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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Scarlett Johansson, pour que le studio fasse des économies d'échelle (si c'est le même, oups)?
  2. Tu triches: elle donne bien en rousse, mais elle est pas rousse! Note.... On s'en tape. My bad.
  3. Ouch! Quelle chiasse! Après un bref examen: ils apparaîtront dans les films, ça veut pas dire qu'ils reprendront leurs rôles, ou en tout cas, pas leurs rôles dans l'action principale des films. Difficile de conquérir les djeunz avec des héros semi-grabataires. le maquillage et les effets spéciaux sont bons, mais quand même.... J'aurai de sérieux doutes sur la chose, d'autant qu'en plus, hors de Ford, les acteurs ne sont pas le genre qui incitent les financiers à parier sur eux. On prend soit du jeune plein de promesses, soit du confirmé "lourd" pour ce genre de trucs.
  4. Réflexe de fan: la réalité est que ça a marché et pris, sans heurter d'autres personnes que les "gardiens du temple". Et ça a fait du fric (facteur le plus important), élargi le public, remis ST dans une nouvelle génération ou deux.... Faut arrêter de confondre nos goûts personnels et avis sur une franchise avec le goût de tout le monde, le but de l'entreprise en général, d'attendre que les nouvelles moutures correspondent à notre opinion personnelle du sens dans lequel elles doivent aller.... On se fait souvent très mauvais pronostiqueurs du succès ou de l'échec de la chose, et, bien plus grave, on s'empêche d'apprécier ce qu'il y a, et ce au final pour aucune raison valable (sinon s'inventer un petit monde "tel qu'il doit être" et se faire des aigreurs d'estomac en constatant combien le réel s'en éloigne). A chaque génération, dans ce genre de franchise, faut un reboot, ou alors mettre du fric dans un nouvel univers de SF, ce qui est beaucoup plus hasardeux vu les sommes en question (des prod à 100-200 millions, plus presque en marketing/distribution/com): de fait, à part SW, ST et Alien, y'a pas vraiment de franchise SF qui offre suffisamment de probabilités de succès. Et elles ont été lancées -et sont devenues cultes- à une époque de moindre saturation médiatique/culturelle en la matière -tous médias confondus-, de moindre coûts de prod (inflation prise en compte).... Tu crois que ça dérangera une seule personne une seule seconde (hors d'une frange réduite de puristes jusqu'au boutistes) de voir de nouveaux acteurs dans ces rôles? Je parie que les scripts de promotion sont déjà pré-rédigés (s'ils ne le sont pas, ils sont en fait déjà écrits d'eux-mêmes): "oh, c'est un tel honneur d'incarner mon héros d'enfance", "c'est un sacré défi à relever", "putain, je suis dans les pompes d'Harrison Ford, c'est pas quelque chose qu'on prend à la légère".... Et autres banalités d'usage vues 107 fois. La promo de ce genre de trucs et l'impact sur les audiences oscille entre le nul et.... En fait un boost, par le facteur nouveauté. Léonard Nimoy n'a pas été pleuré par les fans quand on l'a remplacé par un Spock gay et djeunz (bon, en plus il est quand même aussi dans son propre rôle, OK ils trichent).
  5. Je me suis mal exprimé: le problème du scénariste est que toutes les histoires qui sont ou non dans le canon du SW-verse sont des récits écrits: long, détaillé, empilant les intrigues et sous-intrigues (toutes des histoires en soi), à fil directeur plus ou moins affirmé. La conversion en scénario de film est rarement un exercice très réalisable dans ces conditions. C'est d'ailleurs en bonne partie pour ça que la première trilogie (la 2ème aussi, mais bon, celle-là....) fut un succès et une "réussite" en terme de narration (je parle pas du scénario dans l'absolu): elle fut écrite directement pour l'écran, par un réalisateur (qui parle "film", pas "livre": ce sont 2 langues différentes, avec des temporalités TRES différentes). Transcrire ces cycles énormes ("l'héritier de l'empire", le moins pire de tous et le plus transcriptible, est un pavé énorme et dense) est pour moi, peut-être, le premier pièce dans lequel ne pas tomber, ce qui pourrait nécessiter de créer un nouveau canon, y compris dans l'esprit de Lucas. Le genre de trucs qui peut braquer les fans.... Mais aussi attirer plus de monde d'emblée, ce que seuls les franchises "cultes" comme SW et ST peuvent faire. La fanbase compte, mais elle peut être contournable pour ces franchises. Le problème des fans, pour le symboliser en une image: ils veulent tous revoir Carrie Fisher en Leïa esclave de Jabba.... Mais seraient tous plus que déçus du résultat (pas la faute de Carrie Fisher, juste du temps) et seraient les premiers à gueuler en hurlant au ridicule et à la "trahison". A part l'héritier de l'empire (dans les scénars existants), y'a pas vraiment de cycle ayant un fil directeur suffisant dans la période post impériale (quelques années après j'entends; je parle pas de l'univers étendu et de ce qui se passe après que les enfants soient autre chose que des nouveaux nés); c'est le seul cycle de cette période avec "l'ampleur" (cad la galaxie entière est remise en balance) suffisante. Après, c'est "l'empire des ténèbres", et franchement, je leur souhaite pas d'espérer quoi que ce soit de ce cycle là. Mais vu la complexité de "l'héritier de l'empire" (dans laquelle s'enferre et se complaît Timothy Zahn: perso, j'ai "adhéré" qu'un moment), il faut en passer par une simplification radicale qui trucidera le récit aux yeux des fans, et pourrait rester quand même indigeste pour les "moldus" . Si et seulement si on peut en adapter une trame compatible avec un format de film de 6h, découpable en 3 récits autonomes. Pas évident, trop contraignant. Créer un nouveau canon, très librement inspiré (seulement inspiré) de ça, me semble la seule solution; plus trouver une belle rousse pour Mara Jade.
  6. T'es vache, y'en a bien d'autres qui sont infiniment pires..... On va pas parler de Michael Bay juste pour rappeler ce qui peut exister, quand même.... Et les Star Trek sont pas mal du tout; bien distrayants, pas trop irritants, belle image, narration correcte (par rapport à ce qu'il y a à raconter), bon rythme.... Mais évidemment, je ne suis absolument pas un "trekkie" et ait toujours eu du mal à même supporter l'intégralité d'un seul épisode de la série (qui m'emmerde prodigieusement), enfin DES séries (qui m'emmerdent toutes avant même la fin du premier épisode de chaque).J'ai préféré Babylon V (pas de beaucoup: juste assez pour regarder): AAAAH! Je l'ai dit! Je suis donc un ennemi naturel du trekkie!
  7. Hé, dites, c'est pas comme si le scénario de la première trilogie avait été pondu par Tolstoï (pour un type de registre) ou Dumas (pour un autre); c'est le scénario qui vous a fait bander dans la première trilogie? Ou le fait qu'on a tous têté à ce sein quand on était jeunes, que c'était nouveau (pour les "anciens") et sans concurrence? Faut pas se faire trop pointilleux par rapport à ce qu'on imagine qu'étaient les premiers films: c'est du "capital émotionnel" pour nous, pas la réalité de ce que seraient ces films s'ils étaient produits aujourd'hui. Des gamins n'ayant pas grandi avec l'impact radical de cette nouveauté (quand c'en était une dans les années 70-80, sans vraie concurrence et sur fond de bien moindre abondance en matière de SF/action grand spectacle) prennent le monde SW différemment, et les futurs films seront pris différemment: nous ne sommes ni le seul type de public pour qui c'est censé être un divertissement, ni les seuls (ou meilleurs) juges de ce qu'un "bon" SW doit être. C'est juste, au final, des films d'action sur fond SF: faut qu'on essaie de les regarder comme tels, pas essayer de retrouver nos sensations de jeunesse et le souvenir inconscient qu'on en a, parce que ça, ça n'arrivera pas. S'attendre à ça garantit la déception.... Et d'être un vieux con qui râle sur toutes les nouveautés qui sortent. Si vous voulez du grand spectacle qui coûte cher, faut accepter l'idée que c'est de l'attrape tout qui sera produit: le truc con avec SW, c'est que c'est le premier film du genre qui a défini ce que serait l'attrape tout :P . Tout dépend du contrat signé, dont personne ici n'a les clauses; Lucas est a priori un tantinet orthodoxe sur le canon de la timeline et de l'univers, et c'est au final à lui que revient l'attribution du cachet "canon" ou non sur un spin off, un produit dérivé.... S'ils donnent dans le registre "l'héritier de l'empire" ou "l'empire des ténèbres" (Palpatine, le retour), c'est dans le canon.... Et franchement, c'est assez moyen. Le scénario, ça va vouloir dire ramener la richesse d'un ou de plusieurs des quelques cycles post première trilogie à un format compatible avec 3 films de 2h environs: coton, vu la matière première disponible. Et s'ils font pas ça, il va falloir décréter "non canon" ce qui l'était juste avant. Vu le besoin qu'ils ont de la fanbase, une horde de geeks enragés qui court tous les comicons de la planète, ça va pas être si évident: c'est cette fanbase qui fait réussir ou non le décollage initial du film, et ils sont pas tendres.
  8. Je déduis pleins de trucs à partir d'une affiche, des résultats obtenus et de ce qui transparaît depuis des années. Mais oui, rien que sur l'aspect de la simple affiche, je déduis plein de trucs comme le ferait n'importe quel professionnel ou ex-professionnel de la communication et du marketing. C'est peût-être imperceptible pour qui n'est pas passé par là, c'est évident pour qui y est passé. L'intention et la culture se devinent aux "messages" apparents, aux symptômes si l'on veut: c'est vrai dans n'importe quelle discipline et domaine, pour peu qu'on les connaisse. Bon, ben tu as tes certitudes; y'a rien que de très marginal à changer dans la culture.... Pas la peine d'en discuter, ce serait du temps perdu. C'est sans doute pour ça que tout marche si bien. C'est marrant, parce que d'Ardant du Pic à Goya en passant par lLyautey et tant d'autres, il y a pourtant beaucoup de contestations de la culture d'un milieu qui change peu (sauf à ses propres yeux). Ou parce que d'autres armées font autrement et ont de meilleurs résultats, tant dans la motivation, la fidélisation et la "fabrique de soldats" (à moindre taux de déchet entre le nombre de bons soldats/motivés, ceux qui grimperont, et ceux qui sont juste là pour en faire un minimum: phénomène peu visible, donc facilement évacuable). Déjà là, dans cette formulation, tu as une bonne partie du problème: le recrutement, c'est un domaine séparé, donc juste des "méthodes" à revoir.... Absolument pas une question du produit qu'on vend, c'est juste comment on le vend. Donc aucun problème dans la GRH, la question de qui on recrute, de comment on en fait des soldats, de ce qu'est être un soldat aujourd'hui (et de ce qu'est le public de recrutement d'aujourd'hui), de comment on les traite, des perspectives et de l'image d'eux-mêmes qu'on leur donne et qu'on les aide à se faire (deux choses différentes.... Meunon, je dis encore que des conneries qui sont des coupages de cheveux en quatre d'intello à la con).... Non, c'est juste une question d'emballage; y'a qu'à bouger ça. Ca fera une nouvelle affiche et un nouveau plan média à deux balles. Nope; passé la minute et demie que ça me prend à taper.... J'en ai rien à foutre. Et le soleil brille.
  9. Mais oui, tout est toujours parfait ou presque, surtout quand il s'agit d'émettre même l'hypothèse de remettre en question le milieu dans lequel on a baigné: tout est au mieux de notre côté, c'est ailleurs que ça merde. En attendant, on constate le résultat. Mais évidemment, ce sera toujours la faute de quelqu'un ou de quelque chose d'autre: encore ces sales politiques, sans doute, toujours eux. Je constate juste l'angle sous lequel est abordé le recrutement (et si tu veux du bon recrutement, de la bonne "production" de soldats et de la fidélisation, toute la conception de la GRH doit changer: ça s'appelle concevoir un bon produit), dont une affiche telle que celle-ci, dans tous les aspects de com/marketing qu'elle traduit, reflète la stratégie et la culture dont elle émane. Ca semble abstrait à qui n'a pas trempé dans le milieu, c'est évident pour qui y a été. Après, y'a des données à collecter sur d'autres aspects (et le forum est un des endroits où on a déjà des échos permettant de commencer à dresser un tableau), mais le problème culturel est évident. Et quand on compare à l'organisation de la GRH dans les diverses formes US, par exemple (qui est pourtant tout sauf parfaite), ou dans les forces nordiques, et aux stratégies de recrutement qui en découlent, on voit les différences et les arriérations côté français (ça veut pas dire qu'il n'y a pas aussi des bons points, mais le bilan global n'est pas au même niveau). Le paternalisme culturel des officiers français est un des exemples les plus atterrants de cette "considération pour l'humain" ressortant d'une culture autiste et imbue d'elle-même. Mais ça doit encore être mes délires intellos; il faut certainement continuer comme c'est, y'a pas de vrai problème fondamental. C'est tout une question de fric et de ces abrutis de politiques. En attendant cette affiche est une nullité à tous les échelons auxquels une stratégie de com se fait: du plus haut et du marketing jusqu'au plus bas et à la conception esthétique du message. Zéro pointé. Efficacité à venir garantie: nulle. De l'argent gâché.
  10. Quelle est la recrue de qualité? Un même sujet pourra être un très bon soldat ou un mauvais, voire un vrai poids mort, suivant son état d'esprit, la façon dont il est traité, une part de hasard/circonstances (qui permettent le "déclic"), l'adaptation psychologique de l'entraînement, l'adaptation du cadre de vie et de travail, la motivation qu'on crée.... Un tas de facteur environnementaux et humains qui permettent de révéler les potentiels, de le faire plus ou moins bien, ou de pas le faire du tout, voire de rendre inévitable ou presque le fait d'avoir une forte proportion de gens juste là pour toucher la paie ou qui n'ont nulle part ailleurs où aller. Et les mêmes pourraient être de bonnes recrues et de bons soldats: je crois beaucoup moins à l'idée d'un déterminisme faisant qu'il y a de "bonnes" recrues d'emblée. Certains sont plus prêts à entrer dans le moule et à s'y épanouir, c'est sûr, mais comme dans toute activité, il y a bien peu de déterminisme: suivant les moyens, capacités et opportunités (et la façon de le faire) que tu donnes à un individu de se révéler (y compris à lui-même), il le fera dans la grande majorité des cas. Mais c'est le réflexe éternel que de considérer la méthode qu'on a "bonne", ou au mieux "légèrement perfectible", et qu'en conséquence, s'il y a beaucoup de déchet dans la "production" de soldats, c'est que le matériel de base est mauvais pour tous ces gars là. Et on prend l'effet pour la cause.... Entre ce genre d'approche, héritée d'une armée qui n'est jamais allé chercher la recrue, et ne l'a jamais prise en considération autrement que comme une commodité ou une abstraction, et les moyens consacrés à l'être humain dans l'armée (ceux qu'il voit, utilise et reçoit), on peut comprendre que les candidatures n'affluent pas, que les gens restent peu (surtout les bons) et que beaucoup ne soient jamais incités à -comme le dit le slogan de l'US Army- "être tout ce qu'ils peuvent être". La 1ère GM a montré l'évolution radicale en moins de 4 ans de la considération à accorder au soldat, de la place à lui accorder (un être pensant et sensible -j'entends "avec une âme", pas "sensible = tapette"-, un citoyen, pas un produit jetable, un individu capable de tâches complexes et de responsabilité -qui change la nature du combat-....), évolution faite en grande partie CONTRE la culture du corps des officiers (entre mépris aristocratique, considération déshumanisante de la "vision d'en haut" et paternalisme condescendant).... Qui est revenue au galop après la guerre, comme bien d'autres mauvaises habitudes. Les Anglais, et plus encore les ricains, avaient une autre façon de traiter l'humain. Et le pire est qu'on voit encore cette différence aujourd'hui: tu croirais que le temps suffirait à faire rentrer la leçon. Je sais que c'est pas directement perceptible, mais cette affiche vient pour moi de la même conception culturelle, et donc de la même réflexion déficiente: ne pas prendre au sérieux le fait d'avoir une stratégie de communication en est le premier élément. Qu'y peut-on, les gens "en haut" n'ont même pas la queue du début de cette culture; résiltat, pour eux, la com, c'est jeter du fric à des agences ou services spécialisés pour qu'ils fassent des affiches et des spots. Pas besoin d'être même un professionnel du marketing pour dire qu'ils conçoivent mal leur produit, qu'en conséquence c'est un mauvais produit, et que donc ils le vendent mal et peu. On peut se prendre le chou pour savoir quelles batailles, vieilles images d'Epinal pourries mettre sur l'affiche, on passe à côté de l'essentiel: mauvaise compréhension, mauvaise culture de l'humain, mauvais calcul, mauvaise stratégie, mauvais moyens.... Et à l'arrivée, tout en bas de la chaîne de choix et actions, mauvais message et mauvaise affiche. Ceux qui croient que faire du marketing et de la com va se résumer à des trucs comme la couleur et les motifs de l'affiche, ou du spot télé, et, au final, à un truc très "strass et paillettes", auront du mal à comprendre pourquoi ce genre d'exercices est vain avant même d'être commencé. Une bonne approche avec une affiche moyenne, voire pas terrible (une erreur est toujours possible, tout en bas de la chaîne, côté création; ce n'est qu'un problème esthétique, le moins important des aspects -c'est la moindre part de l'impact), aura des résultats; une mauvaise approche ne produit pas de bonne affiche (mais peut en produire une belle à l'occasion), et n'obtient pas de résultat.
  11. Ils ont compris qu'il faut s'adresser à l'égo: l'affiche doit parler à l'individu appelé à servir, lui parler de LUI (ou elle, évidemment). Après, certaines affiches peuvent sembler plus ou moins "too much", voire ridicules à l'occasion, mais la sentimentalité/l'affectif de chaque pays est réglée sur des fréquences toujours un poil différentes, et les images et leurs composantes (expressions, gestes, couleurs, évocations....) ne parlent pas exactement de la même façon à chaque environnement culturel. Mais bon, faut pas non plus trop attendre de campagnes d'affichages ou de spots vidéos. Ils ne sont que la partie la plus superficielle d'une vraie stratégie de recrutement, et rarement la plus efficace; de fait, ce sont de quasi détails, qui, mis à leur juste place, concourent plutôt d'une stratégie d'image et d'imprégnation dans l'environnement visuel, culturel et de conscience (au lieu d'être de bêtes campagnes dont on essaie de mesurer le résultat chiffré, ce qui est un exercice vain, coûteux et inutile). Aux USA, ils vont nettement plus chercher la recrue, et ils lui proposent nettement plus; pas en terme de paie, mais quand même en terme objectifs (possibilités de formation, hébergement, constitution de capital....) et subjectifs (valorisation, identification, environnement de vie et travail....). Pour cette dernière famille de motivations, tout n'est pas vrai, tout n'est pas à la hauteur des promesses (parfois très loin de là, surtout pour "l'après armée", particulièrement pour les troupes de combat proprement dites) et il y a beaucoup de déceptions; mais c'est quand même beaucoup plus et mieux travaillé. L'armée en France est à des années lumières de ce genre de travail, se limitant beaucoup plus à une com externe assez pathétique. On y fait peu attention, parce que.... Hé, y'a des affiches et des vidéos, comme aux USA ou ailleurs. Mais outre qu'elles sont pas terribles le plus souvent, elles sont l'élément le moins important d'une vraie com, ou plus exactement, d'un vrai marketing de l'armée. Louvois l'avait compris, et après lui ça c'est désappris: c'est revenu après les réformes post guerre de 7 ans, c'est encore revenu brièvement sous Napoléon, et après, hors quelques épisodes et beaucoup de lamentations (celles de Lyautey étant les plus éloquentes), on attend toujours.... Mais sur toute cette période depuis Louvois, y'a toujours eu des affiches promettant monts et merveilles, décrétant que l'engagé sera riche, accompli et attirera toutes les gonzesses tout en servant une juste cause et s'inscrivant dans une histoire glorieuse.... Les évolutions des chiffres de recrutement, de la qualité des recrues et, plus encore, de leur motivation à l'engagement et pendant les premières années (là on un soldat devient un bon ou un gland, un fervent ou un "fonctionnaire", un bon pour la carrière ou un touriste), devraient pourtant être des indications. Mais le problème est qu'il s'agit de bien plus que de com externe, et que ça engage de l'argent (conditions de travail et d'emploi, reconversions.... La GRH et l'environnement du soldat, quoi) et un changement de mentalités (culture du commandement, place de l'individu/soldat, relations internes, responsabilités/conception du soldat....). Plus simple de dire à une agence de com (ou un service du ministère) de pondre une affiche et des vidéos avec plus ou moins de moyens, de faire un plan média à deux balles et de se plaindre du peu de résultats (quali et/ou quanti) après, tout en planquant son cul en disant qu'on a rempli toutes les bonnes cases et fait tout ce qu'il fallait (suivant les paramères en vigueurs.... Sans voir ou dire qu'ils sont à chier). Personnellement, pour avoir beaucoup pratiqué le domaine (com/marketing), je constate toujours qu'une affiche ou n'importe quel type de message reflète la réflexion, l'intention (consciente ou non) et la culture qu'il y a à la base: et cette affiche me dit tout ce qu'il y a à savoir de l'état de la culture GRH des armées en France. C'est un message sans force, sans conviction, provenant d'une (non) réflexion confuse, ne faisant aucun choix tranché. Derrière les affiches des Marines mises plus haut, y'a nettement plus de réflexion, d'attention, et à l'arrivée un message clair qui s'adresse au bon public de la bonne façon (quoique la première me rappelle beaucoup une campagne de recrutement d'il y a une quinzaine d'années pour une grande banque d'investissement.... Moultement parodiée dans certaines écoles: j'ai du mal à la regarder sans rire.... Mais c'est juste moi).
  12. Faut pas déconner non plus: l'Allemagne, comme le souligne en partie l'article, a un énorme problème intérieur qui ne fait que grandir: son économie n'existe de plus en plus que pour l'exportation, et pour une partie de la population qui tend nettement à se réduire. Ajoute son problème démographique terrible (auquel s'ajoute son brain drain, qui ponctionne une part significative de la partie la plus productive de la jeunesse), qui rend cette logique insupportable à une échéance pas très éloignée. Sans compter, encore plus évidemment, que "vampiriser" l'Europe, c'est pour l'Allemagne vampiriser ses propres clients principaux (France en tête, malgré certains qui affirment à tout bout de champ que l'Allemagne ne pense qu'à la Chine, et qui ont visiblement du mal avec les chiffres), donc se poser là aussi des problèmes à brève échéance, surtout vu le profil de ses exportations (chères, à forte VA) qui ont besoin de clients très solvables. C'est un jeu à somme potentiellement négative dans lequel l'Allemagne, par opportunisme et par absence de choix, s'est enfermé, sciant la branche dont elle dépend à 10-15 ans (voire moins), pour pouvoir respirer maintenant, et sans plan B. Et l'Allemagne reste une démocratie: un effet retour de cette politique arrivera plus ou moins tôt: pour eux comme pour nous, vaudrait mieux plus que moins.
  13. Y'a aussi la série télé (live, pas dessin animé) qui se fait attendre, après avoir été retardée plusieurs fois.
  14. C'est justement ce que j'essaie d'expliquer: il n'y a pas de modèle tactique constant, et le passage que tu cites fait uniquement référence aux unités d'infanterie du Ier siècle av JC jusqu'à un point aléatoire du Ier siècle après JC, soit moins de 2 siècles. Pendant cette période, pas d'adversaire important avec une infanterie organisée, entraînée et équipée. Les grandes armées hellénistiques (pas forcément toutes grecques) opérant sur modèle post-macédonien ont été vaincues avant Marius, et ce qui reste dans ce registre, ce sont des opérations assez réduites au Ier siècle: - guerres jugurthines: rien de terrible au niveau tactique - pirates ciliciens: irrégulier - armées du Pont (Mithridate VI): bonnes (modèle macédonien), mais de petite taille. Le problème posé par Mithridate fut en fait de nature stratégique, pas tactique; il joua intelligemment ces 3 guerres, profita des divisions de la direction romaine et de quelques mauvais chefs romains, joua du terrain, souleva la Grèce, l'Arménie (de Tigranes) et l'Asie Mineure, et mobilisa des effectifs énormes, mais en grande majorité de mauvaise qualité (il n'y avait alors plus de grandes armées solides dans le monde grec). - reste du royaume séleucide: plus grand chose de sérieux, en tout cas pas de grande échelle - guerres cimbriques: elles furent un problème, principalement à cause du nombre des adversaires et de l'inexpérience de l'armée romaine de ce moment, qui pointait le problème récurrent de Rome.... Hors des armées "outre mer", Rome ne disposait pas de troupes permanentes, et devait reformer des armées à chaque guerre, nécessitant de ce fait un long temps de remontée en puissance, d'autant plus grand que l'art de la guerre romain était devenu très sophistiqué et exigeait un haut niveau de pratique pour donner sa mesure. Une fois les premiers échecs passés, Marius reprend la chose en main, entraîne intensivement une armée et vainc rapidement. - guerre des gaules: on connaît la chanson. Sur le plan tactique (je ne parle pas des opérations), les nations celtes étaient soit, dans le nord et le sud ouest, sous-développées (=infanterie légère, bonne cavalerie, chars de combat: du "facile"), soit, dans le centre et l'est, à un stade de sédentarisation avancé, avec des armées plus structurées, mais loin derrière le domaine romain, et encore trop tribales et faiblement équipées et entraînées en moyenne. En somme, au plan tactique, le modèle romain n'a pas vraiment été remis en question à cette époque. Et pareil après les guerres civiles, au moins pour un temps (même si à ce stade, Auguste avait déjà fait ses grandes réformes et créé l'auxilliat): le Teutoburgenwald est une embuscade massive où les facteurs de succès ne sont pas à trouver dans la qualité des troupes germaniques (plutôt mauvaise, et même dans l'embuscade, ils refusaient le contact et ont attendu la curée finale pour aller achever en grand surnombre les survivants), et le conflit illyrien, une affaire extrêmement sérieuse, se fait contre des troupes au fonctionnement connu, dont la seule infanterie de mêlée est de modèle romain (comme pour les guerres civiles). Les grandes opérations de rétorsion dans les Germanies ne remettent pas en question, sur aucun plan, la supériorité des troupes romaines. Quand aux Parthes: à cette période, il y a une sorte d'impasse tactique. Les Romains n'ont pas de solution tactique pour les défaire en plaine, et le problème ne vient pas de l'infanterie, avec laquelle les Parthes refusent le combat (les arrosant de loin et n'allant les achever que s'ils estiment la troupe affaiblie), mais du modèle général de campagne et d'armée. Il faut plus de cavalerie, des alliés (les Arméniens, dont la cavalerie est très bonne), un terrain favorable (pas forcément un truc qu'on choisit) et surtout penser les opérations autrement. C'est ce dernier point qui, au premier siècle (avant et après JC), autorise des succès romains (Bassus et Corbulon principalement). C'est pas un changement de modèle tactique des unités d'infanterie de ligne qui va changer la donne. Pour l'affaire de Spartacus, il faut en rappeler les facteurs précis, et les inconnues. Les succès des esclaves sont venus surtout du fait qu'il a fallu longtemps avant qu'ils n'aient affaire à des troupes expérimentées, alors qu'il semble bien que leur armée avait beaucoup de vétérans (issus des auxilliaires de plusieurs campagnes, mais aussi des Romains qui ont rejoint le mouvement) qui ont pu former des unités et une partie des effectifs (ils y ont consacré du temps). Quand des armées de campagne rôdées sont revenues en Italie (Crassus et Pompée), il ne semble pas que les succès tactiques aient continué. J'ai pas vu vraiment de "vélitisation"; et le cas des guerres civiles, ben.... Là c'est simplement deux adversaires de même nature. Sortis de l'évolution vue dans l'armée de César, qui est plutôt au niveau du mix de forces entre les types d'unités et une plus petite taille de ses cohortes (en revanche expérimentées), et pas au niveau du modèle tactique des unités d'infanterie, on a des adversaires ayant des forces et faiblesses similaires (en terme de type d'unités), donc pas de besoin ressenti de faire évoluer le modèle tactique de la légion/cohorte. Ca, ça vient après, dans le courant du Ier siècle ap JC.
  15. Difficile à dire, mais il y a un fort argument pour dire qu'il n'y avait rien de permanent, pas de forces spéciales organisées et spécifiques (hors de la sphère "service action" liée aux services secrets), étant donné le degré d'idéologie auquel était alors la Chine maoiste: le concept de "guerre populaire" n'était pas un vain mot et juste un habillage derrière lequel les réalistes feraient du "business as usual" en matière d'organisations "d'élite" dédiées en permanence à des tâches ultra-spécifiques et disposant d'un ratio d'investissement par homme (entraînement, sélection, matériel, soutien opérationnel....) beaucoup plus important que pour le reste de la troupe. Qu'on se rappelle tout bêtement à quoi ressemblaient les forces chinoises jusqu'à Deng Xiaopping: la masse et le concept opérationnel pour les grands fronts constituaient l'alpha et l'omega, avec un très faible taux de mécanisation. En Corée, leur concept opérationnel, une fois la surprise passée et l'adaptation au terrain faite par les ONUsiens, a été battu en brèche par la densité de feux (aérien et terrestre) que pouvaient balancer les Américains en un point donné: le concept chinois n'était pas fait pour lutter contre des unités de mêlée aussi densément équipées, et disposant d'appuis feux aussi massifs et précis. Pour le reste, une fois l'arme nucléaire acquise, l'armée est passée dans les faits à un rôle de maintien de l'ordre et de "dissuasion par la masse". On mesure mal l'importance de l'idéologie dans l'armée chinoise des années 50 à 70; on peut voir pourtant ailleurs, dans des armées plus modernes et moins idéologiques, de nombreuses reluctances culturelles au principe même des FS, ou même de forces d'élite permanentes (en France par exemple, à diverses périodes). Après, certains rôles pratiques doivent être remplis, notamment la reco et les coups de main, mais ils peuvent être remplis par des forces normales "prélevées" temporairement, des "volontaires" plus expérimentés.... C'est plus mal fait, avec des résultats aléatoires, voire une efficacité globale mauvaise, mais quand on repose sur la masse dans la réflexion, on accepte les pertes et certains niveaux de "relativisme" dans les résultats d'opérations "de pointe", parce que l'essentiel s'obtient ailleurs. En plus, en Corée, dans la première phase de l'intervention chinoise, 2 facteurs ont du conforter les chefs chinois dans leurs habitudes: - ils disposaient à ce moment d'un réservoir d'hommes motivés et déjà bien expérimentés: la troupe avait ainsi un niveau d'expérience moyen élevé, et sans doute, dans les unités standard, d'élites de fait (les vétérans et groupes ayant bien tourné ensembles) qui pouvaient assumer des rôles ponctuels de reco/coup de main/pointe relativement correctement, sans faire émerger le besoin de commandos - en face, les insuffisances initiales (tactiques, organisationnelles: cantonnement aux routes, pas d'occupation des hauts, mépris de l'adversaire, troupes trop peu expérimentées) se sont conjuguées à la surprise et à l'efficacité du début de l'intervention chinoise pour créer des résultats globaux impressionnants Après la Corée, la Chine "s'encroûte" dans une période de sommeil doctrinal, jusqu'à Deng Xiaoping. Rien de forcément super étonnant à ce qu'ils n'aient pas tout de suite adhéré au concept FS, hors de domaines spécifiques (services secrets).
  16. Un point concret, de détail me direz-vous, mais terriblement significatif, me fait douter que les légionnaires aient jamais emporté leurs 2 pilae avec eux en bataille: c'est une impossibilité pratique. Outre le fait qu'il faut avoir le temps de lancer les 2 (visualiser, ajuster, prendre son élan, tirer, revenir dans la ligne) ET de prévoir le temps de dégainer son gladius (situé à droite), il faut bien évidemment avoir la main droite de libre pour lancer.... Donc porter un javelot de rechange dans la main gauche. Or, cette main gauche tient le bouclier; si les boucliers (ronds, ovales ou rectangulaires selon le lieu et l'endroit) des auxilliaires légers (javelinistes) sont attestés, ils sont nettement plus légers que ceux des fantassins de contact (maximum estimé à 6-7kg pour les plus lourds, 3-4 pour les plus légers), mais surtout.... Ils sont plats, et leur poignée est verticale (donc le soldat tient le bouclier avec l'avant-bras horizontal), ce qui permet d'emporter une ou deux javelines dans la même main en plus de la poignée, qui sont dans l'alignement du bouclier et suffisamment fines (et en plus, ces légers ont un carquois). Mais rien de tel pour le légionnaire et l'auxilliaire fantassin de contact (lourd ou médian): le scutum romain est ovale ou rectangle/en tuile de toit sur la période polybienne et celle du Haut Empire, au moins jusqu'au début du IIIème siècle après JC, légèrement convexe au début et plus après.... Et avec une poignée horizontale: le légionnaire tient son bouclier avec l'avant bras vertical (coude vers le haut, main vers le bas). Et le scutum, nettement plus couvrant et solide, pèse autour d'une dizaine de kilos (donc requiert toute "l'attention" de la main).Tenir un javelot de rechange (dont on ne sait pas quand on le lance) ainsi est impossible: outre la difficulté pour la main, la disposition de la poignée rend la chose compliquée, mais surtout, la forme creuse du bouclier rend l'exercice physiquement impossible. Petite précision sur le pilum et les javelots en général chez les Romains; il faut vraiment faire attention, pour bien concevoir son emploi et son évolution, de bien caser un matériel et son usage, mais aussi son importance dans le mix tactique de la cohorte et de l'armée de campagne, comme ne correspondant qu'à une période relativement courte. Ainsi, le pilum tel qu'on l'imagine le plus souvent, c'est à dire un javelot lourd servant de feu rapproché avant impact, et de lance de fortune si vraiment y'a pas d'autre choix, n'est pas inchangé des guerres puniques (IIIème siècle av JC) au IIème ou au IIIème siècles après JC. Il a beaucoup changé entretemps, et son emploi aussi: - son poids a beaucoup varié selon les moments: il a évolué entre 3 et 6kg, tandis que sa taille a peu changé, restant grosso modo entre 2m et 2,1m. Malgré l'absence de standardisation très rigoureuse dans l'armée romaine, ce n'est pas un hasarsd: un javelot plus lourd correspond à un adversaire plus blindé, et on peut supposer, plus qu'une évolution linéaire d'un poids vers l'autre, une adaptation à chaque conflit: les ateliers d'une légion pouvaient fournir des fers (celui d'un pilum mesure 30cm environs) rapidement adaptables à une hampe de bois relativement facilement trouvable, qui, elle, fournit le poids donnant à la pointe sa force de pénétration - la pointe a évolué pour être de plus en plus "perce blindage": elle est ainsi passé d'un profil en "feuille de saule" à l'équivalent d'une pointe bodkin (section carrée/pyramidale). De plus en plus, le pilum lourd, au moins pour les légionnaires des premiers rangs/premiers lancers, visait le bouclier du rang adverse, dont il fallait débarrasser le paysage pour rendre l'assaut décisif aussi tôt que possible dans la bataille. Une pointe pyramidale sur un javelot d'un bon poids, avec un fer fin, donne une bonne probabilité de percer le bouclier et d'y rester planté et dur à enlever (et à casser: une hampe lourde dans un bois rigide est peu facilement cassable, un fer long aggrave le problème). Ca fait 5-6kg ajoutés au poids du bouclier (8-10kg pour un truc solide "à la romaine", plus pour un aspis à la grecque): ça fait un combattant "nu" ou handicapé par le poids. - la jonction du fer et de la hampe de bois est assurée par des chevilles de fer: c'est sans doute sous Marius que l'une des deux est remplacée par une en bois fragile, faite pour casser à l'impact et ainsi favoriser la torsion du fer (assez fin en son centre) dès que le javelot se plante dans un bouclier, empêchant son réemploi immédiat par l'ennemi (il est remis en état après la bataille). Cette torsion peut aussi être accentuée par le fait que si le guerrier en face garde son bouclier, le romain peut marcher sur la hampe et appuyer dessus, découvrant son adversaire alors que lui garde épée et bouclier. Cette évolution était-elle une possibilité ou une constante? Le peu de différence dans l'aspect "matériel" (une cheville métallique ou en bois) incite à penser que la possibilité d'avoir un javelot "tordable" ou un plus rigide (le fer restait cependant tordable par sa finesse), devait rester. Du moins si l'emploi du pilum comme "lance cheap" était assez fréquent. Cependant, la période la plus "polyvalente" du pilum (lance d'arrêt/artillerie d'appui rapproché) a du être assez courte, couvrant essentiellement le Ier siècle avant JC et une partie du Ier après: les adversaires évoluent, notamment dans le combat d'infanterie massif, organisé et sophistiqué (peu présent au Ier siècle av JC.... Hors des guerres civiles), et le pilum n'est pas une bonne lance face à des adversaires qui utilisent de "vraies" lances ou des harmes d'hast longues, et/ou qui sont mieux protégés (boucliers plus solides et couvrants, protections corporelles: Daces, Marcomans et Illyriens semblent avoir été nettement plus équipés que d'autres dans ce registre). Outre sa taille modeste pour un usage comme lance, la fragilité de son fer et la petite taille de sa pointe le désavantagent gravement dans cet usage, si l'adversaire a de vraies lances: la puissance de pénétration du pilum vient de l'usage comme javelot. C'est pourquoi son "apogée" qui fait du légionnaire du Ier siècle avant JC et du début du Ier siècle après JC un fantassin polyvalent, aussi bien javeliniste que lancier (et évidemment un fantassin de corps à corps en formation), est moins un apogée technique (qui incite à penser qu'après, il y a "déclin"), mais un apogée de situation: le légionnaire de ce temps n'a pas d'adversaire capable de résister, ni suffisamment nombreux, ni suffisamment organisé, entraîné et équipé. Donc, utilisé comme lance, le pilum servait surtout à dresser un "porc épic" contre la cavalerie (d'efficacité moyenne contre des cavaleries armées de longues lances comme les sarmates), ou d'arme d'appui pour les soldats du 2nd rang, qui "piquaient" l'ennemi, aidant ainsi les soldats du premier rang qui eux "oeuvraient" à l'épée et au bouclier (après avoir jeté un ou deux pila), accroissant la capacité du front. D'où l'évolution continue: le javelot dans l'armée romaine n'est pas une chose unique. Peu à peu, le pilum perdit de sa prééminence dans le mix de forces des cohortes d'infanterie, au profit d'un "cocktail" plus équilibré incluant des lances d'arrêt (hasta: une lance solide d'environs 2,5m) et des javelines, en plus du pilum. Mais surtout, le pilum aurait évolué vers le "spiculum", plus solide dans son usage comme lance, et encore assez efficace comme javelot lourd; un peu plus court (1,9m environs, avec un fer plus court et solide), il semble plus avoir été fait pour percer les armures, révélant une adaptation à des ennemis plus fréquemment blindés. On peut, comme le pilum, le rapprocher de l'angon, vu que leur construction et leur emploi semblent similaires. Au combat de contact, on a donc dans la cohorte d'infanterie, les 2 premiers rangs qui tendent à se spécialiser dans le corps à corps (lance et épée) et à fonctionner ensembles tout en gardant une capacité de tir limitée pré-combat (javelines), les 2 rangs suivants qui restent "médians" (combattants de ligne focalisés sur l'épée/bouclier, mais avec des javelots lourds d'appui) pour avoir les 4 rangs de combattants nécessaires à une ligne solide, et les rangs restant (4 à 5) focalisés sur la puissance de feu (et une dernière ligne de fantassins lourds de réserve). Parallèlement à cette évolution, on constate un retour de la javeline dans les rangs de l'infanterie légionnaire et de l'infanterie lourde auxilliaire (les cohortes de l'infanterie de ligne romaine en général, quoi): le verutum d'1m à 1,1m, disparu depuis la fin des vélites et la standardisation des légionnaires (Marius), et cantonné à des unités d'auxilliaires (javelinistes à pieds ou montés), revient en force dans l'arsenal du soldat d'infanterie romaine. Avec une bonne pratique et une pointe adaptée, cette arme conserve une puissance de pénétration correcte. Les unités de javelinistes (fantassins et cavaliers légers) se distinguent par, sans doute, un plus grand degré d'expertise, mais surtout par leur emploi: devant la ligne avant le contact, ils retraitent derrière quand 2 armées se rapprochent (et continuent à tirer), mais opèrent aussi sur les flancs, dans la poursuite, et comme infanterie de reco et de flanc garde pendant la marche. Eux ont 4, 5 ou 6 verutum (ou plus), et peuvent les lancer à la main ou avec une courroie pour en démultiplier la puissance d'impact (ça va avec l'expertise et le mode de déploiement: leurs formations plus aérées leur permettent plus d'élan, plus de latitude d'emploi, plus de temps dédié à ça). Mais la javeline est aussi utilisée par les cavaliers de mêlée "standards" qui disposent généralement d'un carquois de 4 ou 5 javelines (accroché à la selle) en plus de leur armement principal (lance longue, épée/bouclier): comme pour les fantassins de contact, c'est pour eux une arme de complément, et on la trouve dans la cavalerie légionnaire de la fin de la république, et dans la cavalerie de mêlée de l'empire (60% des effectifs de la cavalerie) sur toute son histoire. Autre évolution sur la période IIème-IIIème siècle: "l'artillerie" d'appui rapproché et d'attaque des cohortes d'infanterie de ligne évolue encore, avec l'arrivée des dards plombés, qui remplacent vraisemblablement la javeline. Mini javelines de 50 à 70cm, munies d'un plomb en leur centre (pour la force d'impact et influer sur la trajectoire parabolique), chaque soldat peut en emporter 5-6 accrochés dans son boucliers, ce qui démultiplie la puissance de feu du fantassin de contact (qui à cette époque n'a plus de javelot ou l'utilise moins, la lance dominant), pour un encombrement minimum. Et ce alors que la cohorte d'infanterie de ligne est un mix de forces très sophistiqué, incluant des rangs de frondeurs et d'archers organiques.
  17. Une chose est sûre avec l'histoire de l'armée romaine: il est très dangereux de se mettre en tête qu'une chose est immuable et reste identique sur toute la période. On doit même douter des mêmes mots employés dans les sources, qui ne veulent pas souvent dire la même chose d'un texte à l'autre. Le gladius en est un exemple: outre le fait qu'on n'est aujourd'hui plus sûr du tout qu'il soit d'origine ibérique, on sait en revanche que sa taille a beaucoup varié avec le temps, sans pour autant être certain du degré de standardisation de son gabarit à une époque donnée et d'une légion à l'autre, voire d'un individu à l'autre, certains pouvant se fournir ailleurs (en y mettant le prix, en prenant l'arme d'un vaincu....) que dans les forges d'une légion (chacune ayant ses artisans). La lame de 60cm correspond par exemple au début de la période d'emploi, soit plus dans la "légion polybienne" et ses évolutions jusqu'au Ier siècle av JC. Sous la période Marius/César/guerres civiles, on n'est pas trop sûr (manque de preuves), mais une tendance au raccourcissement semble logique, étant donné que dès Auguste (et la professionalisation/mise en permanence, avec création de l'auxiliat qui s'aligne aussi sur des normes d'équipement -donc une plus grande échelle de production), la lame du gladius tourne plus autour de 45-50cm, avec en revanche un élargissement de la lame. Ce dont on est à peu près sûr en revanche, c'est que le glaive n'est PAS une arme de taille: il a un tranchant (double), certes, parce que les coups peuvent être portés en coupe (celle du jarret étant la plus dépeinte), mais il est très mal adapté à une frappe de taille. La spatha des cavaliers, plus tard généralisée aussi à l'infanterie, offre elle nettement plus cette possibilité. Le gladius est une arme principalement faite pour la frappe d'estoc. Mais comme je l'ai indiqué plus haut, essayer de dépeindre le glaive (ou même la spatha) comme une arme d'escrime en soi est assez vain dans le cadre de l'armée romaine: l'escrime romaine militaire, fortement inspirée par la gladiature (particulièrement depuis le consulat de Publius Rutilius Rufus, parent de Marius et co-réformateur des troupes romaines, notamment sur l'entraînement), repose non pas sur l'épée, mais sur l'emploi conjoint du bouclier et de l'épée. Essayez de faire de l'escrime avec un gladius, vous allez vous amuser: les passes d'armes sont vites pitoyables, tout connement parce que ça devient vite un combat au couteau (maousse). L'escrime romaine se pratique avec un bouclier qui définit la distance de combat et sert à frapper et à se confronter au bouclier adverse, soit tenu à l'horizontale devant soi (dans un ordre dense normal, avec de l'espace pour se battre: on frappe du tranchant), soit tenu contre soi (dans un ordre serré: on frappe ou presse de l'umbo), avec le gladius pour porter une estocade (frappe d'estoc, coupe avec le tranchant) quand l'échange a créé une ouverture. On s'escrime en fait plus avec le bouclier. Douteux dans la pratique du combat, surtout en unités: 15-20m ont plus souvent été vus comme la porté utile, surtout avec le pilum "standard", cad lourd (2,1m, avec un poids à la base du fer), et en tir tendu, c'est beaucoup moins. Et c'est d'autant plus vrai dans l'unité formée: hors du premier rang, le légionnaire (ou auxilliaire sous l'empire) n'a que 1,80m d'espace devant lui dans l'ordre serré standard. Ca fait deux pas d'élan, et peu de visibilité pour réellement cibler. Seul le premier rang, et dans une moindre mesure celui d'après, s'il doit remplacer le premier (tombé, blessé, arme perdue....) en cours de combat (mais à ce moment, il y a peu de temps pour viser et peu d'espace), ont une possibilité de lancer en tir tendu ou de pratiquer un tir long sans limite d'élan. Le pilum est et reste un javelot, ce n'est pas une lance, même s'il peut être utilisé ainsi comme "second usage": ce n'est pas une bonne lance. Il a pu suffire à une certaine époque (Ier siècle av JC, début Ier siècle après JC), quand il n'y a plus vraiment d'adversaire ayant une importante infanterie, organisées et au moins un peu correctement équipée (protégée surtout). Le retour d'adversaires en disposant correspond à la période où on présume qu'un retour de la spécialisation au sein des cohortes d'infanterie a eu lieu.... Avec réintroduction (ou usage plus "normalisé") de la hasta (la lance d'arrêt), délaissée (quoique toujours dans le paquetage) depuis la standardisation des soldats dans la légion et la disparition des triaires. Piquer en appui d'un épéiste situé devant soi ne requiert pas de position si compliquée, et le pilum, par sa courte taille, ne ferait pas une lance terrible utilisé à l'horizontale: il est par ailleurs trop faiblard en tête pour être utile ainsi (c'est une position de poussée: si ça résiste en face, l'effet est moyen). Si utilisé ainsi au contact, (douteux, comme indiqué ailleurs, sauf en mise en défense contre cavalerie), le plus logique et probable est l'usage de haut en bas, par dessus le bouclier. Mais vu la taille, encore une fois, on voit peu l'utilité, surtout si on ajoute le facteur de l'équilibre: le centre de gravité du pilum n'est pas au milieu, mais vers l'avant (il est lesté pour tomber vers l'avant en trajectoire parabolique), ce qui crée une position où il s'agit d'un quasi poignard à la longueur d'attaque pas réellement supérieure à un gladius, et à la commodité douteuse vu la taille et l'équilibre instable que cela crée tenu à une main. Utilisé en pique (cad tenu plus vers l'arrière), il serait difficile à manier et resterait de toute façon facilement déviable et faiblard par son fer fin, donc peu capable de percer autre chose qu'un adversaire non protégé. La possibilité pratique, et surtout tactique, semble aléatoire, pour les unités en formation dense. Mais ça dépend beaucoup des périodes. Ce qui est sûr, c'est que, surtout à partir de l'Empire, il y a une différence nette entre le paquetage total du soldat (pour ce qui est de l'armement) et ce qu'il amène au combat. Il a un arsenal dans lequel il puise suivant la tactique prévue, tant côté arme que, semble t-il, côté blindage. Peu d'armées à cette époque peuvent disposer de ça, d'autant plus que l'entraînement du soldat romain est large et lui donne la capacité d'utiliser un vaste panel d'armes plus que correctement (et quelques-unes mieux que très bien), et plusieurs modes opératoires (monter à cheval fait partie de l'entraînement de tout fantassin, par exemple).
  18. Le "modèle" low cost va de toute façon, pour les plus anciens acteurs du secteur en Europe, commencer à perdre de sa superbe dans une bonne mesure (différente selon les acteurs): - les "méthodes" de certains d'entre eux pour obtenir des subventions massives ont échaudé beaucoup d'acteurs publics qui cèdent moins au chantage et se coordonnent plus: à moins de se fermer des destinations, voire des régions entières (ce qui est déjà arrivé à certains), ils vont moins bénéficier de cette aide massive à leur comptabilité - la compression des salaires et des prestations a atteint, voire crevé, un plancher, ce qui énerve salariés et clients dans beaucoup de cas (même si tous ne sont pas aussi tarés que RyanAir en la matière), mais surtout a fait franchir beaucoup de caps potentiellement dangereux en matière de sécurité (sécurité des vols, sécurités/santé des passagers -compressés, sans aide médicale possible....) - plus important encore: les primo entrants dans ce créneau de marché changent peu à peu de structure de coûts. Ils ne sont plus des p'tits jeunes agressifs, mais des acteurs installés. Concrètement, ça veut dire qu'ils ont un parc aérien (mais aussi parc d'installations et parc immobilier) qui tend à vieillir, à nécessiter plus d'entretien et/ou un remplacement.... Ca veut dire que, comme tout le monde, ils arrivent à un moment où leurs coûts fixes vont changer de proportion, brutalement ou graduellement. On peut pas être le jeune agressif sans factures lourdes pendant longtemps
  19. Apparemment, ils n'ont pas vraiment donné dans la culture FS pendant longtemps, quoique les services de renseignements n'aient sans aucun doute pas pu faire l'économie de branches "action". Mais pour les FS militaires telles que nous les comprenons, il faut attendre les années 80 pour que l'idéologie cède le pas au pragmatisme, la vision "pure" d'une guerre populaire menée par les masses d'infanterie commençant sa mue à ce moment, et intégrant donc l'idée de forces de pointe, modernes, avec du coup des FS comprises dans le mix. C'est donc dans un cadre global de remise en question profonde de la nature de l'armée (populaire, de conscription, low tech mais massive) que les FS chinoises, pour ce qu'on en sait, seraient nées. Les unités actuelles dont dispose la RPC ne semblent donc pas remonter plus loin, mais elles ont apparemment bien rattrapé le retard si l'on considère leurs quelques apparitions dans des compétitions de FS. Mais pour leur effectif, leur organisation, il semble qu'il y ait peau de balle à récolter comme info fiable.
  20. Gné????!!!!! Passé les guerres de l'empire (où la noblesse a joué un grand rôle, avec quelques noms -parmi mille autres- comme Davout, Berthier, Gouvion StCyr, Marmont, St Hilaire....), ça peut se discuter, mais on pourrait faire là l'histoire du corps des officiers au XIXème siècle (et tant qu'à faire au XXème siècle), qui n'est qu'au mieux en demi teinte, ce qui semble lié à des questions de formation, de culture du corps et de ses écoles et voies d'accès, de son entrisme et de son fonctionnement en interne, d'une part, et à des questions de rapports entre ce corps et la direction politique (et la classe politique, le régime) à ces périodes, cette dernière jouant aussi un rôle dans la sélection des hauts postes militaires et dans l'attitude et le comportement du corps des officiers (en le mettant entre autres choses plus ou moins en défense par rapport au gouvernement). En tout cas, un équilibre vertueux n'a jamais été trouvé après 1815, et un n'a été trouvé que brièvement pendant la 1ère guerre mondiale, notamment via quelques figures politiques et militaires (dont certains étaient.... Aristos). Il y a quand même par ailleurs quelques grands noms de la noblesse qui ont continué à se distinguer et à être utiles (pas forcément la même chose), en proportion "normale", voire supérieure à d'autres pans de la société vu le maintien pendant longtemps d'une tendance plus fréquente à la vocation militaire dans l'ancienne "caste guerrière" (Castelnau, Leclerc, de Lattres....). Et avant la révolution, faut pas déconner non plus: réservoir prioritaire et parfois abusif pour trouver des cadres, avec fonctionnement aléatoire lié au système de relations nobiliaires, à la vénalité des charges et au système de cour pour l'attribution des grades et commandements, l'histoire militaire a quand même globalement été positive. Henri IV lui-même, Turenne, Condé, Luxembourg, Vendôme, Villars.... Rien que pour citer quelques grands chefs stratégiques/opératifs de la dernière période de l'Ancien Régime. A côté, oui, y'a aussi une longue liste de tocards, de glandus arrivés là pour de mauvaises raisons, atteignant leur seuil d'incompétence ou carrément ineptes en tout.... Ca vaut partout, dans toutes les histoires militaires nationales.
  21. Pas mal de régiments, une sale tradition aristocratique à peine remaquillée (ça se voit et ce sent dans la culture et les habitudes) dans le corps des officiers, une certaine quantité de bâti (les ministères de la défense et de la marine, les Invalides, Vincennes....) et de propriété foncière, diverses traditions, appellations et formules présentes dans la "mémoire pratique", le principe d'une armée permanente, et la base historique de la conscription (via les milices, qui ont fourni cadres et registres).
  22. Plus large? Tu peux pas: et la résistance héroïque de Bayard au pont du Garigliano? Un même endroit, 4 siècles d'écart . Mais c'est bien une affiche sortie de l'étroite mentalité culturelle de la république: la France n'existe pour ainsi dire pas avant 1789, et n'a pas 13 siècles d'histoire (en tant qu'entité) avant cette date, ou au moins 3 (ancienneté de l'armée permanente avant 89). En tout cas, je regarde cette affiche, et je déprime: ces encarts sentent la vieille iconographie sortie du coffre, qui pue la naphtaline et le renfermé dans une pièce qui sent le vieux (et appartient sans doute à un). Elle est par ailleurs trop "fouillée", dans le sens où ce sont des petits encarts, rempilés avec des écrits un peu partout: impression globale de confusion, pas de fierté, de force ou d'émotion. Bref, une impression de "non choix" et d'absence d'inspiration. Ouaip, j'ai bien envie d'émigrer et d'aller agiter un micro drapeau en gueulant devant les Meuwines! D'ailleurs, je viens de voir une pub américaine pour le gaz naturel, et ça m'a donné envie de péter: je dois me sentir de plus en plus américain!
  23. .Comme vu plus haut, le lancer de pila depuis les rangs arrière de l'unité, en cours de mêlée, est d'une efficacité, voire d'une faisabilité (suivant l'adversaire, le terrain, la densité de formation adoptée), discutables. Sans compter évidemment, la distance: le pilum lancé n'est efficace que dans un arc réduit, avec une portée maximale (20m environs) ET une portée minimale (il doit décrire une parabole, donc sans doute au moins 5 à 7m), le tir tendu ne valant qu'à très courte portée (4, 5m?) et si il n'y a personne devant. Pour les files, le but est de profiter des groupes élémentaires, et c'est une condition qui ne sert pas assez d'hypothèse de départ dans les analyses et reconstructions sur l'armée romaine. On observe aussi le même phénomène dans le monde grec, surtout hoplitique, où la profondeur standard d'une phalange est d'environs 8 à 12 rangs (variable dans les armées de conscription, se formalise plus tard de façon fixe via le modèle macédonien plus professionnel), et correspond à la sous-unité élémentaire de base. A Rome, la croissance du professionnalisme permet d'augmenter cette unité de base qui, de 6h initialement, passe à 8 (peut-être 10 sous l'empire tardif), en corollaire de l'augmentation de la taille de l'unité essentielle qu'est la centurie (plus une unité est professionnelle/entraînée/aguerrie, plus elle peut être nombreuse sans perdre en capacité de manoeuvre et de combat). Mais l'organisation de rangs profonds dans la centurie romaine, surtout avec un mode de combat principal nécessitant un ordre assez "aéré", correspond en fait surtout à un combat de lignes assez statiques, et donc à un besoin de pouvoir faire face à l'attrition et organiser la rotation des effectifs à tous les échelons, pour maximiser "l'endurance" de l'armée. Dès lors que l'armée romaine devient très permanente et professionnelle (sous l'empire surtout), affronte des adversaires différents.... Ce besoin est moindre dans les unités tactiques essentielles, et le besoin de spécialisation/complémentarité, plus que de redondance, est plus grand, surtout dans une armée très sollicitée (l'armée romaine est peu nombreuse au regard de ses tâches) et chère (effectifs longs à former et moins rapidement remplaçables du coup), ce qui rend le modèle précédent (surtout celui de Marius) de faible rendement, et gaspilleur d'hommes. D'où l'évolution vers un modèle plus mobile et interarme. Le système accompagne les changements de l'armée romaine, mais si on s'en tient à l'époque Marius/César, puis à l'époque "Haut impériale" (ou plutôt AUX "époques haut impériales", à subdiviser en phases), on rappelle que la légion forme en interne en permanence, et que, de moins en moins utilisée "en grand", elle sert surtout à former des cohortes aguerries qui elles sont employées en campagne. Pour les auxilliaires impériaux, il s'agit d'unités essentielles prêtes à l'emploi, donc de cohortes (et ailes pour la cavalerie, ou d'unités mixtes) toutes faites, pour lesquelles doit aussi exister un système de formation (centralisé sur des bases? Profitant de "l'infrastructure" de la légion la plus proche?), ce que confirmerait l'évolution de l'armée romaine aux IIème-IIIème siècles, qui généralise ce système "bataillonnaire", donc devant rétrocéder la fonction de formation et entraînement initial à des bases plus fixes (les camps et grandes bases des légions "old style"), chargées de fournir les bleus, voire de les aguerrir un peu (ou plus) dans les unités qui restent cantonnées le long des frontières, les cohortes "jeunes" (ces unités plus statiques qui seraient alors plus tard simplement prolongées en "limitanei", la direction impériale actant la différenciation des troupes en général, entre les plus mobiles et aguerries, aptes à opérer en grand, et les plus jeunes, compétentes, mais surtout pour les combats en plus petites formations). Des unités essentielles (cohortes et ailes milliaires et quingénaires) n'ont pas de grandes possibilités d'avoir une "formation de dépôt" s'occupant de la formation initiale. Seules des bases ou la légion classique (quand elle n'est pas en campagne) le peuvent. Le remplacement en cours de campagne doit, logique assez durable, plutôt tendre à se faire en allouant des recrues à des groupes et sous-groupes existants (plutôt que de mettre en ligne des groupes uniquement faits de tous bleus), quoique l'armée romaine pratique souvent un certain niveau de "vampirisation", les unités en campagne recevant des remplacements venant aussi bien de la formation intiale que du transfert d'autres unités, les plus accessibles. Ainsi, pendant la campagne de conquête de la Bretagne (Angleterre) lancée par Claude au Ier siècle, on voit, après la première phase de durs combats, des renforts légionnaires (rien que je sache sur les auxilliaires) venir du continent, amenant aussi bien des recrues fraîchement sorties de l'entraînement (dans des camps légionnaires) que des vétérans, tous venant des légions restées sur le Rhin, et changeant donc de légion d'appartenance (ce qui n'est pas un processus si aisé, étant donné l'aspect même religieux de la chose), l'affectation en cohortes et centuries se faisant sur base individuelle pour "combler les trous". Ca dépend du taux d'attrition, des décisions du légat (ou de son supérieur s'il n'est pas un légat proprêteur, cad en charge de son théâtre avec une seule légion et ses auxilliaires), des possibilités de renfort en cours de campagne (coût, moyens d'acheminement, effectifs libres ailleurs, conflits en cours....), de l'opportunité de la chose, de l'état de la troupe (fatigue, blessures, colère, moral entamé par les pertes).... Mais là encore, ça dépend de l'époque: l'armée Marius/César et la légion du début du Haut Empire sont les forces avec les effectifs les plus aisément remplaçables, via le légionnaire sur moule unique. Plus tard, avec le retour croissant d'un certain niveau de spécialisation en interne des unités, ça doit déjà devenir un poil plus coton, même si des bases fixes doivent pouvoir, jusqu'à un certain point, fournir du volant d'attrition. Il faut noter aussi qu'on reste, malgré le différentiel de l'armée romaine (en rapidité et capacité à faire de grandes campagnes), dans la temporalité de l'antiquité: les armées hivernent le plus souvent, et opèrent pendant la "saison de la guerre" (grosso merdo de mars à octobre, avec variations selon le climat), même si l'armée romaine fait occasionnellement des campagnes d'hiver dans des situations particulières. Ca veut dire qu'il y a environs 6 mois de l'année (un peu plus ou un peu moins) où les troupes sont "au repos", en zone amie ou hostile, retranchées dans des grandes fortifications et ayant des communications établies avec leurs bases, donc recevant leurs renforts (en suffisance ou non) et les acclimatant aux unités. Ces points rappellent aussi ce que je souligne souvent (trop?) dans le cas des légions classiques: même si elles sont déployées en grand dans une campagne, toutes les cohortes ne se valent pas, et une partie sont destinées à l'aguerrissement progressif des bleus, fournissant aussi du volant pour des "vampirisations" en interne, au profit des meilleures cohortes. Dans la légion, on ne reste pas trop longtemps dans sa centurie et sa cohorte: on va vers le haut, car c'est un système de progression, qui fonctionne de plus en plus pour fournir des cohortes top niveau, au fil de l'évolution militaire qui voit l'augmentation des standards dans l'armée romaine (besoin d'un niveau d'aguerrissement et d'entraînement plus poussé pour des possibilités et capacités tactiques plus grandes, au service d'un combat et d'une guerre plus mobiles, létaux et rapides). L'usage de la légion déployée en grand se fait de moins en moins à partir du Ier siècle av JC, et surtout dans le courant du Ier siècle après JC, délaissé au profit de l'usage des meilleures cohortes groupées en task forces (vexillations, de format variable).
  24. On n'a pas la même définition de "ordurier", ou "d'excessif" (tu veux vraiment voir à quoi ça ressemble "excessif"?); je peux te retourner le compliment et émettre l'hypothèse que tu donnes dans le pur réflexe de caste, systématique et sans nuance. Mais des gens qui gardent leur commentaire pour les zones sécurisées (où ils n'ont aucune portée et aucun effet, et n'engagent aucun risque) tout en prétendant mettre "l'intérêt supérieur" devant le leur et se "faire du souci", ça s'appelle comment?
  25. D'où la nécessité de passer par les "grosses caisses" des médias: c'est le seul son qui porte (et qui engage) donc le seul qui a de la valeur. Ca ou un forum internet anonyme.... Quel courage, quelle dévotion au bien public. S'ils ont une opinion réelle dessus, du ressort de la vocation (cad, être soldat, qui plus est général, est plus qu'être juste un fonctionnaire ou un gars qui a un emploi), et qu'ils se taisent ou "parlent dans les bureaux" (ça rime à quoi, franchement), désolé, ce sont des hypocrites et des lâches. S'ils sont juste là pour faire le taf et être payé pour, et se taisent, ça je peux respecter, c'est cohérent et ça ne prétend pas plus que ça ne fait. Vu la qualité de leur expression orale et de leurs prestations, ou le creux de leur propos, quand ils s'expriment dans les médias, ça se sent. Mais quand tu traites l'autre comme de la merde et que tu le méprises, faut pas t'attendre à ce que ce soit pas réciproque. Ca vaut certainement pour les deux parties, mais à l'arrivée, ça ne sert rien du tout et ça nuit même à ce qu'ils disent vouloir défendre (enfin, ce qu'ils disent "dans les bureaux" ou dans les chiottes).
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