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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Quand on voit ce qui lui a été balancé, et qu'on essaie 2 minutes de faire abstraction du personnage, de ce qu'il a dit et fait, de comment il a traité et traite les autres (dans et hors de son parti), de ses mensonges et insultes.... On aurait presque de la compassion pour Ted Cruz: il a des gamines, putain, et les comédiens (c'est leur rôle, OK) comme les journalistes et les autres politiques l'ont vraiment plus que descendu, avec des insultes et méchancetés assez hallucinantes. Et puis la seconde d'après cet effort, vain ou non, on se souvient de qui est Ted Cruz, de ce qu'il a dit et fait, de comment il a traité et traite les autres (dans et hors de son parti), de ses mensonges et insultes. Tant pis pour les gamines et ce qu'elles risquent de prendre à l'école de la part de leurs camarades. Elles seront traumatisées..... Et se présenteront à la présidentielle de 2046. Il faut noter que Cruz a même perdu les évangélistes et les très conservateurs hier, comme il l'avait fait dans nombre d'Etats hors du vieux sud..... Ca la fout mal. Oui, mais faut pas être effrayé par les contradictions chez les libertaro-jacksoniens, excroissance exacerbée des Jeffersoniens: de l'utopie agrarienne (il était aussi anti-villes) incompatible avec le maintien d'une nation, et encore plus avec son développement. Beaucoup de lui s'incarne dans son combat contre la première banque centrale américaine qu'il a fait disparaître.
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Je préfère son expression "I'm gonna make some serious Tubmans".... En référence au très controversé changement du billet de 20$, qui remplacera la tronche du président Andrew Jackson (idole chez les conservateurs-libertariens pour sa haine du gouvernement fédéral.... Mais aussi esclavagiste et anti-indien.... Et président catastrophique) par celle de Harriet Tubman, une ex-esclave abolitionniste. Evidemment, c'est plus une polémique sur FoxNews que dans le pays....
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Politique étrangère du Royaume-Uni
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Berezech dans Politique etrangère / Relations internationales
Le niveau d'intégration des économies est aujourd'hui infiniment plus poussé que lors du coup de DeGaulle, et le poids relatif de la France, surtout dans un ensemble alors nettement plus limité en termes de pays membres (où une absence, surtout d'un des poids lourds, se fait vite sentir), est moindre (ponctuellement plus dans la conjoncture actuelle); la volonté politique affichée et le suivi dont elle bénéficie dans une population -ce qui peut survenir même avec un gouvernement type actuel si une question suffisamment scandaleuse survient- peuvent aller loin, mais il ne faut pas QUE de la volonté de suivi, il faut aussi la capacité. Et en termes concrets, la capacité, ça veut dire potentiellement porter un coup dur au fonctionnement de l'économie du pays et des régions qui l'entourent. Ca veut dire aussi de pouvoir aller jusqu'à la retenue des sommes versées à l'UE, ce qui frapperait fort, mais pourrait voir aussi une rétorsion commerciale immédiate: est-on réellement prêt à ce genre de bluff ou de chantage hors de circonstances absolument exceptionnelles? Et toujours en filigrane, il ne faut pas oublier, aussi fort que ça nous vexe et/ou nous emmerde, que l'Oncle Sam entrerait dans la danse sitôt les premiers échanges verbaux engagés, si une telle situation commençait à faire mine de se développer, donc bien avant qu'on n'en arrive aux chantages et menaces de rétorsion. Pour cela, j'ai tendance à renvoyer aux dernières négociations avec Mr Cameron, qu'on a toujours du mal à évaluer: si la lettre de ce qui a été obtenu est bien appliquée, ça veut dire qu'on peut quasiment faire une Europe à la carte, ce qui en soi menacera l'ensemble assez rapidement. Si c'est avant tout du symbolique et des promesses creuses le temps du référendum, pour aider Cameron et éviter le Brexit, alors rien n'est changé. Il est en bonne partie difficile de faire une vraie évaluation suffisamment quantifiée du "meilleur" et du "pire", du rapport coût-bénéfice: de ce que j'ai entendu circuler, les quelques évaluations et simulations économiques qui ont pu être faites par des organismes pas trop orientées (j'ai rien eu de concret à lire, juste des bruits de couloirs rapportés par des "gens qui savent") ne sont pas réellement conclusives, tant pour le pays concerné que pour le reste de l'UE. Quand à envisager qu'une sortie, même importante, annonce la fin de l'UE, c'est pour l'instant très douteux. On a surtout vu de la volonté politique apparaître en Allemagne et en France pour dire plus fermement merde à Cameron et qu'il y a un certain niveau de ras le cul des exigences britanniques, surtout côté financier.... Ce qui est tout sauf désintéressé, puisqu'un Brexit ramènerait une portion énorme des activités de la City sur le continent, activités qui dépendent avant tout de la présence dans le marché européen (les places de Cologne et Paris frétillent devant l'hypothèse.... Et si c'était le cas, je serais mi-figue mi raisin: mon appart prendrait vite de la valeur, mais Paris deviendrait beaucoup plus cher). De fait, dans ces conditions, un Brexit serait surtout un downgrade massif de la place financière de Londres qui cesserait d'être un acteur et prescripteur mondial sur le même plan que NY et HK. -
Je me souviens plus de ce moment particulier, mais si la référence est à Hitler, il n'y a effectivement qu'un seul camp qui a fait cette comparaison abondamment. Si tu fais référence à la toute fin, quand il conclut, c'est pas particulièrement "hitlérien", c'est juste une forme de sortie dans le show biz, qui va avec la formule "Obama out" (EDIT: grillé par Shorrky). "Speaking truth to power": c'est ce que Colbert a fait, et en personne, devant l'élite politique et médiatique. Personne d'autre n'a eu les couilles de le faire pour autre chose que des petites vannes sur tel ou tel détail, soit des attaques "acceptables" devant lesquelles les puissants se montrent "grands seigneurs" à peu de frais, riant magnanimement. Ce soir là, Colbert a tapé juste et fort, sur les sujets qu'il faut, avec l'ironie et la fausse distance qu'impliquaient son style d'alors (le personnage de Stephen Colbert, pas le comédien lui-même). Je crois pour la référence précise que la phrase était "reality has a well known liberal bias", et de ce que j'ai vu, elle est bien de lui. Il faut noter, au moins c'est à son honneur, que feu le juge à la cour suprême Antonin Scaglia (pourtant archi conservateur et religieux, et pro-Bush) est l'un des rares dignitaires présent à s'être marré et à aller féliciter Colbert après, ce que Colbert a raconté dans son émission le lendemain de la mort de Scaglia (soit il y a pas longtemps). Mais le plus marrant dans l'histoire de ce discours, c'est quand même la réaction: environs un tiers de la salle était pliée en quatre, un nombre réduit se marrait en demi teinte, et le reste était blanc. Vu que Colbert se foutait autant de l'administration Bush que du minable travail des médias entre 2003 et 2006 (ce qui est devenu le business model du Daily Show et du Colbert Report -il fallait bien que quelqu'un fasse le travail que les journalistes ne faisaient pas), ça permettait de voir qui était capable de lucidité sur soi-même. Résultat, silence total dans les médias le soir-même de l'événement et le lendemain, sans à peine une mention de Colbert et aucun débat sauf des jugements sur une performance "médiocre" et "gratuitement insultante"..... Sauf que Youtube existait désormais, et qu'en quelques jours, Colbert et son discours sont devenus des phénomènes de très grande ampleur, ramenant le moment dans le débat public encore et encore pour plusieurs semaines. De là, outre une explosion des audiences déjà considérables du Colbert Report et son passage au statut de référence nationale, la chose n'a pas pu être ignorée, devenant un élément du discours politique et encourageant la critique. Ce n'est sans doute pas ZE événement qui a libéré les consciences -il en faut plus, la réalité était déjà patente en Irak et en Afghanistan, et il y a des paires de couilles ailleurs-, mais il a sérieusement donné un ton et un visage à la chose. Un autre très bon moment au Correspondents Dinner, plus ancien, avait été le tour du compère de Colbert, John Stewart; rien de politiquement trop choquant, même si très mordant et pertinent (avec des petites pointes bien acides), mais beaucoup d'esprit. Un bon petit moment sur Youtube.
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Il était bien meilleur que le comique censé faire marrer l'audience. Cette année, c'était Larry Wilmore (de Comedy Central); pas gégène. Mais de toute façon, personne n'égalera la performance de Stephen Colbert en 2006. Ils continuent à appeler ça "nerd prom", mais c'est surtout le festival de l'entrisme et du "access journalism", c'est-à-dire la grande réunion de la collusion médiatico-politique et du non journalisme qui en découle, à cheval entre la polémique gratuite et souvent infondée pour la seule audience, et le total à plat-ventrisme pour avoir les petits potins et les interviews. Le tout ne produisant que des politiques et des journalistes médiocres et plus ou moins copains, alors qu'il s'agit de deux espèces qui ne devraient pas du tout se fréquenter dans le particulier, et que tout journaliste digne de ce nom devrait se flatter de n'être PAS invité à cette soirée.
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Politique étrangère du Royaume-Uni
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Berezech dans Politique etrangère / Relations internationales
Attention, ne mélangeons pas tout: que la politique française se soit démerdée pour ne pas peser beaucoup au Parlement de Bruxelles (qui ne pèse pas lui-même lourd dans le circuit de décision effectif), c'est un problème franco-français qui renvoie à notre fonctionnement propre. Il faut noter ceci dit que ça fait maintenant quelques années qu'avec toutes leurs conneries, les Anglais ont perdu quasiment toute influence significative. Mais dire que la France n'a pas d'influence à Bruxelles, c'est loin d'être vrai: "l'influence" est toujours plus difficile à évaluer et à constater objectivement qu'un pouvoir effectif et direct qui est presque du ressort du quantifiable. Mais mesurer ce qui est "favorable" aux intérêts français dépend de la personne à qui l'on s'adresse, et vu de la caste gouvernante française et européenne (et eurocrate), qui pense essentiellement selon les mêmes axes idéologiques (et intérêts personnels), ce qui se décide à Bruxelles implique en large part l'assentiment des dirigeants français et serait beaucoup plus dur à réaliser sans cet assentiment. C'est juste que c'est la voie par laquelle ils font passer ce qu'ils n'oseraient jamais (mais voudraient bien) tenter d'imposer directement en France par le processus politique national (où ils seraient vus en train de le faire). Faut pas croire que la France n'a pas de quoi défendre sérieusement une partie significative de son bout de gras tel que la population tend à le voir: le système multi-étages de l'UE a permis l'émergence d'une élite dirigeante nettement plus transnationale, y compris en mentalités, intérêts et connexions, qui ne conçoit pas du tout le dit "bout de gras" de la même façon. Il suffit de regarder dans le pays censé être le plus favorisé par le dit système -l'Allemagne- pour s'en rendre compte: à part une part -encore importante il est vrai, mais déclinante parce que vieillissante- de la population qui a été soutenue à bout de bras et par tous les artifices économiques possibles par le pouvoir en place (avant tout CDU), la donne est nettement plus contrastée quand au regard porté sur le fonctionnement de l'UE et les choix politiques et économiques dominants. C'est pourquoi le regard actuel des Allemands sur des traités comme TAFTA est intéressant en ce qu'il met en évidence certaines réalités qu'on soupçonne moins vu de l'extérieur, tout comme le débat actuel sur l'immigration. Les mêmes points de contention qu'on voit chez nous sont aussi à l'oeuvre outre-Rhin, et dans des proportions qui commencent à atteindre la masse critique. Et -pour revenir au sujet-, ô chose étrange, ce sont aussi les mêmes qu'on voit en Angleterre, même si en partie sous d'autres oripeaux.... Et tous tendent à aller à l'encontre de la mentalité aussi unique que dominante qui unit ces dirigeants en partie "dénationalisés" qui ont eu sans cesse gain de cause depuis des décennies, qu'ils le revendiquent ou fassent passer leur politique en loucedé (et en protestant -mais pas trop- contre "l'UE qui abuse", "le grand capitalisme", "les banquiers"....). -
Politique étrangère du Royaume-Uni
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Berezech dans Politique etrangère / Relations internationales
S'il faut aller jusque là, puisque c'est toujours en toile de fond des arguments des dirigeants (le dernier des arguments, pour paraphraser la devise.... Et le der des der dans le cas du nuke), non, ça n'entre pas vraiment dans la discussion, parce que les armes ne donnent pas un statut auquel correspond une liste d'options et de prérogatives précises que les autres doivent écouter. En l'occurrence, s'il faut en venir à ce genre de comparaisons en Europe, et en supprimant du jeu (de façon complètement abstraite puisque ça n'arriverait pas) les USA, l'arsenal conventionnel français n'est pas de taille à réellement menacer les autres grands pays européens; il est peut-être un cran devant, mais il n'est pas à l'échelle supérieure, avec suffisamment de masse de manoeuvre pour imposer un différentiel suffisant, même à un contre un (avec les autres grands pays).... Et ce serait de toute façon un jeu où rapidement on se coalise contre celui qui veut en venir aux mains. Quand au nucléaire, il ne vaut que par la crédibilité de la volonté d'emploi: ce n'est pas un argument de négociation, et encore moins avec des pays voisins (l'un des petits problèmes de ces armes), si même on veut réfléchir dans l'abstraction complète du reste du monde, et surtout des autres puissances nucléaires, qui ne laisseraient jamais faire ça. C'est juste une assurance vie pour un Etat, un dernier recours qui a tellement de conséquences dans tous les domaines (pas que écologique et humain, mais bien aussi politique, économique et diplomatique) qu'on ne l'utilise que si on a concrètement un couteau sous la gorge. En plus, rien qu'en Europe, il y a 2 puissances nucléaires (3 en comptant les USA dont les troupes et l'arsenal nucléaire ont plein de succursales sur le continent): si elles veulent jouer au tyran local avec ces joujoux, elles ont intérêt à être d'accord et entièrement dans le même camp, avec le même plan. Sinon ça dérape très vite. -
Politique étrangère du Royaume-Uni
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Berezech dans Politique etrangère / Relations internationales
On est beaucoup à en rêver, mais même si ce quarteron de décideurs généraux part en retraite..... Ils ont fait des petits. Quand à la capacité d'un chef d'Etat de l'UE à bloquer un truc comme le TAFTA seul une fois qu'il est dans les tuyaux, faut pas rêver: la Commission a une vie propre d'une part, et dépend des gouvernements d'autre part.... Et les gouvernements lui refilent pour l'essentiel le sale boulot législatif qu'ils ne veulent pas être vus en train de faire mais qu'ils souhaitent tous parce que leurs sponsors et/ou leur idéologie unique leur disent de le faire. Si un chef d'Etat veut faire le disrupteur, il a intérêt à être sûr d'avoir de la compagnie qui pèse dans son camp, et par "compagnie qui pèse", je pense pas à Malte et à la Slovénie. Bruxelles a été essentiellement et depuis un bail, utilisé par les gouvernants nationaux pour bypasser les contraintes de leur pays; et Bruxelles a besoin de cet appui pour pousser sa croissance en terme de pouvoir et faire avancer son impératif idéologique unique. Un bon deal en somme..... Même si pas pour tout le monde. Introduire un peu sérieusement de la démocratie dans le système bruxellois pourrait poser un premier niveau de problèmes auquel les entristes du lieu ne sont pas habitués, mais comporte aussi pas mal de risques, notamment celui de réellement gripper la machine déjà usinagazesque de l'UE, ce qui amènerait une crise politique qui aurait au moins pour avantage de mettre en évidence (pour tous, pas juste les experts) la somme d'incohérences, incompatibilités et contradictions pures et simples du système qui ne continue à aller de l'avant précisément que par l'absence de démocratie et de réelle confrontation des intérêts et desideratas des peuples et entités très différents qui le composent (avec beaucoup de fric pour graisser là où ça grippe). Mais sans un large soutien dans d'autres pays, un chef d'Etat/de gouvernement national, même d'un Etat important, qui se risquerait à la jouer "crise de la chaise vide" dans les circonstances d'aujourd'hui, risquerait une volée de bois vert pour son pays, peut-être pas nécessairement sensible sur le moment, mais douloureuse dans le temps: mise à l'écart des circuits de décision, amendes, problèmes de tous ordres à tous les échelons (multiples, byzantins, déjà extrêmement time consuming et drustrants de stérilité en temps normal) de la coopération administrative et juridique (qui permet l'implémentation des décisions), absence de coopération et mise à l'index diplomatique.... Peut-être que l'Allemagne peut -encore pour le moment- échapper à cette règle, mais c'est pas sûr, et/ou pas pour encore très longtemps. -
Pour la présidentielle, oui.... Et sans doute aussi pour l'élection au Sénat (qui est une élection à l'échelle de chaque Etat, plus difficilement truquable). Mais beaucoup moins pour l'élection à la Chambre, et surtout avec un parti démocrate présentant Clinton comme figure de proue: elle ne risque pas d'amener beaucoup d'électeurs aux urnes. Du coup, maintenir une confortable avance à la Chambre reste atteignable pour le GOP, et avec ça, une forte emprise sur le système politique et un blocage de tout mouvement démocrate significatif aussi. Et il ne faut pas oublier qu'il s'agit aussi d'un cycle électoral complet aux USA: ça veut dire que beaucoup de gouverneurs et de parlements d'Etat vont être en jeu, où les logiques locales restent de mise. Le GOP contrôle actuellement 60% des Etats américains, à divers degrés, et a une influence forte ou une capacité modérée de blocage dans 15% de plus: continuer à tricher aux élections par mille et un moyens reste d'un grand intérêt pour eux.
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Il faut noter, pour la forme, que Rasmussen est l'un des quelques instituts qui se sont gourrés dans les grandes largeurs et -plus grave dans ce business où le suivi des tendances dans le temps est le grand indicateur de pertinence- avec persistance, en 2012, donnant Romney gagnant contre Obama du début à la fin, alors que la marge d'écart était importante.... Et évidemment dans l'autre sens. D'autre part, on est encore à un stade où une part significative de l'électorat Sanders est remontée contre Clinton et pense s'abstenir ou voter Trump: ça changera pour nombre d'entre eux d'ici à novembre. Et il y a par ailleurs encore un nombre trop important d'indécis pour que ça veuille dire grand chose. Néanmoins, si de tels sondages se multiplient rapidement avant les conventions, ça peut aider à "légitimer" Trump; beaucoup dépend de ce que les médias vont en faire. Si ça devient un truc récurrent, que suffisamment de monde veut voir ça au 20h et dans les talk shows pour alimenter un certain "suspense" (nécessaire dans des médias qui ont totalement abandonné utilité, vérité et pertinence pour le spectacle), alors oui, l'impact peut être bien réel et aider les tendances en cours: abaissement de la participation (Hillary Clinton n'est pas quelqu'un qui fait venir les électeurs en masse), crédibilisation de Trump, équilibrage des antipathies pour deux candidats pas franchement aimés.... Bref, Clinton serait "normalisée" au niveau de Trump (cad dans la fange), pour une élection réellement peu motivante, mais hautement distrayante.
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C'est un "demi-monde" (parce que peuplé de putes) très difficile à vraiment circonscrire et réellement définir, tant il est protéiforme et tant le turnover y est important: quasiment tous les politiciens en exercice y appartiennent ou y ont appartenu, et Mme Clinton en est un bon exemple avec son réseautage intensif et l'ONG de son mari qui, comme beaucoup d'autres organisations de ce petit univers -avec ou sans un but et une activité affichée "nobles"-, fonctionne de fait comme une plate-forme politique, un lieu de rencontre et de connexion, d'affichage et de blanchiment de réputation (et d'argent), un agent d'influence et une organisation de campagne permanente, un lobby et un accès aux médias. Toutes ces organisations et individus fonctionnent sur une gamme plus ou moins vaste d'activités offrant la possibilité d'un double ou triple (ou plus) rôle à tout instant, et plus à des moments particuliers: activité économique, activité à but non lucratif (pas forcément "noble" ou "d'intérêt général"), activité médiatico-politique (peser dans le débat, y faire avancer certaines personnes et/ou idées/intérêts), activité politique/lobbying et activité de campagne politique. Pour revenir à Mme Clinton, la fondation de son mari, les deals éditoriaux hallucinants (aujourd'hui encore, un grand mystère reste sur le CA réel de leurs bouquins.... Mais pas sur les sommes qu'ils ont tous deux touchées) et son activité très sponsorisée sur le "circuit" des conférences absurdement rémunérées sont un bon exemple de la façon dont on maintient des gens dans le système sans en avoir trop l'air. Au moins aux temps féodaux, quand les "grands" sponsorisaient des carrières d'artistes, d'inventeurs ou d'administrateurs, on savait à la solde de qui ceux-ci étaient. Ici, c'est plus trouble, et il est très difficile de déterminer quelle marge d'autonomie ont les "créatures" de ce demi monde, qu'ils soient politiciens en exercice ou entre deux mandats, conférenciers, lobbyistes, experts/pundits, manieurs de carnets d'adresse et "hommes d'influence" (ou femmes).... Ce qui complique d'autant le dur dilemme du citoyen qui aimerait pouvoir déterminer sa propre opinion: à qui faire confiance pour s'informer, à qui faire confiance pour voter? Et la percée de Trump et Sanders semble indiquer qu'une voie s'est ouverte pour exprimer la rage sourde de la population, répondant à ces questions de façon simple, peut-être simpliste, et potentiellement dangereuse à un terme ou un autre.... "Confiance en personne dans le système". Soit une grande tentation du "tous pourris" et un appel à la "table rase" qui semble monter. Sans s'effrayer outre mesure, il convient cependant de se rappeler où à ça peut mener, et surtout qui ça peut amener aux manettes si les "powers that be" n'acceptent pas de se remettre un minimum en question. Le conservatisme et l'attachement craintif au statu quo des Américains sont déjà gravement ébranlés.
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Dans ta catégorisation des 10%, tu oublies, même si ça peut être en partie compris dans le terme "les universités", ces conduits d'opinion et de regroupements fondamentaux que sont les lobbyistes, les leaders religio-politiques et les "experts" en tous genres, généralement réunis dans des organisations spécifiques d'intérêt particulier, quelle qu'en soit la dénomination (fondations, think tanks, religions ou regroupements d'églises sur une base ou une autre -géographique, idéologique....-, cabinet d'avocat, de consultants, d'expert ou de lobbyistes....), et qui ont pris une vie propre depuis maintenant longtemps, non en petite partie en raison de la taille du "marché" (médiatique, politique, universitaire....) américain, qui permet à de telles organisations d'acquérir une autonomie propre, et à cause des dispositifs législatifs et du fonctionnement de la politique et de l'arène publique américaine qui permettent à ces organismes de profiter de la situation. La dérive des think tanks de Washington au cours des 20 dernières années est un grand exemple de l'importance de ce fait, eux qui sont devenus de fait des organismes de lobbying moins chers et plus "crédibles" que d'autres. Mais ils sont surtout les leaders ou orienteurs d'opinion, ceux qui influent sur le ton de la discussion générale dans les faits, plus encore que les grands médias qui sont leurs complices. Et entièrement à la solde de l'argent qui afflue dans le système même si ce sont eux qui permettent l'existence de plates-formes regroupant les fournisseurs d'argent (sauf les plus importantset politiquement impliqués qui eux les embauchent et donnent le ton, pouvant tout payer à eux seuls), ont les carnets d'adresse, savent faire le pitch.... Bref, une nébuleuse de "middlemen" souvent indispensables et intéressés (avec un agenda propre) dont une partie significative a acquis autonomie, visibilité et prééminence..... Et beaucoup sont d'anciens politiques, des apparatchiks de parti plus ou moins bien en cours, ou des politiques entre deux mandats. Cette nébuleuse est d'ailleurs désormais l'objectif de carrière avoué de la majorité des élus au Congrès: ça paie bien mieux et ça valorise grandement un ou deux mandats de "représentant du peuple".
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Une mise à jour sur Bernie Sanders: un bon baromètre de campagne est la levée de fonds de campagne directe (cad pas les PACs et SuperPACs, le "soft money" indirect qui peut ne dépendre que d'un nombre réduit de puissants donateurs, voire n'avoir aucun lien affiché avec un candidat tout en levant des fonds pour faire campagne contre un adversaire de ce candidat, ou pour des thèmes chers au dit candidat, avec un ton et un angle d'attaque "étrangement" voisins de ceux employés par ce même candidat), et de ce côté, le mois d'avril de Bernie a été à l'image de ses résultats..... Motivé, mais insuffisant. Au mois d'avril, la campagne Sanders a récolté 25 millions de dollars, loin du record absolu des 43 millions de mars, ou des 40 millions de février, mais encore un chiffre très impressionnant puisque reposant sur un très grand nombre de petites contributions, et ce alors même que la défaite à NY a plus ou moins signalé la fin de ses chances concrètes de l'emporter, sauf à espérer un événement de nature et d'ampleur suffisante pour changer les règles du jeu et retourner l'opinion lors de la convention démocrate. Hors de l'enquête en cours du FBI qui déboucherait soudain sur un vrai scandale authentiquement justifié, ou une révélation sur des liens prouvés et compromettants entre Clinton et des intérêts financiers majeurs, on a du mal à voir ce qui pourrait créer un tel changement. Mais la base de Sanders reste motivée, et son appel à la "révolution politique" garde un important soutien populaire: les résultats de l'Indiana, ce soir, pourraient peut-être procurer un boost à Sanders qui, s'il n'a désormais quasiment aucune chance d'être le candidat présidentiel, entend donner une consistance et une permanence à son mouvement, espérant coaliser les progressistes et "liberals" de façon plus unifiée et apte à peser lourd dans le débat public et dans le parti démocrate. De là, l'emporter en Californie pourrait sceller ce deal. En attendant l'Indiana est un Etat quasiment impossible à sonder: lois très strictes sur les robocalls (interdits: il faut donc beaucoup de main d'oeuvre humaine pour sonder, ce qui est très cher), pas d'inscription sur les listes électorales signalant l'appartenance politique (seul Etat à le faire, ce qui rend le ciblage par les instituts très difficile), et c'est un Etat peu peuplé et sans grandes concentrations urbaines, ce qui rend l'investissement par habitant prohibitif, d'autant plus que c'est un Etat qui est rarement décisif (pas un swing state) lors d'une élection. Clinton a tout fait pour ne pas beaucoup en parler, et sa campagne pour rabaisser les attentes et en faire un non événement, à un moment où elle a de toute façon pris le virage vers l'élection générale, faisant campagne contre Trump et renvoyant de ce fait Sanders aux oubliettes dans son discours, la primaire étant implicitement comptée comme derrière elle. Il faudra voir si ça va payer, notamment pour le ralliement de l'électorat Sanders dont une proportion importante est en mode "Bernie or Bust", affichant une grande hostilité envers Hillary Clinton, mais aussi pour le taux de participation en général, sachant qu'elle n'est pas un personnage fondamentalement apprécié. Aux dernières nouvelles, Sanders avait encore 17 millions en cash après NY, et avant le compte final d'avril: il doit donc avoir encore en caisse quelque chose compris entre 30 et 35 millions au maximum, alors que se profile l'élection en Californie, dont le marché audiovisuel est extrêmement cher et dont la très importante population nécessite une forte empreinte au sol, donc un très grand nombre de bénévoles et un fort effectif de cadres payés. C'est à priori très suffisant, mais il y a encore d'autres Etats où il veut faire un splash, et il doit avoir besoin de garder de la masse en réserve pour structurer son mouvement, soutenir des candidats au Congrès éventuellement, mais aussi négocier son ralliement, sachant que les candidats échouant aux primaires sont tenus de remettre leur trésor de guerre au parti pour la générale (donc il doit négocier dès maintenant pour se faire valoir et menacer de tout cramer d'ici là, tout en investissant d'emblée pour son mouvement).
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L'emploi de 3 millions de salariés menacé par les robots d'ici 2025
Tancrède a répondu à un(e) sujet de zx dans Technologie
Si, mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, les gens sur ce forum sont polis et ne veulent pas te faire sentir seul et isolé dans ton statut de machine parlante . Toi qui pourtant a volé la place d'un forumeur en chair et en os: booouuuh, le machinisme! Le sens? Plutôt la conscience de soi, non? Le fait principal dans l'histoire d'une intelligence artificielle est de, presque littéralement, "donner la vie", c'est-à-dire une conscience de soi autonome, et par là fixant ses propres priorités et choix à partir de l'expérience qu'elle acquiert (ce qui fout les jetons). Et la conscience de soi d'un être autonome commence avec une seule chose: la peur. Comment l'obtiendrais t-on d'un programme? Une machine peut-elle être effrayée pour sa propre survie? Oui, si ça arrivait, NOUS, on le serait.... Surtout parce que notre réaction initiale (avant que la dite machine n'apprenne à construire sa propre réponse à la chose) serait plutôt: U Ca encore, ça ne démontrerait qu'une puissance de calcul et une bonne capacité d'adaptation du logiciel, soit pas vraiment une "intelligence" autonome qui est le truc sur lequel on fantasme, on s'effraie.... Aussi complexe que ce soit, c'est de la "mécanique". Tout comme le chatbot de Microsoft, on ne parle là que d'une éponge qui recrache l'eau qu'on met dedans (OK, en étant méchant, on peut aussi dire ça de beaucoup d'humains), pas d'une conscience autonome qui développerait une expérience particulière en fonction de la façon dont elle vit (littéralement) son "apprentissage" du monde, vu depuis une perspective propre avec ses intérêts, ses priorités.... Bref, une "personnalité". L'ironie serait quand même que la première vraie intelligence artificielle autonome qu'on crée (de fait une nouvelle forme de vie) soit..... Un pur connard. -
Hé, personne n'a parlé de changement de calibre en cours de mission; c'est plutôt je trouve une option intéressante pour pouvoir reconfigurer un GC, une section.... Entre deux missions et en fonction d'un besoin constaté sur le terrain, bien à l'abri dans une FOB ou autre, quand on a quelques instants de calme (d'après ce que j'ai vu, ça prend pas des masses de temps). J'ai peut-être surévalué l'importance du truc, mais ça me semble sympa comme idée d'avoir une arme qui peut opérer en 7,62 ou en 5,56 au prix d'une manip assez rapide et d'un kit qui coûte nettement moins cher que 2 armes. Un GC devient ainsi une boîte à outil plus fournie, augmentant ses options et sa souplesse pour un investissement somme toute réduit. Après, je ne suis effectivement pas en mesure de faire une vraie appréciation de l'intérêt de ce surcroît de souplesse (rapport coût-bénéfice, niveau d'augmentation de la puissance de feu pertinente selon les circonstances....). Si c'est du gadget, faut le dire, mais à la base, il me semblait que ces kits de conversion avaient été demandés spécifiquement par l'USSOCOM et qu'ils ont maintenu leur commande pour compenser l'annulation des commandes de SCAR-L, donc c'est pas forcément sans intérêt.
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Pour le cas américain, le point n'est pas tant que cela n'a pas eu un impact positif: cela en a eu un, nécessairement, avec un pays qui pratique autant l'autoconsommation en termes militaires, et qui plus est en incitant à l'innovation et à une telle échelle, mais que cet impact positif a été très nettement insuffisant. Si la chose a été réalisée essentiellement à crédit, le fait est amoindri par leur incroyable privilège monétaire, mais cela n'obère pas suffisamment leurs autres problèmes, pas plus que leur bref boom pétrolier et gazier (essentiellement construit sur une bulle financière en train de se dégonfler, apparemment moins brutalement que la précédente) n'a pu le faire: les bulles successives (internet puis immobilier) n'ont pu compenser les graves problèmes structurels de l'économie américaine (problèmes qu'on retrouve aussi par chez nous) qui se résument vite dans le niveau de polarisation sociale et géographique des richesses, de parasitage de l'investissement "concret" par la sphère financière et de ralentissement continu (depuis 40 ans) de la vitesse de circulation de la monnaie (lié à la polarisation). Dans ce tableau, le surinvestissement militaire depuis le 11 septembre est un facteur de relatif amoindrissement de ces problèmes, malgré toutes les tares inhérentes au processus vicié de développement et d'acquisitions de matériels. C'est un investissement qui est non seulement productif en termes d'investissement et d'emplois (à bonne valeur ajoutée et avec une forte proportion d'emplois type "classe moyenne" à "classe moyenne supérieure"), mais qui est aussi, entre autre par sa dimension, les besoins d'organisation stratégique (de la production, des implantations....) et la résistance politique (la cartographie militaire est un objet hautement politique), extrêmement réparti géographiquement, maintenant ou développant une vie économique dans beaucoup d'endroits.
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Dans un pays comme celui-là, dans l'état où il est, le terme "special forces" recouvrira avant tout les unités dont le pouvoir peut être sûr de la loyauté et d'un certain niveau de mordant/persévérance; la compétence, ou l'hyper-compétence, qu'on prête aux FS par chez nous, ça vient après, et c'est avant tout pour les pays ayant un régime suffisamment stable et solide pour se donner le temps et les moyens de générer de telles forces et ce qu'elles supposent derrière, notamment l'infrastructure et le bassin de recrutement pour les entretenir, les développer et les renouveler. Pas vraiment la configuration de l'Irak actuel, où le régime est un paravent fragile pour un compromis branlant entre diverses communautés, groupes, clans... Et où les "unités" sur lesquelles les décideurs peuvent le plus compter sont plus souvent des milices (parfois formellement habillées et nommées comme des unités "irakiennes") que les unités réellement "nationales" dont on a vu en 2014 ce que le pouvoir en a fait sitôt les ricains partis en 2011. Donc ils font ce qu'ils peuvent, et en attendant que la sélection "naturelle" de la guerre et une éventuelle solidification de certaines structures puisse se faire, ce sont ces groupes qui recevront quand même les meilleurs jouets, à défaut d'avoir tout le reste de ce qui fait des FS comme nous les concevons. J'avoue qu'avec mes connaissances modestes en matière d'armes légères, j'étais aussi fasciné par le SCAR en raison de ce que j'avais lu des tests comparatifs de l'USSOCOM notamment sa fiabilité), mais aussi et peut-être surtout (ce qui est peut-être un point dont j'ai exagéré l'importance dans ma tête) pour sa modularité: la capacité de l'adapter au besoin d'une mission par quelques opérations simples autorisées par des kits spécifiques me semblaient un aspect plus qu'intéressant. Essentiellement, on peut le faire changer de calibre si on veut (en tout cas pour le Mk17, soit le Battle Rifle dont je trouve qu'on manque en France); n'est-ce pas mieux que de la double dotation (j'ai rien vu côté coût de la chose, ceci dit)? Apparemment, vu que la compète reste en cours et que beaucoup de monde préfère le HK (ou un marin le SIG), j'en déduis que c'est pas si important. Mais quand même, ça me parlait bien.
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Arabie saoudite, le pays et son influence internationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Politique etrangère / Relations internationales
Apparemment, le problème est plus lié à la punition royale suite à la catastrophe du chantier de la Mecque qu'à la conjoncture. Ceci dit, la protestation (très légitime) des employés ne risque pas d'être vue d'un bon oeil à Ryiad qui se fout bien des droits de l'homme et encore plus des principes du droit du travail: ce ne sont pas des nationaux, donc à leur place, je commencerais à guetter l'arrivée des tanks s'ils s'avisaient de se réunir en grandes masses, ou celle des soldats tapant à la porte s'ils évitent les rassemblements. -
terrorisme Daesh
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
L'exploitation du renseignement par les analystes bat son plein, et la masse de documents issus du célèbre "Daeshleaks" (dont une grande partie est mise en doute, mais qui reste apparemment considéré comme très utile) beaucoup aidé. Le West Point Combating Terrorism Center (WPCTC: les Ricains ont le même goût de chiotte que les Français pour nommer des institutions et unités et leur trouver des acronymes foireux) a ainsi publié une série de résultats renseignant sur la réalité de la "démographie" de l'Etat islamique: http://www.nbcnews.com/storyline/isis-uncovered/isis-files-what-leaked-documents-reveal-about-terror-recruits-n557411 http://www.lalibre.be/actu/international/ce-que-nous-dit-le-daechleaks-5716537335708ea2d4b44005 Ainsi, par exemple, on peut voir la proportion importante (35%) de recrues ayant un niveau universitaire (pas forcément dans des domaines très utiles à la situation cependant), celle toute aussi importante de recrues connaissant mal ou peu l'islam (70%), peu étaient chômeurs, 10% viendraient de pays occidentaux, 30% sont mariés avec des enfants, le recrutement n'est pas linéaire mais a surtout fait fantasmer via un pic en 2014 suite aux victoires en Irak, et, fait intéressant, seuls 12% d'entre eux se sont dits prêts au martyr (apparemment, y'a une case à cocher dans le formulaire de recrutement de ce Daesh devenu très vite très bureaucratique)..... Et entre se dire prêts à le faire et le faire effectivement, on peut penser qu'il y a une certaine marge. Autant pour les fantasmes de masses d'exaltés prêts à se lancer sur les lignes adverses les explosifs entre les dents. La plupart veulent combattre ou participer à l'Etat islamique.... Du moins c'est l'intention initiale, avant le contact avec la réalité. Et ce contact avec le réel, surtout passé à la moulinette de l'épreuve du temps, n'est pas ce qu'on pourrait penser: l'efficacité de la tactique de destruction des sources de revenus de l'EI semble certaine (ce n'est en aucun cas une solution politique durable, on le sait, mais ça compte pour ce qui est de casser Daesh dans sa forme étatique/entité de contrôle territorial), si bien que les difficultés s'accumulent pour ce proto-Etat.... Des difficultés que n'importe quel pays connaît bien: l'EI a du mal à contrôler ses coûts, encore plus de mal à garder ses employés, surtout qualifiés, après les réductions massives de salaires (-50%) et avantages (surtout pour les combattants, cadres, administrateurs et informaticiens), ils ont des problèmes de consommation d'électricité, doivent limiter l'emploi des parcs de véhicules au strict nécessaire pour l'effort de guerre (fin de l'usage personnel des véhicules officiels, qui, apparemment, était un truc important), la qualité de la formation militaire et des unités baisse.... En somme, l'EI rationalise, contracte, rationne, et réduit son train de vie en général, et ne parvient pas malgré tout à retrouver un équilibre financier. On a même une forte récurrence de combattants qui trouvent mille et une façons d'éviter d'aller se battre: apparemment, obtenir un mot du docteur, vrai ou faux, est un moyen populaire (sérieux les grands méchants? Pourquoi pas un mot de la maman tant qu'on y est?). Et cet état de fait révèle quelques couches de réalité qu'on voit poindre à travers l'augmentation constante du nombre de déserteurs et la réduction importante de l'afflux de volontaires (surtout de pays plus lointains): dans un Etat sans suffrage, le vote par les pieds reste valide. On peut en déduire une réalité très humaine (façon de parler) qui casse beaucoup l'image d'un mouvement presque uniquement fait de volontaires farouches et fanatiques: pour beaucoup, et c'est encore plus vrai depuis l'expansion du mouvement et son implantation "fixe" (dans le principe d'un Etat ou proto-Etat), la zone de contrôle de Daesh est devenu un lieu d'immigration avant tout. Même si le motif idéologique est réel pour beaucoup, il n'est pas forcément la donne dominante, et apparemment pas si souvent le motif le plus puissant chez ceux qui l'ont et l'invoquent. En tout cas pas après un peu de temps passé sur place. Et pour beaucoup de locaux, Syriens ou Irakiens, c'était aussi le seul moyen de subsistance disponible, ou un volontariat nécessaire pour faire survivre la famille (on envoie un fils pour se dédouaner). Mais quand les goodies cessent, quand l'expansion est arrêtée, quand il n'y a pas d'issue évidente en vue, la réalité revient frapper à la porte: comme on avait pu le dire sur ce topic il y a bien des pages, une telle idéologie, une telle structure d'Etat, n'a pas une grande endurance dans cette forme. Elle dépend du succès apparent continu (donc d'une fuite en avant irréaliste) et de ce qu'il y a à redistribuer, du statut qu'elle peut procurer à ses membres et de l'attrait de son "modèle", y compris avant tout une forte composante d'attrait en termes matériels et d'opportunités (au moins dans l'image et l'impression qu'on vend). Si on enlève ces éléments de motivations, on ne peut plus garder que les exaltés "purs".... Et retomber dans un modèle terroriste de bien plus petite échelle, avec un pouvoir de nuisance qui dépend beaucoup des circonstances, auxquelles l'organisation est nettement plus soumise qu'elle ne peut les influencer. On notera cependant à quel point donner une réalité concrète à une idéologie purement religieuse a pu avoir un effet important: offrir un job, une appartenance réelle à quelque chose de bien concret (un territoire, une communauté, une organisation, une fonction.... Dans la vie de tous les jours, pas comme une chose lointaine), des revenus, des privilèges, des avantages, un statut dont on peut constater la réalité au quotidien.... Est une chose assez radicale en terme d'efficacité. -
Je sais pas pourquoi, mais quand je le regarde, j'ai l'impression qu'à l'image suivante, il va se transformer en robot..... Tancrède, déjà parti très loin.....
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Le char d'assaut? Le contraceptif masculin (non, ça c'est le meilleur ami imaginaire de l'homme)? La côte de boeuf avec frites et mayonnaise? L'avocat expert en divorce qui bosse pro bono (nan, ça on n'ose même pas en rêver)?
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Non, je ne l'ai vu émerger que cette semaine sur TYT, qui est quand même ouvertement "progressive/liberal" et pro-Sanders, et dont le patron/principal animateur (un ex de MSNBC) s'est récemment fait arrêter dans une manif (contre l'argent dans le système politique) sur le Capitole (avec l'un des deux patrons de Ben & Jerry's). Si même la gauche militante américaine met 2 ans à accuser réception d'une telle étude....
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Oups! Pas fait attention. Mais pourquoi l'étude semble n'être parue que ce mois-ci, n'émergeant dans la conscience des journalistes, et leurs écrits, que très récemment; il faut 2 ans pour qu'elle soit "peer reviewed"? Ca fait long.
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Bon, ben Bernie semble avoir réellement pris acte de la situation: 200 membres de son staff (essentiellement des stagiaires) ont été congédiés (contrairement aux autres politiciens, Sanders paie ses stagiaires, et au salaire minimum qu'il revendique, soit 15 dollars de l'heure -le salaire minimum légal est de 7 dollars actuellement), ce qui signale moins un abandon de fait cependant, qu'une volonté de concentrer ses ressources sur la Californie où il veut réaliser un beau score de sortie, et dont le marché publicitaire est absolument hors de prix, comme ceux de NY et de Floride. Son staff de campagne permanent comptera encore autour de 350 personnes, et a pu monter jusqu'à 1000 à certains moments (ces chiffres ne comptent pas les bénévoles, principalement implantés localement); une partie de ces licenciements s'explique aussi par le fait qu'il ne reste que 10 Etats en lice, ce qui réduit le besoin de travail préparatoire, et par la réduction du besoin d'encadrement (par du staff pro local ou national) de bénévoles et employés locaux (dans les Etats ayant voté). Néanmoins, la nouvelle a vite fait son chemin dans les médias qui, toujours aussi partiaux à son égard, présentent la chose quasiment comme un acte de décès en introduisant le sujet: les explications viennent après, quand l'impact a déjà été fait et le ton donné. Il y a des incertitudes sur le niveau de la collecte de fonds à ce stade: elle semble continuer à bon rythme, même si on n'a généralement pour toutes les campagnes que des bilans en fin de chaque mois. Après mardi, la campagne Sanders avait encore 17 millions dans en caisse et les donations continuaient à venir. En tout, Bernie Sanders a levé plus de 183 millions de dollars entre le début de sa campagne et la fin mars 2016, point auquel il est passé devant Clinton en terme de "hard money", donc sans compter les PACs et SuperPACs de Clinton (qui doivent ajouter quelque chose entre 100 et 200 millions, dont 55 pour le seul fond Priorities USA, le principal soutenant Clinton: difficile de tout évaluer, certains étant des PACs pro-candidat, d'autres l'étant en tout sauf en nom, d'autres encore favorisant des causes diverses mais plus ou moins directement et ouvertement liées au candidat). Il a fallu attendre le mois de janvier pour que la campagne Sanders commence réellement à amasser des sommes qui ont fait tourner toutes les têtes et fait flipper la campagne Clinton, la dépassant systématiquement (par un marge de 50% au moins) chacun des 3 premiers mois de l'année: ces 3 mois l'ont vu récolter autour de 130 millions (si on ajoute une estimation de 20 à 30 millions en avril à ce stade, on voit sur quoi il a opéré toute l'année dernière). Les "burn rates" de l'argent sont comparables: Clinton est à 84% de dépense, Sanders à 91%, et ils ont connu un fort pic en mars (107% pour Clinton et 99% pour Sanders), principalement en raison du coût du marché publicitaire new yorkais. Sinon, une étude intéressante venue des universités de Princeton et Northwestern, est partue ce mois-ci et veut démontrer à quel point l'Amérique est devenue une oligarchie plus qu'une démocratie.Son but était d'évaluer, autant que possible en termes de probabilités, l'impact des choix et préférences politiques par tranches de revenus et groupes organisés politiquement, et par là, d'identifier le "poids politique" concret dans le système politique américain. La conclusion, quoique sans grande surprise: La chose est d'autant plus frappante que l'étude se concentre sur la période 1981-2002, soit avant le relâchement accéléré des règles en la matière qui menèrent à Citizens United, et avant l'essentiel de la vague politique post-11 septembre qui a aidé à démultiplier l'importance de nombreux acteurs non démocratiques et à rendre le discours médiatique et le débat en général plus caricaturaux et enclins à la segmentation d'audience, aidés en cela par l'irruption massive d'internet dans le système. L'attention s'est portée sur 1800 politiques mises en application sur la période évoquées, les comparant aux préférences et choix effectifs des différents groupes étudiés: américains "moyens" (environs 50% de la population), plus grand nombre (90%), élite (10%) et groupes d'intérêts ("business interests groups" et "mass based interest groups"). Quelques points que les auteurs jugent certains: Quelques quantifications: - si 90% des Américains refusent une politique (avancée par l'élite et/ou les groupes d'intérêts business), elle a encore 30% de chances de passer - si 90% des Américains veulent une politique, elle a aussi 30% de chances de passer - si les l'élite (les 10% les plus riches) refusent une politique, elle a 0% de chances de passer (le fait est appelé "le veto des riches"). Il faut préciser que ce n'est pas un absolu mathématique: le point souligne que si 100% de ces 10% les plus riches refusent la dite politique, elle a 0% de chances de passer (ce qui en soi est déjà choquant); comme une telle unanimité est impossible, la réalité est nettement plus contrastée, même si elle reste dans une fourchette de disproportion de pouvoir absolument scandaleuse - si 100% des 10% les plus riches veut une loi, elle a 61% de chances de passer: là encore, la réalité sera donc plus contrastée, mais les probabilités restent bonnes et beaucoup trop lourdement dans le camp de l'élite. Et l'évolution depuis 2002 n'a pas été dans le sens d'une réduction de ce fait, mais bien plutôt vers une amplification accélérée de cette logique On notera qu'il y a plus de chances de consensus du côté de l'élite: plus petit nombre, gens très connectés (entre eux, avec des institutions regroupant leurs intérêts, et avec les sources d'information), quantités de sujets sur lesquels la réflexion est informée et faite sur les mêmes bases, beaucoup d'intérêts communs. Les divergences politiques existent, et sont parfois fortes, mais il est beaucoup plus simple de réunir une masse de manoeuvre suffisante pour agir, et encore plus simple d'en réunir une pour bloquer et/ou amender une politique jugée néfaste. L'étude elle-même: Testing Theories of American Politics: Elites, Interest Groups, and Average Citizens http://journals.cambridge.org/action/displayAbstract?fromPage=online&aid=9354310 Pour la note, entre 2011 (Citizens United) et aujourd'hui, les 200 plus grandes entreprises américaines ont investi 5,8 milliards de dollars directement dans le système politique américain de niveau national (donc on ne compte pas la politique dans chaque Etat), On ne peut comptabiliser une grande partie des dépenses qui vont de fait quand même dans le fonctionnement politique: on n'a à cet égard que des estimations qui vont d'un doublement à un triplement des somme évoquées qui alimentent l'écosystème washingtonien (aujourd'hui le plus haut PIB par tête de pipe aux USA). Le retour sur investissement pour ces 200 boîtes est estimé à 4,4 trillions de dollars, même si il est évidemment difficile de réellement quantifier la chose: l'évitement d'impôts et taxes, de dépenses pour le respect de certaines lois et normes, sont évaluables, de même que les subventions directes, mais les opportunités de marchés, les marchés publics, les procès et amendes qui auraient du survenir et n'ont pas eu lieu.... Ne le sont pas.
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Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est un de ces énièmes groupuscules qui a plus de pub que de taille, plus de gueule que de crocs (ou de viande): des médias se focalisent dessus parce que ça va dans le sens de ce qu'ils ont à dire sur le moment, mais qui croit une seconde que ces attardés ont la capacité de mobiliser du monde? Les soi-disants Indigènes de la République vocifèrent, crachent leur débilité profonde et pointent des doigts depuis des années, et n'ont jamais rien accompli ni n'ont accru leurs effectifs ou audiences. Ils sont juste une micro-chapelle d'excités gauchistes-plus-puristes-que-les-puristes (dans leur délire) de plus dans le tableau, qui formeront au mieux à terme leur petit phalanstère d'autogestion dans un bled paumé du Cantal, certains d'avoir découvert la vérité ultime et refusant de se confronter au réel ou à d'autres personnes. Au mieux, ils sont un des multiples petits symptômes extrêmes de quelque chose de plus sérieux dont nous avons abondamment parlé sur plusieurs topics. Pour retracer le parallèle avec le cas allemand, et revenir dans le sujet ce faisant, on constate quand même une certaine maladie des partis de gouvernement face à ces choses, ce qui est ironique dans le cas d'une Allemagne où le passé colonial est virtuellement inexistant dans la réalité sociale contemporaine: dans un post plus haut était fait référence au fait que l'AfD puisait une partie de sa force dans un mouvement d'au moins une partie des électeurs traditionnels de la CDU vers eux, en raison d'un tournant pris par une droite chrétienne qui serait désormais trop indistincte du "consensus mou" du centre, auquel on attribuera tous les maux habituels (multiculturalisme polymorphe et sans colonne vertébrale unificatrice, politiquement correct, humanitarisme larmoyant, asservissement aux desideratas des multinationales et groupements d'intérêts dominants "mondialisés".....), en partie à tort, en partie à raison (quoique je partage nombre des inquiétudes avancées par ces mouvements, je constate aussi les méthodes: réductionnisme facile, hypocrisie certaine quand aux effets qu'on déplore mais dont on chérit les causes, vocabulaire rappelant la haine du "cosmopolitisme" à d'autres époques....). Gauche et droite en Allemagne subissent un certain contrecoup de cette colère montante, et à droite, la montée de l'AfD et de mouvances plus concrètement brutales (et avec des motifs et programmes qui n'ont pour le coup rien de nouveau) semblent être la réponse, et les communautés immigrées semblent aussi voir leurs radicalismes se manifester, notamment le cas turc qu'on évoque, qui a la particularité d'avoir le soutien actif, organisé et continu d'un pays puissant avec un leader un peu taré; quelqu'un sait ce qui se passe de l'autre côté de l'échiquier politique? J'ai pas vraiment étudié le cas allemand dans le détail récemment.