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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. :lol: :lol: :lol:.... Première lecture en diagonale de ton post, j'ai cru lire "pauvre en calories" :lol:.... Ca donnait une formulation inhabituelle pour parler d'une logistique mal préparée :lol: (mais non général, l'armée n'est pas mal pourvue; il faut que les hommes fassent attention à leur ligne :lol:). Au final, c'est pas tellement de la cavalerie qu'est venue la solution contre les Parthes: avant Crassus, des victoires avaient été remportées, et après aussi. J'ai longtemps essayé de me représenter comment ça pouvait fonctionner sur le terrain.... En terrain ouvert, s'il faut ne s'arrêter qu'à l'affrontement proprement dit, il est difficile de voir comment Rome peut l'emporter dans la configuration d'une expédition romaine en terre Parthe: si le terrain est vaste et plat, les Parthes peuvent assaisonner de flèches jusqu'à plus soif, pour causer des pertes, casser le moral, et surtout fixer l'armée romaine qui ne peut même pas faire de mouvement de repli sans risquer de prendre très cher puisqu'il faut lâcher la formation défensive pour un ordre de marche qui, même en groupant 4 légions en carré sous couvert de bouclier avec les bagages au centre, expose beaucoup de monde. Si les Parthes voient les légions et auxiliats d'archers suffisamment "attendris", ils passent à la charge cavalerie lourde en tête, sinon, ils attendent et continuent d'assaisonner. De ce point de vue, la martingale est imparable. Et quel que soit l'effectif de cavaliers que les romains amènent, ils n'auront JAMAIS assez d'unités de cavalerie pour peser ne serait-ce que le quart de ce que les Parthes peuvent aligner en la matière: donc soit ils envoient leurs cavaliers au devant, et les Parthes les écrasent sous les flèches (tir en mouvement) et le nombre (choc), soit ils les gardent autour des légions, et ils se font bouffer petit à petit comme le reste. Mais ils ne peuvent réunir la masse critique. Donc comment les Romains ont-ils pu gagner avant et après Crassus contre les Parthes et Perses? Plusieurs cas de figure: - les expéditions parthes/perses contre les territoires de l'Orient Romain, à moins de soulèvements massifs locaux contre Rome (donc des alliés à appuyer pour les Parthes, et des relais logistiques), ont toujours été vouées à l'échec: les villes fortifiées, les lignes de fortifications, l'organisation du terrain (notamment la fortification des points d'eau importants pouvant approvisionner une armée), le relief difficile dès les abords de la Syrie, de la Palestine et de l'Arménie de l'époque (l'infanterie légère reprend l'avantage, les grands axes peuvent être tenus par les légions car encadrés de relief), et surtout l'étirement des lignes logistiques parthes (le revers de leur tactique est la consommation de flèches, mais aussi les forts besoins alimentaires des chevaux, ainsi que le besoin en eau).... Les rend vulnérables. Et les Romains, une fois les Parthes enfoncés en territoire balisé, peuvent trucider leurs axes logistiques - les grandes opérations en territoire parthe impliquent surtout, à côté de l'armée principale, des grands groupements plus mobiles, sortes de vastes colonnes volantes chargées de couper et harceler les points de ravitaillement et relais logistiques des armées parthes qui restetn groupées, avec toujours cette idée de base de tarir leur appro en flèches, ou à tout le moins de le menacer de façon crédible et par tant de forces autonomes que les Parthes ne sont pas libres de leurs mouvements sur leur propre terrain, doivent en plus disperser des forces pour sécuriser leurs arrières, et ne présentent plus le même danger s'il doit y avoir bataille (moins d'effectifs dispos au jour J, et approvisionnements plus comptés). Par ailleurs, l'armée romaine s'est plus équipée non seulement en cavaliers (pour les colonnes volantes) mais aussi en archers (notamment à partir d'Auguste, avec des unités auxiliaires, donc désormais des pros romains, qui adoptent l'arc à double courbure à la façon orientale, pour la portée accrue). S'approcher d'une armée de fantassins romains devient plus cher pour les parthes. Sans compter des usages plus tactiques, comme le fait de simuler un peu l'affaiblissement, voire des débuts de panique, pour inciter les Parthes à charger prématurément. Ceci dit, même dans un tel cas de figure, j'ai toujours du mal à visualiser comment les Romains peuvent obtenir un succès décisif contre les Parthes: la tactique parthe implique quand même d'avoir toujours une patte en avant et une en arrière, et si le morceau est trop maousse, ils retraitent et attendent. Comment les Romains ont pu faire pour obtenir une bataille décisive avec les Parthes risquant toutes leurs forces? En ayant pénétré leur territoire de façon trop profonde (proche de Ctésiphon)?
  2. C'est un peu la rançon de leur succès: les légionnaires peuvent tout faire, de l'infanterie lourde à la légère en passant par les purs tirailleurs, avec une spécialisation vers l'infanterie lourde/médiane combattant au corps à corps. Mais pour "tout" faire, encore faut-il leur attribuer ces missions AVANT un déploiement: si telle cohorte est dévolue à la tâche d'infanterie légère, elle tombera son armure et se répartira en petits groupes de manipules autonomes, voire moins. Pour les regrouper en cohorte et les aligner en triplex acies pour le combat en ligne, ça prend un peu de temps, de la même façon que le Rafale est vachement moins polyvalent EN COURS de mission :lol:. La polyvalence ne donne toujours pas le don d'ubiquité. A noter 3 choses: - les légions post Marius gardent une dotation de hastas dans les bagages (pas dans leur barda, mais dans le train de cohorte), et l'entraînement qui va avec. Donc le combat d'arrêt, voire en phalange, doit toujours être possible pour une partie de l'effectif - le combat à la lance lourde comme savoir-faire dominant a du être jugé contre-productif par les RETEX, au profit de la posture plus agressive de la combinaison javelot-glaive/bouclier et de la manoeuvre avec réserve. Cela correspond (ça je peux moins évaluer) autant à l'histoire tactique particulière de Rome (terrain montagneux en Italie) qu'au développement des carrières longues, donc d'une armée plus formée et expérimentée, avec beaucoup de subdivisions et d'articulations et la discipline qui va avec, contrairement au modèle purement hoplitique qui, à l'origine, était plus assuré par des conscrits en Grèce, et pour la défensive (dans l'orbat macédonien sous Alexandre, c'est juste une part minoritaire à une fonction principale) - tout le modèle militaire romain à partir du Haut Empire tend à nouveau vers l'interarmisation avec, et c'est à noter, le retour en force de la hasta comme arme de base des unités d'infanterie lourde, encore appelées légions bien qu'elles aient désormais la taille d'un bataillon (entre 800 et 1200h), et qu'elles soient toutes systématiquement en revanche couplées avec un auxiliat d'infanterie médiane fonctionnant au javelot-épée/bouclier C'est en fait ce dernier point qui semble devoir être noté: même si les légions se spécialisent dans l'infanterie médiane/lourde, elles restent polyvalentes, mais surtout, il ne faut pas mésestimer la place des auxiliaires qui ont toujours eu un effectif équivalent aux légionnaires, même s'ils étaient écartés des comptes rendus et récits. Plus Rome a eu tendance à faire des Romains (d'abord stricto censu, puis les socii voisins, puis tous les Italiens, puis, à partir de la fin du Haut Empire, tout le monde) des légionnaires, plus elle a outsourcé l'auxiliat. A la fin de la République, c'est via le recours aux alliés et mercenaires (un vrai modèle US: les supplétifs de l'OTAN ou du privé :lol:). Et si la cavalerie légionnaire disparaît (à part les 2x120 exploratores -éclaireurs), il faut quand même noter que Rome garde des turmae de cavalerie promprement romaine: un effectif pas gigantesque, mais la qualité est quand même là. Les auxiliares n'ont pas le focus qu'ils devraient, car une armée romaine déployée, c'est un auxiliaire (cavaier, frondeur, archer, voire en plus fantassins légers) pour 1 légionnaire. Donc l'interarmée, ils pratiquent, même si la nature et la qualité de la collaboration est souvent mal connue, à part pour la guerre des Gaules, où les archers crétois, les frondeurs baléares et les cavaleries gauloises et ubiennes (germano-celtes) sont notées pour leur grande qualité, surtout la particularité des Ubiens qui est d'être à la fois une cavalerie et une infanterie légère montée (1 cavalier et 1 fantassin léger pour un cheval, qui opèrent ensemble, ou en spécialités séparées), une combinaison déjà observée ailleurs (notamment chez les Ibères). Mais surtout, à partir d'Auguste, les auxiliaires deviennent des unités organiques de l'armée romaine qui redevient de ce fait interarmée: chaque légion est doublée par un équivalent numérique d'unités d'archers/frondeurs/javelinistes, fantassins légers et cavalerie, pour une garnison commune. L'armée des frontières fait donc de chaque légion une armée complète en soi. La seule différence est que les légions sont faites de citoyens, les auxiliats des non citoyens de l'Empire. Mais ces unités, désormais drillées à la romaine, gagnent tellement de prestige qu'elles sont ouvertes aux citoyens, et qu'au final, l'Edit de Caracalla abolit toute distinction. habitude avait de toute façon été prise entretemps de composer des armées précisément plus interarmes en ne déployant plus les légions en grands mais en composant des task forces sur base de cohortes spécialisées ou mixtes qui seront la base de la grande réorganisation à partir de Dioclétien. Yep, mais la faute va t-elle plus au "modèle militaire" ou au commandement, dans des cas comme Carrhes? D'autres expéditions avec des armées de même composition ont au contraire enfoncé les armées cavalières des Parthes/Perses.
  3. Attention avec les légionnaires, surtout dans la période qui va de la 2ème Guerre Punique à la fin de la République: l'armée romaine est à son moment d'évolution la plus rapide et la plus importante. Donc difficile de parler du "modèle" légionnaire à ce moment. La grande dominante est alors le mouvement lent vers des contrats de service très longs (autour de 16 ans) et des engagements professionnels qui ne disent pas leur nom, aux dépends de la conscription traditionnelle qui est plafonnée à 6 ans par une action politique du tribunat de la plèbe (les consuls abusaient des prolongements de contrats pour les conquêtes lointaines). Donc de facto, c'est aussi le moment où l'armée romaine devient très majoritairement professionnelle (de facto: il faut attendre Marius pour l'entériner légalement et le généraliser), mais en bénéficiant du vivier de recrutement d'une population encore soumise au principe de conscription (donc entraînements, mais surtout solidarité) et hautement patriote (ce qui permet une forte sélection). De même, l'Etat et les sénateurs levant des légions paient l'essentiel de l'équipement désormais (donc progrès techniques plus rapides, homogénéisation). Dans cette période, la spécialisation s'est beaucoup amenuisée grâce à ces changements: le légionnaire n'est pas encore le soldat entièrement polyvalent de l'époque post-Marius, mais il tend pas mal à le devenir. Il n'y a plus que 4 grands types de combattants dans la légion (autour de 4500 combattants à cette époque): - les vélites: fantassins légers javelinistes, nettement plus entraînés qu'il est souvent dit, surtout à ce moment où, comme les autres, ils tendent à être en majorité des contrats longs et non plus la conscription des classes défavorisées n'ayant pas les moyens de se payer un équipement. Il y en a autour de 1000-1200 dans une légion - les triarii: ancienne distinction de la classe d'âge la plus âgée, eux aussi de plus en plus faits de professionnels/contrats longs. Il s'agit de la seule infanterie proprement lourde de la légion, qui utilise la hasta (lance longue de 4 à 4,5m). Ils ne sont plus que 600 dans chaque légion à ce stade, tenus en réserve le plus souvent comme force d'arrêt contre une cavalerie dangereuse, ou éventuellement une phalange macédonienne (mais ils ont peu de chances contre elle, vu leurs effectifs et plus encore l'entraînement grec en la matière, et la longueur de la sarissa). Cependant, vu la professionalisation rampante, il est probable que dès avant Marius, ils étaient employés de plus en plus fréquemment comme les autres légionnaires - la cavalerie légionnaire: 300h, qui servent surtout à la reconnaissance, aux escarmouches et à un appoint aux cavaleries auxiliaires pour la charge - l'infanterie légionnaire proprement dite: 2400h constituant l'unification des anciens groupes de hastati et principes. Difficile de parler d'infanterie lourde, même s'ils sont assez bien protégés. Leur mode de combat (pilum, et le tandem gladius-bouclier/scutum) les rangerait plutôt de facto comme infanterie "médiane", par comparaison aux Macédoniens. En organisation, la cohorte n'est pas encore une institution, mais semble attestée comme formaion temporaire au sein d'une légion depuis la 2ème Guerre Punique, soit le moment où l'armée romaine est forcée d'adopter un schéma de guerre mobile et de combat plus articulé, contrairement aux affrontements en ligne à dominante défensive ou d'avancée générale de la ligne qui prédominaient avant. Plutôt qu'un changement brutal et total sous Marius, il faut voir quelques changements, mais surtout la généralisation d'évolutions déjà constatées dans les armées expéditionnaires. A ce moment là (1007 av JC), l'armée romaine adopte le modèle du légionnaire unique pour une légion de 5300 combattants environs, répartis en 10 cohortes dont une double. Mais il ne faut pas voir le légionnaire comme uniquement spécialisé dans sa tâche pendant cette période: la proportion de plus en plus importante de contrats longs/professionnels de fait, fait que la formation est plus longue, meilleure, et l'expérience moyenne infiniment plus grande. Comme l'attestera le modèle de Marius, le légionnaire est multi-tâche: même si son emploi principal est celui d'infanterie lourde/médiane et le combat rapproché en ligne, il est apte à tout, la légion pouvant décider d'affecter des effectifs aux devoirs d'infanterie légère (ça coûte pas plus que de laisser tomber la lorica et de se réorganiser en plus petits groupes, les légionnaires étant suffisamment expérimentés pour pouvoir fonctionner de façon plus autonomes). Comme l'armée d'Alexandre en son temps avait converti quasiment sans délai des phalangistes en fantassins légers pour aller faire l'infanterie légère dans les montagnes de l'Hindu Kush (Afghanistan), les légions évoluent vers ce modèle grâce au simple fait de la professionalisation graduelle qui donne des soldats expérimentés et très bien formés, suppléés par une organisation qui s'affine sans cesse. Donc le trip est qu'il faut savoir de quelle période on parle.
  4. Disons que ce fameux "passage de flambeau" de la phalange macédonienne à la légion romaine, j'y crois moyen: c'est du même acabit que ce truc de la cavalerie qui aurait pris la suprématie à l'infanterie. Le problème de l'armée macédonienne à cette époque n'est ni le manque de professionalisme ni l'expérience: le premier problème, comme souvent, est celui du commandement, mais plus encore le lien commandement-armée, en ce sens que l'efficacité du modèle macédonien a été d'être profondément interarme, donc outre un dispositif vaste et varié, d'avoir un chef qui sait s'en servir comme il est, en plus d'avoir les qualités "de base" d'un bon chef, ce que la dynastie macédonienne de cette époque n'a pas réellement fourni (sans qu'ils soient réellement mauvais non plus). L'armée macédonienne de ce moment repose quasiment uniquement sur la phalange lourde et la cavalerie lourde, comme une caricature de l'armée d'Alexandre: leur orbat face aux romains est assez atterrant à cet égard, avec plus de 40% des troupes faites de phalangites lourds là où Alexandre n'a jamais dépassé les 20-25%. A Gaugamèles, sur une armée macédonienne de 50 000h, il n'y a "que" 9000 phalangistes en 6 formations, qui forment la ligne de bataille, l'enclume faite pour fixer l'adversaire et, éventuellement, avancer sans pouvoir être arrêté. Mais la décision se fait avec la cavalerie lourde et légère, ainsi qu'avec une forte proportion de fantassins médians et légers très mobiles et très entraînés. Les médians (l'élite sont les peltastes) sont encore là face aux Romains, mais en proportion nettement plus faible, et surtout, les rois macédoniens ne cherchent à faire la décision qu'avec la phalange et leur cavalerie lourde. Problème, la phalange est un outil spécialisé, qui n'a donc de chances que dans un cadre de circonstances données; pour les autres circonstances, normalement, il y a d'autres unités en nombre suffisant pour porter l'effort principal, avec les phalangistes au second plan. L'armée macédonienne sous Alexandre est un couteau suisse complet et équilibré.... Ce qu'elle n'est plus face aux Romains, n'ayant que 2 pôles très développés. Les autres sont très compétents, mais trop peu. C'est en fait une armée trop spécialisée contre une armée polyvalente: qui l'emporte? Personne dans l'absolu. Seulement les chefs qui savent s'en servir. Mais sous Alexandre, l'outil est réellement polyvalent au global, là où l'armée romaine est polyvalente dans chaque unité. Mais il ne faut pas non plus oublier que l'armée romaine, surtout à cette époque, n'est pas celle des légionnaires post Marius, et encore moins celle du Haut Empire. Sa forme est encore pleine de lourdeurs, et surtout, la moitié des effectifs n'est pas faite de légionnaires: les récits romains n'en parlent pas et ne glorifient que les légionnaires, mais la cavalerie, les archers et frondeurs et les vélites (javelinistes) sont aussi nombreux dans l'orbat et ont leur part dans la victoire. L'armée romaine n'est pas si polyvalente que ça et en a besoin, même si elle n'attribue, et l'historiographie ultérieure avec elle, la victoire qu'aux légionnaires. Disons que les hasards du champ de bataille impliquent un peu trop souvent de dire quels soldats étaient meilleurs après coup :P :-[.
  5. Ben ça a marché comme pour les Suédois, quoi que ceux-ci ont porté ce principe à un tout autre niveau: - les mousquetaires sont extrêmement entraînés et viennent d'un très bon vivier de recrutement (là c'est comme les Ecossais): une vraie conscription contrairement aux armées pros continentales qui recrutent essentiellement dans le rebut de la société. Motivation, santé, solidité, solidarité.... Tout ça est nettement plus solide, avec en plus un entraînement poussé et long - ils ont une puissance de feu supérieure (et plus professionnelle) renforcée par l'usage suédois d'utiliser des canons léger d'infanterie dans les compagnies de combat, comme "armes collectives": comme ils lâchent une décharge unique à courte portée, avec fusils ET canons, ça doit créer quelques brèches et ébranler l'adversaire un tantinet - ils utilisent une tactique interarme complètement intégrée et bien rôdée: la cavalerie appuie l'infanterie au coeur même du dispositif, des escadrons étant intercalés avec les bataillons, voire entre les compagnies, et ils chargent au botte à botte, façon bien dense - ils ont des épées aussi, pour suppléer les baïonnettes (avant l'arrivée des baïonnettes à douille) au corps à corps, ou au moins de grands coutelas La tactique suédoise sous Gustave Adolphe est extrêmement brutale et violente, et constitue une option constatant la relative faiblesse des cadences de tir pendant la guerre de trente ans, en décidant d'exploiter cette faiblesse en maximisant le choc, avec le feu pour lui créer un passage, et une combinaison interarme entièrement dédiée à cet objectif. Mais le niveau de professionalisme requis est gigantesque. Mais vu que les choses évoluent vite, pour l'affrontement hypothétique, faut vraiment spécifier la période. perso, face à des claymore-guys, je continue à miser sur le trio pique-hallebarde-feu (à l'époque où la pique est utilisée de façon offensive): la pique est vraiment très longue :lol:.
  6. It's a date :lol:! J'arrive pas à voir comment tes kils-mens rouquins arriveraient à passer un rideau de piques: si c'est au XVIème siècle, y'aura en moyenne 2/3 de piques et hallebardes (les hallebardiers "pesant" 1/4 de l'effectif de piquiers et agissant en petits groupements compacts se lâchant ponctuellement à la moindre occasion) pour 1/3 de tireurs. Les rouquins se prendraient quelques décharges d'arquebuses qui réfrèneraient quelques ardeurs, et une fois arrivés au contact, se trouveraient bloqués à 3m de la ligne adverse, les arquebusiers s'étant retranchés au fond du carré, juste derrière les hallebardiers qui, eux, guettent leur moment en se léchant les babines :lol:. Pour la note: les guerres anglo-écossaises du XVIème siècle ont vu les Ecossais utiliser principalement des piques aussi, pas des claymores :lol:. Et les armées anglaises en face étaient souvent.... Pas formidables: l'Angleterre est largement passée à côté de la révolution militaire du XVIème siècle et n'a employé, quand elle avait des formations de piquiers ou "pike and shot" un peu fonctionnelles, que des mercenaires.... Et les défaites sont souvent plus tactiques que celles du système d'arme. Le vrai point de cette "révolution militaire" est qu'elle a moins prouvé la pertinence de ces armes (quoique ce ne soit pas non plus sans fondements) que la force de troupes entraînées, soudées et disciplinées, qu'il s'agisse de conscrits ou de professionnels. Surtout que l'usage de la pique a prouvé son utilité bien plus en attaque qu'en défensive statique (qui ne marche que pour briser une charge de cavalerie); et en attaque, le niveau de discipline exigé est bien plus grand pour garder la cohésion et l'efficacité, et plus encore quand il faut coordonner plusieurs "packs" de piquiers, soit pour les garder en une phalange massive, soit pour opérer comme les milices suisses, en articulant leurs carrés d'une centaine d'homme en plusieurs paquets comportant 1 ou plusieurs carrés dont chacun est juste un écran offensif et défensif massif abritant un petit commando de hallebardiers. Mais en lui-même, ce carré, quand il est discipliné, est terriblement meurtrier et très mobile comme les Autrichiens et Bourguignons l'ont appris à leurs dépends. Les seuls qui les aient contré victorieusement (les milices cantonales, pas les mercenaires qui, eux, seront nettement plus limités) furent les Italiens du Duché de Milan qui firent démonter leurs hommes d'armes pour les grouper en carrés avec leurs lances, renforcés de contingents de milice municipale. A cette époque, les Ecossais ont essayé d'adopter la longue pique continentale avec des résultats très limités, avant de revenir à leur lance plus courte, mais utilisée dans la formation traditionnelle du Schiltron, sorte de phalange organisant un mur de bouclier mobile, et à laquelle ils étaient entraînés depuis des siècles (les premiers usages remontant à l'époque de l'indépendance écossaise sous William Wallace et Robert le Bruce. Ils n'étaient donc pas novices, loin de là, en matière de combat d'infanterie de piquiers organisés/groupés/disciplinés, même si le panel tactique de ces formations était limité. En face, les Anglais n'avaient pas d'infanterie propre: des milices de raiders de frontières du nord de l'Angleterre et des lowlands et des milices citadines étaient tout ce qu'ils avaient pour accompagner chevalerie et archerie, avec l'appoint occasionnel de mercenaires. Ils n'ont réellement eu de succès qu'au début du XVIème siècle, avec une infanterie de hallebardiers lors d'une expédition (1513) qui avait eu le temps de se préparer, mais aussi face à une infanterie écossaise qui venait d'adopter la longue pique continentale et la maîtrisait mal, sans compter d'autres facteurs (terrain trop accidenté impropre à l'usage de vastes phalanges, tactique, perte des officiers écossais dès le début de l'affrontement, et surtout combinaison longbow-artillerie). Après ce moment, les Anglais n'auront plus vraiment d'infanterie compétente avant le milieu du XVIIème siècle. Mais du coup, pour le match kilts-culottes bouffantes, à expérience/formation/discipline équivalentes, c'est un no contest: bien avant de voir qui manie le mieux l'arme d'hast ou si la claymore a une chance contre la hallebarde, c'est surtout à qui a la plus longue.... Pique évidemment. Avec l'inconnue de savoir comment peut marcher l'arme psychologique du kilt :-X . Le truc de la claymore, c'est que c'est une invention du XVIIème siècle, par allègement de l'épée médiévale traditionnelle pour un meilleur combat rapproché. Jusqu'alors, les Ecossais utilisaient des piques plus courtes qu'ailleurs dans des schiltrons qui, comme sur le continent, abritaient une élite réduite de porteurs de haches, de hallebardes et d'épées lourdes. Les quelques succès notés aux XVIIème-XVIIIème siècles avec la combo claymore-bouclier doivent être tempérés par 3 faits: - la charge n'avait de pertinence que si elle était courte, donc impliquait l'usage du terrain pour masquer l'avance ou en tout cas la protéger des tirs - qu'il n'y ait en face que des milices peu entraînées et surtout peu motivées (les highlanders avec claymore n'étaient pas le tout venant, mais une élite): même sans le tir, une troupe solide peut largement se défendre avec des baïonnettes. A noter aussi que quand la baïonnette à douille est apparue, rendant le tir compatible avec l'usage de la baïonnette sans le moindre temps de transition (mettre sa baïonnette après avoir tiré, quand l'adversaire charge, doit être un tantinet flippant), cette petite fenêtre de temps où une charge faite juste à l'arme blanche avait une chance, a disparu. - les highlanders en charge à la claymore opéraient aussi AVEC des armes à feu: les épéistes en avaient, et des mousquetaires les accompagnaient, et le tout était de décharger les armes le plus près possible (d'où le besoin d'approcher à couvert et/ou vite), de se jeter à terre (planqués par la fumée) quand l'adversaire décharge son feu déjà désordonné par le tir massif et unique des Ecossais, puis de se relever en lâchant les armes (et en laissant les mousquetaires derrière) pour aller au contact. Ce dernier fait rapproche en fait nettement plus cette tactique écossaise du XVIIème siècle des évolutions constatées sur le continent, et surtout employés par les Suédois dont l'avancée rapide, le tir massif et unique et la charge au contact fut la marque de fabrique pendant la Guerre de Trente Ans, du moins tant que gustave Adolphe était aux commandes. Il faut noter que le faible avantage de cette tactique est souvent plus du à un adversaire peu solide qu'à un avantage quelconque du soi-disant aspect de "sauvagerie primitive" de l'Ecossais. il s'agit en fait bien d'une tactique élaborée par une troupe qui doit être solide et entraînée et qui utilise le feu et le mouvement au service du choc. Il faut noter que les rodoleros, épéistes d'assaut avec boucliers (même rôle que les hallebardiers) et capables de former un "mur de boucliers" serré si besoin est, ont été dégagés de l'infanterie espagnole précisément pour de trop grandes vulnérabilités dans la guerre moderne. Et d'autre part, dès les années 1510, les unités de piquiers et hallebardiers à la Suisse, avec très peu d'unités de tir, ont été mises en difficulté par les premières unités pike and shot qui avaient remplacé leurs arbalêtriers par des arquebusiers, et ce malgré les faibles cadences de tir. Donc en fait si cet affrontement devait avoir lieu, ce serait dans la seconde moitié du XVIIème siècle (avant, la tactique et la claymore n'existent pas, après, la pique disparaît des orbats), soit à une période où les piquiers: - ne sont plus une formation d'attaque, mais un sous-groupement de régiments de fusiliers destiné à les protéger contre la cavalerie - ne pèsent plus très lourd dans un bataillon d'infanterie (entre 1/4 et 1/3 de l'effectif maxi) - n'incluent plus, au mieux, qu'un effectif microbien de hallebardiers (toujours utiles pour charger et pour "hameçonner" ou écharper des cavaliers), quand ils en incluent encore
  7. Quand tu examines les chiffres réels (actes antisémites rapportés au nombre d'habitants, pourcentage de l'opinion exprimant lors de sondages un trait ou plus liés habituellement à l'antisémitisme....), et pas la propagande, tu te rends compte que le niveau d'antisémitisme est, en France, sans doute le moins élevé qui soit, du moins parmi les pays qui ont des populations juives un peu significatives.... Israël compris :lol:! Ils parlent de superficialité des médias, mais ont une opinion et une lecture des "minorités musulmanes" en grande partie basée sur la façon dont ils ont vu les émeutes de 2005 (et dans le genre superficiel et "sloppy", la couverture US des événements a réussi l'exploit d'être infiniement pire que la française :P :lol:), et sur l'influence des partisans de la thèse "Eurabia" dont le lobbying est vraiment très prégnant, à tous les degrés. Ils s'en sont rendu compte depuis longtemps: Franz Olivier Giesbert (à moitié ricain et fana-Sarko) a entièrement converti Le Point à cette politique :lol:.
  8. Je sais, mais je lis ça partout :lol:.... Y'a pourtant qu'à constater que les caractères invoqués (organisation et structuration d'une troupe, discipline, exigence du courage pour cet acte non naturel de ne pas faire du "hit and run" et d'aller au contact, voire d'y rester passivement comme partie du pack, recherche de l'affrontement décisif à fins d'anéantissement et/ou d'obtenir une victoire franche et nette....) sont apparus ailleurs, avant et après, qu'il y ait eu contact ou non. Les Chinois n'ont pas eu besoin des Grecs pour ça non plus. C'est plutôt un trait des cultures sédentaires/en voie de sédentarisation, quand une société se structure, se pense en plus grand, mais surtout réfléchit en tant qu'entité territoriale ayant déjà un certain stade de finition ou le recherchant; même les Turco-Mongols n'échappent pas à cette règle: Attila en son temps et surtout Gengis Khan ont fait changer leur peuple. Gengis Khan a unifié de façon permanente (et réorganisé le schéma habituel de répartition tribale en interne) les tribus qui se faisaient la guerre (de façon assez limitée) ou coopéraient depuis toujours, selon leurs intérêts. Mais dans leurs raids guerriers, il n'y avait comme but que le butin. Avec lui, ils sont passés à la conquête, aquérant une mentalité militaire plus que guerrière, recherchant le contact (et adaptant petit à petit une part plus conséquente de leur cavalerie à cet effet, comme les Perses bien avant) et la décision. Au final, les vikings "grande époque" n'ont rien été d'autre, aussi que des raiders/pirates opérant comme des nomades avec pour but la rapine (les sagas de la période viking sont juste en grande partie des bobards transformant des raids de nuit sur des monastères en épopées) sur les cibles les plus faciles possibles. Avec le temps, les raids changent d'échelle et deviennent quasi uniquement des entreprises lancées et financées par les seigneurs régionaux du monde scandinave, les jarls, qui s'en servent pour acquérir moyens, effectifs et prestige, accroissant par là même la taille de la classe de guerriers permanents jusqu'ici limitée à des petites gardes. Leur seul but est de s'affronter entre eux avec ces moyens, pour unifier de plus vastes domaines. Mais qui dit plus grands raids dit plus grands objectifs, donc objectifs mieux défendus que quelques monastères et bourgades pelés, avec leurs contents de miliciens et employés domaniaux peu dangereux. Si le mode opératoire du raid demeure, les vikings doivent se défaire de la culture du face à face individuel et de rapine au profit d'une organisation plus structurée, parce que leur historique face à des forces militaires occidentales n'est pas vraiment glorieux. Mais ils apprennent du moins assez pour pouvoir, dans certaines conditions, emporter la décision, ou en tout cas menacer suffisamment pour négocier leur départ, ou leur aide, vers la fin de la période. La puissance et le changement que cette période leur apporte permettra de porter leurs affrontements internes au paroxysme d'où naîtront les premiers royaumes nordiques (Danemark en tête). Et les Grecs de l'époque mycénienne ne sont en rien différents des vikings, avec les Atrides comme proto-unificateurs et le récit de la guerre de Troie pour épithomiser ce mouvement. De même pour Shaka qui rompt le schéma traditionnel et le mode de vie agro pastoral semi-nomade des tribus zouloues, en changeant leur monde vaguement fédéré en petits "royaumes", en une entité unique? Ne s'agit-il pas plutôt au final du passage de mentalités guerrières (sédentaires, semi-sédentaires ou nomades) axées sur l'héroïsme individuel, le raid lucratif et le hit and run, à la mentalité militaire proprement dite, qui est une mentalité collective avant tout, correspondant à une société plus structurée ou existe, au même titre que l'individualisme (voire l'écrasant) un esprit collectif/"citoyen" qui implique quelque chose de plus à défendre que son intérêt personnel, donc peut exiger de crever et de tuer pour de l'abstrait? Au fait, les kilts contre les culottes bouffantes :lol:?
  9. Le trip avec les combats d'hoplites, c'est qu'il y a 2 périodes: avant et après les guerres du Péloponèse. Avant, ce sont des affrontements ritualisés entre les hoplites de 2 cités. Le combat est "pour de vrai", mais seuls les hoplites y sont admis, comme une façon pour "l'aristocratie" citoyenne de pratiquer une guerre limitée entre Cités grecques (mais pas contre un étranger venant envahir l'espace culturel grec). Donc du coup, pas de flanquement, pas de manoeuvre, pas d'interarme, juste des affrontements face à face en un lieu convenu pour en finir une bonne fois pour toute avec une querelle de voisinage sans faire durer la chose en un conflit qui serait dommageable économiquement et démographiquement aux 2 parties. Ceux qui sont des hommes libres ET qui ont l'argent pour se payer l'équipement (donc qui ont un bien conséquent à défendre: terre, commerce....) ont le devoir et le privilège de prendre sur eux l'entièreté du différend, et du risque qui va avec. La victoire dans ce rituel reflétait donc autant la valeur des hommes que la cohésion du groupe, du collectif, qui comptait plus dans la mentalité grecque attachée à la notion de citoyenneté (le narrateur dans 300 a en fait été ostracisé pour avoir survécu, et, tentant de se réhabiliter à Platées en chargeant seul, a été à la fois félicité comme héros, mais ré-ostracisé pour n'être pas resté dans la ligne, qui compte bien plus que la valeur individuelle car elle est la force militaire ET l'esprit de la Cité). De là s'est développée la culture guerrière de l'affrontement face à face au corps à corps pour une masse disciplinée et entraînée, propre de la culture occidentale, selon nombre d'historiens, la particularité étant, à partir d'un certain effectif, l'organisation en sous-unités qui seront la base de l'évolution vers le combat articulé d'une infanterie pro de ligne (ou lourde) dont les forces et faiblesses détermineront ultérieurement les besoins en d'autres types d'unités. Pour une petite cité, l'organisation n'allait pas au-delà de la répartition en files de 8 à 15h environs), l'unité essentielle (dekania, ou stichos). Mais de plus larges effectifs imposaient de nouveaux échelons d'organisation pour contrôler ces groupements: en général, 3 à 4 files font 1 enomotiai (autour d'une quarantaine d'hommes), 3 à 4 enomotiai forment une pentekosties (autour de 120-150h), et 3-4 pentekostyes forment un lochos (400 à 600h, mais dans les petites cités, le lochos peut faire nettement moins car c'est aussi une appellation d'armée), le bataillon grec. Plusieurs lochos peuvent être groupés dans une taxis (mora à Sparte) pouvant aligner 1000 à 1500h. Seules quelques cités peuvent disposer de plusieurs taxis. Mais quand les Macédoniens créent leur armée professionnelle, à une toute autre échelle, cette organisation, inspirée particulièrement de l'armée thébaine d'Epaminondas, est reproduite comme base d'un système homogène où la taxis de 1500h devient l'articulation de base de l'infanterie lourde (l'armée d'Alexandre n'en alignera jamais plus de 6 dans l'ordre de bataille très interarme où elles ne servent qu'à fixer l'adversaire). Les guerres du péloponèse, c'est le moment où ces "règles" de civilité entre Grecs disparaissent au profit d'une guerre totale, où d'ailleurs les affrontements hoplitiques seront quasiment inexistants. Après ça, comme le légionnaire et le chevalier en leurs temps, le hoplite cesse d'être l'épitome de la guerre dans cet univers culturel pour juste devenir une partie d'un dispositif interarme (le fantassin lourd/de ligne), même s'il a encore une forte place. Pour le coup de la poussée, c'est Epaminondas à Leuctres qui inaugure vraiment l'usage tactique à l'inverse de l'affrontement "d'égaux à égaux" qui prévalait avant: en doublant son aile gauche (la place d'honneur est à droite) où est placée en avant l'élite de son infanterie, le bataillon sacré, il entend ainsi faire face à l'élite spartiate et avoir assez de poussée pour l'enfoncer rapidement (les spartiates sont meilleures en moyenne, et plus nombreux). Jusqu'ici, les élites étaient placées à droite, donc pas face à face (tradition culturelle répétée ensuite mécaniquement, par hanitude, même après disparition des affrontements ritualisés), ce qui accentuait le mouvement d'horlogerie naturel aux formations hoplitiques qui s'affrontent, étant donné la solidarité des rangs, d'une part, et le fait que la lance se porte à droite, ce qui exerce une poussée nécessairement plus axée dans un sens (celui dit "du bouclier"). Perso, je parie sur l'unité qui a des piques et hallebardes: la plus longue l'emporte, à moins que ce soit manié par des glandus peu entraînés (le vrai propre du développement de ces unités, c'est moins le système d'arme en lui-même que le professionalisme/l'entraînement qui permet le maintien de la cohésion et de la discipline quoiqu'il arrive). Et pour taper, hallebarde = trucide le rouquin en kilt :lol:. Tu prends le pari :lol:? A celui qui décrit le mieux les kilts-claymore-hallebardes contre les culottes bouffantes-piques-hallebardes-arquebuses :lol:. Surtout qu'ils se rangent pas en ligne, ou pour être précis, ils se déploient en "lignes" (comprendre à grande échelle) de carrés denses et formés avec un certain nombre de rangs de piquiers autour, les hallebardiers à l'intérieur et les tireurs (arbalètes, puis armes à feu) à l'extérieur du carré ou à l'intérieur quand il faut se planquer. L'organisation graduelle des sous-groupements de tireurs pour optimiser le tir est à la base du développement de l'infanterie de tir, notamment le tir par rang qui s'est imposé dans les "bandas" de tireurs groupées en carrés aux coins des carrés de piquiers: leur aspect de carré correspond surtout au nombre de rangs nécessaires pour assurer le tir continu par roulement. Graduellement l'augmentation des cadences a fait qu'un nombre moindre de rangs était nécessaire pour le tir continu (pour se stabiliser à 4, puis 3 rangs au XVIIème siècle). Surtout que les groupes de mousquetaires/arquebusiers s'arrangent assez tôt pour entretenir un feu relativement continu (peu nourri, mais continu). Et suivant l'époque, leur poids dans l'unité "pike and shot" varie: plus leur proportion augmente, plus ça veut dire que l'accent est porté sur l'entretien d'un feu continu, ou brutal et dévastateur. Et pour le reste, la capacité d'arrêt de la pique est sans équivalent :lol:: ces bouzins font au minimum 4 à 5m, et vont jusqu'à 6m! Et quand il faut faire un mur, les 4 premiers rangs d'une formation l'utilisent, pas seulement le premier. Un ch'tit coup en avant, une petite poussée (2-3 secondes maxi) et hop! Un trou dans le gars d'en face qui n'a pas de pique et qui n'a pas pu s'approcher à moins de 3-4m :O! Le premier rang, voire le 2ème aussi, maintiennent à distance ET frappent amplitude de mouvement nécessaire faible), tandis que les 2ème, 3ème et 4ème gardent à distance dans les intervalles de lances du 1er rang (voire du 2ème). Si c'est face à de la cavalerie, ils font un porc épic avec le 1er rang à genoux, pique plantée au sol, le 2ème debout, pique plantée au sol, les 3 et 4ème pointant avec un angle encore plus accentué ou jouant à leur tour du coup de pique. Face à de l'infanterie ou de la cavalerie, dès que le mouvement advere est bloqué, ils cherchent à ouvrir une brêche (arbalêtriers/arquebusiers planqués derrière, ou "coups de sonde à un endroit qui faiblit avec une pique) afin que s'élancent les hallebardiers groupés en petis commandos compacts pour la poussée, mais qui se font vite de la place vu leur engin plutôt dévastateur :lol:. Il y eut des épéistes, chez les Suisses, les lansquenets et les Espagnols (peu en France, dont l'infanterie de piquiers naissant réellement dans la décennie 1480, profita des "RETEX" suisses), mais elle fut assez vite abandonnée (les rondeleros espagnols disparaissent des pré-tercios dès les années 1510-1530): la hallebarde se maintint plus longtemps vu son efficacité extrême au corps à corps, et ne disparut vraiment définitivement qu'avec la domination numérique définitive des unités de tir dans les régiments (fin XVIème-début XVIIème) et surtout l'apparition de la baïonnette. Les lansquenets eurent la particularité de développer les immenses épées à 2 mains très lourde comme équivalent de la hallebarde, mais au final, malgré le prestige de cette arme, elle n'a jamais réellement fait florès et son efficacité est nettement plus contestable que celle de la hallebarde. Comme au Japon avec la popularité du naginata (arme de pégu et de femme à la base), au final, les armes d'hast, y'a que ça de vrai :lol:. Mais déjà, dès les Suisses, la pique était utilisée dès le départ comme une arme d'attaque (en ligne organisée), pas que pour contrer la cavalerie. Cependant, l'usage indifférencié de l'épée demeure à titre anecdotique, mais pas vraiment comme arme "du manuel": au même titre que les biscayennes, coutelas, miséricordes.... Elle est utilisée par les enfants de troupe et petits gabarits qui se combattent sur les bords d'une formation de piquier, mais surtout SOUS les 2 rangées de lances qui se font face, à genoux/accroupis, ils se trucident pour protéger les gambettes des piquiers ou aller couper celles d'en face et aider à créer la brèche (se voit dans le film Capitan Alatriste). Glauquissime! Le "push of pike"? Très rare et uniquement observé pendant les guerres d'Italie (un peu pendant les guerres de religion en Allemagne), et uniquement entre des Suisses et des Lansquenets qui pouvaient pas se blairer. C'est même à l'époque considéré comme un gâchis stupide, mais assez peu évitable en certaines occurrence vu la haine des 2 groupes, et surtout la spécialisation extrême des unités mercenaires suisses (et des lansquenets qui les ont copié) dans la poussée en avant pure et conne. A opposer radicalement avec le panel tactique très varié des milices cantonales pendant les Guerres contre les Autrichiens et Bourguignons.
  10. :lol: :lol:Tu viens d'insulter pas loin de 20% de la population mondiale d'un coup :lol:! Nice shot!
  11. Il n'en reste pas moins que l'idéologie du "Grand Israël" a une réalité plus ou moins puissante dans une bonne partie de la population.
  12. Personne se demande comment se poutraient concrètement les unités de telle ou telle époque :-[ :'(? Ou tout le monde le sait (auquel cas faut poster ;))? Le point est vraiment de se demander comment marchait/se déployait une armée, et ses unités, en campagne, et comment elle se déployait pour la bataille: imaginez une armée napoléonienne, ou seulement un de ses corps d'armée.... 25 000h (uniquement les combattants) en moyenne, plus le train, les files de chariots innombrables (l'artillerie, ça bouffe beaucoup de place), les quantités de chevaux de combat, de remonte et de bât (un vaval, ça bouffe l'espace de 4h au moins).... Etirés sur des routes étroites en des files de plusieurs kilomètres. S'il faut se battre sans trop de préavis, comment faire? Comment se décide l'endroit où ça va se passer? Comment déployer ces milliers de fantassins qu'il faut garder en paquets "utiles" et disciplinés tout en allant vite pour ne pas se faire prendre en cours de conversion? Comment des unités napoléoniennes se fritent? Tout cela impacte grandement les calculs opératifs/stratégiques des chefs, aussi bien que leurs calculs tactiques pour le déroulement d'une bataille, décider s'il faut la livrer ou non ou se replier pour attendre une meilleure occase.... Pareil pour les unités "pike and shot" des XVIème-XVIIème siècles: complexe d'articuler des infanteries mixtes mêlant piques, hallebardes, arquebuses/mousquets/arbalètes, épées parfois, voire des canons d'infanterie dans certains cas, avec le souci en plus d'articuler et de coordonner leur action avec celle de la cavalerie qui est de moins en moins la chevalerie, pour profiter des synergies tactiques, et évidemment avec l'artillerie dont le rôle va croissant, même si quelques chefs ont avantageusement réussi à s'en passer le plus possible (Gustave Adolphe, Turenne)? Des unités de piquiers se ruent-elles l'une sur l'autre? y vont-elles prudemment? Vu que les piques ont la même longueur généralement, comment ça se passe quand tout les armes se croisent :O? Pareil pour la rencontre de 2 infanteries hoplitiques: le ridicule de celles-là étant une propension, une fois encastrées l'une dans l'autre, à tourner dans le sens inverse des aiguilles d'une montre :lol:. Je précise que ça n'est qu'en partie du teasing: même si j'ai commencé à avoir une vision plus concrète de ces choses, j'ai encore beaucoup de blancs dans chaque époque.
  13. Rien d'original dans la com.... Mais il faut quand même se demander comment celui chargé de ce genre de déclarations -il y en a toujours un- arrive à garder son sérieux en la faisant, et les journaleux qui écoutent aussi :lol:.
  14. Faut pas avoir une vision monolithique de la Chine: elle a alterné sans cesse les périodes d'Etat(s) structuré(s) et d'éclatement, d'organisation sociale "équilibrée" et de concentration féodale. Les évolutions de l'art et des capacités militaires ont suivi ces aléas, avec cependant la plus grande différence que la culture militaire dans l'élite n'a jamais subi d'ostracisme tel que les études "tactiques/stratégiques" dans l'Europe médiévale. De même, il faut limiter cet ostracisme en Europe à une période allant du XIème au XIVème siècles, et se restreignant à quelques zones d'Europe continentale/occidentale: - les Etats croisés ont très vite retrouvés des modes d'organisation plus militaires et stratégiques, dont les ordres religieux combattants furent la représentation extrême - l'Empire byzantin, du moins jusqu'en 1204, reste une structure d'Etat avec armée permanente - les Mérovingiens, et plus encore les Carolingiens, n'ignorent rien des auteurs militaires classiques, et nombre de structures, y compris militaires, de l'empire romain, se sont perpétuées, notamment dans l'organisation des milices citadines et de la conscription régionale. De même, la culture militaire concerne tous les hommes libres initialement dans les peuples "barbares", et chaque classe de citoyen libre a son niveau d'obligation pour l'entraînement individuel et collectif. Le système militaire carolingien crée la base de l'organisation féodale, mais il fonctionne un certain moment avant de graduellement se limiter et devenir la caricature de lui-même - localement, et c'est surtout vrai pour des entités régionales et/ou citadines, la culture militaire du combat organisé en formations avec subdivisions strictes et permanentes, survit en beaucoup d'endroits, particulièrement là où la féodalité s'impose moins: les milices des villes flamandes sont connues comme compétentes dès avant Bouvines, celles des cantons suisses émergent pour leur moment de gloire aux XIVème-XVème siècle, et celles des cités italiennes sont reconnues comme les meilleures troupes d'infanterie d'Europe des carolingiens jusqu'à la fin du XIIIème siècle. A plus petite échelle, c'est ainsi souvent le maintien d'une culture "citoyenne" (effectivement souvent limitée à une cité-Etat) qui conserve et développe les savoirs-faires du combat "militaire". - enfin il faut limiter certaines vues sur les souverains médiévaux qui n'ont pas non plus oublié les notions de stratégie et la façon de faire les guerre: Philippe Auguste est connu pour son souci de la logistique et, dès la levée de l'Ost de Bouvines, le ratio de 1 chariot (4 roues, 4 chevaux pour 1 tonne de fret) pour 40-50h de troupe est attesté.... Et il durera autant que l'usage du cheval pour le train des armées. Si la rançon est la raison de combattre du seigneur féodal, il est quand même astreint à une obligation de servir à discrétion de son suzerain (pour une durée légale; au-delà, il doit être payé), et les motifs de combattre des rois et grands féodaux ne sont pas souvent liés au butin, mais bien à des considérations stratégiques L'exemple italien est frappant: au XIIème siècle, l'amorce du conflit entre Guelfes (partisans du pape) et Guibelins (partisans de l'Empereur) se traduit surtout dans un premier temps par une tentative des Empereurs Germaniques de conquérir effectivement l'Italie, soit une opposition géographiquement très déterminée (qui évoluera ensuite avec l'affaiblissement de l'unité du St Empire après Barberousse, puis définitivement après Frédéric II Hohenstaufen). Mises en défense, massivement guelfes et peu en conflit ouvert entre elles, les Cités du Nord de l'Italie opposent une guerre défensive victorieuse (et largement) aux immenses armées de Frédéric Barberousse, où la primauté d'une infanterie proprement "militaire" de piquiers met à mal la soi-disant domination de la cavalerie lourde, si abusivement présentée comme le signe et la raison d'être du Moyen Age féodal. Bien avant les Suisses ou les Flamands, c'est déjà évident, surtout dans une Italie du nord où la féodalité est faible et la conservation des savoirs anciens, développée avec la transmission byzantine de la culture classique en Europe aux XIème-XIIIème siècles, est restée élevée. Enfin il ne faut pas TROP caricaturer non plus l'organisation de l'ost féodal, même à sa pire époque. Au moins au niveau de la chevalerie, un système d'organisation tactique demeure, et il ne faut pas s'imaginer qu'il n'y a d'un côté un chevalier qui s'entraîne à taper dans son coin, tout seul ou avec des hommes d'armes (bobles sans terre, ou ayant des terres pour ainsi dire à côté du château du patron) pour ceux qui en ont les moyens, voire des sergents (non nobles mais professionnels de la guerre, combattant à cheval ou à pied, avec un équipement similaire au chevalier, mais en plus cheap, et payé en partie par le patron). Au niveau local/régional, des unités sont organisées, et chevaliers comme sergents s'entraînent à la manoeuvre tactique régulièrement. Le fait de la féodalité et son évolution (variation des tailles de domaine et de leur revenu, chaîne hiérarchique variable de la vassalité....) ont déséquilibré de plus en plus gravement l'organisation initiale, ce qui faisait que ses unités et leurs sous-unités ont cessé d'avoir même un semblant d'homogénéité assez vite (elles en avaient une initialement, sous les carolingiens). Un phénomène analogue s'est produit au Japon, et la grande oeuvre du trimuvirat, puis de Tokugawa seul, fut de réorganiser la répartition des grands domaines (et de leurs subdivisions) pour les équilibrer et les dimensionner afin qu'aucun ne puisse devenir dangereux. éorganisation si réussie que les préfectures actuelles du Japon sont encore la carte des domaines des daimyos post Tokugawa, pour l'essentiel. Mais l'organisation de l'ost féodal, en tout cas la partie chevaleresque, c'est: - un groupe local de chevaliers formant une unité tactique essentielle (un coin de cavalerie) est une "échelle" - un groupe d'échelles est une bannière, dont le commandement échoit au seigneur local/régional, qui a le rang sur le terrain de "banneret". - l'organisation au-dessus des bannerets se fait selon le rang féodal - en déploiement, les plus grands féodaux opèrent une division plus tactique de l'armée, généralement en 3 grands groupes, les "batailles" (le roi ayant celle du centre) - le conseil des plus hauts bannerets constitue le conseil "stratégique" de l'armée - les sergents reproduisent cette organisation en unités (chelles et bannières) commandées par d'autres seigneurs, et ayant le rôle de soutien/complément des bannières de chevaliers, quand ils sont montés, ou d'infanterie d'assaut, quand ils sont à pied. - les milices aussi reçoivent comme commandants des seigneurs féodaux, mais uniquement quand elles sont formées en grandes entités (une bataille): leur organisation interne, elle, reste encadrée par leurs propres structures et hiérarchies roturières Ca c'était pour réamorcer un retour sur le sujet plus stricto censu, qui concerne la tactique proprement dite, l'organisation pratique des armées en campagne, leur structuration en unités, les modes de déploiement en bataille (notamment la conversion ordre de marche/ordre de bataille), et encore plus concrètement, la façon de s'affronter/de fracasser sa gueule à l'autre :lol:.
  15. C'est déjà une question en bonne partie "à l'échelle au-dessus": c'est pas tant pour des raisons concrètes que par l'évolution politique, économique, sociale et culturelle qui suit la chute de l'empire romain, même si évidemment ça implique des aspects "concrets/matériels" de warfare. L'époque médiévale est celle de la disparition de l'Etat au sens où nous pouvons l'entendre: l'état médiéval, puis particulièrement féodal est une petite entité sans moyen, dont les décisions se veulent en théorie comme la collégialité des hommes libres les plus puissants (les grands féodaux) dont le roi n'est que le premier d'entre eux, le "suzerain des suzerains" et non un souverain. C'est une évolution des systèmes de gouvernements arrivés avec les peuples des grandes migrations invasions et l'émergence des royaumes barbares sur les décombres de l'empire romain d'occident. Un tel système n'a pas les moyens d'une armée permanente significative, seulement de levées occasionnelles. Mais même la meilleure des conscriptions ne permet pas réellement d'ordonnancer des troupes très nombreuses concrètement en bataille, ni d'organiser un système de communication et de transmission d'ordres pour articuler ce dispositif et le rendre "maniable" sur le terrain, soit de combattre pleinement en utilisant toutes les ressources du panel tactique. pour ça il faut de l'entraînement à plusieurs niveaux: - entraînement individuel des soldats - entraînement en sous-unités essentielles - entraînement en unité tactiques - entraînement aux manoeuvres en grandes unités constituées Dur de faire ça sans armée permanente, qui suppose des revenus importants et fixes (donc une fiscalité conséquente et l'appareil d'Etat qui va avec), une culture militaire (de plus en plus opposée à la culture chevaleresque qui se développe à partir des XIème-XIIème siècles, avec notamment un éloignement vis à vis de la pensée tactique/stratégique), une langue commune (chose qui disparaît avec l'empire romain en occident), un système social de valorisation pour tous les types d'armes et de soldats. Ce dernier point s'oppose largement à la conception d'une société d'ordres. Autant il y avait une certaine gradation vaste et concrète entre les VIème et Xème siècles, qui distinguait bien tous les statuts d'hommes libres et les droits et devoirs (surtout militaires) afférents, autant l'évolution économique sociale et culturelle, surtout la concentration des richesses et la montée de la féodalité telle qu'elle s'est appliquée, ont tendu à polariser les sociétés, restreignant la seule vraie fonction combattante -avec entraînement à l'année, quel qu'en soit le degré- à des parties de plus en plus infinitésimales des sociétés (noblesse, certaines bourgeoisies et communautés urbaines, communautés frontalières).
  16. Ouvert à tout, même s'il est vrai que j'avais pas spécifiquement pensé à la guerre navale, dont le "mode de résolution" concret m'a toujours semblé plus facile à visualiser (éperonnage, abordage -et du coup "combat d'infanterie" sur mer-, ou surtout artillerie). Mais le sujet est sur tout mode de combat concret entre "systèmes combattants" et combattants, afin de "voir" à tous les sens du terme, à quoi ça pouvait/peut ressembler. C'est quand même un sujet fondamentalement assez récent, surtout pour ce qui concerne l'avant XXème siècle, qui a la particularité de se fonder non seulement sur les études historiques (avec d'autres sujets de "focus" et appel à d'autres disciplines néanmoins), mais aussi sur la reconstitution archéologique et nombre de groupes et associations de "reenactors", amateurs plus ou moins éclairés qui collaborent avec des professionnels de tous ordres (historiens, mais aussi experts en armement et maîtres d'armes, cascadeurs et autres) pour essayer de visualiser les combats, de déboulonner certains mythes (toute puissance de la chevalerie, soi-disant lourdeur du chevalier ou légionnaire classique en armure, relativité de la solidité de telle formation d'infanterie....), de voir les forces et les faiblesses de chaque système, de décrire la faisabilité de telle ou telle action par telle ou telle armée.... Beaucoup de sujets plus larges de l'histoire militaire ont été revus et corrigés, souvent de manière importante, par cette approche "concrète" et mécanique. Il est vrai que question reconstitution de la guerre navale.... C'est pas dans la même gamme de prix :lol:.
  17. Malgré ce titre très référentiel à John Keegan, ce fil n'a pas vocation à parler spécifiquement de son oeuvre; mais malgré toutes les critiques pouvant être adressées à son manque d'objectivité et sa façon de commenter en dilettante certains domaines qu'il maîtrise peu, force est de reconnaître en la matière le caractère incontournable du personnage dans le renouveau d'une partie de la littérature militaire. Et commet se fait-ce, comment se peut-ce :lol:? Simplement en posant la question: à quoi ça ressemble vraiment, le combat, vu de près, selon l'époque et le lieu? Comment la décision, ou tout au moins l'évolution du cours d'un affrontement, qu'il s'agisse d'une bataille rangée, d'une "bataille" au sens large (des événéments longs comme Verdun ou Koursk correspondent peu à l'idée traditionnelle d'une "bataille") ou des multiples accrochages et affrontements lors d'une campagne? Comment 2 armées en viennent à se ranger face à face alors que personne ne se donne rendez-vous en un endroit et à un moment donné en se laissant le temps de disposer ses troupes? Comment 2 dispositifs armés se rentrent dedans et cherchent -et parviennent ou non- à percer, localement ou globalement, surtout s'ils sont TRES différents? Comment des troupes expérimentées peuvent se faire latter en face à face par des conscrits, ou comment un très faible nombre peut l'emporter concrètement sur une multitude? Comment une légion sans lances affronte au contact une phalange avec sarissa? comment ça marche, une charge de chevaliers? Comment des piquiers suisses entraînés pour contrer défensivement des charges à cheval en sont venus à former une arme manoeuvrante faite juste de fantassins groupés? Comment l'infanterie napoléonienne combat concrètement? Le combat en ligne de l'époque classique est-il si con que ça? Force est de reconnaître que l'école historique française s'est totalement désintéressée de ces questions "vulgaires" :P. Pourtant, comme tout, cela joue énormément sur la destinée des nations. Plus encore, et c'est là l'un des grands apports de Keegan, la "façon de faire la guerre"/la "façon de combattre" (warfare), loin des grandes visions d'organisation à grande échelle et de stratégie ou d'art opératif, implique un vaste ensemble de réalités (sociologiques, économiques, politiques, culturelles....) qui, comme les autres domaines militaires, représentent une civilisation dans son entier. Ca inspire quelqu'un? Des questions sur une époque, une armée.... En particulier? Juste histoire de démarrer?
  18. bof, les actrices, ça pleure sur commande :lol:!
  19. Tancrède

    Arts martiaux militaires

    A moins d'avoir les bras ballants, effectivement, le cou est non seulement compressé (avec en plus, du fait de cette rentrée, une épaisseur "flottante" de peau supplémentaire pour amortir un impact), mais les épaules relevées..... Et quelle que soit la situation, c'est généralement pas parmi les cibles les plus évidentes à atteindre :lol:. Généralement, les méthodes de close combat préconisent plus, pour ce qui est de cette région du corps, de massacrer sur l'avant de la gorge à la première occase :-[.
  20. Les nominés sont: - (à titre posthume) Deng Xiaoping pour 1989 - Khadaffi pour son intense effort de "discussion" panafricaine - Mugabe pour son action continue en faveur de la paix civile dans son pays - le Politburo chinois pour la fin de toute émeute et mouvements violents à l'intérieur de ses frontières: de 2002 à 2003, le pays est ainsi passé de plus de 20 000 événements de ce type par an..... A zéro (la fin de la publication des statistiques a pu aider) :lol: - la candidature de Kim Jong Il a été invalidée en raison de la mauvaise santé du patient.... Sans doute à titre posthume l'an prochain - Ramzan Kadyrov: pour son oeuvre pacificatrice et humaniste trop méconnue And the winner is?
  21. De vraies questions, avec quelques impasses, dont la première: y'a t-il encore une action militaire terrestre possible avec une classe dirigeante inculte dans la question de l'usage de la force, une classe qui ne VEUT PAS s'y intéresser, et qui de toute façon est incapable de la moindre volonté suivie en la matière? L'auteur répond par la nécessité pour les officiers d'inverser la logique de marginalisation dont ils sont victimes dans les processus décisionnels, les statuts.... Est-ce encore possible? Il faudrait des mecs d'une sacrée trempe qui osent mettre leur carrière en jeu, s'exposer, mettre le pied en travers de la porte pour arriver à dire et faire savoir ce qui doit l'être. Réalités impliquées (entre autres): - armée de sergents (le modèle FS) :lol: et tronçonnage violent de la caste des officiers.... Et il faut que ce soit les officiers qui promeuvent ça? Dans quel monde ça arriverait? - Polyvalence des unités de base.... Pas avec la qualité moyenne des personnels actuels: souple, réactif, adaptable, multi-tâche= non seulement une sélection importante (qui suppose un pool de recrutement large, ce qui n'est pas le cas actuellement), mais aussi faite sur de nouveaux critères (à définir), et avec un investissement BIEN PLUS ELEVE dans la formation, ce qui veut dire plus de temps de formation (cher), plus de structures (très cher) et moins de temps dispo de "soldat rentable" à durée de contrat égale. Dur à faire passer De plus, le "non létal/civilo-militaire" implique occupation en statique: la logique des petits effectifs, même très polyvalents, marche moins, et là aussi ça pose problème: - reste le besoin des "boots on the ground" pour l'action dans la durée et qui ne se résume pas à des opérations coup de poing et de la manoeuvre. réduire l'effectif global est à et égard enlever de l'efficacité politique - comprimer les effectifs à ce point implique en outre reposer encore plus sur la logique interalliée.... A ceci près que les alliés qui veulent et peuvent intervenir, ou tout du moins être prêts à le faire, ne sont pas nombreux, n'ont pas forcément beaucoup de forces pour ça, et encore moins d'entre eux sont prêts à bouger sans l'aval des USA. Donc exit la capacité significative d'autonomie politique, sauf pour une opération au Bélize :P
  22. Toute la question est de savoir si le Liban existe réellement en tant que pays, à savoir si le tout est plus fort, en dernière instance et dans l'esprit et la loyauté/allégeance de la grande majorité de ses habitants, que les parties qui le compose: vu la popularité du Hezbollah, apparemment, c'est pas le cas pour tout le monde. Si ses fans ne veulent se considérer Libanais QUE au travers du Hezbollah, la réponse est clairement non, et la "haute trahison" n'existe pas plus que le pays, sinon comme entité légale théorique. Il n'y a alors que des communautés. Si c'est l'inverse, alors vu l'ampleur de l'opération "mains propres" et le nombre de procès en haute trahison qu'il faudrait faire, Nuremberg ressemblerait à une brève session juridique entre la poire et le fromage à côté.
  23. Au lieu d'avoir été une colonie syrienne pendant combien de temps ;)? Doit-il trouver qu'une hypothétique tutelle israélienne, plus ou moins lourde et concernant une portion plus ou moins large du territoire, eut été pire que celle de Damas? Doit-il aimer le Hezbollah s'il vient de la communauté chrétienne? Y'a comme qui dirait du sang de part et d'autre.
  24. D'autant plus qu'il faut voir ce qu'il y avait AVANT, du moins en Europe à la période précédente: comme sous Rome, d'une certaine façon, la plupart des généraux ayant la responsabilité d'un front entier pendant une guerre, ou d'un théâtre d'opération -mais dans les faits bien concrets, ceux qui se voyaient octroyer une armée- étaient quasiment tout le temps des membres de la haute aristocratie, ou, graduellement mais pas de façon majoritaire, des généraux de plus basse extraction employés ainsi pour leur compétence mais aussi pour leur manque d'appuis politiques, ce qui les rendait nettement plus "militaires" et obéissants aux ordres directs du chef d'Etat. Dans le cas d'un "Grand", c'est un peu spécifique en ce que même s'il ne s'agit plus d'un grand seigneur féodal se considérant quasiment comme un chef d'Etat (et ayant latitude et moyens propres qui le justifient un peu), même après la Fronde, un Grand reste une partie prenante au débat politique, un chef de faction politique avec des appuis, une clientèle.... Qui connaît le plus haut niveau des débats et intérêts stratégiques, participe à leur définition, mais aussi connaît ses adversaires de façon intime, ou à tout le moins "culturelle". Et il n'est pas réellement sanctionnable, du moins pas gravement. En terme de latitude d'action, de possibilité de s'affranchir plus ou moins de directives trop pressantes.... C'est le jour et la nuit. Turenne a beaucoup agi de sa propre initiative, souvent peu en accord avec Mazarin, mais surtout en désaccord fréquent avec Louvois. Quand le chef d'une armée est un prince (royal ou non, comme Turenne lui-même), la donne est encore différente. Au XIXème, cette logique disparaît avec la professionalisation des armées, et même le Kronprinz ne se permettrait pas de ne pas suivre les ordres du Grand EM. A noter cependant les indisciplines fréquentes de chefs d'armées, comme Von Steinmetz en 1870 (ce qui coûtera des pertes énormes aux Allemands) et évidemment Von Kluck en 1914. Mais un général peut aussi émaner d'une faction politique sous la monarchie, obtenant le grade comme une pure faveur, auquel cas son obéissance peut être problématique, comme sa compétence à l'occasion. Parce que les factions et coteries politiques sous la monarchie, ce sont les partis et tendances politiques. Et elles ont aussi leur manière de voir une guerre en cours. La campagne d'Espagne de Wellington obéit encore à ce type de logique: il passe sans doute plus de temps à rester renseigné sur ce qui se passe au Parlement, sur les aléas des combinaisons politiques.... Qu'à diriger son armée. Parce que de son action et de la façon dont elle est appréciée au fil des nouvelles, mais aussi du jeu politique, dépendent sa position politique et celle de sa faction, le maintien de son armée, son renforcement ou son affaiblissement, le fait qu'il ait la bride sur le cou ou des ordres contraignants et les moyens qui vont avec (assez ou pas assez d'appros, assez ou pas assez de fric et de fournitures pour "acheter" le soutien espagnol localement ou nationalement....). Avant lui, Marlborough a du mener campagne aussi dans les mêmes conditions, avec la politique, quasiment au jour le jour, comme contrainte et comme logique (parce que lui, comme Wellington, mène campagne pour l'avancement de sa carrière et de son "clan"): Malplaquet fut son tombeau politique. Mais le fait est que ce mode de commandement opérationnel, qui n'est pas sans équivalence avec les temps romains, fait que le chef d'armée aristo est au fait de la décision stratégique/politique et peut, bien plus qu'un "professionnel", faire valoir sa propre opinion/vision dans la conduite de la guerre par bien plus que de simples recommandations. Avantage de latitude d'action et de meilleure connaissance et estimation des objectifs et des moyens de les atteindre. inconvénient de mêler d'autres facteurs contraignants. Là on entre dans les appréciations: celui qui a une armée faite pour la défensive, celui qui a une armée faite pour aller porter le conflit chez l'autre.... Le concept d'armée est fonction de la stratégie et de la posture, mais "lourd et lent" veut tout et rien dire: une armée défensive n'est pas forcément statique, une armée offensive n'est pas forcément rapide vu qu'entre la mobilité tactique et la mobilité stratégique (ou opérative), la nuance peut être fondamentale et plus qu'une distinction d'orfèvre suivant la nature du conflit. C'est d'ailleurs un questionnement pour la partie terrestre des guerres à venir: la traîne logistique des armées les plus modernes atteint de telles dimensions (voire les appros nécessaires aux ricains en carbu, eau, munitions, pièces de rechange....) qu'elle peut impacter le choix même de mener une campagne, de faire une opération (apparemment, ils ont du renoncer à l'idée de pouvoir déposer des forces importantes par la voie aérienne vu l'alourdissement des véhicules, leur consommation, le prix des navions et hélicos et de l'heure de vol, les déceptions sur les capacités d'engins comme l'Osprey....). Et cette traîne logistique devient ZE cible à atteindre pour l'adversaire, la vulnérabilité qui fait que même le train doit se blinder et devenir combattant, mobiliser plus de forces de combat pour sa protection, donc impacter les possibilités de déploiement, présenter plus le flanc aux attaques.... Autre facteur concomittant: l'urbanisation au niveau mondial. Concentration des populations dans les villes = extension gigantesque des villes ET désertification des campagnes. Les campagnes deviennent peu contrôlables parce qu'il faut s'étaler sur de vastes surfaces pour exercer un contrôle réduit sur peu de monde, et les villes deviennent des mondes difficilement maîtrisables à moins d'avoir BEAUCOUP de piouious et de moyens. Polyorcétique du XXIème siècle? Le fait est qu'on retombe là dans des logiques d'Ancien Régime, où il faut tenir des agglomérations pour être en position de force, et que beaucoup de moyens doivent y être dévolus: il ne s'agit plus de mener un siège de l'extérieur, mais d'arriver à maîtriser la jungle urbaine de villes de plus en plus tentaculaires, ce qui nécessite d'adapter en partie l'appareil militaire à e qui est devenu l'un des champs de bataille principaux POUR OBTENIR DU RESULTAT POLITIQUE. Avec en parallèle le fait que déployer des armées en campagne coûte plus cher, mobilise plus de moyens et implique donc d'y repenser à 2 fois avant d'envisager une campagne de mobilité (si tant est qu'il y ait un adversaire possible/probable qui veuille et peuve jouer à ça). Comme les armées du Moyen Age, et c'est un sujet qui a déjà été évoqué par des analystes aimant présenter des options "extrêmes" :lol:, les armées pourraient évoluer vers un schéma dual, avec des unités de manoeuvres plus élitistes, faites de dispositifs capital intensive avec forces mécas, infanterie légère très pro et forces spéciales, et des unités "d'occupation" pouvant refaire appel à une participation plus grande de pros moins formés (et/ou d'autres plus âgés/expérimentés qui ne suivent plus le rythme des unités "de pointe") encadrant des conscrits ou volontaires type Gardes Nationaux et des unités de "locaux", avec un appoint de "cadres" contractors, mais aussi un panel de spécialités moins proprement "militaires" (policiers/gendarmes et enquêteurs, sécurité civile, action civilo-militaire....). Quelle que soit la forme, le but est de voir comment obtenir du résultat politique en gardant à l'esprit que le combat n'est qu'un des moyens d'action d'une force armée: le propre du militaire, ou de la force militaire, depuis toujours, est de faire un large panel de choses dont beaucoup n'appartiennent pas à la sphère proprement guerrière, mais de pouvoir les faire dans un environnement potentiellement très hostile. Le combat armé est leur savoir-faire fondamental, mais "un militaire qui n'est qu'un militaire est un inutile" selon Lyautey. C'est pourquoi limiter l'art opératif à la vision de la guerre mobile méanisée est pour moi nier la façon dont je le comprends: plus que juste la façon de "mener campagne" au sens de manier les grandes unités de combat à disposition sur un théâtre d'opération (lui défini par le niveau stratégique), il s'agit encore d'obtenir du résultat politique, donc d'embrasser l'intégralité de la problématique de le Guerre au sens large dans la mesure où elle est pertinente sur le dit théâtre d'opération, et de convertir cette analyse en approche, méthode et plans, et donc en un dispositif pratique et concret (et essayer d'avoir les moyens supplémentaires pour obtenir le résultat politique. Au final, c'est quand même le niveau où le chef ne peut pas n'être qu'un exécutant armé cherchant des résultats simples et facilement mesurables (quantité de bombes larguées, d'ennemis tués, de véhicules tapés, surface contrôlée....): c'est le niveau où le résultat d'importance et d'intérêt stratégique (il peut évidemment inclure une dimension quantitative plus ou moins importante selon les cas: face à un affrontement symétrique, le nombre de formations de pointe adverses détruites compte) ne peut être obéré par le chef opérationnel. C'est rappeler que le GENERAL, voire moins qu'un général, n'est pas juste un technicien du combat comme la culture militaire occidentale sous influence ricaine tend à le promouvoir. Cet aspect combat doit même être la moindre de ses qualités, pour caricaturer un peu, surtout quand les élites politiques sont devenues totalement étrangères aux problématiques internationales en général et stratégiques/guerrières en particulier. L'art opératif soviétique en 43-45 a été remis au goût du jour de force forcée mais avait été mis sous silence pendant les grandes purges en partie parce que Staline vivait mal le fait d'avoir des chefs militaires qui pensent et qui, surtout, via les besoins de cette doctrine, seraient amenés à disposer d'une large autonomie de facto et d'une grande latitude de moyens, loin de l'omniprésence du chef d'Etat, et pas à la merci des Zampolits stratégiquement et tactiquement ineptes. Ce niveau opératif est de facto une marge d'autonomie de décision de nature et de portée stratégique, donc politique, qui échappe au chef d'Etat à moins qu'il ne soit lui-même à la tête du théâtre d'opération. C'est la nature politique et purement circonstancielle (le théâtre d'opérations est par essence unique) qui rend cet "art opérationnel" peu définissable en termes d'approche purement militaire, quantitative et technique: le colonel à la tête d'un unique GTIA plus quelques moyens interarmées dans un déploiement limité dans une Côte d'Ivoire déchirée aura de facto la même problématique fondamentale que Jukov sur le front allemand ou Petraeus en Afghanistan: il ne peut pas être juste un chef d'unités de manoeuvre cherchant à taper des groupes, bataillons, brigades et divisions adverses: son rôle est politique, ses contraintes ne sont pas que techniques, et il ne peut pas n'être qu'un exécutant des stratèges de cabinet de la capitale, loin des réalités du terrain, avec au mieux un rôle de "consultant terrain" vis à vis de ses leaders politiques. Suivant la nature du conflit, l'importance de la dimension strictement combattante varie: l'essentiel du taf concret de Jukov était quand même de taper du soldat allemand, mais il devait pour ce faire avoir une compréhension poussée du dispositif aderse dans sa profondeur et son organisation (y compris politique), anticiper l'impact de telle opération sur telle cible pour prioriser au mieux son action, ce qui impliquait un niveau d'autonomie de décision important, loin du contrôle du chef suprême, une certaine latitude pour parler au dit chef, pour obtenir des myens.... Peut-être pas si énorme au regard des normes occidentales d'autonomie, mais pour le système stalinien, c'était quasiment l'anarchie :lol:.
  25. Je connais trop mal le détail des campagnes de Gengis Khan pour vraiment évaluer :-X; il me semblait juste que, s'attaquant à des ennemis sédentaires, la partie manoeuvrière d'une campagne (pas de la bataille) se résumait à la longueur et à la rapidité des raids massifs/mouvement de la horde, avec il est vrai la reconnaissance et l'organisation (donc la sécurisation) d'étapes/bases logistiques de différentes échelles (celles pour les unités de l'armée en marche, celles de niveau 2 :lol: pour les appros en munitions aux abords des zones de batailles). L'action psychologique, la déception sur les axes d'attaques.... Sont présents.... Donc au global, oui, c'est une pensée "opérative" au sens où il s'agit de l'application d'une approche stratégique adaptée à l'armée, à l'adversaire et au contexte. Juste qu'il me semblait que question "jeu d'échecs mobile" à grande échelle (guerre de manoeuvre sur tout le théâtre), ça semblait plus limité que chez le tondu. Mais ça n'enlève rien, l'important est d'être adapté. En revanche, Tamerlan contre les Turcs, peuple alors encore très cavalier, a du jouer à ça. En fait, même correctif qu'avec les Mongols pour ma façon initiale de voir: derrière l'apparente simplicité, faut fouiller un peu.... Entre l'entrée en Anatolie d'Alexandre et l'affrontement final à Gaugamèles puis l'entrée à Babylone, il se passe près de 3 ans! Et il faut voir ce que fait Alexandre: j'avais déjà un peu élagué plus haut son mode d'action, mais même le fait de se faire reconnaître incarnation de Zeus-Amon en Egypte concourt de l'implémentation de sa stratégie. Les ravages causés à telle ville/région et pas à d'autres, le fait de soulever certaines satrapie, d'en renverser d'autres, de lever des contingents alliés ou des tributs, de laisser quelques garnisons (vu son effectif faiblard).... Alex n'agissait pas au hasard. Surtout vu la complexité et la lenteur de son ravitaillement et des ses lignes de communication pour recevoir un flot constant de renforts (pas par paquets énormes) tout en sachant qu'à domicile, la Grèce des Cités, soumise, n'est pas son fan club n°1, il est quand même utile de pointer que ce qui se termine par une bataille conne et frontale ne signifie pas que tout ce qui la précède est du même acabit. Surtout que les batailles, surtout Gaugamèles, ne sont pas si connes. La bataille, quel qu'en soit la manière, et même la bataille décisive, c'est de la tactique, c'est le point final de l'application concrète d'une stratégie mise en oeuvre au travers d'un art opératif (tel que je le comprends): arrivé à ce moment, c'est juste de la tactique. Même Austerlitz, passé les finesses du jeu psychologique de mise en place des conditions de la bataille, une fois que le signal du départ est lancé, c'est du frontal bête et méchant avec le centre qui y va au forceps, l'aile gauche qui fait dans la grande charge, et l'aile droite qui tient aux tripes, renforcée par petits paquets par un Davout qui a marché avec ses hommes 48h à un rythme terrible pour juste pouvoir faire une action de stoppage crédible. Il y a ce moment entre la définition de la stratégie initiale (évaluation des objectifs, priorisation, choix d'axes d'action....) et la bataille finale (mais il peut justement y avoir le choix de n'en pas faire et de jouer la montre et l'attrition par de multiples combats: Turenne aimait ce "hit and run" à grande échelle où il cherchait le harcèlement constant en économisant ses forces), dans une campagne: c'est l'application dans les faits de l'ensemble de ce que la stratégie implique. La bataille n'en est que le plus évident, mais même elle suppose un art particulier du chef d'armées pour choisir le lieu et l'heure et arriver à imposer son choix à l'adversaire plutôt que l'inverse, pour arriver çà y mettre au mieux son dispositif et créer dans l'ensemble les meilleures conditions pour obtenir la décision. Pour symboliser: un sniper (avec un binôme généralement) en mouvement (bref, pour des missions autres que juste se poster en surveillance) sur un théâtre d'opération est-il juste un mec (ou une nana ;)) qui sait tirer juste? Ou tirer juste, quoiqu'essentiel et nécessitant une somme d'entraînement énorme, n'est-il pas que l'acte final et bêtement mécanique d'une manoeuvre longue qui a pu lui prendre des jours pour s'inflitrer discrètement dans une zone, évaluer la situation, reconaître ses cibles, comparer réalité et plan initial (et s'adapter éventuellement), prévoir ses axes de retraite, se positionner, attendre.... Viser juste et appuyer sur la gâchette, c'est plus grand chose à ce stade. Ce serait déjà, tel que je pige la chose, limiter l'approche à la seule guerre mobile: le boxeur lourd et lent, s'il est pas amputé du cerveau, adaptera aussi son approche pour s'adapter au fait d'un adversaire rapide qui peut obtenir par cent petit coups ce que lui cherche à obtenir en 10 maousses. Il adaptera donc son rythme et sa posture, renforcera sa capacité à encaisser, voire apprendra à simuler la fatigue pour inciter le rapide à trop s'avancer et masquer une contre-attaque brutale. C'est "son" art opératif, adapté à ses forces à lui et à celles de son adversaire: seul un abruti croit qu'il va l'emporter parce qu'il a la pêche la plus dévastatrices et que ça marche dans tous les cas. Adaptation aux réalités du terrain, il essaiera si possible de faire en sorte que son faux effondrement ait lieu pas trop loin d'un coin où il pourrait essayer d'acculer "Mr Fast" :lol:. "Mr Fast" peut aussi anticiper ce comportement chez "Mr Strong", et ainsi de suite: au final, le match tel qu'il se déroulera impliquera ce "fog of war" où aucun des 2 n'est parti du principe que l'autre était un abruti, où chacun a choisi une stratégie.... La réalité du déroulement limitera bien sûr et invalidera en partie ces choix, et celui qui saura le mieux d'adapter, durer, tromper, qui aura quelques coups de bol et "lucky shots", l'emportera. En fait, "art opératif" = stratégie appliquée (avec les limites de la réalité concrète et des adaptations nécessaires en raison de la même attitude de l'adversaire). Il peut y avoir plus de confusion dans des cas comme ceux de Gengis Khan ou Napoléon, Alexandre.... Car le chef d'Etat et d'armées sont le même, donc le centre d'analyse et de décision stratégique et celui de décision opérative/tactique sont réunis en un seul et même personnage (pas de temps de transition ni de différence d'appréciation: pas de relation Louis XIV-Turenne/Condé, pas Staline-Jukov....). De ce fait, il est loisible de se demander si le "niveau" opératif existe quand le décisionnaire politique/stratégique dirige les opérations: il n'y a pas de rupture, ni dans le temps, ni dans l'espace, ni dans la décision ou l'organisation. Tandis que si ces tâches sont déléguées ce niveau doit acquérir une existence, ayant sa marge d'autonomie et de friction avec le politique d'une part, et avec le tactique d'autre part: plus une organisation militaire doit s'aggrandir (donc imposer de nouveaux échelons intermédiaires), plus cette séparation existe, mais aussi, plus les ralentaissements, conflits d'autorité, confusions, phénomènes administratifs de rétention d'information, circulation de l'info en général dans les 2 sens, intrigues de pouvoirs, clientélismes.... Existeront et parasiteront les choix, le tempo, la décision, et constitueront aussi autant de cibles pour l'adversaire que de tentatives par les niveaux de commandement de trouver/créer des voies, des organismes temporaires ou des processus pour shunter l'échelon au-dessus. Mais le distinguo se crée aussi si, à taille égale, l'armée doit couvrir plus de fronts/plus de surface, donc se répartir autrement.
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