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Tout ce qui a été posté par Wallaby
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Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est peut-être le signe que l'Occident a perdu sa vitalité démocratique, et que le Groupthink a gagné : - -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Il fait la même chose que ce qu'a fait Bismarck avec la souveraineté française en Alsace-Lorraine. Je n'ai pas dit que c'était bénin ou bisounours. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
https://www.rfi.fr/fr/afrique/20230217-afrique-du-sud-l-exercice-militaire-avec-la-chine-et-la-russie-divise-la-classe-politique L’exercice Mosi II doit être lancé ce vendredi 17 février en Afrique du Sud. Sous ce nom de code, qui signifie « fumée » en langue sotho, se cache des exercices militaires menés au large de Durban, à l’Est, conjointement avec la Chine et la Russie. Pour Pretoria, il ne s’agit de rien d’autre que d’un exercice classique avec ses alliés du Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), alors que le pays défend une position de non-alignement vis-à-vis de la guerre en Ukraine. Mais pour ses partenaires occidentaux, ces exercices tombent à un très mauvais moment. Pour le principal parti d’opposition, l’Alliance Démocratique, et l’un de ses représentants, Kobus Marais, le gouvernement aurait dû annuler ces exercices : « C’est insensé et irresponsable. L’Afrique du Sud joue le rôle de l’idiot utile dans cet exercice évident de propagande russe face aux forces occidentales. » Pretoria reste ainsi dans sa stratégie d’équilibrisme, selon Jo-Ansie van Wyk, professeure de politique internationale à l’Université d’Afrique du Sud : « Le pays veut maintenir ses relations économiques avec le Nord, mais voudrait aussi établir un nouvel ordre mondial. Et la Russie et la Chine sont pour cela de bons partenaires, qui partagent cette idéologie. » La frégate russe Admiral Gorshkov devrait participer aux exercices, sans qu’il soit pour l’instant certain que ses missiles hypersoniques Zircon soient tirés pour un essai. https://www.lexpress.fr/monde/afrique/afrique-du-sud-pourquoi-lexercice-naval-mosi-ii-mene-avec-la-russie-et-la-chine-inquiete-les-FNEX4CASR5CEPDRVSNUWVV36XQ/ (19 février 2023) Le week-end dernier, le navire transportant le Zircon a accosté au Cap, arborant sur ses flancs les lettres Z et V, symboles utilisés par le Kremlin pour promouvoir la guerre en Ukraine, suscitant l’ire du maire de la ville. "Le Cap ne sera pas complice de la guerre maléfique de la Russie. La présidence d’Afrique du Sud doit répondre de sa complicité", a tancé Geordin Hill-Lewis sur Twitter, déclarant le navire indésirable dans la ville. En visite à Pretoria le mois dernier, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a évoqué des "choses irritantes" à propos des relations entre l’Afrique du Sud et la Russie. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karine Jean-Pierre, interrogée sur ces manœuvres militaires conjointes, a quant à elle exprimé "l’inquiétude des Etats-Unis". Malgré les critiques, Pretoria campe sur ses positions. "L’Afrique du Sud, comme tout Etat indépendant et souverain, a le droit de conduire ses relations étrangères en fonction de ses intérêts nationaux", a déclaré le mois dernier le ministère sud-africain de la Défense, rappelant les exercices similaires menés avec d’autres partenaires internationaux, dont un avec la France en novembre. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Fiona Hill évoque un autre comptage de pays : 21 février 2023 35:10 - 87 pays ouvrent leurs frontières aux Russes sans visa. Seulement 34 ou 35 pays ont imposé des sanctions. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Volodymyr Priadka, auteur de mosaïques, a pu s'exprimer dans les limites des commandes officielles à l'époque soviétique, mais il n'a jamais été autant censuré qu'aujourd'hui, or il est un artiste ukrainien exprimant une sensibilité ukrainienne : https://www.arte.tv/fr/videos/063825-001-A/ukraine-l-histoire-effacee/ 18:25 Des oeuvres monumentales qui ne portent presque jamais les symboles du communisme 18:38 Volodymyr Priadka : "Ces mosaïques ont été mises sur la liste des oeuvres à détruire, alors qu'elles représentent des épisodes glorieux de l'histoire de Kiev. Je ne comprends absolument pas pourquoi cette décision a été prise. Franchement, qu'est-ce qu'ils ont bien pu trouver de communiste dans cette oeuvre ? C'est pas de la propagande, c'est de l'art. 19:05 Toute sa vie, il a combattu pour préserver sa liberté d'artiste, contre la censure soviétique. Priadka : "Les gens qui sont au pouvoir aujourd'hui ne comprennent rien à l'art. Ils n'ont aucune éducation, et ils prétendent vouloir gérer la culture d'un peuple entier ? Ils vont détruire la culture de cette époque élaborée par nos ancêtres. 20:17 Priadka : "ça ce sont les esquisses de deux travaux qui doivent être aussi détruits. Je l'ai fait en 1980. C'est un travail ornemental de la période Tripoli. C'est un dessin de l'époque de la Russie de Kiev. La Russie ancienne. Aujourd'hui ces oeuvres empêcheraient de construire une nouvelle Ukraine. C'est pour ça qu'ils les ont mises dans la liste". 21:19 Priadka : "Ils leur ont donné des marteaux, des haches et ils ont tout découpé, ils ont tout détruit. C'est du vandalisme. Ces gens sont des barbares". 21:54 Priadka : "Vous comprenez, l'histoire, on ne peut pas la corriger. On ne peut pas réécrire nos vies. Ni celles des générations passées. C'est comme si on condamnait nos pères à l'oubli". 22:44 Priadka : "Quand cette oeuvre a été réalisée c'était la fête, parce que l'art a commencé à renaître après la seconde guerre mondiale. Kiev avait été détruite, la ville avait beaucoup souffert, et puis elle a été reconstruite. Quand ce genre d'oeuvre apparaissait, il y avait beaucoup de joie. Ce qui est fou c'est qu'aujourd'hui la nouvelle génération détruit notre travail, avec le même enthousiasme". L'interview est interrompue par la police. "C'est les vieilles habitudes". -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Relis dans ce même article le passage où il cite Anatoly Sobchak. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Je ne dispute pas ce que tu dis sur le stalinisme, mais le post-stalinisme bien sûr a réprimé le nationalisme politique de la même façon qu'il réprimait toute opposition de quelque idéologie qu'elle fût : le parti communiste était parti unique ne tolérant pas autre chose que des partis satellites. Mais la culture ukrainienne a pu s'épanouir durant la période post-stalinienne : - Pétition d'intellectuels majoritairement américains et britanniques : Non seulement cela criminaliserait le fait de questionner la légitimité d'une organisation (UPA) qui a massacré des dizaines de milliers de Polonais dans l'un des actes les plus odieux de nettoyage ethnique dans l'histoire de l'Ukraine, mais aussi cela exempterait de critiques l'OUN, l'un des groupes politiques les plus extrêmes en Ukraine occidentale entre les deux guerres, et qui a collaboré avec l'Allemagne nazie au début de l'invasion soviétique en 1941. Elle a également pris part à des pogroms anti-juifs en Ukraine et, dans le cas de la faction Melnyk, est restée alliée avec le régime d'occupation pendant la guerre. Quelle que soit la noblesse de l'intention, la condamnation globale de l'ensemble de la période soviétique comme une période d'occupation de l'Ukraine aura des conséquences injustes et incongrues. Toute personne attirant l'attention sur le développement de la culture et de la langue ukrainiennes dans les années 1920 pourrait se retrouver condamnée. Il en va de même pour ceux qui considèrent la période Gorbatchev comme une période progressiste de changement au profit de la société civile ukrainienne, des groupes informels, et des partis politiques, y compris le Mouvement pour la Perestroïka (Rukh). -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Imagine un Brexit, où en plus de vouloir le beurre et l'argent du beurre, les Britanniques décident de sortir de l'OTAN, de devenir un porte-avions chinois en installant des radars et des missiles chinois sur les falaises de Douvres. Cela nous rendrait peut-être un tout petit peu plus nerveux et un tout petit peu moins fair play que nous ne l'avons été sous la direction de l'impassible monsieur Barnier. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Quand il parle de souvernaineté avec partenariat, c'est comme entre la Tchéquie et la Slovaquie. Ou le Royaume-Uni et l'Union Européenne. Le partenariat doit être mutuellement consenti entre nations souveraines. Cela peut mener à des négociations musclées, comme c'est habituellement le cas entre nations souveraines. Le fait que les négociations post-Brexit aient été un peu tendues ne veut pas dire que l'Union Européenne ou le Royaume-Uni nient leurs souverainetés réciproques. Il y a des désaccords, ou un accord difficile à trouver sur le contenu du partenariat : qu'est-ce qu'on donne et qu'est-ce qu'on exige ou estime devoir recevoir en échange ? Pour Poutine, Maidan est un Brexit, c'est un Ukraixit. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Pas plus que les Américains ne mettent Cuba en situation d'impossibilité de se défendre devant l'Amérique. -
Allemagne
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
- - - Alors que jusqu'à présent, Bismarck n'avait fait qu'appliquer une politique de puissance, ignorant le sort des peuples et des nations non européens et les utilisant comme des pions dans un jeu européen, il s'est lui-même intéressé aux acquisitions coloniales six ans seulement après le congrès de Berlin. Contrairement à son aversion déjà citée pour toute forme d'aventure coloniale, l'Empire allemand a déclaré en 1884/85 le Togo, le Cameroun, l'Afrique du Sud-Ouest allemande, l'Afrique de l'Est allemande et la Nouvelle-Guinée allemande comme ses propres territoires protégés. A l'exception de petites possessions dans les mers du Sud ainsi que de Kiautschou (1897) et des Samoa allemandes (1899), l'empire colonial allemand fut ainsi complété en quelques mois seulement et Bismarck en fut l'accoucheur. Les maisons de commerce d'outre-mer et les compagnies maritimes en étaient le fer de lance. Les commerçants hambourgeois avaient déjà réclamé une protection militaire de leurs établissements commerciaux et de leurs activités commerciales immédiatement après la fondation de l'Empire. En 1882, les nombreuses "pétitions de la flotte" hambourgeoise furent couronnées de succès et l'amirauté impériale ordonna "l'affichage fréquent du drapeau allemand" par les navires de guerre et demanda à la chambre de commerce de Hambourg de lui envoyer une liste des points d'appui à protéger. Un an plus tard seulement, l'armateur et homme politique hambourgeois Adolph Woermann rédigea, à la demande de la Chambre de commerce de Hambourg, un mémorandum de 25 pages dans lequel il esquissait les idées des commerçants impliqués dans le commerce en Afrique de l'Ouest. Il y plaidait entre autres pour "l'acquisition d'une bande côtière en Afrique de l'Ouest pour y fonder une colonie commerciale". En décembre 1883, le "SMS Sophie" fut envoyé sur la côte ouest-africaine pour protéger les intérêts allemands, et le 12 juillet 1884, les entreprises C. Woermann et Jantzen & Thormälen achetèrent une bande côtière aux Duala (Cameroun). Le 14 juillet, le commissaire impérial Gustav Nachtigal, nouvellement nommé, confirma ces acquisitions et hissa le drapeau allemand avant de poursuivre sa route vers le sud-ouest de l'Afrique, où Bismarck avait entre-temps placé sous protection allemande les possessions du commerçant Adolf Lüderitz, originaire de Brême. La communication a certainement été facilitée par le fait que Bismarck lui-même résidait à Friedrichsruh, dans le voisinage immédiat de Hambourg. Le fait qu'Adolph Woermann lui ait rendu visite à plusieurs reprises et qu'il ait ainsi pu l'inciter à changer d'avis sur la question coloniale peut relever du domaine de l'anecdote, tout comme un lien avec le fait que Bismarck était lui-même producteur d'eau-de-vie et que l'armateur Woermann exportait surtout de l'eau-de-vie vers l'Afrique de l'Ouest. Mais c'est révélateur de la perception des contemporains, qui voyaient dans le changement de cap colonial de Bismarck l'influence des lobbies et le clientélisme à l'œuvre. Tout cela s'est déroulé dans le contexte d'une transition générale de la politique allemande du libre-échange vers le protectionnisme, en réaction à la crise dite des fondateurs, la première crise économique depuis l'unification du Reich ; un changement de cap qui, comme nous l'avons vu, a également trouvé un équivalent dans la politique mondiale. Le fait qu'il ait cru avoir trouvé une issue au dilemme de ne pas vouloir mobiliser des finances et du personnel pour des aventures coloniales, tout en cédant à la pression coloniale de plus en plus forte, a probablement facilité son revirement, tout comme le fait que les intérêts de politique extérieure et intérieure semblaient se rejoindre. En effet, les nouveaux territoires protégés ne devaient pas être administrés par l'Empire allemand, mais par des sociétés économiques privées, les Chartered Companies, qui, dotées de droits souverains, devaient agir sans frais pour l'État. En quelques années, cela s'est avéré être un échec partout. Toutefois, il était déjà trop tard pour se retirer des colonies, la perte de prestige en politique intérieure et extérieure semblait trop élevée. L'État a donc dû combler le vide et supporter les coûts. Bismarck ne s'est guère préoccupé de tout cela (les conséquences pour les Africains du Congrès de Berlin, 1884-1885). Ses intérêts étaient concentrés sur l'Europe, sur la prévention des tensions avec les autres grandes puissances, et il saisissait volontiers la possibilité de stabiliser son système d'alliances par des faveurs coloniales. Il ne s'est pas laissé contaminer par l'enthousiasme colonial croissant dans l'Empire allemand, et on ne sait pas s'il attendait des miracles économiques du colonialisme. Il a néanmoins profité de ces espoirs pour s'ouvrir des options de politique intérieure et s'entendre avec des groupes d'intérêts puissants comme les commerçants de Hambourg. Toutes ces motivations de Bismarck n'enlèvent rien au fait qu'il est intervenu de manière décisive à des moments clés du haut impérialisme. Certes, il ne fut pas le seul à les déclencher, le mouvement colonial était trop dynamique, trop international, voire trop global. Mais il a contribué à changer la direction que prenait ce mouvement, ne serait-ce qu'en fournissant le cadre d'une unification européenne consensuelle. -
Allemagne
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Wallaby dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est exactement ça : https://www.bpb.de/shop/zeitschriften/apuz/202989/bismarck-und-der-kolonialismus/#footnote-reference-3 (20 mars 2015) Bismarck était opposé à toute aventure coloniale allemande et ne croyait pas aux promesses économiques des possessions d'outre-mer. Pourtant, il est devenu non seulement le fondateur de l'empire colonial allemand, mais aussi une figure centrale dans le partage de l'Afrique à la fin du 19e siècle. "Je ne veux pas de colonies. Elles ne sont bonnes que pour les postes d'approvisionnement. (...) Cette histoire coloniale serait pour nous exactement comme la fourrure de zibeline en soie dans les familles nobles polonaises qui n'ont pas de chemise". Alors que Bismarck est toujours présent dans la mémoire collective en tant qu'homme politique européen puissant et architecte de l'unification de l'Empire allemand, son importance pour l'histoire du colonialisme allemand et européen, et donc pour l'histoire globale des 19e et 20e siècles, n'est guère rappelée. C'est pourtant dans ce domaine que l'on trouve encore aujourd'hui des traces de son action, puisqu'il est l'artisan de la naissance de l'Afrique moderne, organisée en États-nations, et le fondateur de l'empire colonial allemand. Bismarck lui-même n'était pas un passionné de colonies. Il ne voulait pas de colonies, il était bien trop réaliste pour cela. Dès la veille de la fondation de l'Empire, il tenta de s'opposer à l'enthousiasme colonial de plus en plus fort dans les pays allemands : "D'une part, les avantages que l'on attend des colonies pour le commerce et l'industrie de la métropole reposent en grande partie sur des illusions. Car les frais qu'occasionnent la fondation, le soutien et surtout l'affirmation des colonies dépassent (...) très souvent les avantages que la métropole en retire, sans compter qu'il est difficile de justifier que la nation entière soit mise à contribution au profit de certaines branches du commerce et de l'industrie, à des charges fiscales considérables. (...) Enfin, la tentative d'établir des colonies sur des territoires dont la souveraineté est revendiquée, à tort ou à raison, par d'autres États, pourrait donner lieu à des conflits multiples et indésirables". Même après l'unification de l'Empire en 1871, alors que le cadre politique pour une politique coloniale plus active semblait exister et que des voix s'élevaient de plus en plus pour que l'Allemagne participe au partage colonial du monde, il répéta son refus de manière apodictique : "Tant que je serai chancelier, nous ne mènerons pas de politique coloniale. Nous avons une flotte qui ne peut pas naviguer et nous ne devons pas avoir de points vulnérables dans des parties lointaines du globe, qui tomberaient comme butin pour les Français dès que cela commencerait". Après la guerre franco-allemande, qui avait bouleversé les rapports de force en Europe, notamment par l'annexion de l'Alsace-Lorraine, Bismarck avait déclaré l'Empire allemand "saturé" afin d'apaiser les autres puissances. Il n'avait aucun intérêt à compromettre cette stratégie pour une aventure coloniale dont il n'était pas convaincu de l'utilité et de la faisabilité. Cela était encore perceptible près de vingt ans plus tard, lorsque Bismarck résuma sa maxime géopolitique au célèbre voyageur africain Eugen Wolf comme suit : "Votre carte de l'Afrique est très belle, mais ma carte de l'Afrique se trouve en Europe. Ici se trouve la Russie et ici (...) se trouve la France, et nous sommes au milieu. Voilà ma carte de l'Afrique". On ne peut pas rejeter plus clairement toute sorte de rêves de puissance mondiale coloniale. Pourtant, entre-temps, un empire colonial allemand avait vu le jour, Bismarck lui-même avait encouragé le partage de l'Afrique entre les puissances européennes et, avec la Conférence de Berlin sur l'Afrique, il avait mis en place sa protection par le droit international. Les historiens ne sont toujours pas d'accord sur les raisons de cette décision. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est comme Bismark. Bismark ne niait pas l'identité française, mais il voulait l'Alsace et la Lorraine. Et il n'était pas intéressé par les colonies outre-mer. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Villepin est pris en flagrant délit de ne pas avoir révisé ses antisèches. D'une part, l'Union Soviétique affirmait explicitement l'identité ukrainienne et ce serait très compliqué pour un pouvoir russe quel qu'il soit de faire table rase du précédent soviétique qui affirmait l'existence de deux identités russe et ukrainienne égales en droit. L'Ukraine soviétique avait d'ailleurs un siège à l'ONU. D'autre part, Vladimir Poutine a affirmé l'identité ukrainienne lors de son discours du 12 juillet 2021 : http://en.kremlin.ru/events/president/news/66181 Il peut y avoir un argument : si vous parlez d'une seule grande nation, une nation trine, alors quelle différence cela fait-il que les gens se considèrent comme des Russes, des Ukrainiens ou des Biélorusses ? Je suis tout à fait d'accord avec cet argument. D'autant plus que la détermination de la nationalité, notamment dans les familles mixtes, est le droit de chaque individu, libre de faire son propre choix. Nous respectons la langue et les traditions ukrainiennes. Nous respectons le désir des Ukrainiens de voir leur pays libre, sûr et prospère. Je suis convaincu que la véritable souveraineté de l'Ukraine n'est possible qu'en partenariat avec la Russie. Même en supposant que la logique de Poutine soit "impériale", il est très rare que les empires nient les identités régionales. Pensez à la Chine actuelle qui ne nie pas l'identité tibétaine ou ouïghoure, et tend à les folkloriser pour les contrôler. Est-ce que la France nie l'identité kanak en Nouvelle Calédonie ? Mais Poutine n'est pas dans une logique impériale. Car il affirme l'existence d'un État ukrainien indépendant. Mais il veut en renégocier les frontières : http://en.kremlin.ru/events/president/news/66181 Je rappellerai l'appréciation donnée par l'une des personnalités politiques les plus en vue de la nouvelle Russie, le premier maire de Saint-Pétersbourg Anatoly Sobchak. Juriste convaincu que toute décision doit être légitime, il a partagé en 1992 l'opinion suivante : les républiques fondatrices de l'Union, ayant dénoncé le traité d'Union de 1922, doivent revenir aux frontières qu'elles avaient avant de rejoindre l'Union soviétique. Toutes les autres acquisitions territoriales sont sujettes à discussion, à négociations, étant donné que le terrain a été révoqué. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Les Chinois parlent de "corridors humanitaires pour évacuer des civils des zones de conflit", ce qui sous-entendrait que le conflit continue pendant les pourparlers. Ils disent aussi "Il faut soutenir la Russie et l’Ukraine de sorte qu’elles travaillent dans la même direction pour reprendre au plus tôt un dialogue direct, promouvoir progressivement la désescalade de la situation et parvenir finalement à un cessez-le-feu complet". Lorsque les Israéliens et les Egyptiens ont signé l'accord de camp David, il y avait un cessez-le-feu sur une position maximale israélienne, mais qui a été ensuite évacuée à la suite de l'accord, qui est un accord du type "land for peace" : on échange le terrain contre la paix. https://en.wikipedia.org/wiki/Land_for_peace Le 19 juin 1967, Israël a offert "de céder le Sinaï et le Golan en échange de la paix"[3], une offre qui a été rejetée en septembre 1967 par les États arabes par la résolution de Khartoum, devenue célèbre pour les "trois non" : "pas de paix avec Israël, pas de reconnaissance d'Israël, pas de négociations avec lui..." https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Kippour#Cessez-le-feu_et_lendemain_de_guerre Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte le 22 octobre 1973 la Résolution 338 (1973), négociée par les États-Unis et l'Union soviétique, qui réaffirme la validité de la résolution 242 (1967), adoptée pendant la guerre des Six Jours et appelle toutes les parties (l'Égypte, la Syrie, Israël, la Jordanie) à un cessez-le-feu immédiat et à des négociations en vue « d'instaurer une paix juste et durable au Moyen-Orient ». Le cessez-le-feu devient effectif douze heures plus tard à 19 h sur le terrain, à la tombée de la nuit. https://fr.wikipedia.org/wiki/Accords_de_Camp_David Le second accord concernait la conclusion d’un traité de paix entre les deux pays dans les six mois suivants. Celui-ci fut signé le 26 mars 1979 à Washington et permit à l’Égypte de récupérer le Sinaï en 1982 après le retrait complet de l'armée israélienne et le démantèlement de certaines implantations juives comme à Yamit. En contrepartie, Israël obtint une normalisation des relations diplomatiques israélo-égyptiennes et des garanties sur la liberté de circulation sur les voies d'eau du canal de Suez et du détroit de Tiran. L'accord concernait également les forces militaires, que chacun des pays était disposé à ne plus rassembler près de la frontière. Israël offrit également une garantie de libre passage de l'Égypte vers la Jordanie. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Et les Chinois ont peut-être réellement travaillé à intégrer les intérêts français dans leur plan de paix pour maximiser leurs chances. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Tu as raison : ils tiennent au principe, parce qu'ils tiennent à leur propre frontière, qu'ils n'ont pas envie de renégocier avec leurs voisins. Et ceux qui en ont envie n'ont pas envie de sortir du bois et d'alerter leurs voisins. Mais le détail du règlement du conflit ukraino-russe leur passe un peu au-dessus de la tête, parce qu'ils savent très bien qu'on ne leur demande pas leur avis. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Même en cas d'échec, les Chinois ne peuvent que monter dans l'estime des pays du Sud qui se moquent éperdument du tracé de la frontière entre la Russie et l'Ukraine mais qui tiennent à avoir un approvisionnement stabilisé en céréales et en engrais. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
C'est vrai, mais tu sais ce que disent les mauvaises langues : ce sont des flatteries, des chants de sirènes pour débaucher la France et l'Allemagne du camp américain : https://www.lowyinstitute.org/the-interpreter/wang-yi-s-fruitless-diplomacy-europe (22 février 2023) Wang a par la suite démontré que la stratégie de Pékin pour surmonter cette division évidente des points de vue européens et chinois sur la guerre en Ukraine consiste à réitérer sa position existante de "neutralité de principe" couplée à un effort manifeste pour flatter les sensibilités européennes concernant leur poids relatif dans le monde. À cet égard, les rencontres de Wang avec Macron à Paris et avec le chancelier allemand Olaf Scholz à Munich ont été instructives. Le diplomate en chef de Pékin a souligné que la Chine considérait Paris et Berlin comme des puissances mondiales "indépendantes" et "responsables" qui "assument les responsabilités partagées du maintien de la paix mondiale et de la résolution des problèmes mondiaux". -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Les gouvernements mentent à leur population. On en a un exemple en France quand un haut responsable de la sécurité a dit il n'y a pas très longtemps, du temps de Barkhane, que la France était au Sahel parce que les djihadistes sahéliens risquaient d'attaquer Paris, alors que la plupart des experts disent que ce n'est pas du tout une hypothèse crédible : http://www.air-defense.net/forum/topic/18835-opération-barkhane/?do=findComment&comment=1379036 -
Australie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Philippe Top-Force dans Politique etrangère / Relations internationales
Mes deux précédents messages sont liés l'un à l'autre : l'auteur de l'essai, Hugh White, est ensuite interviewé sur Sky News Australia pour expliciter le contenu de son essai. La date de l'essai apparaît dans l'adresse internet : juin 2022 La date de l'interview est celle que j'ai indiquée sous la vidéo youtube Quand Hugh White dit "nous aligner étroitement sur les USA", c'est après avoir mentionné l'AUKUS. Autrement dit, c'est maintenant. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Je voulais dire "frontières naturelles", des reliefs comme les Alpes ou les Pyrénées qui servent de fortification faisant obstacle à une invasion. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Le Sommier ne m'intéresse pas, je ne sais pas ce qu'il dit à part les quelques question qu'il pose dans cette interview. Mais je trouve que ce que dit Guaino est intéressant. -
Guerre Russie-Ukraine 2022+ : géopolitique et économie
Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
Je ne connaissais pas Le Sommier. Je ne savais pas qu'il était sur la liste noire. Pardon. -
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Wallaby a répondu à un(e) sujet de Skw dans Politique etrangère / Relations internationales
19 février 2023. Henri Guaino.