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Tout ce qui a été posté par Tancrède
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Certes, c'est pourquoi j'ai précisé "dans les limites de pertinence de l'étude". Mais je ne l'aurais pas citée si cela ne rejoignait pas les proportions et groupes (approximatifs) que j'ai vu (et je crois, cité sur ce fil, même si ça doit remonter à quelques années) dans d'autres études/enquêtes au fil du temps. Ce document, je l'ai trouvé notable en ce qu'il essaye d'entrer un peu plus dans le détail en ce qui concerne la gauche et la sous-culture qui apparaît dominante dans les médias et ne trouve pas tant d'écho que ça dans la population: il s'attache plus à proposer une délimitation de ceux qu'on qualifie de "progressives" par rapport aux "liberals" (eux-mêmes ayant leurs distinctions), et à se pencher sur la "masse de manoeuvre" de ceux qu'on voit actuellement hurler dans la rue, dans les médias et online en prenant la "défense" des minorités soi-disant "opprimées", sans que celles-ci semblent vraiment représentées en nombre dans leurs rangs. Caricature du phénomène: quand on voit des manifs avec des antifas et assimilés, on les voit hurler des injures racistes à des flics de couleur, ou des militants de couleur qui s'opposent à eux, et que voit-on sous les capuches? Une mer de visages blancs. Lors des dernières altercations entre des groupes conservateurs et antifas-like à Portland (capitale d'antifa), il y avait beaucoup plus de minorités ethniques du côté des soi-disant "fascistes" que côté capuches. Un des nombreux faits qui semblent échapper aux médias qui font l'apologie des dits capuchards, éternellement présentés comme de braves gens n'ayant à coeur que la lutte contre un "fascisme".... Qui n'existe quasiment pas aux USA (les autorités n'arrivent pas à trouver plus de 10 à 20 000 "white supremacists" et assimilés aux USA.... Dont l'immense majorité a depuis longtemps passé la date de péremption; la tristement célèbre manif a Charlottesville n'avait réussi à faire venir que 600 glandus -plus de la moitié n'étaient pas des perdreaux de l'année- malgré presque deux mois de préparation).
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Je l'aime bien cette formule.... Une expérience personnelle? Et cela vient de The Atlantic, un journal très à gauche, qui fut plus équilibré mais qui a récemment viré à peu près tous ses journalistes, fact-checkers et collaborateurs républicains et suivi la tendance "woke", espérant lui aussi qu'un tel choix lui attirerait un nouveau et vaste lectorat.... Qui n'est en fait pas si grand que ça, comme l'étude le souligne. Si en plus on ajoute le fait qu'environs 30% (dans l'étude) de ces "progressive activists" se méfient aussi de la culture PC (même si j'imagine qu'ils ne la définissent pas comme d'autres), ça laisse un groupe hardcore de 5-6% qui sont pour la censure.... Donc ce sont eux qui dominent la grande majorité des parutions, donnent le ton à la télé, et contrôlent absolument les grandes boîtes internet (médias sociaux surtout). Logique, non? Mais que cela ne donne pas trop d'espoirs aux conservateurs durs: certes, ils sont plus nombreux que les gauchistes (3 fois plus), et ils partagent bien des préoccupations avec les peu/pas engagés et les modérés (notamment terrorisme/sécurité, immigration et emploi), mais ils ne sont pas pour autant si populaires non plus. La chose révèle plus une très profonde division de la gauche, sans doute plus profonde que celle qu'on voit à droite (populo vs conservateurs) ou entre la droite et les modérés/peu engagés (une part très importante de ceux qu'on appelle "indépendants"), mais aussi, peut-être plus que toute autre chose, la profonde déconnection entre les élites de la scène publique (à différencier partiellement des élites économiques sur de tels sujets) et la population, qui reflète le mécontentement persistant de celle-ci vis-à-vis de l'élite politique en général (élus et hauts fonctionnaires, lobbyistes et autres "intermédiaires", figures du débat public -médias and co). Ce point revient avec une grande insistance en tête des sujets de préoccupation principaux des Américains depuis de longues années (devant l'économie et les inégalités, sauf au plus fort de la crise, de 2008 à 2011 environs): la faible représentation, la corruption et l'influence des "special interests" (corporate et idéologiques), et les partis eux-mêmes, sont pointés du doigt de façon assez unanime, sans qu'un groupe politique ou un autre ne se démarque dans sa condamnation ou son acceptation du phénomène. C'est sans doute le sujet le plus consensuel dans la population américaine (avec le fait que le racisme et le sexisme, c'est mal, contrairement à ce que les "intersectionnels"/antiracistes/féministes/post-modernistes prétendent), et depuis un bail. Raison pour laquelle il est rarement adressé dans les grands médias, et jamais au Congrès. Encore une fois: logique, non?
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Une étude intéressante sur les "tribus" politiques américaines (qui doivent, bon an mal an, se répartir entre les partis disponibles, principalement les deux grands, pas toujours selon les lignes attendues): https://static1.squarespace.com/static/5a70a7c3010027736a22740f/t/5bbcea6b7817f7bf7342b718/1539107467397/hidden_tribes_report-2.pdf C'est assez long, donc l'idée est plus de voir quelques grandes données qui sont assez révélatrices (dans les limites de pertinence de l'étude, évidemment). Un article qui en tire un inventaire (à prendre avec quelques pincettes); https://www.theatlantic.com/ideas/archive/2018/10/large-majorities-dislike-political-correctness/572581/ Le rejet de la "culture PC" est assez massif, et ce depuis longtemps, mais le fait ne semble pas avoir grande prise sur le comportement des médias et des élites qui, comme on peut le voir en général, veulent imposer les termes du débat et la trame narrative générale censée servir de référent commun, de position par défaut. Cette élite est quasi exclusivement de gauche/"gauche culturelle": tout comme le monde du business et de ses grands lobbies tend à imposer les termes de la conversation économique et, avec d'autres groupes, ceux de la conversation de politique étrangère, cette élite socialo-culturelle impose ses vues dans le paysage culturel et les arènes de débat (on vient de voir une nouvelle fuite venant de Google, où la censure active est désormais ouvertement présentée comme une bonne chose, au nom de la "protection" et de la "civilité", et contre les racistes et les méchants russes, évidemment).... Sans forcément avoir autant d'impact que ça sur la population (il y en a un, dans une certaine mesure) qu'ils le voudraient, même s'ils imposent cette "zeitgeist" artificielle sur toutes les plates-formes et tous les médias possibles (infos, débat, reportages, divertissement, talk shows politiques ou non....) et dans l'enseignement pour tous les âges. On constate ainsi que cette mentalité résumée sous le nom de "progressivisme" dans l'étude (les termes "progressives" et "liberals" aux USA sont très différents de ce qu'ils sont chez nous, et pas toujours bien déterminés) touche assez peu de monde (8% de la population), mais que la population concernée est très homogène: pour faire court, c'est blanc, c'est sur les côtes, c'est riche et ça a passé beaucoup de temps à la fac (ce qui ne veut pas forcément dire éduqué/cultivé, surtout de nos jours). On voit néanmoins autour de ce phénomène le rôle d'Internet et des médias sociaux, qui ont servi à la fois de révélateurs des opinions qui n'avaient pas/trop peu droit de cité (et d'une juste représentation, pas d'une caricature) dans les médias (devenus peu représentatifs), et de miroir déformant de la société (hyper-représentation des "tribus", groupes et individus les plus militants, souvent les plus extrêmes, et toujours les plus suractifs). Avec un essai de définition de la notion floue de "politiquement correct"; Un essai (non représentatif) amusant de l'auteur: Pas représentatif, mais plutôt indicatif du phénomène observé sur la scène médiatique (du moins la "grand scène"); un accaparement du débat par un groupe trop petit, fermé, entriste, pour représenter une portion suffisante du grand-public, qui s'est tellement habitué à monopoliser la scène et à débattre presque littéralement "en interne" (même si avec une audience) qu'il s'est graduellement fermé sur lui-même au fil des années, au point d'avoir une "fenêtre d'Overton" si réduite que tout ce qui n'entre pas dans les paramètres de leurs échanges est violemment rejeté avec tous les qualificatifs en "iste" et "phobe" qu'on connaît, même si ces termes ont aussi été très consciemment instrumentalisés pour abattre la contradiction). Comme on dit maintenant, "get woke, go broke" (devenez "woke", vous finirez fauchés), soit le business model actuel de nombreux médias. Un bout de conclusion assez pertinent selon moi:
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Le Brésil, le géant de l'Amérique du Sud
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Ils ont beaucoup de sites de propagande/fake news/journalisme hyper orienté AUSSI, t'inquiète pas pour eux. L'un des points communs des démocraties, cependant, est que, dans une mesure ou une autre, la gauche, surtout la "gauche culturelle", a tendu à prendre le contrôle plus ou moins complet, en tout cas très dominant, des médias traditionnels, une tendance perceptible mais pas écrasante jusqu'il y a pas si longtemps, mais accélérée par internet, et en explosion absolue depuis les médias sociaux. Le business model traditionnel des médias qui, entre autres choses, incitait à essayer d'accroître son audience au maximum, donc à ratisser aussi large que possible (ce faisant contraignant à un minimum d'équité et de désidéologisation du propos, de façon authentique ou non, réussie ou non), a explosé, disparu. On est maintenant dans la quête à l'audience tribale, avec le problème d'une profession dominée de manière plutôt écrasante par des personnels plus ou moins marqué à gauche, qui souvent, au sein de la profession, fonctionnent de façon assez entriste, voire sectaire, marginalisant, ridiculisant ou excluant ce qui ne leur ressemble pas (et avec maintenant une claire motivation business pour le faire, dans le nouveau "modèle"). Il y a évidemment de la résistance sur ces marchés médiatiques "traditionnels" (plus ou moins suivant le pays, sa scène, ses particularités....), mais elle est du même registre: hyper tribal, caricatural, biaisé à mort.... Parce que c'est le jeu tel qu'il est devenu, et qu'il ne peut y avoir qu'escalade parallèle, une course aux armements permanente de la connerie, de l'hypocrisie, de la partialité extrême, pour essayer d'accroître et de fidéliser autant que possible des audiences par essence plus limitées (les partisans/hyper partisans).... Sans compter la proportion variable de journalistes qui sont en fait plus des activistes, voire des quasi-fanatiques (souvent les plus jeunes et moins professionnels, aujourd'hui majoritaires parce que pas chers, surexploités et vivant en vase clos, entre eux et sur twitter), largement encouragée par des managers parfois activistes, mais toujours cyniques, et en fait cherchant désespément à trouver un business model viable. Une anecdote récente m'a amusé: le NY Times est l'un des rares journaux à encore dégager un bénef significatif. Comme les autres, il repose beaucoup sur ce qui est de fait du mécénat corporate (donc bye bye indépendance), mais l'autre partie notable de ses ressources, c'est le fait qu'il est proprio de son immeuble (souvenir de temps meilleurs), et qu'il en loue la moitié. C'est pas vraiment les unités et abonnements vendus qui paient la note, et la pub ne paie plus vraiment beaucoup. Et on parle là du nom le plus solide et reconnaissable au monde dans le journalisme. Donc l'état des médias traditionnels, c'est ça: un modèle désormais non viable, qui essaie de s'accrocher à des audiences en chute libre en maximisant l'aspect tribal et en poussant chaque jour le bouchon dans ce registre un peu plus loin, sachant que cette fuite en avant les décrédibilise plus ou moins vite. Un très important mécénat corporate a maintenu les apparences depuis une bonne décennie, sous diverses formes: contenu payé sous mille et une formes, influence, mais aussi mirifiques levées de fonds pour des développements online qui parfois ont des résultats rapides à court terme, mais ne rapportent au final jamais (on voit régulièrement les volées de licenciements dans la plupart de ces grands médias, les conditions de travail flippantes...), autre témoin d'une quête d'un business model viable. Et là, justement, c'est dans une droite plus ou moins chassée de la "grande scène" (ex-grande scène) que la chose s'est un peu plus bougée (au prorata du "taux de domination" des grands médias par la gauche/la zeitgeist de gauche): d'abord avec le public de droite/indépendant (ceux qui veulent un mix d'infos)/qui peut pas blairer la gauche ou CETTE gauche culturelle. Ce public s'est retrouvé online et s'est organisé plus ou moins, créant pas mal de pire et un peu de meilleur. Youtube, politiquement, par exemple, est assez nettement dominé par des commentateurs de droite, indépendants ou juste anti-gauche/de gauche "en exil" (même si une gauche ultra-militante a aussi une solide niche). Mais en ce qui concerne les parutions, articles écrits.... La droite a trouvé en ligne un espace de déploiement dont elle a profité. C'est vrai à divers degrés selon les pays et leur scène politique, évidemment, mais c'est essentiellement le tableau. J'ai vu un comparatif assez révélateur sur le cas américain, où les 10 sites d'infos politiques les plus consultés par la gauche et par la droite sont édifiants: côté droite, c'est un tiers sérieux, un tiers mixte (fiable/sérieux mais vraiment HYPER orienté), un tiers propagande/fake news. Côté gauche, c'était un seul titre sérieux et 9 propagande/fake news (pour illustrer: ce que l'audience de gauche consulte le plus en ligne, c'est Occupy Democrats, qui est de la pure propagande radicale). Et, autre détail notable, l'audience à droite était 4 à 5 fois plus grande. Mais c'est le cas américain, où tout ce qui est indépendant, modéré ou de droite a été chassé de la télé (sauf Fox qui, pour sa partie analyse et commentaires, est bien connue pour son radicalisme délirant) et de l'essentiel de l'édition (un fait renforcé par la mort de la presse locale et l'hyperconcentration géographique des grands médias sur les deux côtes depuis 10 ans). C'est donc une forme de rééquilibrage, particulièrement visible aux USA parce que l'évolution du marché a été extrême, et sans doute plus rapide qu'ailleurs. Je ne connais pas le marché médiatique brésilien, mais les mêmes logiques sont à l'oeuvre: le défi du business model viable est mondial pour les médias. Et peu de gens ont trouvé une formule. L'impact sur les vies politiques, les arènes publiques, le sentiment de la res publica, est dantesque. -
Le Brésil, le géant de l'Amérique du Sud
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Il a pas aussi rencontré une avocate russe, tant qu'à faire les choses "dans les formes" ? -
USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Tancrède a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
Et crois-tu une seule minute qu'ils ne vont pas se remettre immédiatement à les redéfendre avec la même ferveur dès après la parution de cet article auto-exonérant? Je l'ai dit je le répète: il y a peu de préambules qui me rendent aussi instantanément méfiant qu'un journaliste commençant par "des études montrent que". Quand le sujet concerne le domaine sociétal, on peut être sûr que c'est du pipeau 99% du temps. Si en plus c'est un truc comme le HuffPo.... -
FRANCE : 5° puissance économique?
Tancrède a répondu à un(e) sujet de SPARTAN dans Economie et défense
Sérieux ? Qu'est-ce que tu appellerais un "style chinois" vendu aux Galeries? -
USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Tancrède a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
Quel récit? A part le fait qu'on ne sait rien du tout, et qu'il n'y a pas grand-chose de corroboré/étayé. On sait, sans en être absolument sûr, qu'il était de ceux qui regardaient sans agir quand des petites brutes tyrannisaient certains élèves (comme 90% des gens: passifs), qu'il aurait ou non exhibé son cul dans une soirée arrosée (un véritable monstre: aucun étudiant n'a jamais fait ça), et sinon? Le reste, c'est des batailles de "on dit", avec aucun témoin (pourtant invoqués par elle) validant quoique ce soit du récit de Blasey Ford, voire certains le contredisant carrément, et des histoires de pressions sur certains des dits témoins, plus en prime quelques dénonciations de la "victime". Il y avait tellement de grain à moudre sur le bilan juridique de ce gars, entre une grande complaisance à l'égard du big business et son empressement à soutenir tout plein de trucs liés au Patriot Act (problème: beaucoup de démocrates appuient cela) et à la "kill list" d'Obama (la "drone war", les assassinats incluant des citoyens américains exécutés sans procès....); rien que de ceux sur lesquels je sais quelques trucs, il y avait au moins 4 ou 5 sénateurs républicains facilement retournables sur ces sujets (Markowski, Collins et Rand Paul à tous les coups). Mais non, ils ont opté pour le théâtre à grand frais dans une opération de relations publiques ratée (impact très négatif sur l'électorat républicain et les indépendants) qui a des allures de chasse aux sorcières gratuite et normalise toujours un peu plus le déni de la présomption d'innocence. Cela souligne en fait l'état des rapports de force politique: les républicains dominent le Congrès (plus pour longtemps) et la CS, les démocrates ont une emprise absolue sur la culture et les médias (qui elle ne disparaît pas après une élection perdue ou gagnée), donc sur la conversation nationale (du moins sur les grandes plates-formes existantes). Les démocrates sont tout aussi complices de l'oligarchie: y'a rien à espérer de leur côté. Et ils ont leurs propres bastions d'oligarchie corrompue (universités et enseignement en général, syndicats, florilège d'organisations censément à but non lucratif, fonction publique....). L'élite américaine s'accommode fort bien de la domination d'un parti ou de l'autre, comme l'a montré l'administration Obama, premières années avec majorité inclues. Pour paraphraser Séguin: démocrates et républicains sont, pour la plus grande partie, deux détaillants concurrents du même grossiste, Wall Street (et "Corporate America"). Pas oublier que si on avait jusque récemment (et c'est juste reformulé sous d'autres noms) "l'UMPS", les ricains ont les "demreps". La gestion des Etats solidement "bleus" ou "rouges" devrait le rappeler: le "bien commun", ils s'en torchent. D'autre part, rappelons que sur le plan judiciaire, les démocrates ont leurs propres dérives aussi, qui sont tout aussi flippantes, et une bien plus grande tendance à vouloir légiférer par des juges fédéraux (cad des technocrates non élus, sans comptes à rendre, et inamovibles) très activistes. Qu'un parti domine un peu plus le processus de nomination à un moment donné n'a rien de nouveau, et outre le fait qu'il y a quand même aussi un grand nombre de juges nommés par des démocrates en exercice et non déboulonnables, il faut par ailleurs noter que les circuits fédéraux ont leur propre mémoire institutionnelle qui les fait pencher généralement (fonctionnement, pressions internes, résultats, culture ambiante) plus vers un parti que vers l'autre, quelle que soit la couleur d'un juge (relativisant ses penchants personnels dans une certaine mesure). Et de ce côté là, c'est assez bien réparti, non seulement dans les 13 circuits fédéraux, mais aussi dans les 94 district courts fédérales (l'échelon inférieur aux circuits, le supérieur étant la CS). De ce côté là, le système judiciaire américain fonctionne assez bien, à savoir qu'il ne fonctionne pas très bien parce qu'il est fait pour ça: il est fait pour maximiser la contestation permanente et forcer au maximum de consensus, relativisant le poids d'une seule décision judiciaire autant que faire se peut et multipliant les caveats, limites et possibilités d'appel. Quand au fait que, pour ce qui concerne le versant économique/corporate des décisions de justice, il y a plus à craindre de juges conservateurs.... Faut sérieusement pas avoir fait attention aux décisions de juges démocrates sur ces sujets. ils viennent du même bain. L'oligarchie est par essence bipartisane, sinon elle serait beaucoup plus fragile. Pour ce qui est de l'influence républicaine sur l'économie, je craindrais beaucoup plus le rôle des agences de réglementation (les agences fédérales ayant un fort pouvoir de fait législatif vu la complexité de l'application des lois et l'aspect toujours plus politicien et pas très technique des lois votées au Congrès) de ce côté: quel que soit le parti au pouvoir, c'est par là qu'il produit le plus d'effets pervers, vide des lois de leur sens, leur fait dire ce qu'elles ne veulent pas dire, empile les exceptions et les à-côtés.... C'est par là, donc par des hauts fonctionnaires non élus opérant sans transparence, que l'essentiel du mal est fait des deux côtés. Les juges fédéraux ont un potentiel fort pouvoir de nuisance, mais en venir à eux suppose d'être à la merci du coup par coup (de cas individuels surgissant ou non, se prêtant au jeu ou non, s'appliquant ou non à d'autres domaines), et il s'agit, surtout pour les républicains, d'un pouvoir de nature plus défensive, avant tout centré sur les questions sociales/sociétales dans leurs priorités (essentiellement empêcher les démocrates de faire de l'ingénierie sociale et de toucher aux flingues, au minimum, protéger la place et les privilèges des organisations religieuses, au maximum). Il suffit de voir là où les budgets de lobbying se maximisent: c'est pas auprès des juges, mais des agences. -
USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Tancrède a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
Oh! J'oubliais ce détail amusant sur l'affaire Kavanaugh/Blasey-Ford. Pendant le déchaînement médiatique et les manifestations hurlantes et assez pathétiques, de "bonnes âmes" ont mis en place des levées de fonds online sur GoFundMe, Kickstarter et Cie. Chacun des protagonistes en a plusieurs, et à ce jour, de ce que j'ai vu, Blasey-Ford a gagné plus de 700 000 dollars (d'environs 18 000 donneurs, mais pas forcément uniques vu la multiplicité des sites), et Kavanaugh plus de 600 000 (d'environs 14 000 donneurs, même caveat que pour l'autre). La démocratisation de l'accès à une audience par les médias sociaux (avec au besoin vidéos pouvant être fournies, et truquées/découpées à l'envi), des travers structurels et conjoncturels à nos sociétés et leurs sphères publiques, l'incapacité complète des systèmes judiciaires et des mentalités à s'adapter au rythme et à l'ampleur de cette nouvelle sphère médiatique individualisée, la complicité des médias sur des sujets politiquement et/ou sociétalement sensibles (metoo, affaires de racisme supposé ou réel....) font beaucoup craindre pour la notion même de présomption d'innocence. Et si en plus de telles histoires deviennent des "causes célèbres" (comme on dit aux USA) capables de faire lever des fonds importants, cela peut annoncer une ruée vers l'or de la part de nombreuses personnes se faisant délateurs et/ou accusateurs amateurs ou pros. Ca fait un bout de temps qu'on en a déjà un aperçu, à tous les échelons de la société (esclandres dans des commerces avec accusations diverses, confessions éplorées mises en ligne....), avec des vrais crimes/délits commis, beaucoup de faux, et toute une litanie de cas complexes entre les deux où toute la subjectivité et le ressenti des parties présentes se mêlent à l'histoire, mais aussi beaucoup de parties complices ou extérieures aidant à créer/booster la rumeur, sortir des "preuves" (le fait qu'on puisse foutre le visage de qui on veut sur la vidéo qu'on veut, par exemple, n'aide pas), faire parler des "témoins" (rappelons nous des émeutes à St Louis autour de la mort d'un gars tué par un flic, avec les 17 témoins avouant plus tard qu'ils avaient tous menti.... Après avoir fait monter les tensions, excité leurs réseaux, hurlé à la mort).... Dans le contexte de guerre tribale et d'effacement en partie voulu de la nation, du sentiment collectif, l'impuissance croissante d'un système judiciaire (en terme de quantité d'affaires potentiellement à suivre et corriger, de rythme des événements...) face à ce genre de choses, de la faible accessibilité des dits systèmes judiciaires bien souvent (coût d'accès à un avocat et aux procédures, connaissances, coût d'accès à un BON avocat et au nombre d'heures facturées adéquat....), c'est parfois à se demander si une société civile peut survivre à ce genre d'évolution. Les incitations à accuser/dénoncer sont nombreuses (argent, notoriété, partisanisme politique/sociétal/idéologique/religieux, assouvissement de problèmes psychologiques, jalousies, rancunes et haines diverses, trolling....), les capacités de punir trop faibles et pas à la même échelle du tout que le problème potentiel, et le contrôle social (self control/civisme, contrôle par les pairs, culture ambiante) est inexistant dans nos mentalités individualistes, égoïstes et hédonistes (et infantilisées). On sait à quel genre de régime les sociétés de délateurs et accusateurs mènent, tout comme les sociétés où les passions dominent absolument, et où en plus on les encourage. Joyeux, non? Pour la suite, on peut prévoir, pour Blasey-Ford (qui par ailleurs travaille dans une petite université de psycho à Palo Alto qui se vante de former surtout des activistes) une promotion (dans une université plus prestigieuse), des séries de séminaires, conférences et discours rémunérés, une forte couverture médiatique, (au moins) un bouquin avec un contrat très juteux, peut-être une proposition de candidature politique.... Le parcours est tracé, le fonctionnement de ce genre de choses, bien rôdé (voire Anita Hill en son temps); les partis le garantissent, tout comme on peut parier que tout ce qui a précédé son audience au Sénat a été planifié, stratégisé, répété mille fois, orchestré par des professionnels (avocats, spécialistes médias....) du parti démocrate. -
USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Tancrède a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
Ca fonctionne généralement sur une femme bien roulée (comme beaucoup d'autres choses qui ne passeraient pas autrement). Sur un vieil aristocrate britannique, avec ou sans monocle, ça produirait un tout autre effet et n'aurait AUCUNE qualité rédemptrice. Le même genre d'opinion, y compris et surtout dans les médias et chez les élites, particulièrement de gauche bien-pensante, qui s'extasiaient aux derniers JO d'hiver sur la soeur de Kim Jong Un, son "élégance", sa "grâce", son statut de "femme leader", et sur sa chorale de mignonnes petites filles dont les familles étaient littéralement menacées de mort si les gamines ne performaient pas parfaitement. Ouais, on connaît ce genre "d'opinions publiques", et surtout de têtes parlantes qui prétendent s'en faire la voix. Mais évidemment, là, le nom de famille est Trump, donc quoiqu'elle fasse, c'est à décrier et à tourner en acte raciste/colonialiste/sexiste/transphobe/islamophobe ou un truc du genre. Y'a pas grand-chose à récupérer chez Trump, et sa femme est une non entité politiquement parlant, mais y'a rien non plus à récupérer dans l'opposition à Trump, particulièrement dans les médias, où la gratuité et un certain niveau de fanatisme règnent en maître. L'hypocrisie et une instrumentalisation de tout, jusqu'au niveau le plus absurde, voire souvent amplifié de façon hallucinante ou carrément inventé, est la marque de fabrique du "journalisme" d'opposition contemporain, qui se prétend encore sérieux alors qu'ils ne sont plus, grands titres compris, que des tabloïds du plus bas niveau, tribaux à l'extrême. Notons bien que de l'autre côté, c'était pas beaucoup mieux sous Obama, dont la femme, même si beaucoup moins que Melania, a aussi morflé (jusqu'alors, les premières dames étaient plus ou moins "pas touche", sauf Hillary parce qu'elle trempait ses doigts dans la politique), et contre lequel on a vu passer pas mal de perles (évidemment chez FoxNews avant tout). Je me rappelle encore des délires sur la visite présidentielle en Inde en 2011, où les commentateurs balançaient sérieusement que le voyage coûtait 200 millions par jour et qu'une flotte entière accompagnait le déplacement.... Atterrant. Mais maintenant, les médias de gauche (la grande majorité) ont relevé le gant, et décidé d'être encore plus tarés.... Ce qui fait craindre la future posture de Fox et consorts quand un successeur démocrate à Trump arrivera. Mais bon, même si sa gueule est refaite de partout et parfois franchement terrifiante, y'a pas à lui dénier ça: elle est bien roulée, et elle fait marcher la tenue. T'es optimiste: franchement, vu le niveau de pénétration de cette mentalité dans l'enseignement, non seulement à l'université mais aussi jusqu'aux plus petites classes (où l'on enseigne que blancs = méchants oppresseurs et coupabes de tout, hommes = pareil, qu'il y a 72 sexes/genres, que garçons et filles ne sont absolument pas différents MAIS que les filles c'est mieux et les garçons c'est caca, qu'être autre chose que du même avis que le prof, c'est fasciste/raciste/mal....), et en plus dans les médias (news, débats ET divertissement), j'ai plus d'inquiétude. La précédente vague PC, dans les années 80, a eu des aspects inquiétants, mais était plus limitée en ampleur et niveau de pénétration. Elle s'est calmée, avant que la présente ne se déchaîne depuis la fin des années 2000, boostée par l'atmosphère de crise post-2008 et l'exacerbation de problèmes lourds aux USA (endettement, McJobs, violence, corruption, impunité des banquiers....), en plus de l'arrivée sur le marché du travail d'une nouvelle génération élevée dans cette mentalité (et de l'avancement des parties plus ou moins grande des deux précédentes qui ont aussi adopté cette mentalité). Y'a d'autres comparaisons historiques à faire, là, et elles rassurent moins. Moralité: la prochaine fois qu'on choisit un pays pour nous dominer tous, on le prend plus rationnel et plus stable.... Et non ne dites pas la Chine: ils se donnent des airs ces temps-ci, mais ils ont des problèmes maousses qui vont leur péter à la gueule d'une manière ou d'une autre. Moi, je dis qu'il faut mettre..... Merde, je trouve aucun pays candidat. Ca veut dire qu'il va falloir se prendre en mains tous seuls, et que ça commence au niveau de la raison individuelle et de la participation active et responsable dans une communauté et un système politique? 'Chier! C'est dur, c'est compliqué, c'est frustrant, ça force à réfléchir, et en plus ça va me faire louper Game of Thrones. -
USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Tancrède a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
Mais si, mais si, elle a été vraiment durement punie; une courte suspension sur twitter, puis une autre encore plus courte. Mais surtout, suppression du petit label bleu!!!! Horreur. C'est dans l'ensemble franchement pas grand-chose, et cela concourt de la liberté d'expression: le vrai truc préoccupant est le deux poids deux mesures dans ce genre de choses, qui voit les non gauchistes (cad toutes les tendances de droite, les centristes, et tout ce qui est libéral à gauche) punis infiniment plus sévèrement, bien sûr dans les médias sociaux, mais aussi dans la vie professionnelle, surtout dans les médias et les universités. c'est assez terrifiant, parce que sous une forme ou une autre, cela arrive des deux côtés de l'Atlantique, avec ou non l'appui de l'Etat selon l'endroit, et des règles qui, outre le fait d'être très biaisées, sont plutôt arbitraires et changeantes selon le moment et/ou le cas. A noter que cette prof est systématiquement mal notée par ses élèves sur les sites où l'anonymat est autorisé.... Notamment parce que ses cours sont décrits comme de l'endoctrinement pur et simple, avec un seul angle de vue et une seule opinion autorisés pour étudier la matière enseignée. Amusant, non? Et y'en a qui paient 50 000 dollars l'année et s'endettent à vie pour ça. Parce que c'est censé rendre intelligent et donner l'esprit critique. -
Le Brésil, le géant de l'Amérique du Sud
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Il nous faut vraiment un émoji facepalm sur le forum: ça devient urgent. -
Le Brésil, le géant de l'Amérique du Sud
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Moins il y a de confort, plus la violence est à nue: le fric, ça offre plusieurs générations d'affilée où le niveau de violence physique décroît, et où le polissage des échanges s'accroît. Mais pour l'ascension de Haddad: est-ce plus du à l'adoubement par Lula, ou à la personnalité de Bolsonaro et au rejet qu'ils suscite dans une partie de l'opinion? J'imagine que les deux sont à l'oeuvre, mais quel facteur semblerait le plus fort? -
Le CNRS et l'académie royale ne se couvrent pas de gloire dans cette histoire; quels cons! Cela indique t-il que les institutions scientifiques elles-mêmes, du moins dans leurs administrations et directions, sont graduellement atteintes par le virus PC? Cela renvoie t-il au genre de polémiques habituelles au CNRS où il y aurait des chercheurs cherchant d'un côté, et des chercheurs activistes (qui cherchent pas tellement) de l'autre? En tout cas on peut mettre la chose en parallèle avec ce qui vient d'arriver au CERN, où un physicien italien se prend une volée de bois vert pour avoir fait une présentation avec des données factuelles sur la discrimination croissante contre les hommes dans les matières et cursus scientifiques (au nom de la "parité" et de "l'équité"); l'interprétation des données est à débattre, évidemment, mais il se fait en essence casser (avec possibles répercussions jusque dans son université, maintenant) pour avoir présenté des données à une audience de jeunes supposés scientifiques (dont des femmes) qui se disent "choqués" et entendent le faire censurer: il est interdit de CERN, descendu dans la presse, avec des conséquences plus graves peut-être à venir. Un institut scientifique qui refuse des données, ou de réfuter une analyse par une contre-analyse ou une critique point par point. C'est très professionnel: est-ce le début de la fin, quand ce genre de maladie de l'esprit devient une gangrène, tant dans le recrutement que dans la GRH en général, mais en plus dans le fonctionnement même de l'organisation? Putain, c'est payé par les impôts ces trucs!
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USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Tancrède a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
Bien sûr que si: le but, quand on n'a pas les votes, est de recourir à la pression populaire, et là, surtout au Sénat (où les membres sont peu nombreux, donc identifiables, où leur individualité compte beaucoup, et qui sont élus à l'échelle d'un Etat, donc plus susceptibles aux humeurs populaires que dans une circonscription très délimitée et/ou homogène), agir sur l'électorat marche, surtout si on cible bien les individualités et électorats qu'il faut. En l'occurrence, des gens comme Susan Collins, sénatrice du Maine (Etat "pourpre", cad pas marqué d'un bord ou de l'autre, et ayant même une particularité d'être moins engagé dans le jeu partisan que la moyenne -l'autre sénateur de l'Etat est Angus Young, le seul réel indépendant du Sénat avec Sanders, qui est lui plus marqué vers les démocrates maintenant) et quelques autres étaient mûrs pour une hésitation au niveau personnel, via les bons points de pression (notamment la cause féminine), et très certainement atteignables par une campagne plus raisonnée auprès de leur électorat modéré. En faire un patacaisse national hyper-tribal et agressif, inique dans ses méthodes et même assez vil, a changé beaucoup de choses pour pas mal de monde, notamment, pour les républicains et pas mal d'indépendants, en faisant de la nomination une bataille sur le sujet de la présomption d'innocence tant judiciaire que pratique, dans le sens où on a assisté là à la destruction pure et simple, délibérée et sans preuve aucune, de la réputation d'un homme (il est criticable, on peut certainement débattre de son bilan, par ailleurs), potentiellement de sa carrière (ses filles se font harceler jusqu'à l'école, on imagine sa vie sociale, ses possibilités d'aller dans un restau....), sans aucun recours, par des médias très activistes et pour le coup sans aucun regard pour même le plus basique niveau d'intégrité journalistique, de professionalisme ou de retenue. Ce qu'on a vu là, c'est le genre de foules, physiques et online (y compris les médias) qui pointe des doigts et brûle des supposées sorcières. Et ça, ça a changé les élus GOP et leurs bases, ainsi que pas mal d'indépendants: céder sur la nomination de Kavanaugh, c'est valider le pouvoir de la foule et surtout de ceux qui l'excitent, qui l'orientent, et qui inventent à volonté des sujets d'indignation pour allumer sa flamme. -
USA - Criailleries 2 - Rumeurs, controverses, polémiques
Tancrède a répondu à un(e) sujet de rogue0 dans Politique etrangère / Relations internationales
Je ne sais pas s'il faut en parler sur ce fil ou le "sérieux", mais bon, on va faire ici vu que c'est lié à Kavanaugh et que c'est encore dans le domaine de la prospective. Il semblerait que la tornade médiatique autour de la nomination de Brett Kavanaugh à la Cour Suprême ait plus profité aux républicains qu'aux démocrates en termes électoraux, voire ait carrément nui aux démocrates, tant la manière de mener l'affaire a, semble t-il, choqué certains pans de population. Une enquête de NPR (censément neutre -mais marqué à gauche- et seule organe médiatique public du pays avec C-Span et les trucs externes genre Radio Free Europe/Radio Liberty) révèle l'impact de l'histoire sur l'électorat: https://www.npr.org/2018/10/03/654015874/poll-amid-kavanaugh-confirmation-battle-democratic-enthusiasm-edge-evaporates?t=1538690814402 Il semble que l'avantage net des démocrates en terme d'enthousiasme, de mobilisation de la base, ait disparu dans la tourmente de l'affaire Blasey-Ford vs Kavanaugh: de fait, grosso modo autant de républicains que de démocrates considèrent les élections comme "très importantes", là où, en juillet et encore récemment, les démocrates avaient un avantage de 10 à 14% sur ce critère, qui représente plus ou moins l'intérêt dans les élections et les intentions de participation/vote estimées. En année non présidentielle, il est très fréquent que le parti en place à la Maison Blanche se mobilise beaucoup moins et se banane aux midterms (et c'est d'ordinaire plus vrai encore pour les démocrates, dont la base se bouge proportionnellement plus aux présidentielles, et moins aux midterms), et les problèmes de Trump en ont rajouté une couche sur certains républicains (notamment côté féminin) et les indépendants. Mais là, même si les niveaux d'intérêt étaient déjà anormalement élevés, il y a eu du changement: ils ont un peu progressé chez les démocrates (et même diminué chez les femmes démocrates), peu bougé chez les indépendants (moins mobilisés que ceux inscrits dans un des deux partis), et ont beaucoup augmenté chez les républicains (+12% chez les deux sexes). Il semble aussi y avoir fléchissement en défaveur des démocrates sur la nature des intentions de vote: le parti garde un avantage de 6%, là où, avant l'affaire, il était de 12%, et avait connu des pics à 15%. Et 6% d'avantage, c'est dans le domaine du jouable pour le GOP, si évidemment rien ne change ce mois-ci, si la tension peut-être maintenue et si Trump ne fait pas de connerie trop maousse. Il semble bien que le déchaînement tribal, particulièrement marqué et vicieux à gauche, autour de l'affaire Kavanaugh ait eu un effet profond sur la base républicaine, sur une partie des indépendants, et même dans certains cas sur certaines tranches de l'électorat démocrate. L'effet tribal a marché aussi à droite, évidemment, mais il a été moins fort, moins vicieux (sauf chez Trump lui-même dans ses interventions, mais à ce stade, je doute que ça touche qui que ce soit: tout le monde est habitué, et les réactions sont préprogrammées, ne changeant l'avis de personne), et surtout défensif en nature et en expression. Qui plus est, le message a été moins relayé étant donné l'absolue domination de la gauche (et d'une certaine gauche devrait-on plutôt dire) sur le paysage médiatique actuel dans tous ses travers. Je pense personnellement que les médias aussi en ont pris une couche supplémentaire dans certaines portions de la société en termes de perte de crédibilité. La véritable terreur médiatique qui a été déchaînée contre le candidat à la CS, sans la moindre preuve, a fait peur, tout simplement, et indigné la base républicaine qui craint maintenant beaucoup la nouvelle posture démocrate. De plus, l'enthousiasme côté démocrate diffère beaucoup selon les catégories démographiques: certaines, clés, sont moins mobilisées, comme les moins de 30 ans, les latinos et les indépendants, tous autour de 60-65% à considérer les midterms comme importantes. En fait, malgré tous les changements récents dans la vie politique américaine, ces élections, sauf nouveauté imprévue et de grande ampleur, seront purement base contre base (avec une relativement faible mobilisation du reste).... Soient des midterms normales. La seule différence réside dans le fait que les dites bases des deux partis sont anormalement mobilisées. Mais il faut garder à l'esprit que pour l'instant, les démocrates gardent l'avantage dans les prédictions de vote et les critères considérés comme révélateurs: il y a eu plus de candidats démocrates aux primaires précédant les élections, levant plus de fonds (individuelles et de sponsors corporate -entreprises et organisations diverses) et attirant plus de votes (évidente limite sur ce point: il s'agit des bases électorales votant dans leurs partis), et plus de 40 sièges républicains à la Chambre sont considérés comme vulnérables (en 2010, pour comparaison, il y avait 36 sièges démocrates vulnérables pendant la vague du Tea Party, qui a emporté la majorité de Pelosi/Obama). Dans quelle mesure l'affaire Kavanaugh aura t-elle un impact sur ces données fondamentales? L'enthousiasme/indignation/peur/mobilisation des républicains se confirmera t-il? Réponse à venir. L'enquête du FBI, soutenue par les deux partis initialement, a des chances d'avoir un impact étant donné qu'elle a été demandée et largement diffusée... Or, elle vient de se conclure, et de ne rien trouver. Ce qui veut dire que les démocrates vont se déchaîner pour la décrédibiliser (bref, la gauche va taper sur le FBI, pour changer le passé récent), et que les républicains vont voter pour la nomination ce WE. On verra plus de choses la semaine prochaine, quand une partie de la poussière du champ de bataille sera retombée, mais l'empoignade risque de continuer, sur le même ton. L'effet de cette histoire comme outil de campagne pourrait n'être pas ce que les démocrates en attendent: j'ai entendu certains commentateurs dire que la gauche s'était gourrée d'angle d'attaque et aurait du taper sur le bilan judiciaire de Kavanaugh (notamment côté droit du travail, droit des entreprises, et sur le Patriot Act et ses à côtés). -
Et pour rester aux USA, puisque c'est le sujet et en bonne partie de là que le mal vient, on notera aussi, suivant l'évolution imposée par les systèmes de "notation" des universités, le degré capital et caricatural où on est arrivé dans l'impératif de publication, surtout quantitativement (notamment puisque c'est un "important" critère par lequel le département recherche, et donc l'université, sera classé); c'est le "publish or perish", et toute l'industrie qui en découle d'un côté, et un système pervers pour la recherche, de l'autre. Qui n'est évidemment pas aidé, bien au contraire, par les autres travers des départements académiques et des disciplines (idéologie, guéguerres et politique internes, rivalités....).
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Y'a aussi ça: https://en.wikipedia.org/wiki/Replication_crisis (page aussi en français) Sont concernées diverses disciplines de la psychologie (sans blague) et de l'économie (nooooooooon???!!!), du marketing (Mmmmmfffff!) ou du sport (cad physiologie, donc encore plus de terra incognita que de données sûres), mais aussi la médecine. Y'a quand même pas mal d'aspects de sciences "dures" là-dedans; et la "crise" évoquée dans l'article n'est qu'un moment extrême (mais visiblement encore bien vivant depuis 2011) de quelque chose de plus vaste, qui dure depuis un bail et semble ne faire qu'empirer, à savoir une incapacité apparemment croissante d'un certain nombre de disciplines scientifiques/universitaires à faire leur autocritique et leurs contrôles de qualité. Dans certains cas (Humanités et sciences sociales en tête), ça semble avoir passé le stade terminal.
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J'entends bien, je signalais juste mon impression et analyse personnelle que ces éternels problèmes sous de nouvelles formes semblent aujourd'hui imposer un budget en temps et méfiance plus important qu'il y a pas si longtemps.
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Toujours, mais j'adorerais savoir s'il est possible de mesurer combien de temps ça prend chaque semaine de nos jours pour être sûr d'un fait, ou réunir assez de matériel fiable, par rapport à une époque antérieure (il y a 20, 30 ans). Internet apporte le matériel indifférencié à une vitesse, et avec une aisance, incomparables, mais ce qu'on gagne en temps de ce côté se perd en un travail de filtrage qui a, lui, explosé, et un de vérification/référencement croisé, qui semble plus lourd aussi. N'est-ce qu'une impression? Est-on encore gagnants dans l'histoire? Le poids de la rumeur, du bruit, des "on dit", semble aujourd'hui si écrasant, surtout quand on parle de questions politiques/sociétales, qu'il pollue littéralement toutes les avenues d'information, les noie sous un torrent de données qui est ce à quoi les journalistes/commentateurs tendent à s'abreuver prioritairement, vivant, comme ils le font, sur la planète twitter. Et au-delà de notre information et édification individuelle, il y a ce qui arrive au niveau du collectif: ce bruit constant, cette rumeur, est ce qui tend à façonner le débat, l'humeur, l'opinion d'un pays, en tout cas les courants de sa vie publique (quoiqu'en pensent et en aient les habitants, peut-être dans leur majorité). C'est que ça prend du temps de s'informer, aujourd'hui: j'en regrette le temps où je pouvais me faire ma revue de presse avec quelques journaux, connaissant leurs biais et travers, sachant quels médias et journalistes/commentateurs étaient à éviter, et où il était possible de se faire une image raisonnablement équilibrée de ce qui se passait dans le vaste monde. Faire la même chose aujourd'hui prend plus de temps, le niveau de méfiance, même envers les médias auxquels on est habitué, doit être infiniment plus élevé, il faut être beaucoup plus à l'aguet des phénomènes de réseau entre journalistes (qui reformuleront la même rumeur, fondée ou non, s'accorderont sur des cibles, qu'ils aient des bases pour les attaquer ou non....), et l'info brute semble toujours plus dure à trouver et acertainer, sachant qu'il faut même se méfier, plus qu'auparavant, des fournisseurs primaires ("citoyens journalistes" envoyant images et commentaires, et surtout agences de presse qui ont un agenda souvent politisé et tendent aussi à opérer une sélection des sujets). Y'a de ces jours où on comprend la tentation des ermites.
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Tu viens de parvenir à foutre (en tout bien tout honneur, et ce sans doute pour des raisons d'hygiène et de santé mentale) Anita Sarkeesian sur le forum, même si ce n'est qu'en image?????!!!!! Ca y est, le vers est dans le fruit, la cinquième colonne est là et commence son oeuvre. J'oubliais l'autre affaire qui a éclaté quasiment au même moment: https://motherboard.vice.com/en_us/article/3km5j8/scientist-published-papers-based-on-rick-and-morty-to-expose-predatory-academic-journals Un chercheur a réalisé le même genre de truc pour démontrer la corruption du système de peer review et publication, avec un papier (publié) sur la lutte contre des parasites extraterrestres basé sur la "science" de la série animée satyrique Rick and Morty.
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Pour se faire rire et se faire peur en même temps (parce que la contagion est directe chez nous).... Le scandale vient d'éclater au grand jour: une équipe de 3 chercheurs a passé plus d'un an à réaliser une importante série de craques académiques à la manière Sokal, cad des "études" et papiers bidons, au contenu outrancier, voire parfois radicalement choquant, habillé dans le verbiage devenu la norme en vigueur dans les universités. Des thèses bidons (une vingtaine je crois) ont donc été envoyés à des organismes de publication scientifique (heum) qui en ont refusé certaines, mais accepté vraiment pas mal d'autres (7 acceptées, dont 4 déjà publiées, et 7 encore en cours d'examen au moment où l'affaire a éclaté), révélant ainsi la grande faiblesse du processus de "peer review". Le trio a décidé d'en parler ouvertement quand le Wall Street Journal a déniché l'histoire. Florilège: - une thèse montée autour du fait que 2 chiens s'accouplant en public, à la sauvage, est révélateur de la "culture du viol" censément hyper-présente dans la société et les universités, et un encouragement à la développer (acceptée et publiée) - une démontrant qu'un type se masturbant en pensant à une nana a commis une agression sexuelle contre elle (étude acceptée et publiée) - la préférée de tous: un chapitre entier de Mein Kampf a été réécrit en remplaçant les mots clés (sur les "coupables" désignés de l'idéologie surtout) par des termes féministes.... Cette étude a été une de celles acceptées et validées pour publication - le "fat bodybuilding", où comment seules des normes sociétales et culturelles oppressantes nous font voir des corps musclés comme admirables et des corps gras/obèses comme peu attirants. Prescription d'imposer l'exposition de corps obèses dans les compétitions sportives et les magazines (muscu, sport santé, beauté) pour favoriser l'acceptation et rendre les dits corps attirants, et donc faire en sorte que l'accumulation de gras devienne aussi désirable dans les esprits que celle de muscle.... (Facepalm). Celle-là a reçu tous les éloges et s'est retrouvée propulsée en haut de plusieurs classements dans les disciplines concernées. L'affaire éclate en même temps qu'une autre du même acabit: apparemment, un autre scientifique a fait la même chose, avec des résultats similaires. https://areomagazine.com/2018/10/02/academic-grievance-studies-and-the-corruption-of-scholarship/ https://spectator.us/2018/10/grievance-studies/ https://thewest.com.au/news/world/fake-academic-scandal-adolf-hitlers-mein-kampf-words-used-in-embarrassing-journal-hoax-ng-b88979974z https://reason.com/blog/2018/10/03/dog-rape-hoax-papers-pluckrose-lindsay (Y'a aussi le WSJ, mais y'a un Paywall) Un extrait de l'introduction de leur présentation: "Something has gone wrong in the university -especially in certain fields within the Humanities. Scholarship based less upon finding truth and more upon attending to social grievances has become firmly established, if not fully dominant, within these fields, and their scholars increasingly bully students, administrators and other departments into adhering to their worldview. This worldview isn't scientific, and it is not rigorous. For many, this problem has grown increasingly obvious, but strong evidence has been lacking. For this reason, the three of us just spent a year working inside the scholarship we see as an intrinsic part of this problem. We undertook this project to study, understand, and expose the reality of grievance studies, which is corrupting academic research. Because open, good-faith conversation around topics of identity such as gender, race, and sexuality (and the scholarship that works with them) is nearly impossible, our aim has been to reboot these conversations. We hope this will give people—especially those who believe in liberalism, progress, modernity, open inquiry, and social justice—a clear reason to look at the identitarian madness coming out of the academic and activist left and say, “No, I will not go along with that. You do not speak for me.” " Ils s'attaquent en particulier à toutes les matières dont le nom se termine par "studies", qui semblent toutes renvoyer à un modèle "intellectuel" similaire, ce qui leur fait les appeler "grievance studies", essentiellement diverses formes d'identitarisme victimaire extrêmiste et sans rigueur scientifique (n'étudiant pas vraiment le réel), calibrées pour propager un agenda politique très spécifique, et imposer une vision unique du monde (pas de diversité d'opinion dans ces trucs, et punition des contradicteurs). Le problème touche gravement d'autres matières (sciences de l'éducation, littérature, Histoire, philosophie....), mais celles-là semblent être le coeur de l'affaire, le point d'origine, tournant autour de la "théorie critique", mouvance post-moderniste dérivant d'un certain nombre de penseurs notamment français (Foucault, Lacan, Derrida....) très en vogue aux US depuis les années 60-70 (essentiellement critiquant tout, appliquant un total relativisme, une déconnexion du fait et du concept, et adaptant en essence la rhétorique marxiste aux identités choisies: sexe, race, orientation sexuelle), obsédée par une vision absolutiste et très limitée des hiérarchies sociétales et du pouvoir. De là viennent les trucs comme l'intersectionalité, le féminisme 2ème/3ème vague.... Ces trucs qui sévissent aujourd'hui dans plusieurs générations de gens bien placés (jusqu'au gouvernement Macron). Je me marre parce que j'ai vu une longue interview de ces gens au printemps dernier, qui portait sur le sujet de l'intersectionalité et de son caractère (ou non) sectaire/religieux. Ils étaient déjà en train de plancher sur leurs trucs, ou même plutôt en train de voir leurs 20 papiers être "peer reviewed" par toute une bande d'universitaires soit disant "experts", pour "validation scientifique" et publication. Ils devaient bien se marrer intérieurement pendant l'interview. Je note cependant la délicatesse de leur ton quand ils disent que des "preuves fortes" manquent: on a pu mesurer à bien des égards l'impact de cette néo-religion sur les campus, à l'école, et, par là, dans les milieux prioritairement infectés post université, à savoir les médias, la politique et les directions des ressources humaines (plus tout le secteur autour de la GRH). J'imagine qu'ils s'attachent particulièrement au contenu des travaux dans ces disciplines. Mais la réaction probable est que, comme d'autres arnaques, cela n'aura qu'un effet limité dans les médias, dont la majorité sont à fond dans ces courants d'idées, et aujourd'hui (depuis l'impact d'internet sur le secteur médiatique) non retenus par des audiences larges et diverses (tribalisation), la capacité intellectuelle (absente) ou l'éthique journalistique (au cimetière). Et cela n'aura certainement aucun effet dans les universités, à part, au mieux, certaines qui ont pu un peu plus se préserver du phénomène. Pour l'anecdote, quelques manifestations amusantes du moment de ces courants d'idées à Harvard: l'université est actuellement en procès avec un certain nombre d'asiatiques américains pour discrimination, étant donné que, réussissant en moyenne trop bien, les Asiatiques sont la communauté la plus handicapée dans le barême des systèmes d'affirmative action (la 2ème la plus handicapée, ce sont les "blancs" en général: si on faisait une distinction plus fine, ce serait les juifs les plus ciblés), une chose qui a été revendiquée fièrement par les autorités d'Harvard, qui continue à diminuer l'impact du mérite sur les admissions. Autre truc marrant: Harvard est parti en guerre contre les fratries et sororités, afin de les forcer à s'ouvrir à la "diversité" (sur des critères indéterminés et apparemment changeants), pénalisant leurs membres avec tout un tas de mesures impactant les études et les perspectives de ces étudiants (accès à des programmes et financements, à des activités....). Ces groupes étaient déjà ouverts racialement, et des fratries se sont ouvertes aux femmes (ce qui fait perdre beaucoup d'intérêt de tels regroupements, s'ils n'ont pas une forme d'exclusivité)... Mais attention, un twist est venu ensuite: les fratries et sororités noires sont exemptes de telles obligations, et les sororités de tous types le sont en fait aussi. Traduction, c'est contre les hommes blancs, à qui de fait on interdit le droit de libre association (constitutionnel aux USA). Et qui a franchement envie, et les moyens, de se lancer dans un procès contre Harvard? Ca arrive, mais c'est rare.
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Italie
Tancrède a répondu à un(e) sujet de alexandreVBCI dans Politique etrangère / Relations internationales
Mais on a là toute l'ambiguité du phénomène moderne d'immigration de masse: que ce genre de modèle, bien géré ou moins bien géré, "fonctionne" ou pas, la question se pose en premier lieu de savoir pourquoi des initiatives similaires n'ont pas été menées auparavant avec les locaux, pourquoi des sommes comparables n'ont pas été débloquées pour la population italienne? Des projets de recréation de vie locale, de micro-circuits économiques de base tels que ceux-là marchent aussi avec des citoyens du pays, mais apparemment, la pauvreté exotique fascine et motive plus que la pauvreté nationale, les difficultés et tragédies d'ailleurs réunissent plus d'indignation et de capital politique que celles du cru. Si on ne répond pas EN PREMIER LIEU à cette question, on continue à alimenter le problème. Ca renvoie à mille et un exemples qu'on voit depuis longtemps, et de façon exacerbée depuis 2014-2015, comme ces Allemands modestes, de fait à la rue ou pas loin, qui étaient hébergés dans des locaux spécialisés via une petite stipende de l'Etat ou des aides et rabais. Arrivent les vagues d'immigrants et réfugiés de masse, et ces gens sont rétrogradés dans les priorités: les loyers des locaux spécialisés augmentent (cela restaient des structures privées), et les immigrants/réfugiés bénéficient d'aides plus conséquentes et d'un ordre de priorité absolu venu d'en haut. Le parc immobilier disponible immédiatement et pour l'avenir visible est évidemment limité, donc de fait, la plupart de ces gens ont été foutus à la rue. Ce genre de choses se retrouve sous mille et une formes, pour mille et un aspects de la vie, à mille et un échelons de la société: au-delà des situations émouvantes autour de certaines histoires de migrants, si tu ne réponds pas à ces questions en premier lieu, et que les ressources semblent soudain disponible et abondantes pour les nouveaux venus, sans même parler des autres problèmes qui apparaissent (sécurité, intégration, communautarisme....), qu'est-ce qui a des chances d'arriver, surtout quand la décision d'ouvrir grand les portes a été purement prise "par le haut", sans que l'avis de personne n'ait été demandé? Parce des solutions comme Riace, ça peut être légitimement vu comme une bonne gestion "près du sol" par de petites structures, des projets ad hoc gérés par des gens sur le terrain (et il faut voir si en moyenne, les résultats sont bons, pas s'arrêter à une histoire exemplaire), mais au final, ça repose toujours essentiellement sur des ressources nationales: 35 euros par personne et par jour alloués par l'Etat. C'est plus facile pour des locaux proches de la chose de voir "la solution" quand la dite solution est financée par un Etat central loin, loin des événements: on n'a pas l'impression qu'il a quoique ce soit à l'affaire, mais c'est lui qui permet son existence entière, en créant de fait un marché de 12-13 000 euros par personne et par an (en plus de profiter du capital bâti existan, de l'infrastructure et de la demande locaux). Facile de s'émouvoir ensuite et de ne regarder que l'extrêmité visible du phénomène en disant que "c'est tout du made in local, fait avec l'âme et les tripes des gens du cru". On peut légitimement critiquer une trop grande centralisation de la gestion du phénomène migratoire (qui aboutit souvent aux solutions de camps de réfugiés de grande taille, qui tendent à accumuler les problèmes), mais si on regarde au niveau des ressources (par essence limitées) et priorité, on comprend souvent mieux l'énervement de nombre de citoyens des pays d'accueil. Mais tant qu'on a un joli documentaire, j'imagine que c'est là qu'est la vérité (#ironielourde). -
La série Star Wars continue !
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Remzou 2.0 dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Le Retour du Jedi a eu un large succès en salle et en vidéo avec plus de 500 millions de dollars de l'époque de recettes en salle: en comptant l'inflation, c'est pas très loin de 2 milliards en dollars actuels (pour un coût de prod/marketing assez nettement inférieur aux films SW actuels). Il a certes soulevé un peu de polémique chez les fans, tout comme d'ailleurs la prélogie, mais rien de comparable à ce que la nouvelle trilogie a réalisé, et sans que la société de prod en refoute 10 couches et s'attaque à la fanbase (apparemment Georges Lucas s'était comporté, à chaque fois en.... Comment on appelle ça... C'est un nouveau concept..... Adulte? Professionnel? Gentleman?). The Last Jedi est un peu une catastrophe industrielle: ses résultats propres (surtout en regardant leur évolution post 1ère semaine) ne sont pas si bons dans l'ensemble, malgré leur importance, et les ventes dérivées sont franchement pas très bonnes: la carrière du film en DVD/Blu-Ray comparée à celle de l'épisode VII est indicative de la chute, et le merchandising (une des clés de voûte de SW) s'est banané. Mais on peut réellement parler d'échec dans le cadre de la franchise: c'est le film qui a brisé et/ou aliéné la fanbase, ce qui, dans une stratégie de franchise, est peut-être plus important que les résultats individuels du film. La confiance a été cassée entre fans et prod, et c'est précisément ce qui vaut le plus de fric dans une franchise, ce qui garantit visibilité, audience, et un certain niveau de tolérance (pour des points controversés, des échecs....) chez l'audience. Et c'est la cause première de l'échec de Solo. Leur principal problème est qu'ils se sont aliénésune partie significative de la fanbase existante, tous âges confondus (l'un des bons trucs de SW, c'est que c'était une franchise qui se renouvelait un peu toute seule, y compris chez les jeunes), et qu'ils ne l'ont pas remplacée par une nouvelle. Oups. De ce que j'ai vu circuler sur le remplacement ou non de Kennedy, une des raisons de son non limogeage (outre le fait qu'elle a des relations, qu'on vire difficilement à ce niveau, sans doute encore plus difficilement une femme) serait tout simplement.... Qu'il n'y avait personne d'autre sur les rangs. Après ce qui s'est passé autour de SW, la façon dont les projets ont été menés.... PERSONNE ne voulait la place. Résultat, il a fallu que le PDG de Disney assume la responsabilité des erreurs (ce discours d'Eiger sur le rythme des sorties, l'écoute de Disney.... C'est Kennedy qui aurait du le faire si elle assumait son job et ses responsabilités) était indicatif que même si elle reste en place, Kennedy sera surveillée/coachée/encadrée. En tout cas certainement pas laissée libre de ses choix. -
La série Star Wars continue !
Tancrède a répondu à un(e) sujet de Remzou 2.0 dans Livres, magazines, multimédia, liens et documentation
Une grandiose: plusieurs articles (enfin, façon de parler: c'est dans de la "presse" popculture/ciné/divertissement, genre IndieWire et Co.... Les standards journalistiques -une théorie de nos jours en général- n'y existent pas, l'audience est plus petite que la réputation, et les "journalistes" sont des activistes politisés avec parfois des tendance hobbyistes/geek) sont sortis coup sur coup, parlant d'une étude affirmant que la majorité des critiques et mauvaises rumeurs sur l'épisode VIII, qui ont impacté ses résultats et encore plus ceux de Solo.... Etaient le fait de trolls et bots RUSSES! Et le reste est fait de trolls, et d'une "petite minorité" de "fantagonistes", de vrais fans déçus par le film.... Evidemment une PETITE minorité, sinon ça pourrait peut-être vouloir dire que le film serait criticable, et ça, dans le petit univers fermé des SJW qui ont établi une emprise croissante sur le monde du divertissement (production, marketing et critique/commentaire), au détriment du divertissement, ce n'est pas une option acceptable. Donc encore un coup des Russes! Et pourquoi le feraient-ils? Apparemment, selon l'étude, ça concourt d'un grand plan de déstabilisation et de division de la société américaine par la politisation de tout.... Comme si les Américains faisaient pas ça par eux-mêmes avec des moyens et un niveau d'attention mille fois supérieurs aux efforts plutôt modestes de la Russie, qui étaient ciblés sur le débat politique. Mais bon, comme croquemitaine, les Russes sont bien commodes, et apparemment tout-puissants, avec des dizaines de milliers de pros en ligne agissant en service commandé dans tous les sujets de discussion de la société américaine à H24. On sait que les Russes sont très amusés et heureux de cette image de puissance et d'omniprésence que les médias américains projettent depuis l'élection de Trump, mais que c'est vraiment très très loin de la réalité, bien plus crue (je pense à la journaliste US Julia Yoffe, jusque récemment assez SJW et encensée par la gauche, qui n'a plus autant d'accès aux chaînes télés depuis une enquête en Russie sur la réalité des "immenses" capacités de hacking et de guerre de l'information du pays, qui ne cadre pas avec le dogme en vigueur). On connaît ces "études" dont les journalistes s'emparent souvent: pas "peer reviewed", généralement vouées à n'avoir aucune citation, à la méthodologie plus que douteuse (due autant aux moyens artisanaux qu'aux biais idéologiques genre "conclusion in search of evidence") et souvent partiellement révélée, et dont il est bien possible dans ce cas qu'elle ait été demandée par Disney/Lucasfilm ou faite pour attirer leur attention (et leur financement), s'inscrivant du coup dans l'effort narratif de la société autour d'un label endommagé (hypothétiquement se réconcilier avec la fanbase qu'ils ont insulté et attaqué abondamment depuis un an?). C'est le genre d'étude, si tant est qu'il y ait eu autre chose qu'un "chercheur" (en tout cas un type avec diplôme) établissant une conclusion et foutant son titre doctoral (ou moins) dessus, qui fait que ça fait un bail qu'une des choses en lesquelles j'ai le moins confiance dans ce monde depuis de longues années, c'est un article, reportage ou segment où un "journaliste" commence en disant "des études indiquent que...." . C'est à fuir d'emblée. Donc c'est encore les Russes! Ils sont partout qu'on vous dit! Je vais ressortir ce vieux bouquin qui pourrait de nouveau être utile, tiens....