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Tancrède

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Tout ce qui a été posté par Tancrède

  1. Et personne ne demande à la vérole (de très loin la plus grande exterminatrice des populations indigènes d'Amérique) de s'excuser? Encore un coup des fakes news!
  2. Quillette a donc fait son entrée comme média important dans la "culture war" et, plus crucial encore, sur le forum . Ce magazine fondé par une Australienne qui en avait marre de l'orthodoxie PC appliquée avec toute la délicatesse d'un improbable (vraiment?) enfant de Staline et Torquemada (bref, un Garde Rouge de la grande époque qui verrait le péché partout), doit commencer à déranger dans certains milieux (malgré sa très grande modération et un niveau d'ouverture rafraîchissant), vu que les personnes dont il cherche à s'émanciper lui cherchent noise, malgré une taille modeste et sa jeunesse (4 ans à peine): https://www.thepostmillennial.com/progressive-professors-want-a-blacklist-of-quillette-writers/ Bien qu'il soit international, c'est évidemment aux USA que la contestation se marque. Je recommande le podcast du magazine, encore balbutiant, Wrongthink.
  3. Juste pour rire.... Celui qui était invité partout, qui a incarné l'anti-trumpisme et était pris au sérieux (malgré tous les indices qu'il était un clown assoiffé de notoriété et de clients top of the line) par tous les "journalistes" animant ce qui passe pour une scène médiatique de nos jours.... https://www.cnbc.com/2019/03/25/michael-avenatti-to-be-charged-with-wire-and-bank-fraud.html MUHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA!!!! La réalité n'existe plus; elle a été abolie parce que ce n'est pas un endroit sérieux:
  4. Bon, je ne suis absolument pas pro-Trump, et les deux partis politiques américains me débectent actuellement, même si récemment, c'est le parti démocrate et son évolution qui me font le plus peur (le même genre de trouille que le GOP me foutait dans la période 2003-2009, si pour des raisons différentes dans le contenu, et plus proches dans l'expression et les méthodes -mais à une échelle plus grande vu l'emprise démocrate/de gauche sur le secteur média/culture/enseignement) et le côté républicain qui a, sinon développé une aile "libérale", du moins trouvé une forme d'ouverture au centre (sans doute contrait et forcé, via une nouvelle génération d'activistes, candidats et commentateurs, et le constat d'un certain isolement face à la machine médiatique de la gauche). Cependant, aujourd'hui je vais me ranger du côté de Trump juste pour ce coup là: après une diète de deux jours sur l'usage de Twitter (il devait porter des patches.... Ou avoir paumé son portable -ou ses aides l'avaient planqué), il a lancé deux tweets qui ont immédiatement eu l'effet escompté sur la mécanique désormais très huilée de l'hystérie de la gauche professionnelle (à différencier de la majorité de l'électorat de gauche): - "have a nice day" - "make America great again" Juste ça. Et à chacun de ces tweets, journalistes, têtes parlantes, le réseau des blue checkmarks sur twitter se sont déchaînés, jetant l'anathème sur ces déclarations forcément connotées, extrapolant les intentions sous ces dehors anodins, devinant de néfastes plans visant sans doute à amener le nazisme au pouvoir, trouvant des objections intersectionnelles sur les probables racisme/sexisme/transphobie/islamophobie/antisémitisme de ces messages.... Bref, alimentant, comme c'est depuis 3 ans l'habitude, la machine à outrage pour avoir le "Trump Bump" des audiences/de l'attention (et de leurs bénéfices matériels et spirituels) et nourrir encore plus leur hystérie auto-implantée et auto-alimentée qui se passe de toute aide extérieure, sauf évidemment ce qui peut en accroître encore plus la force (note: à peu près tout, puisque tout, même la météo, peut être interprété dans le sens politicien qu'on veut, pour arriver à la même conclusion à chaque fois: Trump/Orange Man = bad). Bref, ils se sont fait troller par Trump. Pas vraiment un type subtil, mais ils mordent à n'importe quel hameçon. Je suis sûr que certains d'entre eux le savent très bien et continuent ce jeu tout à fait cyniquement parce que c'est le business model, mais je m'inquiète vraiment, au-delà de cette petite anecdote débile (mais très révélatrice de l'état de l'arène publique américaine dont, comme d'autres "événements" médiatiques, elle expose le fonctionnement de manière claire), du niveau de rage, de subjectivité, d'hystérie, de "passion" sans grand-chose pour compenser (éthique? Quête de la vérité? Objectivité? Sens de l'Etat et du Bien Public? Patriotisme? Raison?). La passion est l'amie des régimes autoritaires, la raison n'a de place que dans une démocratie saine (et nulle part ailleurs: démocratie sans raison dans l'agora = démagogie, et par là oligarchie/autoritarisme).... C'est mal barré. Mais le trollage était bon. I approve of Trump on this one (just this one). Ah! Et les sondages ont montré que la presse était désormais l'institution majeure en laquelle les Américains avaient le moins confiance (pire que le Congrès, ou au même niveau, selon les sondages), soit une évolution négative après une brève embellie (limitée ceci dit) l'an dernier.
  5. N'était-ce pas déjà le cas avec la rapide montée en puissance du Japon d'après-guerre, de la Corée du Sud et de Taiwan, qui captèrent dès les années 60 une partie significative des productions qui recherchaient des marges plus conséquentes? Sans compter que, pour l'impact sur le "marché centre", les années 60, et surtout 70, sont déjà celles d'une première vague d'automatisation massive des chaînes de production dans nombre des industries porteuses du système fordiste (à commencer par l'automobile et le textile), et dans une moindre mesure, d'une première vague d'informatisation (= la partie moins iconique, visuelle, des types de jobs décimés par les machines: les boulots "cléricaux"/tertiaires dans les grandes boîtes). Les deux phénomènes, automatisation/mécanisation et outsourcing, sont arrivés et montés en puissance essentiellement dans la même fenêtre temporelle, pour un double effet kisscool.
  6. C'est juste moi ou ce fil (qui pourtant traite principalement de Trump Ier Le Touffu, donc en a vu d'autres) ressemble à la 5ème dimension depuis quelques posts? Je comprends pas le quart de ce qui s'y dit: y'a des sous-entendus/filigranes/messages codés dans les échanges? Ou c'est le vin chaud qui me tape trop fort sur le crâne? Mmmmmh, ça doit être la cardamome...
  7. Ca, c'est pas forcément très surprenant: le rapport ne fait-il pas appel à de nombreuses sources et procédés dont la confidentialité peut être importante, voire nomme des gens (j'entend par là des témoins, pas des gens impliqués/coupables de quelque chose) dont il vaudrait mieux pour leur santé et/ou leur avenir qu'ils restent anonymes?
  8. Comme spécifié dès vendredi soir (moment de l'annonce sur le rapport Mueller, connu aussi pour être le moment de la semaine pour l'infodump des masses de trucs auxquels médias et politiques ne veulent pas qu'on accorde de l'attention), il faut se foutre du rapport parce que les têtes parlantes "connaissent la vraie vérité" et ne vont pas se priver de gloser dessus à H24: qui a besoin du moindre élément de réalité pour affirmer des trucs de nos jours? C'est lère post-vérité, post-faits. Ca veut aussi dire des médias tradis (et la plupart des nouveaux) qui fonctionnent à perte et/ou sont complètement dépendants d'un certain nombre d'annonceurs et mécènes intéressés (partis, think tanks et autres "non profits"): quand on voit rien que les salaires des têtes d'affiches de CNN, on se demande par exemple comment une audience oscillant entre 0,6 et 1,5 millions de spectateurs (au mieux du mieux les jours d'hyper-affluence) peut même juste payer leur manucure. La réponse est qu'évidemment, elle ne peut pas payer ces salaires mirobolants (parfois plusieurs dizaines de millions par an pour plusieurs des présentateurs), et encore moins le coût de toute la production et du personnel derrière eux (plus l'infrastructure de la chaîne: administration, juridique, marketing, technique, immobilier...): annonceurs et différents types d'acteurs politiques paient la quasi totalité, si bien que c'est la politique politicienne qui paie la politique politicienne, dans une fuite en avant permanente très malsaine, et le tout pour des micro-audiences (d'autant moins valables électoralement qu'elles sont très localisées géographiquement, et sans doute très spécifiques sociologiquement: à 90% des gens qui de toute façon votent déjà pour votre camp, dans des zones qui ne votent que dans un seul sens). En termes commerciaux, c'est à ce stade juste le marchandage d'un peu d'influence pour les propriétaires de chaînes, et la participation au jeu désormais plus diffus et atomisé de l'opinion publique (à différencier de plus en plus nettement de l'opinion de la population), soit "la bulle" des différents types de têtes parlantes du pays, qui n'est nulle part mieux incarnée que sur Twitter, où les non-faits et non-vérités dominent dans un petit jeu permanent et hystérique (lourdement favorisé par l'entreprise qui pèse très nettement dans un sens politique et non dans d'autres) où seules les "blue checkmarks" (et les hordes plus ou moins grandes -mais malgré tout assez petites et non représentatives- de suiveurs qu'elles commandent et peuvent instrumentaliser) ont droit de cité et ne fonctionnent pour l'essentiel qu'entre elles, de façon quasi hermétique au monde extérieur. Pas mal de connaisseurs décrivent ainsi ce microcosme comme un jeu de téléphone arabe avec une guest-list petite et fermée, où l'essentiel des acteurs sont des activistes hyper-partisans qui se connaissent plus ou moins tous, sont souvent très peu qualifiés comme journalistes (mais le mot "influenceur" est plus en vogue: ça résume tout) ou se foutent complètement des principes du métier, et fonctionnent en circuit fermé, se croyant représentatifs du public, détenteurs de la vérité (sans faire l'effort d'en chercher une seule), vivant sur twitter à H24 (et pour beaucoup complètement shootés aux amphètes, antidépresseurs et à l'alcool vu le rythme et, pour la majorité, la paie merdique), avec des tendances démiurgiques quand au "pouvoir" qu'ils manient et à l'infuence qu'ils ont (énorme sur twitter, nettement plus relative dans le monde réel). Twitter encourage hautement ce système puisque l'essentiel de son beurre se fait via le trending impliqué par l'économie des blue checkmarks.
  9. Ce n'est pas la chaîne la plus regardée du pays: c'est la chaîne info du câble la plus regardée du pays, grosse nuance. Les chaînes du câble (dans le registre info, c'est CNN, MSNBC et Fox, pour l'essentiel, avec petite mention à CNBC -info, mais surtout axé économie) sont essentiellement des marchés de niche dont l'importance dans la conversation a été démultipliée à une autre époque (essentiellement les années 90) parce qu'elles étaient le truc "edgy", qui prenait (beaucoup moins qu'aujourd'hui) parti, avec en plus l'atout particulier de CNN à ce moment (un réseau unique de relais et correspondants au niveau mondial, le format H24 à ses débuts) qui jouait, comparé aux segments infos des Networks traditionnels, beaucoup plus regardés, mais produisant des "boring news" se contentant d'exposer et contextualiser les faits (les biais politiques jouaient dans l'édition -choix et priorisation des sujets, contextualisation- mais infiniment moins), soit ce qu'on appelait au temps jadis du journalisme. Aujourd'hui, à l'exemple de Fox, les cable news n'ont fait qu'une fuite en avant continue dans la tabloïdisation de leur contenu, avec une accélération marquée depuis 5-6 ans, ce que beaucoup de connaisseurs des médias interprètent comme la jonction d'un militantisme accru chez un certain segment de la main d'oeuvre (le produit des universités hyper idéologisées), des relations incestueuses entre têtes parlantes et politiques, entre médias, think tanks (devenus pur objets partisans) et partis, et d'un business inquiet, sinon désespéré, de voir ses modèles et revenus publicitaires baisser, avec de mauvaises prédictions d'avenir. Le résultat est la recherche d'une audience de niche qu'on fidélise et tribalise en leur servant la soupe à la colère permanente avec biais de confirmation à gogo. Et ce qu'il faut souligner est que ces audiences tribalisées ne sont pas énormes: on parle d'1 à 2 millions de spectateurs au grand maximum pour les programmes vedettes de ces chaînes dans leurs meilleures journées (et pour CNN, c'est moins que ça ces jours ci), 3 ou plus pour Fox, à comparer avec les Network News (CBS, ABC et NBC) qui doivent encore taper dans les 5 à 8 millions (très loin de leurs jours de gloire), et des réseaux majeurs d'infos régionales (dont des monstruosités aussi tabloïdisées comme Sinclair et ses équivalents de gauche). On est à l'heure où les gens se désabonnent du câble aux USA par contingents importants et croissants, à un rythme accéléré, et où, malgré une baisse, Facebook est la première chaîne d'info (donc sans production propre), soit un méli-mêlo d'échanges entre individus et groupes recrachant des segments écrits ou audiovisuels et contextualisant eux-mêmes (et les "pros" ont du mal à vraiment devenir viraux la plupart du temps, malgré artifices et aides des médias sociaux eux-mêmes: voir l'insuccès relatif ou absolu des grandes chaînes sur Youtube et autres).
  10. Surtout que la gauche médiatique a décidé de la jouer FoxNexs de la grande époque 2003-2007 (/Sénateur McCarthy des années 50): ils ont dit en essence "on se fout du rapport, on SAIT qu'il y a eu collusion et les Russes sont les hyper-grands méchants" (avec des moustaches partout, donc). Bref, tout le monde a copié le modèle FoxNews, tout le monde est un tabloïd hyper-partisan opérant dans une "fact free zone".... A l'heure où FoxNews elle-même (à part quelques programmes et talk shows qui restent des tribunes partisanes qui vont de bien à droite à complètement tarés: essentiellement Sean Hannity, Fox & Friends, "Judge Jeanine", Laura Ingraham) se calme beaucoup, sous la houlette des fils de Rupert Murdoch qui ont décidé, quand leur paternel s'est retiré, et surtout quand Roger Aisles a été dégagé (avec leur aide, semble t-il), de taper un peu plus mainstream.
  11. La congrégation moisie et figée des polisseurs d'anus contre l'église pourrie et autoritaire du Perpétuel Outrage: quelles grandioses alternatives les Américains ont en politique, ces jours-ci!
  12. Je me suis mal exprimé: "passer par pertes et profits", dans mon post, aurait plus du être "réduit à la portion congrue". Pas supprimé, mais synthétisé au maximum, ce qui peut donner quelque chose d'acceptable si il y a quelqu'un pouvant faire une EXCELLENTE synthèse équilibrant tous les impératifs le plus souvent contradictoires (entre autre le passage d'un récit écrit très dense et "intérieur" en un récit visuel qui crache et a du rythme), ou, et là c'est pour moi le pessimisme qui domine parce que les probabilités vont lourdement dans ce sens, quelque chose qui va de très mauvais à très banalement superficiel (ce qui donne souvent des récits qui se prennent très au sérieux et se donnent de grands airs/des airs cools, sans avoir vraiment les biscuits pour justifier cette "attitude").
  13. De toute façon, une adaptation à l'écran doit passer la majorité de l'aspect calcul + introspection + métaphysique/religion de Dune par pertes et profits, et encore plus si c'est pour le grand écran, où le format sera BEAUCOUP plus contraignant que dans une série, autant pour des raisons cinématographiques (la temporalité et le niveau d'exposition qu'on peut obtenir de l'audiovisuel par rapport à l'écrit), de temps (format 2h à 2h et demie max, et il faut compter au départ sur UN SEUL film pour tout dire, pas présumer d'une suite) et de barrière à l'entrée (comme dit plus haut ticket de cinéma + goodies + parking + nécessité de déplacement = investissement conséquent, à comparer à Netflix and co) impliquant une forte attractivité nécessaire du "premier degré" du film (action, tempo, originalité immédiatement visible, attrait du premier degré de lecture du récit). Trouver le bon compromis dans de telles conditions est pour moi impossible, ou pas loin. Après tout, quand on y réfléchit même un peu, peut-il y avoir une bonne adaptation ciné de trucs comme Guerre et Paix ou les liaisons dangereuses? Le premier, même dans un format minisérie, n'est qu'un roman fleuve très gnangnan avec quelques moments de grand spectacle, et le second est un Fifty Shades en costume, faussement provoquant. La vraie qualité de ces oeuvres passe difficilement dans un format audiovisuel court, au point qu'on peut se demander si elle peut réellement passer à l'audiovisuel tout court. De même, Astérix (époque Goscinny évidemment) sans le parallèle sur la société de son époque et/ou l'exploration d'autres cultures, et sans le double ou triple niveau de lecture côté comique de situation, jeux de mots et gags, c'est juste des histoires très basiques, qui cantonnent la série à la partie 7 ans de l'iconique slogan des bédés de l'époque "de 7 à 77 ans". Donc voilà la raison de mon pessimisme sur une adaptation de Dune, et c'est peut-être pas sans lien avec l'historique des adaptations de ce roman: Lynch n'a pas du tout pu produire ce qu'il voulait, et pas uniquement à cause de son studio, et ce que voulait faire Jodorovsky allait bien avec le personnage (complètement allumé), mais n'aurait sans doute rien donné de digérable à l'écran. Jodo avait sans doute le bon filon pour être fidèle (quoique sans doute plus au côté mystique/psychologique/psychédélique que politique/action), mais pas celui pour produire un film grand spectacle prenant. A mon avis, la production de ce truc prend un risque beaucoup trop grand.
  14. Non, effectivement, mais c'est le mieux qu'on puisse faire, surtout pour une oeuvre ou une bonne part de ce qui se passe se déroule dans la tête des personnages majeurs: analyse, prise de décision, calculs..... C'est Game of Thrones sous amphètes, et c'est justement une bonne part de ce qui fait la saveur, le caractère unique, de Dune. Sans au moins une adaptation de ça à un format audiovisuel (cad une simplification compatible avec un tempo satisfaisant), on n'aura que quelque chose de très banal, un genre d'histoire de prince-déchu-puis-reprenant-le-trône comme il y en a 100 000 autres, avec 2-3 gimmicks esthétiques et un océan de platitudes. Etant donné que, par ailleurs, il ne s'agit pas d'une oeuvre si connue des principaux publics ciblés par les distributeurs (les publics les plus nombreux et rentables), notamment les jeunes (le temps existe, et l'apogée de la notoriété de Dune a plus de 30 ans maintenant.... Et c'est pas, contrairement à Star Wars, quelque chose qui est "transmis" par les parents à leurs enfants), qu'elle n'est pas portée par une franchise existante comme Marvel ou, encore récemment, Star Wars (ils peuvent essayer d'en faire une franchise, mais c'est DUR), et qu'il est douteux que l'adaptation puisse se faire avec un budget modéré (ce sera un truc cher, ou alors ce sera pitoyable), il y a un besoin impératif de se démarquer, de "créer l'événement", soit quelque chose capable de trancher dans le décor ET d'emballer un large public tout à la fois, afin de bien marcher, et si possible d'ouvrir la voie à une franchise (avec un bon box office et des bénefs modérés, voire juste une couverture des coûts, il est possible de faire des suites, si et seulement si le public conquis a une taille critique: dans un tel cas, le premier film essuie les plâtres pour "créer la marque"). Et ça se fait pas en produisant du "vu ailleurs un million de fois". Luc Besson a récemment payé cher le fait de penser compenser l'absence de notoriété établie et d'un bon scénar par les effets spéciaux et l'esthétique générale. Mais, encore une fois, sans ce qui fait la saveur unique de Dune, on n'aura qu'un énième space opera qui, aussi dantesque que soit la CGI, aussi fortes que soient les explosions, ne sera qu'un empilement de codes et tropes vus mille fois ailleurs, sur grand écran ou en streaming, et donc essentiellement, pour reprendre une critique d'il y a deux posts, un truc kitsch (malgré le prix) et sans la moindre originalité. Un blockbuster de plus dans le grand fleuve indifférencié qui continue de couler dans les écrans qui ont maintenant vraiment beaucoup plus de concurrence qu'avant. Je sais que la logique des studios semble parfois douteuse, mais je pense que, surtout après quelques expériences des dernières années et l'explosion du streaming, la réalité pourrait les rendre un peu moins imprudents quand il s'agit de lancer un film à 100-150 millions ou plus (avec 80 à 100 millions en marketing à ajouter à cette addition). On est dans une ère où la production audiovisuelle est 6 fois plus importante qu'en 2001 (et ni la population, ni l'investissement en divertissement, ni le nombre d'heures passées à en consommer n'ont été multipliés par un facteur même un peu comparable), où le ticket de cinoche en Amérique du Nord est désormais autour de 15 dollars (avec le parking, les boissons et la junk food, ça fait plus de 100 dollars la soirée pour une famille de 4: c'est plus du tout anodin) et pas trop loin par chez nous, et où l'offre à domicile est plus que concurrentielle côté qualité, et sans comparaison côté coût.... Si les studios font pas un effort, ils vont vraiment en prendre plein la gueule, parce que la "banalité du blockbuster" ne paie plus, à moins d'être déjà une marque établie (cf Marvel).
  15. Mon opinion sur le projet est tout à fait perso: je ne crois pas que ce sera un bon film, non parce que j'incrimine qui que ce soit ou quoique ce soit, mais parce que je pense fondamentalement que le format film n'est pas adapté à Dune. Même un film de 3h (et quel studio aujourd'hui laisserait sortir un film de 3h si le coût dépasse les 100 millions? Trop de risque, surtout avec un matériel de ce genre) ne pourrait rendre la moindre justice à l'intrigue et à ce qui fait la richesse de l'univers de Dune, de ses persos et de ses différents niveaux d'histoire et de leur lecture. En somme, même 3h, à mon avis, ne pourraient permettre de dégager ce qui en fait la saveur profonde, seul élément qui pourrait faire sortir du lot cette oeuvre qui, sinon, risque fort de se résumer à un space opera avec plus ou moins d'action et rien de terriblement différent de ce qui sort par ailleurs, rien de suffisamment différent pour créer l'événement, ou mieux/plus, une franchise. Une série deluxe sur Netflix ou Amazon aurait mieux convenu.
  16. Simple: l'Angleterre existe toujours, et peut donc recommencer (dans ce monde hypothétique où le droit féodal revient) à prétendre au trône de France, en remettant le couvert militaire pour ce faire. Donc de ce fait, le jugement de Dieu est encore en suspens, tant qu'il y a des entités aptes à "faire appel" du dit jugement. Simple, non? Rien n'est jamais terminé. A moins qu'on devienne VRAIMENT brutaux.
  17. C'est pas pour autant que les Européens doivent accepter d'être les nouveaux Romains ou Amérindiens: l'Histoire devrait pouvoir servir de leçon de temps en temps.
  18. Je ne sais pas si, au moins dans ce cas, c'est si évident: les déclarations du type et son "manifeste" tendent à indiquer qu'il a pensé son action comme acte symbolique dans le cadre d'une stratégie de son cru, visant plus les USA (comme "coeur" du débat en occident) et leurs médias que la NZ, ici simplement instrumentalisée par commodité (j'imagine) pour des raisons de distances, de connaissance du terrain et de complicités locales. Comme tout terroriste ou wannabe terroriste, l'acte lui-même veut avoir une portée, les cibles proprement dites ne sont qu'incidentes, un moyen pour une fin. Aller dégommer du jihadiste en Syrie, dans l'optique que ce gars présente, ça ne lui servirait à rien puisque son trip avait l'air d'être la "défense" de la civilisation et de la "race" occidentale, apparemment par le moyen d'une "guerre des races" et des cultures dont 'il entendait ainsi accélérer le déclenchement, en impactant le système médiatique dont il a, de façon troublante, anticipé les réactions (assez bien décrites) à son acte. Et tout le monde, pour l'instant, semble jouer la partition voulue par ce taré.
  19. Une politique pertinente? Quelques aménagements de sécurité et.... Ne pas bouleverser l'Etat de droit ou concentrer plus d'autorités et de moyens (légaux surtout) dans les mains du premier politicien capitalisant sur un drame? Pas laisser faire la logorrhée de demandes de censure et de contrôle sur les plates-formes d'échange/discussion sous couvert de "protection" et de bons sentiments? Toutes choses qui ont eu tendance à arriver, sous une forme ou une autre, depuis le 11/09. Le plus dur dans ce genre de circonstances est de se dire, et de faire accepter, qu'on a des sociétés qui marchent/marchaient pas si mal, et que s'il y a des trous sécuritaires et des adaptations à faire dans ce domaine (et je parle matériel, effectifs et organisations, et aussi peut-être un sérieux travail d'éducation, de résilience, dans des sociétés qui ont vécu trop longtemps sans conscience que le monde est dangereux), il est peut-être un tantinet excessif, et même plutôt dangereux, de grignoter l'habeas corpus et le socle culturel nécessaire à une société d'opinions et d'expressions plurielles (donc avec des antagonismes naturels de toutes sortes, qui tous ou presque doivent garder leur légitimité) au nom de la "sécurité" et de la "lutte contre la haine" (concepts bien vagues et extensibles à l'infini pour qui veut/peut les instrumentaliser).
  20. A peu près aussi significatif qu'un hashtag de solidarité: un court moment.... Non suivi d'effets.
  21. On sait si c'étaient des armes légales? Le sujet n'est plus vraiment brûlant en NZ (en tout cas jusqu'à cet attentat) où la réglementation est très stricte, même si le droit à posséder des armes est considéré comme important, et le nombre d'armes légales l'est aussi (1 à 2 millions d'armes), essentiellement des pistolets et des armes longues "classiques" (fusils de chasse pour l'essentiel). Il y a cependant un problème de trafic, notamment de FA. L'un des trucs constatés de façon récurrente, c'est que plus de réglementation ne résoud généralement rien, alors même que le sujet a une importance particulière en NZ: comme certaines régions des USA ou de l'Australie où la culture des armes est importante et leur rôle valorisé, il s'agit d'un pays très peu densément peuplé, ce qui est l'une des raisons de sa faible criminalité (du moins la criminalité à armes à feu): les gens son dispersés l'habitat tend à être clairsemé, le pays est surtout fait de petites villes et bourgs (plus les villes sont "à échelle humaine" et plus les habitants s'y connaissent, moins ce genre de choses arrivent, toutes choses égales par ailleurs). On en revient de facto à l'une des problématiques fondamentales qui bloque le débat aux USA: une bonne partie du problème est qu'il s'agit d'un conflit en partie insoluble entre ruraux (et apparentés) et urbains (au sens: grandes zones urbaines très denses), les ruraux ne vivant pas dans des zones où, en cas de problèmes, les temps de réponse policiers sont d'une quelconque pertinence. En attendant d'en savoir plus sur comment ces trous du cul se sont procurés leurs armes. Ce qui est sûr, c'est que les pulsions politiques qu'on a dans l'immédiat sont le plus souvent mauvaises, et essentiellement de la gesticulation. La seule réponse saine que j'ai jamais entendu après un événement pareil était celle du Roi de Norvège post Breivik (évidemment peu suivie d'effet puisqu'il n'est qu'une potiche), quelque chose dans le goût de "plus de libertés, plus d'échanges avec ceux qui sont différents de nous (marche dans tous les sens: pas de prescription d'un "camp du bien" qui aurait raison, ou d'un "camp privilégié" qui aurait un effort à faire), et continuer à vivre".
  22. Le backstop, si on veut en parler autrement qu'en termes de café du commerce, c'est très au-delà de mes compétences: y'a un juriste spécialisé en droit international et/ou européen, ici? Pour une "réintégration" post accalmie, les Rosbifs ont peut-être une carte qui continue à parler fort, et c'est la City: c'est essentiellement autour de ça que beaucoup de choses tournent, notamment dans le lobbying auprès de Bruxelles: le grand déménagement n'emballe personne dans les banques, même si, par prudence et nécessité, elles ont posé des jalons et tout le monde sur le continent leur fait les yeux doux pour avoir sa portion de la potentielle ex-place financière de premier plan (avec une chance unique de déconcentrer cette abomination et son emprise sur une puissance européenne.... pour les rêveurs). Le fait demeure que beaucoup de gens ont intérêt et volonté de ne pas changer le bouzin, et que ces "beaucoup de gens" savent parler fort aussi à Berlin, Paris et Bruxelles.
  23. Une fuite d'un think tank britannique (the Bruges Group) recrache le contenu d'une conversation entre May et Merkel, avec la première garantissant à la seconde qu'il n'y aurait jamais un "hard Brexit", que le RU garderait autant des règles de l'UE que possible avant d'opérer un retour dans l'Union aussitôt que les choses seraient "plus calmes" (post cycle électoral européen) et que les tories aient été "purgés" et/ou mis au pas. A ce stade, je ne sais absolument pas quel crédit accorder à cette "fuite", pour l'instant seulement mentionnée dans des médias fortement orientés Brexit (Telegraph, Breitbart and co), mais le think tank en question est un organisme sérieux. Faudra voir ce que ça donne, mais l'attitude de May depuis le référendum a été assez parlante de toute façon, et révélatrice des intentions de l'élite britannique. Donc c'est pas forcément très surprenant, dans le fond sinon dans la forme.
  24. Le "droit" de la France à l'Angleterre, si jamais il y a quoique ce soit de même un peu valide: - soit on a un individu qui, à titre patrimonial, peut réclamer l'héritage Plantagenêt suite à certaines.... Irrégularités dans la ligne de succession au trône des Brits (guerre de succession de Richard II et accession de la Maison de Lancastre en 1399, Guerre des Deux Roses entre 1455 et 1487, débouchant sur l'arrivée des Tudors); je ne sais pas s'il y a le moindre prétendant vivant aujourd'hui ayant un tel droit. Mais de toute façon, il s'agit ici d'une succession privée, en aucun cas d'un droit de l'Etat français - soit on a une prétension "nationale" au titre de la continuation de la monarchie française, pour le titre de roi d'Angleterre obtenu par Louis VIII (pas encore roi de France à ce moment) en 1216: il fit une officielle "joyeuse entrée" à Londres et fut proclamé roi à la cathédrale St Paul. Mais petit problème: il ne fut pas sacré officiellement, et plus encore reconnut, après que tous les barons anglais se fussent retournés contre lui (en raison de la mort de Jean Sans Terre, principal motif de leur ralliement à Louis) et qu'il ait du accepter de partir, qu'il n'avait jamais été roi.... Contre paiement d'une très forte somme d'argent par les dits barons anglais. Oups, donc même si de tels prétendances avaient la moindre validité (l'une serait à titre privé et patrimonial, l'autre est sans doute nulle et non avenue), il faudrait les faire valoir par la force des armes, non seulement pour des raisons évidentes (ben tiens), mais aussi parce que si l'on se plaçait dans un monde alternatif où la monarchie est le truc à la mode, et tout d'un coup surgissent toutes les factions ayant un "droit" avec un peu de validité remontant au Moyen Age (ce putain de droit féodal), ben il y aurait de la concurrence.... Avant tout en Angleterre même, où il y a eu quelques successions et changements de dynasties.... Houleux. Même en ne comptant que depuis la conquête normande. Et vaut mieux pas trop commencer à réfléchir comme ça, parce que, si l'on se rappelle bien, la position anglaise quand au droit au trône de France telle qu'avancée depuis les années 1320-1330 (avec un "petit" truc qui démarre en 1337 et n'est que mal résolu en 1453 puis 1475), elle, est toujours valide. La couronne anglaise a arrêté au XIXème siècle de se dire "couronne de France et d'Angleterre", et a arrêté de prétendre au trône de France, mais n'a pas officiellement scellé d'acte spécifiant cette renonciation, qui est donc toujours potentiellement re-sortable si l'occasion se présentait. De même, les prétendants jacobites (les Stuarts, ou plutôt leurs ayant-droits de nos jours) n'ont jamais renoncé à cette prétention au trône de France dans leur titulature, ce qui fait qu'il y a un certain nombre d'options possibles de ce côté, entre plusieurs grands aristos britanniques issus des Stuarts par la main gauche et légitimisés (4 ducs différents au RU), une famille princière bâtarde (les Fitzjames, Ducs de Berwick, dont la branche française est éteinte, mais la branche espagnole demeure), et une famille princière toute légitime, les Wittelsbach (les ducs de Bavière, descendants de Louis II, le taré aux châteaux grandioses, et ayant-droits aînés des Stuarts). Donc, côté "légitimité", si on commence à regarder d'un peu près, à cause de cette vieille histoire de "loi salique" resortie des tiroirs au moment opportun pour les Valois, y'a comme qui dirait un petit problème si on veut jouer sur ce terrain.
  25. L'un des problèmes de la nouvelle religion intersectionnelle est justement qu'elle n'a pas réellement d'ennemi équivalent: elle invoque plus un opposant imaginaire et dépeint quiconque la contredit ou la critique, même un peu, comme ce moulin à vent qu'elle a besoin de se représenter comme un dragon.
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