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Les énormités et clichés du cinéma et séries télévisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Et vu le résultat et sa constance, c'est une fois tous les deux jours.... Mais la peau ne rougit jamais :lol: . -
Les énormités et clichés du cinéma et séries télévisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Aaaaah, cette saleté de monde réel qui reprend ses droits.... On notera cependant, à sa décharge, qu'il en a démoli plusieurs (2 ou 3 chemises dans la même soirée si je me souviens) "officiellement" dans le film.... Pour la bonne cause, puisqu'il s'agissait de montrer ses pectos :-X . Tiens, voilà un autre code plutôt récent (commence un peu dans les années 80, dans des registres spécialisés, arrive surtout dans les années 90): le héros a un corps parfait aux muscles surdessinés (et il émet naturellement l'huile pour les rendre encore plus évidents face caméra), et évidemment à l'épilation parfaite. Et quoiqu'il arrive, quand la chemise tombe (voire plus), les dits muscles ont toujours l'air d'être en phase de congestion optimale, saillants comme tout, avec éventuellement les veines bien visibles à tout instant. Les muscles de héros se distinguent des muscles de mortels en ce qu'ils sont toujours en phase maximale d'activité, "pompés" à mort et jamais fatigués. -
Joli document, j'avais rien d'aussi synthétique. Cependant, pour illustrer l'un des problèmes, ce document évoque un revenu moyen de 50 000 dollars par famille pour une dépense annuelle de 8800 dollars pour les transports.... La réalité du revenu des familles américaines est nettement inférieure (le revenu médian tend à s'éloigner de plus en plus du revenu moyen, l'effet de distorsion du 1% le plus riche -et en fait des 0,2% les plus riches- étant sans comparaison dans l'OCDE), si bien que quand on évoque le poids du transport dans le budget d'une famille, il faut plutôt évoquer un revenu tournant autour de 35-40 000 dollars annuels (le seuil officiel de pauvreté aux USA étant d'environs 23 000 dollars/an). C'est d'autant plus crucial que cette dépense est encore plus un enjeu économique et politique stratégique à mesure que la taille du pays concerné et de ses aires urbaines s'accroît: pour l'Europe et le Japon (dans la comparaison évoquée dans le document), on parle de pays ayant somme toute de petites surfaces et des densités humaines et urbaines supérieures, comparées à des USA où le pays lui-même est gigantesque et les zones urbaines (à population égale) plus étalées. La distance moyenne à parcourir pour les biens et les personnes est structurellement nettement supérieure, et l'impact économique d'autant plus grand, autant dans les dépenses annuelles que, plus grave encore, dans les anticipations des acteurs économiques: c'est toute la rentabilité estimée à l'avance d'une activité, de son expansion ou de sa création qui en est impactée. L'exemple récent du Texas, où des routes dans des secteurs entiers de l'Etat sont abandonnées ou reconverties en sentiers de terre (vitesse moyenne inférieure de 40 à 50%, usure supérieure des véhicules, risques d'accident multipliés, problèmes de circulation....), représentant des fausses économies, le cloisonnement de fait de populations, et surtout de moindres opportunités économiques.
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Parfois même, les méchants croient que c'est les gentils qui sont méchants: qu'ils sont tordus, ces méchants! Pas tous quand même: il y a des méchants de carrière, voire des méchants nés/élevés ainsi. Mais bon, du moment qu'ils sont tatoués et vaccinés, ils ont le tampon "méchant et approuvé, AOC". On notera que la sous-espèce des anti-héros peut venir de tels élevages (le méchant en rédemption), ou y avoir fait un stage (le gentil qui a failli devenir méchant, qui a eu une période sombre ou un accident de parcours) et en garde des habitudes: fumer, baiser hors mariage, être sale, roter/péter/boire de la bière (comme la Barbie Skinhead), porter du cuir, être désagréable.... John McClane est un gentil, mais il est sale comme un méchant.... Beeeuuurk, un héros en marcel (sale en plus).... Mais on s'éloigne un peu: les clichés, codes et énormités qu'on énonce sont censés avoir une traduction visuelle/scénaristique mise en évidence, sinon on va partir dans les délires sans garder contact avec le sujet. Avez-vous remarqué que méchants comme gentils suent rarement? Les costards et chemises serrées n'ont jamais d'auréoles, le cuir ne les fait pas cascader de sueur poisseuse? Et tant qu'on y est.... Les putains de fringues qu'ils portent ne les gênent jamais pour courir, sauter, faire des cascades et combattre.... Vous avez déjà essayé de filer des coups de latte en costard, ou même un jean normalement serré? Déjà essayé de courir en chaussures de ville sans vous rétamer au premier virage un peu serré, ou simplement de courir vite avec, sans même parler de combattre? Ca marche aussi pour tout type de semelle lisse. Font comment? Comme les mannequins sur les plateaux de défilés, en rayant le dessous des pompes et en foutant du coca dessus? Et à force de faire des sauts hallucinants dans des pompes comme ça, ils se démolissent pas les rotules? Ou c'est Weston qui leur fait des pompes avec semelle airpump camouflées? C'est pas aussi dramatique que pour les nanas, leurs fringues et leurs talons aiguilles à l'écran, mais c'est gratiné quand même.... Comment Daniel Craig fait pour se friter, dans Casino Royale, avec son smoking qu'on a vu ajusté au possible quand il l'essaie; normalement, quelque chose aurait du lâcher.... Soit lui (défoncé par son adversaire à force d'être gêné pour bouger), soit le costard dont les coutures auraient craqué. -
Les énormités et clichés du cinéma et séries télévisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Qu'est-ce qu'on s'en fout qu'un héros "sérieux" ait une petite voiture: dès lors que le registre humoristique, ou celui qui la joue "david vs Goliath" (le "petit" qui s'attaque aux "grands", celui qu'on sous-estime et ne voit pas venir, qui est un style devant être surtravaillé avant d'arriver à la voiture), est écarté, si tu veux que le public ciblé s'identifie un peu au héros (et donc donner des ingrédients de succès -sans le garantir), le facteur "cool" doit être là.... Moi aussi j'adore Choupette, la coccinelle invincible, mais elle est pas faite pour un registre action/puissance; la question est l'image de soi visée par le film, et la voiture reflète tout le registre choisi, qui s'incarne à tout moment du film, sinon même dans chaque détail de la narration et de l'image, du récit et des personnages, de l'ambiance et des aléas de l'intrigue. Un film a entre 1h et demie et 2h pour créer une émotion dominante (couvrant toutes les autres) et si possible durable, là où un livre, par exemple, peut jouer sur beaucoup plus. Si tu cases ta "petite et nerveuse" dans un film au registre comparable à James Bond version Daniel Craig, le résultat a peu de chances de produire un effet favorable, sauf si elle n'est employée qu'anecdotiquement, pendant 1 ou 2 minute de film, dans un "encart" clairement mis à part du reste, pour offrir un contraste (dont le comique est généralement la donne la plus évidente/fréquente). Qu'on le veuille ou non, le choix de la bagnole répond à beaucoup de logique et concourt d'un travail de longue haleine sur le subconscient, qui dure du début à la fin du film (même si la voiture elle-même n'existe que quelques minutes à l'écran). Retour aux clichés essentiels, aux codes non dits.... Quelques exemples sur "l'identification" instinctive des personnages, liés à des codes plus américains qu'européens, mais auxquels on est tous dressés par des décennies de séries et films US: - les méchants fument souvent: on peut les reconnaître à ça - les méchants (en fait, plus encore les méchantes) portent beaucoup, beaucoup de cuir - les méchants baisent beaucoup hors mariage Malgré les évolutions plus récentes (20-30 dernières années), notamment sur la baise, on constate que ces codes (et beaucoup d'autres du même registre) gardent une certaine puissance, renvoient toujours instinctivement à des réponses programmées depuis longtemps; les gentils portent plus de cuir, les gentils baisent maintenant nettement plus hors mariage, voire -ô horreur- sans nécessairement de mariage qui suit l'acte.... Mais malgré tout, l'association instinctive de tels détails continue à renvoyer vers le marginal, le trouble, l'équivoque. Malgré la mode, la révolution sexuelle, la normalisation de nombre de comportements à l'écran, ils gardent une bonne part de leur impact. Le cuir aurait-il son facteur cool s'il n'évoquait pas précisément le registre du méchant, de l'anti-héros, du marginal, d'un certain degré "acceptable" de fétichisme sexuel (désormais très politiquement correct)? La clope.... Plus équivoque de nos jours, depuis la mort du cowboy marlboro. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Les exemples que tu cites sont différents: ils reposent en grande partie sur l'élément comique, et/ou sur l'effet de contraste entre une situation sérieuse et de puissants éléments comiques, qu'il s'agisse d'une Mini ou d'une Deuche, d'un héros libidineux au possible avec son assistante hystérique, ou d'un gendarme complexé et caractériel accompagné d'une bonne soeur hilare dont l'esprit plane dans la stratosphère. L'effet peut être efficace, voire puissant, mais c'est pas non plus le ressort adapté à tout type de scénario, surtout celui d'un film d'action standard qui essaie généralement d'avoir un ton général plus sérieux. Pour la note, James Bond a fait UNE poursuite en 2CV, qui a quelques bons moments, mais se place dans la période Roger Moore qui n'a pas été au goût de tout le monde (plus comique, parfois délirante) et correspondrait mal à d'autres "phases" du héros: James-Connery ou James-Craig sont aussi deux autres "tons" de la série ("super mâle" archétypique d'une époque précise" et "héros dur/terre à terre/plus réaliste") dont le personnage vivrait mal d'avoir à s'incarner dans une poursuite en twingo ou citroën Berlingo (sauf pour 1 minute, la voiture ayant besoin d'être sacrifiée immédiatement sur l'autel d'une cascade hénaurme ou d'un usage comme bélier). -
Ce n'est pas passé comme un vote spécifique: cela s'est fait, en terme de procédure/déroulement des événements, comme un "follow up vote" sur une question donnée: pas beaucoup de préavis, même si c'était fondamentalement dans les cartons, comme un projet préparé. La question était de quand ça viendrait sur le tapis (le filibuster doit être annoncé, même s'il n'y a plus besoin -c'est une des raisons majeures de l'abus- de faire le filibuster proprement dit, juste de l'annoncer), et Harry Reid, qui avait préparé la motion et réuni les votes, avait juste menacé de la mettre au vote si les républicains jouaient à l'obstructionnisme une fois de plus sur un truc basique comme les nominations de juges et directeurs d'agences fédérales (93 postes de juges de cours d'appels fédérales sont vides depuis plus de 2 ans, ce qui représente des centaines de milliers de dossiers en attente, des retards énormes....): quand tu regardes le déroulement du vote, entre le moment où la question a été posée et le moment où la motion a été approuvée, il se passe quelques secondes. C'est juste que les républicains, McConnel en tête, avaient apparemment cessé de croire à la menace de Reid et pensaient pouvoir encore s'en tirer et continuer à se comporter comme des gamins irresponsables. Qu'on ne se méprenne pas: la procédure, toujours controversée, tournant autour du filibuster et de son emploi, est une patate chaude constante et un déterminant majeur du fonctionnement de l'institution du Sénat, le genre de réformes qui porte très loin et a un grand impact sur le déroulement de l'activité législative et les rapports de force politiques; mais ce n'est pas un élément "fixe" dans l'histoire constitutionnelle et politique américaine. Depuis le tout début, sa création et la détermination de son emploi par les premières pratiques parlementaires, ce dispositif censé donner une "voix" à la minorité est aussi controversé que son créateur, le plus détesté et équivoque des pères fondateurs, Aaron Burr.... Et il a été changé plusieurs fois, la dernière en date datant de 1975. Plus largement, ce n'est donc qu'un chapitre de plus dans l'histoire de cet outil parlementaire particulier qui n'est qu'un parmi d'autres destiné à trouver le délicat équilibre entre la règle de la majorité et le besoin d'une minorité active et pouvant être respectée, qui avait été compromis ces dernières années (voire ces 2 dernières décennies) par l'usage abusif qui en avait été fait par la minorité, surtout républicaine, qui s'en servait pour empêcher la majorité de gouverner jusque dans l'activité la plus banale (en l'occurrence les nominations) du gouvernement. Sur une note plus légère: après 3 semaines d'attention, essentiellement pour se foutre de sa gueule (et un peu de celle des Canadiens), sur le maire de Toronto, son passif constamment alourdi et ses foirades en direct live, les médias américains sont revenus à domicile pour mettre en boîte un représentant républicain, Ted Radel, pris en flagrant délit d'achat et consommation répétée de cocaïne (tout en étant évidemment un farouche "moraliste" du Tea Party): déjà assez ridicule par lui-même (se présentant comme "hip hop conservative" ??? , ce qui faisait marrer.... Et encore plus après ça) et plutôt nauséabond dans ses procédés (il a fait sa fortune dans les noms de domaine, abusant des moyens que ça lui donnait dans le processus politique). Issu du parti républicain de Floride, il entretient l'image de ce parti qui a déjà un lourd passif et a tendance à apparaître comme le plus taré (aussi bien pour leur extrêmisme et leurs scandales hauts en couleur, que pour leur.... Folie au sens propre), ce qui fait dire à certain qu'il est étonnant qu'il n'y ait qu'un élu républicain de Floride qui aille en prison :-X .
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Un autre code/cliché/classique, sur lequel je vous laisse vous déchaîner ou non.... Le "sérum de vérité", qui apparemment force les gens non seulement à dire la vérité, mais en plus à ne pas pouvoir s'empêcher de parler.... Combien de fois l'avez-vous vu? -
C'est peut-être un peu en partie le problème: quelque part, très en amont, presque exclusivement symboliquement, on s'est trop fait au terme de "ministère de la DEFENSE" et on a trop entendu le terme d'une certaine façon: la guerre, c'est entre Etats, et l'armée permet de s'en défendre. Le territoire métropolitain (le seul qui "compte" dans la conscience nationale dominante) est hors d'atteinte de tout adversaire potentiel pour l'avenir visible, et de toute façon doublement sanctuarisé par l'arme nucléaire. Quand ces conditions sont prises en compte, on a perdu 99% de l'audience, politiques compris. Tout le reste, dans la compréhension absolument dominante, est du ressort de "l'agression" et de la défense d'intérêts économiques particuliers (entendez "crapuleux" et forcément assimilés à des multinationales puantes aux dépends ou non de la nation), au mieux, ou d'un véritable projet néocolonialiste au pire, avec au passage une terrible surestimation ou sous-estimation des armées et de leurs capacités (soit elles peuvent tout faire, y compris résoudre des situations humanitaires insupportables ou dominer des "pays victimes" entiers, soit elles sont nulles en tout et peuplées de cons robotisés). Le problème est que personne ne sait, ne veut et ne peut mettre en valeur l'intérêt national tel qu'il doit être compris: faire comprendre comment le destin (et l'économie/le bifteck du Français moyen en particulier) dépend en partie de ce qui se passe hors des frontières. Le plus grave étant que les personnes qualifiées, ou censément qualifiées pour faire ce véritable "lien armée nation" (pas du tout l'aspect sentimental/mémoire de la chose, ou l'attention portée en cas de catastrophe naturelle ou d'aménagement du territoire), ne le savent pas elles-mêmes: peu de politiques qui comptent savent et veulent s'y intéresser (le duo Hollande/JYLD est peut-être ce qui s'en approche le plus depuis des décennies, contrairement à ce qu'on pense, même si c'est pas forcément phénoménal), et de ce que j'ai vu et entendu, peu de hauts gradés comprennent réellement la chose au-delà de leur domaine d'expertise et/ou ceux qui le font le gardent pour eux. Après vient le problème des relais d'opinions, ce qui concourt en partie de la com des armées, si nulle en tout (et non, les campagnes médiatiques pour le recrutement et autres ne sont pas de la com, juste de la pub: c'est la partie la plus superficielle, chère pour ce que c'est, à moindre valeur ajoutée, et la plus "en aval" d'une stratégie de com). C'est au final un des aspects principaux d'une stratégie: faire en sorte que ton pays veuille une stratégie, sache qu'il lui en faut une (et qu'il n'en a pas pour le moment). Si ce cap est franchi, tout devient nettement plus facile.
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Premièrement: gné????????!!!!! Deuxièmement: à cette époque, on savait très bien quel était le risque stratégique principal, et l'armée était faite pour le contrer.... Ca veut pas dire que c'était bien fait (à maints égards, impliquant maintes responsabilités), mais si tu veux des garanties de bon choix et de succès systématique, je crains que tu ne sois pas sur la bonne planète avec la bonne espèce. Mais pour 40, le problème n'est pas vraiment dans une mauvaise anticipation stratégique (l'ennemi probable est connu, désigné et anticipé comme tel) ou une mésestimation du besoin militaire (la guerre est préparée en terme d'allocations de ressources).... Ca a chié ailleurs, y'a pas vraiment de "surprise stratégique" (surprise "opératique", de façon de faire la guerre) sinon le fait de perdre, et très vite, ce qui est généralement le signe qu'il est trop tard pour s'en faire sur la préparation au combat. Mais s'il faut aussi se prémunir contre une invasion de la métropole par un Etat (qui, qui, qui, mais qui donc, avec quels moyens invisibles?), on n'a pas vraiment l'outil adapté, mais alors pas du tout.... Ah, si: la bombe. J'ai pas vraiment eu l'impression d'être un avocat du désarmement, juste d'évoquer des problèmes d'adaptation de l'outil à une stratégie fondamentale pertinente et réellement utile au pays, parce que les moyens sont comptés, les places à prendre dans le monde sont chères et ne se prennent pas n'importe comment, et même se contenter de dire "une armée de projection", ou "une armée de défense du territoire", déjà deux opposés polaires, ne suffit pas à s'en tirer.... La définition de cette stratégie est toujours attendue. On n'ouvre pas un pamplemousse avec un ouvre boîte et on n'en fait rien d'utile avec un marteau; on n'ouvre pas une boîte avec un couteau à agrumes, et le faire avec une tronçonneuse rapporte peu de contenu.... C'est un peu plus dans les images de ce genre que je suis sur cette question. Les généralités du genre de l'utilisation de 39-40 à toutes les sauces et dans n'importe quel contexte pour justifier un peu tout et son contraire, j'ai du mal.
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Je ne prends personne pour un con, je constate la réalité d'un outil mal calibré et de ce qu'il peut faire dans le monde tel qu'il fonctionne. Et je constate simplement que le seul "argument" qu'on m'oppose est une préparation d'un outil militaire, par définition un truc ajusté à une menace précise (on n'a JAMAIS fait autrement dans l'histoire), à un spectre "tous azimuths" qui ne ressemble strictement à rien du tout de concret ni ne prépare à rien de concret. Ta réaction directement accusatoire et avec des termes génériques et abstraits (faire les trucs "biens", par exemple, sans visiblement comprendre que "bien" ne veut rien dire sinon pour toi et toi seul et dans ta tête) ne fait que confirmer. Que tu le veuilles ou non, ta propre position repose aussi sur des réflexions théoriques (faites par le même genre de personnes que tu critiques, cette catégorie abstraite des "théoriciens" et autres "meilleurs esprits" dont on se demande comment ils peuvent l'être si ils n'émettent que du vent théorique inadapté à la réalité), en amont, seulement en le niant, tu évacues à peu près l'essentiel en partant du principe même que tu as raison par essence et que tout le reste et tout ce qui dévie de ces axes de réflexions (par essence meilleurs puisque les tiens) est juste de l'esbrouffe, du délire, de la prétention ou de l'enculage de mouches. Pour la note, l'Allemagne a une armée bien équipée, et elle est calibrée pour ne servir à rien stratégiquement (en termes de politique extérieure) sinon faire du keynésianisme à grands frais; pour savoir si malgré tout la dépense vaut l'investissement, il faut dégager les bons critères d'analyse. L'Arabie Saoudite a l'un des outils les plus formidablement équipés du monde, d'une valeur militaire équivalente à celle de mon concierge; pourtant, cet outil correspond à une stratégie intérieure et extérieure qu'il sert -selon ces paramètres- plutôt bien, ou d'une façon qui mérite analyse. Alors évite moi la condescendance facile et les répliques aggressives à un propos dès qu'il n'a pas l'heur d'entrer dans ta vision étroite de ce qui est "vrai"; t'as peut-être l'impression d'être l'incarnation du bon sens pratique et de l'évidence, mais c'est juste TON impression. Je peux moi aussi m'énerver et commencer à traiter les autres de coco rançi, de facho débile ou autres douceurs. Je n'ai pas eu la prétention de proposer un modèle d'armée, ou même un spectre de focus et d'intérêts absolument dominants dictant un appareil militaire précis, moi au moins. Je me pose des questions et regarde comment est articulée et formulée la réflexion à la base qui dicte les questions qu'on se pose et la façon dont on envisage d'y répondre, et constate que ces questions sont souvent mal posées et non posées, que le problème est trop partiellement et mal envisagé.... Et que la réponse finale (une politique, une posture et, entre autres éléments, une armée) est tout sauf pertinente. L'avenir n'est écrit nulle part, mais on peut estimer les plus fortes probabilités de ses développements et on est forcés de faire des choix pour anticiper les situations les plus probables. Vouloir parer à tout est juste la garantie de ne rien faire correctement.
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C'est toi qui appelle cela du pragmatisme (renvoyant ce faisant toute autre approche à l'état de délire) et qui prend des positions attrape tout ne correspondant pas à la réalité des moyens, qui ne garantit rien du tout. Il n'y a de pragmatique qu'une analyse de ce qu'on a à faire.... Et oui, c'est susceptible de faire faire des erreurs. Le vrai danger est de croire que ce que tu décris comme du "pragmatisme" l'est réellement et que cela permet de se garantir réllement contre les menaces potentielles, de se créer et de profiter des opportunités potentielles. Personne ne peut dire AVEC CERTITUDE ce qu'elles seront, mais deux constantes demeurent: - on est obligés de faire des choix, parce que certaines seront là, ce qui implique de discerner et de prioriser - on doit s'adapter à ce qui est le plus probable pour avoir une chance de réellement peser dans cette gamme de scénaris. On se voile la face en pensant qu'on a toujours su faire avant; l'avant était dicté par un impératif et un seul, le fait d'avoir une menace aux frontières, tout le reste étant pensé comme du subalterne et aisément gérable selon le faux et débile principe du "qui peut le plus peut le moins", tout ce qui est différent de l'objectif principal étant enfourgué comme étant du "moins".... Avec pour résultat pour les derniers siècles une France qui n'a pas eu une grande histoire d'expansion extérieure (et de défense/mise en valeur des intérêts nationaux) réellement profitable au pays dans l'ensemble, dès lors qu'on passe les délires de "gloire" et et jolies (et moins jolies) images, les épisodes hauts en couleurs et et les anecdotes variées. Hors de la défense aux frontières (à l'histoire inégale) et de la politique européenne (à l'histoire encore plus inégale), y'a pas un grand bilan sur les 3-4 derniers siècles si on regarde les critères les plus pertinents pour le pays, et les moyens pour ce faire n'ont jamais été adaptés ni qualitativement ni quantitativement parce qu'ils ont été mal/pas pensés dès l'abord (la faute en la matière étant loin d'être seulement militaire). "Statut" est un mot creux qui ne se traduit par rien de très pertinent parce qu'on lui fait dire ce qu'on veut et qu'on introduit plus de biais idéologiques (conscients et/ou inconscients, je ne juge personne, et je m'inclue dans le lot) que de supposés "principes essentiels" toujours vrai en tout temps et en tout lieux. Pour moi, cela ne produit que des raisonnements faussés dès l'abord: de mauvais prémisses aboutissent rarement à d'heureux résultats.
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Je poste ça ici vu que ça concerne toutes les forces armées américaines et pas une arme en particulier.... 2 problèmes "sociaux/sociétaux" des forces US viennent/reviennent sur le devant de l'actualité politique et médiatique américaine ces temps ci: - une "nouveauté": 9 Etats ont été rappelés à l'ordre par le ministre américaine de la défense Chuck Hagel pour refus de se conformer à la règlementation fédérale en vigueur sur le traitement des couples homosexuels mariés, notamment dans les forces armées. Ce volet concerne les Gardes Nationales des dits Etats (ils ne s'occupent pas des forces d'actives présentes sur leur territoire), où les dits couples se voient déniés depuis plusieurs mois les mêmes avantages et bénéfices accordés aux autres couples mariés dont au moins un membre appartient à la garde nationale (aides diverses au logement, pensions, compensations pour absence, aide à l'emploi/arrangements avec l'employeur....). Un des dits 9 Etats a même poussé le bouchon plus loin en coupant tout bénéfice et avantage aux couples mariés dont un membre (au moins) appartient à la Garde Nationale, hétéros ou homos, par anticipation de l'intenabilité légale d'un dispositif de facto ségrégationniste. Le (en fait la) gouverneur en question semble le faire pour imposer son image d'anti-gay notoire, et peut-être pour tenter de "diviser les troupes" en faisant pointer du doigt les couples homos par leurs collègues. Parmi ces Etats, on trouve essentiellement les clients habituels du vieux sud extrêmiste, et notamment 3 des "big four", ces 4 Etats fournissant une part disproportionnée des effectifs (surtout du rang) des forces armées: Texas, Oklahoma, Louisiane et Missouri. De ces 4, seul le Missouri semble ne pas, pour l'instant, poser de problème dans ce dossier. Si on y ajoute la Georgie, la Caroline du Sud et la Virginie (les 3 autres "grands fournisseurs" et sans doute les Etats les plus militarisés des USA), on a un bloc important de l'institution qui se trouve en plein coeur d'un dossier qui s'étend bien au-delà des seules Gardes Nationales et pose un potentiel problème au sein des rangs. - un récurrent: les cas de viols et agressions sexuelles dans les forces américaines sont de nouveau sous les feux de la rampe. Dans un -désormais très rare- mouvement bipartisan au Sénat (et un peu à la Chambre), des politiques (menés par Kyrsten Gillibrand, Claire McCaskill, Rand Paul et John McCain) ramènent la question dans l'actualité pour de nouveau pointer du doigt la continuelle inefficacité des "solutions en interne" dans la chaîne de commandement des implantations militaires et de l'institution en général, et le refus catégorique du haut commandement (appuyé par un pool de parlementaires et sénateurs bloquant le dossier) de changer quoi que ce soit au mode de fonctionnement de l'organisation actuelle pour adresser ce problème, mis en évidence depuis plus de 25 ans et dont l'importance, réelle et mesurée (un grand décalage existant entre les deux), n'a fait que croître. 26 000 cas sont estimés pour l'année dernière, avec une majorité d'hommes agressés, dont moins de 15% sont reportés avant tout par absence totale de confiance dans la chaîne de commandement. Par ailleurs, on estime que plus d'un demi million de femmes militaires (juste les femmes, les hommes en subissant moins proportionnellement, mais plus numériquement) ont subi au moins une agression sexuelle dans l'institution depuis 20 ans, la probabilité d'une telle situation pour une femme entrant dans les forces étant entre 1 chance sur 3 et 1 sur 4. Par ailleurs, a été pointé du doigt les modes de réponses des officiers commandants d'implantations, de services, d'unités et de bâtiments, qui, outre leur grave inefficacité (voire dans beaucoup de cas une mauvaise volonté sur un problème culturellement pas pris au sérieux), semblent plus ressortir de mentalités de couvrages de cul: on vire sans distinction, on fait porter le chapeau, on impose le silence, on punit sans discernement, on crée des boucs émissaires, on sélectionne en fonction d'autres facteurs (utilité estimée pour l'unité, copinages, crainte de mauvaise pub, on casse des carrières....), on fait de la pseudo justice expéditive.... Le tout sur fond de statistiques qui grimpent. Une victime issue des Marines a fait la semaine dernière une déposition émouvante, terminée par son mari (lui aussi un vétéran du corps) témoignant de son outrage face à l'institution. Bonne ambiance dans les troupes, si on y ajoute en plus les sequesters répétées, les doutes sur le budget et les coupes programmées.
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C'est la question qu'on essaie de poser régulièrement et que PERSONNE ne veut vraiment traiter, évacuant la chose rapidement, voire la niant, pour vite vite se concentrer sur d'interminables listes de matériels et de soi-disant "capacités" (comment évalue t-on ce qui est une "capacité" si ce n'est par rapport à un besoin et une stratégie, je me le demande), sans rapports aucun ou cohérence avec une quelconque stratégie, le tout assorti de quelques grands slogans moralo-patriotistes énervants. Faudrait préciser dans certains sujets que les termes et expressions comme "le rang de la France exige"/"il faut tenir le rang du pays", "prestige national", "c'est lamentable pour un pays comme la France".... Ne sont pas des arguments ou des idées, mais juste des rengaines de vieux avant l'âge. Faut savoir comment le jeu marche et comment on y obtient quelque chose pour savoir ce qu'on peut vouloir, et ensuite, seulement ensuite, ce dont on a besoin pour pouvoir jouer. Sans ce préalable, beaucoup de propositions sont nulles et non avenues. Si un pays n'est pas capable de forger un outil efficace (et satisfaisant pour toutes les parties prenantes -y compris les plus bas échelons de l'institution), susceptible de remonter en puissance (côté quantitatif) si le besoin émergeait, avec 30 à 32 milliards de budget (pas un chiffre anecdotique ni en absolu ni en relatif aux autres budgets mondiaux), il y a tout lieu de penser qu'il ne pourra pas produire grand-chose de terrible avec 50.
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Les énormités et clichés du cinéma et séries télévisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Rôôôô, j'ai pas dit (ou j'ai mal dit) que c'était à 100% toujours le cas.... Mais cette série délire quand même bien sur l'équipement pour les combats: des épées pas gigantesques, mais aux effets hallucinants, utilisées avec peu ou pas de boucliers (et des boucliers vraiment mal utilisés), qui ne s'émoussent pas (voire le délire persistant de la double épée, comme certains fantasment sur le double katana) et par des gars essentiellement à poils qui pourtant gardent un style (dans le monde réel, c'est même pas une façon de combattre possible/crédible/envisageable, évidemment) ultra-agressif et offensif permettant des passes d'armes qui durent des plombes (quand les opposants sont des bons, sinon c'est un coup qui passe à travers les armures -décidément toujours impalpables). Bon, après, si tu insistes, il va falloir mesurer leurs épées.... Suis pas sûr que ce soient des gladius aux normes ??? .... -
Les énormités et clichés du cinéma et séries télévisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Enfin bon, on s'éloigne (y'a un topic pour les épées, y'a un topic pour la baston médiévale, y'a un topic pour tout )..... Ceci dit, l'épée à deux mains est un bon cliché du cinoche (moins de la télé: pas beaucoup de séries avec des épées, ceci dit): ça veut dire "pas tapette", "trop cool", parce qu'en plus, généralement, le mec qui l'a (ou la nana/l'androgyne dans les mangas) est sans armure, se lance à la one again dans la mêlée avec le grand machin.... Mel Gibson a salement enfoncé le cliché avec sa grande claymore qui ressemble pas trop à une claymore et plus à son idée de ce qui est cool. Surtout quand il a à côté de lui un copain 2 fois plus baraqué qui n'a pas une arme aussi grande ??? . On voit bien le message envoyé, bande de pervers.... Grandir l'épée, à l'écran, est vital, et on ne l'assortit que très rarement, quelle que soit l'époque, d'un bouclier; le bouclier n'est pas très cinégénique. L'épée courte ou le glaive vrai gabarit ne sont pas trop cinégéniques (n'est-ce pas Môssieur Gladiator): faut du grand.... Qui devine pourquoi? -
Les énormités et clichés du cinéma et séries télévisées
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
La culture du combat/la culture tactique n'est même pas similaire, malgré tous les points communs qu'on veut voir entre ces deux castes guerrières et leur prédilection pour essayer de transformer les batailles en affrontements individuels. Mais l'espèce de fausse confrontation qu'ils font dans la vidéo avec le chevalier vs samouraï est décidément idiote, vu, entre autre, que le chevalier à cette période se recalibrait beaucoup plus vers la charge (leçon de la guerre de Cent Ans) ou en tant que fantassin d'élite dans des packs menant l'assaut d'infanterie. Dans le premier rôle, l'épée avait peu d'utilité et servait d'arme de secours, auquel cas on voyait plutôt s'affirmer des épées plus pointues, à section parfois cruciforme, destinées de plus en plus à l'estoc étant donné l'efficacité croissante des armures (d'autres armes, comme le braquemard ou l'estoc, étaient des évolutions plus en rapport avec la réalité des combats). Haches, masses d'armes, fauchons ou armes d'hast diverses servaient nettement plus pour la mêlée, dans un contexte où le niveau de protection croissait sans cesse et où l'épée n'offrait plus la même versatilité (les passes d'armes étant difficiles dans la mêlée, mettant en danger en focalisant trop sur un adversaire, et les protections limitant les frappes décisives); la frappe contondante/désarmante était nettement plus utile. Les épées telles qu'on en voit dans la vidéo n'étaient plus, passé le tout début du XVème siècle, très utilisées par les chevaliers ou hommes d'armes; on avait plus de chances de les voir dans certaines formations spécialisées des unités de fantassins à lances/piques, comme chez les Suisses. Ainsi, de petits groupes d'épéistes lourds et de hallebardiers se tenaient embusqués derrière les rangs de piquier, prêts à en jaillir pour frapper très brutalement un rang adverse découvrant une faiblesse. Leur puissance de frappe était suffisante pour ça (des petites charges ponctuelles, sur très courtes distances, avec retrait et retour à l'affût immédiat), mais pas pour une mêlée proprement dite (qui arrivait d'ailleurs de moins en moins, avec le retour d'un combat collectif en unités organisées). Ces épéistes lourds avaient de telles épées, de même que les grands modèles à deux mains (à l'escrime très complexe), toujours pour ce genre d'usages. -
Dans un registre très différent.... Je sais pas si vous avez entendu parler de, ou suivi, l'affaire Georges Zimmerman et son verdict assez délirant, mais il y a de nouveau de l'actualité sur ce sujet.... Le dit Zimmerman cumule les conneries depuis son non lieu, et a été arrêté avant hier pour la 5ème fois depuis, après avoir menacé sa copine de son arme, cassé son mobilier et l'avoir foutue dehors (la maison est à elle), le genre de scène qu'il avait déjà fait subir à son ex-femme.... L'enregistrement de l'appel de sa copine à la police a été largement diffusé par les médias, et c'est assez atterrant, surtout qu'un deuxième enregistrement a été diffusé, de lui appelant la police et récitant une petite histoire très différente où il est une fois de plus la victime innocente (alors que sa copine et les flics sont devant la porte), une chose qu'il avait déjà fait aussi à son ex-femme..... Sur la première bande, la copine en question est affolée parce qu'elle craint que ça se passe ainsi, et avertit la police "qu'il sait comment on joue à ce jeu" (entendez: il sait comment le système fonctionne). Affaire à suivre.... Mais l'un des points, outre de renvoyer au verdict et à la façon dont l'affaire a été traitée, a été de souligner que ce gars se trimballe avec 2 flingues, un fusil à pompe et un AR-15 (description live de la copine) puisqu'il n'était pas question de remettre en question son droit à porter n'importe quelle arme et qu'un tribunal, en l'innocentant, avait simplement par là même décrété que son jugement dans l'affaire précédente avait été bon et qu'il était dans son droit (quand on connaît l'affaire, c'est assez flippant).
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Aaaah, les officiers en France sont donc parfaits ou presque; que des ajustements mineurs à faire ici ou là, et quiconque critique est un coco rançi et aigri.... La réaction de caste bat son plein. Pour la note, quand on parle de caste, on ne parle pas des origines des individus, mais du moule dans lequel ils rentrent et qui imposent, consciemment et inconsciemment, une gamme de comportements et de modes de pensée qui sont eux l'objet de la critique et qui, parce que précisément c'est le moule, ont tendance à être nettement plus dominants que les cas d'officiers bons, excellents, voire exemplaires. J'ai lu personne ici qui disait que 100% des officiers étaient des connards à comportement aristocratique et mous du bulbe enferrés dans un passé "perdu". En 14-18, les généraux et officiers d'EM venant visiter la tranchée avec des compliments paternels n'étaient pas vraiment très appréciés, même si beaucoup d'entre eux étaient persuadés de bien faire et d'être "à l'écoute". Qu'observe t-on comme évolution dans cette guerre (rapidement oubliée après)? Précisément le contraire de ce qui avait été fait avant et était encore fait au début (plus de bouffe et de la meilleure, plus de repos, plus d'écoute, plus d'initiative/responsabilité, plus de prise en compte des leçons "d'en bas".... Ce qui rejoignait un fonctionnement qu'on qualifierait "d'anglo saxon") avec pour résultat plus d'efficacité; et ces changements ont été arrachés au corps des officiers qui n'y croyait pas des masses (sauf les bas officiers qui ont fait la guerre au contact et ont grimpé dans le rang).... Et l'entre deux guerres a vu un démontage progressif d'une bonne partie de ces leçons. On réapprend pendant la 2ème GM.... Et pis dès que les choses se calment, on s'empresse vite de désapprendre.
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L'absence quasi complète de culture du renseignement (un mal assez français), défaut qui commence à peine (vraiment à peine) à commencer à être combattu.
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
L'expérience du type (on a tous reconnu qui c'est, et ceux qui ne l'ont pas reconnu n'ont rien à faire sur ce forum ) est du n'importe quoi: il tape avec la plus mauvaise partie de l'épée européenne qui, en plus, n'est plus vraiment ce qu'un chevalier aurait utilisé au XVème siècle, en tout cas suivant la situation. Ca me semble plus vraiment d'actualité pour cette époque, en tout cas pour après les années 1440. Il devrait utiliser les 30 premiers centimètres (depuis la pointe) qui sont la partie réellement "utile" de la taille pour des frappes puissantes.... Et évidemment avoir de la pratique. Par ailleurs, faut savoir ce qu'on combat et ce qu'on tranche: les épées japonaises et européennes sont plus efficaces contre certains types de résistances (assez différentes) et de combats. Enfin l'épée de mêlée, pour le chevalier, est nettement moins définissante que le katana pour le samouraï: l'épée en général a une symbolique très forte, mais le chevalier en a plusieurs pour différents usages (duel, mêlée, voire mêlée à cheval, parade....) car l'important est juste qu'il ait une épée en général (cad avec lui partout), peu importe laquelle. Pour la guerre, l'arme la plus déterminante/dominante est la lance (c'est l'arme de la charge et du choc, le plus grand multiplicateur de puissance du chevalier), et ensuite vient tout une panoplie d'équipements qu'il choisit en fonction de la situation; l'épée n'en est qu'un parmi d'autres. Voir dans la rubrique histoire le topic "art de l'épée": dans les derniers posts, il y a quelques bons liens sur un expert qui fait ce genre de comparaison avec tous les bémols possibles, et c'est nettement moins esbrouffe. Très d'accord, surtout si on parle du XVème siècle et après: à partir du XIVème, le chevalier se carapaçonne et abandonne graduellement (mais assez vite) la maille pour des plates de plus en plus complètes, finalement homogénéisées dans le harnois blanc, l'armure complète non seulement plus légère que ce qu'on croit, mais surtout profilée pour encaisser les coups au mieux (cad en déviant en partie leur force sous les angles d'attaques les plus probables), y compris les impacts de flèches/carreaux et des premières générations d'armes à feu. Ca marche pas à tous les coups et dans toutes les configurations, loin de là, mais de fait, la configuration d'un harnois blanc dévie/diminue la puissance d'impact de beaucoup de coups en plus d'offrir une barrière de très bon métal à ces mêmes coups. Avec l'adoption de ces armures, généralisée dans la 2ème moitié du XVème siècle (la première moitié étant une période de transition, avec plusieurs types d'armures, la fin du XIVème siècle voyant des harnois en petits nombres, et plus d'armures de plates/semi plates), le chevalier abandonne cependant le bouclier, à la fois une redondance et d'un encombrement trop important alors même que la possibilité d'utiliser les deux bras amène l'usage de lances et d'épées plus grandes. Encore pire: le shuriken: ça tue toujours d'un coup.... Alors que dans les faits, c'est pas vraiment une arme terrible. A moins d'un coup terriblement chanceux, c'est le genre de trucs adaptés à la distraction, à la gêne de la tactique de l'autre (c'est comme ça que c'est utilisé en ninpo) et à une "death by a thousand cuts" (si l'adversaire est super coopératif). Surtout quand on le voit immanquablement arriver dans le crâne d'un type: ça peut pas s'enfoncer à cet endroit!!!! Ca doit faire un mal de chien, mais ça peut pas vraiment causer de dommage majeur. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
C'est déjà fait: y'a un sujet qui n'a PAS été créé, spécifiquement pour ça.... Ca va plus vite.... -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Ca me met un autre cliché en tête, auquel on pense pas en regardant les films japonais (et autres) montrant des katanas: même avant l'ère Meiji, la production d'armes de bonne à très bonne qualité était un peu un goulot d'étranglement: y'en avait pas tant que ça (le Japon n'a pas de très importantes ressources minières, et la qualité des métaux est très très variable), si bien que la majorité des lames utilisées dans l'histoire féodale devait pas être tip top, et certainement pas capable de tout ce qu'un katana "idéal" pouvait produire comme effets, tout comme la majorité des utilisateurs n'étaient pas le sabreur ultime qu'on voit trop souvent se pointer au cinoche ou à la télé, même quand il ne s'agit que d'un sous-fifre.... Mais le "code" inconscient à l'écran est que katana+ samouraï veut dire "coupe n'importe quoi", "art supérieur à tout autre type de combat à l'épée" et "dégomme toute autre arme blanche". Même si c'est pas un héros ou un perso principal. Parce qu'il faut bien lui reconnaître un truc au katana/sabreur japonais: aux yeux d'occidentaux (surtout dans les années 70 à 90, avant et pendant qu'il devenait iconique), il a de la gueule et fait exotique, une combo mortelle pour le visuel. -
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Tancrède a répondu à un(e) sujet de Kiriyama dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Soit tu as une arme de parade (forgée, mais pas "aux spécifications") ou de qualité moindre, soit tu as eu un coup de bol monumental et/ou un vendeur qui savait pas ce qu'il avait. Si c'est la deuxième option, je peux te défier en duel et la prendre dans la main de ton cadavre encore chaud? Ca fait retomber sur le sujet, note: les codes du cinéma asiatique: Hong Kongais et japonais surtout, soit ceux dont on a tous plus probablement les codes dans la tête. Le trip arts martiaux en particulier, dans les attitudes, dialogues, comportements, et évidemment dans les combats. Le "rope fu" ("corde fu") en particulier, nous a quelque part complètement déformé la vision (surtout si vu dès le plus jeune âge), enlevant toute conception de poids, impact, lois naturelles, perception de l'équilibre.... -
Bien vu; je doute cependant qu'elles aient été gardées par choix conscient que c'était du bon matos, plutôt que par négligence/absence de considération/sens des priorités.... Bref, plutôt un bon truc gardé pour de mauvaises raisons, et ce sont les mauvaises raisons qui inquiètent, même si, par accident, elles ont parfois des conséquences satisfaisantes.