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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Bof! En général, ils sont ni plus cons ou ignares que qui que ce soit d'autre, faut pas sombrer dans la vision style "les Européens sont plus éduqués/fins/intelligents": leur connerie est différente de la nôtre, c'est pour ça qu'elle nous saute plus aux yeux. Mais l'inverse est aussi vraie, et je ne crois pas que les comportements électoraux de vastes portions des populations européennes soit plus louables ou raisonnables. Rappelons, si on examine le seul cas du vote Trump: - qu'il reste le politicien le plus impopulaire des USA, juste devant Clinton - que beaucoup de gens qui votent pour lui ne l'aiment pas - qu'il représente un vote anti-système et de protestation autant qu'un vote d'adhésion: un article mentionné plus haut le comparait à un choix (conscient pour une bonne partie de la population) de voter pour une "wrecking ball" (ne boule de démolition), pas pour un homme d'Etat avec un programme clair bâtissant une nouvelle Amérique. Une partie non négligeable du vote pour Trump est ainsi un choix par défaut en faveur (du moins le croient ou l'espèrent-ils) du chien dans le jeu de quille qu'est le statu quo actuel qui, qu'il penche à gauche ou à droite, blesse ces gens et/ou leur idée de ce que doit faire l'Amérique - la proportion de gens éduqués chez Trump a été révélée comme étant exactement équivalente à ce qu'on trouve chez Clinton: ceux peu/pas éduqués ne sont pas plus nombreux, ceux ayant un niveau lycée, ceux ayant un diplôme universitaire "undergraduate" et ceux ayant un diplôme supérieur (master ou PHD), ne sont pas moins nombreux. On a vu ainsi le cas, par exemple, d'électeurs conservateurs traditionnels de plus de 65 ans, éduqués et aisés (considérés comme moins radicaux et du terrain béni en temps normal pour les candidats establishment), opter pour Trump en nombre significatif, et sans illusion sur le personnage. Qu'on le veuille ou non, sa candidature et ses attaques répondent à un besoin aujourd'hui très important. Le fait est que la "méthode Trump", selon moi, ne dégoûte pas assez de monde pour fondamentalement changer les choses, essentiellement parce que ce qu'il est, ce qu'il pense ou non, ses contradictions.... Sont de notoriété publique et acceptés dans le package par une masse critique suffisante. Et pour le reste de ceux qu'il rallie ou peut encore rallier, il faut avouer qu'il est aider par ce qu'il a en face de lui: Clinton n'est pas exactement l'idole unificatrice qui fait vibrer des foules béates prêtes à se livrer corps et âmes à elle. Comme Talleyrand était en son temps corrompu et débauché, mais que la notoriété de ce fait, combinée à son utilité, neutralisait ce handicap, Trump a réussi à occuper un espace en demande dans le débat public, qui avait peu d'accès, peu d'écho. Bien sûr, d'ici à novembre, il est possible que ses adversaires trouvent des méthodes pour neutraliser ou amoindrir la puissance de son système de com (Obama a tiré quelques salves intéressantes ces derniers jours, et Elizabeth Warren a aussi, depuis 2 semaines, réussi à le faire tourner en bourrique sur Twitter), ou qu'il s'épuise de lui-même et s'aliène trop de monde en enfonçant trop toujours les mêmes clous toujours un peu plus fort. Mais hors de telles occurrences, et si la campagne est aussi négative que prévue au point de devenir juste un match de catch dans la boue qui accroît l'abstention, il a une chance raisonnable, ce qui veut dire qu'il sera alors confronté à la 3ème réelle option qui le décrédibilisera définitivement: être élu président.
  2. C'est tout le problème: - des journalistes consciencieux et recherchant un peu de fond et de vérité peuvent détecter et traiter un discours, un politique, qui dit une ou deux énormités.... Mais un qui en débite 5 par minutes (les jours de petite forme)? Par où commencer, comment critiquer un discours entier ainsi fait? Personne ne sait, et la presse -et c'est en partie sa faute- n'a trouvé aucune parade à ce système de logorrhée omnidirectionnelle et contradictoire, qui fonctionne bien avec ce gars là (y'en a pas beaucoup d'autres qui pourraient faire marcher cette merde) - il y a un pourcentage important de gens qui se foutent que Trump raconte n'importe quoi: ils adhèrent au personnage et/ou au modèle aspirationnel qu'il représente (le jet, le fric, les nanas....), ou bien ils adhèrent au personnage de l'outsider qui a réussi à faire croire qu'il n'est pas et ne sera pas acheté par qui que ce soit, ou bien ils adhèrent à la partie du message qui les éclaire (= offre un exutoire), les arrange (= bon sang mais c'est bien sûr.... Cet argument fonctionne généralement avec un bouc émissaire) ou les confirme dans ce qu'ils croient (= dit tout haut ce qu'ils pensent tout bas.... Ou braillent sans que personne ne les entende), ou bien ils suivent celui qui crache (ou fait semblant de cracher, plus probablement) sur tout le système en place et ses représentants, dans la politique, le big business et les médias, qui ont aujourd'hui une cote de popularité (ça encore c'est normal, même si pas à des niveaux si bas) et de confiance (moins normal à ces niveaux) qui frôle le bas des racines de pâquerettes. - consciemment ou inconsciemment, la position dont les commentateurs de tous bords jugent Trump est celle d'un statu quo qu'ils critiquent au final très peu, se contentant au mieux de grandes déclarations ou d'observations ponctuelles sur des défauts du système, mais jamais sur son intégralité, ou bien en tout cas jamais en appelant à réellement le changer autrement qu'en occasionnels messages d'espérance plats et génériques en un monde meilleur.... Un jour (mais en attendant, hein, faut être réaliste). Or, ce statu quo est entropique, et le "changement raisonnable" (cad "par petits pas", par "incréments"), à force d'être recommandé et appliqué à l'occasion, ne donne pas l'impression qu'il produit autre chose qu'un pas en avant pour 5 en arrière. Cela fait partie de cet ensemble de données qui, qu'on en parle ou non, conditionnent l'état d'esprit dans l'opinion populaire, et qui se trouvent de plus en plus en forte contradiction avec la doxa (économique, politicienne, sociétale) prévalente dans les cercles du pouvoir et des grands médias qui se trouvent (et à raison pour l'essentiel) mis dans le même panier en termes de confiance accordée. Résultat, les recommandations et opinions qui en proviennent ou s'y affichent reçoivent le même traitement que les politiques effectivement appliquées: un rejet brutal (à tort et à raison: c'est devenu indistinct.... Sans doute la chose la plus terrifiante). Et quiconque parvient à se glisser dans la position publique de celui qui s'oppose à cette "élite" et à ses choix et discours, recevra cette frustration massive en soutien. Qu'il soit odieux, antipathique, débile, incohérent.... Passe complètement au second plan face à la puissance de ce facteur "ras le cul". - plus prosaïquement encore concernant les médias où ces critiques arrivent: personne ne lit Politico, Gawker, Salon ou Atlantico, le WSJ, le Times.... Personne d'autre, pour l'essentiel, que le public déjà par avance acquis à une portion ou une autre de cette "élite" (j'emploie ce terme par commodité, mais il recouvre trop de variété pour être réellement une catégorie.... Sauf défini de l'extérieur par ceux plus attirés par ou poussés vers le vote "anti système/anti statu quo"); bref, hors de ceux qui sont déjà contre des gens comme Trump ou Sanders (et quelques autres), personne ne lit ces parutions, et personne n'a rien à foutre de ce qu'ils critiquent. Ces articles ne changeront donc pas vraiment beaucoup d'avis. Bref, les camps sont déjà pour l'essentiel tracés, avec des portions d'électorat au final assez faibles qui sont encore fluctuantes: les "indécis" sont autour de 10 -14%, et on ne sait pas ce que sera l'abstention (même si elle sera boostée par des campagnes très négatives.... Ce qui arrivera probablement).
  3. La candidature libertarienne de Gary Johnson a commencé à faire un peu de vague suite à la convention de ce parti le WE dernier, et au sondage le plaçant à 10% d'intentions de vote dans la générale, un score jamais atteint par les libertariens, et jamais par un 3ème parti depuis le XIXème siècle. Même en sachant que la majorité de ce soudain afflux pour Johnson n'est en rien un vote de conviction libertarien, et s'avère être en fait un cumul de "pas Trump" et de "pas Hillary" (voilà ce à quoi ça ressemble, le fait d'être impopulaire même dans une élection à un tour; si on y ajoute l'abstention, on a un portrait assez malsain, mais vrai), ce sursaut imprévu offre une plate-forme sans précédent à ce parti d'ordinaire invisible, qui s'est offert un candidat visible (ex-gouverneur et ex-républicain et populaire, il a aussi pris pour "running mate" un ex-gouverneur ex-républicain et populaire) pour l'occasion, au milieu d'une cohue de candidats pour l'essentiel pas très sérieux (dont l'ex multimillionnaire et authentique taré égomaniaque John McAfee -aux multiples et parfois très glauques démêlés avec la justice, notamment pour des trucs louches en Amérique centrale-, et un type qui s'est foutu à poil ou presque sur la scène du débat). On notera aussi que Jill Stein, la candidate verte, atteint les 4-5% dans le même sondage. Plus généralement, la moyenne a tendu à être à 4-5% pour les libertariens, et à 2-3% pour les verts: il reste encore à voir si la récente augmentation de leurs scores putatifs va durer, voire croître. Il y a d'autres candidats dont vous n'entendrez probablement jamais parler, mais ces deux-là ont avec eux une structure de parti qui peut, ou en tout cas a des chances de, placer leur candidature dans les 50 Etats, les territoires, et DC, et la soutenir.
  4. Tout le problème de cette revue de détail est qu'elle repose sur un seul document.... Fourni par Trump lui-même: ils peuvent l'avoir décortiqué comme ils veulent chez Bloomberg, ils sont quand même entièrement dépendants de la déclaration de Trump qui, comme sa société n'est pas "a public company", n'a pas à publier de comptes, de résultats, ou de déclaration fiscale qui soient consultables par des tiers. Pour ce type de documents tels que la presse a pu en avoir, il peut dire ce qu'il veut, mentionner des propriétés ou des participations exagérées, surévaluer leur estimation autant qu'il veut.... Et quand on en vient au cash dont il peut effectivement disposer, c'est encore pire, et ce n'est que par des fuites dans le petit milieu de l'immobilier de NY qu'on a su par exemple qu'il avait du vendre des trucs pour financer sa campagne (enfin, façon de parler: il n'a fait que prêter, et qui plus est il n'a pas fourni tant que ça en proportion de ce qu'elle a coûté, même si dans l'ensemble, ça a été une "petite" campagne), même s'il s'agissait pourtant de "petits" montants (au regard de la fortune qu'il est censé avoir). Je ne suis pas en train de le torpiller gratuitement, mais il y a beaucoup de trucs qui indiquent que même le titre de milliardaire pourrait être galvaudé, ou tout au moins sujet à des variations fortes selon les saisons (et l'estimation de ce qu'il a), d'autant plus que ce qui peut être glané quand à ses revenus annuels tend à indiquer qu'il ne fait pas d'énormes bénéfices. Son insistance à hurler partout qu'il est le plus riche et à menacer quiconque en doute tend à accroître beaucoup de ces doutes, tout comme les commentaires de nombreux banquiers de NY. Tout semble confirmer qu'il est "asset rich, cash poor" (rappelons que dans ce type de business, les dépenses sont énormes, et qu'un patrimoine qui n'est pas en forte expansion permanente a tendance au mieux à stagner avec de faibles marges). Mais bon, j'avoue que mon petit plaisir sur ce sujet est d'imaginer la chose comme "la grande arnaque": le mec qui toute sa vie arrive à faire croire quelque chose qui n'existe pas, et à en faire un business model, avec en conclusion quand il crèvera, la découverte publique que le roi était nu tout du long..... Je sais, c'est un peu trop (quoiqu'il arrive, il a un important patrimoine), et c'est très théâtral, mais ça me ferait bien rire, en pointant moins de doigts sur le personnage que sur la société qui prend au sérieux beaucoup de choses très illusoires. En France, on a par exemple l'équivalent avec André Guelfi, "Dédé la Sardine" qui, a plusieurs reprises au cours de sa vie, parfois pendant des périodes prolongées, n'avait plus rien que des monceaux de dettes.... Et son carnet d'adresse et son jet d'affaires qui lui permirent de maintenir les apparences et, essentiellement, de "rester dans le jeu" avec l'image du tout puissant homme d'affaire au réseau infini. De tels personnages sont à la fois choquants et amusants car hauts en couleurs, et au final, on ne saura pas grand chose de la réalité de ce qu'ils ont dans leur manche avant qu'ils passent l'arme à gauche. J'avoue donc avoir un certain biais en ce sens, mais que je ne crois cependant pas si exagéré au regard des infos disponibles, concernant M. Trump.... Qui tente en ce moment le "coup" de sa vie, l'arnaque suprême qui doit faire bander tous les "con artists" des USA, qui doivent voir en lui leur idole.
  5. Non, les "estimations raisonnables" ne font pas cela, car, élément d'ordinaire nécessaire dans toute évaluation par une tierce partie (comme les journalistes de Forbes s'en sont fait une spécialité), ses dossiers fiscaux restent inconsultables, et il a abondamment persécuté tous ceux qui s'y sont risqué, dont l'un des rares journalistes qui ait pu y accéder en 2005, qui avait ainsi pu voir que Trump n'avait alors qu'autour de 400 millions d'actifs (tout en prétendant en avoir 10 à 12 fois plus). Beaucoup d'investigations récentes, y compris du fisc, ont estimé qu'au mieux, il "valait" 1,5 milliards, et encore, uniquement en donnant systématiquement les estimations les plus généreuses possibles pour le patrimoine concret qu'il possède, et en acceptant sa propre évaluation (par Trump lui-même j'entends) de ce que vaut sa "marque" (puisqu'il ne construit rien depuis les années 80: il vend l'usage de son nom, qui est loin d'être aussi recherché qu'il le prétend). Cela implique aussi de ne pas tenir compte du flux d'argent dans et hors de ses caisses; littéralement, il vit des royalties de sa marque (plus souvent payées initialement, pas en versements continus sur une période de temps), des loyers sur ce qu'il possède (hors de la Trump Tower et de son club en Floride, rien de très significatif: des participations minoritaires pour l'essentiel), et de l'exploitation de ses clubs de golf (dont il a fait des surévaluations dantesques: prétendant qu'ils valaient 5 fois plus que ce que les meilleurs experts estimaient). Plus des deals qu'il fait parfois, mais qui sont essentiellement le fait de prétendre lancer et diriger un projet quand en fait il ne fait que lui vendre l'usage de son nom. Et dans tous les comptes qu'il présente, il ne factorise jamais ses dépenses (nécessairement lourdes quand on parle de propriétés immobilières à gérer, surtout quand il s'agit du registre du luxe: entretien et personnels abondants). Essentiellement, ce que beaucoup d'insiders new yorkais (banquiers surtout) confirment sans avoir besoin de se faire tirer l'oreille, c'est qu'ils ne font JAMAIS affaire avec lui, et que c'est de notoriété publique une chose à éviter, parce qu'essentiellement, il fait des trucs avec l'argent de ceux qu'il arrive à arnaquer: en essence, il est assez riche en actifs (mais dont la valeur dépend de l'évaluation qu'on en fait: celle que lui donne est surexagérée), et assez pauvre en cash. Dernier exemple, le fait que ce soit-disant "milliardaire" ait eu besoin de vendre des actifs pour obtenir les quelques millions de dollars qu'il a prêté à sa propre campagne (prêté! Ca veut dire qu'il essaiera de se rembourser avec les contributions qu'il aura reçu): étrange qu'un milliardaire n'ait pas au moins ces relativement "petits" montants disponibles de façon assez rapidement liquides, et qu'il lui faille vendre des trucs pour les avoir. Le fait est que la plupart de ses aventures en affaires se sont cassées la gueule plus ou moins rapidement, et il est aussi de notoriété publique qu'il a perdu l'essentiel de son parc immobilier dans la deuxième moitié des années 80 (sitôt gagné, sitôt perdu), parce qu'il n'a pas été capable de le gérer. Il a été en quasi banqueroute personnelle pendant les années 90, au milieu de ses 4 banqueroutes pro, et n'a du son salut qu'à beaucoup de bluff. Son parc immobilier, ses hôtels, ses casinos, sa compagnie aérienne, son hedge fund, son "université" (là, encore plus purement une arnaque, cruelle et puante), ses steaks.... Que des échecs retentissants, tous rapides. Ce que je ne nie pas, c'est que c'est un vendeur de première, un baratineur comme on en fait peu, et un arnaqueur professionnel (qui, par le hasard de la naissance, a pu jouer direct à très haut niveau) avec des couilles en béton parce qu'il ose tout et n'a pas la moindre honte. Mais entre être un bon arnaqueur qui a la baraka de court terme pour réussir quelques "coups" fumants, et un homme d'affaire de talent, il y a une sérieuse nuance. Il est riche, mais il n'est PAS un des hommes les plus riches du monde, mais il fait tout pour le prétendre (jusqu'à lancer mille et un procès fantaisie pour quiconque oserait émettre des doutes sur son "statut" de milliardaire: y'en a beaucoup qui ont besoin de faire ça?), parce que son business model (sans doute aussi son ego) repose sur ce facteur d'image, et que sans cela, c'est un château de carte. Par ailleurs, pour ses débuts, il faut noter qu'il a commencé, au sortir de la fac (1968), avec 200 000 dollars de l'époque (un peu plus d'1 million actuels) en argent de poche (son salaire de 2 mois de stage dans la boîte de grand-maman et papa), tout le crédit de l'entreprise familiale derrière lui, les relations qui vont avec.... Et les rênes de la compagnie elle-même (qu'il a rebaptisé depuis) dès 1971 (donc le contrôle des moyens et la libre disposition de son capital). Dans les 3 ans entre son diplôme et sa prise de contrôle, il a bossé pour la boîte familiale. A aucun moment il n'a été "tout seul", partant "de presque rien". Dès la fin des années 70, le compte de sa fortune incluait sa part de l'héritage familial (et en représentait l'essentiel, d'ailleurs), contre laquelle il empruntait, ce qui en fait donc déjà une réalité concrète dans ses moyens d'action, un actif dont il disposait. L'héritage officiel en 1999 ne fut qu'une formalité administrative qui ne changea rien à sa fortune. On notera qu'il serait plus riche s'il avait placé sa dite part et joué le S&P 500 depuis les années 80 dans un portefeuille de "père de famille". Je ne dénigre pas les talents du monsieur, mais de tels talents ne lui auraient valu qu'une carrière d'arnaqueur à la petite semaine échangeant les économies de petites vieilles contre des mirages, ou de ces figures de haut vol qui arrivent à se placer dans l'entourage de célébrités et à les plumer avant de se faire choper rapidement, s'il n'avait pas eu tous les avantages possibles pour démarrer. Comme l'a dit un comique: "congratulations, you made it.... Against no odds". Disons que si j'emploie le terme de "mauvais", c'est plus pour décrire quelqu'un qui vit essentiellement de "coups" occasionnels et a toujours eu un matelas pour les très nombreux cas où ils foiraient: c'est un mauvais gestionnaire, un entrepreneur assez médiocre et souvent louche, mais qui a tout parié sur son image auprès d'un certain public (pas les investisseurs de la scène new yorkaise, qui le connaissent trop bien) pour arriver à vivre de la crédulité des autres. En aucun cas est-il le "capitaine d'industrie" qu'il essaie de paraître. Un solide profil de business peut être un des CV viables pour un job comme la présidence, mais ce n'est certainement pas le celui du Donald.
  6. Chez Bill Maher vendredi dernier: Scott Adams, l'auteur du comic strip Dilbert (si vous ne connaissez pas, essayez; c'est de la bonne satyre du petit monde des cadres d'entreprises), explique comment marche le "système Trump" pour cette présidentielle (et son cursus business.... Haut en couleur, faible en compétence), en le liant au sujet de l'art de la persuasion, que lui étudie personnellement depuis longtemps. Check that: Il surestime peut-être la méthode Trump et ses chances de succès dans ce contexte, mais pas totalement.... Et j'aime sa métaphore: "Trump is bringing a flamethrower to a stick fight" (Trump amène un lance-flamme dans un combat au bâton). Juste pour dire qu'il ne mène pas du tout la même campagne que les autres: il n'est pas sur le même terrain, il n'a pas les mêmes outils.
  7. C'est vrai, quoi: Georges ne mentait pas: des gens avaient leurs questions, et il avait ses réponses. Juste une histoire de malentendus et de rencontres qui n'arrivent pas, tout ça.... Soyez pas mauvaise langue. Et puis, contrairement à Trump, il était authentiquement marrant, en plus d'être distrayant, le tout (toujours contrairement à Trump) sans avoir l'intention de l'être. Nan, c'est la mauvaise comparaison: si vous voulez vraiment comprendre Trump, comprendre le vide derrière la grande gueule, le pourquoi de cette méthode de campagne et de communication, les mécanismes auxquels il a recourt pour faire fonctionner son image publique, l'effort qu'il fournit pour paraître différent de ce qu'il est en réalité (un très mauvais homme d'affaire, sans doute pas milliardaire, et, essentiellement, un arnaqueur qui a eu la chance de démarrer avec des centaines de millions de dollars), il vous suffit de suivre la WWE et la façon dont ce show, et ce secteur du "sport" en général, fonctionnent. Comment on vend de l'illusion autour d'une performance de bateleur sans grand-chose derrière. Chose non étonnante, Trump est très lié à la WWE (où il a fait moult apparitions, dont certaines scriptées pour le faire participer aux scénaris en cours, aux querelles et combats) et à son patron, l'ultra conservateur Vince McMahon.
  8. Pour ceux que ça intéresse, en lien avec mon dernier post sur une autre approche, plus sociétale, de la réintégration des soldats et des causes de syndromes post-traumatiques, l'auteur dont j'avais oublié le nom est Sebastian Junger, aussi connu pour avoir écrit le roman The Perfect Storm (adapté au cinoche en 2000, avec George Clooney et Mark Wahlberg) et pour être l'auteur et réalisateur du documentaire Restrepo (2010). Le livre qu'il a écrit et promeut en ce moment, sur le sujet évoqué, s'appelle Tribe. Un des points intéressants qu'il souligne est l'importance d'une société qui se serre les coudes et où existent une réelle cohésion et diverses formes "d'intimité" (au sens large) entre les membres, ce qui ne peut réellement arriver que via des communautés et micro-communautés durables et fonctionnelles (assez incompatibles avec le fonctionnement de l'économie moderne); plus une société s'enrichit et s'individualise, plus sa cohésion disparaît, plus les voisinages et villages sont déstructurés, ce que le taux de suicide, entre mille autres indicateurs, reflète, en augmentant dramatiquement, témoin de l'isolement, de l'atomisation du corps social réduit à ses unités les plus essentielles (individu, au mieux la famille nucléaire, qui elle-même n'est plus un modèle si dominant). Que survienne une crise dans cette société, et on voit le taux de suicide baisser pendant une certaine période: cela a été observé à NY dans les mois suivant le 11 septembre, en Italie autour de la ville (j'ai oublié le nom) ayant subi le dernier grand tremblement de terre (celui où Berlusconi a promis beaucoup de reconstruction et n'a rien foutu tout en utilisant le fric pour autre chose)....
  9. http://www.thedailybeast.com/articles/2016/05/25/why-are-so-many-muslim-refugees-in-europe-suddenly-finding-jesus.html Ce n'est pas qu'en Allemagne, mais vu les flux de réfugiés, c'est surtout en Allemagne: il semble que des dizaines de milliers de réfugiés musulmans se convertissent au christianisme un peu partout en Europe (ici, le phénomène a surtout été suivi en Allemagne et aux Pays-Bas), si bien que des questions se posent sur les raisons à l'oeuvre. Espérance de plus de chance d'obtenir un visa? Rancoeur vis-à-vis du passé ou besoin de l'expurger (l'article mentionne le cas, par exemple, de femmes musulmanes violées qui veulent échapper à l'opprobre associé à la chose)? Volonté de redémarrer avec une "page blanche"? Recherche d'une nouvelle espérance? Histoires personnelles compliquées? Réflexe semi-automatique de recherche d'intégration sociale, culturelle, relationnelle et/ou civique par la religion pour des raisons culturelles (dans beaucoup des pays d'origine, l'église d'un endroit, la religion en général, a une bien plus grande place dans la vie sociale et civique que chez nous, même si elles n'ont pas un rôle légal particulier)? Il y a sans doute beaucoup de raisons à l'oeuvre, mais le fait semble désormais bien confirmé, et ce n'est pas anecdotique (pour l'instant difficile à chiffrer), même si dans l'absolu, cela ne concerne pas la majorité des migrants, très loin de là: toutes les églises (d'à peu près toutes les dénominations possibles) enregistrent un grand nombre de demandes de conversion depuis des mois, souvent bien plus qu'elles n'en peuvent correctement traiter, y compris des branches souvent difficiles et suspicieuses quand à de telles requêtes, sans que la tendance semble faiblir. J'ai lu et entendu ça un peu partout, et la chose commence seulement à être appréhendée, si bien que l'image générale reste plutôt floue. Beaucoup d'églises profitent de la chose comme d'une aubaine.
  10. Un journaliste auteur dont j'essaie de retrouver le nom abordait le problème des traumas et syndrômes post-traumatiques de tous types, et donc des suicides (entre autres exemples de problèmes, voire pathologies, lourds dont souffre à divers degrés une proportion importante des vétérans), sous un angle différent, non pour critiquer ce qui a été fait jusqu'à présent dans l'appréciation du problème, mais pour envisager d'autres aspects sans doute tout aussi conséquents. Et lui insiste moins sur le soldat retournant de la guerre que sur la société dans laquelle il retourne: outre les composants directement liés à l'individu, qui sont extrêmement nécessaires, et souvent sous-évalués, pour un retour réussi (structures de soutiens diverses -institution type VA, famille, entourage....-, possibilités de formation, objectifs à atteindre....), il y indiquait ainsi que le gap entre la vie militaire, surtout vécue dans l'expérience réelle de la guerre, et la vie civile, pouvait devenir, surtout de nos jours, extrêmement important, et comparait pour cela la société américaine actuelle vue sous l'angle de ce problème particulier, avec d'autres sociétés présentes et passées. Sa conclusion était l'immense importance de la communauté proche et de ses "couches" (famille, entourage, voisinage, quartier/village), chose qui, dans les pays développés/post industriel, est l'élément qui s'est le plus désagrégé au profit d'une société de transit et d'isolement individuel, ou au plus, de réduction de la communauté concrète (les relations longues distances comptent moins, les relations facebook ne comptent pas) à un tout petit noyau. Outre ce point, il soulignait aussi le décalage particulièrement fort dans le monde moderne, et encore plus aux USA, avec une société militaire où la solidarité en général et le sentiment d'appartenance en particulier,ne sont pas de vains mots: objectifs communs, dépendance et soutien mutuels.... Seraient par trop absents de la vie moderne par rapport à des sociétés gardant plus d'éléments "traditionnels" dans l'organisation de la vie (ce qui est peu compatible avec une économie moderne qui implique beaucoup plus de mobilité et d'individualisme). De ce fait, cette façon de regarder le problème, et surtout dans le cas américain dont les 15 dernières années permettent non seulement d'avoir un aperçu assez complet du sujet, mais en plus d'avoir un déroulé assez suivi et à très grande échelle, pourrait pointer plus généralement une difficulté supplémentaire pour les pays développés à faire la guerre, leur fonctionnement particulier tendant à accroître les "pertes après le combat", sous formes de morts proprement dites et de traumas posant des problèmes de longue haleine et induisant des coûts dont on ne tient que très peu compte (notamment dans l'explosion des dépenses de santé, dans les coûts de justice/police/prison); violence domestique ou criminelle, inaptitude au travail ou à une vie sociale, alcoolisme ou usage de drogue -ce dernier point un grave problème aux USA où la surconsommation d'opioïdes légaux et illégaux est dantesque, souvent devenue addictive lors d'un traitement, favorisée par le lobby pharma, et cause de problèmes majeurs.
  11. Les problèmes actuels du V.A sont moins dus à la corruption et aux arrangements des contractants avec les divers échelons de cette administration -cela joue un rôle certain, mais pas si omniprésent qu'on voudrait le croire-, qu'à l'absence d'investissement pendant des années dans la structure même de l'organisme: investissement de modernisation (infrastructure, hardware/software, formation) et investissement capacitaire. Ce dernier point est trop peu soulevé, mais outre l'obsolescence omniprésente dans cette administration, il y a surtout un sous-dimensionnement dramatique par rapport à l'augmentation brutale du nombre de cas à traiter depuis une quinzaine d'années: malgré quelques augmentations encore trop récentes pour réellement produire des résultats significatifs, le VA est encore essentiellement dimensionné pour traiter les flux de la fin de l'ère Clinton, soit ceux d'une armée infiniment moins occupée et nettement plus petite. Si l'on ajoute le fait que la plus grande part du budget est littéralement bouffée par le coût de la médecine et des médocs aux USA (coûts qui sont complètement délirants et sans possibilité de contrôle, ni par la concurrence -que les entreprises se sont arrangées pour pouvoir refuser-, ni par l'Etat - qui a été depuis longtemps mis à l'écart de toute possibilité de contrôle sérieuse). Se cumulant sur des année, ces problèmes ont créé une situation impossible sans un saut majeur dans l'investissement consenti, parce qu'ils ont ajouté un énorme retard en ce qui concerne l'investissement dans la capacité "d'accueil" (représentations locales, hôpitaux, centres d'accueil, maisons de retraites, programmes divers de soutien, nombre de médecins et personnels soignants disponibles....), en plus d'un retard dans l'investissement nécessaire pour garder le parc existant à jour et en conditions décentes. Il n'y a pas de problème majeur dans le traitement de ceux qui sont accueillis dans le système (et quand il y en a, la plupart du temps, c'est avec les établissements et services externalisés, pas avec l'infrastructure propre du VA): le plus grand problème est d'y accéder. La file d'attente a atteint des proportions dantesques, ou plutôt kafkaïennes, et la majorité des causes profondes de ce fait réside plus dans le manque d'investissement dans la capacité d'accueil (doublement contrainte par le manque de fric et les prix faramineux de la médecine) et celle de traitement, cumulé sur des années. Mais politiquement, il est plus loisible, plus juteux, plus facile et plus visuellement payant de s'en prendre aux réels problèmes de la structure administrative et de ses petits arrangements ici et là: ça permet d'avoir des méchants corrompus sur C-Span, des politiques puants se drapant dans une image de vengeurs à l'âme pure, de mettre le doigt sur de vraies sales affaires, de faire de la politique (et taper des carrières en désignant des boucs émissaires, comme Shinsecki).... En oubliant complètement que c'est pas ça qui impacte réellement la loi des grands nombres.
  12. Je regardais l'encart de News (en page d'ouverture du forum) concernant le Memorial Day et le bilan des pertes militaires US depuis 2001: 6888 morts et 52 435 blessés, sans compter les traumas et les "pertes après la guerre" (citons notamment le chiffre de 22 suicides par jour, qui est la partie émergée d'un icerberg bien plus vaste représentant les problèmes -et coûts directs ou indirects- de réadaptation des vétérans). 2 choses m'ont frappé: - le fait que, à part quelques sorties très émotionnelles à l'occasion et un grand attachement (de façade? Momentané?) aux vétérans et aux forces armées quand le sujet est mentionné (c'est peut-être le point capital, en fait), une des caractéristiques structurelles d'une armée de métier est que le dit sujet ne fait pas réellement partie de la conversation politique autrement que par brefs (et passionnés) épisodes, dans le meilleur des cas, même aux USA où, par rapport aux autres pays développés ayant abandonné la conscription depuis longtemps, l'armée a bonne presse et un niveau de soutien considéré comme "important", et le budget militaire (sujet plus souvent discuté mais pour d'autres raisons) est évidemment un fait incontournable. Quand on regarde la chose froidement, au regard de la réalité politique (cad des priorités et conversations de la nation, et des choix qu'elle fait), ce n'est pas un sujet dominant, surtout quand on parle des soldats eux-mêmes. Il y a eu en fait plus de ramdam et de capital politique engagé pour les scandales d'agressions sexuelles continues que pour ceux concernant l'incapacité de l'administration des vétérans à gérer les flux de cas à traiter. - point complètement différent: l'opération contre ISIS a pour l'instant fait 14 blessés et 20 morts; ce ne sont encore évidemment que des chiffres "anecdotiques" en terme de quantité, mais selon vous, peut-on déjà y voir une raison (plus de morts que de blessés, alors que d'ordinaire c'est l'inverse), ou bien n'est-ce encore que le fruit du hasard sur un "échantillon" encore trop petit (et j'espère, appelé à le rester) pour signifier quelque chose? Je me demandais si, pour la première possibilité, cela reflétait la nature des opérations en Syrie-Irak: FS pour l'essentiel, opérant de façon plus déstructurée, avec moins de soutien, sur des plus grandes distances et plus isolées.
  13. Les Mésopotamiens seraient effectivement vexés d'apprendre qu'ils ne connaissaient pas la banque, les changeurs, les bourses de valeur, l'intermédiation commerciale.... Et avec euc les Phéniciens, ou les Chinois, entre autres, tous bien avant que des tribus sémitiques se décident à plus ou moins se réunir et à opter pour une tradition religieuse allant lentement vers un monothéisme. Pour rappel, l'un des points d'orgue du code d'Hammurabi (bien avant qu'on parle "d'Hébreux") concerne la régulation de l'activité des banquiers, une espèce dont déjà, il y a 6000 ans, les gens civilisés considéraient qu'il fallait se méfier. Je dirais même plus: concurrence et compétition sont au coeur de l'espèce humaine, déterminés par les deux principes essentiels qui forment nos deux impulsions primordiales: survivre et se reproduire. Former des groupes est une nécessité qui peut, au moins pour les groupes essentiels, aller loin dans l'ordre des priorités qu'un individu intègre dans sa caboche, mais tout au fond, il est avant tout là pour sa pomme, pour garantir sa survie dans les meilleures conditions, et affirmer son statut pour accéder à la possibilité de transmettre ses gènes.... Ce qui renvoie à ton allusion aux diamants: les femmes en veulent (preuve de statut, valorisation, différenciation par rapport aux autres femmes avec qui elles sont aussi en concurrence, symbole d'une garantie de sécurité matérielle, donc de capacité à procréer et élever des enfants avec confort = validation), donc un homme qui veut une femme veut des diamants; les diamants sont rares, donc il y a de la concurrence et il faut accumuler des moyens (ou des coups donnés) pour obtenir le dit diamant. Tous nos mécanismes mentaux viennent de ces principes de base: on a juste ajouté de la complication par-dessus au fil du temps.
  14. Pas vu si ça avait déjà été posté: un exemple des volontaires occidentaux allant combattre; ici, une étudiante danoise qui est partie sniper des ISIS-iens, et, le point qui m'a intrigué, affirmant qu'ils sont "faciles à tuer", essentiellement via un certain enthousiasme pour s'exposer, par opposition aux soldats d'Assad. Ce n'est évidemment qu'un commentaire d'un individu, qui plus est pas un expert tactique, mais je trouve la notion intrigante. Son expérience étant de l'année 2015, cela révèle t-il, selon vous, quelque chose des troupes daéchienne au sol, elles qui ont été tellement présentées comme bonnes par les médias et, de notre point de vue en tant qu'observateurs lointains, ont collectionné les succès, y compris contre les troupes assadiennes? http://www.express.co.uk/news/uk/674323/Joanna-Palani-ISIS-Islamic-State-terrorism-Syria-Peshmerga-Iraq
  15. Tu as donc bien réussi ta campagne d'image.... C'est pas ce que tu voulais ?
  16. Je ne peux résister à la mention de ce (énième) scandale d'une université et de ses scandales sexuels: l'université baptiste de Baylor (Texas) a traversé une suite d'affaires de viols sur son campus liés à l'équipe de football de la fac, et à la gestion catastrophique de ces histoires. L'histoire est désormais classique: les équipes de football universitaires sont des machines à faire de l'argent qui vivent dans la fiction de "l'étudiant athlète" (où l'on sait bien que les cours suivis par les joueurs -sélectionnés uniquement pour leurs prouesses- sont essentiellement fictifs, de même que leurs diplômes) non rémunéré mais dont les études sont payées par la très corrompue National Collegiate Athletic Association (qui gagne des milliards sur le dos des dits étudiants athlètes, les soutient au lance pierre et les lâche sans rien à la première blessure). Sur un campus, ces joueurs (à 50 heures de pratique sportive hebdomadaire.... L'idéal pour suivre des études) ont quelques contreparties en nature, notamment un statut de facto de star, et tout pour les encourager à penser ainsi. Des affaires de viols ont fréquemment découlé de cette formule si saine . Et le mouvement classique de ce genre d'histoire est de voir la direction de l'université et le staff de l'équipe sportive incriminée tout faire pour foutre la chose sous le manteau, "gérer" la procédure en interne, et éviter le scandale, souvent au mépris de la justice, souvent, si la chose ne peut être évitée, en tombant brutalement et spectaculairement sur un ou deux boucs émissaires. Dans le cas présent, le scandale est rattaché à la période 2009-2016 où au moins 5 viols reconnus ont eu lieu, et où la gestion du coach de l'équipe de foot et celle du président de l'université ont été examinées et jugées catastrophiques par le "board of regents", ce qui est essentiellement une manière hypocrite de dire que ces deux hommes se sont fait prendre en train de d'étouffer dans l'oeuf (quand c'était possible) puis de couvrir des scandales et sont maintenant sacqués pour la chose par le conseil d'administration qui était, selon toute vraisemblance, tout à fait au courant et approbateur tant que rien ne faisait surface. Le coach de l'équipe était devenu un personnage difficile à atteindre vu son bilan exceptionnel dans ses fonctions (l'équipe est devenue l'une des meilleures du pays, et lui l'un des coaches les mieux payés, à 6 millions de dollars par an), mais le scandale est devenu tel, notamment via la persistance des victimes à se faire entendre, que la mentalité "gagner à tout prix" a du céder la place à un (très hypocrite) examen public de conscience concernant la sécurité sur le campus et la confiance dans les institutions de l'université et sa réputation. 2 des joueurs incriminés avaient été condamnés à de lourdes peines de prison il y a quelques années, mais cette pratique du bouc émissaire n'a pas suffi, finalement. Pourquoi évoqué-je ce fait divers? A cause du président de l'université. On parlait de lui il y a quelques posts, et j'ai trouvé la chose ironique, étant donné ses relations nouvellement bonnes avec Bill Clinton, via un milliardaire pédophile dont il avait assuré la défense.... Et oui, c'est encore lui! Kenneth Starr, messieurs! Le père la vertu des années 90, le croisé attaquant le président pornographe est en plein dans la mouise pour avoir couvert à répétition une série de scandales liés à d'authentiques agressions sexuelles! Ah!Et juste comme ça, en passant, Donald Trump a hier officiellement emporté la nomination à la candidature présidentielle du parti républicain, non via une primaire, mais par le ralliement de quelques délégués "non rattachés" (unbound) du Dakota du Nord. Il a donc franchi la barre des 1237 délégués requise pour emporter le processus des primaires républicaines, sans tambours ni trompettes et avant que les derniers Etats en lice aient pu se prononcer, notamment la Californie et le New Jersey. Je mentionne ça, vu qu'on en parle depuis un bail et qu'il s'agit quand même d'à peu près un an de braillades, d'énormités et de dépenses faramineuses.... Pour produire un Donald. La démocratie en action, quoi. Tous les pères de l'Etat de Droit et de la conquête de droits pour les peuples, tous les fondateurs de régimes démocratiques et les philosophes humanistes et des Lumières, les pères fondateurs américains en particulier, seraient si fiers. Cela veut aussi dire que Trump, très en retard sur ce chapitre, va avoir environs un mois et quelques avec les coudées plus franches que Clinton pour récolter des fonds et bâtir un "ground game" dans les 50 Etats et quelques territoires, mais surtout pour forger/reforger son image et son impact sur la conversation nationale.... Si tant est qu'il le veuille réellement, lui qui, loin de "devenir présidentiel" comme il avait été envisagé qu'il le fasse quand Cruz a dégagé du paysage, a redoublé d'efforts pour être toujours plus Donald, et toujours plus Trump, balançant insultes sur insultes, alignant les accusations infondées et les faits imaginaires, saupoudrant le tout de théories complotistes dont Alex Jones hésiterait à s'emparer. "Let Donald be Donald" disent les uns, "tenez-vous loin de lui disent les autres", "enculé" disent ceux d'en face. Mais Trump a fait avant-hier un coup bien vache à Clinton, en proposant, ou coproposant, un débat avec Bernie Sanders en Californie, pendant le show de l'humoriste-animateur Jimmy Kimmel. C'est un coup de pute et un vrai piège pour les démocrates, parce que Sanders a relevé le gant, évidemment, vu la pub que ça pourrait lui faire s'il s'en tire bien, et qu'un tel événement couvrirait la campagne démocrate, primaire et générale, pendant plusieurs newscycles, les chaînes de télé (surtout celle qui organiserait) bavant rien qu'à l'idée: ce sera forcément un truc national, et la pub en sera démentielle. Et Clinton passerait au second plan, ce qui est confirmé par sa propre réaction balayant la possibilité de l'événement d'un revers de main. Cela suggère que c'est donc très risqué pour Sanders: il y a bien sûr le risque de perdre totalement le débat, mais il est aussi pris maintenant entre le fait d'accepter et de se faire réellement détester et attaquer par l'establishment démocrate entièrement pro-Clinton (mais d'un autre côté, c'est déjà pas mal le cas), et celui d'abandonner (pour faire "teamplayer" et être un bon démocrate) et de perdre ainsi la face et l'attention juste avant la primaire de Californie. Les seules options pour tuer l'idée dans l'oeuf résident dans une forme ou une autre d'abandon mutuel, essentiellement attribué aux médias: trop peu de temps ou de moyens, refus de financer le truc, refus d'en redistribuer les bénéfices à de bonnes oeuvres (ce que Trump a proposé hier comme condition de son acceptation, s'offrant ainsi - et à Sanders- une porte de sortie).... Mais ça reste un piège, et l'attention qui a été obtenue par cette proposition peut-être à la base juste pour le fun, en moins de 2 jours, est énorme: il pourrait n'être pas possible de ne pas le faire. Et l'establishment démocrate est furieux, quoiqu'encore au stade du déni, parce que, pour les républicains, c'est un outil pour relancer Sanders et "réchauffer" la primaire démocrate que Clinton fait tout pour présenter comme terminée (ce qu'elle est objectivement, mais pas nécessairement politiquement -Sanders veut être en position d'obtenir plus de trucs-, et certainement pas médiatiquement. Tant que c'est le cas, Clinton ne peut être une candidate pour la générale, alors que Trump a désormais toute latitude pour ne s'attaquer qu'à elle, dans une campagne qui promet d'être le plus grand festival de pubs négatives et de catch dans la boue que l'Amérique ait jamais vue (ce qui fait fuir les électeurs, surtout modérés et indépendants, et favorise les républicains, même si le "facteur Trump" peut faire suffisamment peur pour motiver de larges pans d'électorat autour d'une plate-forme anti-Donald). Le problème d'un tel débat est que les Comités Nationaux des deux partis n'ont aucun moyen de l'interdire: ils peuvent organiser leurs débats en interne (et s'accorder pour les débats de la générale), mais si 2 candidats d'un même parti, ou 2 candidats de partis opposés pendant la primaire veulent débattre et trouvent une plate-forme, ils n'ont aucune possibilité de l'empêcher, et si la chose est populaire, ils n'ont pas intérêt à sanctionner leurs turbulents élèves.
  17. Tiens, en voilà un qui peut parler du sujet: encore un maroilles qui dit à un camembert qu'il pue ne sent pas très bon !
  18. Pour ré-atteindre durablement un tel prix, il faudrait que la demande augmente considérablement en tendance lourde (ce qui n'a pas vraiment l'air de se profiler), et que la production se réduise plus drastiquement: actuellement, les stocks publics et privés sont au plus haut et posent problème au producteurs qui savent pas quoi foutre du pétrole qu'ils ont déjà (alors que derrière, ça continue à pomper à plein régime côté Golfe et Russie). Que le prix finisse par remonter durablement aux niveaux que tu décris, c'est certain, mais au vu des stocks, de la continuité de la production chez les gros acteurs, de la demande en berne, ça risque de prendre plus d'un an.
  19. C'est un compromis historique: au XIXème siècle, la seule vraie grande compète sportive nationale, sans ligue professionnelle en existence, était la compétition des grandes universités qui, suivant la mode anglaise, s'étaient mises au football (le normal). Pour la saison 1876, pour je ne sais quelle raison (et je m'en tape, je crois bien), il a été décidé de passer à un jeu fondé sur les règles du rugby d'alors (toujours en suivant la mode anglaise), mais la notoriété acquise par le nom de la compète (à cette époque de médias plus rares et donc de changements publics difficiles, un nom bien établi valait de l'or), la force de l'habitude et le traditionalisme ont fait que le cadre dans lequel le championnat était organisé ne changea pas de nom, même si l'activité pratiquée, elle, avait radicalement changé. Au fil du temps, le sport en question connut sa propre évolution pour se démarquer du football (comme d'ailleurs le football canadien, assez proche de l'américain, qui a connu un changement similaire), mais le nom général demeura une fois que le pli fut pris. Mais fondamentalement, c'est juste une évolution du rugby qui a été trop flemmarde et/ou conservatrice pour changer de patronyme.
  20. Ca joue à certains endroits, et dans d'autres, c'est PETA, droit des animaux, écologie, la fourrure c'est ringard, on bouffe végétalien.... C'est grand l'Amérique, et les zones urbanisées et plus "liberal" de moeurs tendent à être nettement plus peuplées: y'a peu de gens dans les rocheuses et les Apalaches, et beaucoup sur les côtes. En plus, si on différencie chasseurs et chasseurs, aux USA, faut casser le mythe du rural ou, pire encore, de l'urbain qui veut "retrouver ses racines": la majorité des "chasseurs" aux USA vont dans des réserves spéciales où on les met à certains endroits pour shooter des animaux drogués (faudrait pas qu'ils fassent trop de manoeuvres évasives) qu'on relâche d'une cage (masquée dans le paysage.... Faut faire "vrai") sur commande, ou qu'on a rabattu dans un quasi couloir. Ceux qui vont authentiquement traquer leur truc, et qui ramènent quelque chose, sont presque un microphénomène si on veut vraiment mesurer, qui n'ont de réelle présence significative (au sens où ils sont visibles) que dans certains Etats très vides, ou certaines portions d'Etats particulièrement rurales (j'avais vu un truc sur l'ouest du New Jersey, très rural et peu densément peuplé -ce sont les paysages du film Le dernier des Mohicans- où malgré toute la "ruralité" et le caractère profondément conservateur de cette zone d'un Etat par ailleurs extrêmement "liberal", il y avait très peu de chasseurs). Il est certain cependant qu'il y a plus d'Américains qui aiment s'imaginer ainsi en rugueux hommes des bois.... Que d'Américains capables ou allant effectivement traquer du gibier. Mais même là, il faut revenir sur terre: la grande majorité des ricains ne pense même pas à chasser. Même quand ils s'imaginent plus virils qu'ils ne le sont, c'est en matant du football (enfin, ce qu'ils appellent football) ou, pour les plus aventureux et débordants de testostérone, du hockey sur glace; et éventuellement en matant des documentaires sur l'armée et des magazines de flingues, dont ils discutent ensuite (1 ou 2 octaves plus bas que leur ton normal) autour d'une bière.
  21. Dans le cas de Wasserman Schultz, c'est un pur cas de bouc-émissarisation volontaire: elle va prendre la balle, parce que ça ne va rien lui coûter d'autre que son mandat au DNC, mais ça va éviter de porter la conversation sur Clinton. Comme de toute façon, elle est élue dans un fauteuil dans sa circonscription de Floride, et que l'establishment du DNC prend de la FLAK de partout et va devoir faire une "introspection pour la forme" après l'élection (ce qu'ils font souvent même si cela ne débouche sur rien puisque tout le monde oublie le DNC jusqu'à la prochaine présidentielle.... Voir le cas du RNC après 2012), ça ne mange pas de pain et ça suit la musique. C'est une manoeuvre type: on "sacque" pour la forme une responsable, sans pour autant que le biais institutionnel contre Sanders, et avec lui tous les progressistes, écolos et "liberals", soit atteint en rien, puisque ce biais passe par à peu près tout le monde au DNC qui est le siège de l'establishment démocrate en politique (l'autre étant dans les médias et les cercles de financement). Et Wasserman Schultz aura rapidement d'autres récompenses et postes juteux pour avoir été le bon petit soldat. C'est le genre de manières très cheaps par lesquelles l'establishment espère réunir le parti pendant et après la convention, sans réellement concéder quoi que ce soi. Savoir si Sanders trouvera des parades, et surtout si la base acceptera un prix aussi modique reste encore à voir. On notera qu'Harry Reid, patron des démocrates du Sénat et pur produit de l'establishment, vient de faire quelque chose de comparable en prenant position sur le sujet du futur colistier de Clinton, en disant "niet" pour Elisabeth Warren ou Sherrod Brown, c'est-à-dire "niet" aux progressistes/liberals. Il sait que ça va attirer des coups, il le dit juste pour qu'Hillary n'ait pas à le dire parce qu'ainsi le veut l'establishment (c'est pas dit que ça va marcher ceci dit).... Mais qu'est-ce qu'il en a à foutre? Il ne se représente pas à aucune élection: il prend sa retraite.
  22. Je ne pense pas qu'entamer le débat sur les armes qui, d'une certaine façon, est sans fin, soit la meilleure chose pour le topic, et qui est extrêmement complexe car malgré les meilleures études sur le sujet, il reste difficile de faire des comparaisons "toutes choses égales par ailleurs". On mentionnera juste que, parmi les pays développés, l'Amérique a un problème particulier avec les armes, et un niveau de violence par armes à feu très supérieur, et que la cartographie de la violence par armes à feu aux USA est très corrélée à celle de la législation sur les dites armes, sans pour autant que ce soit absolument conclusif sur tous les plans, tant il y a de facteurs qui entrent en ligne de compte. Et je ne crois pas que l'éducation proprement dite compte particulièrement lourdement dans l'équation (on notera cependant qu'on parle ici moins de criminalité en général que de mortalité par armes à feu en particulier: dans ce cadre, les "pays voisins" que tu évoques sont plus mal lotis que nous, même s'ils sont loin des USA, et ont des circonstances particulières, comme des formes "d'encadrement" légal et social). La question aux USA est moins celle des armes à feu en général que la folie qui semble s'être abattu sur le pays depuis une trentaine d'années, et dont la NRA dans sa forme actuelle est le véhicule et le porte parole principal, à savoir la libre acquisition possession et circulation de n'importe quelle arme à feu et de n'importe quelle munition en quantités infinies, sans trop de conditions, de contrôles ou de suivi, essentiellement parce que les producteurs d'armes le veulent ainsi et ont pu, graduellement, profiter des circonstances politiques pour enfoncer le clou toujours un peu plus. A la base, le 2ème Amendement est un point sur le contrôle du gouvernement par la population, essentiellement par la reconnaissance de légitimité des milices citoyennes qui doivent pouvoir être le contrepoids à un Etat devenant tyrannique et/ou liberticide; c'est toujours ainsi que le texte avait été interprété jusqu'aux années 80, et la mission était considérée comme remplie puisque les milices existent; tous les Etats ont une garde nationale, et 34 d'entre eux ont en plus des "State Defense Forces" qui ne sont en aucun cas "fédéralisables" (comme les Gardes peuvent l'être temporairement et à certaines conditions). La protection personnelle par arme à feu n'a jamais été partie à "l'esprit" du texte. C'est une provision du droit de résistance à l'oppression, impliquant, par le terme "milice", qu'il doit s'agir d'une capacité de résistance organisée, parce que Joe SixPack seul avec son flingue ou son fusil d'assaut ou son bazooka, même s'il radine ses potes du club local de buveurs de bière, ne pèse rien face à une troupe militaire. Mais le débat est si polarisé depuis le changement d'interprétation du texte que les arguments ont été parasités par les excités des flingues à tout prix (alors qu'en face, il n'y a pas d'hystériques voulant supprimer les armes à feu, du moins aucun qui ait jamais eu accès aux médias de façon visible) et une foire d'engueulades stériles chaque fois que le sujet surgit, essentiellement parce que le lobbying de la NRA le veut ainsi; et on constate d'ailleurs une grande discorde entre les membres de la NRA et la direction du groupe, les premiers étant en moyenne beaucoup plus réceptifs à des possibilités de législation.... Mais rien ne pèse sur la direction, vu que le mouvement est essentiellement payé et voulu par les 12 grandes boîtes productrices d'armements avec une forte composante de vente civile.
  23. Ouais, enfin les deux fils allant buter des éléphants en Afrique et militants farouches de la NRA.... J'hésiterais à les qualifier "d'adorables". Y'a peut-être un fort biais de ma part parce qu'ils ont, extérieurement, toutes les apparences et tous les maniérismes (y compris vestimentaires) de trous du cul de Wall Street dans tous les aspects caricaturaux possibles, mais bon....
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