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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Les Bucinatores ne sont pas des trompettes de cavalerie (à moins qu'ici, seul le nom soit resté et l'instrument ait changé): la buccina des légions est un énorme instrument (un long et fin tube enroulé autour du joueur) impropre à un usage à cheval (nécessite les deux mains). Au moins sous la République et le Haut Empire, c'était un instrument "d'échelon légion", cad c'était la "voix" du légat/patron de l'unité pour divers types de transmission d'ordres ou de fait: annoncer la garde de nuit, les heures importantes de la journée militaire, appeler aux rassemblements (et les démettre), appeler l'attention pour la transmission d'un ordre général.... Le différentiel de paie est évidemment important et aide à interpréter, avec notamment le différentiel cavalier/fantassin (une constante dans l'histoire romaine) mais je trouve que les Flaviales ont plus un effectif d'infanterie, même si le total de ces deux troupes représente effectivement un parfait multiple d'un effectif de turma/cuneus; cependant, comme je l'indiquais, deux sur trois des cadres de cavalerie sont comptés dans l'effectif depuis longtemps, et sont un optio et un porte enseigne (ils ne sont pas surnuméraires), le troisième étant le chef d'unité lui-même (et chef d'une des files), et dans cette liste, les porte enseignes et optiones sont comptés à part, ce qui fausserait le total et diminuerait d'autant plus drastiquement le nombre déjà limité d'optiones et porte enseignes de sous-unités. L'armée romaine tardive a eu une tendance à s'alourdir en cadres et spécialistes hors rang, mais quand même, là y'a trop de déséquilibres. Evidemment, je conjecture, et il est fort possible que, comme tu l'évoques, on ait ainsi un corps de cavalerie légère de 275h et un corps de cavalerie de mêlée de 320h (les unités de cataphractes/clibanaires sont bien connues, et il y en a peu: 19 au maximum, dont une seule de scholes; j'ai fait erreur plus haut-, avec un effectif assez fixe de 500h, il me semble, et aucune n'a un nom d'empereur, toutes ayant un nom assez utilitaire mentionnant entre autres leur spécialité), représentant au total un tiers de l'effectif général environs, et au final, s'apparentant dans les grandes lignes aux anciennes cohors equitata (une cohorte et un effectif de cavalerie, ou une cohorte milliaire et une aile complète). Ces unités mixtes organiques sont apparues dès le premier siècle et se sont développées à tel point que, vers la fin du IIème siècle, on pense que la grande majorité des unités d'infanterie avait un effectif de cavalerie ("vrais" cavaliers et/ou fantassins montés), sinon même la totalité pendant/après la crise du IIIème siècle. Tout comme le mix interarmes d'infanterie s'est insinué jusqu'à l'échelon de la cohorte avec le temps (par opposition aux cohortes mono-métier du Ier siècle avant JC), ou même celui de la centurie (pas mal d'indices en ce sens), ce niveau d'interarmisation s'est ainsi imposé comme la norme avec le temps, une évolution commencée dès le début du Haut Empire, une évolution favorisée aussi bien par le dispositif stratégique (30 légions et leurs auxilliaires ne peuvent couvrir toutes les frontières; beaucoup d'endroits étaient défendus par des groupements interarmes de plus petite taille) que par le niveau de professionalisme (et le cycle de spécialisation/adaptation qu'il rend plus aisé et réactif) et les modes opératoires (campagnes mobiles, aggressives, pour lesquelles on ne prélève que le meilleur des légions et auxilliaires aux frontières, assemblés en groupements qui, du coup, peuvent fonctionner de façon bien différente). Donc ici, si l'hypothèse d'un nombre de munifices (et si on est sûr que c'est bien un terme qualifiant le pax de base) tournant autour de 500-600 est juste, et avec les semissales (212) et peut-être quelques autres, on arrive ainsi autour de 900 fantassins (rappelons que l'effectif combattant de cohorte à 480-500 est resté aussi assez constant malgré les changements de dénominations: le fonctionnement tactique l'exigeait; c'est donc une base d'analyse à garder en mémoire, tout comme la centurie à 80-100 combattants ou le contubernium à 8-10h), ce qui, avec un peu moins de 600 cavaliers, fait un effectif combattant d'environs 1500h et 300 spécialistes, cadres et non combattants, soit un groupement interarmes qui se place au final dans la continuité de ce qui pouvait se pratiquer depuis bien longtemps, et qui, surtout pour les troupes comitales et palatines, s'inscrit bien dans le mode d'organisation de l'empire tardif, qui utilise de tels groupes de plus petite taille qu'auparavant comme base opératoire pour former des armées de campagne. Comme nos armées modernes depuis le XIXème siècle (pour ceux qui aiment les parallèles historiques), l'armée romaine a connu une évolution tendant vers: - l'augmentation du nombre de cadre (de rang et hors rang) qui accompagne l'élévation assez continue du niveau moyen d'expérience (professionalisation croissante, allongement de la durée de service, établissement de purs cursus militaires comme choix de vie/carrière) - la spécialisation des soldats dans le cadre d'unités et sous-unités de plus en plus complémentaires et aptes à créer des effets de synergie, par rapport au modèle tardo-républicain reposant sur un mix interarmes existant seulement à grande échelle (une ou plusieurs légions juxtaposée avec des unités spécialisées externes) et des cohortes de fantassins identiques (seulement différenciées par le niveau d'expérience).... On passe de la division de brigades d'infanterie du début 1914 (continuation du XIXème siècle) , faites de fantassins groupés en masse avec quelques appuis, dans une armée faite à plus de 80% d'infanterie, à des divisions plus petites faites de groupements interarmes de manoeuvre au sein desquels les unités d'infanterie sont des groupes articulés plus autonomes où la spécialisation en métiers complémentaires est la norme..... Un modèle sur lequel on continue de vivre aujourd'hui, en le raffinant continuellement. - l'interarmisation et l'autonomisation de plus petits échelons combattants (un phénomène déjà amorcé avec Marius, puis surtout César, pour qui la cohorte devient l'élément de base pour organiser une bataille, et non plus la légion) va avec le changement dans les choix des unités de manoeuvre de base qui seront organiques: la légion ancienne n'est ainsi plus utilisée, d'abord comme échelon tactique (déjà mentionné) puis comme échelon opératique (soit une unité de campagne, sorte de base mobile, outil de gestion, fournisseur d'appuis et spécialités, cadre d'entraînement....). Leurs fonctions sont ainsi graduellement "éclatées": l'entraînement reste dans des bases fixes (des centres spécialisés, mais surtout, les bases historiques des anciennes légions, partout sur le limes, où les infrastructures sont bâties depuis longtemps), de même que les fonctions de gestion/administration de régions militaires et celles de soutien de "haut niveau" (grands hôpitaux, infrastructures militaires et civiles....) et les capacités de production (qui deviennent, avec Dioclétien, une partie des Fabricae où sont produits les matériels militaires). De fait, cette sédentarisation de nombre des fonctions et capacités autrefois plus mobiles accompagne la limitation ou l'arrêt de l'expansion territoriale continue de l'Empire, dès le Ier siècle essentiellement (limite des capacités d'expansion et de contrôle, moindre intérêt de la plupart des régions bordant les frontières atteintes). Le corollaire, motivé par l'usage militaire tel qu'il se développe (prélever les meilleurs morceaux des grandes unités aux frontières pour des grandes campagnes, ou n'utiliser que ces morceaux dans une campagne locale) d'une guerre plus mobile et faite par les meilleurs des professionnels, est le développement d'un modèle interarmes et spécialisé où la synergie des effets à tous échelons est recherchée, avec des unités tactiques plus composites, mais aussi plus petites (pour la "maniabilité" entre autres, et en raison de la plus grande rareté de telles troupes, nécessairement). La capacité offensive tactique croît, mais avec elle aussi, la valeur relative des troupes mobiles/de manoeuvre, et par là, la fragilité générale du modèle (plus "high risk/high reward"): quand on repose moins sur un certain niveau d'interchangeabilité (le modèle précédent différenciait aussi le niveau de qualité, ne caricaturons pas) et plus sur la valeur et la spécialisation des meilleurs, on a un modèle capable de meilleurs résultats plus rapides, mais offrant aussi moins de résilience en cas de pertes lourdes (on perd du moins rapidement remplaçable). - le développement des unités mobiles et de la mobilité en général (stratégique, opératique et tactique): on l'a vu pour l'infanterie (vétérans et élite = meilleure moyenne de distance parcourue en campagne, plus grande mobilité tactique en bataille), mais ça se traduit aussi par le développement de la cavalerie dont la proportion dans l'effectif militaire romain ne fait que croître (25%, contre 10-15% encore sous Néron, quoiqu'il soit difficile de faire un compte exact: la cavalerie et l'infanterie montée/montable présentes dans les unités d'infanterie posent problème), et encore plus dans la partie orientale (plus grandes distances, plus de grandes plaines, adversaires plus montés) où cette proportion grimpe beaucoup (peut-être 35%, préfigurant l'armée orientale puis byzantine). Le développement du réseau routier, mais surtout, fluvial, et de l'infrastructure militaire qui va avec (dépôts, magasins, relais, points d'appui fortifiés, dispositifs de surveillance....), est une continuité de l'Empire, impactée pendant la crise du IIIème siècle (essentiellement: de 235 aux alentours de 270) mais qui repart fort dès le dernier tiers du même siècle. Non: c'est une autre constante de l'histoire militaire romaine que de voir l'Etat prendre en charge une part sans cesse croissante des dépenses. Depuis le modèle hellénique initial du soldat citoyen fournissant son équipement selon ses moyens et recevant une place et un rôle en fonction de cet équipement, jusqu'à l'armée tardive, le fait est constant. A l'époque du document, la solde ne prend même plus en compte de déduction pour le coût de l'équipement et de la bouffe (ça date de quelque part dans le IIIème siècle, de Gallien ou Dioclétien), un fait essentiellement lié à la forte inflation qui avait (malgré les constantes augmentations de solde à l'époque des Sévères, une des causes de l'inflation) dévalorisé la rémunération des soldats en valeur réelle. Plutôt que de l'augmenter significativement, les empereurs, face au manque de numéraire pendant et après la crise du IIIème siècle, ont pris en charge directe les fournitures militaires (de fait, c'est essentiellement un jeu d'écriture, mais aussi une réforme des structures d'approvisionnement, plus étatisées) via le fait qu'une part bien plus grande de la fiscalité à cette époque était directement reçue en nature (céréales et matières premières notamment). L'Anone militaire (l'organisation centrale de la logistique) affectait le tout. Donc à cette époque, cette unité n'aurait pas vu sa solde -dont une partie pouvait cependant être payée en nature- inclure le budget bouffe/entretien des hommes et des bêtes (surtout qu'une unité de cavalerie doit avoir au moins 2-3 chevaux par homme pour la remonte, et des animaux de bât): il s'agit de la solde finale. Je retiens la possibilité de Flaviales et Augustales comme cavaliers parce que, dans le cadre d'un groupement interarme façon "cohors equitata" et des auxiliats du Haut Empire chargé de défendre seuls une région (entre deux tenues par des légions: ces auxiliats étaient donc des cohortes quingénaires ou milliaires d'infanterie lourde avec des unités de diverses armes, reproduction en plus petit du modèle légion+auxiliats formant une armée complète d'environs 12 000h), ces deux unités peuvent potentiellement former deux petites ailes de cavalerie au noyau d'infanterie, les cavaliers légers ne pouvant généralement tenir ce rôle. Mais mon autre hypothèse réside dans le statut d'élite de ces unités, ou d'une d'entre elles, si ce sont même des unités séparées, en référence à la comparaison faite plus haut avec le statut des Evocatii dans les légions "old school". Parce que je trouve que du coup, si on opte pour l'hypothèse des 3 groupes mentionnés comme étant des cavaliers, il n'y a pas beaucoup de distinctions de types de fantassins, sauf pour l'organisation mystérieuse des diverses troupes nommées semissales. S'ils sont trop nombreux pour être des sous-offs et peuvent donc englober cette portion de fantassins distingués d'un statut lié à l'ancienneté et/ou au mérite, il manque un truc dans le portrait d'une unité de manoeuvre du Bas Empire, surtout d'une unité palatine/comitale..... Et ce sont les archers/javelinistes/frondeurs. Soit ils sont indifférenciés du reste des fantassins (ce qui m'étonne un peu vu ce que la liste subdivise et distingue), soit il y a des manques, soit ils sont distingués d'un des noms vus plus haut (quoiqu'évidemment la différence de paie me frapperait, surtout pour ces métiers). Mais les unités d'infanterie du Bas Empire AVAIENT des archers, javelinistes et frondeurs de façon organique; peut-être que ces Verederii sont effectivement des cavaliers légers, et du coup des archers et/ou javelinistes, mais l'absence d'archers/javelinistes/frondeurs à pied m'interpelle. De même, un certain nombre de métiers d'infanterie étaient particulièrement valorisés (donc aussi dans la paie): les soldats portant plus d'armure et/ou combattant le plus souvent en première ligne (donc plus exposés) étaient ainsi signalés. Je ne sais pas si cela avait un impact sur leur paie (mais je crois bien, et les "semissales" ici nommés peuvent signaler ce fait: la proportion pourrait correspondre, tournant autour de 25-30% d'une unité de ligne), mais cela en avait clairement un sur le statut, la distinction, la position hiérarchique dans le rang. En tout cas, quelques notes sur cette liste; des pensées venues après avoir posté: - les ordinarii: ces "centurions ordinaires" dans l'armée tardive sont les chefs de centuries, désormais plus différenciés d'autres centurions (par rapport au bordel peu compréhensible pour nous des dénominations de centurions de la République et du Haut Empire). Si on part de mon hypothèse qu'il s'agit dun groupement de deux équivalents-cohortes (480h si le modèle 6x80h s'applique encore, 500 si le modèle parfois évoqué d'une cohorte tardive à 5x100h est vrai), il y a donc environs 10 à 12 postes à pourvoir, ce qui laisse 8 à 10 postes disponibles pour la cavalerie - le rapport que j'ai pu voir entre la paie du fantassin et celle du cavalier n'est pas censé être aussi important que dans la liste présente: c'est plutôt du rapport 1 à 1,5. Donc ici, la différence entre les troupes que tu penses être de la cavalerie et celles dont on pense qu'elles sont de l'infanterie semble réellement choquante, surtout pour de la cavalerie organique à une légion (par opposition aux unités de pure cavalerie, meilleures et mieux payées). C'est une des raisons pour lesquelles je me demande si l'organisation possible se verra moins dans une telle liste qui pourrait aussi bien plus refléter les différences de statuts (élite, vétérans, distinction, spécialiste, grade....) que celles de fonctions/métiers. Je dis juste que c'est possible. - pour appuyer cette dernière possibilité, je note le manque de certains types de cadres: outre le nombre étonnamment bas d'optiones, je pointerais surtout l'absence de certains grades supérieurs du centurionnat, notamment un primicerius et/ou un vicarius et/ou un campidoctor (devenu un grade, et non plus l'appellation du maître d'armes), ou encore de ducenarii.... Soient des chefs pour les plus grandes subdivisions de l'unité, au moins pour l'infanterie: les cohortes ont à cette époque des chefs distincts des chefs de centuries (auparavant, le chef d'une cohorte était le plus gradé/l'aîné des chefs de centurie). - le tribunus minor mentionné (un terme que je n'ai pas vu ailleurs) est apparemment là comme chef d'EM/adjoint au tribun, mais d'habitude, ce genre de poste est tenu par un protector, c'est-à-dire un cadet, formé et éduqué, mais encore en probation, qui rejoindra sans doute ensuite une des scholes de Protectores Domestici rattachée à l'Empereur où il passera au moins un an avant de se voir ensuite attribuer un job comme tribun (le titre de préfet est encore utilisé en occident, et désormais équivalent) avec sa propre unité. Un protector a une paie de 12 anones, et ce tribunus minor en a une de 10, et c'est ce qui m'a interpelé.
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Dernier compte: 19 pour Clinton, 15 pour Sanders, et, pour l'instant, seuls 4 super délégués se sont prononcés: 3 pour Clinton, 1 pour Sander. Une explication qui semble plus pertinente que d'autres, et assez récurrente, est que dans beaucoup de strates de l'électorat républicain, Trump est considéré comme le "remède" à l'état du parti et à la place de son establishment: beaucoup de gens qui votent pour Trump ne l'aiment pas forcément beaucoup, ne le croient pas en tant que porteur d'un message conservateur (notamment sur les questions sociales) et ont en fait parfaitement accepté tous les problèmes qui vont avec sa candidature (les sautes d'humeur, caprices et comportements infantiles, les mensonges à cadence industrielle, la faible connaissance des dossiers, les insultes permanentes et la grande gueule, l'absence de crédibilité conservatrice....), mais le considèrent comme le seul capable de créer du changement et foutre le dawa dans le fonctionnement institutionnel du parti (et du pays). C'est en tout cas ce qu'on retrouverait comme point commun chez les électeurs républicains considérés comme éduqués/rationnels qui votent pour Trump: l'objectif de secouer le cocotier a pris le dessus sur toute autre considération. Dans le reste de son électorat, qu'il s'agisse d'une portion importante des évangéliques ou de l'électorat populaire en colère, cet objectif de protestation et de changement (de façon moins réfléchie, plus viscérale, voire par désespoir pour une bonne partie de l'électorat, laissée pour compte dans l'économie et la sociologie actuelle du pays) a aussi pris le dessus, et en cela, la candidature de Trump est révélatrice aussi bien de la réalité sociologique des républicains que (avec la candidature Sanders) de celle du pays: le changement, le fait de sortir du paradigme actuel qui ne peut créer d'évolution que très marginale (et souvent mitigée: un petit changement positif ici pour un autre négatif là, de dimension comparable), est devenu LA priorité, qu'importe si la possibilité est réelle, le programme sérieux ou apte à fournir le mouvement désiré.... Faut juste que ça bouge, ou à défaut, "faut la leur mettre" (à l'élite actuelle qui semble, malgré ses divisions de surface, fonctionner sur le même logiciel); comme souvent, donc, les extrêmes et/ou "outsiders" sont le révélateur du niveau de colère du pays.
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My bad pour les mots latins, j'y ai pas réfléchi longtemps (contrairement à toi, apparemment): "armatura" renvoie à l'équipement en général, employé aussi bien pour les armes que pour les armures, et utilisé de façon générique avec un mot complémentaire pour préciser ce dont on parle. Ainsi, les "gravis armaturae" font référence aux fantassins lourds ou de ligne, les "levis armaturae" renvoient aux troupes légères (essentiellement de missiles). Mais les lignes se confondent souvent puisque, surtout sous le Bas Empire, on a des lanceurs et tireurs très blindés (évidemment chargés d'aller au plus près, participant à la ligne) et des combattants de mêlée qui le sont peu ou pas, aux côtés des rôles plus traditionnels.... Mais le vocabulaire suit rarement. Pour les brachiati, j'ai merdé et confondu le termepour "bracelet" avec braccae (les braies): une vieille confusion personnelle sur un nom d'unité que j'avais vu qui faisait référence précisément aux braies... Ce qui m'a toujours étonné puisqu'à cette époque, les braies n'avaient plus rien de distinctif, étant devenues la norme dans l'habillement du soldat. Mais je m'étonne de ton interprétation pour les Semissales: dans le cours du IVème siècle encore, le terme renvoyait bien à des sous-offs. Ici, ils sont bien trop nombreux par rapport à l'effectif, et s'il s'agit d'une évolution remplaçant le terme d'immunes, ça fait vraiment beaucoup de monde dans cette unité qui n'est pas astreignable à des travaux.... Et une unité qui n'a pas de grande capacité de travaux, pourtant un outil opératique, stratégique et tactique essentiel des armées romaines. Typiquement, une légion du Haut Empire n'a jamais eu plus de 20% d'immunes (tous types confondus: officiers, sous officiers, vétérans, soldats distingués et/ou à capacité rare) sur la totalité de son effectif. Là, en plus vu l'effectif de l'unité, ça fait une capacité minable, alors que le besoin reste important: un camp de marche tous les soirs réclame des bras. Et je ne parle même pas des travaux du génie. Je sais que l'armée du Bas Empire subdivise beaucoup plus les tâches (unités ou groupes spécialisés pour les travaux?) et les niveaux opérationnels des unités (les limitanei et pseudocomitatenses se paieraient une part disproportionnée du boulot? Et encore faudrait-il qu'ils soient toujours dispo), mais quand même. Ou alors on parle bien ici d'unités palatines, avec un niveau exceptionnel de privilèges. Autre possibilité (pas incompatible avec les autres): les récriminations des soldats au fil du temps ont abouti à la suppression de beaucoup d'anciens devoirs (on se rappelle avant la crise du IIIème siècle, de la politique des Sévères: donnez à l'armée ce qu'elle demande et foutez-vous du reste). Un bémol à ce dernier point: l'armée romaine de cette époque n'a pas baissé sa propension aux travaux, à très grande échelle (voir le nouveau dispositif défensif du limes qui commence avec Dioclétien et continue tout au long du IVème siècle: c'est gigantesque) comme en campagne (le camp chaque nuit reste la norme) ou pour le combat (même si la mode tactique à cette époque est nettement plus axée sur la mobilité et la rapidité de manoeuvre). D'où tu sors ton 559? Le point d'interrogation, c'est de l'incertitude ou c'est là où la pierre a pris un choc? A ce moment là, pourquoi un plafond à 559? Pourquoi pas nettement plus? Mais là on tombe sur la difficulté d'appréhender le fonctionnement opérationnel des unités de manoeuvre du Bas Empire, qui collectionnait les bataillons et, pour le comitatus comme pour les palatini, créait des groupements permanents, parfois interarmes, parfois non: ainsi, une légion palatine était quasi systématiquement couplée avec un auxiliat palatin (la distinction en "métiers" étant à cette époque inexistante) pour un total qui devait avoisiner les 2000h. Qu'il y ait eu des groupements permanents infanterie-cavalerie, dans la lignée des "cohors equitata" du Haut Empire, je ne saurais dire (rien lu là-dessus), mais il y avait de la cavalerie dans les légions, ça c'est un fait. Cependant, quand on regarde l'effectif de cette liste, si les Augustales et Verederi sont des unités de cavalerie (c'est toi qui conjectures, ou tu as lu quelque chose dessus?), ils pèsent trop lourd dans l'effectif. A 200, les Flaviales ont plus un chiffre d'infanterie. A 120, les Augustales pourraient représenter un effectif de cavalerie, vu que le cuneus (équivalent tardif de la turmae) reste fondé sur une unité tactique de 30h environs, mais s'ils sont une unité, elle est trop faible même pour le Bas Empire: les unités de cavalerie de l'époque tournent entre 200 et 500h. A 275, les verederi sont dans la fourchette, mais au global, si 2 sur ces 3 groupes sont de la cavalerie, ça fait vraiment beaucoup dans l'effectif, à moins que les munifices soient vraiment BEAUCOUP plus nombreux. Dans cette armée romaine, plus on monte dans la capacité opérationnelle des unités, plus la portion de cavalerie/soldats montés augmente, c'est vrai (jusqu'aux Scholes Palatinae qui sont 100% cavalerie), afin de maximiser la mobilité opérationnelle et tactique (combat mobile, plus vaste panel tactique, meilleure coordination), mais les palatins et comes restent fondés sur l'infanterie, et la cavalerie de choc (lourde/très lourde) est concentrée dans les Scholes (toutes les unités de clibanaires/cataphractaires). Il ne peut s'agir, si c'est bien de la cavalerie, que de la légère (javeliniers ou archers montés) ou de la "standard", soit une cavalerie de mêlée, assez "lourde" dans le sens où l'équipement rejoint celui du légionnaire de ligne (un des noms fréquemment utilisés est "scutaires"), mais pas apte au choc (cad pas la capacité de créer la percée comme les cataphractaires): ils chargent, peuvent créer un choc sur une première ligne affaiblie, mais pas une percée. Quoiqu'il en soit, si les Augustales sont des cavaliers, ils représenteraient donc 4 cunei de 30h, comptant 100h du rang et 20 cadres, et nécessitant 4 ordinari.... Ce qui me semble plutôt trop de cadres: dans la cavalerie romaine, une turme/un cuneus est organisé en 3 groupes de 10, chacun dirigé par un cadre. Historiquement, le décurion (centurion pour les turmae des légions), son optio et le vexillarius (signifer dans les légions) sont ces cadres, un fait, malgré les changements de nom, encore attesté dans le Strategikon de l'empereur Maurice (donc fin du VIème siècle). La structure donc, ne change pas. 3 files de 10h forment une turme/un cuneus, avec un cadre à la tête de chacune; le centurion/décurion est hors cadre dans la comptabilité des unités, les files sont faites d'hommes du rang, et avec les deux principales, l'effectif est constant à 32. Je note le terme "alii" qui, si mes reste de compréhension latine (très limitée déjà à la base) fonctionnent encore, définit un groupe "d'autres"; donc ici "autres Augustales", "autres Flaviales".... Mais si c'est bien de cavalerie qu'il s'agit, le mystère des officiers dans la liste reste bien là, pour moi: le nombre de centurions/centenarii/ordinarii reste bizarre (même si un certain nombre commandent des cuneus et pas des centuries) et déconnecté du nombre d'optiones, de signiferi, de vexillari, d'imaginiferi (que foutent 10 imaginiferi dans une seule légion? La propagande impériale a t-elle explosé au point d'en foutre un par sous-unité, ou le terme a t-il changé de sens?) et de musiciens (nombre étonnamment faible: ces mecs sont les transmissions!!!!). Y'a une couille dans le potage, et va falloir que je me penche sur ces termes pour essayer de voir le truc: il faut à mon avis essayer de résister à la tentation de vouloir répartir les termes -au moins certains d'entre eux- en unités séparées. Avoir le nombre de munifices serait évidemment d'une grande aide, et potentiellement éclairant.
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Intéressant document, j'attends d'en voir plus. Je note particulièrement les divers titres de Augustales et Flaviales, soit quand même 320h sur le total pas loin du quart de l'effectif! Avec une paie pareille (entre 3 et 6 anones par tête de pipe, soient entre 18 et 36 solidii, la monnaie forte établie par Constantin qui restera la référence en Europe jusqu'aux Carolingiens et persistera longtemps après, une pièce d'environs 4,5g d'or; et accessoirement, c'est de ce "solidus" que viennent nos mots "soldat" et "sou"), ils ont l'air à la fois sacrément importants et nombreux pour des individus si distingués. Il est souvent difficile, avec l'armée romaine, de savoir si les mots utilisés sont des grades, des rangs (dans la gradation des paies, donc un usage purement comptable), des fonctions ou des titres, s'il s'agit de représentations purement militaires ou aussi civiles/religieuses; les Romains n'ayant pas le même cadre de référence que nos sociétés, ce qui nous semble ahurissant tombait sans doute sous le sens pour eux. Mais ces titres de Flaviales et Augustales sont des références religieuses, renvoyant à des collèges/sodalités de prêtres (le terme de Flaviales remontant à Romulus et à l'établissement d'un collège honorant son co-roi sabin, Titus Tatius: les Titii, ou Sacerdotes Titiales Flaviales); il ne s'agit ici bien évidemment pas de prêtres, surtout que vu la date du document, on est en pleine ère chrétienne, longtemps après Constantin, ce qui suppose qu'il s'agit d'un nom de tradition bien entré dans les usages des unités. Je pensais au début qu'on parlait là de types de "protectores", terme qui renvoie aux corps de cadets de divers niveaux de l'Empire tardif (auxquels les empereurs militaires attachaient une grande importance, donc attribuaient souvent la distinction d'un nom impérial), mais vu l'effectif, c'est hors de question. La distinction du nom d'un empereur pour un groupe ou un type de soldats, ou une unité, est fréquente (Equites Singulares Augusti, Protectores Augusti Nostri....), et reflète donc peut-être dans ce cas une forme de sélection/reconnaissance pour des soldats d'un type ou d'un niveau de valeur particuliers, qui se traduirait par l'appartenance à un ordre, comme sous la légion classique avec les Evocatii, qui n'étaient affectés qu'à certaines cohortes (les bonnes, dont beaucoup dans la première), avaient de fait un statut supérieur au soldat de base (comme les anspessades dans l'armée d'Ancien Régime: de fait, vétéran est un grade formel entre le soldat et le sous-off), bénéficiaient de nombreux privilèges (paie double, exemption des corvées et travaux lourds....), constituaient le premier vivier de recrutement pour le centurionnat et se trouvaient organisés dans la légion en un ordre à part dirigé par un des leurs distingué en tant que "préfet" (pas le grade militaire: le praefectus evocatorum est plus un représentant "syndical"/chef d'association d'anciens/responsable des vétérans..... Encore une indication que titre, rang, grade ou fonction peuvent être des choses différentes chez les Romains). Ca semble le plus logique, qu'il s'agisse en fait de deux catégories de soldats expérimentés/d'élite (la distinction place les Augustales au-dessus, mieux payés et moins nombreux) mais pas de sous-offs (trop nombreux pour ça), dont les "ordres" sont distingués par ces appellations religieuses attachées au culte impérial (les Flaviales avaient disparu longtemps avant la fin de la République, puis recréés au Ier siècle ap JC pour le culte d'un empereur donné; la sodalité des Augustales avait été créé par Auguste, pour son culte personnel -qui a préséance sur tous les autres empereurs-, et il est logique qu'ils soient la distinction la plus élevée dans cette itération militaire). Autre truc que je note: il n'y a que 10 optiones (marrant, je croyais le titre remplacé par un autre à cette époque), avec 10 signiferi (porte enseigne d'unité), 10 vexillari et 10 imaginiferi. 10 optiones, soient 10 équivalents de lieutenants (l'optio en tant que rang -il peut y en avoir plus mais limités à une fonction précise- étant de fait le député du centurion), ce qui laisse supposer qu'il y a 10 sous-unités dans cette "légion" tardive (le terme à cette époque reflétant diverses réalités selon le lieu et le corps d'appartenance -limitanei et pseudocomitatenses, comitatenses, palatini). Il est logique qu'il y ait donc, avec eux, 10 signiferi, qui sont les portes enseignes des centuries (ou équivalent à cette époque en orient, les termes s'étant hellénisés). Mais j'ai du mal à piger le coup des 10 vexillari, qui sont les porte-enseignes d'une cohorte (d'une légion ou d'une cohorte indépendante, en tout cas une unité de taille "bataillonnaire"), et des 10 imaginiferi, qui sont les porte-enseignes du culte impérial dans une unité: sous le Haut Empire, il y en avait un seul pour une légion, portant l'enseigne impériale (imago, soit une représentation du visage de l'empereur, le terme renvoyant aux masques mortuaires des grandes familles romaines) comme symbole militaire et religieux, avec à ses côtés l'aquilifer, celui qui porte le tout aussi unique aigle de la légion. De même, les musiciens (tubicines, Cornicines et Bucinatores) ont un effectif qui ne fait pas de sens pour moi. En revanche, les semissales me semblent nombreux: ce sont (pour utiliser nos concepts modernes- des sous-offs (principales) en-dessous des optiones (le plus gradé des principales), chargés d'encadrer directement les sous-unités de base. Mais là, il y en a vraiment beaucoup: 136 "Torquati Semissales" (torquati voulant dire "porteur de torque", il me semble, la torque étant une décoration d'origine celtique.... Cela note t'il un statut d'élite?), 256 "Brachiati Semissales" ("brachiati" = "porteurs de braies", donc un pantalon; le terme renvoie à une unité de Celtes/Gaulois, ou ayant les traditions d'une unité "gauloise") et 20 "Armaturae Semissales" ("armaturae" faisant référence à des soldats lourdement blindés, généralement ceux qui tiennent le premier rang ou les deux premiers rangs d'une unité de ligne). Les "Semissales" sont les équivalents dans l'armée tardive des tesserarius de l'armée du Haut Empire (si on compare notamment en terme de paie), mais il n'y avait qu'un tesserarius par centurie, agissant comme le second de l'optio. Ici, ils sont 412, soient le tiers de l'unité! Même le titre s'était dévalorisé avec le temps au point de n'être que l'équivalent de l'ancien decanus (le chef d'un contubernium, soit l'unité essentielle de 8 combattants et 2 servants), ils seraient ici encore trop nombreux pour une unité d'environs 1250h. En bref, elle me semble zarbe, cette unité où il n'y a pas un seul soldat de base (pedes = "fantassin"): tout le monde est au-dessus de la paie de base, sauf les clercs et ces "munifices" dont je ne sais pas de quoi il s'agit (le terme "munifices" a généralement trait au décorum et/ou aux festivités). Et apparemment, tous les soldats sont au moins des sous-offs. Donc soit le document est incomplet et ne reflète que les personnels à fonctions ou distinctions spéciales d'une unité -ou d'un groupement d'unités plus ou moins permanent comme il y en avait alors- plus vaste (les légions palatines -ou certaines d'entre elles- sont parfois mentionnées comme ayant encore une formation "à l'ancienne" avec un effectif global allant jusqu'à 5000h) et la liste des soldats du rang est ailleurs (mais y'a quand même des problèmes, notamment avec le nombre de bas-officiers, qui représente donc le nombre de sous-unités), soit le système a été complètement bouleversé et quasiment aucun terme/rang ne veut dire ce qu'il a pu vouloir dire même au début du IVème siècle, soit il y a là la preuve d'un énorme bidonnage par un officier cherchant à maximiser le nombre de hautes paies pour empocher la différence avec son effectif réel (une triche sur la qualité et sur la quantité).
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énergie La production d'hydrocarbures
Tancrède a répondu à un(e) sujet de nemo dans Economie et défense
Il faudrait pour cela une étonnante coordination des producteurs, étant donné que la demande mondiale est structurellement atone, et vu l'évolution socio-économique qu'on constate partout, plutôt destinée à le rester, sauf pendant de brèves périodes de bulle financière. Pas mal d'analystes voient d'ailleurs l'effondrement actuel du secteur pétrolier américain comme le nouveau krach façon 2008, ce qui jette un autre regard sur la croissance récente des USA, appuyée en majorité sur un pétrole de schiste aux marges faibles et surendetté (croissance purement à crédit sur les dernières années), et un recours addictif aux taux d'intérêt très bas. J'ai du mal à voir le pétrole retrouver des cours élevés avant longtemps, à moins d'une révolution politique et/ou géopolitique du côté des pays producteurs (et on parle bien de TOUS les pays producteurs un tant soit peu importants, dont beaucoup peuvent pas s'encadrer même de très loin, pour d'autres raisons que le pétrole), soit qu'ils unissent leurs efforts de façon fiable et durable pour constituer un cartel fonctionnel (quelle probabilité?), soit qu'un nombre suffisant d'entre eux s'effondrent politiquement, ce qui mettrait de fait la majorité de leur production hors ligne (pour certains, c'est possible, mais pour beaucoup d'entre eux?). L'OPEP a fonctionné à un moment parce que c'était un groupe où il y avait un fromage de tête nettement plus important que les autres; si le nouveau jeu du pétrole doit se structurer, il va maintenant devoir le faire avec combien de gros Bills dans la salle? Moins facile quand ça dépend pas d'un seul. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ils sont de retour! La saison 4 de Vikings a commencé hier soir, et le succès de la série a été jugé suffisant pour que cette saison contienne 20 épisodes, qui seront diffusés cette année en 2 batches de 10 épisodes chacun. Enfin, je ne sais pas s'ils vont encore plus s'enfoncer dans le délire ou essayer de se fonder un peu plus sur l'Histoire, mais une saison qui commence avec des tensions familiales (promettant du sang), deux massacres et une castration publique pour le simple fun, ne peut pas avoir que du mauvais.... -
3 rois français excommuniés, dont un qui l'a été deux fois, Philippe Ier: ça lui a coûté du capital politique, ça l'a empêché de faire des trucs, notamment de partir faire la première croisade (ce qui lui aurait donné des points et du "street cred". Ca l'a pas empêché de régner (ce qui n'était pas le but de l'opération: l'excom, contre un roi, c'est essentiellement pour faire monter la pression) ou de continuer à cochonner avec sa deuxième femme pas "church approved". Mais c'était dangereux, parce que les ecclésiastiques de France étaient avec le pape, donc auraient pu faire mal au roi; en l'état de la querelle (pas fondamentale, pas un énorme problème pour qui que ce soit), ils y sont allés mollo, donc ça a pu traîner des années sans effet majeur, voir une réconciliation officielle avec serment non suivi d'effet (il est resté avec sa bourgeoise sans tampon papal), une nouvelle excommunication avec une période de froid, jusqu'à une résolution finale ultérieure....Il a eu les deux excommunications: mineure, puis majeure (l'anathème). Donc carton plein. Nan, le trip chiant pour le pape, c'est si l'Eglise du pays concerné reste avec le roi, ou si elle est divisée sur le sujet: là, ça pause problèmes. Et c'est risqué pour le roi si le sujet est sérieux, et les calotins sont contre lui: là, l'excommunication peut faire mal et être suivie d'effets réels, de refus de coopération de l'Eglise (éléments majeur de l'administration pratique du royaume, en l'état de ce que le monde féodal assigne comme devoirs à l'échelon royal), de prêches hostiles partout dans le pays, de connivence active avec tous les féodaux ambitieux.... Et ça n'est qu'une étape: la suivante, c'est l'interdit jeté sur ton domaine, voire le royaume entier, et là, ça chie grave: l'Eglise cesse de faire son métier, même dire la messe, et commence à jouer activement contre toi et ton règne, ce qui fait que le pégu s'agite et s'inquiète, que l'impôt ne rentre plus des masses, que pas grand chose ne fonctionne, et que les féodaux se lâchent bien. Y'en a eu deux sur la France (sous Louis VII le cul-béni -vite réglé- et sous Philippe Auguste -et là, ça a été plus chiant). Bref, l'excommunication, en tout cas la mineure, c'est essentiellement un coup de règle sur les doigts; sur un protestant et à notre époque, c'est l'équivalent d'un émôji en forme de caca pas souriant, envoyé sur un compte twitter très fréquenté. En fait, tu le suis pas tant que ça..... Là, il était en petite forme, juste en train d'éructer pour la digestion. Comme dans Le cave se rebiffe, "il se fait la voix". Beaucoup de journalistes ont analysé la structure évolutive de son discours (pattern.... Un terme sans équivalent en français), pour en voir la logique de fonctionnement sur le temps un peu long: il balance des "whoppers" de ce type quand il est dans la merde et/ou quand son actualité baisse. C'est comme ça qu'il continue à occuper le devant de la scène depuis le début, maintenant son très haut degré de médiatisation à très bas coût: balancer des énormités, mais avec méthode. Il choisit son moment pour se relancer ainsi: depuis une semaine, il a plutôt encaissé et a été confondu publiquement à plusieurs reprises, notamment face à un Cruz qui a su le gérer dans le dernier débat, et il a fait quelques gaffes (surtout la dernière en date, sa menace d'un procès en diffamation contre un Cruz qui l'a remballé avec dérision).... Donc quand on lui met le nez dans son caca (ses gaffes, mais aussi ses connaissances dans les sujets abordés, ou ses propositions de politique) ou qu'on parle moins de lui, le Donald ressort les tartes à la crème, immigrants violeurs et autres journalistes femelles qui lui posent des méchantes questions parce qu'elles ont leurs règles. Et hop, la twittosphère explose, youtube court-circuite, les talk show s'enflamment, et les newscycles ne se focalisent plus que sur lui pendant 3-4 jours.... Et toujours, on évite de lui poser des questions sur le contenu de ses propositions (ouffff). Pourquoi les journalistes continuent à marcher (plutôt courir) pour ce genre d'arnaques? Parce que c'est si boooooooonnnnnnnn de se branler à parler de pure chicanierie politicienne entre candidats, d'échanges de vacherie, tout en déguisant la chose sous de fausses analyses contextuelles, des prévisions bancales et des avalanches de données chiffrées issues principalement d'instituts de sondage qui ne gagnent jamais autant de fric que les années présidentielles. Honnêtement, on peut presque voir les journalistes éjaculer sur l'écran.
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C'est vrai que Rubio n'est pas un robot: c'est, comme l'avait fait remarquer Chris Christie dans le débat du NH, un pantin. Et apparemment aussi un tonneau des Danaïdes vu la quantité de liquide qui est versé dedans continuellement, pour un résultat médiocre en terme de rétention (de vote, d'eau et de fric). A tous les sens du terme: - sa campagne coûte très cher, si bien qu'il n'y a que Bush qui claque autant (pour un résultat encore pire) - il boit vraiment beaucoup d'eau (allusion, pour ceux qui ne l'auraient pas vu, à son "contre discours sur l'Etat de l'Union" -une tradition républicaine depuis quelques années- d'il y a 2 ans, où son comportement vis-à-vis d'une bouteille d'eau a marqué son image publique pour la vie)
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Rapidement, on peut trouver des points communs, à un niveau général, mais à ce titre, on pourrait trouver des similitudes du même acabit entre la Chine à diverses périodes et son environnement proche et moins proche. Ou avec l'Empire achéménide à son apogée (jusqu'à Darius/Xerxes, pour qui les revers en Grèce ne furent ni des défaites comme on le croit, ni des choses de grande conséquence pour eux) et son "monde", avec l'Empire byzantin aux Vème-VIIème siècles, puis au IXème-XIème siècles, voire même avec l'Etat pippinide puis carolingien. Le point commun? Un différentiel de puissance énorme entre l'Etat observé et ses voisins et concurrents. Un différentiel tel qu'il peut non seulement en affronter victorieusement plusieurs à la fois, généralement les dissuader (la plupart d'entre eux, la plupart du temps) de même tenter l'expérience, créer de ce fait un espace plus pacifié autour de lui d'où une certaine prospérité peut émerger, une plus grande stabilité avoir une chance de se développer au moins pour un temps. C'est cela, et plus généralement ce qui découle de cela (croissance du commerce, investissements à plus long terme donnant des réalisations grandioses dans beaucoup de domaines, développement artistique qui laisse du coup plus de traces, un certain degré de cosmopolitisme....), qui nous frappe quand on regarde l'histoire. Le fait que le parallèle entre l'Empire romain et l'Amérique nous frappe plus est un produit de notre occidentalocentrisme (normal, on est comme tout le monde: on priorise inconsciemment ce qui nous est plus proche): ce sont les entités qui, dans l'histoire occidentale, ont eu le plus grand différentiel de puissance avec le reste de leur environnement, la masse critique qui permet de ne pas avoir seulement un certain degré d'hégémonie, mais une vraie présence tutélaire. L'Empire britannique n'a pas pu créer cela seul au XIXème, devant nettement plus reposer sur un concert de nations antagonistes où sa prééminence était somme toute juste suffisante pour favoriser un peu d'équilibre. C'est toute l'histoire de l'Europe: des entités politiques dont le différentiel de puissance ne fut jamais suffisant pour recréer un espace de paix durable. Même l'Empire de Charles Quint ne put approcher la chose, pas plus que les débuts ottoniens du St Empire, ou sa suite sous les Hohenstaufen (enfin, les deux seuls qui ont compté). Le reste ne sont que des conséquences où on peut voir des similitudes génériques, mais qui n'ont rien de spécifique: une grande puissance militaire organise ses forces en grandes unités (navales, terrestres, puis aériennes) et crée un dispositif territorial apte à la défense et à la projection, ce qui implique du coup un réseau logistique faramineux, vu l'échelle du problème. Il faut éviter d'y voir quelque chose de trop particulier, tant cela conduit ensuite à des erreurs de lecture. C'est la pente naturelle du cerveau de faire des parallèles (on rapproche de ce qu'on connaît on pense connaître), mais passé un certain stade, c'est un terrible faux-ami. Ceci dit, C'EST UN SUJET SUR LE "WARFARE", la baston à l'échelon tactique! Là où ça charcle et où ça sent la sueur et la tripe tirée au soleil.
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Attention, je tiens à préciser que c'est pas non plus le chef-d'oeuvre de l'année: c'est un bon moment de fun qui permet de se lâcher un peu sur tout ce qui peut vous énerver dans l'omniprésence de films de super-héros (à part..... Le fait qu'il s'agit quand même d'un film de super-héros), et c'est un excellent film d'action avec pas mal d'originalité côté visuel. Notons aussi -soyons pas hypocrites et admettons que même s'ils peuvent nous énerver, on les regarde, ces films- qu'il ne pourrait pas fonctionner sans précisément l'existence de cette surabondance de films (surtout côté Marvel, parce que DC a franchement -et avec constance- foiré son invasion audiovisuelle, pour l'instant) qui lui procurent le matériel avec lequel il se torche le cul. Note du geek: je sais que c'était nécessaire pour l'intrigue d'avoir cet antagoniste (quoique, franchement, ils auraient pu s'en passer), mais voir Angel Dust (jouée par Gina Carano) capable de tenir tête à Colossus (même si ça avait été 5 secondes, ç'aurait été trop), c'est franchement outrageant (si, si ma bonne dame: outrageant! Du temps du Général, ça se serait pas passé comme ça). La voir même l'emporter est choquant, même si c'est par un retournement de situation nettement plus dans l'esprit du film (qui mériterait en soi une longue discussion stérile de nerds sur les lois scientifiques du monde Marvel), heurte le geek adolescent en moi qui se souvient des heures perdues devant les comics de la franchise.
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Il a aussi fait un album de rap, dont la vidéo avait été exhumée par le Daily Show pour un petite mise en boîte.
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Retex de Deadpool. Il est enfin là, le psychopathe le plus cool qui soit, l'humain (vaguement) aux pouvoirs juste-ce-qu'il-faut pour faire de la bonne action sans entrer dans le délire visuel qui lasse, plus le plus puissant de tous.... Celui de briser le 4ème mur, et donc de parler à l'audience et/ou d'agir comme s'il savait qu'il était dans un film (y z'en abusent peut-être un peu dans le film). Le film est vraiment bien foutu, et la prod a décidé de pas faire trop édulcoré, ce qui est parfois difficile avec une origin story où une bonne dose de pathos est généralement requise et a souvent du mal à créer de l'émotion chez qui a passé ses 12-13 ans. Donc il y a quelques moments comme ça, mais ils sont bien courts, et surtout, ils sont continuellement tempérés par les dialogues et leur humour, par leur brièveté même (ils sont disséminés, par concentrés en un gros paquet chiant), et par le tempo effréné du film dont le réalisateur a décidé qu'il piétinerait tout sur son passage pour ne pas lâcher l'ambiance qu'il a voulu créer.... Et cette ambiance, c'est résolument mener une histoire tout en chiant allègrement et narquoisement sur tout ce qui compose les codes de l'univers télé-ciné de Marvel (jusqu'aux désormais rituelles scènes "post credit", cad dans le générique de fin et après). Je dis bien chier: pas se moquer, pas parodier, pas mettre de la distance mâtinée d'un soupçon de dérision (cf Jessica Jones).... Nan, nan! Ici on fait son truc en se soulageant en toute non-innocence sur les recettes et ingrédients désormais habituels des productions Marvel. Il était temps qu'ils fassent un peu d'autodérision. Et ils la font à la masse: l'humour est très en-deçà de la ceinture, le cynisme façon adolescent se respire, c'est crade et sanglant, il n'y a pas de vrais gentils (ou même des gentils juste bourrus et un peu brutaux)..... Enfin, si, y'en a deux, mais ils sont là comme soutien ponctuel et pour qu'on se moque un peu d'eux. Le reste, c'est tout autour de l'ex-soldat-devenu-homme-de-main-puis-transformé-en-monstre. Mais un monstre très revanchard et très drôle qui, pour une fois, m'a rendu Ryan Reynolds sympathique. Il est irritant (Deadpool.... Mais en fait, Reynolds aussi), il est amoral et parfois immoral, il n'a aucune envie de sauver le monde, et il le fait très bien (ne pas sauver le monde). L'action est over the top, et rarement totalement sérieuse (c'est le style assumé du film), elle est bien cradasse (pour une fois, ils profitent du fait que l'un des pouvoirs du perso lui permet d'encaisser des trucs hallucinants..... Aidé par son esprit très très dérangé) avec des articulations qui craquent et des morceaux qui giclent, des coups vicieux et un agréable -assez rare, finalement, à l'écran- mélange intensif entre combat à mains nues, acrobaties, armes blanches, pouvoirs mutants et armes à feu, qui se marque par sa grande fluidité, la limitation des plans séquencés façon "just in time" (devenus trop à la mode et qui bousillent les yeux sans aider à la compréhension), et globalement de bon choix par la réalisation et les équipes de cascade/chorégraphies. C'est un non-héros par essence assez cartoonesque, et l'équilibre entre "réalisme" visuel, ou plutôt l'aspect concret/tangible (puisqu'il s'agit d'un film "live action"), et caractère un peu Tex Avery, est bon; j'ai franchement pas vu le temps passer, pour ce qui est au final une histoire classique dans cet univers -donc quand même chargée et riche en péripéties et protagonistes-, preuve que quand c'est bien écrit, ça glisse comme papa dans maman (désolé pour la métaphore, mais l'esprit du film ne se prête qu'à du cradasse/potache à haute densité). C'est le moins cher des films Marvel (un fait que Deadpool lui-même rappelle fréquemment), et pour moi l'un des plus réussis: quand on pense qu'on en était arrivé à Ant Man (pas mauvais en soi, et Paul Rudd est bon, mais..... Soyons sérieux!) ou l'équipe de bras cassés (dont un arbre qui semble s'être échappé de chez Tolkien) au fin fond de la galaxie (et pourtant j'ai bien aimé), il était grand temps que la prod nous concède ça avant de s'enfoncer encore plus dans la branlette autocélébratoire qui les force au "toujours plus" (de films, de séries, de persos centraux, de membres des équipes en cours....) qui arrivera inévitablement et assez rapidement à l'éclatement de la "bulle superhéros" au cinoche, par simple saturation. Ben à tous les sens du terme, Deadpool, c'est la valve qui fait un peu baisser cette pression.... Façon évacuation des eaux usées et avec un grand bruit de pet.
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On notera que les premiers sondages post débat en Caroline du Sud (pour le GOP donc) a vu Trump rester en tête, mais accuser le coup, perdant entre 4 et 6 points: le torrent d'attaques sur GW Bush n'a pas été universellement accepté. L'Etat ne semble pas être le bastion Bushiste qu'on pensait, au sens où Jeb Bush n'y aura vraisemblablement pas d'avantage particulier, mais pas touche aux anciens Bush(es), et apparemment, la remise en cause de la guerre en Irak et de ses raisons n'a pas fonctionné magnifiquement dans cet Etat très militaire. A voir comment beaucoup de talk shows républicains et d'autres se sont retournés sur Trump en disant qu'il faisait du Michael Moore (insulte suprême chez eux). C'est pas majeur, ça ne semble même pas avoir été dangereux (surtout pour un gars qui change d'avis, de propos et de braquet d'une seconde sur l'autre, s'adapte vite, et a cet avantage quasi divin de pouvoir se contredire au vu de tous sans être plombé pour l'avoir fait), mais je gage que le discours de Trump depuis et jusqu'à l'élection..... Est différent. Au niveau national, évidemment, les chiffres sont différents, mais les sondages nationaux ne reflètent pas grand chose dans les primaires (c'est Etat par Etat): seule leur évolution au fil du temps a une valeur relative comme indicateur de tendance, mais bon.... Les flux sur twitter et les like/dislike sur Facebook aussi, à ce compte. En revanche, une analyse intéressante que j'ai vue hier soir sur MSNBC (journal de Rachel Maddow), purement "data driven" et sans contenu à tendance éditoriale, pointait l'évolution des prédictions des sondeurs pour le SuperTuesday (aussi appelé "Judgment Day"..... Vu la quantité d'informatique en jeu pour les élections ricaines, c'est sans doute là que Skynet fera son coup), et côté démocrate, il apparaîtrait qu'il n'y a au jour d'aujourd'hui plus de prédiction possible pour quasiment tous les Etats sauf 3 ou 4 (dont 2 certains pour Clinton), là où quasiment tous étaient donnés pour Clinton fin décembre.
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Je te répondrais avec la position (récente) de la Cour Suprême américaine sur la corruption: la corruption n'existe pas en dehors du pur et simple quid pro quo direct et formulé, à savoir, un type donne de l'argent (cash) à un élu/fonctionnaire en demandant un service. Point barre. En dehors de cette situation strictement définie, la corruption n'existe pas et est impossible. Je ne fais pas de chasse aux sorcières en essayant de définir le champ du racisme au sens large, parce que ce n'est pas une réalité si monolithique, mais comme toute chose, un fait bien plus vaste et divers dans son intensité et ses composantes. Après, on peut s'amuser à enculer les coléoptères en plein vol (je sais que tu aimes ça aussi ) pour essayer de définir un seuil au-delà duquel une personne est, tel que tu voudrais le définir, un "raciste", mais en toute raison, ce seuil définirait lui aussi un ensemble (moins vaste évidemment) de situations diverses et de profils aussi divers. Le racisme de la définition que tu sors est plutôt une variante "scientifique" (enfin c'est l'appellation.....) telle que née au XIXème siècle (avec d'autres "sciences" comme la drôlissime crâniologie). Et si je voulais faire mon jésuite, je soulignerais deux points: - la définition que tu cites est déjà binaire et définis donc au moins deux ensembles: ceux qui croient.... Et ceux qui croient et pratiquent. - elle parle aussi de croyance.... Donc évoque une vaste réalité qui épouse la variété des profils humains: on croit à beaucoup de degrés différents, et en l'occurrence, entre le type qui est persuadé que sa pâleur définit sa valeur et celui qui a cette idée située à mi-chemin entre conscient et inconscient, parce qu'il a plus ou moins vécu dans un environnement où ça faisait partie du paysage, il y a un monde de différence, même si la dite idée jouera un rôle dans le processus de pensée des deux. Juste pas le même, pas au même degré d'intensité. EDIT: Oup, Shrorrky est intervenu entre-temps, précisant effectivement mon post. Vu qu'on essaie de parler de réalités électorales et de motifs de votes pour d'importants pans de population, il faut pouvoir faire plus de gradations que des hommes de pailles catégoriquement tranchés, parce que dans le cas présent, on aura donc un faible nombre de racistes tels que tu les définis, et pour tout le reste, quoi? Des gens parfaitements ouverts à la différence et sans préjugés raciaux ou religieux aucun? Dont le vote n'est pas affecté plus ou moins lourdement par la question, même s'ils ne pensent pas que c'est le cas? Et pour ta gouverne et ton éducation, tout le monde sait que les sorcières se repèrent facilement; ils suffit de les peser et de comparer leur poids à celui d'un canard. Si elles sont autant ou moins lourdes que celui-ci, ce sont des sorcières, et on sait où les envoyer (pour ceux qui ne sauraient pas, c'est au bûcher..... Ou dans mon lit si elles sont jolies). Sinon, un chiffre amusant: les deux candidats républicains "establishment" ont déjà dépensé plus de 20 millions de dollars en messages publicitaires en Caroline du Sud (12 pour Bush, 8 pour Rubio), soit plus de 3 fois plus plus que TOUS les autres candidats (des deux bords) réunis, donc aucun n'a dépensé plus d'1,3 million de dollars.
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Je n'ai pas affirmé la corrélation totale, tu noteras: c'est une portion de son électorat. Cependant, il faut déjà voir un truc dans les sondages sur des thèmes comme le racisme: on y trouve ceux qui le sont de façon ouverte et avouée, y compris vis-à-vis d'eux-mêmes, et beaucoup plus pour qui ce n'est pas le cas. Combien de gens ont un profil de vote, d'action, de vie et de pensée qui est franchement raciste -à des degrés divers allant de "j'aime pas les étrangers et je voudrais qu'ils partent à "Hitler était une tapette timide"- et combien l'avouent aux autres ou s'en rendent compte eux-mêmes? On voit énormément de racistes authentiques ne pas tolérer -et souvent sincèrement- d'être ainsi qualifiés.... Beaucoup peuvent par exemple se dire "ethnodifférencialistes", ou se considérer parfaitement ouverts)? On trouve enfin, et c'est la majorité, des gens tout-à-fait normaux -c'est-à-dire avec des griefs, de la colère et des préjugés et boucs-émissaires qui viennent à l'esprit plus vite que d'autres- qui auront une ou quelques opinions (celles sur lesquelles on vote) assimilables à la vaste catégorie "racisme", même si elles sont en faibles nombre dans l'ensemble des opinions que chacun a sur tout et n'importe quoi. Des sondages comme ceux que je cite sont ainsi plus révélateurs des "hardcore" qu'autre chose. Le noyau dur des racistes bien définis par eux-mêmes et le monde extérieur. Dans une moindre mesure, on voit aussi ceux qui ne le sont pas forcément, en tout cas pas de façon marquée, mais ont une réponse raciste à un problème (perçu ou réel) du moment, alimentée par le nombre forcément limité de sources d'info qu'ils ont eu (surtout dans le temps court), l'environnement social où ils vivent, la colère (celle liée à ce problème, et les autres), et l'absence de recul et de temps laissé au temps: le cas de l'islam et des musulmans (déjà une absurde catégorie, trop générale pour aborder la question) en Amérique est exemplaire à cet égard. Les points communs dominants de l'électorat trumpien sont avant tout la colère (face à la situation -réelle et perçue- du citoyen interrogé, du pays et de sa société, face au "système" et à l'establishment -du pays et des partis) et l'immigration. Beaucoup d'électeurs trumpiens disent ainsi "qu'ils votent avec leur majeur".
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Un sondage révélateur en Caroline du Sud, qui aide à se faire une meilleure idée de la spécificité de l'électorat de Trump. C'est utile en ce que cela révèle à la fois la force et la faiblesse du candidat: cet électorat est non seulement très particulier dans le paysage américain (même si potentiellement assez important), mais aussi dans le paysage républicain, ce qui révèle autant un certain potentiel de croissance que sa limite. Ainsi: - 80% des Trumpistes sont pour le fait d'interdire aux musulmans d'entrer sur le territoire US.... Contre 60% des Républicains votant aux primaires - 33% sont pour l'interdiction de l'Islam sur le territoire US, contre 23% des Républicains - 62% sont pour la création d'une base de donnée nationale listant les musulmans vivant sur le territoire US, contre 47% des Républicains - 70% veulent voir le drapeau confédéré flotter à nouveau sur la capitale de l'Etat, contre 54% des Républicains - 31% sont pour le fait d'interdire aux homosexuels d'entrer sur le territoire US contre 20% des Républicains - 16% déclarent que les blancs sont une race supérieure, contre 10% des Républicains On voit donc, même si les marges ne sont pas toujours énormes, que l'électorat de Trump tend à avoir une spécificité dominante (ou plus exactement, une portion dans ses rangs a cette spécificité), au-delà de sa colère et de son adhésion au culte de la personnalité du Donald.
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FRANCE : 5° puissance économique?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
Je crois que la référence va plutôt à la probable entrée au capital d'une entreprise nucléaire chinoise, pressentie/prévue depuis la dernière visite de Hollande en Chine. -
[Séries TV]
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Pas vraiment, je trouve: Dark Matter avait au moins un fond d'intrigue original, avec son équipage d'amnésiques se cherchant une vocation et fuyant leurs bacgounds redécouverts. Ils ont juste merdé dans la mise en oeuvre, qui en a fait une série chiante, sans tempo, avec des persos plutôt plats (en grande partie du aux acteurs et/ou à l'écriture) et une ambiance sombre pas vraiment réussie, dont le seul effet est de rendre une atmosphère déprimante, peu alléchante et, somme toute, fondamentalement emmerdante. Killjoys, c'est de la SF télé avec zéro originalité, du plan plan dans la méta-intrigue (particulièrement pas bonne et titillante) tout comme dans les scénars d'épisode on ne peut plus téléphonés et reflétant les mêmes défauts vus dans cent autres séries SF depuis les premiers Star Treks, qui reflètent autant les moyens limités du format que le manque d'efforts dans le processus créatif, réalisé, comme trop souvent, en version cheap. Les effets spéciaux modernes à tarifs accessibles ayant acquis un certain niveau de qualité, ça donne quelques bons visuels pas imaginables en séries il y a encore 10-15 ans, mais c'est tout. En revanche, contrairement à DM, Killjoys a du rythme et a pu créer des persos plus attachants (pas originaux pour deux sous, assez archétypiques même, mais plus attachants) et qui "fonctionnent" bien entre eux pour qui ne recherche que de la distraction le temps d'un épisode occasionnel. Et l'univers, pas original non plus, est suffisamment efficace pour cette tâche. C'est un bon petit produit sans ambition, calculé pour un segment de marché précis, avec une actrice principale qui reprend les codes et tropes (irritants et cons) du moment pour le public cible (ados pubertaires et donzelles en manque d'assurance d'elles-mêmes), et qui ne fait pas mal aux yeux. -
Pourquoi spécifiquement l'armée US? Je pourrais décrire tous les systèmes aristocratiques de formation des élites militaires européennes d'avant le XVIIIème-XIXème siècle de la même façon. Et de façon encore plus organisée et systématisée, avec l'apparition d'écoles militaires aux XVIIIème-XIXème siècles. Les ressemblances que tu évoques sont moins le fait d'une commonalité de mentalité/culture que de celles d'une similitude dans le différentiel de moyens entre Rome et les autres puissances de son époque, de même peut-être qu'une autre qui réside dans le fait que Rome est par beaucoup d'aspects proche d'un Etat administratif moderne que la plupart de ses contemporains, et par là, capable de penser et organiser son action et ses structures militaires à une échelle alors rarement vue. Mais l'organisation d'un réseau logistique de ce type pouvait déjà être vue dans l'Empire achéménide (sur lequel d'ailleurs Rome a copié son "cursus publicus", soit le système très cher de routes, relais et courriers permettant à l'information de circuler dans l'Empire), et, pour changer d'époque, je pourrais pointer notre bonne vieille France qui, dès que l'Etat parvint à obtenir une certaine solidité (dans le pays, par rapport aux puissances/tendances féodales), une bonne certitude qu'elle allait durer, et par là, une nouvelle échelle de moyens, c'est-à-dire sous Louis XIV, on voit un Louvois capable d'organiser la structuration militaire du pays selon des principes très analogues (réseaux de routes dédiées et points d'appuis, réseaux de magasins/dépôts et approvisionnements aux positions choisies, organisation des fortifications à une macro-échelle....). Et je ne parle même pas de Napoléon dans ce registre. A trop vouloir faire des comparatifs historiques (et Dieu sait que j'adore ça), on les voit partout, et on finit par forcer cette vision des choses sur des éléments qui, au final, n'ont rien de si unique aux entités comparées. Rome fut certes plus obsédée (et par là, systématique) par la logistique (notamment à grande échelle) que la majorité ses contemporains, et si procédurière que tout devait y être systématisé, ce que la culture républicaine transcrit en obligation règlementaire, et par là, en habitudes culturelles devenant des codes de fonctionnement du logiciel militaire. Le fait est particulièrement important à bas échelon, puisque la culture citoyenne et nationaliste/patriotique d'une république a permis de transcrire une bonne partie de cette obsession jusqu'aux comportements du centurionnat et des sous-officiers, dont les charges incluaient souvent plusieurs aspects de logistique (exécution et vérification, examinations croisées par plusieurs officiers et échelons pour limiter la fraude....), ce qui s'inscrit dans une culture de déconcentration de certaines décisions et activités, entre autres permises par une chose pas si fréquente dans beaucoup de pays antiques: le fait d'avoir une armée en grande partie professionnelle et permanente, et/ou une administration militaire conséquente. Ces choses arrivent graduellement à Rome, mais sont de fait acquises (même si pas encore généralisées ou entérinées dans la loi et les mentalités) avec les guerres Puniques. Autre élément: Rome survit plus longtemps. D'autres Etats ont eu des armées professionnelles (notamment ceux des Diadoques, après Alexandre), mais peu ont eu la longévité suffisante pour faire durer un système militaire et lui permettre de prendre sa vie propre et de s'améliorer (ils étaient en conflit permanent, voisins les uns des autres, sans distance/profondeur stratégique suffisante, directement enfermés dans un cycle perpétuel d'affrontement entre eux): on pourrait dire que beaucoup de ces Etats étaient plus souvent des monarchies/autocraties moins tempérées et pas forcément aussi rassembleuses, mais l'existence d'une administration et d'une administration militaires efficaces ne sont pas nécessairement inséparables d'un système démocratique/républicain.
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Trump, et derrière lui la campagne des primaires côté conservateur, soulève l'opinion de droite comme rarement, ce qui ne fut pas tellement le cas de Romney, qui n'était pas aimé par les conservateurs, et ne suscitait pas vraiment d'enthousiasme ou de passion. De plus, il a été bien plus sanctionné pour sa tendance à changer d'avis tous les jours que pour ses positions dures, ce qui a le grave défaut d'en faire quelqu'un en qui personne n'a le moindre début de confiance, ce qui s'ajoute à son absence de charisme et à son incapacité à déchaîner les passions. Trump peut changer d'avis autant qu'il veut, il peut lui soulever les passions pour ou contre lui, faire le buzz et affirmer son personnage. Maintenant pour la nomination à venir, il n'y a aucun doute qu'elle aura un effet majeur sur la campagne, surtout côté républicain: ça va être un tremplin, un instrument pour pointer des doigts, mobiliser ses troupes, en appeler aux inquiétudes et peurs les plus profondes.... Et le GOP a déjà annoncé la couleur: le coup d'Etat bolchevik d'Obama n'est pas loin (en même temps, à chaque décision qu'il a prise depuis son élection, c'est le même refrain, donc....) et il faut lutter contre cette nouvelle incarnation de l'antéchrist. Comme tu le dis, la question est de savoir comment ça va marcher sur l'électorat non encarté et moins enclin à voter systématiquement pour un parti, le tout sur fond d'une crédibilité en berne pour le Congrès, et d'un ras le bol profond de l'immobilisme washingtonien où les républicains sont perçus assez largement comme ayant la part du lion dans le blocage institutionnel. Ca n'a jamais arrêté l'actuel GOP et ses branches les plus à droite, et ça ne les empêche pas de contrôler la Chambre et la majorité des parlements d'Etat, ceci dit. Le parti qui n'a pas peur de bloquer complètement la gouvernance du pays pour des années a un net avantage politique par rapport à celui où prédomine le sentiment "qu'il faut être l'adulte dans la salle". La folie est une force, apparemment. Dans l'histoire du remplacement de Saglia, le problème est que les démocrates n'ont aucune carte à jouer côté règles du jeu; leur seul avantage est politique, est il est encore à réellement créer, ce qui garantit de toute façon que la bataille va être looooooooooooooooonnnnnnnnnnnnnnnngue.
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Je dirais quand même que dans ces prédictions, tu projettes peut-être un peu plus d'envies que d'analyse. Je ne suis pas du tout sûr que Trump foute TAFTA aux chiottes, surtout que c'est un deal nettement plus favorable aux USA et que les conditions, même politiques, n'en sont pas du tout similaires à celles du traité transpacifique, objet de toutes les attaques de Trump et Sanders, à savoir, principalement, l'effet de désindustrialisation de traités avec des nations manufacturières au niveau de vie plus bas (pas que, mais c'est le principal truc pointé du doigt). De même, je ne suis absolument pas sûr de l'effet d'un Trump ou d'un Sanders sur les relations avec la Russie; on pourrait même arguer que le manque de bellicisme d'un Sanders pourrait fonctionner comme une invitation à Poutine pour être plus agressif en Europe de l'est, ceci dit. Mais plus généralement, je souligne que le futur président aura à faire face à une situation quasi certaine: une chambre des représentants non seulement nettement républicaine, mais carrément ultra-conservatrice et parasitaire (plus précisément: bloquée par les ultra-conservateurs). Donc la probable pespective est de voir une Amérique paralysée côté législation et grandes décisions, surtout dans le cas de l'élection d'un des deux candidats dits "populistes" ou "anti-système" (et Sanders à, à ce jour, plus de chances qu'un Trump résolument haï par de larges portions de l'opinion, y compris républicaine). Une législation remettant Wall Street à sa place ou y mettant au moins des gardes-fous est, dans ce contexte, hautement improbable. C'est triste à dire, mais pour que cette situation change, il faut attendre la prochaine crise boursière/bancaire. Là c'est vraiment difficile à dire: d'abord parce que Trump n'a pas de politique, et change d'avis comme de cravate (même s'il y a toujours marqué "Trump" dessus), ensuite parce qu'il est résolument prêt, et du style, à jouer les matamores et les va -t'en guerre rien que pour se donner un genre, ou, si la situation se présentait ainsi, pour rallier du monde au Congrès. C'est pas parce que Poutine lui a fait un compliment que Trump est pro-russe ou pro-apeasement; les sanctions économiques contre la Russie sont de faible conséquence pour les ricains, et sont même un avantage en ce qu'elles font mal à l'UE et à la Russie; du point de vue ricain, pourquoi s'en priver? Et faire du "sabre rattling" en agitant l'image du méchant russe, ça continue à marcher aux USA, du moins auprès d'une certaine partie de l'opinion (et, soyons honnêtes: même si beaucoup ici sont pro-russes ou veulent "rééquilibrer" la vision qu'on a de la Russie, il y a BEAUCOUP à critiquer dans l'action extérieure de la Russie ces derniers temps aussi, non?), et je n'ai pas vu Trump jouer autre chose dans sa posture que les Reagan sous amphètes, voulant affirmer la puissance militaire américaine et jouer les gros durs en parlant fort. Comme le disait un comique américain il y a quelques temps, "republicans have gone from Theodore Roosevelt's "speak softly and carry a big stick" to Chris Christie's "speak loudly and be a big dick"" (les républicains sont passés du "parlez bas et ayez un gros bâton" de TR, au "parlez fort et soyez un trou du cul" de CC.... Traduction non littérale).
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J'avais déjà évoqué le sujet plus haut dans le fil: Bush a récolté l'essentiel de son fric avant septembre dernier, tant pour sa campagne que pour son énorme SuperPAC. Déjà à la rentrée, on signalait qu'il avait de plus en plus de mal à faire venir du fric, avait du faire des économies dans son staff, et n'arrivait plus à trouver de nouveaux gros contributeurs (pour le SuperPAC, les donations aux campagnes étant plafonnées) ni à faire venir beaucoup pour sa campagne. Mais il avait encore des réserves. Après ça, il est de l'intérêt de l'establishment de garder un de "ses" candidats un minimum à flot, et les Bush ont, dit-on, la Caroline du Sud comme "firewall" (encore du renom et de l'influence dans cet Etat).
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Fin avril? Le Supertuesday est le 1er mars: ce sera tout réglé ce soir là, ou, si vraiment c'est tendu, le 2 au matin. Fin avril, la campagne générale aura déjà pris son rythme de croisière depuis un moment. Cad, les camps seront définis, tout le monde se sera refoutu dans ses cases génériques, et le sang coulera abondamment selon les lignes pré-établies, la vérité étant foutue aux chiottes par-dessus l'intérêt du pays (déjà au fond de la cuvette depuis le début de la campagne des primaires) et la civilité. Dans de telles conditions, une bataille pour la nomination d'un "Justice" sera de l'huile sur le feu, autant dans le processus d'audition au Sénat que sur la scène médiatique, à moins d'un accord préalable en coulisse sur un "candidat idéal", dur à définir dans ces conditions étant donné la renaissance active de la base démocrate liberal/progressive, le delirium sous amphètes électorales de la droite, et l'enjeu phénoménal qu'est cette position clé qui peut renverser pour longtemps la balance juridique aux USA (quoique la juge Bader-Ginsburg, aussi appelée "Notorious G" est plus si fringante, malgré ses bilans de santé positifs). Y'a une surcharge politique ET symbolique dans cette nomination, le tout dans une année déjà survitaminée de ces deux côtés.
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Dans quel sens l'entends-tu? La crédibilité du processus pour le cas où personne ne serait nommé jusqu'au prochain président? La crédibilité est une chose en grande partie intangible, et dans le cas d'un nominé dans cette institution, on ne parle pas tellement de crédibilité internationale. Il y aurait certainement du dommage fait au sein du pays à l'image (terme plus pertinent dans ce cas) des institutions et surtout des partis (GOP en tête puisque dans ce scénario, il est l'entité qui bloque, et à moins qu'Obama n'appointe un juge communiste enragé voulant tuer des foetus pour le fun, c'est pas lui qui prendra du flak pour le blocage), mais au point où en sont les institutions en général dans ce domaine, et plus particulièrement le Congrès et les partis, ça changera pas grand-chose (dans une série de sondages récurrents, ça fait plus de 3 ans que le Congrès et les républicains à la Chambre sont moins populaires que la merde de chien, les sorcières et les maladies vénériennes). Donc la crédibilité, concept plus large que la seule image, accuserait le coup sans pour autant que ça change grand-chose en termes concrets: le processus politique n'en sera pas plus menacé, et la chose s'inscrirait dans le cadre plus vaste de la crise politique fédérale qui semble devenue la norme aux USA. La seule conséquence concrète qui soit perceptible, ce sera la mise hors circuit de la Cour Suprême pour le reste de l'année et le temps ensuite qu'il faudra pour avoir un nouveau juge, et ça, ça peut commencer à causer des vrais problèmes, et impacter indirectement la vie juridique aux USA. Obama a cependant le pouvoir de nommer un "Justice" (surnom des juges de SCOTUS) temporaire pour l'interim, ce qui est en fait sa plus grande arme pour espérer résoudre la situation avant qu'elle ne devienne une crise, et la raison pour laquelle, en principe, ce genre de choses ne peut pas durer ad vitam (s'il nomme pour cet interim un vrai "liberal" hippie/écolo/socialo enragé, le GOP l'a dans le cul par sa propre faute.... Même si c'est risqué politiquement pour les démocrates en année électorale). Le problème est qu'une forte dose d'irrationalité a été introduite au Congrès avec un pan très important des républicains qui sont des idéologues et/ou des ambitieux/opportunistes alignés sur l'agenda et le "cursus honorum" d'une des branches idéologiques de l'extrême droite, donc prêts à faire le blocage pour le fun de la chose, par besoin carriériste/médiatique, pour le principe.... Même si cela n'a aucune chance de déboucher sur quoi que ce soit d'utile pour le pays, pour le GOP. Et on est en année électorale, donc multiplie le facteur irrationalité par 100: beaucoup de gens vont avoir beaucoup de choses à "prouver" à leurs électeurs, à leur "patron" putatif (le candidat présidentiel qu'on veut rallier, le caucus qu'on veut intégrer, l'employeur qu'on veut avoir après le Congrès....), à leur secteur des médias.... Rappelons aussi que, outre la présidentielle, la moitié du Sénat est renouvelée cette année, donc la folie électorale marche aussi de ce côté. Et le Sénat reste une élection compétitive, beaucoup moins verrouillable et trucable que la Chambre: s'il y a un président démocrate, les probabilités vont vers un Sénat tout aussi démocrate, donc, vu les pronostics génériques au jour d'aujourd'hui et la façon dont le GOP se démolit auprès de l'opinion générale (même si, quand la campagne générale commencera, ça changera), la fin de l'année est au minimum une grave inquiétude pour les républicains en ce qui concerne cette nomination à SCOTUS, au maximum une deadline en béton.
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On peut déjà imaginer le processus impossible qui va s'engager au Sénat.... Le GOP va s'en servir comme plate-forme pour la présidentielle, et tous les candidats d'Obama vont être présentés comme des gauchistes enragés le couteau entre les dents. Savoir si ça va marcher est autre chose, mais en attendant, ça va traîner pendant des mois, voire être bloqué jusqu'au prochain président; en théorie, ça ne devrait pas être possible, mais cette majorité républicaine a déjà prouvé jusqu'où elle était prête à aller. Les auditions à la commission judiciaire vont être funky.