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Wallaby

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Tout ce qui a été posté par Wallaby

  1. Nicolas Baverez aurait pu ajouter l'abandon de l'essentiel de la ligne à grande vitesse HS2, qui était une des promesses électorales de Boris Johnson, donc du parti conservateur de Rishi Sunak, qui donnait un espoir d'avenir meilleur dans le nord du pays. Quand il mentionne les derniers sondages, défavorables au Brexit, il oublie de mentionner que cela se base toujours sur la même illusion de pouvoir rentrer dans l'UE pour y avoir le beurre et l'argent du beurre. Abstraitement, tout le monde veut le beurre et l'argent du beurre. Mais confronté aux diable qui est dans les détails de la négociation, les mêmes sondés sont peut-être défavorables à telle ou telle concession concrète que le Royaume-Uni doit faire pour avoir le droit de rentrer dans l'UE. Il s'affole du nombre de migrants qui ont traversé la Manche illégalement en 2022, mais oublie de mentionner que le nombre a diminué de 33% en 2023 (tout en restant supérieur à celui de 2021) : https://www.bbc.com/news/uk-england-kent-67856720 Le séparatisme écossais serait "indissociable" du problème créé par le Brexit car les Écossais sont européistes. La preuve que non, c'est que le problème existait tout autant quand le Royaume-Uni était membre de l'UE. Aggravé peut-être. Indissociable, non.
  2. Donc il y a des génocides où il y a mort d'homme et des génocides où il n'y a pas mort d'homme. Le fait d'employer le même mot pour parler des deux choses ne participe pas à la clarté du débat et est du pain bénît pour les propagandistes.
  3. La question de savoir si Trump est une marionnette russe a pour moi été réglée définitivement par la brillante démonstration de Jeff Gerth (New York Times, prix Pulitzer) dans la prestigieuse Columbia Journalism Review du 30 janvier 2023, à savoir que tout cela est une opération de propagande pour l'essentiel mensongère orchestrée par les ennemis de Trump et suivie passivement par pensée de groupe, par une presse qui n'a pas respecté les règles du bon journalisme : http://www.air-defense.net/forum/topic/11243-usa/page/857/#comment-1609951
  4. Qualifier de "libéral" un président qui tire au canon sur le parlement, c'est un exercice de double pensée orwellien. Je ne sais pas si tu as vu dans les précédentes références que j'ai données, l'avis de Tania Rakhmanova sur France-Culture le 11 avril 2017 : https://www.dailymotion.com/video/x2ims1y 11 avril 2017 - Les Matins de France Culture 24:55 Journaliste : Alors qu'ils craignaient peut-être un retour prématuré des communistes au pouvoir dans les années 90. Et vous dites que c'est là qu'il y a peut-être eu un hiatus : certains disent, finalement, et si on n'avait pas eu si peur d'un retour des communistes au pouvoir, peut-être qu'on n'en serait pas aujourd'hui avec un Vladimir Poutine omnipotent, hyperpuissant. Tania Rakhmanova : Ben oui, peut-être, ça c'est difficile, comme on dit : l'histoire ne supporte pas le conditionnel. C'est difficile à dire, mais c'est vrai qu'à l'époque, on a tellement forcé la main des gens, on a tellement imposé la réelection de Boris Yeltsine qui était à l'hôpital au moment des élections... Journaliste : ...alors que les communistes tenaient la corde éventuellement pour revenir au pouvoir, et qu'il ne fallait surtout pas que cela arrive... Tania Rakhmanova : ... tout à fait ... Journaliste : ...en craignant qu'ils ne remettent au goût du jour une dictature soviétique. Certains le regrettent, ça, aujourd'hui, vous dites ? Tania Rakhmanova : Moi, peut-être aussi, je le regrette, et je connais beaucoup de monde qui regrette, pas parce qu'on avait envie de revenir en Union Soviétique, pas du tout, ça n'a rien à voir. C'est que d'une part, ces communistes-là, en arrivant au pouvoir n'auraient pu rien faire... Journaliste : ... ils auraient de toute façon été obligés d'accompagner le mouvement initié par Gorbatchev avant Yeltsine... Tania Rakhmanova : ...En plus ça s'est passé dans d'autres pays ex-communistes, et ça n'était pas si grave. D'autre part, on n'aurait quand même pas cassé le système des élections démocratiques qu'on venait d'instaurer et tout de suite avec cette machine de nettoyage des cerveaux de 1996, on a complètement... on a créé ce know-how, ce savoir faire comment manipuler les élections. Cela s'ajuste assez bien avec le documentaire de Madeleine Leroyer "Hold Up à Moscou" diffusé sur Arte fin 2021 et avec les révélations de Michael Meadowcroft sur l'édulcoration des fraudes électorales en Russie par l'OSCE en 1996. Le retour des communistes au pouvoir a eu lieu en Pologne de 1995 à 2004. En Hongrie, de 1994 à 1998 et de 2004 à 2009.
  5. Durant la Seconde Guerre mondiale, les enfants anglais ont été évacués à l'arrière, à la campagne. Envoyer les enfants le plus loin possible du front parait a priori être une décision raisonnable. Comment ça s'est passé concrêtement, qui a pris la décision, motivée comment ? Je ne sais pas. Il y a une enquête de la CPI, on verra bien ce qui ressortira de l'enquête. La plupart des articles de presse qu'on lit sur le sujet sont des articles de propagande, qui partent du principe que la Russie est l'incarnation du mal, et que forcément lorsque les autorités russes prennent des décisions, elles prennent forcément les mauvaises décisions. Suggérer que la Russie pourrait prendre, pas toujours, mais parfois, de bonnes décisions est un crime de la pensée. https://www.iwm.org.uk/history/the-evacuated-children-of-the-second-world-war L'évacuation était volontaire, mais la crainte des bombardements, la fermeture de nombreuses écoles urbaines et le transport organisé de groupes scolaires ont contribué à persuader les familles d'envoyer leurs enfants vivre avec des étrangers. Les évacués et leurs hôtes étaient souvent étonnés de voir comment les uns et les autres vivaient. Certains évacués s'épanouissent dans leur nouvel environnement. D'autres ont vécu une période difficile loin de chez eux. De nombreux sinistrés des quartiers défavorisés n'avaient jamais vu d'animaux de ferme ni mangé de légumes. Dans de nombreux cas, l'éducation d'un enfant dans la pauvreté urbaine a été interprétée à tort comme une négligence parentale. De même, certains citadins s'ennuyaient à la campagne, ou étaient même utilisés pour des travaux agricoles fatigants. Pour certains enfants, la fin de la guerre a mis un terme à une longue période de peur, de confusion et de séparation. Pour d'autres, elle a été synonyme de bouleversements considérables, car ils ont retrouvé des villes et des familles dont ils se souvenaient à peine. Mais le programme d'évacuation volontaire du gouvernement a été une entreprise gigantesque qui a permis d'envoyer des millions d'enfants dans des lieux sûrs, loin de la menace des bombes allemandes.
  6. https://www.telos-eu.com/fr/delors-le-stratege.html (5 janvier 2024) Histoire et bilan de la commission Delors.
  7. https://www.telos-eu.com/fr/les-democraties-et-leurs-ennemis.html Yascha Mounk, Le Piège de l’identité. Comment une idée progressiste est devenue une idéologie délétère, Editions de l’Observatoire, 2023 (The Identity Trap : A Story of Ideas and Power in Our Time, Penguin Press, 2023) Yascha Mounk [est] professeur à l’université Johns Hopkins. Son mérite essentiel, c’est effectivement de démonter le « piège » que tend aux démocrates un mouvement de pensée, devenu radical et violent, qui s’est développé à partir d’un progressisme bienveillant qui semblait aller de soi, mais ne reposait sur aucune véritable réflexion. Le wokisme aboutit à remettre en cause toute perspective universelle, à réduire toute connaissance à l’identité de celui qui l’avance, à refuser la possibilité de communication entre les individus d’origines et de croyances différentes – idée qui fonde la communauté des citoyens. Le résultat paradoxal est la présence continue de l’idée de race et le retour au nom des « racisés » de la conception, elle clairement raciste, à laquelle s’était ralliée la Cour suprême au tournant du XIXe et XXe siècle, separate but equal, et qui, de toute évidence, consacrait la séparation et l’inégalité des races. Ne plus distinguer croyance et savoir, connaissance et engagement politique, juger le passé au nom des valeurs du présent, toutes ces manifestations se fondent sur la remise en cause de l’universalisme. Aussi l’auteur plaide-t-il pour le renouveau de l’éducation, et la défense de l’universalisme républicain. https://fr.wikipedia.org/wiki/Yascha_Mounk Yascha Mounk est né en 1982 à Munich, fils d'une Polonaise ayant émigré avec ses parents en 1969. À l'âge de 13 ans, il adhère au SPD qu'il quitte en 2015 par une lettre ouverte à l'ex-président du SPD Sigmar Gabriel. En tant que directeur exécutif de l'équipe « Renewing the Centre » au Tony Blair Institute for Global Change, Yascha Mounk défend un renouveau du libéralisme politique.
  8. Ce qu'on sait déjà en partie, et que les historiens du futur pourront élucider avec toujours plus de détails, et qui n'est pas de l'uchronie, c'est le rôle que l'Occident, Bill Clinton en tête, a joué dans la trajectoire constitutionnelle russe dans les années 1990. Le documentaire de Madeleine Leroyer en donnait les grandes lignes.
  9. Si la Russie avait adopté un système parlementaire, où le président joue un rôle mineur comme en Allemagne, un Poutine président jouerait un rôle mineur, ne serait pas commandant en chef des armées, par exemple, pas plus que Steinmeier n'est commandant en chef de la Bundeswehr.
  10. Si Bill Clinton n'avait pas inconsidérément soutenu le dictateur Boris Eltsine en 1993, puis en 1996, cette conversation de 1999 à Istanbul n'aurait pas eu lieu, et Poutine ne serait pas aujourd'hui président-dictateur de Russie. Car c'est Eltsine qui a fait monter Vladimir Poutine dans la hiérarchie du pouvoir. C'est Clinton qui a poussé ("nudged" comme on dit en anglais) la Russie sur la trajectoire qui mène à Poutine. - - -
  11. Si tu qualifies chaque transfert d'enfant dans une famille d'accueil de "kidnapping", tu vas avoir des débats intéressants avec les services sociaux. Je me demandais aussi, si les services sociaux britanniques confient un enfant nord-irlandais à une famille d'accueil anglaise ou écossaise, est-ce un crime contre l'humanité ? Que dit la CPI ?
  12. En faisant des recherches sur Maurice Gourdault-Montagne, je retombe sur cette intervention, sur un plateau de télévision commun, de Pierre Lelouche, qui dit la désinvolture des promesses faites à l'Ukraine d'en faire le 28e ou 36e membre de l'Union Européenne :
  13. Je ne suis pas sûr d'être d'accord avec le titre. En tout cas si je remonte à François Mitterrand. La raison pour laquelle il a promu sa version de l'européïsme, était qu'il voulait écarter le risque d'une nouvelle guerre franco-allemande. C'est parce qu'il avait vécu la guerre dans sa jeunesse, et pensait que la guerre n'était pas impensable, qu'il a mené une politique pour ancrer la paix dans un processus de convergence franco-allemande intense. Voire même franco-britannique avec le tunnel sous la manche (qui reste un projet inabouti : voir ici : https://www.theguardian.com/commentisfree/2024/jan/01/channel-tunnel-uk-european-30th-anniversary ) Peut-être que l'erreur des politiciens postérieurs à Mitterrand a été de ne pas voir qu'il fallait faire la même chose avec la Russie. Mention spéciale, cependant pour Jacques Chirac et Maurice Gourdault-Montagne :
  14. Peut-être parce qu'il est sur place et le mieux à même d'apporter à ces enfants les secours dont ils ont besoin. Par exemple sur le plan médical. Les enfants ne sont pas des prisonniers. Ils n'ont pas, dans une guerre, participé à des combats contre des soldats russes. Donc la société russe ne les considère pas comme des ennemis. D'autre part il faut voir où est l'intérêt de l'enfant ? Ce transfert constituerait peut-être un choc psychologique préjudiciable au bien être de l'enfant. Il faut demander leur avis à des experts sur ce point.
  15. C'est étrange, cette formulation qui laisse entendre que l'affaire est déjà jugée. À la même date, mars 2023, le journal Le Monde semblait indiquer que l'enquête était en cours, donc pas terminée : https://www.lemonde.fr/international/article/2023/03/03/le-procureur-de-la-cpi-enquete-sur-les-deportations-d-enfants-ukrainiens-en-russie_6164075_3210.html
  16. https://www.theguardian.com/commentisfree/2024/jan/07/were-proud-of-pantos-and-cheese-rolling-but-must-unesco-decide-which-to-protect Bien que le Royaume-Uni soit en partie à l'origine de la création de l'organisation, nous entretenons des relations difficiles avec [l'UNESCO] depuis lors : Margaret Thatcher nous a retirés, Tony Blair nous a réintégrés, puis Penny Mordaunt a voulu que nous suivions les États-Unis dans leur retrait en 2019. En 2021, Liverpool s'est vu retirer son statut en raison de nouveaux développements sur le front de mer (la ville a répondu qu'elle s'en moquait). Les objectifs de l'Unesco sont nobles, mais je pense que nous avons eu raison d'être sceptiques à l'égard du projet. Une approche globale de la culture est-elle vraiment le meilleur moyen de lutter contre les effets de la mondialisation ? Le premier problème se pose déjà : comment choisir ce qui doit figurer sur la liste ? Il n'y a guère d'activité humaine qui ne puisse être classée dans la catégorie "culture". Le programme de l'Unesco s'inspire beaucoup des organisations qui protègent le monde naturel ; mais, contrairement à celles-ci, il ne dispose d'aucun principe scientifique pour décider de la valeur d'un élément par rapport à un autre. Comment choisir entre la pantomime et le roulage de fromage, ou entre le retournement de crêpes et la pesée du maire de High Wycombe (et pourquoi les traditions britanniques sont-elles toutes si idiotes ?) L'un des critères est que la coutume soit en voie de disparition, mais cela ne correspond pas tout à fait à la liste établie jusqu'à présent, qui comprend la baguette française, le flamenco espagnol, l'opéra italien, la pizza napolitaine et le régime méditerranéen. Ces coutumes sont-elles vraiment en danger ? Ou sont-elles au contraire mondialement connues et commercialement viables ? Les écologistes sont parfois accusés de donner la priorité à des animaux charismatiques tels que le panda, alors que des milliers d'espèces moins connues disparaissent. Le programme culturel des Nations unies pourrait tomber dans le même piège. Le risque existe que cette nouvelle notoriété fige une culture dans du formol : que les locaux interprétent des versions disneyfiées pour les touristes internationaux.
  17. https://www.la-croix.com/international/au-niger-les-juntes-militaires-du-sahel-celebrent-la-lutte-traditionnelle-20240101 Dimanche 31 décembre s’est tenue au Niger la finale de la 44 édition du « Sabre national », grand championnat de lutte traditionnelle. Une manifestation sportive de premier ordre pour le pays, mais aussi une tribune politique pour les chefs des juntes militaires du Sahel, désireux de mettre en scène leur unité. Dans les tribunes paradent les premiers ministres du Burkina Faso, du Mali et du Niger, les trois pays du Sahel dirigés par des juntes militaires issues de coup d’État. Dimanche 31 décembre, après avoir célébré, la veille, le départ des derniers soldats français de la capitale, ils assistaient à la finale de la 44 édition du « Sabre national », le grand championnat de lutte traditionnelle, qui s’est tenue cette année à Agadez, « capitale » du pays touareg, aux portes du désert. Après dix jours de combats, au cours desquels 80 lutteurs venus des huit régions du pays se sont affrontés, la clôture de cet événement sportif et culturel s’est transformée en tribune politique. « Que tous ceux qui voudraient présenter le Niger comme un champ de ruines admettent qu’ils se sont lourdement trompés ! », a clamé le ministre des sports et de la culture, le colonel-major Amadou Abdramane. Ovations du public, louanges des griots et cadeaux – un sabre et une selle de chameau… Les tournois sont retransmis à la télévision et commentés en langues nationales. « Tout le Niger nous écoute ! », jubile Issoufou Kodo, le chroniqueur sportif vedette, qui couvre depuis quarante ans les tournois. Au Niger, ce sport ancestral, qui tire son origine des combats de jeunes à la fin des récoltes dans les villages, est l’un des plus populaires. Institutionnalisée en 1975 par le régime militaire de Seyni Kountché, auteur du premier putsch dans le pays, la lutte allie sport, culture et mysticisme. « C’est l’opium des Nigériens, pendant dix jours tout le monde est rivé à son poste de télévision », explique le journaliste, qui dit être « tombé dedans » quand il était petit, bercé par le chant des griots et le rythme des tambours traditionnels. Sur l’aire de combat, Maty Souley et Kadri Abdou, dit « Issaka Issaka », récitent leurs dernières incantations mystiques et ajustent leurs amulettes de protection à la taille. « Chacun a ses grigris et son marabout, sans ça même le plus puissant peut se faire terrasser par un petit combattant s’il lui envoie une décharge électrique ou le rend lent », raconte l’entraîneur national adjoint Ali Zanguina. Pour éviter les « mauvais sorts », chaque lutteur a sa propre garde rapprochée.
  18. Puisqu'on parle de Hal Brands, je suis tombé sur cette double recension : https://digital-commons.usnwc.edu/nwc-review/vol72/iss1/7/ Naval War College Review: Vol. 72: No. 1, 2019 Hal Brands, American Grand Strategy in the Age of Trump, 2018 David Hendrickson, Republic in Peril: American Empire and the Liberal Tradition, 2017 Les deux auteurs s'accordent sur un point fondamental, rendu célèbre à l'aube de la guerre froide par le journaliste Walter Lippmann : la grande dimension stratégique de la politique étrangère consiste à "mettre en équilibre, avec un confortable surplus de puissance en réserve, les engagements et la puissance de la nation" (Brands, p 128 ; Hendrickson, pp 172-75). Comme l'explique Brands, il existe trois solutions génériques à ce problème : (1) "réduire les engagements, rétablissant ainsi l'équilibre avec des ressources réduites" ; (2) "vivre avec un risque accru", soit en pariant que les adversaires ne testeront pas les engagements vulnérables, soit en recourant à des approches plus risquées, telles que l'escalade nucléaire ou la cyberguerre, pour "maintenir les engagements au rabais" ; ou (3) "étendre les capacités et rétablir ainsi la solvabilité stratégique". En outre, les deux auteurs expriment une certaine admiration pour Richard Nixon et Henry Kissinger qui ont tenté une grande réévaluation stratégique destinée à corriger l'extension excessive de l'Amérique en réduisant certains engagements et en transférant certaines charges aux alliés américains pendant la guerre du Vietnam (Brands, pp 115, 118, 140 ; Hendrick- son, pp 175-80). La différence est que Hendrickson met l'accent sur la réduction des engagements, tandis que Brands met l'accent sur l'augmentation des capacités, afin de combler ce que l'on peut appeler le fossé de Lippmann. Cela dépend en partie de la manière dont on comprend ce qu'est la grande stratégie. Hendrickson est catégorique : Les Américains ont perdu le nord. Tel un prophète de l'Ancien Testament, il tente de nous rappeler à l'alliance originelle. La suprématie, ou l'empire, n'a jamais été le but ultime de la république américaine. L'objectif du régime américain est de garantir la liberté républicaine, non pas partout - même si l'on peut souhaiter du bien à ceux qui cherchent à l'obtenir ailleurs - mais chez nous, la survie de la liberté en Amérique étant une lueur d'espoir pour ces autres lieux. Hendrickson insiste donc sur la primauté de la politique intérieure. Toutes les grandes décisions stratégiques doivent être évaluées non seulement en fonction de la manière dont elles garantissent la vie et la prospérité matérielle mais, en fin de compte, et plus fondamentalement, en fonction de la manière dont elles garantissent la liberté pour nous-mêmes et pour notre postérité. Hendrickson est accablant dans sa critique de la suprématie comme une menace pour à peu près tout ce que la république américaine est censée représenter. Les empires ont tendance à avoir besoin d'empereurs - ce qui conduit à des présidences impériales. Depuis le 11 septembre 2001, les présidents ont utilisé l'autorisation initiale d'utiliser la force militaire contre Al-Qaïda pour justifier des interventions, eh bien, presque partout en Asie du Nord-Est, au Moyen-Orient et en Afrique, et le Congrès n'a pas réussi à fournir un contrôle sérieux. Et la croissance croissante de l'État de sécurité nationale - ce que Dwight D. Eisenhower, qui n'était pas un libéral, a appelé le complexe militaro-industriel - constitue un énorme transfert de pouvoir à des élites qui n'ont pas de comptes à rendre. Enivrés par l'idéologie de la diffusion de la démocratie partout, les Américains, comme John Quincy Adams avait prévenu il y a longtemps que cela pourrait arriver, sont partis à l'étranger à la recherche de monstres à détruire, mais sont devenus eux-mêmes des monstres, en semant le chaos avec des guerres inutiles et en créant l'anarchie en Libye et en Irak au nom d'un changement de régime. Hendrickson préconise donc la retenue, même si elle ressemble beaucoup à un repli sur soi. Craignant d'aggraver encore le conflit, il suggère que la grande stratégie américaine se concentre sur l'évitement d'offenser inutilement. Il serait prudent, pense-t-il, que les États-Unis adoptent une politique d'autolimitation - que d'autres pourraient considérer comme l'acceptation de sphères d'influence, pour la Russie et la Chine en particulier. La guerre avec une Russie renaissante et une Chine montante serait moins probable si les États-Unis changeaient de politique et de stratégie. Les déploiements avancés des forces militaires américaines sont inutilement offensifs et devraient être réduits au minimum. Les stratégies maritimes visant à combattre n'importe où près des côtes chinoises sont indûment provocatrices et probablement vouées à l'échec, tandis que les stratégies d'attrition en haute mer ont de meilleures chances de succès. Conformément à la doctrine Nixon, les États-Unis devraient transférer la charge de la défense et de la dissuasion autant que possible aux alliés régionaux et garder leurs forces en réserve jusqu'à ce qu'elles soient nécessaires. L'approche de Hendrickson, en limitant la portée américaine, pourrait empêcher une extension stratégique excessive, qu'il voit en termes politiques plus que militaires ou économiques. Plus les États-Unis agissent comme un empire, plus la menace pour la république est grande, de sorte que la retenue est essentielle pour les véritables objectifs d'une grande stratégie américaine. Pas si vite, dit Brands à tous les partisans de la retenue aujourd'hui. Oui, la guerre d'Irak était presque certainement une erreur, mais le Nouveau Testament de la grande stratégie américaine a accompli un bien sans précédent. L'ordre international libéral dirigé par les Américains a empêché la guerre des grandes puissances - le plus grand tueur de l'histoire - depuis 1945, c'est-à-dire depuis plus de soixante-dix ans. En Europe et en Asie en particulier, cela a produit une communauté de sécurité avec un degré de richesse et de liberté presque inimaginable il y a cent ans. Il est basé sur deux prémisses : la réalité de l'interdépendance sécuritaire, économique et autre ; et le caractère toujours indispensable des États-Unis en tant qu'hégémon (à ne pas confondre avec empereur) d'un réseau volontaire et généralement coopératif d'alliances, en Europe et en Asie en particulier, et de manière plus problématique au Moyen-Orient. Bien entendu, Hendrickson, comme beaucoup d'autres partisans de la modération, ne veut pas gâcher cette réalisation extraordinaire ; il est favorable à la préservation du réseau américain d'alliances régionales, mais au niveau le plus bas possible en termes de coûts, de risques et d'efforts, afin de minimiser les dangers que l'État de sécurité nationale pourrait faire peser sur la liberté dans son pays. En revanche, Brands met en garde contre toute tentative de maintenir l'ordre international libéral au rabais. La prudence exige de comprendre qu'à mesure que les Américains se retirent, les alliés peuvent ne pas prendre le relais, ou même passer du côté des challengers. Et Brands est au mieux de sa forme lorsqu'il critique les théories de l'équilibrage offshore et de la responsabilité limitée comme moyens de combler le fossé de Lippmann. Le repli pourrait peut-être réduire les coûts à court terme, mais il pourrait aussi augmenter les risques que d'autres puissances comblent un vide, ce qui entraînerait des coûts plus élevés plus tard si les Américains décidaient de réintervenir, comme ils l'ont fait en Irak après la montée en puissance d'ISIS. Les coûts pourraient être moindres avec une présence soutenue et minimale sur les théâtres jugés stratégiquement vitaux pour les États-Unis, mais seulement "peut-être". Brands insiste donc sans complexe sur le fait que la meilleure grande stratégie pour notre époque consiste à augmenter les capacités de manière substantielle - au niveau de l'augmentation des administrations Carter et Reagan, c'est-à-dire de 50 %, bien qu'il insiste sur le fait que cela ne représenterait pas plus de 4 % du produit intérieur brut (PIB), soit beaucoup moins que pendant les périodes les plus chaudes de la guerre froide. Ainsi, ironiquement, il semble lui aussi penser qu'il existe des solutions bon marché aux grands problèmes stratégiques de l'Amérique. Brands fait tellement partie de l'orthodoxie du Nouveau Testament, et craint tellement les hérésies de l'élection de 2016 et de ses suites, qu'il ne dit rien - absolument rien - sur les dangers pour la république américaine découlant de la quête de suprématie. Et Brands est trop facile sur le sujet de la "promotion de la démocratie" comme finalité de la grande stratégie américaine. En tant qu'étudiant de John Quincy Adams, Hendrickson n'est que trop conscient que cela peut conduire, et a souvent conduit, à une forme d'impérialisme démocratique incompatible avec les principes américains, bien compris. Oui, l'Ancien Testament est ancien, mais il n'est pas "dépassé par les événements". Il vaut encore la peine d'être lu précisément parce qu'il nous rappelle aux principes premiers.
  19. Tu es passé de "Concernant la Crimée, c'est cet avis exactement qui a été retenu et pratiqué de 2014 à 2022" (avis d'Egon Bahr) à "Rien de tel à partir de 2014" (de tel : l'Ostpolitik). Je n'étais pas d'accord avec la première assertion. Bien évidemment je suis d'accord avec la seconde qui en est l'exact contraire.
  20. L'exemple classique de capacité porteuse (K), dépassement et effondrement : la population de rennes sur l'île Saint-Matthews en Alaska : Les rennes introduits sur l'île St. Matthew en 1944 sont passés de 29 animaux à l'époque à 6 000 au cours de l'été 1963, un dépassement drastique de la capacité porteuse de l'île qui a provoqué une chute brutale des effectifs l'hiver suivant pour atteindre 42 animaux. Sur la base de la taille de l'île, des estimations récentes situent la capacité porteuse à environ 1 670 animaux [Klein, D. R. (n.d.). The Introduction, Increase, and Crash of Reindeer on St. Matthew Island (L'introduction, l'augmentation et l'effondrement des rennes sur l'île de St. Matthews), Récupéré le 25 mai 2016 sur https://web.archive.org/web/20110709032911/http://dieoff.org/page80.htm ] Source : https://en.wikipedia.org/wiki/St._Matthew_Island
  21. Tu changes de sujet en parlant de "droit immanent" dans l'absolu en dehors de tout contexte. Le sujet était de comprendre précisément ce que veut dire Egon Bahr quand il parle de prendre modèle sur la politique de la RFA vis à vis de la RDA lorsqu'il était l'un des principaux penseurs de cette politique.
  22. D'après Wikipédia, le traité fondamental de 1972 consacre une reconnaissance "incomplète" de la RDA par la RFA. https://fr.wikipedia.org/wiki/Traité_fondamental Le traité sur les bases des relations entre la République fédérale d'Allemagne et la République démocratique allemande, communément appelé traité fondamental (en allemand : Grundlagenvertrag), normalise les relations entre ces deux États sans toutefois aller jusqu'à une reconnaissance complète. Ce traité est signé le 21 décembre 1972 à Berlin-Est, dans le contexte général de la détente Est-Ouest et dans le cadre plus spécifique de la politique d'ouverture à l'Est, l'Ostpolitik, conduite par le chancelier Willy Brandt. Il entre en vigueur le 21 juin 1973. Il constitue un compromis entre l'objectif de la RDA d'obtenir une reconnaissance juridique complète et la volonté de la RFA de ne pas renoncer au principe d'unité de la nation allemande dans la perspective ultime de la réunification. Par ce traité, les deux États allemands reconnaissent mutuellement leur existence dans leurs frontières héritées des accords de Yalta et de Potsdam conclus entre les Alliésa à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cet accord met fin à la doctrine Hallstein qui veut que seule la RFA soit habilitée à représenter l’ensemble de l'Allemagne. Mais certains universitaires ne s'embarrassent pas de ce "détail" : https://www.cvce.eu/recherche/unit-content/-/unit/02bb76df-d066-4c08-a58a-d4686a3e68ff/1af4af34-25a8-45e3-a620-2385b66baa56 Le 21 décembre 1972, la République fédérale d'Allemagne et la RDA signent à Berlin-Est le Traité fondamental qui consacre la reconnaissance mutuelle des deux États allemands et normalise leurs relations politiques et commerciales. Le statu quo diplomatique et l'intangibilité de la frontière interallemande sont reconnus en attendant la perspective d'une réunification. La RDA est alors également reconnue par les pays occidentaux. La RFA et la RDA deviennent simultanément membres de l'Organisation des Nations unies (ONU) en septembre 1973. L'équivalent pour la Crimée n'exigerait-il pas la levée des sanctions européennes contre le gouvernement et les entreprises de Crimée et contre les entreprises européennes qui voudraient faire du commerce en Crimée ? https://en.wikipedia.org/wiki/International_sanctions_during_the_Russo-Ukrainian_War Les États-Unis, le Canada, l'Union européenne et d'autres pays européens (dont l'Ukraine) ont imposé des sanctions économiques visant spécifiquement la Crimée. Les sanctions interdisent la vente, la fourniture, le transfert ou l'exportation de biens et de technologies dans plusieurs secteurs, y compris les services directement liés au tourisme et aux infrastructures. Elles dressent une liste de sept ports où les navires de croisière ne peuvent pas accoster. https://fr.wikipedia.org/wiki/Sanctions_contre_la_Russie En décembre 2014, l'Union européenne sanctionne plus particulièrement les entreprises liées à la Crimée sans certificat d'origine ukrainien, que cela soient les entreprises pétrolières mais également celle de transport maritime, ainsi que les entreprises investissant dans l'immobilier et le tourisme en Crimée.
  23. Manifestations d'agriculteurs : https://www.spiegel.de/politik/behoerden-warnen-vor-unterwanderung-der-bauernproteste-durch-extremisten-a-c2e06b96-189d-4d5b-8935-a898698bc93d (6 janvier 2024) Vendredi, le ministre fédéral de l'Agriculture Cem Özdemir (Verts) avait déjà mis en garde contre une infiltration des protestations des agriculteurs par des extrémistes. "Des gens de l'extrême droite" tentent d'utiliser les protestations légitimes des agriculteurs à leur profit, a déclaré Özdemir dans l'émission "heute journal" de la ZDF. "Ils ont des fantasmes de coup d'État", a-t-il ajouté. Selon lui, l'écoute mutuelle et le refus de la violence sont au cœur de la démocratie libérale - "sinon, quelque chose pourrit ici". Les représentants des associations d'agriculteurs s'étaient à plusieurs reprises distanciés de la violence et des actions extrémistes. Jeudi après-midi, les agriculteurs avaient bloqué un quai de ferry à Schlüttsiel, dans le Schleswig-Holstein, et empêché le ministre fédéral de l'économie Robert Habeck (Verts), qui rentrait de vacances, de quitter le navire. Ce n'est que lors d'une deuxième tentative dans la nuit que le ferry a pu accoster et ramener Habeck sur la terre ferme, après le départ des manifestants. Cette action a suscité de vives critiques de la part de tous les partis. Le parquet de Flensburg a ouvert une enquête pour contrainte et trouble à l'ordre public. https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/un-monde-d-avance/bresil-un-an-apres-les-emeutes-du-8-janvier-la-societe-est-toujours-divisee_6253917.html (4 janvier 2024) La fin des subventions sur le gazole agricole fait partie des mesures de la politique verte, que tente d’encourager aujourd’hui l’Allemagne. Devant la colère des agriculteurs qui monte depuis des semaines, le gouvernement avait finalement renoncé le jour même à couper brutalement ces avantages fiscaux, tout en proposant de les supprimer progressivement d’ici 2026. Certains d’entre eux ont donc réagi fermement, presque violemment, comme avec Robert Habeck. Ils s’en sont pris aussi directement à Olaf Sholz, lors d’une visite de terrain du chancelier ce même jeudi après-midi. La tension dure depuis des semaines, tout le monde garde en mémoire le spectaculaire défilé de tracteurs dans les rues de Berlin au mois de décembre dernier. Entre 8 000 et 10 000 agriculteurs étaient déjà vent debout. Dans le même cortège, cette parlementaire conservatrice de la CSU, Michaela Kaniber, fustigeait cette suppression d'avantages fiscaux sur le carburant agricole : "Cela signifie que l’alimentation va devenir plus chère. Et notre grande crainte, c’est que les consommateurs se tournent vers des produits bon marché venus de l’étranger. Conséquence : toute la filière agricole allemande risque de s’affaiblir."
  24. Mais qui est présent comme symbole négatif dans l'idéologie en vigueur dans l'Ukraine actuelle. L'anti-soviétisme est une quasi-religion pour les maïdanistes.
  25. À nuancer par le fait qu'à travers les Brics, la Chine pilote une plus grande part du PIB mondial que les USA à travers le G7 :
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