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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Ne la regardez pas! Ca ne commence qu'en avril, donc si vous regardez un teaser, le phénomène addictif débouchant sur le symptôme d'attente angoissée franchira des niveaux insupportables: Winter is coming.... But in the spring. Donc évitez le contact avec tout matériel GoT-related, pensez à autre chose, regardez d'autres shows: Agent Carter aide à passer le temps, par exemple: c'est Marvel, c'est con et amusant, et quand ça se finira, Agents of Shield (série parente) reprendra pour la suite. The Americans a repris cette semaine, Galavant est génial (Ricky Gervais en mage shooté, Weird Al Yankovitch en moine ayant fait voeu de chant....), Arrow et NCIS (et dérivés) sont là pour les vraiment désespérés.... Et s'il faut activer (un peu, n'exagérons rien) les neurones, y'a d'autres trucs: Halt & Catch Fire reste disponible, et la seconde saison va arriver, Manhattan revient (ah merde, pas avant GoT), et je viens d'apprendre qu'en fait, Hélène et les Garçons (les neurones s'activent..... Et se suicident juste après) ne s'est jamais arrêté et a continué quasi sans interruption depuis les années 90 (avec d'autres noms), polluant maintenant aussi les sites de streaming (pour une série qui date d'avant Internet, ça choquerait presque).
  2. Où est le Soviet baveux avec le couteau entre les dents quand on a enfin besoin de lui?
  3. J'ajouterais le facteur supplémentaire des destinations et acteurs de l'investissement dans la situation actuelle: les grands organismes financiers prêtent peu aux acteurs petits et moyens de l'économie (t'en auras toujours un peu, et ils font de la pub avec, mais c'est réduit), et la concentration bancaire a fait disparaître les "mini marchés financiers" qu'étaient les banques petites et moyennes maillant un territoire donné (et le niveau de "décentralisation" interne variable au sein des grandes banques), concentrant la rencontre offre/demande de capitaux dans les grands centres financiers, laissant peanuts ailleurs. Ajoute ça à la captation de fait de l'épargne par ces centres décisionnaires (par contrôle direct, influence sur le marché, direction des tendances, abolition de la frontière banque d'investissement/banque de dépôt....), et tu as des marchés financiers dont l'impact positif sur une économie est nettement amoindri, surtout quand on examine la part prise par cet intermédiaire dans la définition de ce qu'est l'investissement: proportion des investissements purement financiers (ce qu'on évoque souvent en parlant des investissements de court terme ou de l'économie "de casino"; bref, tout ce qui est essentiellement des méthodes très élaborées et innombrables de paris sur qui achètera quoi à quelle échéance) représente une masse énorme et croissante de ce qu'on appelle "investissement", sans pour autant que cela soit injecté effectivement dans une économie. En facteur additionnel, le "coût" de cette intermédiation des marchés financiers (bref, ce que le secteur finance se met dans la fouille, par rapport au service rendu) de plus en plus oligopolistique est, de façon croissante, décrit comme exorbitant (sans même prendre en compte des analyses plus holistiques incluant leur effet sur une économie ou une société), soit une autre manière de dire qu'ils sont plus devenus un outil de captation de richesses (et de mauvaises prescriptions) qu'un outil efficace d'allocation des dites richesses. Au global, ça me semble une famille importante de facteurs puisque cela concourt énormément de la "productivité" des niveaux d'investissement dans une économie, et de l'impact de ce qu'on appelle l'investissement, qui me semble désormais un terme englobant beaucoup trop de choses pour être pris globalement dans une analyse sur la "consommation" de capitaux/d'épargne.
  4. J'imagine qu'à bien des égards, contrairement à ce qu'on pourrait penser spontanément, c'était pas tellement mieux avant pour la plupart des matériels un peu poussés, à toutes les époques. En fait ce serait moins choquant si de nos jours, et surtout en occident (moins les USA), on avait encore en arrière plan l'idée que la guerre peut durer et qu'elle use et abuse de tout, et s'il est un domaine où c'est choquant et où la diminution du "capital militaire" européen est certaine, c'est le domaine des "stocks" militaires, matériels (arsenaux, quantités de munitions disponibles) et humains (réserves), les productions étant de plus en plus ajustées seulement au besoin estimé du moment et de quelques années à venir (estimées à l'aune la plus arrangeante), sans marge de sécurité même minimale. Soit ce qui amortit le choc en attendant que le pays s'organise pour la suite d'une guerre longue. Ce pourrait être compréhensible si le but était de faire se succéder rapidement des petites générations de matériels, en laissant "derrière" (en termes technologiques) les matériels stockés en réserve en quantité; ce n'est évidemment plus le cas. Si des durées importantes sont un fait désormais incompressible (dans une certaine mesure) et indissociable du niveau de sophistication atteint, alors cette question des stocks disponibles est son corollaire absolument indépassable, ce qui ramène aux discussions budgétaires et à la compréhension de ce qu'est l'effort militaire d'un pays, qui passe aussi par la constitution d'un "capital de réserve".
  5. Une mesure d'un "trop plein" de sophistication ne devrait-elle pas être la rapidité de production/remplacement d'un matériel? Un facteur qui ne change pas dans la guerre est qu'elle use et détruit le matériel à rythme accéléré, tout comme elle tue les soldats:le point devient donc de se poser la question de la dite sophistication à l'aune de cette constante. Si même un rythme de production accéléré en temps de guerre ne ramène pas les cadences de production à une durée acceptable (sans mobiliser des moyens démesurés pour obtenir un rythme correct), ne peut-on dire qu'il y a problème étant donné que cela fait de la destruction de tel ou tel équipement un but stratégique en soi pour l'ennemi? Le principe de ce critère n'a rien d'original: je me posais juste la question d'un éventuel chiffrage de ce facteur. Si on produit actuellement environs 1 Rafale par mois, par exemple (un petit peu plus, mais en arrondissant), jusqu'à quelle cadence cela pourrait-il monter en cas de besoin (dans un délai de 1, 6 ou 12 mois)? En mobilisant quel niveau de ressources par avion supplémentaire?
  6. Pour l'après 45, entièrement d'accord, mais c'est le pétrole de la Mer du Nord qui leur a permis de redévelopper une économie après la "cure" des 30 glorieuses qu'ils n'ont pas vraiment eues comme nous (leur croissance, moindre que sur le continent, était bouffée par l'inflation); jusqu'à ce boom pétrolier, ça faisait longtemps que personne n'investissait au RU qui était grevé d'inflation et d'autres problèmes, malgré la baisse de la dette. Ils se sont payés sur 20-30 ans ce que les Grecs et d'autres se sont payés ces dernières années, sans que le miracle du désendettement ait fait les petits tant vantés par ceux qui croient à cet effet magique (l'Angleterre des années 40 à 70, c'est pas vraiment l'endroit où on voulait/pouvait se faire un avenir). Et sans le coup de bol monstrueux du pétrole, la "révolution thatchérienne" aurait eu bon dos. Pour les autres périodes de surendettement, on notera que là aussi les circonstances sont à mettre en valeur avant le reste: - celle de la guerre de 7 ans: le coût fut une autre guerre (et plus d'endettement) et la perte des colonies nord américaines - celle des guerres de la révolution et de l'empire: beaucoup de chances (et de conneries côté napoléonien) et plusieurs catastrophes évitées par le fait des autres (Russes et Autrichiens surtout), comme la massive crise boursière de 1812 qui est passé à deux doigts de leur faire mettre les pouces. - le lien entre un développement commercial agressif et guerrier outre mer et la confiance des milieux financiers aux XVIIIème-XIXème siècles: c'est ce qui a sauvé le bilan commercial anglais pendant la période 1803-1815 (effets massifs du Blocus Continental, guerre avec les USA) et leur a garanti des appros et plus encore des débouchés et des métaux précieux. Pas vraiment une méthode réemployable aujourd'hui - le caractère unique et quasi monopolistique de la place financière de Londres (et de son système monétaire particulier), de la capacité industrielle et du réseau commercial mondial du RU à cette époque. Un atout là non plus pas très reproductible, procurant un avantage absolu tellement énorme qu'on peut difficilement en faire une recette économique générique ou reproductible (même par les USA aujourd'hui). - l'énorme misère sociale créée à ces périodes (l'après 1763, l'après 1815, le dernier quart du XIXème siècle, l'après 45 -plus soft, mais bien réel) fut l'autre conséquence non dite du désendettement continu, "l'amortisseur" imposé, souvent par la force, même quand il y avait aussi des colonies pour prendre une part du choc (au XVIIIème, 13 d'entre elles ont dit merde, au XIXème, conflits sociaux, faible développement de la classe moyenne passé le milieu du siècle, et émigration; au XXème, manifs, résignation, syndicalisation, radicalisation....). Et dans ces périodes, le développement économique et social est faible, sauf pendant la période 1815-milieu du XIXème siècle, où il s'agit là de la révolution industrielle à son plus fort, soit une croissance absolue qui ne peut pas être entièrement captée par "le haut", étant donné l'avance britannique et l'avantage commercial (empire immense et en développement) quasi absolu dont le pays dispose alors. Une circonstance jamais reproduite qui a évité plus encore que lors des autres périodes une revue du système économique et social.
  7. Les Gallois n'étaient plus à l'époque du début de la Guerre de Cent Ans qu'une des bases du recrutement. Initialement, c'est face à l'efficacité de la résistance galloise (pas due seulement à l'archerie mais à plein de facteurs, dont le terrain et la faible densité de peuplement) et à leur usage impressionnant de l'arc (ancêtre du longbow; le modèle gallois était nettement plus petit et moins puissant) qu'Edouard Ier dit "le sec" (le méchant roi dans Braveheart) a commencé à mettre en place le dispositif qui rendra plus tard possible le modèle tactique anglais de la guerre de Cent Ans, soient les bases d'une armée de milice sélective dont on peut tirer une petite armée professionnelle bien formée, via les "Archery laws" et "Assizes of arms". C'est toute l'Angleterre (donc Angleterre, Cornouailles et Pays de Galles) qui est concernée, l'entraînement aux armes dès l'adolescence étant établie comme un devoir hebdomadaire pour tous les hommes libres disposant d'un quota minimum de propriété (les yeomen). L'archerie est l'entraînement le plus encouragé (concours avec prix, préférences, tarifs de recrutement en cas de guerre....) et devient de ce fait le passe temps national, même si d'autres spécialités sont travaillées (billmen, guisarmiers....). Cela fournit un large contingent potentiel au sein duquel une sélection est nécessaire, surtout avec le développement de la protection individuelle, qui exige des arcs plus puissants (pour avoir une efficacité) dont le développement est poursuivi sur base du modèle d'arcs gallois, aboutissant au longbow qui, par ses contraintes techniques/industrielles, implique aussi la lente édification d'un outil militaro-économique spécifique, soit le réseau national de fabriques qui permettent d'alimenter le modèle de troupe ainsi créé. Le tout va de pair avec une relative réduction de pouvoir des grands aristos, via l'émergence d'une force "populaire" organisée, qui donne à la petite bourgeoisie une voix plus tonnante qui s'ajoute à sa représentation politique (indirecte, mais réelle, via le Parlement dont les membres sont aussi partiellement contraints par leurs réseaux de clientèle). Mais aussi à la capacité à financer des guerres via le vote d'un impôt spécifique avec l'accord des représentations politiques (qui garantit le financement pour un temps donné). Mais à ce stade, c'est bien de toute l'Angleterre que vient le recrutement, le Pays de Galles n'étant qu'une région parmi d'autres (et pas la plus peuplée). A l'époque du début de la guerre de Cent Ans (1337 est l'année consacrée pour marquer le début), ce système est bien en place depuis longtemps, les grandes "Assizes of Arms" d'Edouard Ier remontant à 1251, qui établissent une conscription différenciée (type d'armes, temps d'entraînement, niveau de mobilisation) selon le niveau de revenus pour la plupart des hommes libres (sauf les plus pauvres). Ca fait plusieurs générations d'hommes qui ont vécu et grandi avec ce système; l'expertise galloise n'est depuis bien longtemps plus nécessaire et pas particulièrement intéressante étant donné qu'entre temps, le système d'armes et le système tactique ont changé, avec l'expérience acquise sous le règle d'Edouard Ier en France, au Pays de Galles, en Palestine et surtout en Ecosse. Le dispositif tactique des 2 ailes d'archers qui pèsent la majorité des effectifs et qu'on place en biais (pour un champ de tir croisé) et autour desquelles toute la pensée tactique s'articule sont le résultat, autant que la croissance de la taille des arcs et la sélection des archers les plus confirmés (repérés via les inspections et concours) et les plus grands et forts (en prévision d'adversaires protégés). L'archerie était de toute façon bien connue: la monarchie anglaise (ou anglo normande, ou Plantagenêt, devrait-on encore dire à cette époque) a opéré un bon retex (Edouard Ier était un roi très militaire) et adapté ses propres ressources avec l'expérience galloise, et l'a encore développé à l'occasion des guerres d'Ecosse où le dispositif qu'on verra pendant la Guerre de Cent Ans est élaboré.
  8. Pas aussi un petit peu parce que le pétrole de la Mer du Nord a commencé à arriver juste au bon moment, se substituant à un tas de recettes fiscales (permettant des baisses d'impôts importantes) et amenant une masse de réserves conséquente en plus d'un boom économique? C'est une option que tout le monde n'a pas.
  9. Pourquoi tout le monde établit-il une équivalence entre Garde Nationale et Service National? La Garde Nationale telle qu'elle a existé en France a eu plusieurs formes: - une milice de citoyens volontaires, soient des actifs adultes acquérant une formation militaire complémentaire (à voir ce qu'on met dedans, les moyens et le temps qu'on y consacre) et des périodes de rappels, qui sont mobilisables dans certaines situations, comme armée de réserve, comme unités de remplacement dans les armées régulières, comme outil de contrôle ou de défense du territoire - une milice de semi conscrits répondant à des critères de citoyenneté précis (tous les hommes n'étant pas citoyens après 1789: le travail domestique, le dénuement et les proscriptions écartent beaucoup de monde), établissant les "citoyens actifs". En l'état, c'est un privilège. Par la suite, on affine la définition en établissant différents types de gardes nationaux, privilégiant intentionnellement ceux qui ont les moyens de s'équiper par eux-mêmes, établissant donc graduellement la Garde Nationale comme le fait d'une classe moyenne/classe moyenne supérieure, ce qui dans les villes la fait qualifier de "bourgeoise" (employant le terme d'ancien régime concernant la milice), chose qui prend un autre caractère à partir des révolutions de 1848, où apparaît le mouvement ouvrier issu de l'Internationale, qui sépare les ouvriers de la grande industrie de ceux des ateliers d'artisans, et ancre la garde nationale dans un autre courant politique (à droite, même si souvent républicain). - un complément particulier au mode de conscription du XIXème siècle en France, très inégalitaire (tirage au sort généralement truqué ou "aménageable"). Ceux qui tirent les "bons numéros" (cad vont pas dans l'armée) sont assignés sous le Second Empire à la Garde Nationale, cette fois perçue plus universellement comme armée de réserve (le lobbying la vide d'une partie de sa substance: faible entraînement, peu de périodes d'appel....). C'est cette dernière itération qui est abolie définitivement. C'est la dernière en date. Mais c'est aussi la seule qui avait la particularité de s'aligner plus sur un modèle de conscription universelle qu'elle préfigure (en exigeant des privilégiés et de ceux qui évitent le tirage qu'ils aient aussi un service à contribuer à la nation). Plusieurs formules, toutes posant des problèmes de principe aujourd'hui, sans parler des problèmes de moyens.
  10. Ewart Oakeshott, le type qui a établi la classification de référence des épées médiévales (y compris pour les historiens alors qu'il n'en était pas un -professionnel- lui-même). J'ai pompé des pages de quelques-uns de ses bouquins au temps jadis, quand j'avais des plages horaires plus souples, et elles restent ma référence principale. La plupart de mes autres sources sont des articles puisés ça et là (certains compilés quand j'avais du courage et du temps pour ça), sur l'escrime et les armes de l'empire romain jusqu'aux guerre de la Révolution (historiens, reconstitution/archéologie dite "vivante"....). Je sers ici ce que j'en ai retenu, mais j'ai un peu la flemme de me replonger dedans et de ressortir les noms des historiens et les intitulés des articles un à un. L'histoire de la dénomination d'une posture particulière, je ne l'ai pas niée; je dis que ça n'a strictement aucun intérêt, et qu'il est douteux d'avoir quelque chose de réellement codifié pour un usage difficilement compatible avec les épées telles qu'elles étaient au moment du film, soient des épées au centre de gravité très bas (limite la force d'impact d'un coup du haut vers le bas) et difficilement manipulable à deux mains (ça gêne plus qu'autre chose vu la nature du grip). Ce sont des épées de fantassins avant tout. L'évolution qu'on voit plus tard à l'occasion des croisades indique justement un changement vers des épées de cavaliers, plus lourdes en tête, plus longues et offrant plus de versatilité dans le grip.
  11. Ca me fait penser, du coup, à la grande scène de fusillade de Heat: même si le réalisme n'est pas forcément le plus fabuleux, quel impact elle a pu représenter à l'époque! Quelle différence avec ce qui se faisait alors (et se fait encore si souvent aujourd'hui)!
  12. Tancrède

    Service civique & Réserve

    Toujours chiant quand ce genre d'attitude purement politicienne concerne des débats et questions "cosmétiques", qui coûtent pas grand chose et concernent peu de monde, mais déchaînent les passions, mais c'est réellement énervant quand ça concerne des trucs réellement importants qui mériteraient justement un vrai débat national, une vraie volonté politique (couvrant les deux bords) et un vrai engagement "structurel" de l'Etat. Voir une telle réforme, qui a beaucoup de mérites et d'intérêt potentiels, ramenée au rang de gadget politicien sans réel avenir autre que la com, c'est un tantinet frustrant.
  13. Non, j'aime pas sa gueule, j'aime pas sa voix, et son discours est trop long. Et après avoir chevauché sans pause du Rohan à Minas Tirith, j'ai mal au cul et mon cheval en a plein les palerons. Sinon j'essaie de turbiner sur les bons idées/bons éléments (avec le réalisme comme critère de référence) militaires dans des blockbusters (oui, y'a plein de bons trucs dans des films plus modestes, mais qui en a quelque chose à foutre?); pas facile. Ce qui vend, c'est l'évasion par rapport à la réalité.... Allez, le débarquement de Saving Private Ryan: vu "de l'intérieur" d'un débarqué. Bon point, bon déroulement, bon rendu.
  14. Tancrède

    Service civique & Réserve

    En l'état des choses, si un tel referendum, même avec de la volonté politique d'en faire quelque chose derrière, serait avant tout une action pour faire écran de fumée et détourner le débat public pour un moment (occuper l'opinion, quoi) d'autres sujets. Tout connement parce que si on parle d'un service universel (nécessairement, s'il est question d'un referendum: on ne fait pas ça s'il s'agit juste d'intégrer minorités ou jeunesse défavorisée), qui plus est pas seulement militaire, mais réparti sur une large portion des fonctions de l'Etat (tout ministère ayant son "contingent" et une proportion donnée de "conscrits" à intégrer dans ses activités), ça implique des coûts très importants, une infrastructure à développer. Non seulement il s'agirait d'un poste budgétaire important en soi, mais le coût de la transition (infrastructures, encadrement, réorganisation complète du fonctionnement des administrations....) serait proprement dantesque pendant quelques années. A moins qu'une telle décision soit corollaire d'un énorme plan de dépenses publiques, donc d'énormes emprunts dédiés à cette transition, je vois mal ça arriver dans le domaine du concret. Une classe d'âge en France actuellement, c'est autour de 800 000 personnes chaque année: ça fait du monde à intégrer dans le processus d'activité continue de l'Etat, à entretenir/défrayer au moins partiellement (déplacements, repas, logement dans pas mal de cas....), à former, à encadrer, à assigner à des postes, équipes et fonctions existants ou plus souvent nouveaux (rien que par l'effet quantité).... Curieusement, je vois pas le gouvernement actuel être de ceux qui sortent des trucs aussi énormes en temps difficiles, et les mettent en place dans la durée. Pas le style de la maison, pas le capital politique pour le faire, à moins qu'un tel referendum soit un truc tellement approuvé par la population, et pas juste en passant, ce qui est douteux. Dans un tel contexte, ça ressort plus de la manoeuvre et de la com.
  15. Si, c'est nécessaire, étant donné que s'il n'y a pas de trace écrite permettant de le dire, il y a de multiples raisons concrètes d'affirmer que ce n'était pas une pratique significative. Pour les tailles de lames et la morphologie des grips et gardes (et l'escrime qui en découle), la taille moyenne au moment de la 3ème croisade est plus généralement autour de 75cm (disons une fourchette étroite entre 70 et 80) de lame (le reste faisant entre 15 et 20cm, avec plutôt une tendance à la réduction -correspondant à la diminution de taille des pommeaux), ce qui transparaît en général, même s'il peut y avoir des variations régionales certaines qui suivent les morphologies et les goûts, sans pour autant que soit remis en cause l'équilibrage fondamental des épées, taillées pour être tenues à une main et assez malcommodes avec deux.
  16. Un archer correct, c'est 5 ans à former, et bien plus si c'est un archer monté; un tireur correct, c'est quelques semaines. Tout se résume à ça. En terme de létalité (précision, portée, puissance), il a fallu attendre le milieu du XIXème siècle pour que les armes à feu égalent puis dépassent l'arc et l'arbalète (plus encore pour les cadences de tir comparées à l'arc). Or, le choix de l'arme à feu a été fait dès le premier tiers du XVIème siècle, comparé à une archerie qui plafonnait techniquement (ce qui n'était pas forcément visible à l'époque), mais qui surtout coûtait plus cher à acquérir et à développer en tant qu'outil tactique (infrastructure humaine, matérielle, économique/fiscale/politique). Donc avoir des unités légères d'archers en effectifs conséquents aurait été en fait hors de prix, et surtout, long à acquérir et insupportable à maintenir (pour pouvoir en disposer rapidement au début d'une campagne) à l'époque des armées permanentes réduites, où la majorité des effectifs étaient recrutés quelques mois/semaines avant le début des hostilités, et avaient un turnover énorme (mortalité forte -avant tout hors des combats-, désertion importante). Mais la cavalerie de choc garde une mesure d'efficacité importante tout au long de la période; ce sont les conditions de cette efficacité qui changent, ce que tous les généraux et armées ne perçoivent pas toujours, ou pas toujours à temps. Il y a eu jusqu'à 15 régiments de cuirassiers dans l'armée napoléonienne à son plus haut, soit juste avant la campagne de Russie (dont 1 qui n'a jamais été formé entièrement, soient 14 effectifs), ce qui n'est pas un chiffre considérable vu la taille de l'armée à ce moment (et le fait qu'il n'y en a eu 14 que pendant un court moment: moins en général), et vu que les régiments de cuirassiers tendent à être plus petits (moins d'escadrons en moyenne, un sous effectif en général plus prononcé). Le manque de cavalerie légère n'est pas du à une vampirisation de l'un par l'autre: les hommes et les chevaux sont trop différents (gabarits, tempéraments, formation/cursus, profils....). L'attrition de ces conflits est la première cause. Pardon, il faut ajouter les 2 régiments de carabiniers à cheval, qui remplissent alors le même rôle, et durent sur toute la période, soient en tout 16 régiments lourds effectifs. Pas gigantesque dans l'orbat. Les cuirassiers ont un rôle précis, et une position particulière: ils sont en tête. En tête d'une charge de cavalerie contre cavalerie, et en tête contre une tentative de percée d'une ligne d'infanterie préalablement "travaillée". Techniquement, ils sont les plus exposés, et meurent plus. Mais leur emploi dépend beaucoup de la perception du décideur: pas si facile, sans capteurs modernes, d'évaluer si oui ou non une infanterie est suffisamment "attendrie"/ébranlée (parmi les capteurs du temps, il faut d'ailleurs la cavalerie légère pour ça.... Et une bonne).
  17. Oui, beaucoup de n'importe quoi, et en même temps une caricature nécessaire à un récit qui met en avant l'imbécillité des formations de ligne au milieu d'un paysage vallonné, cloisonné et densément boisé. L'image est au service du récit, tout ce qu'on peut espérer en terme de "bonnes idées", c'est que l'image aille pas trop souvent et trop loin de la réalité. Des mortiers qui font péter des murs au XVIIIème siècle, c'est douteux: les mortiers d'alors tirent certes des obus explosifs (contrairement aux canons), mais la trajectoire est proche de la verticale, et surtout la précision est aléatoire (les tables de tir commencent à peine à être fiables, et les armes restent d'une précision très modérée), et la mise à feu de la charge est le point le plus délicat, reposant sur des mèches fonctionnant rarement de la même façon (matériau, usure, conditions atmo/météo), et dont le réglage (les couper pour qu'elles explosent à l'arrivée; pas en l'air, et pas après impact car le projectile s'enterre.... Ou roule) est un art beaucoup plus qu'une science. Faut vraiment pas commencer à se poser des questions dans LOTR: les charges de cavalerie sont du n'importe quoi de bout en bout (exception: la charge de nuit sur les orcs qui tiennent Merry et Pipin). Comme tu le pointes, la charge devant le Hornburg aurait du être une avalanche de corps humains et équins, ou alors ils auraient pu descendre, mais vu l'angle au sol, à l'arrivée, il leur aurait fallu se redisposer très lentement en formation sur une grande surface avant d'envisager de rebouger. Pas vraiment idéal quand il y a un bloc de fantassins juste en bas de la pente. Bon, d'un autre côté, ni dans cette bataille, ni sur les champs du Pelennor, les Orcs/Uruks n'ont de formation terrible et de rangs bien ordonnés, mais rien que la masse dense (qui s'étend sur des surfaces invraisemblables, mais qui tout d'un coup semble se déliter comme si tout le monde avait de la place pour bouger, quand la charge rentre) aurait du empêcher les cavaliers de passer les premiers rangs. Simple physique: ils n'auraient pas pu percer au-delà des 2-3 premiers rangs de fantassins. En plus, au Pélennor, vu les effectifs, 3000 cavaliers auraient chargé juste une petite surface du front, le reste pouvant se rabattre sur eux. Quand au sujet de l'épée versus les lances des Uruks, mieux vaut éviter.... Pour la cavalerie en général après le XVIème siècle en occident: dès le début, l'arme à feu en usage monté a été un pis aller au mieux, exigeant des formations invraisemblables et surentraînées pour une efficacité modérée (la caracole), et les contraintes des armes à feu limitaient de toute façon l'usage à un ou deux coups (si on avait deux armes), avec la précision et la puissance des armes du temps, soit pas de quoi ouvrir des rangs adverses, sauf coup de bol ou rangs adverses particulièrement fragiles. C'est tout simplement l'usage tactique de la cavalerie de choc qui a changé, bien plus que les types de cavaliers: on les utilisait à des moments différents, pour des objectifs différents, et on peut considérer qu'il y a eu un long temps de recherche et d'hésitations pendant les XVIIème-XVIIIème siècles. Entre les petits escadrons employés intercalés entre des groupes de fantassins chez Gustave Adolphe, les grandes charges françaises sur les flancs sous Condé, les raids hors batailles de Turenne, le faible emploi de la cavalerie de bataille (et le suremploi des dragons hors du champ de bataille) chez Maurice de Saxe, ou le retour des petits groupes de cuirassiers intercalés entre des bataillons d'infanterie chez Frédéric II, chacun a un peu fait sa tambouille avec ce qu'il avait (et ça dépendait beaucoup du niveau d'entraînement et d'expérience des unités disponibles à un moment donné). Mais l'emploi des cuirassiers que tu mentionnes, soit pour le choc, est avant tout un truc très particulier à l'époque napoléonienne: des unités "pointues" comme les cuirassiers sont nettement plus rares que les dragons ou chasseurs, nettement plus nombreux. Elles servent en premier lieu comme outil contre la cavalerie adverse, raison d'être de leur sabre droit (et non courbé comme ailleurs), et ensuite pour charger des unités d'infanterie qu'on estime ébranlées, voire réellement amoindries, par l'artillerie et/ou un choc d'infanterie juste passé: les cuirassiers en premier lieu, mais aussi d'autres unités (dragons tels qu'ils sont devenus à l'époque napoléonienne), sont là pour intervenir rapidement juste après que l'artillerie ou l'infanterie aient fait un truc et que l'unité/la portion de front visée tient encore, mais alors qu'elle est fragile, affaiblie, ébranlée (en tout cas dans l'oeil du général attaquant), et avant qu'elle se ressaisisse (si il s'agit surtout d'un flottement dans ses rangs) ou ne soit renforcée. L'usage qu'en fait Ney à Waterloo (les charges répétées) est fait en dépit du bon sens, ce qui est signalé à l'époque: il essaie de faire remplir à sa cavalerie le rôle de l'infanterie et/ou de l'artillerie ("attendrir"/déranger le front adverse) en plus de son rôle propre (exploiter l'opportunité ainsi obtenue par le feu), ce qu'elle n'est pas équipée pour faire. Facteur relativisant à cette époque: les cadences de tir, les portées et la puissance des armes à feu ne rendent pas l'infanterie défendante invincible: il y a beaucoup d'opportunités qui peuvent apparaître, des cavaliers qui peuvent passer en nombre dans pas mal de cas (le dispositif défensif doit être vraiment solide et bien pensé, et les unités qualifiées, pour l'éviter), et une formation en ligne (le carré est statique, et longtemps rare) sur 2 rangs (longtemps la plus fréquente) n'offre pas une bonne densité de feu suffisante pour tout dissuader (à Waterloo, les fantassins anglais traumatisés par la cavalerie française à Wavre, refusaient d'être ordonnancé autrement que sur 4 rangs).
  18. Le texte auquel tu renvoies parle en terme de longueur absolue de l'arme; j'aurais du le préciser, mais je parle de la longueur de lame seulement (en ajoutant la longueur d'un grip à une main, du pommeau et de l'épaisseur des quillons, on se retrouve dans les tailles évoquées); dont je donnais la fourchette de longueurs les plus fréquemment trouvée pour cette époque, ce qui correspond essentiellement aux longueurs trouvées depuis les spathas de la période romaine tardive (et auparavant celles de la cavalerie romaine), à quelques petits variations près. A noter que même le gladius romain pouvait aller taper jusque vers le milieu de cette fourchette à certaines périodes, avant le Haut Empire, où le choix opérationnel a été de le raccourcir et de l'épaissir, preuve que son escrime impliquait nécessairement le bouclier, sans quoi les passes d'armes avec des engins de 50 à 80cm de lame sont des affaires très expéditives. Du coup je ne me réfère pas vraiment à une hypothétique codification de techniques de combat utilisant un grip à deux mains; pour ces épées, le grip à deux mains est un mauvais pis aller. Elles ont une garde taillée pour une main bien engoncée dans se tout formé par le grip, la garde et un pommeau large, et un équilibre du coup plus haut que ce qu'une escrime à deux mains demanderait, donc au final malcommode. Après, la codification écrite à cette époque aurait nécessité une base plus large pour la lecture, et chevaliers, aspirants chevaliers et maîtres d'armes étaient pour la quasi totalité d'entre eux des illettrés (ça ne change que lentement, avec les croisades et une pacification croissante de certaines zones en Europe), et une plus grande disponibilité du support d'écriture durable, encore rare et très cher, l'arrivée et la généralisation du papier étant un processus en lente éclosion au XIIème siècle. Les savoirs sont alors, comme dans beaucoup de métiers (et la totalité des métiers "manuels" comme le métier des armes), une affaire de transmission orale et pratique, réalisée d'homme à homme, au cours d'une longue formation courant sur des années, chose qui a en plus un aspect culturel révéré (et donc une chose à laquelle les mentalités mettent du temps à renoncer, même partiellement). Un savoir et un savoir-faire sont alors des ressources rares, dont le propriétaire ne se sépare pas sauf à certaines conditions (paiement/emploi dans la durée, garanties....), et dont il ne laisse rien transpirer (et quand le métier des armes est un secteur économique en vogue, c'est un atour commercial). Il suffit de voir la lutte de Richelieu puis Colbert au XVIIème siècle contre les maîtres charpentiers de marine, pour établir des méthodes plus standardisées et fiables de construction, ce qui, dans les faits, enlevait ce monopole local aux dits charpentiers, les transformant en cadres d'une filière nationale, et permettant l'établissement de savoirs codifiés qui eux-mêmes permettaient l'émergence d'ingénieurs de marine (reléguant les charpentiers plus bas dans l'échelle, comme simple exécutants qualifiés). Ou encore la lutte de Gribeauval au XVIIIème contre les maîtres de forges. Bref, beaucoup de raisons pour que la codification écrite ait connu une longue parenthèse entre la fin du monde romain occidental (et ses armées régulières et standardisées) et la ré-émergence de l'Etat, avec quelques exceptions sans grand impact entretemps, et un long processus de renaissance.
  19. Juste pour souligner un problème dans cet argument qui est en fait nettement plus complexe et mérite une analyse plus poussée relevant du complexe militaro-industriel de l'époque et de la technologie des armements: le longbow anglo-gallois des XIVème-XVème siècles n'est pas un outil anodin, même s'il a l'apparence d'un arc mal découpé et à peine travaillé.... Un bout de bois tout juste débarrassé de ses brindilles.... En apparence. Le problème est qu'il n'a rien de commun avec les arcs longs qu'on trouve ailleurs, et que sa mise en oeuvre en grandes unités constituées appliquant la doctrine d'emploi vue pendant cette guerre implique une filière technique et industrielle énorme. Les arcs longs qu'on trouve alors partout en Europe de l'ouest sont des trucs très simples fabriqués artisanalement par le premier professionnel venu, voire souvent par un artisan local. Les longbow sont une évolution d'un modèle gallois antérieur très particulier (ayant une longue histoire dans la résistance locale aux Anglais): c'est une version extrêmement agrandie (jusqu'à 2m), tirée d'un bois particulier (l'if, devenu alors rare en Angleterre et requérant une énorme filière d'importation depuis l'Espagne), d'une partie particulière de l'arbre (ce qui limite le nombre d'arcs par arbre), qui devient en plus facilement cassant avec le gabarit requis (nécessitant beaucoup de remplacement dans une campagne). Parce qu'il faut des arcs tendus à plus de 50kg pour avoir la portée et la puissance nécessaire pour la tactique anglaise d'alors, et qu'ils puissent soutenir cette tension à répétition, vu que ce "système d'armes" implique des cadences très importantes. Cela implique aussi une production de flèches diverses réellement industrielle (10 à 12 flèches tirées chaque minute par un longbowman: imagine la logistique derrière), et une filière "humaine" adaptée, sachant qu'il faut 5 ans au minimum pour former un bon archer, et que, chose encore plus complexe dans un Moyen Age en proie aux problèmes nutritionnels, seuls des hommes grands et forts (1,70 au moins), bien alimentés, peuvent manier les longbow ayant la taille et la puissance utiles dans un affrontement contre des adversaires cuirassés. Le dispositif qui a permis à l'Angleterre d'avoir des unités de ce type très spécifique d'archers était un édifice immense et complexe, hors de prix, qui fournissait une ressource rare et peu remplaçable (les quelques milliers d'archers tués en une fois à Patay, ou les quelques milliers tués en quelques années par Du Guesclin, amputaient la capacité militaire anglaise pour une décennie, voire une génération). Parce que le système d'armes voulu n'est pas juste résumable à "un bête arc": c'est le tout.... Soient l'arc, les flèches, les hommes, les unités et le concept d'emploi. Et tous sont le produit d'une politique de longue haleine et d'une infrastructure développée au fil du temps à grands frais. - Le dispositif législatif (et donc politique et financier) des assises d'armes, obligeant chaque homme libre petit propriétaire à s'entraîner au tir depuis l'adolescence, est un travail de longue haleine, et une contrainte lourde et pas forcément populaire (donc délicate et coûteuse politiquement), et le tout fournit des milliers de recrues potentielles dont une petite minorité seulement remplit les bons critères (entraînement, taille, force) et pourra être sélectionnée pour une expédition sur le continent. - l'arc lui-même est le fruit d'une longue évolution: pas un travail de R & D comme on le conçoit aujourd'hui, mais un processus partiellement voulu quand même, suite aux retex du XIIIème siècle au Pays de Galles. Comme les assises d'armes vues plus haut, il s'agit d'une volonté politique depuis Edouard Ier pour disposer d'unités d'archers radicalement différentes de ce qui se fait ailleurs, et qu'on ne peut comparer en efficacité qu'aux hordes mongoles (dont l'arc composite à double courbure, aussi efficace, est aussi un produit complexe). Cet arc, et les flèches qui vont avec, suppose des filières d'importations de certaines matières premières, une sécurisation des approvisionnements, la constitution de stocks en cas de risque, l'entretien, souvent à perte, d'innombrables manufactures d'arcs, de cordes, de flèches (souvent d'ailleurs divisés entre producteurs de corps de flèches, de pointes et d'empennages, avec l'un d'entre eux faisant l'assemblage) qui ont différents niveaux de qualité (certaines sont employées pour certains types d'adversaires, un plus grand nombre sont "généralistes") et différents types de pointes.... Pour les quantités voulues, sachant qu'il n'y a pas de grandes usines, on parle de centaines d'ateliers et fabricants, dans une époque où l'Etat est une réalité quasi inexistante, la ville une petite chose, les réseaux commerciaux sont peu développés, et les budgets militaires permanents une rareté (et ceux qui existent sont petits). - les unités sont aussi le fruit d'un effort: l'entraînement collectif implique que les volontaires se déplacent régulièrement, dans un monde rural où le déplacement est difficile et coûteux. Et là on ne parle que de petits rassemblements, de sous unités. Etant donné la sélection individuelle nécessaire, lors d'une expédition continentale, il faut surtout former de grandes compagnies qui vont avoir besoin d'un temps certain d'entraînement collectif (cad plusieurs semaines, plus souvent mois, à payer, à équiper....). - le concept d'emploi, enfin, implique un problème politique: les armées anglaises passent à une proportion écrasante d'archers, balayant la prépondérance de l'aristocratie montée qu'est la chevalerie. Pas facile à faire digérer, et à maintenir quand une guerre se prolonge, quand les dits aristocrates sont aussi des potentats locaux ayant des centres fiscaux et logistiques, des territoires et des effectifs armés. Les unités d'archers anglais de la guerre de cent ans n'ont rien de systèmes d'armes simples: même l'arme elle-même est un outil complexe à fabriquer, complexe à maîtriser et complexe à mettre en oeuvre comme il faut. L'arbalète d'alors, par opposition, n'est pas un outil si compliqué: si on se sort de la tête les modèles ultra complexes exposés dans les musées, qui sont souvent des jouets d'aristocrates, c'est un truc relativement simple à faire (accepte une grande variété d'essences de bois), avec beaucoup plus de centres de production, et c'est surtout un truc ridiculement simple à employer, ce qui est, comme plus tard les premières armes à feu individuelles (nettement moins efficaces que le l'arc ou l'arbalète.... En fait jusqu'au milieu du XIXème siècle), la raison de son succès. Il faut quelques semaines pour former un arbalétrier correct, contre 5 ans au moins pour un archer correct, dans une époque sans armée permanente parce que les Etats n'ont pas les moyens de garder beaucoup de monde en permanence (qui, si c'était le cas, pourraient former des unités et avoir des gens en permanence à l'entraînement). Qu'est-ce qui est le plus complexe? Le plus cher? Le plus pertinent en terme de choix?
  20. Le terme de crise "systémique" est avant tout idéologique, avec un arrière plan essentialiste qui veut penser en termes de grand système explicatif, soit un domaine (surtout en matière économique) où il a fallu beaucoup réduire la voilure des prétentions, sauf dans certaines écoles de pensée qui ont un problème avec la quantification et les maths, Autrichiens en tête. Les crises économiques "modernes" n'ont pas grand chose de différent avec les "anciennes", sinon par leur ampleur qui correspond essentiellement à la généralisation de structures économiques que nous considérons aujourd'hui comme acquises: banque centrale pour définir les règles du jeu dans un espace donné, économie impliquant un degré certain de "dématérialisation" (donc de masse monétaire "virtuelle", au-delà de la simple monnaie fiduciaire comme commodité), plus large part de l'économie reposant sur le crédit (donc l'investissement à terme plus long, essentiellement).... Toutes choses qui n'ont commencé à exister (ou ré-exister suite à la fin du monde Romain dont l'économie, depuis les Guerres Puniques, utilisait beaucoup de tels mécanismes) à une certaine échelle qu'à partir de l'après Guerre de Trente Ans, mais réellement de façon importante qu'au XIXème siècle. Angleterre et Hollande (et les Cités Etats lombardes, ou la Hanse avant elles) ont connu de tels schémas économiques bien avant le XIXème siècle. Dans une économie plus ou moins purement agraire, et/ou avec un secteur manufacturier limité, les crises sont juste plus directement liées à des événements tels qu'une mauvaise récolte, une épidémie.... Et sont avant tout locales bien plus que nationales (si on parle de pays suffisamment grands pour avoir plusieurs régions aux climats/conditions suffisamment différentes). Et le développement économique est directement fonction de la masse de métal disponible et de l'évolution de la masse humaine. C'est moins visible même pour les contemporains (surtout dans des pays du Moyen Age, peu mis en valeur, mal connectés, où l'information circule peu, mal, et concerne surtout les secteurs d'intérêts les plus priorisés: la sécurité, les événements à portée religieuse), mais surtout, c'est moins documenté et étudié par les économistes modernes, vu la manque de données et l'expertise particulière qu'il faut pour travailler celles disponibles (être un historien de l'époque capable de traiter les sources, ou un expert dans un domaine de recherche scientifique permettant d'aller au-delà des sources: histoire du climat et des sols, divers types d'archéologie....).
  21. Ben je trouve justement qu'elle m'a dérangé (techniquement), cette scène: autant le mouvement est beau et bien rendu, la coordination/chorégraphie impressionnante, autant l'agencement pose un problème tactique: même peu nombreux face à une masse, les chevaliers auraient opté pour une haie classique (ce qu'ils drillaient), c'est à dire une charge sur plusieurs rangs, plutôt que d'étendre leur front avec un seul rang de cavaliers chargeant: c'est ainsi qu'une haie fonctionne et peut se tailler un chemin dans une force adverse. Mais surtout, un truc qui dérange gravement et là n'a aucune excuse: ils chargent épée au clair! Complètement absurde! La charge est faite pour la lance qui, bien plus que l'épée, est l'arme emblématique de la fonction guerrière du chevalier, et pour une bonne raison: c'est la charge "lance couchée" qui lui donne sa valeur militaire et en fait un outil de puissance avec une valeur ajoutée rare à l'époque. Charger avec une épée qui va pas beaucoup plus loin que les naseaux du cheval même en tendant le bras à fond n'a aucun sens et ne peut rien produire comme effet tactique. Au mieux, l'épée sert si le combat en vient à une mêlée montée (ce qui est mauvais signe) où elle n'est pas l'arme la plus utile (car encore une fois, ces épées servent dans un combat de fantassin en tandem avec bouclier), chose qui revient plus aux armes d'hast et aux trucs à fort impact (haches, masses....); pour un cavalier, elle ne sert réellement que s'il démonte ou quand il poursuit des unités en fuite. S'ils ne sont pas venus avec des lances, ils ont renoncé à tout effet militaire avant même de commencer le combat (surtout que les cavaliers de Saladin, eux, en face, en ont). On retrouvera la même évidence pendant les guerres napoléoniennes, avec l'impact des lanciers polonais face aux cavaleries occidentales qui avaient renoncé à la lance 2 siècles avant..... Et l'ont réintroduite très vite suite à ce contact.
  22. C'est un petit problème pour les amateurs d'histoire et de combat ancien: cette escrime décrite dans le film n'existait pas à l'époque des événements décrits (années 1180, autout de Hattin, de la chute de Jérusalem et, juste après, du siège de St Jean d'Acre et de la IIIème croisade); le combat à l'épée est n'est pas encore dans sa grande période de transition accélérée qui commence plutôt, et en grande partie grâce à/en raison des croisades, au XIIIème siècle (surtout sa 2ème moitié), et qui verra l'arrivée et la généralisation rapide d'épées plus grandes et larges avec un large grip pouvant accepter des prises à deux mains occasionnelles ou requérant deux mains. A l'époque du film, on est encore dans les ultimes évolutions de l'escrime "classique" qui vient en droite ligne de l'armée romaine, remontant au duo gladius/scutum (glaive et bouclier lenticulaire ou en tuile de toit), qui évolue ensuite via l'adoption par les fantassins romains de la spatha (l'épée longue) celto-germanique (adoptée depuis longtemps par la cavalerie romaine), couplée à un bouclier ovoïde ou rond. Ce dernier mode de combat, par formation, service dans l'armée romaine, copie.... Est adopté par les armées dites "barbares" et les entités étatiques qui remplacent l'empire d'occident, et c'est lui qui, à travers ces entités (ou plutôt les individus adoptant la profession des armes dans ces proto Etats féodaux sans armées permanentes), continue une très lente évolution pendant le Haut Moyen Age qui, au final, voit le combattant type ne pas beaucoup changer et rester un légionnaire tardif à peine amélioré (et ne fonctionnant pas en unités permanentes), ce que sont essentiellement les chevaliers jusqu'à la dernière période des croisades (seul innovation; au XIème siècle, le développement des tactiques de charges de cavaleries en haies "à la normande", et les quelques évolutions d'équipement qui vont avec). Donc le film tape à côté dans ce domaine: l'escrime aurait du impliquer des épées dites d'armes, relativement courtes (60-80cm en moyenne) avec un grip très court, ne permettant pas la prise à deux mains, et reposant avant tout sur une pratique impliquant le bouclier, trop facilement présenté à l'écran comme un truc tenu passivement au bras inutile, et qu'on lève juste pour parer, alors qu'il s'agit d'une escrime complexe où épées et boucliers sont utilisés autant l'un que l'autre (et chacun pour parer et attaquer) et totalement interdépendants, créant un type de combattant et d'entraînement très spécifique. Donc la posture décrite avec son nom pompeux a peu de chances d'avoir été un truc très développé (et surtout pas codifié) à l'époque (qu'un combattant professionnel entraîné depuis l'enfance sache se démerder dans l'urgence s'il perd son bouclier, c'est certain, mais son mode de combat ne repose pas là-dessus: son épée est encore pensée pour n'opérer qu'à une main et en duo avec un bouclier).
  23. Fallait bien quelqu'un pour remplacer Chavez sur la scène clownesque internationale. En moins marrant et plus inquiétant cependant.
  24. Rhoooooo, Gally.... Et nous qui pensions tous que tu avais, pour citer le personnage en question, "a very specific set of skills".... J'suis déçu.
  25. Les Tchétchènes sont russes: la Tchétchénie est un morceau de la fédération de Russie, donc ils ont un passeport russe. Quel serait le critère déterminant si on parle de la nationalité, de la région ou de l'ethnie d'origine quand on parle de ressortissants d'un pays? Et puis faut pas demander aux journalistes d'être rigoureux et constants sur les qualificatifs. Ca a déjà été assez dur de les voir se tenir aux règles strictes en matière de descriptions d'armements: toute arme est soit un M-16, soit un AK-47, quelle qu'elle soit. Evidemment nul, mais ça vaut mieux que de les voir délirer et citer des noms fantaisistes.
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