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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Ben, l'ONU était garante du processus électoral et a reconnu Ouattara comme le vainqueur officiel: avec les casques bleus (fournis par l'OUA en plus, outre la force Licorne) présents, c'était obligatoire. Mais faut pas oublier que les Forces Nouvelles ont aussi un certain effectif présent à Abidjan, ce qui donne à Ouattara un minimum de moyens disponibles immédiatement pour quelques actions (comme le coup de s'emparer de certains bâtiments et structures). Mais de facto, ces effectifs sont aussi l'une des raisons du début des affrontements: y'avait des troupes des 2 bords dans la même ville, donc dès lors que Gbagbo a décidé de rester en place, le clash était hautement possible. Et faut arrêter d'être naïf 2 secondes: le pouvoir est à qui peut le prendre et le garder, surtout dans un Etat qui n'en est plus vraiment un. Le "peuple", est pour moitié, grosso merdo, derrière Gbagbo, et ce qui le divise n'est pas juste un point de vue politique différent: il s'agit bien d'une situation de division effective, d'opposition géographique, ethnique, religieuse et clanique, et d'une ligne de démarcation réellement franche et nette dans l'opinion, pas d'un débat entre 2 groupes politiques dans un Etat calme et pacifié. Dans ce genre de structure de pouvoir, les généraux sont avant tout choisis pour leur fidélité politique pour que le pouvoir en place garde la haute main sur les moyens de la violence ("légitime" diront certains :P). Et il y a même une certaine dose "d'honneur" dans certains cas, pour ceux qui voient réellement la chose comme une orientation générale et une définition de ce qu'est la nation ivoirienne, de ce qu'elle peut accepter ou non, dans leur esprit, de la part de nations et d'organisations extérieures. Quoiqu'il arrive, celui qui s'imposera aura de toute façon fait tirer sur "le peuple", en l'état des choses, parce que ça va pas se résoudre à l'amiable: le "peuple" est un fiction, et jamais autant que dans une guerre civile, vu qu'il est divisé en factions qui s'affrontent. y'a pas 2 clans groupusculaires qui se disputent un gâteau avec 99% de la population qui regarde, passive, en attendant le résultat. Parce qu'à la base de ce schmilblick, outre les querelles de personnes et d'ambitions, et l'affrontement de certains groupes/clans.... Il y avait bien une question de savoir qui étaient les Ivoiriens, et un vaste mécontentement sur l'immigration massive en Côte d'Ivoire qui avait procuré à Gbagbo un soutien très important qui avait permis lé définition légale de cette fameuse "Ivoirité" :P assez nauséabonde comme concept. De facto, la population est divisée, et il faut pas faire l'erreur de voir la situation comme une micro-clique de ploutocrates s'attachant au pouvoir juste parce qu'elle a le contrôle d'une partie des forces armées. Blé Goudé est l'exemple même d'un des soutien de Gbagbo qui se comptent en parts d'opinion "contrôlées".
  2. N'empêche, cette histoire fait un peu rêver le citoyen concerné: si (et seulement si) c'est aussi maousse qu'évoqué, ça peut sortir l'Etat de l'ornière financière en évitant le changement dans la douleur (si tant est que les politiques aient les couilles de le faire celui-là), et propulser le pays comme l'Angleterre a pu l'être grâce au pétrole de la Mer du Nord dans les années 80 (en espérant une meilleure gestion :lol:). Mais bon, "70 ans de production koweïtienne", ça sent un tantinet l'effet d'annonce d'une agence de com.
  3. Si les réserves sont vraiment du gabarit de celles annoncées, la France est le nouvel Alberta :lol:, et les politiques vont salement se disputer le gâteau des retombées locales.... Et en même temps, toujours si et seulement si ça se révèle être un tel filon, c'est un rééquilibrage d'ordre karmique :lol:: il commencerait à y avoir du pétrole en France alors qu'il n'y a plus aucune idée :lol:?! Le Larzac, c'était un camp militaire; là, il s'agit de pognon, et potentiellement pas du petit pognon.... Tu crois que Bové pèsera quelque chose :P?
  4. Et le barrage d'Assouan, aussi spectaculaire qu'il soit et que sa construction ait été (ainsi surtout que tout ce qu'il y a eu autour), n'a pas été le signe que l'Egypte devenait une puissance mondiale ;). Faut pas se laisser avoir par le bling :lol:. Ben un peu quand même :lol:: ces problèmes sont gigantesques, et ils ne sont nulle part, ou presque aussi prononcés qu'en Chine. Le vieillissement de la population italienne, à côté, c'est du pipi de chat, surtout s'il faut en venir à la dimension énorme des populations concernées (c'est pas neutre, et il ne faut pas le regarder qu'en proportions), et le déséquilibre des populations hommes-femmes.... C'est juste du jamais vu (il pourrait y avoir un différentiel de plus de 200 millions entre les 2 sexes dès 2020, et pire après). Ouais, le centre ville de Shangai qui est aussi assez connu pour être un village Potemkine géant d'immeubles de bureaux vides que le gouvernement ne sait pas comment remplir: projets immobiliers foireux, voire crapuleux (blanchiment.... Cf les EAU pour la même chose.... Ou Miami :lol:), projets d'Etats décidés sans savoir s'il y avait un marché (comme l'URSS, mais sous couleurs capitalistes :lol:).... Quand est-ce que Marseille a été la vitrine de quelque chose ou de projets grandioses :O ?! Sous l'Empire colonial :lol:? Ca veut pas dire qu'il y aura assez, ou même le dixième d'assez: faut quand même se rendre compte des dimensions et des ordres de grandeurs évoqués quand le thème du développement de TOUTE la Chine est évoqué.... Encore une fois, le coup des 2-3 planètes en plus n'est pas un truc catchy balancé juste pour le sensationalisme. Ouais, la capitale mondiale de la chaussette (pas loin de 90% des chaussettes de la planète y sont faites :lol:) avec un nom imprononçable et qui ressemble à rien du tout. Regarde les listes des 10 plus grosses agglomérations/zones urbaines (la définition varie), la Chine n'en a qu'une au mieux: Mexico, Sao Paulo, Séoul, Mumbay, New York, Jakarta, et évidemment Tokyo, plus quelques autres, sont plus maousses. Mais la taille veut pas dire grand chose, comme dans d'autres domaines :lol:. Ca peut même être une source de problèmes plus qu'autre chose.
  5. Y disent rien sur la solidité de ces cellules solaires? Les matériaux photosensibles de ce type sont généralement un peu délicats, quand même.
  6. Ca, c'est raisonner comme si la production de richesse était un truc qui se fait dans l'absolu, sans connexion avec la réalité des matières premières disponibles, et comme si les habitants étaient une espèce de matière première indifférenciée. Mais le problème démographique chinois est multiple: - vieillissement accéléré de la population (conséquence de la politique de l'enfant unique) alors que le contrôle des naissances ne peut pas réellement être supprimé (taille de la population et ses conséquences dans tous les domaines). La pyramide des âges chinoise est quand même assez spectaculaire. - fossé gigantesque entre les populations masculine et féminine (autour de 0,6 femmes par homme dans les projections les plus pessimistes.... Problème qui se retrouve en Inde, plus généralement en Asie, et même en Corée du Sud): des générations d'hommes n'auront ainsi AUCUNE possibilité de fonder un foyer.... Généralement, ça se traduit par plus de violence (criminalité en hausse nette) et/ou une militarisation accrue - passage à la retraite de la première génération d'enfant unique, aussi la première génération à avoir vu son niveau de vie augmenter.... Et qui va le voir baisser: pas réellement de régime de retraite, et surtout conservation des structures familiales traditionnelles qui font que ces gens sont et seront souvent le principal soutien de l'ensemble de la famille = mécontentement profond et moindre consommation "à haute valeur ajoutée". Cela se combine au vieillissement général: les générations au travail, moins nombreuses, seront souvent le soutien familial de leurs aînés Et pour le reste, le marché intérieur, c'est le "pays utile", soit une partie de la bande côtière et quelques zones urbaines intérieures: au global entre 300 et 400 millions d'individus. Pas vraiment "le reste du monde". Ajoute à cela l'inévitable renchériment de leur monnaie ("quand" reste la grande question), le renchériment constant des matières premières, leurs propres problèmes écologiques nationaux (pas petits), les inégalités de développement et leurs conséquences souvent brutales sur la paix civile (fait qui n'ira qu'en s'aggravant).... Et il faut surtout bien voir que les besoins chinois se heurteront à ceux des autres, à commencer par leurs voisins. La concurrence pour les ressources est une réalité inévitable, et ce slogan du "si la Chine devait devenir un pays développé dans son entier, il faudrait 3 ou 4 planètes" n'est pas dénué de vérités puissantes.
  7. Ouaif! Enfin en même temps, ce connard de Blé Goudé: - que ça dérangeait pas de cracher sur la France, d'inciter aux exactions en tous genres sur les expats -viols compris- et ses propres "compatriotes" -voire le racisme extrême prôné par ses lui et ses potes- et de venir se faire soigner en France aux frais de la princesse - mais aussi de déplorer les problèmes économiques tout en faisant son beurre de façon bien crapuleuse via sa "main d'oeuvre" de rues, en vivant en plus tranquille au Palais présidentiel Ce connard, donc, a déjà promis le Viet Nam bis, Dien Bien Phu remix, l'enlisement éternel, la guerre révolutionnaire massive, les commandos suicides de patriotes jusqu'au boutistes (à part les commandos de la mort de l'armée et les crapules criminelles de Blé Goudé, ça pêche, là).... Et la réalité s'est constatée: c'est déjà un politicien complètement occidentalisé de ce côté.... De l'effet d'annonce façon MTV/Blockbuster américain, avec quelque chose de nettement plus limité derrière.
  8. C'est ça le trip avec ces projections: elles oublient quelques menus détails.... Comme la triste réalité du fait que les choses existent en quantités limitées :lol:. De fait, y'a pas plus d'un tiers (et c'est déjà maousse) de la population chinoise qui aura un réel accès au développement, avec le reste subsistant à divers degrés et servant comme "volant d'attrition" pour maintenir des coûts de production bas (même si leur niveau grimpera de toute façon au global, ne serait-ce que via l'inévitable renchériment du yuan et la démographie problématique). Mais surtout, ressources limitées = prix des ressources explosent, développement plafonné, concurrence internationale accrue pour l'accès aux ressources (possibilité de forte conflictualité), "concurrence" interne accrue pour le partage de la richesse (s'ajoutant aux extrêmes inégalités de développement déjà en place).... Le tout sur fond de transition démographique assez brutale (et alors même qu'il faudra maintenir le contrôle des naissances).
  9. Donc on va être sans défense contre les extraterrestres s'il y a pas cette option sur les OPV :'( :lol:???!!!
  10. Ben, on a déjà tourné autour de ce pot là dans la première partie du fil: "l'art opératif/opérationnel", au final, c'est surtout la définition de la mise en oeuvre PRATIQUE, concrète, d'une stratégie qui, elle, reste avant tout élaborée sur un papier dans des séances de remue-méninges :lol:, avec un degré d'application tout aussi théorique qui est la définition d'une "doctrine" et d'un modèle de forces armées, entre autres moyens (renseignement, diplomatie, action économique/financière, pressions politiques diverses....) de servir la dite stratégie, qui n'est que de la politique. Donc de toute façon, quand il faut en venir au concret, les circonstances, en l'occurrence l'immense palette des réalités très spécifique d'un théâtre d'opération (les adversaires, leurs chefs, leur nature, leurs forces, leurs "multiplicateurs de forces", leur organisation, le terrain, climat, strutures politiques/économiques/culturelles/sociales de la zone, les autres intervenants extérieurs potentiels....), dictent au premier chef la réalité de la façon dont la stratégie générale peut être appliquée/déclinée sur ce terrain là. La définition d'un théâtre d'opération est encore du registre de la stratégie (priorisation des cibles et zones d'intérêt, adaptations à des fronts spécifiques....), mais une fois un théâtre circonscrit, la façon de mener la danse dessus pour atteindre le but avant tout politique (= un résultat valable) est du ressort du chef opérationnel de théâtre. Et les moyens (ressources et forces, mais aussi et surtout marge d'autonomie et de décision) qui lui sont confiés doivent servir cet objectif, de même qu'il doit pouvoir lui-même, selon la réalité du front, adapter son approche et pouvoir demander d'autres moyens (soit plus de moyens, soit des moyens d'une autre nature: "envoyez plus de MLRS...." ou "envoyez de quoi bricoler quelques OMLT" :lol:). Et il doit pouvoir dire merde, dans une certaine mesure, au politique, quand à la façon de mener cette mission, dans la limite d'une enveloppe de moyens, mais surtout celle de l'obtention du résultat voulu par le politique. Quand Roosevelt, àa la surprise générale du Département d'Etat, décide que la victoire contre l'Axe veut dire la capitulation sans conditions de l'Allemagne, du Japon et de l'Italie, il définit lui-même l'idée d'une guerre totale nécessitant l'anéantissement complet. Mais cet aspect particulier, assez exceptionnel dans l'Histoire, ainsi que le caractère de cette guerre industrielle, ont un peu anesthésié la façon de penser la guerre et donc la façon (opérationnelle) de la mener. Une large palette de résultats politiques peut être obtenue (et même souhaitable dans quasiment tous les cas) sans nécessiter cet aspect totalisant. Les diplomates, historiquement experts dans ce genre de dosages, sont sans doute les meilleurs interlocuteurs pour les militaires afin justement de pouvoir précisément évaluer les objectifs souhaitables et la façon de les atteindre, et de là évaluer surtout la meilleure méthode/approche au meilleur coût (la "rentabilité stratégique" n'est pas un vain mot, ce que les guerres industrielles ont fait oiblier).
  11. Même pas sûr: la création monétaire ne dépend pas uniquement des banques centrales mais du système bancaire mondial lui-même. Le dollar a perdu sa convertibilité-or et son caractère "as good as gold" précisément à cause de ça (la crise des eurodollars, c'est pas d'hier), et avec ça (plus le coût de la guerre du VietNam qui a enlevé aux USA toute capacité à affronter cette crise), le système de Bretton Woods a volé en éclat. Un système monétaire crédible avec un équivalent à feu l'étalon-or (quelle qu'en soit la base), tel que le demandent même les Chinois à mots semi-couverts, doit être mondial ou pas du tout. Sans quoi, une zone euro faisant serait au mieux un paradis pour rentiers à monnaie ultra-forte, pas pour investisseurs. :lol: :lol: :lol:C'te bonne vanne ;)!
  12. Cette vision anglo-saxonne d'une "arrogance" française me fait toujours rire ;) :lol:, considérant l'aspect massif de l'arrogance américaine (et anglaise pas mal aussi) et leur côté donneurs de leçons sempiternels. Comme quoi on est toujours l'arrogant et le donneur de leçons de quelqu'un d'autre :lol:! Il est clair que la Chine va faire face à ses propres problèmes dans un avenir proche (démographie, inégalités et dureté du développement, problèmes de ressources, environnement, régime politique), mais la question du déclin relatif des USA (hors hypothèse d'un déclin en absolu suite à une crise brutale telle qu'évoquée par le sujet) se résume en fait à un seul point: à partir de quand l'empire US va t-il être estimé aussi insupportable financièrement que nécessaire économiquement par la majorité des gouvernants ricains eux-mêmes? Pour l'Europe, cette question n'est pas neutre: d'elle dépendra en fait le suivisme absolu ou un début de pensée "en soi, pour soi et surtout PAR soi". Soit un noyau dur de pays commencera à faire face au reste du monde en tant que puissance (s) défendant ses (leurs) intérêts, soit l'alignement continuera au point de constituer, quelle qu'en soit la modalité, un vrai "camp occidental".
  13. Soit Gbagbo est prêt à aller jusqu'à la guerre civile (ça, ça dépend du soutien dont il estime bénéficier à l'intérieur), soit il fait durer pour négocier les conditions de son retrait (surtout sa petite personne et son clan); bref, le clash ou le cash.
  14. Avais pas noté ça, tiens: Blé Goudé ministre? Etonnant que la direction de refuge soit l'Angola et pas le Zimbabwé. Simone s'entend pas avec le taré en place là-bas? C'est quand même fou ce que cette presse "responsable" ne s'étonne pas des sommes folles que manient ces gens pour leur usage personnel, ou que ces enrichissements personnels démentiels soient entrés à ce point dans les moeurs.
  15. Qui supposera d'abord une phase où ils y retournent :lol:! Et renoncent ce faisant à leur empire, et à l'économie qui va avec, dont ils profitent à plein. C'est tout le problème des isolationnistes US: ceux qui sont sérieux savent que s'ils renonçaient à la politique impériale, l'économie US ne s'en relèverait pas (personne ne croit sérieusement que le commerce à ce niveau, surtout pour les secteurs importants, fonctionne aux mérites du produit et à la concurrence). Mais vu le coûts croissant des places au soleil, il faut plutôt attendre une tutelle US de plus en plus gourmandes, assortie d'une aggressivité accrue sur les industries d'armement, qui puisse un jour énerver même pas mal d'Etats atlantistes. Le premier vrai signe d'une perte de puissance US sera dans le raidissement de leur attitude au sein de leur sphère d'influence: gourmandise accrue, exigence de plus de prise en charge par les alliés (donc insistance plus marquée qu'aujourd'hui sur l'effort de défense sans RIEN céder sur le commandement et l'alignement technologique), comportement moins "partageur" (façon de parler: ils ne "partagent" pas le gâteau commercial, mais laissent une marge à leurs alliés que ne justifie pas leur puissance politique -notamment sa dimension militaire).... Toutes tendances existant depuis longtemps, mais qui iront en se renforçant.... Jusqu'au point d'alignement total ou de rupture totale. C'est comme ça que fonctionne un système et que l'entropie le bouffe.
  16. Un exemple en rien contradictoire: le mode opératoire des Anglais pendant la Guerre de Cent Ans est la grande chevauchée, soit un débarquement en France suivi d'une traversée du pays vers les terres du roi d'Angleterre en Guyenne, en ravageant tout sur son passage et sans réellement rechercher la bataille. Cela combine: - une posture générale, stratégique, résolument offensive: porter la guerre chez l'ennemi, contester sa capacité à entretenir la sécurité dans son domaine de responsabilité, le mettre en posture de réaction, donc prendre l'initiative et acculer l'adversaire à ne pas pouvoir la reprendre.... Et accessoirement faire un peu de butin - la bataille n'est généralement pas recherchée en elle-même, sauf sous le Prince Noir et dans la période APRES Azincourt (donc sous le commandement de Bedford). Le point est que la chevauchée en elle-même est l'objectif. Elle s'assortit d'une politique active visant à récolter et développer les résultats politiques, à savoir grapiller quelques places fortes sur les marges du domaine anglais, mais surtout rallier des seigneurs dont la loyauté vacille. Nuire à la crédibilité du roi de France et affirmer la sienne est en soi un des buts de guerre. - sur le plan de la campagne, là aussi, tout est fait pour l'offensive et le mouvement: pas de temps mort, sauf à l'occasion s'il faut assiéger une place forte de quelque importance (politique surtout, voire symbolique). Accessoirement, dans la première phase de la guerre, l'emploi en plus de mercenaires (les "free companies" pour les Anglais; "grandes compagnies" est le vocable plus courant) est utilisé dans le même but.... Surtout précisément quand elle ne sont PLUS employées: elles se retrouvent en larges bandes, à ravager les terres traversées, étendant le boulot fait par la chevauchée. Certains chefs de compagnies se tailleront ainsi de petits fiefs (voire de moins petits) et arriveront à se faire "légitimer". - mais en bataille, tout est fait pour la défensive dans les armées anglaises de l'époque. L'Ost anglais n'est pas capable d'attaquer: il a très peu d'hommes d'armes/chevaliers (montés ou à pieds), une infanterie peu abondante et faite en majorité de piquiers (donc défensive), avec une faible proportion de fantassins d'assaut (armes d'hast, épées....). La majorité de l'effectif est fait d'archers, qui ne sont même pas aptes au combat corps à corps (achever les blessés comme à Azincourt est le maximum qui peut être attendu d'eux); et ils ne peuvent être efficaces en défense que sur une position préparée (derrière un rideau de pieux). Donc tactiquement défensive, et même tactiquement incapable de mener une offensive, l'armée anglaise est pourtant employée au service d'une stratégie purement offensive. En face, les rois de France perdent leur temps et leurs moyens à vouloir employer dans une stratégie défensive, purement réactive aux actions anglaises, une armée qui n'est tactiquement capable que d'offensive rapide.
  17. Mais que pouvait faire la France face à ça: le problème de l'histoire, et au final il est sans doute plus sûr (comme toujours) de parier sur la connerie l'erreur humaine, c'est que le résultat était trop "énorme" pour ne pas appeler une réaction de même acabit. Parce que non seulement ça a fait des dégâts, et avant tout humains, sur la force d'interposition, mais en plus, ça a "révélé" médiatiquement que l'embargo avait été contourné: c'était pas un grand secret, mais les opinions s'en foutaient et les chancelleries affectaient de ne pas l'avoir remarqué. Dès lors que l'usage devenait offensif alors qu'une force d'interposition était là, ça posait problème sur la crédibilité de la posture de la dite force. Mais si en plus elle est prise pour cible, que ce soit intentionnel ou non, l'absence de réaction est impossible, ou alors c'est rejouer à la Bosnie. Encore n'y a t-il pas eu de victimes dans la rétorsion.
  18. Ca semble hasardeux de penser que Gbagbo a cru pouvoir faire dégager la France avec 2-3 Sukhois et quelques hélicos: les politiciens jettent rarement les dés sauf s'ils sont pipés, et il est douteux qu'il ait pu croire les occidentaux A CE POINT sensibles à la moindre perte. Quand à croire que militairement, ça aurait pu suffire, LICORNE en l'état au moment du bombardement pouvait écraser mille fois ce qu'il avait, et il le savait fort bien. A moins évidemment qu'il ait pensé surtout, s'il y a la moindre préméditation dans l'acte, à entraîner cette réaction française précisément pour enflammer la rue encore plus.
  19. Disons que la France, qui a en matière de choix de camouflage et uniformes/tenue de combat (et d'importance accordée au sujet), un historique lourd de tous les exemples de ce qu'il ne faut pas faire ou choisir (une seule exception, l'après guerre et le tiger stripes), sait au moins, avec cet exemple US, quel système ne pas copier :lol:. C'est fou comme l'addition d'intelligences et de logiques individuelles/particulières (en fait surtout d'intérêts) produit souvent des masses de connerie collective.
  20. Qui est réellement nul dans l'histoire? Les Ivoiriens et leur reconnaissance terrain ou les pilotes biélorusses :P?
  21. L'extrême longueur de leur processus de choix est quand même hallucinante: les coûts impliqués depuis le début de cette histoire, l'opacité assez souvent, sont assez terribles. A se demander si le poids de ce processus n'est pas devenu un handicap en soi qui pourrait même dissuader de ce genre d'investissements, ou de sa fréquence à tout le moins. Fait aggravé par la multiplication par 3 de ce genre de programmes: un par service!
  22. La mise en oeuvre d'une stratégie d'attrition de l'adversaire, via le harcèlement (hit and run sur les forces de pointe et/ou attaques sur les arrières), le piégeage des itinéraires, éventuellement la terre brûlée.... C'est quoi sinon l'art opérationnel d'une stratégie/posture défensive? Soit parce que l'Etat en défense applique la stratégie du faible au fort, soit parce qu'il a de l'espace à revendre pour reculer, et qu'il juge que c'est plus "rentable". A noter là qu'il y a eu confrontation entre Koutouzov, quasiment tout seul, et les autres généraux russes, Bagration en tête, qui prônaient la recherche de la bataille, avec l'appui du Tsar: il a fallu les premiers affrontements et surtout Borodino pour que Koutouzov puisse imposer son point de vue. Bref, de fait, c'est vraiment un chef de théâtre d'opération qui a fini par obtenir du chef stratégique la validation de sa stratégie qu'il mettait par ailleurs en application à la moindre occasion en attendant (ordres de destruction ou emport des réserves de vivres, directives de ne pas s'accrocher inutilement en bataille....) avec plus ou moins de succès avant Borodino. Lui ne voulait que garder une armée apte à combattre et laisser s'épuiser l'adversaire. Autre exemple, moins purement défensif dans le principe, mais bien dans la pratique: la stratégie d'Arminius/Hermann face aux Romains. Sachant qu'il n'avait pas de chances en bataille rangée, il organise la lutte comme une embuscade à grande échelle sur un axe de pénétration très profond. Toute son action a consisté à attirer les Romains le plus possible au coeur de la forêt germanique pour pouvoir appliquer, au final, une tactique d'embuscade, de piégeage et de harcèlement. Le but n'est pas l'attrition, mais bien une "campagne d'anéantissement", soit un objectif plus que seulement défensif, mais la posture, "l'outil" (organisation, troupes, équipement, préparation du terrain) et la tactique sont eux pleinement défensifs.
  23. La proposition du général J'oublie-toujours-son-nom, dans les années 70-80, d'utiliser les forces d'infanterie de l'OTAN dans du Hit and Run de très grande échelle le long des axes de progression de l'armée rouge, avec une dotation plus que massive en missiles antichar, c'en est un. Plus prosaïquement, la posture allemande entre la fin de la bataille de Verdun et les grandes offensives du printemps 1918, c'en est un autre: défense en profondeur = art opérationnel. C'est juste la mise en oeuvre pratique d'un choix stratégique au service des objectifs assignés. Dans ce dernier cas, le but est de minimiser les pertes et tenir en attendant de récupérer une capacité, Ludendorff le croit, de percer le front adverse. Mais ce peut être aussi l'art et la stratégie même de pays en posture défensive, qui n'ont pas d'autre choix: la Finlande fae à l'armée rouge, la Suède, ou encore la Suisse, ont adopté de telles stratégies.
  24. Surtout qu'on doit pas se représenter l'énormité du train d'une armée cavalière: c'est pas "souple, félin et manoeuvrier" dès lors que tu t'éloignes des unités de pointe. Les flèches, c'est maousse à transporter, et vu les quantités qu'ils utilisent, transporter des fagots de flèches à dos de cheval, c'est comme vouloir assurer l'acheminement des bombes des appareils d'attaque par transport aérien :lol:.... Pas rentable. Donc de vastes dépôts parsemant les itinéraires, immobilisant des effectifs pour leur protection et un train de chariots conséquents, lent, lourd, visible et vulnérable. Ca veut dire que le dernier échelon d'approvisionnement est la base opérationnelle à partir de laquelle l'armée parthe fait sa noria pour les appros (ils vident un carquois en combien de temps quand l'armée romaine n'est qu'à une heure ou deux de marche?): ça donne un rayon d'action limité autour de cette base qui n'est mobile qu'après un long moment, et même là, elle ne peut elle-même être bougée que dans un certain rayon de celle qui la précède.... Les axes logistiques commandent. L'emport n'a pas l'air d'avoir été systématique (sinon les résultats auraient été autres), ou alors le nombre n'était pas infini: le métal reste assez cher dans l'Antiquité, et les romains ne peuvent pas en balancer des nuées à la moindre alerte. Un homme en forme peut balancer ces petits trucs à quelle distance en moyenne, sachant que le but doit être de les envoyer groupés pour tapisser le sol? Une vingtaine à une trentaine de mètres? En tout cas bien moins que la portée de flèches, et un peu au-dessus de la portée de pilum. C'est une protection contre la charge, ou alors un dispositif pour piéger des itinéraires et ralentir leur passage (contre-mobilité: un disperseur de mines, quoi :lol:). Sinon, pour revenir un moment au "pike and shot", il semble qu'il y ait eu une période où un certain flottement a eu lieu: quand, entre la 2ème moitié du XVIème et la première partie de la Guerre de Trente Ans, la proportion de piquiers est en moyenne passée à 1/3 des formations opérationnelles (avec amenuisement extrême, voire disparition dans certains cas, des hallebardiers, épéistes....), ceux-ci semblent en même temps avoir perdu leur capacité offensive (en capacité/entraînement ou juste en terme d'emploi?), et de fait, les affrontements voient le choc dinimuer ou devenir le monopole de la cavalerie lourde. C'est face à cette évolution que certaines armées, Suède en tête, ont adopté des tactiques de choc (feu délivré à bout portant et massivement puis recherche du contact, équipement des mousquetaires/arquebusiers en épées et armes plus "puissantes" pour le corps à corps) qui exigeaient cependant une discipline et un entraînement très élevés, ainsi qu'une coordination interarme poussée et/ou une tactique (usage du terrain, choix du moment) adaptée, sans compter un chef décidé et très capable, car la pique en défense, ainsi que des lignes de feu désormais longues, même si de plus en plus fines, n'étaient pas non plus une tactique qui s'était développée sans raisons valables (Gustave Adolphe l'a appris lui-même au prix de sa vie). Pendant la guerre de Trente Ans, le pas a été franchi pour la ligne de bataille: les tercios/régiments ne se déploient plus en carrés massifs, ou même en bataillons (qui est avant tout une formation offensive au début), mais pendant un moment sur la base de compagnies mixtes fusilliers/piquiers, afin d'étendre la ligne de bataille qui essaie d'entretenir un feu continu. Les problèmes de recrutement de la guerre de Trente Ans font que les effectifs de compagnie tombent trop souvent bien en deça de la centaine (50 à 80), ce qui oblige le plus souvent à rendre les bataillons de plus en plus permanents. Mais à quoi pouvait ressembler le corps à corps à cette période? Des piquiers plus si nombreux ne pouvaient plus couvrir toute la ligne (à moins de reconcentrer les fantassins rapidement en carrés contre la cavalerie.... Mais la plupart de ces armées ne sont pas les mieux drillées qui soit), ne peuvent plus former de grandes phalanges d'attaque et ne peuvent faire que de la défensive statque. Et sans baïonnette à douille, la capacité de corps à corps des fusiliers est limitée, prend du temps s'il faut réagir en défense ou manque de punch s'il faut attaquer (pas de feu autre que celui de l'artillerie, vu que les canons des fusils sont bouchés)?
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