Aller au contenu
Fini la pub... bienvenue à la cagnotte ! ×
AIR-DEFENSE.NET

Tancrède

Members
  • Compteur de contenus

    18 697
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Jours gagnés

    166

Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. L'angle des ressources consacrées semble être celui qui porte le plus de rationalité et de relative "neutralité" idéologique, si tant est qu'on puisse établir une relative mesure des bénéfices attendus, soit des études d'impact d'un canabis légal sur une société. Aux USA, il est assez édifiant de voir divers syndicats de police et des membres prééminents du pouvoir judiciaire prendre position pour l'évolution actuelle (les flics en particulier, se mettant sur la ligne du "on n'a pas que ça à faire"). L'exemple hollandais ne semblant pas trop choquant (mise à part leur position de plaque tournante des flux de drogues en Europe dont je maîtrise trop mal les facteurs pour savoir à quel degré la lier à la question du canabis), la teneur du discours public aux USA (assez nombriliste, comme d'hab, donc présentant les USA comme pionniers absolus dans ce domaine) tend de plus en plus à assimiler ce débat à celui sur la prohibition, qui reste implanté profondément dans leur logiciel. Il est assez amusant, en surfant sur les multiples reportages des 1er et 2 janviers, toutes chaînes confondues, networks et câble, de voir le nombre de journalistes et péquins moyens interviewés dans la rue (généralement dans des files d'attente de distributeurs dans le Colorado) faire cette assimilation à répétition, avec toute la cadence industrielle du journalisme télévisé américain. Quoiqu'il en soit, l'argument culturel arbitraire de la "getaway drug" que serait le canabis a pris beaucoup de plomb dans l'aile (en terme de récurrence du discours, quel que soit son rapport avec la réalité) au profit de l'admission de plus en plus "banalisée" du canabis comme un fait de société désormais établi, en somme, un "nouvel alcool". Phénomène surtout générationnel? Conjonction de plusieurs "lignes éditoriales" de mouvements divers (libertariens de diverses obédiences, réalistes focalisés sur les coûts, déçus de la "war on drugs", militants anti-discriminations -la question du canabis étant intrinsèquement racialisée aux USA-....)? Changement culturel y compris chez les plus de 40 ans? Ou simple phénomène de perte d'influence des antis au profit d'une voix désormais plus écoutée d'autres pans de l'électorat qui étaient écartés auparavant (rôle des médias sociaux, changement de posture partiel des grands médias....)?
  2. L'angle majeur sur lequel le débat semble désormais s'orienter, avec d'ailleurs une certaine dose de consensus entre démocrates et républicains (conservateurs modérés, puisque les républicains anciennement mainstream et modérés sont désormais des espèces chimériques), est celui du coût de la "war on drugs". Avec cette toile de fond, le coût de la pénalisation du canabis semble de plus en plus insupportable: le "prison industrial complex", qui a été une des forces majeures dans l'avancée de législations ultra restrictives (pour accroître son marché en créant des populations massives de petits criminels peu dangereux ou violents -donc moins chers à incarcérer), est à cet égard mis à l'index (même un peu côté républicain, où il investit pourtant beaucoup) à des degrés divers selon les Etats. Les coûts de procédure et d'emprisonnement public et privé, le temps d'attention et le niveau d'efforts et de ressources policières consacrées.... Sont de plus en plus considérés comme évitables: entre 50 et 60% des arrestations liées à la drogue le sont pour le canabis. Pour l'instant, les conditions sociales et politiques ne sont pas vraiment réunies pour voir de dépénalisation ou de légalisation massive: 2 Etats (certes riches) seulement ont passé une libéralisation très relative et encadrée (notamment la quantité achetable qui est contingentée). D'autres vont sans doute suivre, mais ça va être lent, et beaucoup de forces, tant dans certaines régions qu'au niveau fédéral, s'y opposent (y compris les grandes pharmas). De fait, les conditions de marché pour voir émerger des "géants" ne sont pas vraiment encore réunies: les circuits économiques sont encore essentiellement locaux et de niveau artisanal (même si des chaînes locales sont en train de se créer), le marché est plafonné de plusieurs façons (quantités contingentées, restrictions accrues sur les non résidents de l'Etat, limitation à 2 Etats), et les fortes marges qui existent pour l'instant pourront rapidement créer un micro phénomène de bulle, via les agriculteurs cherchant à se faire fournisseurs de "tabac qui fait rire", et les producteurs existants qui vont chercher à accroître leurs récoltes, avec pour résultat une baisse probable des prix à relativement brève échéance, sauf si le nombre d'Etats légalisant la chose augmente soudain très rapidement (ce qui ralentira la baisse des prix un moment).
  3. Hors des débats sur les pseudo thèses libertariennes et les éructations ineptes des abstractionnistes idéologues de la société du Mont Pèlerin, retour aux USA: la légalisation très encadrée de la consommation de cannabis dans le Colorado et l'Etat de Washington, et sans doute bientôt ailleurs, voit ses premières générations d'entrepreneurs enregistrer des premiers jours d'activité record. Ouverture de nombreux magasins, marges importantes, queues interminables devant les échopes spécialisées et juteuses taxes attendues (dont les premiers 40 millions sont "earmarked" -attribués d'office- pour l'éducation) semblent confirmer les prédictions. Pour l'instant, le prix de l'once (28g) pour la meilleure qualité tourne autour de 400 dollars à Denver! Il faut noter que le secteur, en tant qu'organisation d'acteurs économiques, n'apparaît pas ex nihilo: les actuels vendeurs sont pour l'essentiel les propriétaires de dispensaires spécifiques qui existent depuis longtemps aux USA, qui vendaient (dans les 2 Etats concernés: nombre d'autres Etats gardent le système) de la "medical marijuana", cad de l'herbe qui ne peut être acquise que via une ordonnance..... Et évidemment, tout le monde sait aux USA qu'il est assez aisé d'avoir une telle ordonnance sans avoir vraiment de motif médical sérieux (les douleurs chroniques au dos et divers types de phobies et angoisses sont les motifs les plus récurrents.... Parce que difficiles à contester).
  4. L'exercice a été réalisé il y a quelques semaines suite au débat sur les coupes dans le programme SNAP: l'ensemble du secteur caritatif (la partie qui va réellement à des oeuvres sociales) dans le secteur alimentaire ne couvrirait même pas 15% des coupes réalisées en fin d'année (ne parlons pas de l'ensemble du besoin). Y'en a qui ont juste du mal à voir que les mécanismes de production de richesse peuvent à certaines périodes causer plus de dommages qu'ils n'apportent de solution, et qu'une économie moderne ne peut pas être analysée de façon simpliste par des grands principes abstraits issus de la soi disant école autrichienne (qui s'est à peu près copieusement planté sur tout) ou de principes dits "libertariens" qui ont beaucoup de mal avec la réalité.
  5. Qui te dit que toi, tu comprends: invoquer Ryan dans un argument n'est pas gage d'un grand recul sur ces questions, surtout quand on parle de "cronyism" en écartant l'économie américaine telle qu'elle est de ce terme: elle est en plein dedans, et Ryan, comme souvent dans ses déclarations, passe à côté d'à peu près toutes les plaques de la moindre connaissance pertinente en économie. Nope, c'est la base même d'une économie un peu saine. Le terme lui-même est vague parce que j'ai écrit en 2 secondes, mais le point est que la répartition effective des revenus et gains de productivité depuis 30 ans (concentrée sur une proportion ridiculement faible de la population qui a accru sa mainmise sur cette atribution), la baisse des revenus réels pour 3 à 4 quintiles sur 5 de l'économie américaine (et la stagnation pour l'essentiel du quintile supérieur, à l'exception d'une frange réduite) sur cette période (sauf un bref instant sous Clinton), l'explosion de l'endettement public et privé, et la réduction constante de la demande solvable (dont même les directions de Wall Mart et consorts s'alarment depuis quelques exercices), sont là pour souligner ce qu'est une croissance déséquilibrée et ultimement contre productive, comme le soulignent encore les analyses de la reprise poussive actuelle (nouvelle bulle financière déjà largement formée, zéro répartition des gains de croissance, investissement dans l'économie dite "réelle" réduit malgré l'importance apparence de ce qui est qualifié "d'investissement", demande anémiée....) qui la voient déjà plafonner pour l'horizon visible (demande structurellement faible et appelée à le rester, niveau de qualification en baisse, dépenses d'infrastructures massives nécessaires et urgentes tant elles freinent les flux et perspectives....). Le schéma économique perpétué depuis les années 80 est une spirale fondamentalement descendante longtemps masqué par les déficits publics de l'Etat fédéral et des Etats, l'endettement privé (massif, avec en premier lieu le problème désormais très politique de la dette étudiante), et le déni de nombreux problèmes (franges croissantes de populations exclues de toute opportunité économique, infrastructure croulante, accroissement des problèmes de santé, désinvestissement dans la formation de la main d'oeuvre, main d'oeuvre immigrée cheap qui aujourd'hui manifeste lourdement....) qui sont aujourd'hui incontournables tant l'accumulation est énorme (chiffres et faits désormais plus balayable d'un revers de main). Et quand on regarde dans le détail des Etats, ceux qui correspondent le plus aux desideratas de personnes comme Ryan (ou l(autre illuminé économiquement inculte, Rand Paul) sont aussi ceux qui performent le moins et accumulent les problèmes.... Et sont les plus dépendants aux subventions qui leur évite l'explosion sociale et leur procure de l'activité. La politique est l'art de faire durer les carreaux cassés: ceux du reaganisme et de ses évolutions sont désormais trop nombreux, et le cycle politique lancé à cette période commence à prendre fin, ce dont témoigne par exemple le thème du niveau d'inégalité qui est en train de devenir l'enjeu majeur des prochains cycles électoraux, à commencer par celui de cette année. Après, savoir quelle forme ce thème prendra dans les campagnes, positions et politiques reste encore flou, mais c'est pas pour rien que De Blasio (initialement un candidat marginal) a été élu à NY, et encore moins que le couple Clinton était à son inauguration, avec l'ex président faisant prêter serment au nouveau maire (alors que les Clinton sont notoirement à la tête de la mouvance "business" du Parti Démocrate).
  6. Quand on avance quelque chose comme ça, on n'a déjà plus beaucoup de crédibilité sur le sujet économique, vu le nombre de conneries que Ryan balance. Le pape avait en l'occurrence raison, sujet de son éducation individuelle à l'économie mis à part (il a cependant un staff pas fait de manchots): en plus de 30 ans, le "trickle down economics", aussi appelé "voodoo economics", ou plus simplement "reaganomics", a fait la large preuve de son inaptitude à produire de la richesse de façon relativement équilibrée. Mauvais mélange des plus absurdes extrêmes du monétarisme et des "supply siders", c'est un cocktail qui n'a pas trouvé de confirmation dans les faits, ce qu'indiquait précisément le discours du pape: c'est juste de la rhétorique qui sonne bien à certaines oreilles et ne profite qu'à un nombre incroyablement réduit d'intérêts.... Qui font qu'au bout de 30 ans, une bonne partie de l'économie américaine ressemble précisément à ce que croit mettre à l'index Ryan, à savoir un "crony capitalism" qui ne connaît de bémol que dans les Etats américains qui ont limité les politiques vers lesquelles tend Ryan (imposition plus élevée, investissement public dans le capital humain, revenus de transfert....). Mais bon, suffit de se plonger dans l'actualité américaine régulièrement pour voir des gens comme Ryan critiqués même par les républicains modérés comme John Huntsman (avant tout un homme d'affaire et l'incarnation de la branche "business" du GOP) qui ne le prennent pas très au sérieux avec ses délires façon Ayn Rand et son gros budget com pour essayer de se donner des airs de grande personne sérieuse (et de futur candidat à la candidature, ce qu'il sera sûrement). Les idéologues et fanas de l'abstraction ont généralement tendance à éructer conneries sur conneries. Warren Buffet s'était fendu d'une petite sortie suite au discours du pape, en soulignant le simple bon sens de ses remarques qui n'étaient au final qu'un constat empirique de l'évidence.
  7. Tancrède

    Jet Pack

    Sur ce qu'a l'air de dire le constructeur (donc qui utilise les données en conditions absolument optimales, voire en rajoute un petit peu): - masse de l'engin: 180kg (plus 50 de fuel) - masse maximale transportable: 100kg - autonomie: 30 minute - rayon d'action: 30km (pas précisé si c'est à pleine charge) - vitesse: 56km/h (74 max, pas précisé non plus si c'est à pleine charge) - plafond: environs 1000m - températures d'utilisations: entre 0 et 35°c - vent tolérable au décollage: 28Km/h - bruit: 90db - capacité météo: supporte une pluie légère - opère de jour uniquement - nécessite le port d'un équipement spécifique (donc ajouté au paquetage d'un soldat, ou impliquant le développement d'un équipement mixte adapté au vol ET au combat) C'est un joujou encombrant et peu commode, et j'imagine qu'il faut être un expert pour savoir quelles sont les marges d'amélioration à 10-20 ans, non seulement en performances, mais surtout dans le coût de ces améliorations (savoir si c'est pas un cas des 10% de perf supplémentaires qui multiplient le prix par 2 ou 3). Et ça ne résout pas les problèmes simples liés à l'usage militaire en zones d'opération: utilisé pour bouger des troufions en zone de combat ou faire de l'insertion, l'engin est vraisemblablement abandonné, ou considéré perdu. Et l'usage militaire a tendance à pas être tendre avec les mécaniques délicates, sans compter évidemment les zones d'opérations probables (froid ou chaleur importants, sable et poussière, chocs nombreux....). Rien ne plaide pour la probabilité d'une longue durée de vie, que ce soit par la réalité opérationnelle (difficulté à récupérer, abandon obligé, vol par l'ennemi, usure et casse....) ou la fragilité de tels systèmes. Et tout ça ne tient évidemment pas comte du coût d'une machine adaptée à un usage militaire (et donc à des spécifications réellement élevées), du coût de la quantité réellement demandée par tête de soldat, et de la fréquence des commandes (renouvellement sans doute fréquent du parc), et surtout pas de la comparaison de ces coûts et de ces performances (relativisés par l'ensemble des modes de calculs qu'implique un usage militaire) avec ceux d'un hélico léger qui me semble encore pour longtemps avoir un net avantage. Après, qu'un tel truc, si la techno arrive à maturité et son industrialisation permet des coûts réellement intéressants, puisse servir de moyen d'insertion pour des unités de pointe, je doute pas que ça viendra. Mais en attendant, il me rappelle les planeurs du jour J: chers, peu pratiques et opérationnels, vulnérables, et au final, contrairement à ce qui avait été avancé pour justifier leur production, absolument pas réemployables, ou alors en très faible proportion.
  8. Tancrède

    Jet Pack

    - les zones étroites, faut voir ce que A L'USAGE REEL, ce genre de trucs peut donner dans les courants d'air entre 2 falaises; je dis pas qu'il peut pas mieux faire qu'un hélico, mais faut pas non plus délirer en pensant qu'un truc léger comme un jetpack s'affranchira des contraintes qui déjà impactent des hélicos nettement plus lourds, puissants et stables (et vu le truc, n'importe quel hélico est plus lourd, puissant et stable que ça). La marge de supériorité d'emploi, à supposer qu'elle soit réelle (à voir avec des expérimentations) ne serait pas forcément importante, et un hélico peut rester mieux - le prix d'un jetpack pourrait être dans les 150 000 dols? Mais il n'emporte qu'une personne; faut déjà comparer un hélico léger (qui ne valent pas plusieurs DIZAINES de millions, eux; ça, c'est les médians et lourds) à un nombre donné de jetpacks. Mais surtout, faut comparer l'usage: si c'est pour des opérations, le jetpack sera de fait jetable, parce qu'on crapahute pas avec une fois posé, et on combat pas avec. En zone hostile, autant oublier; y'aurait qu'un certain usage de petite circulation. La récupération est tout sauf garantie, de même que la conservation en état. Ensuite, il y a la durabilité du matériel, donc intérêt à calculer un coût de possession (sur la durée de vie) pour comparer ce qui est comparable. Enfin, y'a l'autonomie par rapport à un hélico: quand il sera possible de calculer un coût du kilomètre parcouru par homme, là, la comparaison sera déjà plus possible.... Sans compter que question opérations, je doute que, encore pour un certain temps, ces machins pourront battre un hélico question rayon d'action. - pour que l'infanterie soit aéromobile au moins sur les courtes distances, faut en prendre plus d'un par fantassin (voire largement plus d'un s'il faut compter avec la casse, l'indisponibilité, la perte probable en opération....), voire beaucoup plus: ça fait cher le kilomètre de visite dans le voisinage d'une base. - pour le système de surveillance ou la mule, version drone, tu crois pas que les actuels développements en la matière sont un tantinet plus adaptés et économiques? Il semble nettement plus réaliste de développer une gamme d'hélicos low cost, simples et cons, pour ce faire, si on veut des taxis, et d'avoir les coûteux réservés aux emplois hyper spécifiques.
  9. Mais ça rend toujours pas la réalité scientifique compatible avec le créationnisme.... Ces échanges horizontaux, s'ils deviennent une théorie générale, seront tout aussi réfutés par les "bible thumpers" pour qui le monde a été créé par Dieu, il y a 6000 ans, et au début duquel l'homme est venu dans sa forme définitive directement, et chevauchant des dinosaures. Le "commencement des temps" évoqué, c'est Dieu qui dit "que la lumière soit", et la lumière qui fut.... Il y a 6000 piges. Donc évitons de nous perdre dans un HS sur les limites de Darwin :-X .
  10. Ca prend tout son sens dans un pays de Common Law. En soi, le phénomène proprement dit est assez récent aux USA (années 50) et correspond justement à un temps où la classe moyenne était énorme et où l'élite s'est largement diversifiée, diluant en partie la polarisation de l'élite classique qui a profité de l'occasion pour redéfinir ses codes. Mais de fait, un "condo" a une entité dirigeante (son conseil d'administration, bien plus dans les faits et droits que l'assemblée de copropriétaires comme on la conçoit en France) dont les pouvoirs internes sont de nature légale (ils font la loi en interne au sens strict: définition de plafonds ou de planchers de revenus et de patrimoine, règlements très stricts de la vie en commun -jusqu'aux codes d'urbanisme dans la zone concernée, niveaux de bruits, invitations d'amis, obligations d'événements communs....). A la base, le concept est plutôt fait pour créer des zones d'habitation à prix modérés (et c'est encore le cas, largement); il y a ainsi des immeubles, des groupes d'immeubles, voire des quartiers (un des plus grands est dans le Bronx, avec sa police privée) fonctionnant sur ce régime. Il y a plusieurs types de condominium, et plusieurs régimes légals pour les définir: tous ne sont pas des immeubles, ils peuvent aussi être des zones d'implantation pavillonnaires en ville ou non, par exemple, et beaucoup des fameuses "gated communities" en sont. Et dans un cas d'une pareille communauté (un projet immobilier purement commercial ou une volonté d'un groupe d'investisseurs-habitants) s'établissant dans une zone "non chartered" d'un comté ou d'un Etat, ils peuvent même devenir une ville, obtenir une charte, ou un autre statut, ce qui a son importance pour l'acquisition de compétences d'ordre régalien, la police notamment (le shériff, rappelons le, est un contractant de fait privé obtenant un contrat; son statut semi public -encadré par des règles variables, des normes de qualification, des obligations- vient du fait qu'il est contractant exclusif pour la communauté qui l'emploie). De fait, si une telle communauté s'établit sur une zone "non chartered" et obtient la définition d'une aire (acquise en pleine propriété) exclusive, elle peut devenir une ville, ou quelque chose d'approchant, en terme légal, mais de fait une ville privée dont elle définit les règlements (et notamment qui y entre, qui peut s'y établir, voire qui a le droit d'y passer). La multiplication des gated communities de tous types a largement profité de ce fonctionnement, et beaucoup restent sur le régime du "condo" dans le fonctionnement puisque la propriété foncière reste aux mains des bâtisseurs et de leur organisation qui est très contraignante (même quelqu'un qui veut en sortir est très encadré). C'est un des multiples avatars du communautarisme à l'américaine: les WASP traditionnels en ont ainsi profité pour s'organiser en communauté..... Une parmi d'autres.
  11. Je crois pas que ce soit tant que ça la donne générale: ils gardent une bonne partie des mêmes codes, des mêmes lieux de rencontre, des mêmes lieux et organisations d'éducation et "d'initiation".... C'est juste que ces éléments ne sont plus ce qui définit la quasi totalité des codes de l'élite américaine (au sens des plus riches/puissants/prééminents) qui s'est diversifiée: ils n'en sont plus qu'une composante. Par exemple, les fameuses "sociétés secrètes" des vieilles universités de l'Ivy League sont toujours le lieu d'intronisation et de reproduction des good old boys: c'est plus tant qu'il faut aller à Harvard ou à Yale, Princeton ou Dartmouth, par exemple, mais qu'il faut, dans ces universités désormais très diverses et nettement plus peuplées, être dans les bons "colleges", les bons dortoirs, les bonnes fraternités, les bons cursus (avec les notes et recommandations qu'il faut), les bons stages, les bons réseaux d'amitiés et les bonnes associations et sociétés. De même, après, faut aller dans les bonnes firmes, les bons clubs et réseaux sociaux locaux, caritatifs et politiques, garder certains codes de comportements (moins strictement définis qu'avant, mais il reste des éléments imposés).... Pour connaître quelques personnes (en fait, des juifs new yorkais qui m'ont décrit le fonctionnement de certaines "élites" classiques et la façon dont elles se fréquentent, et les limites à ces fréquentations), tu peux voir les mêmes distinctions plus subtiles qu'avant garder tout leur sens et toute leur réalité: les Hamptons, le lieu de villégiature par excellence de l'élite new yorkaise, sont subtilement hiérarchisés ainsi. Il y a une "royalty" (et là t'es sûr qu'elle est à 95% WASP), diverses "nobilities", une "gentry" et des "intrus". Toute la vie sociale (qui a beaucoup de conséquences sociales, culturelles et économiques) en est impactée. De même, dans NY et tant d'autres villes, tu vois des divisions analogues, moins visibles qu'avant mais tout aussi réelles: les "condominiums", ces immeubles en copropriété au fonctionnement si particulier, en sont une des incarnations: hors certains où les élites se mélangent (ou au moins le font sur d'autres critères que ces appartenances classiques), tu peux être sûr que les règlements et procédures internes en font des communautés auto-régulées très exclusives (qui achète et qui vend, à quelles conditions, comment on y reste, à quelles règles on obéit, qui a le droit d'inviter qui....). Mon grand oncle (catholique français qui a été vice président d'une grande boîte de parfum), même si c'était à une autre époque, a eu du mal avant de trouver à pouvoir accéder à un appartement dans un immeuble de ce type (il était obligé d'en avoir un pour accéder à ces réseaux sociaux essentiels à son métier), parce qu'il était catholique et français, et que ma grande tante (une icône de la mode de NY des années 30 à 60) était soi disant catholique avec une forte suspicion de mensonge (justifiée: elle était juive polonaise et avait truqué son Etat civil pour effacer un passé.... Douteux et intégrer l'élite locale). De fait, ils se sont fait, une fois admis, plus royalistes que les rois, adoptant tous les comportements très exclusifs de ce type de communautés (certains étant parfaitement illégaux.... Et admis) et approuvant toutes les mesures visant à conserver cet état de fait. Le règlement de leur immeuble, des décennies plus tard, n'a pas changé d'un pouce, et avec lui de nombreux autres. Ce sont de telles "communautés peu visibles" et d'autres biais qui caractérisent la définition des élites. C'est pas parce que c'est folklo, parfois scandaleux, parfois apparemment con, parfois franchement ridicule, que c'est pas vrai, et ça a toujours beaucoup de puissance aux USA. Et cette élite là n'est pas, pour l'essentiel, un tas de décadents vivant de l'argent hérité: ils pèsent lourd.
  12. Ca va déjà plus loin: - les nombreux mouvements de droits civiques qui se sont levés et ont duré (et durent encore) dans les Etats républicains ayant forcé les multiples lois et règlements tapant dans le droit de vote de pans de populations importants (dont les "moral mondays") - les nombreux mouvements s'opposant aux violents assauts contre le droit à l'avortement dans les Etats républicains (avec en tête d'affiche la sénatrice texane Wendy Davies, désormais candidate au poste de gouverneur et nouvelle icône démocrate) - les récentes et très importante manifestations pour l'augmentation du salaire minimum, particulièrement massives dans le secteur restauration/hôtellerie (fast food surtout) et celui des personnels des chaînes de grande distribution (Wall Mart en a pris plein la gueule); ces mouvements sont très suivis et soutenus, et qui plus est sont suivis d'effets par la relevée du salaire minimum au niveaux des Etats. Certains l'ont déjà fait suite à ces événements, d'autres sont en train de le faire, et les opinions publiques sont très largement pour, y compris une majorité à droite. Le niveau fédéral pose encore problème - le thème des inégalités et de l'économie a désormais repris le haut du pavé malgré les tentatives de détournement de la caisse de résonnance conservatrice (essentiellement Fox et les talk show radios), et sera vraisemblablement LE thème majeur du cycle électoral de 2014. Les dernières déclarations du pape (sur le "trickle down economics" reaganien notamment) ont eu un impact hallucinant aux USA, et contrairement à ce qu'on aurait pu penser (la droite radicale le traitant de communiste), il a une cote de popularité sans précédent aux USA, et ses paroles dans ce domaine ont du coup reboosté encore plus le thème des inégalités et du modèle économique, et réorienté une partie de la droite religieuse sur ces thèmes et sur cette manière de les aborder. Faut pas les négliger: ils sont toujours là, toujours nombreux, toujours TRES puissants et riches, toujours éminents localement (comtés, Etats, institutions) et nationalement: ils sont juste moins visibles et ont surtout changé de style en partie. Le fait est que la majorité se sont en partie acculturés et que beaucoup sont de fait passés reaganiens et "nouvelle droite" dans les années 80, ou sont restés démocrates, républicains modérés (ceux là sont plutôt passés de fait dans le parti démocrate tel qu'il a évolué, cad vers un centre droit très dans le bain du big business, ce qu'exemplifie Hillary Clinton: elle n'est pas WASP, mais sa tendance est une branche traditionnelle de la politique US, très WASPée).... Kerry (très populaire) en est un exemple. Un exemple d'une des familles WASP parmi les familles WASP: les Roosevelt de la "branche aînée régnante", cad les descendants de Théodore Roosevelt. Son arrière petit fils (et le fils de ce type) est actuellement un "venture capitalist" de premier rang, toujours républicain et dignitaire du parti (cette branche des Roosevelt n'a jamais été autre chose que républicaine, même s'ils sont actuellement loin du progressisme de Théodore, et évidemment de celui de l'autre branche, celle de FDR), et ancien SEAL et haut fonctionnaire (pour la tradition de service). Bref, de la droite radicalisée par rapport à la tradition progressiste de la famille, mais toujours les mêmes caractéristiques.
  13. Là, j'avoue que je cumule surtout les articles et les reportages, plus les études du US Census Bureau, du Congressional Research Service et quelques travaux de l'American Enterprise Institute et du Southern Poverty Law Center: le chiffre de 20 à 25% des enfants américains naissant et vivant dans un état de pauvreté inquiétant est par exemple récurrent depuis des années, et a tendance à augmenter, de même que la proportion d'Américains officiellement classés comme pauvres, cad gagnant moins que le seuil défini entre 22 et 23 000 dollars/an. Stricto censu, ce chiffre serait d'environs 40 millions (15% de la population), mais il est en fait bien plus élevé étant donné que cet agrégat ne définit que les revenus en dessous du seuil défini comme celui de pauvreté aux USA. D'autres facteurs entrent en compte pour réellement la définir: coût de la vie dans l'environnement immédiat, coût de la santé et de l'éducation (la référence étant avant tout les familles, cadre de vie dominant, plus que les individus seuls), le coût d'une alimentation suffisante pour permettre de vivre et travailler (un problème lourd, notamment dans les "déserts alimentaires" récemment étudiés aux USA).... En tenant compte de ces facteurs, et si on tient à garder le seuil de pauvreté comme référent, il faut y ajouter la catégorie des "near poverty" (dans les faits pas vraiment mieux lotis et souffrant des mêmes maux et de la même absence de perspectives) qui fait largement plus que doubler le total évoqué et renvoie au thème désormais devenu un classique, la "tale of two Americas", qui renvoie aussi au problème des ingalités et de la polarisation extrême des richesses (que même la droite américaine commence à être obligée d'admettre et de traiter), et au facteur aggravant de la très faible mobilité sociale qui est désormais la norme aux USA, où elle est plus faible que celle existant en Europe. J'ai pas encore lu de bouquins spécifiques sur le sujet: juste une collection de sources journalistiques et scientifiques.
  14. Cette critique a beaucoup d'avatars: anciens riches vs nouveaux, élites traditionnelles vs "homines novi", anciens clubs vs nouveaux clubs, querelles des anciens et des modernes.... Et toujours les "anciens" critiquent l'égoïsme individualiste des modernes comparé à leur supposé plus grand sens de l'intérêt général qu'ils n'ont généralement jamais démontré quand ils tenaient plus effectivement les rênes. Sans compter que l'élite WASP est toujours dans la course: John Kerry est secrétaire d'Etat, et lui descend d'une (en fait plusieurs) des plus grandes familles des fameux "brahmins" du Massachussets (les Kerry et les Delano il me semble), ces vieilles familles de la haute société de nouvelle Angleterre qui tracent leur lignage jusqu'aux premières vagues de migrants anglais du XVIIème siècle (surtout le Mayflower et les navires qui l'accompagnaient, plus les 2-3 vagues suivantes de l'émigration religieuse des puritains). Il suffit de regarder ce qu'ont été les "nouveaux riches" de la 2ème révolution industrielle (ceux de la première aussi d'ailleurs) de la fin du XIXème siècle (les Carnegie, Rockefeller, Astor, JP Morgan....): aussi individualiste, lobbyistes et impitoyables, aussi destructeurs que constructeurs (l'analyse économétrique de l'apport réel de tels modes d'expansion économique relativise beaucoup l'impression subjective qu'on a de ces ères de "bâtisseurs").... Entre autres parce qu'une fois riches, ils ont été à l'école de l'élite WASP dont ils ont adopté les comportements de caste, exactement comme les nouveaux arrivants d'aujourd'hui (essentiellement l'élite telle qu'elle s'est renouvelée depuis les années 80 et l'expansion financière, très analogue à celle de la fin du XIXème, surtout en Angleterre), qui est d'ailleurs une création.... De la droite américaine de l'ère reaganienne. L'argument d'un plus grand sens de l'Etat, et surtout d'un plus grand sens social, est juste risible: quand on regarde les montants effectivement donnés au "secteur caritatif" au sens large (cad au sens fiscal tel que pratiqué aux USA), très important aux USA, on s'aperçoit que l'essentiel ne va pas à l'action social ou à une forme quelconque de redistribution volontaire (par opposition à l'impôt), mais à des pratiques de castes. La grande majorité de ces fonds "donnés" va: - à des dons de prestige dans les centres de reproduction sociale de l'élite (universités hauts de gamme et clubs sociaux.... Qui en ont bien peu besoin) et ses lieux de "consommation" propres (opéras, théâtres, musées) - à des donations d'ego dans ces lieux: ailes de bibliothèques et dortoirs, salles de conférences et collections de bouquins (à l'ère d'internet et du contenu cheap!). En aucun cas l'essentiel de ces fonds ne va, dans ces mêmes lieux, à du sponsoring de bourses (une très faible proportion) - à un vaste univers d'associations et organisations "non profits", faisant théoriquement une forme ou une autre de recherche ou d'action sociale, mais essentiellement politisées et consacrant l'essentiel des fonds donnés à l'action politique. Ici, la loi fiscale (dûment modelée par lobbying) est là pour leur offrir un levier politique destiné à contourner les lois sur le financement de campagnes électorales, et à surdimensionner la puissance politique de l'élite. Ce qui va effectivement à la "recherche" ou au "social" est un reliquat, et la "recherche" est bien souvent le fait de financer le soutien et la promotion d'idées et d'intérêts politiques bien établis (ceux du patron), comme on vient de voir les frères Koch le faire dans une des plus grandes universités de Floride où ils ont imposé au doyen (d'une université publique) de sélectionner eux-mêmes le titulaire de la chaire d'économie (de fait, puisqu'ils ont fait virer tous ceux qui les emmerdaient).... Valant une rétrogradation dramatique du classement et de la qualité du département d'économie de cette université (jadis plutôt bien coté), désormais une plate forme de promotion (peu crédible) des pseudo "idées" des 2 frères qui sont de fait la 1ère fortune des USA (et ils font pareil dans plein d'universités). - à des associations religieuses où, là aussi, la majeure partie de l'argent donné ne va pas à l'action sociale mais à une action politique et une prosélyte, ainsi qu'au marketing général des religions concernées: Mormons, églises évangéliques et Scientologie sont parmi les exemples les plus notables. On voit les mormons, par exemple, ouvrir des temples qui sont de véritables palais, construits en partie aux frais du contribuable (puisque les organisations religieuses sont exemptes d'impôts et les donations sont déductibles), et bien peu de l'argent donné aller à une quelconque activité charitable. L'un des résultats est que le grand argument des droites libertariennes et ultra conservatrice, dans le débat sur les inégalités sociales et le capitalisme tel qu'il a récemment évolué aux USA, qui est en train d'exploser dans le pays à l'aube de la campagne de 2014, est que le secteur caritatif compensera naturellement toutes les coupes faites dans les systèmes de transferts sociaux, et fonctionnera en fait mieux. Pour s'amuser un journaliste spécialisé dans les questions économiques a fait un calcul rapide sur la seule question alimentaire suite aux coupes effectuées dans le programme SNAP récemment: 40 milliards d'aides (allant aux "food stamps") qui sont aussi une subvention à l'agriculture, ont été supprimés au dit programme, dans une Amérique où le problème alimentaire est déjà, avant même ces coupes, plus qu'aigu (sous-alimentation et malnutrition pour une part importante de la population, particulièrement impactant sur 25 à 30% des enfants, avec des conséquences lourdes sur leur scolarité et donc leurs possibilités futures). Tout comptes faits, le secteur caritatif, aussi admirable qu'il soit et que soient ses acteurs qui se démènent dans un océan de besoin, représente, quand on regarde l'argent qui arrive EFFECTIVEMENT dans cette action, représente.... 5 milliards. Le Congrès vient de créer un manque additionnel de 40 milliards (dans un problème qui en représente infiniment plus) et pense que 5 milliards ou quelques-uns de plus spontanément donnés résoudront tout. Et pour les nostalgiques du temps d'avant où les élites étaient soi disant plus conscientes, c'était pas mieux: c'était bien pire. La nature a horreur du vide, mais le vide n'était pas compensé par une société spontanément plus solidaire ou plus créatrice de richesses: elle l'était par la mort et la misère à plus grande échelle (et une économie plus faible, et une société plus instable et violente), ce qui est en train de revenir, sauf correction. Seul le si critiqué "Welfare State" (bien dosé par rapport à la production, et avec quelques industriels visionnaires conscients d'un besoin de.... Demande) a limité, puis compensé cela, et permis non seulement de sortir des pans massifs de la société de la misère socialement reproduite, mais aussi de créer une vraie classe moyenne et une économie de classe moyenne.
  15. Ca semble une adaptation américaine du regret européen pour la tradition aristocratique et les élites dirigeantes traditionnelles et essentiellement auto-reproduites qui produiraient plus de compétence pour la direction d'un pays et plus de sens de l'intérêt général.... Un très vieux débat qu'on retrouve à Athènes et Rome dans l'Antiquité, ou en philo dans la vieille question de l'identification des "meilleurs" et du fait de savoir, quand on l'a déterminé, si le meilleur gouvernement est le gouvernement des meilleurs. C'est dans les premières lignes de l'article qu'il faut tiquer, sinon on est emporté par l'argument, avec peu de choix sinon être globalement plus ou moins d'accord: les prémisses sont faussées par le fait qu'elles obèrent largement les fautes de la dite élite traditionnelle américaine dans ce supposé "métier" qu'elles se sont longtemps transmis dans l'éducation et la socialisation en circuit fermé. Faut pas oublier que cette élite a aussi produit en son temps sa part de désastres financiers d'ampleur mondiale (crise de la reconstruction post guerre de sécession, crise financière des années 1870, crise des années 1890 et grande dépression, crise de 29), le maintien de l'esclavage et la ségrégation, les blocages constitutionnels majeurs aboutissant à des crises et injustices sociales majeures, des guerres connes, coûteuses et cruelles causant l'instabilité d'autres régions et/ou des problèmes géopolitiques récurrents (la guerre de 1812, la guerre du mexique, les "banana wars" et la guerre hispano américaine par exemple), un génocide (la conquête de l'ouest), des tendances de société lourdes causant des problèmes majeurs (le "gilded Age" du dernier quart du XIXème siècle aux années 1910, qui ont vu un niveau de polarisation des richesses équivalent à ce qu'il est actuellement redevenu aux USA depuis une vingtaine d'années, avec le meurtre de la classe moyenne), des moments où le pays était ingouvernable (ce qui inclue une guerre civile, et une guerre sociale majeure, entre les années 1860 et les années 1960).... Soit essentiellement les mêmes choses et le même ordre de désastres que ce que l'auteur reproche aux élites actuelles (moins la guerre civile qui n'est pas encore revenue au goût du jour). Rien de bien neuf sous le soleil, et c'est pas l'analyse des résultats qui donnera raison à un article qui semble plutôt, au final, être le regret d'un autre temps par goût esthétique ou illusion d'un âge d'or inexistant, mais certainement pas d'une quelconque réalité. On a le même genre de nostalgiques en France et ailleurs, ceux qui regrettent l'empire colonial, et surtout ceux qui regrettent l'ancien régime ou le système aristocratique, voire qui ont une nostalgie plus féodale. Les Anglais ont aussi ces portions d'élites qui regrettent plus le règne de leurs Eton boys (pourtant encore bien en place après le "moment Thatcher" à droite), qui au final ressortent du même registre que les "good old boys" que l'auteur du dit article se prend à mettre au pinacle comme pour dire.... Que tout était mieux avant, sans vraiment d'éléments pour fonder cette opinion. Mais bon, faut pas s'attendre à des trucs de grande qualité dans le WSJ.
  16. Oui, c'est marrant que le noir baratineur/malin et pas spécialement apte à la violence (type Huggy les bons tuyaux) soit passé au second plan depuis les années 80, au profit de la big brute au grand coeur ou du surdiplômé bon en tout (cliché commun aux minorités et femmes désormais dans la fiction américaine, comme "contre cliché" social). L'asiatique reste cependant organiquement lié aux arts martiaux, surtout hyper acrobatiques, et évidemment, autre cliché, les arts martiaux à base quasi exclusive de High Kicks sont invincibles et la clé de tout combat au cinoche et en séries. Euh, je parlais de l'Angleterre, là, pas des USA. Les prods US sont aussi souvent "victimes" de ce système britannique: pour profiter des châteaux et villes médiévales/elizabéthaines/XVIIème-XIXème siècles (ou même des tournages contemporains incluant des scènes à Londres/en Angleterre), ils doivent y entrer et n'embaucher quasiment que des acteurs anglais ou du Commonwealth (ce qui favorise cet afflux permanent et important d'acteurs canadiens dans la fiction américaine), parfois même se battre pour avoir leurs stars dans les 1ers rôles (les proportions de casting exigées par les anglais sont hallucinantes). Faut pas croire que GoT serait si plein d'acteurs anglais si la BBC était pas si présente dans le financement et la prod (même si une bonne partie du tournage en château est en Irlande). Bien sûr que si, mais pas toutes les professions (voir les scénaristes/dialoguistes; c'est pas pour rien qu'ils ont fait une gigantesque grève). C'est même pire qu'en France dans beaucoup de cas.
  17. Elle aurait pu, mais elle a été gâchée par ses avalanches de clichés: - techniques: combats et scènes maritimes sont pour le moins.... Enchaîneuse des clichés en la matière (combats à l'épée, combats aux armes à feu "classiques", navires affichant des voiles mais marchant plus que visiblement au moteur....). - scénaristiques: comme dit plus haut, c'est le jingoïsme niais et bien pensant de la "Waterloo Industry" comme on le trouve dans Sharpe: pour être plus équitable, faut concéder que les romans sont de la même eau, parfois même pires, même si ce sont des classiques des classiques dans le monde anglo saxon, particulièrement chez les marins, surtout militaires, bien plus que O'Brian, pourtant nettement plus réaliste, virtuose et mature, mais qui se paie une réputation d'enfileur de perles, quand ce n'est pas de "liberal" chez les ricains, à cause de son érudition. Dans le genre, on pourrait presque, pour rester dans le sujet, faire un encart sur les énormités et clichés nationaux, la façon de regarder les autres ethnies, religions et cultures dans les films et séries: pas l'inventaire complet ou les plus choquants et exagérés, qu'on voit de temps en temps, mais les traits dominants, ceux qui, pour une raison ou une autre, deviennent ultra-récurrents, voire systématiques, et dont on s'aperçoit en fait moins qu'il sont là, tant on s'y est habitué et tant ils sont devenus une "saveur acquise". Les Anglais se sont assurés un quasi monopole sur certaines niches: la raison principale pour laquelle on voit beaucoup d'acteurs anglais ou du Commonwealth dans les séries comme GoT, c'est le protectionnisme et la subvention à certaines productions: les trucs médiévaux/époques sont largement subventionnés (directement ou indirectement via la BBC et quelques structures de prod) et s'ajoutent à l'emploi du patrimoine pour ce faire, ce qui attire beaucoup de productions là-bas.... Et quand tu tournes là-bas, tu es forcé légalement d'employer une proportion absolument dominante d'acteurs anglais ou du Commonwealth. A l'arrivée, ça entretient la machine permanente et le réservoir d'acteurs, scénaristes et techniciens ayant le métier pour faire "fonctionner" visuellement ces univers. Ca coûte cher à l'Etat, il est difficile de savoir s'il s'y retrouve, mais ça fait fonctionner la machine.
  18. Dans la série Pirates des Caraïbes: le Black Pearl n'existe pas dans le premier film, et dans les suivants, c'est un "faux", soit en fait des superstructures faites sur un navire moderne (il navigue, cependant, et peut hisser les voiles, mais c'est tout).... Seul le Lady Washington est un vrai, qui joue le navire britannique rapide que pique brièvement Jack, et le Surprise/Rose qui incarne le navire commandé par Barboza dans le 4ème film. Les classiques des années 40-70 (et avant) sont essentiellement faits avec des maquettes (pour les plans "navals") et des plates-formes extérieures ou en studios (pour les scènes de ponts): c'est le cas pour Hornblower (dont le seul vrai navire soit le pseudo-brick de l'évasion, à la fin). Fais comme moi en cette saison: bats ta coulpe avec des branches de sapin.... Non j'aime pas ça, c'est médical d'abord!
  19. Euh? Si il y en a un: c'est pas le seul lieu de tournage sur pont, mais il y en a un, surtout pour les plans extérieurs. C'est l'ex HMS Rose (lancé en 1970 ou quelque chose comme ça), acheté par la Fox pour la production du film, et donc rebaptisé pour l'occasion. puis racheté par le musée maritime de San Diego, l'actuel propriétaire qui s'en sert pour les visites et comme navire école pour les gréements classiques. Le navire a aussi servi dans le dernier volet de Pirates des Caraïbes. C'est une excellente réplique, et un navire qui tient très bien la mer, pas juste un truc fait pour les prods de ciné ou faire un bout de cabotage pour des plans extérieurs en eaux libres. Pour la hauteur des coques, je parle en fait d'un grand nombre de pseudo répliques souvent vues dans les films qui sont vraiment TRES hautes sur l'eau pour de tels navires, rien à voir avec des vrais navires comme la Constitution ou la Surprise/Rose; ces machins de cinoche sont souvent des barges ou des coques modernes par-dessus lesquelles on a foutu des superstructures de vaisseau classique. Les vrais navires peuvent paraître anormalement hauts quand ils sont lèges; même s'ils sont lestés, on les charge jamais comme un vrai au temps jadis. Rien que les canons et leurs munitions les enfoncent de beaucoup, mais s'il faut y ajouter les pièces de rechange, vivres, matériels et consommables pour plusieurs mois de mer, je t'assure qu'ils ont une toute autre ligne (même à la fin des dits mois en mer), surtout si on y ajoute le poids de l'équipage, généralement très nombreux sur un navire de guerre (par rapport aux navires de commerce: c'est de l'ordre de 1 à 4 entre les deux types d'équipages). Quelques vraies répliques de navires de guerre/armés (les canons sur ces répliques sont cependant essentiellement des faux, en matériau composite), bien faites et aussi près de l'original que possible (et toutes sont réellement navigables): - le Grand Turk (9 canons, très employé dans l'audiovisuel, notamment la série Hornblower) - le Batavia (east indiaman 24 canons) - le Bounty (y'en a eu 2: le premier a coulé en 2012 pendant Sandy) - le Göteborg (10 canons) - le Golden Hind (navire de Sir Francis Drake; 22 canons) - le futur De Zeven Provincien (80 canons, vaisseau amiral de De Ruyter) - la Grace (un brick merveilleusement marin) - le Sultana (un schooner de 8 pierriers) - le Lynx (schooner corsaire de 6 caronades et pierriers) - Le Neptune (environs 60 à 70 canons: réplique de galion faite pour le tournage du film Pirates de Polanski) - le Shtandard (frégate russe de 24 canons) - le Renard (cotre armé de 14 canons et caronades) - le Lady Washington (un sloop avec juste 2 canons) - le Kalmar Nyckel (navire marchand de 14 canons) - le Prins Willem (East Indiamen de 32 canons) - le Nonsuch (ketch de moins de 10 canons) - le Duyfken (8 canons; un petit fliboot de la fin du XVIème siècle) - le Pélican (un 44 canons actuellement au Québec, dans un sale état) - Le San Juan Bautista (16 canons; un cas rare vu que c'est la réplique d'un galion JAPONAIS construit en 1613 au Japon par le personnage qui a servi de base aux romans et à la série télé Shogun) - l'Hermione (une "frégate de 12 livres" -cad armée de canons de 12) - le futur Jean Bart (un 74 construit à Gravelines, très lentement, depuis les années 90, mais qui a bien pris forme) Il y a aussi la Santissima Trinidad, l'un des plus grands navires de la fin du XVIIIème siècle, un "quasi 4 ponts" de 112 canons dont une fausse réplique est à Alicante.
  20. Mmmmmffff.... Marrons glaçés...... Je veux, je veux! Ma flemme aussi El Supremo est un peu moins ridicule dans le bouquin d'origine.... Disons qu'il est à la fois ridicule et terrifiant. Le film est.... D'époque, quoi (les années 50-60). La série Hornblower, avec un (relativement) jeune Ioan Gruffud (Mr Fantastic) dans le rôle titre, est tolérable, même si un tantinet sur le même registre que la série Sharpe: jingoïsme bien pensant tapant dans la mythologie royal nayienne, sur fond de fiction "à l'industrielle" (en Angleterre, c'est un secteur sûr de la vente et prod de fiction) de la période des guerres de la révolution. Dans ce registre, à peu près TOUS les films sur la marine à voile ont plus ou moins pêché.... Mais peu autant que certains, où c'est quasiment du 100%.... Dont les passages maritimes de notre marquise des anges nationale.... Dont un remake vient de sortir: attention très peur. Peuvent-ils faire pire que l'original (dans le registre nautique.... Et dans le reste)?
  21. Naan! C'est la période de Noël, alors on se remate des films par paquets enchaînés.... Là, c'était la séance Pirate des Caraïbes; les "arrrh", "ahoye me matey" et autres m'ont rappelé le "talk like a pirate day"; dans le genre cliché des clichés.... Ca fait combien de temps, ou de films, qu'on n'a pas vu un pirate parler normalement? Mais c'est vrai que j'ai reçu une (partie de) panoplie de pirate ce noël: une (terrible) bouteille de rhum. Ils fonctionnent au lisier de porc breton recyclé? Rôôô, Causette! Tu veux un câlin? La réponse à ton interrogation est simple: l'entraînement, l'entraînement, et un peu de détente pour laisser au muscle le temps de se reformer. Y'a sans doute aussi la baisse de tension de fin d'année: on est moins motivé, l'audience est un peu moins réceptive, l'égocentrisme fait le reste ("c'est ma faute", "c'est moi qui ait un problème", "mon dieu pourquoi moi"....). Un bon vin chaud, un bon dodo, des sucreries, un peu de vacances et hop, on se remet à vanner comme un enfoiré.
  22. Tes piques d'ironie étaient meilleures avant.... Tu manques de pratique, ces temps ci :-X ? Tant qu'on est dans les pirates, on oublie le cliché des clichés sur eux.... Ce qui est désormais célébré tous les 19 septembres dans certaines contrées.... Le "Talk like a pirate Day"! La façon de parler des pirates dans les films, surtout anglophones (enfin la quasi totalité des films de ce genre le sont), est.... Comment dire.... Un tantinet cliché, sinon carrément imaginaire. Une bonne partie de ce cliché est née dans le roman original de l'Ile au Trésor (avec pas mal d'autres clichés sur les trésors cachés, les abandons de personnes sur des îles désertes -le "marooning"-, le rhum à toutes les heures, les jambes de bois et perroquets et autres trucs, parfois ayant une origine anecdotique réelle, parfois imaginaires) et s'est trouvée personnifiée dans Long John Silver, en premier lieu, puis propulsée des siècles plus tard par l'acteur Robert Newton (2 fois Long John Silver à l'écran, plus une fois Barbe Noire), qui l'a le plus emblématiquement incarné et a été déclaré le "saint patron" du Talk like a pirate Day. La culture populaire anglaise et américaine des XIXème et XXème siècles a travaillé ce cliché à fond; des opérettes de Gilbert & Sullivan (Pirates of Penzance, cliché absolu) au cinéma, y'a jamais eu de repos pour ce dialecte particulier né à la base d'une caricature de langage et d'accent de Cornouailles (la cornouaille anglaise, pas la bretonne). Le cinéma américain de l'âge d'or, mais aussi de nombreuses comédies et comiques de télé ont achevé, via l'échelle industrielle et la répétition de décennies en décennies (surtout sur de jeunes esprits impressionables), d'imposer le cliché comme la norme de référence. Il est cependant douteux qu'on ait jamais entendu un pirate (anglophone) parler ainsi (même un peu), même si, dans l'univers de la piraterie et des corsaires de langue anglaise, les populations parlant des dialectes de l'ouest de l'île et/ou ayant l'accent de ces régions (cornouaillais et gallois essentiellement), étaient de très loin les plus nombreux. Donc, désormais, vous n'êtes plus ignorants: tous les 19 septembres, vous devrez parler comme un pirate. Et sachez que l'impératif est d'ordre religieux: le culte pastafarien (je crois que je suis converti), ou Eglise du monstre en spaguettis volant, a adopté le jour comme un de ses jours saints.... Le Flying spaguetti monster, sa très sainte nouillitude, vous surveille! C'est pas seulement religieux, c'est aussi scientifique et écologique: il est attesté que le réchauffement planétaire est étroitement corrélé avec la baisse constante du nombre de pirates depuis le XIXème siècle. Il faut donc regonfler les rangs de ces humanistes trop aisément décriés par des zélotes religieux jaloux, pour sauver la planète. Arrrh!
  23. Master & Commander, Pirates, Hornblower, L'ïle au Trésor, Cutthroat Island, la série des Pirates des Caraïbes.... Et tout un tas de films, surtout des années 40 aux années 70, essentiellement de pirates.... Pas grand chose de bon de ce côté là. En séries, je vois que Hornblower, To the Ends of the Earth (minisérie peu connue, mais très très bonne), Treasure Island (série de 2012), Crusoë (pas trop axé marine) et quelques autres trucs, plus les merdasses avec des navires genre Sindbad (2 très mauvaises séries, Xéna-like). 2 séries de pirates sont très attendues prochainement: Black Sails en janvier (sur le 2ème "âge d'or de la piraterie", et apparemment une prequel pour L'Ile au Trésor) et Crossbones (avec John Malkovitch jouant Barbe Noire).
  24. Tiens, un cliché parmi d'autres, dans un registre spécialisé: les (quelques) films et séries s'intéressant au temps de la marine à voile (en série, à part quelques miniséries et films télés en one shot ou 2-3 épisodes, je vois que Hornblower) ont cette tendance quasi permanente à représenter les combats au canon à très courte distance, entre navires sans gîte (où le fait qu'ils marchent au moteur est plus que mal camouflé, en plus d'être souvent trop hauts sur l'eau vu la rareté des vraies belles répliques) qui s'assaisonnent avec une cadence de tir moderne, quasiment bord contre bord, qu'il y ait abordage ou non.... Et il y a souvent abordage, parce que c'est le cliché régnant, même entre navires avec look XVIIIème siècle (qui ont tendance à avoir des rentrées fortes empêchant précisément l'exercices). On voit aussi beaucoup de pirates et corsaires avoir de vrais navires de ligne, des navires avec 2 ou 3 ponts, ou des navires avec énormes châteaux arrières (et parfois aussi avants) même si c'est fin XVIIème et XVIIIème siècle.... Parce que le bateau pirate/corsaire (aucune différence dans le monde de fiction audiovisuelle) a une image début XVIIème siècle qui semble être une donnée intemporelle.... Donc on verra un genre de fliboot/pseudo "galion" aggrandi aller se friter des navires de lignes de période napoléonienne avec leur "damier Nelson", parce que l'image l'exige.... Et mieux vaut ne pas parler de la manoeuvre maritime, de la plausibilité des aspects nautiques des évolutions à l'écran, des navires, des mouvements d'équipage, ou du comportement des navires..... Même Master & Commander, sorte d'exception dans ce sous genre ciné/télé, est tout sauf irréprochable..... Mieux vaut n'en pas parler, donc.... Mais putain comment ils font remonter au vent toutes ces barcasses à voilure carrée, bordel? Elles sont incapables de tirer un seul bord au près (sauf à abattre toutes les voiles carrées et marcher aux étais, ce qui, sur ces trucs, fait à peine un petit largue)!!!!!
  25. Oui, mais outre l'habituelle légèreté des journalistes français avec la rigueur théoriquement voulue par leur profession, surtout quand il s'agit de causer chiffres, on notera quand même que le dit scandale vient à la base du rôle d'entremetteur/blanchisseur de l'AKP au profit de certains intérêts du régime iranien, qui eux se comptent bien en dizaines/centaines de milliards.... Le trafic de produits pétroliers et gaziers, l'intermédiation financière pour le recyclage de fonds douteux (voire le trafic d'alcool à grande échelle tel qu'il existe en Iran, ou le trafic de drogue), sont des business juteux, surtout avec les montants manipulés par les gardiens de la révolution. Le gouvernement turc se fournit en hydrocarbures à compte préférentiel, et tout le monde était content.... Avant de se faire pincer. Ca coûte cher les campagnes électorales et les actions sociales à grande échelle qui font la popularité des partis religieux.... Et on devient gourmand, en plus, quand on a goûté aux sommets; de la gourmandise à la maladresse, on a vite fait de se faire choper la main dans le pot de confiture (ou même après: les mains restent collantes).
×
×
  • Créer...