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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Tancrède

    Nanas au combat

    Je crois que la longueur même de ce sujet exclut de parler de la chose aussi simplement; on a quand même vu ici qu'il y a BEAUCOUP de problèmes et de dimensions à ce sujet, qui empêchent de décréter des yakafaucons bien péremptoires (dans un sens ou un autre). Je crois avoir évoqué il y a longtemps (mais sur ce topic) mon penchant instinctif pour, effectivement, des regroupements féminins, peut-être pas à l'échelon d'une unité entière, mais peut-être à de plus bas échelons (GC, section, compagnie?), au moins pour essayer. Parce que c'est en fait l'un des problèmes du sujet: quoiqu'on fasse, malgré parfois l'ancienneté certaine du phénomène, on en est encore souvent au stade de l'expérimentation pour obtenir suffisamment de certitudes acceptables par tous, ou en tout cas le plus grand nombre. Résumé de quelques trucs récents: - les Norvégiens créent une unité de FS féminine.... Super! Qu'est-ce que ça veut dire? Elles ont passé des épreuves dures, donc bon point pour l'espèce femelle. Apparemment, les épreuves sont un peu plus light quand même. Oups, mauvais point. Re-apparemment, le paquetage standard est très nettement plus léger que celui des mâles: y'a une couille dans le potage.... Soit l'unité obtenue offre nettement moins de capacités (et de performances?), soit on donne vraiment trop de trucs inutiles (et qui finissent par casser les articulations) au mecs. Quelles raisons pour cette unité? y'a t-il un bénéfice spécifiquement féminin dans certaines spécialités, qui justifient une unité spéciale (= beaucoup plus chère qu'une normale), notamment le renseignement et l'observation (où on atteste d'une vraie différence des sexes: attention aux détails....)? Ou la politique a t'elle joué lourdement (ce dont je ne suis pas forcément sûr: je crois pas que ce soit une question sur laquelle quiconque vote)? - le test polémique opéré dans la durée par l'USMC sur des unités unisexes (hommes et femmes) et mixtes, qui a été désavoué dans des circonstances plutôt choquantes par le SecNAV: rien n'indique qu'il ait été biaisé, et il indiquait justement de façon assez nette et unilatérale une moindre performance importante des unités mixtes et de femmes. - les Israéliens bricolent des tas d'équipements pour les nanas, parce que sinon c'est trop lourd et ça accroît le déséquilibre déjà très important en matière de "stress injuries" et d'indisponibilités en général, les femmes étant des soldats moins "rentables" en la matière (ce qui n'est pas un angle d'attaque sur les performances à un moment donné, mais un examen dans la durée) par des taux nettement plus élevés dans ces domaines. Mais faire des jouets plus légers et modernes pour les femmes fait crier à l'injustice côté mecs (avec raison on pourrait dire), donc au final, comme le dit la femme officier de l'article, "l'égalité coûte cher". Ce à quoi j'ajouterais que ça coûte cher, mais que l'égalité n'est pas pour autant là à l'arrivée. Et là on a la caricature de l'armée israélienne de la grande époque telle qu'on l'imaginait à l'ouest: égalité des sexes, et parties de jambe en l'air permanentes. Faire l'amour, et pas le temps pour la guerre..... Problématique comme organisation sociale POUR UNE ARMEE!!! - Lieutenant, rendez-moi service - oui ma générale..... Je termine avec la capitaine d'abord, si vous permettez..... Ach la guerre, grosse chaleur malheur Bon, en plus, je suis pas sûr que l'être humain puisse assurer comme un bonobo....
  2. Bof, c'est en grande partie fait, même si c'est bien plus réel et abouti aux USA qu'en Europe (pour l'instant): un système judiciaire sous-financé implique des délais monstrueux, des frais souvent intolérables, des avocats commis d'office sous-payés et incapables de faire face à la charge de travail. Au bout du compte, c'est un système d'oppression, ou à tout le moins de contrôle, qui dissuade le faible de chercher justice de mille et une façons, qui multiplie les avantages du fort, et qui, au bas de l'échelle, tend à placer beaucoup de gens très modestes dans un cycle perpétuel de procès et condamnations diverses dont ils ne peuvent se dépêtrer (peuvent pas payer), qui est un boulet social et qui en place beaucoup (qui ne sont pas des criminels violents) en prison, même si c'est pas toujours à proprement parler pour dette.
  3. Tancrède

    Nanas au combat

    Mauvais exemple: - espèce différente.... Pourquoi pas comparer aux mantes religieuses, tant qu'on y est (bon, je sais, mammifères, plus proches, toussa....) - c'est en fait plutôt un mythe que le lion fait faire le boulot par ses gonzesses, lui se la coulant douce pendant ce temps, occupé à besogner ses moukères pour perpétuer l'espèce et rien d'autre. Il chasse, il est chargé du combat pour défendre le groupe et sa progéniture (y compris contre les concurrents qui veulent sa place), c'est lui qui bosse de nuit (hein? Les heures sup?)
  4. Tancrède

    Nanas au combat

    Un article intéressant et très récent sur certaines réalités du sujet dans l'armée israélienne: http://www.timesofisrael.com/new-combat-positions-for-women-in-the-idf-same-old-obstacles/ Je suis particulièrement impressionné par les statistiques évoquées par la femme officier interrogée, qui pointe notamment le taux de "stress injuries" dans les unités où des femmes sont en position de fantassin (les 3 bataillons mixtes) ou d'artilleurs, et particulièrement, ce qui ne m'était jamais venu à l'esprit (manque de connaissance oblige), les problèmes physiques pour les tankistes, dont je ne soupçonnais pas le besoin en force physique DANS les tanks eux-mêmes. Sachant qu'en Israël, les instructeurs dans les écoles de chars sont en grande partie des femmes, je ne pensais pas qu'il y aurait de réels problèmes dans ces unités.... I stand corrected. Mais il est notable que si l'armée israélienne s'aiguille vers une diminution constante du nombre de métiers interdits aux femmes, le petit nombre qui leur demeure fermés pour raisons règlementaires/culturelles, mais aussi physiques/physiologiques, est aussi essentiellement la portion qui contient les métiers permettant la carrière jusqu'aux étoiles d'officier général.
  5. Il n'y a pas de procédure de referendum au niveau fédéral aux Etats-Unis: c'est uniquement au niveau des Etats qu'il y en a, et elles procèdent en même temps que les élections générales ou partielles, constituant juste une case à cocher en plus sur les très longs et très compliqués bulletins de vote américains. Ainsi, à chaque élection, il y a toujours quelques référendums en cours. Changer la chose au niveau fédéral impliquerait un amendement à la Constitution (et un très sérieux changement de culture politique, vu le rapport que les Américains ont entre ces deux niveaux d'appartenance et de représentation), ce qui, dans le contexte politique contemporain des USA, est à peu près aussi envisageable qu'un processus unanime de nomination à SCOTUS, ou qu'un Américain refusant une deuxième part d'apple pie (ou de bacon.... Ou d'apple pie avec du bacon dessus. Bref, ça arrivera pas). Sinon, la dernière de l'establishment conservateur pour arrêter Trump, qui est plus un signe de la débandade de l'actuel effort anti-Trump côté républicain qu'une vraie proposition, même s'il s'agit d'un vieux principe de la politique américaine, qui a été une réalité au XIXème siècle avant de devenir une légende urbaine et un voeu pieux récurrents: faire un "unity ticket", soit demander à Hillary Clinton de choisir un co-candidat républicain pour unifier un électorat suffisamment vaste contre DT.... Ca sonne plus désespéré qu'autre chose, révélant que l'establishment a antant peur de Trump (ou plutôt du choix qu'ils ont en ce moment: Trump ou Cruz, ce qui les fait vomir) que de ce qui pourrait se passer à une convention "négociée/ouverte" ("open convention" étant le terme politiquement correct qui sonne bien et pas maffieux, qui a été brandi récemment par la direction du GOP qui le préfère désormais à "brokered"). Normalement, une "brokered convention" est essentiellement un jeu truqué où on (sous entendu l'establishment) sait à l'avance qui sera le vainqueur.... Seulement la dernière fois qu'il y a pu avoir un doute et que le vainqueur attendu l'a emporté par divers biais peu avouables, remonte à Gerald Ford en 1976; depuis, les conventions nationales républicaines ont toujours été un jeu où tout risque est étouffé (y compris en usant de violence et en empêchant des délégués de voter, ce qui est toujours remarquablement passé sous silence), assorti d'un magnifique montage vidéo pour en faire un publi-reportage où la démocratie est vibrante, les sourires béats, le candidat choisi fort et le sentiment général exaltant, le tout avec un parfum si aseptisé qu'on croirait regarder une vidéo interne d'entreprise. Les derniers à avoir fait l'expérience du système furent les partisans de Ron Paul en 2012, même si, généralisation des smartphones permettant, beaucoup d'histoires avec vidéos commencent à ressortir sur la réalité des conventions nationales. Mais cette convention 2016 ne s'annonce pas si facile. Quoiqu'il en soit, le "unity ticket" est la dernière en date, qui sonne vraiment très con mais indique en même temps qui pousse en coulisse et pourquoi. Un sondage intéressant ceci dit, révèle que 12% des militants républicains sont prêts à voter Clinton plutôt que Trump, contre seulement 5% des militants démocrates préférant Trump à Clinton....
  6. J'ai binge-watché la 2ème saison de Daredevil, et c'est avec l'avalanche visuelle encore fraîche et excitante dans la tête que je peux néanmoins affirmer que, pour ce qui me concerne, elle ne vaut pas la première. C'est très bon sur le plan technique, c'est hyper bien léché, il n'y a pas d'amateurisme dans l'écriture (sauf quelques maladresses un peu infantiles ou niaises dans quelques échanges "philosophiques" qui seront toujours délicats à manier, surtout dans le contexte d'une série destinée avant tout aux ados et post ados), c'est sanglant, en fait plus que la première série (même si c'est inévitable scénaristiquement, et pas juste gratuit, vu le personnage semi-antagoniste qu'ils introduisent cette saison), le rythme est même meilleur que dans la saison précédente.... Bref, côté métier, je pourrais dire que c'est mieux que le coup précédent..... Si la technique suffisait. Côté histoire, même s'il y a un plus grand sens d'un début et d'une fin, et une moindre impression de tourner en rond parfois, il manque avant tout un truc majeur: un antagoniste à la hauteur du caïd, avec autant de présence dans l'histoire qu'il soit à l'écran ou non, autant par celui qui le joue que par le personnage lui-même et son organisation omniprésente qui donne l'impression aux héros de faire face à une montagne. Dans cette saison, c'est pas vraiment le cas (même si le caïd apparaît et a de bonnes scènes annonçant plus pour la suite), et je trouve qu'il manque le sens de la grande mission dominante qu'on trouvait avant, ici remplacée plus par un héros devant chercher à se définir par rapport à deux anti-héros à la moralité plus noire, ce qui peut attirer ceux qui aiment les méandres de l'introspection du personnage (que je trouve assez cheap, même si c'est peu évitable dans le contexte d'une telle série, quelle que soit la qualité de l'écriture) mais ne présente pas en ce qui me concerne la même puissance d'intrigue qu'un duel entre deux camp, monté en crescendo sur une dizaine d'épisodes. Là, il se passe pas mal d'épisodes avant que n'émerge un vrai antagoniste, sans incarnation particulière dans un personnage (c'est une organisation), dont l'ajout dans l'histoire ne me convainc pas vraiment et donne lieu à trop de clichés et de facilités. Les personnages secondaires sont bien traités et ont une vraie place, mais il manque aussi un équivalent du rôle tenu par Ben Urich dans la première saison, soit un personnage menant sa propre quête entre les éléphants qui s'affrontent dans sa ville tout en aidant REELLEMENT l'intrigue par une action autonome. Le bon point en personnages vient d'un des nouveaux, le Punisher, personnage tutélaire de la scène de NY dans le monde Marvel; l'acteur choisi porte très bien ce rôle bien écrit et bien dimensionné par rapport à l'histoire, contribuant sa pierre à l'édifice. J'ai plus de réserves sur Elektra (Elodie Yung, qui doit ici avoir chopé son premier rôle correct depuis qu'elle est aux USA), peut-être parce que j'ai un sérieux biais contre ces personnages archétypiques de nymphettes-ninja arrogantes au gabarit mannequin qui cognent comme des poids lourd et encaissent comme des sacs de frappe, et savent tout faire mieux que tout le monde (mais bon, faut bien faire bander le geek, coeur d'audience, et la jeune ado esseulée en manque de confiance en soi), mais aussi parce que, sur le plan de l'histoire, j'ai pas l'impression que sa storyline soit vraiment organiquement liée à la saison.... Ca se sent plus comme un ajout, une couche supplémentaire dont on sait pas trop quoi foutre. Mais bon, y'en a qui aiment rajouter une couche de coulis chocolat supplémentaire sur une Forêt Noire (perso, ça me met la nausée; point trop n'en faut). J'avoue aussi qu'elle est le prétexte pour fouiller un peu plus le passé de Matt, ce qui n'est pas mauvais en soi au contraire, mais que le passé qu'on fouille renvoie inévitablement à des trucs vraiment trop clichés: genre les organisations mystérieuses et exotiques où on apprend des arts martiaux inconnus du commun des mortels, avec des vieux maîtres de la montagne des cinq pics, des yakuzas qui sont tous des fanatiques entraînés depuis le berceau (voire l'utérus) mais qui sont en fait nuls, la vision généralement très cliché que les Américains ont de pas mal d'endroits du monde, des choix cornéliens dans des situations un peu ubuesques, un fond de tragique surdimensionné donc vraiment ridicule (sauf pour ceux qui sont vraiment à fond dans le trip).... Bref, on met trop de couches sur des personnages qui, dans le cas de cette série, m'avaient plu parce qu'ils étaient un tantinet plus "réels" qu'ailleurs, plus ancrés dans la réalité terre à terre, plus limités par les contingences humaines normales, plus confrontés à des problèmes certes compliqués mais pas outrageusement au point d'en devenir cons. C'est un problème de dimensionnement, en fait, pour moi: dimensionnement de l'intrigue et du cadre qui doivent trouver un juste équilibre entre un bon attachement au réalisme (qui fait mieux ressentir la difficulté des épreuves et permet de mieux s'identifier/s'approprier l'histoire) et les éléments épiques et too much qui procurent l'évasion et le bon délire (et évidemment, cet équilibre ne peut être que très subjectif pour chacun d'entre nous); et Daredevil, comme Jessica Jones (quoique le méchant de JJ m'emmerdait un peu par l'ampleur de son pouvoir), ce sont des "héros de quartier", qui évitent le caractère très vite répétitif (qui se souvient bien du 2ème Avenger? Comme beaucoup de films d'action: vite vu, vite oublié, et on se fout des détails de l'intrigue) des films où les héros sauvent le monde ou l'univers tous les jours et deux fois le dimanche.
  7. La grande inconnue, c'est ce que donnera une compétition Trump-Clinton en termes de participation, parce que c'est précisément là que beaucoup se joue pour les deux: Clinton n'est pas une candidate qui fait sortir l'électeur de son terrier, et certainement pas une qui fait sortir l'électeur occasionnel ou le nouvel entrant. Elle a gagné dans le vieux sud face à Sanders par son écrasant avantage chez les vieux et dans les minorités ethniques, principalement les afro-ricains, mais l'analyse a montré que non seulement la participation n'a pas été phénoménale, mais plus encore, que celle des dits vieux et minorités a été assez basse..... Elle ne motive même pas les siens très fort, ou est-ce l'effet "de toute façon elle va gagner, et y'a le Juste Prix à la télé"? Qu'elle représente le produit d'appel par défaut de la "donor class" en cas de candidature Trump, c'est très possible, mais ça soulève la question de voir lui arriver, dans une certaine mesure, ce qui est arrivé à Bush: que ce positionnement fasse fuir une portion de l'électorat démocratique et indépendant (surtout la portion en colère) vers l'abstention ou Trump. C'est la grande crainte du moment, même s'il faut aussi garder à l'esprit que Trump n'a encore rien vu du côté du niveau d'exposition médiatique d'une campagne électorale: les primaires, c'est le petit bassin avec une bouée, la générale, c'est direct la compète olympique dans le grand bassin avec des boulets aux pieds. Tous les organismes d'information vont fouiller pour la moindre casserole ou ce qui y ressemble et marteler dessus, tous les partis ont leurs enquêteurs et analystes qui vont faire la même chose pour trouver la moindre particule de crasse dans le passé et le présent du candidat adverse, et mettre en place un discours et une campagne spécifique pour lui mettre le nez dans sa propre merde. Et là, Clinton a un énorme avantage: sa crasse et ses casseroles sont en place publique depuis 20 ans, et les positifs et négatifs de son image sont de la discussion quotidienne, déjà intégrée par les électeurs; ce que les républicains martèlent sur elle depuis des années ne convainc que leurs ouailles désormais, et a été démontré comme étant de peu d'impact sur les démocrates et indépendants. Qui plus est, occuper l'espace médiatique dans une générale va être plus dur pour Trump, avec juste un adversaire: sa méthode du faux scandale quotidien va être difficile à maintenir, contre-productive, et surtout nettement moins efficace parce que s'adressant à un public bien différent de celui des primaires. Pour un renouvellement interne des partis, c'est pas gagné; les partis américains sont de très vastes coalitions reposant, dans les meilleures années, sur des compromis extrêmement bancals entre des regroupements eux-mêmes très hétérogènes d'électorats spécifiques par leurs cultures, aspirations et idéologies. La composante la plus problématique côté républicain est celle qui a fait leur force depuis les années 60, qu'ils ne veulent pas écouter mais qu'ils ne peuvent pas ignorer et qui dicte de fait le comportement au Parlement: le "southern caucus", rassemblement des "dixiecrats" tradis (la "power structure" du vieux sud et sa portion de classes moyennes/moyennes supérieures), des "white trash" (les trumpistes sudistes aujourd'hui) et des évangélistes (très organisés, très financés.... Et infiniment pro-Cruz). Ce regroupement très marqué par la géographie et l'histoire qui lui donne un certain niveau de cohérence (on pourrait dire que des degrés variables de racisme/ségrégationnisme font partie du package assurant cette cohérence), et il est assez peu compatible avec d'autres portions du parti, moins pour des raisons idéologiques que pour des questions de pratique politique. Voir à cet égard le comportement des 60 à 70 zozos du Tea Party à la Chambre: quasiment tous du Sud, issus de districts complètement "gerrymandered", de structures de pouvoir local profondément implantées, et absolument indéboulonnables, sauf par quelqu'un d'encore pire dans le même genre. Si Trump ne passe pas au premier tout, en tout cas, on entend qu'il y a beaucoup de gens qui sentent la sueur froide quand ils pensent à ce qui pourrait se passer ensuite.
  8. Pas de "mouvements populaires": il a clairement dit le mot "émeutes" ("riots"); savoir s'il menaçait ou s'il estimait qu'il y en aurait, c'est autre chose.... Mais le problème du calcul que tu évoques est que les républicains le refusent: perdre la Maison Blanche pour un 2ème président (pas mandat) d'affilée, ça fait longtemps que c'est pas arrivé, et c'est politiquement difficile à avaler. De plus, ils ont un grave problème dont Trump n'est qu'un des symptômes: malgré leur domination territoriale actuelle (et par conséquent leur emprise sur la Chambre), ils sont de plus en plus un parti minoritaire au niveau national, s'étant fermés des pans entiers de la nouvelle démographie américaine pour longtemps, et semblant perdre leur emprise sur une partie de ce qu'il leur reste et que seul un Trump-like peut maintenant mobiliser. Ils se sont trop assimilés à l'élite ploutocratique, ce que leur discours en apparence "raisonnable" ne cache que très mal (parce qu'il n'est pas très raisonnable pour la majorité des oreilles, même dans leur paroisse). Et ils ont montré en 2012 qu'ils sont très mauvais (et pas franchement partisans de la chose) pour faire leur "autopsie" comme ils l'avaient dit à l'époque, n'ayant adressé aucun des problèmes qui les touchait alors. En fait, en ce moment, on voit l'élite traditionnelle du parti tout faire pour nier Trump et ne rien changer, dépenser des dizaines de millions en campagnes anti-Trump (ce qui le fuele plus qu'autre chose: rien qu'en Floride, les quelques 20 millions dépensés contre lui toute sources confondues ont fait monter sa cote), et continuer à s'accrocher à la partition voulue par les grands pourvoyeurs de fonds de campagne, parce que c'est de ça qu'ils vivent, ces cadres du parti, et c'est par ça qu'ils sont puissants et qu'ils vont continuer à l'être. Quel serait le nouveau compromis sur lequel le GOP pourrait se fonder? Trump pourra peut-être incarner un faux-semblant bancal par lequel il rassemble sa base populaire (plus le contingent de "vote protestataire" moins franchement fan mais votant pour la disruption et contre l'establishment) et les ploutocrates, mais les frictions viendraient rapidement même en cas de succès, par simple accumulation de contradictions, dans la plate-forme de Trump comme entre Trump et ses éventuels futurs "partenaires". Et refuser cet establishment, qui semble se prononcer timidement en faveur de Cruz pour l'instant, c'est se garantir la défaite..... L'un dans l'autre, il semble y avoir une fracture pas vraiment dépassable. Un exemple marrant de l'establishment qui se rallie à Cruz; Lindsey Graham (aussi vu comme "monsieur zéro %" pendant sa campagne) vient de le faire, lui qui il y a peu, disait de Cruz: "si quelqu'un tuait Ted Cruz dans le Sénat et que les sénateurs formaient les jurés, il n'y aurait aucune condamnation".... A côté de ça, le ralliement de Chris Christie à Trump paraîtrait presque sincère. Politics really does make strange bedfellows.
  9. Sanders fait mieux que Trump et Clinton cumulés (en nombre d'électeurs) chez les ouvriers et chez les moins de 30 ans. Trump est fort dans les catégories les moins éduquées et les moins employées (ou les très mal employées), pas spécifiquement dans l'industrie. Il rameute plus l'Amérique blanche des trailer parks et des bowlings, des bleds sans activité et des banlieues anciennement proprettes. Faut éviter ce genre d'images romantiques genre "l'ouvrier américain qui a bâti l'industrie US" (la dernière fois que j'ai entendu ce genre d'esthétisation fantasmée, c'était par Maurice Dantec au moment de la guerre en Irak quand il la jouait pro-US/néocon à fond; et son niveau de connaissance de la politique ou de la société américaine était très limité), c'est pas vraiment très réaliste: la figure de l'ouvrier américain qui a bâti l'industrie US, c'est plus l'ouvrier pas/peu qualifié pour qui Taylor a inventé une organisation du travail contraignante et abrutissante qui l'empêche d'aller "flâner" (selon l'expression consacrée) toutes les cinq minutes. Il n'est ni pire ni meilleur qu'un autre, essayons d'éviter l'imaginaire comme argumentation. Comme indiqué plus haut, Trump sera tout sauf indépendant financièrement: son compte en banque personnel n'entre pas en ligne de compte, étant donné que Clinton aussi en a un bien garni qui lui garantit qu'elle n'a pas à quémander pour son éventuelle après-présidence, et que Trump n'a ni les moyens ni la volonté de financer sa propre campagne. Je l'ai indiqué plus haut, mais Trump a pour l'instant très peu participé à sa campagne des primaires, même si sa notoriété a fait qu'elle a pu se faire façon low cost: il a reposé sur un certain niveau de donations individuelles (mais assez réduit par rapport aux autres, et surtout à Sanders ou Cruz), et sur un prêt qu'il a fait à sa propre campagne (super convaincant le mec: ça veut dire qu'il compte se rembourser prioritairement s'il reste quelque chose). Et ça, c'est pour l'investissement somme toute limité d'une primaire, soit un corps électoral d'environs 20 à 25 millions de militants, soit en plus des gens qui sont en majorité d'accord avec vous. Une générale, c'est 125 à 150 millions d'électeurs d'une diversité infiniment plus grande et dont l'essentiel sont beaucoup moins proche politiquement de soi (et c'est encore plus vrai quand on parle pour un candidat républicain vu l'évolution du GOP ces dernières décennies), donc plus durs à convaincre (de voter pour soi et/ou de voter tout court). Les coûts induits sont titanesques; les 2 campagnes de 2012 tournaient autour du milliard: un peu plus pour Obama, un peu moins pour Romney.... Sans compter le "soft money" massif -Citizens United oblige- qui s'est déversé sur le pays dans un activisme et une messagerie militants soutenant indirectement -mais clairement- un candidat ou l'autre. Trump n'a pas le quart du dixième de l'organisation de collecte dont il aurait besoin, tout comme son organisation militante est très réduite au regard du besoin; il va reposer entièrement sur les partis républicains et le comité national républicain pour ça. Quelle indépendance? Personne ne croit une seule seconde qu'il va raquer plus que quelques millions pour sa campagne à la générale, là où on parle d'un besoin en centaines de millions, tendant vers le milliard. Il n'a de toute façon pas à sa disposition plus de 100 ou 200 millions de capital suffisamment liquide pour servir, si tant est qu'il voulait mettre un gros pari sur la table et prouver un vrai investissement personnel, ce qui est hautement douteux. De ce côté là, je crois en fait plus à une marge d'indépendance plus grande chez Clinton qui dépend moins du parti démocrate et de ses soutiens financiers que Trump ne risque de dépendre des siens.... Ironique, non? Elle est dans le business depuis plus longtemps, dispose d'un énorme capital politique, d'une organisation énorme et établie de longue date, de très puissants réseaux d'élus nationaux et locaux, de relais d'opinion, d'une image forte et établie (qui est ce qu'elle est, avec ses plus et ses moins)... En bref, elle peut mieux négocier avec ses soutiens que Trump ne risque d'être en position de le faire, simplement par le fait qu'elle se prépare à ça depuis 20 ans (avec un petit accroc en chemin en 2008.... Oups). Et elle est imbattable dans les communautés noire, asiatique et latinos (pas vraiment "l'élite). Pour moi, elle est un politicien traditionnel de plus, un particulièrement puissant certes et qui aura plus de marge que d'autres, un politicien qui ne risque pas de changer quoique ce soit au paradigme socio-économique actuel, mais par rapport à Trump, en terme "d'indépendance" et de capacité à être un président puissant? Y'a pas photo, malgré les apparences et les grandes déclarations à la télé. Le seul atout d'indépendance qu'aura Trump et qui lui donnera un bargaining chip, c'est son image et sa capacité à rallier des électeurs républicains qui autrement s'abstiendraient, voire à toucher une petite proportion d'indépendants et démocrates qui veulent "que ça bouge" plus qu'autre chose..... C'est réel, mais c'est loin de suffire à faire un capital politique significatif. Sinon, une petite précision sur la façon dont la Convention Républicaine pourrait tourner: ce qui se passe en ce moment en coulisses dans le GOP risque d'avoir des effets importants, et sans doute pas forcément dans le sens voulu par ceux qui sont aux commandes. Je rappelle une règle simple de la Convention; tous les délégués qu'on voit élus en ce moment aux primaires côté républicain sont "pledged", c'est-à-dire qu'ils sont ralliés à un candidat et voteront pour lui..... Mais SEULEMENT dans le premier vote. Ca ne pose pas de problème si un candidat a une majorité en arrivant à la convention, c'est une toute autre histoire si aucun candidat n'a 50% ou plus, puisque ça veut dire qu'il y aura un 2ème vote, et peut-être un 3ème, un 4ème.... Jusqu'à ce qu'une majorité soit rassemblée autour d'un nom. Mais passé ce premier vote, les délégués n'ont plus aucune obligation envers un candidat: c'est le loto, avec toutes les boules remises dans le tas et remélangées, et les candidats qui cherchent à les rameuter: la conviction va jouer fortement, mais aussi les mille et un moyens de "convaincre" un certain nombre d'entre eux de se rallier aux vues de qui offre le plus (à titre personnel?). Le règlement de la convention jouera aussi, qui peut être changé au dernier moment; les règles actuelles, datant de 2012, avaient été revues et corrigées pour favoriser la nomination de Romney. Entre ça et les campagnes massives des méga donneurs et de l'establishment pour torpiller le Donald, on peut s'aiguiller vers quelque chose de spectaculairement explosif, vu que si Trump n'a pas une majorité et ne l'aura peut-être pas, il a en revanche de loin le plus gros contingent, des militants très investis, ET il surfe sur une haine largement partagée de l'élite républicaine (avec les militants de Cruz) qui peut fortement jouer si des résultats trop inattendus se font voir, si trop d'apparences, voire de simples rumeurs, de manipulations de coulisses et de négos nébuleuses, semblent avoir lieu.
  10. Je parlais en terme de processus électoral et/ou de conquête d'un électorat ou d'un fort suivi dans une population, rien de plus: avant de devenir ce qu'ils sont devenus, les partis fascistes ont été des partis/factions au milieu d'autres partis/factions (parfois de la même eau ou comparables). Leur voie vers une part plus ou moins grande de popularité est à cet égard pertinente, puisqu'elle repose/a reposé sur beaucoup de mécanismes, méthodes et outils comparables. Rappelons que les grands débuts du marketing appliqué (inspiré des travaux existant dans le domaine commercial, y compris américain, et dans diverses écoles de pensées sur la sociologie de la communication, d'un peu partout: Ecoles de Bruxelles et Chicago....) ont précisément été réalisés par les nazis et d'autres à la même époque, avant tout dans le domaine politique: les années 20-30 sont une période d'effervescence majeure dans la communication politique et le militantisme..... Et cette effervescence n'a pas lieu dans les partis de gouvernement ou modérés. Qu'est-ce qui te fait croire qu'il aurait envie de le faire? J'ai ajouté un PS à mon dernier post sur l'autonomie politique qu'un éventuel président Trump aurait à l'égard du parti. J'ajouterais un détail qui a été mesuré cette semaine par plusieurs instituts de sondage: Trump n'a pas ramené beaucoup de nouveaux électeurs au parti républicain; par exemple, les 3 millions d'électeurs supplémentaires qui semblent pour la plupart avoir voté pour lui lors du SuperTuesday sont en fait essentiellement des républicains/conservateurs qui ne votaient plus (dégoût, perte de conviction, flemme....). C'est important, attention, et inespéré pour le GOP qui se trouve de ce fait bien emmerdé parce qu'ils veulent gicler Trump mais garder ces gens, ce qui bien évidemment ne va pas ensemble. Ca donne à Trump un bargaining chip, mais un seul, même s'il est de taille. Côté financement, il va dépendre totalement du parti et de son organisation, donc du très honni establishment. Dans l'ensemble, il va dépendre de la masse de réseaux et d'organisations de tous types qui constituent la réalité d'un parti et permet le maillage physique, social, financier, informationnel et de communication d'un territoire, surtout un aussi vaste et couvrant autant de réalités très différentes (comment qu'y disent dans House of Cards? ""The thousands of kings of a thousand kingdoms, who each want very different things"). Face à un Parlement qui n'est pas fait de gens à soi, la seule force du président américain est le veto.... Seulement on a vu depuis maintenant 1 mandat et demie que ça ne dérange pas la majorité républicaine de ne rien voir se faire. Et que ça n'empêche pas ceux qui sont contre tout (et son contraire) de se faire réélire continuellement. Parce que, et c'est surtout vrai dans le Vieux Sud et une partie du Midwest (les bastions républicains), c'est pas le label Trump (ou aucun autre) qui va les faire réélire ou dégager, mais bien les réalités locales du parti. C'est aussi là où on voit la différence de nature entre l'élection présidentielle et les élections législatives: la présidentielle est un one shot (où se concentrent des moyens et un niveau d'attention dantesques), parfois un coup de folie d'un moment, là où l'élection d'un représentant est d'une toute autre nature, nettement plus assimilable à un travail de sape, à un micro-univers culturel et socio-économique hyper spécifique, et à une grande familiarité avec le terrain. Le label Trump peut ou pas aider suivant les cas, mais le point majeur est qu'un élu peut s'en servir pour se faire réélire si c'est utile, et se torcher avec sitôt l'élection passée, et M. Trump n'a aucun moyen de contrôle parce qu'il n'a pas la vaste organisation, ni nationale ni locale, qui permet de faire respecter les clauses du label, de se créer une écurie de fans dans chaque Etat et une faction dans le parti républicain de chaque Etat (c'est là où est le contrôle, le comité national n'étant qu'une table de négo entre les pouvoirs créés au niveau local).... Parce que ça, c'est un travail de très longue haleine, un capital relationnel, organisationnel, d'image et de financements qui s'accumule sur des années, et même plutôt des décennies (comme Sanders en a fait l'amère expérience dans le vieux sud où c'était, il est vrai, particulièrement marqué). N'oublions pas non plus que dans le parti républicain, et on le verra encore plus à la Convention, il y a environs la moitié du parti qui déteste Trump autant que 40 à (peut-être) 50% l'adorent désormais: ce sont les deux autres électorats hardcore de la droite: les conservateurs "purs et durs", religieux et idéologiques, et les "raisonnables" (qui tendent vers l'establishment même s'ils peuvent être fâchés contre lui à certains moments), en grande partie de la classe moyenne à moyenne supérieure, urbaine et suburbaine, avec une grande part de retraités, qui refusent le gars assez unilatéralement. Les conservateurs sont à fond dans le trip Cruz, et il ne faut pas mésestimer ni leur nombre, ni leur puissance, ni leur détermination, et encore moins leur forte emprise locale dans de nombreux Etats du Sud et du Midwest (les religieux avant tout). Voteront-ils pour Trump plutôt que s'abstenir dans l'élection générale? Y'a des chances, pour l'essentiel. Mais pour qui voteront-ils au Congrès et dans les parlements d'Etat? LEURS gars. Et ils sont une masse très organisée et autofinancée, avec en plus un nombre très suffisant de "sugar daddies" milliardaires. Et à Washington, dès le premier jour de travail de M. le président Trump, la réalité restera: le Congrès, Chambre en tête, sera toujours rempli d'arrivistes (avec un taux de nouvelles têtes très important qui indique une grande baisse du niveau qualitatif des parlementaires depuis maintenant deux décennies) qui sont là pour 1 ou 2 mandats, cherchant surtout la reconversion rapide dans le lobbying (75 à 80% des parlementaires font ça maintenant, contre 3% au début des années 70), et ayant toujours besoin de passer plus des deux tiers de leur temps sitôt élus à récolter les fonds pour la prochaine.... Donc avec comme seul impératif de plaire à qui peut payer et veut voir les choses se passer selon ses intérêts. J'ai personnellement du mal à voir comment la présidence seule, et un président seul dans son parti, peut faire quoi que ce soit pour réellement affecter cette réalité lourde. Ca on est d'accord: le premier motif de vote cette année, c'est "tout sauf les connards habituels"; je pense que si on présentait un clébard ou une bouse pas fraîche, ils l'emporteraient sur beaucoup de candidats dans beaucoup d'endroits.
  11. C'est le "prêt à n'importe quoi" qui reste malgré tout inquiétant.... Le point n'est pas que Trump soit "le mal", mais que sa candidature soit et reste du n'importe quoi qui promet mille fois plus que les politiciens habituels, un "mille fois plus" qu'il ne pourra en aucun cas tenir parce qu'il n'aura que la présidence et que rien ne changera au Congrès, surtout à la Chambre: les candidats seront les mêmes, venant des mêmes écuries, représentant les mêmes réalités et compromis locaux, les mêmes sources de financement.... Même si Trump s'avérait compétent et capable de faire quelque chose (ce dont je doute, étant donné qu'il a zéro expérience; même Reagan, qu'on représentait en clown avant son élection, trempait dans la politique depuis 40 ans à ce stade, et avait été entre autres gouverneur de Californie), il lui faudrait plus que le "bully pulpit" de la Maison Blanche pour changer quoi que ce soit (cela avait été la force de Theodore Roosevelt.... Qui avait néanmoins une faction importante, des réseaux politiques, une grande indépendance et une énorme expérience), si tant est qu'il en ait même le désir, étant donné que le Trump qu'on voit à la télé n'a rien à voir avec celui que l'on rencontre en privé, au dire de tous ceux qui le connaissent (Hillary Clinton comprise). C'est un affairiste, un charlatan, un arnaqueur, un égocentrique hors de toute catégorie, et un roué du graissage de pattes, mais un responsable gouvernemental? Ouaaaaiiiiis. Contrairement aux fantasmes (de tous bords), gouverner un pays, ça ne s'improvise pas: les dirigeants d'entreprises qui se persuadent qu'ils feraient tout mieux sont à mille lieues de comprendre de quoi ils parlent (l'ego, à ce stade, est dangereux). Mais effectivement, le succès de ce genre de candidature vient avant tout des fautes gravissimes des dirigeants en place, qui font souhaiter le changement à tout prix, évacuant même pendant un moment la peur que ça puisse être rendu bien pire encore par un charlatan.Entre la peste qu'on connaît et le choléra qu'on nie.... Ajoutons en guise de post scriptum que le Trump candidat à la générale, comme je l'avais précisé plus haut, sera tout sauf indépendant des financements par les coupables habituels: il a déjà montré qu'il n'a pas vraiment l'intention d'autofinancer sa campagne de primaires (il l'a fait très partiellement, pour des montants très modérés, reposant plus sur les donations et poussant jusqu'à ne pas donner à sa campagne, mais à prêter.... Ca inspire confiance.... Si on fait pas attention), et il n'a pas le millième de ce qu'il faut pour une élection générale, et certainement aucune intention de payer beaucoup par lui-même. Et il n'a même pas vraiment de réseau de collecte, n'ayant commencé cet effort que récemment, et pas à une large échelle, alors que c'est un titanesque travail.... De fourmi (rien que pour les primaires, la générale exigeant beaucoup plus). Donc c'est le très honni establishment du GOP qui va organiser la chose: quelle latitude ça va laisser au trump s'il n'a qu'un contrôle partiel sur les cordons de la bourse, et à peu près aucun sur la caisse enregistreuse?
  12. Bref, le phénomène du Donald aide à comprendre comment des gens comme Adolf, Benito et d'autres sont parvenus au pouvoir dans un système représentatif, ou comment, aux USA, McCarthy, Goldwater ou Buchanan, ou en Angleterre, Mosley, en leur temps, ont pu faire de fortes percées électorales et parvenir à une audience nationale soutenue. L'autoritarisme plaît dans certaines situations, surtout s'il ne dit pas son nom AVANT l'élection, et il procède par le sentiment, pas la raison. Le fait est condamnable, mais il faut avant tout reconnaître qu'il ne peut se développer que dans une situation bien pourrie par une classe politique trop entriste, créant une "bulle" médiatique trop décalée par rapport à une réalité qu'ils contribuent plus à pourrir qu'à améliorer (sur le plan économique, et/ou sociétal). Résultat, on a ce genre de phénomène qui ne pourrait pas réussir en d'autres circonstances.
  13. Comme l'évoque l'article, Obama a sorti le juge idéal pour exposer de façon médiatique le parasitisme républicain au Congrès: le mec a 63 piges, alors que les présidents essaient de nominer des djeunz pour faire durer longtemps, il a été confirmé de façon unanime par tous les bords quand il a été nommé juge fédéral à la cour fédérale du district de Washington, il n'a pas d'alignement idéologique très marqué.... Je me demande juste si il a accepté cette quasi fausse nomination ou si Obama l'a fait sans réellement lui demander: parce qu'il ne passera pas: l'obstructionnisme au Congrès, particulièrement marqué dans le Sénat de Mitch McConnell, n'est pas près de s'arrêter, et les sondages que j'ai vu, qui désapprouvent cette posture sur ce sujet (48% contre la posture du GOP, 37% pour), n'ont pas un différentiel assez marqué pour réellement changer la donne, à un moment où, de toute façon, l'attention est pour longtemps sur la campagne. Ce que cela montre, en revanche, c'est le bourbier dans lequel continue à se foutre l'establishment républicain, et l'establishment politique américain en général: ils se foutent complètement de l'opinion, se prennent Trump (et dans une moindre mesure Sanders) dans la gueule, et continuent à faire ce qui alimente la machine Trump, symptôme de la rage de la population. Evidemment, faudrait pas que ça déraille le sujet réellement important qui se négocie en ce moment au Congrès, à savoir un nouveau grand coup de pardon fiscal contre le retour des bénéfices des entreprises américaines planqués à l'étranger, aujourd'hui, un total cumulé estimé à 2,1 trillions de dollars, qui devrait théoriquement ramener 700 milliards d'impôts (taux fédéral de 33%), dont 400 pour un nombre réduit de très grandes boîtes (dont Google, JP Morgan, Microsoft, Bank of America....), mais qui n'en procurera qu'un faible portion dans le meilleur des cas. Là-dessus, républicains et démocrates s'entendent très bien, la négociation entre eux étant de savoir si le taux d'imposition sera de 5% et quelques (position républicaine) ou de 14% (position lancée par Obama); après tout, ils sont financés principalement par les mêmes entités, les démocrates en ayant juste un petit peu moins vitalement besoin (ayant plus d'autres sources de fonds et plus d'autres ressources non monétaires). Sachant en outre que si le taux négocié pour le retour de ces capitaux ne satisfait pas les multinationales concernées, leur plan B est la "fiscal inversion" à grande échelle. Pour mémoire, rappelons qu'ils avaient déjà fait le coup en 2004, avec un retour négocié contre une somme ridicule payée en amendes et impôts assortie de la promesse de créer plein d'emplois, promesse qui n'a évidemment jamais été tenue, les années suivantes ayant même vu les mêmes entreprises accélérer les rythmes de leurs délocalisations, affichant en 3 ans un bilan nettement négatif en terme de création/destruction d'emplois et de richesses sur le sol américain. Mais hé, puisqu'on vous dit que l'impôt est le problème qui empêche de créer de la richesse.... Bref, c'est ça qui accapare le Congrès, et y'a aucun risque que ça fasse l'actualité, même si la campagne présidentielle laissait de l'espace médiatique dans les mois qui viennent (ce qui risque d'être le cas si les deux têtes d'affiches actuelles parviennent à engranger leur nomination rapidement); à ce titre, une éventuelle bataille de principes et d'ego sur un candidat à SCOTUS sans réel espoir d'accord fournirait même une agréable diversion pour montrer à quel point les élus s'opposent farouchement pour l'intérêt général tout en expédiant le vrai business dans un relatif consensus en arrière salle..... 1500 lobbyistes travailleraient jour et nuit depuis des mois sur cette négociation fiscale, pour un total de dépenses estimé autour de 280 millions de dollars rien que pour les 93 plus grosses multinationales concernées (celles qui ont une ardoise cumulée de 400 milliards avec le fisc); mais c'est quoi, 280 millions plus le financement de quelques centaines de campagnes électorales et de quelques centaines de carrières post-Congrès, par rapport aux sommes en jeu? Quel est le pourcentage réel de marge bénéficiaire sur une telle opération? Rapatrier 2,1 trillions, éviter 700 milliards d'impôts pour n'en payer à l'arriver que 10% ou moins, quelqu'un veut calculer le rapport? Je suis pas sûr que même la cocaïne fasse un tel pourcentage de bénef que l'achat d'un parlement. Quelque part, en tant que citoyen d'une "démocratie", je suis toujours plus vexé encore que je ne suis choqué de constater à quel point nos représentants (enfin, ils le sont en théorie; en pratique, ils sont ceux de quelqu'un d'autre) s'achètent pour si peu cher....
  14. Très d'accord; les deux sont loin d'être incompatibles, mais à l'heure où les connaissances scientifiques et commerciales se transmettent plus en anglais, même en France (surtout pour les étudiants internationaux), il est plus crucial d'apprendre à beaucoup d'enfants à chanter "frère Jacques", à les faire rêver de mousquetaires, de Lafontaine, du Val de Loire et du gai Paris, que de former un petit nombre de physiciens et cadres commerciaux qui eux apprendront les mêmes choses en anglais où que ce soit, le fait de les apprendre en France ne les inclinant pas nécessairement plus vers le pays. Faut commencer par créer du tropisme pour la France, pas être un fournisseur de contenus interchangeable, même s'ils font leurs stages dans le pays. Ca fait partie de l'efficacité générale, mais la pénétration est bien moindre. Et l'effectif touché aussi: mathématiquement, on a beaucoup plus de petits écoliers et lycéens que de masters et doctorants, même s'il est évidemment pertinent de couvrir l'intégralité du parcours et la sélection jusqu'à ces deux derniers niveaux. Je n'ai jamais entendu dire que ça avait posé des problèmes, au contraire: il est certain que si les dits établissements étaient exclusivement réservés aux expats et si ceux-ci vivaient regroupés et en communautés fermées (avec en plus un comportement abominable envers les locaux), ça pourrait faire partie d'un système qui pourrait créer ce genre d'impressions. Mais outre que les populations locales en ont rarement quelques chose à foutre si même elles connaissent l'existence de la chose, dans le cas des pays moins avancé, on a plus tendance à voir des places de bon enseignement ouvertes qu'à exiger armes à la main que la France prenne en charge le système d'éducation des dits pays.... Dans le cas des pays développés où il y a des établissements français, c'est juste une école de plus que personne ne remarque sauf si elle est bien côtée, auquel cas elle est dans la course pour attirer des enfants de l'élite (cf aux USA) et/ou "développer" quelques talents qui peuvent garder plus tard un petit tropisme gaulois. Le problème de la chose vient principalement, à mon sens, que, comme d'ailleurs dans le domaine militaire, on ne peut réellement quantifier le bénéfice ou le constater de manière évidente dans le temps court, ce qui met ce genre d'outils dans une position très désavantageuse quand les gratte papiers et les politiciens bas de gamme veulent se donner des airs de vertueux économes. Il est difficile pour les armées d'afficher un ratio d'efficacité tactique ou stratégique (et on sait tous ici à quel point des essais absurdes existent en la matière qui créent des écoles de fanboys mesurant l'efficacité en kilos de bombes larguées, et une vaste bureaucratie de mentalité managériale au Mindef qui suce lentement la moëlle de la Défense), et c'est pire encore pour un domaine comme l'éducation qui ne peut réellement mesurer son action que sur la durée de l'enseignement d'un enfant.... Jusqu'à ce qu'il ne soit plus un enfant. Et de là, il faudrait estimer après les "retours" qu'un certain pourcentage de ces écoliers/étudiants procurent à la France, ce qui est encore moins quantifiable, même si on sait que c'est bien réel.
  15. Ca, ce sont de vraies économies de bouts de chandelle: les bénéfices de cet outil rare ne sont pas facilement quantifiables et certainement pas observables d'une année sur l'autre, mais ils sont réels. Il s'agit d'un instrument d'influence fondamental qui devrait être développé, pas réduit par des comptables à courte vue. Si le pays veut conserver, voire développer, un tant soit peu d'attractivité, de rayonnement, de notoriété, d'une forme de "priorisation" et/ou d'affect sentimental dans les consciences et les cerveaux, c'est précisément par ce genre de biais que ça peut se passer. Qu'il s'agisse de constituer une image attractive (l'image, le mythe du pays, la "french touch", créer un sentiment positif à l'égard du pays....), c'est en participant à la formation des cerveaux qu'il peut le faire, surtout à l'heure où on valorise plus le "soft power", ou plutôt, à celle où on le découvre en France. La mentalité de compteur de grain de riz fait vraiment des ravages.... Parce que c'est pas SANS de tels instruments qu'on va maintenir ou conquérir des marchés, maintenir ou développer une influence quelconque dans les parties du monde où ça compte le plus: faut mettre des trucs sur la table pour que ça arrive. Même pour les politiques qui aiment se donner des airs de durs réalistes en parlant de conquêtes de marché au lieu de "l'exportation des valeurs", de la "politique de grandeur" ou du discours humanitariste, devraient essayer de se renseigner sur la façon dont on conquiert des marchés: avec des cadeaux, des investissements, des coups de pouce, des à côtés, du service après vente, des démonstrations inspirant la confiance (genre "on sera aussi là demain après que le contrat ait été signé").... Et ils devraient aussi apprendre des trucs sur la façon dont on incite des esprits à vous regarder sous un jour favorable, à mettre vos fautes et faiblesses au second plan, à pensez à vous avant de penser à d'autres quand vient l'idée d'ouvrir un marché. Putain d'amateurs....
  16. Pour rajouter une couche, il faut aussi prendre en compte ceux qui sont en prison au niveau des comtés/paroisses (compte distinct de ceux des Etats): le total passe alors à 2,22 millions. Si l'on ajoute tous ceux qui sont en liberté conditionnelle ou période de probation, on a un total de 6,9 millions de personnes à un stade ou un autre du système carcéral (plus 50-60 000 mineurs dans le système carcéral qui leur est dédié). C'est essentiellement la taille du marché du complexe pénitentiaro-industriel qu'il faut envisager ainsi dans son entièreté en raison de la nature très contractuelle de la justice américaine: tous ces petits bracelets électroniques, systèmes de surveillance/gestion, système de financement de cautions -et les chasseurs de prime qui vont avec-.... Ne se financent pas tous seuls, et forment un vaste écosystème corrompu jusqu'à la moëlle, souvent instrumentalisé pour exploiter ceux qui ne peuvent pas se défendre et maintenir des structures de pouvoir local en place (cf ce qu'on a vu autour de St Louis -Ferguson et autres). Et c'est beaucoup de fric, beaucoup d'emplois, et beaucoup de victimes enfermées (littéralement et/ou métaphoriquement) dans un cycle souvent sans fin.
  17. Surtout que tous les Etats, Iran compris, ne se gênent pas pour faire le même genre de choses, voire pour instrumentaliser des ressortissants étrangers de passage (et non, tous ne sont pas des espions américains) comme "bargaining chips" diplomatiques. Mais bien évidemment, dans tout cela, il faut aussi se rendre compte que les jugements qui peuvent être émis de cette façon n'ont de validité que dans la limite des possibilités et du champ d'action de l'Etat en question (OK, pour les USA, ça peut être vaste), et dans celle de la volonté de faire quelque chose. Essentiellement, le dit tribunal n'aura les moyens (avec quels bémols, j'en sais rien) que de s'en prendre aux avoirs iraniens sous juridiction américaine (encore essentiellement gelés il me semble, même si en cours de "libération"), toute action ultérieure dépendant de l'exécutif et du législatif, donc des choix de politique extérieure. Pensez-vous que ce juge ait touché de l'argent saoudien et/ou israélien pour agir ainsi ? Ou qu'il soit à un stade de carrière où il envisage pleinement le saut en politique? C'est un juge de cour fédérale du district NY Sud (nommé par Clinton en 2000: ça fait long à un seul endroit: il veut se positionner pour la place vide à SCOTUS?), donc même si ça sonne pas "hénaurme", c'est en fait une des cours de justics les plus actives et puissantes du monde (en grande partie parce que c'est ZE endroit qui juge -ou devrait- les cas liés à Wall Street), donc un poste très politique. Sa position semble quand même tout sauf objective: dans un procès assez similaire l'an dernier, ce même juge aurait exempté l'Arabie Saoudite de toute faute, donc de toute indemnité, ajoutant en plus que ce pays bénéficiait d'une "sovereign immunity"..... Outre la question de la présomption d'innocence, ce dernier postulat semble très arbitraire, et s'ajoute au fait que pendant le procès, ce juge Daniels aurait démontré un grand manque de connaissance du sujet, en particulier dans le domaine des liens réels ou supposés entre Al Qaida et l'Iran (en soi un sujet de dissert assez métaphysique). Ce n'est peut-être pas si étonnant au regard de l'activité politique autour des élections de ce soir, mais le sujet n'a pour ainsi dire pas été traité par aucun grand média américain, ce qui m'étonne beaucoup (juste vu un truc un peu développé sur PBS, qui, quoique qualitativement l'un des meilleurs médias US, n'est pas vraiment non plus le lieu des audiences record: c'est le média "mange tes légumes verts" que pas grand monde ne veut voir), et me fait dire qu'il va en falloir plus dans cette histoire avant qu'elle soit "newsworthy" (cad, il faut du scandale, de l'outrage, quelqu'un qui claque la porte en menaçant des trucs graves....) et qu'en attendant, il y a plus de chances de voir une éventuelle crise se résoudre en coulisse tant que personne ne fait de capital politique dessus. Sinon, un article marrant et pertinent sur la réalité de la candidature de D Trump en matière de financement, soit un petit rappel que Trump a déjà menti sur son "autofinancement" proclamé dans ces primaires, ayant déjà dépensé beaucoup d'argent qu'il a collecté, et celui qu'il a fourni n'ayant pas été pleinement dédié à sa campagne, mais en fait.... PRETE à sa campagne, par lui-même (donc s'il reste du pognon à la fin, il sera le premier à se servir au lieu de rendre aux contributeurs, comme c'est l'usage..... Un type d'action qui rappelle ce qu'avait fait Fiorina en son temps quand elle avait couru pour un siège de sénateur: pas illégal, mais assez puant). Somme toute, Trump a pu faire une petite campagne pas chère par ses multiples avantages personnels: une approche efficace du fonctionnement médiatico politique (quoique mauvais et dommageable sur le plan de la démocratie), une grande célébrité personnelle présente depuis longtemps, surtout dans l'électorat populaire (en phase avec la culture de la célébrité, aujourd'hui devenue très forte, et qui vaut en soi des dizaines de millions de dollars que d'autres doivent réellement dépenser pour un effet moindre), un bon usage des médias sociaux, et surtout, l'autofinancement et le positionnement comme "disrupteur", anti-Washington, anti-establishment, qui tape dans le réservoir de haine et de colère qui s'est constitué face à l'élite politico-économique, à la polarisation des richesses, à l'achat de candidats et de lois par les intérêts particuliers bien organisés. Mais cette campagne low cost/maximum impact a ses limites propres (il joue le succès de court terme, tapant dans un électorat au détriment de plusieurs autres), et surtout, préjuge mal de ce que peut coûter une vraie campagne nationale: une campagne de primaires voit environs 20 à 30 millions de gens voter, qui plus est sur une longue durée (on peut faire plus de "travail au sol"), alors qu'une générale, ce sont plus de 125 millions de gens, dont la majorité ne sont pas des militants (= plus dur à rameuter), et dont il faut en plus inciter beaucoup à simplement aller voter. Les deux candidats de 2012 ont dépensé chacun autour d'un milliard de dollars pour l'élection générale. Trump n'a pas le quart de cette somme sous forme liquide, et (surtout vu l'état des finances de sa campagne à ce stade, où il s'est déjà autant reposé sur les donations que sur son fric) n'a sans doute aucune envie de réellement puiser dans sa fortune quelque chose approchant même 5 ou 10% du coût de la campagne. Beaucoup de gueule, pas beaucoup d'autre chose (malgré la taille de ses mains ). Il va donc devoir faire comme les autres, et aller racoler, alors même qu'il part avec 10 longueurs de retard dans ce domaine, vu que sa campagne des primaires n'a pas beaucoup travaillé en ce sens; quelques millions récoltés chez des fans déjà acquis, mais pas des effectifs dantesques, et aucune organisation digne de ce nom pour organiser la chose à grande échelle (contrairement à Sanders qui est LE performer de la campagne dans ce domaine). Et l'autre source de fric, ce sont ceux sur qui il a craché continûment depuis le début, ce qui a fait une bonne part de sa popularité: les "lobbies" et autres "special interests" et groupes de financement organisés qui fournissent l'essentiel du "soft money" et/ou fédèrent des organisations de toutes tailles de donneurs individuels en "clusters" négociant leur adhésion politique (et financière), comme par exemple pour ce dernier cas, les organisations religieuses. Bref, Donald s'il est le candidat va devoir aller se prostituer comme tout le monde, et il peut rencontrer des difficultés à le faire (il a antagonisé beaucoup d'entre eux, si bien que pas mal financent actuellement des campagnes anti-Trump), il a du retard à rattrapper (les réseaux de collecte sont longs et durs à mettre en place et faire bien tourner), et il risque de perdre une bonne part de son "message" en le faisant, parce que le camp d'en face ne se privera pas de le démonter sur ce sujet si c'est le cas. Les grandes fortunes du GOP ont pour beaucoup dit qu'elles ne donneraient pas de larges sommes si Trump est candidat (ils le feront pour les candidats républicains au Congrès et dans les Etats, ceci dit), donc The Donald pourrait se retrouver face à une Clinton capable de dépenser 3 à 4 fois plus, et pas dans les mêmes conditions que face à Jeb Bush et son avalanche d'argent, mais dans un écosystème particulier. Donc, cet article de Jonathan Alter dans le Daily Beast: http://www.thedailybeast.com/articles/2016/03/15/donald-trump-is-too-poor-to-be-president.html
  18. Il me semble qu'ils sont de toute façon opposé à l'euro, mais effectivement pas à l'UE; la fin de l'euro fait en revanche toujours partie de leur agenda. Il faut souligner cependant que le parti a évolué l'an dernier suite une scission interne, les "révoltés" formant le parti ALFA qui n'a pas eu un succès énorme, et qui était en fait la partie du coeur historique du mouvement initial qui était plus axée sur les politiques économiques libérales-conservatrices. L'AfD qui a émergé de cette scission est nettement moins ambivalente et beaucoup plus axée sur le thème de l'immigration et l'ensemble idéologique qui en est le corollaire, essentiellement l'identité, le conservatisme social et la nation, mais aussi une recherche forte de la démocratie directe. Même s'ils ne recherchent pas le même public que l'extrême droite dure habituelle (type NPD précédemment en Allemagne), comme le montrent des analyses de leur base militante, il faut noter que c'est cependant à eux que ces mouvances vont s'agréger, et qu'elles vont participer en interne au cocktail qui forme le discours et la doctrine du parti. Dans ce domaine d'ailleurs, une des choses qui en font un mouvement dit "populiste" est ce qu'on retrouve dans beaucoup de mouvements "anti-système" actuels en Europe et aux USA, à savoir un refus de ce qu'on appelle très vaguement le "politiquement correct" (ou les politiquement corrects, vu que droites et gauches "de gouvernement" semblent avoir chacune le leur.... Essentiellement pour dire que l'autre camp dit des gros mots choquants et offensants pour quelqu'un, et cache des vérités au bon peuple), ou la "langue de bois"; une telle posture, qui invoque souvent la "liberté d'expression" comme défense pour tout et n'importe quoi, laisse plus souvent dans les faits des gens dire sans mesure ou nuance tout ce qui leur passe par la tête et tenir des propos, et surtout des accusations, très très gratuits (dans le tas, il y a évidemment quelques éléments pertinents qui doivent être dits, notons le, et des faits qui sont d'ordinaire écartés du discours ambiant parce qu'ils amènent des discussions qui fâchent).... Et avec une telle pratique, on peut voir des boulevards ainsi ouverts pour les extrêmes droites diverses et variées, tout comme certains thèmes de l'AfD sont eux-mêmes des thèmes de l'extrême droite depuis longtemps. Mais depuis 2-3 ans, on peut aussi voir que la vitrine présentée par l'AfD n'est pas si éloignée de la situation du FN: les mots qui échappent aux représentants, quelques déclarations tonitruantes, mais surtout, les liens de fait croissants avec PEGIDA: quelle que soit la réalité et les faux semblants des positions et du discours publics, il y a de toute façon un certain niveau de croisement dans la rue et le vote, au niveau des militants et électeurs de tous les jours. Est-ce une évolution plutôt que quelque chose appartenant à l'ADN initial du parti? Peut-être, mais ça n'a aucune importance dans la réalité politique qui est par nature évolutive. C'est de ce côté là et dans ces parties de l'électorat que l'AfD puise son actuelle force. Et pour répondre à ton interrogation sur la viabilité de long terme de ce parti, je dirais que les circonstances font que les colères et mécontentements du temps rejoignent l'évolution socio-économique (et encore plus à l'est qu'à l'ouest) pour que l'AfD puisse s'installer durablement, peut-être simplement parce qu'ils ont su émerger au bon moment et capter cet électorat qui n'a, sinon, aucun autre endroit où aller. Ca suffit généralement. Et le problème migratoire est parti pour durer, de toute façon: même en cas d'accord européen, et même en supposant que l'essentiel du flot de migrant sera bloqué, il y aura toujours désormais plus d'un million de migrants (avec des perspectives de regroupement familial plus tard?) en Allemagne, qui vont coûter cher au moins pour les 10 prochaines années avant de voir (si c'est le cas) cette population commencer à être "rentable".
  19. Ca ne fait pas la une des journaux ni ne mobilise beaucoup d'attention médiatique dans les newscycle américain (et je viens en plus de mater une quotidienne très axée sur la politique extérieure), et le Département d'Etat a démenti avoir aucun élément établissant un quelconque lien entre le 11 septembre et l'Iran, ce qui me conduit à penser que ce truc est avant tout le fait d'un juge ayant une ambition politique et qui cherche à faire du buzz en commençant par un grand splash (oui, j'ai envie d'onomatopéter un max) de ce genre. Donc ça va peut-être faire un scandale si les Iraniens décident de s'indigner et de pointer des doigts vers les ricains, mais sinon, ça sonne plus comme une tempête dans un verre d'eau qu'un juge, et peut-être quelques intérêts particuliers, veulent voir advenir.... Peut-être pour avoir un scandale international et une remontée des tensions avec l'Iran, plus probablement pour des objectifs de petite politique intérieure et de carrières individuelles.
  20. Oui, mais ça dépend de pas mal de réalités culturelles dont je suis, pour ma part, mal à même de juger: le FN a clairement un stigma apposé depuis les années 80-90, qui le rend radioactif pour quiconque essaierait de fricoter avec lui. Cela va t-il durer, considérant l'évolution "bleu marine", la présence au Parlement, un relatif ancrage local, l'évolution de la colère française à l'égard des partis dits "de gouvernement", celle de la situation socio-économique structurelle (essentiellement la même partout en Europe, quelle que soit la façon dont on l'habille et dont on accommode les statistiques.... Et c'est pareil aux USA)? L'avenir le dira, mais à l'horizon visible, et à moins d'un séisme électoral en faveur du FN dans les élections qui comptent, cette marque de Cain restera encore un moment. En Allemagne, l'AfD a t-il réellement le même stigma, en tout cas au jour d'aujourd'hui (celui du FN a été travaillé pendant une décennie par le PS et Mitterrand avant de devenir une réalité politique lourde), ou sera t-il dans une certaine mesure fréquentable s'il parvient au parlement? Plus important, sera t-il pavloviennement mis au ban de toute société décente, de tout dîner en ville et de toute discussion politique par tous les autres partis (comme le FN), ou va t-il avoir au moins une période de relative acceptation avec bémols et guillemets, qui lui permettrait de faire du business? Dans ce dernier cas, vu l'évolution interne de la CDU (et plus encore, de la CSU), n'y a t-il pas des chances de voir un pôle de droite très conservatrice (en modulation de fréquence) se poser comme une réalité plus permanente en Allemagne (et équilibrant plus questions économiques et questions "culturelles/nationales/identitaires/sociales"), avec ce nouvel entrant dans le mix s'il persiste à démontrer qu'il est l'écho d'une portion importante d'un électorat durablement en colère? Au final, on en a perdu l'habitude en France, parce que la politique de Mitterrand à l'égard du FN a bien réussi (aidé par le côté caricatural du FN période JMLP), mais avoir un pôle d'extrême droite/droite dure à très dure qui soit intégré dans la vie politique normale du pays, est une chose assez "normale" (on ne s'étonne pas par exemple d'avoir des communistes et des gauchistes divers parfaitement intégrés dans le débat) qu'on voit dans la plupart des démocraties, et quand ces tendances n'ont pas un parti spécifique, elles se divisent en groupes marginaux radicaux et factions intégrées à un grand parti dont elles constituent la droite dure (voir le cas anglais avant UKIP). Je ne vois pour l'AfD en Allemagne rien de comparable à l'ostracisme automatique qu'il y a en France dans tous les esprits dès que le FN entre dans la conversation (à ce stade, c'est psychologique), ce qui me fait penser qu'à moins de sérieusement commencer à déconner de façon visible, ce parti va entrer dans l'arène d'une façon nettement plus "normale", pas être mis au ban directement et constituer comme en France un produit d'appel pour qui refuse le système, et qui marginalise de fait 15-20% des suffrages exprimés.
  21. Dans beaucoup d'Etats (républicains) où cette mesure est avancée, essentiellement au nom de la lutte contre une fraude électorale qui n'existe pas (mais qui est l'argument matraqué depuis quelques années pour favoriser toutes ces lois), le prix n'est pas en soi choquant, mais il reste élevé pour beaucoup de monde qui n'a pas vraiment de marge de manoeuvre financière, même pour des petites dépenses de ce type, et il implique des déplacements vers un des rares endroits où ces cartes sont/seront disponibles, ce qui représente (surtout aux USA et dans le vieux sud où les densités de population sont faibles et les distances grandes) une dépense en temps (comme par hasard, les populations en bas de l'échelle peuvent rarement s'éloigner de leurs petits jobs qui n'accordent pas de congés ou d'absences, et les lieux d'obtention de carte seront rarement ouverts les WE) et en argent qui n'est pas si accessible que ça, surtout pour certaines populations, avant tout noires (et latinos au Texas), qui n'ont pas beaucoup de moyens de transport et peu accès à des transports publics (peu développés et en réduction depuis longtemps). Plus largement, la dépense est culturellement choquante aux USA où un certain nombre de documents ont toujours été acceptés comme pièce d'identités (permis de conduire, cartes d'étudiant, carte de sécu....), la carte d'identité elle-même n'étant pas un fait culturel là-bas (aucunement obligatoire, voire inexistante dans pas mal d'endroits) et le passeport étant un objet rare, possédé par une petite portion de la population. Mais le point général est que ces mesures sont socialement, politiquement et ethniquement ciblées, que personne n'est dupe, et que l'ensemble du système prévu est organisé de façon à dissuader certaines populations de même envisager la démarche, en la rendant aussi problématique que possible pour elles. Ceci dit, j'oublie aussi que la carte d'identité n'est pas gratuite partout: automatisme de Français....
  22. Angela se prend peut-être pour un personnage de Tex Avery, espérant laisser un trou en forme d'elle-même dans le mur.... Plus sérieusement, malgré la percée de l'extrême-droite, faut pas non plus la prendre pour une conne: son parti reste dominant, sa cote, bien qu'abîmée, reste importante, et l'autorité de sa majorité reste en place. A ce stade, on peut se demander si elle n'aurait pas plus à perdre politiquement en retournant sa veste (ce que les électeurs apprécient souvent encore moins qu'une politique qu'ils désapprouvent; ça ne rallie pas ceux qui s'opposent à vous, et ça décourage ou antagonise bon nombre de ceux qui sont avec vous), surtout avec un problème qui, pour l'essentiel, est déjà à l'intérieur des frontières, donc de toute façon un truc à gérer. Si en plus, à titre personnel, elle est vraiment convaincue par sa posture sur la question migratoire, ou, plus cyniquement, si elle est politiquement persuadée que c'est le truc à faire (rapport à ses soutiens, aux exigences patronat/économistes/médias et à ses soutiens principaux), elle n'a pas grand-chose à gagner à ce stade à changer de braquet, une fois encore parce que l'essentiel de la migration a eu lieu (ou de sa première vague en tout cas), le reste se gérant (au moins dans ses vues/espérances) au niveau européen (conviction/envie de refiler le reste du bébé aux autres). Même dans le pire des scénaris pour elle, il n'y a à mon sens pas grand chose à espérer d'un changement de politique pour ce qui concerne son avenir; elle doit faire son parti de ce qui a déjà été fait, et continuer.
  23. Ils le font plus ou moins, selon les lieux, parfois avec un porte-voix, mais le sujet parvient rarement à frapper l'opinion en général ou à mobiliser les gros bataillons démocrates en particulier, au milieu de tous les sujets qu'il y a à traiter, et du nombre réduit qui sont mobilisateurs (et qui le sont durablement) et qui sont des "voting issues" (les 2-3 grandes questions qui motivent vraiment un électeur quand il vote, celles pour lesquelles son vote peut changer). Après, ça dépend aussi du niveau de contrôle qu'un parti a dans l'Etat, tant au niveau de son parlement qu'au niveau des comtés (paroisses en Louisiane), villes.... Si l'emprise est réduite, inégale ou trop changeante, il est difficile de vraiment pouvoir amener ce genre de sujets importants mais pas électoralement décisifs sur la table: ça suppose d'avoir la main, ou une forte voix, dans une multitude de couches de l'administration et des agences gouvernementales, des comités d'Etat ou locaux chargés de tel ou tel aspect lié à la question.... Et dans les Etats vraiment "rouges", la mainmise républicaine est extrêmement forte.
  24. On a une idée de la participation? C'est comme toujours le facteur qu'on oublie toujours pour mieux tirer de grandes conclusions souvent mal fondées sur "ce que pense le peuple": les partis extrêmes/radicaux percent quand la participation est basse, mais si elle est élevée, alors là ça veut VRAIMENT dire quelque chose pour Merkel.
  25. Un petit exemple d'une des manières dont le GOP garde l'avantage électoral dans certains Etats sans avoir la majorité (parfois loin de là) de l'opinion populaire, voire du vote, pour lui. Ne sont pas inclus dans ces comptes les gens de fait privés du droit de vote par diverses méthodes d'amont (carte d'identité payante, possibilité d'en obtenir à une distance raisonnable du domicile, tenue parfois douteuse des listes électorales....) en aval (nombre de bureaux de vote et horaires d'ouverture, blocages organisés de l'accès aux dits bureaux, accès au vote anticipé, très important aux USA....), et ceux dont le vote est de fait dévalorisé par un redécoupage électoral ciblé. Je parlerais donc ici du "felony disenfranchisement", c'est-à-dire du retrait du droit de vote pour cause de passé criminel, qui concerne pour l'essentiel des délits mineurs, mais qui a été ainsi utilisé depuis quelques décennies comme arme électorale par les républicains, au point aujourd'hui d'arriver à des réalités inquiétantes; pour s'en servir comme d'une arme, on peut ainsi étendre à volonté la définition de qui peut être privé de droits civiques à toutes les gammes de délits qu'on veut, moduler la chose en fonction du lieu en déléguant certains pouvoirs au niveau du comté (on peut ainsi cibler des zones préférentielles.... Genre qui votent plus pour le camp d'en face), s'appuyer sur le fait policier qui punit plus lourdement, à délit égal et propension à en commettre équivalente, la population noire/latino (voire demander quelques "coups de collier" quand on en a besoin), et plus encore, étendre à volonté la durée de privation des droits et compliquer (et faire durer) la période de récupération de ces mêmes droits. Ainsi par exemple, en Floride, un ancien détenu pour faits mineurs (et on connaît la politique américaine, surtout dans certains Etats, sur l'emprisonnement, favorisée par le complexe carcéro-industriel) peut ainsi attendre 5 à 7 ans (après sa sortie) avant de pouvoir simplement commencer la procédure de récupération, laquelle (essentiellement à dessein) peut durer autour de 8 à 10 ans. Dans cet Etat, plus de 2 millions de citoyens en liberté sont ainsi sans droit de vote à tout instant, soient 10% des citoyens en âge de voter (23,4% des noirs de l'Etat). Ajoutons que cette privation de droits n'aide pas beaucoup pour qui essaie de se réinsérer dans la société après une peine de prison même légère. Pour mesurer l'ampleur du phénomène, les 10 Etats où il est vraiment marqué (tous républicains, sauf le Nevada, qui est plus concurrentiel), en pourcentage du corps électoral (théorique): - Floride: 10,4% - Mississipi: 8,3% - Kentucky: 7,4% - Virginie: 7,3% - Alabama: 7,2% - Tennessee: 7,1% - Wyoming: 6% - Nevada: 4,2% - Arizona: 4,2% - Georgie: 3,8% La privation de droits civiques des personnes condamnées est un vrai sujet de discussion, et somme toute, la jurisprudence actuelle est récente en Europe, donc je ne critiquerai pas trop le principe, ne voulant pas amorcer cette discussion là (après tout, il y a encore en France des personnes privées à vie du droit de vote parce que condamnées avant 1994, date du changement en la matière). Mon point ici est de souligner l'usage et l'abus de la chose, là où elle n'était jadis limitée qu'à la lie des criminels et censée constituer une peine exemplaire et relativement anecdotique par rapport à la population. Ici, l'instrumentalisation du système, en conjonction avec d'autres méthodes de "gestion" des élections, avec la politique policière et la politique judiciaro-carcérale, a permis de fait de créer en toute impunité une importante population de citoyens de seconde zone, sans vraiment qu'il y ait de changement à l'horizon, sinon une croissance continue. Vers une masse critique de gens TRES en colère? Seuls deux Etats (plus Porto Rico) interdisent toute privation de droits, même pendant l'incarcération (Maine et Bernieland Vermont), et 13 (plus le District of Columbia) les rétablissent automatiquement à la sortie de prison (dont seuls 2 sont structurellement plus républicains, et 2 sont concurrentiels avec un avantage aux républicains); 4 les rétablissent automatiquement après la période de conditionnelle s'il y en a une (tous démocrates). 20 ajoutent une période de probation (à géométrie variable) et 2 ans fixes à l'incarcération et à la conditionnelle avant que les droits ne soient rétablis. Enfin, et là on retrouve l'essentiel de la liste susmentionnée, on a 11 Etats qui ont des lois très variables et différentes pour chaque crime, et y ajoutent l'exigence d'une démarche personnelle (donc à la merci de la bureaucratie, de ses délais et de son objectivité.... Autant de lieux de triche) après les délais d'incarcération/conditionnelle/probation, qui n'a par ailleurs aucune automaticité; il y a un juge qui arbitre la chose.... Quand ça finit par arriver sur son bureau. Et dans certains (Mississipi par exemple), le retour des droits passe par un vote des deux chambres du parlement de l'Etat à la majorité des deux tiers (autant dire que ça n'arrive jamais, si même il y a le temps et la volonté de traiter le dossier).
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