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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Sociologie des armées et forces de l'ordre
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Alexis dans Actualités terre
Ajoute le classique de Raoul Girardet: La société militaire de 1815 à nos jours (réédition de 1998 et mise à jour, la première version, La société militaire dans la France contemporaine, datant de 1953), qui avait été un très bon moment de lecture pour moi. -
Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
Plus un (ben oui, pourquoi qu'on met toujours ça en chiffres?). Annoncée quasiment comme une remilitarisation de l'Allemagne, cette réforme n'a vraiment rien de spectaculaire, si ce n'est qu'elle vient apporter un léger correctif au sous-armement allemand (et européen), chronique depuis 25 ans, principalement en amorçant un changement de tendance. Par ailleurs, l'augmentation du budget est à prendre avec des pincettes puisque l'effectif allemand existant est, on le sait bien ici, sous-financé depuis maintenant longtemps comme tu le mentionnes (entraînement, équipement, logement....), si bien qu'il n'y a vraiment que leur "einsatzkrafte" qui corresponde réellement aux critères d'une armée bien entraînée et équipée aux niveaux qu'on prétend avoir en occident. Si on ajoute un nécessaire effort d'ajustement à l'inflation militaire (pas toujours suivie, surtout en Allemagne), l'effort obtenu est largement moins spectaculaire qu'ils ne le présentent. Une bonne partie de l'effort d'investissement correspond selon moi à une volonté de faire du keynésianisme militaire sans en avoir trop l'air, parce que la volonté d'agir hors des frontières ne semble pas changer des masses, ni les logiques politiques qui peuvent en décider, et le pays n'a pas évoqué beaucoup de changement dans les règles d'engagement, les conditions d'emploi de soldats allemands, une "stratégie nationale" (dont une armée et ses changements ne sont que la traduction), une augmentation importante du budget des affaires étrangères (des alliances plus "actives"? Des bases hors des frontières? Nada).... Bref, faire de l'augmentation modérée de l'outil (en majorité un début de rattrapage des dernières années), sans contexte d'emploi, ça ressemble plus à un minimum syndical et à une cagnotte pour producteurs locaux qu'autre chose. Si leur plan voyait une plus grande importance accordée à l'acquisition d'AWACs ou équivalents, de ravitailleurs en vol, de grands bâtiments amphibies, transport maritime et ravitailleurs.... Ce serait déjà un peu autre chose. Là, on a plus de l'update que de l'ambition.... Le tout travaillé par des spin doctors et des journalistes en mal de titres qui flashent (le "réarmement allemand", la "fin de la mémoire de 45".... Et autres débilités hors de proportion avec la réalité). -
Le Brésil, le géant de l'Amérique du Sud
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Voilà, c'est le nom! Et le café est le Kopi Luwak. Il y a d'ailleurs aussi du café passant par l'appareil digestif d'éléphants, le Black Ivory Coffee (dont les profits servent à la sauvegarde de l'espèce: ça vaut peut-être le coup de boire leur merde, dans ce cas), et du "thé de panda" (le plus cher du monde). Apparemment, le processus digestif déstructure la chaîne de protéines de la graine de café, avec pour effet principal de le rendre bien moins amer (tout ça, et ce prix, pour faire de la chicorée?). Mais je me pose toujours la question: que dit cet article sur l'utilité de la chose? C'est pas comme s'il y avait un besoin industriel de trouver un substitut au popcorn ou à ce que les Ricains foutent dessus (du beurre, du sel, du sucre, du caramel, du bacon....), ou un processus alternatif pour faire du popcorn. Et quel lien avec le Brésil? Des binturongs se sont aussi retrouvés impliqués dans les petites affaires de Petrobras? -
Le Brésil, le géant de l'Amérique du Sud
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Tu peux dire pourquoi à ceux qui ne parlent pas portugais? A ma connaissance, le Binturong est une bestiole du sud-est asiatique.... Et c'est même pas celle qui ingère puis chie des grains de café (produit éminemment brésilien) pour les transformer, ce faisant, en le café le plus cher du monde (et soi-disant le meilleur). Nan mais, à quoi ça peut servir un Binturong? C'est mimi, ça se domestique mal à cause d'un sale caractère, ça mord très fort.... -
D'autres possibilités favorisant, voire causant, une victoire de Trump: - cette campagne s'annonce comme un combat de catch dans la boue: le "mudslinging" va voler haut, et les pubs négatives très bas, c'est désormais une certitude, car ça a déjà commencé à plein régime. Les campagnes négatives font fuir les électeurs, et ce encore plus dans le cas présent vu le niveau d'incertitude quand au choix à faire (dans une part conséquente de l'électorat), le niveau de colère dans la "working class" et les "middle classes", et l'impopularité certaine des deux candidats. J'ai déjà dit à de nombreuses reprises que le taux de participation sera un facteur décisif, peut-être le plus décisif de tous. - Trump a lancé sa première salve sur Bill Clinton, un homme qui est préoccupé avant tout par son "héritage" présidentiel. D'ordinaire, les ex-présidents voient leur cote de popularité monter et ne faire que s'améliorer avec le temps.... Mais tous ne replongent pas dans la politique, et tous ne sont pas le premier président de l'ère des newscycles rapides et de l'info continue, qui plus est marié avec un autre candidat présidentiel (et hautement controversé). Que les accusations de Trump soient fondées ou non, le coup a porté: de 51% d'opinions favorables (un score déjà bas pour un ex-président, surtout un qui remonte à si loin), Clinton a chuté à 36% suite au tweet de Trump, rejoignant sa femme en ce qui concerne l'impopularité et/ou les impressions négatives sur sa personne. Ce peut n'être que conjoncturel, mais Trump a annoncé qu'il allait "balancer" sur la réalité de Bill Clinton, et ce alors même que sera visionné à Cannes un film (fait par un conservateur controversé) sur le couple Clinton, avec un accent porté sur leur fondation et ce à quoi elle servirait "vraiment", fondation qui a déjà été abondamment traitée et n'a pas une réputation sans tache. - le report de voix (et/ou l'abstention) des électeurs de Sanders, et avec eux, plus généralement, le comportement de la working class, de la lower middle class (surtout blanche) et des étudiants: aux lendemains de primaires, et encore aujourd'hui dans celle en cours, il y a cette inquiétude chez les Clinton que ces électeurs seront plus difficiles à récupérer, et une mauvaise perception du fait que Sanders ne vas pas se rallier pour pas cher, ne va pas jouer les rabatteurs d'électeurs à moins de sérieuses concessions, et (il le dit lui-même) qu'il n'a pas un pouvoir absolu de commander ces gens. Cela revient à évoquer directement le niveau de colère quand aux politiciens, et plus particulièrement celui à l'égard du parti démocrate, souvent (et légitimement) obéré par celui à l'égard du GOP-devenu-fou, qui est de loin le plus impopulaire et critiqué des partis, mais qui a depuis trop longtemps muselé sa base, et dévié au centre-droit (voire la droite conservatrice sur certains points), parfois au nom du compromis à tout prix, parfois au nom du "business as usual" d'une classe politique désormais très entriste et partie intégrante du petit monde des directions d'entreprises et de la sphère du lobbying, et parfois encore par l'attrait (opportuniste ou sincère) de certaines politiques (notamment en politique étrangère, et surtout aux lendemains du 11 septembre). On a évoqué cette évolution sur ce sujet depuis maintenant longtemps, mais attribuer la paternité du GOP actuel à la révolution Gingrich-Hastertt (ce dernier aujourd'hui en procès pour pédophilie) n'est qu'en partie vrai, à mon sens, puisque cette "révolution" ne sortait pas de nulle part; les oeillères des conservateurs pour tout ce qui concerne Reagan trompent à mon sens l'analyse de ce monsieur, qui exonère à bon compte le "reaganisme" qui a assemblé cette "nouvelle droite" et mis en place l'essentiel des mécanismes de campagne sur lesquels le GOP fonctionne aujourd'hui, qui n'ont été qu'amplifiés (à l'extrême, certes, poussant la logique chaque année un peu plus). Les changements des médias dans les 20-25 dernières années peuvent aussi être mis en cause comme un facteur externe majeur qui a contribué à ce changement: les cycles rapides, la couverture à H24, la numérisation.... Ont à la fois accru l'espace médiatique, son caractère invasif (l'info a moins besoin d'être triée, est moins chère à acquérir -surtout les "petites choses", et on peut en mettre beaucoup plus dans une fenêtre temporelle équivalente, et la renouveler plus vite) et la possibilité de segmenter les audiences et de créer des "bulles" informationnelles rentables de plus en plus séparées entre elles, parfois très séparées de la réalité (la bulle conservatrice est le meilleur exemple), et réfléchissant uniquement sur elles-mêmes, de façon autosuffisante. Des écosystèmes propres qui peuvent ainsi isoler des audiences plus sédimentées autour d'un univers à thème offrant une infinie possibilité de s'informer, se divertir, bouger, confirmer ses opinions, zapper.... Mais toujours dans la même caisse de résonance. Mais hors de ces facteurs, l'ère reaganienne a mis en place les éléments et lancé le "système" actuel du GOP: la "moral majority" des années 80 n'était pas moins tarée que la "christian coalition", par exemple. Et, plus loin que Reagan même, on a vu ce changement national-populiste et religieux amorcé dès Nixon, depuis en fait la "Southern strategy": Reagan n'a fait qu'unifier la chose avec le principe du leader fort et populiste initié par Goldwater (qui a servi de moule) et le dit électorat religieux alors en pleine structuration au niveau national et qui a bénéficié à ce moment de l'exemption d'impôts sur les églises (apport massif de Reagan) qui a fait d'eux une mine d'or. Eux et l'électorat du vieux sud constituent aujourd'hui cet électorat unifié qui jadis était divisé entre démocrates (vieux sud) et républicains (majorité des religieux, généralement aussi plus divisés). Depuis cette grande redistribution de cartes des années 60-70, on peut dire que le GOP n'a pas vraiment connu autre chose qu'une évolution assez logique et sans grand heurts, pas de révolution attribuable à Gingrich (qui a au mieux accéléré le processus), ou même Reagan (qui, le premier, a assemblé les morceaux en un tout plus gérable, et donné le ton).
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NON! Quand on est moins populaire que Nickelback (à part un bref moment au début des années 2000 où ils ont eu.... Un hit) ou cette sous-espèce néfaste que sont les hipsters, c'est qu'il y a un problème insoluble, point barre! Et je l'affirme de façon d'autant plus furieuse que depuis que j'ai vu ce sondage, j'ai cette putain de chanson qui tourne en boucle dans ma caboche! Aaaaaarhhh! Oh! A quel point le sous-estimes-tu?! Dreams, are your reality..... Nan, essayer de contrer Nickelback avec la Boum (le feu contre le feu, la merde contre la merde) ne marche pas . Mais bon, le fond reste (comme la chanson ), ne crois pas une seconde que Trump a sorti ne serait-ce que le dixième de ce qu'il a dans sa hotte. Au soir de sa victoire, il était censé passer en "mode présidentiel": ça a pas tenu 24h, et il est reparti à la charge, servant la viande plus rouge que rouge et les conneries estampillées Alex Jones/Drudge Report en garniture, le tout généreusement innondé de sauce Trump maison pour la présentation. Il va devoir le faire dans pas mal d'Etats du vieux sud s'il être sûr d'emporter leur suffrage et de tous les amener aux urnes. Oui, elle était facile.... Et j'ai même pô honte (c'est eux qui devraient, tous ces baiseurs de cousines).
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Un très important sondage PPP vient de paraître, et révèle que Donald Trump est moins populaire encore.... Que les poux! Ce genre de sondage est tendancieux par définition via la façon dont la question est posée, mais n'est pas sans intérêt (il s'agit d'un sondage sérieux dans la démarche, pas d'un petit truc inventé et/ou réalisé avec 3 péquins) non plus. La dite question était "de qui/quoi avez-vous une meilleure opinion entre Donald Trump et (plusieurs choses ont été utilisées)": - les poux: 54% contre 28% pour Trump - les embouteillages: 48% contre 40 pour Trump - un vendeur de bagnoles d'occasion: 48% contre 41 - les hipsters: 46% contre 38 - l'astreinte pour servir dans un jury: 58% contre 35 - le groupe Nickelback: 38% contre 36 (ils sont vraiment devenus une icône du groupe ridicule et méprisé, ceux-là) - l'arrachage de dents: 49% contre 38% A part Nickelback qui est dans la marge d'erreur et peut-être considéré aussi impopulaire que Trump , on peut ainsi se faire une idée, même si très biaisée par la nature de la question: posée de façon plate, il est bien évident que la plupart des items mentionnés n'auraient pas vraiment de fans et seraient proches de zéro % de popularité (surtout Nickelback et les hipsters, s'il y a un peu de bon sens dans le monde.... Les poux? Hé, ils font partie de l'écosystème, ils ont un job et une raison d'exister), et que Trump aurait un seuil de popularité équivalent à sa cote dans l'électorat qui l'a propulsé où il est (sans compter que les hémorrhoïdes n'ont pas annoncé leur candidature à la présidentielle, préférant rester "proche" de l'électeur.... Qui veut les remercier?). Néanmoins, posée ainsi, la question révèle autant le degré d'estime et de croyance dans le personnage que le fait qu'il soit devenu pour beaucoup un certain embarras national. Il est cependant à noter dans ce sondage que Trump est plus populaire que les cafards (46-42%) et les hémorrhoïdes (45-39%); Alexis vous dira donc qu'il y a de l'espoir et beaucoup de marge de progression pour le milliardaire à la chevelure d'orang-outan. Mais je préciserai quand même, pour réaffirmer mon propos précédent sur les électorats problématiques pour Trump, que si on examine ces cotes de popularité en segmentant l'électorat par sexe, on s'aperçoit que les femmes préfèrent les cafards et les hémorrhoïdes à Trump (45-40 pour les premiers, 42-41 pour les secondes). Ceci dit, je suis très choqué: Nickelback est donc plus populaire que les hémorrhoïdes? Le "gender gap" reste donc une très forte réalité, comme le confirme cette sorte particulière de démonstration par l'absurde. Une petite actualisation des cotes d'opinions favorables/défavorables: - Sanders: 43%/46%, donc une cote négative (sa première) à -3%. C'est peut-être un impact de sa campagne plus agressive et négative contre Clinton, ou de son maintien dans la course sans grand espoir de gagner, et sapant donc Clinton. Ca reste un petit différentiel (dans la marge d'erreur), et ses "favorables" restent élevés (sachant aussi que dans ces scores, il y a une part considérable de conjoncturel: pour Clinton et Trump, la chose est plus constante, vu qu'elle change peu depuis des mois). - Clinton: 36/55, donc -19% - Trump: 34/61%, donc -27% Autre angle d'attaque pour ces questions très subjectives (toujours par le même institut), un sondage a vu la question posée ainsi: "quel candidat final de votre parti vous mettrait le plus mal à l'aise?". Et les réponses; - démocrates: 30% pour Sanders, 21% pour Clinton. Le différentiel est donc réduit, et somme toute, ces "cotes d'impopularité" internes au parti restent assez basse, avec dans les 2 cas largement plus des deux tiers du parti qui approuve les 2 - républicains: 21% pour Trump. Le GOP est donc au final assez peu en colère contre Trump; il y a donc un problème dans la direction du parti et avec le reste du pays Ces visions croisées, quoique prenant ici en compte des facteurs subjectifs et des angles d'attaque parfois triviaux, ce qui souligne là le grand décalage entre l'électorat républicain et la population générale. Ces tendances sont confirmées par les intentions de vote à ce stade (qui changeront vraisemblablement dans un sens pro-Trump et/ou pro-abstention d'ici à novembre, à moins que Trump n'accumule trop de conneries): 82% des électeurs républicains voteront Trump (s'ils votent: ça reste la grande inconnue), 8% pour Hillary Clinton, et, côté démocrate, 84% voteront pour Hillary et 9% pour Trump (avec là aussi l'abstention comme inconnue). La direction du GOP semble donc vraiment faire sa tempête dans son verre d'eau, sans pour l'instant impacter lourdement ses troupes, voire en les braquant encore plus contre eux. Côté électeurs indépendants (plus importants en proportion que jamais), la masse semble pour l'instant être assez radicalement contre Trump, par un facteur important, car si ces sondages utilisent des comparatifs fantaisistes, ils révèlent néanmoins ce que des chiffres ne peuvent faire, à savoir une estimation du niveau d'hostilité envers un candidat. "This is how you remind me of what I really am..." (ma proposition pour un nouveau slogan de campagne de Trump )
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Trump n'a pas eu un score terrible chez les républicains à caractère féminin .... Et le poids des latinos et noirs dans l'électorat enregistré républicain -soit le public des primaires- est négligeable, et a eu tendance à l'être de plus en plus depuis une vingtaine d'années. Depuis la Southern Strategy, les noirs ont déserté les rangs républicains, et les latinos n'y ont jamais été importants. Tout le contraire chez les démocrates, et, fait plus grave, tout le contraire dans l'électorat américain en général vu l'évolution démographique: les noirs sont environs 12 -13% de la population, les hispaniques approchent la barre des 20% et, surtout, augmentent à une vitesse plus de 3 fois supérieure à la croissance démographique nationale (et ils sont bien plus nombreux si on compte les illégaux, qui ne votent pas mais dont les problèmes sont totalement assimilés par quasiment toute la communauté hispano-américaine, qui en font une "voting issue"). L'électorat enregistré républicain (oui, aux USA, quand on s'inscrit sur les listes électorales, on le fait en précisant "républicain", "démocrate" ou "indépendant") est devenu extrêmement différent et peu représentatif de la population du pays sur les plans sociaux et démographiques (race, sexe et âge), avec une marginalisation particulièrement prononcée, et toujours croissante, des minorités ethniques. L'équation électorale que cela représente est donc devenue extrêmement différente de celle d'une élection nationale, ce qui se voit moins dans certains Etats, et moins dans les élections qui reposent sur des circonscriptions locales particulières (d'où l'importance démultipliée pour le GOP du "gerrymandering" dans de nombreux Etats, mais aussi des handicaps divers et variés sur l'accès au vote, et du taux de participation), mais infiniment plus quand on parle d'élections à l'échelle d'un Etat: les sénatoriales, les présidentielles et celles de gouverneurs (vu qu'il n'y a pas d'élections réellement "nationales" aux USA: tout est au niveau des Etats, avec un cumul pour celles de niveau national). Hors de certains Etat (les vrais "red states" purs et durs), quand les démocrates perdent ces dernières, c'est réellement désormais le plus souvent eux qui les perdent que les républicains qui les gagnent, en grande partie (hors raisons conjoncturelles) en raison des variations du taux de participation. Là, comme je l'ai en partie précisé, ça a justement été le cas, c'est pas une hypothèse balancée comme ça: ça fait maintenant des mois que ça a été observé et mesuré. Femmes, latinos et noirs le rejettent dans des proportions jamais vues. Ca s'atténuera sans doute un peu d'ici à novembre (il a peut-être plus de marge à récupérer chez les femmes, même si plutôt juste les blanches), mais pas des masses. Beaucoup va dépendre bien plus du travail au sol: encore une fois, il ne s'agit pas ici de faire campagne "en terrain conquis" comme dans une primaire où tu as un électorat déjà à moitié acquis (proximité idéologique, et/ou du type de personnalité du candidat, plus ou moins grande), déjà mobilisé (ils veulent voter dans "leurs" élections particulières, donc font l'effort) et enclins naturellement à rechercher l'information (si on peut appeler ça comme ça, surtout dans la médiasphère républicaine). Il s'agit du public en général. Beaucoup plus d'effort par tête de pipe, auprès d'un électorat qui ne répond pas aux mêmes codes, n'accorde pas un minimum de crédit automatique à ton camp.... Et il faut aller le chercher, beaucoup plus. Tout ça réclame un effort au sol colossal, et un effort médiatique non seulement différent (parce que l'électorat est beaucoup plus divers, beaucoup moins proche de tes positions) et cher, mais aussi bien pensé et apte à soutenir un niveau de critique et d'examen infiniment supérieur. Ce dont Trump peut encore espérer bénéficier en termes de temps médiatique gratuit vaut beaucoup moins, peut même être plus facilement dommageable.... Surtout face à une Clinton qui est aussi une célébrité connue de tous et ayant un haut niveau d'attractivité médiatique (hostile et favorable) depuis très longtemps. Je ne crois pas qu'il y ait jamais eu dans l'histoire politique américaine deux candidats aussi connus et implantés dans l'univers mental des Américains.
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Je n'appelle pas les variations dans les sondages à plusieurs mois du vrai choix de la "volatilité": c'est seulement parce qu'il y en a beaucoup, en permanence, et qu'ils tendent à être présentés de façon similaire et sans beaucoup de background et de corrélations avec d'autres choses qu'ils sont "enregistrés" par nos cerveaux comme aussi valables que des résultats et des intentions "durcies", ce qui est tout sauf le cas. Si brutalement le vote était annoncé pour dans 1 mois, tu verrais ces sondages changer radicalement, car quand l'enjeu est là, la majorité des électeurs revient à l'essentiel (pour lui/elle) et se rappelle qu'il n'y a réellement que 2 ou 3 sujets majeurs qui motivent son vote, le reste, pour lequel il a pu se prendre d'amour ou de colère pendant un instant, mais aussi les récriminations personnelles contre un individu-candidat, passent au second plan. Et à cet égard, Trump est facteur de trop d'incertitudes pour l'un des sujets majeurs: l'économie. Il fait flipper les "gens sérieux" et menace directement d'un défaut sur le dollar (essentiellement parce qu'il ne comprend pas le sujet et ne s'y est jamais intéressé): la façon dont la chose est présentée dans le débat est certes biaisée par les "corporate medias", et les "gens sérieux" sont souvent les mêmes qui chantaient à Mme la marquise que tout allait bien fin 2007, et que tout allait reprendre merveilleusement post 2008 quand ils sont revenus aux commandes sans changer grand-chose, mais ce n'est pas non plus sans raisons, et, plus important, qu'on le veuille ou non, c'est encore selon leurs axiomes (avec des variantes)que la majorité de l'opinion forge sa vision du sujet. Donc la panique et la condamnation des "gens sérieux" a encore un poids déterminant, pour le meilleur (enfin le meilleur tel qu'il peut être aujourd'hui) et pour le pire. Ben.... 3 groupes électoraux majeurs: - les femmes: Romney s'est fait battre avec une forte marge en 2012 par Obama avec un score chez les femmes qui était très supérieur à ce que Trump a aujourd'hui, et en comparant l'évolution de leurs popularités respectives au fil de la primaire, Romney2012 a toujours gardé cette marge par rapport à Trump2016 (non, ce ne sont pas des identifiants pour un forum internet de vieux pervers) - les hispaniques: c'est ZE électorat dont aucun parti majeur ne peut désormais se permettre d'avoir une trop petite part..... Et Trump bat tous les records dans ce domaine. A croire que sa part a été coupée par Obélix (lui se gardant le reste.... Ashtag AstérixetCléopâtreForEver). Qui plus est, on le voit en Californie et ailleurs, les Hispaniques s'inscrivent sur les listes électorales en nombres records depuis la fin de l'année dernière, principalement en réaction à Trump; ça avait toujours été le point faible de la communauté, d'avoir une démographie incontournable, mais une sous-représentation relative dans les urnes, mais ça a l'air de commencer à changer, accroissant le problème pour un Trump que son Tweet pour le "cinquo de mayo" ne va pas vraiment aider avec eux. Là encore, l'écart dem-rep est en moyenne très important, mais Trump est à un niveau abyssal chez les hispaniques, encore pire que Romney2012 qui n'a pas pu réitérer l'exploit de Bush2000 qui avait eu une très forte minorité du vote hispanique (au-dessus de 40%) et avait gagné par ce simple fait. - les noirs: atout de Clinton, handicap pour Trump. Par une marge encore plus conséquente que d'ordinaire entre démocrates et républicains. La participation de ces deux derniers groupes PEUT être un élément décisif, mais, au moins pour les Hispaniques, il semble qu'elle sera bonne. Les femmes, par ailleurs, votent plus que les hommes, pour les tranches jeunes et adultes: les seniors votent beaucoup, avec peu de différence entre les sexes, voire un avantage aux hommes. Et cette année, les Américaines sont remontées contre Trump, y compris une proportion (alarmante pour lui) de républicaines et de celles qui tendent vers un niveau plus ou moins certain de conservatisme. Ses déclarations misogynes, et notamment sa sortie sur le besoin de punir les femmes qui avortent, ne passent vraiment pas et sont maintenant entrées durablement dans la façon dont son image s'est imprimée dans le débat. Le fait que, pour l'instant, beaucoup de dignitaires républicains se distancient de lui (voir sa "danse" étrange avec Paul Ryan) voire l'envoient paître (ça peut même aider, vu leur cote de confiance), ne veut pas encore dire grand-chose: il faut du temps pour que le rassemblement plus ou moins réussi d'un parti après une primaire puisse se produire. La Convention est censée jouer la majorité de ce rôle, donc ça reste à voir. Mais le niveau de violence et d'hostilité est assez inhabituel, et il y a pour lui un risque que le parti se mette en ordre de bataille pour les seules élections au Congrès (et les élections dans les Etats), sans faire trop attention, ou pas plus que le service minimum, à la présidentielle. Et, lui qui n'a qu'une petite organisation (et quasiment pas d'organisation de collecte), dépend complètement du parti de ce côté; alors même que la phase de drague des financements vient de commencer, ça augure mal, parce que l'infrastructure nécessaire pour le rush entre juin et novembre est absolument dantesque. L'électorat à atteindre est infiniment plus vaste (l'électorat actif des primaires a tourné autour de 30-40 millions de gens grand max), et la très grande majorité ne s'intéresse pas autant à la politique que les militants qui ont voté jusqu'ici, et surtout ne répond pas aux mêmes codes (les primaires, particulièrement républicaines, sont une arène réellement spécifique, avec un public pré-conquis sur les thèmes abordés). Beaucoup de gens, à ce stade, n'ont pas prêté grande attention aux primaires, malgré tout le ramdam qui a été fait. Il va falloir choper plus d'un milliard d'ici novembre, et plus encore, mobiliser des dizaines de milliers d'activistes et bénévoles, un besoin au moins 10 fois supérieur à ce qui est requis dans une primaire (règle du marketing: différence majeure d'investissement pour atteindre un fidèle ou un nouveau client), avec en plus un handicap côté républicain: ils ont 2 fois moins de militants que les démocrates, et un besoin de 4 à 5 fois plus "d'activistes" rémunérés pour faire le job au sol, les démocrates ayant beaucoup plus de bénévoles. Bref, beaucoup de choses qui ont marché pour lui dans le cadre restreint et spécifique de la primaire républicaine deviennent des handicaps, ou révèlent leurs limites, dans la générale. Aux USA, une campagne, ça se joue au sol et au niveau local beaucoup plus qu'ailleurs. Et ça, mon bon monsieur, ça coûte de l'argent et de la sueur en grande quantité.
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Enlève ton doigt mouillé de nos visages, espèce de dégoûtant: qui peut savoir où tu l'as trempé? Admettons quand même quelques points: - les opinions de Pat Buchanan sont souvent TRES tendancieuses, et c'est un habitué des médias de la bulle "fact free" de la droite américaine. Sa propre candidature présidentielle, très "trumpienne" dans le style et l'électorat (et le niveau de populisme tendance TRES démagogique), a eu un certain succès initial analogue à celui de Trump (en termes de sociologie, argumentaire....), et s'est plantée (quoiqu'à un stade plus précoce.... Les temps étaient différents, la proportion d'électorat en colère un peu moindre) pour les mêmes raisons qu'on prédit pour Trump. On peut d'ailleurs aussi renvoyer à l'épisode de Ross Perrot, exactement dans le même style, ou plus loin, à Barry Goldwater. - les candidats avec qui il fait un comparatif offraient quelques "menues" différences avec le Donald: c'étaient des gens nettement plus sérieux, avec de l'expérience, tout-à-fait intégrés dans le système politique (qui était lui-même moins vicié qu'aujourd'hui), représentatifs de leurs partis (et essentiellement acceptés par lui), et qui ne s'aliénaient pas brutalement des pans importants de l'électorat. Sans aller jusqu'à dire que Clinton a la garantie d'obtenir le big job, je conteste ton affirmation d'un kif-kif en termes de probabilités de victoire; surtout que l'électorat américain n'est pas si volatile, même aujourd'hui avec une proportion un peu réduite qui est affiliée à un parti (on n'est plus aux 80% encartés ou solidement alignés sur un des deux partis, mais on est encore dans la région des 2/3 de l'électorat), étant donné que la majorité des soi-disant "indépendants" sont en fait essentiellement alignés sur l'un ou l'autre des partis de façon durable, le plus souvent contre vents et marées. Le seul fort facteur de volatilité, et c'est ici le seul qui peut amener Trump au 1600 Pennsylvania Avenue -hors d'un événement "game changer" qui surviendrait d'ici à novembre- , est le taux de participation. Le niveau de dégoût, de colère, d'apathie, d'impuissance, de pessimisme (entre autre par absence d'options satisfaisantes), est tel que, si on l'ajoute au niveau de popularité de candidats particuliers (et ces deux-là sont gratinés de ce côté), l'abstention peut tout décider. Ou à tout le moins l'abstention pour ce qui concerne la case présidentielle du bulletin de vote (qu'on peut laisser vide), ce qui serait un message fort de l'élection.
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terrorisme Daesh
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Ben, c'est dans le sujet, non? Des vieilles rancunes d'un autre temps, des querelles de clocher sanglantes entre gens se côtoyant depuis des siècles, des massacres, des pyramides de crânes, des tempéraments un tantinet susceptibles, des troupes opérant en colonnes mobiles "montées", des jeux d'alliances et déchirements absolument imbittables pour qui n'est pas du coin (façon billard à 83 bandes), des représailles sanglantes et de la réduction en esclavage.... C'est pile dans le sujet! A propos, tant qu'on est là-dedans, l'épisode 3 de la nouvelle saison de Game of Thrones, c'est bien ce soir? C'est tout pareil.... Avec plus de seins. -
Coquetterie militaire, esthétique nationale
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tancrède dans Histoire militaire
Je fais ici suite à un post impulsif dans le topic sur l'équipement du combattant. En réponse à Gibbs:E Je me demandais s'il y avait encore des vieux stocks de fusils "d'avant" ou si ces trucs étaient détruits à un moment donné après leur fin de carrière. Rien que pour un défilé d'unité, la masse d'hommes avec les armes qui dépassent nettement au-dessus des têtes garde cet effet ancien des bataillons de ligne, que je trouve plus "parlant" que des gars serrant leur petit bullpup comme un bébé sur la poitrine. Je sais pas si une quelconque modification de la prise en main changera quoi que ce soit à cela: la forme et la taille de l'arme, sa façon de changer la silhouette du groupe, ou un alignement au garde à vous, ont leur propre effet, qu'on le veuille ou non. L'image générale parle plus fort que la méthode de portage de l'arme. C'est pourquoi je me demandais ce que l'armée avait encore dans ses vieux stocks, en ce qui concerne les fusils d'avant: j'imagine bien qu'il y a toujours quelques vieux Charlevilles, Chassepots, Lebels ou MAS-36 ici et là, pour quelques petits pelotons symboliques de temps en temps avec l'équivalent d'un GC grimé pour l'occasion, mais question quantité, y'aurait-il de quoi équiper une unité de parade de taille bataillonnaire? Ou plusieurs plus réduites pour avoir ainsi des groupes de représentations aptes à mener des cérémonies plus petites (y'a pas que le 14 juillet) un peu partout? Ou pourrait-on obtenir assez de répliques pour pas trop cher? Les Ricains semblent penser que la dépense est justifiée, et c'est pas forcément la plus conne (surtout quand on voit la récente commande de brodequins/rangeos, on va pas dire qu'on fait pas nos conneries): un petit peu de décorum (sous-entendu du décorum REUSSI, ce que notre EMAT n'a pas été foutu de produire depuis longtemps) a son utilité, sa valeur et sa rentabilité pour ce qui concerne l'esprit de corps, le sens de l'appartenance, d'un peu d'exaltation.... Les armes modernes, plus ou moins longues, mais surtout plus compactes et "épaisses", ont gagné en efficacité ce qu'elles ont perdu dans l'esthétique collective, qui a son image et son language propres qu'apparemment le temps fait moins changer. Tout comme je trouve que les ricains ont esthétiquement raison de garder des vieux affûts de canons (plutôt première moitié du XIXème, quand ils étaient encore fins, avec de grandes roues) pour les enterrements solennels (contrairement au raté qu'on a pu produire avec l'enterrement de DeGaulle, le cercueil transbahuté sur un petit blindé trapu, branlant et bruyant avec le conducteur la tête fièrement sortie de son trou..... Assez ridicule au global), j'avoue me demander si, au-delà d'un certain passéisme, il n'y a pas quelques vérités esthétiques difficilement formulables dans le fait que les formes (d'armes, de formations et postures, d'uniformes, de certains matos....) du passé marchent mieux pour tout ce qui est cérémoniel. Il est vrai que la chose a eu, jusqu'à une période assez récente, une bien plus grande utilité, une bien plus grande importance, et une bien plus grande acceptation dans les mentalités, qu'aujourd'hui où, à part peut-être pour le 14 juillet, ça semble passer au-dessus du cigare des décideurs comme une corvée qu'on aimerait oublier. -
équipement individuel du combattant français
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Europe
C'est peut-être juste moi, mais côté arme, pour les défilés, je trouve que les armes modernes "fonctionnent" moins bien visuellement que les fusils, plus longs, des périodes précédentes: c'est peut-être très subjectif, cela ne concerne peut-être que moi, mais un fusil doit avoir une certaine longueur pour accroître la force d'impact visuelle dans un défilé qui, après tout, dépend beaucoup de "l'esthétique de la puissance". Les revues avec un bullpup, ça en jette moins qu'avec un outil un tantinet plus long (avec ou sans baïonnette), et j'avoue que les représentations du 3rd Infantry Regiment américain ou du Silent Drill Platoon des Marines avec un Garand ont plus de gueule qu'avec un fusil d'assaut moderne. Est-ce juste une question de goût, est-ce que la silhouette d'un fusil traditionnel "fonctionne" mieux pour le visuel recherché? Je ne sais pas, je constate juste l'effet rendu pour moi. -
Des chiffres aussi amusants que terrifiants..... A ce stade: - le camp Clinton a levé 349 millions de dollars pour la campagne présidentielle (les autres collectes, pour les autres élections du cycle, ne sont pas comptées): 180 millions ont été levés par la campagne elle-même, 92 millions l'ont été par le comité national démocrate (qui a pour l'instant opéré plus ou moins sans Clinton ou un autre candidat), et 76 l'ont été par des SuperPACs et autres organismes externes qui peuvent être directement liés à Clinton (ce qui en exclue de fait beaucoup aux causes plus "larges") - le camp Trump/républicains (pas vraiment fusionné à ce stade) a levé 153 millions à l'exclusion des PACs et SuperPACs massifs qui se sont pour l'instant distanciés de la campagne présidentielle depuis les abandons de "leurs" candidats qui ont représenté des sommes colossales dépensées pour des prunes (les 100 millions et plus de Jeb Bush....); on a donc 12 millions levés par Trump, et 138 levés par le comité national républicain, auxquels s'ajoutent les 36 millions que Trump a "prêté" à sa propre campagne. On y ajoute 3 millions résiduels par des SuperPACs soutenant Trump mais niant tout lien avec lui (vu qu'il a fait campagne en refusant un SuperPAC).... Chose qui a étrangement changé hier avec le changement de direction de ce SuperPAC "Great America" et un floutage des lignes par Trump qui s'est engagé à lever plus d'un milliard. On note que dans ces totaux, l'essentiel des sommes levées par les campagnes présidentielles a été cramé dans les primaires, ce qui est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles les clintoniens sont furieux contre Sanders, qui les a forcé à puiser beaucoup plus que prévu dans leurs réserves, à astreindre leurs donateurs moins nombreux à atteindre leur plafond de donations (convaincre des petits donateurs est un job cher et ardu: il faut des dizaines d'appels et/ou de dialogues pour en obtenir un, surtout avec des candidats "establishment"). Pour rappel, en 2012: - la campagne Obama a représenté une dépense de 1,145 milliards: 721 levés par la campagne (donc les petites donations plafonnées), 292 par le comité national démocrate (donations et PACs), et 131 par des SuperPACs - la campagne Romney a représenté 1,254 milliards: 450 en donations levées par la campagne, 386 en contributions par le comité national, et 419 millions par des SuperPACs On présuppose que d'ici à novembre, les 2 campagnes égaleront ou dépasseront ces montants. Toujours en 2012, mais entre les mois d'avril et novembre seulement: - Le camp Obama a levé 766 millions, répartis en 527/117/122 - le camp Romney a levé 973 millions (363/245/366) Précisions: - les sommes levées par les campagnes sont le pur "hard money" à disposition des candidats. Le plus "libre" et le plus productif, le plus légalement encadré aussi, avec les plafonds de 2700 dollars par donneur - les sommes levées et mises à disposition par les comités nationaux de partis ne peuvent être données aux campagnes de candidats directement, mais peuvent être utilisées de façon coordonnée, dans l'architecture de campagne (organisation au niveau national, campagnes médias décidées par le comité en accord avec la campagne.... A peu près n'importe quoi), ce qui change peu la réalité des faits, mais impacte l'autorité que le parti peut avoir sur un candidat, suivant ce que le parti "pèse" dans le financement. A noter que le parti républicain a fait passer un petit texte discret à l'automne dernier (dans un texte de loi très vaste et divers) qui a fait grimper le plafond de donations (par un individu ou groupe) à un parti à 350 000 dollars (35 000 dollars avant cela), ce qui est une pure manoeuvre des establishments de partis. - les sommes des SuperPACs sont en théorie indépendantes des campagnes et partis, interdites de se "coordonner" avec eux, mais on sait ce qu'il en est. Elles sont littéralement le vote des puissants levé et opéré par eux-mêmes, avec plus ou moins de complicité des candidats et partis selon les cas et les montants.
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C'est encore à voir, et c'est pas un état permanent si ça a lieu à une échelle significative, c'est plus souvent un processus: dans un premier temps, il semble effectivement qu'il y a une certaine proportion de l'électorat très conservateur, et peut-être une difficile à évaluer du tiers éduqué/CSP+ de l'électorat républicain, qui vont avoir une réaction de dégoût/démotivation. Et au fil de la campagne générale, ça va se réduire progressivement; il est encore trop tôt pour affirmer que ça se résorbera totalement ou pas, mais il faut aussi garder à l'esprit que le vote aux USA, c'est un seul bulletin pour toutes les élections: locales, d'Etat et fédérales, législatives, exécutives et judiciaires (plus souvent dans un certain nombre d'Etats, un ou deux référendums). Donc la démotivation pour le vote est un fait plus complexe qu'en France: renoncer à voter à la présidentielle a un autre visage, parce que l'électeur qui a voulu puis perdu un candidat présidentiel a des chances de vouloir quand même voter pour son représentant au Congrès, son sénateur, son représentant et/ou sénateur au parlement de son Etat, son gouverneur, son juge, son shériff, son maire.... Donc la plupart se retrouveront dans l'isoloir avec des cases à cocher quand même. Et à ce stade, tant qu'il y est, il y a zéro effort supplémentaire pour cocher celle du président (ou la laisser vide, ou voter nul). Ce n'est pas un choix d'aller voter ou non pour la plupart de ceux qui se sont intéressés à la campagne. Ce sera en novembre, et d'ici là, qui sait ce qui sera arrivé dans le monde et aux USA qui aura changé la donne, créé ou ravivé des inquiétudes, atténué des craintes, changé des perspectives.... La campagne sera passée par là, avec son effet sur les opinions, mais aussi et surtout son impact pavlovien sur les gens déjà plus ou moins fermement dans un camp: on resserre les rangs parce que l'adversaire inquiète (et Clinton est plutôt haïe à droite, et pas aimée dans le pays), parce que les médias qu'on regarde, les sources d'info qu'on a, tendent à être tout sauf neutres (on est à l'époque des infos qu'on choisit parce qu'elles confirment nos opinions.... Si on fait pas gaffe et/ou qu'on n'a pas le temps d'être exhaustif). De fait, je dirais que ce sont les indépendants qui ont le plus de chances d'être dégoûtés du vote, surtout si Clinton ne fait pas de vrai deal de compromis avec Sanders, et si la participation est basse, le poids des militants et électeurs enregistrés dans un parti sera démultiplié, soit l'électorat qui a le plus de chances d'être plus mobilisé, quoiqu'il ressente au jour d'aujourd'hui. Qui êtes-vous?
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Bof, celle-là, elle était calme..... Il y a deux jours, il était encore en train de dire (suite à un pseudo article dans un tabloïd renommé pour sa débilité) que le père de Ted Cruz était un complice de Lee Harvey Oswald.... Et moins de deux jours après, suite à l'abandon de Cruz, il couvrait celui-ci de compliments, dans un splendide retournement à 180° maintenant que tout était fini; les politiciens "normaux" n'osent pas aller jusque là, ils mettent plus de formes à leurs insultes en cours de campagne pour pouvoir rétropédaler plus aisément ensuite, et même là, ça fait grincer des dents ou marrer et on les trouve faux-culs et indignes de confiance. Et là, suite aux résultats de l'Indiana, on avait Cruz et Trump quasiment en train de se faire des mamours par micro interposés, après s'être directement traités de tous les noms et s'imputer tous les crimes et péchés de la Terre (littéralement, là c'est pas un langage imagé). Est-ce que ça va les poursuivre, mettre du temps avant que leurs supporters voient que ces "anti-systèmes" sont juste des baratineurs comme les autres avec un nouveau style? Ou bien est-on vraiment entré, avec les médias sociaux alignés sur la vitesse de Twitter, dans l'ère du newscycle de 24 minutes (voire 24 secondes parfois) et même plus de 24h, avec la mémoire de poisson qui va avec?
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Ne geekons pas trop sur cette question où il y a trop peu de choses connues pour avoir une opinion réellement fondée.
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Pfff, évidemment, puisque c'est une information si classifiée que seul Dieu la connaît: sérieusement, quand on pose la question dans l'absolu, vu que ça dépend d'où on se trouve, qui peut répondre à cette question. Et si quelqu'un m'argue que le soleil ne se lève pas, et que c'est la Terre qui bouge, je le traiterai d'ignare, puisque la question a été SCI-EN-TI-FI-QUE-MENT tranchée en 1633, procès équitable et condamnation à l'appui. Non mais!
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J'en sais pas plus sur le détail, mais apparemment, pas mal de bruits circulent, issus de "l'intelligence community", et pas que chez les républicains, que cette position initiale qui semblait celle de bon sens face à un nouveau et aussi artificiel "Benghazi-gate", ne serait pas si justifiée que ça. Pour être honnête, ce serait très loin d'être la première fois que les Clinton se comportent comme si les règles ne s'appliquaient pas à eux, une des raisons pour lesquelles elle n'est pas franchement très aimée. Par ailleurs, tant qu'il ne s'agit pas d'une enquête formelle, beaucoup de sujets peuvent être abordés dans ce que révèleraient ou non les emails, notamment les transactions parfois douteuses de la fondation Clinton, et son instrumentalisation comme outil d'influence et de financement de la carrière d'Hillary. Par ailleurs, aux commandes du FBI se trouve toujours James Comey qui, en tant que Deputy Attorney General en 2004 ("vice ministre de la justice" en quelques sortes, ou assistant au ministre de la justice) et acting Attorney General (le ministre était alors hospitalisé) a quand même eu les couilles de dire "non" à Bush sur un tas de mesures autorisant le programme d'écoutes de la NSA.... Et ce alors que c'est un républicain convaincu. Il est plutôt très considéré pour sa probité.
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Europe
La coupe compte, mais le tissu encore plus.... Et sur la tenue des officiers de la page précédente, ça me fait toujours penser que quoiqu'on fasse, cet uniforme a toujours l'air fait d'une vieille toile de jute toujours frippée ou pas loin de l'être.... Et mal coupée mal dessinée de toute façon, avec de fausses prétentions à (mal) émuler un costume de bonne facture, et du mauvais goût dans les détails. Et par pitié, qu'on impose un sérieux régime de maintien en bonne forme aux officiers de tous âges: la prestance physique devrait faire partie de l'éthique: tout le monde ne peut pas être taillé comme un dieu grec, OK, mais les tailleurs même quand ils sont excellents (ce qui n'a pas l'air d'être si souvent le cas pour les officiers), ne peuvent pas tout rattraper! La couleur terre de France, le mauvais design et les épaules plus étroites que les hanches, c'est vraiment ce qui renvoie en permanence à cette ressemblance dérangeante avec les gendarmes de St Tropez. -
De ce que j'ai compris, il y a plusieurs objectifs: - 4 emails découverts sur un échantillon pris au hasard de 40 contenaient des informations classifiées, ce qui a motivé l'adresse de l'inspection du Département d'Etat au FBI et déclenché l'enquête; ces mails étaient sur un serveur non sécurisé et sur une clé USB lambda, par Clinton et son avocat. Il s'agit de ce fait plus d'une inspection que d'une enquête criminelle formelle, qui adresse la façon cavalière dont Clinton et son staff ont géré les questions de sécurité des informations en leur possession, et de leurs communications. - Clinton a par ailleurs très rapidement effacé une masse d'emails quand l'inspection a commencé et juste après qu'elle ait été sommé de remettre ses disques durs, ce qui a attisé la polémique. La campagne Clinton s'est abstenue de répondre aux questions suivant l'événement, et il apparaît que la chose a été faite à la va vite et maladroitement, si bien que la société gérant les serveurs de Clinton a pu récupérer ces mails et les remettre à la justice. - l'inspection a ensuite été élargie pour déterminer si les "méthodes" de Clinton et de son staff (ils sont aussi dans la ligne de mire) ont mis en danger la sécurité d'informations sensibles (dont elle était alors responsable). Vu la masse d'emails en question (des dizaines de milliers), la douzaine d'agents qui semble former le noyau dur de l'équipe de recherche (le nombre varie selon le moment) expliquerait la lenteur de l'enquête: s'il faut regarder chaque mail et évaluer ce qui y est dit en le rapportant à la liste de ce qui est "sensible" ou non, c'est un travail de fourmi.
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Europe
Design décent (quoique.... C'est la photo, ou le tissu est vraiment luisant comme ça?), mais la coupe a pas été géniale pour eux: c'est pas très bien ajusté.... Et le calot (ou quoique soit le nom) de la donzelle est.... Il a été piqué à la reine d'Angleterre? -
[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Ils ont peut-être évalué qu'ils avaient le juju nécessaire, un capital politique suffisant pour imposer ça et faire gérer cette urgence qu'ils doivent juger à ce point capitale, au mépris de tout ce que ça pourrait entraîner si ça passait (et même d'ailleurs si ça passe pas: ça va laisser un goût). Le politique est un animal du court terme, recherchant avant tout sa survie de semaine en semaine, parfois au jour le jour. Et certains se convainquent, à certains moments, qu'aller à ce point contre les opinions majoritaires revient à toujours avoir raison avant tout le monde, que la postérité les remerciera: c'est parfois vrai, c'est souvent faux, et d'une certaine façon, on souhaite que beaucoup d'entre eux aient ce genre de couilles.... Mais le plus souvent, ce super-pouvoir d'aller contre l'opinion et de tenir le cap est utilisé à des fins nettement moins nobles et beaucoup plus intéressées. Il semble que Merkel, ceci dit dans le cas présent, se soit persuadée elle-même qu'elle était la lumière de l'Europe, et entend imposer son cap non seulement à son pays, mais à tout le continent. A voir. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Gibbs le Cajun dans Europe
Ah oui, nettement mieux! Je connaissais pas celle-là (ou j'y avais jamais fait attention): hé ben ça rattrappe, parce que la photo d'avant, si granulée qu'on la croirait sortie des années 60, elle fait peur (bon, faut aussi dire que les 2 specimens ci-dessus présentent nettement mieux que le groupe précédent), et dégage de vieilles odeurs rances. Là, c'est effectivement bien plus classe que le pseudo costume cheap à la couleur passée (même quand c'est neuf, ça a l'air d'un tissu bon marché et délavé) qui sert d'uniforme aux officiers. -
Tu as raison, j'ai pas fait attention..... Mais c'est pas pour autant qu'il fallait la ramener comme ça: personne n'aime ceux qui narguent, na! Et donc: