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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Oh putain! C'est la première brèche publique. Et elle rejoint un point qui tend à faire son chemin de plus en plus régulièrement dans la conversation publique américaine, à savoir -simple réalité constatée- que l'AS est une théocratie autoritaire qui finance une idéologie rétrograde et expansionniste, et finance directement, ou plus souvent laisse filer des financements privés pour des organisations terroristes qui foutent la merde un peu partout. C'est pas encore sur FoxNews que ça revient souvent, et c'est pas encore le point majeur quand on mentionne l'AS, mais c'est désormais un fait régulier, et surtout.... Ce n'est plus un tabou de le reconnaître. D'ici à voir un équilibrage Iran-AS, c'est encore du domaine du délire, notamment parce que l'Iran reste diabolisé, non sans bien des raisons, et parce qu'il est sans doute vrai que le prochain président US va corriger ce tir d'Obama (sauf si c'est Bernie, ce qui est douteux) ne serait-ce que pour continuer à vendre des armes (c'est un marché vital pour l'industrie US, qu'aucun pays ne peut remplacer), mais ça reste une première. Côté Arabie Saoudite, vu l'agressivité des réactions, ça doit chier sec au fond des djellabah (qui sont sans fond, je sais). Faudrait pas non plus que Ryiad ait à créer une vraie armée de terre, non plus. Vu le coût de la Garde Nationale (garde du régime pour l'essentiel) et des quelques bataillons de mercenaires envoyés pour guerroyer aux frontières, c'est pas un truc qui est dans leurs moyens financiers, et de toute façon pas un truc qui est dans leurs moyens tout court, vu qu'il faudrait avoir une nation pour pouvoir créer un truc pareil et aussi peu orthodoxe pour eux qu'est une armée nationale. Une nation et un Etat solide sont requis. Où est-ce que ça peut bien s'acheter, ces trucs là? Raytheon ou Boeing vendent ça? Ou Chopard et De Beers (les fournisseurs que les Séouds connaissent)?
  2. On peut dire que c'est une part d'essentialisme justifié, ce qui en fait moins de "l'essentialisme" au sens strict -soit une explication UNIQUEMENT par l'inné-, et plus une vision intégrant la biologie et la part de la psychologie individuelle qu'elle impose: les femmes tendent à vouloir voir tous les angles couverts en même temps (un autre aspect de ce qu'on peut les voir faire aussi dans une conversation: sauter le coq et l'âne en même temps, parler d'un sujet et de l'autre de manière confondante -tout en gardant le fil: pour elles, c'est une continuité-.... C'est comme ça que marche leur cervelle) et à trop penser que c'est possible, les mecs tendent plus à s'enfoncer dans un seul trip à la fois (et à s'interdire de croire qu'ils peuvent AUSSI faire ou vouloir un ou deux autres trucs en même temps). Mars, Vénus, toussa.... Quoiqu'il en soit, c'est vraiment aux USA que, côté modèles sociaux, c'est vraiment arrivé à un point de caricature extrême dont le "having it all" des CSP+++++ est devenu une figure de proue ridicule et insultante pour 99,99% de la population féminine. L'archétype masculin, s'il existe encore, est devenu étrangement moins unique, et surtout, il n'a plus vraiment de pub, sinon quelques traits de caractère qui sont encore survendus et imposés dans certaines parties de la population: des éléments hyper machos vendus particulièrement aux classes les plus modestes et sans opportunités (noirs et latinos urbains et blancs ruraux et banlieusards), ce qui pose pas mal de problèmes (d'autant plus que ce modèle "d'homme traditionnel" est particulièrement approprié par le monde des gangs et les faux modèles sociaux comme les sportifs riches et célèbres), et à côté, une espèce mal circonscrite de "nouvel homme" émo-écolo-grand gamin qui semble plutôt défini par la culture féministe et être de ce fait un attrape-tout non seulement impossible à atteindre (parce qu'il est à la fois tout et son contraire) mais aussi parce qu'il nie largement la plupart des réalités de ce qui fait un homme. Ce dernier point est l'autre part d'essentialisme, qui est farouchement opposé par les organisations féministes dont la pensée repose sur une négation totale de la biologie, tout ce qui définit un individu ne reposant absolument que sur des constructions culturelles et sociales (à part ça, on ne sent pas que ces mouvements ont été théorisés essentiellement par des gens issus de la philo et de la socio). Les conséquences sociales et politiques de ces évolutions sont cependant aussi massives qu'intéressantes; socialement, les hommes sont en train de devenir à très grande vitesse "le sexe faible" (ça se constate de façon générationnelle), et aux USA plus et plus vite qu'ailleurs (encore plus depuis la crise économique qui fut un moment pivot, 2/3 des emplois perdus l'ayant été par des hommes et représentant en grande partie des emplois de classes moyennes qui n'ont jamais été récupérés). C'est particulièrement visible dans la communauté afro américaine, tant tout y est plus caricatural: les taux d'incarcération et la citoyenneté de seconde zone et sans avenir qui la suit (dans certains Etats, jusqu'à 30% de la population mâle noire ne peut voter), l'échec scolaire, les taux de suicide, le sous-emploi, le taux de divorce.... Dans le vieux sud, les quartiers noirs modestes sont de fait des matriarchies dominées par des mères célibataires peinant à joindre les deux bouts.
  3. Oh, ça, ça fait longtemps que "tout le monde" (entendez "tout le monde dans le microcosme médiatico-politique et l'élite socio-économico-culturelle en général") crache sur la figure de la mère au foyer, encore limitée dans cet imaginaire très politisé à la mère de famille américaine banlieusarde des années 50-60, plus ou moins éduquée (selon le niveau socio-économique) mais inactive (beaucoup de temps libéré par l'électroménager, la généralisation et/ou collectivisation de nombreux services, les temps de transport en baisse, le niveau sanitaire des produits alimentaires -fait majeur qui a drastiquement réduit le temps consacré à ce qui entoure la bouffe à la maison), qui s'emmerde et devient un tantinet surprotectrice, chiante, querelleuse et hyperémotionnelle, limitée dans ses possibilités d'épanouissement. Que cette image ait eu une certaine réalité dans une portion significative de l'Amérique middle class (et dans le monde occidental qui essayait de photocopier) de l'après guerre, pendant une ou deux générations, on va dire avec moult bémols que c'est un fait, même si démographiquement beaucoup plus limité qu'on veut le penser; il s'agissait avant tout d'un fait culturel car iconique et posé en modèle, à la façon dont on le faisait à l'ère industrielle, soit un moule unique sur-vendu et martelé comme horizon culturel absolu, ce contre quoi la génération suivante de femmes s'est évidemment levée (pas faire comme maman, non plus!). De là vient la légitimité de la contestation, plus que d'autre chose, et elle a rejoint d'autres luttes de plus longue haleine pour la cause féminine (avortement et contraception, accès aux opportunités professionnelles, reconnaissance d'un statut de citoyen pleinement "adulte" -avec divers à côtés de la vie courante-, lutte contre des formes niée de crimes et délits spécifiques contre les femmes....); mais évidemment, une fois que ce modèle culturel/médiatique générationnel a volé en éclat et disparu (ce que toute féministe militante niera farouchement), essentiellement dans les années 80-90 (l'image de la mère au foyer astreinte à ce rôle, pour ceux qui ont grandi dans les années 80 ou après, c'est assez extraterrestre), bien des aspects des autres luttes sont restées d'actualité, avec une intensité plus ou moins grande (et une légitimité plus ou moins pertinente suivant les sujets), mais on a surtout vu émerger un discours ambiant, une modélisation culturelle antagoniste et assez matriarchique qui continue à brandir ces vieilleries des années 50-60 pour justifier n'importe quoi. Un "strawman argument" émanant d'organisations féministes avec pignon sur rue, désormais très implantées auprès des lieux de pouvoir et ayant eu de longues décennies d'accès à des financements importants, à des possibilités de "networking" hiérarchisé à grande échelle (dans l'économie, les milieux universitaires, la politique, les médias), et à une forte voix dans nombre de processus de décision, notamment dans des domaines comme l'éducation, si bien qu'à l'heure où les Sheryl Sandberg condamnent encore le cadavre de la (leur?) mère au foyer des 30 glorieuses qui ne menace plus personne, on voit en fait cette génération constituer graduellement un nouveau phénomène, à la fois modèle (en fait pour une extrême minorité) inatteignable et repoussoir de plus en plus certain. Et cela à l'heure où le nouveau problème est dans l'autre sexe: les garçons qui décrochent de plus en plus d'une école et d'un enseignement supérieur de plus en plus inadaptés à ce qu'ils sont, qui se désintéressent de la vie active, qui ont cumulé moins de financement de leur éducation (par tête de pipe) depuis plus de 20 ans.... C'est vrai en général dans le monde développé, c'est extrêmement vrai aux USA.
  4. C'est pourquoi, quand on va voir du côté d'endroits comme les grands cabinets d'avocats d'affaire, les salles de trading, les cabinets ministériels, on voit moins de femmes (qui, contrairement à la légende féministe, sont en moyenne mieux payées que les hommes... Avant tout parce qu'il y en a nettement moins, donc un panel de situations moins variées), et que les situations (pour les deux sexes) impliquent: - célibat, avec une tendance, qui s'enracine culturellement, au casual sex - conjoint tout aussi actif, et pas d'enfants - conjoint élevant l'enfant/les enfants, avec pas d'activité ou une bien moins exigeante - divorces en série - enfants élevés par des gouvernantes/tuteurs - abandon de la carrière top niveau passé un certain âge, si l'horloge biologique sonne assez fort, assortie d'un minimum de réalisme et d'envie de connaître le/les rejetons L'idée de "tout avoir" est le nouveau mythe de l'époque, désormais surtout vendu aux femmes: étrangement, les mecs deviennent bien plus réalistes, au moins passé les âges pleins de foutre et d'hormones où on se croit le roi du monde. Y'en a (syndrôme Wolf of Wall Street) qui maintiennent le trip plus longtemps, voire à vie, mais ils sont très peu nombreux. Je précise bien qu'on parle là des carrières top niveau, celles qui exigent au moins 12-14h de travail par jour et une disponibilité totale à H24, 7 jours sur 7, toute l'année, avec fonction rappel-pendant-les (rares)vacances-que-tu-ramènes-ton-cul-dans-le-premier-avion-juste-pour-lire-un-document-et-commenter. Et plus on est vers le sommet d'une structure, publique ou privée, moins la fonction en question est réellement divisible comme on pourrait le faire ailleurs: il s'agit de postes de décision, où le niveau de relations interpersonnelles et la question de l'individu lui-même est cruciale (c'est pas qu'un niveau de qualification), impliquant de hauts niveaux de confiance et de personnalisation difficilement acquis et rares (difficilement transférables via une procédure de recrutement standardisée, même une très exigeante), de concurrence permanente, d'information peu partagée/partageable, et qui se veulent limités à des comités relativement petits et gérables, tant côté relations clients-prestataires. que côté décideurs ou petites équipes de travail en mode "happy few". Je vois pas vraiment les grands changements actuels parfois vus (mais au final juste chez les cadres sups et moyens de grandes boîtes à fortes marges, soit pas une vaste population non plus) en matière de GRH et de "compatibilisation" vie-travail, changer beaucoup de choses vers ce haut de la pyramide qui répond à des logiques de pouvoir plus qu'à toute autre (et le pouvoir ne se partage pas), et pas beaucoup non plus en-dessous du niveau cadres sups/cadres moyens (donc pour la grande majorité de la population) qui devra continuer à se démerder elle aussi et, dans le cas des parents, essayer de faire un équilibrisme difficile (puisque l'une des donnes majeures est qu'une bien faible proportion des familles aujourd'hui et pour longtemps peut vivre sur un seul salaire). Donc Mme Clinton "can suck it", et je me range du côté de son ex collaboratrice qui devrait l'envoyer publiquement se faire enfiler (par son mari, histoire qu'il le fasse au moins une fois de temps en temps).
  5. Ca, c'est le truc des femmes actives au sommet de la pyramide sociale en occident, et particulièrement aux USA: elles veulent absolument perpétuer le mythe du "having it all", la totale mère parfaite + carrière géniale + salaire indécent + statut et reconnaissance + activités personnelles épanouissantes + un cul parfait et tout le monde qui se retourne dans la rue. Le syndrôme Sheryl Sandberg, en somme, avec toute l'hypocrisie absolue qui sous tend la chose, ces femmes "du haut" niant souvent l'énorme somme d'avantages (sociaux, financiers, contextuels....) et aides qu'elles cumulent (en partie sans même s'en rendre compte) et regardant avec mépris ou un étonnement condescendant l'immense masse de celles qui ne peuvent pas en faire autant. Ce qui est essentiellement la version féminine du syndrôme de la réussite, ceux parvenus au sommet ayant tendance à nier l'existence de nombre d'avantages propres et aides extérieures (y compris et surtout l'aide de l'Etat/du secteur public à tous les stades de leur vie, d'une manière ou d'une autre, directe ou indirecte) qu'ils ont reçus en chemin, de même qu'ils veulent absolument se voir comme des sortes de parangons qu'ils ne sont pas (mais ils font tout pour s'en convaincre, racontant ou faisant raconter leur "légende" fantasmée: depuis les troubadours léchant le cul de la chevalerie, on n'a rien inventé). C'est encore plus grave chez ceux qui sont nés vers le sommet de la pyramide alimentaire, mais dans le cas en exemple ici, on observera aussi le nouveau mythe vanté, récent puisque fait pour les femmes, qui place en exemple social une femme en grande partie fictionnelle tout aussi implausible que le "modèle macho" vanté pour les hommes pendant les 30 glorieuses, qui masquait des réalités bien différentes (n'est-ce pas Mad Men?). On accorderait zéro crédit à un mec tentant de se présenter comme père, en grande partie parce qu'il y a une longue tradition depuis toujours dans les sociétés humaines selon laquelle la vie de l'homme vaut moins et n'a de légitimité que si elle est sacrifiée pour faire vivre la famille, par le travail en général, parfois littéralement par la mort (guerre, défense physique de la famille, en cas d'accident....). Certains arguent que c'est même pour ce genre de division du travail que l'évolution a poussé à une différenciation sexuelle de l'espèce, que la pratique sociale n'a fait que développer. Aussi importante que soit la revalorisation du rôle du père (y compris par des concepts comme le congé paternité et une légitimation de la fonction dans la vie professionnelle), et aussi pertinent que ce soit pour une société qu'on veut pacifiée et où l'accès au travail est indifférencié selon les sexes, je doute qu'on puisse entièrement revoir la chose, et c'est surtout vrai pour les métiers et fonctions caricaturalement exigeants comme les très hautes fonctions de gouvernement ou de direction d'entreprise, ou d'autres carrières (notamment la recherche de haut niveau, des jobs très dangereux....) reposant sur une disponibilité et un investissement extraordinaires. Croire qu'on peut être un bon parent dans de telles fonctions, c'est vouloir vendre un mythe, et je doute fortement que la majorité de ce type de métiers et fonctions soient réellement suffisamment "sécables" (en plusieurs occupants ou jobs) pour pouvoir faire place à un mode de vie équilibré.
  6. Ca fait pas sérieux de mater les jolies rondeurs d'une élue du peuple..... Mais bon, pour nous autres mecs, c'est un impératif biologique. Et puis en plus quand le cameraman insiste tellement dessus.... En tout cas, c'est vraiment très pathos et racoleur à la fois, cette pub; le faire à ce point, je sais pas si c'est efficace. Ce n'est que mon opinion, mais c'est vraiment pas la meilleure pub de la campagne Sanders, qui a sorti des bombes autrement mieux pensées (mieux foutues, je sais pas , ça se discute). Sinon, en d'autres temps, on y aurait vu un signe des dieux: lors d'un meeting il y a 2 jours à Portland (Oregon), Bernie Sanders a été interrompu.... Par un petit piaf qui s'était invité dans la salle, remarqué par l'audience qui a poussé ses "oooooh" et ses "aaaaah" attendris, accompagnés par le candidat qui s'est émerveillé avec tout le monde, jusqu'à ce que le dit trublion saute sur le pupitre (plus exactement, sur une manchette avec le slogan "a future to believe in": non, non, c'est pas Pixar qui a créé la scène) juste sous le nez d'un Sanders qui n'en demandait pas tant et a (plus par émotion, ou plus via un excellent sens de l'événement?) lâché son plus grand sourire (le mode facial par défaut du Bernie, c'est "grand-père grincheux"). La puissance émotionnelle et superstitieuse du moment n'a échappé à personne, et surtout pas au candidat qui a rebondi avec une grande envolée sur l'oiseau comme "symbole de paix" (bon, c'était pas une colombe, mais il a fait comme si), jouant ainsi en terrain sûr dans une ville aussi "liberal" que Portland (l'ouest et le nord ouest côtiers des USA sont lourdement "liberals", écolos et "progressives", du moins dans les zones urbaines, souvent exagérément perçus comme des hippies) qui ne demandait qu'à baigner dans l'émotion d'un tel instant. C'est d'autant plus symbolique qu'à Portland, "put a bird on it" est un slogan affectif et humoristique lié à une série gentiment satyrique (Portlandia) caricaturant la ville et ses habitants, et donc un point qui n'échappe à personne dans le coin. Donc c'est établi, "birds are feeling the Bern.... And rolling with it". J'attends de voir si ça va devenir viral d'une manière ou d'une autre, et si la campagne Sanders va arriver à en tirer quelque chose, tant la puissance des images et des symboles continue à jouer sur nos esprits parfois si faibles et superstitieux. Quoiqu'il en soit, c'était marrant. Soyons un peu plus sérieux dans un contexte politique, citons au moins plutôt Ta-Nehisi Coates (qui vit à Paris mais ne parle que des USA), journaliste et auteur afro-américain respecté qui d'ailleurs soutient Sanders maintenant.
  7. Désolé, je sais pas ce qui m'est arrivé; les pilules et l'irish coffee devaient avoir cessé de faire effet. Mais c'est bon, maintenant, état normal retrouvé.... Vive nos grands leaders aux décisions toujours parfaites et aux réactions jamais excessives ou ineptes, et longue vie! Hosanna! Noël! Montjoie! Beaucéant! Sainte Cunégonde! Encore plus de lois d'exception et de bombes sur Raqqah, par Zeus, par Thor et par Exemple!
  8. Pas seulement: on parle d'un phénomène à causes multiples qui s'alimentent les unes les autres. Les problèmes socio-économiques, politiques et d'intégration dans les pays développés font partie du tableau par eux-mêmes, la question des migrations contemporaines et futures aussi, et s'ajoutent à la conflictualité du MO et à à "l'objet" qu'est le jihadisme (qui n'est pas qu'une réaction aux problèmes du MO, avec ou sans occident). Et quoiqu'il en soit, le passé récent est déjà arrivé de toute façon, dont les interventions au MO: se retirer et laisser faire ne changera pas grand-chose à ce stade, et certainement pas les griefs que certains peuvent avoir contre l'occident. Mais évidemment, comme tu le dis, la question, au moins pour la partie moyen orientale du problème, n'est pas de nature à être résolue par la force, quel que soit le niveau de force qu'on y applique. Tout au plus peut-elle servir à contenir la contagion de la conflictualité et à donner le temps et l'espace à des moyens qui, eux, pourraient avoir une chance d'adresser le problème: le "schwerpunkt" de la crise actuelle n'est pas atteignable par les armes, puisqu'il réside dans le sentiment des populations sunnites à cheval sur l'Irak et la Syrie, tiraillées entre des régimes et pays dont aucun ne leur convient et ne leur est favorable. Et parmi ces populations, seuls les Kurdes ont réussi à commencer à établir un semblant d'organisation satisfaisante pour eux. Ce qui laisse beaucoup d'espace et de monde sans offre politique adéquate, avec beaucoup de griefs, et s'alignant (uniquement par défaut pour l'immense majorité) sur les seules offres au moins vaguement liées à leurs intérêts, identités et aspirations (même si de très loin et même si exécrables dans l'exécution).
  9. J'entends bien; ce que je constatais par ce post, c'était de voir à quelle vitesse on peut se tourner vers ces instincts sans vouloir trop y réfléchir, ce qui ferait constater que la plupart des mesures proposées sont de faux remèdes qui répondent à notre besoin émotionnel du moment, mais en aucun cas à la situation, et qui posent des problèmes bien plus graves à moyen et long terme, et même à court terme. Je suis opposé à la peine de mort et aux mutilations non parce que j'ai de la compassion pour les criminels (le volet humaniste des arguments contre ces peines, genre "on y perd notre âme...." marche très moyennement avec moi pour certaines gammes de crime) mais parce que je ne crois pas assez en aucun système de justice humaine pour lui confier la possibilité d'infliger ce genre de trucs (on sait que les condamnations sans aucun doute existent assez peu, contrairement aux séries télé où il n'y a que ça et où justice est toujours bien rendue). C'est déjà assez grave d'emprisonner des innocents, mais si en plus on les mutile ou tue, j'avoue que là, ma morale rejoint mon scepticisme sur le sujet. Donc la conversation n'est pas tellement autour des peines à infliger ou ne pas infliger (quoiqu'il faille revoir bien en profondeur ce qu'est la prison, la longueur des peines.... Parce qu'il y a clairement plus d'un truc qui ne marche pas et beaucoup de problèmes plus graves créés), mais autour des mesures que cet état émotionnel, illustré par les opinions de la copine susmentionnée, fait vouloir: essentiellement l'état d'exception permanent, c'est-à-dire de facto une remise en question lourde de l'Etat de droit et une évolution accélérée vers bien autre chose que la semi-démocratie abîmée dans laquelle on se trouve déjà en occident. Je constate, à travers l'exemple de cette conversation téléphonique, la facilité avec laquelle on se raccroche vite à de fausses certitudes: - que le régime d'exception/d'urgence qu'on préconise ne durera que peu de temps, alors que de toute façon, on est face à une menace partie pour durer (sous cette forme ou une autre), pas un équivalent d'une guerre intense mais courte - que si on est "durs et méchants", ça résoudra les problèmes et ça dissuadera ceux qui voudraient prendre la relève - que stigmatiser et cibler une population particulière sous prétexte que les terroristes se revendiquent de quelque chose ayant des points communs avec eux, facilitera la destruction de cette menace - que toutes ces méthodes et changements sont parfaitement réversibles et uniquement applicables à la situation présente, ainsi considérée comme parfaitement délimitée et circonscrite; jamais ça ne pourrait toucher qui que ce soit d'autres que les coupables et les suspects (qui sont juste des coupables en attente de preuves supplémentaires) - que ça n'aurait aucune conséquence majeure sur nos sociétés, le fonctionnement des institutions, les relations entre groupes sociaux ou idéologies politiques, sur le sentiment d'appartenance.... Bref, je pointais juste du doigt la facilité avec laquelle on peut se soumettre par peur au premier qui promet la sécurité, sans se soucier de savoir qu'il ne peut en rien la garantir (monde réel oblige), que les méthodes que ce "il" putatif préconise sont essentiellement de la connerie creuse, ou que ce qu'elles impliquent menace une bonne partie de notre cadre de vie et porte en lui les germes de problèmes potentiellement pires. Tout cela pour une menace qui, si elle porte en elles des tragédies comme ce qu'on vient de voir à Bruxelles, n'est en rien existentielle. Quiconque verse dans la rhétorique qu'on voit fleurir au lendemain de tels événements perd le droit de s'indigner devant la "connerie" des Allemands de 1933, ou la "naïveté aveugle", voire la soi-disant "ignorance" des peuples qui ont ainsi favorisé l'accession au pouvoir de régimes autoritaires, et il perd aussi le droit d'avoir un sentiment de supériorité rétrospective quand il regarde ces époques.... Parce qu'il est aussi con, naïf, ignorant et aveugle. Et quand je vois les réactions de pucelle effarouchée d'un Valls prêt à gesticuler dans tous les sens et faire un Patriot Act version sous-titrée en invoquant de grands mots qui sonnent fort (genre "guerre"), je ne fais que constater que c'est bien la voie qui, lentement, s'ouvre maintenant à nous (parce que les politiques tendent à aller vers la facilité et ce qui vend bien dans l'instant, puis à faire de la surenchère dessus pendant des années/décennies une fois la direction choisie), à moins que quelqu'un au pouvoir soit capable de poser une paire de couilles sur la table. Personnellement, je crois que si, sans changer le cadre juridique/législatif autrement que par de petits aménagements, simplifications et dépoussiérage (plus évidemment de bonnes méthodes dans l'exécution, mais ça c'est de la technique: policière, antiterroriste, militaire, judiciaire, renseignement et coopération internationale), mais qu'on revenait à quelque chose comme les 6% du PIB dépensés dans les domaines régaliens de base (armée, police, services de rens, sécurité civile, diplomatie, justice) comme c'était le cas dans les années 60, voire même un peu plus ponctuellement, une bonne partie des problèmes (surtout avec le temps, une fois que le "capital sécurité" recommence ainsi à s'accumuler plutôt que de décroître) serait déjà plus qu'évitable, et les menaces jugulées pour l'essentiel. Plus délicats et complexes sont les grands chantiers de "reconstruction nationale" (le nation building at home" de Trump et Sanders, quoi): éducation, déconcentration des richesses.... Mais en tous cas, je constate qu'à travers l'histoire, celui qui réagit agressivement et cruellement est toujours le faible, pas le fort: la sur-réaction est un cri d'impuissance, souvent instrumentalisé pour d'autres desseins, notamment un sursaut d'autoritarisme (et oui, en cela, ceux qui sont contre l'autorité sont les alliés objectifs des autoritaristes.... En les rendant inévitables; j'imagine qu'on sera tous d'accord sur cette tautologie). Il y a un très fort racisme en Italie, avant tout parce que, outre qu'il s'agit d'un pays aux identités très affirmées et enracinées (oui, parler d'UNE identité italienne est illusoire: regarde ce que beaucoup au nord pensent de ceux du sud, tu trouveras des commentaires qui feraient hurler SOS Racisme.... Bon, OK, mauvaise tournure, ils hurlent tout le temps), l'immigration y est un phénomène très récent: ils sont encore dans la première phase, avec une très faible proportion de "2ème génération" (enfants nés en Italie de parents migrants) parvenus à l'âge adulte; c'est, essentiellement, ce qu'on avait en France à la fin du XIXème siècle avec.... Les Italiens, Polonais et Belges. Et ça a pas été rose et joli, même après la 1ère GM. Ils commencent seulement ce chemin. Mais si la dictature au sens moderne n'est pas dans la tradition italienne, je signalerais que la démocratie (surtout une avec un Etat de droit fonctionnel et une certaine réalité sociale de la démocratie) ne l'est pas vraiment non plus: elle est un phénomène très récent. Et ce phénomène est endommagé de manière particulière dans ce pays par certains bémols: - la place (inégale géographiquement) d'un parasitage du fonctionnement de l'Etat de droit et de la démocratie par des organisations criminelles puissantes (plus vrai et sensible dans le sud) - l'absence totale et complète d'une dé-fascisation dans certaines institutions après 1944: la police et la justice, par exemple, ont continué à fonctionner sans interruption et ont gardé la mémoire institutionnelle du fascisme dont elles conservent des traits, réflexes et empreintes (bien qu'évidemment il y ait eu des réformes et changements générationnels), une chose qu'on peut par exemple aussi constater en Espagne de façon plus vivante (même si plus pour longtemps) avec les décideurs dans la police et la justice (certains à la retraite mais qui gardent de l'influence) qui sont en grande partie encore des ex-"jeunes franquistes" encore en train de couvrir leur cul. - l'absence de la défascisation est aussi sensible au niveau politique, puisqu'un examen plus objectif du phénomène est encore assez impossible dans le pays au sens d'une "catharsis" nationale: il y a des mémoires antagonistes qui ne veulent pas se parler, un fait sans doute aggravé par la bipolarisation extrême de la vie politique après guerre et jusqu'aux années 90; démocratie chrétienne pourrie jusqu'à la moëlle mais enkystée au pouvoir d'un côté (recyclant l'essentiel de l'appareil de pouvoir précédent), communistes éternellement dans l'opposition de l'autre, et rien entre les deux. Le résultat a été une intégration sans discussion des "mussoliniens" dans le mainstream démocratique (au nom de l'anticommunisme, de la nécessité, du refus du questionnement, de l'inertie, de l'habitude au bout d'un moment, de l'absence de choix) puisque le mainstream démocratique était de fait un parti unique, sans opposant crédible. La conversation nationale sur la période mussolinienne n'a donc jamais eu lieu, et l'héritage en a ainsi été "normalisé".
  10. C'est une idée intéressante, mais comme le dit l'article, les divergences politiques sur la façon dont les Etats pensent leur défense (donc les "stratégies nationales", si on peut appeler les non choix actuels ainsi) poseraient vite le problème de la gouvernance d'un tel fonds: est-il possible que ce soit juste une mutualisation simple du financement de la défense/sécurité sans que l'usage que chacun en fait soit en aucune manière influencé? Quel type de gouvernance pourrait réellement satisfaire les prêteurs s'il ne s'agissait pas d'un organisme planifiant une vision unifiée qui, seule, offre la "vision à 50 ans" assurant la solidité de long terme de la chose? Quel moyen d'harmoniser la chose même à minima autrement qu'en plaçant le ticket d'entrée à un pourcentage donné du PIB qui, par ailleurs, ne supprimerait pas les inégalités devant l'effort consenti dans ce domaine, tout en engageant sérieusement la question de la souveraineté sans y apporter de réponse réellement institutionnelle adaptée? Enfin, et c'est l'un des poils à gratter mentionnés, plus on rend la chose neutre et inclusive, plus on en fait un prétexte à une dépense décomplexée qui devient vite l'équivalent d'une manne tout frais payés pour les équipementiers (Américains compris, qui feront tout pour avoir une place dans la décision et faire en sorte que l'OTAN participe à la gouvernance et soit donc juge et partie), et plus on lui fixe des objectifs précis (ergo, on fait se confronter les grandes orientations de défense des pays de l'UE), plus on amène la question directe d'en faire quelque chose, soit un "contre OTAN" ou "alter OTAN" (de fait).
  11. Et bien sûr, tu es le seul à même de juger de la chose, ça ne s'applique aucunement à toi, et tous les autres s'enferment dans cette communauté avec enceinte qu'est le forum, ne rencontrant personne d'autre en dehors, physiquement ou sur le web. N'est-ce pas plutôt là une incapacité à envisager que d'autres que toi puissent aussi avoir une vie et des rencontres, et cumuler les expériences pour formuler un autre avis que le tien? Vu qu'il s'agit d'un forum à la base spécialisé dans les questions militaires/sécuritaires, la logique indique plutôt qu'on trouverait un profil dominant de mecs (check), geeks d'un ou plusieurs aspects de ces questions (check) et ayant, comme c'est une tendance pas absolue mais assez lourde dans ce domaine, un certain tropisme vers des opinions plus conservatrices et/ou de droite, aimant moins prendre des pincettes, et tendant plus que la moyenne à pencher vers les solutions agressives aux problèmes rencontrés..... Pas tellement check. Donc y'a peut-être quelque chose de plus riche et complexe là-dessous, mmmh. D'un autre côté, les bien-pensants et amateurs du "consensus mou" si commodément pointés du doigt tendent plutôt, en généralisant un peu, à être nettement plus à gauche, un peu dépolitisés, "citoyens du monde", moins ancrés dans une nation, et parfois un peu pacifistes de principe. Mmmmm, pas check non plus, vu les discussions du forum. Merde, y'aurait-il plus complexe? Ou bien, le temps aidant, y'aurait-il eu un vieillissement moyen des membres les plus réguliers, vieillissement qui tend à apprendre à prendre du recul, relativiser et moins s'enfoncer dans des causalités simplistes ou en tout cas trop partielles? Je me demande....
  12. Faudrait peut-être surtout commencer à envisager de subdiviser intelligemment le sujet.... Genre "nouvelles séries, vous avez testé? Dites-nous", "et celles-là, elles vieillissent bien? Ca roule toujours ou ça merde?", "lesquelles passent à la trappe, lesquelles sont renouvelées -et à quelle date?", ou encore 2 ou 3 catégories par genre.... Sérieux, cette partie du forum (bon, OK, comme la plupart) est un foutoir, et les topic ayant un peu d'ancienneté sont inconsultables. S'il faut des chargés de mission volontaires pour, de temps en temps, faire de petites réorganisations de ce type, je veux bien répondre à l'appel.
  13. Pas vu, pas pris, mais quand on est vu, on nie.... Une maxime importante en politique.
  14. D- est toujours la bonne réponse dans ce choix multiple.... Quelle que soit la question. C'est une invitation à un rencard? Refoulé, mais coquin, va . Aaaah, ce "monde réel", qu'est-ce qu'il est versatile.... Mon explication est la suivante, et je la pense universellement juste: le monde est une femme..... Et souvent femme varie, bien fol est qui s'y fie. La donna e mobile, qual piuma al vento, muta d'accento, e di pensiero....
  15. +1 Mon Dieu, nous sommes "le consensus mou"; la bien-pensance incarnée et la preuve numérique de la mollesse de notre époque de tapettes, sur ce forum, et l'esclave évadé vient nous apporter le message de la liberté: Platon, retourne aux chiottes avec ta parabole de la caverne. La prétention à "connaître la réalité", à échapper au politiquement correct (que personne ô personne ne sait jamais définir, sinon en disant que c'est toujours ce qui enferme la pensée de l'autre, jamais de soi) et à avoir les vraies solutions n'épargne absolument personne, donc si des propos tenus par moi et/ou d'autres peuvent sembler formulés avec des pincettes, c'est précisément parce que certains essaient de factoriser un maximum de paramètres et de ne pas balancer des formules à l'emporte pièce qui sont souvent du niveau coup de gueule au café du commerce, plus ou moins mal déguisées, et reposant sur des réalités très partielles, voire beaucoup d'invention ou de mésinterprétations, peignant un tableau extrêmement incomplet d'une situation qui demande plus pour être expliquée ou à tout le moins explicable. Et quand en plus on en arrive à des sujets délicats comme celui-ci (et par "délicat", j'entends "d'une complexité extrême", pas "attention on va vexer/insulter les sentiments de quelqu'un"), le rabattage sur les explications d'ordre essentialiste, généralement fondées sur beaucoup de choses douteuses et qui demandent un niveau de compétence très élevé pour être traitées, les soi-disants avis "dissonnants" et "originaux" émanant de qui se sent un génie incompris par la masse d'abrutis bien-pensants qui l'entoure, gagneraient à être argumentés d'une façon foutrement plus fournie et circonstanciée. Qu'il y ait une bien-pensance ennuyeuse sur la scène publique, qui tend à réfuter tout argument ethnoculturel par essence (et classer toute personne émettant l'idée que ça existe comme raciste), c'est une chose, mais je ne l'ai pas vue réellement à l'oeuvre sur ce forum, ayant plutôt constaté le délire de persécution de certains qui se ruent vers cette explication en premier pour tout problème, et s'offusquent qu'on le leur signale et qu'on émette des réserves, argumentées ou non. Les avis unilatéraux et réfutant tout autre causalité que celles qui les obsèdent, sont plutôt ce qui énerve beaucoup de monde. Je hais de manière viscérale les antiracistes, jeunistes, altermondialistes, pédagogistes et féministes professionnels (je précise bien que le terme "professionnels" s'applique à toutes les catégories mentionnées: les causes justes qu'ils prétendent défendre n'ont à mon avis rien à gagner avec eux) qui sévissent sur la scène publique, mais si je peux partager les indignations de Zemmour et consorts (à divers degrés), je réfute ses lectures (souvent très mal informées: le type prétend connaître l'histoire et commet faute sur faute) et rit de ses "solutions". Je précise "Zemmour et consorts", puisque, ne nous mentons pas, c'est grosso modo autour de cette nouvelle réaction (dans un très vaste panel politique qui va très à droite de lui et pas mal à gauche de lui) dont il est venu à être la figure visible (sans en représenter toutes les composantes) que se situe la soi-disant nouvelle "liberté de pensée" qui se dit étouffée aujourd'hui. Cette réaction est sans doute inévitable après quelques décennies d'une pensée dominante qui venait de l'autre côté, mais ça veut pas dire qu'elle est pertinente.
  16. J'ai eu tout-à-l'heure une conversation inquiétante avec une amie pourtant tout-à-fait éduquée, ouverte, très "internationale" (mais pas bobo, plutôt légèrement conservatrice), qui bosse à Bruxelles et dont l'arrêt de métro pour le travail est celui qui a pété; elle en était sortie 20 minutes avant le boum. Son état d'esprit n'en est pas à regarder tout musulman ou personne "d'aspect musulman" (je formule volontairement la chose comme une énormité) comme un suspect, mais l'événement (et d'autres avant lui: bien que Bruxelloises depuis maintenant pas mal d'années, c'est une parigotte, et novembre lui a fait un truc) l'a clairement marquée et elle en était déjà au stade où le processus sécuritaire-judiciaire la hérisse (non sans raison par bien des aspects) et lui semble faible et insuffisant. Elle en était à me parler de la nécessité de peines lourdes et évoquait ouvertement (au moment du coup de fil, elle était dans le tramway) l'ensemble des trucs qu'on voit resurgir chez pas mal de politiques depuis le 11 septembre (dispositifs et moyens "d'exception" face à l'urgence et tout le toutim dans le droit fil du Patriot Act) plus quelques options "intéressantes" (tout d'un coup, elle me parlait de peines avec mutilation qui "remettraient la société dans le bon sens": couper la main des voleurs, les burnes des violeurs....). Une des explications que je me suis formulée: c'est une maman. Elle a 3 petits garçons qu'elle emmène sur cette ligne de métro tous les matins, et un des parents à leur école a apparemment perdu un enfant dans les attentats, ce qui l'a particulièrement marquée. Mais le fait demeure: même si la chose est encore "à chaud", je doute que ce soient juste des paroles de l'instant. De tels événements font changer, et même si elle calmera son opinion quelque peu quand la tension sera retombée, je pense que ses avis sur de telles questions resteront dans la même ligne. Evidemment, le scandale judiciaire entourant l'un des perpétrateurs et son étrangement courte peine de prison, de même que l'avocat-mariolle surpayé qui a pris très publiquement en charge le dossier Abdeslam avec force publicité et promet de faire durer la chose (aux frais de la princesse) et d'empêcher l'extradition, n'ont pas beaucoup aidé à faire croire à l'efficacité de la prévention, de la protection et de la répression face à cette menace en général. Mais je constate le résultat chez quelqu'un que je connais extrêmement bien, qui a tous les outils et conditions pour se permettre d'être modérée et pondérée dans ses opinions, de prendre du recul.... Et le résultat est qu'elle est pas si loin de dire "la démocratie aux chiottes" (avec la certitude que c'est juste "le temps de traiter la menace"), qu'elle veut voir des choses dures et radicales faites maintenant, pas demain.... C'est aussi con que ça, mais c'est comme ça que la peur fonctionne, et j'imagine que la plupart d'entre nous auraient des réactions plus ou moins voisines, voire bien plus radicales, si le coup tombait pas loin de chez nous et/ou de nos proches. Je me souviens encore de mes opinions quand a eu lieu l'attenta de la place Charles de Gaulle en août 1995: j'étais dans un appart à 100m environs quand ça a pété, et je suis passé devant ce qui restait de l'arrêt de bus (avec des taches de sang) peu après.... J'avais moins de 20 ans, donc on tend à aller plus vite vers le radical à cet âge, mais je sais que je ne pensais pas en termes adaptés à une heure de grande audience.
  17. Oui, c'est très grave: tu dois aller tout de suite te faire exorciser dans la plus proche antenne du Men's Rights Movement, regarder en boucle l'intégrale des films de Schwartzy, Stalone et Seagal (tu sais.... Pour une approche réaliste et pondérée de la figure de l'homme lambda), brûler des livres de Gloria Steinem et Simonde de Beauvoir.... Et mater la totalité de la vieille série Wonder Woman passke t'as envie de retrouver la sensation des érections de ton enfance et qu'on est un peu tous des geeks hypocrites....
  18. Je viens de voir un reportage américain focalisé sur le sujet de ces artificiers de Daesh et leur évolution récente en termes de capacité avec ce TATP: vu la volatilité du produit, l'expert interviewé signalait à quel point il y avait eu progrès entre ce qu'on voyait il y a 2 ans et aujourd'hui. Les attentats de novembre ont montré 7-8 (en comptant la non explosée, il me semble) bombes ayant fait leur job avec des quantités impliquées très supérieures à ce qui s'était vu avant, et les attentats de bruxelles indiquent une quantité exponentiellement plus importante. Etant donné qu'il s'agit d'un produit très instable (surtout pendant sa manufacture), cela souligne non seulement à quel point il y a progrès et une inquiétante capacité à gérer de grandes quantités pendant la fabrication (pas la même chose de bricoler l'équivalent d'un mug ou celui d'un tonneau: les risques de se faire péter sont multipliés), mais aussi qu'il y a transmission du savoir-faire à un niveau technique suffisant. Là est l'élément le plus dérangeant vu que ça aurait tendance à limiter les raisons de pavoiser si c'est vraiment un des artificiers qui s'est fait péter à Bruxelles.
  19. [Mode pépémémé ON] C'est des anciens ou des nouveaux euros? [Modepépémémé OFF] Et départ pour les Bermudes.... Rapidement.....
  20. Tout faire péter? Bonne idée: dimanche, avec l'agneau, je ferai des flageolets.... Ou des haricots rouges avec du riz façon cajun.
  21. Oh, tu fais chier, bordel! Maintenant j'ai envie d'agneau.... Tout de suite! Tout rosé, qui a gardé tout son jus, si possible enrobé dans une croûte aromatisée au miel.... Je vais en faire dimanche, mais là, j'en veux tout de suite.... Avec des oeufs en chocolat en garniture! Mais j'y pense, pour faire semblant de rester dans le sujet: les cloches qui partent de Rome pour aller dans tous les foyers chrétiens (comme le Père Noël, mais qui lui part d'un territoire danois).... C'est un service fédéral européen? Qui paie? C'est encore nous, les braves cons de la zone euro? Raaaah là, là ma bonne dame!
  22. C'est humain: on a souvent besoin de faire quelque chose face à un trauma, et à certains moments, on peut le ressentir de manière plus forte qu'à d'autres. On peut y réagir violemment, faire son deuil..... Dans de telles circonstances, y'a pas grand-chose que le citoyen lambda puisse faire. Les flics et agents de rens qui prennent un tel attentat à coeur ont un exutoire professionnel, la plupart des gens n'en ont pas. Alors ceux qui ont pris la chose comme un choc plus ou moins profond vont à ce type de manifestations: pour certains d'entre eux, ce sera suffisant, pour d'autres non. Y'en a qui se mettront à planter un drapeau à leur balcon, publier des trucs sur internet, jouer les durs silencieux qui se posent comme des "rocs dans la tempête" (même si dans leur salon, ça sert à rien), voter FN, prêcher la paix dans le monde, pleurer comme une madeleine ou au contraire faire des blagues dessus (sans pour autant qu'on trouve ça marrant: l'humour reste la politesse du désespoir, ou de la douleur), baiser plus que d'habitude (ce genre d'événements tend à rapprocher les familles, faire naître un peu plus de bébés....), voire poster comme des tarés sur un forum de discussion . Le point est qu'un tel événement est un stimulus fort pour beaucoup plus de monde que la nouvelle de la formation d'un gouvernement, la dernière partie de jambe en l'air d'une star ou l'opération de la cataracte de grand maman. On y réagit comme on peut et on essaie de faire en sorte que ce soit à la hauteur de ce qu'on a ressenti: c'est très individuel. Après ça, il y a des formes plus communes que d'autres, plus socialement acceptées que d'autres: voire les reproches souvent faits aux comiques et satiristes dans de telles circonstances: ils sont souvent accusés de "mauvais goût": pour certains, c'est le cas, pour la majorité, non: dans la détresse -quel que soit son niveau- on réagit en faisant ce qu'on sait et peut faire. Et face à un événement qui fait des morts qui vous touchent plus ou moins, se réunir en communauté (ceux qu'on connaît, directement ou non, les "nôtres"), mettre des gerbes de fleurs, des ex-votos d'une sorte ou d'une autre, faire de petites offrandes symboliques.... Est quelque chose d'assez commun: qu'est-ce que ça a de différent d'aller au cimetière pour faire la même chose pour les morts de sa propre famille? La communauté dans ce dernier cas est juste plus petite (la famille, et souvent juste la famille très proche), et le lieu est pré-établi. Certains ne sont pas touchés très fort par ce genre d'événements (on ne blâmera pas forcément: la télé éloigne, le fait que ce soit un autre pays peut jouer....), ou seront touchés plus tard, ou ils réagissent et font leur deuil différemment. On parle de "banalisation de la violence" pour définir ce à quoi nos yeux s'habituent petit à petit à certaines époques (du moins tant que nos proches ne sont pas touchés, le plus souvent): on s'habitue différemment, à divers degrés, à diverses vitesses, ou on ne s'habitue jamais; quoiqu'il en soit, ces choses se répartissent toujours, au sein d'une large population, en plusieurs groupes différents qui représentent quand même tous beaucoup de monde. ici, tu as en photo ceux qui ont besoin de réagir maintenant et aucun autre moyen de le faire. Au final, tout cela intègre le sujet de la résilience des sociétés à la violence.
  23. Et les oeufs, et les poules, et les cloches, hein? T'en fais quoi des oeufs, des poules et des cloches? Je les mange autant que les lapins, moi, môssieur: je fais pas de discrimination culturelle entre les oeufs, les poules, les cloches et les lapins en chocolat qui ont tous le même droit de périr sous mes dents et de faire leur parcours d'intégration réussie à mon organisme avant que les déçus du processus ne prennent, et c'est leur droit (je les y encourage d'ailleurs) la porte de sortie, la tête haute! Oui, le fait de se rabattre aussi tôt que possible sur un certain essentialisme, généralement ethnique et/ou culturel-religieux, est un travers de la pensée qui reste très fréquent. J'avoue que ça peut faire partie du paysage, mais je mets beaucoup de bémols tant de tels comportements collectifs dépendent eux aussi de nombreux facteurs, avant tout circonstanciels/environnementaux: les conditions du départ et de l'arrivée jouent tellement, qu'on parle de départs forcés ou non (et dans quelles circonstances: pays/région en guerre ou non, voyages de groupes pré-existants ou d'individus, déplacement forcé, déplacement massif ou au compte-goutte....), de migrants passés par des filières douteuses, de l'organisation du système de transit et d'accueil par le pays d'accueil lui-même (ou son absence), du temps d'adaptation, de l'importance voire de l'existence d'une communauté déjà organisée à l'arrivée (ce fait étant souvent lié aux conditions d'installation des premiers migrants de telle ou telle origine: s'ils ont pu planifier leur départ ou l'ont subi....), les circonstances socio-économiques du pays d'accueil au moment de l'arrivée et/ou au moment de l'arrivée des premiers membres d'une communauté, la répartition des groupes et individus arrivant (concentrés ou dispersés?), les circonstances de cette répartition (lieux d'habitats et opportunités proches ou lointaines).... Mille et un facteurs qui font que des groupes qui ont un sens collectif et une tradition d'organisation peuvent ne pas réussir la greffe en tant que groupe, et que d'autres qui en ont moins, parviennent, par de multiples hasards de situation, à s'établir en tant que communauté. N'oublions pas, pour rester dans le cas chinois, qu'on parle ici d'une immigration plutôt organisée très en amont, souvent choisie, qui a eu le temps de se faire dans de relativement bonnes conditions (en tout cas organisées) dès la prise de décision initiale, et que cette organisation est aussi à base régionale en Chine même, différents groupes ayant développé leurs propres filières. La structure, déterminée en grande partie par les circonstances telles qu'elles se développent aux lieux de départ et d'arrivée, est un déterminant si puissant que j'hésiterai toujours fortement à aller vers une définition précise de phénomènes aussi vaguement circonscrits que la "culture"; tous les groupes humains un peu anciens ont par essence une bonne dose de sens du collectif, une tradition d'entraide et/ou un sens de la solidarité né de la proximité en terre étrangère... On a tendance à décréter que c'est un trait inhérent chez les diasporas qui ont réussi (Chinois, Arméniens....) et dire que c'est absent chez ceux pour qui ça n'a pas marché, alors qu'un set de circonstances différentes pourrait très bien avoir donné une situation inverse. Bien souvent, quand on se penche sur l'histoire particulière d'une telle communauté migrante (ou d'autres types de groupes), on s'aperçoit que l'essentiel se joue à quelques moments clés, quelques tournants pris ou pas pris, bien ou mal négociés dans les circonstances précises du dit moment. Quand un virage est bien pris, la dite communauté peut commencer à se solidifier et bâtir des sécurités et redondances garantissant qu'elle dépendra moins de telles contingences; quand ce n'est pas le cas, les merdes ont tendance à s'accumuler et accroître les désavantages initiaux (souvent communs aux migrants).
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