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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Je ne sais pas si quelqu'un a déjà posté un article dessus, et je ne me suis pas encore penché sur le sujet, mais y'a t-il déjà eu des analyses significatives sur l'impact du pétrole à bas prix sur l'économie, et surtout, la politique, britanniques? Quand on voit la place du pétrole dans leurs surplus, mais plus encore, dans leur budget national, on peut se demander.
  2. Phrase que je citais plus haut: "Republicans don't want voters, it wants donors". Ceci dit, ce n'est pas totalement vrai que les "classes moyennes et ceux du dessous" ne les intéressent pas; une proportion donnée les intéresse parce qu'ils en ont besoin, parce qu'une partie des élus républicains est sincère dans ses croyances, et aussi parce qu'une bonne partie est idéologique et/ou identitaire (religion, "states rights", nationalisme, anti-immigrationnisme, conservatisme codifié....), et compte rallier par ces biais et pour ces biais (qui sont aussi bien un moyen qu'une fin, comme toute idéologie) une certaine proportion de la population (de tous horizons). Ce biais tend à être de moins en moins pertinent en raison de l'évolution démographique (principalement la montée de la population latino) et de la polarisation des richesses qui précarise une proportion sans cesse croissante des Américains, et/ou les fait douter de la possibilité d'un avenir pour leurs enfants. De fait, les Démocrates sont structurellement majoritaires dans le vote populaire depuis plus d'une décennie, au niveau national et dans la grande majorité des Etats. La faible participation en général, et la plus faible participation des démocrates (ou de ceux penchant plus vers les plates-formes démocrates) hors année présidentielle, de même que le verrouillage culturel, législatif, coutumier et matériel au niveau local dans un grand nombre d'Etats, permettent à cette itération présente du GOP de perdurer, principalement en s'assurant de la Chambre des représentants, qui repose sur les systèmes d'élection locaux, contrairement au Sénat, qui est un vote par Etat et reste donc en bonne partie compétitif. Mais ce verrouillage s'étend aux élections dans chaque Etat et comté, aussi bien pour le législatif que le judiciaire (l'exécutif, plus "global" via ses postes peu nombreux, est moins fermé). Là-dessus s'ajoute l'immense nébuleuse des médias, médias alternatifs, circuits et organisations de tous types où l'argent afflue pour créer des "sociétés dans la société" dont l'effet politique est de maintenir des électorats compartimentés et clients de telle ou telle chapelle idéologique.
  3. J'avoue que j'avais lâché avant la fin de la saison 1, le rythme m'emmerdant.... Et avoir repris avec cette saison 3, qui m'a renvoyé sur la deuxième; ça balance nettement mieux! Elle a mis du temps à se trouver un rythme, cette série.
  4. J'ai suivi le truc (pas été entièrement attentif tout du long, je l'avouerais), et je poserais au moins un bémol par rapport à la réflexion de principe, qui repose en fait plus sur les conditions matérielles de tels événements: il semble évident qu'il y a nécessité d'un pouvoir politique et du vaste cadre organisationnel et matériel d'un Etat pour simplement permettre une telle échelle et un tel systématisme dans de vastes massacres. C'est une précondition incontournable dont je ne me souviens pas qu'Hannah Arendt ait nié le besoin. De là à en faire la cause, simplement parce que c'est un élément présent dans toutes les occurrences, par sa nécessité même, je trouve que c'est un pas trop important et qu'il semble spécieux de dire que cela infirme la position d'Arendt (je suis passé par Sciences Po, donc statutairement obligé de défendre -au moins un peu- Max Weber et Hannah Arendt). Le point d'Arendt est de considérer l'emprise d'un système idéologique plus ou moins autoritaire sur une société "normale", aliénant la pensée et les actions de la plupart des humains qui constituent ses rouages et ne sont de fait que des criminels par association, peu d'entre eux étant des participants réellement "actifs" au sens où ils embrasseraient la cause et/ou s'en serviraient pour assouvir leurs bas instincts, leurs aspirations.... Rappelons pour effet que la plupart de ces critiques d'Arendt -un très vieux débat, qui continue- ne se fondent que sur une seule chose, à la base, qui est le portrait d'Eichmann (dans Eichmann à Jérusalem), et n'étendent pas tellement l'analyse au reste de son oeuvre, se concentrant sur cette seule vision pour attaquer la thèse générale. Ce n'est pas la première fois qu'Arendt est ainsi critiquée, et dans le cas présent, je ne vois en fait pas vraiment d'éléments en désaccord avec ce que dit Arendt qui est souvent mal comprise par des gens qui veulent surtout avoir quelque chose à redire sur ses écrits (parce que très connus).
  5. J'ai conscience de pas mal me pencher sur la "course à l'échalotte" des primaires présidentielles ricaines, ces temps-ci, mais on sera d'accord que l'élection américaine est de grande conséquence géopolitique, surtout si des radicaux de tous types ont une chance d'arriver à la Maison Blanche. Il devrait aussi être mentionné que la durée et la nature de la campagne s'ajoutent à la particularité du pays pour avoir son propre effet géopolitique en jouant sur l'image du dit pays et les anticipations et comportements des autres. Du coup, cette justification semi-hypocrite donne un semblant d'autorité morale pour se déchaîner sur ce qui est, en essence, la drogue la plus vile et la plus néfaste du journalisme, le commentaire et "l'analyse" électoraux. Ceci dit, la prochaine primaire, dont on parle à peine, est celle du Nevada, dont j'ai dit plus haut pourquoi elle était peu médiatisée. Un fait intéressant à mentionner est je crois potentiellement indicatif de la nature de la prochaine élection présidentielle, et réside dans le degré d'intérêt qu'elle suscite, maintenant que nous avont passé la "silly period" (qui s'est terminée aux alentours de décembre) qui ne voyait que les journalistes et des minorités non représentatives s'intéresser à la chose et truster l'actualité avec. Ce fait indicatif est le taux d'inscription sur les listes électorales dans le Nevada, un Etat à la population pas particulièrement politisée. Le Nevada est passé à un système de caucus en 2008, ce qui en fait un phénomène récent et intéressant à analyser: cette année là, les inscriptions furent jugées exceptionnelles, avec autour de 20 000 nouveaux démocrates s'inscrivant (total: 120 000 électeurs encartés à la primaire, un record, auxquels s'ajoutent des participants "indépendants"), environs 7000 "indépendants/non encartés", et 14 000 républicains. En 2012, les chiffrent étaient d'environs 16 000 (pas de concurrence pour Obama), 11 000 et 15 000. Mais cette année, on est autour de 36 000, 27 000 et 31 000 nouveaux inscrits dans les catégories mentionnées. Je cite l'historique pour faire comprendre les ordres de grandeur et ce qui est considéré "la norme". Les indépendants/non encartés sont aujourd'hui 20 à 25% de l'électorat des primaires, soit un nouveau record qui signifie la plus faible emprise des partis même sur cette partie du processus censée n'appartenir qu'à eux. De plus, de notoriété publique, le parti républicain du Nevada est en soi un désastre d'incompétence et de rivalités stupides, incapable de faire venir de nouveaux électeurs ou de se torcher le cul avec un manuel d'instruction; l'afflux d'électeurs vers eux est en fait du à des organisations extérieures (souvent même extérieures à l'Etat) qui s'affichent souvent comme "non partisanes" (wink wink), ce qui est représentatif de la perte de pouvoir en général des partis traditionnels, qu'il faut commencer à différencier des "camps" en présence qui se confrontent inévitablement dans les élections générales à un tour. Il y a désormais un processus démocrate et un processus républicain où les appareils de partis ne sont plus (surtout côté républicain) les acteurs uniques ou entièrement dominants (c'est plus le cas côté démocrate où le parti continue à peser de façon absolument décisive, et la question est de savoir si Sanders peut commencer à changer cela). Les taux de participation dans l'Iowa et le NH furent bons, voire très bons (plus côté républicain), mais pas au niveau exceptionnel de 2008 pour les démocrates, ce qui pourrait poser un problème à Sanders si c'était une tendance confirmée, lui qui dépend justement d'un afflux massif qu'il essaie de susciter pour amener de nouveaux électeurs, la plupart d'ordinaire désenchantés par la politique et croyant peu que leur voix sera écoutée (les taux de participation électorale aux USA étant devenus, dans le courant du XXème siècle, structurellement très bas). Mais ce qu'on voit dans le Nevada ne va pas dans ce sens, bien au contraire, ce qui amène la question de savoir si "l'effet Bernie" (aussi appelé, "the Bern") commence à trouver son échelle et sa vitesse de croisière à mesure que sa notoriété (qui a encore pas mal de marge de progression, vu d'où il partait) grandit, et que sa crédibilité s'affirme (ralliements d'élus et d'organisations, plus de temps de discussion dans les médias -il a été littéralement ignoré jusqu'à la fin décembre, malgré les rassemblements massifs qu'il suscitait depuis l'été-, victoire dans le NH et match nul de l'Iowa....). Si c'est le cas, alors l'équation démocrate change (apparemment lentement), et avec elle celle de l'Amérique, puisque si le taux de participation augmente de manière significative (cad ne serait-ce que de 10% plus haut que d'habitude en année présidentielle), on ne peut dire qu'une seule chose, avoir qu'une seule certitude: "rien ne va plus" (ou, pour parler comme les indigènes: "here goes nothing"). "The Bern" et "l'effet Trump" semblent les premières explications pour ce pic d'intérêt dans le Nevada (cad "ce coup ci, il peut se passer quelque chose, donc on y va les gars"), dont on attend de voir s'il se reproduit ailleurs. Mais tout l'enjeu est là, avant tout côté Sanders: pour porter sa "révolution politique", il a besoin non seulement d'un important vote démocrate (les démocrates gagnant quand il y a une bonne participation.... Ce qu'ils ne font qu'en année présidentielle), mais d'un afflux de nouveaux électeurs pour changer aussi l'équation démocrate en interne (amoindrir les centristes -en fait assimilables à une droite modérée- au profit des "liberals" et "progressives") afin non seulement de l'emporter (évidemment), mais aussi de convaincre nettement plus de "super délégués" non élus (je disais 20% des délégués à la convention démocrate, mais après vérification, c'est 25% cette année), dont une bonne partie ne pourrait voter pour Clinton à la Convention si Sanders remportait le suffrage populaire de façon nette, même si Clinton dominait encore en terme de délégués. Les "delegate maths" pourraient cette année être très nettement en porte-à-faux avec le vote populaire, avec potentiellement la création d'un irréparable fossé entre "l'establishment" et la base si ce scénario se déroulait, scénario qui aurait pour immanquable effet de faire s'effondrer la participation démocrate lors de l'élection générale.
  6. Grands auteurs? Tu parles de Stan Lee, Jack Kirby et leurs rejetons spirituels, je suppose. Ce qu'une bonne partie des Américains appellent "les classiques" et qu'ils placent aux côtés des grands romanciers, philosophes, tragédiens, essayistes ou moralistes comme Tom Clancy et Danielle Steele? Non, je trouve même la critique plutôt coulante, sans doute faite par des partisans d'Hillary pour noyer le vrai poisson dans l'histoire: on parle de Goldman Sachs, de collusion, de pots-de-vins, toussa, ce qui au final n'a que des effets modérés sur l'éligibilité (c'est peut-être en train de commencer à changer, mais plus ou moins pianissimo pour l'instant), et on évite le nez au milieu du visage, la mouche dans le potage, la tache de ketchup sur la robe d'une mariée. la taille du hors bilan dans le résultat d'une multinationale.... Bref, LE truc maousse. Et en l'occurrence, ce point est le choix vestimentaire de Mme Clinton: qu'elle porte du jaune, la couleur des cocus, c'est de bonne logique, sinon de bon ton. Mais bon, le tissu, la coupe, la forme générale.... Ils essaient de détourner l'attention sur des sujets mineurs pour éviter d'avoir à faire du damage control sur le point central que des hordes de fashonistas enragées (et enragés) vont se trouver empêchées de soulever. Encore une fois, le peuple est étouffé et muselé! Mais médèèème Clinton ne pourra pas jouer ce jeu à jamais, et devra un jour répondre de ses actes (devant St Galliéra et le bienheureux Christian Dior), car la révolution politique attendue est en marche. Feu le président Kennedy en parlait précisément (et, j'en suis presque persuadé, sur le même sujet): "those who make peaceful revolutions impossible, make violent revolutions inevitable". D'un autre côté, c'est presque métaphysiquement logique qu'elle ait porté du jaune, représentante qu'elle est de "l'establishment", pour faire face à celui qui est perçu comme un rouge. Une longue histoire des couleurs (et on sait que la couleur compte tellement aux USA). Sinon, maintenant que la campagne de conquête de la Caroline du Sud a commencé, les stratèges commencent à s'adonner à ce versant de l'art opératif politicien dont ils n'avoueront jamais qu'il fait partie de leur arsenal: les attaques de rumeurs, les opérations de dénigrement, et toutes les tactiques de la guerre électorale non conventionnelle. Un domaine pour lequel la scène politique de Caroline du Sud est particulièrement connue. John McCain en avait été spectaculairement victime en 2000, dans sa campagne pour la candidature républicaine face à George W Bush, où des rumeurs de toutes sortes avaient fleuri, mais avaient surtout été diffusées à une vaste échelle, au point d'authentiquement influer sur le vote dans des proportions suffisantes pour le faire perdre (il sortait alors grand gagnant des primaires du New Hampshire, face à un Bush encore flageolant et sans bilan personnel). L'avalanche de rumeurs/accusations avait été réellement massive, soutenue par tous les moyens possibles, surtout anonymes (robot-calls, reprises dans les médias à base de "on dit que"....), témoignant des moyens investis dans l'histoire (on le sait aujourd'hui, par Karl Rove lui-même): il avait ainsi été accusé d'avoir été "reprogrammé" par les Viets pendant son incarcération, d'avoir eu un enfant noir hors mariage, de faire grand usage de prostituées et d'avoir du coup refilé quantité de maladies vénériennes à sa femme.... Le fait est que la scène politique de Caroline du Sud a une réputation particulièrement chargée en terme de méchanceté (dans la culture politique US, la scène de Caroline du Nord est complètement tarée -en 2ème position dans ce registre juste derrière la Floride-, et celle de Caroline du Sud est vicieuse: donc leurs deux Carolines sont une folle et une salope ), et la population approuve en bonne partie la chose, l'idée étant -outre que c'est amusant de voir les politiques se démolir- que la vérité peut sortir de tels conflits, même artificiels, qui poussent les candidats et élus dans leurs retranchements, mais aussi, et peut-être surtout, qu'ils veulent voir des candidats capables de donner et de prendre des coups, surtout vicieux. On attend donc ce qui va sortir sur les candidats du moment. Parce que là, on parle d'une chose encore différente des "campagnes négatives", soient l'ensemble de comportements et outils qui voient les candidats, leurs campagnes et les organisations qui les suivent directement ou indirectement, s'insulter, se balancer des vacheries, entamer des opérations de dénigrement fondées ou non. Dans celles-là, la personne qui attaque le fait ouvertement, soit en balançant les accusations elle-même, en le faisant faire par des délégués travaillant notoirement pour elle, ou par des organisations affiliées à elle (avec notamment, pour les messages médiatiques, les fameux "I'm -untel- and I approve this message"). Là, on parle d'un truc qui se fait à visage couvert, sortant d'un peu partout et nulle part par tous les moyens détournés possibles (jusqu'à des gars en apparence normaux qui lancent des conversations dans des bars et lieux de rassemblement, posent des affiches sauvages non liées à une campagne....), soit un "travail de terrain" visant à créer un buzz non lié aux campagne, sans réel contrôle, sans aucune responsabilité.... Plus, grande nouvelle du jour qui fait déjà polémique (au sens où -je ne blague pas- des segments d'émissions télé y consacrent des discussions): les spots télés de Ted Cruz font débat, la plupart parce qu'ils versent (avec des références popculture) dans l'insulte directe aux autres candidats (Hillary Clinton comprise), mais un en particulier............ Parce qu'il y avait une actrice de films cochons dedans (note: elle ne fait rien de cochon dans le clip)! Rôôôôô! Et le casting l'avait pas repérée! Dios mio, ça va tout changer! Les valeurs chrétiennes sont aux chiottes et la société occidentale risque de s'effondrer sous ce coup! Mais qui est donc Ted Cruz en réalité?! Quelle horreur, quel complot se cache derrière sa campagne?!
  7. Mouaif: je sentais plus de la référence au Loki de Marvel, dans ta remarque initiale.... Faut-il t'accorder le bénéfice du doute ou t'envoyer dans un centre de désintoxication? Mais pour l'actualité trumpesque, tu nous cites du déjà vieux: ça a plus de 3 jours, ça, et dans l'univers du Donald, le temps file vite, au rythme de ses délires: aussitôt tweeté, aussitôt oublié, si bien qu'il pourrait nier avoir dit ou écrit quoique ce soit dans la seconde qui suit l'acte. En l'occurrence, en plus, il s'arrange comme souvent pour dire le mot sans le dire, le suggérant fortement et le faisant dire à quelqu'un d'autre (ici, une dame dans l'assistance) tout en se défendant d'employer de tels mots..... Une variante de sa méthode générique qui repose sur le fait d'insulter ou d'accuser quelqu'un tout en niant le faire ("je ne dirais pas que c'est un hypocrite alors que je le pourrais", "je ne dis pas que M. Cruz est canadien, et je ne le pense pas, mais on pourrait le dire, et d'ailleurs, beaucoup de gens le suggèrent".... Quand on sait que personne ne parlait de la nationalité putative de Cruz avant que Trump ne foute ça sur la table....). Mais bon, comme il le dit, il va ramener le waterboarding, "et bien pire".
  8. Loki? S'il te plaît, les références!!!! On est européens, bordel de merde, alors on puise dans le classique, pas dans l'infantilisme mercantile..... En l'occurrence, ce sera donc, pour le même scénario, Héliogabale.... Ou Caligula (peut-être un peu trop vicieux, celui-là, ceci dit). Pour le reste, y'a t-il en fait dans l'air des démocraties occidentales en général un parfum de rééquilibrage entre libre-échangisme (insistance sur le "-isme") et protection raisonnable? Sanders est porteur d'un discours pas trop éloigné, moins dans son contenu que dans sa substance et ce qu'elle représente comme envie dans le peuple américain, mais aussi, on le constate, chez les Européens. Il serait logique que le retour d'un discours protectionniste ayant un vrai poids politique se fasse aux USA, pays-monde capable par sa place et sa masse d'entamer un mouvement en ce sens. Parce qu'il y a une vraie audience, maintenant (sinon, Misses Clinton n'aurait pas cru devoir changer son discours sur les traités commerciaux), et beaucoup de rage sur le discours ambiant sur l'économie, la gestion du budget des Etats.... Ce qu'aux USA on appelle le "Beltway Speech" (la Beltway étant le périph de Washington), et qui, quel que soit l'état de l'opinion, quelles que soient les tendances importantes du débat dans la sphère économique, ne change pas (les "experts" intervenant dans les débats qui comptent et étant écoutés des dirigeants servant en revanche tous la même soupe) autrement que de la façon la plus superficielle. En somme, le compromis général (si on peut l'appeler comme ça vu le niveau de blocage de la décision politique) actuel définissant le "business as usual" vers lequel les élites alternant au pouvoir se retournent toujours.... N'est plus accepté. Et il n'était de toute façon plus tenable, vu son immobilisme stérile même pour les tâches les plus basiques du gouvernement, étant devenu la caricature de lui-même dans l'équation politique qui a, au final, été établie sous Reagan et a acquis sa forme actuelle par l'opposition entre le "clintonisme" et la nouvelle droite remodelée par Gingrich (la vie politique actuelle n'a été qu'une fuite en avant dans le toujours plus, essentiellement définie par la droite, la gauche s'étant plantée au centre-droit et ne pouvant plus suivre la dérive républicaine). Bref, comme l'aurait (peut-être) dit l'excité de Nuremberg, "plus c'est gros, plus ils le gobent".
  9. Traditionnellement, on date la chose du siège de La Réole (Gironde) en 1324.
  10. Tiens, j'ai enfin compris pourquoi personne dans les médias américains ne semble s'intéresser aux primaires du Nevada, qui arrivent pourtant, côté démocrate, avant celles de Caroline du Sud sur lesquelles toutes les attentions se concentrent (l'enjeu du vote noir -55% de l'électorat en CS- semble aussi un test majeur côté démocrate, de même que cet Etat du Sud, extrêmement militaire et conservateur, l'est pour le GOP).... C'est parce qu'apparemment, en raison (entre autres) d'un système de caucus très compliqué et d'un électorat dispersé et très divers idéologiquement, aucun sondage sur les tendances de vote n'est réalisé: aucun institut de sondage ne veut s'y risquer, et les prédictions qui existent ne sont pas prises au sérieux. Résultat, les journalistes manquent du principal ingrédient pour leur branlette quotidienne.... Donc ils n'en parlent pas et boudent ces bouseux du Nevada, qui sont du coup tous des pervers accros aux jeux ou des baiseurs de vaches aux yeux de la presse. Ceci dit, même si Sanders s'est créé un grand élan (surtout visible en termes de collecte de fonds et de ralliements de soutiens institutionnels -organisations, élus....- et de pans d'électorats), il faut garder à l'esprit que l'Iowa, en termes de délégués, fut une nette victoire clintonienne, et le NH un quasi match nul, principalement en raison du système des "super délégués"..... En ce moment, beaucoup de monde se penche sur le mouvement qu'a créé Sanders dans l'opinion pour essayer de décomposer son électorat et voir en quoi il diffère de celui d'Obama en 2008: s'ils s'étaient focalisés sur les faiblesses (notamment auprès des minorités ethniques) de Sanders, ils avaient peu regardé ses forces, à savoir des pans d'électorat participant peu ou pas au processus politique, et des populations d'ordinaire plus prônes au vote conservateur. Du coup, l'élan qu'il peut impulser à la campagne et au taux de participation restent encore peu quantifiables, ce qui autorise, malgré les tendances dans la course aux délégués et les probabilités fondamentales, qui restent encore nettement pro-Clinton, tous les espoirs, mettant en avant la vieille formule de Lyndon Johnson: "Iowa picks corn, New Hampshire picks presidents" ("l'Iowa sélectionne/récolte du maïs, le NH sélectionne/récolte des présidents").
  11. A propos de ces 1%/0.1%, la course républicaine commence enfin, un peu, à se clarifier.... En tout cas à entamer un minimum de débroussaillage. Après Rand Paul, ce sont Carly Fiorina et Chris Christie qui jettent l'éponge, parmi les candidats "visibles". La question qui pourrait se poser serait celle d'un début de concentration du vote sur d'autres: le désistement de ces gens profitera t-il aux candidats "establishment", aux candidats "anti-système"..... Je dis bien "la question POURRAIT se poser". Elle ne le fera pas pour deux raisons: - ces candidats représentent peanuts, et ne sont ni de nature ni assez nombreux pour être de ces petits ruisseaux qui font les grandes rivières - comme le dit un éminent écrivain conservateur: "in the GOP, we don't count voters, we count donors" Et de ce deuxième point surgit la vraie question: où vont aller les contributeurs des campagnes mentionnées (et de leurs SuperPACs)? Car une campagne qui ferme boutique représente encore un carnet d'adresse et d'observations important, surtout quand, comme celles de Paul, Fiorina et Christie, elles ont très bien marché côté collecte de fonds. Ca fait un réseau de financement potentiel important, surtout si l'ex-candidat se rallie et continue à battre la campagne pour le compte de son nouveau meilleur pote. Et évidemment, y'a pas que l'argent directement: y'a aussi, chose qui coûte de l'argent (et d'autant plus s'il faut embaucher des pros/semi-pros/temporaires), le même carnet d'adresse contient aussi des listes et réseaux d'activistes, militants et bénévoles en tous genres prêts à se mobiliser et faire des campagnes de terrain. C'est rare et précieux, ça coûte beaucoup de temps à mettre en place. C'est encore plus vrai côté républicain où, à effectif de militants au sol équivalent, les campagnes de terrain tendent à coûter beaucoup plus cher que côté démocrate (parfois jusqu'à 4 fois plus) étant donné un recours nettement plus important à des services professionnels rémunérés plutôt qu'à des militants (beaucoup plus abondants côté démocrate.... Et nettement plus jeunes aussi). Ceci dit, plus largement, si Trump devait devenir président des USA (oui, j'ai encore beaucoup d'incrédulité quand j'écris ou dis cette phrase), je me demande quel impact cela aurait sur la posture américaine et la façon dont les USA sont vus dans le monde à J+1; je me pose moins la question du temps un peu plus long, la realpolitik et les simples contraintes du monde réel "normalisant" pour l'essentiel la plupart des choses. Non, en fait je me demande quel serait l'impact de l'image personnelle de Trump, surtout telle qu'il l'a alimentée depuis le début de sa campagne, et celui de sa façon d'être et d'interagir, sur la posture, les attentes et la perception des autres dirigeants. Ce qui revient à demander s'il s'est déjà créé un bagage pouvant aller jusqu'à compromettre bien des choses, rendre des relations plus difficiles avec d'autres pays.... C'est surtout le débat au Parlement britannique qui m'a interpellé, qui concernait le fait de l'interdire de séjour ou non (suite à une pétition assez massivement souscrite) au RU: évidemment, il n'a jamais du en être réellement question, et le débat (et sa médiatisation) a surtout du être l'occasion pour beaucoup de se défouler un peu sur l'homme à la moumoute en feu (qui en fait n'est pas une moumoute, mais l'image est trop bonne), avec entre autres armes une insistance particulière sur l'usage de mots typiquement anglais, pas appelés à être compris hors des îles britanniques, y compris par les autres anglophones ("wazzock" fut l'un des plus notables.... Et énigmatique pour les ricains).
  12. Ajoutons plus simplement qu'hors de la guerre qui a vu la création du pays, où menace existentielle il y avait par définition, les USA se sont développés dans un environnement sans adversaire proche capable de remettre en cause leur existence.... Et que comparé au cas français évoqué, cela ne fait que 240 ans qu'ils sont dans le business d'exister. Ils ont encore le temps de s'entre-déchirer ou de se faire envahir (ou les deux), de se diviser et de se réunir.... Avant d'en arriver à un point comparable à d'autres pays.
  13. Un autre point de cette primaire qui remet certaines patates au fond du sac pour Sanders, malgré la vague d'enthousiasme qui le porte..... Rappelons que le but principal de ces primaires est d'empocher des délégués des partis de chaque Etat pour en avoir la majorité lors de la convention nationale qui décidera du nom du candidat à la générale..... Sanders a emporté hier 15 délégués, contre 8 à Clinton.... Mais il y a aussi ce système particulier des "super délégués", ces délégués non élus, mais choisis/cooptés par les instances des partis dans chaque Etat, (généralement des élus en poste ou ex élus), qui n'ont aucun mandat et choisissent qui ils veulent quelle que soit la tendance des primaires, leur ralliement se faisant par campagne de séduction des candidats, derrière des portes closes. Et hier, ceux du NH ont parlé: 6 d'entre eux sont ralliés à Clinton, 2 ne se prononçant apparemment pas encore. Ce qui fait que Clinton ressort du NH avec 14 délégués, contre 15 à Sanders, malgré une victoire énorme du sénateur du Vermont (60% contre 38). Avec la récolte faite un Iowa (1 délégué de plus seulement que Sanders.... Mais tous les super délégués), pourtant un match nul de fait, Clinton est en fait en tête avec 44 délégués contre 36. Ca ressemble aussi à ça un avantage institutionnel. Sanders aura besoin de créer un effet encore plus important pour non seulement emporter d'autres Etats, mais surtout créer une impression de mouvement massif qui pourra rallier des organisations, des élus en place, et par là, des super délégués en nombre conséquent (vu qu'ils représentent 20% du total des délégués à la Convention Nationale). C'est une bataille dans le sens de la montée, pour lui.
  14. Même avant Citizens United, la tendance était déjà là: plus de fric injecté en politique, plus d'organisations de plus grande taille collectant des fonds (de riches individus, d'entreprises et réseaux d'entreprises, de collectivités....), plus de médiatisation et de moyens de collecte.... Est-ce aussi une conséquence de l'inflation constante des frais de campagne depuis des décennies, au point de voir les dépenses nécessaires véritablement changer de dimension, nécessitant de ce fait la structuration d'un secteur économique permanent dédié au financement et à l'organisation de l'économie du système politique (une tragédie en soi)? En bonne partie. Quoiqu'il en soit, quand on parle du cas particulier de la présidentielle, on voit en effet aujourd'hui qu'il suffit à un candidat d'avoir un milliardaire/"très millionnaire" dans la fouille pour pouvoir durer, même en sous-régime, jusqu'au bout (cad le SuperTuesday, cette année le 1er mars), voire envisager une candidature en indépendant à la générale si le financement est sérieux et que la personne est ambitieuse au point de tenter ce gambit non pour se faire élire (aucune chance), mais pour "renégocier sa position" vis-à-vis de son parti. Les financements se détournent souvent de candidats perçus comme étant en perte de vitesse, cela reste une constante; mais il reste quand même pour certains (image personnelle forte, relations/connections importantes, candidature religieuse et/ou idéologique) un suivisme de conviction, qui tient nettement plus contre vents et marées, au moins dans une certaine mesure, et qui, via l'évolution de ce secteur économique de la politique, a atteint un niveau critique qui n'existait pas vraiment jusqu'à une période récente où les montants investis dans la politique étaient non seulement plus bas (en absolu et proportionnellement à l'économie du temps), mais aussi nettement plus contrôlés par les organismes centraux des partis (au niveau des Etats) et de leurs conventions nationales (puisqu'il n'y a pas un parti démocrate et un parti républicain au niveau national: ce sont des "confédérations", en quelque sorte: les partis sont au niveau des Etats). Parce qu'on parle bien ici aussi bien des PACs (qui existent depuis très longtemps) et SuperPACs, soit le "soft money", théoriquement pas contrôlé par les candidats ou les partis, que de l'argent des campagnes, le "hard money": les deux ont connu une croissance hors de proportion. Et les deux permettent de durer. Sanders a tellement réussi à créer son effet qu'il ne carbure qu'au "hard money" (l'argent récolté par sa campagne, directement), ayant refusé d'avoir un SuperPAC, tout comme Trump d'ailleurs. L'un des autres à côtés de l'évolution politique en matière de médiatisation, de financement et de fonctionnement du système, c'est pas seulement que beaucoup plus de candidats peuvent durer jusqu'au bout.... C'est aussi, à l'opposé.... Qu'ils commencent BEAUCOUP PLUS TOT!!! Qu'on considère que la présente campagne des primaires a en fait commencé fin 2014!!!! Et qu'elle a commencé à battre son plein il y a un an! C'était une tendance déjà amorcée depuis un bail, et elle a même certains bons côtés (un candidat comme Sanders a ainsi pu monter en puissance, parce qu'il partait vraiment de très loin), mais imaginez le coût! Pour l'instant encore, les Afro-Américains sont très largement pro-Clinton: c'est un des électorats des Clinton les plus fidèles de façon continue depuis très longtemps, Bill restant considéré comme le premier "président noir" (et pas juste parce qu'il sortait le saxo de temps en temps), et souvent d'ailleurs nettement plus "noir" qu'Obama. Les grandes organisations afro-américaines sont engagées côté Clinton (même si on peut imaginer qu'un Sanders marquant des points les verrait renégocier leur allégeance) et Clinton a beaucoup travaillé cet électorat au corps, surtout en vue de la primaire qui est considérée comme son "firewall", celle de la Caroline du Sud, désormais la plus attendue avant le SuperTuesday (j'arrive toujours pas à comprendre pourquoi les médias US parlent aussi peu de celle du Nevada). Il faut voir à quel point le "travail au sol" de l'organisation de Sanders sera efficace et si elle retournera une part significative de cet électorat. Etant donné qu'il a réussi à frapper fort dans l'électorat féminin adulte et dans la classe ouvrière blanche, deux électorats clintoniens, en plus de sa mainmise étonnamment forte chez les étudiants et jeunes adultes, on peut se dire qu'il saura mettre à profit les 2 semaines et quelques qui restent (enfin.... Y'a le Nevada entre les deux.... Mais tout le monde semble s'en foutre). Fondamentalement, cet électorat est important pour Sanders, mais pas autant que, plus largement, l'enjeu de faire venir un grand nombre de primo-votants et personnes participant peu aux élections et au processus politique (dégoûtés/désenchantés, dégoûtés d'avance, ignoramus, flemmards....), qu'ils soient ou non noirs, qu'ils soient vieux ou jeunes, hommes ou femmes, religieux ou non.... C'est son principal but, et le seul moyen qu'il a de donner corps à son message en changeant certains équilibres de la vie politique et électorale. Il a réussi le coup dans le NH, c'était moins le cas en Iowa où il avait certes rameuté nettement plus de monde que la moyenne des primaires, mais pas autant qu'Obama en 2008 qui avait atteint un sommet en la matière.
  15. Faut attendre de voir la suite: une des choses que les résultats du NH ne disent pas à voix haute, c'est que Trump n'a gagné que parce que le côté républicain est surpeuplé. On remarque par exemple que, contrairement aux tendances générales des sondages depuis plusieurs mois, les candidats "establishment" sont en fait majoritaires. Plus important, un sondage a été réalisé chez les républicains du NH: 48% s'estimeraient satisfaits si Trump était le candidat républicain, mais 49 s'estimeraient insatisfaits. Le NH est généralement plus équilibré que beaucoup d'Etats en terme de répartition des votes, et le nombre de candidats côté GOP cette année accroît cette tendance, ce qui donne beaucoup plus d'importance au fait d'essayer de voir les "grands ensembles" des électorats. Rappelons que Pat Buchanan (leader d'extrême droite) en son temps (1996) a gagné la primaire du NH avec un électorat aussi très populiste, xénophobe.... Electorat que Trump arrive à solliciter à un degré plus haut, certes, tout en en ralliant d'autres (essentiellement par anti-élitisme). Mais Buchanan, comme Trump, a ce faisant suscité beaucoup d'antagonisme, y compris au sein du GOP. Et on l'a déjà souligné, mais le problème qui guette Trump est avant tout l'hostilité qu'il soulève, le faible nombre de gens qu'il laisse neutres. C'est tout avec lui ou tout contre lui, au GOP, mais aussi pour l'élection générale. Pas vraiment de marge significative entre les deux. Il faut réellement garder à l'esprit que Trump est certes fort, mais qu'une bonne partie de sa force, peut-être la plus grande partie, c'est en fait la faiblesse du GOP et des autres candidats, en bonne partie due..... A leur nombre. Il n'est que celui qui ressort le mieux sur cette scène très peuplée. Sinon, un changement de tendance par rapport à l'Iowa et à ce qui semblait se profiler pour cette primaire et d'autres: l'électorat féminin démocrate semble s'être tourné vers Sanders, alors qu'il était plus considéré comme acquis par Clinton quel que soit la configuration, le lieu ou le taux de participation. Ce ne sont plus seulement les femmes de moins de 30 ans qui tombent sous le charme du papy: les 30-59 ans tombent aussi comme des mouches. Y'a que les vieilles qui restent plus pro-Clinton.
  16. Le seul message qui sort occasionnellement pour aborder très vaguement ce sujet, c'est "sans l'Europe, ce serait pire".... Et les messages du style "ça peut toujours être pire" ont ces petits problèmes que: - ils sont rarement vrais, souvent alarmistes sans grand fondement ("sans l'UE, c'est la guerre"....) là où il faut pas et oublieux des points de préoccupation/contestation effectivement soulevés - ils n'ont jamais été politiquement efficaces, devenant souvent complètement contre-productifs
  17. L'apparence du statu quo? L'impression de monolithisme d'une UE censée ne faire que croître? Le soutien de maintes entreprises qui veulent continuer à être dans la City et profiter des avantages particuliers du cadre britannique ET de l'accès plein et sans restriction au continent ainsi que de la capacité à faire du lobbying à Bruxelles pour accroître les dits avantages? L'intégration de la place boursière de Londres (de fait un paradis fiscal on ne peut plus opaque) dans le marché unique? Ce dernier point est notable, parce que si Brexit il y a, la place de Londres va en prendre plein la face: un grand nombre d'activités devront de facto être rapatriées sur le continent parce qu'inséparables de l'appartenance à l'UE, raison pour laquelle les places de Francfort et Paris espèrent se partager ces juteux morceaux si la situation en venait là (sans compter que la perte de ces activités pourrait avoir un effet d'entraînement plus ou moins important).... Et pour laquelle Cameron fait des pieds et des mains.
  18. On peut toujours être bon prince quand on a eu ce qu'on voulait.... Oui, je me méfie par nature des Anglais et ne peut leur attribuer aucune action sans arrière-pensée.... Et du coup l'épisode me fait penser à toutes ces petites choses dans l'histoire militaire qui parfois peuvent sembler tellement stupides et sans conséquences, mais pour lesquelles parfois on va jusqu'à se battre, et qui, mine de rien, concourent de l'image qu'un pays veut donner.... Ainsi d'une terrible bataille navale menée en pleine paix entre deux petites escadres, une française et une espagnole, en 1688, sur la "très importante" question de qui devait saluer l'autre en premier, ordre ayant été donné aux chefs français de toujours exiger que le drapeau du roi soit toujours salué en premier.... L'amiral français était Tourville, l'espagnol un certain Papachino, et l'affaire fit grand bruit sans que personne ne parle de la futilité du geste, ou du grand nombre de morts et blessés pour une question qui pouvait sembler de pur protocole, ou de fierté mal placée. Plus profondément, c'est une manière de dire qui c'est Raoul en montrant jusqu'où on est prêt à aller pour dire qu'on se laisse pas marcher sur les pieds. Con? Oui et non.... Oui sur le moment (de ce point de vue, c'est même tragiquement con), mais en terme de "projection de puissance" et "d'aura" qu'on impose ainsi, ça se discute déjà plus (et les équipages qui ont participé y sont allés, des deux côtés, de bon coeur, à ce qu'il semblerait, donc n'estimant pas être envoyés au mixer pour des prunes).
  19. C'est pas pour faire le pinailleur anglophobe de service, mais..... Pourquoi que nous on leur envoie un général, et que pour un poste équivalent, ils nous envoient qu'un colonel? On a l'impression d'être un peu dévalués, dans l'histoire.... Humour british? A-plat-ventrisme français? J'exige une étoile britannique: le cours du général français ne peut pas être placé si bas, na!
  20. Le terme de dualité est à mon avis exagéré, avant tout parce qu'il suppose intrinsèquement que le bilan de l'armée romaine serait équilibré entre le mauvais et le bon, alors qu'il pèse plus qu'immensément lourdement du côté du bon/très bon, dans l'ensemble: le bilan "général" (si quelque chose d'aussi artificiel pouvait être établi alors que ça recouvre des périodes, entités, échelles, stades civilisationnels et techniques/technologiques très différents) est sans beaucoup de comparaison. Mais une chose est vraie: comme à tous les stades de l'histoire militaire, quand le haut commandement merde grave et/ou se fait buter, c'est un massacre.... Ce qui est essentiellement vrai pour tout le monde et à toutes les époques, et particulièrement dans l'Antiquité: une erreur à haut niveau entraîne des conséquences dramatiques, une balle au cerveau tue. L'armée romaine a cependant plus de résilience tactique que la plupart des armées de son/ses époques (plus de redondances du commandement, d'échelons, mais aussi plus d'autonomie au niveau des unités, plus d'entraînement après la 2ème guerre punique et les débuts de professionalisation, insistance particulière sur l'importance des réserves et de dispositifs profonds....), et une résilience stratégique sans commune mesure (patriotisme romain, réservoir démographique et complément des alliés de sa très particulière fédération militaire, taille de l'Etat et profondeur stratégique passé un certain temps, réputation/aura qui limite les défections d'alliés....). Sur tes points: - je n'ai jamais rien vu sur une reluctance particulière à retraiter. Au contraire, les Romains peuvent avoir une position par défaut (qui peut devenir, chez les mauvais chefs ou les moyens, une tare) d'être excessivement prudents et procéduriers, opérant "par le manuel", et n'engageant jamais le combat si toutes les conditions ne sont pas réunies, notamment avoir une position haute. Par ailleurs, cette attitude pouvait être renforcée par le fait qu'une guerre en territoire adverse (pas la défense du territoire, donc) est souvent un investissement pour un objectif (espéré rentable), et l'armée un outil rare et précieux (qui plus est fait de citoyens) qui n'a jamais autant de force que tant qu'il est intact et apte à être manié comme instrument de négociation, posture que les généraux, qui sont avant tout des politiques, préfèrent souvent par nature. Le Romain est par culture offensif stratégiquement et tactiquement, beaucoup moins au "niveau" opératif (je parle ici des tendances "par défaut" du logiciel romain, ce qu'il produit comme penchants profonds chez qui n'est pas principalement orienté militaire). - les armées de fantassins sont la donne majeure du monde méditerranéen d'alors, et une armée de fantassins dont la ligne est brisée est poursuivie et/ou défaite en détail, moment où les pertes sont lourdes. C'est vrai pour tous, mais moins pour une armée romaine dont le génie particulier est une organisation beaucoup plus résiliente que la moyenne, de la relève des premiers rangs (individuels ou unités de front) à l'organisation en plusieurs lignes d'unités de base (préférée culturellement à l'extension du front), en passant par un taux d'encadrement (avec un plus haut niveau de professionalisation des cadres) plus élevé, un esprit de corps fort (d'unité et national), un entraînement individuel et collectif plus poussé (sur la période tardo-républicaine et impériale), une logistique plus poussée et pensée, et une grande solidité des unités tactiques élémentaires (manipules puis cohortes). - la réserve, c'est justement l'un des piliers essentiels de l'art de la guerre romain: toute la ligne de bataille est organisée comme un système de réserve alternative, avec le minimum syndical pour assurer le front, et ce depuis les guerres puniques et de façon sans cesse mieux affinée après. Un défaut récurrent qu'on voit cependant dans l'armée romaine jusqu'au dernier siècle de la république, c'est la lenteur du dispositif militaire à atteindre un niveau qualitatif suffisant quand une guerre commence, ce qui vaut aux Romains de multiples et parfois spectaculaires déboires dans les premières phases d'une guerre (vu de façon répétée dans les guerres latines, puis face aux Samnites, face à Pyrrhus, puis surtout aux Puniques). C'est l'inconvénient d'une armée de conscription qui n'a en plus pas de "période d'active" procurant un effectif permanent. Même si l'entraînement des jeunes hommes est poussé et omniprésent dans l'adolescence, et même si, période oblige, une forte proportion des adultes a pas mal d'expérience militaire, ça ne remplace pas des unités permanentes ou même des périodes de rappel régulières même s'il n'y a pas de guerre. Seule la résilience romaine et la profondeur stratégique, en plus des limites des adversaires, ont pu donner à Rome, dans certaines situations, la chance de trouver son second souffle. Et ce processus de lente montée en puissance fut d'autant plus vrai à mesure que les adversaires se diversifiaient et devenaient plus grands, et que l'art de la guerre romain se complexifiait: la "légion polybienne" était déjà devenu un système complexe qu'on ne pouvait correctement mettre en oeuvre avec des soldats rassemblés pour l'occasion, même si la majorité avait déjà plusieurs campagnes sous le manteau, mais des intervalles parfois longs entre elles. Même un bon commandant pourrait avoir du mal avec ça.
  21. On notera aussi la formalisation, sous le Haut Empire, d'un autre cursus: le tres militiae, réservé aux membres de l'ordre équestre pour gérer les carrières militaires "intermédiaires" des élites non sénatoriales dès lors que fut formellement et légalement opérée la distinction au sein de ce qui était jadis une classe sociale unique (les sénateurs étaient des équestres jusqu'au Ier siècle après JC, même si des distinctions s'opéraient de fait et de droit au sein de l'Ordo Equestris: patriciens et plébéiens, détenteurs du cheval public ou non....). Ainsi, ce cursus alternatif, qui offrait à l'empereur un vivier alternatif de gens compétents et de haut rang (mais moins en position de cultiver statut et influence suffisants pour le menacer), put se développer avec la définition sans cesse plus précise des grades et rôles dans l'armée et l'administration. Le terme veut dire "3 postes militaires", et recouvre essentiellement ce qu'un équestre doit faire passé ses classes, pour atteindre un rang et une position lui autorisant des jobs d'administrateur de haut niveau, de très haut fonctionnaire ou de gouverneur mandataire de provinces impériales (par opposition aux gouverneurs des provinces sénatoriales, qui restent dans le cursus honorum, tout comme des provinces impériales pour lesquelles l'Empereur garde s'il le veut la possibilité de nommer un sénateur -de confiance, de grande influence- mais avec des titres plus prestigieux et des émoluments en conséquence). Généralement, donc, un équestre passera ainsi par des fonctions de préfet, d'abord de cohorte auxiliaire, puis de tribun angusticlave d'une légion ("à bande étroite", rappelant la distinction équestre sur une toge -qui a une bande rouge-, différente de celle des sénateurs, large, faisant donc à l'armée des tribuns dits "laticlaves") ou de préfet d'une cohorte milliaire, puis de préfet d'aile de cavalerie. 2 à 4 ans dans chaque poste, et il est prêt pour la très haute fonction publique, avec ou sans mandat militaire, ou pour retourner "dans le privé" (ce qui ne veut pas souvent dire "loin du politique", surtout à Rome). Mais bon, le topic est sur la baston, le "warfare": si on veut parler des sujets larges, y'a un topic sur l'armée romaine. Parce que là, les jobs militaires équestres, même si plus nombreux que les jobs militaires sénatoriaux, y'en a pas des milliers: 30 légions font 150 tribuns angusticlaves, environs 150 à 200 (grand max) cohortes auxilliaires font 150 à 200 préfets de ce rang, 30 à 60 cohortes milliaires et equitata font autant de préfets de ce rang, et 70 à 100 (grand max) ailes de cavalerie font autant de préfets de cavalerie. Soit en tout de 400 à environs 700 emplois, plus un volant de surnuméraires comme membres de staffs d'EM spécialement appointés et/ou choisis par un chef, des délégués chargés de commander/conseiller des unités alliées.... En tout cas, on est nettement en-dessous du millier.
  22. Il détaille pas mal le fonctionnement de la hiérarchie, celui des Etats-Majors (et de la façon dont le commandement fonctionne), et surtout la vision des soldats en action (ce qui lui est reproché, à savoir de trop décrire les batailles vues du sol, si bien qu'on comprend mal pourquoi elles sont gagnées ou perdues). Il digresse beaucoup, dans son récit historique, et quand il digresse, il analyse: c'est un homme très éduqué, et qui a fait un parcours militaire impressionnant à une époque mouvementée, en étant aux premières loges (entré tôt chez les Protectores Domestici -un corps de garde impériale et de formation de cadets pour les hauts grades-, il en a vu) de la prise de décision, des événements et du danger (notamment sa mission de reconnaissance profonde en Perse). Ses analyses et remarques sur la gestion de l'armée et son état sous Julien et Constance II sont précieuses pour la connaissance de l'armée romaine tardive (avec la Notitia Dignitatum et Végèce, ce sont les sources les plus précieuses en la matière).
  23. Comme du temps du service militaire, en somme, du moins tant qu'il a été ressenti comme plus que quelque chose de simplement obligatoire qu'on fait à 18-20 ans et qu'on oublie. Mais avec les mêmes limites: beaucoup (en fait la majorité de l'élite) n'y passaient que le temps minimum, même si ce temps était dans l'ensemble important (10 campagnes était le minimum requis avant de pouvoir prétendre à la questure et commencer sa carrière), s'ils parvenaient à gravir les marches du cursus honorum (malgré les renouvellements de poste tous les ans, suffit de faire le calcul entre le nombre de membres de grandes familles équestres sur 10 à 20 ans, et celui de postes à pourvoir sur la même durée, pour voir la différence.... La majorité des membres du Sénat sont et resteront des pedarii, cad des "backbenchers" autorisés à voter, mais pas à parler, et n'ayant aucune fonction à imperium). Pour ceux qui pouvaient parcourir ce cursus, au-delà de la questure (le stade "initiatique" minimal commun à tous), le temps passé à l'armée pouvait beaucoup varier, et ce qu'ils y faisaient aussi. De la même façon que nombre de tribuns non élus sont des stagiaires qui suivent l'armée en campagne, certains rattachés à une unité de cavalerie (rang équestre oblige, qu'ils aient un cheval public ou non), mais la plupart appartenant à un Etat Major, et que ces dits stagiaires peuvent aussi bien être utiles que des nuisances, ou juste des glandus, nombre de sénateurs romains ultérieurement se passent au maximum de jobs militaires, ou les délèguent à un légat (généralement un pote qu'ils font nommer pour s'en servir) quand ça fait partie de leurs attributions (une bonne partie des tafs, quand t'arrive au stade de la prêture, implique un aspect militaire).... Et évidemment, quand ils sont aux commandes, tous ne sont pas bons, très loin de là; intelligence et talent varient, évidemment, et le niveau d'éducation militaire n'étant pas harmonisé (par une école, des normes, des concours....), il varie aussi énormément, et l'objectif de tout équestre romain, c'est la fortune et le renom de sa famille et de sa personne. Les compétences pour atteindre ces buts sont souvent hors de la sphère militaire, voire interfèrent avec la bonne conduite des affaires militaires quand la personne a un commandement. L'exemple typique de cette situation peut être trouvé avec la suite de désastres qui a mis Rome au bord de l'effondrement dans le dernier quart du IIème siècle av JC, à savoir les guerres cimbriques. En moins de 15 ans, Rome a perdu plus de 120 000h dans un corps de citoyens mâles en âge de combattre et ayant le niveau de fortune requis qui devait en compter quelque chose comme à peine plus de 150 000 (plus environs 150 000 autres alors non éligibles parce que sans fortune ou propriété; les "capite censi" que Marius va intégrer), et ce essentiellement par l'incompétence, la vanité et l'avidité de chefs militaires représentatifs de leur classe et de ses querelles internes où l'intérêt personnel prend précédence sur tout. Il faudra l'exceptionnelle aventure de Marius, qui va littéralement entamer le processus de désagrégation de la République pour ce faire (il a pas inventé les problèmes, mais il leur a donné une nouvelle dimension, creusant les lignes de fracture.... Evidemment ses opposants aussi), pour remédier à la situation (5 fois consul d'affilée, une grave entorse à tous les principes romains sur le pouvoir personnel). Si la série de défaites romaines qui précède est impressionnante, il faut vraiment se pencher sur le cas d'Arausio, de ce qui la précède et de son déroulement pour voir la nullité déballer toutes ses couleurs... En grande partie en les personnes de Quintus Servilius Caepio et de Gnaeus Mallius Maximus. Bref, tout ça pour dire que l'implication des élites dans la chose militaire est à double tranchant, et qu'il peut être difficile de voir si le bilan en est globalement positif ou négatif par rapport à un autre système de sélection/promotion d'élites militaires. Les multiples histoires de soulèvements, séditions, rebellions ou tentatives de putsch, dans le dernier siècle de la République et pendant la période impériale sont par exemple à ajouter aux désastres susmentionnés comme raisons potentielles pour dire que c'est pas forcément une idée toujours géniale. Une des raisons pour lesquelles les élites sénatoriales sont écartées des fonctions militaires au IIIème siècle, c'est aussi que dans ces fonctions..... Ils coûtent TRES cher: leurs rémunérations sont exorbitantes, ce pourquoi l'habitude de promouvoir des militaires professionnels à l'ordre équestre (qui devinrent en fait souvent les empereurs du IIIème siècle très guerrier: Aurélien et Dioclétien, les deux hommes qui rétablissent la stabilité de l'Empire, en sont des exemples) a pu être prise, outre la méfiance du pouvoir.
  24. Sur la période tardive, tu oublies le pendant militaire de Végèce: Ammien Marcellin (lui un vrai pro). Ceci dit, comme tu le précises, les Romains codifiaient tout: s'ils étaient une chose avant tout, c'étaient des juristes. Chaque forme de l'armée, chaque procédure, chaque entraînement, chaque dotation, chaque élément de la chaîne de commandement, a été dûment codifiée à l'époque républicaine, régie par des lois et réglements votés au Sénat, et/ou dans d'autres assemblées (notamment par la Plèbe qui prend tant d'importance -conflictuelle par rapport au Sénat- à partir du IIème siècle av JC). Très peu de documents subsistent, et souvent de façon parcellaire, et ce qu'on peut par ailleurs trouver de leur contenu ne vient que de façon éparse et très indirecte, dans d'autres écrits. Je pourrais mentionner par exemple les réformes très importantes promulguées par Publius Rutilius Rufus (un ami et allié de Marius et un excellent militaire lui-même) lors de son consulat (105 av JC), dont on a pas mal d'éléments, et qui concernaient un changement majeur dans le système d'entraînement et un nouveau règlement concernant la discipline. Ces deux ensembles furent cruciaux pour généraliser le système que Marius, qui lui succède au consulat, va continuer à mettre en place (son précédent consulat, quoiqu'imposant des réfomes mal vécues sur l'armée, ne concernait que le corps expéditionnaire qu'il a emmené en Afrique dans la guerre jugurthine). La partie sur l'entraînement était en soi radicale puisqu'elle mettait un accent très fort sur la formation au combat épée/bouclier via des stages en école de gladiature (le principal terrain d'entraînement militaire à l'époque était à Capoue, qui était aussi le centre majeur de la gladiature) et l'engagement permanent de cadres de telles écoles pour la formation militaire (choquant puisque le statut des gladiateurs était "infâme", et qu'on leur attribuait le rang centurionnal de "campidoctor"). C'est pas que les légions se battaient mal à l'épée avant, ni qu'elles n'avaient pas d'excellents circuits de formation, mais il s'est agi de faire évoluer l'art individuel de l'épée (pour des unités romaines qui combattent avant tout en formations espacées) et surtout d'imposer un niveau de drill jamais vu avant, dans une armée qui avait franchi le cap d'une professionalisation de facto (déjà rampante depuis les premières conquêtes outre-mer, mais encore artificiellement créée par les allongements forcés de temps de service de citoyens ainsi bien baisés). La plupart des grandes familles avaient à chaque génération au moins un membre qui faisait une carrière très orientée de "vir militari", et tous étaient de toutes façons obligés de faire leur temps tout au long de leur vie (c'est le nombre de campagnes qui compte) s'ils voulaient avancer dans le cursus honorum (ce qui était essentiellement tout dans leur mentalité). Et les Romains écrivaient beaucoup: des écrits militaires de valeurs inégales fleurissaient en permanence dans la classe équestre, puis dans la classe sénatoriale quand elle fut créée et jusqu'à ce qu'elle soit écartée des affaires militaires, bien plus tard, au IIIème siècle (on attribue le fait à Gratien, mais il est douteux que ça se soit fait en une fois) au profit d'une classe militaire rattachée à la classe équestre, mais souvent faire d'hommes issus du rang pendant les soubresauts de la "crise du IIIème siècle" (effet corollaire et en partie néfaste de cette séparation des sénateurs/politiques de la fonction militaire: séparer beaucoup plus les penseurs stratégiques des praticiens tactiques). A partir des guerres puniques, particulièrement, l'élite romaine vit littéralement dans un bain de culture juridique, théologique, artistique et militaire. Penser qu'il n'y a pas de théorisation, de réflexion ou d'écriture sur le sujet est hors de propos. Sous l'Empire, cela a continué, même si beaucoup de précautions ont du être prises à certains moments, pour éviter de trop aborder les questions plus stratégiques, ou fiscales (liées au militaire), politiques.... Afin d'éviter d'avoir l'air de marcher sur les plates-bandes du patron, ou de le critiquer. Ca fait mauvais genre, et selon le patron, ça peut faire mal à la carrière (ou à plus). Et la formation des futurs officiers fut de ce fait longtemps une affaire TRES érudite: c'est juste qu'il n'y avait pas d'école militaire. Les fils de bonne famille avaient tous une éducation militaire plus ou moins développée, passant par les archives familiales (souvent jalousement gardées et secrètes) et celles des amis, la tutelle des bons soldats de la famille, celle de soldats ayant bossé pour la famille, et celle de professeurs spécialisés, généralement des esclaves tuteurs de haut standing (quasi inévitablement grecs). Ca et l'entraînement collectif des jeunes hommes sur le champ de Mars. Après ça, la carrière militaire passe par différents stades assimilables à des stages, avant de réellement commencer le cursus honorum avec le rang/grade de quaestor (à 30 ans, l'âge plancher). Entre 18 et 30 ans, le jeune romain de rang équestre continue sa formation théorique, et sert dans des unités, d'abord comme tribun militaire non élu (nommé/appointé par un magistrat ayant une armée, le choix se faisant généralement via les réseaux relationnels et obligations mutuelles), où il "fait ses classes" (on pourrait aussi bien l'appeler "cadet" ou "enseigne", les romains utilisant le terme de "conturbernales" ou "compagnon de tente", qui définit aussi les soldats de l'unité de base d'une centurie, la chambrée de 8) puis comme tribun militaire élu (tribunus militum). Même les tribuns non élus ont une fonction légale définie, donc des lois régissant leur travail, leur comportement, leur discipline....
  25. Le sentiment de supériorité raciale, de supériorité culturelle (la réduction au génome, aux "ancêtres" qu'on s'invente ou à la couleur de peau.... N'est pas la seule possibilité) ou autre (au final, il s'agit de percevoir le groupe ou méta-groupe auquel on appartient et/ou s'identifie comme "supérieur" par essence) est souvent lié à une situation d'avantage matériel (pourtant généralement limité dans le temps, même si ce temps peut être long par rapport à la longévité d'un individu) du groupe concerné. Même dans une société, les gens au sommet de la pyramide sociale sont prompts à s'inventer une façon ou une autre de supériorité intrinsèque expliquant de façon essentialiste leur réussite (jamais due en rien au hasard ou à l'environnement et la société dans laquelle ils sont: nan! C'est 100% eux) et/ou justifiant de la même manière leur position (parce que la majorité -plus ou moins large- d'une élite est le plus souvent née vers le haut de la dite pyramide), permettant par la suite d'anoblir leur quête de toujours plus de privilèges et signes distinctifs affirmant leur position (transcrite en notion -toujours très abstraite- de "supériorité"), mais aussi de toujours plus d'avantages matériels qu'ils sont par leur position plus à même d'accaparer. Pour le "peuple élu", un copain (juif) m'a dit un jour que son rabbin voyait la chose comme assimiler le peuple juif à la "maison témoin" de l'humanité: pas de qualité supérieure ou inférieure, juste l'échantillon représentatif à l'aune duquel Dieu jugera.
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