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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Il ira bien, juste à côté du "célèbre" tableau de Jésus apportant la Constitution aux Pères Fondateurs. Mais à mettre loin des gens sensibles aux couleurs criardes et dessins sans queue ni tête.
  2. Ca, c'est pas tellement la politique; c'est plutôt sa soeur siamoise (on la reconnaît facilement: c'est celle qui est jolie, noble et saine d'esprit), la gouvernance, soit ce à quoi le procédé appelé politique est censé aboutir. Problème, personne n'est jamais d'accord, pour une foultitude de raisons, conjoncturelles et structurelles, légitimes ou non, louables ou non. Et démêler ça pour arriver à la gouvernance, c'est la politique. Et personne n'a très envie de regarder cette soeur là.
  3. En l'absence désormais quasi totale de médias capables et désireux de faire ce qui est censé être leur job, à savoir constituer une agora la plus ouverte possible, qui prend aussi peu parti que possible, admettant la légitimité d'autant d'opinions que possible sans juger et surtout servir de la démagogie cheap à une audience tribalisée à force de se réduire, en l'absence de médias capables et désireux de systématiquement contextualiser les propos et opinions tenus et de faire un vrai travail de fact-checking (en temps réel si possible) non biaisé, il est douteux qu'on puisse avoir autre chose que la guerre tribale permanente, des propos plus ou moins unilatéraux, où chaque rédaction va chercher le clic sensationaliste sans vérifier quoique ce soit (parce que le timing prime à l'excès) et tout dépeindre dans le sens de la trame narrative pré-établie par ses éditeurs/rédacs-chefs (souvent plus liés au département marketing qu'à un quelconque professionalisme, en voie de disparition), parce que le conflit vend, la facilité vend, le propos absolutiste vend, conforter les biais pré-existants d'une audience particulière, les flatter et les accroître est vendeur, parce qu'être catégorique et non nuancé est vendeur (les "grands" titres font la même chose en plus sophistiqué, avec les apparences de la nuance et de la respectabilité: c'est un art), parce que diminuer l'autre sur les petites et grandes choses (souvent imaginaires) est vendeur, parce que susciter les émotions négatives, colère en tête (la plus puissante, surtout dans l'audience féminine) est le ressort le plus "marketable".... Bref, il n'y a pour l'instant qu'un champ conflictuel en expansion constante où seuls des camps sont définis, avec une "majorité silencieuse" qui se fout de l'immense majorité de ces choses parce qu'elle a d'autre chats à fouetter au quotidien et croit de moins en moins ce qui lui est servi et qu'elle ne consomme que de façon périphérique, étant plus ou moins influencée dans un sens ou l'autre par certains sujets, certaines actus, à l'occasion. Le multipartisme est douteux aux USA: toute démocratie a une tendance plus ou moins forte à un certain bipartisme de fait (les coalitions plus ou moins permanentes tendent à devenir des réalités pour un temps certain), encore plus en raison du système à un tour qui contraint au "vote utile" d'emblée, mais aussi en raison d'un certain tribalisme de parti pour une portion significative de l'électorat. De fait, les partis (il y a un parti démocrate et un républicain dans CHAQUE Etat, pas 2 partis nationaux: beaucoup de variance suivant l'Etat, donc beaucoup de réalités différentes), dans leurs conférences nationales (ce qui se rapproche le plus d'une structuration fédérale pour eux), sont le premier tour: les droites et gauches au sens très large se démerdent entre elles au sein du "tentpole party" pour être de fait une sorte de premier échelon parlementaire où tout est un compromis entre des positions parfois très divergentes. Mais bon, faut arrêter avec des trucs comme "l'alt right"; ça n'existe que bien peu, l'alt-right: au départ, c'était juste beaucoup de gens plus ou moins de droite ou anti-gauche sur lesquels cette appellation fourre-tout a été plaquée, et ça ne s'est jamais vraiment unifié, si bien que des white supremacists ont essayé de reprendre l'appellation pour dépoussiérer la leur, qui ne vend rien, faisant fuir l'essentiel de ceux qui gravitaient autour du label en 2015-2016 (et ne laissant que les white supremacists et autres trucs du genre, soit des effectifs même pas anecdotiques). Et on parle vraiment de micro-effectifs de losers qui n'ont rien réussi dans ce registre sinon fournir un croquemitaine narratif à une presse de gauche en mal d'outils, et toujours prête à sauter sur des microphénomènes pour les décrire comme des tendances majeures. Aux dernières nouvelles, l'un des soi-disant "leaders" visibles de cette "alt right" avait encore plus perdu du crédit (cad il était passé d'une centaine de followers à une dizaine, ou quelque chose dans ce goût là) en se faisant surprendre en vidéo, dans son "QG", par.... Sa moman venant lui demander ce qu'il voulait pour dîner. Faut vraiment arrêter d'agiter cet épouvantail de "l'alt right" qui n'existe de façon significative que dans les articles de la presse. La dernière fois que j'ai regardé les stats du FBI, les effectifs de "white supremacists", néonazis et assimilés n'ont globalement pas changé depuis des années: quelque part entre 10 et 20 000 aux USA, et ils se renouvellent peu et mal, donc vieillissent (malgré son dénouement tragique, la manif de Charlottesville aurait du le souligner: environs 600 glandus dont plus de la moitié avait passé la date de péremption, malgré des mois de préparation..... Un aveu d'échec complet). C'est pathétique. En revanche, maintenant, toute opinion contestant la doxa dans les médias tribaux de gauche qui reposent encore sur des réputations établies à une autre époque, est mise à l'index sous des labels comme "alt-right"/nazie. Une sorte de retour karmique pour le comportement de chaînes comme Fox dans les années post 9/11 et les débuts de la guerre d'Irak, qui avaient "l'initiative" médiatique et mettaient à l'index quiconque n'approuvait pas le revanchisme belliciste à 300%? J'en sais rien, mais ce qui est sûr, c'est que vu l'échelle et le niveau de pénétration (via les médias sociaux) de l'environnement médiatique actuel (plus qu'un titre/chaîne particulier, parce qu'ils ont beaucoup perdu), ce n'est pas sain, c'est infiniment plus dangereux encore que Fox et les "shock jocks" comme Limbaugh en 2003-2005, et ça rend pessimiste. Ceci dit, les memes sont meilleurs côté conservateurs: il y a un adage depuis plusieurs années, selon lequel "the left can't meme".... Allez savoir. C'est pas Rabelais? Note: Rabelais ferait des memes fantastiques s'il vivait aujourd'hui. Il serait sûrement censuré, d'ailleurs, encore et toujours (d'accord, aussi parce qu'il serait sans doute très cochon) Vu la façon dont ça a évolué depuis 3-4 ans, je les appelle de moins en moins SJW, et de plus en plus Gardes Rouges, parce que dans beaucoup de lieux et institutions, ça a beaucoup plus que seulement le parfum de la Révolution Culturelle.
  4. Meunon, c'est juste que..... Ca a commencé:
  5. Et puis, si on commence à rentrer dans ce genre de griefs patrimoniaux historiques, l'Italie est TRES mal placée dans ce débat, avec tout ce que Rome a piqué dans toute la Méditerranée pendant des siècles, ou encore tout ce que Venise a chourré ici et là. Je pense notamment, dans ce dernier cas, à une paire de lions sculptés à l'entrée de l'Arsenal, ou à un certain quadrige de chevaux dans la basilique St Marc, dont des répliques ont pris la place à l'extérieur, au-dessus de la grande porte (on peut pas les manquer, et oui, c'est un peu tape à l'oeil, ma bonne dame). La mairie d'Istanbul devrait-elle demander le retour de telles babioles?
  6. Parce que personne n'est capable d'en nommer une seule?
  7. Etant donné qu'il s'agit d'une propriété privée acquise par François Ier (donc, en continuité de droit, l'Etat, il me semble) en 1518, aucun Etat italien de l'époque, et donc certainement pas l'Etat italien actuel (dans quelle mesure est-il l'ayant droit des divers Etats italiens ayant existé, hors du Royaume de Piémont-Savoie dont il est issu directement?), ne l'a jamais possédé, et n'y a le moindre droit. Cacazob!
  8. Il serait à mon avis très perturbé: d'un côté, il condamnerait tout ce qu'ils croient, de l'autre, il serait si fier de leurs méthodes (de "débat", de réflexion inquisitoriale, de procès à charge permanents, de harcèlement/attaques/torture -même si pour les deux derniers, c'est encore relativement métaphorique dans cette nouvelle religion.... Pour l'instant). La présomption d'innocence et la responsabilité individuelle n'existent pas dans leurs mondes: coupable par association, coupable par défaut, coupable par appartenance à un groupe désigné, c'est la mentalité de ces néo-bolsheviks, défendant un prolétariat imaginaire et détruisant en son nom. En fait, en y réfléchissant un peu, Torquemada serait un libéral à côté d'eux: lui au moins s'attaquait à des invididus, un par un, selon les règles d'une inquisition pontificale (un tribunal temporaire avec une mission définie). il abusait certes du droit et de ses pouvoirs pour arriver aux conclusions voulues, parfois pré-établies, mais au moins, c'était envers des individus, pour leurs péchés réels ou supposés. L'était pas collectiviste, le Tomas.
  9. Mais ce n'est pas une incohérence, voyons: tu ne vois la chose ainsi que parce que tu es victime de tes propres critères d'analyse cis-blanc-hétéro-patriarchiques, venant de la culture et de la science masculines et occidentales. Tu penses notamment en termes d'égalité des droits et statuts individuels, alors que dans le monde intersectionnel, les choses ne fonctionnent pas ainsi: tu n'existes que sur une échelle graduée de la "victimisation par la société blanche patriarcale". Ces femmes non bio (et attention, si tu ne les appelles pas des femmes, et ne pense pas qu'un pénis est un organe féminin, tu es un sale sexiste et transphobe, probablement aussi raciste et "colonialiste" -je sais toujours pas ce que celui-là veut dire aujourd'hui) ont parfaitement mérité leur place, et leurs consoeurs bio doivent se réjouir pour elles, parce que, étant, certes des femmes, mais cis, le plus souvent hétéros, et sans doute blanches pour beaucoup d'entre elles, elles se trouvent beaucoup plus bas dans l'échelle intersectionnelle par rapport aux trans qui sont autour du sommet, donc ont priorité sur absolument tout le monde ou presque (avec des nuances suivant la couleur de peau, la religion le fait d'être trans-homme ou trans-femme, handicapé....), ont toujours raison (du moins tant qu'ils/elles chantent la chanson du parti) et doivent être écoutés tout le temps (par la force si besoin est), ont le droit d'interrompre et insulter tout le monde (et si quelqu'un émet une critique, contredit... C'est un crime, rapidement puni par opprobre public, doxxing, appel à l'employeur, harcèlement, violence physique...), ne peuvent pas être contestés dans leurs revendications (sous peine d'excommunication, d'ostracisme, de pilori.... Pour "transphobie"), doivent voir autour d'eux une attitude servile et ato-flagellante (n'avez-vous donc pas honte de votre "privilège"?).... Vous croyez que je caricature? Allez voir sur un campus américain, dans les organisations de la "nouvelle gauche" (aussi en France: c'est le virus qui a frappé La France Insoumise, selon les cadres historiques qui se sont barrés. Aussi présent dans la Macronie, sous une forme plus soft), dans les médias et la production divertissement/culture, dans les DRH de nombreuses boîtes (au point de l'omniprésence dans la Silicon Valley, et donc tout ce qui gère les plates-formes d'échange internet). Ces gens continuent à vendre du Martin Luther King en chiant dans les faits et la pensée sur sa phrase historique (juger sur le contenu du caractère et non la couleur de peau -et par extension d'autres attributs: sexe, religion, orientation sexuelle....). Dans cette mentalité, l'individu n'existe que peu: le groupe est tout, défini par un set limité de critères, et le dit groupe est ainsi placé dans une hiérarchie qui détermine votre place. Donc non, dans le monde intersectionnel, ces trans-femmes (même cette appellation semble devenir "transphobe", et il faut les appeler "femmes biologiques", apparemment) ont parfaitement leur place là où elles sont, et ont mérité leur victoire. Les féministes "old style" (dont beaucoup semblent en avoir ras le cul de ces nouvelles tendances idéologiques, tout en restant imblairables), les lesbiennes et gays "normaux", sont en train de se faire graduellement mettre à l'index (et pas dans le bon sens du terme) s'ils mouftent. C'est une nouvelle religion, et elle est passée directement au stade sectaire/fanatique.
  10. J'ai mes doutes: persister dans l'erreur parce qu'on est persuadé d'avoir raison, que c'est une "zeitgeist" dominante, omniprésente dans le milieu professionnel concerné, qu'il y a une bulle informationnelle/de feedback autour de ces milieux.... C'est pas une nouveauté. Lucasfilm continue apparemment dans sa veine existante, par exemple, et les prods télés continuent aussi avec les tropes du temps et choix de séries faites dans cet "esprit". Mais bon, à ce stade, il est impossible de casser la dynamique pour Avengers Endgame: il y a trop de gens qui ont envie de le voir depuis le cliffhanger du dernier, et Captain Marvel est bien trop "booof" pour empêcher quoique ce soit. Mais comme CM est censée être le visage de la suite de Marvel après Endgame (qui conclue le cycle entamé depuis le premier Iron Man), alors que tous les persos "historiques" principaux dégagent la scène, je me pose des questions.
  11. Ca peut se traduire mot à mot: je ne sais pas si on a un équivalent particulier français. Le concept résume essentiellement le conflit, partiellement retranscrit dans les clivages politiques (mais de plus en plus avec l'idéologisation croissante de la gauche surtout), des ensembles culturels recouvrant le domaine politique et allant au-delà, et adressant particulièrement les questions de race, sexe, religion, valeurs.... La gauche ayant graduellement pris le contrôle total des universités, écoles et industries culturelles depuis les années 80, au point d'une domination absolue et exclusive (dans le sens où toute opinion non conforme est exclue de façon plus ou moins discrète de ces secteurs, aujourd'hui à un degré alarmant, et où de véritables blacklists existent contre des individus penchant à droite, même un peu, voire aujourd'hui trop centristes), il y a eu condamnation graduelle de ces domaines par la droite conservatrice (notamment les biais dans les médias); le temps passant, les attitudes et réflexes étant formés et amplifiés par la cristallisation du phénomène et sa croissance/radicalisation constante, il s'agit aujourd'hui d'un pur terrain d'affrontement où les positions sont bien définies, et que le système médiatique actuel, à l'heure des médias sociaux, rend encore plus inflammable et impossibles à réellement adresser politiquement d'une façon rationnelle. Certains sujets de ces "culture wars" sont éminemment récurrents au fil de l'actualité, et bien connus même ici: avortement, armes à feu, sexe, race....
  12. Oui, mais chuuuuut. Malgré tout, c'est toujours illégal, donc faut pas se faire prendre. Mais comme je le disais en intro de mon post, ce genre de "scandale" ne changera RIEN. Sauf pour ceux qui se sont fait prendre. Tsssst, gagne-petit, va! La Trump U, c'était une arnaque pour les ignorants à 30-40 000 dollars par "étudiant". Là, on parle de vraies universités: faut cracher plusieurs centaines de milliers de dollars pour l'admission (et payer les frais de scolarité normaux en plus après, soient les années à 50 000 ou plus, sans compter l'hébergement, la bouffe....). Un commentateur que j'ai entendu était scandalisé que certains de ces gens aient du payer un demi-million pour entrer à UCLA, USD ou USC: il trouvait qu'à ce tarif là, on avait droit à tout le moins à des universités de l'Ivy League. UCLA, USD et USC à ce prix, ça revenait pour lui à payer 300$ pour un BigMac.
  13. Ceci n'est pas une polémique.... C'est très sérieux . Et cette histoire ne changera RIEN DU TOUT au système incriminé, qui en dépend beaucoup trop. Et pour une fois, pas de politique là-dedans: c'est stupide, mais pas à ce point là: https://en.wikipedia.org/wiki/2019_college_admissions_bribery_scandal Savourez.... Et pardonnez à deux des parents incriminés, vu qu'il s'agit de deux actrices de séries célèbres, Full House (la fête à la Maison) et Desperate Housewives.... Nan, pardonnez juste à Lori Loughlin (si mignonne dans Full House); Desperate Housewives était à chier.
  14. A noter qu'il y a eu des examens plus approfondis des fameux "trolls", misogynes.... Depuis le temps que ces polémiques éclatent (depuis Gamergate en 2013-2014, essentiellement), même si ce n'est évidemment pas dans les médias "accrédités" (tradis et online), qui vivent désormais de telles polémiques putaclics, qu'on reconnaîtra ce fait. Les trolls tout comme les misogynes/idéologiquement enragés, c'est à tout péter 2-3% des posts et commentaires hostiles. Ce que les productions ne veulent pas reconnaître, ce sont les fans et spectateurs avides, des "super-consommateurs" (cad ceux qui verront un film tôt -quand c'est plus cher- et beaucoup -jusqu'à 7-8 fois- en salle, achèteront des goodies et les versions DVD/Blu-Ray, les jeux vidéos....), dont une bonne partie se fait difficile quand l'univers d'une franchise est établi: il y a des codes qui sont édictés ou qui s'imposent d'eux-mêmes au fil des films, il faut les respecter. Il y a un niveau de qualité qu'il faut respecter, en ne considérant pas le fan comme acquis, ce fan qui, s'il est avec vous, devient une extension du marketing, anime spontanément des sites, blogs, chaînes... Qui font vivre l'univers et démultiplient sa force de frappe, font venir plus de monde.... Et une portion significative de ces fans n'aime PAS DU TOUT l'invasion des culture wars dans le divertissement, surtout sous l'angle hyper-identitaire qu'elles ont en ce moment. Ces gens n'aiment pas la politique dans leurs loisirs, et s'efforcent de le faire savoir, surtout en plus quand la dite politique tend à devenir un prétexte compensant le manque d'effort dans le produit (avant tout dans l'écriture et les persos), une tendance observée dans les séries, et surtout dans les comics, particulièrement Marvel, qui sont depuis 4-5 ans une industrie en chute libre en bonne partie à cause de cela. Mais toute critique de ces gens, toute contestation, depuis Gamergate (la matrice des comportements aujourd'hui devenus routiniers, rôdés par des départements marketing/com), est systématiquement passée à la moulinette de l'accusation de racisme/sexisme/trumpisme/trollage; tout mouvement online est systématiquement dépeint sous les traits des 1 à 3% d'authentiques trolls/sexistes/racistes/déséquilibrés qui s'activent aussi sur de tels sujets. Ce qui frustre d'autant le dit public d'être ainsi dépeint, et amplifie sa réaction. Marvel Studio a construit beaucoup de bonne volonté au fil des ans, mais la question avec un tel marketing, surtout s'il devient plus fréquent et s'il sert à compenser pour des films à venir où la politique (dans ses aspects culturels idéologiques) prendra une place et bouffera sur la qualité (déjà, soyons honnêtes, pas gigantesque: la CGI est jolie, mais les films Marvel, c'est ni Casablanca ni Hitchcock ni même la première trilogie Star Wars: c'est des séries B avec du grand spectacle) et ce qui plaît au public (un univers devenu familier, où on veut se replonger, même le temps d'un film très moyen). Captain Marvel pourrait-il en ce sens être le nouveau Last Jedi, le film qui marche (parce que le nom de la franchise fait l'essentiel), mais casse la dynamique?
  15. Faux: j'ai suivi l'affaire de près depuis le début, et ça a été tout sauf le cas. Les thuriféraires du film hurlaient aux méchants trolls/sexistes/trumpkins/incels/nazis/bots dès le début, parce que c'était préprogrammé dans la campagne marketing pour faire du buzz, et ça a redoublé après les gaffes de Brie Larsson dont l'effet a été amplifié parce qu'elles ne sont pas arrivées sur un terrain vierge (souvenirs des attaques violentes des prods de Ghostbusters et Star Wars). Alors qu'il n'y avait que quelques pages de commentaires sur RT, sur l'envie de voir le film (le score qui a été supprimé prématurément), les cris d'orfraies étaient déjà là; une simple lecture des dites pages révélait qu'il n'y avait quasiment aucun commentaire trollesque, juste une non envie (les bandes annonces étaient.... Peu convaincantes) et une mauvaise réponse à la campagne marketing qui en avait hérissé plus d'un, notamment en inscrivant le produit dans les "culture wars", ce que beaucoup de fans n'aiment pas et que Marvel avait évité de faire jusqu'ici. Et par ailleurs, ce que DC a évité, parce que précisément, il n'y a PAS eu le même problème avec Wonder Woman, pour laquelle RT n'a pas eu besoin d'effacer quoique ce soit. Pas plus que pour The Force Awakens, ou Alita: Battle Angel: aucun de ces films n'a eu de telle polémique avant même de sortir (ou Black Panther, avec un autre élément "diversité"), là où Captain Marvel et Ghostbusters l'ont eue, ainsi que The Last Jedi après sa sortie. L'élément condamné n'est donc pas le sexe ou la couleur de peau des protagonistes, vu que les films mentionné n'ont eu aucun trollage au-delà de l'anecdotique, aucune vague de contestation visible, et ont d'excellents scores sur RT et Metacritic (et avaient d'excellents scores "want to see" avant sortie). Et même là, CM n'a rien eu de très notable en matière de trollage, en tout cas rien de réellement massif; juste une grosse boîte qui ne supporte pas de n'avoir pas que du dithyrambique pour son produit, ce qui devrait inquiéter tous ceux qui essaient d'avoir quelques endroits où se faire une idée de ce que valent les sorties cinéma. Les médias tradis et online sont pour la plupart de "l'access media", cad inféodés à une major ou l'autre, et de toute façon dépendant d'elles pour pouvoir voir les films avant leur sortie (plus, vu leur paie, ils ont besoin des goodies qui viennent souvent avec), et les aggrégateurs ne valent guère mieux puisqu'ils dépendent des dits critiques et tendent à modifier leurs algorithmes si une prod insiste assez fort. Ici, pour RT, effacer 44 000 commentaires d'un coup, c'était un peu gros, tout comme prétendre qu'il s'agissait de "bots" ou de trolls pour la majorité: c'est pas comme ça que ça fonctionne. D'autant plus que les "trolls positifs" (fanboys et surtout posts venant de la prod Disney) eux, n'ont aucunement été giclés des pages commentaires. Quelques-uns se sont même bien fait prendre (un même message dithyrambique posté sous un grand nombre de noms différents). Non, le fait est qu'il y a une réaction assez forte aux studios et prods qui se lancent dans les "culture wars" et en empruntent les codes, les attitudes et le vocabulaire. Le sexisme n'est absolument pas en question: l'invoquer, ça c'est un fantasme féministe pour rejeter la responsabilité d'un mauvais choix marketing, de sales réflexes des prods qui tendent à blâmer l'audience pour des motifs qui l'arrangent (et font du buzz avec des médias complices), et excuser un mauvais film (cf Ghostbusters). Wonder Woman et l'Episode VII (que je trouve personnellement mauvais, mais bon) n'ont pas eu besoin de ça, et n'ont pas eu de polémique (WW en a eu une mini parce qu'un cinéma au Texas avait décidé d'interdire la soirée de lancement aux hommes: et c'est tout ce qu'il y a eu): RT a procédé normalement, et les scores d'anticipation et d'audience ont été bons sans deus ex machina.... Où étaient donc tous ces trolls sexistes? Sans concurrence et en ouvrant partout dans le monde en même temps (sauf au Japon), le résultat était garanti pour une prod Marvel: à ce stade, la franchise a un énorme capital confiance/attraction, surtout à moins d'un mois d'Endgame. Le premier WE, voire la première semaine, c'est essentiellement la franchise, l'ampleur de la campagne marketing et le nombre de salles qui vendent, pas le film individuel. Faudra attendre la suite pour voir si ce film prend et s'il a du mérite par lui-même. Rappelons que The last Jedi aussi a eu un grand démarrage.... Pour se bananer ensuite et ne faire que 55% de ce que l'épisode VII avait fait, avec des chutes de 65-70% du premier au second WE (et dégagé des cinémas chinois en une semaine seulement). Rappelons aussi le sort de Batman vs Superman, dans le même registre. Pour la petite note, la baisse d'audience du samedi au dimanche (un fait normal) sur le marché US a été assez supérieure à la moyenne pour ce film, plus proche de Batman v Superman et The Last Jedi que de Wonder Woman ou Aquaman (qui ont eu des départs moins flashants, mais plus de fidélité et plus de jambes pour la longue distance). Note pour Endgame: j'espère vraiment qu'ils ne vont pas coller cette héroïne insipide et Mary-Suesque qui est plaquée sur l'univers comme un carabinier d'Offenbach dans la conclusion d'Endgame, aboutissement des tribulations des persos "historiques" de la franchise (qui vont disparaître après). Perso, je veux que les moins puissants et plus improbables aient la peau de Thanos: Black Widow (qui a mérité sa place, elle, et a plus de personnalité qu'une affiche en carton), Ant-Man et Howard le Canard (aperçu dans une scène post crédit de Guardians of the Galaxy) . Ca, ça aurait de la gueule!
  16. J'ai été surpris d'apprendre que, dans le cadre de la grande crise de la réplication depuis 2011, la médecine était une des disciplines les plus en causes. La psychologie (surtout sociale) et les sciences sociales, c'était une évidence, mais la médecine, ça me l'a coupée.
  17. Disons quand même que les mauvais commentaires avant la sortie d'un film sont accompagnés aussi de commentaires dithyrambiques, en plus de la vague assommante du marketing, donc disons que les deux premières forces s'annulent; c'est un truc qui me fascine dans les réflexes génériques, à savoir que, surtout aujourd'hui, beaucoup s'offusquent des commentaires négatifs/trop négatifs, et jamais des positifs/trop positifs, alors que de tels phénomènes viennent exactement du même endroit du cerveau: - besoin de dire son truc sur un film, ce qu'une portion très réduite d'une audience fait/veut faire - réaction forte en bien ou en mal, accroissant/motivant le facteur précédent - perception/projection du "rôle" du dit film dans une problématique plus vaste à laquelle on tient et sur laquelle on doit intervenir -et là, la réelle qualité du film compte peu dans l'esprit du posteur) A l'arrivée, les logorrhées d'hyperfans sont aussi néfastes que les attaques de trolls, mais évidemment, les agrégateurs minimisent les secondes par tous les moyens, et ne touchent pas aux premiers, qui ont pignon sur rue pour faire leur "trolling positif". Oups. Et c'est évidemment encore pire avec des oeuvres qui, de façon justifiée ou non (ici le cas avec Captain Marvel et plus encore les sorties de l'actrice principale), sont rattachées aux "culture wars" de notre temps. Parce que franchement, avis perso, le marketing fondé sur ces culture wars, et donc la polémique qui va avec, fuelée par l'ampleur du marketing autour, est tout ce qui fait sortir ce film du lot: c'était chiaaaaannnnnnnt. Pas une once d'originalité, un personnage sans attrait, faille ou même une réelle histoire perso qui soit autre chose que de la fanfic, des trous d'intrigue et incohérences sans nom, un certain dommage fait à la continuité Marvel (plein de trucs qui cadrent pas avec la timeline telle qu'elle existe), des insultes à certaines constantes du dit univers (franchement Fury a été rabaissé par ce film, et la façon dont il perd son oeil..... Evitons le sujet), et une litanie de tropes féministes plus ou moins supportables. Elles le seraient plus s'il y avait en fait une histoire, des enjeux, un peu d'adversité.... Et moins de commentaire politique à deux balles (les Skrulls devenant des réfugiés: clin d'oeil lourdingue, outre le fait -dont tout le monde se fout parce que peu de gens connaissent les comics- qu'ils sont un empire violent normalement) aurait aussi aidé, surtout quand c'est aussi cheap: si on veut avoir l'ambition de caser de l'analyse politique profonde dans une oeuvre grand public de genre, faut avoir un autre niveau de talent que ce qui a été disponible dans ce film. N'est pas Dalton Trumbo qui veut. Bref, deux heures de bouef, avec piquage de nez à 2-3 reprises. Heureusement que j'ai pas payé pour le voir , ça m'aurait laissé des regrets: la dépense en temps était déjà de trop.
  18. C'est l'un des multiples apports des dernières années, qui dégomment les certitudes qui ont été assénées depuis les années 50-60 et les fameuses "pyramides alimentaires" des recommandations nutritionnelles gouvernementales (dont on soupçonne fortement que certains lobbies agro-alimentaires les ont influencées): le cholestérol n'est pas l'ennemi, et sa mesure telle qu'on l'a prise depuis 50 ans ou plus n'a aucun sens. Il fluctue tellement au cours d'une seule journée que le taux à un moment donné ne veut rien dire. Qui plus est, les études critiquant le rôle de la viande et des graisses animales dans les maladies cardiovasculaires ou l'obésité n'ont jamais été très fiables, étant souvent plus des conclusions en quête de preuves qu'autre chose, vu qu'elles cherchaient rarement autre chose que mettre la viande au banc des accusés, sans tenir compte de l'alimentation des sujets dans leur ensemble: elles se contentaient de dire "ceux qui bouffent plus de viande tendent à avoir plus de tel ou tel problème"... En excluant de voir l'alimentation en général, et le mode de vie (sport, alcool, clopes, exposition à la pollution, métier, moral....) des sujets à un degré suffisant pour faire de la viande le facteur X "toutes choses égales par ailleurs" (je soupçonne par exemple que ceux qui mangent plus de viande rouge tendent aussi à bouffer plus de frites que la moyenne, parce que c'est le complément naturel, dicté par dieu le père ). Je reste sur les Massaïs et quelques autres peuplades qui bouffent quasiment que de la viande et des produits laitiers, pas/presque pas de fruits/légumes, et qui pètent la santé, sans problèmes de cancer, de dentition.... Outre le fait qu'ils sont un peu eugénistes sur les bords, le truc semble être que, d'abord, ils se bougent le cul tout le temps, et ils vivent en clans très soudés où chacun a une place, un but, une motivation (bref, la vie a un sens et une structure). Ceux qui vont "vivre à la ville" chopent tous les maux de la civlisation moderne (obésité, problèmes dentaires, cancers, déprime....) assez rapidement (pas besoin d'attendre la génération suivante). Le mode de vie semble donc plus déterminant que les minuties de l'alimentation.
  19. Oh, merde! Tu quoque Shorrky ? Un fana de la "Keto-Diet", ici? On sait, ça aide à rajeunir l'organisme, soulager les problèmes articulaires, arrêter de ronfler et mincir sainement.... Mais qu'est-ce que c'est chiant et tristouille, comme bouffe! Viande, poissons et légumes, plus quelques fruits. Pas de céréales, peu/pas de légumineuses.... Bweurk. Je m'y suis tenu pendant 3 mois, et ça marchait bien, mais si ça aide à avoir du peps, et donc du moral, pour ceux qui aiment certaines denrées, ça impacte aussi le moral négativement (effet psychologique, j'imagine). Du coup, je suis à moitié kéto depuis: outre le fait de bouffer dans une fenêtre de 10h/jour (donc 14h sans rien d'autre que café/thé/eau), on va dire que je bouffe Keto 9h, et je me lâche dans la dernière heure (parce que si j'ai pas mon pain/fromage, il se passe des trucs pas biens). Ca fonctionne. Mais s'il y a un truc que je peux plus blairer, c'est la masse des zélotes de la kéto, qui ont rejoint depuis 2-3 ans le troupeau des prosélytes inlassables d'un mode de vie ou d'un autre.... Je rassure l'audience, les vegans ont toujours une place à part hors du troupeau: ils restent de très loin les pires de tous. Moquer à vue.
  20. Dans cette optique d'une Allemagne attachée au statu quo qui la place au sommet, seule et de loin, que penser de cette étude, vite contestée et débattue? http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2019/02/27/20002-20190227ARTFIG00101-selon-une-etude-allemande-l-euro-aurait-particulierement-nui-aux-francais.php http://www.leparisien.fr/economie/pourquoi-l-etude-sur-les-grands-perdants-de-l-euro-fait-polemique-01-03-2019-8022705.php https://www.ladepeche.fr/2019/02/28/passage-a-leuro-les-francais-auraient-perdu-56-000-euros-de-pouvoir-dachat-en-vingt-ans,8042921.php https://www.bfmtv.com/economie/adopter-l-euro-sans-reformer-son-economie-a-coute-cher-a-la-france-1640540.html (Où on constate aussi que le "manque de réformes" est souvent invoqué en réponse, en partie justement, mais surtout au point de présenter la chose comme une faute de la France de ne s'être pas alignée sur l'Allemagne) Cette étude est-elle juste un objet médiatique?
  21. Pour répliquer à cette proposition allemande, je propose la technique immémoriale du "à connard, connard et demie": Ok, le siège revient à l'UE, ou même juste à l'Allemagne, et en échange, Berlin prend en charge la dette française et nous lâche sur les histoires de déficits. On a un accord? On se serre la pince?
  22. Tancrède

    Avenir de la légion étrangère

    Anthropologiquement, ce sera toujours le sort des femmes qui nous marquera le plus: l'empathie pour les hommes est spontanément faible/inexistante chez nous (à moins d'avoir une relation avec l'individu concerné, un point commun fort, ou d'avoir fait une sorte de "travail" conscient interne envers un individu ou un groupe qu'on ne connaît pas, pour se mettre à leur place): l'idée générale est que les femmes ont de l'empathie pour les femmes, les hommes ont de l'empathie pour les femmes, et personne n'en a naturellement pour les hommes, ce qui pose des problèmes observables au quotidien (notamment, par exemple, dans les jurys, où à circonstances et crime égaux, les femmes sont jugées avec beaucoup plus de clémence; ou encore à l'école, où, s'il faut décider de punir ou non, de faire passer une classe ou non à un élève aux notes tangeantes, la fille sera favorisée par rapport au garçon). Donc pour des circonstances de guerre et la médiatisation qui peut aller avec, le même principe général, qui va bien plus profond qu'un réflexe socialement acquis, s'appliquera.
  23. Un petit peu aussi parce qu'elle couvrait pas tous les bons endroits. L'aurait fallu la mettre sur roues pour pouvoir la bouger.
  24. J'ai eu quelques descriptions anecdotiques du "système" économique chavézien vu du sol, notamment un exemple qui m'a frappé: le chavisme prescrit (ou essaie de prescrire) l'emploi pour tous, et a donc de longue date imposé la chose. Un journaliste indépendant présent dans le pays il y a deux-trois ans a voulu acheter un portable pour transmettre (apparemment le sien avait un problème) son travail et a donc été en acheter un.... Il n'y avait que de la 2G dispo, mais le plus frappant était le magasin lui-même: il lui a fallu passer par pas moins de 7 personnes pour finaliser son achat, toutes présentant une procédure avec des formulaires à remplir, comme une micro-administration kafkaienne. Ca lui a pris plus de 2 heures pour faire ce qui peut (sans queue) se faire en quelques minutes dans nos contrées, voire se passer d'un magasin en dur. 7 personnes avec chacune une tâche unique à remplir, essentiellement administrative (on imagine donc qu'il y a aussi une filière en amont pour gérer et valider cette paperasse): le coût doit être dantesque, avec donc beaucoup de masse salariale pour peu de valeur créée. Une telle gestion rejoint ainsi une autre anecdote plus récente sur la gestion économique quand, l'an dernier, Maduro a décrété la réévaluation des salaires par un facteur démentiel, censé s'aligner sur une inflation alors à 3 ou 4 chiffres, avec pour résultat évident que près de la moitié des commerces ont mis la clé sous la porte immédiatement, l'essentiel du reste attendant simplement d'écouler le reste de ses stocks pour le faire (et l'histoire ne dit pas s'ils ont viré leurs employés pour passer en mode individuel/familial pour cette durée). Ce qui souligne aussi que le nombre de commerces, bien achalandés ou non, a du subir une chuste drastique, si bien qu'un magasin bien approvisionné comme vu sur la vidéo peut simplement être un oasis dans ce qui doit être actuellement plus un désert qu'autre chose (outre le fait que les prix sont inaccessibles). Comparé aux problèmes que le gouvernement a créé pour le pays, les sanctions américaines sont que dalle; encore plus dans un pays si naturellement riche en tant de choses (notamment la cash machine ultime que sont les hydrocarbures).
  25. Pour aller dans le sens de Gally et le tien, ces tendances révèlent effectivement le degré croissant d'incompatibilité entre démocratie et liberté via le degré et le champ d'application du pouvoir concentré, quel qu'en soit le motif, ce qui revient à dire, ô surprise, que le poison n'est pas dans le principe, ou la substance, mais dans le dosage, ainsi que dans le nombre de "fronts" où la bataille est menée (qui accroit cette impression de "harcèlement" dans tous les aspects de la vie, petits et grands, et le sentiment d'impuissance et de grignotage omnidirectionnel qui va avec). La liberté en politique est mieux décrite comme circonscrite (plutôt que "définie") par le champ de friction entre les divers pouvoirs à l'oeuvre dans une société, et l'espace que cette friction laisse aux gouvernés, individus, groupes, organisations, collectifs divers (mais individu en premier lieu). Le thème de la "pente glissante" n'est pas tellement, sauf pour les plus paranoïaques et/ou libertariens et anarchistes, un calcul intellectuel que toute législation va nécessairement détruire la liberté: c'est, et aujourd'hui plus qu'à beaucoup d'autres époques, le reflet de l'absence totale de confiance dans les institutions à laquelle on est arrivé, avec bien peu de raisons d'espérer que quelqu'un ou quelque chose puisse la reconstruire. Dans une telle optique, toute loi est suspecte, toute réglementation supplémentaire ne peut être vue que comme un coin de plus enfoncé dans ce qu'il reste de liberté, vie privée, souveraineté individuelle.... Avec pour seul objectif d'élargir la plaie créée aussi tôt que possible. Il n'y a pas de gouvernance démocratique sans un minimum de confiance (même envers des gouvernants et institutions sur lesquels on n'a par ailleurs que peu d'illusions), et c'est bien là que le bât blesse peut-être le plus: ce seuil minimum ne semble plus être là, et l'opposition plus marquée dans des systèmes politiques qui ont du mal à ne pas dériver en un binarisme d'une sorte ou d'une autre, et/ou en tribalisme trop mal réconcilié en coalitions douteuses, perd des effets vertueux/moins vicieux de la concurrence censément salvatrice des factions qui, de toute façon, existeront. Le consensus très relatif qui sous-tend l'affrontement politique des opinions diverses (où liberté et souveraineté de l'individu avaient jusque récemment un minimum de place, la plupart du temps), et limite les ambitions idéologiques des divers camps en présence, ne semble plus être là en dose suffisante. La réaction à l'accroissement constant de la législation, de la technocratisation/bureaucratisation des Etats (et à la complexification, donc la fragilisation, de la société) peut avoir ses excès qui induisent des formulations paranoïaques ou complotistes, mais celles-ci ne sont généralement que des épiphénomènes, les points extrêmes d'un sentiment plus général et justifié, qui se trouve le plus souvent mal formulé; le langage est un véhicule limité, surtout quand il est peu/mal maîtrisé (ce qui est le cas pour la majorité des citoyens), qu'il est employé de façon épidermique et/ou qu'il est utilisé par des gens qui n'ont pas le temps, le savoir-faire ou la possibilité d'écrire des dissertations ou des mémoires sur le sujet (avec Twitter ou n'importe quelle section de commentaires comme point d'orgue). Sans même compter ceux, individus et factions, qui entendent exploiter ce sentiment en résumant leur propos à des slogans: qu'on le veuille ou non, formuler une pensée de manière satisfaisante prend de la place et du temps, alors que la réalité impose souvent d'être très bref et marquant.
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