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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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"L'alliance" battait déjà de l'aile dans les minutes qui ont suivi son annonce, ses possibilités électorales réelles restant de toute façon du registre des effets d'annonce du fait de l'inertie des logiques électorales (pas facile de faire changer d'avis l'essentiel des électeurs qui sont, en plus, en moyenne, peu ou mal informés, et peu enclins à suivre les finesses tactiques et les annonces des candidats), de l'hostilité persistante entre les candidats et entre leurs campagnes et fans, le faible impact médiatique de la manoeuvre, son arrivée tardive (quelques jours avant? C'est encore pire que trop peu trop tard) et le caractère écrasant de l'avantage trumpiste dans la majorité des Etats restants. De plus, et malgré le ton des médias classiques (de plus en plus inadéquats, ineptes, trop évidemment achetés, et en baisse structurelle d'audience -surtout la partie la plus importante de l'audience: les indépendants, les jeunes, les indécis), ces deux candidats ne sont pas populaires: Kasich est peu ou pas connu et le reste, et quand il est connu, il n'est pas très apprécié hors de l'Ohio et de l'establishment républicain (son image de "modéré" ne prend pas, vu ses politiques ultra conservatrices... Et il n'est ni charismatique ni sympathique). Quand à Cruz, ce n'est pas ce récent effort du GOP de le mettre en avant comme recours anti-Trump qui a fait illusion ailleurs que dans les éditoriaux: il est franchement détesté (et assez détestable) hors d'une audience très particulière: la droite ultra conservatrice et ultra religieuse... Et encore, plutôt celle du Vieux Sud étant donné que les primaires des dernières semaines ont montré qu'hors de ces Etats, Trump l'emportait même dans cet électorat. Mathématiquement, Trump a une chance raisonnable de parvenir aux 1237, mais c'est pas acquis, ni même la probabilité la plus forte; la convention négociée reste la destination vraisemblable, à moins d'un complet effondrement des scores des 2 autres gus, qui est très possible en raison de l'impact des victoires de Trump sur l'électorat républicain. Il y a un "effet vainqueur" qui est une réalité tangible, tant en terme de ralliement des indécis, voire de conviction d'une certaine inévitabilité qui résigne certains opposants, et il y a un effet de découragement d'autres électeurs qui ne vont pas voter du tout. Cet effet peut être nettement accru dans le contexte américain par le niveau de la collecte de fonds: Cruz n'a qu'un seul réservoir où puiser (communautés religieuses et/ou ultra conservatrices du vieux sud), et s'il se maintenait en mars (entre 12 et 13 millions), il n'était que tout juste à la hauteur des besoins, et il n'est pas sans fond. Le niveau de collecte de Kasich n'a jamais volé très haut, et a eu une tendance à la baisse en mars (sans doute pire depuis), son maintien venant du fait qu'il fait une campagne "light"; le revers de cette médaille est que sa campagne n'aide pas à rehausser son profil et sa notoriété.
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Politique étrangère du Royaume-Uni
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Berezech dans Politique etrangère / Relations internationales
Et Cameron s'est fait prendre le cul entre deux chaises après cette montée du discours eurosceptique au sein du parti conservateur: je me demanderai toujours ce qui a bien pu se passer en interne pour qu'un référendum soit mis sur la table et que Cameron se sente obligé de l'annoncer haut et fort. Doit y avoir eu du sérieux vaudeville façon House of Cards (la série anglaise originale). Et en attendant, c'est Boris Johnson qui s'est positionné dans les anciennes chaussures de Cameron, prêt à rameuter un parti conservateur plus unanimement eurosceptique autour de lui. -
Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
Non, je n'oserais pas présenter de telles choses comme handicapant la démocratie en Russie, ce serait mesquin et caricatural, tout comme le fait de pointer du doigt le droit à la critique dans les médias ou le sort (ou plus généralement leur sentiment personnel de sécurité) de ceux qui essaieraient de faire une carrière politique n'ayant pas le tampon du Kremlin, ou encore le financement de la vie politique, des partis et associations (quoi les Poutiniens ont tout et les autres des restes? Pfff, des ragots de mauvaises langues pleines d'aigreur). Non, ce sont de petites choses qui en aucun cas ne peuvent influer sur l'immensité du raz de marée de la démocratie dont on sait bien qu'elle prévaut toujours face aux méchants. Que tu es persifleur, Alexis. Pour un peu, j'aurais cru que tu t'adonnais au sarcasme! -
Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
La campagne de Sanders vient encore une fois de prouver ce fait que les partis continuent à avoir du mal à intégrer, plus en raison de mauvaise volonté et de dissonnance cognitive (j'en ai été témoin direct quand je bossais pour un député) qu'autre chose: le contact direct est ce qui vend le mieux, quasiment l'un des seuls types d'action de campagne qui peut effectivement faire CHANGER d'avis quelqu'un, l'essentiel du reste ayant plutôt tendance à confirmer quelqu'un dans son choix initial ou inavoué, et, fait significatif, à motiver ou démotiver le fait d'aller voter. Il y a une frange d'électorat qui hésite jusqu'au dernier moment (entre les choix, entre le fait de participer ou non), mais celle-là est pour l'essentiel un mauvais investissement de campagne (en tant que cible spécifique) parce qu'elle continuera à hésiter jusqu'au dernier moment quoiqu'on fasse pour la démarcher; elle est donc considérée comme un impondérable, et surtout difficile à identifier/circonscrire (de fait, il faut la considérer comme passable par pertes et profits). C'est le démarchage direct qui marche le mieux au regard de l'investissement consenti, et dans ce cadre, les tracts eux-mêmes comptent très peu, et ne concourent pour l'essentiel qu'à la pollution urbaine: le fait de parler d'individu à individu (ou à petit groupe au plus) a l'impact le plus net. Mais les partis ne sont pas réellement prêts à faire ce qu'il faut (en France en tout cas) pour avoir la force de frappe nécessaire pour en faire une arme à effets massifs: cela requiert trop de changements internes, et cela introduit trop de nouvelles dynamiques dans leur machine, y compris dans les choix de candidats et cycle de l'info en interne (des doléances au programme)..... Et ça coûte du fric: si la plupart (on l'espère) des batteurs de pavé seront des militants bénévoles, ils vont requérir pas mal de temps de formation pour avoir non seulement de quoi faire des pitch et discours de campagne, mais aussi la capacité de répondre aux questions et de bien interagir avec le public, sans dire trop de conneries. Ca suppose du temps, des locaux, des cadres de plusieurs niveaux en grand nombre, des procédures d'élaboration de ces formations (et d'update des contenus), de "contrôle qualité".... Or les politiques préfèrent le fric pour la pub et les plans médias: c'est nettement plus centralisé et dépendant du sommet, comme mode d'action (bénéfice en partie psychologique: ça renforce la sensation de contrôle; dans un pays où la mentalité jacobine, élitiste et hiérarchique reste forte, ça compte), ça permet de faire circuler beaucoup de fric dans un petit cercle d'habitués (médias, experts/think tanks et autres), et ça indique la faiblesse (en partie voulue) du militantisme dans les partis de gouvernement (au regard des besoins) puisque la stratégie de ces partis repose de fait, via l'insistance sur le pilier médiatique, sur des élections à plus faible taux de participation. En sur-simplifiant, ça veut dire: les vieux et les ultra-militants et convaincus votent et pèsent.... Et moins l'élection est visible (cad hors présidentielle et législatives), plus le schéma joue. Problème: ça veut aussi dire que les militants ultras (ultra-gauche et ultra-droite) et "anti" votent et pèsent disproportionnellement, ce qui, dans le paradigme socio-économique contemporain, peut poser problème. Mais bon, désolé, c'est HS: c'est pas comme si le vote risquait de compter dans la direction politique de la Russie..... -
[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, j'aurais du mieux m'exprimer: c'est ce que j'entendais par "capacité de traitement". J'ai tendance à plutôt voir dans cette formulation le juge comme la partie émergée d'une "unité de traitement judiciaire", avec dans le package toute l'organisation et tous les moyens qui gravitent autour de lui. En voyant le truc ainsi, ça permet littéralement de comptabiliser les "unités essentielles", les "pions tactiques", de la Justice. -
[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Tiens, je me demandais si le délit d'intelligence avec l'ennemi (30 ans de prison, 450 000 euros d'amende) était employé comme chef d'accusation contre nos terroristes nationaux, et si, côté Belgique, il y avait un équivalent qui pouvait aussi être employé. J'ai pas vraiment fait attention à ce dont ils étaient accusés formellement lors des procédures pénales, donc.... Parce qu'en droit français, la définition de l'intelligence avec l'ennemi (si tant est que -autre chose que j'ignore- Daesh entre dans la définition du terme "puissance étrangère" employée dans ce cas) correspond bien à ce dont on peut inculper à peu près tous les maillons de la chaîne menant à un acte terroriste, et pas juste les tireurs/kamikazes si on en chope qui sont encore vivants. Oui, c'est ce qu'il me semblait: on peut discuter des pouvoirs du juge en Belgique (légitimes ou non dans leur état actuel, suffisants ou non....), mais le principal problème semble surtout venir du fait qu'il n'y a pas beaucoup de juges, et que leur capacité de traitement est franchement devenue ridicule au regard du besoin. Un copain avocat qui a déménagé à Bruxelles l'an dernier n'arrive pas à qualifier la Belgique par autre chose que le terme "république bananière": c'est sans doute très exagéré, mais lui a le nez collé en permanence dans les dessous de la finance belge et européenne.... Ca doit influer sur une opinion . -
[Belgique]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Jojo67 dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, je suis toujours fasciné par cette posture-réflexe qui se fonde essentiellement sur des "c'est juste pour une courte période", "c'est juste pour les méchants", "il y a des moments dans la vie où des mesures dramatiques sont nécessaires".... C'est précisément de ces mécanismes que naissent les régimes autoritaires, qui ne surgissent pas tout frais avec une idéologie et/ou un ensemble de politiques dures enveloppés dans un package tout neuf n'ayant rien à voir avec ce qui précédait: ils ne font qu'amplifier, ou même simplement rationaliser, des tendances existantes. Dans un tel exemple de "lois d'exceptions" pour raisons de "terrorisme", il va y avoir quelqu'un qui va définir qui est "terroriste" ou, encore plus vague, qui "soutient les terroristes", ou y est plus ou moins associé/ La grande sagesse qu'on a toujours après une tragédie fait condamner avec beaucoup de simplisme toutes les conneries, vraies et fausses, qui ont été faites avant, en refusant (c'est un blocage mental) simplement qu'il y a une part de risque dans la vie, surtout la vie d'un pays pluriel, ouvert et démocratique, qu'il y a et aura toujours une mégachiée d'impondérables, d'inévitables frictions et défauts de fonctionnement de systèmes humains complexes (mauvaise communication entre services, organisations par nature imparfaites et aux interactions forcément imparfaites....). L'inconvénient des reconstructions a posteriori est qu'elles critiquent tout trop facilement, et condamnent unilatéralement, compensant avec des "propositions" qui semblent pertinentes mais sont essentiellement artificielles et inapplicables pour la plus grande part. Et quelle est la plus facile, rapide et séduisante, donc le côté obscur de la Force? Ben y'a qu'à se foutre des fondamentaux de l'Etat de droit: on aurait arrêté ce gars là ou celui-là avant qu'ils méfasse. C'est si simple après coup, quand on connaît le coupable: forcément, en se projetant ainsi dans le passé, on sait qui viser et on n'arrête que lui. En réfléchissant ainsi, on ne peut faire d'erreur.... Et ce faisant, on fantasme aussi un peu sur l'impossibilité pour de tels dispositifs et précédents de dérailler, être abusés, devenir la nouvelle normalité qui, rapidement, s'étend à tout un tas d'autres domaines parce que ça semble si commode et ça facilite tellement la vie. Et par-dessus ce tableau, on accroît les effectifs et moyens des services et unités "spéciaux" (renseignement, unités d'intervention.... Soient les trucs plus centraux, qui dépendent plus directement du politique), souvent plus ou moins aux dépends des "normaux": jusqu'à un certain point, et dans des cas comme la France, où le renseignement a toujours été insuffisant, ce peut être une nécessité. Mais jusqu'à un certain point seulement, et pas aux dépends de la capacité normale de surveillance, quadrillage et contrôle du territoire. Surtout quand on voit les moyens dérisoires de la Justice (et sa faible indépendance toujours plus rognée), la réduction des moyens de la PJ (= la capacité d'enquête/résolution et suivi).... Plus un Etat de droit devient facilement intrusif et cavalier avec ses règles de base, plus ça traduit son impuissance; la baisse continue du niveau de ressources consacrées aux fonctions essentielles, notamment la police et la justice, ne peuvent se traduire que par cette tentation des Etats européens d'être plus agressifs. Mais ça ne donnera qu'une illusion d'efficacité, tout en créant de vrais dangers (aliéner plus de population, fragiliser la règle de droit, favoriser une vision "top-down" répressive des gouvernants et élites....): on s'est trop habitués à penser que la paix intérieure est un acquis et coûte peu (donc doit toujours coûter peu). Ca donne de mauvais cadres de réflexion. Surtout pour une menace qui, si elle est terrifiante, n'est en rien existentielle ou de très grande ampleur: c'est l'éléphant qui risque de se filer un cancer par anxiété à cause d'un moustique. Mieux vaut booster le système immunitaire (quitte à dépenser un peu plus d'énergie pour trouver les ressources qui l'alimentent et faire de l'exercice) que devenir hystérique et se lancer dans des chasses aux insectes tous azimuths. Plus de moyens et moins de lois d'exceptions et dispositifs "temporaires" qui deviennent la norme, c'est plus dur, mais c'est nettement plus sain. -
La série Star Wars continue !
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Remzou 2.0 dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ca c'est le genre de réflexion que je refuse de faire: je suis client, et Star Wars (l'épisode VI) est le premier truc que j'ai vu dans un cinéma à un tout jeune âge, me rendant fan à vie des films et de l'univers. Je n'ai pas à essayer de comprendre les raisons de ou à pardonner les erreurs, mauvais choix, facilités, maladresses, ratés ou bâclages: je veux un bon truc, et on ne me l'a pas donné. C'est le truc qui me fascine le plus sur les sites de discussion de films ou séries: ceux qui sont tellement fans que non seulement ils pardonnent, mais ils rentrent tellement dans le trip qu'ils expliquent les erreurs en essayant de démontrer qu'elles n'en sont pas, et en fait, construisent, ou plutôt inventent et adjoignent au film leur propre récit (ils projettent, en fait), essentiellement dans leur tête, où tout ce qu'il y a à l'écran fait sens pour eux, couvrant les conneries, niant les incohérences, remplissant les vides criants (qui ne sont pas des ellipses, un choix volontaire pour faire turbiner.... Si on les fait bien), et, au final, s'inventant un monde où le film (ou la série) est parfait ou presque, faisant le boulot qui aurait du être celui du réalisateur censé fournir un produit fini. Je ne critique pas complètement cette attitude: c'est le rôle d'une fiction, surtout de ce type, de procurer un tremplin à l'évasion, et c'est pour ce faire en partie le rôle du consommateur (spectateur, téléspectateur, lecteur....) de faire un niveau minimal d'effort pour aller un peu vers l'oeuvre. Mais pour ce faire, celle-ci doit éviter de faire trop d'accrocs à un certain nombre de règles (qualité visuelle, cohérence, plausibilité -même dans des trucs SF/fantasy, il y a des "lois de la nature" qui doivent être établies-, éviter les deus ex machinae, intrigue prenante, jeu entre des personnages pluri-dimensionnels....) qui sont les conditions pour que l'esprit puisse s'insérer dans le récit et se l'approprier. Evidemment, tout le monde ne place pas le curseur au même endroit, et en vieillissant, on devient plus difficile, des détails nous font sortir du trip qui ne l'auraient pas fait avant.... Mais quand même... Je mentionnais ce point des sites de discussion parce qu'il m'intrigue: je vois ainsi tant de commentateurs littéralement aliénés par leur fan-itude, qui défendent l'indéfendable souvent au point de la mauvaise foi ou du désespoir. Récemment, ça m'a particulièrement frappé sur un board consacré à Batman vs Superman: ça valait vraiment une étude sociologique et psychologique. Je ne suis pas en train de dire que c'est ton cas: j'illustrais juste ma réaction à ta remarque par une comparaison extrême, pour souligner qu'on n'a pas à faire le boulot du réalisateur (et du producteur vendant le film) pour lui en tripant au point d'inventer trop de trucs qui ne sont pas à l'écran, en supposant trop au-delà de ce qui est effectivement dit ou suggéré dans le film. Ca couvre les lacunes, ça pardonne trop, et, au final, ça tend à faire dérailler notre bon sens. On paye en fric et en heures de vie perdues pour voir ce truc, on a le droit à un bon ROE, ou à une sincère râlarie pour décompresser si c'est pas le cas. -
La série Star Wars continue !
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Remzou 2.0 dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Abrams ne pouvait pas faire un Darth Vader bis: il fallait un antagoniste (terme plus juste que "méchant", trop mélodramatique et unidimensionnel, ce à quoi a d'ailleur échappé DV, non seulement par sa rédemption finale, mais aussi par les liens personnels, d'abord avec Ben dans le IV, puis surtout, avec son attitude particulière envers Luke dont la raison est révélée dans le V), et il fallait qu'il soit différent de DV. L'option choisie ne m'a pas parlé, je ne la trouve pas réussie du tout, moins par le côté tourmenté du personnage (une bonne idée de base -la famille la plus dysfonctionnelle de la galaxie-, mais à mon sens mal travaillée et caricaturale) que par sa nullité en tant que chef de guerre, sith et combattant: lui donner plus de contenance en en faisant d'emblée un adversaire formidable eut été nettement plus judicieux, précisément pour lui donner une stature qui compense ses colères et conflits intérieurs d'ado en fuite, l'apprenti sorcier aux pouvoirs immense, l'enfant immature mais incroyablement dangereux. Là, il se prend pilées sur pilées, foire tous ses plans dans un seul et même film.... Comme dit plus haut, elle croit que tout ça, ce sont des contes pour enfants, et y'a qu'un seul prof possible dans la galaxie SW au moment de l'histoire, donc la formation préalable est à oublier. En faire une telle Mary Sue (voir définition du concept nettement plus haut dans le topic.... Ou sur Wikipedia) est pour moi l'erreur la plus grave de ce film, le truc qui m'a gâché mon plaisir, avec en second la nullité de l'ordre impérial (le ridicule de leur "arme absolue" et des distances étrangement courtes dans la galaxie, les soldats incompétents qui sont censés avoir été endoctrinés et surentraînés depuis l'enfance....): elle fait trop de trucs trop bien trop tôt, n'a pas de faille sauf des fausses (cad qui "n'affaiblissent" pas le perso) dans les moments d'une sentimentalité exacerbée et facile (du racolage émotionnel cheap pour les ados), et enlève absolument tout intérêt, tout poids dans l'action et toute dimension aux autres personnages. Sérieux, à quoi sert Finn à part d'être le comique de service et le quota ethnique? Et le pilote censé être un nouveau Han Solo, avec sa place dans l'histoire alignant les incohérences (et une absurde bromance avec Finn qu'il a croisé pendant 10 minutes à tout péter)? Quand aux "anciens", ils sont vraiment ramenés à la portion congrue, surtout Han qui est la victime sacrificielle du film de toutes les façons possibles, juste là pour servir de piédestal à Rey et d'outil narratif bâclé pour le "rite de passage" de Kylo Ren. Gaspillage d'une ressource rare: sa mort eut du être mieux amenée et utilisée! Je ne comprends pas comment des fans de plus de 15 ans ayant déjà vu les films précédent peuvent avoir le moindre pic émotionnel autre que de l'outrage face à ce ratage. Pour notre époque faussement libérée, et pour le manque d'originalité de cette nouvelle trilogie: - Je suis ton père - noooooooooooon!!!!! - j'ai couché avec ta mère!!!!! - naaaaaaaaan! - et je lui ai fait %µ*$#!!@ tout partout, et aussi.... -
Tu dois confondre: elle ne s'est jamais vraiment faite remarquer sur les questions d'éducation. Elle est plutôt connue pour ses prises de position en matière de renseignement (dont elle est experte), de collecte de données, de port d'armes, de débat public et, son "grand acte" de l'an dernier, sur la torture par la CIA: elle a présidé la rédaction du fameux rapport pointant les problèmes, fautes, crimes et mensonges du renseignement américain, y compris dans ses rapports au Congrès, tout comme elle est celle qui a fait péter le scandale des écoutes du Congrès par la CIA. Dans l'ensemble, c'est une démocrate "hillarienne", plutôt centre-droit avec quelques options sociétales de gauche (marie-jeanne, mariage gay, environnement) qui vont bien avec sa situation (démocrate de Californie) et sa circonscription d'origine (San Francisco, dont elle a été maire); on ne la verra jamais aller contre l'avis des multinationales, surtout de la Silicon Valley, elle a un agenda corporate, ne fera pas de vagues côté économie, a voté avec les moutons pour la guerre en Irak (en sachant très bien le vide du dossier, ce qui a été confirmé par des confessions faites dès l'été 2002, avant le vote d'octobre pour la guerre), et se concentre plus sur ses quelques sujets de choix où elle a fait ses preuves. Je vois mal une démocrate, qui plus est de Californie, qui n'a aucun besoin de satisfaire un électorat conservateur, dépend plus des syndicats d'enseignants et a été élue et réélue dans un fauteuil (avec sa partenaire, Barbara Boxer, du même acabit), faire ce genre de sorties.
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Ce changement correspond surtout à son virage, encore lent, en matière de staff de campagne: depuis que les efforts de Cruz (analogues à ceux de Ron Paul en 2012) en matière de "séduction/racolage" de délégués déjà élus (pour le 2ème scrutin et ceux d'après) sont parvenus sur la place publique, il semble que Trump a finalement intégré l'info (que tout le monde connaissait dans les cercles politiques et journalistiques) et a commencé à engager des vieux routiers de la politique pour essayer de combler le retard ou limiter les dégâts éventuels en cas de convention négociée (qui reste le scénario le plus probable encore aujourd'hui: c'est la primaire de l'Indiana -où Cruz a un sérieux coup à jouer- et/ou celle de Pennsylvanie -avec sa proportion de "unbound delegates"- qui le diront franchement). Par là, et à la faveur du scandale ayant entouré son premier chef de campagne (la journaliste qu'il aurait poussée/brutalisée ou non) et de son remplacement, l'organisation Trump a commencé à se structurer en vraie campagne politique professionnelle, s'étoffant, embauchant des vrais joueurs de ce milieu et; apparemment, en suivant leurs conseils, nécessaires semble t-il pour aller au-delà de la notoriété et de l'électorat qu'il a constitué, qui lui ont aussi coûté un niveau d'impopularité nationale pour l'instant insurmontable. C'est tout son nouveau défi: rester braillard et cash dans ses formulations, agressif et diviseur, pour l'audience, tout en opérant le virage rassembleur: un boulot d'équilibriste hypocrite.... Aussi appelé "politique".
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Russie et dépendances.
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Tactac dans Politique etrangère / Relations internationales
N'oublie pas quand même que cette façon de présenter le blocus continental est une vision idyllique créée a posteriori, dans l'euphorie de l'effet de rattrapage de l'économie anglaise post-1815 (où son avantage industriel s'affirme brutalement pendant 2 décennies au continent): l'Angleterre a de fait survécu, mais dans un état de crise ou semi-crise économique permanente pendant la période du dit Blocus, avec un krach boursier majeur en 1812 et des crises boursières d'ampleur plus modérée à d'autres moments. Il faut aussi ajouter que le Blocus Continental était très imparfaitement tenu (avec une complicité active de nombreux gouvernements), fournissant ainsi des espaces commerciaux (de fait) suffisants pour offrir une soupape bienvenue aux Britanniques, sans laquelle ils n'auraient pu encaisser le choc. L'autre compensation, soit les marchés non européens, fut faite de façon incroyablement agressive, oppressive et guerrière, une option qui n'est plus disponible aujourd'hui pour la Russie ou l'Europe: il n'y a simplement pas suffisamment d'espace commercial disponible à conquérir "à la régulière" (même pas une fraction du besoin), et aucune possibilité d'imposer ses desideratas et besoins à d'autres marchés, et surtout pas dans les proportions désirées. On notera qu'un des points d'orgue majeur du Blocus fut la posture vis-à-vis des USA: les Anglais (à comparer plus avec les Russes ou l'UE dans le cas présent) étaient tellement aux abois et si enclins à une posture commerçante oppressive et guerrière, qu'ils multiplièrent les comportements et politiques "égoïstes" à l'extrême, poussant le bouchon toujours un cran plus loin, tant en réponse au Blocus que par nécessité perçue, mais aussi par continuation exacerbée de leur façon de concevoir le commerce et les relations internationales. Les USA, plus que tous les autres neutres, furent ainsi de plus en plus pressurés et contraints de choisir une posture, surtout après 1807, forcés dans une surenchère permanente qui débouchera sur la guerre de 1812, de fait le coup le plus dur au commerce anglais, s'ajoutant à tout ce qu'il subissait déjà en général, et prenait dans la gueule cette année là (invasion de la Russie, dont le commerce avec l'Angleterre, qui venait de reprendre, s'effondra). L'avantage de l'Angleterre dans cette lutte fut plus son système financier (et évidemment son insularité -et ce qui en découle-, qui offrait une garantie inégalable d'existence continue), parce qu'il était relativement efficace, mais surtout, parce qu'il n'avait pas d'équivalent ailleurs, offrant aux Britanniques une capacité d'emprunt, donc de financement de la guerre qu'aucun Etat continental ne pouvait même approcher: l'endettement qu'il permettait (et l'impact économique de la dépense publique) fut aussi, incidemment, l'élément déterminant qui permit à l'économie anglaise de continuer à exister. Si on place la Russie ou l'UE dans les chaussures anglaises de la période, quelles conclusions en tirer? Pour les deux camps, la soupape attendue des marchés extérieurs ne peut offrir le même degré de compensation dans le monde d'aujourd'hui, surtout pour la Russie qui, comme l'Angleterre de 1815, s'est rendue plus dépendante de certains marchés, avant tout la Chine, qui subissent leurs propres crises (dommage pour un exportateur de matières premières, c'est ce qui s'est effondré): pour l'Angleterre, c'étaient les USA, qu'ils ont poussés à bout. Pour les deux camps, quelque chose doit céder/souffrir pour supporter la pression dans le temps: la manne pétrolière et la population côté Russie, la population et les finances publiques côté UE. Côté Russie, la manne des ressources naturelles souffre aussi d'une crise particulière qui réduit drastiquement le temps que le pays peut s'offrir. Mais dans les deux cas, il y a le facteur qui compte autant qu'en 1806-1815: la volonté politique, modulée par les calculs des parties en présence. Celle de l'Angleterre en 1815 a été plusieurs fois sur la sellette. (notamment en 1807 et 1812), mais la résilience des populations était alors plus grande (dans l'absolu: je ne parle pas ici de "caractère" ou de trucs comme ça, qui motivent plus des fantasmes du passé qu'autre chose), non en petite partie parce qu'elles étaient aussi plus "contrôlables" (moindre urbanisation, moindre information, moindre capacité à s'assembler, à protester et à peser, plus d'impératifs de survie immédiate pour le plus grand nombre....). Dans l'absolu, je constate que dans une équation de ce type, le plus grand danger vient de soi-même et des politiques qu'on adopte pour résister à ce type d'agression indirecte, des balles qu'on se tire dans le pied en croyant qu'elles vont vous sauver, comme l'Angleterre a fait avec les USA entre 1807 et 1812. -
De multiples facteurs concourent néanmoins à en faire un candidat faible et/ou une présidente faible: - les indépendants préfèrent massivement Sanders: y'a même pas photo en la matière - les prévisions de Sanders face aux 3 républicains sont meilleures que celles de Clinton - plus important encore: comme Trump à droite, Sanders fait venir des électeurs qui, autrement, ne votent pas, y compris nombre de gens qui se disent démocrates et se sont retranchés structurellement dans l'abstention. En particulier, Sanders mobilise les jeunes, qui penchent notoirement et notablement à gauche, mais sont ont aussi les records absolus en matière d'abstention. Clinton, par comparaison, est une candidate de faible participation, étant assez largement impopulaire, peu aimée, et peu inspirante. Cette année, malgré une forte participation, sa candidature a ramené moins de vote aux primaires qu'en 2008 - pour convaincre un électeur de plus, Clinton doit dépenser beaucoup plus de temps, énergie et ressources: elle est une quantité trop connue (faiblesse qui va avec sa force), qui aura du mal à convaincre de quoi que ce soit qui n'est pas déjà dans son image (plutôt pas très bonne) - elle a une action en cours du FBI qui lui colle au cul, sur laquelle les républicains ne demandent qu'à continuer à se jeter (continuité de Benghazi et des emails), et qui peut poser problème non seulement dans les 8 semaines restantes de primaires, mais après aussi dans la course générale. C'est une épée de Damoclès potentielle, l'accident de parcours qui peut (même si c'est relativement improbable) foutre un grand merdier dans l'élection et/ou des munitions à Trump. - Clinton repose sur l'inertie acquise par son couple politique: le souvenir de la présidence Clinton et des années 90, la machine politique qu'ils ont créé depuis plus de 20 ans, la notoriété immense, les soutiens institutionnels et médiatiques acquis, les masses de fric assemblées et rassemblables.... Beaucoup de ces avantages sont disproportionnellement puissants dans une primaire, auprès d'un électorat déjà partisan - par extension, beaucoup de ces facteurs sont aussi un problème aujourd'hui majeur dans une élection générale, en cette année qui a vu précisément les "anti-système" (ou ceux qui clament l'être) battre toutes les anticipations. Cette tendance est en phase avec la colère de l'électorat en général, pas que des encartés Sur ce dernier point, un petit aparté d'ailleurs: quand on parle des règlements électoraux différents selon les Etats, il faut aussi souligner que l'accès au vote en fait lui aussi partie: chaque primaire peut ainsi être une primaire "ouverte", où tout citoyen peut voter, ou une fermée, où seuls les encartés ont accès. Mais on peut aussi vicier le processus en imposant, à l'avance ou en dernière minute, un caveat disant qu'il faut être membre du parti depuis X semaines, mois ou années (ou toute autre condition). C'est ce qui vient de se passer dans la primaire de NY (une primaire fermée) où des centaines de milliers de membres du parti démocrate ont vu leur vote invalidé (ou empêché) via une règle édictée peu avant l'élection, selon laquelle il faut avoir été membre du parti depuis 6 moins pour pouvoir voter (il y a 6 mois, Sanders était déjà en fulgurante ascension, mais encore relativement peu connu). A Brooklyn (le borough de naissance de Sanders), 126 000 électeurs se sont ainsi vu simplement purgés des registres électoraux. Une action judiciaire est en cours depuis un petit moment contre cet état de fait, donc affaire à suivre.... Mais il est intéressant de noter que les officiels du parti démocrate ont été forcés d'en prendre acte au milieu de leur euphorie de ce matin, tant les effectifs concernés sont conséquents. La campagne Sanders a émis une protestation à cet égard (la majorité de ces nouveaux encartés ayant largement plus de chances d'être des "Bernistes") malgré un comportement électoral jusqu'ici plutôt reluctant quand aux contestations de résultats (ça donne l'air aigri et mesquin). Il ne semble pas qu'ils iront jusqu'à une plainte et un procès, l'écart dans les résultats semblant trop grand pour que la contestation vaille vraiment le coup. On peut regarder cette affaire de bien des façons, souvent légitimes: au-delà d'erreurs assez massives dans les purges des registres pour les encartés démocrates (qui font soupçonner malice puisque les zones les plus pro-Sanders ont vu les purges les plus massives), on peut se dire que les électeurs doivent se renseigner par eux-mêmes, même si les délais induits sont plutôt scandaleux (en octobre, personne ne connaissait les candidats hors des ultra célébrités, et personne ne se préoccupait encore de la primaire: difficile de choisir une affiliation de parti si on ne voit personne de convaincant). Mais une chose est plus sûre: c'est le genre de fonctionnement qui fait fuir les électeurs et les membres de parti, l'un des trucs qui énerve beaucoup de monde, fait pointer du doigt "l'establishment" et les élites de partis qui veulent garder la haute main sur toutes les manières possibles de contrôler partis, élections et vie politique, fait augmenter le nombre d'indépendants de manière continue, fait croître l'abstention (un fait particulièrement dangereux pour les démocrates, les républicains dépendant d'une faible participation)....
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Etant donné l'état de la politique américaine et de la scène médiatique, mais aussi et surtout la personne publique de Clinton et la vision que les Américains en ont, il n'y aura pas d'état de grâce si elle l'emporte, ça c'est une certitude, et ce encore plus en considérant que les démocrates ont très peu de chances de récupérer la Chambre des Représentants en novembre (surtout avec Clinton comme figure de proue). Quand à savoir si Sanders (qui n'est pas réellement beaucoup plus âgé que Clinton, rappelons-le: 5-6 ans de différence, tous les deux grands-parents) aurait intérêt à ce qu'elle perde pour arriver en chevalier blanc d'un parti démocrate déconfit, je doute fortement de la chose; la culture politique américaine garde une composante plus négociante que ce qu'on peut avoir en France où le fonctionnement est purement adversarial (ce qui fout vraiment la merde), et on coexiste mieux quand il y a quelque chose à partager (en l'occurrence une victoire et une majorité). Et il faut surtout noter que pour l'instant encore, Sanders a beaucoup de cartes en mains pour "négocier" un ralliement et une gauchisation du parti démocrate (structuration plus forte des liberals et progressives, et ralliement d'une part plus ou moins importante des indépendants, visibilité accrue de la gauche et de programmes de gauches pendant longtemps rendus tabous par le reaganisme), c'est vrai, mais la plupart sont des cartes temporaires, potentiellement très éphémères et liées à l'élan de sa campagne dont on est déjà en train de se demander s'il va survivre à la défaite à NY la nuit dernière. S'il parvient à maintenir le combat jusqu'à la convention avec le même niveau de succès, qu'on verra dans les résultats, mais surtout dans la continuité ou non de sa capacité à lever des fonds (autour de 40 millions/mois ou plus) ça veut dire qu'il est solide et là, il sera capable de se négocier; s'il la joue bien (et c'est tout l'enjeu), il pourra amener un ralliement qui n'aura pas l'air d'une soumission, ce qui est une condition essentielle pour maintenir son mouvement et commencer à en faire une nouvelle structure nationale plus ou moins intégrée au parti démocrate. Mais c'est un exercice délicat, qui repose sur des conditions dont il reste à voir si elles existent encore et continueront à le faire jusqu'à la convention, et sur une exécution réussie. Parce que beaucoup de choses reposent sur le maintien de l'élan qu'il a créé, qui n'est pas unanimement prêt à soutenir Clinton et la ligne qu'elle représente à n'importe quelle condition: il semble que le temps de la gauche soutenant un parti démocrate de centre droit avec options de gauche soit révolu. Mais ça ne veut pas nécessairement dire que la transformation de ces tendances en une structure nationale soit une évidence: c'est pas un exercice facile. Pour l'instant, Sanders n'a qu'une organisation de campagne, dans les faits: difficile de parler encore de "cadres" et "d'influence" hors de ce contexte par essence temporaire, et c'est donc là que va résider sa principale tâche qu'on peut essentiellement résumer à "transformer l'essai". Et elle a déjà commencé: consolider le temporaire pour en faire du permanent. Déjà difficile quand on parle d'organisation et de moyens, ça l'est encore plus quand on parle d'enthousiasme, de hauts niveau de volontariat, et de larges pans d'électorat. Bref, il faut qu'il crée une "marque" politique identifiée et identifiable, avec l'infrastructure permanente qui va avec (qui coûte une blinde). On notera, suite à l'élection d'hier et dans un Etat où Clinton a une forte popularité (et un fort taux de "vote résigné"), les tendances dans l'électorat de Sanders restent assez révélatrices, mais les chiffres chez les moins de 30 ans en général (pas d'affiliation de parti) sont assez impressionnants: seuls 46% de ces électeurs sont sûrs de voter pour Clinton en novembre, 32% pensent qu'ils le feront "probablement" (ce qui veut aussi dire qu'il y aura une plus forte tendance à l'abstention dans ces 32%), et 20% disent qu'ils ne voteront certainement pas pour elle. Dans l'Etat le plus "liberal" qui soit, et la tranche démographique la plus à gauche, avec comme perspective en face le candidat le plus détesté de l'histoire américaine, ce serait presque choquant. Dans la continuité de ce qui s'est passé dans les autres Etats, le taux de participation républicain a battu des records, avec plus de 857 000 votants (190 000 en 2012, 643 000 en 2008); côté démocrate, la participation fut aussi très élevée (1 790 000), même si elle reste en-dessous de l'année historique que fut 2008 (1 862 000). Clinton, malgré sa victoire, a en fait reçu moins de votes qu'elle n'en avait eu en 2008, même si elle en a quand même reçu 2 fois plus que Donald Trump (qui était aussi plus de 200 000 votes derrière Sanders qui prouve ainsi qu'il pourrait emporter l'Etat dans une générale).
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Dans l'ensemble, ton pronostic reste juste, à ce que j'entends dans les médias US, tant les corporate medias (networks, câble, presse écrite et leurs avatars numériques) que les "new medias" non adossés à un quelconque géant capitalistique (essentiellement Buzzfeed et quelques trucs comme TYT): Donald a une vraie bonne chance de l'emporter au premier scrutin, tant via ces systèmes de "winner takes all" qui, malgré leurs limites, restent quand même des bonnes possibilités de récolter sec, que par le fait plus prosaïque que son "slump" d'il y a 2 semaines (gaffes répétées, assauts concertés, montée en puissance des PACs anti-Trump très financés) est aujourd'hui complètement résorbé et qu'il semble continuer à faire surgir de nouveaux électeurs (essentiellement des conservateurs, républicains durs et diverses droites tendance très à droite, plus une portion de démocrates plutôt progressistes mais radicaux, tous avec pour point commun le fait qu'ils ne votaient plus depuis longtemps) et à conserver les mécontents conservateurs fâchés contre l'establishment du parti. Et c'est encore plus vrai dans les Etats très urbanisés et côtiers qui sont l'essentiel de ce qu'il reste encore à faire voter (Cruz n'ayant réellement sa chance que dans les quelques Etats du nord des Rocheuses et du Midwest -vides- encore sur la liste): Pennsylvanie, New Jersey, NY et Californie sont les cibles principales, et Trump affiche un avantage insolent dans son nord est natal (mais étrangement pas du tout dans son quartier et sa circonscription de naissance, là où il a grandit: il aurait laissé un mauvais souvenir.... O choc!). NY et le New Jersey (la "banlieue qui pue" de NY.... C'est ainsi que les New-Yorkais aiment voir cet Etat) pourraient le voir non seulement premier, mais nettement majoritaire. Une chose reste sûre, l'establishment républicain continue à mal réagir à Trump, à essayer de torpiller sa candidature (et à se torpiller lui-même en s'appuyant sur Cruz pour le faire -oubliant étrangement qu'ils le détestent unanimement) et à aligner les conneries, s'enfonçant entre autres dans les complexités légalistes byzantines d'une convention négociée dont ils semblent sûrs de tirer un résultat satisfaisant, sans se rendre compte qu'ils risquent la catastrophe ce faisant, soit en créant un bordel monstre (qui pourrait aller jusqu'à la violence et à des scissions politiques majeures), soit en foutant en l'air tout le cycle électoral en en faisant fuir les électeurs, non seulement ceux amenés par Trump, mais aussi une partie de ceux déjà là (notamment les pro-Cruz, dont beaucoup sont tout aussi anti-système). C'est assez con de faire ça dans un pays où on vote pour tout d'un coup (exécutif, législatif et judiciaire, aux niveaux local, étatique et national), sur le même bulletin. Mystère absolu: Sanders a dit qu'il voterait Clinton et ferait campagne pour Clinton, mais tout le monde a dans l'idée, surtout au vu de son ton nouvellement agressif contre elle depuis 1-2 semaines, que la négo de ralliement sera houleuse et difficile: il a l'air de vouloir réellement faire ce qu'Obama n'a pas su faire, à savoir créer un rassemblement progressiste au sein du parti démocrate qui soit autrement plus sérieux que ce qui existe aujourd'hui, ce pourquoi, notamment, son impressionnant appareil de collecte de fonds (qui tient en grande partie à sa personne et à son attrait comme personnage "hors système" et incorruptible) et la capacité d'attraction qu'il a su se bâtir, ont une importance capitale pour le parti, mais ne peuvent être non plus aisément cooptés (même si Sanders le voulait bien: il ne peut pas se rallier veulement et servilement: il doit avoir l'air de pouvoir poser des conditions fortes). Pour l'électorat, il est sûr qu'il y aura des fuites vers Trump, mais surtout des fuites vers l'abstention, et c'est là aussi un enjeu majeur pour Sanders s'il veut être plus que la sensation d'une saison et veut faire durer son mouvement suffisamment pour créer une nouvelle étiquette politique liée à une structure solide, un "sous-parti" rallié à l'étiquette démocrate, mais qui puisse désormais prescrire la direction de cette étiquette et l'éloigner définitivement du compromis initié dans les années 1980-90 qui en a fait un parti de centre droit (plus précisément, aligné sur la politique dictée par les grands contributeurs corporate) avec une aile gauche majoritaire, mais impuissante (et le "compromis" se faisant sur les questions sociétales à faibles conséquences fiscales ou économiques), soit la version américaine du blairisme.
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Je mets un bémol conditionnel (nouveau concept ) sur le cas Trump quand aux élections restantes: je n'ai pas regardé le détail des règlements d'élections de chaque Etat, particulièrement dans le cas des "winner takes all states", mais je souligne quand même que ce qualificatif ne veut pas nécessairement dire que celui qui a le plus de voix emporte tout. Plus précisément, beaucoup d'Etats dans ce cas ont des conditions: pour certains, il faut arriver à la majorité pour emporter tous les délégués de l'Etat (un concept que nous connaissons bien en France), et si personne n'y arrive, c'est une répartition proportionnelle; pour d'autres, le principe "winner takes all" n'est pas au niveau de l'Etat, mais des circonscriptions, avec le même caveat majoritaire qui peut aussi être adjoint ou non, et enfin, pour certains, on est effectivement dans le cas de l'attribution de tous les délégués à celui qui arrive en tête, quel que soit son score. Encore un petit point pour Trump avec la Pennsylvanie (point que j'avais fait plus haut dans le topic, à la page précédente je crois): elle a un nombre anormalement élevé de "unbound delegates", soit des délégués élus mais non liés à un candidat, qui restent libres de leur vote dès le premier scrutin à la convention. Ils sont 54 je crois, mais je ne me souviens plus s'ils font partie du total que tu rappelles ou s'ils s'y ajoutent. Néanmoins, les deux tiers d'entre eux indiquent (selon un sondage) que quelle que soit leur préférence personnelle, ils voteront en suivant la préférence du suffrage de la primaire (donc Donald). Pour la générale (non, pas Mme Clinton), l'un des points cruciaux que soulignent les cotes d'impopularité/popularité (unfavourables/favourables) pour Clinton est que son problème résidera, si elle est effectivement nominée comme c'est probable, dans la faible attractivité de sa candidature, non en terme de choix de vote, mais plus prosaïquement en terme de choix de voter tout court. Le fait est que Mme Clinton ne soulève aucun enthousiasme au-delà du socle principal d'électeurs démocrates "raisonnables" et des indépendants qui vont de toute façon voter. Elle est une incarnation du "vote utile", réglé sur le cran "on pourrait avoir pire": dans l'imagerie mentale de la scène publique, elle est l'assiette de légumes verts dont on se dit qu'il faut bien en bouffer de temps en temps, même si dans la réalité, elle est plus une continuation du "business as usual", qui verra le système actuel hautement corrompu et polarisateur de richesses (et d'opinions) se renforcer encore plus, avec peut-être un peu plus de miettes qui tombent de la table pour les "99%), soit en aucun cas l'aliment sain qu'est le légume vert. Mais le point est que c'est là la faiblesse potentielle de sa candidature, et la raison pour laquelle Sanders est projeté comme pouvant l'emporter avec beaucoup plus de marge face à chacun des 3 candidats républicains potentiels: sa candidature fait sortir nettement plus de gens de leur canapé. Clinton, elle, ne peut compter sur un tel effet, malgré le net virage à gauche que le succès inattendu de Sanders lui a fait prendre il y a 5 mois. Le problème d'Hillary, et la chance potentielle de Trump -que son impopularité ne menace pas de dissuader le vote, mais ne fera pas non plus voter de larges contingents de nouveaux électeurs en opposition à sa trogne-, c'est donc le faible taux de participation qu'elle risque de provoquer. Sinon, vendredi dernier, Gallup a publié les résultats d'une enquête assez approfondie pour représenter les sentiments des Américains sur le sujet de la taxation. Il apparaît que 62% des Américains trouvent que les riches paient trop peu d'impôts, 25% seulement pensant qu'ils paient une juste part. Et 69% trouvent que les grandes entreprises ne sont pas assez taxées (16% pensant que les niveaux sont justes).... Ce dernier point omettant d'entrer dans le détail pour sonder le sentiment sur le fait qu'elles ne paient de facto pas ou peu d'impôts. Mais cette enquête de Gallup visait à ne laisser aucune ambiguité, donc ils ont modulé les échantillons et les questions: en interrogeant les "modérés" (en termes d'opinions), ils ont trouvé que 67% d'entre eux voulaient plus d'impôts pour les plus riches, et en se concentrant sur ceux qui gagnaient entre 75 000 et 150 000 dollars par an (classe moyenne supérieure et "well off"), il est apparu que même ces probables bastions d'un certain conservatisme fiscal trouvaient (à 57%) que les impôts devraient être plus élevés. Pour pousser le vice, l'institut a formulé la question de la façon la plus foxnewsesque/aynrandienne/JohnBirchienne possible (avec des mots comme "plus de redistribution des richesses", "gouvernement", "lourdes taxes sur les riches".....): à 52%, les Américains répondent "oui". On est désormais très loin non seulement des certitudes fondant le paradigme politique des 40 dernières années, mais plus encore, du ton général encore d'actualité sur les grands médias américains dont le niveau de réflexion économique, sur les chaînes conservatrices comme sur les "liberals", reste généralement centré sur le refus de la taxation et sa baisse comme le seul moyen de créer de l'activité. Encore un tabou et une paire d'oeillères mentales. Mais c'est pas trop étonnant, vu que les grands médias, surtout télés, sont aujourd'hui essentiellement des porte-voix payés par les grandes entreprises, celles auxquelles ils appartiennent, et celles qui alimentent leurs budgets pub (pour quelle autre raison y aurait-il cette foultitude de pubs sur des banques, des entreprises d'extraction de gaz ou de pétrole.... C'est pas comme ça qu'ils trouvent des clients); mais il est aussi peu étonnant de constater que même si ces chaînes n'ont jamais eu des audiences aussi petites et en réduction structurelle, et des bénéfices si élevés (cherchez l'erreur), la cote de confiance des grands médias, elle, est comme celle de Trump, d'Hillary ou du Congrès (à 4% de "job approval"): dans les choux, à 4% de confiance et satisfaction exprimées par le peuple américain qui s'informe désormais autrement.
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Allemagne
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est plutôt l'inverse: les humoristes et satyristes en tous genres sont, je trouve, extrêmement calmes et gentillets: regarde les caricatures, satyres et moqueries diverses dans les journaux de la première moitié du XXème siècle, ou ceux du XIXème siècle, c'était d'un registre autrement plus virulent, agressif, voire insultant (ou même, pas rarement, carrément raciste).... Et les chefs d'Etats étrangers, quand ça les concernait, s'en foutaient comme de leur première chemise parce qu'ils n'étaient généralement pas des pucelles à l'orgueil démesuré et à la peau sensible, ou au moins affectaient de se comporter comme des dirigeants que la boue n'atteint pas. Là, on a des chefs d'Etat qui tendent souvent à être littéralement des midinettes nous faisant part de leurs sentiments constamment blessés, ce qui procède autant de leur vanité et de leur inscription dans l'époque hypermédiatique et hyper-personnalisée que d'une stratégie bien sentie de confondre raison et sentiment pour leur politique d'image. C'est particulièrement caricatural chez certains comme M. Erdogan, mais c'est quelque chose qu'on retrouve, même si à un moindre degré, dans nos pays occidentaux, avec un Trump qui menace de faire des procès à tout le monde en permanence pour des "insultes" (qui en sont souvent bien peu) réelles ou imaginaires, et, s'il est élu, de faire une loi allant dans ce sens contraire à la liberté d'expression, un Sarkozy qui, déjà, quand il était président, répondait aux insultes quasi systématiquement sans sembler capable de s'élever au-dessus.... Que ce qui pèse le plus dans ces postures soit le facteur ego, le facteur tapette/midinette ou le facteur calcul (de ce qui va faire du buzz, de la popularité, de l'image de qui ne se laisse pas marcher sur les pieds....) est intéressant, mais au final compte peu par rapport au constat que c'est la tendance ascendante, qui s'inscrit plus largement dans la prédominance désormais absolu des sentiments par rapport aux faits sur la scène publique où la règle, normalement est que les sentiments doivent plutôt être mis en sourdine (pas niés non plus, ce qui produit d'autres excès) parce que, quoiqu'il arrive, quand on parle de liberté d'expression et de débat public, quand on s'exprime en public, on va offenser, blesser, irriter ou vexer quelqu'un. Toujours. Même si c'est pas volontaire, même si c'est pas ciblé. Et le fait est que personne n'a jamais su rédiger une loi qui sache séparer l'insulte de la "critique utile", distinction qui est toujours faite après un scandale de ce type dans les médias; c'est la position de repli artificielle de ceux qui veulent avoir l'air intelligent pour pas un rond à la télé. Personne ne peut rédiger une telle loi parce qu'il y a trop de subjectivités en jeu, et que tout essai de définition de propos à interdire est au mieux futile, et, le plus souvent, une atteinte à la liberté d'expression de plus ou moins de monde, ce qui a en fait plus tendance à refléter que certains groupes n'aiment pas être vexés et ont plus de puissance politique pour s'assurer que leurs sentiments sont pris en compte. . -
Parlons un peu de vice et de vertu ..... Côté vice, il semble qu'un très important site porno ait fermé ses services en Caroline du Nord pour concourir au mouvement opposé à l'action du gouverneur quand à ses lois anti-LGBT.... Mouvement qui commencerait à payer puisque le dit gouverneur a amorcé son rétropédalage. La conclusion est-elle qu'il faut pas se mettre les pornographes à dos en ces temps difficiles, faits de nuptialité réduite et de solitude structurelle des adultes? Côté "vertu", voilà un nom dont nous autres Européens n'avons jamais entendu parler, et qui même, à mon avis, pour beaucoup d'Américains, ne sonne au mieux qu'avec une très vague familiarité. Pourtant ce nom est un poids très lourd sur la scène politique américaine depuis très longtemps, et dans l'univers de la politique républicaine, il est absolument incontournable depuis le début des années 60. Ce nom est celui de Phyllis Schlafly, une femme très active politiquement depuis les années 50, et nationalement connue depuis la parution de son livre A choice, not an echo en 1964, un manifeste plus que lourdement en faveur de la candidature ultra-conservatrice de Barry Goldwater pour la présidence, qui révélait la réaction et les importants changements en interne du GOP de l'époque: elle mena ainsi la charge massive contre l'aile progressive du parti, incarnée par John D Rockefeller (d'où l'appellation fréquente pour ce courant aujourd'hui défunt du progressisme républicain: "Rockefeller Republicans", dont des gens comme David Petraeus ou Colin Powell se réclament encore) dont la candidature fut balayée et dont la mouvance entama son déclin. L'arme qui permit de lancer cette inversion de tendance? Le divorce de Rockefeller et son remarriage (à une femme elle-même divorcée, ô scandale); c'est là le point de détail révélateur, parce que, outre la sauce politique interne du GOP, la base de pouvoir de Mme Schlafly a été depuis le conservatisme social qu'elle incarne aux USA plus que n'importe qui d'autre. elle est en guerre contre le divorce, le féminisme, les droits pour les LGBT (un de ses fils est gay.... Et la soutient), les femmes au travail (ironique considérant son niveau d'activité), l'avortement et la contraception, tout ce qui dévie du modèle de la famille et des rôles traditionnels des sexes.... Bref, vous voyez le tableau. En plus de cela, évidemment, on la trouvera sur des positions politiques très conservatrices classiques dans tous les domaines de politique intérieure et extérieure (anticommunisme, anti-interventionnisme....). Quand vous vous demandez d'où viennent les militants de terrain des campagnes politiques républicaines, qui semblent tout sauf négligeables pour un parti pourtant si âgé en moyenne et devant recourir par ailleurs à une proportion beaucoup plus grande de salariés (vs des bénévoles/volontaires), et bien c'est l'écurie de cette dame qui en fournit une bonne partie, aux côtés des organisations religieuses, surtout évangélistes, dont elle est très proche (elle était une haute figure de la "moral majority" des années 80, aux côtés de Jerry Falwell).Son organisation s'appelle le Eagle Forum, créé en 1972, il a des bases "en dur" dans 30 Etats, et compte environs 80 000 membres actifs, une masse financière considérable, encore plus de contributeurs, et une capacité de mobiliser un nombre encore plus conséquent de bénévoles le temps d'une campagne. Pour un candidat conservateur, c'est une étape obligatoire que de faire plus que juste passer dans ce groupe, et plus que de juste rencontrer Phyllis Schlafly, qui, à 92 ans et après 70 ans d'activité politique (dont 52 au premier rang de la politique nationale), dirige toujours son mouvement et en constitue toujours la tête d'affiche incontournable..... Jusqu'à ce week end. Mme Schlafly a pris effectivement une position controversée dans sa propre boutique en fin de semaine dernière quand elle a publiquement pris parti pour celui qui, à ses yeux, se pose comme le successeur (malgré ses 3 divorces) de son très cher Barry Goldwater, Donald Trump (on croirait pourtant que Cruz rentrerait plus dans son moule -non, pas dans sa moule bande de pervers lubriques.... Si, si, je sais que vous avez pensé à ça dès que je l'ai écrit.... Ou bien je suis vraiment très tordu). Suite à cet engagement public, elle a été sommairement virée via dans une petite révolution de palais menée par les 6 administrateurs principaux de l'organisation (dont sa propre fille), révélant des failles profondes au coeur même du mouvement conservateur (au sens plein du terme: là, j'emploie le terme dans sa définition la plus stricte: ces gens-là sont vraiment l'incarnation des quelques groupes qui dictent vraiment le ton d'une des tendances fondamentales du GOP) que Donald Trump aurait mises au jour ou créées. Tensions entre interventionnisme néo-con ou faucon et isolationnisme traditionnel et libertarien, tensions entre religieux et simples conservateurs voire ceux qui sont (un peu) progressistes sur quelques sujets sociétaux, tensions entre protectionnistes/interventionnistes économiques et partisans du laissez-faire de fait corporatiste..... Quand ces tensions sont incarnées par des querelles de personnes, surtout des personnes aussi visibles et politiquement lourdes, on peut voir à quel point l'actuelle campagne menace la structure même d'un des deux partis dirigeants de la première puissance mondiale.
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Il est pas boutonneux: c'est en fait un chat, sous le masque en métal et le masque humain: Et un peu de respect pour l'acteur: c'est un vétéran d'Irak:
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Suite de l'affaire de la "DC Madam", la maquerelle de Washington qui s'est suicidée suite à sa condamnation il y a presque 10 ans: son avocat, qui menace de publier les listings de son ex-cliente malgré les scellés qui leur sont apposés, a envoyé à la presse un petit hors d'oeuvre, révélant une liste d'institutions d'où partait un fort trafic téléphonique avec le service d'escorte de la dame. Parmi ces institutions, l'ambassade du Japon, le FBI, un très grand nombre de ministères et d'agences fédérales, une floppée de cabinets d'avocats/de lobbyistes.... Aucun nom d'individu.... "Pour le moment", assure l'avocat..... On en frétille! Sinon, ça va faire maintenant 1 à 2 semaines que la presse se concentre sur la façon dont Donald Trump, qui, en dépit de sa récente mauvaise passe, conserve un très fort avantage alors que la campagne est maintenant essentiellement centrée sur le nord est et la Californie (et nulle part son avantage n'est aussi fort qu'à NY), sur la façon, donc, dont il est en train de se faire souffler ses chances de victoires dans le scénario maintenant le plus hautement probable, celui d'une "contested convention", c'est-à-dire une convention où personne n'arrive avec la majorité des voix. Les délégués "pledged", donc liés à un candidat, ne le sont que pour le premier scrutin, et c'est l'art d'une campagne organisée et du politicien consommé que d'aller leur faire la danse du ventre dès le lendemain de chaque primaire pour tenter de les rallier pour les scrutins ultérieurs. C'est ce qu'a fait Ted Cruz, modelant en cela sa campagne sur la façon dont Ron Paul en 2012 avait réussi à choper un pourcentage très important de délégués de cette façon: c'est du sale boulot politique, un travail de fourmi peu visible et pas ragoûtant, voire souvent un peu crapuleux, qui se fait loin des caméras, après que l'intérêt d'une primaire est passé et quand l'attention est sur la suivante, et ce travail continue de fait pendant des mois jusqu'au jour de la convention, où les tractations se poursuivent de manière concentrée dans l'espace et le temps d'une façon qui choquerait même les plus blasés. Comme pour les lois et les saucisses, tout le monde veut les voir sur les étals, mais personne ne veut voir comment elles sont faites. Il faut d'ailleurs noter que les règles encadrant les délégués sont beaucoup moins contraignantes que ce qu'on peut trouver ailleurs, si bien qu'ils sont de facto corruptibles (textuellement, le gouvernement ou un individu ne font pas partie des entités interdites de donations à ces délégués ou à ceux qui sont candidats pour l'être): bien connues aux USA sont les histoires décrivant les façon dont Gérald Fort et Reagan se sont employés à raccoler ainsi les délégués républicains, Ford les invitant à Washington aux frais de la princesse, les faisant voyager via Air Force One.... Ou Reagan les invitant à des soirées hollywoodiennes à ses frais. Bien au-delà de la seule conviction idéologique, du raccolage relationnel et de rencontres personnelles avec un candidat, bien des moyens sont donc déployés pour s'attacher des délégués déjà élus, ou des candidats délégués, le tout avec peu, voire le plus souvent pas du tout, de surveillance ni par les partis ni par l'Etat. Ainsi abondent les week ends tous frais payés, les rencontres avec un candidat ou ses représentants dans un bel endroit, les promesses de coups de pouces de carrière, quand il ne s'agit pas purement et simplement de sommes d'argent. Et là, les soutiens aux campagnes, encore plus que les campagnes elles-mêmes, jouent un rôle important, avant tout par la profondeur de leurs poches, et dans ce paysage là, la liste des anti-Trump peut peser de tout son poids, tant elle est pleine de gens très riches (dont les Koch et leur immense réseau de millionnaires et milliardaires) qui ont décidé que Trump ne devait pas prendre leur parti et qu'ils préféraient "lose with Cruz", voire se sont convaincus que Cruz-candidat avait des chances de gagner en novembre, tant leur obsession pour Trump leur fait oublier qui est Cruz. De fait, Cruz est en train de rafler beaucoup de délégués emportés par Trump, s'assurant de leurs suffrages postérieurs au premier, et Trump n'a commencé à jouer ce jeu que depuis 2 ou 3 semaines, embauchant des vieux routiers de Washington pour ce faire, mais avec donc beaucoup de wagons de retard, ce qui souligne une grande différence entre les deux candidats: Trump a une petite campagne qui, en terme de staff, est une petite boutique d'artisan, qui plus est très peu professionnelle et organisée, qui dépend entièrement de l'autocrate qui dicte son ton, mais donc aussi de ses caprices et erreurs. A l'inverse, la campagne de Cruz a été présentée par la presse comme la plus organisée et professionnelle, au moins du côté républicain, avec beaucoup de responsables apparemment très capables (il faut l'être avec un produit aussi frelaté qu'il faut malgré tout vendre), un très abondant "ground game", et une puissante organisation de "braconniers" de la politique qui vont ainsi racoler les délégués élus. Résultat, ça fait maintenant quelques jours que Trump a réellement pris conscience, acte et mesure de cette politique de longue haleine de Cruz (qui a commencé de fait dès le lendemain de la primaire de l'Iowa), et commencé à s'en plaindre, pointant du doigt le "truquage" du système et sa nature anti-démocratique. Le procédé est certainement choquant et immoral, et comme souvent avec les conventions de parti, fait pour minimiser par tous les moyens le rôle du suffrage populaire. Mais il n'en reste pas moins que le Donald est en train de se faire éclipser sans en avoir l'air, surtout quand on conjugue ce travail de fond de Cruz (pourtant largement impopulaire) avec les efforts sans cesse croissants des républicains anti-Trump qui ne cessent d'en rajouter dans leurs campagnes médiatiques et leur travail de terrain. L'Etat de Pennsylvanie (où Trump est très lourdement favori) semble être leur primaire de choix, étant donné qu'il a la particularité de n'avoir que 17 délégués "pledged" sur le marché, mais 54 "unbound", qui seront libres de leur vote dès le premier scrutin sitôt qu'ils sont élus. Dans une course où Trump risque au mieux d'arriver près de la limite des 1237 délégués et d'avoir besoin d'en rallier quelques-uns sur place, c'est le genre de différence qui compte étant donné qu'en l'état des choses, l'avantage pour rallier des délégués déjà élus est plus du côté du camp anti-Trump. La majorité de ces élus "unbound" tend à vouloir voter pour le candidat l'ayant emporté dans leur Etat, généralement par sens du devoir d'une certaine représentativité. Mais là encore, c'est relatif, et c'est limité au premier scrutin; après cela, rien ne va plus. Tout semble se mettre en place pour blackbouler Trump s'il n'emporte pas la majorité des voix avant la convention, et son organisation de campagne, à la fois petite et peu professionnelle, semble avoir accru cet avantage encore peu visible de ses adversaires. Il est beaucoup plus difficile, pour l'instant, d'estimer l'état d'esprit des délégués déjà élus et leur tendance à rester dans le camp Trump une fois le premier scrutin passé, mais il faut noter qu'il garde encore une sérieuse chance de passer le seuil des 1237 avant la convention, ou pour le premier scrutin, si les sondages auprès des délégués "unbound", et surtout ceux de Pennsylvanie (seul Etat à en avoir un nombre conséquent), sont justes. De fait, ce sondage révèle que cet Etat est devenu le pivot de la campagne Trump. Ted Cruz, pour qui le nord est se profile très mal (sondages très faibles, grande impopularité, fréquemment en 3ème position) est en fait déjà en train de partager son temps entre la Californie, l'Indiana, la Pennsylvanie et les Etats du nord des rocheuses où il a encore des chances (et dont beaucoup sont des Etats "winner takes all"). L'autre inconnue majeure pour la Convention Républicaine est Paul Ryan, l'actuel Speaker: il a dit et répété qu'il ne serait pas candidat de dernière minute à la présidentielle, qu'il avait le meilleur job au monde, et que personne ne devrait être candidat qui n'a pas fait campagne..... Le problème qui gratte tout le monde est qu'il continue à le dire et à le répéter même quand on ne lui pose pas la question, qu'il le dit et le répète dans des conférences de presse un peu partout dans le pays, qu'il a fait un spot publicitaire extrêmement diffusé où il le dit et le répète rapidement puis fait un long exposé sur sa vision idyllique d'un homme d'Etat et de la politique telle qu'elle devrait être, qu'il le dit et le répète à qui veut ou ne veut pas l'entendre. En bref, selon beaucoup de monde, il semble que Paul Ryan, que tout le monde sait très ambitieux et qui n'a pas convaincu le pays même en tant que candidat à la vice présidence en 2012, fasse effectivement campagne pour la nomination en tant qu'homme du parti où on sait qu'il a de très forts soutiens. Sa méthode pour devenir Speaker a été la même (c'est sans doute ce qui fait penser ainsi les observateurs): refuser très souvent et visiblement le boulot à un moment où peu de monde était candidat, et où ceux qui l'étaient ne motivaient personne, et poser ses standards moralement élevés (pour la caméra) comme des conditions pour condescendre à accepter le taf: en bref, il a tout fait pour qu'on en arrive à le supplier et à lui mettre littéralement le siège sous le cul. Le tout sur fond d'un travail de sape continu (et très financé) depuis longtemps, mais en coulisses, pour convaincre qu'il est un "homme nouveau" (alors qu'il est dans l'appareil du parti depuis longtemps, un insider notoire), qu'il est anti-establishment (il est le chouchou des grands financiers du GOP), l'homme des dures vérités et des chiffres rigoureux (alors que ses estimations et budgets sont notoirement fantaisistes, voire délirants).... En somme, il est un Rubio 2.0, mieux introduit dans le parti.
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Pas la peine d'attendre une dizaine d'années: les résultats estimables des dernières grandes productions sont, malgré l'apparente énormité des chiffres et la marge d'incertitude qu'on peut avoir sur la réalité exacte des chiffres (beaucoup de trucs restent des secrets maisons, mais le guesstimate game est assez rôdé dans la presse qui dispose de suffisamment de professionnels du secteur et de sources bavardes), en assez nette diminution, et ce alors même que le nombre de productions et la masse d'argent investi qu'elles représentent désormais à l'année (en fait plusieurs années vu le temps qu'il y a entre la décision et la sortie d'un film de cette taille.... Et l'argent immobilisé coûte de plusieurs façons entre-temps) ont atteint des sommets jamais égalés dans le secteur (pour un genre particulier, qui se résume au final à deux compagnies de productions: WB -pour DC-et Disney -pour Marvel), le tout dans un contexte où la distribution/diffusion est devenue très chère, organisée et gourmande, et où la concurrence et l'adversité sont rendues d'autant plus rudes que la demande solvable est au mieux stagnante, et le plus souvent en réduction structurelle (d'autant plus que le cinoche devient sans cesse plus cher). Les audiences ciné sont tout simplement une denrée en raréfaction, en absolu (état de la demande solvable, accru par la chèreté du média) et en relatif (beaucoup de concurrence, coûts croissants du buzz nécessaire pour une grosse prod....). Je dirais que 2016 est la première vraie année test pour le genre superhéros: on doit avoir encore 1 à 2 ans de productions importantes qui vont débarouler parce que les décisions ont déjà été prises et que les productions sont en cours, mais l'expansion permanente du nombre de persos et de films par persos, plus les films d'ensembles qui sont des productions prohibitivement chères sont à ce stade un clair signe d'une bulle mature (Ant man en était le symptôme: c'est vraiment un perso mineur chez Marvel) étant donné les taux de marge en claire diminution, et la difficulté croissante à atteindre le point d'équilibre, alors que l'originalité et le charme de la nouveauté sont désormais du passé, et que les routines et tropes de chaque écurie sont désormais trop apparentes, et pas toujours réussies. La croissance de l'investissement marketing pour chaque film est aussi un signe révélateur. Batman vs Superman est ainsi une production plus chère que Star Wars (une franchise qui, outre la différence qualitative qui est tout à fait discutable et subjective, bénéficiait d'un effet attente/rareté inégalé et inégalable) à 250 millions (contre environs 200 millions pour SW), et a eu un investissement marketing équivalent, et sur une période de temps équivalente ou même plus longue pour ce qui concerne les dépenses (en tout autour de 160 millions pour chacun des 2 films, possiblement un peu plus pour SW). Considérant, comme l'article de Forbes le rappelle, qu'un studio ne touche qu'autour de 50 -55% de la recette aux USA, et en moyenne 40 à 45% hors des USA (la majorité du reste est touchée avant tout par les distributeurs/diffuseurs: toutes ces salles 3D/IMAX et grands réseaux de multiplexes, ça coûte, c'est tenu par des loups grands et forts avec beaucoup d'intermédiaires à satisfaire), un tel investissement tournant autour de 400 millions (en fait plus si on factorise la valeur temporelle de l'argent immobilisé sur 2 à 4 ans, et la réalité des calculs de coûts d'opportunité qui conditionneront entre autres les estimations de manque à gagner et de ROE) a un point d'équlibre qui va de fait tourner autour de 210% du budget, considérant ce qu'il faut encore redistribuer aux parties prenantes qui ne dépend pas entièrement du résultat, et divers coûts postérieurs à la sortie du film. Dans le cas de B vs S, ça nous amène autour de 860 millions, alors qu'à son 3ème WE, et après une dégringolade rapide, le film est à peine au-dessus de 780 et que son élan est très nettement coupé. Atteindra t-il beaucoup plus? Les recettes suivantes seront beaucoup plus décalées dans le temps (diffusion télé, DVD, streaming....), si bien que je doute qu'on se réjouisse actuellement chez Warner, à l'heure même où l'autre pilier de l'année DC Comics, Suicide Squads, a du être en partie refait (de combien les coûts en ont-ils été accrus? Encore difficile à estimer) face à la réussite OVNI-esque de Deadpool. Beaucoup de calculs doivent être en train d'être refaits chez Disney comme chez Warner Bros, les deux compagnies qui avaient trouvé un filon sans précédent et s'étaient engouffrées dedans; WB a essentiellement raté le coche en foirant les adaptations, en ne trouvant pas de formule d'ensemble, de stratégie d'approche du genre comme a pu le faire Marvel. Mais même pour ces derniers, on a pu voir une tendance soutenue à la difficulté de soutenir le succès dans les 2 semaines qui suivent une sortie: créer l'événement est de plus en plus cher, difficile et de courte durée, le genre se banalise, les recettes se voient à l'écran (surtout chez Marvel), la profusion de films et de personnages n'est pas très inspirée et ne suffit pas à équilibrer la lassitude (ou le manque d'inspiration) liée aux histoires de ceux déjà existants (Thor s'est vite épuisé en terme de charme), et toutes ces franchises deviennent autant de risques importants, surtout avec l'inflation permanente des budgets de chacune. Ils ont à mon avis plus à espérer de la télé chez Marvel: leur MCU télé est beaucoup plus prometteur et rentable. Qu'on se rende compte pour Marvel cette année: 2 films pour la "phase 3" de l'univers lié aux Avengers (11 films au total déjà lancés et pour la plupart trop avancés pour être arrêtés: c'est déjà de fait du fric immobilisé, sans doute pour plus de 2 milliards engagés sur une période de 3 ans), 3 séries "classiques", 3 séries Netflix (plus une quatrième en développement, plus une minisérie "ensemble cast) à budget conséquent. Ajoutons-y le dernier volet de leur autre univers ciné, celui des X-Men, et Deadpool qui est lié à cet univers, avec un 3ème Wolverine pour l'an prochain (qui est donc essentiellement déjà tourné) et un 2ème Deadpool dans les tuyaux, plus d'autres projets dans cet univers bis.... Et ils veulent lancer la 3ème franchise Spiderman (avec un nouvel acteur qui commence dans Civil War) en l'espace de moins de 15 ans (5 films, dont le dernier a essentiellement planté). Quand les audiences ciné et télé (essentiellement faites des mêmes personnes, et ce encore plus quand on parle d'un genre aussi spécifique) sont dans l'ensemble en déclin structurel, ça fait un maximum de saturation des envies et de l'attention. DC s'est un peu grillé ce coup là, après le seul bon coup qu'ils aient fait avec Man of Steel (qui n'est pas non plus une réussite exceptionnelle côté bénéfices) hors de la franchise Batman (la plus rentable, visible et désirée) qui a été faite et refaite et ne saurait, surtout à ce stade, être réemployée pour une vague de films standalone (à moins qu'ils aient vraiment le super produit qui innovera par rapport à Nolan); elle est grillée pour cet usage pour un petit moment malgré la réception très positive de l'incarnation par Ben Afleck. A moins que DC/WB ne trouve réellement une solution narrative majeure pour réussir au moins quelques-uns de leurs projets (Suicide Squad, même s'il réussit, est comme Deadpool: une semi-impasse narrative qui dépend du matériel principal dont il veut se moquer et se démarquer, pour en être le pastiche) dont la moitié semble être annoncée dans le seul B vs S (Flash, Aquaman, WW, Justice League), ça sent plus le sapin chez eux et la lente fermeture de la parenthèse superhéros qui serait amorcée assez vite, en tout cas sous la forme d'un univers cinéma important, avec beaucoup de franchises.
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Le point n'est pas que l'Etat fédéral essaie d'imposer à son gré sa loi unique à un Etat, mais que le dit Etat a voté des lois qui, en l'occurrence, contreviennent à la loi fédérale en vigueur, qui a précédence (malgré tout ce que les ultras du vieux sud aiment à dire sur les "State rights"): cette question de préséance a été résolue entre 1861 et 1865, dans le sang.... Les USA sont un Etat fédéral, non une confédération. Washington ne peut pas tout dicter aux Etats, mais il y a un socle minimum de règles et devoirs communs que la capitale a tous les droits d'imposer et de faire respecter. La définition exacte des limites et de la nature de ce socle, et de ce à quoi il peut s'étendre, est en constante évolution, par le jeu de la démocratie et particulièrement par le vecteur de la justice, mais tout n'est pas négociable, et en l'occurrence, des mesures de discrimination plus ou moins directe (comme dans le cas évoqué), tout comme les très controversées lois et règlements s'efforçant de limiter le droit et/ou l'accès au vote (de facto sinon de jure), font partie des sujets chauds du moment. Les Etats fédérés ne sont pas des Etats souverains au sens plein du terme, et si un politicien est élu sur un programme ayant des mesures plus ou moins explicitement en désaccord avec la loi fédérale, la faute incombe avant tout à ceux qui l'ont cru. Je ne pense pas que beaucoup de monde veuille aller jusqu'à tenter le coup de la sécession: ça a déjà été essayé une fois (et dans un autre contexte, où infiniment plus de monde considérait l'Etat comme sa "nation" avant les USA, s'il fallait se poser la question ainsi), et le résultat n'a pas été convaincant. Une fois ce point établi, les moyens qu'a l'Etat fédéral d'imposer sa volonté ne sont pas légions, et suspendre momentanément des subventions (qui ne sont pas des allocations permanentes constitutionnellement dues par Washington, mais résultent d'accords entre le fédéral et le fédéré) constitue plutôt une première étape après des remontrances purement verbales qui ont rarement du poids. Il ne s'agit même pas de couper toute subvention ou toute dépense fédérale dans l'Etat: le domaine militaire (très important dans les Carolines), par exemple, n'est pas touché, pas plus que l'entretien de la voirie fédérale existante ou des bâtiments et institutions fédérales déjà présentes sur place. Les projets de développement ou de reconstruction de telles infrastructures et organismes, en revanche, sont ce qui est agité sous le nez du gouverneur pour l'instant.
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Un nouveau parrainage amusant pour Bernie Sanders: après un collectif de 170 économistes (dont un ancien secrétaire au Trésor de Reagan, Robert Reich) qui a publié une déclaration soutenant le programme économique du sénateur du Vermont, après un soutien franc et direct de Jeffrey Sachs, très controversé organisateur en chef de la transition économique des pays ex-soviétiques et ancien "clintonite" lui-même, voici.... Roulement de tambour..... Asher Edelman! Mais qui est-ce, me demanderez vous après cette révélation qui foire l'acmé après le crescendo; c'est juste le gars qui a servi de modèle à Oliver Stone pour créer le personnage de Gordon Gekko, dont la devise "greed is good", a été directement piquée dans la bouche de ce monsieur Edelman. Dans une interview sur la chaîne CNBC (NB: la chaîne des jeunes cadres branchés qui veulent tous être maîtres du monde, pensent être l'élite absolue qui comprend l'économie, et pour qui Wall Street est l'exemple du "monde qui avance"..... Et dont les "journalistes" sont tous une variante aspirationnelle du modèle, refusant d'admettre qu'ils étaient trop cons pour être traders et pensant qu'ils sont là par choix), Edelman s'est vu demander par ces journalistes adeptes de l'entre-soi condescendant du club élitiste imaginaire dont ils sont sûrs d'être membres, quel était le meilleur candidat présidentiel pour l'économie américaine. Sans la moindre hésitation, il a répondu "Bernie Sanders". Pourquoi? Certainement pas parce qu'il pense que la redistribution est une chose morale ou que la monopolisation des profits par l'élite corporatiste dirigeante et la finance sont des choses immorales, mais au nom de la vitesse de circulation de la monnaie, dont il pointe l'affaiblissement continu comme le facteur majeur des problèmes économiques du pays (et du monde), et dont il attribue la responsabilité principale à la polarisation des revenus depuis trop longtemps par les "happy few" au sommet, avec pour conséquence majeure la baisse continue de la population pouvant constituer une demande solvable. Inutile de dire que les 3 journalistes présents, archétypes des "djeunz branchés" d'une certaine partie (celle qui a des chemises ou tailleurs chers et vulgaires, tentant le revival de la "asshole shirt" bicolore des financiers des années 80) du haut de la pyramide socio-économique (ou aspirant à y appartenir et à en adopter les valeurs et comportements), ont ouvert grand la bouche. Quand c'est Gekko qui vous le dit..... Let's feel the Bern!
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L'une des choses, aussi, que BLM met en avant, avec à mon avis des méthodes très maladroites et un discours trop peu rôdé, au point qu'il a trop de chances d'être mal interprété, est que cette propension plus grande de trouver des afro-américains responsables de meurtres d'autres afro-américains a été tellement surinterprétée qu'elle s'est inscrite encore plus durement dans les stratégies et tactiques policières (alors que c'était déjà déséquilibré avant): le profilage racial et une surallocation de ressouces dans les zones lourdement afro-américaines a débouché sur une répression proportionnellement très lourde dans cette communauté, et parallèlement allégée chez les blancs, vu que les effectifs et moyens de police n'ont pas augmenté dans les mêmes proportions, très loin de là, si bien qu'on retrouve des statistiques choquantes telles que le fait qu'un noir américain a 7 fois plus de chances d'être arrêté pour le même crime. Si on ajoute l'inégalité devant la justice, le déséquilibre grimpe encore plus en ce qui concerne la probabilité d'incarcération et la durée des peines, toujours à crime égal. La politique du "tough on crime" a été essentiellement une politique du "tough on african american crime", une direction qui a rapidement, principalement sous Clinton, atteint des sommets absurdes tant les vices du "prison industrial complex" sont légions, créant un marché ayant de facto besoin de sans cesse s'étendre, à coups de vaste subventions pour une filière judiciaire public-privé et un système carcéral plus privé que public qui en veulent toujours plus et ont leur propre puissance de lobbying. Après plus de 20 ans de ce régime, on voit des taux d'incarcération dans la population noire (essentiellement masculine) qui barrent de fait toute possibilité professionnelle à une proportion extrêmement lourde de ce groupe, et brise beaucoup de familles. Le tout en majorité pour des crimes non violents, mais en général, de façon extrêmement disproportionnée à acte commis égal. Et ce sujet de protestation est d'autant plus cruellement ironique pour toutes les parties prenantes quand la grande vague de crime sans cesse croissant qui s'est étendue des années 60 aux années 90 dans tout le monde développé s'est, comme dit plus haut, fortement tassée dans une courte période de temps, sans qu'encore aujourd'hui, on puisse réellement cerner les causes de cet effondrement, bien que beaucoup de politiciens (exemple type, Giuliani à NY), surtout aux USA, revendiquent leurs politiques "dures" comme LA cause (alors qu'il suffit de voir qu'aucun pays n'a suivi les USA dans leurs méthodes, et ont eu des résultats similaires, voire meilleurs). Je ne pense pas que BLM ait vraiment bien formulé son message, si bien qu'au-delà de la communauté noire, non seulement il porte mal, mais il entraîne même souvent une réaction mitigée, voire antagoniste. Sinon, des nouvelles du front de Caroline du Nord, devenu le centre de la guerre sur les lois anti-LGBT: comme dans la plupart des Etats promouvant ces lois, le mouvement de fuite des capitaux et projets d'installation ou de développement d'entreprises continue, mais le camp pro-LGBT a reçu hier un appui d'artillerie lourde qui a fait un boum bien visible..... Bruce Springsteen a annulé son concert en Caroline du Nord! Messieurs, l'affaire devient sérieuse, et plus personne ne rigole (bon.... Sauf un peu moi). Dans l'ensemble, on note particulièrement que les producteurs ciné et télé désertent, ou menacent de déserter, la Caroline du Nord, où pas mal de projets étaient en cours. Mais plus gravement, des agences gouvernementales (donc ça vient de la présidence) sont en train de voir (à voix haute) si ces projets de lois discriminatoires ne rendent pas les Etats concernés inéligibles pour un tas d'aides et subventions fédérales, avant tout pour ce qui concerne la voirie (les autoroutes et ouvrages d'art importants sont en partie du domaine fédéral, ou partagés), le logement et l'éducation. Là, on commence à parler de milliards de dollars par an de subventions pour la seule Caroline du Nord, sans même commencer à voir la chose pour les autres Etats concernés. Nul doute que les parlementaires républicains de ces Etats à Washington vont se mettre en rangs serrés, et leurs (quelques) collègues démocrates vont aussi protester si ces subventions commencent authentiquement à être bloquées, mais en attendant, ça commence à faire de la salve réellement sérieuse et directe, moins diffuse et indirecte que des investissements annulés ou gelés.
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Un petit clin d'oeil sur les fameuses réactions de grandes entreprises face à la vague de législations anti-LGBT dans les Etats à gouvernement républicain: Suivre (question: c'est ma première fois à choper un truc sur Twitter pour le poster ici: comment on rebalance un tweet sur le forum? Oui, je suis handicapé numérique.... Et me suis idéologiquement tenu à l'écart du petit oiseau, comme de la fesse de bouc) Pour la note: suivez le fil de ce gars, il est assez tordant de sarcasme. C'est un ancien de Goldman Sachs qui a commencé il y a longtemps à bloguer anonymement sur la réalité interne des grandes banques d'affaire, et a depuis révélé son identité et sorti un bouquin. Son fil twitter est d'un humour très mordant (il continue à jouer le financier très cynique, notamment sur la politique) et bien informé. https://twitter.com/johnlefevre?lang=fr