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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Plus le temps passe, plus, malgré son omniprésence médiatique, on voit que Trump n'est pas si sûrement que ça le candidat inévitable des républicains; probablement le leader de la course, mais pas forcément le candidat, tant il semble bien que le parti se dirige vers une "brokered convention" pour la nomination. En effet, malgré son impressionnant palmarès en terme de primaires/caucuses remportés, son avance en terme de délégués (la seule arithmétique qui compte) est en fait assez étroite. A ce jour, voici l'état des scores à cet égard: - Trump: 392 - Cruz: 305 - Rubio: 153 - Kasich: 35 ( NOTES: - un candidat républicain a besoin de 1237 délégués pour emporter la nomination - tous les délégués ne sont pas "pledged"; ils peuvent changer d'avis plus tard, restant libres de par le règlement des primaires de certains Etats.... L'avance de Trump est donc sans doute moindre que ce que ces scores montrent) On notera un détail quasi religieux concernant l'actualité de kasich: son avenir dans la course semble se jouer avec son Etat de l'Ohio (dont il a été gouverneur et sénateur). S'il ne l'emporte pas, il a dit qu'il se retirerait. Mais outre les moyens qu'il a ou n'a pas de rester dans la course -cad du pognon-, on notera qu'il a besoin d'y gagner pour emporter les délégués de cet Etat, ce qui lui permettrait de se négocier lors de la convention, et même s'il restait dernier dans la course, sa grande faveur auprès de l'establishment et de la portion la moins déraisonnable du parti, de même que sa plus grande électabilité dans l'élection générale, pourraient le propulser à la nomination par arrangement avec les autres. Si Rubio perdait la Floride (comme ça risque sévèrement d'être le cas), son Etat, son avenir politique entier serait sans doute condamné, laissant Kasich (qui a plus de chances en Ohio que Rubio n'en a en Floride) avec des cartes en main dans une négociation. Mais pourquoi ai-je parlé de détail religieux? Parce que l'actualité se porte sur lui à l'occasion de deux événements simultanés qui portent le même nom de famille: Nancy Reagan est morte ce WE, et l'un de ses fils s'était quelques heures avant prononcé en faveur de Kasich. Ca semble rien du tout, mais en fait, dans la sphère républicaine, ça joue. Surtout dans un contexte où Trump et les comparaisons de pénis avec Rubio consomment tout l'oxygène dans la salle commune républicaine et une bonne partie de la scène médiatique. La mort de Nancy Reagan, c'est une pause qui va prendre l'attention républicaine (d'une partie des républicains, ne délirons pas trop) le temps d'un newscycle, pendant la semaine. Sera-ce suffisant? Sûrement pas, mais Kasich peut peut-être profiter du répit pour lancer une offensive médiatique. Quoiqu'il en soit, l'attention se porte particulièrement, autant pour Trump que pour Kasich et les autres, sur la Floride et l'Ohio: Kasich et Rubio y jouent leur survie politique, et Cruz comme Trump en ont vitalement besoin. Pourquoi ces Etats particulièrement (et quelques autres), dans la floppée qui vont voter incessamment? Parce qu'ils sont très peuplés, donc ont beaucoup de délégués à prendre, mais surtout.... Parce que ce sont des primaires "winner takes all": le candidat qui l'emporte rafle TOUS les délégués qui deviennent "pledged", c'est-à-dire qu'ils reçoivent un mandat impératif de vote pour le vainqueur de par l'élection. Point barre, pas de finasserie, pas de partage des délégués, pas de droit d'aller voter pour un autre à la convention. Dans le meilleur des cas possibles pour Trump (il gagne la Floride et l'Ohio), il lui faudra encore rafler 52% des délégués dans les Etats devant encore voter après le 15 pour obtenir la majorité, soit le score de 1237 délégués. Vu son avance, importante mais ne constituant pas une majorité, ce n'est donc pas forcément gagné. Et c'est tout le point, parce que cela renvoie à mon point du début: la "brokered convention" semble inévitable, et là, c'est "rien ne va plus": d'abord parce qu'à la fin, les marchandages peuvent créer un candidat faible, voir les nouveaux électeurs de Trump se barrer par dégoût, entraîner une révolte interne et une scission (et Trump revenir sur sa promesse de ne pas courir en indépendant).... Mais aussi parce que pas de majorité avant la convention veut dire 4 mois de plus de campagne entre républicains sur le ton qu'on a vu ces dernières semaines, soit quelque chose qui risque d'encore plus décrédibiliser le GOP . L'alternative, soit Trump emportant sa majorité ce mois-ci, et donc la nomination, n'est pas forcément plus alléchante pour un parti dont une proportion importante (si majorité Trump il y a, elle sera très courte) a pris le businessman clown en grippe, voire a contre lui un niveau d'hostilité radical.
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Pourront-ils encore faire rouler les réacteurs sur roues qui crèvent le mur du son sur le lac salé? A ce rythme, ça pourrait être une vraie question..... Pour les désastres écologiques et les délires irresponsables des grandes entreprises (seules ou en groupes) en la matière, on peut noter en ce moment le surcroît d'attention porté au cas du Michigan depuis que le scandale autour de l'approvisionnement en eau de la ville de Flint a commencé: le gouverneur Snyder se retrouve avec une foultitude de doigts pointés rien que sur le sujet de l'eau, et avec lui quantité d'autres gouverneurs et entreprises dans le reste du pays où des situations similaires existent depuis longtemps et continuent d'apparaître, ayant jusqu'ici existé dans un grand silence médiatique qui n'est que difficilement brisé, malgré les efforts de quelques journalistes (la plus notable étant Rachel Maddow, de MSNBC, qui a porté l'affaire de Flint sur la scène nationale) et d'associations dont la plus connue est celle menée par Erin Brockovitch (celle du film avec Julia Roberts). La dernière en date dans le Michigan est une entreprise pétrolière qui a réussi à faire passer il y a des mois la remise en service (sans même vraiment de travaux de réfection) de pipe lines datant de 1918 (toujours présents sur les actifs de la compagnie) pour faire passer du pétrole... Sachant que les dits tuyaux sont joints avec ceux de l'approvisionnement en eau de la zone désormais très habitée qui se trouve au-dessus.... Et dont accessoirement la nappe phréatique est aussi située à cet endroit. Comme le disent les ricains: "what could possibly go wrong"? Plus largement, dans le même Michigan surgissent un tas d'affaires révélant la réalité de la gouvernance de Snyder, jusqu'il y a peu un des "pressentis" pour une future candidature présidentielle républicaine: abandon total de l'éducation, essentiellement dans des secteurs à majorité noire (il y a des images des écoles publiques de Detroit qui font passer les écoles des coins paumés du Tiers Monde pour des palaces: champignons sur les murs, escaliers branlants, moisissure omniprésente, sols de gymnase qui font des vagues de 20cm de creux, structures branlantes....), malgré des "emergency managers" (comme celui placé à la tête de Flint) disant que la mission de reprise en main du secteur était conclue avec succès.... Mais aussi quantité de concessions de services publics à des entreprises privées (par définition plus efficace et moins cher.... Chuuut, c'est le credo) qui ont tourné au scandale, parfois avec des conséquences mortelles, comme l'indique l'exemple d'une résidence médicalisée pour vétérans âgés et/ou handicapés datant de la Guerre de Sécession, qui fonctionnait extrêmement bien jusqu'au passage de la prestation à une entreprise privée qui n'a pas vraiment réduit les coûts par autre chose que quelques kopecks, mais a en revanche fait de l'établissement un cauchemard pour ses pensionnaires (un est mort de l'incompétence du personnel.... Je mets un bémol, n'étant pas sûr de ce que j'ai lu: il a eu le cou brisé, mais l'article ne précisait pas qu'il était mort.... On peut ne pas mourir d'un cou brisé?). La gouvernance de pas mal d'Etats avec des républicains à leur tête commence à être ainsi pointée du doigt pour d'autres choses que les seules affaires qui parviennent à capter de temps en temps l'attention des médias, à savoir les problèmes sur l'accès légal et concret au vote, et les polémiques régulières sur tel ou tel aspect de la "guerre culturelle" (avortement, mariage gay, créationnisme, drapeau confédéré....): la multiplication des "lois ALEC" (cad les lois rédigées par ce lobby ultra-conservateur -acronyme ALEC-qui transcrit en langage légal les desideratas des grandes entreprises qui paient et des lobbies socio-culturels conservateurs) ne franchit toujours pas ce cap de la grande audience, mais en revanche, M. Snyder rejoint Sam Brownback (Kansas) et Bobby Jindal (Louisiane) dans une actualité qui a daigné examiner un peu la réalité de leurs bilans comme gouverneurs, eux qui s'étaient plus que d'autres posés en têtes d'affiches voulant démontrer la pertinence des idées républicaines appliquées au monde réel.... Le bilan de Snyder commence ainsi à être examiné, et s'annonce déjà gratiné, même si son cas révèlera surtout le coût économique, social et humain d'économies réalisées à tout prix pour établir un surplus budgétaire (actuellement de 2 ou 300 millions.... Face à un coût envisagé rien que pour réparer ce qui a été fait à Flint qui dépasse déjà le milliard: les économies de bouts de chandelles....). Mais ceux de Brownback et Jindal sont du délire pur et simple: le Kansas a ainsi du couper une grande part des services publics pour payer les baisses d'impôts voulues par le gouverneur, à commencer par l'éducation (2 à 3 mois de classe en moins dans l'année scolaire, sans préjuger de l'effet cumulatif et de la baisse de qualité -des prestations, des professeurs- imposée par ce fonctionnement), le tout sans parvenir à compenser l'abyssal déficit qu'il a créé (et sans surcroît d'activité qui pourtant, serait magiquement créée quand on baisse les impôts). Pour Jindal, c'est encore pire: la Louisiane est tout simplement en situation de banqueroute. Les impôts ont été réduits à un point où, depuis 3 ans, Jindal empilait les expédients pour faire une année de plus. Fermer des écoles et des hôpitaux, ça c'est connu, mais en être à vendre l'essentiel du parc automobile de l'Etat (note: ça inclue une part des parcs de la police de l'Etat, de la Garde Nationale, des gardes forestiers....), ça sonne désespéré. Le gouverneur élu l'été dernier en est encore à découvrir la réalité de la situation. Après le ridicule de sa candidature à la présidentielle, Jindal va s'en reprendre une couche. Notons que ça va être pour lui la seule façon d'avoir encore une actualité là où, il y a moins de 4 ans, il était le nouveau Golden Boy du GOP, celui qui disait "we must stop being the stupid party".
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Nope: elle a une extrêmement bonne presse dans cette communauté parce qu'elle est la femme de Bill Clinton (sobriquet: "le premier président noir des USA".... Certains disent encore qu'il reste, à ce jour, le seul), qui a y bâti une image très puissante, reste associé à pas mal de changements (ou au moins l'image de changements), et y dispose d'un gigantesque réseau relationnel et de relais d'opinion que Hillary a continué à maintenir et développer ensuite, quand elle était sénateur (vu qu'elle est en campagne présidentielle continue -de fait- depuis avant la fin du 2ème mandat de son mari).
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Oui, et le coût de la téléphonie a explosé, étant donné que par rapport au premier mandat Clinton, on a un tout nouveau produit devenu courant entre les mains.... Qui est essentiellement un PC qui tient dans la main. Evidemment, tout le monde n'a pas un smartphone, mais dans l'ensemble, la téléphonie portable (et ses à-côtés, notamment les forfaits changeants sans arrêt, et à renouveler plus souvent, la moins grande durabilité de l'objet....) est un surcoût structurel qui s'est imposé entre-temps comme une norme sociale et économique à laquelle il est difficile d'échapper. Tout comme Internet. D'autant plus qu'aux USA, les coûts de la téléphonie et d'internet sont élevés, le tout pour une prestation généralement de mauvaise qualité (ce qui pousse plus qu'ailleurs à prendre des contrats plus chers sans pour autant que ce soit génial). Plus que beaucoup d'autres coûts aussi aux USA: la santé fait mal. Elle est TRES chère (les prestations, et surtout les médocs), de qualité plutôt mauvaise pour la grande majorité des gens, et très incitative à la surconsommation sans beaucoup d'accès à l'information pour compenser (pas qu'elle manque: elle pêche par surabondance voulue et illisibilité). Ajoute le coût de l'immobilier urbain dans les bassins d'emploi qui comptent (et le coût de l'endettement qui va avec,, voire le coût de la finance en général: jusqu'à 2010, le coût des cartes bancaires était un scandale, une arnaque de grande ampleur, et l'amélioration depuis n'est que partielle), et tu peux commencer à mesurer l'impact qu'on eu les années 2000 sur la population américaine, dont la genèse remonte certes à Reagan, mais aussi en grande partie aux compromis de Clinton tant vantés par ailleurs, et dont seules la première période de croissance de l'économie numérique et la bulle immobilière et financière ont masqué les réelles conséquences..... Non pas que ça parle à beaucoup de monde: dans la population afro-américaine, Mme Clinton, comme on l'a vu ces dernières semaines, bénéficie encore largement de l'impression générale laissée par ces années qui, si elles n'ont pas fait progresser cette communauté (et lui ont même causé des problèmes majeurs dans leur versant sur le traitement de la criminalité), sont encore associées à un sentiment de grandes possibilités et d'avenir ouvert.... Qui a disparu depuis. Mais Hillary récolte encore ces vieux semis dans les Etats du sud (et le Michigan, qui est un Etat du Sud accidentellement placé au nord, comme disent les politologues américains).
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Cette dernière précision est bienvenue, car on ne peut comparer que ce qui est comparable: les années 70 sont le moment pivot où les femmes entrent en nombre sur le marché du travail là où, jusqu'aux années 60 environs (décennie de la première génération de femmes faisant massivement des études), la femme au foyer est encore la norme absolue. Et c'est à partir des années 80 que la majorité des foyers américains avec enfants ne peut plus vivre sur un seul salaire. Donc présenter les taux d'emplois sur une période remontant aux périodes précédant les années 70-80 est problématique, puisque ne reposant pas sur le même paradigme socio-économique. Il serait plus juste peut-être de pondérer ces observations génériques en incluant un compte par foyer (plutôt que par individu), mais aussi une mesure du niveau de vie autorisé par les emplois concernés (et donc la nature/le type d'emploi ainsi représentés, le caractère précaire/temporaire devant être mis en avant), et ce afin de mieux appréhender le concept général de "classe moyenne" (et ce que ça suppose en terme de niveau de vie, de capacité de voir venir, de perspectives pour les individus ET leurs enfants) auquel tous ces éléments dont nous parlons reviennent inévitablement, et sur lequel reposent la nuptialité et la natalité, le taux d'éducation, le taux d'endettement individuel, le niveau d'optimisme, la réalité de la politique d'immigration (ou de la non politique en la matière.... Qui laisse faire ce qu'on ne veut pas non plus voter).... Et ultimement, la stabilité sociale et politique. Mais ces observations faites, on peut quand même voir que le taux d'emploi est historiquement bas dans ce nouveau paradigme où femmes et hommes sont désormais intégrés comme un tout sur le marché du travail.
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Nettement moins inégalitaire tant que tu restais sur la population blanche qui, il est vrai à cette époque, représentait une telle proportion du pays que c'était la seule qui comptait vraiment lourdement en politique et dictait en grande partie la réalité statistique.... Mais si tu incluais les populations noires, latino et asiatiques, mais aussi les femmes, dans une perspective statistique plus fine des inégalités socio-économiques, tu aurais quand même un portrait moins unilatéral. Cependant, évidemment, le mouvement général de polarisation des richesses vers le sommet de la pyramide sociale, mais aussi en terme de concentration géographique du capital, depuis cette époque, est absolument spectaculaire. Après, tu fais bien de noter le versant psychologique de l'histoire: la croyance au rêve américain, ou, moins lyriquement, à la possibilité d'ascension sociale pour qui joue le jeu dans les règles, était encore bien vivace et dominante, à l'inverse d'aujourd'hui où le sentiment que le jeu est complètement truqué et plus que lourdement biaisé en faveur de l'élite, voire explicitement CONTRE le reste de la population (selon des modalités et à des degrés divers), est absolument dominant. Il y a quand même eu une vraie création nette d'emplois..... Les problèmes sont plutôt, dans ce tableau: - que cette création a été nettement insuffisante, une chose partiellement masquée, comme tu le pointes, par le nombre de sorties du marché du travail - la stagnation des revenus, qui persiste - la qualité des emplois créés: c'est ENFIN devenu un élément du discours politique courant, au moins dans une partie de la classe politique, mais il peut enfin être dit dans les médias que les emplois perdus sont pour beaucoup des "middle class jobs" et que ceux créés sont essentiellement des emplois précaires et/ou mal payés. La proportion de "bons" jobs (définition variant selon l'endroit aux USA, mais essentiellement liés au coût local de la vie et aux perspectives que le job offre.... Ou celles qu'il a de durer) est réduite, et renvoie à quantité de problèmes sur la faible aptitude qu'a une part énorme et croissante de la population à pouvoir planifier un peu sa vie quelques années à l'avance: plans de financement des retraites, des emprunts immobiliers, de l'assurance santé (dépendante de l'employeur, impliquant des conséquences massives sur le niveau et le coût de la santé aux USA) et des études des enfants. - des détails comme ce qui avait été mentionné dans un autre sujet, à savoir que même cette masse d'emplois partiels/précaires créée implique un petit faussement de la comptabilité nationale, étant donné que les USA chiffreraient avant tout le nombre d'emplois créés, pas le nombre de personnes embauchées, sachant que beaucoup de ces jobs sont cumulés par pas mal de gens forcés d'en avoir plusieurs. Je ne sais pas dans quelle mesure, si c'est vraiment le cas, ça fausse les statistiques, mais ça doit jouer. - le fait est qu'il n'y a pas tant d'investissement que ça, dans l'ensemble, si on déduit du montant officiel de l'investissement des choses comme les transactions sur l'immobilier existant, les achats de bons du Trésor et de dette privée et, en général, une bonne partie des mouvements de capitaux de court terme. L'investissement réel, au sens où on voudrait l'entendre, n'est pas si génial. Et ce encore plus si on enlève la dernière bulle en date, celle du pétrole et du gaz de schiste, qui commence à se dégonfler après 6-7 ans de gabegie. - dernier point: l'extrême faiblesse de l'investissement en infrastructure, tant au niveau national que dans chaque Etat, pose de sérieux problèmes de perspectives/opportunités d'activité et d'emploi, et ce encore plus quand on regarde l'état actuel de l'infrastructure américaine. L'apathie politique est extrêmement forte aux USA, tout comme l'inertie (la proportion de l'électorat qui va continuer à voter selon ses habitudes et pour le type de politicien qu'elle connaît), même si ça peut sembler moins vrai pour le cas particulier de l'élection présidentielle (annonciatrice de futures tendances?). Sanders n'a pour l'instant pas réussi à suffisamment vaincre cette apathie en mobilisant assez de nouveaux électeurs; il faudra voir s'il arrive à transformer sa candidature en mouvement permanent et d'importance, mais ça c'est pour le futur. Ceci dit l'élection de Clinton à la présidence est tout sauf sûre, même contre un candidat républicain ridicule: un des effets d'une telle élection (Clinton la peu enthousiasmante contre une caricature républicaine) pourrait par exemple être une faible participation, qui rendrait toutes ses chances à la droite. Rappelons que les victoires de Clinton dans les Etats du sud se sont faites avec un électorat noir certes très favorable à Mme Bill Clinton..... Mais avec une participation en berne (pas en Bernie, ça on l'a constaté), y compris chez les afro-ricains. Le surcroît de participation démocrate, même s'il est loin de l'effet Obama, n'a pour l'instant été du qu'à Sanders. Et même si Clinton est élue, et même si elle est pressée par une "nouvelle gauche" animée par Bernie Sanders et Elizabeth Warren (plus Tulsi Gabbard si elle se lance réellement dans l'aventure), la politique restera largement bloquée par une Chambre républicaine (ça c'est garanti) et un Sénat du coup assez impuissant même s'il repasse à gauche (encore pas sûr), et sans doute pas trop peuplé par les éléments les plus à gauche des démocrates. Donc un relatif immobilisme et des progrès au mieux minimes sont la perspective la plus probable. Ce qui, comme toi, me fait craindre -et aussi parce que c'est fondamentalement le genre de scénario qu'on voit poindre en Europe- non ceux que les médias appellent aujourd'hui des démagogues/populistes (comme Sanders, voire même Trump), mais ceux qui viendront APRES eux, quand, dans un ou deux mandats, la situation n'aura pas vraiment changé, laissant les actuelles dynamiques socio-économiques continuer sur leur lancée. S'il y en a que les programmes de Sanders font paniquer, ils devraient essayer de voir le genre de personnes qui vont devenir populaires si on ne l'écoute pas un peu.
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Oui et non: faut pas oublier que Trump est encore plus détesté qu'il n'est adulé dans la vaste coalition d'électorats très différents que constituent les partis républicains, et le grand agglomérat national qu'on appelle "le parti républicain" par commodité. Trump divise. C'est un point que beaucoup de commentateurs de tous bords avancent depuis le SuperTuesday, à savoir que ce jour et ceux qui l'ont suivi représentent peut-être un des moments les plus charnière de la politique américaine depuis au moins 2 générations: il y a peut-être beaucoup d'exagération médiatique là-dedans, ou plus simplement un manque de recul et de connaissance de la suite, mais ce n'est pas non plus sans fondement, car les républicains dans leur mouture actuelle sont réellement au bord de l'explosion en tant que coalition, beaucoup des éléments qui les composent étant arrivés à un point d'incompatibilité extrême, et Donald Trump n'a été qu'un symptôme, l'étincelle qui a allumé une mèche déjà présente menant à un baril de poudre existant depuis longtemps. De fait, le candidat ayant largement emporté le SuperTesday a été publiquement désavoué et attaqué par tous les ex-candidats républicains à la présidentielle, par le Speaker de la Chambre (le républicain le plus puissant du pays, et le 2ème personnage le plus puissant des USA -le 1er quand on parle de politique intérieure) et par l'essentiel des chefs de file du parti. Les opinions et préférences ont le droit de s'exprimer, et lors d'une campagne, elles le font de manière plus directe, voire extrêmement antagoniste, mais en arriver à ce niveau, c'est du jamais vu, ce qui en dit beaucoup sur ce qui est dit, décidé et pensé hors du champ des caméras. Surtout qu'on en au point où tous ces personnages menant les différentes branches de la scène politique républicaine/conservatrice (deux mots aujourd'hui synonymes, ce qui n'avait jamais été le cas avant et est un des symptômes du problème républicain), avancent publiquement des plans pour une "brokered convention" ou "contested convention", c'est-à-dire que, par une voie ou une autre, les républicains de poids discutent ouvertement des meilleurs moyens d'aller contre le verdict des urnes du parti (en cas de non majorité absolue pour Trump) pour faire nommer un autre candidat, par arrangement d'arrière-boutique (l'expression aux USA est "in smoke filled backrooms"; "dans des arrières-salles enfumées"), voire par l'imposition de candidats de dernière minute n'ayant pas fait campagne mais bénéficiant d'un effet médiatique massif réalisé au dernier moment, pendant la convention elle-même (la dépense serait considérable, l'effort maximal), auprès des délégués (Romney a démenti in extremis cette semaine qu'il pourrait être ce gars là..... Mais on sait ce que vaut son avis sur un sujet..... Ca change vite; cependant, Paul Ryan semblerait le mieux placé). Au cas où Trump, même s'il menait largement la course, n'obtenait pas la majorité des voix, c'est ce qui risquerait de se passer, et c'est bien ce sur quoi comptent les élites républicaines aussi bien que les autres candidats encore dans la course, qui du coup ne risquent pas de la lâcher tant qu'ils ont du fric pour continuer (particulièrement Rubio qui, s'il n'était pas soutenu par l'establishment du parti, ne parviendrait plus à récolter un kopeck), ayant cet espoir de faire partie des négos de maquignon qui risqueraient d'arriver dans un tel scénario. On négocie la place sur le ticket pour être vice-président, un poste à la Cour Suprême (il se dit que Ted Cruz serait pas contre), une place préférentielle dans telle ou telle course... Si on ne peut pas être mis en tête de liste. Comment se peut-ce? Une fois à la Convention, ce sont les délégués qui comptent, et l'emprise que leur candidat de choix a sur eux, qui varie selon son aura personnelle, le cadre réglementaire les contraignant (varie dans chaque Etat: on a des délégués contraints par le scrutin les ayant nommé, d'autres non) et les circonstances politiques de la convention. La dernière fois qu'un candidat a été imposé de cette façon dans des circonstances comparables, c'était en 1968, à la Convention Nationale.... Démocrate. Le vice président Hubert Humphrey a été imposé à la dernière minute (par Johnson, qui ne se représentait pas) contre Eugene McCarthy et George McGovern, les candidats les plus populaires (après l'assassinat de Bobby Kennedy) sortis du processus des primaires. Le résultat fut spectaculaire: scandale dans le parti, divisions extrêmes, chute de la participation côté démocrate, émeutes dans les rues de Chicago déclenchant une répression par la police (qui braqua l'opinion américaine en faveur de l'ordre), Nixon élu dans un fauteuil, et avant cela, dans la convention elle-même, des émeutes et des attaques physiques sur tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un cacique du parti. C'est face à cette réaction que le parti démocrate a mis en place l'actuel système des primaires/caucuses où le vote populaire a un vrai poids (même si sérieusement pondéré par les super délégués de divers types et le poids de la structure du parti et des "political machines"); jusqu'à cette convention de Chicago en 68, le vote était surtout pour le show.
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énergie La production d'hydrocarbures
Tancrède a répondu à un(e) sujet de nemo dans Economie et défense
Et il ne faut pas oublier que le secteur du pétrole et du gaz de schiste américain est monstrueusement endetté: c'est la dernière bulle en date, qui repose sur une frénésie d'emprunts sur les 6-7 dernière années (j'avais vu des montants tournant autour de 5,4 trillions, mais faut que je retrouve les articles), dont une bonne partie n'étaient justifiés que par l'euphorie et l'effet moutonnier alliés aux perspectives soi-disant de long terme, si bien que beaucoup des exploitants en question surnageaient à peine, se fondant sur les mêmes logiques que le secteur immobilier ricain pré-2008, ou le secteur de la construction chinois de ces 6-7 dernières années. Quand on parle de restructuration du secteur, c'est aussi de cet angle qu'il faut parler. -
Politique étrangère du Royaume-Uni
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Berezech dans Politique etrangère / Relations internationales
Hé, l'hospitalité française, la qualité, les produits AOC, la french touch, toussa.... Ca a un coût.... De même que la déception des étrangers en visite (légale ou non) en France quand ils voient la réalité du service. Je t'assure qu'il y a aussi des pucelles en Angleterre (parfois difficile à croire quand tu vas dans un pub et observe les jeunes filles "à l'oeuvre"), surtout dans leur Parlement, et sur certains sujets où les cris sont très aigus quand on les aborde sous le bon angle.... Ce qui renvoie à une vieille question anthropologico-psychologico-culturelle: -
Politique étrangère du Royaume-Uni
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Berezech dans Politique etrangère / Relations internationales
A un moment ou à un autre, ça finit toujours par se compter en ressources, argent ou autre. Et tant qu'à faire, dans ce cas, le lien de cause à effet est assez direct: les Rosbifs (anti-UE et pro-UE compris) ont passé des années à nous traiter (et par nous, plus largement, l'UE -au sens de l'organisation elle-même et/ou de "ces cons de continentaux", au gré de la façon dont leur démagogie fonctionne -chacun la sienne après tout) d'incapables gérant mal l'immigration et les urgences (comme si eux faisaient mieux.... On attend toujours de voir), nos dirigeants pour une fois répondent avec un avertissement simple -on va vous montrer ce qui se passe quand on arrête de surveiller la frontière-, et les Rosbifs poussent un grand cri de pucelle et mettent la main au porte-monnaie.... Pas besoin d'aller chercher l'ex-grand amour de Renaud comme référence pour se marrer de voir les lois de la physique à l'oeuvre: action et réaction.... C'est beau la science! -
énergie La production d'hydrocarbures
Tancrède a répondu à un(e) sujet de nemo dans Economie et défense
Ne vont-ils pas devoir faire plus que geler leurs productions (surtout au niveau de janvier, dans le cas russe, soit un mois d'hiver), étant donné que le niveau actuel est de fait un niveau de sur-production, que les stocks sont au plus haut, et que la demande est en berne, et assez plate, voire déclinante, pour l'horizon visible? Si en plus l'Iran (et quelques autres acteurs) ne jouent pas le jeu, je vois pas comment le prix pourrait remonter sensiblement pour autre chose qu'un court moment du à l'effet d'annonce. -
Politique étrangère du Royaume-Uni
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Berezech dans Politique etrangère / Relations internationales
En attendant, ça leur a fait cracher 22 millions pour Calais, donc pas si mal comme parlotte: environs 3666 euros par migrant (je garde 6000 migrants comme référence), contre autour de 1000 que la Turquie a réussi à faire raquer à Bruxelles (2 milliards pour un problème d'environs 2 millions de migrants/réfugiés).... On n'est pas si mauvais, au fond !!!! -
Un petit chiffre intéressant sur le SuperTuesday et Donald Trump (et non, on ne parlera pas comme Rubio de la taille des mains de Trump, et de ce que ça suppose pour la taille d'autre chose): "l'effet Trump" mesuré sur le SuperTuesday, c'est 3,3 millions d'électeurs républicains (pour beaucoup, sinon la plupart, des nouveaux inscrits) en plus par rapport à 2008 (depuis 2008, ça avait plutôt baissé), pour un total de 8,3 millions. Côté démocrate, c'est étrangement l'effet inverse: 8,2 millions en 2008 avec l'effet Obama, et 5,5 millions cette année (ce qui est un bon niveau historiquement, même un très bon). Ce n'est pas entièrement révélateur de la situation des autres Etats, attention: des Etats où un candidat, surtout un "motivant" a un peu de temps pour faire campagne et travailler au sol ont des niveaux de participation parfois beaucoup plus élevé que ceux du SuperTuesday où le candidat est "dilué" dans beaucoup d'endroits en très peu de temps, ce qui en fait favorise les candidats plus "médiatiques" et avec une image déjà forte et établie, que ceux qui réussissent mieux au contact acharné au sol, soit une bonne configuration pour Trump et Clinton, et une moins bonne pour Sanders qui n'a pas vraiment été le chouchou des médias. Bref, Sanders n'a pas eu le temps d'accroître son "effet", et son shuntage médiatique (qui continue encore partiellement aujourd'hui) l'a aussi beaucoup handicapé. Néanmoins, le chiffre de Trump parle fort: la direction du GOP se félicite de cette affluence tout comme elle se félicitait de l'audimat des débats, tout en niant que ce soit exclusivement ou même particulièrement lié à Trump (alors que ça c'est plutôt beaucoup vu quand il a shunté des débats et divisé l'audience de moitié ce faisant). Certains parlent en fait d'une OPA de Trump sur un GOP qui changerait complètement de nature dans un futur proche; c'est peut-être un peu exagéré, mais si on parle bien d'une telle proportion de nouveaux entrants dans le parti qui viendraient pour Trump ET resteraient à l'avenir, avec une part conséquente d'entre eux s'impliquant dans la vie du parti, alors oui, ce sera le cas. Il pourra remercier les médias, au lieu de les insulter: aucun candidat n'a jamais eu une telle couverture continue depuis le début de sa campagne, sans que rien ne la justifie pendant très longtemps; les commentateurs qui dézinguent sa vacuité et sa vulgarité, et déplorent sa popularité, feraient bien de se regarder en face dans un miroir au lieu de se plaindre ou de pointer la connerie des électeurs du doigt. Ce sont eux et exclusivement eux qui lui ont donné une tribune permanente et gratuite, ainsi qu'un ordre de priorité absolu dans le temps d'attention américain depuis 8 mois. Et ça juste pour l'audience, en aucun cas parce que c'était demandé par "le public", ou justifié par l'évolution de la campagne: ils ont créé la demande, ou plutôt l'ont rendue massive, et se sont gobergés dans le combat de chien qu'ils condamnent ensuite vertueusement. Evidemment, l'establishment du GOP a aussi sa part de faute, puisqu'il a tout fait pour ouvrir la voie à un créneau populiste désireux de les renverser à n'importe quel prix. EDIT: une note inattendue et quelque part amusante et dérangeante.... Louis Farrakhan, leader du groupe Nation of Islam (suprémacistes noirs musulmans), a déclaré son soutien pour Donald Trump, alors que les talk shows sont encore sur la polémique du soutien (refusé, nié ET accepté, Trump-Style) de l'ex-dignitaire du KKK et suprémaciste blanc David Duke.... On sait que les groupes de suprémacistes s'entendent en fait bien entre eux, étant d'accord pour dire que leurs objectifs ultimes sont des nations séparées et exclusivistes.... Mais le voir comme ça, ça fait juste rire et gasper en même temps. Pour la note, le point fort de l'argument de Farrakhan en faveur de Trump fut: "c'est le seul candidat à s'être tenu devant la communauté juive et a dit qu'il ne voulait pas de leur argent"..... Edifiant. Mais il n'a rien dit sur la position de Trump sur l'Islam.
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Holà, holà! Attention avec Scarborough: il a du feeling en politique intérieure, mais c'est juste une grande gueule sans beaucoup de cervelle, qui se prend TRES au sérieux et généralement continue à exister à l'écran parce qu'il coupe la parole de tout le monde et empêche qui n'est pas d'accord avec lui de finir même une phrase (il parle fort, il martèle des idioties simplistes et il a de la présence, c'est tout: question arguments, il est plus que léger). C'est le roi des fausses équivalences gauche-droite: il invente une "extrême gauche" américaine pour faire du "strawman argument" et dépeindre l'actuelle droite dure et extrême américaine comme ayant un équivalent, ce qui n'est pas le cas: je cherche encore les enragés écolo-collectivisto-pacifistes à gauche qui feraient pendant à ce qui est aujourd'hui assez mainstream dans la droite américaine, sans même parler du Tea Party, des néocons, de la droite religieuse.... Y'a juste pas de point d'équilibre au centre qui soit représentatif de là où en est l'Amérique. Pour illustrer, c'est le type même de gars qui t'argumenterait avec le plus grand aplomb et une parfaite conviction que l'intelligent design, ou carrément le créationnisme pur et dur, sont des postulats parfaitement valides, y compris scientifiquement et tout aussi dignes que la théorie de l'évolution (qui n'est plus une théorie depuis le temps, mais bon....) et devant donc être présentés à égalité avec elle dans les écoles: les fausses équivalences façon jusqu'au boutiste. Et ainsi sur le plan du racisme dans le sud: Scarborough, en bon sudiste, fait partie de ceux qui ont justifié l'abolition de l'essentiel du "voting rights act" il y a 2 ans en disant qu'il n'y avait plus de raison d'encadrer les élections dans certains Etats sous surveillance dans ce domaine..... Et la minute d'après l'abolition, qu'arriva t-il? Des packages de lois et règlementations préparés depuis longtemps se mirent à fleurir dans les Parlements des Etats concernés qui, dans les faits, limitaient de fait l'accès légal et/ou physique au vote, par divers types de biais aussi imaginatifs que clairs dans leurs motifs. Mais ça, Scarborough ne l'admettra jamais, pas plus qu'il n'aceptera de parler de l'ensemble des lois, règles et dispositifs limitant l'accès au vote de pans entiers d'électorats, surtout dans les Etats du sud, qui ont tendance à plus voter démocrate. C'est pas qu'il soit raciste, mais le niveau de sa dissonnance cognitive (et son absence totale de capacité à l'autocritique) est étonnamment élevé. Oui il y a eu des progrès dans le sud, certains étonnants, mais c'est plus au niveau culturel qu'autre chose, et dans une proportion donnée de la population, et tout ce que l'affaire de Ferguson a révélé rappelle que la "power structure" locale et d'Etat dans le Vieux Sud reste blanche et exclusive, et pas seulement de fait (perpétuation des groupes existants, en dehors de toute idéologie précise), mais bien aussi par choix et mentalité (ça reste pour ces groupes tout aussi importants de favoriser les blancs, ou plus précisément certains groupes de blancs: les ruraux ne sont pas appréciés). Les opportunités économiques et politiques restent pour l'essentiel réservées à une portion donnée de la population blanche, aussi sûrement que tout est fait pour verrouiller politiquement ces Etats dont, par exemple, les cartes de circonscriptions électorales sont les plus déformées du pays, juste histoire de faire des circonscriptions sur mesure qui favoriseront les candidats et majorités voulus: tout le monde le fait un peu, mais seul le vieux sud le fait dans de telles proportions (la forme des circonscriptions en est devenue, avec les années, vraiment surréaliste). Donc les prêches de "Mr Morning Joe", faut les prendre avec des pincettes -très longues-, un grain de sel, et beaucoup de dérision....
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Bon, ben, côté démocrate, réponse définitive dans 24 à 48h: quand on verra si le flot de donations continue à aller vers Sanders, s'accélère ou se ralentit, on saura s'il y a encore une course. Sur le plan arithmétique, il peut encore largement se refaire: les gros morceaux sont encore à venir (Illinois, New York, Ohio, Californie, Etat de Washington, Pennsylvanie, New Jersey et Floride), même si le poids de Clinton dans les minorités ethniques semble un avantage indépassable.... Mais l'arithmétique théorique est une chose, la réalité dynamique d'une élection en est une autre, et tout repose sur la perception de qui a l'initiative, l'élan, et sur les croyances et/ou espérances qui en découlent: perception de qui peut/va gagner, niveau d'espérance en son candidat (on y croit, on veut y croire, on essaie d'y croire malgré la réalité, on se sent au pied du mur et on se surmobilise, ou on baisse les bras).... La question est de savoir si, dans son électorat dont une partie consiste en primo-électeurs, étudiants et électeurs ne votant pas ou peu d'ordinaire, Sanders a vu sa "bulle" éclater hier soir, ou non; vu ce qu'il a su créer à partir de zéro, on peut se dire qu'il en a encore sous le talon, mais c'est pas garanti, et même si ça l'était..... Est-ce assez? J'ai tendance à penser que l'Etat qui révèle beaucoup dans ce SuperTuesday fut le Massachussets: même si la victoire de Clinton fut serrée, c'est le premier grand Etat où Sanders devait l'emporter pour réellement garder son élan, où il avait le plus d'avantages, le reste reposant trop sur des Etats du Sud où l'électorat noir garantit l'avantage à Clinton. Si le Massachussets est le bon baromètre (réponse dans 24/48h? Son électorat va t-il continuer à se mobiliser?), tout ce que peut réellement faire Sanders maintenant, c'est jouer pour créer une faction social-démocrate durable. Côté Trump, la question est de savoir s'il va rallier au moins une partie de l'establishment malgré tous les problèmes de sa candidature pour eux; outre le fait qu'il l'emporte (à écouter les commentaires aux US, on croirait que sa compte peu), beaucoup essaient de passer son électorat au crible pour voir s'il a étendu la base électorale républicaine, en constante diminution depuis près de 2 décennies, notamment dans l'électorat populaire "working class", et particulièrement dans les Etats du Nord-Est et les Etats en général qui ont connu une forte désindustrialisation. Ca semble être le cas, mais est-ce dans une mesure suffisante, surtout par rapport aux électorats qu'il s'aliène? La question plus générale sur ce dernier aspect, surtout pour les démocrates, réside dans le fait de savoir où la "working class" et d'autres électorats (notamment les étudiants) vont voter dans l'élection générale, ou même s'ils vont voter en nombre suffisant, si Sanders est battu: il y a cette année de fortes chances de voir passer une proportion conséquente de l'électorat populaire en colère, même traditionnellement démocrate, du côté de Trump.... Et ça peut faire peur, à gauche et à l'Amérique en général.
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Tu es trop sensible.... Je crois qu'initialement, cette progression des titres de Napoléon/Le tondu/le beau-frère au fil des étapes du vol de l'aigle (tiens, un qui manque dans la succession) date de Guitry dans Le diable boîteux (à voir, revoir et rerevoir encore); pas exactement sous cette forme là, mais le principe y fut posé. Enfin, même si l'histoire n'est pas vraie, l'analogie avec Trump et ses rapports avec la presse reste pertinente, vu qu'il a annoncé il y a quelques temps déjà que quand il serait président, il révoquerait la protection légale de la presse contre toute une floppée de possibilités de poursuites judiciaires, et qu'à cette occasion, il se lâcherait pour récolter des millions pour diffamation. Du coup, dans son fantasme, la presse filerait aussi doux que le Moniteur.
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Il y a aussi une logique, car rappelons-le, une élection par étape telle que les primaires est une dynamique permanente: si la perception de l'élan est vue comme du côté Clinton depuis la Caroline du Sud, ça veut dire que beaucoup de gens se tournent, ou se résignent, à voter Clinton, ou à se dire "non votant", par exemple. Le "vote de raison", dans ce cas, prend le vent, face au "vote de passion" incarné par Sanders (ouais, je sais, il a pas le physique "passion", le papy). C'est assez sensible dans un sondage que j'ai vu ce matin, qui se focalisait sur le vote des élecTRICES démocrates entre 18 et 34 ans (les "millennials": l'avantage est largement à Sanders dans cette tranche d'âge et encore plus chez les donzelles.... Quel tombeur!): en immense majorité, elles plébiscitent Sanders (même en découpant par tranches: étudiantes/jeunes actives, rurales/urbaines, diplômées/non diplômées....), mais croient que Clinton va l'emporter, ce qui a un effet démobilisateur ou incitatif au vote de raison. Il y a par ailleurs une marge d'erreur plus importante dans certains Etats: les Etats à caucus sont très durs à sonder par rapport aux Etats à primaires. Mais globalement, l'avantage pour le Supertuesday semble largement aller à Clinton, pour deux raisons majeures: - il y a beaucoup d'Etats du sud où Clinton a une image absolument dominante dans les très importantes populations de "minorités" ethniques (noirs et latinos essentiellement).... Pour qui Sanders est encore un relatif inconnu, ou juste une connaissance récente - le SuperTuesday force à une dispersion TRES rapide du candidat: il faut aller partout, tout le temps, alors qu'il y a très peu de temps pour la campagne de ce jour là.... Le candidat à l'image la plus forte et établie a donc un avantage majeur face à celui qui en est encore à devoir conquérir du terrain, voire se créer une image (cas de Sanders). Qui plus est, vu que le candidat ne peut pas avoir une grande densité de présence dans chacun des Etats du 1er mars, il a besoin de compenser par une énorme organisation sur le terrain, et de larges moyens financiers pour assurer la présence médiatique, alors que certains des marchés audiovisuels sont hors de prix (cas du Texas, par exemple) et certains des Etats sont très peuplés (Texas, Virginie....); là encore, ce facteur des moyens handicape le nouvel entrant, et favorise la puissance établie, en l'occurrence une Clinton qui dispose de longue date de relais locaux, d'une importante infrastructure de campagne, d'une forte notoriété, de beaucoup de relations.... Et évidemment de beaucoup plus de fric, "hard" et "soft". "The Bern" a commencé à créer ce "ground game" il y a des mois, il ne partait pas de rien au lendemain de la Caroline du Sud, mais Clinton a commencé il y a des années et avait d'autres avantages. Résultat, dans un Etat comme le Texas, Sanders n'a pour ainsi dire aucune chance. Dans les Etats du Vieux Sud, pas beaucoup non plus, vu que l'électorat démocrate tourne entre 40 et 55% de noirs (à la louche), un électorat nettement plus balisé par Clinton depuis longtemps. Comme je le disais plus haut, il a manqué beaucoup de temps à Sanders pour limiter sérieusement les avantages de départ de Clinton, et on peut dire que dans ce manque de temps, surtout de temps à haut niveau de notoriété (ce qu'il n'a réellement que depuis décembre/janvier), il a été quelque peu shunté par les médias là où il n'aurait pas du l'être, à l'inverse des deux "chéris" des chaînes télés et journaux, Clinton et Trump, sur lesquels l'actualité aime se goberger, se déchaîner....
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Un bon coup pour Sanders (pas de jeux de mot graveleux avec ce qui suit): lui qui manque de ralliements officiels chez les élus et responsables d'échelon national, il vient de recevoir celui de Tulsi Gabbard, une des stars montantes du Parti Démocrate, qui a, pour pouvoir prendre ainsi parti, quitté son poste de vice-présidente du Democratic National Committee (l'instance nationale des partis démocrates, ce qu'on assimilera par simplicité au Parti Démocrate pour la nation -qui est en fait une simple instance de coordination). Elue de Hawai et vétéran d'Irak, elle a su commencer à se construire une image, notamment en se fritant publiquement avec la patronne du DNC (Debbie Wasserman Schultz) il y a quelques mois, qu'elle critiquait pour avoir prévu trop peu de débats pour les primaires, et d'avoir sciemment mal programmé leurs dates pour minimiser l'audience et ainsi favoriser Clinton, candidate "de l'establishment"). La date de ce ralliement est intéressante: à priori, ça semble bizarre qu'une élue ambitieuse prenne parti pour un candidat qui vient de se prendre une branlée et peut sembler, si les médias le présentent ainsi, avoir perdu l'élan, l'initiative, le "momentum", qui faisait sa force dans la course. On pourrait penser qu'il s'agit donc d'un geste brave et de conviction, tout comme on peut aussi assumer qu'elle avait prévu de le faire depuis un bail et qu'elle a attendu (en accord avec la campagne Sanders) un moment comme ce lendemain de défaite, pour que la publicité de son action casse au moins en partie le ton du discours médiatique post-Caroline du Sud (est-elle assez célèbre pour que ça produise ce genre d'effet dans le grand public, je ne sais pas; mais dans le landerneau de Washington, y'a des chances). Son discours de ralliement semblerait pointer en ce sens car il s'agit d'une attaque indirecte de Clinton et de son caractère de "faucon" va-ten-guerre: elle dit que son choix a été motivé par son passé de vétéran, qui l'inciterait à rechercher un commandant en chef qui réfléchit plus aux conséquences de ses actes et cherche à éviter au pays des bourbiers tels l'Irak. Evidemment un joli emballage de produit, réalisé avec l'une de ses forces principales (peu de vétérans au Congrès, et très peu de femmes ayant ce statut, ce qui la rend d'autant plus visible.... Surtout qu'en plus, elle est jolie, ce qui aide toujours un peu, quoiqu'on en dise). Mais ce choix est d'autant plus intriguant, surtout à ce stade (juste après le Nevada et la Caroline du Sud, et avec l'état des prédictions en faveur de Clinton): on ne peut balayer d'un geste une part d'honnêteté et de choix de conviction, mais la donzelle est aussi une politique, elle est jeune, et elle est ambitieuse, donc rien n'est jamais totalement gratuit dans ces circonstances. Faire un tel geste, surtout contraire à l'establishment et potentiellement mauvais pour la carrière alors que les perspectives de victoire sont minces, c'est aussi une tentative qui va bien au-delà de la seule candidature de Sanders, et s'inscrirait plus dans le sens de ce qu'il préconise, à savoir une "révolution politique", en tout cas un changement important au sein du parti démocrate, essentiellement via la structuration d'un pôle social-démocrate nettement plus fort et organisé que les caucus "liberal" et "progressive" existants. Se rallier ainsi alors que les circonstances politiciennes tendent à suggérer que c'est un mauvais choix de carrière, ressemble ainsi plus à un pas de côté qu'à un pas dans le mur: c'est se créer une ouverture vers un autre horizon, et parier peut-être que même si la candidature Sanders est foutue pour la présidence, comme ça semble devoir être le cas sauf accident, le mouvement ainsi créé, l'audience en grande partie nouvelle ainsi mobilisée, peuvent être convertis en quelque chose de plus permanent en termes politiques (organisations locales, d'Etat et nationale, relais d'opinion et de vote, faction structurée au Congrès, factions dans les parlements d'Etats....).
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Plus précisément, il se concentre sur les Etats du SuperTuesday et les autres "gros" du mois de mars, essentiellement ceux plus concentrés dans le nord et le nord est. Le SuperTesday est moins décisif chez les Démocrates que chez les Républicains, surtout quand le champ électoral est extrêmement divisé, comme c'est le cas cette année. Néanmoins, faut pas non plus se leurrer: à moins de trouver quelque chose de nouveau, ou qu'un impondérable de grande ampleur arrive en cours de campagne, Sanders ne sera pas nominé. La course aux Etats peut être encore relativement ouverte, et on ne peut sous-estimer le potentiel de quelques événements particulièrement rassembleurs (lesquels, c'est autre chose) qui pourraient relancer l'élan de Sanders, ou plutôt l'accélérer (ce qui lui aura le plus manqué, c'est assez de temps pour faire campagne une fois atteint un niveau suffisant de notoriété et de relais d'opinion, ce qui n'est le cas que depuis janvier), mais la course aux délégués est plutôt largement bouclée par Clinton, sauf incident. Ses casseroles, ses liens avec Wall Street et l'enquête en cours par le FBI ne sont pas assez pour l'handicaper, surtout dans une primaire. Le fait est que Sanders n'a pas (encore?) pu faire venir assez de nouveaux électeurs, et que la mobilisation des existants chez les démocrates, quoiqu'importante, n'arrive pas au niveau de ce qu'avait pu créer Obama en 2008, qui était énorme pour les USA, mais dans l'absolu, pas une mobilisation très impressionnante dans ce pays où le GOP n'existerait (en tout cas pas sous sa mouture actuelle) plus si 70% de la population (un taux plus "européen") votait dans les élections qui comptent.
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Ca n'a rien à voir avec du personnel: Trump s'est attaqué successivement à ceux qui pouvaient être les plus menaçants, et sur un mode auquel aucun politicien n'était habitué (quelque part entre le harcèlement, l'attaque multi-plate-forme permanente et l'insulte de cour d'école), ce qui les a fait passer à la moulinette. Le timing est étonnant: l'exemple de Cruz est édifiant à cet égard, puisque Trump était presque complice avec lui jusqu'à ce que Cruz monte en Iowa, moment à partir duquel il s'est déchaîné. Bush ayant longtemps été perçu comme "l'inévitable" et étant celui qui avait une masse de cash, c'est par lui que Trump a commencé et sur qui il a pilé pendant longtemps; le hasard a voulu que Bush soit un mauvais meneur de campagne et pas très à l'aise à l'oral, ce qui a démutliplié l'effet. Mais ce traitement a aussi eu un effet comparable à la méthode du nouveau en prison: tu arrives dans le réfectoire, tu regardes qui est le costaud de l'endroit, et tu le trucides devant tout le monde. Après le traitement que Trump a infligé à un Bush qui n'a rien pigé de ce qui arrivait -soit la politique d'image de Trump façon WWE-, et l'effet sur les sondages, personne n'a osé s'attaquer à Trump, comme si un moratoire commun avait été passé face au candidat qui avait la couverture médias gratuite la plus permanente et importante. C'est ce moratoire qui a visiblement expiré lors du dernier débat où les deux latinos ont essayé de faire double team contre Trump, ce qui a transformé le débat en un atterrant concours de bite et hurlements dont des élèves de 6ème auraient eu honte. Selon le mot d'un comique américain, si les Real Housewives of New Jersey (un reality show particulièrement peu flatteur pour l'espèce humaine en général, et les femmes en particulier, d'une vulgarité et d'une connerie édifiantes) avaient regardé le débat, elles auraient dit "hey guys, a little dignity, please". Beaucoup estiment que cette réaction de contre-attaque de Cruz et Rubio est du "trop peu, trop tard". Mais Christie, de son côté, n'avait pas été soft sur Trump: c'était du registre "il zéro compétence pour le job", "c'est pas un faux bureau dans un reality show qui vous qualifie pour diriger un pays", "l'Amérique élit un commandant en chef, pas un amuseur en chef".... Maintenant, il a retourné sa veste parce qu'il n'a plus rien pour poursuivre sa carrière en politique: sa popularité a disparu sous l'effet de différentes choses (divers scandales dans le New Jersey dont le "bridgegate", résultats nullissimes de ses mandats sur l'économie et la société du NJ, méthodes et personnalité de petit tyran -"bully"-, ridicule et hypocrisies affichées, fin de son image de "modéré" -qu'il n'a jamais été- capable de faire du bipartisan -qu'il n'a jamais fait, en même temps que handicap de son impopularité auprès des conservateurs), il ne peut pas se représenter dans le NJ (et il ne serait pas réélu de toute façon), il est en froid avec les instances du GOP et, essentiellement, sa carrière politique est finie à moins d'un sérieux coup du sort.... Dont il espère que c'est Trump. D'où le retournement massif de veste et les grands compliments sur les immenses qualités et compétences de "The Donald".
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Tu rigoles? Depuis son annonce, les journaux passent en boucle tout ce que Christie a balancé sur Trump, pendant les débats et hors des débats, et c'est du gratiné, agressif façon Christie.... Et maintenant il dit le contraire: faut pas avoir de fierté quand t'est en politique.
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Bon, je me suis finalement décidé à mater Admiral (aussi titré Michiel DeRuyter), et.... C'est pas fameux. Y'a du fric sur l'écran (dans la mesure de ce qu'on peut trouver comme investissement dans ce registre aux Pays Bas), y'a de grandes scènes de batailles navales et une très bonne reconstitution des environnements urbains néerlandais du siècle d'or, mais à part ça, j'avoue qu'à côté, The Patriot semblerait presque y aller mollo question pathos, nombrilisme national et manichéisme. J'entends bien qu'une oeuvre avec un thème patriotique et centrée sur quelques individus dominant leur époque et dont le réalisateur prend le parti reposera nécessairement sur un certain degré de subjectivité, mais point trop n'en faut, et surtout.... Faut BIEN le faire. Là, on est dans de l'écriture simplette et superficielle de ce côté: les Anglais, les Français et les Hollandais orangistes sont très très méchants, décadents et fourbes (surtout Charles II d'Angleterre, pourtant incarné par l'excellent Charles Dance, cad Tywin Lanister.... Ici en satrape accompagné de son harem portable... Mention aussi pour Guillaume d'Orange dont l'homosexualité est suggérée, ce qui, dans le contexte, sous-entend "décadent et pervers"), les républicains, essentiellement ramenés aux frères DeWitt, sont très très gentils et malins et forts et vertueux et mariés avec plein d'enfants, une vie de famille heureuse et un parfait bonheur conjugal qu'ils rêvent sans arrêt de retrouver même si le monde entier conspire sans arrêt pour forcer ces titans de l'Histoire à montrer leur génie surhumain. Et évidemment, DeRuyter, brave héros aussi apolitique que patriote, qui rentre dans le même moule. Je passe les scènes du siège de Maastricht avec des Français robotisés qui chassent en compagnies entières quelques femmes et les enfants dans les rues pour les exécuter en répétant sans arrêt "vive la France" (une exclamation dont je doute qu'on la prononçait à l'époque: "vive le roi", oui, de même que des cris de régiments et/ou de régions). C'est bouffi, simplet, les procédés sont grossiers et maladroits, et, pour entrer dans la partie plus facilement objective de la critique.... C'est mal écrit et mal raconté: le réalisateur a voulu foutre une histoire fleuve complète de la carrière d'amiral de DeRuyter, soit plus de 20 ans de carrière comme officier général, dans lesquels on trouve 2 guerres majeures contre les Anglais, une quantité d'opérations, et la gigantesque Guerre de Hollande, un des points d'orgue du film. Ce fut une apocalypse dans la mémoire néerlandaise, en raison de "l'année des désastres" que fut 1672, avec l'innondation volontaire du pays par ouverture des digues pour stopper l'invasion.... Une catastrophe économique dont la puissance hollandaise ne s'est jamais remise.... Mais aussi le lynchage des frères DeWitt par la faction orangiste qui permit la prise du pouvoir par Guillaume d'Orange. Le fait est présenté dans la lumière la plus manichéenne possible, mais aussi la plus superficielle et stupide. On ne peut pas en vouloir à un réalisateur de prendre parti, mais il doit bien le faire. L'écriture est mauvaise, et ça s'empile donc sur le fait qu'il y a volonté de foutre plus de 20 ans d'une histoire chargée dans un format de 2h, ce qui enlève beaucoup de force potentielle au récit, s'ajoute à la faible qualité d'écriture pour accroître l'effet de stupidité et de superficialité, et prive beaucoup de scènes de punch, qui auraient pu autrement être l'occasion de grandes choses. Le seul raid sur la Medway, une des opérations militaires les plus couillues et réussies de l'Histoire, aurait pu constituer en soi l'axe majeur d'un film moins enclin à faire de la frise chronologique générale sa priorité (et potentiellement créer une petite franchise en appelant ainsi une suite de films punchy). Cerise sur le gâteau, l'acteur principal, pris pour sa ressemblance avec DeRuyter, n'a réussi qu'à calquer le côté taciturne et austère du personnage, pas son charisme..... Ce qui en fait juste un gras-double à l'allure perpétuellement déprimée. Malgré tout, je recommande le visionnage pour ceux qui s'intéressent au visuel de cette époque, aux batailles navales.... Parce que, comme pour d'autres genres, c'est pas comme si on pouvait faire la fine bouche devant une avalanche de films et séries.
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Non, non, je confirme, c'est une personne qui hurle de honte! Tu es dans le déni complet.... Serais-tu encarté au GOP, par hasard? Ou d'éducation catholique (où pourtant, on aime bien avoir honte)?
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Y'a eu Boston.... Et tous ceux dont le FBI et le DHS (plus les "intelligence services" des polices d'Etat ou grands "police deparments") se rengorgent régulièrement de les avoir empêchés (les ricains font pas dans l'autopromotion par petites doses). Tu t'attrapes tout seul; le preuve est dans ton avatar.... Il est rouge de honte!
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C'est souvent pas les mêmes gens, déjà, et ensuite, pour une bonne partie de l'opinion américaine, le niveau de patriotisme est plus élevé que ce qu'il est devenu en Europe; si l'orgueil national est frappé par un événement à forte portée symbolique et/ou matérielle (pas besoin d'un nouveau 11/09, mais quelque chose de bien fort quand même), ça peut créer la masse de manoeuvre nécessaire: il suffit d'un quart/un tiers de citoyens enragés (on évalue les différents types de droites dures autour de 28% avec un bémol pour la moitié qui sont avant tout à droite pour raisons religieuses, donc pour qui la politique extérieure n'a pas nécessairement à être du type néocon ou faucon) qui favorisent à ce moment une politique aggressive, d'une frange passive pour la guerre dans le principe mais qui ne changeront pas leur vote pour ça, et d'un bloc politique suffisant (tel qu'il existe à droite et en partie à gauche) ayant le réflexe de l'intervention extérieure comme réponse à tout et comme moyen de faire mousser les carrières. L'emballement hyper-émotionnel et matraqueur des médias fait le reste. Ca suffit pour déclencher le bouzin et créer suffisamment de soutien dans un premier temps plus ou moins long.... Une fois que c'est lancé, quel politicien s'en fout que l'opinion change d'avis: les guerres sont des machines lourdes à forte inertie, et une fois qu'on a les pieds dedans (et qu'on a cassé des trucs et que, si l'affaire est d'importance, il y a eu un petit effet boost sur l'économie), rien que trouver une solution de sortie acceptable peut prendre des années. Autre temps, donc impossible de le dire: le focus absolu sur l'URSS à l'époque dominait la pensée, et de ce côté, Reagan marquait tous les bons points pour ce type de conservatisme "à l'ancienne" (paléoconservatisme, entre autres, qui est l'étiquette d'un des fondateurs du magazine, le très controversé Pat Buchanan), à commencer par l'expansion des budgets militaires, la non intervention dans le but de garder ses forces rassemblées et menaçantes.... Quelque part entre le big stick et cet ancien adage définissant la posture des républicains (ceux d'avant les années 80-90) par rapport à celle des démocrates: les premiers veulent une énorme armée dont ils ne se servent jamais, les seconds en veulent une toute petite qu'ils envoient partout et tout le temps (oui, c'est très cochon.... Et ça faisait sans doute partie de l'objectif initial).