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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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[Union Européenne] nos projets, son futur
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Marechal_UE dans Politique etrangère / Relations internationales
Oui, c'est une chose qu'on voit beaucoup aux USA et ailleurs (mais les USA sont beaucoup plus obsessionnels sur les statistiques) où les mêmes arguments sont brandis contre les noirs, en faisant peu de cas de certains "détails", aussi mesurés, comme par exemple le fait qu'il est 7 fois plus probable qu'un noir soit arrêté qu'un blanc pour le même crime, qu'il est beaucoup plus probable qu'un noir soit contrôlé qu'un blanc, qu'un noir soit condamné plutôt qu'un blanc, pour le même chef d'accusation (et que le blanc soit bien mieux défendu, là où les avocats commis d'office -devenus une parodie de système- conseilleront systématiquement aux noirs un arrangement incluant de la prison et/ou une amende impayable qui elle-même entraînera un surplus de tracas judiciaires et de prison pour dette).... Et évidemment, dans la stratégie de la police, l'organisation même implique une surenchère de moyens et d'attention sur les quartiers "ethniques", avec un désengagement corollaire dans les quartiers blancs (y compris les quartiers blancs pauvres/working class), démultipliant le déséquilibre bien au-delà de ce qui peut être du simplement à un différentiel de richesse et de perspectives. Prophétie autoréalisatrice effectivement: on trouve le crime avant tout là où on veut le voir, et on l'oublie ou le minimise là où ça n'arrange pas. -
La méthode Trump exposée? Hier à Chicago, des affrontements assez graves se sont déroulés dans l'enceinte d'un meeting de la campagne Trump, avant l'arrivée du milliardaire. Des protestataires en nombre important, brandissant des bannières critiquant le candidat, ont été violemment confrontés par des activistes trumpistes, dans un schéma désormais familier dans ces meetings, mais à une échelle bien plus importante. L'événement a été annulé par la suite par un Donald Trump qui a invoqué le risque sécuritaire..... Evidemment, la bulle médiatico politique est en émoi, et à ce stade, les grandes figures n'ont pas encore pris parti même si ça ne saurait tarder, et ce alors même que la conversation tournait encore sur les précédentes violences ayant eu lieu dans des meetings de Trump. En apparence, rien de trop choquant quand on parle d'un candidat extrême qui a offensé beaucoup de monde et fait peur à pas mal de groupes. A ceci près que quelques faits ont pu être établis: - Donald Trump a dit et répété à l'antenne que la police de Chicago et la police du campus sur lequel se déroulait le meeting lui avaient conseillé d'annuler face au risque sécuritaire..... La police de Chicago, pas vraiment du style à aller parler en public (et prendre un risque juridique) à moins d'y être obligée, a démenti avoir donné un tel conseil, ne jugeant pas les violences suffisamment graves pour parler de risque de sécurité important. Plus amusant encore: la police de Chicago n'a pas eu de contact avec la campagne Trump pendant les événements. Pareil pour la police du campus. - selon des journalistes présents dans la salle, la moitié ou plus de l'audience n'était pas composée de militants trumpistes, mais de gens venus là pour le show et l'animation que la campagne du milliardaire semble avoir acquis la réputation de produire, dont une partie a envie de "participer" si ça devient chaud. - aucun candidat républicain n'a organisé de meeting politique dans le centre-ville de Chicago depuis les années 70: c'est essentiellement un "territoire hostile" qui percevrait l'événement comme une provocation.... Ce n'est évidemment pas une raison pour ne pas le faire (liberté d'expression et de circulation, toussa), mais c'est assez indicatif dans le contexte. - il y avait un faible contrôle à l'entrée de l'événement, là où généralement, pour ce genre de choses, on favorise justement les fans et militants. La rhétorique de Trump est à dessein provocante à l'égard de nombreux groupes humains aux USA, et vise à enflammer les passions des deux côtés d'une nouvelle barre dont Trump entend être l'incarnation. Cette barre est évidemment très, très à droite sur beaucoup de sujets, et la méthode utilisée repose sur un mélange de stigmatisation, de survalorisation du "bon" côté, de propos violents et très exagérés, d'accusations et d'invectives, souvent personnelles ou visant des groupes particuliers. Une telle méthode a nécessairement des conséquences, et certaines peuvent être condamnables, on l'entend bien, mais ça ne les rend pas moins inévitables, raison pour laquelle malgré la liberté d'expression, on attend un minimum d'autocensure et de sens des responsabilités chez les politiques, censés reposer sur un discours fondé en raison. Il semble bien que ce genre d'événements qui dégénèrent soient plus une nouvelle corde à l'arc du système d'autopromotion de Donald Trump que quelque chose de totalement spontané: les protestataires étaient bien réels et pas téléguidés, mais l'organisation de l'événement, et surtout, la réaction de la campagne Trump qui a suivi le "non meeting", semblent elles avoir suivi un schéma nettement moins naturel, le spin sur ce micro-événement ayant été trop important trop rapidement pour être totalement innocent, surtout quand on a la confirmation par la police de Chicago et la police du campus que le niveau de violence observé ne justifiait pas l'annulation. Un meeting à un endroit peu propice (moindre accès pour l'audience qu'il est censé rechercher) et peu conseillé pour un candidat républicain, des conditions rassemblées pour que les tempéraments soient échaudés, une foule plus diverse que ce qu'un meeting politique recherche (notamment des opposants en nombre, des chercheurs de merde, des gens voulant du "spectacle"....), une annonce d'annulation garantie d'enrager les militants pro-Trump, une réponse préprogrammée renvoyant la responsabilité sur la police (qui nie) et posant le candidat comme un homme responsable, et une journée électorale cruciale mardi prochain, alors même que Kasich a repris du champ et que la compétition s'équilibre un peu, Trump ayant du mal à nettement s'affirmer dans les Etats visés, notamment auprès de l'électorat plus franchement conservateur (Floride du sud et "Florida panhandle"....). Disons que voir un tel événement local devenir une conversation nationale à un tel moment où la différence se fait sur de petites choses a son utilité. De la violence et de sa manipulation comme outil politique....
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Oh la vache! Dans quel monde je me suis réveillé aujourd'hui: Jeffrey Sachs et Paul Krugman opposés, c'est normal, mais que ce soit le premier qui soutienne Sanders et le second Clinton.... Ca me donne des troubles digestifs et un problème d'oreille interne. Le haut est en bas, le bas est sur le côté, le dessus est derrière et les dessous sont portés par-dessus (et pas que pour Superman).... Bientôt, on va me dire que l'anti-trumpisme républicain va inciter à voter Clinton.
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Il n'a jamais été absent, ou disparu, et, tout comme le terme "liberal" ne veut pas du tout dire la même chose aux USA qu'en Europe, le terme "socialist" est assez différent là-bas de ce que nous pouvont comprendre ici. Pour la droite américaine, "socialist" et "communist" sont pour ainsi dire synonymes et sans réel contenu autre que de la pure insulte véhiculant essentiellement des préjugés anti-URSS, datant donc de la guerre froide (collectivisme extrême, dictature, volonté de conquérir le monde et de prendre les flingues des américains, volonté de bombardement nucléaire un peu partout, destruction de "l'American Way of Life" -note: pourquoi les "socialists" voudraient-ils faire ce dernier truc? Les Ricains l'ont très bien fait seuls-....). Plus généralement, Sanders utilise ce mot pour son pouvoir choquant: lui-même, quand on regarde son programme, est essentiellement un social-démocrate modéré, mais a décidé d'enfoncer le clou avec ce terme et ce qu'il porte aux USA pour se démarquer. En soi, il représente essentiellement les aspirations de la base démocrate et le programme de l'aile "liberal"/"progressive" du parti qui s'est un peu perdu à la fin des années 80 et s'est recomposé comme le Labour britannique l'a fait avec le blairisme, via un Clinton essentiellement de centre droit, et même pas si "liberal" sur le plan sociétal. La gauche américaine a ainsi été muselée pendant une bonne vingtaine d'années, mais n'a jamais réellement cessé d'exister dans le parti démocrate, y constituant une "majorité silencieuse" (proportion difficile à exactement définir) par électoralisme et par l'évolution du discours sur la scène publique (très moyennement représentatif) qui avait glissé nettement à droite, au moins sur les sujets économiques, mais aussi par l'évolution de la scène politique qui a vu le parti républicain aller toujours plus à droite et devenir de plus en plus intransigeant: plus modérés, les démocrates ont eu tendance à beaucoup plus jouer les adultes dans la salle en favorisant la gouvernance à tout prix, donc en recherchant le compromis à tout prix avec des républicains qui voyaient de moins en moins le compromis comme une bonne chose, et y étaient d'autant plus encouragés que les démocrates cédaient plus souvent, favorisant à outrance ce caractère croissant d'enfant gâté et de petite brute intransigeante qui se développait dans le GOP. Mais cette évolution politique/politicienne n'a pas changé les aspirations et idées d'une bonne partie des démocrates; elle les a juste mises sous silence contraint. Notons toutefois qu'un des caractères du mot "socialist" pour les Américains est une appellation assez large de tout programme collectif publiquement mandaté, là où nous comprenons plus le terme à l'aune d'un certain niveau de marxisme (même si purement théorique et lointain) eu égard à l'origine de notre parti socialiste. Ainsi, la Social Security, que nous pouvons considérer en France comme apolitique parce qu'assez consensuelle (et pas fondée dans le marxisme), est aux USA considérée comme du socialisme, même si beaucoup d'Américains qui en bénéficient et en sont partisans, essentiellement à droite, le nieront (pour ne pas penser qu'eux-mêmes sont "contaminés", ou "pro socialistes"). C'est une relation complexe entre les Américains au sens large et "le socialisme", qui inclue beaucoup d'hypocrisie et d'illusions.
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Ouais, mais aux USA, changer de religion, ça veut généralement dire qu'on va brailler "Jiiiiiizzzzuuuuuusssss" quelque part dans le Sud avec des excités évangélistes "born again" (avec qui on se met à militer contre l'avortement), ou qu'on devient scientologue en perdant joyeusement (si, si, ils vous disent très fort que vous êtes joyeux) le droit de contrôler son compte en banque...... Des trucs normaux, quoi. Changer de braquet à ce point, en revanche, en matière de chapelle économico-politique, c'est choquant (quoique depuis 2008, on a vu un mouvement d'anciens néolibéraux, néoclassiques, monétaristes, anti-Etatistes.... Devenir beaucoup plus keynésiens).
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!!!! Jeffrey Sachs est pro-Sanders??????!!!!!! Monsieur ConsensusdeWashington? Monsieur Allezquejetelibéralisetoutetpasdansledétail? On aura tout vu....
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Le Brésil, le géant de l'Amérique du Sud
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Déjà, on peut avoir une impression pas totalement infondée que les pays d'Europe de l'ouest sont lentement en train de se reféodaliser, représentant déjà, à des degrés divers mais pas trop éloignés, des exemples d'oligarchies en phase de consolidation, encore pour l'instant tempérées par une dose d'Etat de droit. Pour combien de temps, s'il n'y a pas de réaction sociale/démocratique? Ensuite, le Brésil, comme le Chili ou la Colombie, sont des oligarchies: leur développement s'est fait à partir d'une structure essentiellement féodale dans les faits, sans passage par une phase plus démocratique avec un vrai progressisme social, qui, en Europe, a pu arriver via des circonstances très particulières: être au centre de la révolution industrielle (elle-même permise par un set de circonstances très particulières et uniques à l'occident à ce moment) et cumuler un niveau de richesse, de développement et d'éducation énorme relatif à leur temps, conjugué à une période de forte recomposition politique impliquant des peuples plus conscients d'eux-mêmes en tant qu'entités nationales, par histoire et par nécessité (le fait d'être voisins, notamment, et concurrents, à une époque de guerre se massifiant, nécessitait le concours de la population selon divers modes). Ces changements ont ensuite pu évoluer vers plus de démocratie réelle (pas que théorique ou limitée à un certain nombre de droits), entre autres incarnée par le progrès social, une chose que l'on a pu retrouver même dans l'Allemagne non démocratique d'alors. Dans les pays d'Amérique du sud, la structure de pouvoir était déjà fermement établie (nationalement, et surtout localement), et ils étaient d'autant mieux contrôlés qu'ils étaient peu peuplés au regard de leurs territoires vastes et moins mis en valeur (beaucoup moins d'infrastructures, de connexions rapides entre les villes et foyers de peuplement, moins "d'intra-connexions" et de conscience nationale dans les populations), mais aussi moins imprégnés des idées politiques du temps (notamment via la religion, la moindre éducation, les mentalités conservatrices alliées aux structures de domination traditionnelles dans les campagnes) et moins imprégnables par le plus grand éloignement relatif entre des pays aux fonctionnements voisins (contrairement aux pays d'Europe de l'ouest, plus petits et proches les uns des autres, plus interconnectés et influencés les uns par les autres, à une vitesse plus élevée) où les expériences "libérales" étaient nettement plus réduites en termes d'audience, limitées aux grandes villes, et isolées les unes des autres. Comme le dit Shorrky, le Canada était déjà une entité démocratique et apaisée, un Etat de droit lentement créé à partir de la colonisation britannique, et qui plus est, comme la Norvège (un des rares Etats riches en ressources rentables au regard de sa population qui n'est PAS tombé dans la "malédiction du pétrole"), un pays qui est devenu un pays, un Etat stable, une société apaisée et une démocratie AVANT de découvrir qu'il avait des trucs cools en grande quantité dans son sous-sol. C'est mieux d'être une personne équilibrée (et cela comporte encore des risques) qu'une personne troublée quand une manne de pognon afflue, qui a souvent pour effet d'exacerber les problèmes et tendances existants, d'acheter de fausses solutions, plutôt que de guérir. Pour avoir pu faire récemment un examen relativement soutenu de la Colombie, je ne peux que me renforcer dans ces opinions: les apparences que nous appellerions "développées" (avec une part de snobisme et d'autocélébration exagérée et injustifiée) ne trompent pas le poids de la structure de pouvoir (politique, économique/financier, sociétal, culturel) quasi féodale du pays, qui ne change pas. Quand les positions sont établies si solidement depuis longtemps, de façon si inégale, les seuls en position de vraiment recueillir les fruits de la croissance, de l'innovation, de la découverte de ressources... Sont ceux qui sont déjà au sommet de la pyramide, à quelques exceptions près. Quand ce sommet est aussi interconnecté (milieux d'affaires et actionnaires/propriétaires du capital matériel et immatériel, cercles politiques et judiciaires, autorités sociétales/médiatiques -notamment l'Eglise, la presse-....), il est difficile de voir un espace de progression pour de nouvelles couches, de nouvelles élites, sauf quelques "disrupteurs" qui peuvent émerger ici et là, à titre individuel (et qui rejoignent vite le sérail en s'y intégrant): du coup, l'opposition ne peut être que violente (même au sein de l'Eglise, comme le montre la théologie de la libération, ou la pénétration du marxisme révolutionnaire comme alternative idéologique). Rappelons-nous que l'Europe, pour s'affranchir d'une bonne part de son passé féodal/oligarchique, a eu besoin d'une longue période continue de révolutions politiques et économiques (et dans des conditions bien plus favorables), et de disposer de surplus économiques dramatiquement élevés (relativement au monde de son époque) pour pouvoir développer sa particularité (pareil pour les USA, avec une violence politique moindre, sauf pour l'épisode de la guerre de Sécession). Les embryons de "classes moyennes" qui se sont créés en Amérique du Sud (et ailleurs) sont des conséquences de la structure de pouvoir existante: il y a besoin d'une certaine portion de population éduquée capable de production à haute valeur ajoutée, notamment pour favoriser le commerce international dans lequel les entités économiques sud-américaines ont pu graduellement se lancer. Savoir si ces classes moyennes seront suffisantes pour pouvoir faire germer plus, c'est justement une des questions qu'on voit se poser au Brésil. -
Stratégie(s) où placer le fil?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Fusilier dans Demandes d'articles
Fais comme moi: quand tu as un sujet vaste et générique, tu le fous dans la section histoire: étant donné que ce que tu sembles vouloir traiter risque de puiser de manière totalement atemporelle dans tout ce qui peut alimenter la réflexion, ça va avec. Faut juste trouver une problématique permettant d'encadrer le sujet et d'éviter trop de dispersion. Après tout, le passé commence la seconde d'avant la réflexion, et le futur n'est jamais que du passé en préparation, comme disait l'autre.... -
Ils ont eu beaucoup de retours négatifs après le dernier débat niveau cour de maternelle, avec insultes permanentes et comparaisons de tailles d'extrêmités: Cruz a pris quelques points en moins, Rubio beaucoup, et Kasich, qui avait joué l'adulte dans la pièce, est resté au même (bas) niveau, Trump gardant son score voire l'améliorant un peu, mais voyant une montée des opinions défavorables à son égard, déjà très élevées (il a le plus mauvais score en la matière, de loin), ce qui pose problème à l'approche d'une convention où même s'il est loin en tête, il n'aura pas forcément la majorité et devra donc négocier des délégués. Dans l'ensemble, quand le débat est transformé en tas de fange, personne ne peut tenir tête à Trump qui semble décidément un cochon bien à l'aise dans cette boue. Mais ça ne le sert que partiellement: ça n'a d'utiité que dans la mesure où ça lui permet de démolir de l'opposition, pas de gagner plus de soutien désormais. Ce qui l'avait servi dans la première phase de la campagne ne le sert plus aujourd'hui. Résultat: ce débat et son ton plus policé, même si le niveau reste juvénile et superficiel. A noter que selon tous les commentateurs, c'est quand même Trump qui s'en sort le mieux, semblant dicter le ton et le contenu de la conversation. Les autres candidats sont de fait bloqués: s'ils attaquent le Trump, ils déchaînent le Donald enragé, et dans ce genre d'altercations, le passé a prouvé qu'il est le mieux armé et que de telles engueulades et concours de bite leur font mal à eux, pas à lui. Mais s'ils n'attaquent pas, ils semblent passifs et effacés, donnant à la grande gueule l'air de dominer. Et personne n'a trouvé la recette pour une position intermédiaire permettant de le critiquer et de s'affirmer à ses dépends sans entraîner d'épisode de catch dans la boue qui ne profite qu'à lui.
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Houlà, j'étais nettement moins sérieux que ça dans le post auquel tu fais référence, calmons-nous. Je faisais juste un truc sur le ridicule trumpien, en ouvrant en mode uniquement second degré (pour mon premier paragraphe)..... J'aurais du faire plus attention à la formulation, apparemment quelque chose s'est largement perdu dans la transcription. My bad. Ceci dit, "un clown hypersensible mais relativement honnête"? C'est un escroc professionnel! Et un dont je cherche encore les "excellentes idées" dont tu parles, qui sont en fait assez difficiles à cerner vu qu'il n'a RIEN dit de précis au-delà de vagues déclarations souvent contradictoires, mélangeant allègrement des délires purs et simples à des appels mal déguisés aux plus bas instincts, avec, ici et là, quelques généralités et vérités certes souvent évitées par le discours politicien jusqu'ici dominant (et encore dominant chez la plupart des élus en place), mais qui n'en restent pas moins des constats simplistes et génériques que d'autres font sur un mode bien plus intelligent et pertinent.... Y compris Clinton, même si elle y a été graduellement astreinte par la poussée de la gauche des démocrates incarnée par Sanders. N'oublions pas non plus qu'on parle de la présidentielle américaine, pas de la française: le président américain est puissant, mais pas l'alpha et l'omega du système politique américain comme le président de la Vème république peut l'être. C'est une position dont l'action et les positions de principe dépendent beaucoup plus d'une dialectique permanente entre les pôles de pouvoir. Clinton présidente, quelles que soient ses vraies positions et préférences (si elle en a qui ne dépendent pas des sondages), serait un compromis de choses multiples, y compris l'état du parti démocrate, raison pour laquelle il est important que Sanders, Warren, Brown, Kucinich et d'autres parviennent à structurer et mobiliser nettement plus les "liberals" et "progressives" en quelque chose de plus cohérent, méchant et puissant, à l'instar (avec nettement plus de potentiel électoral, en plus) de ce qui s'est passé pour les ailes évangéliques et tea party du GOP, voire l'aile "national populiste" en devenir autour de Trump (quoique je doute franchement qu'il soit capable de ce genre de suivi et de travail de fourmi sur des années qui permet de créer ce genre de choses). Dernier point que je ferais ici: autant je ne suis pas fan de Mme Clinton ou de beaucoup de ses positions, ainsi que de ce qui peut la structurer et la soutenir en tant que figure politique (notamment le réseau relationnel incarné par la Fondation Clinton -entre autres-, l'abonnement étrangement lucratif aux discours rémunérés ou la relation avec les grandes banques), autant je refuse de simplifier un personnage, surtout un aussi puissant, en disant qu'elle est "corrompue jusqu'à la moëlle" ou "totalement dans la main de la partie parasite de la finance". C'est beaucoup trop simpliste et loin de la réalité: un politique, surtout un qui, comme elle, a pu bâtir un tel capital politique sur des décennies, n'est jamais "totalement dans la main" de qui que ce soit: d'abord et plus prosaïquement parce qu'elle a tellement de soutiens institutionnels (souvent très antagonistes entre eux) que le simple jeu de la concurrence et sa capacité à pouvoir en perdre quelques-uns (y'en a tellement) lui donnent une bonne marge de manoeuvre. Ensuite parce qu'elle a son propre capital politique -qui s'ajoute à celui encore énorme de son mari- dont une bonne partie ne dépend pas de ces financiers et autres grandes boîtes (image personnelle, soutiens de la société civile, surtout "non marchande", réseaux relationnels et accès, positions électorales acquises, statut, savoirs et savoirs-faires, équipes de travail établies tant pour la gouvernance que pour les campagnes, image, relations et statut hors des frontières....), et qui est au contraire ce qui la rend attractive et très rare (peu remplaçable) pour ces mêmes soutiens de grandes entreprises et banques. Elle peut négocier ses positions dans une mesure plus conséquente que d'autres, dire merde aux financiers dans une certaine mesure (variable suivant la situation) sans crainte de les perdre.... Parce qu'elle est un produit rare pour eux. C'est beaucoup plus dialectique et complexe que ce que ton affirmation postule. Je ne dis pas qu'elle est infondée non plus, attention, juste que c'est beaucoup moins catégorique. Ce que je craindrais plus, c'est ce qui s'est passé avec Obama: moins que les financiers puissent lui faire décider ce qu'ils veulent que le fait que ce soit leur mentalité sur la façon dont l'économie fonctionne qui continue à dominer les esprits dans les instances dirigeantes, comme une sorte de consensus de l'élite qui considère que le "bon sens" et le "réalisme" soient justement cette pensée unique qui est limitée aux "gens qui comptent", cad dans les faits, aux décideurs dans les capitales (politiques et hauts fonctionnaires, leaders d'opinion), alors que c'est précisément cette pensée unique qui s'est cassé la gueule il y a 8 ans, et qui s'est réinstallée depuis. Ainsi de l'entourage économie-finance d'Obama (mais pas que: le schéma se retrouve un peu partout dans la politique ricaine), uniquement fait d'ex de Wall Street qui n'ont rien oublié et rien appris (et avec qui même Janet Yellen, pourtant pas une communiste enragée, est plus souvent en désaccord qu'autre chose). Là, c'est en fait plus ce consensus tacite sur les bornes du débat économique qui m'inquiète (et on retrouve la même chose en Europe, particulièrement au niveau de Bruxelles où il n'y a qu'une vision économique, sans dialectique avec une autre). Et Clinton est effectivement en plein dedans, moins par "corruption" que par effet de mentalité partagée, d'ambiance dans laquelle tous baignent en permanence. Sur ce sujet, l'exemple de Sanders brandissant l'idée d'une assurance maladie universelle me semble un bon exemple: il est pointé du doigt comme délirant et irréaliste, tous oscillant plus entre une privatisation totale du système de santé (pour les plus enragés à droite) et une amélioration marginale de l'ACA, en refusant de voir l'éléphant dans la pièce que pointe Sanders, à savoir que quelles que soient les altérations qu'on peut apporter ici et là au système, on parlera toujours de 18% du PIB dépensés dans la santé contre 12-13% de moyenne dans les pays développés, pour une couverture dans l'ensemble minable et des effets sur la santé bien réels, qui font des Américains les moins bien couverts, les moins efficacement couverts, et les plus malades dans les populations comparables. Et pas par une marge négligeable. Mais Sanders est ridiculisé et son discours caricaturé, essentiellement par le biais de dire que ce qu'il propose est trop coûteux, et en présentant son plan de dépense comme un de NOUVELLES dépenses exclusivement (l'essentiel de ce qu'il ferait consistant plutôt en un transfert de dépenses existantes). Ce n'est qu'un exemple, mais c'est celui, révélateur, de la résistance (pour la plus grande partie, une résistance inconsciente) au changement qu'on trouve partout, par refus automatique de sortir des cadres étroits du paradigme politique dominant (vision managériale conjuguée à la peur du changement, l'étroitesse d'esprit, la pression de groupe/la peur de sortir du lot): c'est cette partie pavlovienne du conformisme qui m'inquiète beaucoup plus encore que la force plus ou moins grande de pression des entités qui ont un intérêt versé dans l'absence de changement, banques en tête. Parce que ça, surtout après ce que Sanders a démontré via sa collecte de fond, et que Sanders comme Trump ont montré par le refus du discours ambiant, ça peut encore être circonvenu dans une certaine mesure, et ce beaucoup plus dans l'état actuel de colère (durable) et de polarisation des richesses (durable aussi), conditions qui garantissent qu'il y aura désormais toujours un marché, sans doute de plus en plus dominant et porteur politiquement, pour envoyer Goldman Sachs se faire foutre. Mais il faut plus de politiques désireux de prendre cette porte, et capable de l'exploiter. Sanders et Trump ne sont que des précurseurs à cet égard, et j'avoue avoir aussi peur de pas mal de ceux qui pourraient leur emboîter le pas d'ici 2-3 cycles électoraux, surtout si rien ne change.
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Tu parles que Donald Trump appelle un chat un chat: d'abord, il invente 99% des chats dont il parle, mais surtout, il a été pris en flagrant délit de politiquement correct dans le dernier débat. Lors du (apparemment) très intéressant sujet sur la comparaison de tailles d'extrêmités de toutes sortes, il nomme les mains, mais ne nomme pas l'autre appendice dont il était question: quelle tapette! Sinon, on ne peut qu'admirer son culot et sa capacité à dire des trucs hallucinants sans même rougir (enfin sans être plus rougeaud qu'il ne l'est d'habitude) ou changer d'expression, avec le plus grand aplomb: à ce niveau là, "mentir" ou "baratiner" ne sont plus des mots adaptés, il faut quelque chose de nettement plus puissant pour qualifier la chose. En l'occurrence, suite à la très médiatisée sortie en service commandé de Mitt Romney (qui démontre en passant l'absence totale de compréhension et/ou de capacité de réaction de la direction du GOP.... Sérieusement? Romney comme arme offensive efficace?) sur le mensonge que représente le soi-disant génie de Trump en affaires, Trump a fait sa conférence de presse pour y répondre, ce qui pour lui est devenu l'équivalent 3D d'une twitter war: il répond à TOUT, tant il semble susceptible. Romney l'attaque sur le devenir des "Trump steaks", du "Trump wine", de "Trump Air", de "Trump magazine", du "Trump Fund" (fond d'investissement pour "l"élite" lancé..... Fin 2007), de "Trump Water" et de l'extrêmement controversée "Trump University" (essentiellement une arnaque massive qui a fait 7000 victimes, escroquées de plus de 50 à 60 000 dollars chacunes en moyenne: environs 40 millions au total).... Dans le monde réel, toutes ces entreprises, tous ces projets, ont lamentablement foiré (souvent très vite) et certains ont collé au cul de Trump via les tribunaux (comme c'est encore le cas pour la fausse université). Mais dans le monde de Donald (pas le canard, mais bien l'orange à perruque), ce ne sont que des grands succès dont il a amené des échantillons dans la dite conférence de presse (notamment une pile de steaks à côté de laquelle il se tenait, en proposant à l'audience pour 60 dollars la pièce -ou l'offrant au public en disant qu'ils valaient ça, je suis plus sûr), arguant qu'ils étaient encore tous d'actualité, en activité, se portant extrêmement bien et lui rapportant beaucoup ou rapportant beaucoup à ceux à qui il pouvait avoir vendu (extrêmement bien vendu, ça va sans dire: la preuve, il dit que c'est comme ça). Il est aisé de vérifier à quel point ces marques furent une collections de foirades parfois très coûteuses, souvent ridicules, mais toutes mortes et enterrées; le Daily Show s'est particulièrement lâché sur la chose, comme la plupart des comiques ayant un show télé, mais les journalistes n'ont pas trop insisté, voire ont ignoré la chose (et on s'étonne que les Américains s'informent plus sur les comedy shows que dans les journaux télé actuellement, l'esprit critique ayant migré des seconds vers les premiers). Ridiculement facile de vérifier, outrageusement simple de démolir Trump en quelques minutes d'antenne, oui.... Mais c'est précisément ce qui n'est pas fait, alors que, comme sur d'autres sujets, cela permet de démontrer que non seulement il n'est pas qualifié, et qu'il est ridicule (ce dont ses fans et électeurs se tapent), mais surtout qu'il franchit allègrement, massivement et souvent le pas qui sépare le bonimenteur politique du pur arnaqueur...... Mais c'est apparemment un bon arnaqueur, et la classe politique "installée" doit baver de jalousie devant sa capacité à mentir, à raconter des craques dont un pêcheur marseillais n'oserait même pas rêver, et à vendre de la merde couverte de sucre sous le nom de bonbon. Comme certains l'ont déjà dit dans la campagne, le seul précédent de Trump, c'est PT Barnum (le fondateur de la compagnie de cirque du même nom, un personnage haut en couleur).... Je le vois plutôt comme l'enfant caché de PT Barnum et Barry Goldwater, mais bon.... Bref, ça donne la nausée.... Heureusement, j'ai ma boîte de Trump Antiemetic; on m'a dit que c'était le meilleur médicament pour absolument tout, et qu'en plus il me rendrait riche.... Pour 500 euros la boîte de 10 cachets, j'ai de la chance.
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turquie La Turquie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de madmax dans Politique etrangère / Relations internationales
Et un autre un peu empêché (physiquement) , à qui on confiait la garde des donzelles.... Mais bon, quand on parle de ces choses là, c'est comme quand on parle du Moyen Age en s'y projetant (consciemment ou non): malgré la très faible chance statistique, on s'imagine toujours du bon côté des créneaux. Ou encore quand on parle de commerce international ou de succès entrepreneurial: on s'imagine toujours PDG, pas grouillot. Y'en a qui prennent ces fantasmes tellement au sérieux qu'ils en bâtissent une idéologie économique fondée sur ce fantasme: tout comme les féodalistes-wannabee pour le Moyen Age, on a ainsi les néolibéraux, voire autrichiens. C'est pas tellement une question de logique, de réalisme scientifique ou d'argumentation.... C'est une question d'esthétique intellectuelle et de fantasmes personnels.... Donc à côté de tels errements (surtout quand ça conditionne des opinions politiques), le fantasme du harem semble bien innocent.... Bonne journée internationale de la femme (avec retard) ceci dit . -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ca a repris la semaine dernière après une pause hivernale, et une 2ème saison a été commandée. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Une nouvelle série ambitieuse -et militaire, on va dire- vient de commencer: Of kings and prophets. Du "sword and sandals" fondé sur les Livres de Samuel, histoire de trouver un prétexte pour faire un Game of Thrones autour de l'histoire du roi David et de l'unification du premier royaume d'Israël.... Avec vraiment beaucoup d'acteurs anglais/ du commonwealth (comme toujours quand c'est tourné dans le Commonwealth: c'est leur loi). Les moyens sont là, ça saine beaucoup, ça n'a pas peur de la nudité à l'écran, et surtout pas de la violence et de l'ambiguité morale. Trop tôt encore pour jauger du niveau d'écriture (beaucoup d'éléments qui peuvent, avec le temps, se révéler bons.... Ou le début de grandes niaiseries), donc je réserve mon jugement et n'atteste pour l'instant que de la qualité visuelle de ce premier épisode qui remplit bien son rôle de teaser: il est bien monté, c'est pas ennuyeux, il y a de bons acteurs (notamment Ray Winstone en roi Saul.... Mais il est toujours bon: il a trop de présence pour ne pas porter une histoire) et ça se laisse voir sans effort, invitant à regarder la suite. -
[Les célébres SAS Britanniques]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Forces spéciales et clandestines
Le vocabulaire suadron/troop n'est pas, chez les britanniques, si étroitement lié spécifiquement à la cavalerie: le génie est aussi organisé en squadrons et troops, de même que les transmissions, le service de santé et la logistique, soient des armes autonomes pour lesquelles le vocabulaire squadron/troop semble avoir été le choix par défaut, peut-être un fait aussi arbitraire que voir chez nous les unités équivalentes avoir plus souvent opté pour un vocabulaire d'infanterie, avant d'en changer ou non. Rappelons pour la note que jadis, la cavalerie avait des compagnies (dont le regroupement tactique en bataille a pris le nom d'escadron à partir du XVIIème siècle, soit un équivalent de bataillon) avant que ce terme disparaisse (sous la Restauration), que le Train, jusqu'à une période récente, était organisé en compagnies avant de changer de vocabulaire. Pourquoi de tels changements ou de tels choix de termes, quand il n'y a aucune raison historique pour? Pourquoi l'arme aérienne a t-elle pris un mélange de vocabulaire naval et de cavalerie? C'est peut-être aussi con que le fait que la personne en position de décider au moment où le choix se faisait préférait le terme, le trouvait plus cool (la cavalerie a longtemps eu une image plus classe en occident et ailleurs, après tout). Pour ma part, je pense qu'on trouvera mille raisons et explications venant de mille sources différentes, pour ce genre de trucs.... Qui sont destinés à rester sans réponse. -
Il y en a qui en ont, d'autres pas beaucoup. De par son poste, le vice-président n'a pas vraiment de pouvoir, sauf à être la voix qui tranche au Sénat, dont il est par statut le Speaker, en cas de vote partagé, ce qui en soi n'est pas forcément négligeable. La différence entre un vice-président potiche et un vice-président qui pèse réside dans l'identité du personnage, donc en son poids politique personnel (celui qu'il a non par position, mais par lui-même: charisme, savoir-faire, carnet d'adresse, "capital politique" acquis, accès, capacité à rassembler des élus et/ou des électeurs, savoir....). Joe Biden a été un vice-président très actif parce que c'est un excellent politique, un très bon meneur de campagne, une figure importante sur la côte est, un personnage connu, respecté et très apprécié (dans la population et dans le milieu politico-médiatique, tous bords confondus) et un vieux routier du Parlement. Il a joué un grand rôle pendant ces 8 dernières années, tant sur la scène publique que dans les coulisses du Congrès (au Sénat particulièrement), ou plus simplement à la Maison Blanche où il a été de tous les meetings, participant à la plupart des décisions. De plus, souvent, le vice-président est vu comme un futur candidat à la présidence, et/ou quelqu'un qui aura un job important après la vice-présidence, ce qui accroît son influence, sa capacité à se faire écouter, à avoir accès à ce qu'il veut, à rassembler du monde sur son nom: simplement par anticipation. On emploie rarement des gens dont ce sera le dernier taf, ou des figures peu ou pas politiques qu'on remercie de cette façon, et on emploie surtout rarement des abrutis (même Dan Quayle et son QI d'huître était un poids lourd du GOP et pressenti comme le futur leader); il y a une raison pour laquelle une personne est choisie et pas une autre, une raison pour laquelle on parle bien de la 2ème place sur le ticket présidentiel. Le point est qu'on parle nettement plus de poids et d'influence que de pouvoir au sens le plus strict (ergo correspondant à des attributions formelles) pour la personne qui occupe cette position: on prend quelqu'un qui A poids, influence et savoir-faire, qui apporte quelque chose au président/candidat présidentiel, et qui ne le fait pas pour des raisons désintéressées, mais bien parce qu'il a des ambitions que cette position va servir. Cette personne est un très mauvais exemple:
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Une statistique issue du Mississipi qui illustre l'électorat trumpiste hier soir, dans ses motivations et caractéristiques électorales "primales". Le sondage (MSNBC) définit la proportion de gens s'identifiant ainsi qui votent Trump: - rejet en bloc de l'establishment et de tout ce qui s'y apparente: 67% - en colère avec Washington (pris comme un tout): 58% - se définissant comme modérés ou "liberals": 55% (!!!!!) - revenus inférieurs à 50 000 dollars/an: 51% Une chose semble donc sûre, au moins pour le Mississipi: Trump réussit plutôt mieux que Sanders à rallier les gens modestes et/ou en colère qui votent (ce dernier point étant la plus grande nuance à avoir, vu l'abstention, surtout dans le bas de la pyramide socio-économique, aux USA).
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Une dernière remarque sur Clinton, qui pose problème à nombre de commentateurs et à beaucoup d'électeurs démocrates: les Etats qu'elle emporte nettement sont les Etats du vieux sud, qui sont son bastion, celui qui lui permet de se créer une telle marge d'avance.... Mais ce sont aussi essentiellement des Etats qui ne voteront jamais démocrate pendant une générale (à moins pour certains d'entre eux d'une participation autrement plus importante que tout ce qui peut être prévisible.... Surtout avec une candidate qui, comme Clinton, ne fait pas radiner les foules), ce qui est un handicap dans une élection américaine qui, rappelons-le, n'est pas une élection directe: les Américains élisent des grands électeurs (un "electoral college") dans chaque Etat, qui éliront eux le président, et dans la quasi-totalité des Etats, le système d'élection de ces grands électeurs est un "winner takes all system", le Maine et le Nebraska étant plus nuancés, établissant une "proportionnelle à bonus" pour le vainqueur (un petit surplus d'électeurs pour le vainqueur, le reste étant à la proportionnelle entre les districts).
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Sinon, à un moment où la victoire de Clinton dans les primaires ne semble plus faire beaucoup de doutes, la question se pose quand à l'identité de son futur co-listier (ou de sa future co-listière), et plus Sander réussira à se maintenir dans la course et à empêcher l'ex-Première Dame d'obtenir des marges importantes hors du Vieux Sud, plus elle se posera dans les termes qui sont venus à dominer depuis maintenant un moment: la tendance "liberal" et "progressive" se fait entendre pendant ces primaires, et elle le fait lourdement, semblant par ailleurs la seule à attirer de nouveaux électeurs et à mobiliser la jeunesse côté démocrate. La dérive centre droit du parti semble donc désormais rencontrer un obstacle, comme en atteste le virage à gauche de la campagne Clinton depuis maintenant un bon moment, si bien que son image de faucon, voire de "blue dog" (les démocrates ayant pas mal d'opinions normalement plus présentes chez les républicains, notamment sur les armes à feu, la réglementation financière et les énergies fossiles), a de plus en plus besoin, malgré ses changements de positions, d'une garantie de gauche. Des noms se sont donc mis à circuler pour la 2nde place sur le ticket démocrate: Sanders lui-même (quoique le facteur de l'âge pour le président de rechange puisse jouer), Elizabeth Warren, et celui qui semble le mieux politiquement placé, Sherrod Brown, très populaire et très enraciné sénateur de l'Ohio (malgré l'évolution de cet Etat vers un plus grand conservatisme), classé comme l'un des parlementaires les plus "liberals" et proche de Sanders, qui a coché toutes les bonnes cases (voté contre la guerre en Irak, opposé aux grands accords de libre-échange, déconcentrer le secteur bancaire et réétablir une séparation façon Glass-Steagall), mais qui est nettement moins abrasif et antagoniste que Sanders, ayant un très bon bilan de législateur à son actif, et une forte réputation "d'arrangeur/accomodeur" au Congrès. Il a une forte crédibilité "working class", surtout dans la rust belt, venant d'un Etat très touché par la désindustrialisation. Détail plus important encore: c'est un excellent meneur de campagne et débatteur, ce que Clinton n'est apparemment pas: il a battu régulièrement toutes les anticipations dans l'Ohio face aux enragés conservateurs quand ils avaient le vent en poupe et un énorme avantage financier, et beaucoup le voient du coup comme nettement plus capable que Clinton de tenir la dragée haute à un troll comme Trump et à son style d'ignare (maxime du très conservateur William F Buckley: "ne jamais débattre avec un amateur"), parce que Brown sait être agressif et "mâle alpha" dans une situation de débat dur qui tourne à la foire d'empoigne. Détail additionnel qui compte aux USA: sa femme, Connie Schultz, est une journaliste de renom, mais aussi un personnage "politique" très efficace, excellente en campagne.
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Le problème des sondages dans l'Ohio et l'Illinois est qu'il s'agit d'Etats très importants électoralement, très peuplés et urbanisés, aux marchés audiovisuels vaste et très développés, et fonctionnant sur un système de primaires, pas de caucus (durs à évaluer, beaucoup plus sujets à des aléas individuels et circonstanciels); ça fait un tas de bonnes raisons pour que les sondages y soient beaucoup plus fréquents (ce qui permet de mieux suivre la tendance), nombreux (beaucoup d'institutions et médias concurrents en réalisent), fins (population mieux balisée et segmentée) et fiables que dans pas mal d'autres endroits. Donc si l'avance d'Hillary y est encore très nette à ce jour (à deux chiffres), le degré de fiabilité peut être considéré comme élevé. Maintenant, Sanders n'est pas à l'abri de scores très supérieurs à ce qui est attendu en fonction de deux impondérables: - la participation: si elle monte, c'est en sa faveur. Moins elle est élevée, plus il s'agit de l'électorat hardcore démocrate, qui penchera plus vers Clinton - "l'effet Bernie": il est encore en phase ascendante, parce que son principal problème a été et reste son défaut de notoriété établie et de confiance/connaissance/familiarité, et son manque de relais d'opinions, surtout de relais non médiatiques (associations, leaders locaux....), soit un retard qu'il corrige vite, mais en étant toujours très loin derrière Clinton qui bénéficie de la position acquise depuis 2 décennies, et d'un important capital médiatique acquis. Une variation brutale du vote vers Sanders dépend de la vitesse à laquelle il peut se faire connaître de l'électorat, pas seulement par des annonces, pubs et grands meetings, mais par le contact au sol. C'est un processus lourd, impliquant une densité de micro-déplacements énorme, alors que le timing est maintenant très serré (il faut assurer beaucoup de tels déplacements dans chaque Etat encore en jeu) et le temps disponible très limité. Sinon, pour l'arithmétique d'hier soir, dans l'ensemble, ce tour aura été plus favorable à Clinton; j'ai pas encore été regardé un compte sûr et exact (s'il est disponible à 100% vu la vitesse de décompte.... Très faible), mais la victoire de Sanders est serrée, tandis que celle de Clinton est très large. Le système dans les deux Etats implique une forte part proportionnelle par district électoral, avec un seuil minimum de 15%, donc quand un candidat n'a pas 15%, il;n'obtient rien et le vainqueur empoche tous les délégués du district (puisque dans cette élection, il n'y a plus que 2 candidats). Et dans le Mississippi, Sanders n'a pas passé les 15% dans une très large majorité de districts: une proportion écrasante des 36 délégués de l'Etat iront donc vers Clinton (l'estimation que j'avais vue était de 32 contre 4), alors que la différence dans le Michigan tournera autour de 10 délégués (130 pour l'Etat, sans doute environs 70 pour Sanders), donnant une soirée très favorable à Clinton, avec une petite trentaine de délégués d'avance. Selon ces chiffres approximatifs, ça placerait Sanders autour de 545 délégués "pledged" (élus et tenus à ce vote), et Clinton autour de 761, avec encore une inconnue pour les super-délégués de ces Etats qui se prononcent plus tard (le compte est actuellement à 22 pour Sanders et 431 pour Clinton), qui eux, peuvent changer d'avis (ce qui réduit potentiellement l'importance de la marge de Clinton, même si on suppute que la grande majorité de ceux qu'elle a dans sa fouille ne risquent pas de changer d'avis, sauf accident). La seule bonne nouvelle pour Sanders est que cette victoire a des chances de continuer à lui permettre de lever des fonds (son fundraising a été très supérieur à celui de Clinton en février, et semble continuer à bien se porter) et d'étendre encore sa base de financement (plus 5 millions de petits contributeurs avec encore beaucoup de réserve, un chiffre jamais vu, par une marge énorme), et de se faire voir comme ayant encore du chemin à faire avec du vent dans les voiles et de l'élan, contre le fatalisme faisant voir Clinton comme inévitable: il porte la voix de beaucoup de gens qui veulent se faire entendre. Un corollaire de cette bonne nouvelle est le timing: Hillary est à peu près au bout de la liste des Etats du Vieux Sud qui la favorisent grandement via leur importante population noire, majoritaire (ou pas loin) dans l'électorat des primaires démocrates. La lutte sera de toute façon moins déséquilibrée dorénavant, surtout si Sanders continue sa progression rapide chez les latinos.
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C'est très compliqué en général, vu qu'il y a des règles différentes dans chaque Etat, des nuances même dans la définition du système "winner takes all": le Michigan pour les Républicains, par exemple, est un Etat "winner takes all".... Seulement si un candidat emporte au moins 50% du vote. En-dessous de ce seuil (mais au-dessus de 15%), c'est une attribution proportionnelle. Mais je confirme le propos de Gally: le système "winner takes all" est exclusivement républicain: les démocrates ne fonctionnent que selon diverses modalités de proportionnelle, leur spécificité dans les primaires résidant dans les super-délégués (non élus) de divers types qui représentent le "garde fou" du parti contre des mouvements d'opinion conjoncturels trop prononcés, en même temps qu'un système peu démocratique de mainmise de l'establishment sur la décision des électeurs (avec 25% de super-délégués à la convention, on peut se dire que le problème réside plus dans la proportion que dans le principe). Au final, ce sont deux façons différentes de gérer des problèmes en partie similaires (favoriser un vainqueur net, notamment), nés de l'histoire et changeant régulièrement, surtout côté républicain où l'actuel système a été encore remanié en 2012.
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L'argument contre Keystone est devenu, avec le temps, un symbole: c'est pas tellement une opposition aux pipelines en général, ou même à CE pipeline en particulier, car on sait que les alternatives en termes de transport sont pourries: il suffit de voir le nombre d'accidents ferroviaires (plus d'un par mois) dans le transport de pétrole, qui sont aussi attribuables à la nullité des réglementations, au laxisme des contrôles (sous-financement volontaire des services d'inspection, qui s'inscrit dans le cadre général vertueusement appelé "dérégulation" et "moins d'Etat".... Tout comme ce qu'on avait constaté au moment de Deepwater Horizon).... Une logique qu'on retrouve dans l'exploitation pétrolière aux USA et dans le transport par pipelines aussi, ceci dit: les dégâts écologiques des puits, centrales de raffinage et pipelines sont constants et énormes, avec un coût économique et humain pour lequel beaucoup est fait.... Pour qu'il soit dur à évaluer. Non, Keystone est, par le hasard des circonstances, devenu une lutte symbolique: ça aurait pu être un autre pipeline ou un autre aspect du secteur pétrolier, mais ça a été celui-là. C'est lui qui a percé dans les médias, acquérant donc valeur d'enjeu politique. Le fait est que les arguments pertinents contre Keystone sont moins humains ou écologiques qu'économiques: c'est un grand exemple de "socialisme pour les riches/grandes entreprises", d'expropriations brutales (et à vil prix), de piétinement des droits spécifiques de certaines communautés (indiennes), de gaspillage de ressources publiques, et de fausse argumentation sur la pertinence économique du projet pour les USA, que ce soit en terme d'emplois ou de retombées diverses. Rappelons aussi que Keystone ne vise pas à l'approvisionnement énergétique américain: c'est un pur projet d'exportation, visant les terminaux portuaires texans pour écouler les schistes bitumineux canadiens. Le point de la lutte politique que ce pipeline était devenue résidait plus dans l'énormité de l'effort politique et économique pour les énergies fossiles, quel que soit le niveau de leur coût (financier, politique, écologique, humain), sans même un minimum de contrepartie (dans ce cas particulier) ou d'effort (en général) pour faire avancer le modèle énergétique américain vers plus d'équilibre avec d'autres sources, en favorisant entre autres la recherche et l'aménagement d'infrastructures diverses visant dans le moyen/long terme à faire baisser la part des dites énergies fossiles sans entraver le développement économique. La pure courte vue du "drill, baby drill", alliée à la relation incestueuse entre certaines élites politiques (majoritairement républicaines, mais pas du tout exclusivement) et les poids lourds du secteur des hydrocarbures, un schéma qu'on voit encore (dans les Rocheuses et les Apalaches) avec le charbon ("King coal" aux USA) dont on sait pourtant qu'il est un secteur condamné et que les coûts de toute sorte associés à son extraction dans le contexte actuel (dérégulation démentielle, subventions lourdes, mainmise locale des exploitants sur la politique, drames humains en pagaille....) en dépassent de loin les bénéfices (sauf pour les proprios d'exploitations et leurs potes élus locaux).
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Ajoute en plus: - expropriation de milliers de gens sur le chemin, dont le cas particuliers de plusieurs réserves indiennes (ayant un statut semi-souverain) via le très controversé dispositif "eminent domain", sorte de démarche "d'intérêt public" sous stéroïdes - plusieurs parcs nationaux/d'états et réserves naturelles sont traversés - le financement public est très important, "justifié" avec une argumentation spécieuse sur le nombre d'emplois créés, qui seraient en fait essentiellement au Texas, mais surtout, seraient dans la réalité très peu nombreux en termes d'emplois nets créés, surtout si on regarde ceux qui dureront plus que la faible durée de la construction - la viabilité économique de cet énorme investissement dépend des prix du pétrole (raison pour laquelle il est actuellement enterré.... Sans jeu de mots), soit un modèle économique douteux pour un investissement en partie public qui par ailleurs engage tant d'autres problématiques à fort coût politique et économique pour nombre d'entités et individus - encore plus grave: la retombée d'argent politique profite en très grande majorité à un parti plutôt qu'à l'autre: c'est inadmissible et contraire aux droits humains élémentaires et à toute définition de la décence Le Kansas est très peu peuplé au regard de sa superficie (Etat de petites villes et villages, avec de grandes distances), très conservateur en mentalité (forte inertie pour voter à droite), et extrêmement influencé par les frères Koch (c'est leur Etat de résidence, là où leur empire est centré) qui déterminent la direction du parti républicain local (pro-pétrole, pro-grandes entreprises, idéologiquement libertaro-conservateur, malgré l'opposition des républicains ruraux et conservationnistes, très nombreux voire majoritaires). Difficile de se faire entendre des instances qui décident en interne du parti dans de telles conditions, et encore plus d'y affirmer une majorité. Et au niveau du rapport citoyens-gouvernement, il y a de la grogne, il y a de la protestation, il y a des politiques locaux qui s'élèvent et désavouent Brownback, des efforts bipartisans pour circonvenir la majorité qu'il a et le soutien des frères Koch, mais ça prend du temps, c'est pas évident dans les conditions locales, et la crise y bat son plein, ce qui fait que l'attention se porte plutôt à en gérer les effets qu'à aller lancer des pierres sur sa cause (ça, ça vient généralement quand arrive une accalmie). Les prochaines élections (donc les générales de cet automne) devraient voir les choses changer, mais dans quelle mesure, c'est difficile à voir. Sinon, l'actualité démocrate avec un petit fait amusant sur l'arithmétique des délégués. Il va falloir à un des deux candidats démocrates 2383 délégués pour l'emporter à la convention nationale; à ce jour (et avant les primaires de ce soir), Clinton en a 1100, et Sanders 492. Les perspectives étant meilleures pour Clinton en général, on va dire quà ce stade, cette avance est sans appel, Sanders pouvant l'emporter dans un certain nombre d'Etats, et même quelques-uns conséquents, mais Clinton emportant quand même des délégués à peu près partout (je n'ai pas fait le compte, mais il y a très peu d'Etats "winner takes all"), avec une marge de différence en général trop limitée pour que Sanders comble son retard, surtout avec les super-délégués dans la balance. Et c'est là qu'arrive mes chiffres amusants: - sur les 492 délégués de Sanders, 470 sont des délégués "pledged", et 22 sont des super-délégués - sur les 1100 de Clinton, 669 sont des "pledged", et 431 des super-délégués On voit donc qu'en terme de délégués élus par le processus, la marge de Clinton est faible, en fait, l'essentiel de son avance résidant dans les délégués non élus, représentant en fait plus "l'establishment" et les réseaux politiques en place.
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Simple: - L'environnement compte peu à côté de ce qui détermine l'intégralité de son engagement en politique, et le seul motif de combat de sa vie: lui-même - il n'a pas le choix: Trump est sa seule planche de salut pour continuer à jouer en politique. Il est grillé dans le New Jersey (ne peut pas se représenter comme gouverneur: très impopulaire ET limitation du nombre de mandats), ne peut pas vraiment aller ailleurs (ça marche peu ou pas aux USA, à moins d'amener quelque chose d'autre sur la table, genre t'es un investisseur conséquent qui se réimplante et peut intégrer la vie politique d'un nouvel Etat.... Pas le cas de Christie), et il s'est plus ou moins barré la route d'une carrière dans les institutions nationales républicaines (où il était encore il y a peu)
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S'ils commencent à vouloir jouer à ça, chacun va pouvoir balancer sur la "pork barrel politics" de l'autre, soit la très vieille tradition politique consistant à voter faveurs, avantages, lois et subventions en tous genres aux groupes d'intérêts qui soutiennent votre carrière. Je crois pas qu'il y ait beaucoup d'élus à Washington qui n'aient pas de tels items dans leur bilan, qu'il s'agisse de tel ou tel secteur d'activité, de tel ou tel groupe d'intérêt ou de telle ou telle entreprise qui font avec eux le "tit for tat" devenu la règle (soit sponsoriser campagnes et carrières -y compris post mandat électoral- en échange de votes et activité en faveur du donneur), ou qu'il s'agisse plus traditionnellement encore de retour d'ascenseur vers des entreprises et groupes en tous genres dans l'état d'origine de l'élu, généralement sous la forme de projets et programmes fédéraux dans tous les domaines (grands travaux, bases et équipements militaires, programmes judiciaires, prisons, "briques" de grands programmes nationaux....). Parce que môssieur-Cruz-le-si-pur devrait regarder du côté de ses copains oligarques de la vente d'automobile au Texas (sans qui il n'y a pas de carrière républicaine dans cet Etat), ou de ses copains pétroliers, ou encore de ses grands copains évangélistes ultras (dont certains militent publiquement -et avec Cruz dans la salle- pour l'exécution de tous les homos du pays) qui font ses collectes de fonds (ou son propre père prédicateur aux business et à l'histoire fiscale et morale houleuses).... La liste est longue, et M. le sénateur n'a pas les mains plus propres que les autres. A porc boueux, porc boueux et demie. Ce à quoi Sanders a répondu fermement qu'il aurait voté pour si ce renflouement n'avait pas été juste un volet d'une plus vaste loi portant avant tout sur le renflouement de Wall Street; il a du réagir avec fermeté pour se faire entendre, ce qui, tactiquement, lui a valu des points dans le débat, mais a contribué plus globalement à laisser l'impression que c'était Clinton qui avait dirigé la soirée, dicté le ton et l'agenda, plaçant The Bern sur la défensive. Why is the rhum always gone? Comme le dit un désormais célèbre capitaine..... Réponse: parce que tu l'as bu! Je ne sais pas s'ils le peuvent techniquement, à moins d'une faute majeure de Trump (qui peut sans doute être provoquée), par exemple s'il acceptait publiquement le soutien de David Duke avec qui il a eu du mal la semaine dernière. Mais même là, le problème pour les républicains, au-delà de la possibilité technique ou non de l'exclure, c'est que Trump n'est, comme je l'ai dit plus haut, qu'un symptôme: la maladie est dans la scène politique actuelle, et particulièrement côté républicain. Dans la réalité de la politique interne du GOP, cela veut dire que si l'establishment du parti décidait quelque chose d'unilatéral contre Trump, ils risqueraient la guerre civile interne, voire une scission du parti, en l'état de l'importance du soutien à Trump et de son degré d'intensité qui révèle la colère d'une part très importante de leur électorat, varié mais dont la force principale reste les hommes blancs peu éduqués de la "working class", soit autour d'un bon tiers de l'électorat hardcore de la droite américaine. S'y ajoute une grande variété de profils divers représentant un total conséquent, mais aussi et surtout plusieurs millions de nouveaux électeurs/membres (3 millions en plus sur le seul SuperTuesday, sur un total de 8 millions de votants républicains ce jour là), même si la majorité de ces nouveaux correspond aussi au profil dominant. Et cet afflux d'électeurs, le GOP ne veut PAS le voir partir, ce qu'ils feraient si Trump était shunté ou viré, à moins qu'ils ne décident de foutre le feu à l'endroit, pour schématiser (la "guerre civile" dans le parti que j'évoque plus haut). Le fait est que Trump n'est pas parvenu seulement en tête de la course: il s'est bâti un poids politique dans le parti pendant cette course, par son seul poids médiatique. Savoir si ce poids est durable, maintenable/consolidable dans le temps, c'est autre chose, tout comme savoir si ces nouveaux entrants sont appelés à "devenir" républicains ou à rester "trumpistes", mais en attendant, ils sont là pour la fin de la course et pour la convention nationale, voire pour l'élection générale si Trump emporte la nomination, ça c'est sûr. Et ce poids politique dans le parti le rend difficilement circonvenable, ce pourquoi je pointais plus haut à quel point la nomination risque d'être sportive si Trump n'obtient pas la majorité nette, et à quel point une "brokered convention" sera une situation à haut risque. Les arrangements de maquignons en arrières salles, les marchandages de délégués entre des candidats se mettant ou non d'accord, avec Trump sans doute mis à l'écart des négociations précisément parce qu'elles se feraient pour le faire dégager (pour l'instant, c'est pas encore sûr: Cruz est littéralement détesté et pourrait avoir cette place, à moins qu'il ne se rende incontournable en nombre de délégués), sont des perspectives qui impliqueraient des réactions dures dans la masse des militants, voire carrément hostiles et violentes. Et le tout, quel que soit la direction obtenue, n'est pas bon pour l'image et le sérieux du parti dans l'opinion générale pour l'élection présidentielle elle-même, que les candidats parlent de la taille de leur pénis ou non.