé des dizaines de chaises sur les Clintoniens.... A ceci près qu'à part une vidéo où on voit un gars empoigner une chaise, puis la reposer, aucune des caméras présentes, et aucun des milliers de smartphones présents, n'a enregistré le moindre vol de chaise, ou le moindre coup asséné (façon WWE?) avec une chaise, ou d'ailleurs aucun coup de poing ou acte réellement violent au-delà de poings levés et de cris (la plupart du temps, loin des "menaces de mort" invoquées par l'establishment, il s'agissait de huées et de nombreux "bullshit" renvoyant à ce que les gens pensaient de l'honnêteté des résultats et des paroles des officiels).
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